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Full text of "Chronique rimée de Philippe Mouskes publiée par le Baron De Reiffenberg"

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COLLECTION 



DE 



CHROMQUES BELGES INEDITES, 



PUBLliSE 



PAR ORDRE DU GOUVERNEMENT 



ET PAR LIS 80IN8 



DE LA COMMISSION ROYALE d'hISTOIRE. 



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JVVWWWVWWVWVWVWWWVV^^ 



ttottt* 



DES 



MEMBRES DE LA COMMISSION. 



MM. De Gerlache, President. 
De Reiffenberg, Secretaire. 
Gachard, Tr^sorier. 
De Ram. 
De Smet. 

WlLLEMS. 




digitized by VjOOQ IC 



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CHROMQUE 

RIMfc 



DE PHILIPPE MOUSKES, 

EVEQUE DE TOCRNAY AU TREIZIEITIE SIECLE, 



PUBLIEB POUR LA PRBBIERE FOIS 



AVEC DES PRELIMIN AIRES, UN COMMENT AIRE ET DES APPENDICES. 



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CHRONIQUE 

rim£e 



DE PHILIPPE MOUSKES, 



PUBLIEE PAR 



DE l'aCADBMIB SOT ALB OB BEUXELLE8 , OB l'iKSTITUT DE FBA3CB, ETC. , ETC. 

TOME II. 



BRUXELLES, 

M. HAYEZ, IMPRIMEUR DE LA COMMISSION ROYALE D'HISTOIRE. 



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INTRODUCTION 



ANALYSE ET EXAMEN DU SECOND VOLUME. 

Cette partie, qui comporte une analyse moins restreinte que laa*g n edeLoui.-ie-D<s- 
partie pr6c6dente, puisqu'elle est plus historique, commence au 
r6gne de Louis-le-D6bonnaire , r6gne si agit6 et oil la royaut^ re$ut 
tant d'affronts ; mais Philippfe Mouskes se garde bien d'en parler. 
Si Ton ne consultait que lui, jamais monarque n'alirait gouvern^ 
d'une mani&re plus paisible et plus absolue. Le chroniqueur nous le 
montre la couronne dor en t£te, et, avec sa predilection ordinaire 
pour les traditions romanesques, il lui fait £pouser Blanchefleur, 
fille d'Aimeri de Narbonne , ainsi que le rapportent les l£gendes Wgend e« d'Aimen de 
po£tiques d'Aimeri et de Guillaume d'Orange \ dont M. Mone a ]a«mcd ; o« n gc Gui1 " 

1 Foy. l'lntroduction du tome I CT , pp. ciix et clxv. Le Roux de Lincy, le Litre des Ugendes, 
t. I , pp. 246-259 : Ex trait de Guillaume-au-CourPNez. 

TOM. II. a 



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n INTRODUCTION. 

signals, par fragmens, une version contenue dans un manuscrit 
de la biblioth&jue de Boulogne-sur-Mer. 

Les personnages romanesques se pressent sous sa plume , Thtebaut 

ou Thibaut, roi d'Arabie, Orable, sa femme, appel£e Guibors ou 

Guibourc, depuis son bapt£me et son union avec Guillaume 

Rainaud au T.nci. d'Orange * , etc., k c6t6 d'eux s'616ve le grand Rainouard au Tinel \ 

Notre manuscrit dit , en parlant de lui et du roi Louis 3 : 

Qui Vot nori en sa quissine. 



Mais il vaut mieux lire : 

Quit ot nori en sa quissine; 

car c'est Louis qui avait nourri Rainouard dans son palais ou 
dans sa cuisine , expression dont se sert £galement l'anglo-normand 
Turold 4 : 

.... Si met G curnpaignons 

De la quitme , des mieh et des pejurs. 

Quant au mot tinel , il d6signe une esp&ce de b&ton ou de massue, 
dont Rainouard &ait arm6 et avec laquelle il fut trouv6 en Aliscans 
par les pay ens cruels \ Le sens de cette expression est expliqu£ par 
ce passage du joli roman du oomte de Poitiers , public par M. Fran- 

1 f#y. les note* relative* mix vers 13166, 12168, 12177, 12182 et 12190. 

2 M. Fraacisque Michel a recueilli differens passages qui le coocernent tires du Roman 
de la Rose , de la Prise d'Alixandre, par G. De Machaut , et de la Branche aus roiaus lignages , 
de G. Guiart. Chanson de Roland , p. 21 1 . 

3 V. 12190. 

4 fid. de M. Francisque Michel , p. 71. 

5 V. 12199. 



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INTRODUCTION. in 

cisque Michel, comme celui de la Violette } ou la m£me intrigue est 
mise en oeuvre l : 

Vos av6s roaiutes fois 01 
Chanter du lignage Airoeri , 
De Karloman , le poissant , 
Et d'Olivier et de Rollant 
Et de Guillaume Fiere-brache 2 
Et de Rainouart a le Mache 3 . 

Cest-&-dire Rainouard a la Massue, le p6re de Maillefer et l'aieul 
de Renier. 

Apr&s avoir puis£ dans les fictions des trouv&res, Ph. Mouskes Branches .joints .» 
reproduit Tune des branches ajoutces au roman de Turpin dans le 
supplement de Lambecius, que nous avons r&mprim£ 4 . On y ra- 
conte la vengeance 6clatante que tir&rent d'un roi sarrasin , saint 
Romain et saint Jacques. 

Le prince, dont Phistoire a 6t£ retracde (Tune mantere int&- 
ressante par Th6gan et Ermoldus Nigellius, et auquel le savant 
b^nedictin Dom Rivet a consacr^ un article £tendu dans YHis- 
toire litteraire de la France 5 , tient peu de place dans notre 
chronique. Charles-le-Chauve fait, k son tour, son apparition cLarie.k-a.uve 
sur la sc6ne, lui qui vainquit ses fibres k la bataille de Fontenay, 
ou p6rit presque toute Pancienne noblesse fransaise. Charles-le- 
Ghauve • on s'en souvient , prononca ce fameux serment qui a sormen* <i« ce prince 

7 . .1 i i • / i el de Louis-le-Ger- 

du fixer notre attention, en tragant rapideraent les destinees de »«iq««. 

1 Raynouard, Journal des Savons, } uillet 1831 etavril 1835. 

2 Dans le roman de Guillaume-au-Court-Nez , ce personnage est aussi surnomme la fiere brace. 

3 Roman du cotnte de Poitiers, Paris, Silvestre, 1831 , in-8°, p. 1. Dans la Bibl. protyp. 
de M. Barrois , n° 1348 , ainsi qu'a la table , on a imprime Renouartau Tyner, et on explique 
tyner par tynerarius, tyne ou tine, cuvier. 

* T.I, p. 630-682. 

* IV, 583-606. 



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iv INTRODUCTION. 

la langue francaise en Belgique, et qui fixera celle de tous les phi- 

lologues occup^s de ce sujet int£ressant *. 
B.udouio Bms-de-rer. Baudouin-Bras-de-Fer , comte de Flandre, obtient une courte 

mention en passant. 
B.Tissement de charic Le conte relatif au ravissement de Charles-le-Chauve au ciel, 

le-Chaure au ciel. m . . . 

figure tres-bien a la suite des emprunts faits a Turpm et aux chan- 
sons de geste. 

Louis le Baube 2 ou le Begue, dont Pauteur ne dit que quelques 
mots , 6tait neveu , selon lui , d'Aijous, sa soeur ayant £pous?5 Elie. 
Ce n'est 14 qu'un personnage de roman, dont Giraud de Cabreira 
fait mention 3 . Le Catalogue de la Vallidre marque , sous le 
n° 2732 , le roman de Julien de S'.-Gdlle , lequel fut pdre Elie , 
duquel Aiols issi , et celui d'Aiol et de Mirabel, sa feme. Ce der- 
nier contient environ 1 1050 vers A . 
LesNonn.nd.ouD.uois Sous le roi Eudes, les Danois p6n6trent en Flandre. On n'ignore 
pas que Du Chesne 5 et apr&s lui Dom Bouquet % ont ins*5r£ dans 

1 T. I , Introduction , p. civ. Aux auteurs que nous avons cit& et qui ont parlc de ce 
sennent, on peut ajouter Kulpis, dans son Becueil des historiens dfMlemagne, p. US; 
Lunig , Spirit, eccles. cont. 2 , p. 17; Schilter, Jus publ., II , 88 ; Schoepflin , Alsatia ill. y I , 
811; Heumann, Comment, de re dipL, II, 321 ; J. G. Meusel, Geschichte von Frankreich , 
1 , 298 et suiv.; Grandidier, Hist, de I'tglise de Strasbourg, 1778, in-4°, II, 156, et pieces 
justiGcatives , p. ccxvi et suiv. Cet ^crivain , en remarquant comme nous que la Ravalliere a 
confondu la langue francique avec la langue francaise , donne les sermens de 842 , en patois 
alsacien , lorrain et languedocien , avec des traductions francaise et allemande et des notes ; 
Cf. Marchal, Mcmoire sur la langue celtique , dans le IX* vol. du Mercure Beige. 

2 u II me souvient aussi d'avoir leu en une chronique Charle li Baube , au lieu que nous 
» disons Charles-le-Bbgue. Et se fait ce baube de balbus, tout aussi que aube, estant diet de 
» l'aube du jour , vient de alba. » H. Estienne , De la pricellence du lang. francois, Paris , 
1579,in-12,p. 151. 

3 Fog. la note sur le v. 12755* 

4 Cf. Hist, litt.de la France, XVIII, 751 , et la preface de M. P. Paris, en tele de son 
edition de Garin. 

5 11,524-529. 

6 VIII, 94-98. 



en Flandre. 



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INTRODUCTION v 

leurs recueils une chronique sur les gestes des Normands en France, Ameurs a^mes sur 
de 833 k 896. Cette pi6ce a 6t6 tir6e d'un ancien manuscrit de la Normands 
Chartreuse de Montdieu, au dioc6se de Reims, et a 6t6 collationn6e 
sur une copie du monast&re de Rouge- Val , laquelle a servi k la 
corriger en plusieurs endroits. L'auteur de cette chronique, suivant 
Du Chesne, 6tait un beige qui vivait en 896. II a racont6bri6vement, 
mais sans rien omettre de ce que les autres 6crivains rapportent 
longuement, tout ce que firent les Normands en Frise, en Hollande, 
en France, en Flandre et en Allemagne. 

L'histoire des Normands et de la Normandie a paru fort int£- 
ressante k Philippe Mouskes, qui s'^tend sur ce sujet avec com- 
plaisance et complete Robert ou plutot Richard Wace ', ainsi R W ace 
que les chroniques anglo-normandes, pubises par Finfatigable 
M. F. Michel. Nous penchons a croire que notre auteur a connu 
les ouvrages de Wace, mais son guide manifeste est Guillaume de Guaiaume<iejumie ge » 
Jumi£ges, moine de l'ordre de S t .-Benoit, d£c6d£ vers Pan 1090, et 
que Ton peut comparer avec Th. Walsingham, public dans le 
m£me volume, par G. Camden. 

II commence par lui emprunter une description de la terre,* avec 
laquelle nous comparons, dans nos notes 2 , celle de Gervais de Gervais dc Tiibury. 
Tilbury, tr&s-curieuse k consulter pour la g^ographie du moyen 
Age 3 . 

Get 6crivain, s6n6chal du royaume d J Aries, et qui florissait vers 
Tan 121 1 , se trouve amen£ dans le dixi6me chapitre de la premiere 

1 De La Rue, Essais hist or., II, 147; M. Amaury -Duval , dans Mist. litt. de la France, 
XVII, 616, 632. — M. J. Barrois a soupconne* a tort que Wytasse le moine, pirate fameux, 
heros d'un roman dont il est question dans ce second volume , ctait peut-etre Robert Wace. 
Bibliotheque protypogr., index, p. A A. 

2 V. 12898. 

3 Hut. litt. de la France, XVII, 82-109, article de M. Petit-Radel. M. Letronne a lu a 
Tlnstitut un mdmoire sur les opinions geographiques et cosmographiques repandues parmi 
les Chretiens des premiers siecles. 



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vi INTRODUCTION. 

lc milieu du monde partie des Loisirs (Tun empereur l ,k determiner le centre de la 
terre, que Ph. Mouskes place k une petite distance du Calvaire : 

Del mont de Cauvaire si a 
XIII pi6s , sans plus , jusques la 
U la raoiltes de tot le mont 
Est en largaice et en riont 2 . 

Gervais rapporte deux opinions sur ce point. Le centre de la terre 
£tait, suivajit les uns, l'ancienne Jerusalem, et, suivant les autres, 
le lieu oil le Seigneur parla k la Samaritaine, pr&s d'un puits, 
parce que, dans le solstice d'6t6, k midi, le soleil plonge directe- 
ment dans ce puits, sans y laisser aucune ombre. La premiere de 
ces opinions, qui se rapproche beaucoup de la seconde, 6tait g6n£- 
ralement adoptee. Le pape Urbain II , dans sa bulle pour la premiere 
croisade, invite les fiddles k marcher k la delivrance de la cite royale 
situee au milieu du monde 3 . 

Nous avons d£j& dit 4 que Gervais de Tilbury avait un des pre- 
Mag.e de virgiie. miers c616br6 la magie du chantre d'En6e, croyance si fortement 
6tablie, que Ton parvint k pr^venir contre P^trarque le pape 
Innocent VI, en lui faisant entendre que ce po6te 6tait adonn£ aux 
sciences occultes, puisqu'il £tait si infatu6 de la lecture de Virgile. 
La coutume des Sortes virgiliance ne contribuait pas k affaiblir 

1 Gervasti Tilberiensis Otia imperialia, dans G. G. Leibnitz, Scriptores rerum Brunsvicen- 
sium, Hanov., 1707, in-fol., p. 892. Cet ouvrage, traduit en francais, sous le titre des 
Oiswetez des empereurs, par maitre Herent d'Antioche, se trouvait dans la bibl. du Louvre , 
en 1*78. Foy. YInventaire public par M. Van Praet, Paris, 18S6, gr. in-8°, p. 186> n° 1117. 
La biblioth&que royale de Paris poss£de un exemplaire de cette traduction. Foy. de plus la 
BibL protyp. de M. Barrois, n° 501. Ce dernier ecrivain s'est probablement trompe sur le 
nom du traducteur, en l'appelant Jean de Vignay. 

2 T.l,p. 419, v. 10828. 

3 Micbaud, Bibliotheque des Croisades, 1,4. 

4 T. I, Introduction, p. clxxxii. Cf. Francisque Michel, Notes et eclaireissemens sur le 
Bow an d'Eustache le Moine, pp. 85 , 86. 



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Cambrai. 



INTRODUCTION. vu 

cette superstition. Le roman des Sept sages, qu'un litterateur alle- 
mand vient de livrer au public , reprdsente aussi Virgile comme un 
magicien. 

Gervais, par son vingtteme chapitre De regibus Anglorum a 
tempore Normannorum \ se rattache k Phistoire de la Normandie, 
terrain oil Ton est heureux de rencontrer des litterateurs aussi 
instruits que MM. Depping, Licquet, De Caumont, Le Prevost , mm. g.-b. Dep P in gl 
Pluquet. La Fontenelle de Vaudor£ et un 6crivain qui r&mit, A.decaumint'XV 

* 7 m . lc pr * vost » F. PIu- 

comme M. Thierry, k un vaste savoir, un style plein de v£rit£ et 2rvL^r?, l Tug! 
de coloris, une pens£e forte et profonde. Th,erry 

La Normandie retient long-temps notre auteur. II l'abandonne 
un moment au v. 14058, pour faire un emprunt au roman de Raoul Roman de Kaoui d« 
de Cambrai, que M. Edw. Le Glay ya incessamment mettre au 
jour 2 . Les aventures d'Isembart et de Girardin, de physionomie 
^yidemment picarde % forment, avec le roi Gormont, un Episode 
du r^cit de notre auteur. Le troubadour Pierre Cardinal fait allusion 
k Gormont et k Isembart 4 : 

Anc Carles Marlel, ni Girarlz, 
Ni Marsilis, ni Aigolans, 
Ni i rey Gvrmons ni Yzembartz , 
Non auckeron homes tans. 

Perfrls. «. 

Giraud de Cabreira nomme 6galement Isembert (sic) et Bertrand 
de Paris Isambart et Gormon 5 . 

Enfin la Chanson des Saisnes , non encore publi6e, contient ce 

i P. 945. 

2 Pot/, t. I, In trod., p. lxxxiii, t. II , p. 75. 

» V. U226 , etc. 

4 Raynouard , Choix depoMes originates des troubadours , II , 297 . 

5 Lem6me,II,295. 



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viii INTRODUCTION, 

passage : 

Ou plain Vinmeu sur Some oft Gormonz Hot estai 
Ancontre Loiys qi fu proz et lolax. 

II ne faut pas croire cependant qu'Isembart et son p6re Garin (le 
fragment suivant Pappelle Bernart), soient des 6tres complement 
imaginaires. En effet, dans la chronique de Fontenelle et dans les 
Annates de Prudentius, on lit, sous Pan 890 : « Isembardus, filius 
Warini , et Aledrannus, per dolum pacts fictce capti sunt a JVil- 
helmoy invasore urbis Barcinonce \ » Le moine de S t .-Gall, de 
son cot6, raconte une anecdote sur Isembart, fils de Garin, qui 
sauva la vie k Charlemagne k la chasse , et re$ut des pr&ens ma- 
gnifiques de Pimp^ratrice 2 . Une vie de Louis- le-D6bonnaire in- 
dique cet Isembart comme ayant commands dans une expedition 
en Espagne 3 . 

Une g£n6alogie fabuleuse des comtes de Boulogne, que nous don- 
nerons plus has tout enti&re 4 , place Parriv6e de Gormond et d'lsem- 
bart en Picardie et en Artois, au temps du comte Baudouin I er et 
d'Ernekin, son neveu, comte de Boulogne : In illo tempore venit 
Wermundus {Gormond) et Ysembardus in istam terram, et comes 
Hernekinus de Bolonia XXX a militum homines cum armis ad 
custodiendum portus Bolonice 5 . Sed Sarraceni de Anglia venientes 
(cela ne peut convenir qu'aux Normands), vi et violentia sua extra 
Boloniam apud JVernerove applicaverunt et ceperunt Boloniam vi, 
et necaverunt decern millia hominum de XXX a millia hominibus, 



1 Pertz, Monumenta Germanice historica, 1 , 464 ; II , SOS. 

2 lb., p. 752. 

3 /&., p. 618-15. 

4 Article de Garin le Loherenc. 

5 II manque quelque chose h la dartl de cette phrase , lisez XXX* millia hominum y comme 
plus bas. 



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INTRODUCTION. ix 

quos comes Hernekinus habuit. Et quando Sarraceni ceperunt 
Boloniam , pueros occiderunt et illos occisos igni comburebant in 
hastis suis > in despectu Christianorum. Comes autem Hernekinus 
infugam convertit cum viginti M hominibus armatis super cos tarn 
maris \ Les trouv&res ont encore une fois confondu tous les temps 
et tous les faits. 

Un fragment d^couvert par M. De Ram dans une vieille reliure, 
raconte la mort du roi Gormont et les 6v6nemens qui la suivirent. 
Ce sont deux feuilles de parchemin , dont Tune a 6t6 mutilde par 
le haut. L'^criture, k deux colonnes, est du XIII e stecle ou de la 
finduXIK 

Le style , Porthographe, tout nous porte k croire que le po6me 
dont il faisait partie, a 6t6 compost alors. Les formes rhythmi- 
ques sont des plus remarquables. Le po^me est compost de stances 
ou vers d'in^gale longueur et dont quelques-uns sont terminus par 
un refrain, singularity qu'on ne rencontre point ailleurs, si nous 
avons bonne m&noire, et qui prouve encore une fois que ces 
grandes compositions se chant&rent , au moins par extraits ou par 
couplets. Le morceau que nous allons transcrire est d'une intelli- 
gence assez difficile; il semble r^unir des difficulty qu'on ne trouve 
pas dans des compositions plus Vendues. Ici les lexiques connus 
sont d'un faible secours , et Ton est souvent r&iuit k de simples con- 
jectures. Au reste pour la rime et la versification en g6n6ral, il 
existe entre ce qu'on va lire et la Chanson de Roland, plus d'une 
esp^ce d'analogie. A Pexemple des anciennes chansons, ce morceau 
est en tirades monorimes (omoioteleutes) ou d'une seule lisiere y 
comme dit Fauchet. 

Voici tout entier ce pr^cieux fragment , dont M. De Ram a eu 
Pobligeance de m'abandonner Poriginal. 

1 Mone, Anzeiger, 1825, $47. 

Tom. II. h 



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INTRODUCTION. 



£<* iHart tot ttoi flftomumt 



Mem. 



Gautier, Erntu. 



L« roi Gorrooot. 



En haute yoiz s'est escrte : 
« Yos estes en dol tat fin6 ; 
N'auerez garrant par yostrc D6. » 
Quant il ot mart U hon vassal, 
6 Ariirs enchaga le eheval, 
Puis mist avant sun estandart : 
Nem la li bailie, un tuenard. 

Li estur fut fier et pesant 
E la bataille fut mut grant. 

10 Es-lor puinnant Gautier de Maus, 
Fiz Ern6is, un due franceis, 
Et ?it Gormund el pui estant. 
S'il lores ne joste a lui aen camp 
Dune 8e tenra pour recreant. 

15 Des espurons point l'auferant 
Que il en fist raer le sane. 
Al rei Gormond en vint brochant , 
S'il fiert sur sun escu deyant 
Qu'il li p6c6ie maintenant : 

20 Le hauberc desmaele et dement. 



2 Votre perte est certaine. 

4 Cos quatre vers en itaiiqne »ont un refrain i6- 
ritable. 

7 Tuinard, plus bas toinart; nousn'a?ons point 
rencontre* ailleurt ce mot qui te rlpete ici plusieurs 
fois et nous n'en devinons pas le sens. Signifierait-il 
un habitant de Thunes on Tunes? Un tonnerre , un 
foudre de guerre ? 

10 Es-lor, Toila ; puinnant , piquant . — Gautier de 
Maus, peut-etre Gautier de Mans, cependant il est 
e*crit bien visiblement Maus. 

11 Franceis , ce mot ne rime a*ec rien, mais ni 
la rime ni la mesure ne doivent eire jugtfes ayeo 



seXrite' dans un systeme de versification different 
du notre. L'orthographe franceis fait torabcr, ainai 
que Pobserre H. P. Paris , toutes les belles phrases 
de H. Estienne , sur la beaute* de franceis et la mol- 
lesse italienne defrancais. 

12 El pui, sur la hauteur , in podio; estant, latin 
stans. 

13 Lores, alors \ joste, joute , combat j aen eamp, 
en plaine. 

15 Point, pique, p*n{aty ; I'amferant, le conr- 
sier. 
10 Piciie, met en pieces. 
20 Desmaele, demaille; dement, gate, dtftrnit. 



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INTRODUCTION. 



XI 



Passl li ad joste le flanc ; 
Men n'en abat nient de sane, 
Ne de sun con ne li fist dam. 
Gormond li lance nn dart trenchant , 

25 Parmi le cow li rait bririant 
Triis li consent nn aleman 
Qu'ambes dous les abat raort el canp. 
Li meudre rei et le plus Crane 
Qu'onques fust el munde yiyant, 

30 Se il crlust Deu le poant, 
S'est escri6 haut en oant : 
« Ges crestiens sunt nun savant 
Qui de juster me yont hastant. 
lie yoil que jk un sul s'en vant , 

35 Tuz serrunt mort et recreant » 
Quant il ot mort les bons vassaus , 
Arrtere enchaga les chevaus , 
Puis mist avant sun estandart .* 
Nem la li bailie, un tudnard. 

40 Desus quaiou , k la Chapele, 
Fut la bataille fort et pesme. 

Occist et fiert et esboele. 
Qu'il consuit n'el laist en sele , 
Yestue 90 a de mort nuvele. 
45 Eis-lur puinnant Ti6ry de Termes, 
Sur un cheval bai.de Chastele, 
Gesques al rei Gormond n'areste. 
S'il fiert sur la targe novele 
Qu'il la li freint et eschantele , 



Thi^ry de Termes. 



22 Men, mis, mait. 

20 Trie's, pret; consent, attaint. Le trait perce 
en meme tempt nn allemand, etc 87 Vers trop long. 

80 Poant, putttant. 

36 Refrain. 

40 Quaiou , ee mot , repe'te' an t. 08 , est-il un nom 
de lieu on tignifie-t-il cailloux , prononctf a la pi- 
carde ? Chapele , pint bas champaino. 

42 Etboele , 61 entre. 

4S Celui qu'il ponrtnit| il ne le laitte point en telle. 



45 Ti^ry de Termes, Ph. Hontket mentionne nn 
Gautier de Termes , t. 6222, 

46 Chastele, Castillo. Toy. v. 200. 

Kant vit ion freire desus l'erbe novele , 
Ke suit a pie* son destrier de Cos tele. 

J. Bekker, Gerard de Fienne, t. 2412-18. 

47 Geeques ,}vt*qpm. 

40 Freint, freit, rompt; eschantele, aplatit,ar- 
rache dn cote* ? flam, kant, oote\ 



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XII 



INTRODUCTION. 



Le corate de Flandre. 



50 Sa hanste brise par esteles. 
E Gormond ad l'esple trait e , 
S'il ad f6ru sur le h£aume , 
La teste en fist yoler a destre 
Tris devant li sur la bel herbe ; 

55 Puis li ad dit une nuvele 

Qui as Franceis ne fut pas bele : 
« Le vostre Deu n'est tant honeste 
Que il yos pusse garant estre. » 
Quant il ot mort le bon vassal, 

60 Ariere chrfpa le cheval, 

Puis mist avant sun estandart : 
Nem la li bailie , un tuinart. 

Desus quaiou , en la champaine , 
Fut la bataille fort et grant. 

65 Eis-vos puinant li quens de Flandres 
Tut eslec£ parmi la lande 
O Tit Gormond , celui (cist) d'Oriente. 
Sur son escu li dona grande , 
D'un or autre li fist fend re 

70 La blanche broine d'esconcendre, 
Mis ne pot roie en la car prendre. 
Gormond li lanja une cambre. 
Parmi le cors li yait bruiante , 
Del autre part fiert en la lande , 

75 Li cors chet jus, si s'en yait l'alme, 
E dist Gormond , cist d'Oriante : 
« I coste , fole gent de France , 
Mut parunt-il fole esp&rance. 
Quant il vers mei descent lance 

80 Ne Yoil que un sul s'en vante. » 



60 Hanste , hampe, boisde lance j esteles,a*Ules, 
eclats. Voy y. 826-30. 

50 Refrain. 

66 Eslece" , amine* j lande ,bruy ere. 

60 D'un or autre, il manque quelqne chose a ce Yen. 

70 Broine, cuirasse j d'esconcendre, qui sert a 
couTiir? 

72 Cambre , quelle est cette espece de projectile ? • 



H'est-ce pas combre , piece de bois , d'ou encombre , 
pour amas de pieces de bois destinies a rendre un 
chemin irapraticable ? 

76 Oriante, Orient? Voy. ▼. 76. 

77 Coste , coute. 

78 Parunt-il, certes ont-ils. 

70 Descent, qnand on dirige une lance contre 
quelqu'un, on P incline, on la descend. 



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INTRODUCTION. 



XIII 



Quant Hot mort le bon vassal, 
Ariere enchapa sun cheval, 
Puis mist avant son estandart : 
Nem la li bailie , un tuinart. 
85 Eis-lur Eodon de Campaneis, 
Gelui qui tint Gbartres et Bleis, 
Chastel-Andon en Gatineis, 
E sist sur tin destrier moreis 
E vait ferir Gormond le reis. 
90 De son escu trencba le neir, 
De sun blanc haubere les pleis, 
Mais n'en pot mie en char aveir. 
U trest le brant de Goleneis , 
Sur sun helme Fen dona treis, 
95 Tut l'enclinat encontre sei , 
Ja l'iust mort icest pour veir; 
Quant k lui lan^a un ireis , 
Suz li ocist sun bon moreis. 
A dist Gormund or en surdeis : 

100 « Vos fussiez miez en estampeiz, 
Perdu avez vostre moreis, 
Vos n'el recourez des meis. 
Gi remeindrez ensemble od mei, 
Ostel prendrez al briyerei.)) 

105 II li lan$a un dart tut dreit, 
Deu Tad gari a cele feiz , 
Ri n'i pot mie sun char aveir; 



Eodon ou Eudes dc 
Champagne. 



81 Refrain. 

85 Eodon de Campaneis. I'an 834 , Eudes , comte 
de Blois , succe*da a Guillaume son pere. II mourut 
en 866. Eudes, premier comte de Champagne et 
second de Blois , succe*da a Thibaud, son pere, Tan 
978. C'est de celui-ci qu'il doit etre question. 

86 Bleis, Blois. 

87 Chastel-Andon , Cbateau-Landon , dans l'an- 
cien G&tinoisfrancois; Gatineis , Gatino is. 

88 Moreis, noir, brun ;un pareil che?al s'appelait 
aussi morel. 

00 Weir, noir, la surface noire , ou nerf, courroie. 

01 Les pleis, )atT*me (plexus). 



93 Coleneis , je pense qu'il s'agit d'one dpee de 
Cologne , pays ou alors comme aujourd'bui, on fabri- 
quait de bonnes lames. 

97 /ratJ,Irlandais. Voy. ▼. 278. 

98 Suz , sous. 

99 En surdeis } a demi-Toix? 

100 MieMy mieux; en estampeiM , sur vos jambes ; 
stamps' , en wall on , signifie debout. 

102 Recourez, recouYrerez ; des meis , des miens. 

104 Al briverei, sanstarder. M. P. Paris, Garin, 
I, 6, a rendu abrivts, par couTerts (abrite*s); je 
crois qu'il s'est trompe* j mais qui ne tombe en de 
pareilleserreors? 



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XIY 



INTRODUCTION. 



Le eomte de Poitiers. 



E cil s'en tome de mantis. 
Li estur fat mat fier mortel 
1 1 £ la bataille coramunel. 

Ets-lur le conte de Peitiert 

Sur un destrier sor-bautan, 

E tit Gormond el pui ester. 

Si lors ne tait k lui juster, 
115 Dane se tendra pour afol& 

Point le cheval par les costez 

Que il en fist (fesist) le sane toler. 

A Gormond est ate juster. 

S'il fiert sur sun escu bend6 
120 K'il la li od freit et quassl , 

Le hauberc rompu et d6safr6; 

Mis ne n'a pas son cors danpnl. 

E Gormund tret le brant letrg. 

Gesqu'al brael Tot tut eop£. 

125 Le meudre rei et le plus ber 
Qui unques fust de patens n6, 
A haute voiz s'est escrii : 
Vos est** en del tut fine*; 
Waurez garantpar vostre D4. 

130 Quant il ot mart le ban vassal , 
Ariere enchapa le cheval , 
Puis mist avant son estandart : 



108 De maneU , demanoie, a l'instant. 

109 Ce vers ressemble aux8*, 134% 160« et 675«. 

110 Communel , gdne*rale. 

112 Sor-bauzan. Bausan, baupain, baucent,bau- 
ceant ou bauchant , selon H. De Hartonne , est un 
cheval pie. Parise la Duchesse,?. 49. II dit adopter 
en cela l'opinion de H. P. Paris, qui effectivement 
propose cette explication au t. I er , p. 66, de ton 
Edition de Garin, mais qui , au tome suivant, p. 146, 
revient sur ce qu'il a dit et semble prefdrer traduire 
beaucent par roux , attendu que le premier de ces 
mots est le nom du sanglier dans le Renart le Novel* 
Sor-bausan serait, dans ce cas, un cheval brun- 
roussdtre ou estrSmetnent roux, sot, ayant le sens de 



jaun&tre ou celui du latin ruper. 

114 Juster, jouter, combattre. Voy.v. 404. 

121 Disafri, gate*, le comtnire fafrmmt. 

De sun osbcrc les dons pans li disaffret. 

La Chanson da Roland, p. 132. 

H. F. Michel soupconne que disaffret ponmit signi- 
fier enleve let broderiee de... 

122 A e n'a, ces deux negations sont a noter. 

123 Letri , constelll , convert d'on talisman, d'une 
inscription : dans Gutilaume-eu-Ceurt-AeM , on lit : 

II tint JoieuM qui desus fat letri*. 

124 Brael, braie,culottc, la bifurcation du tronc. 



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INTRODUCTION. 



xv 



Nem la li bailie, un tudnart. 
La bataille fust esbaldie 

135 Et del ftrir en manevie. 

Eis li quens lur de Normandie, 
Celui qui de Ruem fat sire , 
Qui de Fescampfist l'abb6ie, 
A a rei Gormond nuist espie\ 

140 Yoster i Tail son cors m&smes, 
Pleine sa lance le soyie , 
Geo , dit la geste k Seint Denise , 
We fast la hanste que li brise, 
Celui 1'ust geti de vie. 

145 Gormund li lance une guivre, 
Parmi le cors li ol jaillie , 
De l'autre part s'en est eissie , 
Fiert un danzel de Lombardie 
K'andous les a get6 de Tie. 

150 Li reis Gormund en haut s'escrie : 
« Iceste gent fole esbale 
Malt par i firent grant folie, 
Quant il vers raei bataille pristrent. 
Ne toI que ja an sul s'en rie, 

155 Tut serrunt mort de mat martire. » 

Quant il ot mort le* bone vaeeaue, 
Arikre enehapa le* chevaue, 
Puie mitt avant sun eetandart: 
Nem la li bailie, un tuinart. 

160 Fier fust l'estur et esbaudi. 
Eis-vos Ernaut qui tint Pontif 
E les aloez Saint- Valerin , 



Le comte da Norman- 
die. 



Let chroniques de S«- 
DenU. 



Ernaut de PonUtieu. 



134 Esbaldie, esbaudie , anim^e. 

135 En manevie , en train ? 

130 Eis lur, ces deux mots sont separes comme 
si on diaait : Voi le comte Id de Normandie. L'abbaye 
de Fescamp, de Pordre de S l -Beno!t, remontejus- 
qu'au VII* ueole. 

144 L'ust, le copiste a e*crit ainsi ponr I'iust. 

145 Guivre , Roquefort explique cette expression 
p*r serpent , couleuvre ; ce doit etre ici une espece 



particuliere de traits , fleches on javelots, que Turold 
appelle wigres. La chanson de Roland, p. 80. 

147 Eissie, sortie. 

155 Refrain. 

163 Les aloes SainU Valerin , il est encore parte 
an t. 431 de Saint- Valeri en Vimeu, et Ph. Mouskes, 
any. 14063, dit : 

Herlui* ot I non l'eininee; (Saur de Louis d'Outremer.) 



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XVI 



INTRODUCTION. 



Lonis d'Outreraer. 



E Tait le rei Gormond ftrir. 

L'escu li ad freit et malmis , 
165 Le helme desmaele et rumpi, 

Parmi le flanc l'espi£ li mist, 

La bone enseine que il tint *» 

Del autre part en fist eissir, 

Le sane vermeil en fist saillir, 
170 E dist Ernout : « Estes mei ci , 

Meie ert la terre et le pals , 

Que n'en suleie home servie ; 

Ne mis sul Deu qui ne menti * 

E Temperrire Lowis, 
175 Cest chalenge tos i ai mis. » 

A dist Gormund : « Bien l'ai genti, 

Vos me r'auris pris a veisin. » 

II traist d'or euheudi, 

S'il fiert a munt al helme enclin , 
180 Gesqu'al brahel le purfendi, 

Que de eel cop mort l'abati. 

A dist Gormund , li arabi : 

« Vos estes del tut fini , 

N'avez garant pur iceli 
185 Qui fut par force en cruiz mis, 

E ja Funt fous Jueus occis. 

Quidez-vos dune k'il surresist 

Ne qu'il tos puisse guarantir ? 



Si fu al due Garin dounee 
Ki tenoit Vimeu et Pouti 
Et Us alu&s Si-Waleri. 

170 Mei , miens. 

172 Suleie , aie coutume; de sorte qu'il n'est pas 
d'usage que je doive de ce chef aucun service. 
Au lieu de servie on pour rait lire servir. 

173 IVe mos, seulement , e'est pourquoi. 

175 Chalenge, opposition. Voy. le Glossaire roman 
de M. Raynouard, au mot calonjab, t. II, p. 285 de 
son tfouv, Reoueil, 

177 A veisin, pour voisin. 

178 A ce vers manque un mot : on peut le rltablir 
ainsi : 



II traist s'espie d'or euheudi. 

C'est-a-dire son £pe*e emmanchee d'or, a la garde 
d'or: 

Vee« m'espee ki d'or est enheldi. 

Chanson de Roland, p. 38. 

Voy. une note de H. F. Michel , sur le Rowutn de la 
Violette, pp. 01-02. 

183 Pour restituer ce vers, il faut recourir au 
deuxieme et lire : 

Vos estes E5 del {dot) tot 6ni (fini). 

185 Cruis, croix. 

186 Jueus, Juifs. 



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INTRODUCTION. 



XVII 



Mai guarra , par Apollin, 
190 Qui sul sun cors ne pot guarir, 

Que li n'estust de mort murir. » 

Duoc Ten csgarda Hugelin , 

Celui qui le message fist. 

Quant Damne-Deu out si laidir 
195 Forment en fut al cor mari. 

Le cheval brocha A il sist , 

Poinant en vint al rei Lowis, 

II Ten apele : « Fil , li dist , 

De gentil rei , de riche lin , 
200 Av6ez yen de Antdcrist 

Qui tuz nos homes nos ocist 

E Damne-Deu tant fort laidist? 

De ceo sui mut el quor marri. 

Si m'ait Deu , qui ne menti , 
205 Jeo n'el lerroie pur murir 

Que jeo n'el auge ja ferir , 

Que ke mei deie avenir. » 

E l'emperr&re respondi : 

« Avoi! beau frere Hugelin, 
210 Veus me tu dune issi guerpir? 

Se tu esteis ore occis , 

Dune n'ai-jeo mais suz ciel ami. » 
Dist Hullin : « Ne pot pas estre , 

Pruz mun p£re et mun ancestre , 
215 E jeo sui mut de bone geste, 

E par m&mes dei pruz estre. 

Si m'ai Deus, la grant paterae, 



Huguetin , Uugues ou 
Hugon. 



189 Guarra, pour guarir a. 
194 Out, onit. 

208 Quor, camr, 

206 Auge, aille, dans la Chanson de Roland, il y 
a alge, pour aille, 

207 Quoi qu'il me doive arriver. 

209 Avoi, exclamation : eh ! quoi ! 

Avoi! dist S*-Pieres, avoi! 

Be saint Pierre et du Jongleor, 
v. 312. Fabliaux et Contes , 
*d. de 1808 ,111, 292. 

Tom. II. 



Avoi , sire , che dist Gerars. 

Roman de la Violette , p. 18. 

Sur quoi M. Fr. Michel remarque que cette exclama- 
tion s'est conserve dans lea mots italien via et 
anglais away. 

214 Lisei Pruz fu mun perc... 

216 Geste, race. Voy, plus loin Pextrait de la 
chanson de Jourdain de Blaye. 

210 Dei, dois. 



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XVIII 



INTRODUCTION. 



Jeo n'el lerrai pur home terrestre 
Que n'el auge ja requerre. » 

220 Le rei le vot seisir as resnes , 
Quant ie pent sur desire, 
Al bon cheval lascha lea resnes 
£ od l'esple depart la presse , 
II ne vait gens cumme terrestre. 

225 Prof yait bruiant comme tempeste , 
Gesqaes al rei Gormund n'areste. 
Si '1 fert sur la targe novele 
Qu'il la li freint et eschantele, 
Sa hanste brise par asteles; 

230 E Huon ad l'esple treite, 

S'il ad feru a munt el belme , 
Tot 1'enclinot encontre terre. 
La l^ust mort icist acertes , 
Quant il tolerent gent averse. 

235 Hutlin dist une novele 

Qui a Gormund ne f ut pas bele : 
« C'est Hu£lin qui vos meisele , 
Qui 1'autrir fut a vos herberges 
Le message Lovris faire , 

240 Si vos servi come pulcele , 
Le pounrais en la squiele. 
UnLes n'en must6s la maisele. » 
A dist Gormund : «c Si vait de guerre, 
Le goerredon vos en dei faire. 

245 Ainces k'augiez guerres de terre, 



221 Pent , penche. 

224 Gens cumme terrestre, comme gent terrestre. 

225 Prof, an v. 314 , on lit en prot, est-ce la meme 
chose queprou? 

226-80 Repetition desT. 47-61. 
282 Enclinot, inclinait. 

237 Meisele, maltraite. 

238 Vautrir, V&utre jouT^herberges^tente*, camp. 

240 Come pulcele, comme pucelle, ayec candeur. 

241 Pounrais, ainsi porte le mannscrit. Poun, 
plus bas , signifie poing ; squiele est ou nne echelle, 
un gibet on on corps d'arme*e ; mais cela ne rend pas 



la phrase plus claire , a moins qu'on ne Use : Je le 
suspendrais (pounrais, en latin, ponerem) au gibet 
(squiele), 
242 Mustis , montrei ; maisele , visage : 

Aude s'esluet 4 une fenestrelc, 

Ploore et tospire , sa main 4 sa maisele. 

J. Beekeb , Gerard deFienne, v. 2410-11. 

Hugues Teut dire que les palens devraient se cacher 
de honte. 

244 Le guerredon, le prix. 

245 Avant que tous allies un pen plus loin ? 



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INTRODUCTION. xrx 

Men enscient , l'aurez rout pesme. » 

Del fort espi6 grant cop li serre, 

Mut Tad nafrd al flanc senestre 

Que tute est muillle la suzcele : 
250 Jus le tr6bucha a la terre. 

Puis s'escria li reis Gormund : 

« Trop estes vantez, bricun , 

Jeo te eonois assez, Hugon, 

Qui l'autrir fus asparillans ; 
255 Si me servis de mun poun 

Que n'en mui unkes le gernun , 

Si par folie dir6 nun. 

E le cheyal a mun barun 

En amenas par traisun. 
260 Or en aueras le guerredun , 

Mort t'en girras sur le sablun. 

Ne dirras misne o ne nun , 

Ne pur nul mire de cest mund 

Ne n'auras m£s guar ran tisun , 
265 Ne par tun Deu espaciun. » 

— « Vos mcntcz, ceo dist Hugon, 

Jeo n'ai trench^ ke Talqeton 

E un petit del peli^on ; 

Ja me rauerez. a compainon , 
270 E me verrez par iscaropon , 

Criant l'enseine al rei baron , 

La Lowis , le fiz Gharlun ; 

Li6 serrunt cil kaweron , 

Dolent serrunt paien fdlun. » 
275 II resaut sus encontre munt, 

840 Men ensoieni, a mon avis. 265 Espaciun , repit. 

248 Nafrk, navre* , blessl. 267 L'alqeton, le hoqueton : 

248 Suzcele, sous-selle. , , , 

m.m* w» . i Et desrompu li uuuberc freroilon, 

262 Brtcun . unpadent. a . , r .. 

* r Si que aesouz pnrcnt li aquelon. 

255 Poun, pomg. , Bekker, Girard de Vienne , v.2493. 

256 Que jene me rate jamais si...., serment fami- 
liar aax guerriers da moyen age. 270 Iscampon, le champ de bataille ? 

262 0, oui. 272 La , l'enseigue , le cri de Louis. 

263 Mire , mtdec'm. 273 Kaweron, il s*agit de Parmee chr^tienne. Di- 

264 Guarrantisun , guenson. minutif de cavier, vassal , ou k'aiweron, qu'aiderons. 



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XX 



INTRODUCTION. 



Isembart. 



A dous poins prist le gunfanun. 

I an eust mort le rei Gormund, 
Quant un ireis saut entre dous, 
Hue le fiert tut abandon , 

280 Que mort l'abat as piez Gormund , 
Puis rest munti sur le gascun. 
Par la bataille Tail Huon , 
Tut dipltie sun gunfanun , 
Griant l'enseine al rei baron , 

285 La Lowis, le fiz Charlun. 

Liez sunt en cil qui de suens sunt , 
Dolenz en sunt paien felons. 

II fist sun tur par le charapon. 
Si repaira al rei Gormund , 

290 S'il ttr'i sur sun escu rund 
K'el pr£ l'abat a genoillons. 
El tort qu'il prist le fer Gormund , 
L'espte enz al cors li repont , 
K'il le rabat sur le sablon. 

295 Or fu Hugon al pr£ a pit 
Navrl dous feiz del grant espil ; 
Dune li eschapa sun destrier. 
Quant Isembart , le ren&6 , 
Vit le cheyal cure estraer , 

300 D'une chose s'est afichi6 
S'il poeit as puins baillier 



278 lreis , voy. t. 07 et 608. 
281 Gascun, les chetaux gascons sont vantls par 
les trou vires. 

Ocii li ont son auferrant gascun. 

J. BUKEI, Agolant* ▼. 268. 
Mont fu dolens de son destrier gasgon. 

Ibid., v. 250. 
Et panni coupe le bon destrier gascon. 

Lb heme , Girard de Vienne , ▼. 2374. 
Voy. plus bat ▼. 645. Le pendant de Vauferant gas- 
con se retrouTe dans un antenr latin ; car la lUte"- 
rature classique fournirait plus d'un Iclaircisse- 
ment aux romantiques , si Ton voulait ritudier plus 
se>ieusement. En effet , on lit dans Silius Italicus , 



lib. XVI, v. 381 : 

Sed proximus ibat 

Astur Panchates 

Suit la description de ce conrsier asturien. 

288 Champon , plus bas chambon , champ de be- 
taille. Koy.v.540. 

203 Repont, latin repon[i)t ou plutdt rejmno{%)t. 

298 Retteie , reni6. 

209 Cure estraer, courir au loin ? 

Dans Angeliers , li gascons de Bordele , 
A laissie corre le destrier de Ca stele. 

Fa. Michel, Introd. a la Chanson de Roland , 
p. LVII. 

301 Baillier, saisir. 



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INTRODUCTION. 



XXI 



Qu'einz se Ierreit d6trenchier 
Que mis pur home le perdist. 
Cele part Tent tut esless6 

305 Od le restiu de sun espi6 
Vot acoler le bon destrier ; 
Le cheval porta haut le chef 
Que il n'el pot mie baillier. 
Hue s'est tant avancte 

310 Qu'il vait avant contre pleiu pi*. 
Delez li passe le destrier, 
Seissist le as resnes d'ormer. 
Entre les dous ar$uns se set. 
En prof traient arbalestriers 

315 E lur serganz, et lur archers , 
E Hue point et broche et fiert , 
Qu'il lur est auques esloinn£. 
Ses plaies prennent a sainnier, 
Li cor li raent et Hue chiet. 

320 Geo fut damages et p6chi6, 
Gar mut par ert bon chevalier 
E en bataille fesant bien. 
De l'autre part fut dan Gontier 
Gelui qui fut ja sun esquier, 

325 Fiz de sa sor, si ert ses niez 

(Geo dist la geste a Seint-Richier), 
Uncore n'ot oit jorz entierz 
Qu'il Tot arra6 a chevalier. 
Quant sun seineur vit trlbuchl, 

330 Mut fut dolent et esmail; 
Cele part vint tut esless6, 
Par les resnes prist le destrier, 
Entre les dous arf ons s'asiet , 
En sun poin tint le brant d'acier; 

335 Tut fut sanglant et enoch£ , 



Gonlier. 



Chronique de saiut Ri- 
quier. 



304 Vent, pour vint. 
306 Rsstiu, reliant. 

313 Seissist , aaisit ; d'ormer, d'or pur. 

314 En prof, Toy. *. 286, 



318 Sainnier f saigner. 
310 Li cor li ment , le cceur lui manque. 
326 Seint-Richier, Saint-Riquier en Ponthieu. 
336 Enochs 1 , entaille* , coupe' de osca. 



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XXII 



INTRODUCTION. 



De Sarrazins etnermeilli6. 
Al rei Gormund brochant en yient , 
S'il fieri sur sun csco yergie 
Qui les qnartris en abatie, 

340 El pre* le fist esgenoitlier, 
Puis li ad dit en reprover : 
« Sire Gormund , rei dreiturer, 
Conoisterez 1'esquier 
Qui a TOtre tnef fud 1'aatrer ? 

345 Ove* Hue le messagier, 
' Jou aporlai le nef d'ormier. 
Gele mis-jo k Seint-Riohier, 
Que tos arsistes sun mustier , 
Mes a venir tos en deit bien. » 

350 Li rei Gormund li respundie : 
« Gum orguillot et cumme fier 
Fui de sur mei , garz pantener , 
Jeo sui de link chevalier 
De riches et de preistls, 

355 N'i tocherai oi esquier. » 
Quant Lowis, le rei preisil, 
Vit si murir sea chevaliers 
E ses compainnes d6trenchier, 
Mut fut doleni et esmai6: 

360 « Ale , Deu , pere del ciel , 
Dist Lowis , li rei preisi6 , 
Tant par me tenc enginne' 



358 Escu, au-dessus de ce mot, nn corrcctcnr a 
e*crit helme ; vergie (virgatus), damasquine* , orne* do 
bandes d'un autre meHal. 

Se$ iiiaumes fu deplonc forgies, 
Mais a estoit par litis vergie". 
Les bendes d'or moult ricbement. 

Le roman de la fiolette , p. 00. 

330 Quarlres, voy. ▼. 300, 408, la meme chose 
que qu artier, (signes blraldiques ?) dans ce yers: 

Fust Lamaroine en Yescu de quartier. 

Fr. Michel , Introd. a la Chanson de 
Roland , p. lvi. 



343 Ce tots est inoomplet : 

Coooisteres i*ous l'esqnier. 

346 Ovi , a*ec. 

340 Apr is ce vers, le copiste a re'pe'te' les Yers 
313-323, mais on les a ensuite biffls. 

360 Respundie, poor respundi, comme toot a 
l'heure abatie , pour abati. 

362 Gars, gars , jeune ; pantener, plut6t pautensr, 
drole , lache , insolent. 

356 Oi, Toy. v. 363 , aujourd'hui , jamais. 

362 Tenc , tiens ; enginne' , d6cu. 



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INTRODUCTION. 



XXIII 



Ke n'i jostai oi premier 
Tot cors a cors al aversier, 

365 Ja est-il rei et rei sai-jeo. 
La noire avenist bien 
Lequel de nous idune venquist ; 
N'en fussent mort tant chevaliers 
Ne tanz francs homes d£trenchiez. 

370 Ber Saint Denise, or m'an aidiez, 
Jeo tenc de vos quite mun fiey , 
De nul autre n'en conois ren , 
Fors sul Deu le yeir del ciel. 
Ber Seint Richier , or m'en adiez , 

375 Ja yos arst-il vostre mustier, 

En l'onur Deu le puis eshaucier , 
Jeo toi crestrai trenle set piez. 
Pernez les resnes del destrier , 
Gesques k lui me conduiez. » 

380 A icest mot s'est esless6. 

Gormond li ad treis dars lanciez , 
Deu le guarri par sa piti6 
K'il n'el ad mie en char tochie\ 
Reis Lowis fud mut irrii, 

385 A joste mie n'el requiert. 

En contre munt drescha l'espi6, 
S'il ad ttra parmi le chief, 
Que les heauines ad trenchig 
E del hauberc le chapelier. 

390 Gesqu'al brahel le purfendie 
Qtfen pr6 en chlent les mercez. 
En terre cola li espie. 
Tant bonement le pursiwie, 



366-67 Ces deux vers sont mal copils et ce n'est 374 Adiez , au v. 370 aidiez. 



pet la premiere fois que le copiste est en faute. 
On en a une preuve manifeste dans la note sur le 
v. 346. 

371 Je tiens mon fief, mon royanme de voua. 
Cette id£e que le royaume de France ne relevait que 
de Dieu et de saint Denis , reparaft souvent dans les 
Merits des trouTeres. 



377 Crestrai, accroitrai. 

378 Pernez, prenez. 
386 Vespii, V6p6e . 

380 Le chapelier, la partie da haubert qui en?e- 
loppait la tele sous le casque. 
391 Merces,motce&ux. 



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XXIV 



INTRODUCTION. 



A ben petit que il ne chief 9 
395 Quant sur le col del bon destrier 

S est retenu le rei preisil. 

Mut li costa le bauberc dubler 

Et le yert helrae que ot al chief, 

Al col sun escu de quartris , 
400 Le fer del bon trenchant espi6 

Ke de 16 ot un dimi pi6. 

Mut li costa a jus sachier 

E pur Franceis s'est yergoinil. 

Si s'aficha sur ses estrius , 
405 Le fer en plie suz ses piez, 

Trei deie esloigna le q...rrie. 

De tel air s'est redrescie 

Ke les corueilles sunt rumpie , 

Ke trente jorz pleis ne yesquie , 
410 Geo fut damages et'pichiez, 

Car mut ert bon chevalier, 

En balaille fesant ben , 

A crestiens yeir conseillier , 

Ceo dit la geste , et il est yeir, 
415 Plus not en France nul dreit eir. 

Quant paiens yirent Gormund mort, 

Ayant s'en turnent yers le port ; 

Le Margari les cris en ot. 

A 1'estandart poinant tost, 
420 Le rei Gormond ad troy£ mort, 



397 Le hauberc dubler. 

N'i a cclui n'ait espee d'acier 

Escu et lance et bon hauberc doblier. 

Edw. Le GlAY, Frag, du roman de 
Raoul de Cambrai , dnns les Mint, 
de la societi d' emulation de cette 
ville, 1835, p. 148. 

308 Le verthelme, 

An son chief li lacerent 
Pert hiaume genie. 

P arise la Duchesse, p. 47. 

M. De Martonne dit que le mot vert indique la 
nuance de racier. En effet, dans le Roman de Garin, 



il est perle* d'une e*pee , 

Dont li fers fa d'un vert acier brum. 

399 Quartres, d"armoiries?voy. *. 339et497. 

402 Sue sachier, tirer. 

406 De trois doigts allongea la courroie (quorrie) ? 

408 Corueilles j corailles , eourailles , intestins, 
entrailles. 

412 Ce ▼era est repe'te' plus haut , sanf qu'on a mis 

plus exactement en la bataille , ce qui complete la 

mesure. 

415 Eir, oir. 

419 Poinant, piquant. 



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INTRODUCTION. 



XXV 



Treis feiz se pasma stir le cors. 
« Alias! dist-il, veir dist le sort, 
Si jeo yeneie en icest ost 
Que jeo i serreie u pris u mort. 

425 Or sai-jeo ben que veir dist trop. 
La bataille durra treis dis 
Entre Gormond et reis Lowis. 
Al quart comencent a fuir 
Turz et Persanz et Arabis, 

430 Parmi Vimeu et par Pontif 
Vers les alois Saint-Yaleri. 
Le Margari en ot les cris; 
II poinst vers eus , si lur ad dit : 
« U fuez-vos, paiens chaitifz? 

435 N'avez ricet en cest pais , 
Parent ne uncle ne cusin , 
U vos puissiez revertir, 
Tornez ari£re les chimins {fie) ; 
Se yengerom le Arabi, 

440 Notre emper6re de Leutiz, 
Qui nos dona les grans pais, 
Le ver, le gris et le ermin, 



423-24 Voy. ▼. 629-80. 
431 Voy. v. 162. 
435 Ricet, retraite. 
440 UuUm, 

Ci vol lairons de Gharloa au fier vis , 
Si voua dironj de Tars et d'Arrabis 
Et de Pertans, d' A chop an , de Lutis. 

Roman d'Ogier, par Adenes. 
Le roi Charboncle da regne de Liu lis. 
Roman des Lor rains, 
E d*Apamort un altre rei Leu t is. 

Fa. Michel, La chanson de Roland, 
p. 124. 

M. F. Michel croit que ce mot de*aigne la Lithuanic et 
lea Lithuaniena , que lea romanciera , dana leur igno- 
rance, placaient en Aaie. Leutis aerait done le Lectoe 
dea paaaagea autaana : 

In Prusen, Lampaerden, Lectoe. 

Poemejlam. sur la bataille de Cricy, 

Toh. II. 



que nous arons publie* dans notre 
edit, de VHist. des dues de Bour- 
gogne , de M. De Barante , II, 420 , 
IV, 495. 

Prend garde au bon roi de Behefngne , 

Qu'en Franc et en AUemaigne, 

En Savoie et en Lombardie, 

En Danemarcke et Honguerie , 

En Pouleine , en Russe , en Cracoe , 

En Massove , Prusse , Lectoe 

Ala pris et bonneur conquerre. 

G. De Macbaut , Le confort d'amis. 
L'abbe* Le Be of propose ponr Lectoe, la LUhaunie et 
la Livonie. Mem. de V acad. des mscaif ., XX« vol. Voy. 
F. Michel, La chanson de Roland ,pp. 104 et 122. 
M. Mone , que aa grande conuaisaance dea antiquitla 
do Word , rend un juge preaque aana appel , penae 
que Liutis dlaigne la Luaace, Lausitz (Lutiot). Unter- 
suchungen zur gesch. der teutschen heldensuge , 
p. 260. 



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XXVI 



INTRODUCTION. 



Seguin. 



E les chastiaus et les forciz. » 
Mais n'el entendent Sarrazins , 

445 Fuiant sen turnent les chemins. 
Isembart ?eit n'i mettre fin. 
Tel dol en ot le Margari 
Que il se coide esragt* 
A une part del camp se mist, 

450 Si fiert nn cheralier Seguin , 
Gosin germein rei Lowia. 
L'escu li a freit et malmis , 
Le hauberc desmaela et malmist, 
Parmi le cors l'espte li mist, 

455 Tant cum la lance li tendi, 
Del bon cheval mort l'abati, 
£ dous franceis dee plus gentilz 
Nos i a mort le Margari , 
£ pub se rest al chemin. 

460 Or yeit Gormond mort en la prie 
En ?ia sanglent, gule bafe, 
£is Isembart, par une estr£e. 
Vers li a sa resne vir6e» 
La fist grant del et grant pasmee, 

465 Oi mis orresz grant regret£e. 
« Ahi, dist-il, rei emper&re, 
Tant le tos dis plusures fiez 
A Girencestre , a tos contr£es , 
Que Franceis sunt gent adurle : 



447 Margari , saure* a tort , mal sauvd. 

450 Seguin, en allemand Sigwin. Seguin est le 
neveu de Gerard de RoaasilloD , dans le roman de ce 
nom. 

461 Gule bate, bouche ouverte. M. De Hartonne , 
p. 125 du Roman de P arise la Duchesse , e'er it : 

Tant felon traitor jesrr gole bacee. 

gole bade, dit-il, la bouche en bas, mordant la pons- 
siere. Nous nous permettons de penser qu'il faut lire 
gole ou gule bate, comme dans notre fragment. 

462 Rstr&e, sentier, chemin (stratum). 

Alquanto malagevole ed aspretta , 



Par bmsso na boaeo precero la via , 
Cha oltra die sejaoaa fosse e ttretta , 
Quasi su driUa alia colliaa gia. 

▲aioa TO, Orlando furiosv , Til , 8. 

463 Virie , toorne'e. 

465 Oi mis erress , des ee moment ; regretie , 
expression du regret. 

468 Cirencestre, rille des dtats de Gormond, et 
dont le nom a une physionomie anglaise. 

469 AdurSe, endurcie , forte , courageute. 

Italian parlait au coraige adure. 

J.Bskkes , Gcr*rdde Fiennc y 
▼. 2W4. 



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INTRODUCTION. xxvh 

470 Mut le vos dis en la gal6e. 
> De 9a troverez tel raeisnle, 

Mis Teirement lavez lrov£e , 

La gentil gent el l'onurie. 

Tele ne fut de mire nie. 
475 Sur eus n'ert terre conquestge. 

Ahi ! Gormund , rei emperire , 

Gam aviez la face ctere , 

La chire bele et culunie, 

Gum Fayez ja teinte et mu£e. 
480 A Lowis, bon emperire, 

Cum as oi France bien aquitle, 

E Gormond Tad chier compare. 

Ja ne faudrai & sa meisnie 

Pur tant cum pusse ceindre esp6e. » 
485 Isambart dist a sa Toiz clire : 

« U fuiez-TOs, gent esguarle, 

Senz seineur en autre contrie? 

Turnez ariire les estries , 

Si vengerom notre emperire. 

» 

400 L'or et l'argent et les soudles 

Et les pelices engulies. 

Et ens si funt sans redutfe , 

Ariire tornent les estries , 

Lowis ad sa gent jost6e, 
495 Emmi chevacha l'emperere. 

Quant Sarrasin li tresturnirent , 

La T^issiez tant cop d'espie 

Et tante lance en quarterie , 

Tanz Sarrazins par ces estries , 
500 Morir senglent sor 1'erbe lie. 

491 Engulees, en forme de goule : p. 140 : 

Pub que U sunt A batailley ustez . 
Vo$ donrai de mon dons I hermin agole. 

Parise la Duchesse, p. 112. V *1 T * 114, 

408 En quarter&e ou enquarttri* t en qua r tier a , 
Fay. snr ce Yen la note de M. De Martonne. en morceaux ? Voy. les vert MO et 309. 

494 JotUe, aftemblee. La Chanson de Roland, 600 Lie,6tendue. 



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wviu INTRODUCTION. 

En sun lo munt, a l'estandart, 
La ik jut mort le Satenas, 
Yindrent paiens de tutes para. 
« Pour le tucn Deu , sire Isembart , 

505 Gentil , ne nous faillir tu ji ? » 
— « Nu ferai-jeo , dist Isembart , 
Tant cum li miens cors durra , 
Paiens ne vos esmaiez pas. » 
Quatre jorz a l'estur dur6, 

510 Puis que Gormond fud affote, 
Gar Isembart i ert remls 
Od quarrante mil d'armez. 
Parmi Franceis sen sunt passez. 
Mut en unt mors et affolez. 

515 Lowis ses genz a jostez, 

Tant que dis millers sunt d'armez; 
Parmi paiens s'en sunt passez ; 
Plus en unt mort et affolez 
Que tous sai dire ne conler. 

520 £ Lowis est el pui munti , 
E ad le roi Gormond trovl 
A l'estandart la A il iert, 
U il ainceis Tot mort ru6. 
Mut franchement Tad regret*. 

525 « Ahi ! dist-il , rei am£re , 
Tant mar fustes gentil ber ; 
Si cr&ssiez en Bamne-Deu , 
Meudre horn ne pust horn trover. » 
De 90 fist Lowis que ber 

530 Qu'al paveillun le fist porter. 



Lowis ad trov£ Gormunt 
A l'estandart, en sun le mont: 
Regreta le com gentil horn. 
« Tant mar fustes, rei, baron; 



502 Satenas, S*t*n*: 587 Damne-Diu, Ph. Mousket ecrit Dam-$l- 

505 Faillir, il faut faillis Dieu. 

585 Amere, chef, seigneur, amiral, 4mir, etc. 589 Louis tgit en noble cheTelier.... 



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INTRODUCTION. 



XXIX 



535 Se cr&ssiez al creator , 

Meudre vassal ne fust de vous. » 
De ceo fist Lowis que pruz. 
Porter Ten fist as paveilluns, 
Covert sur un escu runt. 

540 Puis repaira enz el chambon, 
Si a trov6e nafr6 Hugon , 
De juste li Guntier Guedon, 
Qui esquier fud al barun , 
Faissier le fist d'un pelifun, 

545 Puis Tot mont6 sur un gascou. 
L'estriu li tint li reis le jor, 
Puis l'unt porl6 al paveillun, 
La ii jut mort rei Gormond ; 
D'autre part cochent dan Hugon. 

550 Enz en l'estur a une part 
Se combat Miles le gailart, 
Tut cors a cors a Isembart. 
Ja l'6ust mort le bon vassal, 
Quant survint le viel Bernard : 

555 Le p£re fut meistre Isembart, 
Qui sun escu li estrua. 
Mieuz feri le meistre Isembart, 



Miles. 



Le vieux Bernard. 



535 Vassal, guerrier, chevalier. 
639 Covert sur un escu runt , ce vers rappelle une 
contame des Spartiates. 
540 Chambon, plus haut champon, v. 288. 

544 Faissier, envelopper, fasciare. 

545 Gascon, voj. v. 881. 

540 Cochent, couchent ; dan , seigneur. 
551 Gailart, gaillard. 

Con ad gaillard , perdue ad sa cular. 

La Chanson de Roland, p. 112. 

Cors ad gaillard, el vis geote color. 
Ibid., p. 145. 

554 Le viel Bernard, Philippe Moutkes, v. 14060 
etsuiv., donne pour pere a Isembart, le due Gar in 
de Ponthieu , qui a? ait Ipousl Herluit , scour de Louis 
d'Outremer : 

Et de madame Herluit , 
Dont je vous ai ci-devant dit , 



Qu'cipousee ot li dus Ganns , 
Fu Iserobars et Girardins. 

556 Cette situation d'un pere combattant son fib, 
a son insu , se retro uve , on le sait , dans la Henriade, 
et , d'une man i ere plus intlressante peut-etre , dans 
le fragment d'un vieux poerae tudesque , public par 
H. Grimm, en 1812, poeme que M. De Chateaubriand, 
dans ses Etudes historiques, a fait connaitre d'apres 
S. Ampere. Ce fragment contient le re*cit d'une ren- 
contre entre deux guerriers du cycle des Nibelun- 
yen, le vieil Hildebrand et son fils Hedebrand. Voy. 
J. und Wilh. Grimm , Das Lied von Hildebrand en 
Hedebrand, Cassel, 1812, in-4°. W. Grimm, De 
Hildebrando antiquissimi carminis teutonici frag- 
mentum, Gotting., 1830 , fol. maj. — Estrua , perca , 
troua. 

L'escut Rollaat unt freit e estroet. 

La Chanson de Roland , p. 84. 



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XXX 



INTRODUCTION. 



Gar sun eacu li estrua 
£ sun hauberc li d&afra. 

560 Par le milieu l'espi6 passa, 
Mis n'en ateinst mie en char. 
De sun cheval le dlrocha, 
Par les dous resnes le cobra, 
V6ant ses euz, puis i monta; 

565 Unques congi6 ne demanda, 
De ceo fist-il p<cbi£ et mal 
Qui sun pire descbevacha, 
Mais qu'il n'el reconoist pas, 
S'il le conust, ja n'el tochast, 

570 Car d'autre chose l'areisnast. 

De nos Francois i fist asart, 
Ri il consult ne s'en ala, 
Ki il ftri puis ne parla, 
Se Damne-Deu n'el suscita. 

575 Fier fut l'estur et esbaudi. 
Paiens s'escrient a haut criz 
A Isembart : « Fel Margari , 
Fel p£n6iz pur repentir; 
£a sunt les cheraliers hardiz; 

580 Mar arivimes en Ponlif 

Pur lur honors sur eus seisir, 
Mut nous avez del tut trais. » 
E Isembart leur crie et dit : 
« Faluns paiens et Sarrazins , 

585 Halveisse gent et conquestisz. 
A un des lor que jeo vei ci 
I a ben trente Sarrazins. 
D6fendez vos dolenz issi, 



56fc Dirocka , le fit tomber, ronler comme nn roc. 
663 Cobra, saisit. 
567 Deschevacha, ctemonta. 
670 L'areisnast, lui eut parle*. 
571 Asart, hasard, danger? 
577 Margari , mal sauve* : un pertonnage de la 
Chanson de Roland, a'appelle le guens Margariz, 



Margari* de Sibilie, pp. 88 , 61. 

670 pa sunt, il est incertain que ce toit la mie 
lecon du manuscrit. 

686 Conguestisjf, a pen pre* le meme teas qua 
culvert. 

586-87 Contre nn des lenrt (dee chrtftiena), Tout 
etes bien trente Sarrasina. 



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INTRODUCTION. 



XXXI 



Com plus tos ti6s garantir. » 

590 E eiis si funt se ke Vol dit. 
Li estur fut fier et mortel 
E la bataille communel. 
Paiens n'el poreot endurer 
Qui travails sunt et p6nez 

595 De la feim et esjunez. 

A tant s'en sunt fuianl turnez, 
Le rei Ten enchau£a essez. 
Se ne fussent barges et nis 
K'il laissi£rent a la river, 

600 Ja n'en piust un escbaper. 

Si cum li cerf se fuit la lande, 
Si s'enfuirent ces d'Irlande; 
Si s'enchac&rent ces de France , 
Reis Lowis et ses compainnes. 

605 Paien se fuient tut a un, 
E Issembart est remasu, 
Dous mil paiens ensemble od li; 
Qu'il consuit tut ot vencu, 
Wei pot garir sun helme agu, 

610 Ne blanc hauberc qu'il ad vestu, 
Que tut n'el tenche desques al bu. 

Les treis contes et le quart dues, 
Li uns li fiert en sun escu, 
Les tris al blanc hauberc menu. 
615 El core li firent treis pertuz, 
De sun cheval le mist rent jus, 
Mes ne Funt pas reconu; 
Si unt l'enchauz avant tenu 



689 r#*,Teux. 

605 Esjunez, tourmentls par la disette. 
607 Enchauca , poursuWit j esses, asset. 
600 River, riviere. 

603 Mande, voy. ▼. 07 etd78. 

606 Remasu, resti. 

600 Helme agu, e'est cette espeee de heaume en 
pointe , qui a fait oroire aux Ben&lictins , que les 



anciens dues de Bourgogne sunt repre'sente's sur leurs 
•ceaux avec un bonnet pointu. 

611 Tenche, atteigne; desques al bu, jusqu'au 
buste. 

616 Pertuz, pertuis , blessures. 

617 Reconu, Uses recone'u, pour la mesure, qui, 
au surplus , est souvent ne*glige*e. 

618 Enchauz, pourtuite, delkenchauoer. 



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xxxii INTRODUCTION. 

A u chai li Margariz, 
620 Au quarefoi de treis chemins, 

Lez un bruillez espis foilli; 

De Damne-Deu li membra si 

Que ja dirra le franc gentil 

Pour quei il dueret bien garir. 
625 « Seinte Marie glnitrix, 

itere Deu dame, Isembart dist, 

Et ja '1 me dist un sarrazin 

Ultre la mer, qui en sorti, 

Si jeo veneie en cest pais 
630 Que jeo serreie u mort u pris. 

Or sai-jeo bien que il veir dist. 

Aie , fire Deu , dist-il , 

Qui enz en la seinte cruiz fus mis , 

A vendredi mort i soffri; 
635 Dont tut tun pople rtinsis, 

En seinte sepulchre fustes mis 

E au tierz jor surrexis, 

Si yeireiment cum ceo feis, 

Si a'iez-TOs de mei merci. 
640 La mei mort pardoins icil 

Par Yostre amor qui m'unt occis. 

Sainte Marie glnitrix, 

Mire Deu dame, Isembart dist, 

D£pr£ez en vostre beau fiz 
645 Qu'il ait merci de cest chaitif. » 

Garda aval en un larriz 

E Tit un ollirer fuilli; 

Tant se travaille qu'il i Tint, 

Sor la f reschc herbe s'est asis , 
650 Contre orient turna son Tis, 

A terre Tait, culpe bati, 

Puis se dr£$a un sul petit. 

620 Quarefoz, carrefour. «35 RHnsis, rachetai. 

821 Bruillez, petit boi« ; espis foilli, touf- 640 Icil, a ccux. 

f u 646 Garda, regards ; larriz , terrain incalte. 

629-30 Repetition det ▼. 423-24. 651 Culpe bati , battit sa coulpe. 



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INTRODUCTION. xxxm 

Arnoul-le-Vieux , comte de Flandre, se m61e naturellement aux Am<mi - ie - v.«ux, 
annates normandes , ayant 6t6 l'auteur de la mort de Guillaume- 
Longue-Ep£e. 

En racontant les amours de Richard-sans-Peur, due de Nor- Amour* diehard* 
mandie, et de Gonnor, Ph. Mouskes ne marehe pas, fiddle k sa 
coutume, sur les pas de G. De Jumteges. II n'^crit pas non plus 
d'apr6s lui, lorsqu'il touche quelques mots d'une insurrection des 
vilains, k propos de laquelle R. Wace emploie le mot commune , commune. 
expliqu£ par notre chroniqueur dans un sens different de celui que 
nous y attachons ordinairement l . 

Arriv6 k Hugues-Capet, il n'avance rien de d^favorable k son Hugu«-cpet. 
origine. Pas un mot de ce boucher , pr&endu p6re de Hugues , 
comme Faffirme Dante , kla. grande indignation d'Etienne Pasquier, 
qui traite cette opinion de sotte ; mais rien non plus qui rappelle 
que le chef de la troisteme race des rois de France descende du 
saxon Wittekind , ainsi que Font voulu quelques-uns , de saint 
Arnoul, comme plusieurs le pr&endent, ou encore de Hildebrand, 
ce fr&re de Charles-Martel, mis en avant par Duchesne, soutenu 
par Charles Le Cointe et combattu par J.-J. Chifflet. 

Gerbert, depuis pape, sous le nom de Sylvestre II, eut d'abord L e P a pe s y ivesire u. 
Hugues pour protecteur. Sa reputation de magicien a 6t6 aussi 
r£pandue, au moyen Age, que celle de Virgile. Ph. Mouskes n'oii- 
blie pas de Fenvisager sous ce rapport , ni de parler de son com- 
merce avec le diable. 

Apr&s quelques mots sur la Flandre, il retourne en Norman- 
die, et k Foccasion d'un diff&rend 61ev6 entre le due Richard et 
F6v£que d'Auxerre, qui avait fait prisonnier Renaud de Bour- 
gogne, il mentionne un usage que M. G. Peignot, ce bibliophile si l. se ue cheviiere, 
aimable et si instruit, appelle la selle chevali&re > et sur lequel il a •*«*»«- 

> V. 15174. 
Tom. II. 



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Cleves. 



xxxiv INTRODUCTION. 

fait, en 1836, une de ces curieuses dissertations, qu'il tire k petit 
nombre, pour des amateurs choisis \ Get usage se d^couvre £gale- 
ment dans notre histoire , car le chronographe li^geois Hocsem , 
racontant les guerres d'Awans et de Waroux, en garde le sou- 
venir , ainsi que Jacques De Hemricourt , sur le m£me sujet. 
Du Gauge , consults par M. Peignot, a soin de citer ces passages 
aux mots sellam gestare, et en rapporte d'autres , tir& des romans 
de Garin, de Rou et de Gerard de Vienne. 

LecheT«iier«ucygne. G'est le commencement du XI 6 si&cle, que Ph. Mouskes assigne 
pour date k la venue du Chevalier au Cygne k Nim&gue. Vingt-deux 
vers sont consacr£s k ce sujet 2 . 

ordre du Cygne de Cette l^gende a fait croire k Fexistence recuse d'un ordre du 
Cygne, dans le duch£ de Cloves. Favin 3 , prenant les choses de plus 
haut que Ph. Mouskes, dit qu'en 711 , Th^odoric ou Thierri, due 
de Clfrves, n'ayant qu'une fille unique nomm6e Beatrix, lui laissa 
ses &ats, et que les grands seigneurs du pays cherchant a s'en 
emparer, cette princesse se retira au ch&teau de Neubourg, pr6s 
de Nim£gue, ou, suivant une narration diff&rente, dans celui de 
Meghem. II ajoute qu'un jour k la fen&re, triste et m£lancolique, 
k cause des persecutions qu'on lui suscitait, elle vit sur le Rhin 
un navire qui s'approchait k voiles d6ploy£es, et dans lequel se 
trouvait un chevalier arm6 de toutes p&ces, ayant pour cimier un 
cygne blanc, la t£te couronn^e. D'autres, pour rendre la rencontre 
plus extraordinaire, assurent que le navire £tait remorqu^ par un 
cygne. L'inconnu, appel£ Elie, H£lie ou Herlin, aborde au ch&teau, 
offre k la princesse ses services, lui promet de la d6fendre contre ses 
ennemis et obtient sa main. Ge fut k cause de son surnom de Che- 

1 Voy. v. 15771 , 16211 , et dans cette Introduction meme ce qui est dit de l'empereur 
Otton ou Othon I 01 ". 

2 V. 16024-16045. 

3 Thedtre d'honneur et de chevalerie , t. II , ch. 7. 



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INTRODUCTION. 



XXXV 



valierau Cygne, qu'il institua l'ordre dont cet oiseau est l'embl&me 
et qui figure plus (Tune fois dans la mythologie des peuples du 
Nord \ En effet, les Valkyris, fees des nations scandinayes , appa- 
raissaient le jour sous la forme de cygnes. L'une d'elles, m^me, 
s'appelait Svanhvita, blanche comme un cygne. 

Onnor var Svanhrit : 
Svanfia frar dr6. 

Uune itait Svanhvita 
Portant des plumes de cygne 2 . 

De plus , chez ces peuples , le cygne &ait consacr£ au soleil et 
k la lumi&re, comme Foie k Phiver et aux t6n6bres 3 . 

W. Teschenmacher rapporte le sentiment de Jean Lower man, 
qui fait descendre les dues de C16ves d'un certain Thierri ou Th&>- 
doric, et de son p&re Dalthon de Turgovie, qui, pour des services 
rendus aux rois Dagobert et Sigisbert, obtinrent, celui-ci le comt£ 
de Turgovie et l'avouerie de P^glise de Constance, celui-lA le gou- 
vernement de Cloves et de Nim6gue. 

Suivant la tradition, ce Thierri, dit-il, laissa une fille unique, 
Beatrix, qui , apres la mort de son p£re, demeura dans le ch&teau 
de Nim^gue : 14 vint k elle le chevalier Hdie de Grail, originaire 
du Paradis terrestre, dans une barque tir6e par un cygne orn6 
d'un collier d'or. Elle £pousa ce personnage, mais l'ayant press6 
trop vivement de s'expliquer sur son origine, il disparut avec 
l'oiseau mysterieux. Cette l^gende, dit Jean Turck, a tellement 

1 J. Grimm, Deutsche Mythologie, Goettiogen, 1835, in»8° 9 pp. 240, 241 , 623. 

3 Edda Scemundar hins Froda. Hauniae, 1818, in-4°, t. II, Volundar-quida , p. 6. II est 
assez singulier qu'un savant tel que M. Walckenaer, ait avanc^ que YEdda de Scemund 
Sigfusson n'existe plus ou n'apas encore 6t£ retrouve\ Lettres surles contes de ftes, 1826, p. 89. 

* 76., HI, 1121. 



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xxxvi INTRODUCTION. 

plu k nos anc&res, qu'ils ont repr6sent6 ce cygne sur leurs monu- 
mens, sur les tours, les palais, les tapis, les statues, les sceaux. 
Martin Del Rio ne craint pas d'ayancer que Beatrix fut le jouet 
d'une illusion magique, et qu'elle dey int m&re par le commerce d'un 
incube, explication semblable k celle de la naissance de Penchan- 
teur Merlin. Pighius a cru que cet H£lie ou H£lyas sortait de la fa- 
mille romaine des TElius , attendu qu'^Elius Gracilis, envoys, selon 
Tacite ', dans les Gaules , se rendit dans ses possessions h£r£ditaires, 
situ£es au pays de Cloves, non pas conduit par un cygne , mais sur 
un navire qui portait l'image de Poiseau de V6nus. Teschenmacher 
rejette ces explications et admettrait plus yolontiers celle de Turck, 
qui dit qu'H&ie yenait de la Suisse, soit de la ville de Cl&ve ou 
Clavenne, soit d'un ch&teau sur Pemplacement duquel fut b&ti 
depuis le monast^re du Paradis, sur la fronti&re de Turgovie. Quant 
au cygne , il Pexplique 6galement par la figure representee sur la 
poupe du nay ire. II ajoute, qu'H£lie ay ant perdu la Tie dans la 
guerre de Charles-Martel contre les Sarrasins, on fit courir le bruit 
qu'il avait disparu. Pierre de Streithagen adopte cette opinion. 

Teschenmacher regarde comme le chef de Pancienne maison de 
Clfrves, Elias Grains, Gralius ou Gracilis, grec d'origine, qui 
£pousa Beatrix, fille unique de ce Thierri, dont parle Lowerman. 
C'est pour eux , suivant lui, qu'on imagina la fable du Chevalier au 
Cygne 2 . 

Les amateurs de fables ont trouv6 une origine plus recuse 
encore. lis racontent que Silvius Brabo, qui, donna son nom 
au Brabant, et qui vivait du temps de Jules-C6sar, yoyant 
r^gner une grande division entre les habitans de cette contr6e 
et leurs yoisins , et craignant qu'un jour ces dispositions f&cheuses 

1 Annal., lib. XIII. 

2 Wernheri TeschenmacheH ab Elverfeldt Annale* Clivia, Julia, etc., Francof. , 1781 , 
in-fol., pp. 124, 125, 189, 190, 191. 



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INTRODUCTION. 



XXXVII 



ne vinssent k 6clater, choisit quelques-uns des plus braves seigneurs 
de sa cour, auxquels il fit faire serment d'employer tous leurs soins 
pour pacifier ces discordes , et qu'en cette consideration il les arma 
chevaliers, leur donnant pour marque distinctive un cygne attache 
k une chalne d'or \ 

Dans un manuscrit d* Arras , du XHI e stecle , on lit qu'Eustache 
as Gernons, fils d'Eustache a TOEl , et descendant de ce Fromont 
si souvent nomm£ dans F6pop6e des Lorrains, vint, k son retour 
de Rome, k Bouillon, chez P^pouse du Chevalier au Cygne , et 
s'unit k sa fille. Comes Eustachius ad Gernons Romam peregre 
perrexit. Redeundo de S. Petro Romce venit ad Buillon ad domum 
ducissce, quce uxor eratmilitis, qui vocabatur miles cigni. Ubi, se 
quinto milite, tota node moram fecit, requisitus a sua hospite unde 
esset, respondit dicens se esse comitem Bolonim supra mare. Tan- 
dem plurimis inter se locutis, prcedictus comes Eustachius rogavit 
filiam ducis et earn duxit in uxorem, quce vocabatur Ida. Et de 
illo Eustachio venit Godefridus de Buillon et Eustachius, frater 
ejus, et Balduinus, quipostea fuit rex de Jherusalem 2 . 

Quoi qu'il en soit , cette tradition flattait Porgueil de la maison 
de Clfrves, dont les membres semblaient avoir adopts le cygne pour 
devise. En 1453 (v. s.), Adolphe de Cloves, neveu de Philippe-le- 
Bon, due de Bourgogne, £tant k Lille avec toute la cour, fit crier, 
au nom du Chevalier au Cygne, serviteur des dames, que le jour 
marqu6 pour le banquet du due de Bourgogne , on le trouverait , 

1 J. Goerres Lohengrin , ein altteutsches Gedicht nach der Ahschrifi des vaticaniscken 
Manuscriptes, Heidelb., 1818, p. lxviii, lxx, etc. Cf. Helinandi, Frigidi Montis tnonachi, 
ord. Cisterc^ chron., libri 45-49 , apud Teissier , Bibl. Cistercians., VH, 78 ; Vincent. Bello- 
vacens. Speculum histor., Duaci , 1642 ; Beschreibung der Graf en und Herren eu Cleve, durck 
E. Hopp, Cleves, 1685, 148-150; S. W. Pighius, Hercules Prodicius , Colon., 1609, p. 52 
(imprime precedemment a Anvers, chez Plantin, 1587, in-8°). 

2 Mone, Anzeiger fur Kunde der deutschen Vorxeit, Karlsruhe, 1885; col. 847-48. 
Fog. dans cette Introduction , le chapitre sur Garin le Loherenc. 



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xxxtiii INTRODUCTION. 

lui due de Cloves, armd de harnois dejouste, en selle de guerre, 
pour jouter k armes courtoises k Pencontre de tous ceux qui y vou- 
draient venir ; et que cc celuy qui, pour le jour, feroit le mieux au 
» jugement des dames, auroit et gagneroit un cygne d'or enchaisn£ 
» d'une chaisne d'or, et au bout (Ficelle chaisne, un riche rubis 
» que les dames pr^senteroient k celuy qui Pauroit desservy. » 
Telles sont les paroles de Mathieu De Coussy \ Un des entremets 
du festin donn£ quelques jours auparavant par Adolphe de Cloves, 
repr&entait toute Fhistoire d'Elie et de Beatrix % a et demonstroit 
» comment jadis miraculeusement, un cygne mena et conduisit 
» dans une nef, sur la riviere du Rhin, un chevalier, jusques dans 
» le chasteau de Cloves, lequel estoit fort vertueux et vaillant; et 
» l'espousa la princesse du pays, qui pour lors estoit veuve; et en 
» eut lign£e, dont les dues de Cloves sont venus depuis ce temps-lA; 
)> et tient-on que ceux du present en sont issus et descendus, qui 
» est si noble lign£e &s Allemagnes , comme Fon s^ait 3 . » 

En 1615, Charles de Gonzague de Cloves, due de Nemours, 
voulut r&ablir cette pr&endue chevalerie du cygne, qui n'avait 
vraisemblablement jamais exists ; ce projet n'eut pas de suite; mais 
a r Le Paige. en 1780, il fut renonvel£ d'une mani&re grotesque par un pr&re 
flamand qui, au pr£alable, comme de raison, se decora lui-m6me 
de Fordre. II a £crit un livre assez curieux, malgr£ son £norme 
ridicule , intitule : Histoire de Fordre hdr&Litaire du eigne (sic), dit 
Vordre souverain de Cloves ou du cordon dor, par M. le comte 

1 Ed. de M. Bucbon, k la suite de Monstrelet, t. XI, p. 86. Tous ces details sont 
reproduits dans les memes termes, par Olivier De La Marche. Coll. univ. dee m4m. pari, 
relatift a l'hi$t. de France , 1785, t. IX, pp. 2 et suiv., et Appendice de la Chron. de 
Jacques de Lalain, e"d. de M. Buchon, 1825, p. 395. 

2 M. Guenot Lecointe, qui a publie en 1837, La Belgique au XV'Mcle, a decrit la fete du 
faisan , dans son premier volume. 

3 Mathieu de Coussy, ib*, p. 87. 



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INTRODUCTION. 



XXXIX 



De Bar (k B41e, et se trouve k Cloves, chez Hoffmann, 1 vol. in-8°, 
1780, pp. 1-93, 2* vol., 1782, pp. 95-305). II faut ajouter une 
apologie de cet ouvrage, publi6e £galement en 1780 (11 pages in-8°). 
Le comte De Bar n'£tait rien autre que l'honn6te eccl£siastique, qui, 
aux pages 139-226, ne manque pas de dresser sa g&i&dogie, et 
prend sans fa$on les titres suivans : Antoine-Franpois le Paige de 
Bar y comte titulaire de Bar-sur-Seine et du Saint-Empire, pair de 
Champagne , vicomte de Brogne y avowb de saint Gdrard, etc., etc., 
n£ k Herenthals, le 9 novembre 1751. Ge grand prince £tait, en 
r£alit£, cur6 de Laerne, en Flandre ! ! 

Est-ce k cause du Chevalier au Cygne > que les seigneurs de 
Steinfurty en Westphalie, portent un cygne dans leur £cu? M. Mone, 
fort dispose k le croire, remarque, en outre, que Jung, dans son 
Histoire des comtes de Benthem, pi. 11, donne deux sceaux avec 
un cygne , l'un de l'ann6e 1246, l'autre de 1267. II fait observer de 
plus, qu'en Westphalie les 6 tangs de cygnes, Schwanenweiheren , 
Schwanenfluten, £taient communs ; mais ces rapprochemens prou- 
vent, selon nous, peu de chose 2 . Au surplus, il existe plus d'une 
ancienne familie dont les armoiries sont charges d'un cygne, tels 
que les Ehinger de Balzneim , les Furtenbach, les De Closen y en 
Allemagne. Les Cr&juy ont pour cimier deux t6tes de cygne, qui 
tiennent un anneau ; un cygne 6tait ^galement le cimier de Pinfor- 
tun6 Guy de Brimeu, seigneur de Humbercourt, ainsi que des 

1 Voy. dans le Dictionnaire de la conversation etdela lecture, notre article Cygne (ordre du), 
t. XVIII , pp. 395-96 , et notre Edition de V Histoire des dues de Bowrgogne , de M. De Barante , 
t. VI, pp. 9-11. Cf. Griphius, Von geist- und weltlichen Orden, Leipz., 1709, p. 188; 
Schreiber, Traditions populaires du Bhin, Heidelberg; J. Engelmann, sans date, in-12, 
pp. 42-48; Helyot, Hist, desordres religieux etmilitaires , 1792, in-4°, t. VIII, pp. 454-55; 
Th. De Rouck, Den Nederlandtschen Herauld, Amst., 1645, in-fol, pp. 156-57 (sur cet 
anteur, voir nos MSmoires hSraldiques, Introduction); Buines et Souvenirs, par De R., Brux., 
1882,in-8°,p.22. 

2 An*eiger 9 etc., 1884, col. 157. 



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xl INTRODUCTION. 

seigneurs de la Baume dlrlain, etc.; vouloir tirer de ces faits si 
simples des inductions pour Pobjet qui nous occupe, n'est-ce pas 
aller au deli des limites de la critique? 

En £tudiant la literature du moyen Age, on serait port£ k croire 
qu'il y ayait un fonds de croyances po&iques commun k tous les 
peuples,et que brodait k Penvi l'imagination de leurs pontes. Outre 
le Lohengrin, qui paralt appartenir k la fin du XIII e si&cle, les 
Allemands ont un ouvrage en vers de Conrad de Wurtzbourg, 6cri- 
vain du m£me Age, sur le Chevalier au Cygne \ De leur c6t£ les 
Islandais, plus s£par6s du reste du monde que.les Bretons de Virgile, 
poss&dent une Godfrey ssaga. Halfr. Einarus, dans son Historia 
liter aria Islandice % intitule ainsi la l£gende ou saga d'H£lie : 
Historia Elidis (filii Julii duds) quern inter principes Gallice 
(Belgicce) quondam floruisse vulgatum est. Mais M. Hoffmann est 
dispose k croire , et nous partageons cette id£e, que la fable du Che- 
valier au Cygne , oh des traditions et des details g£ographiques re- 
latifs k laBelgique reviennent sans cesse, est primitivement beige \ 
Jacques Maerlant, dans son Miroir historial (IV, I, XXIX, et Bil- 
derdyk, Verscheidenh., I D, bl. 162), s'exprime ainsi A propos de 
Godefroid de Bouillon : 

(Daer) logbenaers mesdaet an doen , 
Datsi hem willen tien ane , 
Dattie ridder metier stcane 
Scire moeder vader was cet 
No wyf no man , alsict vernam , 
Ne was noint stcane daer hi af quam , 
Al eist dat hem Brabanters beroemen, 
Datsi van der stcane syn coemen. 

1 Gedicht vom Schwan*Ritter, dans les A ltd. fTaeldem. des fibres Grimm. Bd. Ill, s. 40-96. 

2 P. 102. 

3 fforce Belgicce, I, 58. 



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INTRODUCTION. xli 

La version la plus ancienne de la l^gende du Chevalier au Cygne, 
est celle que Pierre Desrey 1 a expos^e en prose, k la fin du XV e p-De.™, j.r c «,«. 
si^cle ; elle avait 6t£ trait^e en vers au XIII e , peut-^tre m6me plus 
t6t, par Jean Renax, Renard ou Renault , que Ph. Mouskes a pu 
fort bien ne pas connaitre. 

Le respectable abb£ De La Rue, qui reprochait k M. Raynouard 
de tout rapporter k la Provence , tandis que lui-m£me montrait une 
pareille partiality pour la Normandie, fait naitre Jean Renax dans 
le Bessin, mais de preuves sol ides, il n'en fournit aucune. Malheu- 
reusement ici le patriotisme ne suffit pas 2 . 

M. Francisque Michel, en publiant le Lai dtlgnaur&s , par Re- M.p.Mkhei. 
nault % expose les raisons qui lui font croire que ce trouv^re vivait 
au XII e si^cle , sans aborder cependant la question de son origine. 

Ind£pendamment d'lgnaures , on connatt encore de Renault le 
Lai de V ombre et de Vanneau , analyst par M. Amaury-Duval. 

Quant au roman du Chevalier au Cygne, il a 6t6 continue par 
Graindor ou Gandor de Douai , auteur d'Ansdis de Carthage 4 , de o«dor. 
La cour de Charlemagne 5 , et de qui est probablement presque 

1 II y en a un extrait dans les Nouvelles archives historiques des Pays-Bos , V, 62-68 , et 
dans les Melanges tire's (Tune grande bibliotheque , VI, 4-62. L'ouvrage de Desrey a 6te im- 
prime plusieurs fois : Paris, Michel Lenoir, 1511, in-4°; ibid., Philippe Lenoir, 1523, in-4°; 

• Lyon, Francois Arnoullet, 1580, petit in-8°; Paris, Nicolas Chrestien, s. d. in-4° ; Paris, 
Jehan Bonfons, s. d* in-4°. La traduction flamande a et^ imprim^e a Harlem, vers 1486, 
in-fol., elle est fort rare. Une traduction anglaise a etc publiee par Caxton, Westminster, 
1481, in-fol. Cf. Paquot, Memoir es litt., in-fol., Ill, 7. 

2 Essais hist., Ill, 213-21 5. Cf. Le Grand D'Aussy , Fabliaux, I, 265 ; Anzeiger fur Kundedes 
deuischen Mittelalters, 1834, 875 ; Hist. litt. de la Fr., XVIII , 777-779, article deM. Amaury-Du- 
val,et t. XVI, Disc, prel., parM.Daunou, pp. 210 et 232 ; J. Grimm , Deut. HeUknsagen p. 43. 

8 Paris, 1832, in-8°. Notice preliminaire. 

4 Nous en avons dit quelques mots, t. I er , p. 89. 

5 Archives du Nord de la France , t. II, 6* livr., Les homtnes et les choses, p. 205. Roquefort, 
de Yitat de la poisie francaise dans les XII 9 et XIII* siecles , p. 162 ; Glossaire , II, 769 ; en 
ce dernier endroit , ce philologue distingue Jean Renart, auteur du Lai de V ombre etdeVanel, 
de Jean Renax , auteur du Chevalier au Cygne. 

Tom. II. f 



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xli! INTRODUCTION. 

toute la partie relative k Godefroid de Bouillon et aux croisades , 
c'est-i-dire plus des quatre cinqui&mesdu roman. Borel cite Gandor 
de Douai , dans le catalogue des anciens pontes francais , qui pr6- 
c6de son tr^sor. 

De ce roman, compost d'environ 30,000 vers, Roquefort et 
M. Amaury Duval disent qu'on ne connait que deux manuscrits 
qui different beaucoup entre eux , Fun conserve k la biblioth&que 
royale, n° 7192 (7190?), in-fol., l'autre, k celle de l'arsenai, 
belles-lettres, in-fol., n° 165. M. Fr. Michel en cite un de la biblio- 
th6que royale, suppl. frangais, n° 5408. II en existe un autre k la 
biblioth6que de Bourgogne , k Bruxelles ! , qui , a en juger par les 
extraits de M. Fr. Michel % est compl&ement distinct du sien. II 
y aurait done plus d'une redaction en vers de la l£gende du Che- 
valier au Gygne. Laquelle est celle de Gandor? La n6tre, sans 
doute, si Ton s'en rapporte au langage. Celle-ci , oil le merveilleux 
est plus sobrement employ 6 , nous parait par cela m£me la plus 
ancienne. 

La premiere partie, qui n'a pas plus de 6000 vers, se trouve , k ce 
que nous apprend l'abb£ De La Rue, parmi les manuscrits du roi 
d'Angleterre (15, E.VI). 

M.nu.cnt de BruxeUe*. M. Mone a fait connaltre, d&s l'ann^e 1834, le manuscrit de 
Bruxelles, qu'il regarde comme une copie du XTV e si^cle, tandis 
que nous le datons, nous, du XV e . A cette occasion il a recherche en 

Lege.nt Anugonc Espagne et en Allemagne, les traces de la tradition fondamentale, 
ce qui le conduit k parler du g£ant Drion ou Antigone , dont la 
fable est £troitement unie aux origines d'Anvers ; il traite en outre 

1 N° 526 d., in-fol., pap. Voy. Anzeiger fur Kunde , etc., 1814, 140 et suiv. Sanderus, 
Bibl. MS. P. II , p. 5, n M 172, 178, 174, et p. 6, n" 219, 222, et p. IS, n* 765. Barroia, 
Bibl. protyp., n" 18 , 47, 1886, 1797. 

2 Vdand leforgeron, pp. 87, 88, 89. Voy. plus loin ce que nous disons des Artne* euchan- 
ttes, § III. 



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INTRODUCTION. xliii 

du Lohengrin, mis au jour par Goerres, po6me que M. Mone re- 
garde comme bas6 sur Phistoire de Pempereur Lothaire I er et de 
son fils Lothaire II ^ et dans la preface duquel Goerres avait d£j& 
£tabli le rapprochement de Lohengrin et de notre g£ant 2 . 

M. Francisque Michel nous ayant fait Phonneur de nous informer 
qu'il a r&solu de donner une Edition du Chevalier au Cygne % 
nous pourrions nous dispenser d'ins&rer ici des extraits de cet ou- 
vrage , si le petit nombre des manuscrits subsistans ne rendait 
pr^cieux celui de Bruxelles, qui semble d'ailleurs n'avoir rien 
de commun avec la copie du supplement fran§ais de la biblioth^que 
royale de Paris , et si les travaux de ce jeune savant n^taient pas 
assez nombreux pour le d^tourner peut-£tre de son dessein. On 
trouvera dans les Appendices et les Bulletins de VAcad&mie , des 
fragmens relatifs aux croisades; ici nous nous contenterons de tran- 
scrire quelques morceaux de la premiere partie , tir6s du manuscrit 
de la bibliothtkjue de Bourgogne. 

Ce manuscrit a appartenu k Charles De Croy, comte de Chimay, 
dont la signature se voit sur le revers du Dxxvm 6 et dernier feuillet \ 
Ce seigneur, qui aimait les livres et les lettres, fut fait prince de 
Chimay par Pempereur Maximilien I er , en 1486, et obtint le col- 
lier de la Toison d'or. II mourut en 1521 \ Le volume dont nous 
nous servons n'est aucun des exemplaires qu'6num6re la Biblio- 
theque protypographique de M. Barrois 6 . 

1 Anzeiger, etc., 1834, col. 158. 

2 LXX. Sur le poeme de Lohengrin , on peut consulter Farticle critique de J. Grimm , dans 
le Heidelb. Jahrb., 1813, Hft. 9 8. 849 et Von der Hagen, Grundr., s. 98-158. — Touchant le 
geant Antigone on Drion , voir ci-apres la dissertation sur les chansons de geste. 

8 II le cite pp. 199, 212 , etc., de son Edition de la Chanson de Roland , il le cite egalement 
dans la dissertation sur le forgeron Veland , pp. 80 , 81 , 88, 90. 

4 En reliant ce manuscrit , on a maladroitement interverti la pagination. 

5 Chronolog. hist, des dues de Croy, Grenoble, 1790, in-4°, p. 158. 
• N- U51 , 1452, 1453, 1454, 1455, 1772, 1773, 1774. 



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XLIV 



INTRODUCTION. 



En voici le d£but : 

$$t commence nnt grange xstntt U Co^efroit U &mC(o«, rf i a moff U qtatba 
mttvliUs t\ commt H <fj«k*CCt<r i $ljin<. 

Seigneurs, or escout6s en nora de la vierge royne, 
Que Dieux ly tous poissans qui tous ly biens afine, 
Voufl Teille herbegier en la glore angeline, 
Et je tous canteray de miracle dirine, 
5 De grandes traisons et de mortele hayne , 

Et d'armes et d'amours, de gent de haute orine, 

Et la destrusion de la gent sarrasine , 

Et de Jerusalem la prise et la rachine , 

De Nicque et d'Andioche , d'autrez tierres bermine. 

10 Ly commenchemens est du chevalier au Cbine, 
Fil au roy Oriant et la franche roine 
Qui VII enfans porta tout a une gisine , 
Dont Matabrune en fist ung fait de grant famine , 
Qui arsse en fu depuis dedens ung fu d'espine, 

15 Enssi que tous oris conter a brief tiermine ; 
Et puis apris oris de la voie tris-digne , 
Du boin due Godefroy qui passa la marine , 
Comment il conquesta celle tierre Appoline , 
Et prist Jerusalem qui a lui fu encline , 

20 U courone porta qui ne fu pas fine ; 

Pour tant que Jh£su-Cris qui tous nous enlumine, 
Fu couronnls en crois de couronne d'espine , 
Ne ?ot couronne avoir que de povre rachine. 

Seignour, or entend£s, francque gent honnourie , 



I Ce vers est trop long et l'orthographe trahit le 
XV« siecle bien plut6t qu'elle n'annonce le XIV« 
ainsi que le pense le savant Hone , dont nous ne re- 
jetons jamais Pavis qu'avec defiance. 

9 ff ermine, arme'niennes , ouplut6t, engine*!*], 
de POrient. 

II Roine, tout a l'heure royne, suivant nne or- 
thographe plus moderne. 



18 Tierre Appoline , celle ou I'on adorait ApolUn , 
dieu preHendu des Mahometans. 

M ahnmmet tert e Apollia recleimet. 

Fa. Michel, la Chanson de Rolmnd, p. I . 

Cf. notre premier volume , vers 5324-26 et p. 620. 
20 Vers trop conrt d'une syllabe. 
23 Voy. le teite de ce seeond volume. 



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INTRODUCTION. xlv 

25 Chy commenche canson qui doit estre contle , 

Faitte de miracle, par v6rit6 ordonnle; 

En la cronicque en est la yiriii trouyle. 
II ot jadis ung roy de haulte renomm6e, 

Roys fut de Lille-fort , une riche contrle. 
30 Ghieux royalmes-chy est Tiers Sausonne l'al6e , 

Gils royalmes marcist a le gent deflate. 

26 Lises vartf , pour la mesure. 

31 Marcist, e*tait limitrophe; deflate, infidele , tans foi. 

Lille- fort zsl aussi nommedans leroman du S^-Gr&d, et Ypocras 
(Hippocrate) y b&tit un chateau \ M. Mone y voit Insula fortis, 
Lille en Flandre, car toutes les locality indiqu^es par le po6me 
retracent la Belgique ou les contr^es voisines. Desrey se contente 
d'6crire : <( Nous lisons 6s anciennes et autentiques cronicques que 
» jadis fut ung noble roy de l'lsle-fort, une riche contr6e, etc. » 
Le po&te poursuit : 

Par une pays qui fu de ij rois acordde 

Ly roys Pietre n'avoit nulle dame espousle. 

Une dame i avoit qui tenoit Orbend6e , 
35 Et celle dame fu Matabrune appiell6e , Maubrune. 

Et pour le grant avoir dont elle fu doule 

L'espoussa icheux roys dont j'ay fait devis6e 

Manages qu'est fais par telle d6sir6e 

As paines yient a bien , c'est bien cose prouvde ; 
40 Quant c'est par avarisce il ne Talent riens n6e, 

Quant par amours est fais de cuer et de pens6e, 

Sy Toit-on bien souvent que c'est oeuvre encombr6e. 

32 AconUt, dans le MS. il y a aconU. 

34 Orbeudde , ce nom ne se trouve pat dans le texte en prose. 

Matabrune, k ce que conjecturent MM. Eloi Johanneau et Esman- 

1 Un chapitre du S'.-Gr&l est intitule : Comment Fpocras espousa la fille du roy de Syrie et 
comment il e'en alia enLysle-Fort, ou il fist kdiffier ung beau chaeteau et riche , si comme nous 
avons diet devant , ou les messaigers trouverent sa tombe. id. de Paris , Philippe Lenoir, 1 52$ , 
in-fol. goth., feuillet lxxviii. 



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xlvi INTRODUCTION. 

gart, nest autre que la reine Brunehaut , k laquelle m£me on attribue 
toutes les voies romaines dans nos contr^es \ Ces messieurs vont 
plus loin, et de Matabrune ils font encore la d^esse Magada, qui a 
donn6 son nom k Magdebourg 2 ! Quoi qu'il en soit, le roi Pierre 
meurt, apr6s avoir eu d'elle un fils appel£ Oriant, qui lui succ&de et 
qui Spouse la belle Beatrix. II s'6tait 6gar6 k la chasse k la poursuite 
d'un cerf : 

Fol. 2 recto du MS. Evous une pucielle de moult bielle fachon , 
Gonduire se faisoit par ung chevalier de non 
45 Et de deux escuiiers de fenestracion. 

44 Afo, toot a llienre nom, orthographe plot re*- Carle* ot U regne de France 

cente. Levers eat trop long. Effaces ting. 

46 Fenestracion, ce mot, a moint qu'il ne faille Set per* lot conrone. 

lire de fin* estracion, s'explique pax cea veri de Derant fu femest ret et haas. 
Ph. Houtket , t. II , p. 15 : V. 12471-77. 

Le roi, charm6 k sa vue, lui adresse la parole : 

Fol. 2 recto du MS. t Je suy roys Orians , pour voir le vous affy , 
Et ceste foriest est du royal me genty , 
Moy samble que mespris n'ay point d'ung geul espy , 
Et se meffet avoie d'un petit paresy 
50 Amender le volroie du tout k vostre fy » 

49 Paresy, paritit, monnaie. 

Le mariage a lieu. Bientot les deux £poux sont troubles dans leur 
bonheur par la guerre qui les force k se Sparer. Oriant va combat- 
tre ses ennemis et laisse Beatrix enceinte, sous la garde de sa m6re 
Matabrune. Beatrix accouche d'une fille et de six gar$ons, ay ant 
chacun naturellement une chatne d'argent au cou. Mais la fausse 
et d61oyale Matabrune fait accroire k sa bru qu'elle a donn£ le jour 
k sept chiens {sept kienpons) et charge un de ses gens , Marque de 

1 (Euvree de Rabelais , Paris, Dalibon, 1823, in-8°, IV, 106 , note 78. 

2 Ibid., Ill, 10, note 27. 



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INTRODUCTION. xlvii 

Sainteron {Marc de Saint-Trond), de faire p&rir les enfans. Ici se 
reproduit une situation qu'on trouve 6galement dans la 16gende de 
Genevi&ve de Brabant \ et jusqu'A un certain point, dans le joli 
roman de Berte. 

Fol. 7 recto du MS. Dedens I mantiel a les vij enfans boutls, 

A tout les vij enfans est a cheval months; 

De la ville est issus , si est acheminls , 

Bien V lieues et plus en est Marques passes, 
55 En une grande foriest est vistement entrgs. 

En une plache Tint, descent enmy les pris , 

La assist les enfans, puis les a regards, 

Quant il les vit sy biaus, si Ten prist grant pit£s, 

Et Dieux qui les avoit en ce sitale ordon&s 
60 Pour vivre a haulte bonneur et faire biens assls, 

Fist que li enfanf on , de bon sane engenrls , 

Commenci£rent a riere , che fu grandes bont6s. 

Quant Marques sy les vit sy noblement criis: 

« Et povre enfant , dist-il, par moy garde n'ar^s; 
65 Je prie k cellui Dieu qui en crois fu p£n6s, 

Que la vielle mauvaise qu'ensy vous a embl£s, 

Puist iestre arse en ung feu et ses corps enbrassls. 

Si Traiement, enfant, que ce n'est pas mes gr6s 

Qu'ensement tous lairay povres et esgarls. 
70 Et je prie k chely qui bien vous a fourmls 

Qu'il vous soil bons garans et vo boins avo^s ; 

Et a Dieu vous commant, jamais ne me verr6s. » 

Au d6partier les a baisils et acol£s. 

55 Grand*, l'orthographe du tempt et la me tare est flamande, comme pint bat diere pour dire, 
exigent grant, quoiqu'il y ait grandes au v. 62. ▼. 8d. 

68 Riere, rire, tourire. Cette maniere d'lorire 71 Avois , drffeoseur. 

Les pauvres petits sont recueillis par un ermite appel£ H£lias et unu 
nourris par une chfrvre suscit^e miraculeusement. 

1 Voy. noire article GiHMitvi , dans le Dictionnaire de la conversation etdela lecture. 



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xlviii INTRODUCTION. 

Oriant revient enfin vainqueur de son expedition. II ne voit sur 
son passage que des visages contrist£s. 

Fol. 8 recto du MS. Hatabrune s'en vint au boin roy Oriant : 

75 « Ahy , biaus filz , dist-elle, com j'ay le cuer joiant , 
De tant que je vous voy sain et sauf et vi?ant 
Et d'autre part oussy ay le cuer moult dolant 
De le vostre moullier el de son couvenant. » 

— « Comment, dame , dist-i) , ne m'al6s pas c£)ant , 
80 Est morle ma moulliers que mes corps amoit tant? * 

— «Elle est morte pour toy, dist-elle, mon enfant, 
Car vous Yoris bien diere ch£ens de maint siergant.* 

— « Dame, ce dist li roys n'al6s rien espargant, 
Mieux vault que vous m'al£s le cose detisant , etc. 

80 Corps , lUex cor*, cobut. 8» DUrt, Toy. tor le ▼. 09. 

Bref, Oriant, tromp6 par les calomnies de Matabrune, assembla 
son conseil et condamna la reine k tenir prison perp&uelle. Cette 
peine, toute grave qu'elle 6tait, ne satisfit point sa cruelle mar&tre. 

Un jour un des braconniers de Matabrune, appel6 Savari, d&xra- 
vrit par hasard, dans la for£t, les enfans de Beatrix, qui £taient 
vetus de feuillage et portaient au cou leurs chalnes d'argent. Ayant 
appris leur histoire de Termite, il vint la r6p6ter k sa maltresse : les 
vers que le trouv6re met dans sa bouche, font allusion k plusieurs 
Romans du cycle dc u romans du cycle de la Table ronde : 



Table ronde. 



Fol. 12 recto duMS. 85 « Dame , dist li varies, qui le corps ot ligier , 
Ayenture ay trouvle qui moult fait a prisier ; 
Ains telle ne trouva Anselot le guerier , 
Gauwain ne Pierceval, ne tout li chevalier 
De la court roy Arlus, le noble princier.... » 

Matabrune reconnalt ses victimes et ordonne k Savari de retourner 



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INTRODUCTION. 



XLIX 



dans la for6t pour y tuer les petits sauvages, sans en excepter un 
seul. 

Suivi de quelques-uns de ses compagnons, il prenait le chemin 
des bois, afin d'ex&mter cet ordre, quand il vit une femme escort^e 
d'une grande foule de peuple et que Ton conduisait au bucher. II 
s'informa de son crime; on lui r6pondit qu'elle avait fait p&rir son 
enfant. Ges mots furent un avertissement pour lui ; ils excit£rent 
ses remords. N'ayant trouv6 que six des jeunes solitaires, parce que 
Pautre, auquel Termite avait donn£ son nom, avait accompagn£ son 
parrain qui faisait une qu£te au voisinage, il r6solut de se contenter 
de leur enlever leurs colliers et de les porter k Matabrune, en disant 
que le septi&me collier s'6tait 6gar6 dans la for At, mais que les sept 
enfans 6taient morts, comme elle le voulait. A peine ces ornemens 
furent-ils enlev^s, que ceux qui les portaient un moment avant 
furent changes en cygnes. 

Savari reconnut le doigt de Dieu dans cette aventure, maudit la 
cruaut6 de sa maltresse et lui rapporta les six colliers, en lui racon- 
tant la fable qu'il avait concerts. Matabrune, d'abord courrouc^e 
de n'avoir pas 6t6 ob6ie en tous points, finit par s'apaiser et envoya 
les colliers d'argent k un orffevre, pour qu'il lui en fit une coupe. 

L'orffevre en mit un dans le creuset; mais, 6 miracle ! le m&al se 
multiplia tellement qu'il suffit pour en fabriquer deux coupes plus 
grandes et plus lourdes que celle qui avait 6t6 commands. A cette 
vue, Porffevre soup$onna quelque myst&re, dit k sa femme de garder 
soigneusement les cinq colliers qui restaient, re tint une des deux 
coupes, et porta Pautre k Matabrune. 

Sur ces entrefaites, un ange du Seigneur r6v6la au d6vot ermite 
de quel sang sortaient ses 616ves, et lui enjoignit d'envoyer son 
filleul H&yas pour servir de champion k la reine Beatrix, que le roi 
Oriant, obs£d6 par sa m&re, avait r£solu de faire mourir, si elle ne 
trouvait personne pour la d^fendre. 

Tom. II. g 



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l INTRODUCTION. 

Le jeune H6Iyas, vainqueur, raconta ses a ventures, et Termite, 
Torfevre, ainsi que d'autres t&noins, en certifterent et en d£montr6- 
rent la Y&rit6. La reine fut rendue k son heureux £poux , Matabrune 
bruise pour expier ses crimes, et les colliers restitu& k leurs anciens 
proprtetaires , qui aussitot reprirent la forme humaine, excepts 
celui du collier fondu, lequel resta cygne. 

Le bon roi Oriant, un peu £tourdi de cette succession de mer- 
veilles, n'ayant plus la t£te aux affaires, abdiqua en faveur de son 
fils H61yas. 

Celui-ci commengait k r£gner k la satisfaction de ses peuples, 
quand un jour du haut de son palais, que baignait une riviere, il 
vit un cygne s'avancer majestueusement en tirant apr&s lui un 
bateau. « (Test mon fr6re, » s'6cria-t-il, et il comprit tout d'abord 
que Dieu les destinait Fun et Pautre k de grandes choses. 
cor m<m euieux. Sans d61ib6rer davantage , il dit adieu k sa famille, k ses servi- 

teurs, etapr&s avoir re^u de son p&re un cor merveilleux dont les 
sons conjuraient les dangers les plus imminens, il monte dans le 
bateau et s'abandonne k la Providence. 

Toujours naviguant, il arriva k Nim^gue, oil Pempereur Otton , 
premier du nom ! , tenait cour pl^ni^re, afin de juger le diff&rend 
elev£ nagu&re entre la noble duchesse de Bouillon et le comte de 
Blancquebourc , qui Pavait d£pouill6e de son duch£. 

F° 36 recto duMS 90 Venus est au baliel, douchement se saigna. 
Le roy et la royne et les amis qu'il a 
Retourn£rent plorant; cascuns le regrela. 
Et sy toes qu'felias en son batiel entra 

1 Annees 936-973. En 937, Eberhard, due de Franconie, ayant ravage la Saxe, fut con- 
darane a une amende et ses complices a diverges peines suivant leur etat ; les bourgeois a porter 
une charrue l'espace d'une ou de deux lieues, le clerge, un gros missel , la haute noblesse , 
un chien sur les epaules , la noblesse inferieure une telle. Nous remarquons ce fait paree qu'il 
se rapporte a un usage mentionne par Ph. Mouskes et dont nous parlons plus haut. 



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INTRODUCTION. 



LI 



Ly chisnes fu devant qui le batiel guia. 
95 Sy bieo le va tirant que bien tos eslonga. 
Le viue en pierdirent chil qui furent de cha. 
Or vous volray conter dou chine qui s'en va ; 
De riviere en riviire le conduist et mena 
Ou Dieux ot ordeni que li vassiaus ira. 

100 Conquire va moullier de qui il istera 
Une fille plaisans qui trois fieux portera , 
Dont la loy Jhesu-Cris exauchii sera : 
Ly uns fu Godefroy qui couronne porta , 
Ly autres fu Baud u ins qui apriis lui rigna; 

105 Wistasse fu li tiers qui Boulonge garda, 
Gar ne fu mie roy, ne vous mentirai ja , 
Pour tant c'une noriche de son lait 1'alaita 
Autre que de sa mire, car li enfis plora. 
Si Tint une nouriche, garde ne s'en douna, 

110 Du lait de sa mamielle Wistasse rapaisa, 

Dont la mire ot grant duel, quant on li recorda. 

Seignour, or escoutis pour Dieu qui tout fourma, 
Huy mais oris canchon qui tris-bien tous plaira, 
Dou chevalier au chine qui par l'iaue s'en va. 

115 Vous laray ung petit tant que poins en sera, 
Gar ly chisnes le maine oft Dieux le commanda , 
A Nimaie tout droit ariver le vaurra, 
Et pour une aventure qu'iluecques trouvera , 
Gar li roys d'Alemainge, ou noble pais a, 

120 Se tenoit a Nimaie, seignour, en ce temps la. 
Emperires estoit, cascuns le redoubta; 
Et tout cil d'Alemaigne et d'Ardene de ch&, 
De Liige et de Namur, oft ryche pays a, 
Venoient quire droit, quant on les guereya, 

125 Ou pour leur hyretage quant on leur fourniga; 
Devant l'emperiour cascuns sen droit cacha , 
Et il fu sy loyaus que vraiement juga. 

Seignour, droit a Nimaie , si com j'oich conter, 



L'empereur Otton I«r 
tient tacour& Nimegue. 



135 PtnrnigQ, (Fornioatu* est). 



126 Cacha, chercha. 



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L1I 



INTRODUCTION. 



Le comic de Blanque- 
bourc oa Branqu*- 
bourc. 



La ducheue d« BouiK- 
lon. 



Formes juridiques- 



Deyant l'emperfour qui Unt fist k loer, 
130 S'aparu uns grans contes qui moult fist a douter, 
Gontes de Blauoquebourc se faisoit appieller, 
Et chus contes voloit une ducoise oster 
Tout sen droit hyretage, pour lui deshireter. 
S'avoit fait a Nimaie la ducoisse ajourner 
135 Deyant l'emper6our, pour son plait ordener. 

La furent advocas pour parties sauner. 
Ly advocas du conle qui devoit demander, 
Dist a l'emperlour : « Voelltes nous escouter, 
Vechy ce noble conte qui (que) bien devis amer, 

140 Et de sen droit oussy tous le devSs porter. 
Si vous arils mestier d'une guerre mener, 
Gontre vos anemis que voelsisstes grlver 
A XXX m ou plus vous venroit conforter. 
II a fait chy endroit ceste dame mander, 

145 Qui de Buillon se fait la ducoise loumer, 

Mais c'est a maise cause, si c'on Ten doit roster. 
Nous disons qu'elle fist son seignour enhierber, 
Le frire k cesti conte que chy v&s ester, 
Et la tierre venoit , c'est llgier a prouver, 

150 Dou p&re cestui conte qui tant fait k louer , 
Et dou due qui moru qu'elle a fait trespasser , 
Dont la dame ne doit en Buillon demorer, 
Ne sa fille ensement n'y doit riens demander, 
Gar li dus de Buillon fu trois ans oultre mer 

155 C'oncques par decha il ne pot retourner; 
Et en ce tierme-chy dont vous m'o6s parler, 
Fu nie ceste fille; or puet-on vier au cler 
C'une femme ne puet mie iij ans porter. 
Par ce point le poons bien bastarde prouver, 

160 Par quoy nous nos volons a ces fais amposer, 



131 Blancquebourc plot bat Branquebourc , dan* le 
texte de P. Detrey, Francqbourc, M. Mone, Blan- 
kenburg. 

1S2 Chus, poor ceu,chy,cesi. 

134 Ducoisse, tout a l'heure ducoise. 

146 Loumer, nommer. 



Et let deux autrei testes droicj lommsr m'oreV 

Roman de Jourdain de Blaye , MS de Tonrnsj. 

166 C'oncques , litei que oncquss, pour la me- 
•nre. 

167 Vier, vir, wallon , poor voir. 

160 Amposer, impoter, in titter tor cet fait*. 



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INTRODUCTION. on 

Tendaot que ceste dame si vous puist demorer 
A faire la justiche con yolra ordener, 
Et que sa fille oussy ne puist riens demander 
En la tierre qui doit au conte demorer. » 

165 — « Dont, dist li emperires, faites-TOus avouer. » 
Adont uns pr6sidens dist haultement et cler : 
« Contes, esse pour vous qu'il a dit ce parler? » 
— « O'il , ce dist li contes , je n'i say qu'amender. » 
Et dist li prlsidens : « Vos fais vous faut prouver. » 

170 Et li advocas dist : « Je suy pris dou mouslrer. » 
Ly advocas de la dame ne savoit mot sooner, 
Gar avierse partie faisoit a redouter. 
Et se li avoit-on la main volu fourer. 

165 Jvouer, atouer par votre client. 171 Ly advocas, prononcex V advocas. 

Ces formes juridiques, pour Fobserver en passant , m£ritent d'&re 
not^es. 

H£lyas d6fie le comte de Blancquebourc k an combat k outrance, 
le tue dextrement, Spouse la fille de la duchesse et lui impose la 
condition de ne jamais Pinterroger sur son origine, la mena^ant de 
l'abandonner, si elle commet k cet 6gard la moindre indiscretion. 

Julian del Castillo , historien des rois Goths , raconte autrement 
la chose. Selon lui, la duchesse de Lorraine, calomni6e par une 
esp&ce de g6ant appel6 Lembrot, alia en Espagne, k la cour du roi 
Rodrigue, ou il y avait trois fameux chevaliers, le comte Aimer ic, 
Agreses et Sacarus. Elle leur exposa sa situation, et ils promirent 
de la d6fendre. lis provoqu^rent done les accusateurs de la duchesse 
etle combat judiciaire ayant eu lieu en presence du roi Rodrigue 
et de sa cour, Sacarus, apr&s une lutte qui dura presque un jour 
entier, vainquit Lembrot, tandis que Almeric et Agreses triom- 
phaient de ses tenans. Justifi£e par cette victoire m£me, la duchesse 
revint dans son duch£ de Lorraine \ 

1 Historia de los reges Godos, par Julian del Castillo, Burgos, 1582, fol. 55, B; le texte 
espagnol est transcrit par M. Mone , Anseiger, 1834 , 154-155. 



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liv INTRODUCTION. 

Relativement k la defense faite par H&yas k sa femme, il faut re- 
marquer que cette id6e est d'une haute antiquity. Elle est le fonde- 
ment de la jolie fable grecque de Psych6 et de V Amour; on la 
retrouve dans le roman de Partonopeus de Blots, dans les lais de 
Lanval et de Graelant, par Marie de France. 

La nouvelle duchesse (nous reprenons le roman) ne put r£sister k 
la curiosity. 

Fol. 42 du MS. Vij aos lous acomplis de ce fait ne parla, 

175 Mais au cief de yij ans una diables l'enconta; 
Penss6 avoit looc temps et moult le d&ira, 
Et yous sav£s comment le cuer de femme va , 
Gar de 9011 c'on li prie le contraire fera. 

Malheureusement le cygne et le bateau n'^taient pas loin. H61yas 
s'embarqua une seconde fois et retourna dans le royaume de Lille- 
fort, oil son singulier pilote reeouvra ses premiers traits. Quant k 
lui, il entra en religion au lieu m£nie oil il avait 6\6 nourri,' et 
mourut en odeur de saintet£. Le souvenir de sa femme lui 6tait ce- 
pendant toujours cher, et, pour le consacrer, il fit construire un 
chateau semblable k celui de Bouillon, situ£, dit le trouv&re,& 
environ 200 lieues de distance , lui donna le nom de son module et 
appela Ardennes la for£t voisine. Ge passage n'est pas une imitation 
de Virgile, mais il a 6t6 inspire par le m^me sentiment qui a dict£ 
k ce grand po6te ces vers oil les Troyens exiles sont repr6sent£s 
cherchant k tromper les regrets de la patrie absente : 

Procedo et parvam Trojam , simulataque magni* 
Pergama , et arentem Xanthi cognomine rivum 
Agnotco , Scceceque ampleetor limina porta. 

C'est ainsi que les colons europ£ens du nouveau monde ont donn£ 
k ces contr^es des noms emprunt6s aux lieux oil ils avaient vu le 



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INTRODUCTION. lv 

jour. A ce passage de Virgile, k ces vers d'une perfection inimitable, 
opposons la pens^e grossi&rement esquiss£e du trouv&re : 

Fol. 46 recto du MS. Et ly bers Btelyas, qui tant ot de renon 

180 Fist droit la ordener ung castiel biel et bon , 

Au samblant proprement du castiel de Bullion. 

Quant ly castiaus fu fais Buillon li mist a non 

Et les for^s Ardane qui furent environ ; 

Fieste y fist ordener au jour d'Assencion, 
185 De tous les marchdans sans paiier raen£on , 

Sauf alant et Tenant, sans nule mesprison. 

184 Voy. plus loin une note tor let extraitt du roman de Jourdain de Blaye. 

Mais avant le depart d'H61yas, sa femme avait congu; elle mit au 
monde une fille nomm^e Idain, qui £pousa le comte de Boulogne et 
en eut trois fils, Godefroid, Eustache et Baudouin. Le premier est 
notre fameux Godefroid de Bouillon. 

C'est pendant sa grossesse qu'Idain re$ut la visite de plusieurs 
princes beiges : 

Fol. 47 recto du MS. Quatre contes y ot que Witasses y men a, 

Et ly yesques du LiAge qui poissamment rlgna, 
Sans les autres barons que je ne diray ja. 
190 Le cambre fu ouverte ; Witasses y entra, 
Et ly dus de Brabant la dame salua , 
Ly contes de Namur enviers li s'adr£$a , 
Sy fu Robiers de Frise qui la dame honnoura, 
Et ly contes de Flandres que Robiert on nomma. 

Or Robert-le-Frison mourut en 1093. 

Ici finit, k proprement parler, Fhistoire du Chevalier au Cygne 
et commence ce qui a rapport aux croisades. Cette premiere partie 



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lvi INTRODUCTION. 

contient un peu plus de 3000 vers. Nous reviendrons k la seeonde 
dans les Appendices \ 

En voilA assez sur le Chevalier au Cygne. Reprenons le fil de la 
narration de Ph. Mouskes. 

II continue de marcher sur les traces de Guillaume de Jumteges, 

en ajoutant k la chronique de ce moine, relativement k la Normandie, 

quelques particularity qu'il n'offre pas , ainsi que des faits relatifs 

k d'autres contr£es, telles, par exemple, que la Flandre. 

Amour, de Robbie- Les amours de Robert-le-Diable et de la gentille Harlette, ont 

Diable et d'Harlelle. . ■ 1 j •■ a li / 

tout rint&ret du roman : elles appartiennent de droit a 1 opera. 
Ph. Mouskes dit que cette bachelette £tait originaire du Hainaut. 

Fille estoit d'un escohier, 

Par non l'apieloient Sohier. 
De Florines , deviers Hainnau , 
Estoit venus. 

V. 16848-61. 

Florennes est dans la province de Namur, mais d&s les temps les 
plus recul6s, cette petite ville d£pendait des comtes de Hainaut. 
Vers la fin du XI e si&cle elle fut vendue k Olbert, 6v6que de Li6ge. 

Le due de Beaufort- M. le due De Iteaufort-Spontin , proprtetaire du chateau de Flo- 
rennes, n'aurait-il rien dans les riches archives de ce manoir 2 , qui 
put nous 6clairer sur Porigine d'Harlette ? 

Manage de Guiiiaume- Le mariage du ills d'Harlette 3 et de Mathilde de Flandres, est 

le-Conquerant et de 
Mathilde de Flandre. 

1 Voy. le Triumphe des neufpreus (Josue* , David , Judas Machabee , Alexandre , Hector, 
J. Cesar, Artus, Charlemagne, Godefroyde Bouillon), Abbeville, 1479, fol., ibid., H87, fol. 
Les romans de Baudoin de Sebourg et du Bastard de Bullion, peuvent, & la rigueur, £tre 
considered comme des suites de celui de Gandor. 

2 Foy. nos Memoir es htraldiques. 

3 La soeur uterine de Guillaume-le-Conquerant, qui fut marine & Waldef, comte de Hun- 
tington , puis & Eudes , comte d'Aumale, n'est pas nomm& par Guillaume de Jumi£ges. Les 
auteurs de XArt de verifier les dates l'appellent Adelaide , on ne sait sur quel fondement. 
Son vrai nom , suivant M. Daunou , etait Muriel; temoin les vers de Serlon ad Muriel sancti- 



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INTRODUCTION. lvii 

racont6 par Ph. Mouskes avec des circonstances tr6s-singuli&res, 
retraces toutefois en abr6g6, dans la Chronique de Tours, qui 
met le lieu de la sc&ne k Bruges *, et dans une vieille chronique 
frangaise cit£e par les auteurs de YArt de v&rifier les dates % qui le 
place k Lille. Cette princesse, suiyant une tradition, tissa elle- T. P usene d« Bayeu 
ra^me avec ses femmes, pendant Pabsence de son mari, la fameuse 
tapisserie de Bayeux, oil est representee la conqu&e de PAngleterre 
par les Normands. Antoine Lancelot, dont M. A. Thierry a r&m- 
prim6 la dissertation, Montfaucon, Pabb£ De La Rue, M. A. Le 
Prevost, J. Strutt, Stothard fils, Stukely, Gurney, Thomas Amyott, 
H. Ellis, T.-F. Dibdin, etc., ont fait connattre ce pr^cieux monu- 
ment et 6nonc£ diverses opinions sur son auteur. M. Bolton Corney 
vient r£cemment de publier de nouvelles recherches k ce sujet 3 . II 
pense que la tapisserie de Bayeux a 6t6 faite aux d6pens du chapitre 
de P6glise de cette ville, apr^s la reunion de la Normandie. II prouve 
au moins qu'elle n'est pas de Mathilde, femme de Guillaume-le- 
Conqu&rant. Le Journal des savans, du mois de novembre 1826 4 , 
examine , de son c6t£, cette question et conclut que Popinion qu'on 
a congue k Bayeux de Porigine de cette tapisserie, est, comme la 
plupart des traditions locales de cette esp&ce, d£nu£e de tout fon- 
dement, incapable de supporter un examen s6rieux. M. Bolton 
Corney en jugede m&me. Enfin M. Ach. Jubinal, dans son recueil 
sur les tapisseries c616bres, apr6s avoir d^crit celle de Nancy, a 
fait un travail analogue sur la tapisserie de Bayeux. 

monialem. Hist. litt. di la ph., XV, add. p. iij. Mais M. Le Prevost paralt peu dispose* a 
adopter le sentiment du docte acad&nicien. Le roman de Rou, U, 234, note 9. — Au surplus, 
les poesies latines de Serlon doivent etre lues par ceux qui veulent s'instruire a fond de 
rhistoire de Normandie. 

» Hist.fr., XI,348,B,C. 

1 Voy. la note sur le v. 16932. 

8 Researches and conjectures on the Bayeux tapestry, Greenwich , 1836 , 16 pages in-8°. 

4 Pages 690-699. 

Tom. II. h 



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Lvm INTRODUCTION. 

Aii surplus, le roi des Francis, par une mesure digne de son 
gout 6clair6 pour les arts, vient d'arracher ce monument pr&ieux 
k la destruction, en ordonnant qu'on en fit aux Gobelins une copie 
exacte et identique. 

Robert Guiietn. Robert Guiscard , cet heureux aventurier ', devait plaire k Phi- 

lippe Mouskes, car avec la simplicity enfantine de La Fontaine, il 
prenait un plaisir extreme aux r^cits extraordinaires, aux anec- 

socieic de rhistoi« de dotes surprenantes. La soci6t6 de l'histoire de France , qui n'exclut 
pas de ses recherches, la Belgique, cette sceur fiddle de la France, 

M.champoiiionFige»c.a charg6 un homme de lettres distingu6, M. Chanipollion-Figeac , 
de mettre au jour une chronique importante et qui fournit un point 
de comparaison avec Philippe Mouskes % ainsi qu'avec le po&me 
latin de Guillaume l'Apulien et la chronique en prose de Godefroid 
Malaterra. 

conquete de r Angle- Guillaume - le - B&tard fait la conqu^te de la Normandie. M. 

terre par les Nor- . . . iii i • i • 

M^A^Thie *" Thierry a ecnt sur ce sujet un des plus beaux hvres histori- 

ques dont puisse se vanter la France ; il n'aurait certainement pas 
d6daign£ Philippe Mouskes, s'il l'ayait eu entre les mains, lui qui , 
tout grand Remain qu'il est, n'a omis aucune des recherches qu'on 
exigerait d'un £rudit de profession. 

Comment parler de PAngleterre du moyen Age, sans nommer le 

Le mi Arttu roi Artus, ce h£ros des Bretons, autour duquel la po£sie de oes s&cles 

grossiers a accumul6 tant de fictions? 

D autre part Hailstone, en I plain, 
Avoit I liu moult biel et sain : 
XVII que capieles que glises 

' Ph. Mouskes fait epouser & Guiscard , en secondes noces , la fille de Landoul ou Lan- 
dolphe , due de Pouille , personnage appele par les auteurs de YAH de verifier l*$ dates, 
Gaimar IV, prince de Salerne. Voy. la note sur le v. 17632. 

2 Foy. la note sur le v. 17086. La chronique publiee par M. Champollion est mentionnee 
dans la Bibl. hist, de la France , HI , S4995. 



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INTRODUCTION. ux 

I avoit-on pour Diea assises 
Tres le taos Artu , le bon roi. 

V. 17714-18. 



Au premier volume on lit encore : 



et au second 



Artus , li bons rois de Bretagae , 
Si com Testore nos ensagne , 
Sans faire plainte et lone s6jor, 
Moru d'armes a poi de jour, 
Aprils Gawain, son cier neveu, 
Le sage, le courtois, le preu ; 
S'ils ne fusent mort ambedui , 
De tant slurs et ciertains sui , 
Artus plainsist ' tos jors Gawain , 
Gawain s Artu , non pas en vain : 
Ne ja la plainte ne fausist. 
Et Diex partant grant bien lor fist 
Qu'il morurent si prils apries, 
Que Tun ne fu de 1'autre engries. 
v. 88ea— 75. 



Et dissoit que Breton estoient 
Ki Artu encore atendoient. 

V. £4687-26 



attente deyenue proverbiale, ainsi qu'on le peut voir dans les tables. 

En g6n6ral le cycle d' Artus 2 a eu beaucoup moins d'6cho en 

Belgique que celui des Karolingiens , et la raison en est facile 

k comprendre. Cependant le roman du Chevalier au Cygne y 

1 EM plaint. 

2 Sanderus , Bibl. Belg., MSS, II , p. 5 , marque dans la Biblioth&jue de Bourgogne, n° 182, 
le Litre de Merlin, n° 191 et 192, La wort du roy Artus. Voy. aussi la Bibl* protyp. de 
M. Barrois. 



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LX 



INTRODUCTION. 



fait allusion, et nous poss&lons en flaraand des poAmes in&iits de 
Lancelot, de Fergut et Galiene l et de Walewein 2 > toujours d'apr&s 
des redactions frangaises. Le roraan de Walewein, par Pennine et 
Pierre Vostaert , est d6j& cit£ par Van Heelu, comrae Fa observe son 
habile £diteur; Huydecoper en a intercal6 des fragmens dans ses 
notes sur Melis Stoke, et M. Hoffmann en a donn£ quelques vers. 
Voici le passage de Phistorien de la bataille de Woeringen, passage 
qui autorise k penser que les redactions frangaises dont nous venons 
de faire mention, sont ant£rieures k l'ann& 1291 , temps vers lequel 
paratt avoir 4fo6 compost le po&me de Frdre Jean : 

Want daer en was ridder gheen , 

Die soe luttel doende sceen , 

Hine deedt nochtan soe wale , 

Al hadt Waleweyn oft PerUevale 

Selve gedaen , metier hant, 

Ocht die beste die men rant 

Wilen, in sconincs Artuers hof , etc. ». 

V. 8667-68 

1 Galienne , dame du Lothian , ^tait nidce du sire du chateau de Didel , amie , puis Spouse 
de Fergut, qui devint par ce mariage roi de Roxburgh. Voy. le MS de la bibl. royale de 
Paris , n° 7595, et Pedition du Roman de la Violette , de M. Fr. Michel , p. 49 , note 1 . Quelques 
auteurs ont nomm£ Galienne la premiere epouse de Charlemagne. M. J. G. S. Schwabe a 
insere dans le Geechichtfortscher de Meusel, II ,2164, V, 248-252 , une dissertation intitule 
Ueber die Galliena , Karls des Grossen Gemahline. Elle a 6te 6crite a {'occasion d'une mcdaille 
qu on attribuait & cette Galienne. M. Schwabe, en demontrant le peu de fondement de cette 
hypoth&se , a prouvc que la medaille est d'une fyoque postcrieure a Charlemagne *, et que , 
d'ailleurs, ce prince n'eut jamais de femme appelee Galienne. 

2 Hoffmann, Horm Belgicm, 1 , 54-57 ; Van Kampen , Beknopie geechiedenie der leiteren en 
wetenechappen in Nederland, 1 , 9. Preface du Teuthonista, nouv. dd., p. Lxxni ; J. F. Willems, 
Verhandeling over de Ned. taelenletterk., 1819 ,1,171; Siegenbeek , Precis de Vhiet. litt. dee 
Pays-Bas , trad, par J. H. Lebrocquy, p. 29. 

3 La Bihlioth. Uffenbachiana MSS, Halae Hermund., 1720, in-fol., cite, II , 179 : Dae 
buck Tandaryos und seyt von konig Ariue Hoffe, en vers allemands de 1460. A la biblioth&que 
de Bourgogne, a Bruxelles , il y a sous le n° 7762, un MS petit in-fol. parchemin, intitule : 
Le livre dee moralitSs, e'est le Saint Graal. Commencement : La veille de la Penteoomte quant H 



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INTRODUCTION. txi 

Notre vieux Maerlant ne dit-il pas aussi dans sa Rymbybel (Mone, 
Anxeiger, 1835, 68-69 : 

Also wy lesen horen 

Aldus wert Merlyn geboren ; 
In Arturs boeke leest men dus. 

Et dans son Spiegel historiael, £d. de Steenwinckel, III, 30, n'y 
a-t-il pas un chapitre Van der Ingelscher coroniken; n'y a-t-il pas 
quantity d'autres allusions dans le m6me ouvrage, dans son Alexan- 
dr&ide et ailleurs ? 

' Sur la grande place de Louvain, un batiment neuf, d'assez mau- 
vais gout, et destin£ k servir de salle de concert, remplace un vaste 
Edifice gothique de Pann6e 1439, qui, tombant de v6tust£, fut 
d£moli en 1818. A cette £poque, on y remarquait encore un bas- 
relief repr&entant le roi Artus, assis k table avec ses paladins. Ce 
batiment 6tait connu sous le nom de ffet tafel rond; or, depuis trois 

compaignon de la table roonde.... Fin : Qui plus ne dist des aventures del GraaL — N° 7768 , 
m&ne volume, m£me dcriture : C 'est la mart du roi Artus. Commencement : Apresce que 
mestre Gautier.... Fin : Aprhs ce n'en porroit nus raconter chose qui n'en mentist.... (Cf. Bar- 
rels, Bibl. protyp., n" 117, 185, 504, 1294-95, 1656, 1671, 1287, 1268, 1264, 1795). 

— M6me biblioth&que de Bourgogne , n° 7418, grand in-fol. velin (de Tan 1480), mignatures : 
Vest la traduction du S % .-Graal faite par GuUlaume de la Pierre pour Jehan toys de Savoy e. 
Commencement : Cy commence Joseph d'Arismathie qui est le commencement de toute la table 
ronde et puis vient toute la table ronde. Fin : Et commence messire Robert de Boron celle branche 
en telle manibre (il s'agit de lliistoire de l'enchanteur Merlin , e'est la que le volume fin it). 

— N° 7268 , grand in-fol. pap. Le &.-Graal et Tristan le Lfonnois. Le premier volume , com- 
mencement : Or dit le compte et la vraie histoire du saint Grial... Fin : Qui y sont dedens 
emprins. — N° 7264 , le second volume , commencement : Aprks la passion nostre seigneur 
Jhtsu-Crist... Fin : Qui desconfilz estoientpar laprouesse d 9 un seul chevalier (ce livre a appar- 
tenu au gentil conte de Nassou, nomine" Englebert-le-Vert). {Voy. Barrois , n°" 117, 118, 1287, 
1289, 1248, 1244, 1245.)— N° 9157, petit in-fol. parchemin, 2 colonnes, le P.-Graal. 
Commencement : Ci ez Vestoire du seintime veissel que Ven apele GraaL.. Fin : Explicit le 
romans de.... pal Esnaus, le fiuz au roi pescheeur. — N° 7265, grand in-fol., papier : 
Roman du petit Artus. Commencement : Aprez la mort du bon roy Artus... Fin : Tant qu 9 il 
vinta Saumur etjut a S'.-Florent (Barrois , n° 504). 



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lxii INTRODUCTION. 

stecles, la langue flamande n'admet plus le placement de l'adjectif 
apres le substantif ' . 

Une chronique ou g£n£alogie des comtes de Boulogne , d£j& cit£e , 
trouv6e par M. Mone dans un manuscrit du XIII e si&cle conserve k 
Arras, admet qu'Artus poss£dait une partie de la Belgique, puisqu'il 
disposa de Tournai et de T^rouane , en faveur du comte Liger. 

ArtusmaiiredeTotu- Artus , rex de Britannia dedit et concessit quiete et libere viro 

erouune. nQ j^ Ligero , in comitatu Boloniensi Ambianis, Terruaniam et 

Tomacum, qui Ligerus fuit primus comes Bolonice quce tunc tem- 

poris dicta erat Haute- Mure* . Nous n'avons rien trouv£ ailleurs qui 

r£pondlt k cette l^gende singuli&re. 

MLeRouxdeLincj. M. Le Roux De Lincy, en publiant le roman du Brut, attendu 
avec tant d'impatience par les gens de lettres et promis, il y a quel- 

m. Abrahams. ques ann£es, par M. Abrahams, qui en avait fait l'objet d'une th&se 
soutenue k l'universit£ de Copenhague % nous a mis k m£me de 
mieux appr^cier les fables bretonnes et d'y d£m61er les v£rit£s 
qu'elles peuvent d^guiser. Nous ne nous £tendrons pas sur ce sujet, 
traits avec sa cr£dulit£ ordinaire par Gervais De Tilbury , cit£ tout 
k Pheure A , nous contentant de remarquer que la puissance d' Artus 
6tait encore invoqu£e comme une preuve de droit dans un document 
politique de Pan 1400. Une r£ponse k des reclamations des com- 
munes d'Irlande au roi d'Angleterre, Henri IV, pour se plaindre de 
divers abus commis dans leur pays, offre ces lignes oil Ton raconte 
l'origine des Irlandais. 

1 C. P. Serrure et A. Voisin , preface de leur Edition du Livre de Baudown, p. xxrv. 

2 Anzeiqerfur Kunde der teutschen Vorteit. Karlsruhe , 1835 , col. JUS. 

3 De RobertifVacii carmine, quodinscribitur Bruiui, comtnentatio, etc., quam offertLevmhus 
Abrahams, etc., in auditorio coliegii Eleniani, il octobre 1828... Hafnia?, in-12. Journal 
des Savans, septembre 1880. 

4 Otia imperialia, ch. XVI , de regno Brtionum , dans les Script, rerum Brunmoicens. , de 
Leibnitz, pp. 931-938. 



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INTRODUCTION. lxiii 

a Item d'anxien temps lez Irrois primerment veignauntz ovesque re* irianda,, aongm 
» lour navey hors de Blasco al isle de Orcades, oncountreront le roy 
» Gurgent, filz au roy Belyngent, donques roy de Britaigne q'or est 
» appell£ Engletere, lequel roy Gurgent dona conduycte as ditz 
» Irrois et les envoia prymerment en Irland. 

» Item le roy Gillomarus, jadys roy d'Irland, estoit tributarie al 
» noble roy Arthure, et diverses autres roys dez isles. 

» Item la cit6e de Bionne q'est en Gascoigne est chief de Blasco 
» suisdit dont les ditz Irrois come desuys est dit vindrent premer- 
» ment \ » 

Un £crivain des Pays-Bas, Amand de Zierickz^e, a adopts les Amand a* zierick«e. 
contes r£p6t£s par Gervais De Tilbury et a traits Fhistoire de nos 
provinces k peu pr&s comme Brusthem. Selon lui, J6sus- Christ 
naquit sous Kymbelinus, le soixante-quatorzteme roi depuis le 
premier Brutus 2 . Or ce Brutus , d'apr&s le m£me auteur, vivait du 
temps d'H^lie et de Samuel. 

Voici ce qu'il £crit, avec une certaine circonspection toutefois, 
sur Penchanteur Merlin 3 et le roi Artus. Nous transcrivons ce pas- 
sage , d'abord k cause de la patrie de Fauteur, secondement parce 
qu'il resume en peu de mots les lrigendes bretonnes \ 

In Brytannia, volente Vortigirno construere turrim pro sua 
defensione, semper mergebatur fundamentum, donee Mirlinus vates 
qucesitus ei succurreret suo auarilio. Qui etiam vaticinatus est de 
combustions Vortigimi et Heregisti et de Saxonum destructions. 

1 Commission on the public records of England. — Proceedings and ordinances of the privy 
council.... Edited by sir Harris Nicolas, 1834, II , 61 , 52. Silv. Giraldus , lib. II , deExpugn. 
Hibern. c. 7 , dit : Urhs Baonensis , quam hodie nostra continet Gasconia , Basctonia caput 
est , unde Hibernenses provenerunt. 

1 Chronica compendiosissima ab esordio mundi usque ad annum Domini MDXXXIV. Antv. , 
apud Simonem Cocum, 1584, in-8°. Ce livre, devenu rare, merite d'etre recherche. 

3 Merddin bardd Entry s fPledig. 

4 Fol 65 verso. Le Fasciculus temporum met la naissance de Merlin sous Fan 4S2 de J.-C. 



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lxiv INTRODUCTION. 

Mira enimprcedixitdefuturis regibus in Brytannia et maxime de 
Aurelio Amhrosio et fratre sua Uther Pendragon,filiis Constantini, 
de quo prius dictum est : qui propter turbationes prius positas fug* 
rant in minori Brytannia , uhi et enutriti sunt. Prcedixit autem 
quomodo isti duo fratres metis Saxonibus regnarent, et post eos 
filius Uther Pendragon, scilicet Arturus, de quo mira et vix ere- 
dibilia leguntur. Regnat ergo Aurelius Ambrosius aliquot annis. 

Gean*. Sub quo legitur quod idem Mirlctus adduxit choream gigantum ex 

Hybernia y ad decorem sepulturce nobilium Bry tannics , ab Here- 
gisto et Saxonibus proditorie occisorum. Post Aurelium Ambrosium 
regnat f rater ejus Uther, dictus Pendragon, id est caput Draconis. 
Regnat autem extincto fratre veneno per quemdam Saxonem. Hie 
uxor em Gorlois , ducis Comubice , amat et,juvante Mirlino prce- 
dicto y occiso viro, accipit earn et gignit ex ea filium et filiam. 
Nomen filice Anna, qucepostea accepit Loth virum. Et nomen filii 
ipsius Uther, fuit Artur vel Arturus. Hie, mortuo patre, anno XIII 
Leonis imperatoris, incipit regnare et regnat usque ad annum 
Domini 542, secundum historiam Britonum. Quce si vera sunt, 
regnasse videtur annis LXXX et ultra; sed tarn mira de isto 
leguntur, quod vix sunt credibilia. Maxime dubium est de Mo 
Lucio Tiberio, Rhomanorum imperatore , quern legitur occidisse, 
occisumque senatui misisse pro tributo, nisi hose intelligantur de 
Tiberio secundo : sed anni non concordant, nee Leo aliquis Rho- 
manis imperat cum eo nee post eum. Ideo prcedicta historia multis 
videtur non satis vera. Post hunc Arturum regnat Modredus, hoc 
est , voluit regnare : sed occisus est a Constantino tertio et filii ejus 
trucidatiin ecclesia. Post ilium nepos Arturi, Conanus secundus, 
qui secundo anno regni moriens reliquit Malgoni regnum, qui post 
annos IV successorem hahuit Cathericum, quipellitur in Galliam, 
et regnum in partes dividitur, etc. 

Auin de Line, com- L'eiichanteur Merlin n'a point de rapport direct avec nos tradi- 

mentateur des pro- 
pheties de Merlin. 



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INTRODUCTION. 



LXV 



tions nationales. N£anmoins un beige , Alain de Lille , surnomm£ 
le docteur universel, a pris la peine de commenter ses predictions, 
auXIII e si6cle\ 

II expose d'abord le motif qu'il a eu d'entreprendre ce travail. 
C'est, dit-il, qu'i la vue des £v£nemens extraordinaires qui se pas- 
saient alors en Angleterre, c'est-i-dire sous le r6gne de Henri II, 
tout le monde parlait des proph&ies de Merlin, qui paraissaient 
recevoir leur accomplissement. 

II examine ensuite plusieurs questions relatives k la personne de 
Merlin : 1° s'il 6tait chr6tien ; 2° s'il 6tait vraiment proph&e ; 3° s'il 
6tait n£, comme on le d^bitait, du commerce d'une mortelle et d'un 
incube. Sur la premiere question, il se decide affirmativement, mais 
sur les deux autres, il est loin de montrer autant de confiance,et Ton 
voit qu'il cherche un biais pour accorder sa raison avec la croyance 
g£n£rale. 

Ph. Mouskes rappelle plusieurs proph&ies de Merlin 2 , que Ton 
citait alors , comme plus tard on a invoqu£ les centuries de Nostra- 
damus, en les appliquant indistinctement aux £v£nemens les plus 
disparates. C'est ainsi, qu'en 1174, Guillaume, roi d'Ecosse, ayant 
6t6 pris par les vassaux de Henri II, dans une invasion au nord de 
l'Angleterre, et enferm6 dans le cMteau de Richmond, cette cir- 
constance fut regards comme la verification d'une proph^tie de 
Merlin, con$ue en ces termes : On luimettra aux dents un mors 
forgd sur les rives du golfe armoricain. Mais, peu de mois aupara- 
vant, la m£me prediction avait £t£ appliqu6e k Henri II, serr6 de 
pr6s par les Bretons auxiliaires de ses fils 3 . 

1 Alani magni de Insults , doctoris universalis , explanationum in prophetiam Meriini Am- 
hrosiiy britanni, libri sept em. Franco f., 1608, in-8°. — Cf. notre article Merlin, dans le 
Dictionnaire de la conversation etdela lecture , et Hist. litt. de la France , XVI ,417. 

2 V. 19125, 19454 , 20544; sur la sepulture de Merlin , v. 22579. 
* Math. Paris cite* par M. Aug. Thierry, Conclusion , III. 

Tom. II. i 



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lxti INTRODUCTION. 

Eustache Deschamps, po&te du XI V e sitole, a compost une Bal- 
lade de la prophdtie de Merlin sur la destruction prochaine de 
VAngleterre. Get oracle ne paratt pas devoir se r£aliser de si tot \ 
cb.ries.ie.Bon. comte Uii membre de la famille qui gouvernait alors ce royaume, devait 
6tre souverain de la Flandre, apr&s avoir 616 d£pouill£ de Ph£ritage 
de ses p&res. Guillaume Cliton, succ&la k Charles de Danemarck, 
dont l'assassinat a 616 racont£ avec tons ses details par Gualbert, 
notaire & Bruges et son contemporain. Get £crivain a trouv£ des 
traducteurs dans MM. Delepierre et Perneel 2 ; M. Polain en a tir6 
les principaux 61£mens du r£cit qu'il a ins£r6 dans la Revue Beige \ 

Ainsi un comte de Flandre avait aid6 Guillaume de Normandie k 
conqudrir FAngleterre, et un descendant de Guillaume , k qui la 
Normandie avait 616 enlev^e, fut indemnis£ de cette spoliation en 
devenant comte de Flandre lui-m£me. 

La succession d'un des normands apanages en Angleterre, Guil- 
laume Osberne, comte d'Hereford, fut cause de grands d£bats. 
M.E.GniicdeBeutebn.M. Grille de Beuzelin, en insurant dans la Revue anglo-normande 
ou plut6t anglo-franpaise , de M. De La Fontenelle de Vaudor6, 
une lettre sur 1'histoire de Meulan, a \xx6 du manuscrit de Philippe 
Mouskes, dont nous nous sommes servis, les vers 18020-18065 et 
18146-18149, lesquels, on nous permettra de le dire, sont impri- 
mis plus exactement dans notre Edition \ 

1 Poesies morales et historiques d'Bustache Deschamps , pubises.... par G. A. Crapelet, 
Paris, 1832, in-8° maximo, pp. 29-31. Cf. Fr. Schlegel, Geschichte des Zauberers Merlin, 
dans Sammlung romantischer Dichtungen des Mittelalters , t. I", Leipz., 1804, in-8°,et t. VII 
des Sammtliche fVerhen , Wien , 1822-25, 10 vol. in-8°. 

2 Histoire du regne de Charles-le-Bon , precidee d'un rbsumb de Vhistoire des Flandres , 
depute les temps les plus recuUs , et suivie d'un appendice de ce qui s'est passe depute la mort de 
ce prince jusqu'd la pais de Melun. Bruxelles, 1831 , in-d\ Vou. pp. 10, 28, 130, 131. Cf. 
notre premier volume, p. lxxi. 

3 Assassinat de Charles-le-Bon, Rsvoi Bilge, Liege, 1837, Janvier, pp. 65-82. 
* Revue anglo- francaise , 15° liv., 3° du 4 vol., 1836 , pp. 240-248. 



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INTRODUCTION. lxtii 

Ces d&n£16s appartiennent an r6gne d'Henri I er , roi d'Angleterre, Ademde de B^m. 
qui £pousa en secondes noces une princesse beige : 

II reprist , k grant proi&re , 

Fille le conte Godefroit 

De Louvaing , ki moult bele estoit. 

Cette princesse , morte en 1151, prot£gea beaucoup la po6siemiefaitfleuririapo*ie 
frangaise et contribua puissamment k la faire fleurir en Angleterre; 
mais auparavant elle en avait sans doute puis£ la connaissance et le 
gout k la cour de son p6re. Vers le temps de son mariage , elle en- 
gagea un trouv&re, dont on ignore le nom, k mettre en vers le 
voyage de saint Brandan au Paradis terrestre. Ainsi c'est k Pann6e voyage <u **«* i*™- 
1121 ou 1122, quil taut placer la composition de louvrage que «»*«• 
Pauteur commence ainsi : 

Donna Aaliz la ro'ine 
Par qui valdrat lei l divine 
Par qui creistrat lei de terre, 
E remandrat tante guerre 
Par les armes Henri le rei , etc. 2 . 

Cest encore k elle que Phil. De Thaon, Thaun ou Than, d&lia Bwtiaire de Ph. de 
son Bestiaire : 

Philippe de Taun en franceise raisun 

Ad estrait le Bestiaire , un livre de grammaires , 

Pur l'onur d'une gemrae ki mult est bele femme , 

A61iz est num£e, roine corunle, 

Rome d* Angleterre, sa ame n'ait ji guerre ; 

En 6breu , en verti , est Aliz lau* de D£ s . 

Geoffroi Gaimar parle d' Adelaide comme encore existante; enfin 

1 Lai. 

2 De La Rue , Essais historiques , etc., II , 69-70. 
* Ibid., 45. 



Than. 



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lxtiii INTRODUCTION. 

cette princesse fit noter par chant, des vers qu'elle avait fait com- 
poser en l'honneur de son mari , par le trouv&re David. Gaimar, 
reprochant k ce po&te d'avoir oubli£ beaucoup de choses dont le 
souvenir devait honorer infiniment la m£moire du roi, ajoute : 

Or dit Gaimar, s'il ad garant , 

Del rei Henri dirrat avant : 

Que s'il en volt un poi parler 

E de sa vie translator, 

Teh mil choses en porrad dire 

Ke unkes Davit ne fist escrire , 

Ke la rolne de Louvain 

N'en tint le livre dans sa main ; 

Ele en fist fire on livre grant 

Le primer vers noter par chant >, etc. 

Ges particularity sont un supplement k notre Esquisse des pro- 
gres de la langue franpaise en Belgique. 
Eieonore d'Aqniuine Louis- le-Jeune, roi de France, £pousa El£onore d'Aquitaine. 

itsQe d'tin de m on - 

Ph. Mouskes donne une origine diabolique k cette princesse, et Jean 
jean Bromptoo. Brompton a recueilli le m^rae conte populaire 2 , qui ressemble beau- 
coup k celui qu'on a fait de la comtesse Jeanne de F land re, sup- 
pose aussi fille du malin esprit dans le Livre de Baudouin % et 
m£tamorphos£e par Guillaume Le Breton en une esp£ce de sorci&re, 
soit en vertu d'une licence po£tique , soit pour rendre plus odieux 
les ennemis de la France : 

SortUego, nobis ignota contulit art*, 

Nee tatnen ipsa, reor, erat inscia prmsagiorum 

Qua solet Hispano* prcesaga Tholeta doeere. 

Apr6s son divorce, Eieonore s'unit au roi d'Angleterre Henri II. 

i DeLaRue,120,121. 

2 V. 18720. — Joh. Brompton , Hi*, fran?., XIII , 215. 

3 P. \l. 



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INTRODUCTION. lxix 

Notre auteur, k Pexemple de tous les contemporains , fait le plus 
magnifique £loge du fils de ce monarque \ On dirait, qu'i la 
po&ie pr&s, il se rend P£cho du guerrier troubadour, Bertrand De 
Born, que Dante n'aurait pas du placer dans son enfer, par respect 
pour le nom de po6te. 

Rien de plus touchant que les plaintes du chantre languedocien 
sur la mort du jeune Henri-au-Court-Mantel, qu'il avait arm£ con- uenri.u.court.Mantei, 
tre son pere. II faut dire cependant que, chose Ugere y comme la 
plupart des pontes, il avait d£chir6 ce prince dans une satire avant 
qu'il fut entr6 dans ses desseins 2 . 

M. Aug. Thierry, avec son style ferme et noble, a racont£, d'apr6s Em^ue de Bertrand 
une biographie proven9ale , transcrite par M. Raynouard , Pentrevue vk*&ton**«J\\ m 
de Bertrand De Born et du roi Henri, apr&s la prise du chateau de 
Hautefort. a Bertrand, lui dit le roi, vous qui pr^tendiez n'avoir en 
aucun temps besoin de la moitie de votre sens, sachez que voici 
une occasion oil le tout ne vous ferait pas faute. — Seigneur, 
r£pondit Phomme du midi, il est vrai que j'ai dit cela et j'ai dit 
la v£rit£. — Et moi je crois , dit le roi , que votre sens vous a 
failli. — Oui, seigneur, r^pliqua Bertrand d'un ton grave, il m'a 
failli le jour oil le vaillant jeune roi, votre fils, est mort. Ce jour- 
\k j'ai perdu le sens et la raison. » Au nom de son fils, qu'il ne 
s'attendait nullement a entendre prononcer, le roi d'Angleterre 
fondit en larmes et s'6vanouit. Quand il revint k lui, il 6tait 
tout chang£; ses projets de vengeance avaient disparu, et il ne 
voyait plus dans son prisonnier que Pancien ami du fils qu'il 

1 V. 18855. Gervais de Tilbury porte le jeune Henri aux nues ; il rapporte six vers latins 
qu'il fit en son honneur et dit : Cum obiit Henricus, cesium esuriit et mundus abiitmendicus. 
Otia imper., p. 947. 

2 La Curne de S to -Palaye, Histoire littSraire des troubadours, 1 , 223 ; Raynouard, Choix de 
potsies originates des troubadours , IV, 48 , etc. ; Villemain , Tableau de la literature au moyen 
&ge, Paris, 1830, pp. 159, 160 , 167, 168, 169, etc.; Aug. Thierry, Hist, de la conquSte de 
VAnoUterre par les Normands, Bruxelles , Lacrosse , 1835 , HI , 293. 



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LXX 



INTRODUCTION. 



regrettait. Au lieu de reproches amers et de Farr£t de mort ou de 
d£possession auquel Bertrand eut pu s'attendre : a Sire Bertrand, 
sire Bertrand, lui dit-il, c'est k bon droit que vous avez perdu le 
sens pour mon fib; car il vous voulait du bien plus qu'A homme qui 
fut au monde : et moi, pour l'amour de lui, je vous donne la vie, 
votre avoir et votre cMteau. Je vous rends mon amiti£ et mes bonnes 
graces, et vous octroie cinq cents marcs d'argent pour les domraages 
que vous avez re$us. » 
Hennuyers et Br.ban- Les habitans de la Belgique ne restaient pas indiflforens k ces 

90ns h la cour de m 

Henri 11. sanglantes querelles, et ceux du Hamaut et du Brabant, a cause 

sans doute des alliances des rois d'Angleterre , sent express&nent 

d£sign£s par Mouskes, comme favorisant le roi d'Angleterre '. 
Phuppe-Auguste , roi Le r6gne de Philippe- Auguste commence, ce r£gne si savam- 

ment expos£ par M. Gapefigue, dans tin ouvrage qui est un develop- 
* pement d'un m&noire couronn£ par l'institut de France 2 . 
Jacques d-Avesnes. Querelle du comte de Hainaut avec Jacques d'Avesnes, le hardi 

chevalier, qui alia outre-mer et y acquit los et honneur, mais y 
isabeiie de Hain.ut. trouva la fin de sa noble carri&re \ La fille du comte de Hainaut, 

Isabelle, k l'&ge de treize ans accomplis, £pousa Philippe- Auguste 4 . 

Isabelle est nomm£e dans le Roman d Alexandre*, rappeM plus 

d'une fois par Mouskes 8 . 
croi«ades Les deux premieres croisades n'obtiennent pas de notre auteur 

de grands details, mais il s'£tend avec complaisance sur la troisi&me. 

On le lira avec d'autant plus d'int&r^t qu'il met plusieurs Beiges en 

sc6ne et qu'il n'a pas 616 consults, excepts pour ce qui concerne 

1 V. 18975. 

2 V. 19154. — Capefigue , Histoire de Philippe- Auguste , 2 e Edition , Paris , Dufey, 1819 , 
4 vol. in-8°. Jugement severe sur ce livre , Hist. lift, de la France, XVII , 585. 

3 V. 19290. 

4 Capefigue, I, 128-128. 

6 Voy. entre autre* le v. 19408, ou il ecrit Alexandre d' Alter. Voy. les tables. 
6 V. 19882. 



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INTRODUCTION. 



LXXI 



Pempire de Constantinople , par MM. Michaud et Wilken, k qui mm. Micbaud, Fred. 

1 iii . ,, i . Wilken, N. G. Van 

Ion est redevable, sur ce point, de deux ouvrages du premier Kampen. 
ordre, imit£s depuis en hollandais, par le laborieux Van Kampen. 
Dans les Appendices, nous avons'ins£r£ un extrait d'A Thy mo, 
ou se trouve un r6cit relatif k Godefroid - le - Barbu , due de codefroid-ie-Barbu. 
Brabant, r£cit curieux, malgr6 les fables £videntes qu'on y a me- 
lees. 

La manure dont le roi d'Angleterre Richard-Coeur -de-Lion, ctptMt* dc nkiurd- 
tomba au pouvoir de Leopold d'Autriche, au retour de la croisade, 
est cont^e d'une manure que nous appellerions dramatique , si Ton 
n'avait £trangement abus£ de cette expression 1 . Ph. Mouskes a 
plutot le ton de l'auteur du roman de Blondeau, que celui de Gautier Roman de Blonder 
Vinisauf, qui a redig6 Vltin&raire de Richard 2 . Vihisauf m6rite g. vhmauf 
principalement d'etre consults par nous, puisqu'il rend pleine 
justice aux crois^s beiges. Lorsque Jacques d'Avesnes d^barque k la J^e* d'Ave*ne $ . 
t£te de ses guerriers, il le compare k Nestor pour la sagesse, a 
Achille pour la bravoure, k R^gulus pour sa fid61it£ religieuse k la 
foijur^e. 

La raison pour laquelle Pempire cessa d'etre h6r6ditaire , est tir6e i/em^re ce«e d etre 
d'une anecdote attendrissante , mais romanesque. Cest encore le 
style d'un trouv&re plut6t que d'un chronographe. 

Le r6erne de Ferrand, Fernand ou Ferdinand de Portugal, comte Fcmand on Fenw 

° ... . . de Portugal. 

de Flandre, offre beaucoup de particularity int^ressantes. Philippe 
Mouskes, apr&s avoir dit qu'il 6tait fils du roi de Portugal, observe 
que plusieurs le regardaient comme un enfant naturel de Mathilde 
de Portugal, veuve de Philippe d' Alsace. L'auteur du Roman de 
Baudouin, £videmment £crit dans un esprit hostile k la duchesse 

i V. 19839. 

2 Itinerarium regis Anglorum Richardi et aliorum in terram Hiero$olymorum , ann. 1 180. 
Capefigue, Hist, de Philippe- Auguste y 1829, II, 16. 



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LIXII 



INTRODUCTION. 



Jeanne et k son mari, ne manque pas d'accueillir ce bruit et de faire 
entendre que Fernand, fruit de Padult&re, devait le jour au roi de 
France *, dont il passait pour le serf, au grand m&ontentement de 
ses sujets 2 . Au reste , Ph. Mouskes n'est point contraire k Ferrand, 
et, par manure d'£loge, il va jusqu'A. dire qu'il ot grant nds ! 
BUvotins et iei On s'£tonne que le Livre de Baudouin, qui m£ritait d'etre public 
i«engrin» ou mgr^ ayec j es notes e i d es corrections au texte, ne mentionne ni les Blavo- 
tins, ni les Isengrins, dont lesnoms retentissent alorsdans l'histoire. 

Adont a Lille soujournoit 
La yielle rolne et manoit , 
Ki fu feme al conte Felippre. 
Et grant dowaire tint Tiers Ipre, 
En cele tiire des Ingrins 
Qui haoient les Blavotin*. 

Armies d'abord par des dissentimens nationaux, selon Meyer, ces 
deux factions semblent avoir exists d6s Tan 1 144, et peut-^tre mtee 
plus tot. Ellesensanglant6rent, au milieu du XII e stecle, les envi- 
rons de Furnes, de Bergues-S^Winox, d'Ypres et de Bruges; elles 
se renouvel6rent avec beaucoup plus de gravity au commencement 
du XHIe si^cle 3 . 

Guillaume Le Breton ram6ne plus d'une fois ces factions dans ses 

vers : 

Quod Bloetinorum candentia littora lambit , 

1 Pp.94, 129. 

2 Pp. 40, 63, 65, 90, etc. « Ce qui a autorise' le romancier a faire dire que Philippe- 
« Auguste soutenait que les rois de Portugal etaient sujets des rois de France, c'est qu'ils 
» descendaient d'un prince, ou meme, selon quelques-uns, d'un simple chevalier francais. 
» L'opinion la plus g£ne>alement recue est que leur premier auteur, qui s'appelait Henri , 
» <£tait fils de Robert , premier due de Bourgogne de la maison de France , troisieme fils du 
» roi Robert , fils de Hugues Capet. Sanche , p£re de Ferrand , 6tait petit-fils de ce Henri. » 
Melanges tire's d'une grande bibliotheque , V, 130. 

3 Warnkcenig , Histoire de la Flandre , 1 , 193-94. 



4h 



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INTRODUCTION. lxxiii 

Quaque marescosos extendit Flandria eampos, 
Et qua bellipotens media inter prcelia terram 
Sulcat Isengrinus, gladio munitus et hasta 1 . 

D'apr&s ce passage , les Blavotins habitaient sur la cote et les 
Isengrins plus avant dans l'int&ieur des terres , du c6t£ de Fumes, 
qui n'est pourtant qu'i une lieue de la mer. On peut Pinferer de 
cette autre citation : 

Jam sua per specula* Bloetinus signa levavit ; 
Omnis Isangrinus, Furnites , Belga, sub uno 
Ccetu Ferrando comitise consociarunt 2 . 

L'duteur avait d6j& dit pr6c6demment : 

Sed nee Ysangrinos cum Belgis et Bloetinis 
Rixa vetusta tenet , intestinique furores , 
Se quibus infestant alternatimque lacessunt, 
Quinjurata ruant in prcelia , Francigenisque 
Dumpugnant 9 veteresjuvat intermittere pugnas*. 

Belga quot et rabies bloetina , quot insula turmas 
Mittat, isengrinusque furor 4 . 

Les Chroniques de S^.-Denis appellent ces factions les Ysangrins 
et les Blootins. 

Le Chronicon Andrense, contient ces lignes : 

Anno MCC1 ~, post mortem comitis Flandrice Philippi, in terri- 
torio Furnensi, inter Blavotinos et Ingrikinos 5 guerraper aliquot 
annos durat: homicidia, incendia , rapince fiunt, nee est qui jus- 
tifies manum apponat. Sexto kal. Decembris y quidam miles Her- 

1 jy«*./r.,XVII,S58. 

^ Ibid.yUl. 

» Ibid., 125. 
* Ibid., 409. 
9 D'Oudegherst dit pareillement Ingrekins. 

Tom. n. it 



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lxxit INTRODUCTION. 

hertus nomine de Wilfringhem l qui prmcipuus inter Blavotinos 
habebatur, castrum comitis in ipsa villa de Fumis, collecta parva 
manu suorum, incendit : ob cujus facti audaciam tarn ipse quam 
suce factionis coadjutores, per bannum comitis Balduini et regince 
Portugalensis ,per aliquod tempus, ejecti sunt de terra, et bona 
eorum confiscate 2 . 

L.mbert d'Ardres. L'histoire des comtes de Guines de Lambert d'Ardres , nous fait 

connaitre un autre chef des Blavotins (Blavotinorum) que Herbert, 
c'est Walter de Hondschot, qui, avec les siens, alia assteger dans 
Bergues les gens de la comtesse-reine Mathilde , la m6me ann6e 1 201 s . 
Mais Chretien De Praet, pr£v6t de Bergues, en tua plus de trois 
cents. Meyer dit que de son temps on appelait encore le lundi rouge, 
Panniversaire de ce combat meurtrier \ Ainsi les Blavotins 6taient 
contraires k la comtesse , et les Isengrins, ses partisans, avaient leur 
stege principal k Fumes. Aussi Vredius prend-il Isangrini pour 
synonyme de Fumenses 5 . 

Iperius raconte que leurs d6m61£s avaient d£sol£ pendant plusieurs 
ann£es le territoire de Bergues-St-Winox et de Furnes. lnsurrexe- 
rat etiam guerra Blavotinorum et Ingrekiorum, quce pluribus an- 
nis terras Furnensem et Bergensem , in quibus bona hujus ecclesice 
(S. Bertini), pro magna parte consistent, quam plurimum afflixit 6 . 

GiiiesdeLew,ie Bitnc Un de ceux qui s'employ^rent avec le plus de succ^s pour r6con- 

m S r«e. c [\[ er ces pini&tres adversaires , fut Gilles de L6au ou Leeuw , 

originaire de Zierickz6e, qui pr&cha la croisade k Leeuw et k 

1 Wulferinghem. 

2 #w*./r.,XVIII,575, A. 
* Ibid., 587, A? 

4 Cf. Meyer, Ann., fol. 64; D'Oudegherst , e\lit. de J.-B. Lesbroutsart , II, 69; Corpus 
chron. Flandrim, p. 294. 

5 Hist, comit. Fl. f I, index IV. Voce Isangrini. 

6 Hist, franc, XVIII. 600, D. 



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INTRODUCTION. lxxv 

Bruxelles, et qui dut k ses exploits guerriers le sobriquet de Blanc- 
Gendarme \ 

D'ou provenaient ces noms de Blavotins et d'Ysangrins. Meyer 
dit que les premiers devaient le leur k une famille appel£e Blaeu- 
voety et les seconds, k une allusion tir£e du loup; en effet, dans le 
roman populaire du Renard, cet animal est appel£ Isangrin ou 
Isengrim. 

Nous sommes enclins, nous l'avouons, k admettre que la popu- 
larity du Renard a pu influer sur des appellations choisies par le 
peuple. 

dependant le nom d'lsengrin 2 , de m6me que celui de Blaeu-voet, 
ne pourraient-ils pas 6tre de simples sobriquets, qui s'expliqueraient 
par le sens m&me des mots qui les composent et qui auraient eu trait, 
soit au caract&re des personnes, soit k un signe ext£rieur de rallie- 
ment ou k toute autre circonstance mat^rielle. 

Si Ton adoptait la forme Bloetini, employee par Guillaume Le 
Breton, il semblerait que ce terme a sa racine dans celui de bloet, 
sang. Mais si on pr^ffere Blavotini, plus g6n&ralement en usage, ce 
sera Blaeu-voet ou Blauen-voeten, pieds bleus, comme il y a eu 
plus tard en Flandre des chaperons hlancs, des compagnons de la 
Verte-tente , etc. M. Warnkoenig 3 , qui repousse toute allusion au 
roman dil Renard, ne voit dans Blaeuvoet, avec Meyer, qu'un nom 
de famille ; celui d'un seigneur dont le chateau 6tait situ6 k Pervyse, 
pr6s de Nieuport. 

Quant klsengrin, c'est un nom de personne tr6s-ancien, puisqu'en 
Fannie 933, nous voyons un 6v6que de Ratisbonne qui le porte 4 . 

1 Chronicon Viconiense, dans le t. XII, £d. in-4° du Spicileg. de D'Achery, p. 214. 

2 Isengrins, factieux, dit Roquefort, qui s'elevfcrent en France sous le regne de Philippe- 
Auguste et qui pillaient les bergeries. On voit que cet ecrivain etait preoccupe du rapport des 
mots loup et Isangrin. 

3 ffist.de Flandre, I, 215. 

4 Pertz , Monument a GermanicB, 1 , 94. 



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LXXVI 



INTRODUCTION. 



M. Warnkoenig se prononce pour la forme Ingrekins , qui se rap- 
proche assez des Ingrins de Ph. Mouskes. D'apr&s une chronique 
manuscrite de Furnes, il fait d^river Ingrekins de Sigebert Ingeryk, 
chef des partisans de Marguerite \ Cette explication, semble na- 
turelle et simple, et si on rappelait que M. Warnkoenig paratt 
avoir reconnu, d£s 1 144 , les deux factions dont la designation nous 
arr&e , on r£pondrait que leur haine avait saisi avec empressement, 
en 1201 , une nouvelle occasion d'^clater et avait arbor6 seulement 
alors des denominations qui classaient plus nettement les deux par- 
tis ennemis. Toutefois, si, refusant de se rendre, on s'en tenait k 
la forme Isengrin, ne serait-il pas perm is de soup^onner que ce mot 
a design^ le loup, m6me avant la redaction du Renard? Sans beau- 
coup de frais d'£rudition, on le trouve tout entier dans les langues 
teutoniques, quoique M . Ginguen^ le cherche dans eel les de POrient 2 . 

Isen ou Ysen, comme Fa tr6s-bien remarqu£ M. Willems *, n'est 
autre que yzer, fer, forme que Ton retrouve dans isenkrind, la 
verveine, Isenhart, nom d'homme et d'oiseau, Isenberg , Isenloo, 
locality voisines de Furnes, Isenghien, Isendoom, families des 
Pays-Bas, Isenhruin, couleur d'6toffe, etc. Ce mot serait pris ici 
figur£ment pour ce qui a la duret£ du fer, comme on dit dans les 
vieilles chroniques Balduinus Ferrous. 

Grim j n'est pas le grima des Scandinaves, qui signifie ce qui 
couvre et sp^cialement un casque (Isengrim voudrait alors dire 
casque de fer), mais e'est le danois grum et grimm (scevitia) , en 
islandais grimmr, en anglais grimm, en anglo-saxon grimma, en 
allemand grimm, en bas-allemand grim, crim y mot qui a sans 
doute de Paffinit6 avec le latin crim-en, et d'ou ont du d&river les 

i Hist.deFl., 1,215-16. 

2 Le hup est appele Isangrin par les auteurs orientaux. Ginguene* , Nisi. litt. de la Fr., XV, 
$22 , note. 

3 Reinaertde Vos , Gent , 1836, in-8°; Inleiding, p. lix sq. 



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INTRODUCTION. 



LXXVII 



expressions fran$aises grime, grimace, grincer, etc. Done Isengrim 
signifie ferreus et scevus. 

La derni&re partie de ce mot compost commence beaucoup de 
noms tr&s-anciens et en termine quelques-uns, tels que Grim-aldus, 
maire du palais de Sigebert, en Austrasie (les Grim^aldi ,en Italie), 
Grim-aldus, abb£ de S f -Gall, Grim-o> abb6 de Corbie, Grim- 
oaldus, fils de Pepin II, maire du palais de Neustrie, Grim-oaldus 
ou Grim-oldus, due de B£n6vent, Pile-grimus , archev^que de Co- 
logne, Pili-grimus y archev&que de Salzbourg, etc. En d£eomposant 
ces mots, on ne ferait que confirmer P&ymologie pr6c6dente. 

Une querelle plus s&ieuse que celle des Isengrins et des Blavotins 
£tait au moment d'^clater. Le roi de France, Philippe-Auguste, 
voyant se former contre lui une ligue formidable , se dispose k la 
conqu&te de la Flandre. Renaud de Dammartin, comte de Bou- Hugues dc iw 
logne , et Hugues de Boves , de la maison de Coucy * (le Livre de 
Baudouin l'appelle Hue de Bonnes) 2 , etaient Ykme du parti 
oppose k Philippe-Auguste. 

L'empereur Otton IV, FAngleterre , la Flajidre, le Brabant, la 
Hollande, le Limbourg et le Namurois, avaient form6 une coalition 
dont le but 6tait le partage de la France. Fernand, assure-t-on, 
avait stipule express£ment pour sa part PArtois proprement dit, la 
Picardie et File de France, y compris Paris , ou il s'6tait tant amus£ 
avec les folles filles et les jongleurs % envers lesquels Philippe- 
Auguste se montra moins facile \ 

Ceux qui ont quelque connaissance des temps feodaux, ne s'6ton- 

> V. 20847 et 21097. 

2 P. 97 et passim. Le trouvere Jean de Boves avait-il avec Hugues quelque rapport de 
famille? De La Rue , Essais hist or., Ill, 45-47. 

* Capeflgue , Hist, de Philippe-Auguste, 1829 , III , 210 ; Warnkcenig , Hist, de la Flandre, 
I, 225, note. 

4 Introduction de notre premier volume, p. ccxlii. 



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lxxviii INTRODUCTION. 

neront pas de voir dans les rangs des ennemis de Fernand , deux 
vassaux du comte de Flandre, Siger II, chatelain de Gand, et Jean 
de Nesles, chatelain de Bruges. Fernand, par le traits de Pont-A- 
Wendin ', avait c6d£ d£finitivement k Louis, fils du roi de France, 
les villes dont il s'6tait empar6 et avait donn£ ces deux seigneurs 
pour garans de cette cession. 

En 1212, Fernand s'£tant allte avec PAngleterre et se disposant k 
reprendre ces places par la force, les chatelains de Gand et de 
Bruges, cautions du traits de l'ann£e pr£c£dente, quitt&rent la 
Flandre. Leurs ennemis personnels, Rasse de Gavre et Arnould 
d'Audenarde, qui avaient nagu&res montr6 de la resistance au 
comte, parce <ju'ils £taient ennemis de la France, rentr&rent au 
contraire en gr&ce , lorsque Fernand se d£clara contre les Fran^ais, 
et acquirent bientot une grande influence 2 . 

Les chances de la guerre rendirent Fernand maitre de Tournai , 
en 1214, 

Bien le savommes qui la fumes, 

Nouveaux d^uiis bio- dit Philippe Mouskes 3 . Or, en 1272, Philippe Mouskes 6tait chan- 

graphiques sur Phi- 

uppe Mouskes. celier de Tournai et il mourut environ soixante-huit ans apr6s la 
prise de Tournai par les Flamands; il habita done cette ville fort 
jeune. 

M. Serrure nous a communique verbalement une id6e qui lui 
6tait venue. Philippe, en prenant lui-m&me le surnom de Mouskes, 
se d^signe £galement par les mots Philippus de Gandavo; il 
pourrait done bien avoir appartenu k l'illustre maison de Gand, 
et 6tre le Philippe qui, en 1244, prom it d'observer le traits fait 

1 C'est sans doute au lieu de Pont-a-JVendin qu'on a mis ffaudripont (Wandinpont?) au 
v. 20888. 

2 Warnkcenig, Hist, de la Flandre , 1 , 222. 

3 V. 21229. 



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INTRODUCTION. lxxix 

entre le roi saint Louis et Thomas de Savoie \ II aurait 6t6 alors, 
selon Du Chesne, Fun des fils de Hugues I er du nom, chatelain 
de Gand, etd'Ode de Champagne, dite de Champ lite. Cette con- 
jecture, tout ing^nieuse qu'elle est, ne nous paratt pas assez soli- 
dement 6tay6e pour que nous Padoptions. 

M. Fr6d6ric Hennebert, a bien voulu faire quelques recherches 
sur Ph. Mouskes, dans les Archives du chapitrede Tournai, recher- 
ches malheureusement infructueuses, car il n'a trouv6 dans le depot 
qui lui est confix , qu'un seul acte relatif au s£jour de notre auteur 
k Tournai. Voici Panalyse de cette ptece, dat£e du mois d'octobre 
1281 , telle qu'il a eu Pobligeance de me Padresser : 

a Accord pass£ devant M e Aubert De Marie, chanoine de Laon et 
» Gautier Bardin, bailli de Vermandois, entre le chapitre de 
» Tournay et les pr6v6ts et jur6s. Le chapitre se plaignait de ce que 
» le pr&vot de SMJuentin, sans Pautorisation de la cour du roi, 
» avait au prejudice de F£glise, oU les degrds qui dtoient dehors le 
» muret de Vattre devers la vieille hotellerte, avoit fait le muret a 
» crdte et avoit abbatu un petit murtiel traversant qui dtoit vers la 
» maison du penitencier y enfin quil avoit post des homes autour 
» de Vattre de I'Sglise autrement que V&v4que et le bailli de Ver- 
» mandois ne Vavoient ordonnd; ils ajoutaient que lesprevots et 
» jur£s, avoient au prejudice de Vdglise et sans droit ni raison, 
» fait des appentis autour du Beffroi et dlevd la chaussee > ce qui 
» nuisoit a leurs hostels qui sont devant le beffroi... Les pr^vots et 
» jur£s, de leur c6t£, soutenaient le contraire, pr£tendant, quant 
» au beffroi , avoir \k toute justice et seigneurie. Les arbitres r6ta- 
» blissent la paix au moyen d'une nouvelle delimitation des pro- 
» priet&s, moyennant laquelle le chapitre laisse entier ce qui a £t6 
» fait au beffroi. » 

1 A. Du Chesne, Hist. gen. des mats, de Guines, d'4rdres, etc. Preuves, p. 337, p. 519. 



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lxxx INTRODUCTION. 

M. £. Gachet a fait une moisson plus abondante. On verra ci- 
apr£s, grace k lui, plusieurs autres documens originaux relatifs k 
notre auteur (A). 

Battue de Bouvmcs. Eiifin se livre cette grande bataille de Bouvines, qui affermit la 
puissance royale et ou se d6ploy6rent tant de ressources et d'intr^pi- 
dit6 : elle fut une des plus importantes actions militaires du moyen 

g. Le Breton. kge. La plus ancienne relation est celle de Guillaume Le Breton, qui 

g. Guian. y assista. La relation en vers de Guillaume Guiart devient pour nous 

un point de comparaison particuli&rement remarquable ! . De nos 

mm. d« aaumer. c- jours, MM. De Rauiiier 2 et Capefigue 3 ont d£crit le m£me 6v6ne- 
P e gut e meu i 9 ma i s n'ont point consults Philippe Mouskes, cit£ par ML Ca- 

pefigue 4 dans une autre occasion. M. Warnkoenig trouve que tous 
ces Merits ont £t£ £clips6s par le m£moire de feu M. Lebon \ Nous 
croyons ce jugement trop favorable k ce dernier £crivain. 

LeromandeBoudouin. Le r6cit de Ph. Mouskes est circonstancte et contient des details 
qu'on ne trouve pas ailleurs. La bataille de Bouvines est aussi ra- 
cont6e dans le Livre de Baudouin, longuement analyst par Pau- 
teur des Melanges HrSs dune grande biblioth&que 6 ; mais il faut lire 
cette relation avec defiance, puisqu'on y reconnait quantity de faits 
6videmment faux. Par exemple Hugues de Boves, un des adversaires 

1 Un ecrivain moderne, versiflcateur d'une grande habilete% M. Parseval-Grandmaison , 
a traite" ce sujet dans son poeme de Philippe-Auguste , Paris, 1826, in-8°; M. Viennet l*a 
pareillement mis en vers. 

2 Gesch. der Hohenstaufen, III, 182-188. 

3 Hist, de Philippe- A uguste , 1829, III,2*S-278. 

4 u Philippe Mouskes sert comme de transition pour arriver aux ecrits en vers latins , et 
» qui ne s'elevent pas bien au-dessus de la chronique en prose ; Mouskes a entrepris une 
» histoire de France en rimes dilectables. II commence a l'origine des Francs , a cette fabuleuse 
» illustration troyenne , que Ton raconte dans toutes les vieilles tegendes. » IV, 321. II est a 
observer que les mots soulignes ne sont point de notre auteur, quoiqu'on soit port£ a le 
soupconner. 

5 Voy. nos notes v. 21047 , 21098, 2U13 , 2U68 , etc. 

6 V. 102-181. 



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INTRODUCTION. 



LXXXI 



de Philippe- Auguste, est suppose venir k son secours. Ce n'est pas 
tout, on en fait un vieillard aveugle, ag6 de 140 ans, qui avait 
servi sous Godefroid de Bouillon et gardait encore la bonne 6p6e que 
Godefroid avait enlev£e k un soudan sarrasin. 

« Et ainssi come les barons devisoient (Ficelle besoingne, leroy H Ug ucs d« boycs. 
» regarda entour luy et vit venir une liti&re que Fen menoit k IIII 
» gros chevaulx, ou il y avoit grant nombre de gens d'armes qui la 
» conduisoient. « Or va de mal en pis, se dist le roy Phelippe, car 
» je croy k mon escient, que c'est ung de mes filz que Ton m'ap- 
» porte : k present j'ay grant paour que Ferrant n'ait France. » 
« Le roy alia hastivement k Fencontre de la liti6re et demanda qui 
» c'estoit que Ton menoit dedens celle liti&re. <c Sire, c'est ung 
» chevalier, c'est Hue de Bonnes (Boves), qui est moult hardi che- 
» valier et qui a bien d'aige sept vingt ans, et tant que par vieil- 
» lesse il a perdu la veue ; mais pour Pamour de vous, il est icy 
» voulu venir : car il a tousjours bien loyallement servi vous et vos 
» pr6d£cesseurs. Mais non pour tant qu'il soit aveugle, il vous pr&- 
» sente V cens chevaliers arm£s, pour vous aider contre voz 



» ennemis 1 . » 



Hugues de Boves, dont on allonge ici Fexistence d'une mani&re si 
exag&r£e, devient, sous la plume du romancier, une esp^ce de Jean j e « dei Tempi, Dio- 
des Temps. Dinterus, dans sa Chronique de Brabant, £crite au XV e 
si&cle , dit que ce dernier avait 6t6 6cuyer de Charlemagne , qu'il v£cut 
341 ans et mourut en 1139 2 . Mais avant lui Guillaume de Nangis 
avait donn^cette long£vit£ pour certaine 3 . De Longeville-Harcourt, 

1 Pp. 96-97. 

2 MS de la bibl. de Bourgogne, en 8 vol. in-fol. mod., I, 664 ; Nouv. archiv. hist or. des 
Pay8-Ba$, Yl,\M- 

* Vita PhUippi , Du Chesne , V, 5 1 6 ; Hist. litt. de la France, XVI ,133. « Les journaux de 
S'.-Pdtersbourg, en 1834 , rapportaient un exemple de longevity prodigieux. A la fin d'oc- 
tobre, racontaient-ils , il dtait mort a Polosk, sur les frontieres de la Lithuanie, un homme 
qui avait atteint sa 188 e annee. II avait vu sept monarques sur le trone de Russie, et se 

Tom. II. / 



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LXXXII 



INTRODUCTION. 



Captirite deFeraand. 



M. Dauoou. 



auteur de VHistoire des personnes qui out vicu plusieurs si&cles et 
qui out rajeuni l , recule la mort de Jean des Temps jusqu'A Fan- 
nie 1 146 et lui donne pour contemporain un certain Richard , qui 
avait 6t6 soldat sous Charlemagne et que Guy Donatus pr&endait 
avoir connu en 1223. Yoilk comme Fhistoire et le roman se touchent 
par des points infinis. 

Les romanciers, au reste, ne renfermaient pas la vie de leurs 
h£ros dans le cercle ordinaire oil se circonscrit l'existence des autres 
hommes, et c'est en leur faisant k cet £gard une large concession, 
qu'on ne sera plus surpris de voir ceux qu'ils c£l&brent, exister k 
des 6poques s£par£es les unes des autres par un si&cle et m^me plus. 

On n'ignore pas que le comte Fernand fut pris k Bouvines, et Ton 
sait de quels sarcasmes le peuple de Paris salua ce grand captif. 
M. Daunou, qui a bien voulu rendre compte de notre premier 
volume dans le Journal des Savans 2 , a cru que nous avions tir£ le 
fameux dicton Quatre f errant , etc., d'un po&me de Butor, et comme 
nous avons dit 3 que ce dicton semblait avoir 6t£ traduit en latin 
par Nicolas de Braie, il fait remarquer que nous avons commis un 
anachronisme, puisque Butor est post&rieur k Nicolas. Mais nous 
n'avons pas attribu6 k Butor les vers si connus ; il est clair que 
Nicolas de Braie a pu traduire et a traduit effectivement en latin 
un propos populaire 4 . Ce n'est \k qu'une bagatelle, sans doute , 
et nous sommes un peu honteux d'avoir eu, cette fois, raison contre 



rappelait fort bien encore la mort de Gustave-Adolphe, qu'il avait servi comme soldat, 
durant la guerre de trente ans. A 1'age de 9$ ans , il avait epouse sa troisierae femme, avec 
laquelle il fut uni pendant un demi-siecle, et qui le rendit pere de plusieurs enfans. * 
V Emancipation , du 3 dccembre 18S4. — Voila ce qu'ont dit les journaux , mais les journaux 
ont des privileges. 
1 Paris, 1716, p. 98. 

* Novembrel837. 
3 T. I, p. cxcix. 

* Voy. ausst v. 22206. 



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INTRODUCTION. lxxxiu 

M. Daunou. Gependant le soin que nous prenons de relever ses moin- 
dres paroles , est une preuve de la haute importance que nous atta- 
chons k l'opinion d'un homme si distingu£. 

L'auteur du roman de Baudouin raconte que les Flamands pri- 
sonniers furent li6s des cordes que Fernand avait apport6es avec lui 
pour lier les Fran$ais l . Cette circonstance a &6 aussi rapport^e 
dans le Renart contre fait, commence en 1320 2 . 

Des beiges prennent part k la croisade contre les Albigeois 3 , lutte crois.de centre i« ai- 
sanglante du midi et du nord, qui datait de si loin et se ranima 
un moment sous Louis XIV, dans les C&vennes. M. Villemain a 
montr6 Pinfluence exerc^e par les troubadours sur cette guerre 
impitoyable. La po£sie occitanienne s'arma de toute son £nergie et 
langa les imprecations les plus yirulentes contre les crois£s, comme 
si les poetes guerriers de ce temps pr&voyaient que ces combats 
allaient condamner a l'oubli et leur langue et leur gloire. 

Le comity historique cr6£ par M. Guizot, au minist&re de Fin- 
struction publique en France, a admis dans sa collection un docu- 
ment important sur les Albigeois. G'est un po&me proven9al de 
9577 vers, compost par un contemporain et public par le docte 
M. Fauriel, avec une introduction, une traduction franchise et un M.c.r«uriei. 
glossaire 4 . 

Ce qui concerne Bouchard d'Avesnes 5 , mari de Marguerite de Bouchard dArcsncs. 
Flandre, est pr6sent6 par Ph. Mouskes autrement que par le plus 
grand nombre des 6crivains. On peut lire sur cette question histo- 

i P. 105. 

2 Preface de Meon, sur le Raman du Renard , p. xu. 

3 V. *SSSl,lM71,etc. 

4 Histoire de la croisade contre les hMtiques albigeois, tcrite en vers provencaux , par un 
poite contemporain, Paris , de l'imprimerie royale , 1837, in-4° de cxxxiv et 758 pp., avec une 
carte et un fac-simile. — Foy» aussi Recherches historiques sur la veritable origine des Vaudois 
et sur le caractere de leurs doctrines primitives. Paris , 1837, in-8°. 

a V. 2S275. 



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lmxiv INTRODUCTION. 

rique, dont plusieurs details sont encore probl&natiques, les details 
M.Lemarquiid«Foru. f rassembl6s par M. De Fortia, et le r6sum6 de M. Warnkoenig *. 
Le 1 r.«Hndoiiiii V Ph. Mouskes est prfoieux pour Phistoire tin Faux-Baudouin 2 , 
qu'il representee sans aucune hesitation , comme un aventurier : 
M. De Fortia remarque avec raison que ce t£moignage est d^cisif. 
L'auteur du roman de Baudouin affirme, au contraire, que Termite 
de Glan$on etait bien r^ellement Fempereur de Constantinople. 
Nous avons transcrit, k cette occasion , un passage du texte en 
vers cite par D'Outreman. Ge passage substitue un fait certain k 
la conjecture de MM. Yoisin et Serrure, qui soup$onnaient que le 
roman de Baudouin avait d'abord &6 £crit en vers *. 

Cet ouvrage, ou la v&rite c6de le pas k la fiction, est con- 
forme, en ce point, avec plusieurs chroniques ou Jeanne et son 
mari sont directement inculp£s. Ainsi une chronique flamande 
in£dite, conserv^e k la biblioth&que de Bruges, sous le n° 238 4 , 
rapporte au folio 79 verso, que le comte Baudouin, empereur de 
Constantinople, qu'on avait cru mort k la suite de la bataille d'An- 
drinople, contre les Bulgares, avait 6t£ fait prisonnier et envoys 
comme esclave en Syrie , ou on lui faisait labourer la terre; IA, des 
marchands d'AUemagne £tant venus k passer aupr&s de lui, il com- 

1 Jacques DeGuyse, t. XIV; Hist, de la Flandre, I, 241-44. 

2 V. 24463. Cf. Jacques De Guyse et le marquis de Fortia, XIV, 331-343, 409-421 , XV, 
857-358, 379-439; Meyer, a Fan 1225; Chron. sancti Bertini, p. 705; Vinchant, p. 279; 
Auctarium aquicinctinum , a la suite de la Chronique de Sigebert de Gembloux , eel. d'Aub. 
Le Mire , p. 262 ; Recueil des hist, franc, 9 t. XIX , preface , p. 80 ; Warnkoenig , Hist, de la 
Ftandre, 1 , 236-240. Corpus Chronicorum Flandria, p. 144, 294. 

3 M. Van Hasselt a rendu coropte de la nouvelle edition du livre de Baudouin , dans Ylndt- 
pendant du 28 novembre 1836 , et dans la Revue de Bruxelles , du mois d'aont 1837. A la page 
61 de ce livre, on invoque le Besiiaire , sous le nom de Bestial, et on parte de Vautour blanc 
envoye au roi de France par le comte Ferrant. Le roman de la ConquSte de Grece par Philippe 
de Madien ou le chevalier a /'teBtviit blanc , fut compose* en 1448. Mais le livre de Baudouin , 
dans son texte primitif , est anterieur. 

4 Compte-rendu des seances de la Commission royale d'histoire, 1. 1, pp. 122-123. 



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INTRODUCTION- lxxxv 

prit leur langage, et ceux-ci Femmen&rent jusqu'i Cologne; d'ou il 
envoy a un message k la comtesse Jeanne , sa fille, pour lui annoncer 
qu'il 6tait de retour, et que, dans quatorze jours, il serait k Lille. 
Mais Fernand, £poux de Jeanne , le fit arr&er et pendre k un arbre, 
k un demi-mille de Lille , daer nu f clooster van Markette staet , 
k Fendroit ou 6tait Fabbaye de Marquette. 

Sous Fannie 1234, il est dit que Jeanne, etant d6c£d6e, futen- 
terr^e k ce couvent de Marquette qu'elle avait fond£ et fait con- 
struire. Le texte ajoute : Men wille zeggen dat in dat clooster daer 
den hooghen outaer staet, dat daer een boom stont van te vooren, daer 
de goede grave Boudin, keyzer van Constantinople, angehanghen 
was; c'est-A-dire que la tradition rapportait qu'A Fendroit ou 6tait 
le grand autel, s'elevait jadis Farbre auquel avait 6t6 pendu le bon 
comte Baudouin, empereur de Constantinople. 

M. De Rosny a mis derni&rement au jour, on se le rappelle, une 
notice sur Bertrand de Rains. 

Un peu plus loin Ph. Mouskes nous offre la vieiile l£gende popu- LcjIllfe 
laire du Juif errant. 

Ce moyen Age, peu initio k la po^sie de detail, aux d£licatesses 
et aux petites perfections du style , 6tait n£anmoins en possession 
de la plupart des grandes id£es po£tiques qui seront 6ternellement 
la base de toutes nos inventions, et avait su leur donner un carac- 
t&re moral et pratique, une forme sensible et palpable. Le m£me 
g&iie qui personnifia dans Roland et Gan61on le courage trahi 
par la ruse , dans le Renard, le triomphe de Fhabilet£, dans Parto- 
nopeus et Lanval, Fimpatiente curiosity de Famour, dans Berthe, 
Bi6triset Genevieve de Brabant, Finnocence calomni6e,dansTh^o- 
phile enfin ou dans Faust ! , la r&volte de Fintelligence contre Dieu, 

1 Voy. notre premier volume, In trod., p. lxxxii. Dans le M S de la bibliotheque royalede 
Paris , n° 7218 , on trouve le Miracle de TJtiophile, par Rutebeuf , dont M. Ach. Jubinal a 
promis de pubiier les ceuvres. Roquefort en cite douze vers dans son Glossaire, I, 332. 



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LXXXVI 



INTRODUCTION. 



Goethe. 



C. F. D. Schubart. 



Beranger. 
M. Quinct 



donnait aux petits comme aux grands , une path&ique le$on d'hu- 
manit£, en montrant k tons les yeux, le ch&timent du Juif qui 
insulta aux souffrances inouies du sauveur du monde. 

Cette tradition est une des plus singuli&res et des plus universelles 
des nations modernes. Elle n'a pas cess6 d'avoir cours en dififorentes 
contr^es, et l'imagination des pontes Fa rev&ue plusieurs fois de 
vives couleurs. 

Goethe , dans sa jeunesse, avait projet£ sur ce sujet une epopee 
dont il dit n'avoir £crit que quelques fragmens. Une courte pi&ce du 
po^te allemand Schubart est intitul£e : Ahasverus on le Juif errant. 
Une trag£die allemande de Gustave-Adolphe , lui assigne un role, 
et Beranger a chants ce myst^rieux voyageur, dont M. Quinet a mis 
le nom en t£te d'un drame mythico-philosophique. Oserons-nous 
rappeler que nous avons hasard£ une nouvelle dont ce personnage 
est le h6ros * ? 

Les paysans de la Furca racontent que cette montagne est le pas- 

Lejuif erram «n luiie. sage habituel du Juif errant, lorsqu'il se rend de l'ltalie en France; 

seulement, la premiere fois qu'il la franchit, vous diront-ils, il la 

trouva couverte de moissons, la seconde fob de sapins et la troisi&me 

de neige. 

M. Gaignez qui, en 1812, a fait comparaitre le Juif errant sur le 
Theatre de la Gaiet£, a jug£ k propos de l'appeler Samuel Iglouf. 
En 1834, le juif se montra k la porte S l . -Martin, et apr&s diverses 
aventures, prit son vol vers le ciei, en compagnie de Franklin et de 
Napoleon ! 

M. Henri Leo a fait un article sur la publication flamande de M. Bloemaert , dans le Jahrbucher 
fur wissenschafUiche Kritik , Berlin, 1837, april, 5S9-&13. — fotr notre article faust, dans 
le Dictionn. de la conversation; la vie de Faust, qui fait partie de la Biblioikek der Jiotnane, en 
21 vol., Riga, 1782-94, t. I* r ; YHistoire de Christophe Bagenaert, disciple du docteur Faust, 
en flamand , Anvers , 1608, in-4% fig. sur bois , etc. — M. John Anster a traduit recemment 
en anglais le Faust de Goethe. 

1 Le Dimanche , 1 , 1 15-206 , 251-52. 



Pieces de theitrc. 



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INTRODUCTION. lxxxvii 

Cousin , historien de Tournai , k la page 367 du quatri&me volume, l« j^ err.nt en b«i- 
rasere ces hgnes : 

« Audict an 1 6 1 6 , se vendoit publiquement k Tournay et ailleurs, 
» par des porte-panniers, parmy d'autres cartes et images de papier, 
» le pourtraict d'un Juif (k mon advis fabuleux), nomm£ Ahasverus, 
» avec un £crit imprim£ oil il 6tait discouru que cestuy Ahasverus 
» aurait vescu du temps que Nostre-Seigneur fut crucifix en J£ru- 
» salem, et estoit encore vivant Pan 1613, et errant je ne s§ay oil 
» par le monde. » 

M. G.-J. Gerard, ancien secretaire de Facad&nie de Bruxelles, g.-j G tfr.rd 
a laiss£ en manuscrit des recherches sur nos superstitions vulgaires. 
Elles sont k la biblioth6que de La Haye, et nous regrettons de 
n'avoir pas 6\£ k port£e de verifier si elles ne contiennent aucun 
detail relatif au Juif errant. 

La minority de Louis IX am&ne notre auteur k parler de la reine Amour, de Bi.nche et 
Blanche et de Thibaud de Champagne. Cette grande reine et ce roi 
po£te furent-ils £pris Pun de Pautre? M. De La Ravallifere a cru 
qu'il 6tait de Phonneur d'une princesse qui a donn£ le jour k un 
saint, de soutenir le contraire. Voyez la cruaut£ de nous voler un 
tel amour, un amour si harmonieusement chants, si passionn£, si 
po£tique! Heureusement M. P. Paris a eu la charity de nous le 
rendre. Ph. Mouskes k la main ! , il redresse les faits et nous montre 
que cet amour a exists , mais qu'il s'agit seulement d'en changer la 
date. Le ciel en soit lou6 ! 

La fin de Fouvrage de Ph. Mouskes traite principalement de Empire uun de c<m- 
Pempire latin de Constantinople. L'auteur termine vers 1246 ; 
alors il n'^tait point encore 6veque. Mais Pann6e qui clot son r£cit 
est-elle r^ellement celle oil il a pos£ la plume? N'a-t-il pas pu 6crire 
long-temps apr&s? Questions oiseuses et que d'ailleurs il est impos- 

1 Romancero, pp. 167-181. 



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lxxxviii INTRODUCTION. 

sible de r&soudre. Nous avons dit que peut-£tre Ph. Mouskes, £vdque, 
avait revu ce qu'il avait r£dig6 chanoine. C'est \k une simple con- 
jecture, que ne confirment pourtant ni la correction de son texte, 
ni les habitudes de composition d'alors. En effet copier un gros livre 
sur parchemin, c'&ait faire une d£pense considerable qu'on ne r6- 
p£tait pas volontiers, et s'interdire en quelque sorte tout retour sur 
son oeuvre : la raret£ de la mattere subjective de l'£criture rendait 
les corrections difficiles pour ne pas dire impossibles, d'ailleurs on 
laissait aux pontes une licence extreme dans les details, de sorte 
qu'une fois leurs ^lucubrations transcrites sur le pr£cieux parche- 
min, ils pouvaient dire : Nescit vox missa reverti. 

Ce second volume, ainsi que le premier, contient des appendices 
k la Ghronique de Mouskes. S'il arrivait qu'on ne d£couvrlt pas un 
rapport direct et intime entre ces pieces et le texte, nous n'en serions 
pas surpris. Dans une histoire generate, il est plus difficile de faire 
sentir l'unit£ que dans la narration d'un seul fait ou d'une s&rie de 
faits homogfenes. LA tout vient converger vers un centre que les moins 
clairvoyans aper$oivent. Mais k un tableau oil les £v£nemens les plus 
divers sont accumul^s, ou comparaissent tous les peuples et tous les 
temps, il n'est pas si aise de rattacher des annexes dont la liaison 
avec l'objet principal paraisse 6vidente. Qu'importe? Ne suffit-il pas 
que les morceaux ajout£s concernent l'histoire de notre pays, qu'ils 
soient curieux en eux-m&mes, qu'ils d£veloppent ce qui n'est qu'in- 
diqu£ en passant dans l'auteur, ou qu'ils suppl6ent k son silence? 
Voici les additions que nous avons jug6es utiles : 
»Extr.iu du^romtn de 1° Extraits du roman de Godefroid de Bouillon, relatifs aux 

Godefroid de Bouil* # ' ' 

ion. croisades. 

Extr«iu d a Thymo. 2° Extraits d A Thymo, concernantces expeditions. Ces fragmens 

ne sont pas de l'histoire pure ; mais la critique qui d£daignait 

toutes les fables, est tomb£e dans le faux, par son amour m£me de 

la v6rit£. Nous l'avons remarqu£ , il y a des £poques oil les fictions 



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INTRODUCTION. 



LXXXIX 



traduisent mieux les hommes et les choses que les faits les plus 
incontestables. Si nous avons emprunt£ quelque chose d'A Thy mo, 
qui a 6t6, dans le principe , d£sign£ pour faire partie de notre col- 
lection, c'est que sa publication a 6t£ ajourn^e , et que nous avons 
adopts k son 6gard un syst&me particulier qui ne permettra pas de 
Pimprimer tout entier. 

3° Un fragment de Brusthem servira de complement k ce que Bmahem. 
nous avons public de cet auteur au premier volume. 

On s'en aper$oit, la seconde partie de Ph. Mouskes est historique, 
la premiere, h£roique et fabuleuse. C'est pour £claircir celle-ci et 
en rendre l'intelligence moins laborieuse, que nous avons r6dig6 le 
m&noire qu'on va lire et que nous avions annonc£ comme une dis- 
sertation sur Roland, parce que Roland y occupait, en effet, le 
premier plan , avant que la publication de la Chanson de Roncevaux, 
par M. Francisque Michel , vint rendre superflue une partie de 
nos recherches et nous imposer Pobligation de les sacrifier, sous 
peine de passer pour un £cho maladroit. 



DES CHANSONS DE GESTE ET DES HEROS DU CYCLE KAROLINGIEN, MENTIONNES 
PAR PH. MOUSKES, CONSIDERES PRINGIPALEMENT DANS LEUR RAPPORT 
AVEC LA BELGIQUE, 

1. MOYENS ^PIQUES. 
A. Armes enchantde$ ou impdnetrables. — Chevauw merveillenx. 

Cette fiction, dont les trouv^res ont fait un si grand usage, peut, 

Tom. II. m 



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xc INTRODUCTION. 

comme presque toutes les autres, avoir 6t6 puisne k sept sources 
sources a e ficiious poe- diflF6rentes ? savoir : 1° les id£es g£n6rales de l'humanite; 2° les 
traditions ou gagas celtiques et septentrionales, qu'il ne faut pas 
confondre , comme on Ta fait souvent , et que le christianisme a 
modifies; 3° les invasions des peuples scandinaves du VII e au 
X e stecle ; 4° l'ascendant des moeurs et de la civilisation grecque et 
romaine l ; 5° les relations de l'Europe moderne avec les Arabes et 
FOrient , avant et apr&s les croisades ; 6° la chevalerie ; 7° enfin, la 
puissance d'un g£aie heureux, capable d'imposer ses fantaisies k 
son £poque et k Tavenir. 

D'abord on ne peut nier qu'il n'y ait un foods commun k imagina- 
tion de tons les hommes, et que vouloir £tablir la g£n£alogie exacte 
de chaque pens^e , de chaque conception , ce ne soit agir comme 

1 M. Grimm a insere dans le A 9 vol. des Studien von Daub und CreuMer.p. 75 et suiv., une 
Dissertation sur I'origine de Vancienne poesie allemande et sur ses rapports avec celle du nord. 
L'auteur y montre la singuliere conformite qui existe entre le deVeloppement de la mythologie 
du nord et celui de la mythologie grecque ; les traits encore plus dtonnans des traditions de 
l'Asie et de la Grece , qui se retrouvent dans les fables septentrionales et dans les recils heroi- 
ques du moyen age. On consultera avec fruit les travaux de MM. Ruhs , Vonder Hagen, des 
freres Grimm, de Fr. Mayer, sur les Edda, le Dictionnaire de la mythologie scandinave, de 
M. Nyerup, trad, du danois en allemand, par Sander, Copenh., 1816 , la Saga-bibliotheh , de 
• P.-E. Muller, les recueils des traditions danoises, suedoises, finnoises, laponnaises, russes, 

boh&niennes, anglaises, ecossaises, irlandaises, suisses, franchises, etc., de Nyerup et 
Rehbek , Thiele , Geyer et Afzelius , Schreter, Grimm , Anton , Uanka , les recherches de 
MM. Munter, Rask, J.-G. Busching, Docen, Lachmann, Graeler, Von Reden, Schreiber, 
J.-R. Wyss, Brand, Bourne, Allan Cunningham, Crofton-Crooker, S. Lover, Roby, Ellis, 
James Dennison , H. Berthoud , Champollion-Figeac , F. Pluquet , H. Leo , etc., la Symbolique, 
de Tillustre Creuzer, traduile et refondue par M. J.-D. Guigniaut, le Geschichte des Heiden- 
thumsin nordlichen Europa , du savant Mone et l'ouvrage hollandais de M. N. Westendorp , 
sur la mythologie du Nord et son influence sur la poesie hollandaise : Vhhakdilihg ovit 
de traag : Eene beknopte voordragt van de noordsche mythologie, ontleend uit de oorspron- 
kelijke gedenkstukken , en met aanwijsing van het gebruik , dat hiervan in de Nederlandsche 
dichtkunde zou kunnen getnaakt worden? Dissertation couronnce et publiee par la societe 
litteraire dc Leyde, Nieuwe uterken, 11 deel, Dordrecht, Blusse, 1829, I, pp. 1-590, 
sans la table et V errata. — M.J. VanLennep est auteur d'un ouvrage intitule : Nederlandsche 
legsnden. 



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INTRODUCTION. xci 

eelui qui pr&endrait d^couvrir de quel individu ou de quelle nation 
nous tenons la faculty de marcher et la circulation du sang. 

L'homme est tellement n£ pour la spirituality que m£me lorsqu'il 
est incapable de la comprendre et qu'il se trouve le plus maitris£ 
par la vie animale , il accorde une sorte d'animation aux objets qu'il 
redoute ou qui le protegent; tout vit autour de lui , tout est sensible 
dans la solitude du sauvage : si sa cr&lulite est d'abord panth&ste, 
elle est du moins une protestation tacite contre le mat&rialisme. 
Mais lorsque Pid6e d'une force sup^rieure se d^gage du chaos des 
impressions physiques, il Passocie incontinent k toute ehose dont 
les effets se manifestent k lui d'une mani&re frappante. 

En second lieu, raviv6es par les nouvelles irruptions du nord, il 
est incontestable que grand nombre de nos coutumes et de nos 
croyances, remontent k celles de nos anc&res les Gaulois et les Ger- 
mains, et que, d'autre part, les Romains ont marqu£ trop profon- 
d£ment leur domination sur le monde, pour que le moyen Age ait 
pu faire complet divorce avec eux. II est d'ailleurs d6montr£ que 
m£me k P6poque de la plus 6paisse ignorance, la connaissance des 
6crivains latins 1 n'avait pas £t6 enticement etoufl&e , ni la chatne 
des traditions litteraires totalement rompue. 

L'&ablissement des Arabes en Espagne, leur invasion dans le 
midi de la France, plus tard, les relations, n6es des croisades, ap- 
port&rent en Europe une multitude de fictions, dont un certain 
nombre y subsistait d6j& et dont plusieurs m£me avaient peut-£tre, 
dans des temps tr6s-61oign6s, et6 emprunt^es encore une fois k 
POrient , cette patrie d'Odin, cette infatigable fabrique de Vespece 
humaine. 

1 II nous serait aise' d'en apporter des preuves multipliees : en voici une seule , tiree de 
Moris ende Blancefloer, v. 333 : 

Ende mense ooc te lesene setle 

In Juveoale ende in Pamflette (Pamphilus) 

Ende in Ovidio de arte amandi. 



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xch INTRODUCTION. 

Quant k la chevalerie, qui elle-m£me tirait son principe de quei- 
ques-unes des causes £nonc£es plus haut, et qui, sans avoir jamais 
£t£ k l'£tat destitution r6guli6re et uniforme, n'a pas moins com- 
munique k la civilisation moderne un caract&re particulier; en 
exaltant la profession des armes, elle a du donner k tout ce qui 
appartenait au guerrier, une consecration solennelle. Et nous si 
philosophes, nous si positifs, si impitoyables pour toute esp£ce d'il- 
lusion, ne nous promenons-nous pas avec respect au milieu des 
trophees du mus£e d'artillerie, k Paris, ne consid&rons-nous pas les 
£p£es du grand Frederic et de Napoleon , avec un tout autre senti- 
ment que I'arme la plus magnifique sortie des ateliers de Li£ge, et 
ne sommes-nous pas tenths de leur supposer une vertu particuli£re, 
je dirai presque une ame , confidente des grandes pens£es de leurs 
anciens possesseurs? 

Pour en finir, n'est-il pas vrai qu'un homme dou6 d'une haute 
capacity ay ant le don de l'invention, ou seulement l'instinct du 
caract6re et des besoins de son stecle, puisse faire adopter k toute 
une soci&£ les reveries de son imagination? Ne voyons-nous pas dans 
le moyen Age, une fable qui avait pluet dont il serait impossible de 
designer le premier auteur, se transformer sans cesse et reparaitre 
dans une foule de compositions analogues? 

Des sources que nous venons d'6num6rer, Alaquelle, demandera- 
t-on , attribuez-vous Pemploi qu'ont fait les trouv&res des armes et 
des animaux merveilleux ? 

Nous n'en excluons aucune, mais nous pensons que les lois uni- 
verse! les de Pentendement, la mythologie des Celtes et des peuples 
du Nord , de m6me que les croyances orientates modifies par le 
christianisme , surtout depuis les croisades, sont les causes les plus 
directes et les plus certaines qui aient fait adopter cette machine 
po&ique. 

Les armes merveilleusesn'appartiennent pas seulement k la po&ie 



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gne. 



INTRODUCTION. xcm 

et aux symboles religieux , elles occupent encore une place dans 
Phistoire. 

Jornand£s raconte que V6p6e de Mars , ou plut6t du dieu auquel e P c C d« M, r , 
les Scythes donnaient des attributs pareils k ceux de cette divinity 
guerri&re, 6p£e conserv^e religieusement par les chefs de cette nation 
et confine k la terre dans un temps de p£ril, fut retrouv^e par un 
patre, au temps d'Attila. L'historien des Goths dit que cette d6cou- 
verte fut regard^e par le F16au de Dieu , comme un signe de la pro- 
tection du ciel et un presage de la conqu&e du monde 1 . 

D'apr6s Ammien Marcel 1 in , les Alains r£v6raient une 6p£e nue 
fich^e en terre. Gladius barbarico ritu hurni figitur nudus 2 . 

Voici ce que raconte de Charlemagne le moinedeS t -Gall ? qui 
semble 6crire sous la dict6e d'un trouv^re : 

Les rois Normands lui avaient envoys de Tor et de Pargent , en si- ^6**** <** a.riem. 
gne de respect , et leurs epties, en signe d'ob&ssance. Charles ordonna 
qu'on fit jeter Fargent sur le pav6 du palais et qu'on ne le regardat 
qu'avec m£pris. Mais les 6p6es, il voulut les recevoir lui-m£me du 
haut de son trone. Les ambassadeurs, par convenance et pour 6viter 
tout soup^on de perfidie, presentment ces glaives k Pempereur en 
les tenant par la pointe. Charles en saisit un et voulant en courber 
la lame de la garde k Fautre extr&nite, le fer £clata dans ses mains 
puissantes. Alors un des ambassadeurs tira du fourreau sa propre 
6p£e, et la presentant k Charles avec respect, lui dit : « Seigneur, 
voici, je crois, une lame plus solide et plus flexible k la fois, et qui 
sera digne peut-^tre de votre droite invincible. » Charles prit cette 
arme, la ploya comme un jonc, de mani&re k r^unir la pointe k la 
poign^e, puis la laissa reprendre sa forme naturelle. A cette vue, les 
envoyes frapp£s d'admiration, se regardferent les uns les autres et se 

1 De rebus gothicis , cap. XXXV. M. De Chateaubriand a recueilli ce trait dans ses £tude* 
historiques , seconde partie , itude eixibme. 
* Lib. XXXI , c. 9. 



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xcit INTRODUCTION. 

dirent tout bas : « Plut au Ciel que nos princes m£prisassent ainsi 
Tor et attachassent tant de prix k une 6p£e ' ! » 

loi dcs Lombtrds. La loi des Lombards d£fendait express&nent dans les combats 
judici aires, l'usage des herbes propres aux enchantemens. <c Gomme 
» dans les combats particuliers, remarque k ce sujet Montesquieu 2 , 
)) les champions etaient arm£s de toutes pieces, et qu'avec des 
)> armes pesantes, offensives et defensives, celles d'une certaine 
» trempe et d'une certaine force, donnaient des avantages infinis, 
)> l'opinion des armes enchant£es de quelques combattans dut 
» tourner la t£te k bien des gens. De \k naquit le syst£me merveil- 
» leux de la chevalerie, etc. » 

couittmeobMrried.as Cette disposition de la loi des Lombards, £tait observ^e chez 
nous dans les tournois, au XIV e si&cle et post£rieurement. Le r£gle- 
ment d'une joute donn£e k Mons, en 1339, porte : « Premiers, quant 
» il seront dessendus ou camp, li appellant premiers quant il sera 
» venu devant le livre pour serment faire, doit oyr lire les ordon- 
» nances telles que il doit pour lui et son cheval, ainsi qu'il est 
» escript par deyers le court, et chou fait , se doit engenouiller de- 
» vant le livre et puis lui doit estre dit : « Ainsi , sire chevalier , 
» jurez par les saintes-£vangilles qui sont en ce livre escriptes et 
)) contenues et par li corps Nostre-Seigneur Jh&us-Crist dont vous 
» votes chi endroit le ymaige repr£sent&, que vous n'avez sur vous 
m ne sur vo cheval couttiel ne autre baston quelconque qui vous a 
» est6 lieutte (permis) et que vous montrez apparemment , et aussi 
» que sur vous ne avez ne arez haulx > noms propres, noms sorche- 
» ries ne autres quelconques choses qui puissent ne doivent k d£che- 
» vanche appartenir pour vo proffit et au domaige de vo adversaire; 
» et ainsi vous le jurez. » Et il doit dire que oy et baisier les sains 3 . » 

1 Monachi San-Gall. Gesta Karoli, lib. II, apud Pertz, Monum. Germ, hist., II, 763. 

2 Esprit des bis, 1. XXVIII , c. XXII. 

3 Le Polygraphe beige , octobre 1835, pp. 88, 89. 



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INTRODUCTION. xcv 

Au rapport de Vincent de Beauvais, Bohemond, prince d'An- couteauaeBoWmond. 
tioche, avait un couteau dont le manche Favertissait si les mets 
qu'on lui servait etaient empoisonn^s. 

Vers Tan 1480, Bajazet fit present au pape Clement VIII, de la L«ce ,* pare. uc6n 
lance qui ouvrit le cAU de J.-C, et qui, par consequent, devait 
etre la m£me que celle de Charlemagne , qu'on trouvera tout k 
Pheure k son rang. 

Wallenstein , dans la guerre de trente ans, Claverhouse , Sharpe 
et Dalyell , durant celle des t4tes-rondes et des cavaliers, passaient 
pour avoir une armure impenetrable \ Nous-m^mes, n'avons-nous 
pas entendu dire aux soldats de la grande arm^e , que leur chef 
etait invulnerable, non k cause de son haubert ou de sa cuirasse, 
mais par sa valeur et sa fortune. II etait invulnerable en effet, 
excepte pour le malheur ! 

Des armes prodigieuses ne pouvaient avoir ete faites que par un cro y .nces a Q Nord. 
prodige. Suivant l'Edda, la reine de toutes les fees, Frigga, la 
compagne d'Odin, avait le pouvoir d'enchanter les epees, les lances 
et les autres armes. Gette doctrine devait etre tres-ancienne chez 
ces nations , puisque nous la retrouvons , du temps de Tacite , chez 
les jEstii, peuples germaniques qui habitaient les bords de la mer 
Baltique, et qui, par consequent, etaient les ancAtres des Scandi- 
naves. « Les &stii, dit Phistorien romain, adorent la mere des 
dieux, qui a le pouvoir de proteger ses adorateurs au milieu des 
traits lances par leurs ennemis. » Cette observation est de M. Wale- 
kenaer 2 . 

Un guerrier russe appele Wisinn par Saxo le grammairien, avait 
le pouvoir d'emousser d'un regard les glaives , les lances et les traits. 
Le heros mythologique des Danois , Starcather ou Starkadr, pour 

1 Walter Scott, Chants populaires de I'&cosse, trad, par Artaud , III , 68. 

2 Lettres sur les amies de ftes attribues a Perrault et sur I'origine de la feerie , lettre XVII. 



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xc?i INTRODUCTION. 

rendre inutile cette faculty, couvrit son £p£e (Tune peau tr&s-mince 
et vainquit Wisinn l . 
Armuncrs f.meuK On doit k MM. Depping et Francisque Michel , un m£moire tres- 
vei-nd savant et plein de critique sur la fable du forgeron V£land, c£l6br6 

dans YEdda sous le nom de Voelvndr ou Vavlvndr. M, Depping 
compare cette 16gende avec celle de D&lale , qu'il regarde comme 
d&rivant de la m&me source. II aurait pu la comparer aussi avec 
celle du forgeron Chrysaor, sorti de la t&te de M&luse, 16gende 
expliqu^e par Fourmont, k Paide des langues orientales 2 . 

Les ing^nieux auteurs semblent n'avoir fait usage que des deux 
premieres parties de YEdda Scemundar. Mais la troisi&me , publico 
m. g-j. Thorkeiin avec un soin au-dessus de tout £loge, par M. G.-J. Thorkelin, con- 
tient plus encore de renseignemens sur V61and , il etablit £galement 
un parall^le entre cet artiste et D£dale, et r6unit une grande partie 
des details exposes dans la dissertation fran$aise 3 . 

V61and et Sigurd 6taient 61&ves de Mimer ou Mime \ Nagel £tait 
egalement un armurier renomm£ 5 . 

Toutes les nations du nord croyaient k Pexistence d'une esp&ce 
de nains, habitant les rochers et les montagnes, et ressemblant assez 

1 Saxonis Grammatici Histor. Danica libro VI, Sorae, 1644, in-fol. , p. 105. Edda 
Swmundar, III , 566, 572 , 587. 

2 Mint, de I'acad. des inscriptions, VII, 221-224. — Cf. G.-B. Depping ct Fr. Michel, 
Vdand le Forgeron , Dissertation sur une tradition du moyen Age , Paris , Didot , 1882 , in-8°; 
W. Grimm, Die deutsche Heldensage , Goett., 1829, 29, 147, 178, 288, 322, 823, 341 ; The 
Smith Velant (par M. Depping), dans le New monthly Magazine, Londres, 1822, in-8°, vol. IV, 
p. 527 ; De la tradition populaire sur r armurier ou forgeron Vtlant (par le m£me), t. V des 
Mem. de la SocidtS royale des antiquaires de France, Paris, 1823, p. 217. — Walter Scott 
s'est servi de la tradition de Veland dans le ChAteau de Kenilworth. 

3 Edda Swmundar hins Froda, Hauniae, t. HI, in-4°, 1828, pp. 850-860. Cf. J. Grimm, 
Deutsche Mythologie, Goettingen, 1835, in-8°, p. 221 ; F. -J. Mone, Untersuchungen %ur 
Geschichte der teutschen Heldensage, Quedlinburg, 1836 , in-8°, pp. 98-99. 

4 Mone, ibid., pp. 90-92. 

5 Mone , ibid., pp. 92-98. 



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INTRODUCTION. xcvn 

aux hommes : on les consid£rait comma habiles dans tous les arts, N.im Aif.r, D*ergar. 
surtout dans la fabrication des armes et on leur donnait le nom de 
Doeckalfar, Svartalfar ou de Dvergar. — Duergi plerumque in 
saxis (quce sponte aperiri et miraculose recludi solebanf) habi- 
tasse dicti sunt, ac arma praestantia , annulos aureos et alia 
cimelia fecisse et heroibus nolentes volentes tradidisse referuntur. 
ffinc permulke vulgares de Dvergis et Alfis narrationes et super- 
stitiosce opiniones, quce adhuc per totum septentrionem disperses 
reperiuntur l . 

La chanson de Gruillaume d 'Orange, signale Isaac de Barcelonne 
comme un armurier c£16bre; ce nom indique un juif, dont la race 
£tait volontiers accus£e de magie : 

Vint k la chambre, s'en a tr6s une broigne. 
Gele forja Ysac de Barceloigne ; 
Oocques espie n'en pot maille desrompre. 

Cette superstition, hostile aux descendans d'Israel, est, on le 
devine , moins ancienne que celle des Alfar. 

Avec des croyances si rdpandues, si populaires et qui se sont 
m£16es k des pr£jug6s, k des convictions propres k les corroborer, 
est-il difficile de s'expliquer pourquoi les chantres du moyen Age ont 
donn£ k leurs h£ros des armes extraordinaires, des armes fees, des 
armes talismanniques? lis n'ont rien invents, ils n'ont fait que 
traduire d'une fa$on plus ou moins po^tique , un article de la foi 
grossi&re de leurs contemporains. Ce moyen litt&raire une fois adopts 
il a eu force de loi et Ton n'a plus fait qu'ench&rir sur les inventions 
anciennes. 

Nous allons offrir l'indication des armes les plus fameuses dans 
les compositions ^piques du moyen Age. 

1 Edda ScBtnundar, t. Ill , Lexicon mythologicum , p. 322. 

Tom. II. 



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*cvui INTRODUCTION. 

i P *$ c^iebre*. Nous conimeiicerons par les 6p6es l . 

Almace, £p£e de Turpin. Chanson de Roland, stance cun, v. 7. 

Balisarde, £p& de Rogier, l'amant de Bradamante, dansl'Arioste. 

Balmuiig , 6p6e de Siegfried (Sigfried), de Hagen et enfin 
d'Ehriemhild , dans les Nibelungen. Edition du baron Yon der 
Hagen, Breslau, 1820, in-8°, vers 381 , 389, 843, 3833, 7153, 
7216,9334,9513,9606. 

Bapthma, £p£e de Fier-A-Bras, forg^e par Aniseax : 

III espazas li baylan li felo aversier, 
Baptuma e Gramanh, Florensa d 'An tidier, 
Ferabras ccnh Florensa a son latz senestrier. 
Fiirabra* , 6d. de H K Bhulii, ▼. 146. 

C'est cette 6p6e qu'on a appel£e autrement Bauptime ou Beautisme. 

Bitterfer, la reine des £p&s , remise k Horn , par Rimnild , dans 
un roman anglais du XIV e stecle. Elle £tait sortie des mains de 
Veland. 

Blodgang , ep£e cit6e par W. Grimm, Deutsche Heldensage, p . 243 . 

Brdhr (racine brimi, feu), 6p6e d'Odin. Edda Scemundar, III, 
309. 

Brdtnig, W. Grimm, Deutsche Heldens., 239. 

Geselring, Mone, Heldens., 90, 92 ; peut-^tre une cotte de mail les 
ou cuirasse. Voy. Nagelring. 

Golada, £p£e qui valait plus de mille marcs d'argent et que le 
Cid enleva & Raymond III, comte de Barcelonne, l'alli£ des Maures. 

Courtain, 6p£e d'Oger-le-Danois; Cortan, Cortana,dan$ le Mor- 
gante maggiore, 1,17; appel£e aussi la Cortadora. Elle fut forg£e 
par Munificans, Murificas ou Manificax. Son histoire est dans la 

1 Sur les noms donnes aux ejrees chez les Scandinaves, les Bretons et les ancient Francais , 
voir Warton, History of english poetry , ed. de R. Price, London, 1824, in-8°, t. I, p. lvii, 
note d, et notre article Durandal , dans le Dictionnaire de la conversation et de la lecture. 



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INTRODUCTION. xcix 

Chanson dOgier, par Raimbert de Paris. M. Fr. Michel la rapporte. 
Chanson de Roland, p. 222. 

Daiusleif y glaive fabriqu£ par les nains ou Dvergar, et poss£d£ 
par le h&ros Hogni. Edda Scemundar, III, 430. 

Dhuey, voy. Hamt. 

Durandax , Durendart, £p6e de Charlemagne , puis de Roland , 
fabriquee par Munificans , fr&re de Galans et de Hanisars , Dionises 
ou Aniseax. 

II faut remarquer que Durandal, dans le roman des Quatre fils 
Aymon, est le nom d'un £mir, fils de Robatre, qui semble 6tre 
d£sign£ comme roi de Jerusalem. 

J'iray au saint-s6pulcre et si le conquerr£, 
A Robatre conbattre, qui tient la royault6, 
Et a son fils ossy , Durendal l'amir£. 

J. Bhxeb.v.849. 

D'apr&s un passage du po6me ft Agolant, Durandal avait 6t6 
d'abord en la possession de Charlemagne, et c'est k Hiaumont, fils 
d' Agolant, dans lesplainesd'Aspremont, que Roland Pavait enlev^e: 

Ge est Hiamont qui fu fiz Agolant , 



II emporte Durendart la trenchant, 

Que ge oonquis soz Florivile en champ. 
Le fiz Marsille , Balafre et Baligant 
La me tollirent soz Tolose la grant, 
Puis la donn£rent au fort roi Agolant , 
Qu'en adouba ce gloton sodoiant. 



Au lieu de soz Florivile, on lit dans le Roman de Garin de Mont- 
glave, que Charlemagne conquit Durandal k Brubant. 

La Chanson des Saisnes dit de m£me que Durandal fut con- 
quise en Aspremont. 



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c INTRODUCTION. 

Dans la Spagna istoriata, Roland brise Durandal avant de rendre 
le dernier soupir. Mais le Pulci assigne une autre destin£e k cette 
6p6e, qu'il appelle encore Durindana, Durlindana. Selon ce po&te 
(ch. XXVII), au moment supreme, Roland enfon^a en terre la pointe 
de son glaive redoutable , puis , comme le fit Bayard , il en embrassa 
la poign^e, dont la garde formait une croix, la pressa contre sa poi- 
trine et expira. Le Pulci ajoute que Charlemagne etant venu sur le 
champ de bataille de Roncevaux, les restes de Roland se ranim£rent 
k sa yue et lui remirent Durandal. Cette arme &ait suspendue k la 
porte du chateau de Bource , en Turquie , du temps de Pierre B£lon 
(1555), si Ton ne r^voque pas en doute le t&noignage de cet Remain. 

Dans le roman de G&ril&ra d' Angleterre , la fee Oziris donne k ce 
paladin l'£p£e Duransarde (Fr. Michel, la Chanson de Roland, 
p. 181). — Cf. La conquests que fist le grand roy Charlemaigne 
du pays des Espaignes, avec les fails et gestes des douze pers de 
France et du grand Fier-d-Bras; et le combat fait par lui contre 
le petit Olivier y tequel le vainquit; et des trois frdres qui firent les 
neup epees dont Fier-d-Bras en avoit trois pour combattre ses en- 
nemis. Paris, s. a. Lyon, 1536, in-4°. 

Dans la garde d'or de Durandal £taient ench&ss6es des reliques : 

En I'oriet punt asex i ad reliques : 
La dent seint Peire et del sane saint Basilie , 
£ des chevels munseignor seint Denise, 
Del vestement i ad sainte Marie. 

La Chanson de Roland, p. 91. 

Durissdke, £p£e de Guillaume-Taillefer, comte d'Angoul&ne, 
forg^e par V61and. 

Ekkesahs, 6p6e £blouissante , fabriqu6e sous terre par le nain 
Alfrik , selon la Yilkinor-Scbga. 

Escaxibor, Escalidars, 6p£e d'Artus; e'est aussi celle de Richard 



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INTRODUCTION. 



ci 



de Normandie, dans les Enfances Ogier-le-Danois> par Adenez. 

Fineguerre (finisseuse de guerre), 6p£e de Gerard de Nevers , dans 
le roman de la Violette , oil on lit la longue histoire de cette arme , 
qui avait appartenu k un sultan de Bagdad (pp. 89-93). 

Floberge, Froberge, Flamberge> en italien , Frusberta , Fus- 
berta, Framberga , ouvrage de V6land. Cette 6p6e appartint au due 
B£gon, du roman de Garin le Loherenc, puis au roi pai'en An- 
th£nor , ensuite k Maugis d'Aigremont , qui la donna k son cousin 
Renaud de Montauban. 

Florence, 6p£e de Fier-A-Bras. On a quelquefois £crit Plorance. 
G.-B. Depping et Fr. Michel, Vdlandle.Forgeron,j>j>. 39, 184. 
Cette arme fut forg^e, ainsi que Gramanh, par Aniseax. 

Freise, 6p£e d'Hildebrand. W. Grimm, Deutsche Heldens., 267, 
274. 

Gleste, 6p£e d'Eckehard zu Breisach. W. Grimm, Deutsche 
Heldens., 244. 

Grajhanh, £p£e de Fier-a-Bras, dite aussi Gar bain et Graban, 
c^tait Poeuvre d' Aniseax. 

Grahr, 6p£e de Sigurd, meurtrier de Fafner. Edda Seem., Ill, 419. 

Hamt, £p£e du h£ros arabe Antar, dont le grammairien Asmai 
£crivit ou recueillit les aventures pour le calife Haroun-al-Raschid. 

Hauteclaire, Hauteclbre , AltecUre (garde brillante), en proven- 
9al Autaclara; dans un vieux po6me allemand Haltechlein; £p6e de 
Pepin, de Bu&ves , de Charlemagne et d'Olivier, beau-fr&re de Ro- 
land. En voici Thistoire, tir^e du roman de Gtirard de Vienne, 
fragment public par M. Bekker, v. 2671 et suivans : 

Quant li juls entandi la criie , 
Et la novele ke cil ont aport6e, 
Que Olivier ot brisi6e s'esp6e, 
A son ostel s'en yait san demorle. 
Une en aporte ke molt fut oner6e. 



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cii INTRODUCTION. 

Plus de G am Tot li juls gardle. 
Glosamont fat , k'iert de grant renommle , 
Li emper£re de Rome la loie. 
II la perdit el bruel soz la ramie 
En la bataille ke molt fat redo u tie, 
Lai oft l'ocist Maucon de Yalfondle. 
U chait jus , kant la teste ot cople. 
Fors de son fuere colait 1 la bone esp6e. 
L'erbe fut drue , ke desus fut yersle. 
Apris Ions tans Forent facheor* tro?6e : 
Une des faoz lor ot parmi copte. 
Kant il la went, si Font sos rele?*e. 
Si l'ont a Fapostole de Rome pr£sant6e. 
II la Tit bele et de lautres (htrts ?) dorle 
Et le poig 8 d'or dont el fu enhoudto. 
' En l'escriture ke il ait esgardle, 
Trovait escrit , c'est v€ri\b prou?6e , 
Ke Haute cleire avoit a non Fesp6e, 
Et dedans Rome fut faite el conpassle. 
Munificans Favoit fait adurto : 
Ge fut un maistres de moult grant renommle. 
Li apostoiles fist bien forbir Fesp6e : 
Enz ou tr6sor S.-Pi6re Fait gardle , 
Pepins Fan traist de France la lole ; 
Kant corone ot premieramant portle , 
Au dac Buevon la donait en sodte 
Et li dus Tot k eel jui don£e , 
Gar il en ot d'ayoir une mule trousle. 
Ainz pues n'oit nuns parler de Fespee 
Jus c'ai cele oare ke il Fait pr£sant£e 
A Oliyier, oft bien fut alole, 
Le fil Renier de G6nes. 

Havfut, Hoefud, 6p6e du dieu ou hdros Heimdallr. Edda Stem., 

111,419. 

1 Coulait. 

2 Faucheurs. 

3 PotgnSe. 



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INTRODUCTION. cm 

Hekesas, Mone, Heldensage , 90; la mfone que Ekkesahs ou 
Ekkesasz. 

Hrotte , 6p£e cit^e par W. Grimm , Deutsche Heldens., 386. 

Joyeuse, Joiouse, Jouise , latin : Gaudio&a, proven$al : Joyosa. 
Ep£e de Charlemagne et de Guillaume-au-Court-Nez , auquel Tern- 
pereur Favait donn6e en Farmant chevalier. Sa lame estoit dessus 
letrde. 

Li pont est d'or, si out ou s6el£ 
De S'-Denis et de S^Honori. 

(Agolant.) 

C^tait Fouvrage de V61and. 

Lagulf, W.Grimm, Deutsche Heldens., 239. 

Merveilleuse, ep^e de Doolin de Mayence. Elle avait 6t£ faite 
dans la forge de V£land , par un de ses apprentis. Une f&e se chargea 
de l'affiler. 

Miming, Mimung, Mimmung, Mimring,6j>6e fabriqu£e par V^land 
pour son usage , et qui passa k son fils Wittich ou Yidrik. Voy . la 
VUkina-Saga. 

Miniienc, Mynneminge, probablement la m6me que la pr£c6dente. 
M. Stone Pattribue au forgeron Mime. 

Murglies, ep£e de Gan£lon, nomm6e aussi Murgalaie dans une 
des versions du Chevalier au Cygne. 

Guines li quens 

Geint Murglies s'esple k sua eosted. 

Musagine, 6pee forg^e par Munificans, selon le roman de Fier-A- 
Bras y en prose. Voyez Sauvagine. 

Nagelring , Mone, Heldensage > p. 90; c'est peut-6tre une cotte de 
mailles plutot qu'une 6p6e. Voy. Geselring. 

Recutte, 6p£e d'Alexandre-le-Grand , de Ptol£m£e, de Judas 



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civ INTRODUCTION. 

Machabee, de Vespasien, de Cornumorant et de son fils Cordabas. 
Elle fut forg£e par Irashels, et V61and passa ensuite une ann£e k la 
tremper. Cette double operation lui valut le nom de recuite. 

R6se, 6p6edonn6e k Otnit par le roi Elberich. Mone, Otnit, 
Berlin, 1821, in-8°. 

Rosebrant, 6p£e de Seghelyn de Jerusalem. 

Sarrasine, 6p£e de Brunamont, dans la Chanson d'Oger-le- 
Danois. 

Sauvaigine , la m£me qu'on a appel^e Musagine. W. Grimm , dans 
ses Deutsche Heldensage, p. 43 , et ML Bekker, k la fin de son Edi- 
tion de Fier-&-Bras, p. 178, citentce passage, traduit des textes 
publics par M. Bekker lui-m&ne etM. Fr. Michel *. 

« Une foys furent troys fibres d'un p6re engendrez, desquelz Fun 
» avoit non Galan. Munificans fut le second et le tiers se disoit 
» Anisiax. Ces trois fr&res firent IX espies , chascun trois. Anisiax , 
» tiers nomm£, fit l'esp£e nomm£ Baptisma, qui avoit le pommeau 
» d'or bien paint , et aussy fit Plorance et Graban, lesquelles avoit 
» Fier-i-Bras, comme j'ay dit. Munificans, Pautre fr&re, fit une 
» autre esp£e , qui se disoit Durandal, laquelle Roland eut. L'autre 
» se disoit Sauvaigine et la tierce Cortan , que Ogier-le-Danois 
)) eut. Et Gallas (Vdand)^ Pautre frfere, fit celle qui se nommoit 
» Flanberge, Pautre Haulteclbre et Pautre Joyeuse, que Charle- 
» maigne avoit pour grand esp£cialit£. Et ces troys fibres nommez 
» furent les favres et ouvriers des dittes espies, » 

Screp, 6p£e du roi danois Wermund, laquelle coupait to uj ours 
par le milieu les objets qu'on lui opposait, quels qu'ils fussent. 
Saxo Grammaticu8 , Sorse, 1644, in-fol., p. 64. 

Schrttt , 6p£e de Biterolf , forg^e par Mime-le-Vieux ou Mimer, 
le mattrede V^land. W. Grimm, Deutsche Heldens., 146. 

' Der Roman von Fierabras, p. 34 ; Vkland le Forgeron, pp. 80-40, 84-85. 



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INTRODUCTION. cv 

Skoffnung, 6p£e merveilleuse qu'un pirate enleva du tombeau 
(Tun roi norw^gien. 

Tizon , £pee conquise par le Cid sur les Maures et donn6e par 
lui avec Colada , aux infans de Carion , ses gendres. 

Tyrfing, 6p6e enchantee, fabriquee par les nains, pour le roi 
Suafurlami , dans YHervarar Saga. 

Wasken, W. Grimm, Deutsche Heldens., 85. 

Welsung,^., 148, 280. 

A ces 6p£es , on peut en aj outer d'autres qui, pour n'avoir pas de 
noms particuliers, n'en 6taient pas moins fameuses; telle que celle 
de Tristan, avec laquelle il tua le Morhout d'Irlande et qui passa en 
Italie, si on en croit la chronique de Galvano Fiamma. Cette 6p£e, 
si c'est bien la m6me, fut port£e ensuite en Allemagne, d'ou elle 
tomba entre les mains du roi Jean-sans-Terre, comme nous Tap- 
prend un curieux document rapports par M. Francisque Michel, 
que j'ai k chaque instant l'occasion de citer, document dont Fori- 
ginal est conserve k la tour de Londres ! . 

L'6p6e d'Amadis avait le privilege de d6truire les enchantemens. 

Le roman du SMJr^al est tout plein d'6p6es magiques. Li c'est 
celle de David, dont Salomon, d'apr&s Favis de la reine sa femme, 
fit le fourreau et la garde, et qui 6tait destin6e k Perce val-le-Gallois; 
plus loin c'est le glaive avec lequel on d£colla saint Jean-Baptiste 
et dont la lame, qui se rapetissait dans le fourreau , devenait sai- 
gnante, tous les jours k midi. Le roi Gorgoraus la donna k Gauvain, 
pour Favoir d61ivr6 d'un g£ant. 

M. Francisque Michel n'a pas n6glig6 les passages du roman du 
Chevalier au Cygne et de Godefroid de Bouillon, relatifs au sujet »om.n da chevtiien 
qui nous arr^te en ce moment. Godefroid ceint F6p6e qui donne la 
mort k Agolant ; elle etait soeur de Durandal. Mais les vers qu'il cite 

i Tristan, Londres, 1835, in-12, 1, 50; II, 165, 167. 

Tok. II. o 



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cti INTRODUCTION. 

ne sont pas dans le manuscrit dont nous nous somraes servi , et qui 
pr&sente une le$on moins empreinte de merveilleui ; ainsi an lieu 
de ces vers : 

L'emperdre ert as astres devers soleil let ant , 

Environ lui estoient maint chevalier vaillant. 

Virent amont le Rin ud blanc oisel noant. 

El col une calne et ud batel traiant; 

Et virent en la nef j che?alier gisant, 

Dates lui son escu et s'esple trencant , 

Et un molt biel espiel qui molt par ert vaillant. 

Jo ne sai se il fu de la forge Galant ; 

Mais ains nus horn de car ne vit si rice brant. 

II y a dans notre manuscrit : 

Si com li emper£res estoit en jugement 

Oy le son d'un cor sooner sy hautement 

Que tout cil du palais s'esbahirent fourment 

Gar la sale en tombi avironn&ment. 

As fenestres s'en vont li plusour lament, 

Voient 8us la riviere qui au castiel s'estent 

Le chine et le batiel et le chevalier gent. 

A l'emperlour sont venut isni£lement: 

<( Sire , yechy miervelles, par le Dieu qui ne raent , 

Tl i a sus la riviere ung chine proprement 

Qui amaine ung batiel bien et souffissamment , 

Et ung chevalier ens de biel contenemen t.» 

L'emper£res y vint as feniestres se prent. 

Le Chevalier a Chine a v6ut proprement. 

Ge n'est pas une variante, mais une redaction totalement diffe- 
rente* Quant aux vers oil il est question d'Espaulars, nous n'avons 
rien trouv6 qui en approchat. 

L'6p6e de Frey, divinity des Scandinayes, faisait d'elle-mAme 



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INTRODUCTION. cvii 

un grand carnage, aussitfo que son possesseur le lui ordonnait. 
Frey la donna k son confident Skirner, et se trouvant sans armes, 
lorsqu'il combattit contre B61a, il le tua avec une corne de 
cerf \ 

Pour rendre moins incomplet cette esp^ce d'arsenal po£tique, 
qu'on ne jugera peut-6tre pas indigne d'attention, nous mettrons aum .rmei renom- 
sur notre inventaire : 

Le haubert d'Alexandre-le-Grand. Alexandre de Bernay en parle 
ainsi : 

Ses haubers fu forgiez en 1'isle de Durier 
Li pan sont a argent, la ventaille d'ormier, 
Li maille ne orient lance ne cop d'arbalestrier. 
Onques de sa valeur ne Tit horn si 16gier. 

Gerard de Neyers Peut en sa possession : 

Puis vesti I hauberc treslis 

Qui fu l'emperour {Vemperdour) Alis. 

Le roman de la Violette, pp. 88 , 80. 

Le haubert d'Oliyier. 

El dos li yestent un hauberc jaserant 2 

Fort et ldgier , ainz ne vi moinz peaant : 

Autre tela III en portaist un serjant. 

N'aist souz ciel arme , dart n'esple traochant 

Re l'anpiraist un denier valisant. 

Fors fut l'aubers , un mil lor ne demant. 

Rois Enlas le toli Elinant 

Par devant Troies , en la bataille grant. 

L'emper£re, le fil au roi Briant , 

Ne tuit si freire n'orent de mort garant , 

1 Mallet, YEdda, GenSve, 1787, in-12, p. 171. 

2 De mailles ou chalnettes. 



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cvm INTRODUCTION. 

Tuit furent mort, raincut et recrfant, 
Et trlbuchiet tuit li haut mandement , 
N'i remest tors ne haus murs en estant, 
Ke contre terre ne fuisent tuit gisant. 
N'en escbapait nuns deraoir6 vivant , 
Fors En6as ke Deus par amait tant, 
Ki s'an tornait o son peire fuiant , 
Si encontrait en mer en un cbalant : 
Lai se guari k loi d'ome sacbant. 
Gil Enlas ot le boin jazerant , 
Puis le perdi el bois soz Horodant , 
En la bataile k'il fist a Raboant. 
llluec l'ocist un chevalier poisant : 
Sodoiers fu de France la Yaillant , 
Et il conquist eel bauberc jaserant. 
Droit a Yiane an vint a tot errant. 
Gil Joachis Ten donait avoir grant. 
En son tr6sor ot estl longemant. 
Or l'ait don6 Olivier le yaillant 
Au gentil conte, le hardi conbattant, 
Le fil Rainier de Gdnes. 

J Bun , Girard de Vie***, ?. 8086 et sniv. 

Le haubert de Charlemagne : 

II vist l'auberc qui f u roi Macabre , 
Que il conquist desoz Tolose el pr& 
Tot iert la maille de fin acier trempl , 
Qu'ele ne client dart ne branc acerl. 
Trestuit li pan en sunt sorargent6. 

(Agolant.) 

Ces vers ont 6t6 cites d6j& dans les notes du premier volume. 
La cotte b'armes donn6e par la reine Gen&vre, Spouse d'Artus, k 
Alexandre, fils de Pempereur de Constantinople, cotte d'armes qui 

Es costures n'avoit un fil 



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INTRODUCTION. cix 

Ne fust d'or ou d'argent al mains '. 
As codre avoit mises ses mains. 

Somr d? amour, c'est le nom de la maitresse du jeune grec, avait 
mis de ses cheveux dans la broderie, raffinement plein de gr&ce et 
de passion (Roman de Cligds, par Chrestien de Troyes). 

Le cor du Chevalier au Cygne. 

Fol. 35. Son p6re va baissier tenrement en plorant 

Et sa mire ensement qui le cuer ot dolant. 
Ses fibres et sa seur va H£lyas baisant, 
Porter fist au batiel son haubiert jaserant , 
Toutes ses armlures et son escut luisant 
D'argent k le erois d'or , ehe dient li romant l ; 
Et quant li roys vit $ou son fil va appiellant, 
« Biaus fieux, che dist li roys c'on nommoit Oriant, 
Je vous donne ce cor oA de bontS a tant. 
Horns qui le sonnera hautement en oiant 
Ne puet avoir anoy, ne damage pesant, 
Je prie k Jh6su-Gris, le p6re roy amant, 
Que revenir vos laist sain et sauf et vivant 
Et donner boin encontre et cuer liet et joiant. » 

Le cor de Roland, assez semblable k celui qu'Astolphe ayait re$u 
de Logistille et que le fils de Milon ayait eu en don de son oncle 
Charlemagne , qui Pavait conquis en Saxe, suivant un ancien roman 3 . 

Le cor que Pintr^pide chevalier Yvains trouva dans le chateau de 
Brand iganz, instrument qui donnait k celui qui pouvait le faire 
sonner, honneur et richesse. 

Le cor donn£ par Gerard de Vienne k son neveu Olivier (Extrait 
de M. J. Bekker, v. 2148-49). 

1 Au moins. 

2 Si on prend ce vers k la lettre , l'auteur s'autorise de chroniques ou de chansons de geste 
en langue vulgaire. 

3 De Renaut et de sesfreres, cite dans le Glossaire de la Chanson de Roland , p. 212. 



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ex INTRODUCTION. 

Celui d'Haveloc-le-Danois, dont nul ne pouvait tirer de son, s'il 
ne descendait du roi Gunter (Le lai cFHaveloc, public par M. Fran- 
cisque Michel). 

La lance de Charlemagne, qui avait servi k percer le c6t£ du 
Christ, et que Hugues, roi de France, envoy a k Aihelstan, roi 
d'Angleterre (Willelmus Malmesburiensis, Be gestis regum an- 
glorum, lib. II, apud Savile, Rerum anglicarum scriptores, p. 51 ; 
Fr. Michel, la Chanson de Roland, p. 193). 

La lance de Roland, que les habitans de Pavie pr6tendent recon- 
naltre dans une esp6ce d'aviron garni de fer, suspendu aux voutes 
de leur cath^drale (Valery, Voyage histor. et UtUraire en Italie, 
Bruxelles, Haumann, 1835, p. 70). 

La lance sanglante et le divin taillant du Roi F6cheur, dans le 
roman de Perceval le Gallois, par Chrestien de Troyes (Hist. litt. 
de la France, XV, 249). 

La lance de silex, du g£ant Rugner, laquelle, bris£e par le dieu 
Thor, vola en 6clats et donna naissance k toutes les pierres k aiguiser 
qu'on trouve dans le monde (Mallet, p. 257). 

Gungnir, lance d'Odin (Edda Scemundar, 111,407.) 

La lance d'Argail, fr6re d'Ang^lique, dansle Boiardo, laquelle 
ren verse tout cequ'elle touche. 

Le casque agishialhr ou le heaume (helm) terrible , en anglo- 
saxon Egisgrima, poss6d£ par Fafner, qui fut transform^ en dracon. 
Edda Scemundar, III , 99 1 . 

Le casque de Siegfried, qui rendait invisible et ajoutait k la force 
de celui qui le portait celle de douze homines. 

Blank , casque de Vidrik , fils de V^land , et Skrepping, son bou- 
clier. 

Hildegreh ou Hiltegrim , casque de Dieterich von Berne dans 
les Nihelungen; e'etait 6galement le casque d'Otnit, dont M. Mone 
a public Phistoire po6tique. 



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INTRODUCTION. cxi 

StJLLTUR ou Sulltr, couteau de Hel, d^esse de la mort. Ibid., 423. 
Le sens de ce mot est faim,jeiine mortel. 

Svalin, le bouclier du soleil , ibid., 740. 

Pr£cietjse , Penseigne de Baligant, port^e par Amboires d'Oluferne. 
Chanson de Roland, pp. 128, 134, etc. 

Enfin la massue si fatale aux g£ans , le baudrier et les gants de 
feu du dieu Thor, fils d'Odin (Mallet, YEdda, pp. 125-126) ; sans 
parler de 1'armet de Mambrin, k qui Don Quichotte a valu tant de 
c616brit6. 

Si une bonne armure r6veillait, dans ces ages guerriers, des id£es couriers mcrvemeux. 
de magie, si P6p6e du preux chevalier semblait prendre rang parmi 
les £tres animus, son destrier 6tait pour lui un ami fid&le, avec 
lequel il s'identifiait et qui partageait sa gloire et sa renomm^e. La 
mythologie des anciens, comme celle des modernes, attribuait aux 
coursiers des h&ros et des dieux, une origine divine et inscrivait 
leurs noms k c6t6 de ceux de leurs maitres. Hom&re, faisant P£nu- 
m6ration de l'armto des Grecs, ne demande-t-il pas k sa muse de 
lui dire qui fut le plus vaillant, soit des hommes, soit des coursiers, 
et parmi ces derniers, ne met-il pas au premier rang les cavales 
d'Eumile, fils de Ph£r&s, elles qu'Apollon avait fait pattre sur les 
montagnes de Pi6rie?Les coursiers d'Achille 6taient immortels, et 
Neptune en avait fait don k P616e. Dou6s d'une intelligence mer- 
veilleuse, on les voit se livrer k la douleur k la mort de Patrocle; 
Jupiter m£me a pitte de leurs larmes. Le coursier de Laom&lon, 
ceux de Castor, de Pluton, de Mars et de Rhesus, Avion, cheval 
d'Adraste, n6 de Neptune et d'une des furies, les cavales que 
Diom&de nourrissait de chair humaine , qui vomissaient des 
flammes par les naseaux, et dont Penlfrvement fut un des douze 
travaux d'Hercule ; Podarge, coursier de M6n61as ; Oete, jument 
d' Agamemnon; les quatre chevaux du soleil, Eoiis, Pyrots, Atiton 
et Phligon; Pdgase, monture classique de quiconque croit sentir 



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cxn INTRODUCTION. 

F influence secrete, et qui fut celle de Bell6rophon et de Persfe; le 
cheval de bois, cause de la guerre de Troie; </Ethon, cheval de 
Pallas , et non moins sensible que ceux d'Achille : voili oertes des 
noms po&iques qui proyoquent d'int&ressans souvenirs , de nobles 
et grandes images. 

Le cheval figure aussi dans les traditions du christianisme : voyez 
dans P Apocalypse, le p&le coursier de Fange de la mort ! La l£gende 
n'a-t-elle pas saint Georges , dont la bonne grace comme cavalier est 
devenue proverbiale? N'a-t-elle pas saint Martin , qui est toujours 
represents k cheval ? 

L'histoire elle-m£me ne s'est-elle pas inqui6t£e du Bucdphale 
d' Alexandre, de YIncitatus de Caligula , et du cheval de C&ar, avec 
les pieds fendus en doigts l ? 

Et les romans de Charlemagne, de la Table ronde, etc.; quelle 
piquante association d'intr£pides paladins, de palefrois c61&bres? 
Comme dans Hom&re, les preux du moyen Age, apostrophaient leurs 
chevaux : B&gues de B&in , se trouvant dans une complete solitude, 
s'adresse ainsi au sien : 

« Bauceiil , dit-il , je tos doi moat amer; 

De maint besoing av6s mon cors gard6; 

Se je 6usse ne ayainne ne bl6 

Le tou8 donaisse volontiers et de gr6. 

Se je repaire, bien iert (iere) gueredonl. w 

Dans la Bataille cFAleschans , branche du roman de Guillaume- 
au-Court-Nez, Guillaume, poursuivi long-temps par le§ Sarrasins, 
et voyant son cheval harass^ , s'exprime en ces termes : 

«Chevax, dist-il, mout es ores lasses. 

1 Le Dimanche, I, 26-28, notre article cheval, dans le Diet, de la conversation et de la 
lecture, XIV, 11-18. 



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INTRODUCTION. cxm 

Se vos fussi6s quatre jors s&jornls, 
Me refuisse a Sarrasins melius. 
Mas je voi bien, aidier ne me povez; 
Si m'ait Dex, ja tenci£s n'en serez, 
Gar tote jor mout bien servi m'avez. 
De yos servise vos rent mercis et gr6. 
Se me poviez en Orenge mener, 
PTaveriez selle devant trois mois passes ; 
Ne mangeriez d'orge ne fust cotes , 
Ne blussiez s'a vaissel non dor6, 
Le jor fussiez quatre fois conrei£s. » 
Baucent l'o'it , s'a henni tant assez ; 
La teste crosle , si a des pi6s gratis , 
Reprent sa ?oie , si est ravigor6s '. 

C'est ainsi que, dans VEdda, Skirner apostrophe le coursier que 
lui a donn£ Freyr : 

Myrct er Tti elc. 2 . 

Qui n'aime k se rappeler le Passebreul de Tristan le L&mnois , 
le noir Rabican, aussi redoutable par ses morsures que par ses 
ruades, et qui portait tantot Roger, tantot Astolfe; cet hippogriffe 
que FArioste fait p£n6trer dans la lune ; E s tonne } cette jument qui 
attira de si singuli&res aventures k Percefor&t? Le cheval de fust de 
Croppart , roi de Hongrie , dans le roman de C16omades , merveil- 
leuse machine, pareille en tout au Chevillard, du haut duquel le 
bon Sancho apercevait la terre comme un grain de moutarde , et 
les honflmes comme des noisettes? Le cheval de bois sur lequel Pierre 
de Provence enleva la belle Maguelonne? Pacolet, qui 6tait aussi de 
bois , et sur lequel Valentin , neveu du roi Pepin , voyageait par les 
airs , Pacolet, dont le nom parait k MM. Eloi Johanneau et Esman- 



1 P. Paris, Garin le Loherain , II, 230-31. 
1 Edda Swmundar, I, 73. 

Tom. H. 



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cxiy INTRODUCTION. 

gart , un diminutif de Pdgase , ce que nous n'avons pas le bonheur 
de saisir ? Le cheval Mallet, cher aux antiquaires celtes, la mule sans 
frein de la pucelle d^connue, pour qui combattit Gauvain, la jument 
de Gargantua , grande comme six oriflans , et la plupart des cour- 
siers dont nous allons dresser une lisle pareille k celle des £p£es 
fameuses? A Parsenal romanesque, succ£dera une sorte de haras 
po&ique : 

Abjer, cheval d'Antar, dans le roman arabe d6j& cite. 

Alsvidr, Alsvi&urr (qui brule tout), un des chevaux du soleil. 
Edda Scemundar, III , 282. 

Aryakr (matinal), un des chevaux du Soleil. /&., 284. 

Babieca, coursier du Cid, dont le nom n'est gu&re moins c616bre 
en Espagne que celui du Cid lui-m^me. 

Bayard; nous avons d6j& parl6 avec assez d'etendue de ce destrier, 
celui de tous les chevaux de cette esp6ce dont Phistoire est la mieux 
connue, et pour la conqu&e duquel, selon le Boiardo, Pempereur 
Gradasse leva une arm£e de 150,000 hommes. Le roman des Quatre 
fils Aymon , ins£r£ dans la Biblioth6que bleue , raconte que Char- 
lemagne 6tant un jour k Ltege, sur le Pont-de-Meuse , il se fit 
amener Bayard , le bon cheval de Renaud, et lui dit : « Ah ! Bayard , 
tu m'as bien des fois courrouc£ , mais je suis venu k bout de me 
venger. » Alors il lui fit lier une pierre au cou, et commanda de le 
jeter par-dessus le pont dans la Meuse. Bayard alia au fond. Quand 
Charlemagne vit cela , il en eut grande joie et dit : a J'ai tout ce 
que j'ai demands ; enfin le voili mort ! )) Mais Bayard travailla si 
bien des quatre pieds, qu'il r6ussit k rompre ses liens; il revint 
done au-dessus de Peau et passa k la nage de Pautre cot6 de la ri- 
viere. Des qu'il fut k bord , il se mit k hennir avec force, puis il prit 
sa course avec tant de rapidity qu'il semblait que la foudre le pous- 
sat. Si Charlemagne s'irrita de le savoir 6chapp£, tous ses barons, 
au contraire , en furent satisfaits. Le peuple a cru long-temps que 



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INTRODUCTION. 



CXT 



Bayard 6tait toujours vivant dans la for6t des Ardennes, mais qu'A la 
vued'un homme ou d'une femme, il fuyait sans se laisser approcher. 

Le comte Henri de Nassau 6tait venu assteger M6zi6res, ou le che- 
valier Bayard se jeta. Le comte croyant emporter par ses menaces 
cette place qui ne valait rien alors, envoya un trompette k ceux de 
la ville, pour qu'ils eussent k se rendre. Mais Bayard lui fit rgpondre 
qu'il n'en sortirait que sur le ventre de ses ennemis, et que d'ailleurs 
un Bayard de France ne craignait point un Roussin d'AUemagne. 
Brant6me, OEuvres completes , Paris, 1824, 1, 158. 

Le troubadour Bertrand de Born a dit : 

Si que y poirai lansar al malh, 

Venrai armat sobre Bayart. 

Raykotjaud , Choix des poisies orig. des troubadours , 
IV, 142-43 

Beiffror, d'Oger le Danois, dans FExtrait de Tressan, VIII, 93. 

Belche, W. Grimm, Deutsche Held., 127 , cheval de Dietleib. 

Benig, ibid., 256, cheval d'llsan. 

Blanks , W. Grimm , Deutsche Heldensage, 209. 

Blodughofi (qui a le sabot sanglant), cheval de Freyr. Edda 
Scemundar, 111,363, 1 053. 

Bride-d'or, cheval de Roland , dans FArioste. 

Broiefort, cheval de Brunamont d^gypte , conquis par Oger-le- 
Danois. Voy. notre premier volume, p. 477. 

Corvigarus, nom du cheval dans le Reinardus vulpes. 

Entencenmjr, cheval de Charlemagne. Chanson de Roland, p. 1 16. 

EsTONNE,jumentdePercefor6t. Ph. Mouskes, v. 21962. 

Fal-hofner , un des chevaux des Aesir ou dieux. Edda Scemundar, 
1,54. 

Falke (faucon), cheval de Dieterich von Berne , dans les Nibe- 



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mvi INTRODUCTION. 

Flow, <TOger-le-Danois , dans le roman de Gerard de Vienne. 
Extrait de M. Bekker, v. 831 : 

Si ait Ogier choisi, 

Re lineman t venoit de sor Flori. 

Gardrfa, Gardrofa, jument,m&redu cheval Hofvarpnir. 

G£defer, c'est ainsi que Le Grand D'Aussy nomme le cheval de 
Graelant (FabL> in-8°, 1, 127), mais au lieu de lire ses destriers , il 
a lu Gedefer, faute qui se trouve dans la copie de S te -Palaye. M. De 
Roquefort Pa relev^e , Not. et extr. des MSS., IX, 2 e p., p. 6, n. 1 . 

Gisl (rayon), un des chevaux de main des Aesir. Edda Scemundar, 
ffl, 396. 

Glabr (clair, serein , joyeux) , un des chevaux du Jour. Ibid. y 
ffl, 704. 

Gloer , Gloerr , Gler (clair, transparent), le troisi&me des che- 
vaux de main des Aesir. Edda Scemundar, III, 398. 

Glorifier, cheval de Seghelyn van Jerusalem, dans le po&me 
flamand de ce nom. 

Grahdiund , cheval du sarrasin Yaldabrun , dans la Chanson de 
Roland , p. 61. 

D'altre part est un palen Valdabrun , 
Siet el cheval qu'il cleiraet Gramimund. 

Grane, Gram, coursier de Sigurd, meurtrier de Fafner. Edda 
Scemundar, II , 644. W. Grimm , Deutsche Heldens., 84. 

Gringolette, cheval de JValewein, dans le roman beige qui porte 
ce nom. Huydecoper, sur Melis Stoke , III, 221 , 232. 

Grivet , cheval de Froissart. 

Gullfaxi (crini&re doree), cheval du g£ant Hrungnir ou Hrugnir. 
Edda Scemundar, III , 445. 



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INTRODUCTION. cxvh 

Gulltoppr (crini&re dor6e), le neuvteme des chevaux des Aesir, 
£num6r6s dans le Grimnis-Mdl, strophe 30. 

Gyllir , un des chevaux des Aesir. Ibid., I, 54. 

Hajkskerpir, p6re du cheval Hofvarpnir. Ibid., Ill, 810. 

Hofvarpnir (ungulasjactans), cheval de Gna, messag&re de Freya. 
Edda Scemundar, III, 810. 

Hrimfaxi (qui porte une crintere couverte de frimas ou de ros£e), 
cheval de la Nuit. Edda Scemundar, III, 441, Mallet, Edda, 
p. 90; Schayes, Les Pays-Bas avant et durant la domination 
romaine, 1,289. 

Lettfeti, un des chevaux des Aesir, Edda Scemundar, 1 , 54. 

Loewe ou Lewe (Hon), cheval d'Hildebrand , Dieterichs Bracken- 
kaempfe. 

Miserion, le bon destrier de Gilles de Chin. Voy. sa Chronique 
publtee par M. R. Ch&lon, p. 101. Ce m&me destrier est appel6 
Miserin, k la page 96. 

Moriel, nom g6n&rique des chevaux de couleur fonc^e, de couleur 
de more. Voici, k ce sujet, une historiette assez jolie. Elle est tir6e 
d'une chronique vulgaire des croisades. — Saladin avait entendu 
vanter la charity des Hospitaliers d'Acre : on lui avait dit qu'ils ne 
refusaient aux malades rien de ce qu'ils pouvaient leur donner. 
Voulant s'en assurer, il se d£guisa et vint se presenter k eux comme 
un pauvre souffreteux. On Paccueillit avec bont6 et on lui offrit k 
manger. « Ainsi geuna Saleh II jors et II nuis sans boire et sans man- 
» gier. Et li maistres revint &li et li dist : « Amis, il vousconvient 
» prendre aucune cose pour vostre soustenance , car nous serious 
v trop blasm£s, se vous chaiens mortes par d6faute. » — cc Sire, dit 
» Saleh , je croi que je ne mangerai jamais en ma vie se je n'ai d'une 
» cose que je desire k mort, et bien sai que je n'el averoie mie, car ce 
» seroit foursenerie k demander et k vouloir. » — a Ha ! biaus fr6re, 
» ne dout£s mie k requere, car li hospitaus de chaiens est de si tr&s 



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cxvm INTRODUCTION. 

» grant carit£, k'onques nus malades n'i fall k son desir, si on le 
» pot avoir por or ou por argent. Et demands hardiment, car n'i 
» saur£s mie. » — Quant Saleh oi li maistre si aflremer, si dist qu'il 
» demanderoit. — a Je demande, dist-il, le piet diestre de devant 
» de Moriel, le boin cheval le grant maistre de chaiens, et voel que 
» je le voie coper devant moi presentement, u se $ou non, jamais 
)> je ne mangerai; or av£s 01, dist Saleh, mon d&irier; mais, por 
)> Dieu, vous proi que vos n'i fasci£s force , et mius vaut que je 
)> muire , ki suis uns povres horns , que cele bieste muire ki tant 
» vaut; car on dist pour voir que li grant maistres n'en prendroit 
» mie mil besans d'or. » — Le grand-maitre instruit de ce d£sir, 
r£fl£chit un peu et r£pondit : « Prend£s mon cheval et li assouagtes 
» son d&sir ; car mius vaut que mes chevaux muire que uns horns , 
» et d'autre part il nous seroit reprouv6 k toujours. » Mais au mo- 
ment oil l'on allait trancher le pied de Moriel, Saladin se declare 
satisfait; il se retire sans se faire connaitre, retourne dans sa capi- 
tale et fait k Ph6pital d'Acre un don de mille besans d'or. Michaud , 
Bibliotheque des Croisades, III, 341-43. 

Passelande (autrement Passebkeul), cheval de Tristan, dans le 
roman de ce nom, public par M. Francisque Michel , I, 168 : 

Li rois moDta sot Pa***lande. 

Phl£gon, cheval parlant de Statins , dans le troisi&me dialogue du 
Cymhalum mundi : c'est un emprunt k la litterature classique. 

R abic an, cheval de Roger et de Richardet. 

Rispa, W. Grimm , Deutsche Held., 243, cheval de Dieterich ou 
Thidrek von Berne , dans la Vilkina Saga. 

Roitoel, coursier de Bueves d'Antone. 

Rusche , W. Grimm, Deutsche Heldens., 144 ; cheval d'Eckehart, 
fils de Hache. 



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INTRODUCTION. cxix 

Salt-perdut, cheval de Malquiant. Chanson de Roland , p. 62 : 

D'Affrike i aun affrican ?enut 

£o est Malquiant, le filz al rei Malcad ; 



Siet el ceval qu'il cleimet Salt-perdut. 



Scheming ou Skimming, cheval de Vidrik, fils de V61and. 

Silfrin-toppr , un des chevaux des Aesir, Edda Scemundar, 
1,54. 

Skeidbrdur , ScEEDBRram (skeid , course, brimi, brimir, feu). Uji 
des coursiers des dieux scandinaves. Edda Scemundar, III, 702. 

Skinfaxi {skin, splendeur; fax, crini&re), cheval du Jour. Edda 
Scemundar >, III, 704; Mallet, Edda, p. 90/ 

Sleipner, Sleipnir, le meilleur et le plus grand des chevaux, celui 
d'Odin, n6 du d£mon Locke et de Svadilfari. Ibid., Ill, 645, 708, 
711; Mallet, Edda, 111, 182. 

Svadilfari , cheval d'un ouvrier c£16bre, qui construisit pour les 
dieux un rempart contre les g^ans. Ibid., Ill, 708. 

Tachebrun, cheval du trattre Gan&on. Chanson de Roland, p. 14. 

Valglauma (cheval belliqueux, de voir, carnage , ou plutot cheval 
celeste, de valr, sphere, et glaumr, qui r^sonne, sonipes). C'est 
probablement le m&me que Sleipner. 

VlELLANTIN, VlELANTI, VlELLANTU , VlOSANTI , VlOUSANTI, LE VIEL 

Anti , c'est ainsi que Ph. Mouskes appelle le cheval de Roland , 
v. 4493, 5829, 7885, 7953 et 8042. Or, dans ce nom, il est Evident 
que Ph. Mouskes a voulu faire entrer un adjectif qui indique un 
Age avanc6, viel, vios, vious. Quant k la seconde partie du mot, 
nous avons pens£, t. I cr , p. 621 , qu'elle pouvait £tre destin£e k 
exprimer la haute taille du quadrup&de. Dans la Chanson de Roland, 
p. 45, 79, 82, 84, son destrier est appele Viellantif, dont on a 
fait Vaillantin, forme qui se rapproche du VieUantin de Philippe 



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cxx INTRODUCTION. 

Mouskes et du Roman de Roncevaux : 

Sor FUllantin k la crope triul£e 
Sailli li cuens sans nolle demoree. 

Fi. Hicmit, Introd. k la Chanson d§ Roland, p. xx. 

En expliquant anti par ancien, nous avions craint un pl&masme 
qui se retrouverait dans plus d'un passage : le roman de Rou , oifre , 
entre autres, celui-ci, I, 136 : 

Rioof ki fu visit et anti. 

Et celui de Jourdain de Blaye {Chanson de Roland, p. xxxi) : 

Oiez, seignor, qae Dex vos Wn4ie, 

Bonne chanson qui est veille et antie 

Dans Aucassin et Nicolette: 

Qui vauroit beaus vers oir 
Del deport v%4* et antif. 

M. P. Paris , sur ce vers du Gavin, 1 , 99 : 

S'ourent chevaus , grans et fort et anti*. 

traduit antis par de bonne grdce , mais au t. II, p. 161 , par 4lev4, 
droit, et rejette Popinion de M. Raynouard, qui tire le mot (Tanti- 
quus ; Journal des savans, f&vrier 1834. Or voici un autre vers de 
Garin, I, 195 : 

El pinel entrent dedans un val antif. 

Certes ici, puisqu'il s'agit d'un vallon , antif ne peut signifier droit, 
6lev6, k moins que ce mot ne s'applique 6galement a la profondeur, 
comme altus, En derni&re analyse , le sens d'anti parait pouvoir £tre 
grand, £lev6, profond, considerable, et par extension, int&ressant. 



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INTRODUCTION. cxxi 

Ce sont bien Ik les &£mens du nom, tel que l'&rit Ph. Mouskes; 
mais , dira-t-on , singuli&re quality pour un cheval , que la v ieillesse , 
k moins qu'elle ne soit une marque d'immortalit£! La derni&re forme 
(le viel Anti) semble bien s'expliquer par V antique giant. 

Vingskornir (qui fend Fair avec ses ailes), cheval de la Valkyrie 
Brynhild. Edda Scemundar, III, 830. 

II est beaucoup d'autres animaux c£l&bres dans la fable et dans Am™ «nim.ut ca*- 

brcs. 

Phistoire , tels que les loups Fenri , Hati et Hrodvitnir, le lion du 
chevalier Yvain, dans un roman de Ghrestien de Troyes, etc. Mais il 
n'y a gu6re que le chien qui , par sa fid£lit£ et ses rapports constans 
avec Fhomme, ait le droit de le disputer au cheval. Aussi Ton a 
gard£ m&noire du chien Louvet de Robert-le-Diable, de Brochart, 
limier de B6gues de B&in , du chien Geri de VEdda et de Vlieger, 
16vrier favori de Jean I er , due de Brabant, qui le prit pour compa- 
gnon, lorsqu'il alia d^fendre k Paris Phonneur de sa soeur Marie, 
calomni6e par Pierre De la Brosse. 

B. Geans. 

Presque toutes les mythologies ont leurs g£ans l ; presque toutes Aff»ihii. W mcnt P r^n- 
admettent Pexistence d'une race rebelle, compos£e d'^tres dou£s mainc - 
d'une organisation surnaturelle. C'est ensuite une opinion vulgaire 
que le genre humain s'est d£grad£ avec le temps, au physique et au 
moral , et Horace lui-m&ne, le philosophe Horace, a rev&u ce pr6- 
jug£ de toute sa po^sie 2 . 

1 Le Roux de Lincy, le Litre dee legendes, I, 151 et suiv.; W. Grimm, Deutsche Helden- 
soge, 138 , 250, 288, 303 , 389-91. 

2 JEtas pare n turn , pejor avis , tulit 

Nos nequiores , mox daturos 
Progentem vifiosiorem. 

Lib. Ill, od. 6. 

pensee dejk employee par Aratus : 

Tom. II. q 



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cxxn INTRODUCTION. 

Un ancien auteur norw£gien , le moine Theodore , s'appuie d'un 
passage de Pline l'ancien, pour avancer que la tattle des hommes 
diminue par la suite des si&cles l . Cette croyance lui con venait mieux 
qu'au courtisan d'Auguste, dont l'av£nement ne devait pas £tre au 
moins consid£r£ par son po&te comme une decadence, en compa- 
raison du pass£. 

Les fables scandinaves ne sont pleines que de g6ans, Jotnar ou 
Jettes , descendus d'Ymir, Ymer ou Imir % ie chaos des Septen- 

O/ijv xpfoeot TctTtpq yeveijv iXimvro , 
Xetporipw , u/£t7« <ft Kax&repct Tefciete. 

et qui est famili&re a Homere. Voy. A. Du Verdier , Le* diverse* lemons, Tournon , 1616 , in-8 # , 
pp. 514-821 ; Mem. sur les geants, par Fabbe* Tilladet , dans le Recueil de Facad. des inscrip., 
1, 125-129. L'auteur se tait sur les fables du moyen age. 

J Commentarii historici duo , editi ab.... B. C. Kirchmanno. Amstelod., 1684, I, $5. 

Le chapitre traite en grande partie de corporum humanorum diminutione. Voici le passage de 
Pline ; il est tire du ch. 16 du VII 4 livre : In plenum cuncto mortaltum generi minorem (sta- 
turam) in dies fieri propetnodum observaiur; rarosque patribu* proceriores , coneumente uber- 
tatem setninutn exustione , in cujus vires nunc vergat awum. — On a fait grand bruit , au 
commencement du XVI 1° siecle , de la decouverte d'ossemens gigantesques trouves , disait-on, 
dans un tombeau, et que Ton attribua au geant Teutobochus, roi des Cimbres. L'imposture 
alia jusqu'a donner Finscription de ce tombeau , portant le nom de Teutobochus rex; ce men- 
songe fut exploite par un certain Mazurier , ainsi que par le chirurgien Nicolas Habicot , 
et souleva dc grandes discussions entre les anatomistes et les medecins de cette e'poque. 

Louis XIII voulut voir les ossemens et les pierres du tombeau ; raais celles-ci ne parent 
pas etre produites non plus que Finscription originate. M. Blainville avait deja eu Foccasion 
d'entretenir Facademie de ce pretendu squelette humain , a propos d'ossemens fossiles trouves 
dans un grenier, a Bordeaux , par M. Jouannet. Ce savant a mis, en mai 1837, sous les yeux 
de ses collegues , les veritable* pieces du proces; elles appartiennent a M. le comte de Saint- 
Fereol , heritier de la famille de Langon. C est en effet du chateau de Langon que Mazurier avait 
extrait les ossemens fossiles a Faide desquels il abusa de la credulite publique. lis consistent 
maintenant en deux portions d'os assez gros , provenant Fune d*un humerus , Fautre d'un 
bassin de mastodonte , plus , une dent , ayant appartenu a une grande espece de rhinoceros. 

2 Edda Scemundar, HI, 870 et suiv. Cf. Westendorp, Over het Gebruik der Noordsche 
Mythologie, p. 184 et suiv.; Saint-Marc Girardin, Notices politique* et litt. *ur I 'Allemagne , 
Bruxelles, Hauman, 1836; De* ancien* po&me* tpique* de* Germain*, I, 105-144; J .-J. Am- 
pere, Literature et voyage*, Brux., Hauman, 1834; Specimen de VEdda et de* Saga*, II, 
141-214. 



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INTRODUCTION. 



CXXIII 



trionaux , tels que 



Allvaldi, 


Gymir, 


Hrossfcjofr, 


G^aocdel'Edda. 


Bergbui, 


Hafli, 


Hrymr, 




Bergdanir, 


Hallfilvingr, 


Hvedrungr, 




Bergelmir, 


Hati, 


Hymir, 




Farbauti , 


Heidr, 


Idi, 




Fjalar, 


Htebardr, 


Svarangr, 




Fjofrar, 


Hraunhvalir, 


Suttungr, 




Fornjotr, 


Hriragrimnir, 


Sockmimir, 




Gangr, 


Hrimnir, 


Vafprudnir, etc. 




Gellingr, 


Hrimf>ursar, 







Les Anglo-Saxons, nous Favons yu ', appelaient entas, enten , 
les g£ans que les Allemands appellent riesen, les Flamands reusen 
et reuzen. Goropius Becanus , qui fait deriver toutes les langues du 
flamand, est intimement convaincu que le mot rees ou vies a donn£ 
naissance k celui de cupressus y qui n'est k ses yeux qu'une transfor- 
mation de coperys ou coprees, c'est-A-dire un arbre qui dresse sa 
t^te vers le ciel, un arbre 61ev£. Quant k Rh£sus, il regarde comme 
6gar6s par un ent&ement barbare , ceux qui ne veulent pas convenir 
que ce roi de Thrace tirait son nom de rets ou ries. Rhcesi nomen 
nullam amplius relinquit dubitationem > nisi quis velit obstinata et 
barbarica pervicacia etiam Us adversari quce luce ipsa sunt cla- 
riora 2 . Rhesus n'6tait qu'un sobriquet du k une taille colossale. 
Mais laissons Goropius Becanus et ses Etymologies. 

M. Schayes^tablit que la religion des Germano-Belges % quant au M . 
dogme, £tait la m6me que celle des Scandinaves, ce qu'il prouve 



A. G. B. Schayes. 



1 T. I", p. 621. Cf. Mone , Anzeiger, 18S6, 1-5. 
1 Gor6pii Becani Hieroglyphic** , p. 104; Fnmcica, p. 11. 

8 Expression plus exacte pour la forme et pour le sens que celle de Btlgo-Germains , em- 
ployee dans Tlntroduction du 1" volume. 



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cxxiv INTRODUCTION. 

par la comparaison de FEdda avec les codes des peuples germains, 
les capitulaires des rois francs , les canons des conciles tenus dans 
les contr^es occupies par des Germains, et avec quelques chroni- 
queurs du moyen Age ! . 

Les Beiges d'origine celtique admettaient vraisemblablement 
aussi des g£ans, eux qui aimaient les monumens gigantesques. II 
n'est done pas £tonnant de les retrouver dans les anciennes fables 
franciques et bretonnes. Mais, cette fois encore, POrientest venu 
m61er ses fictions k celles du Nord. Les g6ans Gog et Magog % puis£s 
peut-6tre dans la Bible , et si souvent mentionn£s chez les Orientaux, 
ces g&ms^qui sont dans les romans d'Artus % d£c&lent en m£me 
temps l'imagination des Arabes ; e'est 6galement par les Arabes que 
les aventures prodigieuses oil les g6ans interviennent , se sont prin- 
cipalement multiplies dans les compositions litt£raires. 

Le Thrace Maximin, qui devint empereur k Rome, est, dans 

YHistoria Augusta, un g£ant de huit pieds et demi de haut et qui 

mangeait quarante livres de viande dans un jour. Codrus, qui cite 

cette histoire , 6crivait , on le voit , dans le gout de Turpin \ 

ch.ricm.gne t Eishere, L'histoire de uos £poques h^roiques nous repr^sente Charlemagne 

saint Chrutophe. ... *n • i • i i 

lui-m&ne comme un g£ant. Soixante-dix ans apres la mort de ce 
prince, le moine de S^Gall d^crit un des guerriers de ce conqu6- 
rant, le terrible Eishere, qui valait k lui seul une arm£e; on Peut 
pu croire de la race Enachim tant il 6tait grand ; il montait un 
6norme cheval, et quand le cheval refusait de passer la Doire, 
enfl^e par les torrens des Alpes, il le trainait apr&s lui dans les 

1 Le$ Pays-Bas avantet durant ladominationromaine ,Tlrux. 9 t.l 9T 9 1887, pp. 273,289-291. 

2 Le Roux de Lincy, le Livre des Ugendes^ I, 158-155. 

3 Un des geans les plus singuliers qui jouent un role dans les fables de Geoffroy de Mon- 
mouth , e'est Rython , qui s'ltait fait un vetement des barbes de tous les rois qu'il avait tues 
de sa main. 11 fut mis a mort par Artus. 

4 Histor.aug.,?. 368. 



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INTRODUCTION. 



cxxv 



flots, en lui disant : « Par monseigneur Gall , de gr6 ou de force tu 
me suivras. » Eishere fauchait les Boh^miens comme Fherbe d'une 
prairie : « Que m'importent, s'£criait-il, les Wen&les, ces grenouil- 
lettes? J'en porte sept, huit et m£me neuf , enfil£s au bout de ma 
lance, et murmurant je ne sais quoi \ )> 

Saint Christophe % dont la statue colossale se voit dans l'inttoieur 
ou k Pentr£e de plusieurs 6glises, est un g6ant, sous les livr£es du 
christianisme , qui admet les g£ans de la Gen&se. 

Nos traditions nationales nous offrent le g&int Antigone, Drion Antigon. 
ouDruon Antigon, dont le nom offre peut-£tre le mot anglo-saxon 
enta, expliqu£ plus haut. On sait qu' Antigon £tait suppose ha- 
biter sur les bords de FEscaut, et couper les mains de ceux qui 
refusaient d'acquitter certain p£age 3 . De \k les deux mains qui Armors <rA n 
figurent dans les armoiries d'Anvers. Or, un sceau de cetle ville , 
public dans le Messager des sciences et des arts de la Belgique 4 , 
et appos£ k un acte de Fan 1231 , porte des £toiles au lieu de mains. 
Ce n'est dene qu'apr^s cette ann£e que ce symbole nouveau se sera 
introduit; par consequent e'est dans le courant du XIII e si&cle que 
Fhistoire se sera confondue avec une fable en rapport avec Fhistoire 
du Chevalier au Cygne et le po6me allemand du Lohengrin , dont il 
doit avoir exists un texte flamand de la m&me 6poque , qui aura 
accr6dit6 ce mythe ou cette fiction. 

1 Pertz, Monumenta Germanics, II, 786; Chateaubriand, Etudes histor., Bruxelle», 
Meline, 1881,111,871. 

2 Molanus, De historia SS. imaginutn et picturarum , Lovanii, 1594, in 8°, fol. 187 verso 
et sq.; Revue anglo-frangaise , publiee par M. De La FonteneDe de Vaudord, p. 856. 

3 Cette legende est rapportle dans les Anteiger de M. Mone, 1884, 155-57; c*est un 
ex trait d'un MS du XVI siecle , de la Bibl. de Lilge : Frater Trudo Gemblaceneis in sacrario 
trudonopoiitano* 

4 Annie 1885 , pp. 887-841. Dans cet article curieux, on a confondu la legende de Garin 
le Loherenc, avec celle de Lohengrin. Ellesn'ontpourtantaucun rapport entreelles. J. Goerres, 
Lohengrin , p. lxx. 



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CXXVl 



INTRODUCTION. 



Depuis long-temps le g£ant Antigon est un ornement oblige des 
f&tes municipales d'Anvers \ 
Fetes de l- cuur de A la f&te du faisan k Lille , en 1453, un g£ant, habill£ k la mo- 
resque , servait de conducteur k dame S te -Eglise , qui chantait ce 
triolet : 

G6ant , je veux cy arrester ; 
Car je voy noble compagnie 
A laquelle me faut parler ; 
G£ant , je veux cy arrester. 
Dire leur veux et remonstrer 
Cbose qui doit bien estre ouye. 
G6ant , je veux cy arrester, 
Car je voy noble compagnie 2 . 

II n'est pas impossible que l'exemple de la cour ait influ£ sur les 
divertissemens populaires. 
ceans dans les retes Nous avons d6\k dit qu'en 1490, la procession de Louvain 6tait 

municipales en Bel- " m m 

giq«e. embellie de la representation du g£ant Hercules, et de son aimable 

moiti£ Meg era. II n'y a que quelques ann^es que Ton a d£moli le 
Mtiment oil se conservait le g£ant de Louvain. La porte en 6tait 
d'une hauteur extraordinaire : elle avait au moins cinquante pieds 
d'ei&vation 3 . 

A Bruxelles , YOmmegang 6tale une famille enttere de g£ans. 

La ville d'Ath, en Hainaut, est toute glorieuse de son g£ant 
Goliath, qui a paru aussi k Louvain, lors de la paix de Minister, 
en 1648. 

Le jubile qui a lieu tous les sept ans k Hasselt , en 1'honneur de 

1 Voy. entre autres J. Bochius, Historiea narratio profectionis et inauguration* Alberti et 
Isabella j Antv. Moretus, 1602, in-fol., p. 278. 

2 Mathieu de Coussy, edition de M. A. Buchon , 1 , 109. 

3 A. G. B. Schayes , Essai historique sur les usages, les croyances des Beiges, Louvain, 

1834, p. U9. 



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INTRODUCTION. 



CXXVII 



laure. 



la Vierge, sous la denomination de Virga Jesse, fut, en 1835, 
c616br6 d'une manure extraordinaire. La f£te commen^a le 15 aout 
et dura huit jours. La society de rh£torique exposa, le g6ant dit 
Lange-man, qui fut conduit dans un char attel£ de quatre chevaux, 
pour pr&sider, le 16 aout, k une distribution g6n6rale de soupe, 
en m&noire de la disette dont la ville fut frapp^e vers 1638 \ 

L'esprit d'imitation n'a pu s'endormir ; Malines, Gand, Dunker- 
que, Douai prominent dans Poccasion d'^normes mannequins. Une 
glorieuse rivalite semblait jadis animer ces villes ; chacune ambi- 
tionnait de montrer le plus grand. 

D'autres pays observent la m6me coutume. 

M. Dulaure 6tait de P^cole de Dupuis, qui yoyait partout des all£- Expiation de m. d u - 
gories astronomiques, et cherchait ses plus forts argumens dans le 
ciel , en voulant le rendre desert et veuf de la divinity ; aussi expli- 
que-t-il ces representations par le triomphe du soleil sur les t£n£bres, 
et en fait-il un embl&me solsticial 2 de la plus haute antiquity. C'est 
par la m6me raison, dit-il , qu'4 Rome , le 15 mai de chaque ann6e, 
on conduisait processionnellement trente figures colossales en osier, 
qu'on appelait les Arg^ens, et que les V estates jetaient dans le 
Tibre; c'&ait ehcore dans le m6me esprit, ajoute-t-il, que les 
pr&xes d'Osiris accablaient de coups d'^normes figures qui repr&- 
sentaient les ennemis des dieux. 

Nous sommes, nous, plus disposes k regarder ces images comme un Autre engine P r«u- 
reste incompris des anciennes croyances septentrionales , ou plutot 
comme provenant de la popularity des romans de chevalerie, ou ces 
croyances ont 6t6 se perdre et se d6figurer. Plusieurs causes analo- 
gues peuvent toutefois se r&inir pour produire un m£me r&ultat. 

Et les contes de nourrice, ces £pop6es de Penfance ? C'est \k que 

1 Voir les journaux du temps, notamment V Emancipation du 28 juillet 18S5. 

2 Histoire de Paris, quatrieme ddition , Bruxelles, 1826 , IV, 68. 



mee. 



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cxxthi INTRODUCTION. 

des g£ans formidables resserrent autour du foyer le cercle trem- 
blant des jeunes auditeurs. Ges contes sans doute ont emprunt£ aux 
romans, mais ils peuvent leur avoir pr6t6 aussi. Que d'6crivains, 
en effet, ob&ssent plus tard, & leur insu, aux impressions qu'ils 
ont revues en entrant dans la vie ! 

II faut dire cependant que nous n'avons pas de preuves positives 
que ces representations aient 6t£ d'usage avant le XV e si&cle. II 
nous parait toutefois vraisemblable qu'elles sont plus anciennes. 
LegeantPhinacrt. Les chroniques fabuleuses de Flandre font un g£ant du tyran 
Phinaert \ 

Pignart alors ung iris feloncq ghaient 2 . 

In Mo castro insulensi, dit une ancienne chronique, erat 
quidam tyrannus , prcedo , magnus gigas , Finardus nomine 8 . 

Une des conceptions romanci&res les plus originates , est celle du 
g£ant Barbatre ou Barbastre, qui finit par se faire ermite et qui 
assomme un pai'en qu'il venait de confesser et d'absoudre, afin 
d'assurer son salut en Pempechant de retomber dans le p£ch£ \ 

C. Nains. 

La g£n£alogie des nains est la m6me que celle des g£ans. Comme 
eux, vermisseaux n6s d'Ymer 5 ; ils doivent peut-£tre leur origine, 
M. De Walckenaer le conjecture ainsi, au contraste que pr&entait 

1 D'Oudegherst raconte longuement son histoire , e\l. de J.-B. Lesbroussart, 1 , 17-87. 

2 Voy. t. I er , p. 44 , notes. 

8 Corpus Chronicorutn FlandricB , p. 20; Warnkcenig, Histoire de la Flandre , etc., I, 
138et8uiv. 

4 Roman de Garin de Montglave. 

5 l6toar allir 

Fra Ymi komnir. 

Totts les giant 
Proviennent eTYmerj 

Edda Stemundar, 1 , 336. 



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INTRODUCTION. cxxix 

la haute stature des Norw^giens et des autres peupladesdu Nord, 
avec la petite taille et la nature d6g£n6r6e des Lapons 1 . Quoique 
Pexistence des nains ait &6 admise Ik ou un pareil contrastenepou- 
vait pas m£me 6tre soup$onn£, cette supposition ne manque pas de 
probability puisque les croyances, en s'£loignant de leurs sources, 
n'en subsistent pas moins en l'absence des causes qui les out pro- 
duces et leur survivent souvent sans se douter de leur principe. 

Nainn, nain est, dans VEdda % le nom d'un alfe ou g£nie £16- 
mentaire (grec v*vos, latin nanus). 

Puki en Islande, puke en Su6de, 6tait un d£mon de petite taille % 
et Panalogie de ce nom avec celui du Petit Poucet, n'£chappera k Le p*m poucet. 
personne. De Ik le puck ou Robin-bon-compagnon des Anglais, 
g£nie immortalise par Shakspeare % et leur mot pug, pour designer 
un enfant g&t6. De \k , peut^tre , notre mot flamand poeske , em- 
ploy6 dans lem&ne sens ou comme expression caressante. N'oublions 
pas n£anmoins le pusio des Latins. 

Une taille exigue, des traits difformes, telle 6tait Pimage sous 
laquelle on se repr&sentait yolontiers la malice et la m£chancet6. 
Pippin , batard de Charlemagne, et qui trahit son p&re, est, sous la 
plume du moine de SMJall , un petit nain bossu , nanus et gippe- 
rosus Pippinus \ 

Nous avons eu occasion, il n'y a qu'un instant, de nous occuper 
de cette esp&ce de nains , auxquels on attribuait le talent de fabri- 
quer d'excellentes armures. Des nains habitent encore, pour le 
peuple, les mines de l'AUemagne, et ont exerc£ la sagacity de plu- 

1 Lettres sur lee contes defies, Paris , 1836 , in-14 , p. 102. Of. Le Roux de Lincy, le Livre 
dee Ugendee , 1 , 155 et auiv. 

2 III, 520. 

* Ibid., 279,845. 

4 Puck or Robin-goodfeUow , dans A midsummer-night's dream (Le songe chine nuit d'ete). 

5 Pertz , Monumenta Germania hisiorica , II , 756. 

To*. II. r 



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cxxx INTRODUCTION. 

sieurs savans \ Les nains sont les gardiens des triors caches. Or, 
1'ancienne £pop£e germanique est fondle sur la possession d'un 
tr&sor myst&rieux : c'est PH£16ne de ces nations. 

La croyance en des 6tres surnaturels, qui se manifestent sous la 
jc.ins en Beigique. forme de nains , lorsqu'ils se rendent visibles, subsiste toujours, 
quoique affaiblie , dans quelques cantons de la Belgique. On croit 
qu'ils habitent les souterrains , les cavernes et les montagnes, et on 
les appelle en flamand halvermannekens (demi-hommes), et kabou- 
termannekens (petits droles) 2 . Les paysans du village de Herselt, 
dans la Campine, ancienneToxandrie, racontent qu'une multitude 
de ces nains £tant arriv^e dans ce lieu k l'occasion d'une grande 
guerre , ils demeuraient pr&s du village , dans des trous creus& au 
milieu d'un bois , et qu'ils n'en sortaient que pour venir quelquefois 
demander aux villageois une chose ou Fautre , sans jamais faire de 
mal k personne. Quand les femmes de ces nains devenaient vieilles, 
ils les descendaient, un pain mollet k la main , dans une fosse qu'ils 
recouvraient soigneusement* Les bons campagnards ajoutent que 
ces pauvres vieilles £taient tr6s-contentes d'en finir ainsi. 

Au village de Gelrode , les paysans montrent une colline appelle 
Kahouterherg et perc^e de plusieurs souterrains , qu'ils soutiennent 
avoir 6t6 la demeure de nains assez semblables aux f<6es et lutins 
d'Ecosse, notamment au gentil Trilby de Nodier. En effet, ils pr£- 
tendent que lorsque le meunier avait besoin d'aiguiser sa meule , il 

1 Casp. Posnerus, De virunculis metaUicis , Jena? , 1662 , in-4°. C'est une these acad^mique. 
Jo. Henr. Rumpelius, De spiritibus in fodinis apparentibus seu de virunculis metallicis , Lipsiae, 
1672 et 1677, in-4°. Autre these. P. Reidanus, Pigmwi seu dcemones subterranei carmine 
descripti. Colonise, 1576, in-4°; Feller, Jtineraire, I, 48. 

2 On les appelle encore dwergen , aardmannetjes , drollen ou trollen , et werkoeesten. En 
Hollande le peuple croit a un nain qu'il appelle ongeborene Jan , Jean qui n'est pas nc* , per- 
sonnage de la mythologie pop ul aire , qui peut aller de pair avec 1'Oncle Henri {pom Hendrik) y 
le Noir Pierre (moaarte Piet), et Georges aux echasses (Joris op de steUm), qui reriendront au 
chapitre des fees. 



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INTRODUCTION. cnxi 

n'avait qu'4 la placer k la porte de son moulin , avec une beurr^e et 
un verre de bi&re ; qu'alors arrivait de nuit un de ces nains , qui , 
moyennant ce salaire , se chargeait d'aiguiser la pierre , et qu'au 
lever du soleil le meunier trouvait sa besogne faite. II en 6tait de 
m£me quand il voulait avoir son linge blanch i. 

A un endroit pr&s de Malines , on ddbite qu'un meunier £tant 
occup£ k sasser de la farine et n'ayant pu achever son ouvrage , le 
remit jusqu'au jour suivant et oublia en partant une tartine qui 
faisait le reste de son souper. Le lendemain il fut bien £tonn£ de 
trouver sa farine sassee et sa tartine disparue. II r6p6ta cette expe- 
rience, qui r&issit deux jours de suite. Le troisteme, curieux de 
d£couvrir quel £tait Pouvrier qui travaillait la nuit pour un si mo- 
dique salaire, il se cacha derri&re des sacs de farine, et vit arriver 
vers minuit, heure solennelle et convenue, un petit nain entice- 
ment nu, qui se mit incontinent k Pouvrage. Notre meunier, homme 
aussi pudique que compatissant , ajouta le lendemain un £quipe- 
ment complet k sa farine et k sa beurr£e, et depuis lors le petit 
homme ne se montra plus qu'habill£ des pieds k la t£te \ 

La grotte de Remouchamps , hameau dependant de la commune 
d'Aywaille, dans la province de Ltege, est d£sign£e quelquefois par 
les habitans du pays sous le nom de trd des sotai, trou des nains. &**. 
Une croyance autrefois tr6s-r£pandue attribuait au travail ing£- 
nieux de ces nains les beaut£s de la grotte. On pensait pareillement 
que si Ton avait un ouvrage tr&s-difficile k faire , on n'avait qu'A le 
porter dans cette grotte , et que les sotai se chargeaient de Pachever 
pour le lendemain 2 . 

Dans le pays de Namur cesg£niescomplaisans s'appellent nutton, *«/*>«. 

1 Schayes , Essai histor. sur les usages, les croyances... des Beiges , p. 230 ; Notice sur Jean 
de Hhse, dans le Recueil encyclopidique beige , 1884, III, p. 235 et suiv., et dans notre edi- 
tion de YHist. des dues de Bourgogne, par M. De Barante , V, 434-36. 

2 Colson, Souvenirs de Facances, dans la Revue beige, 1837, p. 373. 



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cmxii INTRODUCTION. 

peut-etre par corruption de lutons ou lutins. Ph. Mouskes, v. 25127, 
dit: 

Quar nient plus, com s'il fast nuituns, 
Ne sorent qu'il devint cascuns. 

Le moine de SMJall raconte une anecdote d'un de ces lutins, 
daemon vel larva, qui s'amusait k jouer toutes les nuits avec les 
marteaux et Fenclume d'un forgeron, et remplissait chaque jour 
de vin la cruche de son compare aux d^pens d'un 6v£que, qui finit, 
en invoquant le nom de Dieu, par le forcer k prendre la forme hu- 
maine et le fit fouetter au pilori comme un voleur \ Cette histo- 
riette peut se rattacher encore aux l£gendes relatives aux dames 
blanches , notamment k celle de dame Abunde. 

Si Ton prenait la peine de parcourir nos campagnes , on rassem- 
blerait ais£ment une foule de traditions semblables , qui sont de 
la m6me esp6ce que celles que Walter Scott a recueillies en Ecosse, 
et qui confirment Panalogie qu'il a voulu 6tablir entre notre patrie 
et la sienne , lui qui prenait un plaisir si vif k s'occuper de la magie 
et des superstitions populaires , et qui aurait pu lutter avec les plus 
habiles d&nonographes 2 . 

D. F<f*s. 

Le savant 6diteur de YEdda de Saemund affirme qu'en Belgique 
on rendait le m£me honneur que dans le Danemarck , aux fees et 
aux prophetesses {Alfar, TValkyries, Volur, Nornir, Truden, Hal- 
runer*). 

1 Pertz , Monumenta Germaniw, II , 74 1 . 

2 Sur les nains de cour, voir nos ParticulariMs inidites concernani Ckarles-Quint , 
pp. 21-28, 81-2. 

3 Valis vel Nornis similem honorem in Dania et in Belgio.... adhibitum esse legimus. 
Edda , III , 6. Cf . un article intitule' : Po&sie populaire des races teuioniques , tiree du North 
american Rewiew , et in sere dans la Revue britannique , juin 1886 , pp. 198-243 • 



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INTRODUCTION. cxxxiu 

Les Irlandais et les Gallois nommaient les f6es cheffrd et d&ne- 
chi (le bon peuple , les Atres bienfaisans). 

Les peuples du Nord reconnaissaient , comme nos anc£tres, des 
f&es propices et des f<6es malfaisantes. G'est dans cette derntere 
classe qu'on peut ranger les sorcteres , appel£es par les Goths alio- 
rumna l 9 au rapport de Jornand6s, sorcteres qui, bannies par le 
roi F61imer, s'£taient accoupl£es dans les deserts avec les demons 
et avaient de cet affreux cdmmerce engendr6 la farouche nation des 
Huns. 

Les prophetesses r£v6r£es par les Germains 6taient des esp£ces 
de f&es mortelles. On a remarqu^ l'analogie du nom de Veleda avec 
celui de Voluspa 2 de YEdda, et Ton a suppose qu'il signifiait Pesp^ce veied.. 
de d£lire ou de folie momentan^e que cause l'enthousiasme religieux, 
ce qui donnerait au mot fol une £tymologie aussi respectable qu'an- 
cienne. 

Une de ces vola du pays des Tungri, avait promis Pempire k 
Diocl&ien, quand il aurait tu6 un sanglier; pour aider au sens de 
Poracle, il perga de son 6p£e, Aper, pr^fet du pr&oire, qui visait 
k Pempire. 

Basine, femme d'un roi de Thuringe, qu'elle abandonna, dit-on, B»,i D r. 
pour Hilderik , procurait et expliquait des visions , et de cette ma- 
nure pr&lit k ce dernier la naissance de Hlodowig ou Glovis. 

Vrais ou non, les faits d^montrent Fesprit et les croyances ger- 
maniques. Nous n'en demandons pas davantage. 

Les f&es bretonnes sont appel^es par Pomponius Mela , g^ographe 
du V* si&cle de P6re chr^tienne, gallicenes ou barrigenes : les ma- 
nuscrits different sur le mot. 

1 Alioruna, aljaruna , aluruna. J. Grimm, Deutsche Mythologies p. 227; Fr. Pluquet, 
Contes populaires, prejugis, etc., de I'arrondissetnent de Bayeuz, 2° e\iit., 1884, in-8°, pp. 1, 
4, 12, 13, etc. 

1 Titre d'un poeme , lequel signifie oracle de Vola ou d'un* vola. 



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cxmiv INTRODUCTION. 

Ei y moiog» c dumot/cv. Quant au mot fee, MM. Walckenaer, J. Grimm et Marmier ', le 
d^riyent apr6s Manage, Naud£ et De Caseneuve, du latin fata, et 
M. Ghasles du celtique fay % £tymologie qui nous parait mieux fon- 
dle que 1' autre. Nous dirons , de notre c6t£ , que ce mot n'est pas sans 
analogie avec le mot scandinave alfe % qu'on prononce alfe, et que 
le mot fee ou fe peut s'6tre form£ par aph&r&se, comme beaucoup 
d'autres de la langue romane ou frangaise. C'est de la m6me mantere 
que Du Cange fait d^river fates ou fees, de nymphce. Nous qui 
croyons peu aux Etymologies , nous livrons celle-ci pour ce qu'elle 
nous coute. En basse latinit£ on disait fatuce, fadce et fadi; les 
Italiens disent fate , les Provencaux fades, les Espagnols fadas et 
kadas. 

Lantin De Damerey, apr&s avoir inexactement avanc£ que les f<6es 
doivent leur origine k nos dernier s romanciers, cite un passage de 
Guillaume d'Auvergne, 6v6que de Paris, mort en 1248, passage 
contraire k cette assertion. Le voici : Fatas antiqui in supremo or- 
dine collocabant, pro eo quod fatare prcecipuum sit atque divinwn 
inter omnia quce diis attribuuntur : fatare natnque non solummodo 
est prcedicere , vel caver e, sed etiam prceordinare , et ut veniant 
quce prcedicuntur efficere \ Cette explication se rapproche de celle 
de Manage. 

GinguenE remarque que le xaoifee est employ^ dans une chanson 

1 Deutsche Mythologie, 282 ; Diet, dela conversation et de la lecture , XXVI , 884. M. Marmier 
decouvre l'origine de notre feerie , non dans le Word , mais dans l'Orient. 

2 Encyclopidie de Courtin , Paris, 1828, XII, p. 561. 

3 Ancien scandinave, alfe, pluriel alfar. 
Vieux allemand , elbe. 

All. moderne, elfe. 

Suedois , elf, pluriel elfvar , elf tor. 

Danois , elv , pluriel elve. 

Anglais , elf 

< Ed. du romandela Rose, IV, 805; V, 206. 



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INTRODUCTION. cxxxv 

de Guillaume IX, comte de Poitiers et due d'Aquitaine, et il re- 
garde cet exemple eomme le plus aneien qu'on en puisse citer en 
fait de poesie moderne \ Or Guillaume , n6 en 1071, mourut 
en 1122. 

Nous nous sommes ailleurs 6tendu sur ces esp&ces de fees que 
Ton appelle dames blanches (witte juffers , witte wyven) 2 . 

Pour nous renfermer ici dans ce qui concerne les Pays-Bas, nous d.™* Bland*.. 
nous contenterons de quelques mots sur les witte wyven de la Frise , 
dont parlent Corneille Van Kempen, Schott, Balthasar Bekker, 
1'auteur du Monde enchants, Picardt , T. Van Brussel et Des Roches. 
Du temps de Pempereur Lothaire, en 830, dit le premier de ces 
£crivains, beaucoup de spectres infestaient la Frise, particuli&re- 
ment les dames blanches ou nymphes des anciens. Elles habitaient 
des cavernes souterraines, creus£es sans le secours de l'homme, sur 
le sommet d'une haute montagne. Leur habitude £tait de surprendre 
les voyageurs £gar£s la nuit , les bergers gardant leurs troupeaux , 
et les femmes nouvellement accouch£es, ainsi que leurs enfans. 
Elles les emportaient dans leurs repaires, d'oii Ton entendait sortir 
quantity de bruits Granges, des vagissemens, des g£missemens, 
quelques mots imparfaits et toute esp&ce de sons musicaux \ 

Les enl&vemens et les substitutions d'enfans, par des moyens sur- 
naturels, font partie du symbole grossier des paysans de PEcosse. 
Les enfans substitu&t sont nomm£s par les Saxons killer ops. a,-//*™,.,. 

Si Ton admet le r6cit du po6te Segrais, transcrit par Lenglet du Da mebianchc a« m- 
Fresnoy, le chateau d'Egmont, en Hollande, aurait eu sa dame l " u EgmoBa 
blanche, comme ceux de Neuhaus, de Rosenberg, de Staufenberg 
et de Guttenberg, en Allemagne, de Colalto en Italie; mais elle 

1 Hist. lift, de la France , XIII , 46. 

1 Diet, de la conversation et de la lecture , 18S5, XIX ,61-64. Hist, des duct de Bourgogne, 
par M. De Barante , VI , 12-15 7 notes* 

* NouveUes archives hist, des Pays-Bos, V, 160 , 344. 



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CXXXVI 



INTRODUCTION. 



(Hait invisible et se contentait de faire du bruit et de parler '. Un 
chateau qui se respectait , ne pouyait gu&re se passer de son lutin 
ou de son spectre. 

l» fee dAogewciUer. Tallemant des R£aux fait le conte d'une dame blanche, dont la 
tradition int&ressait les maisons d'Angeweiller, de Croy, de Bassom- 

Le gobeict de croy. pierre et de Salm. Cette f<6e avait donn6 k un comte d'Angeweiiler, 
pour marque de son amour, un gobelet , une cuill&re et une bague , 
qu'il devait laisser k ses trois filles et qui porteraient bonhenr aux 
families dans lesquelles elles entreraient. Le gobelet passa, par 
alliance , aux Croy, La marquise d'Havr£, de cette maison, l'ayant 
voulu montrer un jour, le laissa tomber; il se cassa en plusieurs 
pieces ; elle les ramassa et les remit dans l'£tui , en disant : a Si je 
» ne puis Pavoir entier, je Faurai du moins par morceaux. » Le 
lendemain, en ouvrant P6tui, elle trouva le gobelet aussi entier que 
devant 2 . 

M£lusine , k laquelle ont cru Mandeville et Paracelse , qui 
croyaient bien k autre chose, est une f&e d'origine toute fran- 
9aise , mais non sans rapport avec la Belgique. Elle avait fait M- 

lc chateau de Li» - tir le ch&teau de Lusignan, oil elle se montrait sous difE&rentes 
formes, entre autres sous celle d'un £tre moiti£ femme moitte 
serpent. 

Cette fable parut si glorieuse pour les Lusignan , que plusieurs 
grandes maisons ambitionn&rent d'y avoir part; les Sassenage, les 
Rohan et les Luxembourg prirent mchne dans ce but la peine d'al- 

Mriusioe .u ehiic.u t6rer leurs genealogies , et e'est parce que le ch&teau d'Enghien 

n»ut. appartint k ces derniers, qu'on debitait encore du temps de 

Henri IV, que M£lusine s'y faisait voir. Le due d'Arschot l'avait 

1 (Euvres diverse* de M. De Segrais, Amst., 1722, I, 169, 243-46; Lenglet du Fresnpy, 
Recueil de diss* sur les apparitions, I, 2 e partie, 178-180; Bullet, Walckenaer, Lettre* sur 
les contes defies , 125 ; Mone , Anzeiger, 1834 , 88 , 257. 

2 Historiettes, Bruxelles , M&ine, 1835, IV, 80-82, 



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INTRODUCTION. cxxxvu 

assure si positivement k la soeur de ce roi, que cette princesse voulut 
lui faire partager sa croyance \ 

Les Beiges patens admettaient des esp&ces de nayades ou nikkers, ww 
qui se pr£sentaient sous la forme de feux follets pendant les grandes 
chaleurs de P6t6. Nos paysans croient encore aujourd'hui que ces 
feux phosphoriques sont les Ames des enfans morts sans bapt£me. 
En Hollande, ces m6t6ores ont le nom de lichtjes et de valsche Ian- 
taamen, etc. 

Voili les f<6es que nous ont 16gu6es les Scandinaves , les Germains 
et les Celtes , fictions s6v&res et sauvages comme le ciel sous lequel 
elles prirent naissance ; les pdris de la Perse et les gnin de PArabie 
les ont embellies de leurs formes gracieuses et riantes. Le soleil de 
l'Orient est venu les dorer de ses rayons £tincelans, et les id6es du 
christianisme leur ont donn£ une intention plus morale. 

Froissart, notre bon Froissart, croyait fermement aux f<6es et fa* de c^haio™. 
pretend que les dames de Tile de Chifolignie (C^phalonie) entrete- 
naient un commerce visible avec elles. 

Dans le proems de la Pucelle, les Anglais ne Faccus6rent-ils pas LaPacaUed-oriean. 
d'avoir eu des intelligences avec des esprits, aupr&s d'une fontaine 
de son pays, appelee la Fontaine des fees ou des dames? C'6tait 
parmi ces d£it£s champ£tres qu'il fallait placer ces trompeuses 
napees qui, bondissant sur Fherbe, entrainaient le voyageur cr&- 

i Bullet , Diss. sur la mythologie francaise, 1 , 82 ; Annie UtUraire , 1770 , HI , 146; Bibl. 
univ. des tomans, second vol. de juillet 1775 ; Melanges tiris d'une grande bibl., V, 52-53 ; 
Walckenaer, Lettres sur les contes de fifes, 140-146 ; La Foatenelle de Vaudore , Revue angle- 
francaise, 1 , 225-26, 281 ; Nouv. archiv. histor. des Pays-Bat, V, 108-111 ; P. Colins , Hist, 
des choses les plus memorable* advenues en P Europe, etc., Tournay, 1648 , in-4°, pp. 726-728 ; 
Paquot, Mim. litt., in-fol., II, 422; Barrois, Bibl. protyp., n os 590, 1269, 1627, etc.; Le 
Roux de Lincy, le Litre des Ifyendes, I , p. 165. — M. Babinet a deja public sur Melusine un 
memoire qu'il se propose d'etendre par suite de uouvelles recherches ; M. De La Fontenelle 
de Vaudore , persuade que l'existence de cette femme est positive , quoiqu'elle ait cte embellie 
par des recits fabuleux , a promis un travail sur le meme sujet, 

Tom. II. * 



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cxxxvin INTRODUCTION. 

dule dans une ronde sans fin , jusqu'A. ce que ext£nu£, hors d'haleine, 
il tomb At sur la prairie, et rendtt le dernier sonpir : image impr^vue 
mais frappante de cette agitation sterile et convulsive que Ton 
prend trop souvent pour le progr&s, comme si la vie n'&ait qu'une 
crise , la sant6 une fi&vre continue ! 

Les plus c£l&bres des fSes £taient, avec M£lusine, Mourgues, 
Alcine, Habunde, Urgande, Gloriande, Pharamonde, Palestrine, 
Mtelior, etc. 

Morgan. Mourgues, Morgen ou Morgain, 6tait l'ain£e des neuf vierges de 

l'ile de Sein. Sur la cote de la petite Bretagne est une fee de l'Ar- 
morique, d'oii M. De La Rue croit que les traditions feeriques se 
r^pandirent en France ' . C'est elle qui termine le Raman dOgier- 

o g er-ie-D.noi,. le-Danois , en Penlevant dans un char *. Cest encore dans ce roman 
qu'on rencontre le gentil Ob£ron, roi des fees, qui a si heureuse- 
ment inspire Wieland. 

L'auteur du Roman de Brun de la Montagne , qu'on appelle 
autrement le Roman du petit Tristan le restord, fait porter son 
h&os enfant aux fees de la for£t de Brecheliant, en Bretagne, 
pour P&ever 3 . 

Les dames dont je di si estoient fades , 

Qui si Iris nobleraenl estoient acesmles ; 

Leur cors furent plus blaoc que n'est ooif sor getee, 

Et si tris chieremeut estoient atourn£es , 

Gar de couronnes d'or furent toutes dories 

Et de blans dras de soie estoient aournles; 

Enmi de la poitrine estoient escoll6es. 

1 E stats historiques, 1,61 et suiv. 

2 Morgan pose sur la t£te d'Oger une couronne d'or a laquelle &ait attache* le don d'im- 
mortelle jeunesse , et lui donne un anneau qui le fait revenir de l'Age de cent ana a celui de 
trente. M. De Sismondi a raconte cet episode d'aprds le texte en prose. De la list, dm midi 
de I 'Europe , Bruxelles , 1887, 1 , 185-87. 

3 M. Le Roux de Lincy a donne* des extraits de ce roman & la fin du premier volume de 
son Litre des Ugendes , pp. 260-284. 



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au-court-Nes. 



INTRODUCTION. cxxxix 

S'un8 horns en east err6 ij c mille journ6cs , 

Ne fussent point par lui trois plus belles trouv£es, 

Et s'6ust converse en cent mille contr£es. 

Dans le roman de Guillaume-au-court-Nez > oil Adenez mele les Aom» & g«iii«um- 
fables armoricaines aux fictions germaniques et le cycle d'Artus &ce- 
lui de Charlemagne, les fees douent, k sonberceau, le fils de Maille- 
fer, comme dans les contes de Perrault ou dans les Mille etunenuits. 

Des fees animent le roman de CUomades, du m6me Adenez, qui cuomtd**. 
n'a fait qu'imiter un conte arabe. 

L'int&ressante histoire de Partonopeus de Blots, simple transfer- pirtono P eusdeBi<m. 
mation de la fable antique de P Amour et de Psyche , sous un cos- 
tume oriental, raconte les amours d'un jeune chevalier et d'une fee. 

Nous avons rang6 avec Caseneuve, Lantin De Damerey et Roque- 
fort, Habunde parmi les fees; mais loin d'etre une de ces essences 
po&iques que d^crivent les romanciers , c'6tait une creature toute 
pfeb&enne, toute yulgaire, une esp^ce de d^esse subalterne, qui 
avait quelque rapport avec Diane, dans son r61e de Phoebus, du 
reste la m£me qii'Hdrodias, avec Holda, Beratha ou Bertha, qu'un 
christianisme grossier avait substitutes k Diane. Le roman latin du 
Renard y qui semble avoir 6t6 6crit par un beige, raconte ce qui suit : 
« Pharailde, fille d'Iferode (sa veritable fille £tait Salom4), aimait u g #nde de ph» r «na. 
» £perdument saint Jean-Baptiste, qui ne la payait pas de retour. Le 
» roi, indign6 de cette passion, en fit d^capiter Pinnocent objet. Alors 
» la malheureuse princesse ordonne qu'on lui apporte la tete de celui 
» qu'elle ch^rissait; elle la baigne de larmes, elle veut y appliquer 
» ses fevres, mais la t£te se d&robe k ses caresses, et souffle avec tant 
» de force , que Pharailde en est emporfee dans les airs. Depuis ce 
» temps , saint Jean , trop fiddle k son antipathie , la force de parcou- 
» rir 6ternellement les deserts du ciel. Cependant Phonneur adoucit 
» ses regrets, et les respects qu'on lui rend, diminuent sa peine. Le 



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cxl INTRODUCTION. 

» tiers du genre humain ob&t k cette maitresse afflig^e. Depuis le 
» milieu de la nuit, elle s'arr6te sur les chines et les coudriers, 
» jusqu'aux premiers chants du coq. Elle s'appelle maintenant Pha- 
» railde, apr&s avoir port£ le nom d'H£rodias \ » M. J. Grimm ne 
itjmoiogie. comprend pas cette transmutation, que M. Bormans explique ing6- 

nieusement par F6tymologie. II tire en effet le nom d'H&rodias du 
grec E^w, j'aime; et Pharailde {Ware-hild) signifie en tudesque, 
de Paveu de la plupart des £tymologistes, veritable amour. Ce nom 
n'est done que la traduction du premier , et la superstition qu'il 
repr&ente n'a peut-^tre change de denomination en Flandre que 
lorsqu'il est devenu le titre d'une sainte. Les reliques de sainte 
Pharailde furent transports k Gand en 1073. 

Ratherius, beige, mort en 974, apr&s avoir occup£ le stege Epi- 
scopal de VErone, et, par consequent, ant£rieur k la redaction 
latine du Renard, se plaint que le peuple regardait comme une 
reine ou plut6t comme une d^esse, HErodias, cette meurtri&re de 
l'homme qui avait baptist le Christ , disant que la troisi&me partie 
du monde lui appartenait , comme une recompense de l'assassinat 
d'un prophete. Les mots asserentes tertiam totius mundi partem illi 
traditam r£pondent k ce vers du Renard : 

Pars hominum mmstm tertia strvit h*rm, 

et k ces passages du Roman de la Rose *, 6d. de M. M£on, v. 18618: 

i Reinardus vulpes, {&L de M. Mone, V, 1 119-1164; J. H. Bormans , Nairn in Beinardum 
vulpem, fasciculus alter, p. 96. 

2 A. la vente des livres de sir Thomas W...., le S7 avril 18S7, & Paris (Catal. Merlin , 
89 pp. in-8°), on a vendu sous le n* 7, un MS intitule : 

G comence une vrtie histoire 
Qu'en none remans de U Rose, 
Qui est de moult haute memoire , 
Ou I'art d* amours est tout enclose. 

C'est un petit in-4° sur velin, de 188 feuillets de deux oolonnes, a S-4 vers par chaque 



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INTRODUCTION. 



CXL1 



Si recuident-il l por voir lores 
Que ces choses soient de fores , 
Et font de tot ou duel ou feste 
Et tot portent dedenz lor teste , 
Qui les cine sens ainsinc defoit 
Par les fantosmes qu'il refoit , 
Dont maintes gens par lor folie 
Guident estre par nuit estrie, 
Erran* avecques dame Habonde , 
Et dient que par tout le monde 

colonne pleine. L'&riture , de la fin du XIV* stecle , est orn& de 70 petites mignatures. 
Le texte offre de grandes differences avec celui de M. M&>n. Exemples, V. 84 de M. Meon : 

Et se nus ou nule demande 
Comment ge voil que cil« rommans 
Soit apelex, que je commans : 
Ce est It rommans dela Rose. 



Dame Habunde ou 
Abunde. 



Manuscrit : 

V. 88 , imprint : 



Manuscrit : 



V. 100, imprime 
Manuscrit : 



Soit appelex , je vous comans 
Ce soit le romans de la Rose. 

En icelui tens dlliteus 
Que tote rien d'amer s'effroie , 
Sonjai une nuit que j'estoie; 
Ce m'iert avis en mon dormant 
Qu'il estoit matin durement; 
De mon lit tantost me levai, 
Chaucu rooi et mes mains lavai. 

Que toute riens (Tamer s'esjoie , 
Songoie une nuit qui i estoie, 
Ce me semblott en mon dormant 
En un lieu ou diduitot tant. 
Com pot estre en autre ansemenf, 
Et qu estoit matin : douce me nt 
De mon lit tantost me levai , 
Vesti moi 

Et les oiseles escoutant 

Que de chanter moult %'angoissoient 

Les doubt oiseillons escoutant 
Qui de leur chant va'esjoissaient. 



Ces lemons manuscrites sont evidemment les meilleures. 
Le volume se termine par le testament de Jean de Meung. 
1 Ceux qui invent en dormant. 



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cxui INTRODUCTION. 



Et v. 18685 



Li tiers enfant de nacion 

Sunt de teste condition. 

Qu'il Tont trois fois en la semaine , 

Si cum destinee les maine, 

Et par tous ces ostex se boutcnt 

Ne cl& ne barres ne redoatent, 

Ains s'en entrent par les fendaces , 

Par cbatiires et par crevaces, 

Et se partent des cors les ames 

Et Tont ayec les bones dames 

Par leus forains et par maisons , 

Et le pruevent par tiex raisons : 

Que les diversity ?6ues 

Ne sunt pas en lor liz venues, 

Ains sunt lor ames qui laborent 

Et par le monde ainsinc s'en corent, etc. 



D'autre part que li tiers du monde 
Aille ainsinc avec dame Habonde , 
Si cum foles vielles le pruevent 
Par les visions que truevent 
Dont convient-il sans nule faille 
Que trestous li mondes i aille. 



II est Evident , par ces citations et par d'autres qu'on pourrait 
extraire de Burchard \ mort en 1024 , et de Reginon , en 908, que 
Pon confondait H&rodias avec Habunde , et que celle-ci £tait une d6g& 
n&ration superstitieuse de quelque divinity celtique on germanique. 
Ce devait £tre une esp^ce de dame blanche ou Fun de ces g&iies que 

1 Qucsdam sceleratw muliere* retro poet Satanam conversw, dcemonum iliusionibus et 
phantasmattbus seductce, credunt se et profitentur nocturnis horis cum Dikhk , paganorum dea , 
vel cum Herodiade et innumera multitudine muiierum , equitare super quaedam bestiae et multa 
terrarum spatia intempestce nociie eilentio pertransire , ejusquejuseionibus velut Don** obedire 
et certi$ noctibus ad ejus servitium evocari. 



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INTRODUCTION. cxliii 

les Celtes nommaient dusi (dusii). Guillaume d'Auvergne, passant 
en revue les superstitions anciennes et celles de son temps (vers 1 200), 
les lares, les p£nates, les faunes, les satyres, les speculatores , les 
incubes et succubes, les nymphes , striges et lamies, « tel est, 6crit-il , 
» ce d£mon, qui, sous les traits d'une femme, parcourt, dit-on, 
» avec d'autres, pendant la nuit, les maisons et les celliers, et 
» qu'on appelle Satia, k cause de la sati£t6, et dame Abunde, k 
» raison de l'abondance qu'ils procurent, k ce qu'on pretend, k 
» ceux dont ils fr^quentent les demeures; tels sont les demons 
» appel£s dames (fees, bonnes dames, bonse sociae, dames blanches), 
» par les vieilles femmes , chez qui cette erreur est rest6e et qui seules 
» y ajoutent foi. Elles d^bitent que ces dames boivent et mangent 
)) de ce qu'elles trouvent dans les maisons , sans rien diminuer de 
» la boisson ni de la nourriture, surtout si on leur abandonne la 
» nuit les vases qui les contiennent, en n£gligeant de les couvrir 
» ou de les enfermer. Si au contraire on les couvre ou qu'on les en- 
» ferme , elles n'y touchent pas, et quittant un logis de malheur, 
» elles n'y am^nent jamais ni l'abondance ni la sati&6 ! . » 

Guillaume d'Auvergne dit encore plus loin : a II y a d'autres 
» illusions des malins esprits qu'ils causent sou vent dans lesbois, 
)> dans des lieux agr£ables et touffus, oil ils apparaissent sous la 
» forme de jeunes filles ou de femmes avec les v&emens de leur 
» sexe et une robe blanche. Quelquefois ils apparaissent aussi dans 
» les Stables avec des flambeaux de cire, dont les gouttes se voient 
» sur la crini&re et le cou des chevaux. Quant k ces femmes, leurs 
» cheveux sont soigneusement tresses. On entend dire k ceux qui 
» conviennent de les avoir vues, que c'est de la veritable cire que 
» distillent leurs flambeaux. De ces essences qui apparaissent dans 

1 De universo spirit uali, p. II , § II , c. 12, ed. de 1674 , p. 1036 ; Lantin De Damerey , le 
Raman de la Rose, V, 221 , 222; J. Grimm, Deutsche Mythologie, pp. 173 et suiv., et p. 322. 
Voy. plus haut la section consacree aux nains et une anecdote tiree du moine de S'-Gal). 



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cxliv INTRODUCTION. 

» les maisons et qu'ils appellent dames nocturnes, ils nomment la 
» principale dame Abunde , k cause de l'abondance qu'elles procu- 

» rent aux maisons qu'elles visitent G'est pourquoi des hommes 

» sont assez sots et de vieilles femmes assez cr&lules, pour laisser k 
» leur discretion leurs tonneaux et leurs garde-mangers ' . » 

Dame Abunde ou Abundda, dont le nom n'est pas fort different 
de celui (TAbnoba , la Diane de la For£t Noire , se confond done 
avec YHtirodias, que M. Bormans croit retrouver encore dans le mot 
flamand Haghe dissert. Le passage suivant est d'autant meilleur k 
citer, qu'il resume les superstitions flamandes : 

superstition* daman- Duvele die syn in die lucbt 

des. J 

En doen die menscben dicke micht.... 
Daer seg bet men af Tele dingbe. 
Nachtridders 1 , beten si, 
En syn dutele, seg bic di, 
Haghedissen, Varende Vrouwen*, 
Goede Kinder 4 , in goeder trouwen , 
Coubouten 5 , Alven e , Nickers 1 , Mar en «, 
Minne ! bet syn duvele alle, 
Die ons gberae brochten ten talle 9 , etc. 

i Ubisupra, p. 1066 ; J. Grimm, Deutsche Mythologie , p. 177. 

2 Nocturni, sive nocturnes equites. Voy. Burchard , Magnum voiumen canonum , Coloniae , 
1548, int. 44. Perquirendutn si aliqua femina sit.... qua se dicat cum damonum turba in 
simUitudinem mulierum transformata certis noctibus equitare super quasdam bestias, etc. 

3 Errantes domina. 

4 Boni infantes seu pueri. 

5 Nani. 

6 Fata. 

7 Naiades. 

8 Ou nachtmerrien, nachtmaeren (incubi). Le mot maren se retrouve dans le francais 
cauchemar. 

9 Ces vers sont tir& d'un po£me flamand sur la connaissance de la nature. Vou. Van Wyn, 
Avondst. , I , S02-306 ; H. Hoffmann , Horce Belgica , 1 19 ; J. H. Bormans , Nota in Benardum 
vulpem , fasciculus alter, Gandavi , 1836, in-8°, pp. 98-99. 



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INTRODUCTION. cxlv 

On remarquera que le goede kinder £quivaut au cheffrd et au 
ddne-chi des Irlandais et Gallois, ainsi qu'au good fellow des 
Anglais. 

Les vers pr6c£dens se competent par ceux-ci , qu'on lit dans Autres« P riu,iauni, 

* * * f£e« , sorciires, etc. 

l'&lition de Kilianus , par Van Hasselt : 

Onder den naam van diergelyke grollen 
Van Molik , Bullebak, van Bolder geest, Tan Kollen 
En Toverteeven , van Kabouterman, van Schaeuw, 
Schim, Demons , Tuymelaars, Dwaalliohtjes, Bytebaauw , 
Spehtakel , Nikker, Hex , Nachtmerrie of tint Felten, 
Oom Hendrik, Zwaarte Piet , olJoris op de stellen , 
Al wat van Eunjer, Droes ! , van Drommel en Harpy, 



De honderd zottigheen, warvan de ouden scbrvven, 
Weerwolven , Bolder mans of Duikers , Witte fFyven. 



Cette Enumeration, si longue qu'elle soit, n'est pas encore en- 
tifere, puisqu'on n'y trouve point les mots meermannen , meermin- 
nen > spoken, gloiiende, landmeters, het woedende heir, voorloopen 
ou voorspoken y asschenpoester, etc.; ce dernier terme se traduit 
quelquefois par Cendrillon. En Allemagne et aux Pays-Bas, c'est cendriiion. 
pour le peuple une personne protegee par les g^nies, dont la grand- 
m6re est une fee puissante et que sa m6re defend du fond de son 
tombeau contre les persecutions d'une mar&tre 2 . Perrault n'a done 
pas inyente le fond de Fhistoire de Cendrillon, et Popinion de 
M. Walckenaer se confirme encore ici sur Forigine des contes qui 
portent le nom de cet auteur. 

II est digne d'attention que Vlndiculu* superstitionum du con- /*«* superstMo- 
cile de Lessines, en 743, ne parle pas formellement des fees, qui 

1 Hya des personnes qui croient que ce mot n'est que le nom de Drums, dont les victoires 
avait rendu la renomm£e formidable. 

2 Westendorp, Over het gebruik der noordsche mythologies 183, 184. 

. Tom. II- * 



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cxlvi INTRODUCTION. 

sont probablement comprises sous les mots de divinis vel sortilegis , 
de sacris silvarum , etc. \ 

E. Dragons et autre* etres surnaturels. 

Les dragons ail^s abondent dans les romans des trouv^res et for- 
ment le fond d'un grand nombre de traditions populaires. Ces 6tres 

LEdda. fantastiques ne manquent pas non plus dans YEdda, n'y eut-il que 

le dragon noir qui d^vorera les corps des malheureux condamn£s au 
dernier jour. Quant aux heroines mises sous la garde de pareils 

Explication dcMaUet. Hionstres , Mallet en propose une explication. II remarque que Fart 
de fortifier les places £tait fort imparfait chez les Scandinaves. Leurs 
forteresses n'&aient que des chateaux grossterement Mtis sur des 
rocs escarp£s et rendus inaccessibles par des murs £pais et informes. 
Corarae ces murs serpentaient autour des chateaux, on les d£signait 
sous un nom qui signifiait 6galement dragons et serpens. C^tait \k 
que Ton gardait les femmes et les jeunes filles de distinction , qui 
6taient rarement en surety dans ces temps ou tant de braves erraient 
de tous c6t£s, cherchant des aventures : cette coutume aura donn£ 
lieu aux romanciers d'imaginer des princesses gard^es par des dra- 
gons , et d6livr6es par d'invincibles chevaliers. 

Dragous, cmbicme des Nul doute que la mythologie du nord et celle des Arabes n'aient 

ravages des eaux. 1 • i • f» i 1 • 1 • 

contribu^ k multiplier ces tables qui, dans certains cas, peuvent 
6tre Fembl6me ail^gorique des ravages produits par le d£bordement 
des eaux. Saint Romain, dit la l^gende , d&ivra, en 620 ou 628 , la 
viile de Rouen d'un dragon monstrueux. Ce miracle, observe Servin, 

1 M. A. G. B. Schayes considere avec raison cette piece comme tres-imporlante, et il la fait 
bien connaltre dans son Essai hist or. sur les usages, Us croyances , les traditions , les ceremonies 
et pratiques religieuses et civiles des Beiges anciens et modemes % Lou vain , 1834, pp. 21, 22 , 

26, 27-29. Ce n'est que par distraction qu'il declare n 'avoir pas compris depagano cursu 

scissispanis (pannis) et calceis, ce qu'il traduit par la danse des pains et des pierres , au lieu de 
dire tout naturellement que dans cette danse on dechirait ses vetemens et sa chaussure. 
Ibid., p. 21. 



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INTRODUCTION. cxlvii 

cite par M. Eus&be Salverte, n'est que Pembl6me d'un autre miracle 
de saint Romain, qui fit rentrer dans son lit la Seine d6bord6e et 
pr6te k inonder la ville. 

Le dragon a aussi repr6sent6 le g£nie du mal, le d&non. Saint 
Vigor, disciple de saint Wast, puis £veque de Bayeux, 6tait figure 
foulant un dragon, pour exprimer ses victoires sur Pidolatrie, k peu 
pr£s comme on dessinait un dragon sous Pimage de Pempereur 
Constant in, dans la m6me intention 1 . Saint Michel est toujourssuntitichei 
peint terrassant un dragon vomi par Pabime infernal , 16gende k 
laquelle nous sommes peu dispose k donner un sens astronomique, 
quoique plusieurs traditions analogues , emprunt^es aux Egyptiens, 
aux Hindoux et aux Grecs, se rapportent visiblement k la victoire 
du soleil du printemps sur Phiver, et de la lumtere sur les t6n6bres, 
ou k la position relative qu'occupent dans les cieux les constella- 
tions de Pers^e, de la Baleine et du Serpent, etc, 

Le dragon de Metz est appel6 le Graouilly, celui de Tarascon , la D r. g ons deMeu, , 
Tarasque , celui de Poitiers, la bonne sainte vermine ou la Grand 
Gueule. A Rouen, il se nomme la Gargouille, k Provins il avait 
nom la Ltizarde. 

Beaucoup d'autres villes m^lent de semblables images k leurs 
f&tes, et, k Mons, en Hainaut, chaque ann£e la place publique 
offire le combat d'un dragon contre saint Georges. 

On ne sait pourquoi ce saint a 6t6 substitu6 au chevalier Gilles ciue.de chin. 
de Chin, de la maison de Berlaimont, k qui une tradition attribue 
la destruction d'un dragon retire dans une tantere aux environs 
de Mons ; ce Gilles de Chin, dont la soci6t£ des bibliophiles de Mons 
vient de mettre au jour le roman 2 . 

II est possible que ce chevalier, qui avait 6t6 k la croisade, s'6tant 

1 Acta SS. Belgti , II , 95 , n. 10. 

2 Barrois , Bibl. protyp., n°* 1293, 2298. Au lieu de Chin , on a imprime Thin. 



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cxlviii INTRODUCTION. 

battu corps k corps avec un £norme lion, en Palestine ' et ay ant 
rapports d'outre mer une t6te de crocodile que Ton conserve en- 
core, on aura tout confondu, et rattach£ cet £v£nement k une cou- 
tume peut-^tre ant&ieure. 
Autcurs qui om ecnt On consultera avec fruit, sur cet objet, les ingenieuses recher- 

sur les traditions lo- 

r«ic rei-tivc. .„* c hes d e M. Eus6be Salverte, et les dissertations de MM. Bottin, La 

dragons . ' ' 

Doucette, Girault, Delmotte 2 , Dulaure, A.Lenoir, le baron Dupin, 
De Gayla, Chandruc-de-Crazannes , Jouyneau-des-Loges , Du Che- 
min-Lachenaye, tloi Johanneau , etc. 3 

Ph. Mouskes raconte que le tombeau de Charles-Martel ay ant 
6t£ ouvert , il en sortit un dragon : 

Noirs et bideus et grans et lonx. (V. 1955.) 

Formation dcsdrapon.. a On diet , c'est Brant6me qui parle, que le dragon se faict et se 

» forme d'un gros serpent , d&vorable qu'il est, en d&vorant et man- 

» geant plusieurs autres serpens et serpenteaux; et, pour ce, on 

» donna k ce dit Caesar (Borgia) pour devise , un dragon d^vorant 

1 Hie equidem Egidius de Cin, dum vixit, omnium militum in hoc sweulo viventium pro- 
bissimus in armis dictus est; qui in transmarinis partibus cum leone ferocissimo solus dimicans 
ilium vicit et inter fecit, non sagitta pel arcu, sed scuto et lancea. Chbo*. Gislbbeiti, 6d. Du 
Chasteler, p. 44. 

2 Recherche* historiques sur Gilles , seigneur de Chin et le dragon, Mons (s. d.), in-8° de 
59 pp., avec 3 planches. — Le docteur Le Plat , dans la preface de sa lettre aux Alacoquistes, 
decrit en tr&s-mauvais style (par parenth&se), la procession de Mons et son dragon, pp. x-xn. 

3 Cf. notre article Dragons , dans le Diet, de la conversation, XXII , 57 ; Alexandre Le Noir, 
Du dragon de Metz, appeti Graouilly , Mem. db l'acad. cbltiqub, II, 1-20 ; Eus£be Salverte, 
Des dragons et des serpens monstrueux quifigurent dans un grand nombre de r&cits fabuleux ou 
historiques, Revue encyclopBdique , mai , 1826, $01-826 ; juin , m6me annee, 628-6$8; 
S. Bottin, Tradition des dragons volans, etc., Abchivbs du fiord db la prance, I, 97-110; La 
Doucette , Du Graouilli de Metz , dans un article sur le departement de la Moselle , France 
litteraire , liv. XI , 1882 , p. -408 ; Girault , Sur la fSte a> la Tarasque , a Tarascon , Mem. be la 
societe des autiq. de PR., 1817, 1. 1 , 2 e part., pp. 421-24; Jouyneau-des-Loges, Lettre sur le 
dragon de Poitiers , appele la Grand' Gueule, et sur le dragon de Niort, Mem. de l'acad. celtiq., 
V, 51-64. Ces memoires renferment aussi des dissertations de M. A. Lenoir, sur le dragon 
Saint-Marcel de Paris , de M. Le Rouge , sur le dragon de Lyon, de M. Eloi Johanneau , sur 
le dragon de Niort, etc. 



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INTRODUCTION. cxlix 

» plusieurs serpens , avec ces mots : Unius compendium alterius 
» stipendium l . » 

Fr£d6gaire raconte que la femme de Klodion, se baignant un Me>owi g De <r U n 
jour dans la mer, fut surprise par un monstre dont elle eut 
M&rowig. Fertur super littore maris > cestatis tempore, Chlodeone 
cum uxore resedente meridie, uxor ad mare lavatum vadens, 
terretur a hestia Neptuni, qui Minotaur o similis earn adpetisset. 
Cumque in continuo aut a hestia aut a viro (facta) fuisset, concepit 
ac peperit filium , Meroveum nomine 2 . VoilA une fable tout-i-fait 
dans le gout des romans. Le Cointe s'empresse de dire , pour Phon- 
neur de Fr6d6gaire, que c'est une interpolation. Mais Fr6d£gaire 
n'&ait-il pas sous Finfluence des id£es et des pr£jug6s de son temps , 
et devait-il, comme quelques savans modernes, montrer un superbe 
m£pris pour la cr6dulit6 du pass£ ? 

Les chansons de gestes sont toutes pleinesde prodiges, pourtant, entire des «den. 
suivant nous, celles qui se fondent sur d'anciennes sagas austra- 
siennes font de ces prodiges un usage plus s6v6re. Le merveilleux 
n'y estemploy^ qu'en passant et comme accessoire; Phomme indi- Genie d u word et de 
viduel, sa force, son courage, voila ce qui joue le plus grand role 
dans les vieilles conceptions po&iques des Francs ; mais en Orient, 
Phomme moins libre , tire d'ailleurs ses moyens d'action : la po^sie 
place en quelque sorte hors de lui ses vertus, ses vices, la cause de 
ses succ^s ou de ses malheurs, et donne une forme fantastique a ces 
id£es abstraites. Alors le merveilleux devient le principal. Cette in- 
fluence s'est fait sentir dans les po&mes composes apr&s les croisades. 

L'Orient se reconnalt surtout dans les metamorphoses produites A c IUO i ion reconn.it 

11 .ill • .11 ii 1« fictions orienUle*. 

par des breuvages et des herbes magiques, telles que celles em- 
ployees par Elegast; dans les combats si souvent r6p&6s entre un Eicgtst . 

1 Guv., Paris, 1824, in-8°, I, 40t. 
* ffitt.fr., li,*9S-96,E, A. 



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cl INTRODUCTION. 

dragon blanc et un dragon rouge, dans un langage proph&ique 
attribu£ aux oiseaux ', et enfin dans les notions astronomiques et les 
proc6d6s industriels , qui 6taient Strangers aux nations chr£tiennes 
de l'Europe , alors moins aranc£es et moins civil is^es que les Arabes 2 . 
Decadence a*, rom.n*. En s'£loignant de son berceau, la po^sie h£roique se denature de 
plus en plus. Elle cessa d'etre d£positaire des souvenirs des races 
antiques et des moeurs des peuples; elle ne sut plus interesser par les 
peintures generates et vraies de l'humanit£. Des fictions pu^riles 
Fabsorb&rent, et sans suivre le mouyement des esprits qui d£si- 
raient, peut-^tre k leur insu, que la draper ie de ces fictions accus&t 
quelque pens^e, sans devenir plus s£v£re sur la forme, quand l'an- 
tiquit£ retrouv^e offrait des formes si pures et si admirables, elle 
tomba dans une bizarrerie d£nu£e d' imagination, dans une pu£rilit6 
priv£e de gr&ce et de naivete. Voili ce qui explique les jugemens 
s£v£res de quelques esprits distingu£s, sur les romans. Don Qui- 
chotte, le dernier des chevaliers errans, donna le coup de grAce k 
ces productions, dont on s'exag&re maintenant le m&rite, en vertu 
de cette loi de reaction qui fait succ^der une extreme faveur k une 
indifference extreme. 

Mais jusqu'ici nous n'avons parte que des machines ^piques. 
Occupons-nous des h6ros eux-m^mes, du moins des plus c61£bres 
parmi ceux que mentionne Ph. Mouskes. 

2. h£ros des chansons de geste. 

A. Charlemagne. 
Cette grande figure domine le moyen Age. De son vivant Charles 

1 Walckenaer, Lettres sur les contes de fifes , 1826 , p. 105. v 

2 La l£gende de Gudrun ou Gudruna , rapporte qu'elle avait mange* une partie du aeur de 
Fafner et qu*elle avait acquis par Ik Intelligence du langage des oiseaux. Gudrunar quida , 
Edda s^mehd., 11 , 270 , cf. K4tr4n , herausg. yon A. Ziemann, Quedlinb., 1835, in-8*. 



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INTRODUCTION. cli 

apparut aux yeux des peuples sous des formes colossales, et en effet, 
la nature Pavait rev£tu de force et de genie. Un tel prince apparte- 
nait de droit k la po£sie qui a eu la pretention d'en savoir sur son 
compte beaucoup plus que Phistoire. 

Dans Turpin, Charlemagne est un g£ant; il estdoue d'une vigueur Merveuieuxaiucwaia 
surhumaine. Godefroid de Bouillon , autre heros populaire d'une mt « nc 
epoque plus recente, a ete represents sous les m&mes traits. Corame 
lui, dit-on, il coupait d'un seul coup un infid&le par le milieu du 
corps, et sa main terrible broyait les corps les plus durs \ 

Gependant ce monarque vainqueur dans tout l'univers et dans son r6u d.„« i es ro - 
mille autres lieux , s'il est permis d'appliquer k un homme si pro- 
digieux, une facetie de theatre, qui rend pourtant assez bien Pexa- 
g&ration naive des trouv^res, ce roi des rois que le ciel protege, 
voit se soulever contre lui, dans les romans, de simples vassaux, 
d'indigens chevaliers. C'est que le moyen age avait efface Punite 
monarchique pour eparpiller partout la puissance, c'est qu'il avait, 
en dSveloppant la f6odalite, mis sans cesse en action le principe de 
la resistance individuelle. Done, malgre sa gloire, les trouvSres ne 
voyaient dans Charlemagne que le suzerain feodal , c'est-A-dire le 
prince sans autorite centrale , dependant de ses barons, et que sou- 
vent ses barons bravaient impunement. 

Que si Charlemagne, dans les monies ouvrages, verse sou vent des 
larmes, il partage cette faiblesse avec les guerriers les plus intre- 
pides. Ces hommes de fer qui affrontaientgatment lamort, n'etaient 
point defendus par la reflexion contre les peines de PAme 2 . 

Aux XII e et XIII e siedes, on chantait dans les rues, au son du 
violon % les gestes de Charlemagne et sans doute aussi de ses com- 
pagnons. Gilles de Paris, dans son po^me, en partie inedit, intitule : 

1 Paquot, Mhn. litt., HI, 3. 

2 V. 21294. 

* FieUa, viiula , vidula, violon ; rocta ou rota , vielle. 



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clii INTRODUCTION. 

Carolinus , compost pour Louis VIII , fils et futur successeur de 
Philippe- Auguste, et dont le cinquteme livTe a seul 6\A public par 
Du Chesne, ensuite plus exactement par Dom Brial, dit, en com- 
mencant le premier livre : 

De Karolo clari prmclara prole Pepini , 
Cujus apud populos venerabiU nomen in omni 
Ore satis claret, et decantata per orbetn 
Gesta solent tnultis aures sopire vielis. 

Pendant les premiers stecles qui suivirent sa mort, Charlemagne 
et ceux qui formaient sa suite ordinaire, durent remplir la Belgique 
de leurs noms, de leurs paroles, de leurs gestes. En effet, malgr£ 
ses expeditions fr&juentes et ses voyages r£it£r£s, Charlemagne de- 
meura souvent dans la partie de l'Austrasie qui est maintenant la 
Belgique, oil il est m&me possible qu'il ait re$u le jour. Les monu- 
mens existans, nous apprennent qu'il c£l£bra les f£tes de Noel ou 
celles de P&ques : 

En 768, k Aix-la~Chapelle, 

En 769, k Duren, 

En 770, k Li6ge, 

En 771, A Herstal, 

En 772, k Herstal, 

En 773, iThionville, 

En 776, k Herstal, 

En 777,&Nim6gue, 

En 778, k Herstal, 

En 783, la Paque k Thionville; Noel, k Herstal. 

En 784, k Herstal, 

En 788 et les onze ann£es suiyantes, k Aix-la-Cha- 
pelle, 



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INTRODUCTION, cliii 

En 806, AThionville et k Nim^gue, 
En 807 et jusqu'i la fin de sa vie, k Aix-la-Cha- 
pelle. 

II conyoqua £galement les assemblies publiques dans ces lieux , 
et en 771 , il en tint une k Valenciennes. 

L^pisode de Charlemagne et d' Amalberge se passe en Belgique ! . Amuberge. 

Cest dans la langue de la moitte des Beiges qu'a 6t6 racont^e la 
16gende de Charles et $ftUgast> mentionn^e, en passant, par Albe- u g cnde a. cwi« et 
ric de Trois Fontaines, qui cite son autorit£ : utin cantilena dici- 
tur 2 , et k laquelle le fabuliste allemand Vrouwenlop 3 et l'auteur 
du Titurel 4 font allusion. II est vrai que les profonds philologues 
Van Wyn et J. Grimm 5 sont d'avis qu'elle n'a pas6te 6crite originai- mm. v.* wyn * 
rement en flamand; ils estiment qu'elle a 6i£ emprunt^e k une saga 
danoise, oil Eggerik d'Eggermonde (Aigremont) est remplac£ par 
Ramfroid, comte deTungerborg, qui ambitionne de devenir roi de 
Tongrie, et oil la sc6ne est dans les Ardennes, ce qui semble annon- 
cer que le trouv&re danois a consults quelque legende austrasienne , 
et que la saga danoise est plus beige au fond que le po6me flamand. 

Cette nouvelle, £tincelante d'originalit6, dans laquelle Charles- 
le-Grand, par ordre du Ciel, s'associe k une troupe de voleurs, a 
6t6 imprim£e trois fois , mais il reste k peine un exemplaire de cha- 
cune de ces Editions. De celles-ci, M. Hoffmann de Fallersleben m. Hoffman deF.iie«. 
qui a r&mprim6 le po£me 6 , n'en connaissait que deux. M. Serrure M.sermre. 

1 Tome I OT , p. 167 , et plus bag article de Turpin. 

2 Ad ann. 788 ,Leibnitzii Access., t. II, p. 1 , p. 120. 

3 Mort a Mayence , en 1317. Voy. Bragur, II, 381 , 382. 
* td. de U77, str. 4153 , fol. 202. 

5 Avondstonden , I, 308-312; Museum fur altdeutsche LUeratur und Kunst, II (1811), 
226-236. 

6 HorcB Belgicw^lY'j Caerl ende Elegart, Lipsiae, 1836, in-8°. Ce poeme contient 1380 
vers; Hotcb Belgicm, I, 62; Siegenbeck, Precis de Vhist. litt. des Pays-Bas, trad, par 
J. H. Lebrocquy , Gand, 1827, in-18, p. 29. 

Tom. II. 



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cuv INTRODUCTION. 

m. Mone. a d&xmvert la troisteme. De son cote, M. Mone a publie dans ses 

Anzeiger \ un fragment de 237 vers, d'aprfes une feuille de par- 
chemin qui avait servi k la reliure d'un manuscrit de la biblioth6- 
que d' Arras, et son texte est preferable k celui des imprimes, sous 
le rapport de la puret£ de la langue et de l'anciennet£ des formes. 
L^criture de ce fragment n'est pourtant que du XIV e si6cle. 

m.j DcSaiot-Genois M. le baron Jules De Saint-Genois, qui, dans V Observateur 
du 28 mai 1836, avait ins£r£ un article piquant sur Caerl ende 
Elegast, a enrichi le Messager des sciences et des arts de la Bel- 
gique 2 d'une traduction fiddle et libre k la fois , dont il a fait tirer 
k part un petit nombre d'exemplaires. Pour nous, nous en avons 
essay 6 une imitation en vers fran$ais, qui trouvera sa place ail- 
leu rs. 

Enfin M. Champollion - Figeac vient de publier un fragment 
in&lit de la fin du VIII e si&cle , relatif k Fhistoire de Charlemagne 3 . 
Apres le h£ros, le chantre. 

B. Turpin, Tulpin, Tilpin. 



p.r 



Histoire du vr.i Tar. Get eccl£siastique , auquel on donne quelquefois le prtinom de 
Jean, et qui, d'apr^s Gilles de Paris, auteur du Carolinus, portait 
aussi le nom d'Eutopius, fut d'abord moine k S^Denis. II devint en- 
suite archev&jue de Reims, et son nom est plac£ le vingt-neuvi&me 
ou le trenti&me dans le tableau chronologique des pr£lats de cette 
^glise, entre Abel et Wlfar. Toutefois les savans different entre eux 
sur Fannie de son Election. De Gastillion 4 la place en 756 et Dom 

1 1835 , 832, 337. Beaucoup de vers du fragment sont incomplete. 

2 1836, 199-229. 

3 Paris , F. Didot , 1837, in-8° d*une feuille et demie , avec un fac simile. Cf. une disserta- 
tion de M. Eloi Johanneau , intitulce : Variant es sur V histoire fabuleuse de Charlemagne. 

4 Sacra Belgiichronologia, Brux., 1719, p. 262. 



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INTRODUCTION. clv 

Rivet ', en 753. Cette derniere opinion parait la plus probable k 
M. Daunou 2 . 

En 769 , Turpin assista , avec onze preiats fran^ais , au concile de 
Rome, oil Etienne III fit condamner Panti-pape Constantin. Le 
Recueil des historiens de France 3 contient une lettre que lui 
adressait Adrien , vers 775. 

Entre autres bonnes ceuvres, il enrichissait la biblioth6que de 
son egfise, et faisait copier des livres. II obtint de Charlemagne 
quelques privileges. Tritheim et d'autres ecrivains ajoutent qu'il 
etait le secretaire de ce prince, son ami, son compagnon d'armes; 
mais \k , dit M. Daunou , commencent des details fabuleux, indignes 
de Phistoire. 

On raconte, par exemple, que l'archeveque voyant Charles res- 
ter eperdument amoureux d'une femme morte , saisit un moment 
favorable pour visiter le cadavre de la defunte, y trouva un an- 
neau sous la langue, s'en empara et devint ainsi lui-m£me l'objet 
de la passion du monarque, jusqu'i ce que l'anneau ayant ete jete 
dans un lac, Charlemagne , epris des charmes de ce lieu , y fit bAtir 
un palais , un monast&re et un tombeau oil il voulait £tre enterre. 

II ne serait pas etonnant que Turpin eut ete un pr£tre guerrier, 
puisqu'en 743, au concile de Lessines, Carloman avait ete oblige 
de defendre aux pr£tres de prendre les armes et de faire la guerre. 
Cependant il avait regie qu'un ou deux preiats seraient choisis par 
le prince pour ceiebrer Poffice divin k l'armfe, et porter avec leurs 
chapelains les reliques des saints qui lui servaient de sauvegarde. 

Cette defense ne fut gu^re respectee , et Charlemagne se vit oblige 
de la renouveler par la suite. Turpin a done pu etre un de ces digni- 



1 Hist. Hit. de la Fr., IV, 205. 

2 Biograph. univ., XL VII, 94. 
» V, 598-95. 



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clti INTRODUCTION. 

taires, d£sign£s par le prince pour Faccompagner dans ses expedi- 
tions , et que la n6cessit£ forsait quelquefois k payer de leur personne. 

II n'est pas facile de determiner l'ann£e oil il mourut. Aubert Le 
Mire * adopte Pan 811; Gastillion fixe ce d6c6s au l er novembre 795. 
m d.dooo. D'autres conjectures varient entre 788 et 830; M. Daunou penche 

avec les auteurs de la nouvelle Gallia Christiana 2 , pour 794, ou 
plutot avec Dom Rivet, pour 800; il pr6f6rerait m^me cette derni&re 
date, maisen ne la donnant que comme approximative. 

Turpin fut inhum£ dans son £glise ; Hincmar lui fit une £pitaphe 
en dix vers latins. Suivant des bruits populaires, Turpin, mort A 
Roncevaux , ou Ton conservait d'^normes pantoufles, qui pr6ten- 
dument lui avaient appartenu % fut enseveli dans Pabbaye de Sor- 
dres, pr&s d'Ax, au pied des Pyr6n£es, en presence de Ranulphe 
et d'Albon, fibres de Samson , due de Bourgogne, comme portait la 
pancarte de la fondation de Charlemagne , que J. De la Haye 4 
assure avoir vue entre les mains du sieur D'Achiles, abb£ dudit lieu; 
chose tr^s - possible , les chartes fausses, les dipl6mes fabriqu& 
6tant malheureusement trop communs. 

I/archev£ch6 de Reims resta vacant pendant les premieres an- 
n6es du IX e si&cle; Charlemagne le retenait sous sa puissance, ce 
qui suffiraitpourr&iiter Fopinion de ceux qui prolongent la carri&re 
de Turpin j usque sous Louis-le-D6bonnaire 5 . 

Turpin, suivant Tritheim, £tait aussi fort en prose qu'en vers, 
carmine etprosa exercitatum hahens ingenium. 

II 6crivit, dit-il {scripsit eleganter), Gesta Caroli Magni libris II, 
Epistolarum ad diversos librum I. 

1 Bibl. ecclee., Antv., 1639, in-fol., p. 228. (Cette pagination se reproduit deux fois par 
erreur typographique.) 

2 IX, 28-30. 

3 GaUlard, Hist.de Charlemagne, II, 201. 

4 Les me" moires et recherche* de France, p. 40; F. Michel, la Chanson de Roland, p. 219. 

5 Daunou , Biogr. univ. y 1. c. 



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INTRODUCTION. clvii 

On attribuait de plus k Turpin un ltpitome des rots, qui fut 
traduit en frangais au XIII e si&cle \ 

II est aujourd'hui de la plus complete inutility de prouver que le 
roman qui porte mal k propos le titre de Chronique ou d'histoire 
de Charlemagne, ne peut £tre de Turpin. Mais il serait curieux de 
fixer l'^poque de la redaction et le nom de Pauteur de cet ouvrage, 
en indiquant les mat£riaux qui ont servi k le composer. 

Papire Masson le croyait £crit un peu apr&s le r6gne de Charles- opinion, d™™* ,«, 
le-Chauve, c'est-A-dire vers 877 de^ e i™/ t r*n a t n 

DeMarcaetDom Rivet au X e stecle 900-999 

L'abb6 de Longuerue, deux si&cles apr&s la mort de 
Charlemagne 1014 

Huet , au XI e stecle. 

Gui Allard et M. Daunou 1092 

Voltaire, k peu pr&s vers le m6me temps. 

J. H. Schminck, 6diteur d'Eginhard (Utrecht, 1711, 
in-4°) 1100 

LaCurnedeS te -Palaye 1100 

CasimirOudin 1109-1124 

Ginguen^, j 1100-1124 

L'abb£DeLaRue,j 

M. Sismondi, au commencement du XII e sifecle ou 
en 1085 

M. Marchal 1154 

De Foncemagne et Dom Brial, un peu avant. . . 1 170 

M. Mone, dans la seconde moitte du XII e stecle. 

M. P. Paris , du X e au XIII e stecle. 

Entre ces diflforentes opinions, s'il en est plusieurs qui donnent au 
roman attribu6 k Turpin une anciennet6 trop grande, il en est 

1 L'abte Lebeuf , Mem. de Vacad. des inscriptions et belles-lettres , XVII , 7S8. 



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clviii INTRODUCTION. 

d'autres, au contraire, qui le rajeunissent de plusieurs ann£es. Cest 
le terme moyen qui fournira encore cetle fois la v£rit6. 

Cherchons d'abord dans Pouvrage m^me ses caract£res d'anti- 
quit£ ou de jeunesse. 
Le, doute pairs Les douze pairs de Charlemagne paraissent dans une foule de 

romans et d'autres poesies , m£me dans ceux qui sont consid6r6s 
comme les plus anciennement composes. Turold, auteur de la 
Chanson de Roland, ne manque pas d'entourer Charlemagne de ce 
noble cortege. 

Le roman du Brut, de R. Wace, contient peut-6tre la plus an- 
cienne mention po£tique des douze pairs. Gofier, roi des Poitevins , 
va demander du secours en France : 

Li rois en ot dol et pesance , 
Por querre aie ala en France , 
As dose pers qui la estoient, 
Qui la tcrre en douse partoient, 
Cascuns des douse un fi£ tenoit 
Et roi apeler se faisoit. 
Gil douse ont a Gofar promis 
A vengier de ses anemia '. 

Or on sait que le Brut fut compost en 1 155, et \oilk qu'i cette 
6poque, les pontes eux-m6mes parlent des douze pairs comme d'une 
institution bien connue, et qui, par consequent, n'^tait pas de la 
veille. D'oii il suit que Le Grand D'Aussy 2 et tous ceux qui ont sou- 
tenu la m£me opinion que lui, se sont tromp^s en ne pla$ant l'6ta- 
blissement des douze pairs qu'au commencement du XIII e sitale. 

Autre preuve dans le roman d' Alexandre, dont les premieres 

1 Philippe Mouskes, v. 28849; Hist. lift, de la France , XV, 162 ; XVII , 621. 

2 Notices et extraits des manuscrits , etc., V, 112. 



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INTRODUCTION. cilx 

branches sont du XJI e si6cle. Aristote conseille k ce prince de cr^er 
douze pairs , qui auront la conduite de ses troupes : 

Elisez douze pairs qui soient compaignon , 
Qui menent vos bataille par grant d^vocion. 

Mais ce n'est pas seulement le monarque qu'on repr^sente entre 
ses douze pairs. Les vassaux, m6me inferieurs, affectaient ce nom- 
bre, soit k Pexemple du maitre , soit conform^ment k des coutumes 
dont Forigine est ignor^e. 

II Tot en Vauvenice {Fauv enter) XI 1 per* molt felons. 

P arise la Duchesse , p. 4. 

Dedens le chastel Wriol 
Avoit XII per* k estage. 

Le Lai fflgnaurfo , p. 6 , 7. 

L^glise de Cambrai avait ses douze pairs , qui y furent cr6£s , a en 
croire Carpentier, par Pempereur Othon *, en faveur de P6v£que 
Rothard , d6c<kI6 vers Tan 995 2 . 

II existait^galement en Hainaut douze pairs , que Vinchant, avec 
assez de vraisemblance , pretend avoir £t6 institu^s par la comtesse 
Richilde et son fils Baudouin, apr&s Tan 1076 3 . 

Leur existence, avant Tannic 1 165 , est certaine, puisque Nicolas, 
6v6que de Cambrai, en parle dans une charte qui porte cette date et 
ou ce pr^lat se reporte k une 6poque beaucoup plus recuse : . . . Arm- 
quitatis argumento, comitem et servientes suos, ministeriales quo- 
que, dapiferum scilicet, pincemam, pistorem, camerarios et 
portarium, cocum et culcitrarum portitores , duodecim etiam pares 

1 Nous avons eerit indistinctement Othon ou Otton , suivant les textes places sous nos yeux. 

2 Hist, de Cambrai, 1 , 94. 

3 Annales , etc., p. 10. 



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clx INTRODUCTION. 

cum domestivis et servientihus , et canonicos cum familia sua, 
parochianos et Johannis fuisse collegimus \ 

Nous avons trouve, dit l'6v£que, par des documens anciens, que 
les douze pairs de Hainaut etaient paroissiens de saint Jean. Ge pas- 
sage decisif a 6chapp£ a Dom Brial et aux autres Remains qui ont 
recherche Porigine des douze pairs en France. 

Les chroniqueurs veulent qu'en Flandre ce soit Baudouin-Bras- 
de-Fer qui ait £t£ le fondateur des douze pairs. Rien ne prouve cette 
assertion, mais il est certain que ['institution remontait tr£s-haut, 
puisque, suivant Meyer, Robert-le-Frison £leva, en 1069, le sei- 
gneur d'Ardres au rang des douze pairs, et que celui-ci cr6a lui- 
m6me, dans sa petite seigneurie, douze semblables pairs, vers le 
m6me temps 2 . 

Si Ton doutait du fait avanc6 par Meyer, il faudrait se rendre k un 
document authentique, d^couvert par M. Moke : e'est un fragment 
de la paix jur£e par Robert de Jerusalem , comte de Flandre, qui 
r6gnade 1093 k 1111. On y lit : 

Nohilis et miles cum XII de paribus suis sacramento sepurget*. 

Ge passage n'est pourtant pas relatif aux douze pairs du comte, 
mais etablit que dans l'esprit des institutions du pays, le nombre de 
douze pairs * £tait depuis long-temps reconnu comme n6cessaire 
dans certaines procedures et affaires litigieuses. 

C'est dans les lois et usages des Francs qu'il faut chercher la 
raison de restitution des douze pairs, plutot que dans des hypo- 
theses plus ou moins ing£nieuses, mais tiroes de loin. 

Un acte de Childebert et de Chlotaire, qui appartient k peu pr6s 

1 Miraeus, Notitiaeccles. Belg.^c. 84; Oper. dipL, I, 697. 

2 Warnkcenig, Hist, de Fl., II, 101. 

3 Le merae, ibid., I, 168, note. 

4 Les pairs de Valenciennes n'&aient que six en nombre , comme les anciens pairs laiques 
de France. 



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INTRODUCTION. clxi 

k l'ann£e 593, porte : 

Si quis ingenuam personam pro furto ligaverit, et negator 
extiterit, duodecim juratores medio* electos dare debet quod furtum 
quod objicit, verum sit l . 

Des capitulaires ajout£s k la loi des Allemands, vers 630, con- 
tiennent ces dispositions : 

Si quis in revo plagatus fuerit in pectus aut in latus, solvat 
solidos duodecim , aut cwm duodecim medios electos (sic) jure t 2 . 

Si quis alterius ingenuam de crimina seu stria aut herbaria 
sistit ipsam cum duodecim medios electos.... componat 3 . 

L'auteur des Gesta Dagoberti, qui vivait au commencement du 
IX e si&cle , parlant d'une dissension 6\e\6e entre Clotaire et son fils 
Dagobert, dit qu'ils choisirent douze arbitres pour terminer leur 
difl&rend : Electis igitur ab his duobus regibus duodecim francis , 
ut eorum disceptatione hcec finiretur intentio \ 

II serait facile de multiplier les citations et de montrer partout la 
n6cessit6 des duodecim juratores , duodecim medii et electi, duo- 
decim testes y duodecim sacramentales * , etc. 

Que conclure de tout ceci ? Que non-seulement les douze pairs de 
France existaient avant le XIII e stecle; mais qu'ils 6taient ant^rieurs 
k Fannie 1 179, oil Ton veut que Louis-le-Jeune les ait cr66s % sans 
cependant admettre avec Favin , qu'ils aient 616 institu6s par le roi r„m. 
Robert. 

Qu'en outre , quand m&me on les aurait £tablis k cette £poque , il 
n'6tait pas n^cessaire d'aller en chercher Yid6e dans un roman , 

* Baluze et Chiniac , Capital., 1,15. 

* Ibid., 85. 

3 Ibid., 87. 

4 Becueil des hist, franc., II , 582 , E. 

* Capitul., 1,65,115, 117,121, 126, S20, 1265. 
6 Van Praet, Catalog.de La Falliere, II, 159. 

Tom. II. v 



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clxh INTRODUCTION. 

ainsi que Pa pens£ Dom Brial , qui s'imagine que la reputation du 
faux Turpin a pu inspirer l'id£e de borner le nombre des pairs k 
douze. 

D'abord parce que ce nombre se trouve dans les premiers monu- 
ment l£gislatifs des anc&res des Frangais ; en second lieu, parce que 
des princes et vassaux auraient offert aux rois de France un exemple 
plus puissant et plus significatif qu'un simple livre ; enfin , parce 
que les douze pairs ne sont pas m£me dans ce livre, d'oii on les fait 
deliver. 

Dom Br«.i. II est d'autant plus surprenant de voir le docte Dom Brial affirmer 

que les douze pairs sont mentionn£s dans Turpin, que cette assertion 
pr6c£de le texte m£me de sa pr&endue chronique : Ut emm daminus 
noster Jesus-Ckristus una cum duodecim jlpostous suis et discipulis 
mundum acquisivit, sic Carolus, rex Gallorum et imperator Ro- 
manorum, cum his pugnatoribus Hispaniam acquisivit ad decus 
nominis Dei \ His pugnatoribus , voilA les mots oil Dom Brial trouye 
les douze pairs de France, tandis qu'il n'est question ni de pairs, 
ni de douze, et que his se rapporte k des paladins d6j& nomm& et 
dont le nombre est beaucoup au-dessus de douze. 

Eichoro. Cette erreur a 6\6 commise aussi par Eichorn , qui , pour fortifier 

son opinion (d'ailleurs probable), que Turpin a puis£ dans les r£cits 
orientaux beaucoup de choses qu'il a racont£es de Charlemagne , 
dit , entre autres, que ce monarque , entour6 des douze pairs, rap- 
pelle Kaihon entour6 de douze seigneurs. 

Le faux Turpin ne parle done pas des douze pairs, et cela est un 
signe d'antiquit6 qui lui assigne une place ay ant tous les romans oil 
il en est question, et dont on ne saurait citer jusqu'ici aucun qui 
soit d£monstrativement du XI e si6cle. 

1 Ch. XI du faux Turpin , p. 496 de notre premier volume. Recueil dee hist, frame ., XVII , 
p. xxii de Disquieitio de origine pareriarum Francim et de instUutione duodecim parium. 
Hist. litt. de la France, XVII, 256. Journal dee eavane, hot. 18*2, p. 670. 



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INTRODUCTION. clxiii 

U ne resterait qu'une objection k faire : ce serait de soutenir que 
l'auteur du faux Turpin, pour mieux deguiser son artifice , a eu 
soin de passer sous silence une particularity qui aurait pu le trahir. 
Mais cette raison serait bonne , s'il avait pris constamment cette 
precaution et si sa chronique n'etait pas un perpetuel anachronisme. 

Continuous notre examen. 

Le faux Turpin dit que Charlemagne soumit k son pouvoir une Examen d« u chroni- 
multitude de contr£es , parmi lesquelles la Lorraine ou Lotharingie l . Jie-meme. 
Or ce dernier nom ? on le sait, ne commen9a k etre en usage que, 
lorsqu'en 855, Lothaire II, second fils de Pempereur Lothaire, 
obtint la partie de PAustrasie k laquelle s'attacha son nom; m£me 
M. Daunou ne veut point reconnaitre Pusage de cette denomination 
g^ographique avant Pannee 901 2 . 

Des noms de fiefs et seigneuries qui n'existaient pas non plus du 
temps de Charlemagne, se rencontrent en outre dans Turpin, qui 
a du etre fabrique par consequent apr£s le IX e si&cle. 

Dans un autre endroit, Turpin dit que Charlemagne donna le 
Portugal aux Danois et aux Flamands. Terram Portugallorum 
Dads et Flandris dedit \ Mais le nom de Portugal, observe M. Sis- m. asmon*. 
mondi 4 , ne doit avoir commence qu'avec cette monarchie, dans 
le XII e siede ; toutefois il paralt dans la seconde moitie du XI e , 
mais pas avant. Le plus ancien titre oil ce nom ait et6 employe est 
de Fan 1069. On le conserve soigneusement dans le monast&re 
d'Aroun 5 . 

Done remontant de plus en plus vers le present , nous sommes 

1 C. II , t. 1 , p. 490. 

2 Biograph. univ., XLVII , 94. 
» C. XVIII, 1. 1, p. 505. 

4 De la lift, du midi de F Europe, 6d. de Brux., 1837, 1, 180, note. 

5 Gaetano de Lima, Geogr. hist., 1 , 86; Maltebrun, Precis de la gtogr. unit., ecUtion de 
Bruxelles, Berthot, 1829, IV, 822. 



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cmv INTRODUCTION. 

autoris£s k conjecturer que la Chronique de Turpin n'a point pr£- 
c£d£ la derntere moiti£ du XI e stecle. 

Le terme Daci lui-m£me, pour Dani, est, jusqu'A un certain 
point , Pindice d'une 6poque r6cente. II ne se lit point dans Saxo 
Grammaticus, qui mourut vers 1204. Gependant cette expression a 
6t£ employee au XII e si&cle. M. J. Grimm en cite des exemples f ; il 
y a plus , deux ^crivains du X c sifecle , publics Tun par Du Ghesne a , 
Pautre par M. Pertz, emploient ^galement cette forme , si du moins 
leur texte n'a pas 6t6 alt6r6. 

Ainsi cette observation ne renforce point la pr^cedente. 

Turpin, au chapitre XVIII, fait cette description : Et erant 
omnes Saraceni simul coadunati, et in medio illorum erat plans- 
trum y quod octo 3 boves trahehant, super quod vexillum rubeum 
eorum elevabatur : mosque erat quod nemo fugeret, quamdiu 
vexillum eorum ereclum videret 4 . 

Dans la note sur limitation de ce passage, par Ph. Mouskes, 
nous avons cit£ le caroccio de Milan, d£crit par Girolamo della 
Corte 5 . 

Les auteurs de P Art de verifier les dates avancent que le caroccio 
fut invents par H^ribert, archev&jue de Milan, pendant la guerre 
qu'il faisait k Pempereur Henri-le-Noir, vers Pan 1039 6 . 

Le caroccio (en allemand Fahnentvagen) paratt dans les croisades 
et Godefroid Vinisauf le repr&ente en detail 7 , sous Pannee 1191. 

1 Beinhart Fucks, p. Lxxxvm. 

2 Dudo de Moribus Nortnann., lib. 1 ; Du Chesne, pp. 68-64 , Chronicon degestxs Norman- 
norum in Francia, dans Pertz , Mon. Germ., I , 532. 

3 La trad, de 1527, met septbcsufs. 

4 T.I, p. 505. 

5 V. 6866. 

6 Ed.in-8°, VII, 813. 

* IV, 10, p. 349; Wilken, Gesoh. der Kreuttuege, IV, 899, VI, 148, 249; Mtchaud, 
Hist, des Croisades , 4 e ed., II , 410 , HI , 468. 



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INTRODUCTION. clxv 

Get £tendart ne pouvait pas avoir 6t6 emprunt£ aux Sarrasins , 
puisqu'd. la vue de celui des chr&iens ils s'effray&rent. 

Done encore une fois e'est apr&s le milieu du XI e si&cle qu'il faut 
chercher l'originedu romande Turpin. 

On a remarqu£ qu'il y est fait mention du chant musical £crit chMuurquttreiigor 
sur quatre lignes, pratique qui ne remonte qu'au XII e si&cle ! . 
Mais le passage relatif k cette innovation musicale ne se trouve 
que dqns une des additions qui paraissent post£rieures au texte 
de Turpin, et ne font point partie des chapitres publics par 
Schardius et Reuberus. Voici , du reste , ce passage : Et sciendum 
quia non est cantus secundum musicam, nisi per quatuor tineas 
scrihatur 2 . 

L 9 abb£ De la Rue , philologue instruit et judicieux , mais par- 
fois dur et tranchant, prononce que notre roman ne fut fabriqu£ 
que dans les premieres ann£es du XII e si&cle, puisqu'il y est ques- 
tion de la premiere croisade 3 . Nous avouons qu'il nous a et£ 
impossible d'y d^couvrir cette mention, ni m£me rien qui s'y rap- 
porte. 

Comment le Turpin aurait-il fait son apparition dans la premiere 
moiti£ du XII e si&cle, et k plus forte raison dans la seconde, si d&s 
Fannie 1 122 (1 123) , le pape Calixte II Finvoquait comme authen- Le P . P ec«i»*te ». 
tique, ce qui suppose une vogue fort ant£rieure? On a 6t6 chercher 
ce fait dans le Fasciculus temporum et dans le Magnum Chronicon 
Belgicum. Sans prendre la peine de verifier la citation , on pouvait 
recourir aux lettres du pape Calixte, dont M. P. Paris a donn£ en 
partie Poriginal 4 , et qui ont £t£ traduites k la fin du roman de 
Turpin, de P&lition fran^aise de 1527, sous ce titre : E&pistredu 

1 Daunou , Biogr. univ., XLVII , M. I/abte Le Beuf a fait la m6me remarque. 

1 Voy. notre tome I 61 ", p. 627. 

1 Essais hist., I, 1S6, note. 

4 Le$ manuscriis francais, Paris , 1886 , 1 , 215-16. 



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clxvi INTRODUCTION. 

pape Calixte touchant les pardons et indulgences de ceux qui meu- 
rentpour la foy de nostre seigneur contre les infiddles. Apr&s une 
exhortation k imiter ceux qui combattirent les infid£les, on lit : 
Vous savez comment Charlemaigne , roy des Gaules, tr&s-bien 
famd et renommd, a surmonte tons auUres roys chrestiens en allant 
es Espaignes et plus faisant de chemin que nul aultres, par peine* 
et laheursy en mettant les infid&les a mort y et les combattant ; et 
comment le benoist Turpi* , arcevesque de Reims , son associti et 
compaignon a relachd lespesches et offences de tous ceulx qui furent 

et iront aux Espaignes pour combattre la gent infidele comma 

nous lisons dedans ses gestes , etc. 

A la fin il est dit : Bounce en Vesglise de Sainct Jehan de Latran 
au jour du dimenche de Letare Jerusalem, prtsens et assistans 
cent evesques au concille depuis Pasques jusques a la feste sainct 
Jehan-Baptiste, etc. 

G'est le neuvi&me concile g£n£ral ou concile de Latran, assemble 
depuis le 18 mars jusqu'au 5 avril, selon Mansi, ce qui ne r6pond 
pas exactement k Paques, arriv£ , en 1 122, au 26 mars, et, en 1 123, 
au 15 ayril, ni k la f&te de saint Jean-Bap tiste , dont la nativity se 
c£l&bre le 24 juin et la decollation le 29 aout. En outre, il se trouva 
k ce concile , non pas seulement cent ev&jues, mais plus de 300, et 
plus de 600 abb& , en tout pr&s de mille pr&ats. 

II y aurait, on s'en aper$oit, quelques motifs de suspecter cette 
pi&ce, que le P. Labbe n'a point admise dans le vingt-septi£me 
volume de ses Concilia. Toutefois l'anciennet£ des manuscrits atteste 
que le roman de Turpin existait avant le XII e si^cle. Vers 1160, 
Julien, archev&jue de Tol6de, en trouva un dans Fabbaye de 
Geoffroi, P rieurdu vi- St-Denis; peu d'ann£es apr&s, Geoffroi, prieur du Vigeois, en rece- 
vait un autre, d£j& fort vieux, envoys d'Espagne, et en offrait au 
clerg£ de Limoges et aux religieux de S t -Martial le texte rectifte et 
amplify, avec une preface, seul reste de ce travail , laquelle nous 4 



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INTRODUCTION. clxvii 

6b6 conservde par Oienhart \ a J'ai re?u derni&rement de l'Hes- 
p£rie, avec une grande satisfaction , dit-il , l'histoire des triomphes 
6clatans de Charlemagne , et des hauts faits d'armes par lesquels 
l'illustre comte Roland s'est distingue dans ces expeditions. Je Pai 
fait copier avec grand soin, attendu que nous ne savions de ce 
qu'elle renferme que ce que les jongleurs en racontaient dans leurs 
chansons. Comme le texte, par la negligence des copistes, en 6tait 
corrompu et le caract&re presque efface en plusieurs endroits , je 
me suis appliqu£ k le corriger, non en retranchant les choses qui 
m'ont paru superflues, mais en ajoutant des choses essentielles qu'on 
y avait omises 2 . Toutefois de peur que quelqu'un ne s'imagine que 
je veux par Ik d&roger aux louanges si bien m£rit£es du c£l&bre 
Turpin, je declare que j'implore le suffrage de ce grand pr£lat, pour 
obtenir gr&ce au tribunal du souverain juge. » 

Oienhart conclut de 14 que ce roman ne devait pas 6tre fort oienwt. 
ancien vers 1178, puisqu'on n'en avait point de connaissance en 
France avant ce temps. Mais pour 6tre inconnu dans le Limousin , 
il ne l'&ait point n£cessairement partout , et le d£faut de relations 
litt&raires qui se faisait sentir alors, rend cette observation plausible. 
Dom Brial, pour r^futer Oienhart, presume qu'on n'envoya d'Es- 
pagne, k Geoffiroi, qu'une traduction fran^aise, celle que quelques- 
uns attribuent k Michel de Harnes, d'autres k maitre Jehan. Gela mumi * Hm»*. 
nous paraft pen probable , pour ne pas dire impossible, la traduc- 
tion faite par Michel de Harnes £tant de l'annte 1207. 

A l'occasion de la canonisation de Charlemagne, laquelle eut 
lieu k Aix-la-Chapelle, en 1 165 , on composa une vie de cet empe- 

1 Notitia Vascon^ p. 191, Hist. litt. de la France, XIV, S45; Dom Brial, Dissert, sur la 
pairie 9 au commencement du t. XVII du Reeueildes hist, franeais, p. xxii-ui. 

2 Cette premiere traduction de Dom Brial (1817) n'est pas conforme au texte, ou on lit au 
contraire : Non superflua addens, sed qua minus erant necessaria subtrahens. Dom Brial a 
traduit ensuite plus exactement dans sa Dissert, sur la pairie (1818)* 



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cLxviii INTRODUCTION. 

reur, ou l'auteur ins&ra textuellement des chapitres entiers de Tur- 
pin, ce qui proirve que celui-ci 6tait, quoique rare, plus r6pandu 
dans le nord que sur les bords de la Loire ' . En outre , l'office de 
saint Charlemagne , c£16br£ d£s-lors a Aix-la-Chapelle , fut tir£ de 
Turpin : a L'on fait tous les raois k Aix-la-Chapelle , disent Mart&ne 
» et Durand, Toffice de saint Charlemagne , mais on y est si peu 
)> £clair£ , qu'au lieu de prendre les lemons dans les meilleurs au- 
)) teurs qui ont £crit de ce grand prince, on les tire des actes fabu- 
» leux du faux Turpin 2 . » f 

m. p.pans. M. P. Paris, dans la preface des Chroniques de St-Denis, parle 

d'une traduction de Turpin faite ou copi6e par Nicolas de Sen lis, et 

Hague, de ch^mpd'A- d£di6e su comte de Saint-Pol et k sa femme la comtesse Yolande, 
p e o n i!Yoi.ndedeH«i. soeur de Baudouin V, dit le Courageux, comte de Hainaut. Or 
Hugues de Champ-d'av6nes, comte de Saint-Pol et mari d 1 Yolande , 
ay ait quitt£ la France pour la croisade, en 1201 , et 6tait mort k 
Constantinople , en 1205. II suit de \k qu'il est vraisemblable que 
cette traduction lui a £t£ offerte k la fin du XII e si&cle. 

En outre, ce qui suit prouve que le texte latin existait vers 1171, 
en Bourgogne, mais 6tait presque ignor£ dans la plupart des abbayes 
de France. Le traducteur dit que beaucoup de gens ont oui conter et 
chanter de Charlemagne, mais rien de plus faux que ce que contaient 
et chantaient jongleurs et chanteurs : 

Bedouin v, comte de a Nus contes rim£s n'est verais ; tot est mengongie 90 qu'il en 

Hainaut, son admi- # # »• t • i 

tion^ pour ch.rie- >} dient ; car ll ii en sievent riens tors quant por oir dire. Li bons 
» Baudoins, li cuens de Chainau si ama most Karlemaines, ni ne 
» vout onques croire chose que Torn en chantast. Ainz fit cercher 
» totes les bones abeies de France e garder par tot les aumaires por 
)> saver si Tom i troveroit la veraie ystoire. Ne onques trover ne li 
» porent li cler. 

1 Voy. notre tome I e % p. 625. 

2 Voyage litUraire, 1724, p. 202. 



magne 



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INTRODUCTION. clxix 

» Tant avint que uns sis clers si ala en Borgognie por Pestoire 
» querre eissi cum k Deu plut; si la trova k Sans en Borgognie. Icele 
» istoire meismement que Turpin li bons arceyesques de Reins 
» escrit en Espagne , 

» Li clers au bon comte Baudoin contrescrit (copia) Pestoire et k 
» son signor Paporta qui most la tint en grant cherts tant que il 
» vesqui. E quant il sot qu'il dut iriorir, si envoia son livre k sa 
» seror la bonne Yolent, la comtesse de Saint-Pou, et si li manda 
» que par amor de lui gardast le liyre cum ele vrvroit. 

» La bone comtesse ha gard£ le livre jusqu'A ore. Or si me proie 
» que je le mete de latin en romans sans rime ! » 

Pour aider k determiner P^poque ou vivait Pauteur pseudonyme 
de Turpin, voyons quels £crivains Pont le plus anciennement cit£. 
Aucun des auteurs qui ont £crit de Pan 800 k 1000, n'a eu connais- 
sance de sa chronique. Le m^nestrel d'Alphonse, comte de Poitiers, 
Pun des fr&res de saint Louis, la signale comme Pune des autorit6s 
sur lesquelles il s'est appuy£ pour 6crire sa compilation. II a puis£, 
dit-il, el livre Guetin qui dit que il norri Carllemaigne , et en une 
estoire que Ven appelle Thupin \ 

U est cit6 en outre par Rodolphe de Tortaire , moine de Fleuri , 
qui £crivait de 1096 k 1145, et il a 6t£ connu de Godefroid de 
Viterbe, au XII e si£cle. 

En r£sum£ la chronique de Turpin semble appartenir A la seconde Resume. 
moiti£ du XI e si&cle. 

Maintenant quel en a £t£ Pauteur? Cette seconde question est Quel e *t iweur de i* 

chronique de Turpin? 

moms susceptible encore de solution que la premiere. 

L'hypoth&se d'Oudin, qui trouve cet auteur dans le pape Galixte II 

1 N° 6795 , ancien 65 , BihL royale de Paris; P. Paris , Le* tnanuscrit* francais de la bibl. 
duroi, 1,311-14. 

2 P. Paris, Lesgrandes chronique* de France, Paris, 1836, I , xxi. 

Tom. II. w 



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CLXX 



INTRODUCTION. 



Iui-m4me, n'est ni vraisemblable ni baste sur aucune raison 
spteieuse. 
LeBeuf et Dom Hi**. Le Beuf et Dom Rivet proposeiit un chanoine de Baroelonne et se 
fondent sur ce que ce livre recommande la devotion k saint Jacques 
de Gompostelle ; ils observent d'ailleurs, ainsi qu'Oienhart, que 
I'Espagne est le berceau de plusieurs ouvrages supposes , particu- 
li&rement des fausses d£ci&ales. Mais M. Daunou ne juge pas ces 
motifs p£remptoires; car les d£cr&ales d'Isidore ont pr£c£d£ de 
plusieurs si&cles la chrouique de Turpin; et il s'en faut que celle-ci 
ait pour unique but de soutenir les int£r£ts de saint Jacques. 
m Marcbai. M. Marchal croit qu'elle fut composte par un fran<?ais,pour relever 

lagloire et les prerogatives de la couronne de France, pendant le 
voyage de Louis-le-Jeune k Tol6de , afin que le monarque fran$ais 
y fut reconnu pour le moins l'£gal du glorieux empereur ca*tH~ 
lan (9) Gette opinion, toute subtile qu'elle est, r£pugne k la chro- 
nologie , et partant ne saurait 6tre admise. 

M. Marchal remarque subsidiairement que « pour ce qui con- 
» cerne la personne de Turpin, on le dit par erreur archev£que de 
» Vienne : Pauteur raconte une vision qu*il eut k Viana, ville de 
» Navarre, au moment de la mort de Charlemagne; le nom de 
» Viana est r£p&6 plusieurs fois et tr&s-lisiblement dans la chro- 
» nique , ainsi on prit probablement Viana pour Vienne \ » 

Le savant acad&nicien a-t-il jamais vu qu'on ait m&amorphos6 
en archev£que de Vienne, Turpin d£sign£ constamment comme 
archev&jue de Reims ? Mais il veut dire plut6t qu'on a mis sa chro- 
nique sur le compte d'un archev&jue de Vienne ; sans doute le pape 
Calixte II , qui avait occupy oe siege avant de ceindre la tiare. 

II est vrai qu'on raconte dans les traductions fran$aises, une 

1 Notice sur la Chronique de Turpi* , dans les Bulletms de I'acadSmie royale <le BrusiUe* , 
seance du 9 Janvier 18S6 , pp. 2S-S2. 



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INTRODUCTION. clxxi 

vision que Turpin eut k Viane, mais le texte latin porte Vienna , 
traduit dans la langue romane, par Viane, t£moin le roman de 
Gerard de Viane. D'ailleurs la suite des £v£nemens prouve qu'il est 
plut6t question d'une ville du Dauphin^ que de la Navarre. 

Gui Alard \ MM. Ciampi et Daunou, croient ce roman fabri-G«iAu«rd,MM.a«m. 

7 * 9 pi, Daunou et Sis- 

qu6 vers 1092, par GeofFroi, moine de SVAndr^, k Vienne, en roondl - 
Dauphin^. M. Sismondi en fixerait volontiers la composition k P6po- 
que oil Alphonse VI, roi de Castille, suivi d'un grand nombre de 
Frangais, fit, en 1085, la conqu&e de Tol^de et de la Nouvelle- 
Castille. Cette opinion nous sourit; mais on manque de renseigne- 
mens positifs pour la d&nontrer. 

Ce qu'il y a de certain, c'est que ce livre est l'ouvrage d'un moine. 
U respire d'un bout k l'autre , en effet, quelque chose de claustral; 
la conclusion du livre : Bdtissez des tiglises 2 , annonce l'^crivain vou£ 
aux autels. On y trouve m£me des traces de la scolastique et de 
l'ignorante th6ologie du temps dans les applications morales qui 
terminent certains chapitres, dans les disputes en forme de Charle- 
magne et d'Agoland, de Roland et de Ferragus, digressions th£olo~ 
giques qu'on retrouve plus tard dans le Dante et le Pulci. 

Ce moine fait quelque part l'&oge des Frangais : Mirabcbtur gens 
saracenica cum videbat gentem gallicam, optimam scilicet ac bene 
indutam et facie elegantem. On croirait presque lire le commence- 
ment de la loi salique. 

Si sa compilation arriva d'Espagne dans le Limousin , elle £tait 
venue, k la m6me £poque , de Bourgogne dans le Hainaut et le Bou- 
lonnais. Pr6c£demment on la poss&Lait en Allemagne. Ainsi cette 
circonstance n'est pas concluante. Rien n'empAche que l'auteur du 
Turpin n'ait &\& frangais. 

i BihL du Dauphini, p. 224. 

2 In hoc exemplo datur intelligi (Evident gallicisme), quod qui ecclesiam adi/wat, regiam 
Deiribipratparat, etc. 



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clxxii INTRODUCTION. 

A-t-il youlu concourir au grand mouvement des croisades? Quoi- 
qu'il se taise sur les expeditions d'outre-mer , quoique Implication 
de M. Sismondi ait de quoi satisfaire, il est possible que ce dernier 
n'ait pas &6 Stranger k cette pieuse ruse , et en admettant que la , 
lettre du pape Calixte II soit authentique, elle montre le parti qu'on 
en tirait pour exciter l'enthousiasme des crois£s. 
Lcf«uxTurpinn.Bt S Troisi&rne question. Le faux Turpin a-t-il invents les l£gendes 
qJii r.pporte. qu'il rapporte ? II a pu les modifier , y ajouter, mais les inventer, 
non. L'auteur cite quelque part des chansons relatives k Oel de 
Nantes, suivant un texte; k Oger-le-Danois, suivant un autre; il 
dit ailleurs qu'il lui serait difficile de raconter toute l'histoire de 
Charlemagne, et qu'il laisse de c6t£ son exil k Tol&de, ou dans sa 
jeunesse il apprit le sarrasinois et fut arm£ parGalafre, amiral de 
ToUde, en reconnaissance de quoi il tua plus tard de sa main le 
g£ant Braimant, ennemi de ce prince. U annonce de plus qu'il 
passera sous silence grand nombre de ses fondations pieuses, son 
couronnement comme empereur k Rome et son p&lerinage k la 
Terre-Sainte \ Or, tous ces faits, vrais ou faux, 6taient autant de 
sujets trails par les trouv&res, dont les chants finissaient par se 
formuler en chronique dans les cloftres, ou les pontes retournaient 
s'inspirer ensuite. 

Turpin n'est pas l'inventeur des traditions romanesques du cycle 
karolingien; mais il a pris la place des pontes qu'il avait compiles 
et dont les compositions n'£tant pas toutes fix£es par l'£criture, se 
sont perdues. D'ailleurs il £tait commode de poss&ier un abr£g£ des 
traditions po^tiques dans un livre dont l'authenticite passait pour 
incontestable, et qui avait de plus l'autorit6 d'un ouvrage religieux. 
De sorte que Turpin rendit k la po£sie ce qu'il lui avait pris et c'est 

1 Sur ce voyage, consulter Michaud, Hist, des Croisades, 4 e ed., I, 29, note; II, 482; 
Wilken , Gesch. der Kreuszuge; Ueber den Fabelhaften zug Karls des Grossen nock Palestina, 



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INTRODUCTION. clxxiii 

dans ce sens qu'il faut entendre qu'il a £t£ la source des romans 
karolingiens \ 

Dire que le nom de roman vient de Remensis y et de ce que Turpin 
£tait archev&jue de Reims, c'est abuser £trangement de la similitude 
des mots et des licences de l'6tymologie. 

Avancer que le Turpin est le premier module des romans de che- 
valerie , ne nous parait pas plus juste 2 . D'abord parce que la cheva- 
lerie dans ses rapports avec la femme , n'y est pas ra^me indiquee , 
ensuite parce que les termes qui servaient k designer les chevaliers 
et leurs usages, ne s'y rencontrent pas % enfin, parce que les vertus 
guerri&res du paladin n'y sont pas representees autrement que dans 
des ouvrages ant&rieurs , tels que celui du moine de &-Gall, ainsi 
qu'on le dira k propos d'Oger-le-Danois , dans les Gesta regum 
Francorum, et dans les Gesta Daqoherti, qui , suivant la piquante 
observation de M. P. Paris 4 , semble £tre, en plusieurs endroits, la M.p.p.n 
traduction latine d'une chanson vulgaire , et a pu , k bien des £gards, 
servir de module au Turpin , puisqu'on y trouverait m£me, au besoin, 
la d£faite de Roncevaux et le combat de Ferragus et de Roland. 

I , $-5. M. Wilken cite ce passage de P. Tudebodus (Du Chesne , IV, 771 : Una pars Fran- 
coram in Hungaria intravit regionem , scilicet Petrus heremita et dux Godefridus et Balduinus 
f rater ejus. Isti potentissimi milites et aliiplures , quo$ ignoro , venerunt per viam quamjam- 
dudutn Carolus Magnus, mirificus res Francim, aptari fecit usque Constantinopolim. M. Fran- 
cisque Michel a pub lie a Loodres le roman du voyage de Charlemagne a Constantinople et a 
Jerusalem. Charlemagne's travels , etc., Lond., Pickering, in-12. M. Amaury Duval a analyse 
le poeme avant sa publication , Hist. lift, de la France, XVIII , 704-714. 

1 Sismondi , De la literature du midi de l f Europe, 1 , 182 ; Paulin Paris , Roman de Berte 
aus grans pie's, lettre a M. De Monmerquc, p. xxn ; lememe, Les manuscrits francais de la 
bibliotheque du roi , 1 , 217. 

2 Caylus, Mem. de I'acad. des inscript,, XXIII, 2$6; Naudet, Apolog. pour les grands 
hommes accusis de magie , p. 12. 

* Ces mots , les seuls qu'on pourrait objecter, n'expriment pas une coutume specialement 
equestre : Galafrus admiraldus Toleti, ilium in provincia exulatum obhavit habitc militaiu, 
1. 1, p. 507. 

4 Preface des Chroniques de S x Denis, pp. xxxiv-v. 



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cixxiv INTRODUCTION. 

u. De ch.te.ubri.od. M. De Chateaubriand , avec son art de peindre inimitable, a tir6 
de YHistoria Francorum epitomata, plusieurs r£cits ^piques, dans 
le gout des Nibelungen l . 

L*>(jesm Francorum. Un passage des Gesta Francorum * roule aussi sur un tresor, 
comme toute cette grande £popte oil se sont peutr-6tre fondues oes 
chroniques en vers des Goths , cities par Ablavius et dont parle Jor- 
nand£s. Nous traduisons mot k mot. 

a Clovis une seconde fois envoie Aurelien en Bourgogne, vers 
» Gondebaud, poar le tr&or de Ghrothilde (Clotilde), sa reine; Gon- 
» debaud en colore lui dit : « Estce que mon royaume ou mes triors 
» seront livr& aux mains de Clovis ? Ne vous ai-je pas pri£, Aur£lien, 
» de ne plus venir d&ormais dans mon royaume, espionner mes res- 
» sources, etc. » 

lc ccsta v*gob*rti. Dans les Gesta Dagoberti , nous reoommandons principalement 
k Tattention du lecteur l'aneodote du perfide Sadrogisile; k qui 
Dagobert fait couper la barbe 3 , le combat de ce dernier contre les 
Saxons , le moyen qu'il emploie pour appeler le roi Glotaire k son 
secours , et son combat singulier contre Bertoald \ Quant k la d6- 
route de Roncevaux, ne la voilA-t-il pas bien fid&lement reproduite : 
Cumque tota JVasconue patria ah exercitu Burgundice fuisset 
repleta> Wascones de inter montium rupibus egressi, ad helium 
properant. Et cum prceliari ccepissent, ut eorum mos est, terga 
vertentes , dum cemerent se esse superandos y in fauces pallium 
montiumque pinnas latebram dantes y se locis tutissimis per rupes 
ejusdem montis collocantes latitarent; exercitus post tergum eorum 

cum ducibus insequens , plurimum numerum captivorum vinci 

feUciler out em regis exercitus absque ulla las stone adpatriam esset 

1 itudet historiques , Brux., MHine , 1881 , III , 328 tt sutv. 

2 #*tf./r., 11,549450. 

3 At7t.,*81,B,C,D. 
* /fod.,583,A,E. 



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INTRODUCTION. clxxv 

reversus, si Harimbertus dux maxime cum senioribus et nobilio- 
ribus exercitus sui per negligentiam a TVasconibus in valle Robola 
(aliter Subola) nonfuisset interfectus. Exercitus vero Francorum, 
qui de Burgundia in Wasconiam accessor at y patrata victoria , 
rediit adproprias cedes \ 

Encore une fois, c'est \k le ton des chansons de gestes, c'est aussi 
celui des l£gendes des saints , c'^tait le caract&re g£n£ral de l'ima- 
gination franque , qui pla$ait plutot le merveilleux dans la nature 
humaine, et les Orientaux dans les moyens dont elle dispose. En 
effet, la vie rude et ind6pendante des for£ts donne k 1'homme la 
conscience de sa force indiyiduelle, et l'oblige k compter avant tout 
sur lui-m&ne. 

L'auteur du Turpin n'a done pas &£ cr^ateur, mais seulement 
compilateur. Aux sources que nousavons indiqu£es, Huet etM. Dau- 
nou 2 croient qu'il aura joint peut-^tre plusieurs histoires fabu- 
leuses de Charlemagne , attributes k Hancon et k Solcon Fortema, k A„a Cn . **»«;» ik. 
Sivard le Sage , k Adel Adeling et k Jean, fils d'un roi frison , tous 
cinq frisons, et qu'on dit aussi avoir v£cu du temps de Charlemagne. 
Telle &ait encore l'histoire attribute k Occon, qui, selon l'opinion 
commune , fut contemporain de l'empereur Othon-le-Grand , et 
petit neyeu du Solcon que Ton vient de nommer \ 

Toutfabuleux qu'il 6tait ou peut«4tre parce qu'il 6tait fabuleux, Auteursquiont.dopu 
il a &6 au XIII e si&cle et dans les Ages suiyans , consid6r£ comme i?n. reTems 
une autorit6 historique sans r£plique. Les Chroniques de St-Denis, 
Siffridus Misnensis, Gobelinus Persona, Vincent de Beauyais, Pierre 
A Thy mo , Bouchet, Erpoldus Lindenbruch, et une foule d'autres 

1 Eiti.fr., 589, D,E. 

2 Huet, de V Origin* des romans, en tete de Zayde, Paris, veuve Le Petit, 1810, 1, 95; 
M. Daunou , Biogr. univ., XLVII , 96 ; Hist. lift, de la France , XIII , 17K. 

8 Ces auleurs, dont Fexifteoce n'eat pat abaoluroent demontree, scut mentionnes par 
Hamconius , Frieia , pp. 7, -48, 77, 99, 101. 



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crils. 



clxxvi INTRODUCTION. 

Font adopts. D'Argentr£ Pa traits d'imposteur, et J. Gryphiander 1 
ainsi que Pierre Mantuanus 2 ont pris candidement la peine de 
prouver ses mensonges. 

Les arts, qui sont une des manifestations de l'esprit po£tique , se 
sont aussi exerc£s sur les sujets que Turpin a r&mis. II a fourni , par 
exemple , ceux des ciselures de deux flacons d'or donnas k l'empe- 
reur Charles IV, par le roi de France Charles V, et d£crits par 
Christine de Pisan 8 . 
Difference de* mum*- La difference des manuscrits de Turpin est tr&s-remarquable. 
Caylus en cite un ou il n'est fait mention ni de la bataille de Ron- 
cevaux ni de la mort de Roland. Tritheim divise ceroman en deux 
livres , et les textes que nous poss£dons ne sont divis6s qu'en chapi- 
tres. Schardius et Reuberus, ses premiers £diteurs, l'ont donn£ en 
trente-deux chapitres. La reputation de ce livre a &6 cause qu'on a 
essay£ d'y ajouter, comme on a fait des suites aux romans rim£s ; ainsi 
on trouve dans les traductions une Enumeration des villes d'Espagne 
subjugu£es par Charlemagne, et dans les suppl£mens de Lambecius 
et de Kollarius , la description des sept arts , la d£livrance de Char- 
lemagne par Roland , occupE depuis sept ans au si£ge de Grenoble ; 
la mort de Turpin, l'explication de son nom, de ceux de Roland, 
d'Olivier et de Charlemagne, et la punition du roi sarrasin de 
Cordoue \ Ph. Mouskes a connu toutes ces additions, ins£r£es en 
partie dans les Chroniques de St- Denis, et il y a ajout£ celles qu'a 
fournies k S te -Palaye le manuscrit de l'abbaye de Solved de Braine , 
ordre de Pr6montr£ , dioc&se de Soissons 5 . 

Ces additions sont la d£faite d'un ours, qui fit donner a Charle- 

1 De tVeichbildis Saxonicis , c. xin-xv. 

2 Animadversion. , lib. IV, c. 2. 

3 Daunou , Biogr. univ., XLVII , 95. 

* Foy. notretome I er , pp. 627-682, et v. 9702, 1 1812, 11977, 12220. 
5 Hist, de Vacad. des in script, et belles-lettres , VII , 280-286. 



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INTRODUCTION. 



CLXXV1I 



magne le surnom de Grand l , et la violence qu'il voulut faire k une 
jeune fille nomm£e Amalberge, qui en dvitant ses poursuites se 
cassa un bras, apr&s quoi elle se retira k Tamise sur FEscaut \ Or 
cette Amalberge a 6t6 mise au nombre des saintes vierges , et les 
divers monumens de son histoire se trouvent dans Timmense recueil 
des Bollandistes, oil le mfone fait est rapports de plusieurs fa$ons, 
sans aucune citation de ce fragment , qui a sans doute £chapp£ k 
leurs recherches. 

Enfin Ph. Mouskes raconte encore Faventure de Charlemagne et 
d'un ermite , que nous n'avons rencontr^e que dans son ouvrage 3 . 

Peut-^tre quelques-uns de ces passages sont-ils de ceux que 
Geoffroi du Vigeois avait jug^s moins importans, et qu'il avait 
retranch^s, quce minus erant necessaria subtrahens. 

Mais ce n'est pas seulement la mature qui varie dans les ma- 
nuscrits, la forme n'y est pas moins diverse, ce qui a fait croire 
qu'ils £taient des traductions difF&rentes d'un m£me texte vulgaire 4 . 
II n'est cependant pas extraordinaire qu'un livre tr&s-court , que 
Ton apprenait par coeur et qui s^tait insensiblement r6pandu par- 
tout, ait essuy£ de pareilles alterations. 

EDITIONS ET TRADUCTIONS DE TURPIN. 

Edition*. 

Premiere Edition, dans Simon Schardius : Germanicarum rerum tatiomet traduction.. 
quatuor vetustiores chronographi , Francof., 1566, in-fol. (k Par- 

i V. 4082. 

* V. -4122. 
3 V. 898-4. 

* P. Paris, Les manuscrits francais de la bibl. du roi, p. 219; Falconet, au contraire , etait 
persuade que les premiers romans avaient d'abord 4fo& rddiges en latin , Acad, des inscr. et 
belles-lettres, VII, 298. 

Tom. II. * 



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clmviii INTRODUCTION. 

tide Schard de la Biogr. univ., XLI, 84 , on a imprim£ par erreur 

1556). 

Deuxbeme edition , dans J. Reuberi veterum scriptorum qui ccesa- 

rum et imperatorum germanicorutn res per aliquot scecula ge$tas 

Uteris mandarunt, tomus unus , Francof., 1584 , in-fol. 

Troisieme edition , ibid., Hanau, 1619, avec les suppl£mens de 

Lambecius, que nous avons reproduits, et des notes de G. C. Joannis, 

p. 97 sqq. 
m. cumpj. Quatriene edition, Florence, 1822, in-8° avec une pi. L'&liteur, 

ML S£bastien Giampi , a fait pr6c&ler son Edition d'une dissertation 

qui tend k presenter ce livre non comme authentique , ni comme 

tr&s-ancien , mais comme un tableau fiddle des moeurs du IX e si&cle. 

Nous n'y reconnaissons , quant k nous , que celles du XI e . 
Ginquieike Edition. Dans notre premier volume. 
m. Monmerqtie. Nous avons annonc£ que M. Monmerqu6 s'occupe depuis pin- 

sieurs ann£es d'une Edition du Turpin , revue sur les manuscrits. 

Nous ne l'aurions point devanc&, si ce roman ne se rattachait d'une 

mani&re si intime k l'ouvrage que nous avons 4t£ charge de mettre 

au jour et de commenter. 

Traductions. 

En fran^ais, Paris, Maistre Pierre Vidoue, pour Regnault 
Chauldure , ce huitiesme jour de juin 1527, in-4°goth. 
Robert Gaguin. L'auteur de cette traduction ne peut pas 6tre Robert Gaguin , 

comme le dit le CataL de la Valliere, en trois volumes , n° 4026 , 
t. II, p. 617. Voy. le Manuel du lihr., t. Ill, 486. 

Elle a 6t6 reproduite, en 1835, aux frais du prince d'Essling, 
Paris, Silvestre, 1835, in-4°, mais sans la d&licace k Francis I er . 

En fran^us, par Rob. Gaguin, Paris, in-4°, sans date. M. Brunet 
nementionne pas cette Edition, qu'il regarde comme douteuse, et 



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INTRODUCTION. clxxix 

qu'il n'a jamais vue , lui qui a tout vn en fait de bibliographic. 

La traduction de maistre Jean a Hb6 faite par ordre de Michel de Michdde h.™*. 
Harnes, noble gentilhomme beige , sou vent mentionn£ par Philippe 
Mouskes \ Le Catalogue de la Vallidre, n° 4027, Meusel, et ceux 
qui l'ont suivi , ont mal k propos pris pour cette traduction , l'ou- 
vrage suivant : 

La Chronique de Turpin, archevesque de Reims, faisant men- 
tion de la conqueste du trds-puissant empire de Trdbizonde, faite 
par le trbs-preux Regnault de Montauban, fits du due Aymond Een.uddeMonuuw. 
dArdenne.... plus la g&ndalogie et trahison de Ganelon, comte de g.^iod. 
Mayence , Lyon , Fran$ois Arnoullet, 1583 , in-8° de 264 pp. sans 
la table. 

Cet ouvrage n'a de common avec la chronique de Turpin que les 
deux premiers mots du titre sous lequel il a plu k l'auteur de le 
mettre au jour. On en trouve la preuve dans une Dissertation cri- 
tique sur deux ouvrages intitules : Chronique de Turpin, par 
M. Huet de Froberville , Orleans, 1785, in-12, dissertation ins£r&M.HueideFrobemiie 
dans le IV e toI. des Mdanges de lift, Strang., de Mill in. 

Une traduction frangaise presque complete de Turpin se lit dans 
les Chroniques de S*-Denis. 

En vers latins. Karolellus , Historia Turpini Remensis arciepis- 
copi, Mus£e brit., MS in-fol. vel., du XIII e si&cle, 136-149; se 
compose d'environ 2100 vers. 

Cet ouvrage , qui paraf t n^tre qu'une traduction du Turpin , a 
6t6 £crit par un clerc anglais , k Avignon; M. Fr. Michel en donne m. f Mkhei 
le commencement et la fin. La Chanson de Roland, pp. 244-45. 

En anglais, History of Charles the Great and Orlando, ascribed 
to archbishop Turpin; translated from the latin, in Spanheim's 

1 Du Cange en parle sur Villehardouin , dans le Glossaire, aux mots bouhk, «ubiicbii, 
sAHTUAiai , etc., la Bibl. hist or. de la France est tres-fautive sur ce point. 



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CLXXX 



INTRODUCTION. 



lives of ecclesiastical writers : together with the most celebrated 
ancient Spanish ballads relating to the twelf peers of France men- 
tioned in Don Quixote , with english metrical versions, by Thomas 

m. tl. Rodd. Rodd; english and Spanish, London ,1812,2 vol. in-8°. 

En danois, Keyser Karls Magnus kroenicke (s. 1. ni d.), in-4°, 
impr. k CopenKague, et r£imprim£ k Malmoe, en 1583, in-4°. 
Aurivillius, Catal. bibl. Upsal.^p. 680. 

Lexceiieme chrooique En flamand, trad, en partie dans Die alder excellenste crony ke 
van Brabant, Hollant, Seelant, Vlaenderen, etc. THantwerpen, 
1512, in octobri, petit in-fol. goth. k deux col., figg. sur bois. 

p. Durante. La chronique de Turpin a fourni k Pierre Durante da Gualdo le 

sujet d'un po&me italien , intitule : Libro darme e damore, chia- 
mato Leandra , Venezia , 1534 , petit in-4°. 

La spapna Htstoriata. Mais la Spagna historiata l en est tir£e plus directement encore. 
Ge po£me , en quarante chants, est du XIII e si&cle. dependant Pau- 
teur ne cite jamais Turpin et le fait m£me mourir k Roncevaux , les 
armes k la main , comme dans la Chanson de Roland. 

Cest sur Turpin que Paveugle de Ferrare , en plaisantant , a £crit 
ces vers : 

Che simil titol da Turpin gli & dato 
Scrittor famoso, il qual non scriyeria 
Per tutto Tor del mondo una menzogna ; 
E chi il contrario tien , vaneggia e sogna 2 . 

1 Ginguene\ Hist. litt. dTItalie, IV, 187-200. 

2 Aux auteurs cites dans cet article, relativement & Turpin , ajoutez : Le P. Labbe, Nov. 
Bibl. MSS; Fabricii Bibliotheca tned. etinf. latinitatis, IV, 471 et suiv., Parisiis, 1653, in-4°, 
3 1 , 316 ; Hamberger , Nachrichten , III , 540 ; Bibl. hist or. de la Fr., II , 100 ; J. G. Meusel , 
Bibl. historica, Lipsiae, 1794, vol. VII, p. 1, 349-361 ; De Catel, Mhn. sur les catntes de 
Toulouse, p. 544 ; Lenglet Du Fresnoy, MHh. hist., in-4°, IV, 325; Bibl. des romans, l 6 * vol. 
de juillet 1777; Journal des savans, annee 1719, p. 373; annee 1733, p. 566; Melanges 
tiris d'une grande bibl., V, 78 ; CapeOgue, Hist, de Philippe-Auguste , Paris , IV, 337. Le 
docteur Ferrario, dans sa dissertation sur l'origine des romans du moyen Age (Storia ed 



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INTRODUCTION. clxxxi 

Ce ton de plaisanterie est, on le sait, familier au Pulci et auLc puici,i C Boj«rdo, 

. • \ 7 a . 7 l'Arioste. 

Bojardo. L'Arioste, dont le gout 6tait plus pur, en a fait un usage 
plus fin et plus d61icat. 

C. Roland. 

Roland est PAchille, le Sigfried, du cycle karolingien. Si comme 
eux il n'est pas invulnerable, si cet avantage est reserve k un de ses 
adversaires, cela m6me donne une id6e plus 61ev6e de sa force et de 
son intr^pidite; mais Roland n'est pas seulement un module de cou- 
rage et de loyaut6 , c'est encore un chevalier chrdtien , dont la foi 
est aussi ferme qu'ignorante. 

analisi degli antichi romanzi di cavalleria), consacre un grand nombre de pages a la chronique 
de Turpin. II a rassemble les differentes conjectures qui ont &e &nises sur l'auteur et sur 
l'epoque de cet ouvrage pseudonyme. Dans le cours de l'analyse qu'il presente , il a soin de 
designer les pensees, les images et les details qu'y ont puises les auteurs de Richardet, du 
Roland atnoureux et du Roland furieux. La livraison de septembre 18S2, de la France 
litUraire , de M. Cb. Malo , renferme un article de M. Villenave pere, sur Turpin. II a ete 
l'objet de quelques remarques de la part de M. De Martonne, dans le tome XI des Mem. de la 
society royale des antiquairee de France* La France littbraire y a repondu dans son cahier de 
juin 1835, pp. 440-41. M. Villenave est d'avis que Turpin a 6te la cause des chants ^piques 
du cycle karolingien. « Mais , dit M. De Martonne, la chronique est en prose, les chants sont 
» en vers ; or, dans toutes les litteratures , Tesprit humain fait un progres (?), que le systeme 
» adopte par M. Villenave nous semble avoir m&onnu. L'homme enfante la po&ie , ensuite 
» la prose. » A cela on r^pond : « Appreciee sous le point de vue litteraire, une assertion 
» ainsi formulee pourrait donner mature a une puissante controverse; contentons-nous 
» d'observer que M. De Martonne a confondu , au cas particulier, deux choses bien diffc- 
» rentes, savoir, la langue latine et la langue nationale. Redigee par un clerc , la chronique 
» est en langue latine, rediges par des laiques, les romans karlovingiens sont en langue 
>» nationale. Or les clercs qui Icrivaient en latin , n'^taient qu'un echo affaibli de la vieille 
» litterature romaine, laquelle savait depuis bien des siecles raconter des exploits en prose; 
» tandis que les laiques qui ccrivaient en langue populaire , avaient un idiome a creer, ou du 
» moins a perfectionner. lis ctaient les inventeurs , les trouveurs d une litterature jeune et 
)» par consequent enthousiaste. Us devaient done tracer leurs narrations en vers ; mais on voil 
» que la prose latine et les vers nationaux ont pu tres-raisonnablement etre contemporains , 
» et que meme les sujets de ceux-ci purent tres-logiquement dcriver des recits de celle-la. » 
Tres-bien raisonnd. 



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clxxxii INTRODUCTION. 

Bound d.ns i'hi,ioi«.. Chose inexplicable ! ce brave des braves, ce guerrier dont la re- 
nomm£e a parcouru le monde et a &6 recommandfe par la po&ie k 
la posterity, n'est nomm6 qu'une seule fois dans l'histoire; il y est 
d£sign6 comme ayant succomb£, en 778, dans les gorges des Pyre* 
n6es, et comme ayant gouvern^ cette Bretagne, dont les chantres 
Toubli^rent, pour e616brer les Lancelot et les Perceval , que les histo- 

Eginhard. riens, au contraire, passent sous silence : In quoprcelio Eggihardus , 

regice mensce propositus, Anselmus, comes palatii, et Hruodlandus 
Britannicilimitis prcefectus , cum aliis pluribus interficiuntur l . 

Le comte Roland figure encore parmi les fid&les de Charlemagne, 
dans un prceceptum evindicatorium de ce monarque , de Pan 776 2 . 

Deo* Roland. En nous exprimant ainsi, nous admettons, on le voit, l'identit£ 

du Roland d'Eginhard et du Roland des romanciers. Le faux Turpin 
dit lui-m£me qu'il y en eut un autre que celui qui mourut k Ron- 
cevaux : Alius tamen Rolandus fuit, de quo nobis nunc silendum 
est 3 . Mais la similitude parfaite du nom re$u en naissant et de 
Tenement qui termine la vie , suffit pour qu'on ne reconnaisse 
qu'un seul personnage dans le h£ros des trouv&res et le pr£fet nomm6 
par Eginhard ; eu 6gard , du moins , k la manure habituelle dont 
les pontes du moyen age pr6sentent les faits historiques. 

1 £ginhard, Vita Karoli Magni; Dom Bouquet, V, 93; Peru, Monummia Germanics 
historica , II , 1 1 , 448. M. Pertz donne , en note , d'apres les manuscrits, les variantes de ce 
nom. Les voici : Hruollandus , Hruoldlandus , Hroadlandus, Hrodlandus, Hrollandus, Hu~ 
noldus, Ruodlandus, Ruodlannus, Ruothlandus, Ruotlandus, Ruhohndus, Rotlandus, Rut- 
land™. II y a des manuscrits ou les mots et Hrvodlandus , Britianici Hmitis prmfectus , sont 
omis. Cf. Rolandum magnum variu fabularum involucris e&plicatum , veritatique restitutum, 
consensu inclitoe fac. ph. prces. M. G. Schcmann ce , B. M. et respondens Dam. Blumshioimi , 
N.-M. placidw eruditorum disquisitioni listens, Lipsiae (1694), in-4°, et Gaillard, Hist, de 
Charlemagne, Paris, 1782, II, 195. 

2 Tunc no* una cum fiddibus nostris, id est, Hagino, Rothlando, fVichingo, Frodegario 
comitibus, etc. Chron. Laurishamense , anno 766. (Germ. rer. Script., 6d. M. Frehero, I, 
Francof., 1624, in-fol., p. 59; Fr. Michel , la Chanson de Roland, p. 206.) 

3 1,496. 



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Ion. 



INTRODUCTION. clxxxiii 

M. Sismondi veut bien que Roland ait exists , k condition toute- mm. sismondi et Fcr- 
fois qu'il ait combattu les Sarrasins, sous Charles-Martel. Cette 
opinion, d£nu£e de fondement, selon nous, a &6 examinee par 
M. Ferrario qui, en vertu du passage de Turpin cite ci-dessus, 
propose d'admettre deux Roland, Pun sous Charles-Martel, Pautre 
sous Charlemagne. 

M. Raynouard rejette Fexistence de Roland et montre, pour la M . luynoutrd. 
combattre, combien peu est admissible la g£n£alogie que lui font 
les romanciers. 

En effet, aucun document historique ne permet de croire k Pexis- 
tence (Tune Berte, fille de Pepin , et m6re de Roland, ni k Pexis- 
tence de Milon d'Anglante ou d' Angers, son £poux \ dont le bisaieul 
6tait Beuves d'Antone ou d'Anstone (Southampton?) 2 . Les enfans B euve $ d'lntone, m»- 
de Pepin et de Berte sont d£sign£s dans Fhistoire; aucune des filles 
nese maria 3 . 

Tels sont les argumens de M. Raynouard. II aurait pu m£me dire 
qu'^ginhard ne donne k Charlemagne qu'une soeur, Gisla, laquelle, 
apr&s avoir 6\& demands en mariage par Pempereur Constantin , et 
par Didier, roi de Lombardie, pour leurs fils, embrassa la vie reli- 
gieuse 4 , et que Ada, Officia et Gertrude, que quelques-uns suppo- 
sent avoir 616 ses soeurs , commentum sunt et inane nomen*. 

1 L'auteur espagnol Antonio de Esclava , a ecrit un roman intitule : Los amores de Milon de 
Analante , etc. 

2 Le roman des Realidi Francia, place Anstone ou Antone , en Angleterre , pres de Londres, 
et dit qu*elle fut fondee par Bovet, aieul de Beuves, et qu*a environ trois milles de cette ville, 
au deca dune riviere , etait une colline assez elevee , sur laquelle Bovet avait fait batir un 
fort, qu'il nomma lefort S'-Simon. Realty etc., 1. Ill, c. 17, on verra dans le texte de Philippe 
Mouskes , qu'Hanstone &ait Southampton. 

* Journal des Savans, juillet, 1882, p. 387. 

4 C'est de cette Gisla qu'Adenez fait naitre Roland et non de Berte : 

Une fille engendra, de ce n'ettuet cuidier, 
Gille ot non et fa mere Boitant le bon guerrier. 
Bene, p. 174 (cf. p. 189). 

5 Aug. quinque Carolorutn historia , Vienna Austr., 1735, in-fol., p. 30. 



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clxxxiv INTRODUCTION. 

Mais, malgre notre respect pour M. Raynouard, il nous semble 

qu'il s'est 6cart6 ici des regies de s6v6re critique qu'il aimait k in- 

culquer aux jeunes 6crivains , et qu'il leur rappelait sans cesse dans 

Kxempies de i.usses le Journal des Savans. Car si une g£n£alogie evidemment fausse 

genealogies. . _ __ _ _ 

suttit pour supprimer un personnage, le Charlemagne des romans 
ne sera plus lui-m6me le Charlemagne de l'histoire, il deviendra 
un <Hre purement id£al , sans liaison avec le premier. 
Le, Renii d, Fmncia. Lisons le roman en prose italienne, intitule : Reali di Francia, 
r6dig£ au XIII e sifecle, mais sur des traditions plus anciennes \ 
Charlemagne y descend, au huiti&me degr6, en ligne directe de 
Pempereur Constantin. Un fils de ce prince , nomm6 Fiovo, passa 
dans les Gaules et y r£gna. De ce Fiovo naquit Florel ou FioreUo; 
de Florel , Fioravante; et de celui-ci deux fils , Octavien-au-Zion 
et Gisbert-ati-Fier-Visage 2 . De Gisbert naquit Michel; de Michel 
Constantin, surnomm£ YAnge, et de ce Constantin , Pepin, p&re 
de Charlemagne 3 . 

N'a-t-on pas imagine de fausses genealogies en faveur du chef de 
la troisi&me race? N'en fait-on pas encore tous les jours pour de 
vaniteux parvenus? 

Pepin lui-m£me a-t-il jamais 6pous6 une femme appel£e Blan- 
che fleur, ainsi que le raconte le roman de Garin? 

N'est-ce pas de Pempereur Vespasien qu'a pr£tendu parler Fau- 

1 Ce roman fut mis en vers par un auteur qui , le publiant vers Pan 1534 , sous le nom de 
Cristofano Mtissimo , avanca, sans en fournir aucune preuve, que le- savant AJcuin l'avait 
primitivement compose en latin. 

2 Un autre Ferabras? 

3 Ginguene* , Hist. litt. d' Italic , IV, 164. On fait probablement allusion a cette descendance 
dans ce passage de la Somtne dee Pechex, MS Harlein , n° 4657, fol. 101 , redo. 

• Le rci Charles fet purtrayer 

Od li Holland e Oliver, 
Ttu les das piere* i sant 
Od les quatre fix Earaund ; 
Li Constantin , li ray, i est 
Et sa ralne od li contret. 



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INTRODUCTION. 



CLXXXV 



teur du Roman des sept sages, quoiqu'il donne k son Vaspasianus nom. D a« vh 
un p&re nomm6 MatusaUs, le Mathusalem dont la vie fut si longue : 

Jadis a Rorame fa uns rois, 
Ki molt fu sages et cortois, 
II ot nom Vaspasianus , 
Des autres rois fu au dessus, 
Toute Romme en sa main tenoit , 
Et quanque de cba mer avoit ; 
De loial linage fu n6s, 
Ses p£re ot nom Matusal£s , 
Ki IX cens ans et X veski , 
Ne onques n'ot le poil flori , 
Bien sot le terme de sa Tie 
Par les arts de la propb&ie >. 

C'est"ainsi que les trouv^res travestissaient Phistoire : leurs fables 
les plus absurdes ne suffisent done pas toujours pour infirmer un 
fait historique. 

M. Raynouard a plus de raisons de s^lonner du silenee observe 
k F^gard de Roland , sur son origine et ses exploits , par les chroni- 
queurs contemporains et ceux qui 6crivirent plus (Tun si&cle apr&s. 
Mais, en g£n6ral, ces chroniques sont fort s&ches et nous laisseraient 

6 H. A. Keller, Liromans des sept sages, nach der pariser Handscbrift. Tubingen, 1836, 
in-8°, p. 3. Le MS de la Bibl. de Bourgogne, n° 7417, est un gros in-folio en parchemin, 
contenant : Blasons de Flandre et de Hainaut, mignatures, 3 colonnes; Lis vn sagis di 
iomhe. Commencement : Ci commence li livres des VII sages de Romme et de Marques le senes- 
chal , et aprhs de Laurin et de Cassydorus et de Pe'lyarmenus et apris li fait des empereurs de 
Romme et de Constantinople. Fin : 

CI fine histore de cest litre, 
Qui le fine n'estoit mie yvre. 

Cf. Sanderus, BibU MSS, II, 7, n° 241 ; J. Barrois, BibU protyp., 23, 147, 191 , 714, 985, 
1238, 1288, 1679, 2192; Van Praet, Bibl. du Louvre, n°362, 459, 516; Roquefort, ttat 
de lapoSsiefrancaise, etc., pp. 171 et suiv.; Robert, Fables, I, cv, cixin, etc. 

Tom. II. y 



sages. 



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clxxxvi INTRODUCTION. 

dans l'ignorance sur une foule de sujets important , si d'autres mo- 
numens ne nous les avaient r£v£l£s. 

Au surplus , une grand e c616brit£ pouvait s'attacher k des noms 

cr£6s par la po6sie, surtout par cette po^sie pour ainsi dire ano- 

nyme qui ressort du g£nie d'un peuple et du caractere de son 6po- 

que. 

Round ceiibre .rant le M. Raynouard avoue qu'avant le romftn de Turpin, Roland jouis- 

roman de Turpin. . m _ 

sait d une grande e£l«mt6, et que les chants consacres a ce heros 
6taient r6p&6s par les guerriers fransais pour s'animer au combat. 
La lettre de Geoffroi , prieur de Vigeois , au clerg6 de Limoges , en 
lui envoyant la chronique de Turpin (vers Fan 1100), annonce, en 
termes expr&s, que, jusqu'alors les faits de Roland £taient connus 
par les chants des jongleurs : Apud nos ista latuerant hactenus , 
nisi quae joculatores in suis prceferebant cantilenis. 

Le texte si connu de Guillaume de Malmesbury ! , celui du Roman 
de Rou % enfin celui de Mathieu Paris *, suffisent pour prouver in- 
contestablement qu'avant la bataille d'Hastings, en 1066, les soldats 
de Guillaume-le-Conqu6rant 6taient animus k la vaillance par des 
chants qui celSbraient Charlemagne, Roland et Olivier, et tous les 
braves qui p^rirent k Roncevaux. Le continuateur de B&de ajoute 
que c'6tait Fusage d'aller au combat en c£l6brant Roland 4 , qu'une 
chronique normande place parmi les contemporains de Rollon, 
avec lequel elle le met aux prises 5 . 

1 De Ce$tis regum angl., lib. Ill, p. 101. 

2 V. ISU9-S4. 

3 p. s. 

4 Gasp. Barthii Animad. in Philipp., p. 178. 

5 Voy. dans les Notices et extraits de la bibl* rmfak de Paris , 1'analyse du Draco Norman- 
nicus, VIII , 297-308. Une des rubriques de cette histoire de Fimperatrice Mathilde, laquelle 

appartient aa Xll e siecle, porte dans l'intitule du chap. XIX : Hollo cum suis castellum 

Archas, id est Pontetn Archw veniens, se a Francis nihil tenere dixit. Post colloquium ab ipsis 
lacessitus, RoLAUbt i ilium , Carolimagniducetn , cumaliqua exercitus parte peremii.... 



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INTRODUCTION. flixuvu 

D'accord en ce point avec MM. Monin f et Fr. Michel , nous ne 
voyons done pas la n£eessit6 que Turold ait consults le faux Turpin , 
dont il s'6carte sur une foule de circonstances. M. Michel remarque 
que ce n'est pas le t£moignage de Parchev^que que Turold invpque, 
mais celui d'un certain Gilie , qui fut k Roncevaux et $e retire en- ghw. 
suite au monast£re de Laon , ou il £crivit une chronique : 

£o dist la geste & cil ki el kamp fut , 
Li ber Gilie , por qui Deus fait vertuz, 
E fist la chartre el muster de Loflm. 
Qui tant ne sot ne Tad prod entendut. 

Or ce recours k Pautorit6 du ber Gilie a lieu & propos des exploits 
de Turpin m£me , tu6 sur le champ de bataille % tandis qu'une des 
branches ajout^es k la chronique latine , suppose que Turpin mou- 
rut apr&s Charlemagne , des suites de ses blessures et de la douleur 
d'avoir perdu son mattre 3 . Cependant comme il est question des 
douze pairs dans le po6me dont M. Francisque Michel est Pediteur, M# F> Mic(lcl 
et qu'on n'en parle point dans le roman de Turpin , il semble que 
Pant6riorit£ appartienne k ce premier. 

En mettant sous presse le premier volume de Ph. Mouskes, nous 
nous proposions de r^unir tous les passages relatifs k Roland et de 
prouver ainsi combien sa renomm£e avait eu de vogue et d'6clat. 

Mais depuis, M. Fr. Michel, dans sa belle Edition de la Chanson 
de Roland, a fait ce travail, qu'il y aurait de la pr&somption et de 
la folie k vouloir recommencer. Nous nous contenterons de quelques 
details qui ont £chapp£ au diligent £diteur. 

' ! Dissertation sur le roman de Roneevaux, Paris , impr. roy., 1882 , in-8°. Bxamen critique 
de cette diss., par M. Fr. Michel, Paris, Silvestre, 1832, io-8°; Ferd. Wolf, Ueber die 
neuesten Leistungen der Franzosen fur die Herausgabe ihrer National-Heldengedichte insbeson- 
dereaus detn fraenkisch-karolingischen Sachenkreise.Vf ien , 1838 , in-8°, pp. 160-181. 

2 La Chanson de Roland , p. 87. 

3 Tom. I", p. 630. 



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cLxxxvm INTRODUCTION. 

Roi.nd a M.r.cue, i Hoveden parle du Mont- Roland, prfes de l'abbaye S^Victor, k 

BJaieeteoBoaergiie. . 

Marseille 1 . 

La croyance vulgaire £tait que Roland avait 6t£ enseveli & Blaie, 
dans un tombeau de marbre de la longueur de ses jainbes , attendu 
que son corps n'etait plus entier, et que d'apr&s cela on pouvait 
juger que ses jambes seules avaient plus de trois pieds de longueur. 
Hubert Thomas , de Li6ge, raconte, dans sa vie du palatin Fr6d6ric, 
que curieux de verifier ce bruit , il fit soulever le couvercle du tom- 
beau et n'aper$ut qu'un amas de petits os, gros k peine deux fois 
comrae le poing 2 . 

Nous'avons d6jA dit qu'on prdtendait conserver la lance de 
Roland dans la cath&lrale de Pavie. Spello , petite ville k une lieue 
de Foligno, se vante de poss6der son phallus. II est en pierre, avec 
ce distique : 

Orlandi hie Caroli magni tnetire nepotis 
Ingentes artus : ccetera facta do cent. 

La citadelle de Gaete offre de loin , au sommet de sa hauteur, la 
tour pittoresque appel£e la Tour Roland, d'apr^s l'habitude ita- 
lienne de donner le nom du paladin de Charlemagne k certains 
vieux et grands Edifices. Ce monument est antique , et l'inscription 
a prouv6 qu'il 6tait le tombeau de Munatius Plancus. 

Roland et Olivier semblent comme en faction k la porte de la 
cath&lrale de V6rone; ils sont sculpt£s debout sur les pilastres 
gothiques de la fagade ; le premier tient k la main Durandal , car 
son nom s'y lit encore Durindarda et non Durindana, comme dans 
YArioste (XI, 50; XXIII, 78). 



* Hist.fr., XVII, 503, note 
2 P. 54. 



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INTRODUCTION. clxxxix 

Dans l'ancienne principautd de Marsillac, en Rouergue, on 
trouve pr&s de la ville de ce nom une caverne appel£e Boucke- 
Roland, qui m6ne plus de trois lieues sous terre. 

Les traditions populaires , observe M. Valery, et l'imagination des aoi«d en iuiie. 
Italiens , font v^ritablement de Roland PHercule du moyen Age ; 
elles ont multiplie ses traces, ses souvenirs, ses travaux, assez ana- 
logues k ceux du heros antique , et PArioste ne fut que le brillant 
interpr&e de ces diverses traditions, chanties, r6p6t£es depuis plus 
de dix si&cles l . 

Cela est si vrai, que l'italien Marzio Galeotti, qui 6crivait avant 
le Bojardo et TArioste , dit qu'on faisait de tels r£cits de Roland , 
que , dans presque toute PEurope, les pl6b6iens ne parlaient que de 
ce h6ros ; de mani&re qu'en Italie Roland n'6tait plus un nom pro- 
pre, mais 6tait cens£ celui de la valeur m£me : De quo tot et tanta 
fabularum cantantur, ut in tota fere Europa plebeiorum ora nihil 
aliud resonent,.... ita ut in tota Italia Rolandus non proprium 
amplius viri, sed fortitudinis nomen esse censeatur 2 . 

L'auteur de la chronique manuscrite de Milan, cit6e par Muratori 3 , 
Grosley et Roquefort, parle des jongleurs qui c616braient Roland et 
Olivier : Cantabant hislrionesde Rolando et Oliviero. Finito cantu 
bufoni et mimi in cytharis pulsabant , et decenti corporis motu se 
circumvolvebant. 

Sur les bords du Rhin, ce fleuve si poetique , dans les eaux duquel &oja D d $ ur u Rh, n 
le moyen age semble se mirer avec complaisance, on voit se dresser 
le Rolandseck ou rocher de Roland, sur lequel il a Mti une tour 
solitaire \De \k il pouvait d£couvrir le monast&re habits par une 

1 Voyage hist, et litt. en Italie , Bruxelles , Hauman, 1835, gr. in-8°, pp. 92, 877, 474. 
1 Script, rer. Hungaricar., p. 371. 

* Diss. XXIX ; Observat. sur V Italie , I V, 1 1 8 ; de Xttat de la poesie franchise , 60^ 
4 Schreiber, Traditions popul. du Rhin , pp. 24-27 ; Mistriss Trollope , La Belgique et Vouest 
de I'JUemagne, en 1833 , Paris , 1834 , in-8°, 1 , 200-3. 



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cxc INTRODUCTION. 

jeune femme qu'il aimait, et qui, le croyant mort, s'&ait vou^e k 
Dieu. C'est au pied de ce rocher que se groupent les raaisons de 
Frauenwerth. 

Kn Turq«,- MM. Raynouard et F. Michel out cit£ des passages qui attestant 

la popularity du nom de Roland jusqu'en Turquie. En voilA un autre 
dans le ra^me sens. II est tir£ de F&lition que G.-N. Heerkens a 
public de la vie de Charlemagne par Eginhard l : Uuncfuisse de- 
cantatum ilium Turpini fabulis Rolandum plerique scriptores 
putant, de quo nulla alias mentio (mirum profecto) apud cocevos 
scriptores reperitur. Sed si sceculo suo neglectus fuit, posteritati 
usque adeo inclamit, ut Turcce Saracenum et Turcam fuisse for- 
tissimum bellatorem , christiani plurimi (inter eos Soussaius in 
kalend. m arty rum, ad diem 3 maii) martyrem et Sanctis annume~ 
ratum esse aflirmarint. In Asia ad arcis Prusiacce (Pruse) portatn 
pendet et ostenditur a Turds illius gladius. 

Baudri , arche?£que de DAle , au XI e sitale, et historien des croi~ 
sades, explique cette disposition des Turcs k regarder Roland 
comme un compatriote, en disant : Jactitant tamen se de Fran- 
corum stirpe duxisse genealogiam 2 . 

son epee a Liege et a Heerkens ajoute imm&liatement que les Turcs n'6taient pas les 
seuls qui eussent la pretention d'etre possesseurs du cimeterre de 
Roland , puisqu'on le gardait, disait-on, dans le tr£sor de S**-Denis, 
et qu'on montrait cette merveille dans un certain monast&re de 
Li6ge : Eundem in goenobio quodaji leobie* si , eundem in thesauro 
regio S. Dionysii prope Lutetiam ostendunt. Et il remarque fort na- 
turellement que pluribus sine dubio gladiis usus fuerit Rolandus. 

Apostrophe de cebe.o* L'apostrophe de Roland k son ep6e, au moment de rendre le der- 

mouranL ;\ son epee. . . i • i 1 l l / • 

nier soupir, est un morceau plein de grandeur et de pathetique, 

1 Groniogx, 1775, in-18, p. 23. 

2 Michaud , BibL des Croisadet , I , S3. 



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Roland cl tie Fcrra- 



'hUtoire Jes rroi- 



INTRODUCTION. cxci 

plutot par la situation, il est vrai, que par la mise en oeuvre. Le 
discours de Roland et les paroles de mort de Du Guesclin , ont une du Gneicim 
analogie frappante. Les m^mes croyances, le m6me esprit chevale- 
resque et Papproche imposante de la mort, ont des deux c6tes inspire 
un pareil langage. 

On peut aussi indiquer un rapprochement k faire avec la discus- Dispute theoiog*,^ de 
sion th£ologique 6\ev6e entre Ferragus et Roland l , discussion qui, « u * 
malgrg la simplicity des argumens employes par les interlocuteurs, 
n'en trahit pas moins, dans le faux Turpin, une plume monacale. 
Le point de comparaison, on le trouve dans Pentretien de Boh£mond 
et du sarrasin Phiroiis, tel que le rapporte Robert-le-Moine. 

Bohemond , dit Robert, avait de fr&juens entretiens avec Phiroiis, Rapprochement tire a« 
qui lui demanda un jour ou £tait plac£ le camp de cette arm£e in- "d*™ 
nombrable de guerriers tout b lanes , qui venaient au secours des 
chr&iens dans toutes les batailles. Bohemond , inspire du S*-Esprit, 
et persuade que la vision du sarrasin venait de Dieu lui-m6me , lui 
r£pondit : « Quoique tu sois Stranger k notre religion , n£anmoins 
» puisque tu es anim£ d'un si bon esprit, je vais te d^couvrir un 
» myst&re de notre foi. Cette arm6e que tu as aper$ue , ne demeure 
» point sur la terre, mais dans les regions celestes. Tous ceux qui 
» souffrent le martyre pour J6sus-Christ , combattent partout les 
» incr^dules. Leurs porte-enseignes sont Georges, D£m6trius et 
» Maurice , qui combattirent et furent d£capit£s pour J6sus-Christ. 
» Toutes les fois que nous en avons besoin , ils fondent sur les en- 
y> nemis. Pour te persuader de la v6rit£, cherche leur camp dans 
» les plaines, aujourd'hui, demain, quand tu voudras. Si tu le 
» trouves, fais-moi rougir de mon mensonge, Demain, s'il est n&- 
» cessaire , tu les verras encore paraltre dans le combat : d'oii peu- 
» vent-ils venir si promptement,si ce n'est des celestes demeures? 

1 Ph. Mouskes, t. I w , p. 2S7. 



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cxcii INTRODUCTION. 

Le sarrasin dit alors k Boh&nond : « S'ils viennent du ciel, ou 
» prennent-ils tous ces chevaux blancs, ces boucliers et ces £ten- 
» dards? — Tu me demandes de trop grandes choses et qui surpas- 
» sent mon entendement , r£pondit le prince de Tarente ; si tu veux , 
» voici mon chapelain qui va te r^pondre. » Ici le chroniqueur fait 
prendre la parole au chapelain , qui , savant comme le moine auteur 
du faux Turpin , entame un petit traits sur la mani&re dont Dieu 
envoie les anges et les ames b£atifi£es sur la terre \ II nous semble 
que le pseudo-Turpin et Robert-le-Moine ont le m£me style , la 
m^rae couleur. 

Roland a laiss£ peu de traces en Belgique. De beaux vers nous 

L.grottedeH«n. peignent ce paladin for$ant un des passages de la grotte de Han, 
dans la province de Namur, mais cette fiction n'est fondle sur au- 

m. a. Queteict. cune tradition, elle est sortie tout entire de l'imagination d'un 
homme distingu£, qui a courageusement sacrifte depuis la riante 
po£sie aux sciences les plus graves \ 

Round d.n.i« utter.- Cependant les trouv&res beiges ont, k leur tour, quoique avec 
tort beige. gobrtete, c£16br£ Roland : Van Heelu rappelle ce nom si fameux : 

Hoe Roelant ende sine ghesellen 
Te Roncbevale yerslagen bleten , 
Dat vint men al bescreven. 

V. S924. 

Noch Olivier, noch Roelant 

V. 6780. 

M. Willems ne connait qu'un ouvrage expr&s, compost en fla- 
mand, sur ce h6ros. Cest une courte relation, en partie rim6e, et 
intitule : Hier beghint den droeflycken stryt opten berch van den 

1 Bibl. desCroisades, I, 9, 10. 

2 Roland dans les Ardennes , po&me par M. A. Quetelet ; Relation d'un voyage fait a la grotto 
diHan , par MM. Kicks et Quetelet , Brux., 182$ , in-8° 9 pp. 92-96 ; AUemagne et Pays-Bos, 
Paris, pp. 194-198. 



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INTRODUCTION. cxcm 

Ronchevale in Spaengien ghesciet , doer Roelant ende Olivier, 
mettenfleur van kerstenryck verslagen waren. T' Hantwerpen , by 
Jan Van Ghelen, 1576, in-4° \ 

Dans la chronique d'AThymo 2 et les annates de J. DeGuyse % 
on s'est content^ d'extraire Turpin, relativement k Roland, soit 
d'apr&s Turpin m£me, soit d'apr&s Vincent de Beauvais (XXV, 19); 
on Pa traduit en prose flamande, dans Die Alder eoccellenste cro- 
ny he, que Van Wyn attribue k Andr6 De Smet \ 

Le nom de Roland, donn6 k la cloche du beffroi de Gand (1314 La doehc Round a 
ou 1 3 1 7), est plut6t une onomatop6e qu'un souvenir de ce guerrier 5 . 
A ce propos, nous ferons observer que Ph. Mouskes explique ce nom 
comme dans les branches suppl&nentaires du faux Turpin : 

Cis nons Rollant dit autretant itymows du mot 

Comme rolle* de viertu grant. " n ' 

V. 11868. 

Rotolandus inlerpretatur rotulus scientije , quia omnes reges et 
principes omnibus scientiis imbutus ewcellit*. Mais les Reali di 
Francia n'adoptent pas cette ridicule dtymologie, qui metamor- 
phose le naif et ignorant chevalier en une sorte de pedant , k la 
mani&re de ce roi que le bon Henri IV appelait plaisamment maitre 
Jacques. Voici, d'apr&s eux, Porigine de ce nom. Milon et Berte, 
dont Charlemagne d£sapprouvait Tunion, sont obliges de se sauver 
et veulent se rendre k Rome pour se faire relever de Fexcommuni- 

1 Chronique en vers de Jean Fan Heelu , p. 147, note sur le v. 2924. 
* fd.de 1880,1, 232. 

3 IX , 22 et suiv. 

4 T Hantwerpen, 1512, in-fol. Voy. notre BibL historique de la Belgique. 

5 Diericx , MSmoires sur la ville de Gand, II , 65 ; Marchantii Flandria, 116 ; Voisin , Guide 
des voyageurs dans la ville de Gand, seconde edition, p. 154; Le litre de Baudouin, public 
(de nouveau) par MM. £. P. Serrure et A. Voisin , p. xxi , note; la Chanson de Roland, p. 816, 

6 1,681. 

Tom. II. * 



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cxcit INTRODUCTION. 

cation dont ils avaient 6t6 frapp&. Ayant tout rendu pour vivre , 
chevaux , armes et v&emens , ils ne peuvent aller que jusqu'aux 
environs de Sutri , k huit lieues de Rome. LA ils entrent dans one 
caverne , oil Berte accouche d'un fils. Get enfant 6tait si fort dte le 
moment de sa naissance , qu'il se roula du fond de la grotte jusqu'A 
Pentr^e. Son p&re, qui 6tait absent pendant que sa m&re aecouchait, 
y trouva Penfant k son retour. Voulant ensuite lui donner un nom , 
il se rappela cette petite sc&ne , et le nomma Roland , c'est-A-dire 
rouulnt. La prima volta , dit Milon k Berte ? eke io lo vidi, si lo 
vidi io eke il rotolava , et in franzoso e a dire rotolare, roorlare... 
lovoglio per rimemoranza die Vkabbia name Roomudroo l . 
Le. statues de Roiaad. Le Roelands steen > cP Amsterdam, demt Franck Van Berckhey 
donne la figure % est une de ces statues connues en Allemagne sous 
le nom de Rolands Sceulen, dont Pusage remonte au X e stecle ou au 
r6gne de Pempereur Charles IV, et qui n'&aient pas la marque exclu- 
sive des villes libres , comme quelques-uns Font cru , puisqu'on les 
retrouve dans les endroits de la moindre importance. Des antiquaires 
ont pens£ que ce h'est que par la suite des temps qu'on a attache le 
nom de Roland k ces representations , et que leur veritable desi- 
gnation est Ruegland ou Rueglands Sceulen, comme qui dirait 
d&nondaiion de crime, pour indiquer la justice et juridiction cri- 
minelle, dont le glahre qui arme les statues est le symbole particu- 

1 Reali di Francia , con la bellissima estoria di Buovo (Tdntona, Venezia, 1821 , gr. in-8°; 
1. VI, c. 53; Ginguene, Hist. lit*, d' Italic, IV, 168-69; Giulio Ferrario, Storia ed analisi 
degli antichi romanzi di cavalleria e dei poetni romaneschi d' Italia, con dissertazioni sulT 
origine, sugl 9 instituti, sulle ceremonie de cavalieri, sulle corti d'amore, sui tornei, sulk 
giostre ed armature de'paladini, suW invenzione e suW uso degli stemmi, etc., Milano , 1828-20, 
in-8°, h vol. 

2 Elle etait placee devant le perron (Tun ancien batiment du Nieuwezydz Woordburgwal , 
vis-a-vis le Kolk , Berckhey et Wagenaar se sont trompes sur Tage et la destination de cette 
figure. Voy. YHist. d'Amst. de ce dernier, IV, 415, et la trad, de YHist. natur. de la 
Hollands , par Jansen , III , 58. 



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INTRODUCTION. cxcv 

lier. IFou vient qu'en plusieurs endroits, au lieu de la statue m6me, 
on se contentait d'un bras arm6 de l'ep£e appetee vulgairement die 
Freynung. Ge qui confirme cette explication, c'est qu'assez g6n6- 
ralement les executions criminelles se faisaient \k ou Ton voyait 
de semblables images. D'un autre c6t6, des autorites respectables 
assurent , sans beaucoup s^carter de cette maniere de Toir, que ces 
statues de Roland doivent leur origine k la coutume tr&s-ancienne 
des Germains, et sp6cialement des Saxons , d'6riger des images de 
leurs rois ou h&ros sur les places publiques oh ils tenaient leurs 
plaids (placito, malla, Mahlstaetten , Dingstaetten), parce que, 
depuis les temps du paganisme , ils aimaient k les tenir dans des 
lieux sacr&s, et dans des enceintes ou £tait interdite toute sorte de 
rixe et de guerre. C^tait done un signe que les yilles oil se trouvaient 
de pareilles statues de Roland , exergaient une juridiction ind£pen- 
dante \ 

M. Fr. Michel a offert un tableau analytique des compositions 
qui , dans toutes les langues , se rapportent k la bataille de Ronce- 
yaux. Nous nous permettrons de lui rappeler celle-ci , pour la partie 
espagnole : 

BataUa de Roncevalles, par Francisco Garrido, en Toledo, 1583, ouvrage e^oi . ur 
in-4° (cite par Fontette et Meusel); r\uT 

1 Aux ouvrages concernant les Roland's Swulen , Inumeres par M. Fr. Michel , ajoutez : 
Aug. quinque Carolorum historia, Vienn. Austr., 1785, in-fol., p. 77 : Quaesitum 19. 
An statuw ilia armatce, vulgo Roland dictw , in plurimis Germaniw urbibus visenda a Caroli 
MagnicBvo originem trahunt? P. A Thymo , Hist. Brab. diplom., Br., 1880 ,1, 819-21;Reiche, 
De Colossi* et jure Colossorum, 1699; Hommel, Jurisprudents numismatibus illustrate , 
p. 280 ; Koehler's Muenz Belustigung, 1788, p. 145; Eccard, De voce Roland, dans Hist, de 
studio etymologico ; De Hase, Bibliotheca Historico*4heologica , cl. 6 F. 1 . p. 28 ; Winckelmann , 
Exequiw Bulandi Bremensis, dans No tit. vet. Saxo-ffestphaL, liv. IV, c. 3 ; Haltaus , Gloss. 
Germ. med. cevi, au mot Rolaud; Dreyer, Jurispr. Germ, picturata; Observ. VIII, dans 
Breitraegen zurKunde der teutschen Rechtsalterthuemer von Spangenberg, 1824 ; Dr. Deneken, 
Die Roland's Samle in Bremen, 2* ed., Bremen, J. G. Heyse, 1828, VIII, 85 pag. et une 
planche, etc., etc. 



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cxcti INTRODUCTION. 

Et pour la partie flamande , Pouvrage que nous avons indiqu£ 
quelques lignes plus haut. Ajoutez-y : 

Ruolattdes ldet , dont M. W. Grimm annonoe la publication , avec 
les figures du MS palatin et un fac-simile , k Gottingue , chez Die- 
terich , gr. in-8°. 
chaiuonoupiut6tch« n . Un mot sur la Chanson de Roland, que Ton r6p£tait parmi les 

sons deHoltnd. * * * 

rangs des armies. 

Sans nous engager dans l'examen de tout ce qui a £t6 d6bit6 & ce 
sujet , nous nous contenterons de dire que , suivant nous , cette chan- 
son, vraisemblablement tr&s-simple en sa forme \ 6tait un de ces 
morceaux lyriques sur lesquels travaill&rent les premiers roman- 
ciers, plutot qu'un passage de roman meme, passage qui n'aurait 
eu ni la mesure, ni la coupe n6cessaires pour 6tre chants dans 
Pacception rigoureuse du mot , et qui , pour £tre compris , eut exig6 
une exposition pr6liminaire. Dans le repos d'un castel, dans le 
silence d'un auditoire attentif , on pouvait reciter avec des intona- 
tions musicales semblables k notre recitatif , des fragmens tir6s des 
chansons de geste , mais sur le champ de bataille , quand la terre 
mugit, £branl6e par les hommes et les chevaux, il faut quelques 
expressions simples et sonores, des g£n£ralit£s, des figures v£h£- 
mentes, plut6t qu'un r£cit r^gulier ; un cri mAle et 6nergique, plut6t 
qu'une lente m61op£e , une phrase courte , susceptible d'etre r6p&£e 

1 Telle etait la chanson des soldats d'Aurelien, au rapport de Vopiscus : 

Mille Frsncof, 
Mille SarmaUs, 
Semel occidimiu : 
Mille, mille, mille, 
Mille, mille, niille, 
Penes queuimus. 

Le chant des soldats de 1'empereur Louis II (871), et celui des soldats modenois (924), sont 
des especes de complaintes bonnes pour le bivouac , le corps-de-garde ou la garnison , mais 
peu appropriees au moment de 1'attaque. Sismondi, De la litt. du midi de I' Europe, Brux., 
Dumont , 1887, gr. in-8°, I, 14-18; A. Baron, Poisies miltiairee de VantiquiU, p. 40. 



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INTRODUCTION. cxcvn 

en choeur, plut6t qu'une large p&riode. Faites d6clamer en t£te d'une 
arm£e flamande , des fragmens de Van Heelu , ce sera assur&nent 
une declamation perdue. Mais qu'un chef ou un soldat entonne 
d'une voix forte et rude un de ces cantiques guerriers, dont le texte 
simple et concis se grave facilement dans la m&noire d&s qu'on Fa 
entendu, on lui r^pondra avec enthousiasme et Ton se pr^cipitera 
avec ardeur sur Pennemi \ 

Taillefer, en chantant de Roland et de Roncevaux , faisait des 
tours d'adresse avec son 6p6e. Ainsi, quand nos troupes vont au 
combat , le g6ant galonn6 , plac£ en avant de la martiale musique 
des tambours et des clairons, qui ch anient aussi des airs menacans, 
fait avec sa canne mille Evolutions surprenantes. 

Vous n'avez pas retrouv6 la Chanson de Roland, ou plutot les 
chansons soldatesques dont il 6tait le sujet , mais savez-vous encore 
celles qui faisaient courir k l'assaut les braves de Turenne et de 
Cond6 ? Quel grognard a m6me retenu tous les couplets grivois et 
terribles qui retentissaient autour des aigles de la grande armee ? 

La gloire de Roland appartenait de droit aux romans karlovin- Mentionde&oi»ndda ns 

_ los chansons de gesle. 

giens et des douze pairs. Dans ceux de Renaud de Montauhan et **nw <u mom™- 
du Sidge d'Aspremont, on voit Roland arriver k la cour et faire lesi ^ ed, ^ s P remoHt - 
ses premiers actes de prouesse. U faut lire dans cette derni&re 
chanson , comment enferm£ au chateau de Laon, ou le soin de 
son Education est remis k un serviteur fiddle , il entend dire que le 
roi Charlemagne se dispose k partir pour guerroyer les Sarrasins 
d'ltalie. Alors il casse la t&te au portier qui essayait de le retenir, il 
d6pouille dans la campagne deux guerriers qui voulaient s'opposer 

1 Du Cange , Glossar. voce Cantilena. Rolardi ; le meme, Dissert. XI sur Joinville , p. 205 ; 
Laborde , Essai sur la musique, II, 148 ; Roquefort , De I' Mat de la poe'sie fran$aise , 204, 
$62, etc.; C. M. Wieland, Melanges lift., polity etc., tr. par A. Loeve-Veimars et Saint-Mau- 
rice , Paris , 1824 , in-8°, p. 292-304 ; Annuaire historique pour I'anttie 1887, publie par la 
Soctete de l'histoire de France , p. 215. 



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CXCVIII 



INTRODUCTION. 



k son voyage , et il arrive au camp de Charlemagne , arm£ de toutes 
pieces , dispose k combattre et sollicitant ardemment oette faveur. 
Tout le reste du r£cit est plein de ses exploits. 

Dans Renaud de Montauban (MS 7 183), il se montre d'abord hos- 
tile aux quatre fils d'Aymon. II combat m&ne corps k corps contre 
Renaud , et le plus beau fait d'armes de celui-ci tient k ce qu'il ne 
fut pas vaincu dans cette lutte. Enfin il contribue a r&xmcilier 
Charlemagne avec les quatre fr&res. 

ogier-u-Danois. Roland parait rarement dans Ogier-le-Danois (MS Supply 

n° 180), mais toujours sur un plan parall£le k celui du h£ros prin- 
cipal. Une chose remarquable , en effet , dans le type de Roland , 
c'est ce caract£re (Tinvaincu, qu'on n'ose jamais lui enlever. Presque 
toujours il est le plus vaillant. Jamais les trouv&res ne se sont avisos 
de donner k quelque autre sur lui f avantage de la force et de la 
victoire. Et quand il leur arrive de maintenir une sorte de balance 
entre Roland et le heros qu'ils ont choisi, ils en demandent au lec- 
teur une sorte de pardon, et entrent, pour se justifier, dans des 
explications prolong£es. 

jehandtumson. Dans Jehan de Lanson , Roland est A la tAte des douze pairs de 

France qui font le stege du chateau de Lanson, sur les marches 
d'ltalie. Jean parvient k les retenir prisonniers , mais 1'adresse de 
Bazin de G6nes finit par d61ivrer les douze pairs et Charlemagne 
(MS n<> 8203). 

GuiteciindeSaissogne. Guiteclin de Saissogne ne fait qu'une 16g6re mention de Ro- 
land. Les 6v6nemens principaux ont m6me lieu apr&s sa mort (MS 
n<> 6985). 

Girard d' Amiens a r6sum6 dans son grand po&me historique de 

Charlemagne. Charlemagne > toutes les traditions relatives k Roland. Mais il les a 
d£pouill£es de leur caract&re primitif , et, en voulant les polir, il en 
a emporte tout le relief (MS n° 7188). 

Roland figure encore dans un autre roman sans titre et sans corn- 



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INTRODUCTION. cxcix 

mencement ni fin , dans lequel est d&nrite la guerre de Charlemagne 
oontre l'Amirans de Perse (MS n° 6985). 

La Chanson de Gaydon est le r£cit de la punition des derniers Gajdon. 
parens et allies de Gan£lon y long-temps apr&s la mort de Roland 
(MS n<> 7551). 

Enfin il est encore fait mention de Roland , mais en passant , dans 
les chansons de Gerard de Vienne,de Fierabras, de Gerard de 
Roussillon, de Garin de Montglave, d'Ans&s de Carthage , etc. 
(MSS no 7498,2; Suppl.fr., 180; 7224, 3, 3; 7542 et 7191) \ 

D. Ganelon. 

Si le nom de Roland est synonyme d'h£roisme, celui de Ganelon " 
est le nom m£me de la trahison. 

II appartenait k la maison de Mayence, qui semble repr&enter uaiioo<ieii«yence. 
dans les anciennes poesies l'opposition form^e contre la famille de 
Pepin. En effet, presque tous les membres de cette maison de 
Mayence ont combattu Charlemagne , et on a confondu Ganelon 
avec Loup , due de Gascogne, fils de Waifre et petit-fils de Hunald , lou P . due de g«co- 
lequel fut la cause r6elle du d&sastre de Roncevaux 3 . Or, ainsi que 
nous le remarquons k propos de Garin, ces princes d'Aquitaine 
&aient du sang de la race d&shue. A ce grand int6r£t dynastique se 

1 Ces details sont extraits d'une lettre que M. P. Paris nous a fait l'honneur de nous ecrire 
le 12 Janvier 1835. 

* 11 s'ecrit en francais Guens, Guenes, Guenles, Guenelon, Guenelum, en latin, Ganelo, 
Gavaloj Ganalonus, Ganalo. 

3 Charles-le-Chauve , dans une charte du 12 des calendes de fevrier 845 , dit : Magnus arms 

nosier Carolus, fiddissimo Lupo duct totam Vasconim partem bene ficiario jure reliquit, quam 

Hie omnibus pejoribus pessimus , acperfidissimus supra omnes mortales, operibus et nomine 
Lupus, latro potiusquam dux dicendus , fVifarii patris scelestissimi , avitique apostate Hunaldi 
improbis vestigiis inhcerens , etc.; Hist, generate du Languedoc, par DD. Devic et Vaissette, 
I , p. 4S0 , n° LXXXI , et preuves , col. 88 ; Fr. Michel , Tristan , II, 177; le meroe , la Chanson 
de Boland, p. iimv. 



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cc INTRODUCTION. 

joignait peut-6tre encore cette implacable rivalit£ des g6nies du 
midi et du nord, rivalit6 qui se r^veilla avec taut d'^nergie au 
XIII e si&cle, lors de la guerre des Albigeois. 

Etjmoiogie briioow. M. Ft. Michel conjecture que le nom de Guenelon ou Gudnes est 
alt6r6 du breton Guinoli ou Guenau, et qu'il adusa vogue k Pan- 
cienne 16gende de Tristan; Pun des barons qui le trahirent £tant 
d£j& ainsi nomm^ ne peut-on pas croire avec quelque fondement, 
demande-t-il , que les premiers romanciers du cycle karlovingien 
s'empar&rent de ce nom, rendu proverbial, pour designer un traitre, 
k cause de la grande popularity des faits et gestes du chevalier 
breton, et qu'ils l'appliqu&rent k Loup, dont on oublia bient6t le 
nom veritable? 

II nous semble plus simple d'appliquer ce raisonnement k un per- 

Gucneion. .rchereque sonnage historique , k Wenilon ou Guenelon, archev£que de Sens, 
qui, combl£de bienfaits par Charles-le-Chauve , le trahit en faveur 
de Louis-le-Germanique \ 

paissance de u poetie. Et pourquoi , apr&s tout , les pontes n'auraient-ils pas la puissance 
de cr6er un type de perfidie , comme ils en cr6ent de grandeur et de 
g6n6rosit6. Serait-il n£cessaire d'all^guer de cette faculty des exem- 
ples qui sont dans le souvenir de toutes les personnes familiarises 
avec les lettres? 

Qu'il eut exists ou non , Gan6lon n'en £tait pas moins un £tre r6el 
pour le peuple, et sa conviction sur ce point a 6\A si forte, que cette 
fois encore elle a impost k la science. 

Traditions reuses a Alb&ric de Trois-Fontaines 2 fait naitre Gan£lon k Ramerup , au 

Ganelon. . m # r 7 

Aib^ne de Trois-Fon- dioc&se de Troie. Suivant une tradition fabuleuse, Louis-le-D6bon- 

taines. * 

naire aurait pass£ par Avenas, village du Beaujolais, le 12 juillet de 
Tan 824 ou 830 , pour se rendre k Aix , en Provence, ou il devait se 

1 Du Cange , Glou. au mot Gakeio , Hist. litt. de la Fr., XVIII , 728. 

2 Ad annum 805. 



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INTRODUCTION. cci 

trouver k un concile (qui eut lieu effectivement, mais k Aix-la- 
Chapelle). On raconte que ce monarque s'arr&a k Avenas, ou il fit 
raser et d£truire de fond en comble le chateau de Gan£lon , que 
Charlemagne poursuivit et atteignit sur la montagne de Torv&m, Tmdjuon. ioc«i«. 
ou ce traltre fut vaincu. 

Une g£n6alogie des comtes de Boulogne , rapport£e plus bas , dit 
que ce fut Otton, fils d'Attes , qui s'empara de Gan£lon \ 

Severt, historien des £v£ques de Macon, affirme que l'6glise severt. 
d'Avenas a 6t6 erig^e par les soins de Louis-le-D6bonnaire 2 . 

Feu M. Gochard a adopts cette explication , dans une notice sur mm. cocwa et Per.- 
Avenas 3 . M. P&ricaud s'est borne k la rapporter 4 . 

Une tradition qui r£gne encore k Laon , assure que Gan6lon fut 
execute dans cette ville, aupr&s du faubourg de Leu illy. Le lieu ou 
Thierry et Pinabel out pr&endument combattu, continue de se 
nommer le champ de bataille \ 

Outre les mines du chateau de Torv6on, dans le Beaujolais, il y 
a dans le Beauvoisis , pr6s de Compi£gne , entre les rivieres d'Oise 
et d'Aronde, et k leur jonction, une montagne appel£e le Mont- 
Gan£lon. On y voit les ruines d'un ancien chateau, que les gens du 
pays disent avoir subsists du temps de Charlemagne. lis ajoutent 
qu'il a serri de retraite k Gan&on. 

Enfin il existe k Chaton, aupr&s de Saint-Germain~en-Laie, dans 
la foret du Vesinet, une mare k laquelle on attribue des propri£t£s 
merveilleuses et qui porte le nom de Mare de Gandlon 6 . 

1 Article de Garin le Loherenc. 

2 Chron. hist, R. Episc. Diwces. Matisconensis , 1628 , in-fol., p. 32. 
* Archives duRhdne, XVI, Ul. 

4 Notice sur F ancien autel d'Avenas, t. 1", 4° liv. de la Revue du Lyonnais; Fr. Michel, la 
Chanson de Roland , p. 189. 

5 Devismes , Hist, de la ville de Laon, 1822 , 1 , 29 , 80 , 89 ; Fr. Michel , ibid. 

6 Fr..Michel, Tristan, II , 178; Roman de la Violette, p. 16 , note 1. 

Tom. II. aa 



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C45H 



INTRODUCTION. 



M. Fr. Michel, qu'on ne doit pas s'&onner de retrouver si sou- 
Tent dans oet ouyrage, a public un po&me en yers £16giaques 
latins , Be traditions Ganelonis, tir6 de la biblioth&que Cotton- 
nienne 1 . 

AyedATignon. Les parens de Gan61on semblent, dans les romans, porter la 

marque indllebile de sa perfidie. Les vassaux de la belle Aye d'Avi- 

Gvnier de N.meuii. gnon , nitoe de Charlemagne , reprochaient k Gamier de Nanteuil , 
d'etre de la geste Aytnon, qui 6tait fils de Doon de Mayence, de 
m&ne que Gan^lon. 

Le roman italien de Buovo dAntona fait desoendre celui-ci de 
Raymond de Mayence \ Le roman de P arise la Buchesse, public 
par ML Be Martonne , enum^re la parents du felon chevalier et passe 
en revue plusieurs personnages mentionn& par Ph. Mouskes : nous 
soulignons lesnomsrecueillis par ce dernier 1 : 

II ot en Vau venice XII pers moult f&lon, 

Qui lor seignor murtrirent par moult grant trafron , 

Hardrez et Aloriz, et Ti6bauz d'Apremont, 

Et Peneauz et Rogien et Herrties de Lion , 

Pinabiaus et Roers et Sans** d'Orion. 

Gil furent del lignaige al cuvert Gan61on 4 . 

Gontaud de Laus.oae. Plus loin est nomm£ Gontagles de Losanne {Gontaut de Lau- 
sanne), cousin de Gan61on, et qui en conserve le caract&re caute- 
leux, perfide et cruel 5 . 

Dans le roman de La belle Aye, on lit : 

Estes-vos au palais Auboine et Milon? 
Gil sont fil Pinabel et neveu Gan61on. 

1 La Chanson de Roland, pp. 228-242. 

2 Buovo d'Antona, canti XXII, Venezia, 1480. 

3 V. 8458 et suiv. 
* P. 4,5. 

5 P. 89. 



H»rdre, A Ions, Thi- 
band d'Apremont , 
Pinabel do Sorenie. 



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«li, 



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INTRODUCTION. can 

Thibaut d'Apremont,' seigneur de Hautefeuille , 6tait fr&re de 
Gan£lon. 

Pinabiaus est le Pinabel-le-Blond , seigneur de Sorente, dont 
parle Ph. Mouskes \ et qui est tu£ par Gaydon (dans la chanson de 
oe nom), ainsi que Thibaut. 

Samson ou Sanses £pousa, selon le roman d'Aye, une soeur de sanuon. 
Gamier, dont il eut un fils appel£ Guichard. 

Hardr£, Hartrat, Ardericus, &ait p&re d'Aumanguis-le-Brun, 
dont le fils se nommait Aloris. Les fr&res d'Hardr£ £taient Samson 
et B6renger 2 . w^er. 

Parmi toutes les applications du nom de Gan61on, qui abondent 
dans les 6crivains du moyen Age , nous ne recueillerons que celle-ci, 
parce qu'elle se rapporte au texte de notre auteur. Le comte Renaud Remade Boulogne 
de Boulogne a une querelle avec Hugues de Boves 3 . « Ciertes , dist 
li quens, vous i avez menti comme mauvaisrous et trattres que 
tous estes; et bien dev& tels paroles dire, quar vous estes dou 
lignage Gruenndlon 4 . » 

Malgr£ la diffamation constante deGan£lon et des siens, M. Lesson Tenure de rdubiii- 
a entrepris de r^habiliter sa m^moire, en s'appuyant sur le droit 
feodal 5 . On ne pouvait plus adroitement manier un paradoxe. 

E. Les quatre fil$ Aymon. 

Parmi les l£gendes qui ont cours en Belgique , celle de ces quatre 
paladins est la plus populaire , m£me k une 6poque ou toutes les 
traditions s'en vont une k une , et ou Ton ne croit plus gu6re qu'a 

1 V. 9476etsuiv. 

1 De Martonne , Parise la Duchene , pp. 21 , 22. 

* Fay. v. 20848 , 20856 , 21680 , etc, 

* Add. MSS du Mus. Britann., n° 7108 , fol. 57 verso ; Fr. Michel , Tristan , Il , 175. 
5 Justification du comte Ganelon, LeUree Scmtonnes, II et III. 



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ccnr 



INTRODUCTION. 



la vapeur et aux chemins de fer. Nos enseignes , nos rues, retracent 
encore leur souvenir * . On montre les lieux qu'ils ont habitus ; on at- 
tache leurs noms k d'antiques manoirs, comme en Italie les ciceroni 
d£corent les vieux debris du souvenir du grand orateur, leur glorieux 
patron, comme dans nos contr^es toutes les forteresses ont 6t£ con- 
struites par C£sar, toutes les plaines ont servi de camp k ses legions. 

chii«iux deRenastien- ^ e ch&teau de Renastienne {Reinouis steen ) , dans la province de 
d r Amb d uve Po d U 'Ai^ Ltege , commune de Hody, passait pour avoir offert un asile aux fils 
i™H n ocheB.y.rd,etc.' d' Aymon et surtout k Renaud , le plus illustre d'eux tous. Non loin 
de \k , celui de Poulseur £tait renomm£ pour avoir appartenu k leur 
cousin Maugis, cet enchanteur, qui fat pape de Rome (!)• Les 
ruines que Ton va visiter k Ambl&ve ou Ambl6me, dans la commune 
d'Aywaille, sur la cr6te d'un rocher taill£ k pic, sont encore appe- 
16es le Chdteau des quatre fils Aymon 2 . Le chateau d'Aigremont, 
debout sur les bords de la Meuse, entre Li£ge et Huy, et rebAti k 
neuf dans le courant du XYIH e si&cle, fut, dit-on , jadis la demeure 
des m^mes chevaliers ou de leur cousin, et devint plus tard le 
repaire du Sanglier des Ardennes \ 

Lech«v.i B.yrd. « On voit k Dhuy, dans le comt£ de Namur, 6crivait Paquot, en 

» 1770 4 , un vieux chateau, dit Bayard, dont un c6t£ aboutit k un 
» pare baign6 par la M6hagne ; et Ton assure qu'il servit de retraite 
» aux fils d' Aymon, obliges de s'enfuir de PArdenne; ce qui fait, 
» dit Gramaye , que ce chateau est encore un fief relevant du due 
» de Brabant 5 . » 



1 Rue des Quatre fils Aymon, a Bruxelles et a Mons. 

2 Souvenirs de vacance, par M. F. H. Colson, dans la Revue Beige, Liege, 1837, in-8°, 
avril , pp. 383-384. 

3 Promenades hisioriques sur les bords de la Meuse, par M. B. (le docteur Bouvier) , ibid., 
1835 , decembre , p. 367 ; Villenfagne , Recherches sur Vhist. de Liege, 1 , 429, 471 . 

* Mem. litt., in-fol., Ill , 433. 

5 AntiquitatescomitatusNamurcensis, in4°, p. ii. 



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INTRODUCTION. ccv 

La Roche Bayard, pr&s de Dinant , est rest^e c61&bre. Les pay sans 
de ces cantons Pappellent, sans doute par corruption , Roche a 
Bay an. D'apr&s une vieille tradition, le cheval Bayard se serait sauv6 
d'une des gorges de ces rochers, dans les foists qui environnent 
le ch&teau de Beaufort et il y demeurerait toujours. Le r&iacteur 
du texte de la Collection historique de$ principales vues des Pays- 
Box, Tournay, in-foL, s'est imaging que cette croyance concernait 
le cheval de Bayard , le chevalier sans reproche et sanspeur 1 ! 

Gramaye , cit£ tout k Pheure , observe que la l^gende des quatre 
fir&res , a 6t6 admise pendant plus de six stecles k Berthem , village 
voisin de Louvain, appartenant jadis aux seigneurs de H6verl£, 
comme avou& de Pabbaye de Corbie , auquel saint Adalhard , 
Adalard ou Alard, abb£ de ce monast&re et Pun des fils d'Aymon, 
Paurait donn£. Gramaye dit que Berthem signifie la demeure du 
cheval, et que ce nom vient du cheval Bayard. En effet, le village 
a ce cheval pour armoiries, et Pon montrait autrefois sa creche, 
ainsi qu'une pierre avec Pempreinte de ses pieds, dans la for£t de 
Meerdael, c'est-A-dire , suivant le m6me 6crivain, la valine du 
cheval. Or on sait qu'anciennement cette for£t faisait partie de celle 
des Ardennes , oil Pon place les domaines d'Aymon. Alard, le cadet 
de ses fils (Pain6 suivant d'autres) , avait fait present de la seigneurie 
de Berthem, qui lui £tait £chue, k Pabbaye de Corbie, oil il 
renon$a au monde , et ce monast&re ne se d£fit de ladite seigneurie 
qu'en 1562 2 . Paquot assure avoir lu dans un registre manuscrit, 
qu'avant les troubles du XVI e si6de, on voyait les quatre fils 
Aymon, repr£sent6s k genoux devant un crucifix, sur le maitre- 
autel de Berthem. Molanus en parle dans ses Natales Sanctorum 
Belgii \ « Ceux de Berthem , dit-il, ont dans leur 6glise un tableau 

1 H e livraison. 

1 Gramaye, Lovanium, in-fol., 59, 60. 

* Ed.de 1595, p. 2. 



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ccvi INTRODUCTION. 

on saint Adalard est d£peint, aussi bien que le cheval gigantesque 
qu'ils pr£tendent avoir 6t6 nourri chez enx avec lui. lis font ce saint 
abb£ fils cadet d' Aymon , mais ils se trompent , remarque Molanus, 
car saint Adalard £tait fils de Bernard, neveu du roi Pepin et cousin 
de Charlemagne, avec qui il fut £lev6, » opinion qui est celle du 
p£re Anselme, de Bail let, de Godescard, et que M. le marquis De 
Fortia a adoptee dans son Examen dun diplAme \ Jacques Meyer 
met le berceau d' Adalard k Huyse ou Huysche % k une lieue d'Au- 
denarde; ce village £tait, k ce qu'on raconte, du patrimoine de ce 
saint, aussi bien que Berthem : son culte y a 6t6 en honneur et on 
y voit encore une fontaine qui porte son nom. 

Au-dessus du village de Couillet, pr&s de Charleroi, on montre 
£galement le Pied ou le Pas Bayard 3 . 

Ce palefroi et ses quatre cavaliers sont les acteurs obliges de 
quelques-unes de nos solennit^s civiles et religieuses. En 1490, le 
jour de la kermesse 4 , on fit k Louvain une procession fameuse, 
qui fut institute , assure-t-on, en 891 , pour consacrer la d££aite des 
Normands, et qu'on renouvela en 1656, 1660, 1663 et 1681. Der- 
ri&re le corps de r university, s'avan^aient Bayard et les fils d'Ay- 
mon. L'6norme quadruple 6tait orn£ des armes de ses maitres, 
c'est-i-dire de gueules au chef de m£me et charge de trois pals d'azur 
vair6s d'argent. Un manuscrit des archives de Louvain, r£dig6 par 
le secretaire de la ville, Guillaume Boon, repr£sente toute cette 
procession, au second volume, et oflre, touchant notre sujet, une 

1 Biogr.univ. 9 LYl, 610. 

2 AnnaL Flandr., 1561 , fol. 10 verso. 

3 ItinSraire ou Fog. de Vabbe De Fe/fer, note de 1'eVliteur, I, 454. 

4 Sur le mot kermesse, voir A. Le day, Programme de la ftte communal* de Cambrui 
(15 aout 1828), ou Notice sur les principales fktes et ceremonies publiques , etc., in-4°; le meme, 
Nouveau programme d y etudes historiques , p. 103 ; M"™ Ctement-Hemery, Hist, des fHes civiles 
et religieuses , des usages anciens et modernes du dipartement du Nord, Cambrai , 18S4 , in-8°. 
L'auteur promet une seconde edition de cet ouvrage. 



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INTRODUCTION. ccvn 

note ' oil il est dit qu'en l'annee 500, le due de Brabant , Charles 
Nason (h&ritier d'Austrasius Brabon), avait une fille appel6e Veraia, 
qui 6pousa Haymon, seigneur des Ardennes, dont elle eut quatre 
fils, Renaud, Roger, Olivier et Adalard, autrement Alard, Renaud, 
Guichard et Richardet. Le m&me manuscrit appelle leur destrier 
Voelbayaert, et recueille cette chanson flamande : 



Gompt al ter kermis wie ghy syt , 
Tis du als vreucht en al jolyt 
Die men in langhen niet en sach 
Syn hier vergaert op eenen dacb. 

Syt willecom nu alle ghelyck , 
Heer, vrouw en knaep , aerm en de ryck , 
Wie dat sy syn 'tsy Tan wat staet 
Wy en begeren niemant quaet. 

Maer wacht u wel tot elcken heer 
Van die schouvaegers sonder leer 
En die daer lagen dach en nacht 
Dat sy niet met en hebben bracht. 

Hier mede slay ten wy on liet, 
Maer en Tergeet d'accyse niet; 
Weest dan vrolyck in 's Lovens pleyn, 
Godt ter eeren en syn moeder reyn. 

Bayard reparait au jubil6 de Malines, en 1825, fete calqu£e sur 

1 Fol. 478 verso. Cf. Mmanak van Loven , voor 1754 , D. 6 , verto. Dans cet almanach , on 
lit ce qui rait : Hier volyen de heeren vande fPytvermaerdo universiieyt van Lovm* Daer naer 
volgt Rosbeyaert, behangen met de wapenen van HeUyman> daer op eiUen de 4 Hellymans 
kmderen vervolqt met den koninak Karei diese beveekt te peerde , ende voor den Rosbeyaert 
voorechreven danst eenen moeselaer. 



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covin INTRODUCTION. 

des rdjouissances plus auciennes ! . VOmmegang de Bruxelles serait 
£galement incomplet sans Bayard. 

Ges souyenirs si vifs, si g£n£ralement r6pandus, n'auraient-ils 
que des fables pour origine? Nous n'admettrions Faffirmative 
qu'avec peine. Sans doute la fiction obtient ici sa large part, mais 
elle semble recouvrir un fond de v6rit6. 

Foullon place vers le milieu du VI C si&cle les aventures d'Aymon 
et de ses fils, auxquels il donne pour m&re une tongroise. Ce j^suite 
s'en rapporte naivement aux m£mes autorit6s que le manuscrit de 
Louvain , avec lesquels Brusthem est aussi d'accord, sauf cette seule 
difference, que Veraia, la mfere des quatre fils Aymon, n'6tait pas 
fille , mais soeur de Charles Nason 2 . 

II n'est pas possible, au surplus, de concilier la date de Foullon 
(Fan 538), avec les paroles de Thomas de Cantimpr6 sur le cheval 
Bayard. Get ^crivain, qui florissait en 1258, invective contre les 
tournois et demande aux jouteurs de son temps, s'ils peuvent se 
promettre de leurs exercices plus de reputation que n'en acquit oe 
fameux cheval, qui mourut, dit-il, il y a d£j& plus de 500 ans, et 
dont la m^moire dure encore 3 ? Cantimpr6 pensait done qu'il fallait 
redescendre jusqu'au VII e si^cle , au moins. Son annotateur, Col- 
vener, remarque que la m&noire de Bayard s'est conservde jusqu'd. 
nos jours, et que nous avons des romans fran^ais et flamands sur ses 
exploits fabuleux (car un enfant les jugerait tels). Mais, ajoute ce 
scoliaste , puisque Cantimpr£ en parle comme d'un cheval qui a 
v^ritablement exists, il y a de l'apparence qu'un fait r^el a donn£ 

1 Fiertig-jaerig jubile van den H. Rumoldus (par Vervloet), Mechelen (1828), in-4°, 
p. 55-56 ; Diet, de la conversation et de la lecture , VIII , 274. 

2 Voy. la chronique de Brusthem, dans notre premier volume , p. 570. Cf. Petr. Louwius, 
Ad Molani hist, sacra ducum Brabantia militia , au commencement. 

3 Th. Cantimpratanus, Apum lib. II, c. XLIX, s. 8, e<L 1805, pp. 44* , 444; Paquot, 
1. c.,p. 442, 



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INTRODUCTION. cent 

naissance aux contes que l'on en fait , ce qui est aussi arrive par 
rapport k la plupart des fables adoptees par les pontes \ 

Arnold Wion, plus tranchant que Bollandus 2 , regarde saint 
Renaud, Renard ou Remold, comme fils veritable d'Aymon, et 
r£pond aux objections faites contre Pexistence de ce saint 3 . Sa vie 
a 6\6 imprim£e en 1485. Wion Fa vue aussi en vers italiens et 
fran$ais. Renaud vivait, k Pen croire, du temps de Charlemagne. 
Bojardo, Arioste et les auteurs des romans de Maugis et de son 
fr6re Vivien, font Aymon, seigneur de Montauban , ce qui est certai- vmeo. 
nement faux, puisque ce chateau ne fut construit que long-temps 
apr&s. Molanus convient avec Wion, que saint Renaud 6tait d'il- 
lustre naissance. Ces deux £crivains racontent qu'apr6s s'£tre distin- 
gue k la guerre , il alia prendre Phabit monastique k SMPantal&m 
de Cologne , ou il ne se distingua pas moins par la saintet£ de sa vie 
que par ses miracles. Son abb£ lui ayant donn£ Pinspection des ou- 
vriers qui travaillaient aux batimens du monast&re , ces sc6l£rats le 
tu&rent et le jet^rent dans un puits , d'oii on le tira pour Penterrer 
d6cemment. Vers Pan 1060, saint Annon, archev^que de Cologne, 
donna ses reliques k ceux de Dortmund , qui construisirent une £glise 
en Phonneur du martyr \ II est k remarquer que Dortmund, ville 
que les tribunaux vh£miques ont rendue fameuse, s'appelle en latin 
Tremonia , et que la ville de Tremogne est souvent mentionn£e dans Tremor ou Don- 
la I£gende des quatre fils Aymon, telle que Pont change les trou- 
v&res 5 ; si done Pon voulait hasarder quelque conjecture, on pourrait 
dire que Renaud, en se r^fugiant k Dortmund, pla$ait entre lui et 
Pempereur, le pouvoir t£n£breux des francs-juges. Franc-juge.. 

1 Not. ad Cantimp., e\H. 1605 , p. 50. 

2 Acta sanctorum januarit , I , 285 , 386. 

* Am. Wion, Lignivitm, parte II, pp. 10, 11 , 12. 

4 Trithemius, Deviris illustrib. ord. S. Benedicti, lib. Ill, c. W9. 

5 Voy. notre premier volume, p. 607 , 608. 

Tom. II. bb 



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ccx INTRODUCTION. 

Ph. Mouskes, passant en revue l'arm£e de Charlemagne , dit ' : 

Coustantins, li pr6vos de Rome, 

(En ot) XX mil qui furent tout preudome. 

Renaus dfAubeejntn Tint aprifa 

A M compaignons totu engrils. 

Le roman de Turpin l'appelle Rainoldus de Alba-spina 2 , et 
l'Excellente Ghronique de Brabant Raynout van Albespyne. Nous 
avons pens£ et nous pensons encore, que ce Renaud £tait le m£me 
que celui de Montauban (de Albomonte). Ph. Mouskes d£signe posi- 
tivement ce dernier aux v. 8444, 9814 et suivans. 
Anecdote Kodak. Avant de dire quelques mots sur les compositions romanesques 

dont Renaud et ses fr&res ont £t£ le sujet, nous consignerons ici une 
anecdote f&odalequi les concerne, quoiqued'une manure indirecte 5 . 
Dans un registre intitule : Rapports et ddnombremens des fiefs 
terms de la Salle de Lille, de 1615, lequel se conservait, avant 
la revolution de 1789, aux archives de Pancienne chambre des 
comptes de Flandre, k Lille, on lisait, fol. 130, ce rapport transcrit 
mot pour mot : « Item ledict Nicolas Imbert tient encoires un fief se 
» consistant, etc., lequel fief doibt k madicte seigneurie (de Tem- 
» pleuve en Dossemetz, prfes de Tournai), le dixi&me denier k la 
» vente, don ou transport, service en court quant l'h6ritier requis 
» en est, et ung jambon de Mayence, cuit avec de la moutarde 
» sucr^e, de relief, k la mort de l'h&itier, pr&sentant audict sei- 
» gneur de Templeuve estant k table, et chantant gaillardement 
» la chanson vulgairement appel£e : 

Regnauld de Montauban 
Trouve sa mere mort* 

1 V. 5216. 

2 Tome I OT , p. 496. 

3 Gachard , Analectes belgiques , p. 165. 



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INTRODUCTION. ccxi 

Et lui souffle au c... 
Et *e le reeonforte. 

Cette chanson de Renaud remontait certainement au del& du 
XVII C siicle. Peut-Atre £tait-elle de F^poque de Huon de Villeneuve, huod a« vaieneuve. 
qui pourtant s'est bien gard6 (Ten faire une branche de son roman. 

Ce trouv&re du XIII e si&cle est auteur des romans de Renaut de 
Montauhan, de Gamier de Nanteuil, de Doolin de Mayence et de 
Ciperis de Vineaus l ; on lui attribue en outre ceux des Quatre fits 
Aymon , de Maugis d'Aigremont et de Bueves dAigremont 2 . 

M. Amaury-Duval a donn£ une analyse et des extraits de ces difffc- 
rentes compositions, et M. E. Bekker a public en t^te de son Edition 
du Fier-d-Bras, en' provensal, un long fragment du roman des 
Quatre fils Aymon, d'apr&s le manuscrit de la bibliothfeque royale 

1 Le roman de Ciperis ou Siparis , en prose , est a la biblioth&que de Bourgogne, n° 2405, 
papier, XI V e siecle? Les premiers feuillets manquent. Commencement : Droit lieu du conte 
d'Eu.... Fin : Et puis fu Thieri roy apres. Explicit. — Siparis acheva l'abbaye de Corbie , 
ainsi que l'annoncent les demises Iignes du roman. Voy. Barrois, Bibl. protyp., n° 1802. 
La seconde partie de ce volume , n° 2406 , contient le Roman de Blanchenden , traduit de 
rime en prose. Commencement : Les nobles fais et haulles entreprinses.... Fin : Lequel nous 
voeulle ottroyer le phre et le fis et le St. -Esprit. Cf. Barrois, n° 136; Van Praet, Bibl. du 
Louvre , n° 385. 

2 MSS de la bibl. royale de Paris , n M 7182, 7188 , 7635. Cf. Faucbet, Recueil de I'origine 
de la langue francaise, Paris , 1581 , in-4°, p. 109 ; Du Verdier, II , 249; La Croix du Maine, 

I , 384; And. Favyn , Hist, de Navarre, p. 265 ; Borel , table des auteurs ; Baillet , Jugemens 
des savans, IV, 282 ; Du Cange, table des auteurs , t. X du Gloss, lat., 6d. des Benedictins , 
p. Lxxxrv ; Catal. du due de La Valliere , n° 2730 ; Hist. litt. de la France, XVI , 232 , XVIII , 
721-730, article de M. Amaury-Duval; Cbenier, Fragtnens d'un cours de litterature , Discours 
sur les anciens romans francais, pp. 65, 69; (Euvres choisies du comte de Tressan , 1796; 
Doolin de Mayence, VIII, pp. 6-47; Bibl. des romans, fevrier, 1778; Doolin von Mains, 
poeme de J.-B. Von Alxinger, Vienne et Leipz., 1787, in-8°, il est en 30 chants; Geschichte 
dervier Soehne Herzog Aymon' s 9 dans Bibliotkek der Romane, publiee par H. A. O. Reichard 
et autres, t. VI, Berlin, 1780 ; Roquefort, Glossaire de la langue romane, II, 764; le m£me , 
De la poesie francaise dans les XII 9 et XI If sitcles, pp. 138 , 140 , 141 ; Biogr. unit., XLIX, 
27-28, article de M. Weiss; Van Praet, Bibliotheque du Louvre, n° 1096; Barrois, Bibl, 
protypogr., n" 119, 493, 526, 1306, 1917, 2293; Sanderus, Bibliotheca manuscripta f P. 

II, p. 3, n" 45, 46, 47, 48,etp. 13, n° 828. 



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ccxu INTRODUCTION. 

de Paris, n° 7182, cit£ en note. Ce fragment contient 1044 vers. 

Dans ce roman, le comte Doolin ou Boon de Mayence, eut douze 
fils; l'un d'eux, Aymon, fut pire des quatre paladins. lis £taient 
done neveux du traltre Gan£lon, autre fils de Doolin de Mayence. 

De plus, touj ours d'apr6s la m£me autorit6, Renaud, k qui Char- 
lemagne ne pouvait pardonner le meurtre de son neveu Bertoulet, 
eut de Clarice, soeur du roi Yon de Gascogne , chez lequel il s'£tait 
r£fugi£ , deux fils , Aymon et I von. 

Cette l£gende et celles qui s'y rallient semblent 6tre un souvenir 
affaibli et alt£r6 des guerres particuli&res des seigneurs qui se r6vol- 
taient de temps k autre contre l'autorit£ de Charlemagne, petites 
oppositions , dont Thistoire k genoux devant ce grand empereur, n'a 
pas m£me os6 parler. Quelquefois, peut-£tre, retracent-elles les 
derniers efforts des partisans d'une race vaincue, d'une dynastie 
tomb£e, car le moyen age avait, comme le notre, ses 16gitimistes 
enthousiastes et ses chauds d£fenseurs du fait accompli \ 

Dans le fabliau des deux troveors ribauz , le trouv&re ignorant 
qui confond tout et se vante de connaitre Gruillaume-au-Tinel et 
Renoart-au-Cort-Nds > Thibaut de Viane et Grirart dAspremont, 
commet la m£me m£prise k propos du sujet qui nous occupe : 

Si sai A'Ogier de Montaubant, 
Si com il conquist Ardennois; 
Si sai de Renaut le Danois 2 . 

F«i>ie prorenf aie. Parixii les allusions des troubadours k nos anciennes chansons de 

geste , allusions recueillies par M. Raynouard , il n'y en a qu'une 
qui soit relative aux fils d' Aymon; elle est de Giraud de Cabreira. 
Mais le judicieux philologue remarque que le Pulci, dans son Mar- 

1 Foy. Particle sur Garin h Loherenc. 

2 Fabliaux inidits, publ. par A. C. M. Robert, 1814, p. 10. 



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INTRODUCTION- ccxm 

gante maggiore , nomme le troubadour Arnauld Daniel , comme Am.uia D.nid. 
auteur d'un roman de Renaud 1 . 

Dopo costui venne il famoso Arnaldo 
Che molto diligentemente ba scritto , 
£ investig6 le opre di Rinaldo, 
De le gran cose cbe fece in Egitto, etc. 

Morgante, o. iivii, ott. 80. 

<( Aprfes celui-lA, vient le fameux Arnaud, qui Ocrivit avec beau- 
» coup de soin et qui rechercha les exploits de Renaud , au sujet des 
» grandes choses qu'il fit en Egypte. » 

Le po6te Francesco Bello, connu sous le nom d'Aveugle de Fer- F«bieiuiicone. 
rare, dans son Mambriano , attribue k Renaud une foule d'aven- 
tures nouvelles, et fait souvent intervenir le magicien Maugis. 
Guidon-le-Sauvage > h&ros du po&me italien la Regina Ancroya > Guidon-ie-s.uv.gc. 
qui parait appartenir k la premiere moiti£ du XIV e si6cle , y passe 
pour fils naturel de Renaud , dont Bradamante est la soeur, dans le Br«<wnte. 
Mambriano , ainsi que dans les po&mes consacr^s k Roland par le 
Bojardo et PArioste. 

Nous avons vu que Colvener citait un roman des quatre fils F.bie a.m.nd* u hoi- 
Aymon, en flamand; celui qui a &6 6crit en vers, n'a jamais 6t6 
imprim£ en totality. On convient qu'il fut compost sur la fin du 
XIII e sifecle , par Nic. Verbrechten ou Van Brechten. Bilderdyk en wk. verb««hteu, i»i- 
a ins£r6 1 199 vers, d'apr^s un fragment manuscrit de M. Hoffmann Jkt 
(de Fallersleben), dans ses Nieuwe taal en dichtk. verscheidenheden 2 . 

M. Hoffmann y ce philologue si digne d'estime, a ins£r£ lui-m&me, 
dans la cinqui&me partie de ses Horce Belgicce, d6di6e k notre col- 
logue M. Willems, des fragmens de Renout van Montalbaen, con- 
tenant ensemble 1807 vers. 

1 Choix depotsies originates des troubadours , II , 195 , $19 ; Journal des Savans, septembre, 
18*S,p.520. 

2 I, 111-198. 



landaise. 



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ccxiv INTRODUCTION. 

On a public k Amsterdam, en 1802, chez S. et Koene, in de 
Boom-straat , un in-4° de 88 pages , intitule : Eene schoone historie 
van de vier Heemskinderen , van nieutcs overzien ends verbeterd 
met schoone figuren. 

Au XV e sitele , la traduction flamande fut elle-m6me traduite en 
allemand. On conserve deux manuscrits de cette esp£ce de parodie 
k Heidelberg, Tun, n° 340, de Tan 1474, Pautre, n° 399, de 1480 \ 
M. Koberstein mentionne de plus deux traductions en prose, des XV e 
et XVI e stecles." Au reste MM. Val. Schmidt et Goerres, ont fait une 
notice sur Phistoire litt6raire de cette I^gende 2 , et tout r^cemment 

MMone. M # Mone , le plus intr^pide des explorateurs du pass£, a public un 

fragment du n° 399 , relatif k la mort de Renaud, ainsi que quelques 
variantes sur le texte frangais de M. Bekker, et 124 vers que ce 
dernier n'avait pas imprimis. M. Mone a trouv£ de plus k Metz, un 
manuscrit en vers fran^ais, relatif aux quatre fils Aymon *. 

Fabie angi.ise. Enfin Pauteur des Annates typographiques , Maittaire, rapporte 

que le roman des quatre fils Aymon fut traduit en anglais, par ordre 
du comte d'Oxford, et que cette version fut imprim£e k Londres, en 

m. Bruoet. 1554, in-fol. M. Brunet en signale une Edition de Gaxton, sans date. 

Bu*ve» et M.ugis a Ai- L'histoire de Beuve ou Bufeves d'Aigremont et de son fils Maugis, 

irreraont. 

tient k la Belgique comme celle des quatre fils Aymon. 

Au commencement du roman de Maugis 4 , on lit ces vers, qui 
expliquent la g6n6alogie de ce personnage : 

1 Wilken, Gesch. der Heidelb. Buckets, pp. 417-466; Adelung, Altdtutsche Gedichte in 
Bom , II , 64-68 ; Heidelberg. Jahrbucher, 1808 , XI , 4 1 6420. 

2 Schmidt, Wiener Jahrbucher, XXXI, 110-113 ; Goerres, Deutsche Folksbucher, pp. 99- 
131; Cf. le meme, dans le Museum de Fr. Schiegel, IV, 298-320; Adelung, Fortgesettte 
Nachtrichten, II, 55; Docen, MiscelL, II, 131-132; Ueberd.Altd. Meisterge*., p. 130, n°118; 
Hagen's Grundr., 174 ; Hoffmann, Fundgruben, I, 207; Horw Belgicm, I, 67, 58; A. Ko- 
berstein, GrundrissMur Geschichte der deutsche National- Litteratur. Leipz., 1830, 104, 128. 

3 Anseiger, 1837, 89-205. 

4 Sanderus, Bibl. MS, II, 6, n° 199; E. Bekker, app. au roman de Fier-a-bra*, 151, 168. 



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INTRODUCTION. ccxv 

Ses pires fu dus Bu£s, li sire d'Aigremont, 
La duchoise , sa mire , a la chere fa$on , 
Fille Hernand du Montel k le fleuri guernon. 
Gil fa aieus Maugis qui ot cuer de lion , 
De police (sic) ert ses oncles li riches rois Oton , 
Et Doon de Nantuel, Girars de Rouasillon 
Et Naimes de Dordone a le flori guernon; 
Si farent ses cousins li quatre fils Aymon : 
Mult furent n6 et estrait de bonne nation '. 

Mais avant Huon de Villeneuve, Maugis avait trouy6 des chantres 
qui Pavaient peint sous des couleurs d6favorables : 

Gil juglfor tous chantent de Maugis le larron , 
Comment il guerroia l'emper£our Karlon 
Pour aider ses cousins les quatre fils Aymon , 
Dont ils ne savent mie la monte d'un bouton 2. 

Le catalogue de la bibliothique du Louvre , public par M. Van M . v . n r^. 
Praet, porte en effet, sous le n° 1096 : le Rommant de Maugis le 
Larron; c'est k ce roman que fait allusion celui d r Eustache le 
Maine (p. 11) : 

Li I content , che ra'est avis , 
*Et de Basyn et de Maugis: 
Basins cunchia mainte vile 
Et Maugis a fait mainte gile ; 
Gar A maugis , par ingremanche , 
Embla la couronne de Franche, 
Joiouse et Gorte et Hautecl£re 
Et Durandal , qui molt fu clire ; 
Basin si embla Amaugin 
Et Amaugis embla Basin. 

» Nisi. Utt. de la France, XVIII , 724. 

1 Ibid. — La monte d'un bouton , la valeur d'un bouton. 



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CCXVI 



INTRODUCTION. 



Villeneuve se propose de r£tablir sa reputation calomni6e. 
Maugis en a.m.nd , M. Hoffmann trouva chez les fr&res Ensched6, k Harlem, un 

M. Hoffmann, MM. 

^"j^'BorainT" f ra g men t de la traduction en vers flamands du Maugis (Malaghys), 
f. j. Mone. contenant 1 18 vers, et l'ins£ra dans le Konst en Letter bode 1 . Bil- 
derdyk reproduisit ensuite le m6me morceau dans ses Melanges, 
avec une preface et des notes \ M. Hoffmann est dispose k croire 
que Verbrechten est encore Fauteur de cette traduction % dont 
M. J. H. Bormans a transcrit un fragment de 88 vers, dans ses notes 
sur le Reinardus Vulpes*, M. Mone^ un autre, de plus de 200, dans 
ses Anzeiger*. 
Maugis en .liemud. La biblioth&jue de Heidelberg poss&de deux manuscrits de la fin 
du XV e sitele, et qui renferment une traduction allemande du 
Maugis 6 . 

Le roman des quatre fils Aymon, traduit de bonne heure en prose 
frangaise, est entr6 dans la Bibliotheque bleue,e\ a du, k cette admis- 
sion, une partie de sa popularity. Paquot, M. Amaury-Duval et 
m. Brunet. surtout M. Brunet , en indiquent un grand nombre d'&litions. Entre 

celles qu'a d^crites ce savant bibliographe, il y en a une qui nitrite 
particulterement de fixer notre attention, puisqu'elle a £te imprimee 
k Louvain, chez Jean Bogard , in-4°, k la fin du XVI e si&cle 7 . 

Aucun de ces auteurs ne parle toutefois de cette traduction espa- 
gnole, inconnue, croyons-nous, k tous les bibliographes : 

Libro primer o del cavallero Don Renaldos de Montalvan, cla- 

ae noniaaaan en.. 7 • « I I I jy w 

espagnoi, traduit par maao , en lenqua toscana , el enamoramiento del emperador Carlos 

L. Doroingez. . * 

magno, tradusido por Luys Domingez , Alcala, 1563. — Libro 

i 1821,11,312. 

2 Nieuwe taal en dichtk. verscheidenkeden, IV, 153-176. 

3 Horw Belgicw , I, 59. 

4 Pp. 15 , 16-18. Voy. ce que dit M. Bormans , sur le nom de Maugis, pp. 19-21. 

5 1837,62-67. 

6 Wilken, Gesch. der Heidelb. Buchere , 407-417 ; Adelung, AUd. Gedichte in Rom, II, 85-63. 

7 Nouvelles recherche* bibliographiques , III, 122. Foy. aus*i le Manuel du libraire. 



Presses de Lour a in. 



Le roman de Eenand 
de Montaufcan en 



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INTRODUCTION. ccxtii 

segundo de don Renaldos. Altfala, 1564. — La Trapesonda, que 
es tercero libro de Don Renaldos. Alcala, 1563, in-fol. \ 

Un auteur italien a donn£ un descendant de Renaud de Montauban 
pour chef aux V6nitiens, apr6s la mort de Charlemagne, et lui a 
fait conqu&ir Gandie. Asiolfo del Barbicone , disceso delta nobile AsioiibdeiBarbtconeet 
stirpe di Rainaldo : el quale tracta delle battaglie dapoi la morte n.udd«M<muub« n . 
di Carlo Magno : et come fu capitanio de Venetiani : et come con- 
quisto Candia et molte altre cittade : et come Mirabello, suo figliolo, 
fu facto imperatore di Constantinopoli. Venetia, 1516, Milano, 
1518, 1519. II doit y avoir de ce po6me en douze chants une Edi- 
tion ant^rieure & Tannic 1506. Mabrian £tait petit-fils de Renaud. 

L'auteur ing£nieux du Morgante Maggiore a puis£ dans Phis- uorgantt M mio ,*. 
toire des quatre fils Aymon, de m6me que le Bojardo et PArioste. 

F. Oger-le-Danois. 

L'histoire atteste Pexistence d'Oger % tandis qu'elle laisse dans Do«»^.y.toriqii W .ur 
une certaine incertitude celle de Renaud et de ses fr&res. Ghesqui&re ° rr ' 

dit , k la Y(hrit6 , n'avoir pas m&me trouy^ le nom ft Oger-le-Danois 
dans Dom Bouquet 3 , mais on y trouve des mentions dont quelques- 
unes se rapportent 6videmment au personnage que les romanciers 
ont appel6 ainsi. Voici ce que nous enseigne Phistoire. 

An 752. Autgarius intervient avec d'autres proceres et 
fideles, k une charte du roi Pepin. Dom Bou- 
quet , V, 697, B. 

1 Catalogue de Boetzel (Ternaux fils?). Paris , Sylvestre , 1836 , p. 81 , n. 340. 
1 Le Duchat s'est demands serieusement si Oger est un nom de bapteme ou un nom de 
famille; il se decide pour le nom de bapteme', Ducatiana, 1 , 132. 
* Ada SS. Belgii eelecia , 1 , 309. 

Tom. II. ce 



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ccxvni 



INTRODUCTION. 



Siege de Parie. 



M. De Chateaubriand. 



Roman d'Antar. 



An 753. Le due Autcharius et P6v6que Rodigargus sont 
envoy 6s par Pepin au devant du pape Etienne II , 
pour le conduire en France. Anastas. Biblioth., 
apud Dom Bouquet , V, 435 , C. 

An 760. Autcharius, dux gloriosissimus , ainsi l'appelle 
le pape Paul I er , est envoy£ par Pepin en ambas- 
sade aupr&s de Desiderius ou Didier, roi de 
Lombardie, avec Remedius, 6v6que de Rouen, 
fills de Charles-Martel et fr&re de Pepin. Epist. 
Pauli, apud Dom Bouquet, V, 522, B. 

An 772. Autcharius se retire aupr&s de Didier, avec la 
femmeet les enfans de Garloman. Anast. Bibl., 
ib.,V,459,C. 

Les Annales Lobienses, qui rapportent ce 
fait , consign^ aussi dans le roman, ainsi que le 
remarque M. Monin , appellent Oger, Otgarius 
marchio. Pertz, Monum. Germ, hist., II, 195. 

An 774. Tandis que Didier 6tait assi£g6 dans Pavie , le 
franc Autharius (Autharius francus), qui s'&ait 
retire k Verone avec la femme et les enfans de 
Garloman, est oblig6 de se rendre. Anastas., ib., 
V, 461, A, B. Sigeb. Gembl., ib., V, 376, D. 
Le stege de Pavie est racont6 par le moine de 
S t -Gall d'une mani&re tout-A-fait po^tique, ce 
qui fait dire k M. De Chateaubriand que Pou- 
vrage de cet^crivain, sur Charlemagne , est un 
roman k la manifere de ceiui tfAntar, compost 
pour le calife Aroun-ai-Raschid , contemporain 
de Charlemagne \ et a fait soupgonner ing£- 



1 Etudes historiques, analyse raisonnee de Fhistoire de France; CBuv. completes, Brux., 



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INTRODUCTION. ccxix 

nieusement k M. Le Roux de Lincy, que ce m. Le roux a* Liocy. 
passage n'^tait que la traduction d'un chant de 
guerre d'une terrible v£rit£ \ Nous demandons 
la permission de r£p£ter, apr&sMM. De Chateau- 
briand , Le Roux deLincys, Alexandre Dumas , 
le passage du moine de S t -Gall : 

Charlemagne va attaquer Didier dans Pavie : awt *pique. 
a II y avait plusieurs ann^es qu'un des grands 
» appel£ Otker (Otkerus), ay ant encouru la 
» disgrace du tr&s-terrible empereur, s'^tait 
» r£fugi£ aupr&s du m&me Didier. Au bruit de 
» l'approche du redoutable Charles, ils mon- 
» t&rent sur une tour tr6s-6lev6e , d'oii Ton pou- 
» vait de fort loin le voir venir. Apercevant 
» un appareil de gtierre semblable k celui de 
» Darius ou de Jules-C£sar, Didier dit k Oger : 
» — PTest-ce pas Charles en cette grande ba- 
» taille? — Mais celui-lA r^pondit : — Pas en- 
» core. — Voyant une arm^edes peuples diff<6- 
» rens qui composaient Pempire , le roi dit k 
» Oger : Surement Charles est au milieu de ces 
» troupes 2 ? — Mais Oger r£pondit : - — Pas 
» encore, non pas encore. — Alors Didier com- 
» menca k frissonner et s'6cria : — Que ferons- 

Meline , 1831 , in- 18, HI , 370. Cf. Antarmpoema arabicum Maallakah , cum integris Zouzenii 
scholiis, ecodicihus MSS edidit, in latinum sermonem transtulitet lectionia varietatem addidit 
V. £. Menil; observations ad totutn poema subjunxit J. fVilmet. Lugd. Bat., 1816, in-4°. 
Article de M. De L'JEcluse, sur Aotar, Revue frangaise, juillet, 1830. M. De Chateaubriand 
annoncait une traduction francaise de ce poeme , par M. De Hammer. 

1 Analyse critique et litteraire du roman de GarinJe-Loherain. Paris , 1835, p. 33. 

2 Le texte latin porte : In his copiis Karolus exultat. Le root exultat est le s'eelaise , s'ee- 
lece, etc., que nous rencontrons sou vent dans les trouveres. 



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ccxx INTRODUCTION. 

» nous, s'il en yient plusieurs avec lui? — Oger 

» reprit : — Tu Terras bien quand il yien- 

» dra, mais quant k ce qu'il fera de nous, 

v » je Tignore. — Et tandis qu'ils devisaient 

» ainsi , apparut une troupe de jeunes guer- 

» riers \ Didier stup£fait dit : — Voici Char- 

» les. — Et Oger : — Pas encore , non pas 

» encore. — Et alors s'avanc&rent les £v&jues , 

» les abb£s, les clercs, les chapelains avec 

» leurs compagnons ; ce qu'ayant vu Didier, il 

» regretta de vivre > demanda la mort et san- 

» glotta en criant : — Descendons! cachons- 

» nous dans la terre pour ^viter la fureur d'un 

» si formidable ennemi. — Oger, qui connais- 

» sait la puissance de l'incomparable Charles , 

)> et avait 6\& un de ses plus priv^s, en des temps 

» meilleurs, r£pondit avec crainte : — Quand 

)> tu Terras les champs se h6risser d'une mois- 

» son de fer 2 , le P6 et le T6sin inonder ces 

» murailles de flots semblables k ceux de la 

» mer et noircis par le fer, alors tu pourras 

» dire : Voici Charlemagne ! — 

a Ces mots £taient k peine prononces qu'on 

» vit s'^lever au couchant un sombre nuage , 

» qui conyertit en £paisses t6n6bres la lumi&re 

» du jour. Mais l'empereur approchant, de 

» P£clat de ses armes jaillit pour les assi£g6s 

1 Scola f vacationis semper ignara. 

2 Et non pas les moissonss'agiter d'horreur dans les champs (Gh.) ni la moisson trembler dans 
les eampagnes (L. de L.) : Segetem campis inhorrescere ferream. La phrase qui suit est egale- 
ment traduite avec peu de fidelity. 



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INTRODUCTION. ccxxi 

» une clart£ plus formidable que la nuit la plus 
» sombre \ Alors on vit Charles lui-m6me, 
» cet homme de fer, la t&te couverte d'un 
» casque de fer et les mains garnies de gan- 
» telets de fer 2 ; sa poitrine de fer et ses larges 
» £paules 6taient d^fendues par une armure de 
» fer ; sa main gauche £levait en Fair une lance 
» de fer , sa main droite £tait pos£e sur son in- 
» vincible 6p6e. Des lames de fer recouvraient 
» Pext6rieur de ses cuisses , qu'on laisse ordi- 
» nairement libre, afin de mieux monter k che- 
» val. Que dirai-je de ses bottines? ainsi que 
» celles de toute Parnate , elles £taient de fer. 
» Sur son bouclier on n'aperceyait que du fer ; 
» son coursier, par sa couleur 3 et par sa force 
» paraissait de fer. Tous ceux qui pr6c6daient 
» Pempereur, tous ceux qui Pentouraient , tous 
» ceux qui le suivaient, 6taient, autant que pos- 
» sible, £quipes comme lui. Le fer couvrait les 
)> champs et les chemins; le soleil n'£tait r£fl£- 
» chi que par le fer 4 . Honneur 6tait rendu au 
» fer insensible par un peuple plus insensible 
» encore. L'6clat du fer porta la terreur jusque 
» dans les cloaques de la ville et tous les citoyens 
» de s'^crier confus£ment : — O fer ! ah ! que 
» de fer ! — Pertz, Monum. Germ, hist., II, 759. 

1 M. Le Roux de Lincy traduit : Une clarte plus terrible que la nuit sombre frappa les 
assieges : Ex armorum splendore dies omni nocte ienebrosior oborta est inclusis. 

2 Manicis , gantelets et non pas bracelets. 

1 N est-ce pas la Yauferant de la langue romane ? Voy. les additions, a la fin du vol. 
4 Non pas : Le soleil ne refletait que du fer (L. de L.). 



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ccxxii INTRODUCTION. 

Oger, qui, dans Ph. Mouskes, est tu£ k 
Roncevaux (v. 7622 etsuiv.), met lui-m6me 
un terme k sa carri&re militaire ; soit par 
pi£t£ , soit pour £chapper au ressentiment de 
Charlemagne , il se fait moine dans l'abbaye 
oger a s'-F.ron d« de S*-Faron , k Meaux , avec son ami Benoit , 

et meurt ainsi que lui , dans la derni&re moitte 
du IX e si6cle. Leur 16gende a 6\£ recueillie 
par Mabillon, et Dom Bouquet en a donn£ 
un extrait. La biblioth&jue de Bruxelles en 
poss£de un ancien manuscrit (n° 269 d) qu'il 
ne serait pas indifferent de collationner avec 
l'imprime. 

Deux vers inscrits sur le tombeau d'Oger et 
de Benoit , dit M. Foisset jeune , dans la Bio- 
graphie universelle (XXXI , 526) , indiquaient 
que Roland avait eu pour Spouse Auda, la 
soeur d'Oger. Voici ces deux vers : 

Aude-h-Beik. jiudcB conjugium tibi do, Rolande , tororit , 

Perpetuumque met socialu fcedus amoru. 

Mais ils ne peuvent regarder qu'Olivier, dont 
Aude £tait la soeur, et non pas celle d'Oger, 
quoi qu'en ait cru Mabillon 1 . On voyait encore 
k Meaux, avail t la fin du dernier stecle, un 
espadon et une £p6e antique pesant cinq livres 
et un quart, et qu'on disait avoir appartenus k 
ce guerrier, 

VoilA ce que nous fournit Thistoire sur la vie d'Oger. Son nom, 

1 Acta SS. Ordinis Bened., IV si£cle, prima parte , MS 665-667. 



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INTRODUCTION. ccxxm 

comme on l'a vu, a pris diff&rentes formes. M. Mone, qui aime m. Mone, observations 
ces recnercnes onomastiques , dit que ce nom en francique est 
Otgar, en haut allemand Qtger, en danois Holger, dans les an- 
ciennes langues du Nord Helgi, et il trouve que ces variantes sont 
des transformations de Hug \ 

Quant an surnom de Danois > c'est sans doute une alteration. **™ ^ o ger . 
Saxo ni les autres historiens du Danemarck ne disent rien de notre 
h£ros, qui, selon toute apparence £tait de FAustrasie, quoique Bar- Bartholin. 
tholin, dans sa dissertation de Holgero Dano> soutienne que ses 
aventures reposent sur les annates des anciens roi du Nord. Nous 
avons d&j& pu remarquer tout k Pheure qu'on lui donnait m£me 
F^pithete deFrancus. M. Mone conjecture que Danemarck (chan- 
son de Roland , Denemarche) a 6t6 mis pour Tegelinge, Tende- 
lingen, ou duchd de Dentilo (Dentilonis ducatus , Dentilonis 
marca) situ6 entre la Seine et FIs6re , et il remarque que , dans les 
anciens romans allemands, on trouve Tennelant , Tennemarche , 
Tennerich 1 .Q& qui aura donn6 occasion aux trouv^res de confondre 
les lieux, k cause de la ressemblance des mots , chose d'autant plus 
facile, qu'alors la g^ographie 6tait presque compl&ement ignorcte. 
D'autres ont pens£ qu'Oger 6tait n6 en Frise 3 pays qu'on aura pris 
pour le Danemarck , de sorte que les romanciers, peu instruits de 
la position des lieux , ont plac£ la patrie d'Oger au dela des mers : 

C'est de Gaydon 



Et dou Danois qui fu ni outre mer 4 . 

1 Mone, Anzeiger, etc., 1886, col. 68 et suiv., Otger. — Ueber den Ur sprung der Sage. 

2 Untersuchungen zur Geschichte der ieutschen Heidensagen, Quedlinb., 1836, I, p. 52, 58. 

3 Nous parlons de la Frise hollandaise et non de cette Frislanda nommee par Nicolo Zeno 
dans ses relations, et qui, suivant Buache, Eggers et Maltcbrun, est 1'archipel des ties 
Feroe. Christophe Colomb aborda aussi en 1477 a une Frislanda. Cette identite de noms 
rend la meprise naturelle. 

4 Roman de Gaydon , Fr. Michel , introd. a la chanson de Roland , p. xxiv. 



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Roman d' A denes et 
Rembert de Paris, 



ccxxiv INTRODUCTION. 

Le faux Turpin Tappelle Ogerus, rex Dacice y et dit qu'on chan- 
tait encore de son temps les exploits merveilleux de ce paladin : 
De quo usque in hodiernum diem vulgo canitur quod innumera 
fecerit mirabilia, ce qui, dans le texte de Reuberus, doit, k cause 
de Pomission de quelques mots , s'entendre d'Oel, comte de Nantes ! ; 
M. Raynouard a adopts la le^on de Reuberus \ 

Un auteur aussi ancien pour le moins que le pr&endu Turpin , 
Metellus, moine de Pabbaye de Tegerns^e, en Bavtere, et qui £crivait 
vers Fan 1060, dit, dans ses Eglogues spirituelles, qu'Oger se 
nommait primitivement Occarius , mais que les Bourguignons , en 
c£l£brant ses exploits militaires dans leurs chants, lui donnaient le % 
nom d'Osigier : 

Quern, gene ilia, canene prieca , vocat nunc O tiger turn 3 . 

Dans l'introduction du premier volume 4 nous avons transcrit le 
de d£but in&lit du Roman dOgier, ou des enfances Ogier, par Adenez, 
trouv&re du XIII e sifecle. Le po6te qui , du reste , n'a pas £pargn6 
le merveilleux, se plaint que les jongleurs, qui ne savaient rimer, 
avaient corrompu l'histoire d'Oger, il annonce, en consequence, 
qu'il va la restituer d'apr&s les documens conserves k S t -Denis , et 
cela pour satisfaire aux commandemens du comte Guy de Flandre, 

Voici une situation remarquable du roman d' Adenez. 

Le sarrasin Carahues ayant offert le d6fi aux Fran^ais, en pre- 
sence de Charlemagne, c'est k Oger que l'honneur, de combattre 
en leur nom est confix. Au moment oil la victoire se d£clarait pour 
lui , des Sarrasins accourent , d&ivrent Carahues , et Oger reste leur 
prisonnier : Carahues d^savoue hautement cet acte de trahison ; 

1 Foyez le premier volume , p. 496, 515, 626. 

2 Journal des savant , juillet , 1832, p. 390. 

3 Hist. litt. de la France, VII, lxxiv-v ; Raynouard, Journal dee savane, juillet, 1832, p. 391* 

4 Pages cLxxxviii-cxcin. 



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INTRODUCTION. ccxxv 

mais le roi Corsuble veut en profiter et mettre k mort le redoutable 
Oger. Carahues n'ayant pu ffcchir Corsuble , se rend vers Char- 
lemagne : 

Dit Karahues : « Charles, eatend£s-moi ; 
Ne dites mie k'aie menti ma foi , 
A vous me rent, si com faire le doi.... 
Faites me metre en to prison tout quoi , 
Et, se on fait Ogier mal ne desroi, 
Faites m'autel, par amours vous en proi.... 
Me rent-je pris, bons rois, par devers toi. » 

Ce passage oil delate si hautement le sentiment moral, surtout 
celui de Fhonneur, le roman de Partonopeus de Blots en offre le 
pendant. hk Partonopeus occupe la place d'Oger et Sornegur celle 
de Carahues 1 . 

Rembert de Paris est aussi Pauteur d'un Roman cFOgier. 
M. De La Rue avertit qu'il faut prendre garde de confondre cet 
ouvrage et celui d'Adenez avec le roman tr&s-ancien mentionn£ par 
Turpin, lequel selon lui, n'a pu &tre compost que par un Normand 
qui en avait appris le fonds des scaldes 2 . Ce ne sont Id que de 
simples conjectures. 

Du Verdier 8 signale comme ay ant &6 imprim6 k Paris, par 
Ponce Roffet, en 1548 (lisez 1542), in-8°, un ouvrage en vers tout 
different et intitule : Les visions d'Oger-le-Danois. M. Brunet , qui 
parle aussi de cette ptece, a suffisamment indiqu6 les diverses im- 
pressions du roman en prose d'Oger et de ses traductions. 

Aucun de ces po£mes n'est au surplus, en vers Uonins, quoi 
qu'en ait dit Le Duchat 4 . 

1 Partonopeus de Blots, 6d. de M. Crapelet, v. 3542 et suiv. — Raynouard, Journal des 
savans, d£cembre, 1834, p. 727-729. 

2 Essais historiques, I, 137. 

3 Ed. de Rigoley de Juvigny , V, 165. 

4 Voici comme s'exprime Le Duchat sur Pantagruel, liv. II, ch. SO : « Ogier le Dannoys... 

Tom. II. dd 



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CGXXTI 



INTRODUCTION. 



Romans flamands. 



Mentions diverses. 



David Aubert a r^um^ tous ces romans dans les conqu£tos de 
Charlemagne 1 . 

M. Hoffmann de Fallersleben connatt deux romans d'Oger en vers 
flamands, qui , traduits en allemand et Merits en 1479 , se trouvent 
parmi les manuscrits de la bibliotheque Palatine. Ges redactions d&- 
rivent du fran^ais 2 . 

Au commencement du roman <F 'Alexandre , Fauteur cite honora- 
blement le Roman dOgier dont Le Grand d'Aussy avait promis 
Fanalyse 3 . 

Oger est cit£ dans tous les romans du cycle de Charlemagne. LA , 
dit Ph. Mouskes , 

La f u Ogiers de Danemarce , 
De tos les aulres li estace. 

V. 7116. 

Et aux y. 4642-4655 , il raconte comment il passa au service de 
Charlemagne. 

Dans le roman de Milles et Amy 8 (Paris, Nic. Chretien, s. d. 

vieux roman de chevalerie , mis en prose et imprint au commencement du XVI* siecle ; mais 
qui, manuscrit en versltonins, faisait partie de la bibliotheque du president de Theu. » S«r 
quoi MM. Eloi Johanneau et Esmangart font cette remarque, qui n'eclaircit rien, s'il est per- 
mis de le dire : « On lit Uonnois dans l'edition in 4° de 1741 , lionins dans celle in-8° de 1711. 
Le Duchat veut-il dire que le manuscrit de oe roman, qui appartenait au president de Thou , 
eiait en vers bretons du dialecte de Leon , td qae cekii de 7ristao-te-Leomno4s (?) , oa en 
vers latins lionins ? » 

1 Voy. notre 1 OT vol., p. 476 et suiv. 

2 Wilken, Gesck. der Heidelb. Buecher*., p. 444, Adefung, Altd, gedichte in Rom, II, Th., 
92-97; Y. Sehmidt, fTiener Jahrb. , XXXI, Bd., 136-129; Hoffmann, Harm belg., I, 60; 
Barrois, Bibl. protyp., n- 611, 1812, 1818, 1814-17-18; 1868-69; 2140-41; Sanderus, 
Bibl. MSS., II, pag. 5 etsuiv., n°* 181, 206, 709; Van Praet, Bibliotheque du Louvre, 
p. 490. — M. F. L. Branchi a compose en italien une trag&Jie d'Ogier4e-Danois. Trestan a 
fait un extraitdu Roman d'Ogier, oeuvres choisies , Evreus, 1796, pp. 48-125, cf. Ogiervon 
Daenmarck dans Bibliothek der Romaue de Reichard , t. VI, Berlin, 1780; Ogiero, Veniae, 
151 1 , in-4°, poeme en 52 chants attribue* a Jerome Tromba de Nocercu 

8 Notice* et extrait* dee manuscrits de la bibl. royale, V , 105. 



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INTRODUCTION. ocxxvn 

in-4°), on raconte qu'ilz s'en revenoient du voyage de Saint- 
Jacques; Ogier le Dannoys les rencontra en son chemin ainsi qu'il 
senfuyoit devant Charlemaigne, qui de pcumr quil ne fust accuse 
deux, les occist. 

Molinet, dans la Reconciliation de la ville de Gand l , dit en par- 
lant de l'archiduc Philippe : 

II n'a baron qui ne vaille ung Oger. 

Le m£me auteur, en ses chroniques oil il £tale volontiers toute 
son Erudition , repr6sente le seigneur de La Sarras , noble seigneur 
de Savoie , qui faisoit merveilles darmes en soi defendant comme 
un petit Ogier , dune grande espSe quil avoit ds mains 2 . 

Gaspar Barreiros, auteur du XVI e stecle, rapporte qu'il est dit og«r « cuiogoe. 
dans aucunes chroniques de la Catalogue , entre autres dans celle 
de Mossem Tomich , qu'en Fann6e 733 un prince allemand appel£ 
Otger Golant , 6tait gouverneur du duch£ de Guyenne et habitait 
par intervalles dans un de ses chateaux nomm6 Gathalo; jaloux de 
servir Dieu contre les infid&les, il passa les Pyr£n6es avec une 
grosse arm£e et Tint faire la guerre aux Maures qui occupaient 
presque toute FEspagne. II se signala dans mainte occasion et mou- 
rut en combattant. Ses compagnons se choisirent un autre chef et 
se retir&rent dans les montagnes, oil ils se fortifi&rent jusqu'A 
Farriv6e de Charlemagne , qui, en m&noire du sire de Cathalo, 
voulut que le pays s'appel&t Catalogue. VoilA une l£gende nouvelle 
relative a Oger, l£gende dont la date n'est pas connue, mais qui , 
remarque doctement Barreiros , est commun£ment r6prouv£e par 
les hommes instruits : Mas esta opiniam 4 communmente reprovada 
dos homens doctos 3 . 

1 Les faictz et diet* , Paris , Jehan Longis, 1531 , in-fol., fol. lxxvi. 

2 Ed. de M. Buchon , in-8« et gr. in-8°, ch. GLXL 

1 Chrorographia de alguns lugares que siam etn hum catnino, que fe% Gaspar Barreiros 



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ccxxthi INTRODUCTION. 

ogcr i cologne. On regardait Oger comme le restaurateur de I'abbaye de SMMartin 

de Cologne , apr&s qu'elle eut 6t£ d6truite par les Saxons en 778. 
Charlemagne avait aid6 Oger dans cette bonne oeuvre : Denuo res- 
tauratum per Otgerum (ou Olgerum), Daniw ducetn, adjuvants 
Karolo magno imperatore. VoilA ce que portent de courtes chroni- 
ques , Sorites par une main r6cente , mais que M. Pertz, excellent 
juge en ces sortes de mati&res, suppose fondles sur d'anciens do- 
cumens '. 

ogcr d.os ie p.y. de Oger-le-Danois est un acteur considerable , principalement dans 
les chroniques vulgaires ltegeoises, traductions , paraphrases ou 
abr6g£s de Jean d'Outremeuse , et dont les manuscrits sont presque 
tousmodernes, mais reproduisent vraisemblablement des traditions 
anciennes , resultant toutefois k notre avis, plut6t des l£gendes mo- 
nastiques que des chants ou croyances vraiment populaires. Malgr6 
le silence des chroniqueurs r6unis par Chapeaville/et quoique, 
par consequent, les autorit£s historiques d'un certain poids fassent 

Mei«rt. ici d6faut , le bon et naif M61art raconte qu'Oger de FOst ou le 

Danois , gouverneur de FAustrasie pour Charlemagne, k son retour 

B.sm. de laTerre sainte, fut indign£ de la tyrannie de Basin, comte de Huy, 

lequel 6tait de la race de Dodon ou Doon , frire d'Alpalde. II Pat- 
taque, le bat, s'empare de sa personne, le fait Scorcher vif dans 
Peau bouillante, puis jeter sur un bucher 2 . Oger-le-Danois maria en- 
suite k Aiglentine, fille du comte de Moha, son propre cousin, Oger 
d'Esprez, sorti des maisons d'Esprez et de Ruellant , families sans 
tares et sans laches, et lui donna, de Paveu de Charlemagne, le 
comte de Huy pour apanage. 

II ne parle plus ensuite d'Oger jusqu'en 844, et, sans s'inqui&er 

o' anno 1546 (pubL par son frere Lopez Barros ou Barreiros), Coimbre, 1561 , in-4°, fol. 98 , 
A. Mone, Anxeiger, 1886 , 71. 

1 Monum. Germ., II , 214. 

2 Delices des Pay$-Bas , Liege , 1769 , IV , 145. 



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INTRODUCTION. ccxxix 

de la vraisemblance, le fait vivre encore sous Charles-le-Chauve , 
£poque ou il envoya au secours de Raymond, comte de Paris , son 
cousin, qui fut tu6 d'un coup de fl^che au si6ge de Toulouse l . L'au- 

1 L'histoire de la ville et chasteau de Huy et de see antiquitez avec une chronologic de see comtes 
et evSques par Laurent Melart, bourguemaistre du dit Huy, Liege, J. Tournay , 1641 , in-4°, 
pp. 87, 39, 40, 41. L'auteur de ce livre, qui n'est pas commun, cite des fragmens de poesie 
romane relatifs aux premiers comtes pretendus de Huy, et qui ne peuvent etre tir& que de 
la chronique rimee connue sous le nom de Jean d'Outremeuse , page 6 : 

^ En dit temps Tint 4 Liege , un chevalier gentils 

Que Robert fat nomine 1 , son pere fut Thyris, 
Le sire de Ruellant, qui fut preux et hardis; 
II venoit d'Outremer, s'i avoil-il conquis 
En an champ , cors a cors , le roj Amorandis , 
Qui fat roy de Tharson , etc. 



Page 50 : 



Ogier le maria et luy donna Beatrix (Bletris), 
Fille Raimfroy d*Espres , nostra voe petis. 
Robert de celle dame si eat ipres deux fils, 
Le an eat nom Ogier et Hoiemont eut chyt, 
Et fut comte de Huy apres, par siinct Denis ; 
Li autre eat nom Radut. 

. . . Et Gaiffroy fat cinqaieme 
Qai XVI ans gouverna Hoyois fort profitable , 
Pais Tint Jehan d'Eipres , qui fat son fils feable , 
Chys fut sixieme comte. 



Ogier d'Espres fut preux , fils aa comte Jehan ; 

A Ganors est vena , qai estoit an geant , 

D'une espee (espie) le feYit sur son hlaulme atant , 

Trcfor (tres-fort) le parfendit , le haobert ra fanlcant j 

Caer (car) et chevaux luy va a grand planter (planli) rasant , 

L 'oreille et la balevre a terre va jetant , 

Lepayen sen (sent) l'angoiche, se va Ogier ferant, 

Ogier va son escut contre lecoup trancant , 

Qu'en dois tronchont il va parmy loute fendant. 

Main (mais) li healme fut bon , ne li est empirant ; 

Ly coulpt (coup) annichilat , et Ogier l'avenant 

Referit le payen ; lei coulpt ly va donnant 

Josqo'en deus ly allat, le sien brant abbatant, 

Le payen chet 4 terre , qai morit la atant , 

Et Ogier 4 l'estour s*en va, errant, rentrant, 

Diestre et seneslre abat, quant qu'il y vin (vint) devant ; 

II a ocds Tigris, le Danois meacreant. 

Polios et Grisol , et Baudris l'admirant, etc. 



Voy. encore quelques vers p. 72 , 73. 



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ccxxx 



INTRODUCTION. 



teur des Dtilices du pays de Zridge dit que ce fut Oger-le-Danois 
lui-m£me qui p&rit ainsi l . 

M£lart a bien pa se laisser aller k adopter de pareilles fables, 
puisque le savant Wendelin lui-m£me ne balance pas k faire 
d'Oger un comte de Diest ou de Hasbaye 2 . 

De son c6t£ Mantelius est d'avis qu'Oger , ayant re$u le comt6 de 
Looz en fief , vers Pan 801 , le transmit k trois de ses descendans , 
Odulphe, B^renger et Ingelramne. La branche masculine de cette 
maison s'6tant 6teinte apr&s un si6cle, Rodolphe II , fils de Renier , 
comte de Hainaut, fonda une nouvelle maison des comtes de 
Looz 3 . 

Les Anzeiger de M. Mone contiennent des extraits d'un manu- 
scrit fran^ais de la biblioth^que de l'universit£ de Li£ge, n° 119 
(de Pan 1675), ainsi que des extraits en latin tires par M. Serrure 
d'un manuscrit de Wachtendonck. On trouvera dans les notes qui 
suivent cette Introduction , des fragmens d'un autre manuscrit (B). 
Gin<aio£iet dogier ; H en r6sulte qu'Oger 6tait fils de Godefroid, lequel 6tait lui-m£me 
fils atn6 de Doolin de Mayence et de la belle Flandrine, fille de 
Turpin, due d'Ardenne; Oger 6tait neveu du pape L£on III et 
de Gerard de Roussillon, nomm^ par Charlemagne comte d'Osterne 
(Austrasie) et haut-vou£ de Li£ge; il remplit tout le pays des monu- 
mens de sa pi6t£. Ce qui a fait dire k Fisen 4 k Fan 814 : Procerum 
multos incessit cupido sequendi regent (Ludoyicum Pium in ex- 
struendis ecclesiis), atque etiam, si Diis placet, Ogerum Danum, ilium 
fabellis vernaculis decantatum heroem. Cujus quidem opes in 

1 Nouvelles archive$ historiquee des Payt-Bas , VI, 26-30. 

2 G. Wendelini epistola de Dispargo, non alibi quam Diestw requirendo, dans les Ada 
SS. Belgii selecta, I, 306, cf. dans nos Memoire* Mr+ldiqms, l'histoire des sires de 
Diest, I, 95. 

8 Histories Lossensis UbriX, Leodii, 1717, in-4°. 
4 Hist.eccles. Leod. 9 164, II, in-fol.p. 179. 



«ei fondations. 



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INTRODUCTION. ccxxxi 

Leodico magna* operaque prceclara nostrcUium scriptorum non- 
nulli declamitant et extollunt supra veri similitudinern. 

A en croire oes chroniques , Oger, qui poss£dait le ch&teau Syl- 
vestre dont il fit present k Radus son cousin l , fut comte de Looz, 
fonda P^glise S*-Martin sur Avroy k Ltege , fit faire la Boverie et le 
pont d'Amercceur, batit P^glise paroissialede Verviers 2 , et alia aux 
Indes conqu£rir de grands empires. Cette demise fiction a 6\6 
adoptee par Hamconius. Selon cet autenr cr&iule, Adgillus II, roi 
de Frise , fut le premier des princes de ce pays qui embrassa la re- 
ligion chr&ienne. Son fils, Jean, surnomm£ le pr6tre k cause de 
la saintet£ de sa vie, m£prisant le tr6ne, passa dans PInde avec 
Oger-le-Danois, Adele Adeling et quantity de Frisons et de Danois. 
Lik il fonda le royaume appel6 du pr6tre Jean *. 

Les chroniques li£geoises ne different pas moins des romans 
d* Adenez et de Rembert que de Phistoire ; Oger y est n£anmoins 
encore fils de Godefroid, et celui-ci Spouse d'abord la soeur de 
Naymes , Namlon ou N6v61on de Bayi&re , dont il a Oger, et ensuite 
une femme plains de mauvaistds , d'oii naissent Gorras, Hues et 
Gibu£s 4 . Au surplus cette g£n£alogie n'est pas imperturbablement 
suivie, car nous voyons encore dans le roman en prose un due 
Guyon, fir^re d'Oger , issu de Punion de Godefroid et de Gloriande, 
duchesse de Livonie, qu'il ayait 6pous6e en secondes noces. 

Dans le roman de Renaud de Montauhan , Roland yeut insulter 
Oger, qui n'avait pas livr£ Renaud k Charlemagne, et il le traite de 

1 Villenfagne, Recherche* eur Vhistoire de I'oncienne principautt de Liige, I, 397, $98, etc. , 
467,468. 

* DilkesdesPays-Bas, IV, 175. 

s M. Hamconii Frisia , Franckarw, 1620, in-4°, p. 27. Get auteur cite a l'appui de ce 
qu'il avance Libertus Berythensis , Joannes Nauclerus et le poeme de Bapt. Mantuanus aux 
princes de la Germanie. Genebrardus, dans sa chronologie, place cette expedition vers 
l'au 790. 

4 Introd. du premier vol., p. cxcii. 



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ccxxxii INTRODUCTION. 

culvert ou d'homme de race servile. Oger repousse eet outrage , avec 
indignation. Nous avons ddjA cit£ ce passage \ 

Oger 6tait cousin des quatre fits d' Aymon , puisque celui-ci avait 
pour p&re Doolin ou Doon de Mayence, comme Godefroid. Les 
noms de plusieurs de ses parens sont exprim£s dans ces vers du 
roman des Quatre pis Aymon, extraits de M. J. Bekker , v. 235 : 
(passage en contradiction avec un autre du roman de Maugis, cite k 
Particle de G&rard de Roussillon) : 

De ce furent dolent li parent Guenllon , 
Mais joyans en estoient cil de 1'estracion 
OgierdeDaneraarche, Estoit,]e fils Odon, 
L'arcevesque Turpin et le bon due Naymon , 
Regnierde Vautarniie et Gautier de Digon, 
Thiery li Ardenois , Gh£rars de Rosillon , 
Salemonde Bretengnie et de Nanteuil Doon. 

Brusthem donne pour p&re k P£v6que de Li£ge Gerebald, qui vi- 
vait y dit-il, en 778, le due de Bavi&re , mari£ k une tante d'Ojrer- 
le-Danois 2 . 

Un fils d'Oger s'appelait Mervin ou Meurvin; k son tour il eut des 
aventures extraordinaires qui ont fait le sujet d'un roman particu- 
lier *. Les romanciers, en parlant du fils et du pfrre , qu'ils font vivre 
et sous Charlemagne et sous Hugues-Capet , n'ont pas m£nag£ les 
prodiges. L'esp^ce de merveilleux qu'ils ont prodigu^ est effective- 
ment emprunt^ aux fictions mythologiques des Bretons et des Scan- 
dinaves , mais elles auront pu 6tre employees k propos d'un h£ros 
franc ou austrasien, comme elles le sont dans d'autres occasions, 

1 Au premier vol. et M6m. htraldiques, Introd., p. xm. 

2 Voy. notre 1 OT vol., p. 591. 

3 Tressan , a la fin de 1'extrait du roman d'Oger, a plac£ celui du roman de Meurvin , 
pp. 125-187. 



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INTRODUCTION. ccxxxm 

sans que la fable doive £tre au fond d'origine danoise ou scandinave, 
comme le pretend Bertholin \ 

On sait qu'au jeu de cartes le yalet, ou varlet de pique, porte le 
nom d'Oger, Fun des douze pairs de France 2 ! Rabelais, de son 
c6t6, dans son burlesque enfer , fait d'Oger-le-Danois un frobisseur 
de harnoys; il est vrai qu'il semble s'en prendre k toute la cheva- 
lerie, puisque, au m£me chapitre, Gauvain est un power e porchier , 
Geoffroid-&-la-Grand' dent, allumettier, Godefroid de Bouillon, 
dominotier , Huon de Bordeaux, relieur de tonneaulx , Artus de 
Bretagne , degresseur de bonnetz, Pereefor^t, porteurdes coustretz, 
Galien restaur^, preneur de taulpes , les quatre fils Aymon, 
arracheurs de dents, M61usine, souillarde de cuisine, Matabrune, 
lavandidre de budes, Lancelot du Lac, escourcheur de chevaulx 
mortz, et tous les chevaliers de la Table Ronde paovres guaigne-de- 
niers, tirans la rame pour passer les rivieres de Oocyte, PhUgti- 
ton, Styx, Acheron etLdthd, quand messieurs les diahles se veulent 
eshattre sur Veaue, comme font les hateliers de Lyon et gondoliers 
de Venise : 

Mais pour chascune passade 
Ilz n'en ont qu'une nazarde 3 . 

G. Ferabras, Fterabras ou Fier-d-Bras. 
Oger-le-Danois paratt dans le roman de Ferabras d6s les pre- 

1 Cf. G. Eckhart , Commentarii de rebus FrancicB orientalis, I, 632-33 ; Francisque Michel, 
Examen critique de la dissertation de M. Monin sur la bataille de Roncevaux. 

2 Voy. Dissertation sur Vorigine dujeu de piquet, trouv&e dans Vhistoire de France , dans 
V Esprit des journal istes de Trfooux, IV, 447473 , et un article plein de recherches par M. Pep- 
ping, Revue encyclop., octobre 1819, p. 64-80. 

3 Pantagruel, liv. II , ch. 30. 

TOM. II. « 



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CCXXXJV 



miers vers : 



INTRODUCTION. 



L'emperayre de Fransa a sa ost somonia 

De Flandres e d'Espanha, d'Alamanha e de Friz*, 

Et Augier lo Daynee fo en l'autra paria '. 

Le Don Quichotte de Cervantes a rendu imp&rissable le baume 
de Fierabras, dont Ph. Mouskes lui-m6me a parle % et qui, suivant 
les traditions romanci£res, avait servi k embaumer le Sauveur; 
baume plus souverain , sans comparaison, que celui k Paide duquel 
la f<6e Morgain, gu£rit en huit jours, Erec de ses incurables bles- 
sures : 

So respon Ferabras : « Tu n'auziras ?ertat. 
Jeu soy lo pus ric home que sia de mayre nat. 
Ferabras d'Alicbandre soy per nom apelat, 
E soy eel que destruxi Roma la gran eiutat, 
En portiey la corona don Grist fon corona t, 
E los clayels e '1 signe e Venguen tant prezat 
Que ee en eels larriU en la tela troeeat: 
E non ee horn el man , per can que eta nafrat , 
Qu'en beguee un pauquet, c'adeeno foe eanat. 
E tenc Jeruzalem la nobila eiutat 
E '1 sepulcre ou fon vostre Dieu repauzat *. 

Le veritable nom de ce personnage, qu'Olivier eut l'honneur de 
vaincre, est Ferabras ou Fierabras, ou plutot en langue d'oil, 
Fidre-brache et Fibre-brace. Fier-d-Bras, adopts par Fusage, ne 
signifie rien. L'auteur du roman du Conte de Poitiers, dit : 

1 Ed. proyencale de M. Bekker, publi& dans le X° volume des Afcmoires de I'acad. de 
Berlin , et tWe a part , v. 46-74 (sur cette edition , voirM. Raynouard , Journal dee Savant, 
18S1 , p. 129 et suiv.). 

2 V. 4702-4709. 

3 id. de M. Bekker, v. 845. 



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INTRODUCTION. ccmxy 

Vous av6s maintes fois oi 
Chanter du lignage Aimeri 



Et de Guillaume fiere-brache. 



Passage oil Fidre-brache semble signifier fidre-mine, comme dans 
le y. 24703 de Ph. Mouskes. MM. Eloi Johanneau et Esmangart 
soutiennent que le mot Fierabras veut dire qui est fier du bras, qui 
a un bras fier, et qu'il ne vient pas, du moins imm£diatement, de 
ferreum brachium ou de ferre brachia, comme le pretend Manage x . 

M. Brunet, avec son exactitude ordinaire, a d6crit les dififerentes 
Editions du roman de Fierabras. II n'omet pas , dans ses Nouvelles 
recherches bibliographiques (II , 23), la traduction en prose alle- 
mande, imprim£e k Siemern, en 1533, dont il existe une Edition 
plus ancienne sans indication de lieu ni de date % et sur laquelle 
on peut consulter MM. Buesching et Von der Hagen 3 . 

Une Edition fran^aise, en prose, petit in-folio gothique, sans lieu 
ni date, n'a pas &6 signage par M. Brunet; elle a 110 feuillets en 
14 quaternions de 8 feuillets chacun, et les pages & longues lignes 
en ont 31 quand elles sont pleines. 

Dans le prologue, le translateur dit avoir 6t6 souvent excite k 
£crire, par messire Henri Bolonnier, chanoine de Lausanne 4 . 

Le g£ant sarrasin, Fierabras d' Alexandrie , s'empara de la ville 
de Rome et tua le pape. Charlemagne lui fit la guerre. Olivier com- 
battit contre lui , devint son prisonnier et fut d61ivr£ par Floripe 
ou Floripaix, soeur du g£ant. Voyez plutot les conqu^tes de Char- 

1 (Euvres de Rabelais , Paris, Dalibon , 1828 , in-8°, II , 41. Manage, Diet, etymol. 

2 A. Koberstein, Grundrin %ur Geschichte der deutschen national Litteratur; Leipz., 1830 , 
p. 105. 

3 Buch der Liebe, l m vol., Berlin, 1809, pp. 146-268 (ce volume comprend Tristan et 
Iseult, Fierabras, Pontus etSidonie). 

* Caul. J. F. Vandevelde, Gand , 1832, 4. II , p. 233 , n° 3735. 



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ccmxvi INTRODUCTION. 

David Aubcrt. lemagne , par David Aubert 1 , c'est ce sujet que M. Jomard vit repr£- 
l* sujet de Fie«br.» senter dans un village des Basses-Pyr&i£es et non celui de Ronce- 

representtf dans un 2 t • • 

v^&tJ? Ba8fCS " vaux • ^'original de ce drame informe, que fait chercher M. Jomard, 
m. iomard. j j t x t rouver <j a ns le roman de Fierabras , et pas ailleurs. 

Ficrab«s dans u P oe- Van Maerlant rappelle plus d'une fois la 16gende de Fierabras. 

sie flamande. . p • 

mais ce n'est pas pour faire l^loge des trouv&res fran$ais. 
Dans le Sidrac : 

Van Troijen ende van Fierabrate. 

et dans le Spiegel historiael (TV, 1 , 29) : 

Garel es menichwaerf beloghen 
In groten boerden ende in hoghen , 
Alse boerders doen ende oec dwase 
Diene beloeghen van Fierahrase , 
Dat nie gbesciede noch en was cet. 
Die scone waUce valsce poeten 
Die roeer rimen dan si weten , 
Belieghen groten Gaerle vele 
In sconen worden ende bispele 
Van Fierahrase van Alisandre, 
Van PanUMautripU ende andre. 

M. Sismondi regarde Ferragus et Fierabras comme un seul g£ant, 
qu'il appelle le plus brave, le plus loyal, des chevaliers maures \ 

Fierabras figure dans la g6n&dogie de Pantagruel, telle que Pa 
dressee Rabelais, et MM. Eloi Johanneau et Esmangart sont per- 
suades que ce n'est qu'une altegorie pour designer Louis V ou le 
Faineant, roi de France. Nous ne saisissons pas, quant k nous, ce 
rapport. 

1 Dans noire premier volume, p. 480 et suiv. 

2 Hist. litt. de la Fr., XVHI , 720 , note. 

3 De la litt. du midide I' Europe, 1 , 169. 



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INTRODUCTION. ccxxxvn 

Un comte de Poitiers s'appelle aussi Fierabras, dans le roman des 
Douze pairs \ 

Enfin dans Froissart on trouye un Fier-a-Bras , bdtard de Ver- 
taing (Werchin?) 2 

H- GuiUaume-aii-Gourt-Nez. — Garin de Montglave. 
Vers Fan 1141, Orderic Vital affirmait que les jongleurs c£16- AndenneK de i a ie- 

* ** gende deGailJaume. 

braient publiquement Guillaume de Gellonne ou d'Orange, dans 8U - C0Urt - Nei - 
une cantilene , mais qu'on devait pref&rer k ce chant profane , une 
relation authentique £crite par des religieux : Vulgo canitur ajocu- 
latoribus de Mo cantilena, sedjure prceferenda est relatio auten- 
tica, quce a religiosis doctoribus solerter est edita 3 . 

Le mot cantilena semble avoir ici le sens de chanson de geste. 

Nous avons ddjA dit quelque chose du roman de Guillaume-au- 
Court-Nez , attribu^ par quelques-uns k Adenez et par d'autres k 
Guillaume de Bapaume 4 , qui en a bien certainement r6dig£ une ou 
plusieurs branches, puisqu'on lit dans celle de la Bataille dAliscans : 

Qui d'Aliscans ot les viers controls , 
Ot tous ces mots perdus et descriez; 
Ores les a Guillaume restores, 
Cil de Bapaumes 5 . 

La conclusion k tirer en outre de ces vers, c'est que Guillaume de 
Bapaume n'a fait que mettre en ordre, lier et revoir d'anciens chants, 
de ceux peut-^tre dont vient de parler Orderic Vital , et qu'on r£p6- 
tait, dit-il encore, g6n6ralement dans les lieux publics : Qui chori 

1 (Euvresde Rabelais, U c. 

3 Notre edition de YHutoire des dues de Bourgogne, par M. De Barante , II , 74. 

3 Ada SS. 28 man. 

* T. I , p. cLYin et suiv., t. II, p. 1 et v. 12162 et suiv. 

5 Sinner, Catal. des MSSde Berne, 111, 339. 



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ccxxxviii INTRODUCTION. 

juvenum, qui conventus populorum prcecipue militum ac nobilium 

virorum... dulce non resonant et modulantibus vocibus decantant 

qualis et quantus fuerit, quam gloriose sub Carolo glorioso mili- 

tavit, quam fortiter quamque victoriose barbaros domuit et ewpu- 

gnavit . 

Geoe.iogierom.ne.que M. De La Rue a remarqu£ que les trouv&res ont donn6 k Guil- 

u . a ume. i arane . au- c our i.pf ez d es ascendans et des descendans qui m£rit£- 

rent comme lui d'etre c£16br£s dans un roman, et qui , en effet, ont 

eu presque tous leur roman particulier, mais que cette filiation 

varie suivant le caprice des romanciers. La plus ample et la mieux 

coordonn^e tout ensemble, est celle qui fut composite par Bertrand, 

Ger.rd devienne clerc de Bar-sur- Aube , auteur d'un roman de Gerard de Vienne, 

oarin de Montgi.ve. dont M. Bekker a public des fragmens. Elle remonte A Garin de 

Montglave % bisaieul du marquis , tandis que la filiation imaging 

par Herbert Le Due , originaire de Dammartin , a pour chef Aimery 

de Narbonne, p&re du marquis : 

Oiex bons vers qui ne sont pas frarin, 
Ne les trouverent Gascon ne Angevin, 
Herbert Li Dus les fist a Dammartin , 
Et fist 6crire en un bref Baudouin 3 . 

Yoici le commencement de la chanson de geste consacrta au 
bisaieul de Guillaume \ On y £num6re d'abord les six fr&res de ce 
dernier. 



1 Acta SS. ; Raynouard , Journal dee Savane , juillet , 1 882 , pp. 291-92. 

2 David Aubert l'appelle Guerin de Montglenne , voy. notre 1 OT vol., p. 479. 

3 DeLa Rue , Essais histor., II, 101. 

4 MS de la bibl. royale de Paris , XIU # siScle, n° 2729, fonds de La Vallitre. Foy. I'extrait 
en prose, de Tressan , (Euvres choisies, 1796, VIII, 269-886; Barroia, Bibl. protyp., n" 5, 
487,1306, 1907. 



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INTRODUCTION. 



GGXXXIX 



in U ^^)0tijfat>e. 



triti 



Oi6s, segnor, por Dieu omnipotent 
Que Dame-Diex vos doinst honor et joie grant. 
O'i av£s canter de Bernart de Braibant 
Et d'Ernaut de Beaulande , d'Aimeri son enfant , 
5 De G6rart de Yiane a l'orgoillox sarablant, 
Et de Renier de Gennes que Dex par ama tant, 
Ri fu pire Olivier, le compaignon Rolant, 
De Guillame , de Fouke et du preu Viviant 
Et de la fiire geste dont can tent li auquant 

10 Ri tant soffri de paine sor sarrasine gent. 
Mais tot en ont laisi6 le grant commencement 
De Garin de Monglaye, le chevalier vaillant, 
Dont i88i cele gent dont on parole tant. 
Ja saris dont il fu et dont et de quel gent , 

15 Et comment il conquist Monglave et Montirant 
Et la tire environ une jorn£e grant , 
Qu'en ice tans tenoient felon et souduiant , 
Et qui fu cele dame dont furent li enfant 
Que on apele geste tr6s le commencement , 

20 El roiaume de France. 

Segnor, vos sav6s bien quant Pepins fu fenis , 
Rarlemaines , sex fiex , fu cachiez de Paris. 
Par force Ten cachierent et Hainfroiz et Heudris. 
Ala s'ent a Galafre, au roi des Arrabis, 

25 Aida lui de sa guerre contre ses anemis. 



Heros divers du cycle 
karoliogiea. 



Hainfrois et Heudri*. 
Galafre. 



3 Bernart de Braibant, Aimeri de Narbonne, fiU 
d'Arnaud de Beaulande , eat sept fils , Ernaut 
d'Orldans, Aimeri, le moindre des sept, Bueyes de 
Commarchis, Foulques de Candie , Bernart de Bra- 
bant, Guillaume d'Orange on au-Court-Nes , et Gui- 
bert, It" eineechaus de France, Voy. Particle de 
Gerard de Vienne et la notice snr le roman de Jour- 
dain de Blayee, qoe nous axons inse>e*e dans le 
Bulletin de I'acad. royale de Bruxelle* . t. IV, 1837, 
p£46.I>a Cange cite an roman de Fouques de Candie. 



8 Viviant, plusiears branches de Guillaume-au- 
Court-IVez lui sont consacrles- Le frere de Maugis 
d'Aigremont s'appelait Vivien. 

13 Cele gent, Garin eat pour fils Gdrard de Vienne, 
Arnaud de Beaulande , Miles de Pnille et Renier de 
Genes. Galien-le-Restore' (le restaurateur de la chre*- 
tiente* et de la chevalerie), 4tait son arriere-petit-fils. 

80 Ce vers et plusieurs autres sont ainsi inacheve's 
dans le MS. Le* fragment publics par M. Bekker 
fouroissent de pareils exemples. 



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GCXL 



INTRODUCTION. 



Durendal. 



Aimeri , due d'Aqw- 

Uine. 
Garin de MontgUre. 



Guerin. 

Ansel me de Blois 



Quant il Tot trait a fin et ot Braibant conquis , 

Et il ot Durendal , le rice branc, conquis, 

Lor s'en revint en France en son pais 

Tant fist par son grant sens, par force et par amis 
30 Que il fu coronas au mostier S'-Denis. 

Les II sers fist destruire et lor mellors aidis , 

Puis conquist mainte tire et maint rice pais 

Par son grant vasselagc. 

Segnor, a icel tans que vos 01 avez, 
35 I due ot Aquintaine , qui fu preus et scnez. 

Aimeris ot a non , de baut parage nez. 

Ill fiex ot Aimeris : Garins fu li aisnez 

Li plus beax damoiseaus q 

Larges fu et cortois et bien endoctrinez, 
40 Plaisant a tote gent et de bien honorez , 

L6giers fu et isneax, cortois et bien senez, 

Hardis comme lions , crlmus et redoutez. 

Jamais de li tioir ne fust-on sollez. 

Que tos diroi-je? Puis que Diex fu formez, 
45 Ne fu plus beax de lui v6us ne esgardez, 

Ne plus amis de dames, se il fust adobez. 

Gerins fu li secons, ensi fu apelez, 

Et Anciaumez de Blois ot a non li maisnez. 

Gil fu grans par espaules et menbrus et quarrez, 
50 Cert li plus outrageus et li plus desriez. 

Lor pires si morut quant ot vescu assez , 

A Garin fu remise trestote Tiretez. 

A I jor a Garins toz ses amiz mandls , 

Homage font Garin volentiers et de grez 



28 Vert trop court , il est de dix ayllabes iu lien 
de dome. 
31 Les II sers , Ha in fro ix et Heudrix. 

II sierf »TOit pie^a nouris. 

PB.MorsKU, ▼. 936. * 

Aidis , adherens. 

30 Aimeris, il eat appele* Florimond dans Tex trait 
da comte de Tresaan , qui a'eat terri da roman en 

prose 



88 Ce yeri a'achete aialment : Qui de mere fust 
neM. C'e'taitune phrase conaacre*e, voy. v. 128. 
41 Isneax , isnel. 

43 Soile*, aaoale*. 

44 Vera trop court. 

Que vol diroi-je eoeor ? 

45 De lui, que lui, lea I ta liens ont conaerttf cette 
tonrnure. 

00 Outrageus, immodlre' ; desrieM, de>£gll. 



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INTRODUCTION. ccxu 

55 Tot chil qui de li tienent fiez ne h&ritez, 

Et si li ont jur6 par foi lor loiautez 

Que il le serviront volentiers et de grez, 

Et il les a rechus de bone volentez, 

Mais il ne tenra gaires sez grandez hlritez, 
60 Si com vos m'or£s dire, se je sui escoutez 

Ain£ois la nuit s£rie. 

Or fu grans sires et rioes dus proisils. 

Ctl li ont fait homage qui tienent de son fief, 

Mais il n'es tenra gaires si com j'ai enquidte , 
65 Ensi com vos orris sans grant terme alongig. 

Garins tint cort pleni£re; moult furent aaiste 

De char de venison, de maint autre daintii, 

De nul home vivant ne li est calengi£. 

Quant vint aprfcs souper que tot orent mangil, 
70 A lor hostel s'en vont quant il furent h£ti£, 

Serjant et vavasor et trestot li clergil , 

Et Garins est remez qui moult ert afaicil. 

Quant il fu dlvestus et il fu descauci6 , 

Dedens I rice lit est maintenant couchte. 
75 Quant ot assez dormi adont s'est esvelli6s, 

Songte avoit I songe qui l'avoit esmai6. 

Atant es-vos I ang£le que Diex ot envois , 

En la cambre en entra , ne s'i est atargil, 

La ou Garins gisoil qui le songe ot songi6. 
80 clarte de l'angele s'est Garins esvelli£, 

Leva sa main , si a son vis segni6. 

« Garin , ce dist li angles, ne soiez esmail, 

Ne sui pas horn terrestre, ne l'aicz pas quidi6, 

Ains sui angelez du ciel , Diex m'a ci envois. 
85 Escoute, si entent ; n'aies point resoigni£ 

Savoir que volrai dire. » 

« Garin, ce dist li angeles, escote ma pensle, 

01 Ainfois, aTint le soir. 80 Clartt, supplies d /a. 

70 BHiM , asses amusls , rejouu. 81 Encore tin yers de cinq pieds an lieu de six. 

72 Afaicti, affaisse*, fatigue*. SegnU, signe*. 

77 AngMe, angle est demande* par la mesure ici 86 BesoignU, apprehension 
comme plus baa. II est mis an t. 136. 

Tom. II. ff 



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cciui WTRODUCTION. 

Ce te mande li sires qui It tire a formie , 

Demain aa matinz, sans point dedemorie, 
90 Faire yenir ces bojnet en la sale pa vie, 

Ains que chaseuns s'en Toist ariire en sa contrie. 

Puis fais Tenir Gerin a la ciire menbrie, 

Ton tore, li cortoii , qui a bone pensie. 

Si li done ta tire , ne Fen retien denrie , 
95 Et apris t'en iras en France la loie 

T6t droit a Karlemaine , s'i remaing en saudie. 

8e tu ice ne fais, de mort ensangletie 

Morras prochainement, n'aras longe durie. 

Crestientez sera par toi moult amontie; 
100 Je oedi sans Aoutance. 

« Garins , ce dit li angelet , Mt-ta que tu feras ? 

A Gerin , le tien frire, te ducii donrat. 

Sages est et cortois; et bien esploiteraz , 

Et puis en donee France a Karlemaine irai, 
105 De cuer, sans trafson, le bon roi serviras, 

Et tu le tien service moult bien enploieraz. 

Bien ert venus k cort quan ques tu amern, 

Et eil ert malbaillis que tu de mort b arras. 

De perm et de rices honoris i seras; 
110 Apria de Kartemaine moult fort hals seras , 

Com por tolir la vie* 
«Garin, ce dist li aogiles, en vers moi entendei, 

Ge que Jhisus vos mande garde ne refusez. • 

Demain au matinet, quant solans ert lever, 
115 A Gerin, vostre frire , vos hirilis donez, 

Et puis en douce France a Karlemaine irez. 

Moult vos amera Karles et seris ses privet, 

Et puis seris k li moult laidement mellez, 

Mais ne vos esmaiez, tost seres acordez. 
120 Lors vos volra doner et castiax et citez, 

Mais ne prendez du sien II deniers moniiz ; 

89 Vert trap court , a morns 4e lire an matintt, 107 Ceox que tu ahneras seront bien venos en conr. 

eomme ta t . 1 14. 106 Earras, pressera* , pourtuivras, d'eu harrassi , 

96 Saudie, a son s erv ice . on peet-etre pour haira*. 

97 EnsangUlie , ensanglantle. 121 Moh44m , moimoye*. 



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INTRODUCTION. ccxun 

Mais au roi Karlemaine I castel demandez 

Qui siet joste le mont, Mongl£ve est nomez, 

Que tient li dus Gaufrois , qui moult est forsenez , Gaufrou 

125 Et il le vos donra volen tiers et de grez, 

Et vos volra baillier k moult grande plentez, 

Serjans et chevaliers, et vos les refusez. 

N'i menls ja uul home qui de mire soit nez , 

Car Diex vos aidera , ja mar en douterez. 
ISO Ne puis plus demorer, li rois de majestez 

Vous gart et cors et ame, quel part que vos alez. » 

Et quaut Garins l'entent si fu toz effrlez, 

Ne porquant respondi par grant humilitez : 

« Puisque Diex le me mande, volentiers et de grez 
135 Ferai a son plaisir, ja n'en ert trestornez. » 

Atant s'en vait li angles et Garins est remez. 

Se il fu esmaiez ja ne soit demandez. 

Lendemain est Garins et cbauciez et levez, 

Et fait venir sez homez que nus n'i est remez. 
140 Ens un maistre palais es-les-vos asemblez, 

Trestot furent ensamble. 

« Segnor, ce dist Garins, n'i a mestier cil6e, 

Nez p£res si est mors , sa tire m'est donie 

Et vos le m'avls tot de bon cuer dilivrie , etc. 

135 Trestornez , dltourne*. 142 N'i a mesiier citte , il eat inutile de le oiler. 

Pour le style et le ton, ce roman est certainement du commence- 
ment du XIII e si&cle, s'il n'appartient pas au XII e , et par consequent, 
les l^gendes auxquelles il se r^fere sont bien ant&ieures encore. 

Telle est Poeuvre ou sont racont£s les faits et gestes de Paieul de 
Guillaume-au-Court-Nez, auquel Joseph De la Pize assigne pour 
parens, Th&)doric, prince de Bourgogne, et Aldane. II ne faut pas, 
dit-il, s'arr&er au roman qui le surnomme au Court~Nez , pour 
avoir perdu le bout du nez. Cette etymologic paralt malhonn£te k 
De la Pize, qui aime mieux donner k son prince le surnom de Guil-? 



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CCXLIT 



INTRODUCTION. 



laume-au-Gornet *, mais cependant il ne rejette pas entterement 
aomtn de phiiumeiu. Pautorit6 des trouv6res, puisqu'il cite le roman de Philumena 2 9 

lequel appartient certainement au XH e siicle, et qu'il invoque 

m£me Turpin , ainsi qu'une vie de Guillaume en vers et en vieux 

gaulois. 
Rom.n de Goiiuume Les romans de Garin de Montglave et de Guillaume d'Orange, ou 
m.nds. w au Court-Nez, existent en vers flamands. Bilderdyk a public un 

fragment de 192 vers du premier % et Nicolas De Klerck, dans sa 

chronique m&rique du Brabant , dit : 

Oec syn somme walsce boeke 
Die werdich syn grote vlocke 
Die van fFillem van Orenghen 
Grote loghenen voert brenghen. 

Ce fut d'apr^s un texte frangais que travailla vers le milieu 
du XIII e stecle , Nicolas Van Brechten ou Verbrechten , auquel 
M. Gerard attribue une traduction flamande et en vers du GuiU 
laume-au-Courl-Nez 4 . 
En ^ri .nem.nds. En Allemagne, Wolfram von Eschenbach , et ses deux continua- 
teurs, Ulric Von Tuerlein etUlric Von Tuerheim, se sont exerc£s 
sur le meme sujet 5 . 

1 Tableau de I'hist. des princes et principautts d* Orange; La Haye, 1680 , p. 51. 

2 Dissertation de Pabbe Lebeuf sur ce roman , Acad, dee inscr., XXI ; Gaillard , Hist, de 
Charlemagne, 1782, III, 384; Raynouard, Choix de poesies orig. dee troub., II, 11 ,291. 
Article de M. Raynouard sur le texte latin de Philumena, public par M. S^bastien Ciampi, 
en 1823 , Journal dee Savans, novembre , 1824 , 668-675. 

8 Taal en dichtk. verecheid., IV, 121-146; Cf. Hoffmann, Horm Belg., I, 60-61; Val. 
Schmidt, frien. Jahrb., XXXI, 123-124. 

4 Gerard , dans le Mem. de La Serna, sur la BibL de Bourgogne, p. 146. 

5 B. J. Docen, Altd. Museum, pag. 155; F. Von der Hagen; J. G. G. Busching, Literar- 
Grundriss sur Geschichte der deutschen Poesie; Berlin, 1812, pp. 158-181 ; Mone, An%eiger, 
1836, 177-192,392, 503; lememe, Quelle*, etc., I, 170-76. 



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INTRODUCTION. ccxlv 



I. Gerard de Roussillon. 



Suivant les trouv^res, Gerard de Roussillon 6tait fils de Droon et 
petit-fils de Gondebaud , roi de Bourgogne. Ce Droon avait fait la 
guerre k Thierri d' Ardennes, que, pendant sept ans, il avait d^-Tiuem a Ardennes. 
pouill6 de ses etats. II eut trois fils : Pain6 , Samson , fut due de sa«mon de Bourgogne. 
Bourgogne > comte d'Autun et de Roussillon, et alia chercher la 
mort k Roncevaux. 

L'ancienne 16gende pla?ait Gerard sous Charles-Martel; une Aram* legend*. 
redaction plus r^cente le met sous Charles-le-Chauve 1 . Certain 
passage d'une des le£ons des Lorraim , d£j& cit6 , est conforme k la 
tradition po^tique primitive. Adenez dit semblablement , au com- 
mencement de Berte aus grans pits : 

Charles Marti a us ot non : mainte grante envaie 
Fist Girart et Foucon et ceux de leur partie. 

II en est de m&ne du roman d'Auberi le Bourguignon : Aubenk Bourgeon. 

Yoirs fa que Charles 



Que vers Girart ot grant chaple acoilli 
De Roussillon au coraige hardi, 
Qui tante painne et tan I grant mal souffri, 
Bien en avcz par mainles fois 01. 
Mais en la fin le desconfit-il si 
Que de la terre d'Euffrate s'en fui, 
Moult esgarez et forment esbahis ; 
Povre d'avoir ne fu oncques raais si. 
Charles Martiaus , etc. 2 

Gependant la version moderne est mieux d'accord avec Phistoire. 

1 Introduction du tomel", p. ccxlyii, et note sur le v. 18SS. 

2 Prd. de la Chanson de Roland , p. xxxv. 



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ccilvi INTRODUCTION. 

Existence hi.toriqne de En effet, des autorit£s respectables attestant que Gerard 6tait fils du 
comte Leuthard et de Grimilde ; qu'il pr£ta serment de fidelity k 
Charles-le-Chauve , en 833, mais qu'apr&t la mort de Louis-le- 
D£bonnaire, il suivit le parti de 1'empereur Lothaire, qui le laissa 
pour tuteur k son fils Charles, roi de Provence. Gelui-ci 6tant mort, 
en 863 , Gerard servit 1'empereur Louis II et Lothaire, roi de Lotha- 
ringie. Apr6s le d£c£s de Lothaire, arriv^ le 8 aout 869, le roi 
Charles-le-Chauve pr&endit lui succ&ler au prejudice de l'empe- 
reur Louis II ; mais Gerard conserva la Provence et la Haute-Bour- 
gogne k 1'empereur. Lorsque Charles vint mettre le si£ge devant 
Vienne, en 870, Gerard laissa Berthe, sa femme, dans la ville, et 
vola k la defense d'un chateau voisin, d'une grande importance. 
Berthe soutint le si£ge de la place qui lui 4tait confine, avec le 
courage d'une heroine; mais Charles ay ant pratiqu£ des intelli- 
gences parmi les habitans , Gerard se rendit dans le camp de ce 
prince, et obtint la permission de se retirer ou il voudrait avec sa 
famille. II passa en Bourgogne , ou, ayant fond£ plusieurs £tablisse- 
mens monastiques, il mourut, en 890, et fut enterr£, ainsi que sa 
femme et son fils^Thierri, d6c6d£ avant lui, dans 1'abbaye de Pou- 
tteres , qu'il avait fondle , pr&s de Ch&tillon-sur-Seine. II laissa une 
fille , nomm£e Eve, dont on ignore le sort \ 

L'existence de Gerard de Roussillon est invoqu£e , sous le nom 
de Gerard, due de Bourgogne, dans le testament de Guillaume X, 
due d'Aquitaine : Peronellce vero filice tnece possessiones meas et 
castella quce in Burqundia, ut proles Gerardi ducts Burgundice 
possideo 2 . 

L'abbaye de Vezelai, suivant la Gallia Christiana*, fut fondle 

1 Art de verifier les dates, edition in-8o, X , 392-94. 

2 Hist. fr. y XII , 410. 

3 IV, 466. 



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INTRODUCTION. ccxlvii 

par G&rard, comte de Provence, et par Berthe, son Spouse, vers 
Fan 867. Cette fondation fut confirmee par an dipl6me de Charles- 
le-Chauve , dat£ du 7 Janvier 868 , et public par Dom Bouquet l . 

Un 6cuyer panetier du comte de Gharolois s'appelait Gerard de 
Roussillon, et voua au faisan k Lille, en 1453 (v. s.), comme nous 
l'apprennent Olivier De la Marche et Mathieu De Coussy 2 . 

Jacques De Guyse , qui a puis6 in quodam libello metrificato in j. De Gu y « e . 
vulgaris repr6sente Gerard comme souverain d'une partie de la 
Belgique. Extitit comes comitatus Nerviensis atque Brachatensis, 
et usque (id mare fuit possessio sua \ Le roman dit en effet : 

On toot (outre?) ce tenoit-il grant part de Lombardie 
J tuques moot de Mont-Jeu et de Flandres partie. 

Avec le secours de son cousin G6rard de Vienne , il fit la guerre Ge>ard de rou^ho 
au comte de Hainaut, mais celui-ci , aid6 de Charles-Martel , finit 
par triompher, apr&s avoir d6truit les chateaux de Gerardi-Mansus, 
Mons-Gerardi (Grammont) et Ca^trumr-Viennce (Viane , au midi 
de Grammont). 

Ceux qui aiment les rapprochemens de noms, pourront remar- 
quer que pr&s de Grammont se trouve une commune appel£e Grim- 
mingen y et en conclure qu'elle a 6t6 appel6e ainsi k cause de 
Grimilde, m&re de Gerard ! Car c'est ainsi qu'on a 6crit souvent 
Phistoire. 

J. De Guyse attribue k Gerard de Roussillon plusieurs fondations 
pieuses dans notre pays, entre autres celles de Pabbaye de Leuze , 
qu'il met sous la direction de saint Badilon, des 6glises de S te -Marie 
de Cond6, de S^Pierre de Renaix, de S te -Marie d'Antoing, de 

» JKtf./h,Vm,NB. 

2 Edit, de M. Buchon, t. XI du Monstrelet, in-8°, p. 166-67. 

* tdit. de M. le marquis de Fortia, VIII, 188 et suiv. 



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ccxlviii INTRODUCTION. 

Royaucourt , ou il mit le corps de saint Adrien , de Houtaing, oil il 
pla$a le corps de saint Cyrin, martyr. 

Malheureusement la chronologie et la critique rendent toutes ces 
oeuvres pies plus que probl&natiques. 

U n'en r&ulte pas moins que la m£moire de Gerard de Roussillon 
s'£tait naturalise en Belgique. 

Les l^gendes ltegeoises rapportent que Tan 835, Agoland passa 
la mer avec cent mille hommes sarrasins et se vint planter devant 
Pavie, et Id furent luy et tons ses gens occis en Aspremontd service 
de Gerard de Roussillon , le fits de Dolus (Doon) de Mayence , oncle 
dOgier-le-Danois , pource quil ne voulut relouer (relever?) les 
terres du roy Charles, dont aprds en mourut plus de 100,000 
hommes. En ce temps Renard de Montauban avoit guerre contre le 
roy Charles , mats Ogier Jit la paix l . 

Gerard de Roussillon £tait de la maison de Mayence, si Droon de 
Bourgogne est le m6me que Doon de Mayence, p6re de Gan£Ion; 
suivant le roman de Maugis d'Aigremont, Bu6ves d'Aigremont, p&re 
de Maugis, le riche roi Othon, Doon de Nanteuil, p6re de Gamier % 
et le due Aymon de Dordonne £taient fr&res de Gerard, d'oii il 
r^sulte que les quatre fils Aymon et Maugis 6taient ses neveux , 
et que Gan£lon 6tait aussi son fr6re. 

Ce Bu6ves d'Aigremont est le h&ros d'un roman particulier at- 
tribu6 k Huon de Villeneuve , comme ceux de Renaud, des Quatre 
fils Aymon, de Maugis, de Doolin de Mayence et de Ciperis de 
Vineaux*. 

Et pourtant Pauteur du roman des Quatre fils Aymon, qu'on croit 
£tre le m&me que celui de Maugis, dit que G6rard de Roussillon 

1 MS de I'univ. de Liege, de l'an 1675, n° 119; Mone, Jnxeiger, 1826, 68. 

2 Charlemagne lui donna pour femme sa niece , la belle Aye ou Ayen , fille d'Antoine de 
Valence , due d' Avignon. 

3 Hist. Hit. de la France , XVIH , 721-730. Foy. Particle de Ganelon. 



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INTRODUCTION. ccxlix 

6tait d'une autre famille cpie Gan61on et du m£me sang qn'Oger-Ie- 
Danois et Parchev&jue Turpin \ 

ML Raynouard, qui ne parle que d'apr&s le roman proven^al , et Rom.n»enu n gueao C 
n'en cite que le manuscrit de la biblioth£que royale de Paris, fonds 
de Cang6, in-8°, n° 124, remarque qu'il est non-seulement illisible 
en beaucoup d'endroits , mais encore incomplet. II contient n£an- 
moins plus de huit mille vers de dix syllabes, a rimes cons&mtives 2 . 

La biblioth&que de Bourgogne a poss£d£ autrefois ce roman, rim6 
en gascon, comme dit Sanderus, ou en proven§al, et nous n'avons 
pas pu nous assurer s'il y 6tait encore 3 ; mais on y trouve une 
version en vers frangais, in-4°, pap., XV e s., n° 823, 113 feuill. 
M. Mone en a donn£ un extrait 4 , sur lequel il a r£pandu Pint6r6t 
destruction qui coule naturellement de sa plume. A la biblio- 
th&que de Bourgogne , il y a encore un manuscrit richement execute 
comme tous ceux qui le furent pour le due Philippe-le-Bon , quoique 
la lettre adoptee alors nous paraisse manquer de grace et de 16g6- 
ret£. Ce sont quatre 6normes volumes en parchemin , orn£s de mi- 
niatures, lis sont intitules : Histoire de Charles-Martel , par David d«yui Auwt 
Aubert (n° 6). 

Premier volume. Commencement : Cy comence la table des ru- 
briches de cest present volume > parlant des fats du due Gloriant 
de Berry y de la naissance et regne de son filz Charles- Martel et 
dautres besongnes > come des haultes vaillances de luy , du prince 
Gerajid de Roucillon , et de leurs guerres et adventures. 

DsuxiiME volume. Cy comence la table des rubriches de ce present 

1 Voy. plus haut Particle d'Oger. 

* Choix depotsies orig. des troub., II, 284. 
» Sanderus, BibL MS, II, 5, n° 188. 

* Anteiqer, 18S5 , 208-222 ; Sanderus , BibL MS , II , 6 , 7, n° 217, 275 ; le n° 659 , porte 
Rouvillon en fran$ais, e'est probablement encore un MS de Gerard de Roussillon; Barrois, 
BibLprotyp., n« 144647-48, 1450, 1597, 1741, 2167, 2168, etc.; Van Praet, BibL du 
Louvre , no 424. 

To*. II. 99 



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ccl INTRODUCTION. 

livre, parlant des fais de Pepin, roy de France, de GArard de 
Roucillon, de Charles -le-Chaulve et du commencement de la 
Garin-ie-Lorr.m , i« guerre du Loherain Guerin , et du comte Fromont de Lens. 
co«te mmoiit e f ROISI j ME VOLUME0 Cy comence la table des rubriches de ce present 

volume, parlant des merveilleuses guerres quy furent en moult de 
paiis que Von dit aujourdhui les guerres du Loherau* Guerhi. 

QuATRritaffi volume. Cy comence la table des rubriches de ce IIII e 
et dernier volume, contenant des fats et guerres de Loheraine et 
dautres contrdes, come de Flandre, dArtois, de France et dAn- 
gleterre ou il eut de merveilleuses ba failles. 

Fin : Ont estez par David Aubert escripts en la fourme et ma- 
niere quit sensieut en la ville de Brouxelles, Van de V incarnation 
Nostre saulveur Jhdsu-Crist mille CCCC soiwante cincq \ 

Dans le roman de Gerard de Roussiilon se trouve d£j& Fexpres- 
Bourguignons s.ies. sion de Bourguignons Safes. M. Peignot , qui a fait une dissertation 
sur cette locution % n'a pas connu ce passage : 

Li wis des fill Thierry si choisit ung cheval. 

Et va crier Fourquon : « Je vengerai la honte, 
Or viz salez Bourgoin*. 

K. Girard de Vienne (en Dauphin^). 

parents de Gerwd de G&rard de Vienne, ills de Garin de Montglave et cousin de Gerard 
de Roussiilon, avait pour fibres Milles {Miles) de Puille ou de 
Pouille, Hainaud ou Arnaud de Beaulande-sur-Mer, nomm£ par 

1 Barrois, Bihl. protypographique , no 1596, 1749-50-51-52. 

2 Les Bourguignons Salts, diverse* conjecture* des savans sur r origins de ce dicton popu- 
laire; Dijon , 1885 , in-8° de 4$ pp. 

3 Voy. dans notre 1" vol., p. 497, les v. 5206 de Ph. Mouskes , sur Ernaus de Biaulande, 
et la note sur le v. 2890. 



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INTRODUCTION. 



ecu 



et Renier de G£nes. Par consequent Aimeri de Narbonne, fils 
d'Arnaud , Oliyier et Aude-la-Belle , enfans de Renier, £taient ses 
neveux, et il fut le bel-oncle de Roland , qui £pousa la belle Aude. Aude-i-Bdi.. 
Cette g6n£alogie est conforme k celle qu'on a lue au d£but de Garin 
de Montglave* Tous ces h&ros de romans formaient une des quatre 
races po&iques : 

L'une fu de Garin de Mongl&ye fierce. 

(Roman de Jourdain d$ Blayes.) 

ML Sismondi rapporte le d£but du roman de Gerard \ L'extrait 
de M. Bekker en donne ainsi la fin; elle semble une introduction au 
roman d'Aimeri : 

Oit aveiz de Gerard le bairon , 
Comment il est acordiez a Rarlon. 
Au chief dou terme ke nomm6 vos ayons, 
En aloit Karles an Espagne on r6on 
Sos Sarazins, ke li cors Deu mal don *, 
Ke sa terre orent mise a destruction. 
Holt bien a^eiz oie la chanson , 
Comment il furent trahi par Guen&on. 
Mors fu Rollans et li autre bairon , 
Et li XX mille, ke Deus face pardon, 
K'en RonceTalz ocist Harsilion. 
Mais d'auz ici atant 70s laiseron , 
Et de Girardy de coi chants avon , 
Et de Renier et d'Arnald le proudom , 
Et d'Olivier k'ert Rollant compaignon. 
Dou fil Harnaut ci-apr&s voz dirons : 
Cest A'Aymeri ke tant par f u proudom , 
Le seignor de Nerbone 8 . 



Roncevaux. 



Renier de Genes. 
Renaud de Beaulande- 



Aimeri de Narbonne. 



C'est \k une simple preparation de jongleur ou un moyen employ^ 



1 De la literature du midi de V Europe, Brux., 18*7, 1, 184. 

2 Donne. 

* Pr&iminaires du roman de Fierabras , p. un. 



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cclii INTRODUCTION. 

par le po&e pour rattacher son oeuvre k un ouvrage en reputation. 
Cette chanson 4tait une de oelles qui valaient aux jongleurs les 
meilleures aubaines : 

Mes qui set bien chanter du Borgoing Auberi , 
De Girart de Viane, de l'Ardennois Tierri, 
De Guillaume au-Cort-Nei, de son pire Ay men, 
Doivent par toot le monde bien estre seignori '. 

On a d6j k dit que le roman de Gerard de Vienne avait pour auteur 
le clerc Bertrans ou Bertrand , qui l'&nrivit k Bar-sur-Aube \ 
Philippe Mouskes et David Aubert parlent des d£m£l& de Gerard 
avec Charlemagne 3 . 

La biblioth&que de Bourgogne poss&de un roman Du chevalier 
Paris y natif de Dauphind , et de la belle Vienne, translate du pro- 
venial et du Catalan^ 71&], in-fol. min., pap., de l'ann£e 1432 4 . 

Pour que Ton saisisse d'un coup d'ceil la relation des romans de 
la Geste Garin de Mongleve, nous plains ici ce petit tableau 
g£n£alogique. G'est la m^thode adoptee par Dutens, dans ses Tables 
gendalogiques des hdros de romans, avec un catalogue des princi- 
paux ouvrages de ce genre. Avant lui , Quadrio avait d£j& donn6 
quelques genealogies de ce genre , et M. Jules Ferrario a fait de 
m£me. Malheureusement ces £crivains out rarement consult^ les 
romans originaux et les sources primitives. 

1 Des taboureurs, p. 169 , des Jongleurs et trouveres, ou choia de saints 9 epttres, etc., par 
A. Jubinal ; Paris , 1885 , in-8o. 

2 Note sur le v. 4502 , Roquefort, Gloss., II, 757 ; Du Cange, table des auteurt , GUm. f 
X, lxxiiv, Biogr. Univ., LVI1I, 179. 

3 Voy. notre premier volume , p. 181 , 478 et 480. 

4 Commencement : Balatn quifu sage a escript Fin : A laquelle puissions tons parvenir. 

La seconde partie de ce volume contient le roman tfApoUonius, roy d'Antioche; Sanderas, 
Bibl. MS, II , 12 , no 710 ; Barrois , Bibl.protyp., n° 156 , 2291 . Sur le roman de Paris ei de la 
belle Fienne, imprinte* en 1487, voir Melanges tiris d'wnegrande bibl., V, 14S-156. 



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INTRODUCTION- 



CCLHI 




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ccliv INTRODUCTION- 

L. Sybille de Saxe y B&rard de Montdidier , Baudouin y frere 

de Roland. 

Ces personnages , dont s'occupe Ph. Mouskes ', appartiennent k 

je.D Bodiaux, chamon la Chanson des Saisnes y de Jehan Bodiaux ou Bodiax, chanson 

des Saisnes. # 

que nous avons d£j& cit£e , et que M. La Cabane se proposait de 
publier ; il a depuis abandonn6 ce travail a M. Francisque Michel , 
qui ajoutera ce nouveau titre k tous ceux qu'il a acquis k la recon- 
naissance des gens de lettres. La Chanson des Saisnes a &6 ins£r£e 
David Aubcrt. en abr6g£ dans la compilation de David Aubert 3 . 

M. Jourdain de Blaye. 

Occup£ depuis long-temps de recherches sur l'ancienne po£sie 
fran^aise en Belgique , je sentis ma curiosity vivement excit6e en 
parcourant le catalogue de la biblioth&que de Tournay , et en y 
voyant, parmi les manuscrits , cette indication : 

Roman de Druel Vignon, ecritenver* en 1281 4 . 

M. le biblioth£caire Deflinne ayant eu Pobligeance de me oom- 
muniquer ce volume , par Pentremise du d£partement de l'int^rieur, 
j'ai pu Pexaminer k loisir. Cest un in-folio en papier, contenant 
357 feuillets ou 714 pages , et qui a appartenu jadis au chanoine 
Jerome de Winghe, puis k la biblioth&que de la cath&lrale. L'an- 
cienne reliure, qui a 6\6 r£par6e en partie, porte huit fois Pem- 
preinte # A # FIERLM, en caractires gothiques. Une Etiquette mise 

1 T. I, p. 384-389. 

2 Ibid., p. 608. 

3 Ibid.,?. 485. 

4 Prtcis historique et bibliographique sur la bibliothkque publique de la ville de Tournay, 
par M. V. Deflinne-Mabille (2 e edit.); Tournay, 1885, p. 89. 



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INTRODUCTION. cclv 

au dos porte le titre qu'on vient de transcrire , et une note trac^e 
au XVI e si&cle , sur le premier feuillet de garde , contient ce qui 
suit : 

Ce lihvre fut compose ou escript par un Druel Fignon en Van 1261 
et y meit Vautheur a le composer , ou Vescripvain a escripre 2 mots 
assavoir juillet et aoust du dit an. 

Cette note n'est qu'une esp^ce de traduction des vers en acrosti- 
che, qui se trouvent k la fin du volume : 

Dame, signeur baron, qui tn'avls pourl£u, 
Regards et lisiis ce vier qu'av6s y6u , 
Vraiement trouver6s , se bien avis coeru , 
Et le non et sornon par qui escris il fu. 
5 Les ij mois y a mis qui sont jolis tenu , 

Voir ce fu en Juliet, aoust qui sy jes {gens?) fu; 
Yl i avoit ou date que on ot ramenteu 
Grasse mil ii c soissante et ung venu. 
Nostre signeur ait Tame du clerc qui Fa conclu. 
10 Or pri6 soy le troeve quelque part reponnu, 
Nouvelle en ait Mailin Dubois qui a bien bu. 

3 Coeru pour qutoru, de quSrir. 

Le copiste s'appelait done effectivement Druel Vignon. Quant k 
la date de 1261, l'inspection de P^criture suffirait pour en d£mon- 
trer la faussete, quand m6me on ne remarquerait pas qu'on a gratt6 
au canif deux jambages formant le nombre mi et que la mesure du 
vers est incomplete en lisant deux au lieu de quatre. Cette copie est 
de Fannie 1461. Sander us, qui a donne le catalogue des manu- 
scrits de J6r6me de Wiftghe (Bibl. MS. 1, 209 *), d6signe ainsi celui 

1 Les catalogues de Sanderus qu'il devait & des communications plus ou moins obligeantes, 
sont malheureusement aussi inexacts qu'incomplets. Par exemple , dans la liste relative & la 
biblioth&que de Bourgogne , on lit , sous le n° 766 : Un roman sane titre. Admirable rensei- 
gnement ! 



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cclvi INTRODUCTION. 

dont nous parlons : Le roman de Jourdain, compost ou escritpar 
Druet Vignon en Van 1261 , en vers. 

On voit que cette notice , pour £tre tr^s-courle, n'en est pas moins 
fautive. Cependant on y signale le vrai titre du livre. Ce n'est en 
effet ni le Roman de Druel Vignon, ni celui de Milles et Amis, 
comme on l'avait 6crit autrefois sur le premier feuillet de garde , 
mais Fhistoire en vers de Jourdain de Blaye, petit-fils d'Amis , com- 
pagnon d'Amiles ou Amelius. Le copiste lui-m^me en avait averti , 
k la fin de son travail : 

Amen explicit 
Du ber Jourdain 
Qui par se main 
Payen tua. 

Et apres main 
Le ber Jourdain 
Karlon gr£va. 

Ce roman , qui contient environ 22000 vers, et qui prend Jourdain 
au berceau pour le conduire jusqu'au bout de sa carri&re, est une 
composition du XIII e stecle. Entre autres l^gendes que Ton y rap- 
pelle , on y distingue celle d'Aimeri de Narbonne. 

Aimer. de Narbonne «t Fol. 344. Et (Karle*) manda Aimery de Nerbonne le fier. 

sept ** Quant Aimeris oy du courtois mesagier, 

Ses vij fieux a mandd sans point de d&ryer; 

15 Ja estoient alet les payens gh£ryer, 

Gar onques Aimeris , qui tant fist a prisier , 
Ne donna ses enfans le monte d'un denier, 
S'il n'el porent conquerre au fer et a l'achier ; 
Mais Karlez les aucuns vot leur pris essaucier; 

20 L'aisnet donna Orliens desouz lui a baillier, 
Et l'appellon Ernault d'Orliens, au vrai jugier. 
Et l'autrez ce fu Boevez de Commarcbiz le fier , 
Li tiers ot non Foucquez, Gandie ot a baillier , 



ses set 



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INTRODUCTION. 



CCLV1I 



Et Bernart ot Breubant sous lui a justicier, 
25 Et sy donna Karlon a Guillaume le fier 
Orengez qui estoit encore a gaagnier. 
Et Aimeris n'ot oncques soux lui terre a baillier , 
Mais ce fu tous li mendrez des VII, au vrai jugier ; 
Guibers fu slnescaux de France l'iretier, etc. 

Voici quelques fragmens qui pourront 6tre utiles aux amateurs 
de la literature des trouv^res : 



D6but fol. 1. 30 Sygneur, or faites pais pour Dieu de magest^s 
Le glorieux Jhlsus qui fu en crois p6n6s , 
Et yous oris canchon de haulte auctorit£s, 
De Tune des ii j gestes ; saciez en vlritls , 
On n'en oomme que trois ou reguars loiautta 

35 Gar la iiij geste ne Tali point ij d6s; 

Encore n'est point morte, dont c'est deul et pit6s, 
Gar les faus Guennelon se sont resussytls, 
Puis ij° ans se sont en maint pais monstr6s : 
Mais de che tous lairai et des iij geste oris. 

40 En l'incarnassion de Dieu qui fu p6n£s, 
De le date du tamps Tij c ans y contls 
Et enTiron XL, Karfemaine li bers 
Fut le cief des iij geste dont tous parler oris; 
Gar il Tint de Pepin , le noble couronnls. 

45 Karle rigna lone tamps , s'ot fieux et fille assis , 
Et s'y ot pluiseurs fames dont il fu espouses, 
Voire Tune apr&s I'autre , quant leur cors ert finis. 
Et les ij autres gestes droi-cy lommer m'oris : 
L'une fu de Garin de Mongleve fiiTis , 

50 Et I'autre de Doon de Maiencbe doutis. 



Ganelon. 



Gario de MonlgUre. 
Doon de Mayence. 



37 Sous,- sic. 

33 Gestes, ce mot signifie race dans ce passage, de 
meme que dans celui-ci : 

Vos estes de la geste as qnatre fis Aymen. 
{Soman de Gamier.) 

Voy. sur ces qnatre gestes , Particle de Garin le 
Loherenc. 

43 Fut, ainsi dans le MS contre la regie de Tor- 

To«. H. 



thographe du temps. 

45 Karle. Lisez Karles ou Karlez. 
48 Lommer, loumer , nommer. 

Qui de Bouillon se fait la ducoise loumer. 

[Roman manuscrit du Chevalier au Cjrgne.) 

40 Voy. Particle de Garin de Mont glare. Amilles , 
fils du corate de Clermont, Amis, fils du 8e*ne*chal 
Hervy , dans le roman. 

hh 



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CCLTIII 



INTRODUCTION. 



Gerard , fib d'Amis 



Basin. 
Ermengart. 



Dood ot xij fieux de se feme engenr£s , 

Et s'ot autant de filles oik moult ot de biautis. 

De Tune de ces filles yssy en v£rit6s 

Cieux de qui che romant d'Amillez est fondis, 

55 Et d'Amis, ses compains , de l'autre fille aprta. 
Amillez et Amis, ce diet l'auctoritez, 
Furenl bons compaignons, loiaux et esprouvez, 
Et taut qu'il sont saintis et cors sains eslei^s , 
En Lombardie sont, a ce fait marques. 

60 Amis, compains d'Amillez, qui de Dieu sont amis , 
Atoit I noble fieux qui Girart fu nommla , 
Qu'a son tamps seryy Karle; moult fu de lui priris. 
A marier estoit Glrardin dont 06s. 
Karlex fu aparus o son noble barn£s : 

65 Li ot use pucielle , dont grans est li biaut£s, 
Et fu soer a Basin, qui tant fu natures. 
Ermengart ot a non celle dont tous o£s. 
De ELarlon s'aparu , qui tant f u redout£s , 
Marit li demanda devant tous ses cas£s. 

70 Karlez se regarda , se Tit k l'autre 16s 

Le ber G6rart de Blavex dont moult fu hennerls. 
« G6rarl , cha , dit li rob , ceste dame prendre. » 
Et G6rart respondy : <c Si con tous commandos. » 
La en droit l'espousa, ce diet l'auctoritez, 

75 Et de celle Ermengart f u Jourdan li doutez , 
Qui conquist par se force xiiij roiautls , 
Qui fu li plus preudomme qui o monde fu n&. 
Mais anchois fu G6rars bien X ans mari6s, 
G'oncques 6uist enfant, dont moult estoit yrts. 

80 Bellez furent les noecez quant G6rart espousa 



56 Le z a ici, comme plus has , la valeur de Vs. 

50 Marqu&s, remarque*8. Dans Tex trait d'un autre 
roman de Jourdain , rapporte* par M. Francisque 
Michel, on lit : 

A Mortiers gisent, e* plains de Lombardie. 

60 Basin, Auberi le Bourguignon dtait fils de 
Basin de Genes, frere d'Eudes de Langres et fils 
d Herchembaut ou Archambaud. MM. J. Bekker et 



Fr. Michel , ont donne* des extraits de ce roman , Pun 
dans les prelim in aires et les notes du roman de Fier- 
abras ; Pant re dans Pintroduotion de la Chanson de 
Roland. Van Praet, CataL de la Valliire, US, 2781. 

67 Se li donna li rois Othes sa fille , 

Damme Hermenjart, qui fa preus et nobile. 

(Extr. de M. Fr. Michel, p. xxxu .) 

71 Hennerss , honnoris. 



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INTRODUCTION. cclix 

Ennengart, It pucielle, que loialment arna, 

Et XV jors apris G4rart le remena 

En la ville de Blayez; Karlez le convoia, 

Et toils let xij pero qu'avoecq li mena. 
85 Ens ou palais a Blayez rois Karles s'ostela, 

Et pour l'amour des noecez yiij jors y s6jorna. 

Tout rendi a G6rart le pais par deli , 

Et yl en fist hommage, oncques ne le faussa. 

Trop fu G4rart preudon, et loialment r6gna. 
90 Por chou qu'il fu loiaux et que Jh&us ama, 

Le murdri li sien oncles, ensy que tous dira, 

Fromons, li faux traitres, qu'oncques bien ne pensa. 

Karlez a pris congiet et vers France s'en ya, 

Et son rice barnage ayoecques lui mena; 
95 Li bers G6rars de Blayez ass£s le conyoia , 

Quant du roy se party tenrement larmia. 

Fol. 2. Signeur 9 ce fu en mai que florissent gardin , 

Oisillon s'esjofssent contre le douz tamps prin, 
Chante li lossignos qui dist en son latin : 

1 00 « Dieu , j'ai le cuer ochit par amoureux couvin.* 
A icel tamps I jour de Pasques o matin 
Fu li contez G6rars, au yrai cuer enterin, 
En Blayez dont li mur sont massis et cauchin ; 
Si ot ayoecque lui maint conte palazin, 

105 Maint bourgeois de bault pris et maint rice mesquin ; 
L6s-lui fu sa moullier, Ennengart au cuer fin, 
Enchainte d'un enfant estrait de gentyeu lin. 
« Dame , cba , dit G&rars oik onques n'ot venin , 
Moult deyons loer Dieu et le pooir divin 

110 Quant sommez viellez d'ans et pris de traire affin , 
Et Dieux nous aime tant, qui fist pardon Longin , 
Que yous portez I hoir ou marie ou femenin , 
Et s'il plaist a celui qui de l'iaue fist vin , 
Mais qu'il yive, seront cil de Blayez enclin 

98 Tamps prin, printemps. Ne 6nt d'esploitier tout le chemia cauchin. 

103 Au fenillet XVIII du memt roman on lit : Ce mot vient da latin oals. 



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cclx INTRODUCTION. 

115 Cevalier et bourgeois, baceler et mesquin; 
Car s'il plest Dieu ce vrai et le ber Saint-Martin 
Que ce soil une fille par le Jh&us destin, 
Tel sigoeur li donrai, se trop tos ne difin, 
Que la Hire tenra paisible sans hustin ; 

120 Et se c'est un hoir mile, je ne voy autre fin 
Que de Blavez tenra le palais marberin 
Et le pals et tout jusques en Limosin : 
Si le redouteront Payen et Saraxin , 
Easement que l'ont'fayt et moy et le mien lin; 

125 Et, s'il ne doit a?oir cuer vrai et enterin, 
D6siran» de Payens mener k pute fin , 
Ja puis ne dilmez, ne vive tierch matin , 
Car je dis et c'est ?oirs, hautAche et cuer fraln 
Est riquesse perdue, car elle^a pris sa fin. 

1 30 Dame cha , dit GArart , a le chi&re menbr6e. 
Moult nous aime Jhisus et le Virge honnerle, 
Quant yous estez d'enfant enchainte demorAe, 
Qui apres nous tenra Blatez et la contrle. » 
— « Sire , dit Ermengart a le couleur ros^e , 

1 35 Ensy soit que plaist Dieu et la Virge honnour<e.» 
Fol. 5. Signeur, or faitez pais pour Dieu le tout-poissant, 

S'or6s bonne canchon d'estore soufissant , 
Dont li histore est vraie et li Tier sont plaisant , 
La viue de Vantanus. C'est ensy que Reniers de Vantanus le gent , 

140 Pardedens Vantanus garda Jourdain l'anfant. 



Fin fol. 356-57. Jourdains, li ricez rois k le chiere menbrle 

Fu k Gadrez le gent qui bien estoit peuplte; 
Avoeque les barons de haute renomm6e, 
A une Assension qui bien fu c£16br6e, 
145 Tint li rois Jourdains court a Gadrez le lo£e. 
XIX rois y ot en icelle jorn6e , 

128 Fraln, de peu de valeur. abreg6e gnt. Gadrts on Jadres dans Ph. Moutkes est 

140 Au feu il let IV on lit . le nom de Zara. 

Renters au poil flory 144 Lf dux tiatuoe cort k une 4acenuon. 

Qui Vantantu sur mer lenoit pardesous lay. (G. F. de M^iTonm, Parite la Duchess* . p. 5.) 

142 Ou le grant, ee mot eHant e*crit d'une maniere 146 XIX prononcei dim $t neuf. 



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INTRODUCTION. 



CCLXI 



Qui tout croient en Dieu: ce fa bielle assemble ; 
Karlez fu li XX e ; li cours fu bien peuplle, 
Et le court fu pleniere, k cascun bien agrle, 

150 Et aprds le digner, c'est v6rit£ prov6e, 
A Karlez pris congiet, sou oire a aprest6e 
Pour repairier en France, le nobille contrie, 
Et Jourdains li dona a son voloir s'agrie, 
Adont fu le besogne pour Karlon aprest6e, 

155 Envers France en ala sans nulle demorle; 
O lui en va G6rars de Blavez le lo6e. 
Or nous dist li cronique et li cancbon dit6e 
Que Karlez ne vesqui puis que ij° ann6e. 
Jourdains est demorez en Gadrez la lo£e; 

160 Gascuns des rois se est r'allez en se contr£e; 
En Hermenie ala Kallefrins celle an£e, 
Le roialme maintint tant com me yl ot durle. 
Richiers, li fieus Sandame, d'Escoce le peupl6e, 
Demora a Jourdain et se fame lo6e; 

165 Gar aprils Jourdain tint le tiAre et le contrle. 
Et vesqui puis Jourdain Vans, cose est prouy£e- 
Droit au cief de V ans dont je fai divisge, 
S'endorrooit li bons rois d'encoste s'espous£e; 
Lk li manda Jh6sus qui fist ciel et rous£e , 

170 Et se moullier aussy qui tant par fu nostr£e, 
Que leur char fustdeprestre justement confess6e, 
Gar Dieuz les voet avoir en se glore adurle. 
Quant Jourdains a le voixdu saint ang&le escout£e, 
Le parolle de Dieu asis bien li agr£e, 

175 Gar viellez estoit d'ans, c'est v6rit£ prouy£e; 
Aussy fu se moullier qui tant fu bonnerle. 
Li rois se fist confts a cette matinee , 
Aussy fist se moullier qui tant fu alos£e. 



Kallefrin , Ricbier, San- 
dame. 



149 Etle court ;9ic. 

167 Cot emploi da mot chroniques n'e«t pat fre- 
quent dans le* ancient romana de geste. Dana le 
roman manutcrit du Chevalier au Cygne, on lit 
toutefoit (Bibl. de Bourg., n° 526 , in-fol.): 

En la chronique en est la veVite* tronT^e. 



168 Richiers. Appele* an feuill. CCCX : Richiers a 
la barbe mSUe* 

1 70 Par. . . nostrte , pateno* tr ee ? 

173 Angele, angle , afin de rltablir la mature. 

178 Ele fu raonseignor don Garner Yalosez. 

(G. DE HVRToifNE, Paris* la Duchesse , p. 41.) 



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cclxii INTRODUCTION- 

Acumlniet sont.en icelle journle, 
180 A uneheuremorurent;Dieu qui seut leurpens6e, 

A rcchulcs leurs amex en sc glore secrie. 

Et quant Richiersle ?oit, forment le disagree, 

Aussy ont li baron leur joie en deul mute , 

Li mainent signeur deul, li gentde Dieu am6e, 
185 Pour Jourdain et le dame qui tint ot renommle. 

Mais pour doleur mener «t soir et matinee , 

Ne poroit-on r'avoir la pertonne finie. 

Jourdains fu entierez a honneur compassle, 

Et Richiers tint se Hire et se noble contrto 
190 A pais tant qu'il vesqui , et soir et matinee, 

Avoecques se moullier qui tant ot renommfe ; 

Moult prient pour Jourdain et soir et matinee 

Et pour Oriabiel , se courtoise espousle. 
Gy fine li ystore c'on voua a records, 
195 B£n£oit soient tout cil qui l'ont escoutfe, 

Et li clers qui le fist et cieui qui la cantie ; 

Au jour du jugement en le glore adur^e 

Soient nos ames mises et cascune sauvle. 

180 Dieu, il faut ^crire Dieusl 196 Bknhoit, Moil. 

Un roman de Jourdain de Blaye est cit£ dans la Glossaire de Du 
Cange. Quant k M. Roquefort, il passe sous silence cette fable h6- 
roique. 

Ce qu'il y a de remarquable dans celle-ci, c'est qu'elle semble 
n'avoir riendecommun, du moins pour la forme, avec le roman 
sous le m£me titre, dont Pinfatigable philologue M. Francisque 
Michel a donn6 un extrait dans son Edition de la Chanson de Roland, 
prdiminaires , p. xxxi — xxxv. Le roman de Jourdain cit6 par 
M. Raynouard, Journal des Savans, juillet 1833, p. 389 (Bibl. 
roy. SuppL fr. n° 632-15), n'est pas non plus le n6tre. Le manu- 
scrit de la biblioth&que de Tournay n'en est que plus pr^cieux : et 
qui sait si ce n'est pas originairement Poeuvre d'un beige? 



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INTRODUCTION, cclxiu 

Quant k la l£gende d 3 Antilles et dAmis dont celle de Jourdain 
est une continuation, le savant Mone l'a exposde dans ses An- 
zeiger (1836, col. 145, 161, 353, 420), en la comparant avec la 
l£gende hagiologique; M. Francisque Michel en a offert £galement 
un echantillon au public (Chanson de Roland, prdliminaires , 
xxsx — xxxi *), et M. H. Piers la raconte dans les M&moires des 
antiq. de la Morinie, III, 144-46. 

N. Garin le Loherenc*. 

Philippe Mouskes suppose que le due Garin, Fun des capitaines 
de Charlemagne, s'empara de Castel-Croissant : 

V. 4669. Li dus Garins et sa mesnie Mention de G*rm «i«n$ 

Entrerent en Castiel-Croisant , 
Quar Sarrasin , Turc et Persant 
Amenerent trop grant compagne 
Et devers Surie et d'Espagne. 

Or ces vers ne font allusion k aucun des faits rapport£s dans le 
roman de Garin le Loherenc, et rappellent sans doute d'autres 
16gendes , telles que celles de Jean de Lanson ou de Guion de Bour- 
gogne. Peut-Atre m&me s'agit-il d'un autre Garin que le fils 
d'Hervis, quoique nous ayons admis Pidentit6 des deux person- 
nages. On est en droit peut-^tre d'en dire autant du Garin nomm£ 
par Giraud de Cabreira 3 . 

Dans les passages qui suivent , il n'y a point de doute. II s'agit de 
Farmde lev^e par Charlemagne contre les Sarrasins : 

V. 5220. Garins, li dus de Loherainne , 
II mil tous preus en i amainne. 

1 Bulletins de I'Acadbnie Royals de Bruxelles, t. IV, n° 5. Cette notice, a quelques chan- 
gemens pr£s , a ete tir^e a part a 32 exemplaires in-8° de 10 pp. 

2 Loherain , Loherans. 

3 Raynouard , Choix des potties orig. des troub. , II , 295. 



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cclxiv INTRODUCTION. 

Et plus bas : 

V. 7318. Garins, li dus, vint a poignant, 
Tint une lance a fer trancbant t. 

Garin est tu6 k Roncevaux et enterr6 k B61in , ch&teau d'Olivier : 

V. 0041. Et Garins, dus de Loberagne. 

Ph. Mouskes fait £galement mention de B&gues, fr&re de Garin : 

V. 5228. B£ghe en ot mil de bonne gent, 

S'orent ass£s or et argent. 
V. 7358. B6gon ont mort et mis a fin. 

Turpio. En cela il suit le faux Turpin, auquel ies Chroniques de St-Denis 

sont 6galement conformes. Garinus, Lotharingice dux , cum qua- 
tuor millibus virorum, Hego.... (ch. XI , t. I ? p. 496) 2 . Ce dernier 
mot d&igne dvidemment B6gues, car an ch. XXIX, p. 515 , on lit 
Bego y qui le remplace. D'ailleurs les traductions sont \k pour con- 
firmer cette assertion. 

1 P. 292 du I er volume , on a ponctue ainsi ces deux vers : 

Garins , li das, Tint ; a poignant 
Tint une lance a for trancbant. 

et Ton a expliqud a poignant par au poing , il vaut mieux ponctuer comme on vient de le 
faire , et lire vint a poignant, c'est-a-dire vint a force (Tiperon. 

2 Garin n'est pas nomme' dans le texte de la Chanson de Roland, donn6 par M. Fr. Michel ; 
mais je soupconne qu'un vers inacbevl le concerne dans un couplet ou assonance en ant , 
an , sins , etc. 

Puis ad ocis Gebnin e Lorain R. 

Est-il absurde de lire : 

Puis ad ocis Gebuin e Garin Loheran? 



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INTRODUCTION. cclxv 

Toutefois Ph. Mouskes , en se rendant ici k Pautorit£ de Turpin , 
si grande , si solennelle pour lui , oublie qu'il avait pr6c6demment 
adopts d'autres traditions , et qu'en faisant mourir les m£mes cheva- 
liers du temps de Charlemagne, il avait d&j& racont£ la mort de 
Pun d'eux sous Pepin. Je veux parler de B&gues de B£lin, dont il BeguwdeBam. 
retrace la fin comme dans une des branches du roman public par 
M. P. Paris. 

V. 2080. Li quensB£ghes qui tint Bllin, 
Li frire al Loherenc Garin , 
• Fors de sa tiere adont s'eslogne 
Et vint cacier en la Vicougne, etc. 

Cest le bel Episode que M. Edw. Le Glay a traduit en prose. 

Apr6s la mort de B6gues, dit Ph. Mouskes , Fromond le Gascon 
passe chez les Sarrasins , et renie Dieu x ; son fils Fromondin rallume 
la guerre entre les Gascons et les Lorrains; enfin Gerbert, fils de 
Garin, devient roi de Gascogne et Spouse la fille d'Aimeri de Nar- 
bonne. 

Selon toute apparence, ce Garin n'est pas un 6tre purement id£al, 
quoique des preuves historiques positives manquent pour d^montrer 
son existence, et que Dom Calmet, qui y croit, n'ait pu lui-m^me Domctmet. 
les fournir. Fran$ois De Rosi&res , qui tire du plus loin qu'il pent f. d« Rosier. 
la g6n6alogie des dues de Lorraine, et pour qui tout est bon , fables 
et v6rit6s, ne parle pas cependant de Garin 2 . 

Mais il ep. est question dans un auteur aujourdliui perdu, et dont /. DeGuy*. 
Jacques De Guyse nous a conserve des fragmens. 

Get auteur, all6guant les autorit&s qu'il a compiles, nomme 



i Roman de Garin , I, 150 : 



Huimes commence la chanson a venir 
Comment Fromons renoia Jesu-Crist. 



2 Stemmata Lotharingiw ac Barri ducutn, Parisiis, 1580, in-fol. 
Ton. II. 



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cclxvi INTRODUCTION. 

HuguesdeTooi. Hugues de Toul ', qui a £crit les histoires des Lorrains, Historias 
Lotharingorum \ Ii y a plus , il les avait 6crites avec beaucoup de 
soin en langue vulgaire, apr£s avoir fait de profondes recherches 
sur la g£n6alogie des princes lorrains : Alius autetn in vulgari 
eandem (historiam) composuit curiose, ut Hugo Tullensis qui Lo- 
tharingorum genealogiam profundius investigans, historiam Bel- 
gorum solemniter pertractavit 3 . 

J. De Guyse, en louant ainsi Hugues de Toul, le trouvait sans 
doute d'accord avec les autres monumens qu'ii avait consults, tels 
que Char tee Austrasiensium , verba Lothariensium \ 

Mais si Hugues de Toul s'6tait livr6 k de longues et s6rieuses in- 
vestigations , il n'avait gu&re travaill6 que sur des traditions orales 
ousur des chroniques apocryphes, que l'on multipliait ais&nent au 
milieu de la disette des documens authentiques , d£truits par les 
invasions de l'£tranger % ou enseveiis dans des depots inaccessibles. 

sapposiuoD. et aiur^. De nouveiles fortunes s'6taient £lev£es, la vieille aristocratic franque 
et gauloise avait £t£ d6cim£e, sinon d£truite, k Fontenay ; il fallait 
flatter Pamour-propre des races r^centes , en leur errant de vieux 
titres d'illustration ; d'ailleurs la critique £tant un art inconnu, 
Hugues de Toul avait pu prendre pour de Fhistoire les caprices de la 
po£sie, et ces inventions dans lesquelles se complait l'imagination 

1 M. Paulin Paris, dans une note de son premier volume sur Val-parfunde , p. 96, dit : 
u Hugues de Toul, comme on le verra a la fin de ce volume , dans les Te&timonia , en parle 
» cgalement. » Ces Testimonies ne se trouvent ni dans le premier ni dans le second volume. 
L'editeur les aura perdus de vue ou se sera ravish ; pour noire part , nous le regrettons* 

2 Edit, du marquis De Fortia, I, 34. 
»I,78. 

M,B8. 

5 Olbert, abbe de Gemblours, au commencement de sa legende de saint Veron, qu'il 
adresse a Renier, comte de Hainaut , mort vers 1030 , dit : a Hoc afflictionis flagellum exercuit 
(Deus) per Hunos et fTandalos.... pene Mam Galliam Belgxcam subverterunt, urbesque ejus a 
scbcuIo famosissitnas sob straverunt, arualks tihpoiuh vttasqui coilistiui vdioich cohbcsseaunt 

16NK , HOTITIA8QUK MCLTOIDM SUfiSTRAXERUHT OWMl. » 



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INTRODUCTION. cclxvii 

des peuples, m^me en presence des faits et de leur expression 
officielle. Sans recourir k d'autres exemples, ni remonter k des temps 
£loign£s, qui m'expliquera, demandespirituellementM.Raynouard *, 
comment , de nos jours , une chanson populaire, consacrde k la mort 
du due de Malborough, a propag£ des r^cits £videmment contraires 
k toutes les notions historiques ? Cette chanson , en effet , suppose 
que ce fameux guerrier est mort k Farm£e, qu'un page en arrive et 
annonce ce malheur k i'£pouse du h6ros, qui, assise au haut d'une 
tour, attendait impatiemment de ses nouvelles. Qui ignore pourtant 
que le due de Malborough est mort dans sa patrie , combl6 d'hon- 
neurs et au milieu de sa famille? 

A quelle 6poque 6crivait Hugues de Toul? C'est ce que nous 
ignorons; mais il appartenait au moins k la fin du XIII 6 si&cle 
ou au commencement du XIV e , Jacques De Guyse £tant mort 
en 1399. 

Que dit-il relativement k la Saga de Garin? II raconte qu'apr^s ^«de.Lorrtm«. 
la mort de Charles-Martel, Gautier-POrpheiin, fr&re de Hugues de 
Cambr£sis 2 , et fils d'Aubri ou Alb&ric , r£gnait sur le Hainaut. Ces 
deux fr&res avaient £pous£ les deux filles d'Herv£ ou Hervis, due de 
Metz, soeurs de Garin et de B£gon. Les Sarrasins ayant attaqu£ la 
Gaule et assi^ge Soissons, Gautier rassembla k ses frais les nobles, 
tant du Hainaut que du Brabant, et apr&s s'£tre joint k son fr&re 
Hugues, aux Lorrains et aux Francs, il attaqua les barbares, les 
chassa de devant Soissons et les extermina presque jusqu'au dernier. 
Vers le m£me temps etapr&s la mort d'A61is, duchesse de Metz, mere 
du due Herv£ , les Vandales envahirent encore les Gaules , ravage- 
rent la Lorraine sup6rieure et vinrent mettre le si£ge devant Metz. 

1 Journal des Savons, aout , 1833 , p. 460. 

2 Ancetre de Raoul de Cambrai , tue par Bernier, devant Origny , en Vermandois , sous le 
regne de Louis d'Outremer. Nous sommes de ceux qui attendent avec le plus d'impatience le 
roman de Raoul de Cambrai, que prepare M. Edw. Le Glay. 



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cclxviii INTRODUCTION. 

Secouru par Gaatier-POrphelin , Hugues de Cambrai, P6v6que 
Gerard de Ltege et Ans£gise, roi de Cologne, Herv£ fut tu6 en pour- 
suiyant de trop pr&s ses ennemis. Garin devint ainsi due de Lor- 
raine , tandis que la Flandre ob&ssait aux forestiers du roi Pepin. II 
s^leva des diff&rends entre lui et B6gon, son fr&re, d'une part, et 
Fromond, prince de Bordeaux l et d'Artois, comte de Boulogne, 
et ses amis de Pautre. Long-temps ils avaient su cacher la haine 
qu'ils se portaient , et il n'en 6tait r£sult£ rien de f&cheux ; mais un 
jour, dans le palais du roi Pepin , k Laon , les Bordelais 2 du parti de 
Fromond , ay ant trouv£ Garin seul , se jet^rent sur lui. II se d6fendit 
avec courage, renversa Harderic ou Hardr6, p£re de Fromond, et 
lui brisa le crane sur le pav6. Cette seine occasionna une rixe ter- 
rible. Les Lorrains accoururent au secours de leur gouverneur, 
tuirent un grand nombre des partisans de Fromond et chass&rent 
les autres du palais. VoiiA ce que rapporte Hugues de Toul , d'apr&s 
des autoritis plus anciennes et probablement des chansons de geste 
et d'autres renseignemens de cette esp&ce. Baudouin d'Avesnesparle 
6galement de ce Garin 3 . 
G^neaiogie f.buieuse Un manuscrit de la biblioth&rae d' Arras, parch, in-fol., n° 184, 

des comte* de Bou- . L i t* i * / i • I» l 

logne. contient une genealogie des comtes de Boulogne , genealogie iabu- 

leuse ainsi que beaucoup d'autres. On y lit qu'Artus, roi de Bre- 
tagne, donna et conc&La quittes et libres k un noble homme 
appel^ Liger, dans le comt6 de Boulogne, Amiens, T6rouane et 
Tournay. Ce Liger fut le premier comte de Boulogne, nommde aiors 
Hautemure. J'abrige cette g£n£alogie dans le tableau suivant 4 : 

1 Fromundum, principem Brudegalensem ; la traduction publiee par M. De Fortia , et que 
nous avons employee, t. I CT , p. 87, note sur le v. 2122, rend Brudegalensem par de 
Bruges ! Cette faute s'est glissee dans la table generate , I , SOI • 

2 Brudegalensibus , encore meme erreur dans la traduction , comme s'il y avait Brugensi- 
bus. 

3 Jacques de Guyse, VIII, 268 , 271 , 274 ; IX , 87, 225 , 227, 229, 288. 

4 Mone, Anzeiger, 1885, 846-48. 



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INTRODUCTION. cclxix 

LIGER. 




qui acquit la Flandre et la Normandie. 
DERROS. 



FC7MER. 

WULBERT 

epousa Dud*. 



WLMARUS, WULMARUS, 

moine de Hautmont. comte de Boulogne, au temps da roi Oagobert. 



OTUEL ou OTVEL. 

FROMOND, LI POEST18, Fromond-le-Poeslis. 

qui tint Boulogne et Lens et d' autre* lerres. C'est le hlros de roman. 

FROMOND1N. 

ATE8 , 

nn des dome pairs de France au temps de Charlemagne. 

OTTON, 

qui prit le traitre Ganelon. Ganelon. 

HELGOS, 

fondatcur de Montreuil et de l'abbayc de S*-Sauve; il epousa Seissa , fille du due de Frise 

BERTHE FLORENTIN. 

epousa Ebnbkin, neveu de Baudouio, comte de Flandre. C'est 

en ce temps qu'lsembart et Gormont (vojrez p. vm) vin- Isembart et Gormont. 

r«nt daos ce pays. Ernekin fut remplace par le comte 



RENIER. 



OUT A LE' BLANKS BABBB. 
II laissa trois fils et deux lilies. 

8AUDOUIN 

Epousa Ala de Gand. 

EUBTACHE a l'okl. 

_ ii^^^i ^m 

EUSTACHE as qbehors 

epousa Ide, fille du Cbevalier au Cygne ( voyei p. xXXiv). l« cbevalier au Cygnc 

OODEFROID DE BOUILLON, EUSTACHE, BAUDOUIN. 



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des Lorrains. 



ccixx INTRODUCTION. 

oractere d. ivpop^e Nous l'avons deijk dit *, le Toman de Garin est one des plus an- 
ciennes traditions h&roiques du moyen age. Si la redaction de Jean 
de Flagy semble appartenir au commencement du XIII e si&cle, et 
s'il n'a pu sesoustraire aux impressions qu'il recevait de son temps, 
il est visible qu'il a repr&ente des moeurs et des passions d'une 
6poque bien ant&ieure. Comme dans les plus anciennes composi- 
tions £piques, il r&gne dans son oeuyre line simplicity imposante , 
unie k beaucoup de mouvement et d'int6r£t. Pas une seule fois il n'a 
eu recours au merveilleux; Ik point de g£anSj de nains, de fees, 
point d'armes enchant£es : c'est dans le jeu des caract&res qu'est 
tout l'artifice du po&me, et ces caract&res sont aussi 6nergiques que 
varies. Le g&rie s6v6re des Francs d'Austrasie delate d'un bout k 
l'autre : on croirait qu'une grande pens£e politique a donn£, d&s 
le principe, l'exclusion aux fictions ordinaires des po&tes. 

Lorsque Pepin 6tait sur le trone , il y avait encore des hommes, et 
surtout la race d6sh&rit6e, qui osaient dire : 

Ma ce mandi Pepin ? 
II n'est pas rois , bien le set-on de fi , 
Karles, ses pAres a grant tort l'a lolli. 

Et les soutiens du nouvel ordre de choses > comme on dit aujour- 
d'hui , r£pondaient bravement : 

Vous i avei menti. 

Apr6s cela le sang de couler 2 . 

Sous des 6y6nemens auxquels on attribue d'autres causes , il est 
done impossible de ne pas reconnaitre les derniers efforts d'une 
dynastie vaincue , contre une dynastie triomphante , et ces haines 

1 I , CCLVI. 

2 Garin le Loherain, ed. de M, P. Paris , 1 , 213, 



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INTRODUCTION. cclxxi 

profondeset terribles qui survivent k la decision supreme du succ&s. 

Le roman de Garin met aux prises la race de Pepin et celle de 
M6rovee. Ges dues d'Aquitaine , que les historiens traitent assez mal , 
parce qu'ils avaient Pinsolence de s'insurger contre le pouvoir nou- 
veau, Eudes, Hunold, Waiffre, 6taient les h&ritiers de la maison 
des M&royingiens, et, en consequence, ils protestaient les armes k la 
main contre Pepin et ses successeurs. Fromond et les Gascons sont 
la personnification po£tique du parti de la 16gitimit6 dans ces 
si£cles£loign£s, tandis que Garin et sa famille repr&sentent les ad- 
herens de Pepin > Baudouin les Frisons, Bernard deNaisil le maire 
du palais de Bourgogne. 

Cette rivalit6, peinte avec des couleurs pleines de vivacity est Le roman de 0.™ eu 

• _-,, . | — v . A une transformation 

une transformation du sujet des Nibelungen . Des deux cot6s c est **wM«*g*»> 
au merveilleux pr6s, du peut-^tre en partie aux demi&res redactions, 
la m£me grandeur de caractire , la m£me apret6 de moeurs, la meme 

1 Depuis que Bodmer, en 1757, a donne un fragment des Nibelungen, et que la premiere 
edition complete a paru en 1782 , par les soins de C. H. Myller, ce poeme, objet de travaux 
oonstans a exerce la critique et l'erudition des ecrivains les plus recommandables , tels 
que MM. J. Peringskidld , le baron Fr. H. Yon der Hagen, Aug. Zeune, Jul. Leichtlen, 
Ch. Lachmann, le baron J. Yon Lassberg, 0. F. H. Schoenhuth, J. Gust. Buesching, 
C. F. L. Arndt, C. Besseld, P. Von Cornelius, E. P. G. Gtesecke, C. W. Goettling , Fr. baron 
de Reden, Cb. Rosenkranz, A. W. Von Scblegel , J. A. Wendel, etc. — M. Mone n'a cesse 
d'y revenir dans la plupart de ses publications ; MM. Ch. Simrok , Jos. Von Hinsberg et 
H. Von Rebenstock, ont traduit ce poeme en allemand moderne, MM. F. R. Hermann, 
J. W. Muller et Ernest Raupacb , en ont tire* des sujets de drame. La France ne connatt 
pas encore bien cette ceuvre immense, du moins dans sa propre langue, cependant 
M. J. H. Schnitzler a insere une analyse fidele des Nibelungen, dans la Nouvelle revue genna- 
nique, Paris, 1880, t. Y, pp. 1-26, 101-135. Les admirables Etudes historiques de M. De 
Chateaubriand contiennent une notice sur le meme sujet , par M. De Bunsen, ambassadeur 
de Prusse a Rome, ed. de Bruxelles, 1831 , in-18, II, 419-424. Voy. en outre Saint-Marc 
Girardin , Notices polit. et litt., fragment des Nibelungen , II , 217-248 ; cet ecrivain a promis 
une traduction complete des Nibelungen. On annonce tout recemment : Les Niebelungen 
(Nibelungen), ou les Bourguignons chez Attila, poeme traduit de l'ancien idiome teuton , 
par M M Charles Moreau de la Meltiere, institu trice en Russie , public par M. Francis Riaux ; 
Paris , 1837, 2 vol. in-8°, ensemble de 884 pp. 



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cclxxh INTRODUCTION. 

alliance des emportemens les plus iteroces et de la g£n£rosit6 la plus 
noble. Pepin et sa femme Blanchefleur ne sont pas sans analogie 
avec Etzel ou Attila; et Ehriemhilt, Garin etB£gues, retracent 
Siegfried ; le second , dont le nom Bikes ou Bicco, peut 6tre consi- 
d6r6 comme une abr^yiation de Sibicho ou Sibich, et se rapproche 
par consequent de celui de Sigfried, Siegfried, Sigfrid, meurt 
comme ce dernier k la chasse. Si Metz a donn£ naissance k Garin , 
elle a vu naltre Ortwein, un des d£fenseurs de Gunther, roi de 
Bourgogne. EnfinFromond, ceguerrier ambitieux et impi toy able, 
mais toujours grand et loyal , Fromond, moins brillant et plus 
reftechi que B&gues, ne peut-il pas 6tre compart k Hagen von 
Troneg? Si Ton voulait pousser plus loin le parall&le , on trouverait 
de m£me , sans trop de difficult^ et sans 6tre dupe de cette esp£ce 
de mirage produit par la manie des similitudes , despendansau mar- 
grave Rudiger , k Dankwart, fr6re de Hagen , k Dietrich von Berne 
ou Theodoric, et aux autres h&ros de la grande 6pop£e allemande \ 

source, indies P ir L'auteur de la redaction qui nous reste pretend avoir puis6 dans 
le tr&or de P^giise cath&lrale de Cologne. Les romans karolingiens 
sont annonc£s ordinairement comme travaill£s d'apr£s les rensei- 
gnemens conserves iS'-Denis 2 . Ici la fable se fait originaire des 
contr£es voisines du Bas-Rhin , qui sont aussi le berceau de la 
po£sie allemande. Les vers suivans manquent dans P&lition de 

m. Mone. M. P. Pftris : nous les empruntons k M. Mone : 

Si come j'ai apris; 
Huimais commence no chansons a venir, 

1 F. J. Mone, Untersuohungen *ur Ge$chichte der teutschen Heldensage, p. 198. 

2 Dans Fedition de M. P. Paris , p. 51 , il y a une note sur ce vers : 

Si com la bible le nous tesmoigoe et dit. 

La voici : « La bible, c'est le grant livre as istoires, cit£ par Adenez an commencement de 
Berte aus grans pie's, et que Ton conservait a St-Denis. » II faut lire a Cologne, d'aprds les 
vers qu on va transcrire. 



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INTRODUCTION. cclmiii 

Grans et pleniere, qui bien fait a oir. 

Ciljongliour, qui vont par lepais, 

N y en sevent riens, certains e sui (en sui) et fins, 

Lestoire en ont corroute des biaus dis , 

Et lor menpoigne et ajousti et mis : 

Mais or porrls le droite estoire oir, 

Si con ele est a Coloigne en escrit 

Dedens le rolle Saint Biniit, 

En un trisor de la grant glue est mis. 
La le fist metre li bons vassaus Gerins , 
Li gentius dus anpois qu'il feus sist 1 $ 
Si con la guerre comme^a par estrif , 
Qui dure encore , n'onques puis ne prist fin , 
Et d'oir en oir le covient rafreschir, 
Apr£s les pires le reprisent li fil 2 . 

Ces vers, qui suivent la description de Penterrement de B£gues, 
sont remarquables sous plus d'un rapport. D'abord ils attestent que 
la 16gende des Lorrains 6tait change journellement par les jon- 
gleurs, et que, suiyant leur habitude, ils y m£laient des details 
strangers k la tradition ancienne. Ensuite ils indiquent la source LWettrprimaifduro. 
consults pr6tendument par le po&te. Nous avons all£gu£ plus d'un ™tr«ien. 
exemple ou ces indications paraissent tout-&-fait gratuites; mais en 
supposant cependant que celle-ci f At encore aussi peu fondle , elle 
tendrait k faire augurer que le po&te ou 16gendaire primitif appar- 
tenait k PAustrasie. Cela se confirme par toute la lecture du po&me ; 
un partisan de la famille de Pepin s'y r£y61e k chaque instant : 

Devant Henri nous a Girart occis. 

Dus c'a la gait ont les nos enbatus. 
Qui de no gent nos fait mult gran train. 

i Qu'il flHdtfunt. 

2 None, Untersuchungen,etc.,t>. 193. 

Tom. II. kk 



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ccixxiv INTRODUCTION. 

Lei gens Huon no* ont arriire mil. 
Pon$on de VLts no* a par lere mil. 

Si la Nouvelle bibliothdque historique de la France avait ren- 
contre juste , Adenez serait Pauteur du roman de Garin , car, disent 
les r&lacteurs de cet ouTrage , on trouve commun£ment dans ses 
romans les m£mes termes et les m£mes expressions ! . 

M. Mone a remarqu£ plus justement que presque tous les noms 
dans ce po6me sont allemands : Garin, Werin, B&gues, Bicke, 
Godaires, Gothart, Hardr6s, Hartrat, Foukart , JVolfhart, Renaut, 
Reinholt, Amauri, Amalrich, Alori, Alarich, Bouchars, Burhhart, 
Fouquerres, Volker, Savaris, Siegfried, Li&ris , Liederich, Beraus, 
Beralty Gamier, Wernher, etc. 
ADdenne vogue <u< II est maintenant prouv6 k P^vidence que P6pop£e des Nihe- 

Nibelungen en Bel- r • . 

m**' lungen a eu jadis une grande vogue en Belgique , puisque Pon en 

avait fait m^me une traduction flamande, dont M. Serrure a com- 
munique un fragment heureusement retrouv^, au savant £diteur 
des Anzeigerfur Kunde der teutschen Vorzeit *. Un autre fragment 
dont ML Hoffmann a r£p&£ une partie, parut en 1830, dans un 
ouvrage different de M. Mone \ Et ne sont-ce pas les Nibelungen 
que pretend designer Maerlant, dans ce passage de son Alexan- 
dr&de, apr&s avoir parl£ de Walewin et d'Artus : 

EtteU (Etsel, AftUa) orloghe Tan den Hunen 
En mochte hier jeghen niet ghestunen, etc. 

Le Wichmann, premier comte de Gand, qui re$ut en fief le 
pays d'Alost, 6tait de la race saxonne des Billung , nom dont 

1 N" 16170. 

2 1885,191-193. 

3 Quellen und Fonchungen zur Gesch. der teuUch. Literal., I, 148-154; Harm Beigicm, 
1,96. 



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INTRODUCTION. 



CCLMT 



I'analogie avec celui de Nihelung , n'a pas encore 6t6 femarqu^e. 

Est— il done 6tonnant qu'un po&te austrasien ait imit6 des chants 
populaires en Austrasie, et qui en retra$aient les locality et I'his- 
toire, un po&me oil le mot Niderland, du moins dans la redaction 
du XII e ou du XIII e si&cle, est si souvent trac6, oil Ton reeonnait 
k chaque page, Siegbert {Sigisbert) , Guntran, Brunehaut, ces 
h£ros de nos primitives annates? jamais, il me semble, limitation 
n'a 6t6 mieux justiftee. 

L'£pop£e des Lorrains jouit £galement d'une grande c6!6brit£; la 
preuve , e'est que les manuscrits offrent la trace des divers dialectes 
de la langue d'oil; Champagne , Lorraine , Picardie, Normandie, 
He de France , Belgique. Or, comme le dit M. Paris , passer d'un 
dialecte dans un autre , c'£tait autrefois un honneur comparable k 
celui d'une traduction faite aujourd'hui en anglais , en allemand ou 
en espagnol. 

Autre argument non moins fort en faveur de la popularity du 
sujet : nonnseulement les manuscrits different sous le rapport du 
dialecte , mais encore sous celui du fond ; on ajoute, on retranche , 
on modifie; chaque rapsode veut s'approprier ces chants, qu'on 
Icoutait avec tant de plaisir, ou les modifier suivant le goAt de son 
public et sa mani&re individuelle de sentir. Les textes publics 
par M. Paris l > compares avec les fragmens qu'ont fait imprimer 



1 Voici un passage qui n'est pas inutile pour fixer la date du texte de M. P. Paris, 

(Fromons) manda. . . . 



Eobert de Boves , Anjoranl de Couci, 
Thomas de Marie etle prou Sa?ari. 



Thomas de Marie, de la maison de Coucy, mourut vers Fan 11S0. Enguerrand II de 
Coucy , son successeur, vivait en 1147, et Robert de Bores, son second fils , termina sa vie 



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cclxxvi INTRODUCTION. 

MM. Amaury-Duval , Mone 1 et Fr. Michel , pr&entent les dissem- 
blances les plus frappantes, les variantes les plus curieuses,dont 
l'ing&iieux 6diteur, mieux qu'un autre, aurait pu faire son profit , 
s'il n'ayait craint peut-6tre de se salir , aux yeux de ses compa- 
triotes, de toute cette poussi&re de manuscrits. 
came, qui mirent fin Pourtant on eut beau multiplier les copies du Garin, on eut beau 

a cette celebrite. . _« # 

raccommoder aux temps , aux heux, aux personnes, d autres sujets 
s'empar&rent de la sympathie g6n6rale; Charlemagne, Artus et 
leurs paladins, £clips£rent bientot tous les autres h6ros : autour 
d'eux naissaient les prodiges ; une ayenture 6tait li6e k une autre ; 
c'^tait une chaine continue de hauts faits et de miracles, de m£me 
qu'une famille de guerriers valeureux, de chatelaines au vis cler. 
Les Lorrains ne relevaient pas de la donn6e fondamentale de ces 
chants k la mode; d'une origine plus ancienne, ils subsistaient par 
eux-m6mes , et cet isolement leur fit tort. En outre les po&mes qui 
leur £taient consacr£s ne caressaient pas assez le penchant universel 
pour les r^cits extraordinaires ; le ton en 6tait trop severe , la que- 
relle oubli^e des M£rovingiens et des Karolingiens ne pouvait plus 
les r^chauffer, et puis il y avait peut-6tre k la cour des Capets des 
oreilles chatouilleuses qui redoutaient le souvenir d'une resistance 

au siege d'Acre, en 1191 ; Du Chesne, Hist, de la maimm de Coucy, 197, 205, 244. H est 
souvent question de Thomas de Marie dans le roman de Godefroid de Bouillon , MS de la bibl. 
de Bourg., p. ccxu : 

Ly vers Thumas de Marie qui par sod hardemeat 
Le fist as fiers de lance eslever haullemeni. 

et ailleurs. Philippe Mouskes , de son c6te' , en fait mention. 

1 M. Mone s'est servi du MS de la bibl. de Bourgogne , n - 281 (7768), in-fol., parch., 
XIII siecle , et il lui consacre une longue analyse critique , pp. 192-281 • Dans ses Anseiger, 
1835, 335 et suiv., il fait connattre une copie du manuscrit de S'-Germain, n° 1244, 
conservee a Epinal, sous le n° 165, et une copie provenant de l'abbaye de S^Valery-sur- 
Somme, possedee aujourd'hui par M. d'Herbigny; c'est celle dont M. Edw. Le Glay a fait 
usage. Voy. Sanderus, Bibl. MSS Belg., II, pp. 6 et 13, n M 225 et 761* 9 Barrois, Bibl. 
protyp., 172 , 1597-99 , 1661 , 1863 ; Van Praet, Bibl. du Louvre , n° 411. 



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INTRODUCTION. cclxxvii 

d&esp£r£e contre une autorite que plusieurs taxaient d'usurpation. 

Au XII e et au XIII e sifecle , politiquement et po£tiquement par- 
lant, les Lorrains 6taient des strangers. Les chantres de Guiteclin 
de Sassoigne > de Girars de Vienne et de Jourdain de Blave y 
Font d£clar6 : il n'y avait en France que trots gestes, c'est-i-dire 
trois families h&roiques, celle de Charlemagne , de Garin de Mont- 
glave et de Doon de Mayence l . 

Gependant les metteurs en oeuyre du suiet des Lorrains ont tach£ *wofu de u &** 

* O de Garin avec d au- 

de le rattacher, par quelques en droits , aux chansons les plus de- *****&***•• 
mand£es. Letextede M. P. Paris, quoiqu'il soit celui qui pr&sente 
le moins de ces reclames, si je puis m'exprimer ainsi, n'en est pas 
cependant totalement d^pourvu . 

Ainsi parmi ces personnages , il en est qui jouent un role ailleurs; 
par exemple Aubri le Bourguignon, Thierri d'Ardenne, Richard 
de Normandie, Salomon de Bretagne, Hunaut de Nantes, appel£ 
Hoiaus par Ph. Mouskes et dans le texte de M. Mone, etc. Dans un 
passage , il y a une allusion classique k la mort d'Achille sous les 
rnurs de Troie (!); mais des manuscrits portent Cltarles et Girars, 
au lieu d'Achille % ce qui rappelle des chansons ant£rieures. VoilA 
m£me P6p6e Floberge qui brille entre les mains du brave comte vt V ie noberge ou 
B&gues de B61in : 

Geinte a Floberge la clere au pong d'ormier 3 . 
B4gues s'arma, un blanc haubert vesti , 
Et lasce un helme a un cercle bruni ; 
S'esple tint la belle Biatris, 
Ce fu Floberge , la belle au pont d'orfin 4 . 

Valparfunde semble 6tre la m£me chose que Valfunde de la 

1 F'oy. le chapitre de Jourdain de Blace ou de Blaie. 

* Ed. deM. Para, I, 107. 

* 1 , 26S. 

* Ibid., 11,94. 



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CCLXXYIU 



INTRODUCTION. 



Artuj. 



Froberge. 



Chanson de Roland. Mais le premier, que Ton place en Sayoie, ne 
peut 6tre le chatel dont le sarrasin Blancardin 6tait sire. 

Si les souvenirs, les rappels, les allusions de ce genre, ser6dui- 
sent k peu de chose dans la le^on adoptee par M. Paris , les autres , 
peut-£tre plus modernes, n'ont pas ce caractdre de parcimonie. En 
voici la preuve. 

Le trouv&re glisse le grand nom d'Artus dans ses yen : 

La soie grasse nos taura molt petit , 
Con as Bretons , qui disirent toe dis 
Le roi Artu, qui du siicle est partis 1 . 

Attente pass£e en proverbe, et qui a fait dire k Bertrand de Born ; 

Car lor Artue demandon fre? ol men 2 . 
Nouvelle mention de Froberge : 

Froberge pent a la sele d'orfin , 
£alnte une autre qui de Coloigne Tint \ 



Gerard de Routsillon. 



Allusion k Gerard de Roussillon : 

D6s icele eure, que dans G6rars fali 
De Rousillon, qui tant par fu hardis, 
Qui vers Hartel tante mellie fist, 
Ne fu mais si li si&cles apovris 4 . 

Retour sur les Saga de Roncevaux et de la conqu&te de l'Espagne ; 

1 Mone, Untereuchungen , p. 211. 

2 Raynouard, Choix de poMes orig. dee troub., IV, 161. 

3 Mone, Untereuchungen, p. 217. 

4 Ibid., 241. Voy. pr&edemment 1'article de Gerard de Roussillon , ou Ton decrit un 
manuscrit relatif & Garin , &rit au XV° siecle , par David Aubert. 



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INTRODUCTION. ccmxix 

Pteron d'Artois 



De Rains cevau* escapa-il jadis 

De le bataille A Rolans fu trais ; 

Si fu od Karle quant Espagne conquut >. 



Quoique ceux qui agissent dans le roman des Lorrains appar- 
tiennent k un cycle A part, il en est quelques-uns, on vient dele 
remarquer, qui obtiennent une mention dans d'autres syst^mes de 
l£gendes. Le roman d y Antilles et dAmis 2 se r^ffere k celui de Garin, aomm fAmm* a 
dans ce passage : 

Et Fromont de Bordiaux, quy pas n'ot coer I6al, 
Mais en bataille estoit un moult hardy vassal. 

I/auteur de la chronique de la biblioth^que royale de Paris, 
n° 10307-5, lequel 6tait probablement Viennois, dit, fol. 25 : 
<c Et fit pais de Gerhert et de Gerin et de Froumont, puis s'en torna 
3) Pepin en France. » 

Enfin Adenez qui,s'il n'6tait pas n6 en Brabant, y passa une 
parti e de sa vie , rappelle les guerres de Pepin et de Fromont : 

A Fromont orenl guerre qu'avez 61 conler 
Dont il convint de cors mainte ame dessivrer, 
Maint chastel, mainte tour a terre craventer; 
S'en convint a Pepin mainte paine endurer. 

(Bert* aus grans pie's , p. 7.) 

Nouvelle preuve qu'on chantait la 16gende des Lorrains avant 
Adenez. 

C'est surtout pour la Belgique que cette chanson de geste a de inter* de i.%« des 
Fint6r6t. Gautier-POrphelin , comte de Hainaut , Hugues de Cam- z*™ P 

1 Fr. Michel, Chanson de Roland, p. 205. 

2 Notice par M. Mone, d'apris le MS d' Arras, n° 696 (U dec, 1465) ; Anvxiger, 1836 , 
353-458. Cette notice est suivie de recherches precieuses sur la legende d'Amilles et d'Amis. 



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cclmx INTRODUCTION. 

brai, Gerard de Li£ge l , Baudouin-le-Flamand , de Luceborc li fis 
au due Gaudirty les Avalois (les habitans du Niderlant des Nibe- 
lungen), les Braban$ons , les bords de la Lys, de la Meuse et du 
Rhin, tels sont les hommes et les lieux qu'on y rencontre souvent. 
Cest dans les bois de Vicogne, sous Valenciennes, que B£gues 
trouve la mort 2 . 

Ph. Mouskes, qui avait une grande literature romanci&re, fut 
sans doute frapp£ de ces rapports , quoique sa chronique, con$ue 
dans Pesprit synth&ique du moyen Age , embrasse toute la terre , au 
lieu d'un seul pays. 

Pour conclusion le roman de Garin est un remaniement des Ni- 
belungen, par un po&te austrasien. 



$ in. 

DE LA GRAMMA1RE ET DE LA. VERSIFICATION DE PHILIPPE MOUSKES. ENCORE 

DE LA LANGUE FRANCHISE EN BELGIQFE. TRAVAUX PHILOLOGIQTJES. 

QUELQUES MOTS SUR CETTE EDITION. 

Nous avons cherch6 a r&mir tous les £claircissemens que deman- 
dait , quant au fonds , notre auteur , et peut-6tre , tout en laissant k 
d&irer sur ce point , jugera-t>-on que nous avons parcouru un 
champ trop vaste. Nous n'avons plus que peu de temps et d'espace 
k accorder k Pexamen de la forme, dont nous nous sommes ddjA 

1 Ce fils de la quatrieme fille d'Hervis , due de Metz , n'est point place* par Fhistoire parmi 
les ev^ques de Liege. 

2 M. Le Roux de Lincy a fait une ingfoieuse analyse du roman de Garin ; il est bon de la 
comparer avec celle de M. Mone, ou eclate autant de penetration que de savoir. 



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INTRODUCTION. cclxxxi 

occup£ dans les notes sur le texte et m£me dans l'introduction du 
premier volume. 

Nousle r6p6tons, Ph. Mouskes n'a point de style *; comme pres- ph. Mouskes iugecom- 
que tous ceux qui ont mis Phistoire en vers, il 6crit d'une maniere 
lonrde, monotone; sa chronique, en bien des endroits, rappelle la 
gazette rim6e de Loret , et si nous avons dit qu'on d6eouvrirait 
facilement dans son ouvrage quelques lignes comparables aux 
beaut£s des classiques surann&s 2 , ce n'a 6t6 qu'une ironie dont 
nous regretterions qu'on n'eut pas saisi Pintention. Nous ne vou- 
lions que d6sapprouver les critiques qui font semblant d'admirer ce 
qu'ils ne sauraient lire, et de d£couvrir des perfections sublimes 
dans les passages les plus vulgaires. 

Mais , nul sous le rapport po^tique , le travail de Ph. Mouskes, 
k chaque instant cit6 par Du Cange , est , nous le redirons, pr6cieux 
comme repertoire de phrases et de mots. II montre P6tat gramma- 
tical de la langue fran^aise , sinon Fart d'6crire en Belgique au 
XIH e stecle 3 . 

En quoi cette langue diflterait-elle de la langue parl^e dans les 
autres provinces d'oil? en rien d'essentiel, malgr6 ses vari£t£s. 
C'est le roman picard ou le contact de l'idiome tudesque n'intro- 
duit pas de modifications fondamentales. 

Ce roman, comme nous l'avons dit, n'est qu'un produit de la 
langue latine abatardie, m&\6e aux idiomes nationaux et aux Ian- 
gues germaniques. 

1 On y rencontre cependant par-ci par-la quelques traits beureux. Celui-ci a de la grandeur : 

La terre fa pis en cest an, 

Qnar li vieus Quesnes estoit mora. 

Ce passage , dit M. P. Paris , Taut la plus pompeuse oraison funebre. Romancer o, 78. 

Et quand Ferrand de Portugal tombe entre les mains de ses ennemis, les Francais, dit l'auteur, 

Ferrant ontpris et son orguel. (v. 21803.) 

* T. I, p. ccxxxn. 

3 Parmi les jugemens sur Pb. Mouskes que nous avons rapportes, nous avons omis eelui 
deGoujet. Voy. de plus Rev, fran^aise, 1837, III, 275, la Quotidienne, oct. 1886, etc. 
Tom. II. « 



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cclxxxii INTRODUCTION. 

AiMienoeUdeuuogtic M. Raynouard pense avec raison que la langue romane eiait 

romane. *■% 

parl6e ayant les sermens de 842, car elle n'a pu naitre inopin£ment 
au moment oil ces sermens ont ete prononc6s. Tout le monde 
conviendra de ce fait l ; Dom Liron , cherchant une date precise , 
pla^ait l'enfantement de la langue romane sous Charles-Martel \ 
QaMD>«p.iead.Di Mais on pourra contester ce qu'ajoute Tillustre acad&nicien. II 

lc principe une Ian- ... ■> . 

frunifomc 6 uoique aTance y en ®ftet, comme une proposition inattaquable , que le 
roman primitif £tait parl£ uniform£ment dans le Nord , en France , 
ainsi que dans une grande partie de l'ltalie et de l'Espagne, et que 
ce n'est que quand la division de l'empire isola tous ces peuples , 
que cette langue , d'abord une et g£n.6rale, se partagea en divers 
dialectes. 

Comment eomprendre que le latin se soit alt£r6 uniform&nent 
dans des contr£es si Vendues et oil vivaient tant de populations 
distinctes? Comment Funite, qui est le dernier degr6 du perfection- 
nement , aurait-elle pu apparaftre d'abord au sein d'une corrup- 
tion grossi&re? Comment des regies auraient-elles pr£sid£ k des 
changemens $pontan£s ? PTest-il pas plus naturel de croire que le 
roman aura pr£sent£ d6s le principe des caract&res en harmonie 
avec les habitudes et l'organisation des races et des peuples , qu'en 
un mot il n'aura pas &6 au Nord ce qu'il 6tait au Midi , en Espagne 
et en Italie , ce qu'il se montrait en France ? 

Le roman des trouv&res , sauf quelques nuances l£g&res et d£li- 
cates, offrait en Belgique et en France une physionomie pa- 

1 Depuis que l'impression de notre premier volume a 6te commencce , nous avon$ vu la 
question de la delimitation du roman et du tudesque en Belgique , abordee dans YHistoire de 
la Flandre par M. Warnkoenig, I, 120 ; II, 4, 38, etc.; et dans les Pays-Bos avant et durant la 
domination romaine, par M. A.-G.-B. Schayes, Brux., 1887, 1, 33, 40, 372, etc. 

2 De I'origine de la langue francaise : Dissertation ou Von recherche a quel temps elle a 
commence' a devenir vulgaire; dans les Singularity historiques, I, 103-133, et t. 01, 100. 
Cf. dans le Mercure de 1757, juin , 2° vol., et juillet , Discours histor. sur I'origine de la 
langue francaise 9 par Enlart de Grandval , conseiller au conseil superieur d'Artois. 



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INTRODUCTION. 



CCLX»1II 



reille. Quoique ni sa grammaire ni sa syntaxe ne fussent arr6t£es 
d'une mani^re decisive, qull fut permis aux 6criyains d'exercer sur 
les mots un pouvoir soovent discr&ionnaire , et qu'il n'y eut pas 
plus dans la literature que dans la soci&6 de grand pouvoir central 
imposant k tous l'ordre et Fharmonie , cependant on y d£m£le Pob- 
servation d'un petit nombre de regies que M. Raynouard 1 a de- MM.Baymmwdetcon- 
vin6es, etqu'apr&s lui a expliqu^es M. Von Orell 2 . 
Nous nous bornerons k quelques remarques. 

Prononcultion ras lettres. — Dans le passage du latin au roman Qudque. observation 
nous observons deux choses que nous ne decouvrons pas dans les 
idiomes germaniques , et qui nous semblent proyenir, par conse- 
quent, de Pancienne prononciation celte. 

La premiere c'est le son du c qui devient ch dans quantity de 
mots , comme en italien : 



ckballus . . 


• cueval. 


ckpella. . . 


. cmapelle. 


cklidus . . 


. cnaud. 


ckper . . . 


. cuevreau. 


Cktnelus . . 


. cuatneau. 


ckpillus . . 


. cneveu. 


ckminus. . 


. cnemintie. 


CApUt . . . 


. cnapitre . 


ckmisia . . 


. cnemise. 


ckrbo . . . 


. CBarbon. 


Chupus • • 


. cnamp. 


Ckrdo . . . 


. cnardon. 


ckmcellarius 


. cnancelier. 


ckro .... 


. cnair, etc, 


Ckncer. . • 


. cnancre. 


cktia . . . 


. caarte. 


CAftt* . . . 


. cHten. 


ckrus . . . 


• CHGf*. 


CAHtore . . 


. cnanter. 


cicer. . . . 


. CRtche. 



c&ef. 



Par compensation nous voyons dans Ph. Mouskes, cevalier 

1 Origine et formation de la langue romane, grammaire romane, etc., au premier vol. du 
Choix despobsies originates dee Troubadours, etc. Examen par M. Daunou , Journal dee Savans, 
nov. 1816, 142-152; juil. 1817. 400*405; oct. 1819, 591-599 ; fev. 1823, 77-92. 

2 AUfranzbeische Grammatik, loorin die Conjugation vorzugsweise beruchsichtigt ist, 
nebst einem Anhang von alten Fabliaux und Contest Zurich, 1880. in-8°. Examen par 
M. Raynouard , Journal des Savans , oct. 1882, 577-585 ; 0. Le Roy, Etudes, etc., 1887, in-8°. 

* Arthur Dinaux, Les trouveres Cambrtsiens, p. 10, 11 , note. 



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ccwxxiv INTRODUCTION. 

pour chevalier, rice pour riche, et oe mot rime ayec niche; fran- 
rise pour franchise. Nous y trouvons £galement Idcier , que nous 
6crivons Ucher, tr drier , qui est notre tricher, et chitet pour cite. 
La seconde, Ys qui, devant une consonne, devient es ou 4: 

scabellutn. . • iscabeau. scola . 9 . . . tco/e. spatha . . . • tf»&. 

sca/a tchelle. scopulus . . . teueil. spes tspoir. 

scapha. . • . v&quif. scrinium. . . tcrin. stabilire . . • ttablir, etc. 

Cette maniere de prononcer le c et P* est commune encore au- 
jourd'hui k plusieurs de nos patois \ tandis que dans d'autres 
occasions le son du ch est remplac£ par celui du A ; klokbtes, 
kesne , etc. 

Une forme qui leur est £galement propre , c'est l'addition d'un i 
devant e ? ou sa substitution k la lettre e: 

Apielerent . . appeUrenU Bieste . . . . bite. Logiet .... logS. 

Apiert. . . . appert. Entiere' . • . enterrt, etc. Pierdue . . . perdue. 

BiautS. . . • beautt. Fieste . . . . /&e. Tiesmougne . tSmoigne. 

On remarque encore dans Ph. Mouskes , mais non pas constant- 
ment : 

1° La diphthongue ou substitute k o : 

Covmugne commune. 

Courovnes couronnes. 

Provmetre protnettre. 

Riovtne roykume. 

Roumains Romains. 

1 Joindre a nos indications sur les patois, t. I, p. err, note 8 : SeT>. Bottin : Melange* sur 
les languesy dialectes et patois, renfermant entre autre* une collection de versions de la parabole 
de V enfant prodigue, en cent idiomes ou patois differens, presque tons de France; Paris, 1881, 
in-8°. — M. Marchal, de l'acad. royale de Bruxelles , a cherche* a 4tablir dans un memoire 
que la langue celtique subsiste encore dans nos patois, Mercure beige, VI, 468, 528; VII, 280. 
Sur le caract&re du walloa on lira des observations pleines de sens et d'originalite* dans les 
Voyages d 9 Alfred Nicolas de M. le conseiller Grandgagnage. 



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INTRODUCTION. cclxmv 

R&nproquement, substitution de Yo k la diphthongue ou : 

Bors • bourgs. 

Corir • cocrir. 

Docetnent dwcement. 

2° E pour at: 

Fit fiat. 

TrtX trAXt. 

Pitt plAlt. 

3° Ai pour e : 

Lkitre httre. 

M kit re mtttre. 

Valsxt valtt. 

Violsite . . 4 violate. 

4° Le g avec le son du^, sans tidiller, comme dit ML Lemare , 
prononciation qui subsistait du temps de Rabelais : 

Grigois gregeois. 

Goxr r6jouir. 

On pronon$ait sans doute dans quelques provinces ejo pour ego, 
d'ou jo etje. Les Allemands prononcent encore aujourd'hui quel- 
quefois vijuisset pour viguisset. 

5° Les deux s ou Ys employes indiffforemment comme en latin 
causa ou caussa, etc. : 

Dissoit et disoii. 
Frisson et frison. 
Lissant et lisant. 
Passer et pcuer. 
Traisson et trauon. 

6° Un pour I'm, con pour com. 
7° Le k pour c ou q u : 

Ki, he, donkes. 

Le q pour qu ou c ; 

Qant, qar; 



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ccixxxvi INTRODUCTION. 

preuve en faveur des partisans de kiskis et de hamkam. Ramus 
avait tort, il ne fallait pourtant pas l'assassiner. 

Pronohs reiatifs , le, la > pour celui, celle. 

CoBiPARATiF. JUeilor de It, meilleur que lui, tournure conserv^e 
dans la langue italienne. 

Trop plus, plus, expression long-temps fran^aise; ondisait aussi 
plus asses ou asses plus : 

En un Yr6gi6 foot une tour 
Assis plus blanche d'une flour. 

(B. A. Kellbb , Li romans tUs sept sages, p. 15.) 

Sujet et regime. La rfegle retrouv^e par M. Raynouard, par la- 
quelle le sujet prend au singulier Ys qui se retranche au regime , 
tandis que le contraire a lieu au pluriel , est une des plus uniyer- 
selles % et il est rare qu'on l'enfreigne, k moins que les besoins de la 
rime ou de la mesure ne se fassent sentir. Lorsque le sujet est com- 
plexe , il arrive que Ys n'est mis qu'A l'un des mots qui le composent ; 
quelquefois, cependant, la rdgle est viol6e, mais peut-dtre par in- 
curie ou negligence. 

V. 18460. Godefrois, frire a! roi Estase, 
En fu sire 

Le sujet est ici complexe. Determine dans Godefroid , il prend Ys, 
mais il ne Fa point dans frere > ni dans sire. Au premier cas la me- 
sure le demandait; mais ce retranchement est inutile au second. 

V. 12197. Frire Guibort pour voir estoit. 

La rfegle demande frbres qui n'est pourtant point dans le ma- 
nuscrit. 

Ces exceptions, qu'on veuille bien le remarquer de nouyeau, 

1 Foy. v. 620. 



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INTRODUCTION. cclxxxyii 

sont rares, et s'expliquent, suivant nous, par les motifs que nous 
avons all£gu£s. 

VERBES. — Present ds Vindicatif. 

Singulier, 1 M pers. Ob ose. 

Commant command*. 

Cone compte. 

Quic quide. 

Tienc* tiens. 

8 e pers. Dont donne. 

Pluriel, lepers. Avomes * avons. 

Criomes croyons. 

Vivomes vivons. 

Prtte'rit des verbes en in. 

Pluriel , 8* pers. Aprisent apprirent. 

Fisent firent. 

Ocisent occirent. 

Prisent prireot. 

Requisent requirent. 

Futur. M. Raynouard le fait d6mer de Pinfinitif roman, auquel 
on aurait ajout6 les difF<6rentes personnes du present de Pindicatif 
de Fauxiliaire avoir. Pie peut-on pas le tirer du futur du subjonctif 
latin comme le conditionnel de Fimparfait : Hahuero {auero, aurai) • 
tenuero (tenro, tenero, tiendrai) ; amavero (amero, aimerai)? Le son 
de Yo en effet deyient souvent e ou ai : odiosus, odieux, onerosus 
on&reux. 

Participes. 

AM (v. 978), all&. 

Detrenciet (v. 5881), de tranche. 

Enteciet (v. 8977), entache\ 

Bstet (v. 1010), <§te\ 

Fourjugiet (v. 5859), condamnes. 

Hierbegiet (v. 1005), heT>erg&. 

Livret (v. 10155), livre*. 

Logiet (v. 67), loges. 

Bahiretet (v. 1074), rctabli. 



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ccixxxym INTRODUCTION. 

Les vers 1406-7 offrent un exemple particulier de ces participes : 

Parquoi aRoume iujugiet 
Et esgardet et otriet. 

M. l'abb£ De La Rue regarde cette orthographe et celle des mots 
chitet (v. 69), citet (v. 1075), pdciet (v. 3070), comme appartenant 
au fran^ais primitif *. Mais elle est loin d'etre toujours suivie par 
Ph. Mouskes, et l'on sent qu'il vivait k une £poque de transition, 
ou la langue prenait de nouvelles formes sans r£pudier ent&rement 
celles dont elle s'6tait servie jusque-14. 

Quant k la versification elle est assez r^gulifere. Si la mesure est 
quelquefois n£glig6e , la faute semble imputable au copiste. Nous 
avons signal^ aussi dans les notes un grand nombre de rimes in- 
completes , du genre de celles qu'on appelle rurales ou en goret. 
L'auteur fait quelquefois un usage heureux de l'enjambement, 
quoique nous ne pr£tendions point le louer comme po6te , malgr6 
les droits attaches k notre quality d'^diteur. 

Ce que nous ajouterions ici ne serait qu'une repetition fasti- 
dieuse d'observations parfaitement exposes par les 6crivains qui 
ont traits de la formation de la langue romane. 
Addition ice qui *m Nous avons essay£ de prouver que cette langue, depuis sa nais- 

ditderbistoiredeU . / , i • , i ,. . , 

jangue fr.nc.ise en sance, a toujours ete cultivee dans notre patne, et qu a certames epo- 
ques elle Pa 6\£ avec 6clat . Aux renseignemens que nous avons rassem- 
bl6s , qu'on nous permette seulement d'en annexer quelques autres. 
v,.. f Yin* et ix. sie- La transplantation de colonies saxonnes en Flandre et en Bra- 
coionie«s«onnes. bant, r6voqu6e en doute par plusieurs savans, a 6\6 d£montr£e par 
M. Warnkcenig; il examine les noms g£ographiques et y trouve 
des preuves de cette assertion. M. Gheldolf , son traducteur, a com- 
ply ce travail dans une note 2 . 

1 Essais historiqueg , I, 267 et suiv. 

2 Histoire de la Flandre, I, 120; II, 88; cf. J.-H. Hoeufft : Taalkundige bijdragen tot de 
nqams-uitgangen van eenige tneest Nederlandsche plaatsen ; Breda , 1816 , in-8°. 



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INTRODUCTION. cclkxi* 

Pr£c£demment des Sufeves avaient 6\6 transports dans la m^me su^e.. 
province. Saint Ouen, auteur du VII e si&cle, r£citant la vie de saint 
Eloi, fait mention des Su6ves parmi les Flamands, les Anversois et 
les Frisons, que ce pr61at convertit k la foi : Flandrenses atque 
Andoverpenses, Frisiones et Suevi et barbari , quique circa maris 
littora degentes... primo eum hostili animo et aversa mente susce- 
perunt; postmodum vero... pars maooima trucis ac barbari populi , 
relictis idolis , conversa est adverum Deum y Christoque subjecta \ 
Saint Eloi fut m£me oblige , pour se faire entendre , de s'associer 
dans le saint minist&re un certain Tituenus, sufrve de naissance : 
Habebat prastera secum plures vernaculos in suo contubernio 
degentes... de quibus.... erat etiam Tituenus, genere suevus.., qui 
postea ad mercedis cumulum pervenit interemptus 2 . II y a plus , les 
annales des guerres des Normands racontent qu'en 880 , ceux-ci 
sortant de la forteresse de Courtrai, qu'ils avaient construite, bat- 
tirent complement les M6napiens et les Su^ves 3 . La consequence 
k tirer de \k pour la delimitation des langues, est palpable. 

Le 26 avril 1770, on lut k Tacad&nie de Bruxelles, un m£moire 
de Paquot, Sur les diff&rentes langues qui ont eu ou quiontcours n.p« h «o%. 
dans les contrdes qui forment aujourdhui les dix-sept provinces 
des Pays-Bas , et la principautd de Li6ge, depuis les temps les 
plus recuUs jusqu a present * . Cette dissertation aurait pu jeter du 
jour sur le sujet qui nous occupe; elle ne s'est malheureusement 
pas retrouv^e. 

La demarcation des langues parlies en Belgique est marquee k 
peu pr£s comme Fa fait M. Raoux, mais avec plus de precision 

1 Recueil des Hist, ft., Ill , 657. 

2 Ibid. p. 554, Warnkcenig, I, 118, note 2. 

3 De gesiis Normannorum , dans Du Chesne, II, 524; Acta SS. Belg., Ill, 2$5, IV, 200; 
De Bast, Recueil dfantiquitts romaines et Gauloises , 169, 170. 

4 M6m. de VAcad^ ancienne serie, t. I, Journal des stances, p. lxi. 

Tom. II. »"» 



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ccxc INTRODUCTION. 

m j. ju.seret. encore , sur la treizteme carte de Y Atlas historique de la Belgique 
ancienne etmoderne (Brux., 1836, in-fol.). A partir de Menin, en 
allant vers Test , la limite Thioise forme une ligne presque droite 
qui est couple perpendiculairement d'Aubel, dans la province de 
Li£ge , k Tornich , dans le Luxembourg. 

Le Messager des sciences et des arts de la Belgique, Grand , 1837, 
2 e livr., pp. 188-200 > contient un M&moire sur la demarcation des 
langues flamande et wallonne dans une partie de la Belgique, 

j.-j.Baep-et. par feu M. J .-J. Raepsaet , r£dig£ en 1807, k la demande de 
M. Faipoult, pr£fet du d£partement de l'Escaut. Ce m£moire est 
sum d'une lettre de M. Raepsaet k M. Dewez , laquelle contient 
de nouveaux £claircissemens. 

un des plus anciens M. Hoffmann de Fallersleben , k son passage par Bruxelles , au 

raonnmens de la Un- _ i»i 

gueromtne. mois d octobre dernier, nous a montre le texte roman dun hymne 
sur sainte Eulalie. II Pa d^couvert dans un manuscrit de l'ancienne 
X* s.ecle. abbaye de S t -Amand , k la biblioth&que publique de Valenciennes. 

Ge manuscrit , qui a servi k Mabillon , et que l'on avait inutilement 
recherche depuis 1692, contient les unes k c6t£ des autres trois 
pieces de la plus grande importance : un cantique de sainte Eulalie 
en latin, un hymne en roman et enfin le fameux chant tudesque, 
ou est c616br6e la victoire remport^e par Louis III, roi des Francs, 
sur les Normands en 883. 

Voici le commencement du morceau en langue romane : 

Buona pulcella fut Eulalia. Bel auret corps, bellexour 1 anima. 

Voldrent laveintre li Do (Deo) inimi. Voldrent la faire diaule 2 servir. 

Elle non eskoltet les mals conselliers. Quelle Do raneiet chi maeot sus en ciel. 

C'est-A-dire en latin littoral et barbare : 



1 Comparatif. 

2 Trissyllabe. 



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INTRODUCTION. ccxci 

Bona puellafuit Eulalia, helium habebat corpus , belliorem animam. 
Voluerwnt Mam habere Mi Deo inimici. Voluerunt Mam facer e diabolo servire. 
Ilia non auscultahat Mom mala consiliarios , quod Ma Deo renunciaret qui 
manet super in coelo. 

Ce qu'il y a de remarquable, c'est que le latin est (Tune main et le 
roman et le tudesque d'une autre. \oi\k done le roman beige pri- 
mitif , tout pr&s du latin qui s'efface , et voisin du tudesque qui doit 
r^agir sur lui. Ce roman ressemble encore beaucoup k celui du midi, 
et certes, par ses formes, il n'est pas post&rieur au X e siecle. II parait 
meme plus ancien que le po^me sur Boece, dont Page n'est pas 
suspect aux yeux de M. Raynouard. Rien, par consequent de plus 
curieux que ce monument, qui sera public bientot tout entier 
par M. Hoffmann. C'est un veritable diamant pour un philologue. 

Le syst£me de versification des trouv&res ne s'y retrouve pas Ancient du m* d e 
moins tout entier; dans les vers de dix syllabes, la suppression de 
la syllabe muette k la ensure est d£j& observ6e, ce qui fait 6vanouir 
l'assertion de Tabb6 De La Rue sur Porigine de cet usage. Parmi ces 
vers, il y en a m£me de douze syllabes, et ce fait d&ruit 1'opinion 
commune relative a Pintroduction de Palexandrin *. 

Le m£me savant a encore d6terr6 k Tournay, dansun manuscrit »i*«icu. 
de M. Dumortier , execute en Belgique au XII e stecle, des gloses ou 
la langue romane se montre sous ses formes primordiales. Ainsi 
on y lit les traductions stiivantes du latin : 

Fuligo suia (suie). 

Ardea hairum (heron). 

Cotuimix quaquila (caille) etc. 2 

Le roman est confondu avec le francique, comme il Pa 6\£ 

1 Bulletin de TAcad. 5 octob. 1887. 

3 Vo\j. la brochure intitulee Elnonensia (decouvertes dans les MSS de S'-Amand) et an- 
noncee par MM. Hoffmann de Fallersleben et Willems. 



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cmcii INTRODUCTION. 

par La Ravalli&re, Imbert et d'autres, dans un monument du 
XII e stecle, c'est-i-dire dans les Annates Parchenses , relte avec 
le deuxteme volume d'une Bible de Tabbaye de Parck, prfes de 
Louvain , portant la date de 1148, et qui a 6\£ emport^e en 
Angleterre. On lit, dans ces Annales : Karolus rex carmina an- 
tiquissima, quibus veterum regum bella et actus canebantur, 
romana vel francica conscripsit lingua, et memoriae mandare 
curavit. II est visible que Pauteur , prenant Charlemagne pour un 
roi de France , s'est imaging qu'il parlait le fran^ais ou le roman. 
C'est en roman que pr^chait vraisemblablement k Ltege, Jean 
je«n d-ABcu. d'Alich ou Dalick , qui se feignala dans cette ville, k la fin du 

XII e stecle , comme orateur sacr£. Ses sermons pour toute l'ann^e , 
et dont le premier texte consistait dans ces paroles du psaume 25 : 
Ad te levavi animam meant, ont pu 6tre r6dig6s cependant en latin , 
suivant la coutume. lis 6taient connus d'Alb£ric de Trois-Fontaines 
qui en fait mention sous l'ann£e 1 196 \ 

Un des trouv&res les plus fcconds du moyen Age, rang6 par M. De 
La Rue entre les pontes Anglo-Normands 2 , quoiqu'il declare lui- 
meme qu'il £tait de Valenciennes, est le pretre et chanoine Herman. 
On lui attribue : 

1° Une Vie de Tobie (1408 vers). 

2° Les Joies de Nostre-Dame (1152). 

3° Les Trois mots de T6v6que de Lincoln (844). 

4° UHistoire de la Madeleine (712). 

5° La Mort de la Sainte-Vierge. 

6° Le Ddbat de v6rit4 et de justice. 

7° UHistoire des Sybilles (2496) ; M. De La Rue pretend que 
Pauteur y travaillait en 1 1 67, quand mourut l'imp&atrice Mathilde. 

1 Foppens , II, 624 ; Hist. litt. de la Fr. 9 XV, 61 1. 

2 Essais hist., II, 270. 



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INTRODUCTION. ccxcm 

8° Un po6me intitule Genesis et d'autres parties de la Bible. 
9° L'Assomption de Nostre-Dame. 

10° Les miracles de Nostre-Dame, dun prestre , dun usurier 
et dune vieille. 

11° La vie de saint Alexis et celle de sainte Agnes. 

12° La passion de Jdsus-Christ , Vhistoire du prioieux sang , 
la vie de saint Sehastien. 

13° VUnicorne ou la Licorne. 

14° La vie de saint Jehan Paulus, etc. 
Mais il est incertain que tous ces ouvrages soient de lui. 

II commence ainsi sa Genesis, le plus 6tendu des ouvrages dont 
il est incontestablement Pauteur : 

Signor, or escot6s , entend£s raa raison : 

Je ne vos dis pas fable ; ue ne vos di can9on : 

Clers sui, povres de sens si sui, moult povres hon , 

N6s sui de Valencienes, Herman m'apiele-on. 

De persone Dex cure ne prend , s'est grande u non ; 

On a sovent grant aise en petite maison ; 

De petite fontainetot son saol boit-on. 

Tot ce di-je pour voir , je suis molt petit hon , 

Ganones sui et prestre par grand Election 1 . 

Nous avons d£j& fait observer que d&s lors il y avait en France des 
gensd'un gout difficile qui condamnaient ce que Ton faisait en pro* 
vince; or, la France proprement dite £tait, k cette £poque, ren- 

* Hist. litt. de la Fr. 9 XVHI , 830-837 ; article de M. Araaury-Du val , Roquefort, De teat 
de la poteie francaise, etc., p. 236, note 1. — M. Arthur Dinaux a omis le prelre Herman dans 
la piquante notice sur les trouveres de la Flandre , qu'il a lue au congr&s de Douai , le 9 sep- 
tembre 1835 (voy. le compte-rendu , pp. 576-888). Ce litterateur, aussi aimable qu'instruit, 
a bien voulu nous indiquer une me'prise dans laquelle nous sommes tombe en suivant aveu- 
glement le respectable Hecart de Valenciennes. Elle consiste & avoir confondu (t. I, p. cliii), 
Jehan de Conde* , le trouv&re , avec Jehan de Conde , le theologien, dont parle Foppens , 
II , 619. 



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mond. 



ccxciv INTRODUCTION. 

ferm£e dans des bornes tr£s-&roites , puisque Pauteur du Roman de 
l c rom.ii de riori- Florimond (fils prcHendu d' Alexandre-le-Grand) , Aym6 de Va- 
rennes ou de CMtillon, qui £crivait dans le Lyonnais, vers Fan 
1 188 ? a soin de se pr&nunir contre ces d6dains : 

Aus Francois jo Toil tant servir. 
Que ma langue lor est sauvage , 
Que jo ai dist en lor langage 
£1 mieuls que je le ai su dire. 
Se ma langue la lor empire 
Por ce ne me client ennui; 
Mils aim ma langue que 1'aulrui. 
Romans ne estoire ne plait 
Au* Fran f ois , se il ne Vont fait. 
N'est merveille , quar el boschage 
Non a si lait oisel salvage 
Que ses nis ne lui soit plus biels 
Que toz le moindre des oisels. 
Et li estre de mon pais 
He sent plus bel a mon avis 
En droit de pris et de onor 
Et de service que H lor. 
Voire est que i a des Frangois 
Et de vilains et de cortois 1 . 

Nous ne voyons pas cependant que la Belgique eut encore 6t6 
frapp£e d'anathfeme k Paris, sous le rapport intellectuel. La cen- 
tralisation litt&aire n'existait pas , et la royaut£ po&ique n'avait 
pas plus d'unit6 que la monarchic f&odale. Mais le XIV e si&cle devait 
enlever k la Belgique son caract6re d'ind£pendance et d'originalit£, 
en fait d'imagination et de style : un grand centre s^tait form6 
ailleurs; les guerres civiles et ext&ieures, en r£duisant au silence 
les m^nestrels et les trouv&res , avaient contribu£ k cette revolution. 

1 Hist. litt. de la Fr., XV, 490. 



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INTRODUCTION. ccxcv 

Nous avons cit£, d'apr&s Garpentier, une charte frangaise de 
Pabbaye d'Honnecourt, de Fan 1 133 \ 

M. Le Glay, dont la critique n'est pas moins prudente qu'3clair6e, 
a fait des Recherches sur les premiers actes publics redigds en fran- xm.siicLE. 
pais 2 . II y 6tablit qu'on r&iigeait des actes en frangais k Courtrai, ciurte. cn un gu <. vu i- 
avant de le faire k Paris, et qu'il n'existe pas en Belgique de diplome 
original en cette langue, ant^rieur k Tann^e 1223; tandis que les 
archives du d£partement du Nord en offrent deux de cette m£me 
ann£e et un de 1221 . Au moment ou son m£moire £tait sous presse , 
il a retrouv6 quelques actes frangais qui portent une date anterieure 
A l'ann£e 1221 , et qui pourraient passer pour des originaux , s'ils 
n'6taient pas d^pourvus d'un caract^re d'authenticit£, la presence 
ou du moins les traces d'un sceau. lis appartiennent aux mois 
d'avril 1219, de mai 1202, et k Fannie 1200. La d&ouverte de 
ces pieces , qui du reste sont vraiment dignes d'appartenir au com- 
mencement du XIII e si&cle, ne d£truit done nullement le droit 
d'ainesse que M. Le Glay accorde provisoirement k la charte de 
Courtrai, de Fan 1221 , par laquelle Jeanne , comtesse de Flandre , 
et Mahaut , dame de Termonde , entrent en arrangement au sujet 
des terres de Termonde et d'Alost. Si Fon se souvient que le plus 
ancien diplome en langue flamande passe pour £tre de Fan 1229 , 
le fran^ais aurait done eu la priority dans nos actes publics. 

Parmi les monumens de notre po^sie , dont nous avons k regretter 
la perte , nous compterons encore les chants en Fhonneur de Jean chanucnihonneurdc 
d'Avesnes, Faln6 des fils de Marguerite de Constantinople. II 6tait 
beau, dit J. De Guyse , qui avait ces chants sous les yeux , spirituel 
et plein de douceur dans son langage , malgr6 la rudesse de ses habi- 

1 I , exxxn. 

2 Deuxieme Edition, Lille, L. Danel, juin 1837, in-8° de 24 pp., avec deux facsimile. La 
premiere edition a ete inseree dans les Mhnoires dela soctite* royale des sciences, de V agricul- 
ture et des arts, de Lille, 



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ccxcvi INTRODUCTION. 

tudes guerri&res. Son corps 6tait robuste , sa taille £16gante. II avait 
toutes les quality qui font un grand prince, son adresse dans les 
joutes et les tournois surpassait celle de tous ses contemporains, et, 
entre toutes ses vertus , il 6tait particuli&rement recommandable par 
sa magnificence et sa g£n£rosit£. Enfin il s'6tait acquis une si grande 
renomm^e, que les m&iestrels avaient compost sur lui une chanson 
oil ils disaient que dans les tournois et dans les joutes , en France , 
en Allemagne , partout oil il allait combattre , il remportait la vicv 
toire et illustrait son nom \ 
chroniquc de i o*tr«- Qu'est devenue enfin la Commune histoire de la seconde destruc* 

▼int. 

tion des dglises de VOstrevant, d'oii Jacques de Guyse tire ce qu'il 
6crit de Rollon 3 ? 

Nous ne pousserons pas plus loin ce petit supplement , heureux 

m a. v.n Ha«dt. d'annoncer que ML A. Van Hasselt a traits avec succ6s la question 
propose, k notre demande , par Tacad^mie royale de Bruxelles ,sur 
Phistoire de la po&ie fran^aise. Son m£moire , qui n'est pas encore 
sous presse, compl&era la demonstration que nous avons esquiss£e. 

m. Barro.s. Cette espice de litt&rature s'aeclimate en Belgiqiie. M. Barrois , 

qui y a fix£ son sdjour, vient de faire imprimer magnifiquement le 

Le$ bibiiophues de roman du Tres-ckevaleureux conte dArtois 2 ; la soci&d des biblio- 
philes de Mons, k laquelle M. R. Chalon communique son z£le et 
nous dirons presque son enthousiasme, a mis au jour, avec la coope- 
ration de son president et de M. Gachet, la jolie chronique de Gilles 

1 A largitate et magnanimitate a cunctis recomtnendabatur in tantum, ut heraldi et his- 
triones cantilenam hanc composuerunt (composuerint) : « In torneamentis et hastiludiis 9 tarn 
in Francia quam Alemannia , ubicunque veniebat, famam, victoriam et honorem cum bravio 
referebat. » Ann ales de J. De Guyse , XIV, 464. 

2 In-4° goth., fig., Paris , Techener, 1887. Ce roman , compose au XV* siecle, a &t& analyse* 
par l'abbe Mercier de Saint-Leger , au t. l m de la BibL des romans , et M. P. Chabaille a porte 
un jugement motive sur 1'edition de M. Barrois, Bull, du Biblioph., publie par Techener, 
avril, 1887, n° 14, pp. 448-446. 

3 IX , 282 et dans ce vol. p. 41 . 



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INTRODUCTION. cfcxcvii 

deGhin *. Cest pour la mime sociiti que M. Fridiric Hennebert, 
archiviste de la ville de Tournay, a 4dit6 , avec un soin bien digne 
d'iloges, les Ritmes et refrains des Tournaisiens y analyses par 
M. Van Hasselt, dans \Ind&pendant (l cr juillet 1837). 

De leur c6t£, les iditeurs de documens historiques ne se sont point 
ralentis. Quand mime PAllemagne n'aurait que MM. Mone et Hoff- 
mann , elle nous rendrait dij& d'iminens services. Mais elle abonde 
en icrivains instruits , qui , mime sans le vouloir, dissipent les tini- 
bres de notre passi. Tels sont M. Laspeyres, iditeur de la loi salique e. A.T.La. P eyrc. 
et de la loi des ripuaires, et M. Medem, archiviste k Stettin , auteur M.Medem. 
des Etudes baltiques. 

La sociiti de l'histoire de France * qui nous a constamment swam de rustou* de 

• n . •>•• France? M ll «Dupont, 

temoigni une sympathie flatteuse, a termini une nouvelle Edition M.Lacabanoe. 
de Grigoire de Tours, Fun des premiers historiens de la Belgique 
ainsi que de la France. Une dame qui riunit k un haut degri le 
savoir au bon gout, a public pour la mime sociiti, le journal de 
Pierre De Fenin, qui se rapporte k la piriode des dues de Bourgogne 
de la maison de Valois. Nous attendons to uj ours avec impatience 
le Froissart de M. La Gabanne. 

Le comity fondi k Paris par M. Guizot ne peut se dispenser de tou- 
cher souvent k nos annales; les relations nicessaires de la France 
et de la Belgique , dans le passi comme dans le present , nous 
ont valu les Negotiations relatives a la succession dEspagne sous 
Louis XTVy accompagnies d'une introduction et d'un texte qui 
relie les documens officiels et les explique , travail du k cette mime 
plume qui peignit avec tant de force et de precision les seines de la 
revolution fran9aise, et auquel est attache le nom de M. Mignet. 
Elles nous ont procuri en outre les M&moires militaires relatifs a 
lam&me succession, par M. le lieutenant-giniral Pelet. u.u general Pdet. 

1 Foy. plus haut p. cxvii. 

Tom. II. nn 



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ccxcvm INTRODUCTION. 

L'Institut historique de Paris , pr&id£ par Pautettr de YHUtoire 
des CroisadeSy seul, abandonn£ k ses propres forces , r£p&e nos 

m. Brun-L.y.inn e . bulletins et encourage nos efforts. M. Brun-Lavainne a tir6 d'un 
manuscrit de la biblioth&jue de Lille, les lois, coutumes et fran- 
chises de cette yille , avec un grand nombre de chartes et de titres 
concernant la Flandre. 

m mod.d. M. Monin , auteur d'une th&se remarquable sur le roman de Ron- 

cevaux , nous avait donn£ l'espoir de retrouver les chroniques de 
Jean Le Bel (C). II est maintenant prouv£ que ce litterateur dis- 
tingue avait pris ses d£sirs pour une r6alit£. 

M.DeUFonteneUede M. De la Fonteuelle de Vaudor6 s'appr&e k nous offirir, apr&s les 
Godefroy et Lenglet Du Fresnoy, une nouvelle Edition de Commines, 
ce Tacite du moyen Age , sur lequel il a lu un m£moire plein de 
renseignemensneufs , au congr&s de Douai , en 1835. 

mm. a. l«gi«j } e. car. M. A . Le Glay , dans les momens de loisir que lui laisse la redaction 
de son inventaire des archives de la chambre des oomptes de Lille , 
vient d'ins^rer l'analyse d'un grand nombre de chartes £man£es de 
nos princes, et relatives aux monnaies, dans l'excellente Revue de la 
numismatique francaise , de MM. Cartier et De la Saussaye. 

m. Buchoa. M. Buchon , qui a tant fait pour les sciences historiques , a repro- 

duit plus correctement , dans le Pcmthdon liM&raire^ Froissart et 
Ghastelain , auquel il a enleve l'histoire de Jacques de Lalain , 
pour la restituer au h£raut Charolois. En attachant notre nom k sa 
r&mpression de Monstrelet, il a prodigu£ k l'amitte ce qu'on n'ac- 
corde ordinairement qu'au m£rite, et M. Munch a sans doute c&16 
au meme sentiment, en nous d^diant son histoire, en allemand, 
de Marguerite d'Autriche , compilation oil il a rguni un certain 
nombre de pieces originates. 

Plusieurs soci£t£s , fondles dans des provinces jadis unies on 
allies k la Belgique, font fouiller de vieux man user its, qui ne 
peuvent manquer de jeter du jour sur nos annates. A Caen , M. De 



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INTRODUCTION. ccxcix 

Caumont, k Douai, MM. Tailliar et Quenson, k Amiens, M. Bou- 
thors, k St-Omer, MM, Piers et de Givenchy, k Lille , MM. A. et 
E. Le Glay et M. Brun-Lavainne, k Valenciennes, MM. A. Dinaux 
et A. Le Roy, ainsi que beaucoup d'autres amis des lettres, nous 
tendent une main amie et accumulent pour nous des mat£riaux 
pr&neux. 

M. Willems , toujours Pun des premiers sur la brfeche , a commence *• waiem.. 
son Belgisch museum \ 

Le Gouvernement beige a voulu seconder la science et la pi£t£ : 
il contribue k Fach&vement des Acta sanctorum, ce vaste monument 
auquel nous ayons pay6 le tribut de notre admiration 2 , et que les 
PP. Boone, Van der Moeren, Van Heeke et Goppens auront sans 
doute la gloire de terminer. 

M. Dejonghe, professeur k l'ath£n£e de Bruges, est au moment nM.De,on g bectDei- 
de publier la chronique flamande de Despars, et dans la m&me Tille, 
M. Delepierre r£dige une table analytique des chartesde la Flandre, 
ce qui formera une partie importante du d£pouillement g6n6ral 
dont la commission d'histoire, sur Favis de M. Gachard, a demands 
Pex£cution au Gouvernement. 

A Ypres, M. Lambin poursuit ses utiles explorations ; k Fribourg, Autre. *«. de^u™ 

qui partacent ou se- 

M. Warnkcenig, qui a quitt£ la Belgique , mais sans renoncer k ses <*>n<k n tno.tr.v.ux. 
vieilles affections, achfeve sa belle histoire critique de la Flandre , si 
riche de pieces iu&lites et probantes. A Bruxelles, pendant que 
MM. De Gerlache, Nothomb, De Stassart, P. Noyer, Van Hasselt, 
Alvin, Siret, De Beauffort, Fetis, Baron, etc., produisent des 
oeuvres originates, et qui, par consequent, n'appartiennent points 
ce precis, M. Goremans nous fait connaitre nos anciennes archives 
allemandes; des Revues consacrent k notre histoire des pages instruo 

1 Les premieres livraisons portent aussi les noms deMM. Ph. Blommaert, Lambin , P. Vis- 
schers, P. Van Duyse, etc. 

2 T. I er , p. xxvm et sq. 



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ccc INTRODUCTION. 

tives; M. Gachard publie les Inventaires de la Chambre des 
Comptes, et M. Marchal le catalogue des manuscrits de la biblio- 
th&que de Bourgogne; en m^me temps le Gouvernement, avec une 
munificence 6clair£e, fonde une biblioth&que royale qui ya faci- 
liter les Etudes historiques et leur ouvrir un horizon plus vaste. 

A Gand, MM. De Smet, Voisin, Willems, Serrure, Lenz, De 
SMlenois, D'Hane De Potter, Coomans, et beaucoup d'autres d£jA 
nomm&s dans notre premier discours, donnent l'exemple du zfele et 
de la direction k suivre dans l'&ude du pass£. Louvain, Mons, Ltege, 
Namur, Tournay, Anvers ne restent point en arrtere, et MM. De 
Ram, Moeller, Arendt, Chalon, Hennebert, Dumortier, Borgnet, 
Polain, Martens , Bogaerts, Kreglinger sont 1 A pour nous garantir 
d'importantes recherches. 

A Londres, M. Van de Weyer, k qui ses fonctions diplomatiques 
n'ont pas fait oublier les lettres et sa participation d'autrefois aux 
travaux de la commission d'histoire , la sert de tout son pouvoir et 
de tout son patriotisme. 

Nous avons tAch6 de nous associer k ce mouvement litt&raire, 
si bien appr£ci£ par MM. De Gerlache, De Stassart et Quetelet, 
dans leurs rapports annuels sur les travaux de l'acad£mie royale de 
Bruxelles, et de justifies autant qu'il 6tait en nous, la bienveillance 
que des critiques 6minens ont bien voulu nous t&noigner. MM. Dau- 
nou, A. Duval, L. Cibrario *, P. Paris, Fr. Michel, De Martonne, Le 
Roux De Lincy, Creuzer, Wilken, Arthur Dinaux, J. Desnoyers, 

1 M. Cibrario est secretaire de la commission royale d'histoire du Pi&nont, laquelle est en 
relation avec la commission royale d'histoire de Belgique. Ind^pendamment de la sympathie 
qui s etablit entre les hommes de lettres de tous les pays , quand ils s'adonnent aux memes 
travaux , la Savoie est unie a la Belgique par plus d'un souvenir historique. Elle a donne un 
epouxa Jeanne, comtesse de Flandre , et a Marguerite d'Autriche, fille de Maximilien. S. M. 
le roi de Sardaigne a voulu se procurer le recueil des chansons notees de cette princesse , 
avec la copic du portrait de Philibert de Savoie , dont il est embelli. Nous nous estimoos 
heureux d'avoir pu satisfaire le desir de ce prince, ami des lettres. 



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INTRODUCTION. ccci 

Le Glay, Cooper, ont surtout des droits k notre reconnaissance. 
Parmi leurs observations , il en est quelques-unes auxquelles nous 
avons r£pondu dans ce volume , les autres , nous les avons suivies 
avec docility. 

Nous sommes bien £loign£ cependant de nous croire k l'abri de 
tout reproche. Des publications si longues et si minutieuses sont 
une occasion d'erreurs inevitables pour les plus habiles ; k quelles 
m^prises ne doivent-elles done pas nous exposer? 

Nous n'en avons pas moins fait nos efforts pour que le texte de 
notre auteur et les annexes que nous y avons ajout£es, fussent aussi 
corrects que possible. L'eloignement oil nous nous trouvions des 
lieux ou Ton imprimait , et le commerce intime que nous avions 
contracts depuis long- temps avec un 6crivain, non-seulement 
stranger k T6l6gance actuelle du langage , mais sou vent barbare, se 
feront sans doute sentir a mainte page. Mais on s'en serait certes 
aper$u plus fr6quemment , si nous n'avions 6t6 heureusement 
second^ par M. Emile Gachet et par M. Hayez ; Tun a revu chaque mm. &».ie cd,* ct 
seconde 6preuve, Fautre exerce la profession honorable d'impri- 
meur, avec un d6sint6ressement et une capacite rares. 

Les imperfections qui, malgr6 ce concours, subsistent encore 
dans cette Edition , auraient trouv6 imm6diatement leur correctif , 
si la mort n'£tait venue frapper M. Raynouard , Pauteur des Tern- m. luynouara. 
pliers, le legislateur de la langue romane. Get homme illustre, 
dont l'amitte nous honorait, nous avait conseill6 la publication de 
Ph. Mouskes, en proposant d'en annoter les 6preuves au fur et 
k mesure. Mais les distances et la n6cessit6 de ne point retarder 
l'impression, ne nous permirent pas de profiter d'une offre si obli- 
geante. M. Raynouard avait promis alors une s6rie de remarques 
sur Pouvrage d6j& imprim£. Pourquoi sommes-nous hors d'etat d'en 
gratifier le public? Pourquoi la mort nous a-t-elle envi6 un orne- 
ment si glorieux et l'£gide d'un si grand nom ? 



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ccch INTRODUCTION. 

lc Rot. II y aurait de l'ingratitude k ne pas remercier hautement le Roi 

de l'accueil plein de bont£ qu'il n'a cess£ de faire k la commission, 
Ge prince, sorti d'une maison qui a constamment prot6g6 les lettres, 
ce prince , qui joint k un esprit 61eve les connaissances les plus 
varices et les plus Vendues, a donn£ k nos Etudes une puissante 
impulsion. En mtane temps nous avons trouv6 tons les secours 

L«.cb.mbre 5 , le Mi- desirables dans les Chambres, dans M. le Ministre de l'Int£rieur 
et des Affaires £trang&res, ainsi que dans les chefs de son d6par- 
tement. 



niitAre. 



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REMARQUES. 



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vv\vvwvvwvv\wwvvv\/v\*^ 



REMARQUES. 

A. 

PIECES RELATIVES A PH. MOUSKES. 

E1TRAIT8 DES CATALOGUES DKS &V&QUES DE TOURNAY , QUI SONT A LA BIBLIOTHiQUE 

DE BOURGOGNE. 

I. 

(MS n<> 9485 anc.) 

Philippus Mouske (alias Meuze)Gandavensis, ex canonico ac cancellario Tornacensisecclesiae, 
eidem, decani ac confratrum suorumsuffragio, praficitur, anno MCCLXXIV, vir apprime doctus 
ac prudens, ethoc etiam Philippo Francorum regi charus, a quo licentiam cudendi monetam 
auream ac argenteam obtinuit. Inter vivos esse desiit anno MCCLXXXII l die 24 februarii et 
quiescendi locum obtinuit in choro suae cathedralis. Antiquis versibus gallicis condivit histo- 
rian! Francis in MSS membranis. 

II. 

(MSn°8858nouv.) 

Philippus de Gandavo, canonicus et cancellarius, consecratus est anno MCCLXXIV. Ab isto 
recepit Philippus Pulcher rex licentiam usque ad certum tempus cudendi monetam auream in 
Tornaco, anno MCCLXXXIX. Sub hoc anno MCCLXXXIII, capitulum dedit civitati ad censum 
perpetuum staUagia , pontenagium , theoloneum, vinagium et alia plura , mediante summa 
300 libr. antiquarum Parisiensium ecclesiae solvenda cum aliis certis conditionibus. Item 
anno MCCLXXXVI concordia facta est inter ecclesiam et communitatem super libertate familiae 

1 Cette date que nous avons donate p. ccxxm du tome I er , n'est pas conforme a celle de la piece n° XIV. 

Tom. II. oo 



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cccvi REMARQUES. 

et domorum ecclesia?. Item istius tempore facta fuit inter ipsorum dignitates et capitulum 
Tornacense special is ordinatio super regimen domorum meritorum , bonorum puerorum et 
sacerdotum introductions Iste pro anniversario suo quod nonis Januarii celebratur dedit eel- 
lario 20 libr. Parisienses annuas in decima de Wasmonstre a Joanne de Perboem acquisita, de 
quibus annis singulis in die anniversarii ipsius episcopi Get refectio generalis omnibus chorum 
de more frequentantibus in sacris ordinibus constitutis. Item habet dicta ecclesia Tornacensis 
ex dono ejusdem episcopi decimam de Heurne valentem annuatim 40 libr. Parisienses, redemp- 
tamde manibus Walteri de Nivella et uxoris ejus. Item habet dicta ecclesia 60 solidos in decima 
de Spira. Quas 40 libr. cum 60 solidis praedictis recipere debent cellarii. De quorum redituum 
proventibus habebit refectorium annuatim 19 libr. Parisienses, de quibus in die anniversarii 
sui et per duas sequentes ferias Get generalis distributio panis et vini omnibus in sacris ordi- 
nibus constitutis chorum de more frequentantibus , si vigiliis et missae interfuerint. Presbyter 
autem missam celebranscum rectore chori, diaconus et subdiaconus, si canonici fuerint, prima 
die et per duas sequentes ferias duplicem habebunt port ion em. Pulsatores vero campanarum 
habebunt 5 solidos parisienses. De residuis autem 24 libr. Parisiensibus tot fient feriae cellarii 
quot inde fieri poterunt. In quibus singuli canonici 6 denarios in vigiliis habebunt, si 
interfuerint, et 6 in missa. In commendationibus vero quae fient in die anniversarii sui, habe- 
bunt singuli canonici 6 denarios de cellario, si interfuerint. 

ill. 
(MSn« 6071.) 

A V article de Philippe Mua, on lit : Sub hoc episcopo jus cudendi monetam erat adhuc 
penes solum episcopum. 

IV. 

EXTRAIT D'UH m£mOIHE MAWUSCMT DE DUF1EF. 

(MSn»B78F.) 

Philippus de Gandavo. — Ex canonico et cancellario Tornacensi consecratus fuit anno 
MCCLXX1V (Robertus dicit anno MCCLXXIV, Meyerus MCCLXXV). Liber Decani dicit, con- 
firmatum MCCLXXIH ; Li Muisis abbas dicit, electum anno MCCLXXIV; chronicon Cysoniense , 
mon. , Villerii , Winghii , Cognatus (Cousin) , torn. IV, cap. 15 , Raissius , Gazetus dicit, anno 
MCCLXX male. Erat autem cancellarius et canonicus, ut patet ex dictis chronicis et auctoribus, 
licet chronicon Li Muisis et Cognati, cancellarii mentionem non faciant. 

Demochari vocatur Philippus ; claret Meyero Philippus Mus , aliis Meuie. Li Muisis dicit 
eum fuisse virum litteratum , prudentem et discretum, praefuisse annis circiter octo. Cujus 
temporibus fuit canonicus et scolarius Henricus de Gandavo, doctor nominatissimus , qui 
sustinuit opinionem praelatorum contra opinionem ordinum mendicantium , dicentium quod 
illi qui sibi confitebanturnon tenebantur suis curatis de hoc iterato confiteri ; et dicit Li Muisis 
se hunc episcopum pluries per civitatem cum equitaturis XVI vel XX et non amplius equitare. 



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REMARQUE&. cccvn 

Ab hoc episcopo recepit Philippus Pulcher rex licentiam usque ad eertam tempus cudeodi 
monetam auream in Tornaco, anno MCCLXXXIX. 

Ghron. Cysoniense , Villerii moo., Winghii, Cognatus in cap. XV et Hotxfc dicunt : 

« Que c'estoit pour forger grosse monnoie d' argent et pour 4 ana. Gazet diet que ce fut Tan 
» 1285. » Raissius aliam viam insistit, dicendo hunc episcopum a Philippo, F rancor um rege, 
obtinuisse licentiam cudendi monetam tarn auream quam argenteam per certum tempus. 

Que lea evesques de Tournay avoyent droict de batre monnoie appert par le livre de 
Francois Garault sur la monnoie des tournois et parisis, ou il diet t° 16, que la meindre 
estimation que les rois de France mettoicnt sur lea monnoiea de leurs subjects ayans droict 
de forger monnoie , fut cause de grande jalousie et difierens , comme il se lit de plusieurs 
advenus entre les rois de France et les dues d'Aquitaine, Bretaigne, Ivesques de Tournay, 
Ambrun et autres , pour la fabricque de leurs monnoies. 

Sub idem tempus , anno MCCLXXXIII , capitulum dedit civitati ad censum perpetuum 
stallagia, pontenagium, teloneum, winagium et alia plura, mediante summa 300 libr. anti- 
quarum Parisiensium ecclesiae solvendarum cum aliis conditionibus. 

Anno MCCLXXXVI, facta est concordia inter ecclesiam et civilatem super libertatem 
familiae et domorum ecclesiae. Inter ipsorum dignitates et capitulum facta fuit ordinatio super 
regimen domorum emeritorum , bonorum puerorum et sacerdotum introductionem (Chron. 
Cysoniense , Villerii , Winghii). 

Dedit ecclesiae decimam de Heurne in res cellarii pro anniversario suo quod celebratur 
nonis Januarii (Chron. Cysoniense et alia) ; item aliqua alia donavit quae alii referunt. 

Anno MCCLXXX , fuit instituta domicellorum confraternitas ob maximam pestem Tornaci 
vigentem ad laudem et gloriam Virginia Mariae quae civibos subvenit. In more fuit sodalkati 
ut qui ingrederetur feretrum ligneum offerret summa arte elaboratum et coloribus pretiosis 
ornatum quod ponebatur circa chorum inter cotumnas , et erant numero viginti cum anno 
MDLXVI, omnia fuere ab hereticis vastata. ViUerius. Vide Cognatum fuse de hac sodalitate 
disserentem. 

Anno MCCLXXYIII , autore Meyero, facta fuit translatk) reliquarum divae Landradae apud 
Hakeram in agro Gandensi , cui interfuerunt Henricus Mudanus et Nicolaus Miso archidia- 
conus, etc. 

Anno MCCLXXIY, fuit ejus introitus in vicos et ecclesiam, mense Januarii die Dominica 
past conversionem Pauli, per actum non-praejudicii quod capitulum ei processionaliter obviam 
ierit de eadem data ; tuncque reduxit , consensu praepesitorum et totius consilii civitatis , 
onmes exules ad annos et denarios , exceptis iis etc., ut sequitur. Chron. Cyroniense. 

L'an 1271 ou environ, se fit un accord entre l'evesque et les citoyens quand & I'orfevrie, 
et fut conclud que tout orfevre qui voudroit avoir ouvroir ou bouticque , payeroit & l'evesque 
en sa joyeuse entree , un marc d'argent , demanderoit licence et promettroit seurete. Cousin , 
d. c. 15, tirant ce que dessus des chartres de l'eglise. Hondt diet que ce fut en l'an 1279. 
Quo loco etiam dicit capitulum exemisse monasterium S. Martini a solutione vinagii et pote- 
nagii rerum suarum quae super Scaldam vehuntur. Item a solutione foragiorum vinorum 
domus suae , modo tamen aliis non vendant. 



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cggviii REMARQUES. 

Hie episcopus emit a Joanne domino de Moriagne , castellano Toraacensi , omnem justitiam 
super maneria et terras de Honnevain, anno MCCLXXVII in Martio, pro pretio 150 libr. 
tourn., unde litters anni MCCLXXVIU in magno episcopatus chartulario. 

Obiit verum Demochari anno MCCLXXVIU, secundum librum decani anno MCCLXXXIII. 
Est in libro quodam statutorum et fundationis ecclesia? Cortracensis , ait Winghius , instru- 
mentum bujus episcopi , continens conOrmationem sentential arbitralis inter capitulum Cor- 
tracense et curatos ecclesia? S. Martini de anno MCCLXXXIII, vigilia Simonis et Judae. Claudius 
Robertus dicit mortuum anno MCCLXXXIII et sepultum in cathedrali. Cognatus , torn. IV, 
cap. 17, et Raissius , anno MCCLXXXII , 24 Decembris, et Buzelinus, 2 parte, lib. VII, fol. 297 . 

Le martyrologe ou necrologe de I'eglise de Tournay, fol. 116 verso 9 porte : Eodem die, 
e'est-a-dire, 18 kal. Decembris obiit Georgius pcenitentiarius, avunculus domini Philippi de 
Gandavo , episcopi Tornacensis , qui huic contulit ecclesiae 6 lib. Parisienses redditus , de 
quibus omnes cborum de more frequentantes in sacris ordinibus constituti percipient lotum 
vini et duos panes duorum parisiensium in vigiliis si interfuerint , et totidem in missa. 



Lettre d'Andrt Du Chesne Touraingeois , au sieur de fVinqhue (JVinghe), chanoine de Tournay, 
avec un vers tr&s-ancien deplusieurs chose* conceman$ ceste ville. 

Ces jours passes , j'ai eu communication d'une bistoire de France escrite en vieille rime , ou 
j'ai remarque beaucoup de choses de la ville et des eveques de Tournay. Ce que m*a faict 
estimer que l'autbeur nomine* Philippe Mousque en pouvoit estre originaire. Mais entre autres 
choses j'y ay rencontre une description fort particuliere des donations que le roi Chilperic fit 
a Fevesque et aux chanonnes dudict lieu, apres avoir desconfit le roi Sigebert, laquelle descrip- 
tion j'ay extraicte et vous en envoie copie au mesme langage et orthographe de I'autheur, qui 
finit son histoire en Tan 1295 ou environ , car il ne marque pas toujour* les annces de ce 
qu'il raconte. Peut-etre prendrez-vous quelque contentement a lire en vieil franchois ce que 
vous avez en latin et en moins de mots dedans vos chartes ; et sur ce , je vous prie me con- 
server l'honneur de vos bonnes graces, etc. Paris, 7 mai 1622. — Extraict d'une chronicque 
de France escrite en vieux vers francois, il y a pres de 400 ans , par Philippe Mouske, lequel 
samble estre originaire de Tournay et vivoit au temps de saint Louis (1250). Suit Vex trait qui 
comprend les vers 1018—1177 et 1198—1215. 

Variant** principals de I'e&trait de Du Chesne : 
Vers 1040 lise* Hostiile 



— 1054 


— apeticil 


— 1136 


— roncis. 


— 1165 


— k'il aran^a 


— 1172 


— ensi rent. 



(Tiri des mtmoires MSS de JMcoias Dufief.) 



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REMARQUES. cccix 

extraits du registre intitul£ : Jura episcopates Tornaeensis , REPOSANT AUX 

ARCHIVES gSnERALES DU ROYAUME. 



VI. 



Littera venditioni* facta episcopo per castellanum Tornacensem de omnibus justitiis tnanerii 
et terrarum de Honneveng (Mense tnartio MCCLXXVII. Fol. 15 du registre). 

Nous Jehans, sires de Mortaingne et castellains de Tour nay, fach scavoir a tous que je, 
pour men pourfit apparant et pour pieur markiet a eskiuwer, ay vendut a mon chier segneur 
le Evesque de Tournay, el non de la eVesquiet, a tenir perpetuelment et yretaulement toutes 
justices sour sen meis de Hosneveng et sour toutes les appendances et les appertenances 
dou mds et sour se tiere ahannale qui siet au liu c'on diet au Buiscon Waubiert, qui contient 
siet bonniers pau plus pau mains , et sour se tiere qui gist au Ku c'on dist as praiaus , ki 
contient chuinc de terre pau plus pau mains , et sour se tiere qui gist a Tiebaut-Fosse , ki 
contient deuls bonniers et demi pau plus pau mains ; sour se tiere qui gist au lieu que on dist 
a Wippes , ki contient quartier et demi pau plus pau mains. Et sour se tiere que il acata a 
monsegneur Pieron de Guignies , lequelle on appielle les viniers de Wippes , qui contient 
trois bonniers pau plus pau mains. Et sour se tiere ki gist dehuers l'enclosure dou meis qui 
contient demi bonnier pau plus pau mains. Et sour se tiere qui gist devens l'enclosure dou 
meis ki contient sis bonniers pau plus pau mains. Et sour se tiere ahannale ki gist dehuers 
l'enclosure devant ditte , lequelle il acata a Jehan dou Moulin , ki contient un quartier pau 
plus pau mains. Les quelles coses contiennent en tout vint et wit bonniers pau plus pau 
mains. Toutes les justices devant dites a tenir perpetuelment et yretaulement par monsegneur 
le Evesque et par ses successeurs evesques de Tournay, ai-ge en la presense de mes peres 
hommes a monsegneur le Evesque devant dit raportees en le main men dit segneur le eves- 
ques , werpies et clames quittes, et Ganchiet et juret que es justiches deseure dites riens ne 
demanderay par mi ne par autrui, ne art ne engien,ne querray ne riens ne feray par coy mes 
sires li Evesques devant dis u si successeur soient distourbet u de aulcune coze adamagiet 
d'endroit ces justices. Et tant fu fait de ces justices que mi par devant dit par semonse de 
segneur disent par jugement que je en estoie bien desiretes et a loy et ke je nient n'i avoie 
ni avoir pooie ne jou ne mi hoir. Et ke li Evesques el non de le evesquiet en estoit bien ayretes 
et a loy. A ces coses ensi furent com homme maistre Pieres , archediakenes de Tournay , 
mestres Nicholes, archedialrenes de Gand, Ditrius dou Porch li peres, et Ditrius ses fiuls et 
Libiers Delecourt, homme monsegneur le evesque , mi per et autre. El tiesmongnaige de ches 
cozes ai-jou a ces presentes lettres pendut men saiiel et pri6 mes pers devant dis qui seauls 
ont, k'il y pengent leur sayauls avoech le mien. Et je Marie Desconflans , dame de Mortengne 
a toutes les cozes deseure dictes , de me boine volente mach men consentement et men assens 
et proumach par men serement ke ne par raison de douaire ne par aultre okison ne venray 



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ciccx REMARQUES. 

encontre , et en tiesmongnage de chou ay-ge pendut men saiiel a ces present** Iettres avoech 
le saiiel mon chier segneur et marit le segneur de Mortengne deseure dit. Ce fd fait Fan del 
incarnation Nostre Segneur Jhesu-Crist, mil deus cens tessante et dia et aiet, el moia de March. 



VII. 

Littera venditioni* facta epiecopo per caetellanum Tomaceneem de omnibus juetitide manerii , 
terrarum et aiiorum hereditagiorum de Honeveng (Menee Aprili MCCLXXVIII. Fol. 18 

du regis tre). 

Nous Jehans , sires de Mortengne et castelains de Tournay, fach scavoir a tons que j'ay 
vendut bien et loyaument a mon chier segneur l'Evesque de Tournay el non de l'evesquiet 
toutes justices sour sen mes a Hosnevaing et sour toutes les appendances de sen mes et sour 
quant k'il y a ou tieroit de Hosnevaing en yauwes y en pr& , en bos , en tieres ahannales et 
nient ahannales , edeGies et nient edeGies , ki contiennent en tout vint et wit bonniers pau 
plus pau mains. Et ces justices li ay-jou venduees cent et chuinquante livres de tournois k'il 
m'a bien paiies et delivrces en deniers bien conteis. Et ly ay werpies et pour chou que nus 
damages n'en soit fais a monsegneur devant dit , je ly proumach ke je ly warandiray et feray 
porter paysiules a li et a ses successeurs Evesques de Tournay les justices devant dictes , et se 
je ne ly fach , je ay en couvent a rendre a luy u a sen successeur, cent et chuinquante livres 
de tournois ke je rechiut en ay, si que deseure est dit. Et de chou faire et aemplir oblege-jou 
mi et men hoir a monsegneur TEvesque et a sen successeur, et Ten assenne a quant que je 
tieng de luy. El tiesmongnage de ces cozes ai-ge pendu men seel a ces presentes Iettres qui 
furent donnees en Fan del incarnation Nostre-Segneur, M cc lxxviii el mois d'avril. 



vm. 

Littera commiuionis facta per castellanum Tornacensem ad keredandum Epiecopum Toma- 
ceneem de vinariie et sclusis de fVippee (Menee Decembri MCCLXXVU. Fol. 19 du 
registre). 

Nous Jehans , sires de Mortaigne et castellains de Tournay, fach scavoir a tons chiaiis ki 
ces Iettres veront et oront , que jou ay mis en men puint et en men lieu Sohier de Haudyon, 
men bailliu , pour ahireter l'Evesque de Tournay et mettre en se demainBe des viniers et dea 
escluses entirement , que mesires Pieres de Guignies li a vendues ki giseat a Wippes , et voel 
qu'il valle et qu'il en fache autant que mes cors mismes y fust. Et tieng et tenray a ferme et a 
estaule quanques Sohiers de Handion mes bailltus en fera. El tiesmongnage de ces Iettres que 
jou en ay donnees saielees de me propre seel el an del incarnation M cc sessante dis-aiet , el 
mois de Decembre. 



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REMARQUES. cccxi 

IX. 

Littera cotniti* Bleeensti ad faciendum homagium Episcopo Tornacensi pro nemore de Breuse 
(Men* Maio MCCLXXJX. Fol. 21 du registre). 

Nous Jehans de Chastellon , cuens de Blois et sires d'Avesnes , fach assavoir a tous chiaux 
qui verront ces presentes lettres , que je establis et met en mon lieu Jehan Hasart , mon chas- 
telain de Braibant, a faire hommaige en lieu de moy a red ou table pere et mon chier seigneur 
f Evesque de Tournay, dou bois de Breuse que je tieng de luy. Et en tesmoing de che je ay 
seellees ces lettres de mon seel. Che fu fait en Tan Nostre-Seigneur mil deux cens sexante dis 
et neuf , ou mois de May. 

X. 

Littera renuntiationis facta per dotninum de Rollario de coUatione ecclesia dicti loci et donatio 
rive translatio coUationis ejusdem facta Episcopo Tornacensi (Mense Septembri MCCLXXV, 
fol. 88 du registre). 

Reverendo patri ac domino Philippo, Dei gratia Tornacensi Episcopo , Gossuinus oppidanus 
Gandensis ac dominus de Rollario, cum omni subjectione salutem. Noverit Vestra Paternitas 
reverenda quod nos omni juri quod habemus in coUatione ecclesiae de Rollario plene et libere 
renuntiamus. Et quidquid juris habemus in perpetuura in vos transferimus super coUatione 
ecclesiae memoratae sine reclamatione nostra vel nostrorum heredum. Consentimus etiam col- 
lationi dicta? ecclesiae facta? Sigero, dicto Hoefelaken, clerico latori praesentium, a vestra reve- 
renda paternitate. In cujus rei testimonium praesentibus litteris sigillum nostrum dignum 
duximus apponendum. Datum anno Domini millesimo ducentesimo lxx° quinto , in die exal- 
tationis sanctae crucis. 

XI. 

Littera de procuratione Episcopi Tornacensis quando visitat in ecclesia Sicliniensi (Mense 
FebruarioMCCLXXVU, fol. 65 du registre). 

^ Universis praesentes litteras inspecturis Ar. praapositus , S. decanus totumque capitulum 
ecclesiae Sicliniensis salutem in Domino. Noveritis quod reverendus pater et dominus Torna- 
censis episcopus litteras suas proprio ipsius et capituli Tornacensis sigillis sigillatas ecclesiae 
nostrae contuht in haec verba. Philippus, Dei gratia Espicopus Tornacensis, universis prae- 
sentes litteras inspecturis salutem in Domino. Licet in exigendis procurationibus a subjectis 
nobis ecclesiis tantam debeamus et velimus tenere mensuram, ut ex accessu nostro ipse vel 
eorum praelati merito non doleant se gravari, illis tamen circa hoc potissimum deferre te- 
nemur a quibus major a stipendia noscimur obtinere. Gum igitur ab ecclesia Sicliniensi 
nostrae dioecesis non solum nos sed et praedecessores nostri Tornacenses episcopi fructus 



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cccxii REMARQUES. 

unius praebendae annis singulis perceperimus et percipiamus et in posterum percipere 
debeant nostri futuri successores, sicut est hactenus consuetum , nos propter hoc et secundum 
facultates ipsius ecclesiae Sicliniensis procurationem nobis ab eo ratione visitationis praes- 
tandam moderari volentes, eidem ecclesiae, consensu discretorum virorum decani et capituli 
Tornacensium super hoc accedente , concedimus ut centum et duodecim sotidorum turonen- 
sium solum nobis et successoribus nostris pro procuratione nostra visitationis nobis debita 
solvere teneantur. Quibus centum et duodecim solidis turonensibus pro procuratione contenti 
erimus et volumus dictos successores nostros fore contentos , notata tamen quod hujusmodi 
concessione non obstante , Episcopo Tornacensi in suo jocundo adventu procuratio ab eadem 
ecclesia Sicliniensi praestabitur, sicut hactenus praestari consuevit hujusmodi nunc procuratio : 
in dicto jocundo adventu praestita in procurationem ratione visitationis nobis debitam debebit 
computari. In quorum testimonium praesentes litteras dictae Sicliniensi ecclesiae contulimus 
sigillo nostro sigillatas. Nos etiam decanus et capitulum Tornacenses sigillum nostrum in 
testimonium nostri consensus praesentibus litteris fecimus apponi. Datum anno Domini 
m° cc° Ixx° septimo in crastino Beati Matthiae apostoli. Nos autem praepositus, decanus et capi- 
tulum ecclesiae Sicliniensis praedictam concessionem domini episcopi gratanter acceptamus 
et procurationem secundum modum concessions praedictae ei et successoribus suis exhibere 
promittimus bona fide. In quorum testimonium sigilla nostra praesentibus litteris duximus 
apponenda. Datum anno Domini m° cc° lxx° septimo feria secunda post festum Beati Matthiae 
praedicti. 

XII. 

Littera Domini Papa super eo quod archiepiscopus Remensis injuriabatur Episcopo Tornacensi 
de ejus visitations et correctione in monasterio de Cysonio (Roma MCCLXXV1II, fol. 88 
du registre). 

Nicolaus Episcopus , servus servorum Dei, venerabili fratri Episcopo et dilectis filiis decano 
et Henrico dicto Tuebouf, canonico Parisiensi , salutem et apostolicam benedictionem. Signi- 
ficavit nobis frater noster venerabilis Episcopus Tornacensis quod venerabilis frater noster 
Archiepiscopus Remensis ipsum quominus in monasterio de Cysonio, Tornacensis dioecesis, 
ordinis sancti Augustini , lege sibi dicecesana subjecto, visitationis et correctionis officium 
exercerevaleat,prout spectat ad ipsum, impeditpro suae libito voluntatis. Quocirca discretioni 
vestrae per apostolica scripta mandamus quatenus , partibus convocatis , audiatis causam et 
appellatione remota fine debito decidatis , facientes quod decreveritis auctoritate nostra fir- 
miter observari. Testes autem qui fuerint nominati, si se gratia, odio vel timore subtraxerint, 
per censuram ecciesiasticam , appellatione cessante , cogatis veritati testimonium perhibere. 
Quod si non omnesiis exequendis potueritis interesse, duo vestrum ea nihilominus exequan- 
tur. Datum Romae apud sanctum Pet rum quinto kalend. Maii, pontificatus nostri anno 
primo. 



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REMARQUES. cccxm 

XIII. 

EXTRAIT DU GARTULAIBE DE S^MARTIN DE TOURNAY REPOSANT AUX ARCHIVES GENERALES. 

Cote G , torn. Ill, fol. 176. Mense Maw MCCLXXVIL 

Sequitur carta domini de Mauritania de pa&turagio ad locum qui dicitur au Loket in villa de 

Frotane. 

A tous cheuls qui ces pr&entes lettres verront ou orront. Que com il fust ensy que li 
eglise S*-Martin de Tournay, li hostelerie Nostre-Dame de Tournay 1 , pour leur tour que il 
out aFroiiane, pour eaux, euissent tenu lonctamps et uset paisiblement le pasturaige dou Loket 
et les mares de le Wele, ensi qu'il se pourestent desous le pont et deseure, sans nulle calenge 
et sans nul contredit , ensi comme de soiier et de coillier herbes es mares , et de lor bestes 
norir et paistre &s pastures devant dictes et faire leur preu , en quelconques mani&re qu'il 
volsissent , et avoec che disoient li eglise , li hostelerie et li kemuns dessus dis que mesires 
Ernouls de Montaingne, p&res le castelain de Tournay , Jehan , qui or est, leur avoit quite et 
donn^ parmi V sous de Loenisiens 2 de cens par an a paiier et a rendre a luy et a sen hoir 
h&itablement , et se lettre ou chartre en avoient ensi que il disoient, li sires de Mortaigne 
Jehan, castellain de Tornai qui or est, se mist encontre et calenga et reclama et trest a sen 
droit et a sen fief par devant le fvesque de Tornay et pardevant ses hommes , et disoit que li 
mares et li pasturages devant dis estoit ses heretaiges et qu'il le tenoit en fief de mons r l'd- 
vesque et disoit que usages ne maniemens que li eglise S*-Martin , li hostelerie et li kemuns 
de le ville de Froiiane devant dit euissent eu ne maniiet es pasturages et mares dessus dis, ne 
cou que ses pSres en avoit fait ne leur devoit nient aidier ne valoir, car il ne 1'avoit mie 
donnet ne fait par sen seigneur I'Evesque de Tournay, de cui il le tenoit en fief, ne par loy ne 
par jugement des homes l'Evesque qui jugier en devoientpar droit. Apres ces altercations , li 
sires de Mortaigne, Jehans dessus dis, par le consel de preudommes et de se bonne volente* 
raporta les pasturages et les mares devant dis et tout le droit entirement que il y avoit et 
avoir pooit , en le main l'Evesque de Tournay son dit seigneur, de qui il le tenoit en fief, si 
comme il disoit , et le werpi , quitta et quitte clama a tous jours hyretablement pour luy et 
pour ses hoirs, par devant ses pers les hommes del Evesque dessus dit, pour ahyreter le eglise 
S^Martin, Fostelerie et le kemun de la ville dessus dicte , sauf chou qu'il y retint et retient, & 
pasturages et &s mares devant dis, toutes les justices hautes et basses qui eskenr y poront , si 
comme de sane de burine , de tousniu , de truef et le plus haute justice , se il y eskeoit ; huers 
mis les pans 2 de v sous de tornois et de mains , et les bans des pasturages et des mares , si 
comme herbes coillier et de estraignes bestes paistre, lesquels bans et les pains , li sires de 

i On lit en marge , d'une <5criture pins moderne : Et li kemuns de le ville de Frotane. 
9 Carpentier et Roquefort donnent Lo visions qui parait Eloigner beaucoup trop de son Etymologic. On 
appelait aussi Loenois la monnaie des eWeques de Laon. 
3 Pan, gage, nantissement. On disait encore pain etpaine. 

Tom. II. pp 



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cccxiv REMARQUES. 

Mortaigne , Jehans dessus dis , werpi bien ei loyalment avoec les aultres coses en tel manidre 
que les bans a oes Feglise S'-Marlin, Fostelerie et le kemun de Froiiane dessusdis, et les 
pans a oes Feglise S*-Martin et l'ostelerie sans plus. Et quant tout chou fu fait , li vesques de 
Tornay, comme sires, commanda sen baillieu qu'il conjurast ses homes et demandast se li sires 
de Mortaigne dessus dis estoit bien deshyretes et a loy, et se tant avoit fait pour luy et pour 
ses hoirs que droit n'i avoit. Et li homme le vesque par le castelain dessus dit , disent a le 
semonse du baillieu le vesque, par loy et par jugement que li sires de Mortaigne dessusdis 
en estoit bien deshyretes et a loy, et que il ne si hoir n'i avoient ne ne pooient jamais en nul 
jour nul droit avoir, fors les justices dessus die les. Apres , li home disent a le semonse du 
baillieu que li vesques en pooit bien ahyreter et par loy le eglise S'-Martin , l'ostelerie Nostre- 
Dame et le kemun de le ville de Froiiane dessus dicte. Et li Evesques en ahireta le abbet de 
S'-Martin pour et ou non del eglise , maistre Robert de Sains pour l'ostel Nostre Dame , et 
maistre Gillion de Crois , cancelier de Tournay pour le kemun de le ville de Froiiane, et tant en 
fist li vesques , ke li home disent par semonse de justice que li eglise S'-Martin , li hostel et li 
kemun de Froiane en estoient bien ahyrete et par loy. Et quant chieus ahyretemens fu fais 
bien et a loy par semonse de justice et par le jugement des homes qui jugier devoient et 
pooient de chou par loi , li eglise S'-Martin, li hostel et li kemun dessus dis le reprisent a franc 
cens du vesque Phelippe de Tornai , par devant ses homes et par devant censeurs qui pour 
cou i furent appelle , parmi V sous de Loenisiens par an a paiier le jour S'-Jehan-Baptiste , 
sans nulle aultre droiture a rendre et sans nulle aultre exaction a paiier au vesque ne a 
aultrui , par tel maniere que li eskevin de Froiiane ne nus aultres ne peuent ban faire ne 
assise sour les pasturages ne sour les mares dessus dis, se n'est par l'abbe' de S'-Martin et par 
Fostelier Nostre-Dame de Tornai. Et pooir ont li abbes et li hosteliers dessus dis de faire u 
fere faire bans et assises sour les pasturages et sour les mares dessus dis toutes les fois qu'il 
vorront et bon leur samblera jusques a V sous de tournois, si comme d'erbes coillier et de 
paistre bestes estranges , et peuent arestier par iaus ou par lor sergans ciaus et celles qui 
herbes y coilleront et les bestes estranges que on y trouvera paissant , et si doivent estre li 
pan et li amendes a l'abbe et a l'hostelier dessus dis sans calenge et sans contredit et sans 
reclaim d'autrui. Item est assavoir que les V sous de Loenisiens de cens que on doit pour les 
pasturages et pour les mares dessus dis, li eskevin de Froiiane les doivent paiier, et reprendre 
les doivent au kemun de le ville de Froiiane. Apres toutes ces coses faites bien et a loy, ensi 
que dit est , li evesques de Tournay com sires raporta et rendy au signeur de Mortaigne 
dessus dit les V sous de cens en accroissement dou fief qu'il tenoit de luy, tout en tel maniere 
que dit est , sans aultre droiture et sans autre exaction , par devant ses homes pers , celui 
seigneur de Mortaigne ; et cil sire de Mortaigne , par le gre del Eveske son seigneur et par son 
ottroi, par devant ses pers le rendi et donna a mons r Willame de Mortaigne chevalier, en non 
de parchon de tiere, en accroissement de son fief, tout en autel maniere que li evesques li 
avoit donnet et rendu ; et li devant dis sires de Mortaigne , sire Thumas et sires Willelmes , si 
frere, promisent par foi et par serment de lor mains toutes nues, que jamais a nul jour encontre 
ces coses dessus dictes et faites bien et par loy ne venront ne querront art ne engien ne cose 
nulle par iaus ne par autruy par quoy li eglise de S'-Martin , li hostelerie Nostre-Dame ne li 



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REMARQUES. ccmv 

kemuns de Froiiane dessus dis soient agrevet ne destourbet , empeechiet ne adamagiet des 
pasturages et des mares deasus dis , et les ont en couvent par leur foys et sour leur sermens 
k garder et faire porter paisible k Peglise , k Thostel et au kemun dessus dis contre toutes 
gens parmi le cens dessus dit, sans nulle autre droiture et sans nulle autre exaction demander 
ne prendre , ne rouver. Et Jou Jehans dessus dis , castellain de Tornay , promec par ma foy 
eea coses k tenir et garder , sour paine de D livres deTorn., la moitie* k rendre au dit Evesque 
de Tornay et l'autre moitie k l'eglise S'-Martin et l'ostel dessus dicte; et ceile paine promec-jou 
k paiier par me foy fiancie , se jou le forfaisoie, et pour ce ne demourer mie que je ne fusse 
tenus k garder toutes les couvenences et les promesses dessus dictes et de la moitie" de ceile 
paine , qui k l'eglise S'-Martin et k l'ostel Nostre-Dame escheoir poroit , li eglise S'-Martin u 
ses messages et li ostelerie donner L liv. de Torn., cascun XXV liv. de Torn, k quel seigneur 
de tiere , baillieu ou k quele justice qu'il voroient , pour faire tenir le seigneur de Mortaigne 
et ses hoirs entirement cou qui est contenu en cest escript et pour faire paiier le paine dessus 
dicte. Toutes ces coses, si com elles sont par dessus devisees et escriptes , furent faites bien et 
k loy devant mons r l'evesque , par luy et par ses homes et ses censiers , en la presence mons r 
Thumas et mons T Guillelme de Mortaigne, freres au castellain dessus dit, qui toutes ces coses 
dessus dictes loerent et greerent et les promisent k garder et k tenir fermement et loyaument k 
tous jours, sans contredit et sans calenge, et Je Marie Descon flans, dame de Mortaigne et cas- 
tellaine de Tornay, fayc assavoir k tous que je, de me boine volonte\ me consenc k toutes les 
coses par dessus escriptes et declarers , promec par foy et par serment tout ce k tenir et 
garder, et tenray fermement, et nient n'irai ne venray encontre, et que par raison de doaire, 
d'assennement ou de couvenences quelles que elles soient , es coses dessus escript droit ne 
demanderai ne ne feray demander pour nulle occoison qui advenir peuist. Et nous Jehans, 
sires de Mortaigne et castelain de Tornai , Marie sa femme , dame de Mortaigne, Thumas et 
Guillelme , de Mortaigne, chevaliers , quant k toutes ces coses dessus dictes tenir et garder , et 
k tout ce qui affiert k cou que dessus est escript, renunchons et avons renunchiet par nos foys 
et par nos sermens k toutes exceptions de maise boisdie * , k tous privileges de crois prises et 
k prendre et k tous establissemens et k toutes coustumes de pais et k toutes coses par quoy 
nous poriemes venir encontre le contenu de ceste presente chartre ne aucunes d'icelles. Et 
prions et requerons par ceste presente lettre k tous nos seigneurs temporelx et esperituelx et 
no mm eement l'Evesque de Tornay et le conte de Flandres , que il nous constraignent, et par 
justice de sainte eglise et par saisine de nos biens , k tenir et k garder toutes les coses dessus 
dictes , tout ensi que elles sont devisees, et k c,ou nos obligonz le no, nos hoirs et succes- 
seurs. Et Jou Philippes, par la grace de Dieu , Evesques de Tornay, recongnois que toutes ces 
coses dessus dictes et deviss£es estre faites par devant mi come seigneur , par devant mes 
homes et par lor jugement, en tout ensi que par loi appartient k faire , et les promec par 
ceste presente lettre a tenir et faire tenir com sires. Et y furent com hom pour le castelain 
dessus dit Pierres, archid. de Tornai, Nicholes, archid. de Gant, maistre Gilles de Crois, 
cancelliers de Tornay , Dierius dou Pore , Dierius ses fieus , Jehans de Princes , bourgois de 

1 Pour male boisdie. 



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cccxvi REMARQUES. 

Tornay , Libiers de le Court et Sohiers de Haudion, qui preste* y fu avoec les autres homes , 
qui horn est.le castelain dou fief qui descent de nous. Sy y furent come censiers le vesque 
Alars Brassars, Jehans de Quarte, Jores li Barbiieres, Nicoles Cambars, Jehans Sebille, 
Estasses de S l -Omer , Gilles de Crois ; Et sy y furent come censeurs le seigneur de Mortaigne, 
sire Pieres de Gueignies, Evrars a L'etake, Sohiers dou Mares , Jacques dele Vigne, Estevenes 
Choquete , Jehans dou Moulin , Robues de Honevaing et Jakemes de Ramignies , et autres 
bonnes gens fr&re Guilielmes de Moriauporte , sire Pieres de Gueignies chevalier , et li capitles 
de Tornay , et pour cou que ces coses soient fermement tenues et wardees et que nus tors ne 
soit fais d'ore en avant a I'eglise S*-Martin , & l'ostelerie et au kemun de le ville de Froiiane , 
si avons nous Philippes, par le grace de Dieu E vesque de Tournay , jou Jehans , sires de Mor- 
taigne, castelain de Tournay , Marie d'Esconflans sa femme, Thumas et Guilielmes chevalier, 
Pieres archid. de Tornay, Nicholes archid. de Gant , Gilles , cancellier de Tornay, pendus nos 
propres seauls & ceste pr^sente lettre en tesmoingnage des coses dessus dictes , et donne avons 
ceste chartre a rabbet S k -Martin pour le eglise , pour l'ostelerie et pour le kemun de Froiiane 
dessus dit. Che fu fait , seelle* et donne* Fan de l'incarnation MCC soixante et dis-sept , el mois 
de May. 

XIV. 

EXTRAITS DU CARTULAIRE DE S l PIERRE DE LILLE, RBPOSANT EN LA B1BLIOTHEQUE DE CETTE 

VILLE. 

{Menu Augusto MCCLXXXIJI '. Fol. 18 verso.) 

Universis prssentes litteras inspecturis , Philippus, Dei gratia Tornacensis Episcopus, salu- 
tem in Domino sempiternam. Noveritis nos , anno Domini millesimo cc° octogesimo tertio , in 
vigilia assumptionis beats Maris Virginia litteras infra scriptas sigillo domini comitis Atreba- 
tensis sigillatas , prout prima facie apparebat, vidisse in haec verba (Sequitur charta comitis 
Roberti anni MCCLXXII). 

XV. 

(Mense Octobri MCCLXX.) 

Philippus , Dei gratia Episcopus Tornacensis , universis praesentes litteras inspecturis salu- 
tem in Domino. Noverit universitas vestra quod nos emptioni seu redemptioni tertiae partis 
majoris decimal de Hierin nostra? diocesis facts a viris discretis decano et capitulo beati Petri 
Insulensis, de qua in litteris praesentibus annexis fit mentio, nostrum auctorilate diocesana 
praebuimus et praebemus assensum. In cujus rei testimonium prssentibus litteris sigillum 
nostrum duximus appendendum. Datum anno Domini MCC septuagesimo nono , sabbate post 
festum beati Lues evangelists. 

1 Voy. plui haut la note de la page cccv. 



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REMARQUES. cccxvn 

XVI. 

On trouve encore dans lea cartulaires de Tournay , reposant aux archives du royaume , la 
piece suivante : 

Anno MCCLXXVI litterco donationis factm Petro de Guignies militi per castellanum Tor- 
nacensem de vinariis et cinglis de Wippes in feodum. 

XVII. 

Enfin au repertoire des titres de Peveche* de Tournay , on lit ces deux indications : 
Octobre 1280. Accord fait entre monsieur I'ivesque de Tournai et son chapitre, touckant 

? administration et gouvemement des maisons des anciens prestres et des bons en fans de Tournai. 
Lettres de monseigneur Vfivesque de Tournai , contenant qu'il a donne sa terre de Orke en 

forme, en 1280. 

xvnu 

1279. — Pbilippus , Episcopus Tornacensis , confirmat anno 1279 capitulo cathedrali Torna- 
censi , abbati Bodeloensi ordinis cisterciensis (modo Gandavi) et abbatissae de Flines , ejusdem 
ordinis juxta Duacum , decimas in parochia dc Saeftinghen olim dicecesis Tornacensis , modo 
Gandavensis (Ex archiois camera rationum Insults) aub. hirju Opera diplom. et hist., t. HI, 
p. 608 , &lit. de Foppens. 



B. 

Oger-U-Danoi* dans lepays de LiSg. (MS de la bibl. de LiSge, n° 176 , p. 102). 

« L'an viij et ix , les mescreants gaignerent Rome , lesquels estoient en grand nombre , et 
y avoit bien xiiij roys paiens avec le roy Corsuble. L'empereur Charles en fut advertit et 
assemblat son concille et mit ensamble de ses gens cent mil homes pour secourir Rome , et 
avec Charle s'en allat Aper, conte de Looz, avec pluiseurs bons chevaliers liegeois, mais 
helas ! il y fut occis des payens. Tant d'affaire eut ledit Charle en ceste bataille pour Aloris , 
le traistre qui portoit Tenseingne , lequel print la fuite , parquoy Francois furent presque 
desconfist , si le noble Ogier-le-Dannois n'i fust survenu , qui rencontra Aloris et lui r'ostat 
Testandart qu'il portoit et print ses armes , si s'en vestit et vint en la presse qui estoit fort 
grief aux Francois , et tant fit Ogier en ceste bataille qu'il fit fuir les paiens et delivrat la 
fleur de la chevalerie de France qu'on menoit prisonnier. Trop long seroit de raconter les 
faictz d'armes que le gentil Ogier fit , et n'avoit pour lors que XIII ans ; il conquestat Carahus 
et a Brunalmont le geant coupast la teste ; cest geant estoit si fort qu'il ne se fust bougie pour 
XX homes. A brief parler, tant fist Ogier que les paiens tournerent en fuite , et le roy Charles 



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gccxyui REMARQUES. 

remit le pape Lion ! qui estoit oncle a Ogier de par sa mere , en son siege papal , puis 
retourna a Paris, ou ii fit Ogier connestable de France pour les prouesses qu'il avoit monstre 
et le fist conte de Looz, lequel apartenoit a Aper qui fut tuo devant Rome , puis aliat Ogier 
prendre possession de ses terres et vint a Looz ou il print possession de ladite conte qui pour 
lors s'appelloit la conte d'Osterike et Ogier la fist appeller la conte de Looz. » 

Oger etait en meme temps avoue* de Liege , ou il fit beauooup de bien , batit egtises et 
chateaux; le chateau S'-Michel, qu'il contruisit, 6iait sa demeure; sa chapelle, ou I'eglise 
S'-Michel, est encore en basse Sauveniere. Ce chateau descendait jusqu'a l'hopital a la Chalne. 
Le premier pont des arches en pierre fut construit Igalement par Oger. D'autres disent qu'il 
se con tenia d'un pont de bois. 

II orna aussi tout le pays d'eglises et de monas teres. 

En Tan 817 (p. 118), expedition en Espagne. 

Cette expedition finie, Oger va outre mer, mais avant il se rend en Danemarck ou son 
pere Godefroid (Gaufroit) lui donne vingt mille hommes d'armes. Pareillement ses ondes et 
autres amis lui presentent leurs enfans avec bonne quantite de gens d'armes. Avant de partir 
il renonce a tous ses biens et heritages , et les cede a Guy , son frere. 

Oger va a Jerusalem , visite les saints lieux , puis attaque les mescreans et sou met les 
royaumes d'Arabie, de Samarie, de Nube et aultres royaulmes plus de quinse, tant qu'il 
conquestat le grant pays des Indes. En l'espace de trois ou quatre ans , il conquestat la plus 
grande partie du monde, et tous ceuls qui ne vouloient eroire en Dieu et estre baptists, estoient 
occis. De toutes ses conquetes , il ne retint rien pour lui ; il les distribua aux siens , en leur 
recommandant seulement d'augtnenter la foi catholique. Enfin il alia si loin qu'il parvint a la 
porte du Paradis terrestre. Arrive* la, force lui fut de revenir sur ses pas : il arriva a Huy a 
point nomine* pour un tournois. 

Histoire de Basin , comte de Huy. 

Ce Basin « estoit extraict de la lignie des traitres, car il issist du lignaige Dodo, il estoit 
cousin au faulx traistre Ganellon , et Jean d'Alenchon , qui estoit le plus riche et puissant de 
toute la cour du roy Charles , estoit son frere. » 

En 825 , Charlemagne rappelle Oger en France , mais avant de partir, celui-ci marie ses 
cousins : Jean , fils de Radut de Preit , epousa Aygletine , fille du comte de Monhault ou Moha, 
et Ogier le fit comte de Huy. 

Guerre de Gerard de Frait 2 , oncle d'Oger, contre Charlemagne. 

Trahison de Ganelon. 

« Chariot , par le conseil des traitres , en jouant aux escbects occist Balduinet, le batard 
Ogier, pourquoy commenca la grande guerre entre Charles et Ogier, laquelle dura respace de 
sept ans. » 

1 Le pape Lion, selonlememe MS, p. 100, « ettoit fill a Jean WiIlebron( Willebrord), roy de Hongrte, 
oncle 4 Guaria de Hontglaite et talon a Oger-le-Dannois; Be*atris, sa mere (d'0£«er), ettoit scour audit 
Le"on , pape, et Charles, le fils Pepin, fut le fils de sa tante. v 

2 Autrement VEuphrate. 



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REMARQUES. cccxix 

« Vint k Ltege un chevalier qui Tenoit d'oultre mer, lequel estoit appelle* Robert , fius & 
Thierri, le seigneur de Ruelant, lequel Robert avoit conquist par combast corps & corps le 
roy Amarandis de Carsode , c'est-fc-dire en francois Hozemont. » Ogier le maria k Beatris , fille 
& Ramfroid de Preit , le petti voueit de Lifye. De cette uniou , naquirent deux fils , Ogier, 
comte de Huy, sire d'Hozemont , et Radus. 



Jean Le Bel. 

Jean Le Bel n'a pas de place dans la Biographie universelle, et pourtant il a 6ie le precur- 
seur de Froissart, qui a ecrit, d'apr&s lui , l'histoire des £venemens ecoules entre les annees 
1318 et 1356. « Et me veuil , dit-il , au prologue de son premier volume , fonder et ordonner 
» sur les vrayes croniques jadis faittes par r&r&rend homme, discret et sage, monseigneur 
:» maistre Jean Le Bel , cbanoine de S'-Lambert h. Liege , qui grand'cure et toute bonne dili- 
« gence meist en ceste mati&re , et la continua tout son vivant et plus justement qu'il put ; 
» et moult lui couta k querre et & l'avoir, mais quels que frais qu'il y fist , riens ne les plai- 
»» gnit , car il estoit riche et puissant (si les pouvoit bien porter), et estoit de soy-mesme large, 
» honorable et courtois , et volontiers voyoit le sien despendre ; aussy il fut en son vivant 
» moult airn^ et secret a monseigneur messire Jehan de Hainaut , qui bien est ramenteu , et 
»» de raison , en ce livre ; car de moult belles et nobles advenues fut-il chef et cause , et des 
» rois moult prochain. Pourquoy le dessus dit messire Jehan Le Bel peut delez lui voir plu- 
» sieurs nobles besognes lesquelles sont contenues ci-aprds. » 

Cette histoire , qui devait 6tre si anim& et si attachante , n'a point 6t6 retrouvee jusqu'ici , 
malgr^ les esp^rances de M. Monin. Sanderus ne la mentionne pas dans sa Bibliothtquc 
mannscrite , et toutes nos recherches a cet 6gard ont 6t6 infructueuses. L'ouvrage de Froissart 
a-t-il fait n^gliger celui de Jean-Le-Bel , et causl par la son aneantissement , ou ces chroniques 
ne sont-elles pas encore cach&s dans la poussi&re de quelque biblioth&que ou depot d'archives, 
d'oi!i les tirera une d&ouverte heureuse , un hasard inesperd? 

Jacques de Hemricourt a ecrit, vers 1398, son Miroir den noble* de Hasbaye. II y a trace 
du caract&re et des habitudes du chanoine de S'-Lambert , un tableau qui perd a ne pas 6tre 
reproduit dans le dialecte de l'auteur, si impitoyablement ddfigure' par Salbray. Le bon sire 
assure que , d'age d'homme vivant en son temps , il n'y eut en l'4glise de Liege personne plus 
franc , plus g&iereux. J'en puis parler ainsi , a-t-il soin de remarquer, l'ayant hante assidue- 
ment. C'etait un homme de belle taille, toujours richement v£tu et de la facon que s'habil- 
laient les bannerets les plus recherches dans leur parure ; ses surplis m£me £taient enrichis 
de perles et de pierres precieuses. Son train et son ecurie n'&aient pas moins magnifiques. En 
sa jeunesse il avait eu fauconniers et chasseurs , oiseaux et chiens. Ses ecuyers d'honneur 
connaissaient tellement son hospitality et etaient si bien dresses que , de leur propre mouve- 



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cccxx REMARQUES. 

raent, quand Us voyaient quelque vaUlant homme Stranger, tel que prelat ou chevalier } ils 
le priaient , selon Fheure , & diner ou & souper chez leur maltre. Survenait-il un prince dans 
la ville , la table du chanoine lui etait ouverte. II banquetait aoir et matin , se faisant aervir 
en vaisselle d'argent aux jours solennels. Jamais il n'allait & I'eglise qu'U ne fut escorte de 
seize ou vingt personnes de sa famille ou de sa maison. Ce nombre montait jusqu'fe cinquante 
dans les ceVlmonies , de sorte que sa suite £galait celle de 1'eVeque. Tous ses suivans man- 
geaient chez lui et itaient asesdraps. Dans son printemps il s'ltait exerce* aux armes et avait 
brills dans les tournois. Doue d'un esprit supe>ieur et d*une haute sagesse, il se montrait 
enjoue , gracieux. La poesie recevait aussi son hommage, et il rlussissait h faire chansons et 
virelais. En un mot , il cherchait tous diduit$ et soulas , ce qui ne l'empecha pas d'acquerir de 
grands biens et d'obtenir de riches pensions des plus hauls seigneurs. 

Dieu lui fit la gr&ce de passer ainsi toute sa vie en parfaite sante et au sein d'un bonheur 
continuel, dont il jouit jusqu'k l'Age de plus de quatre vingts ans. II finit avec pompe comme 
il avait v^cu , et ses obseques furent des plus splendides. 

Ce portrait d'un ecclesiastique du XIV siecle, rappelle, nous I'avons fait observer, le 
passage ou Ph. Mouskes, pretre lui-meme, regrette le temps ou Ton aimait par amour et ou 
Ton faisait baleries et dosnois l • 

Un homme tel que Jean Le Bel , ecrivait sans doute avec une verve originate et piquante. 
Son humeur belliqueuse , l'experience qu'il avait des affaires et la rectitude de son jugement 
le rendirent cher au fameux Jean de Hainaut , sire de Beaumont et de Chimay. 11 fut son 
conseiller et non pas celui de Jean II d'Avesnes , comme le rapportent Foppens et Paquot. Ce 
prince, qui avait eu part & tous les evenemens remarquables de son temps, et qui mettait dans 
son confident Le Bel une confiance illimitee , lui avait reVele une foule de particularites ignorees , 
surtout & une epoque ou la publicity etait difficile et les moyens de communication entre les di- 
vers ordres d'un meme etat , aussi raresqu'entre les nations. La situation de l'Angleterre Itait 
specialement connue & Le Bel , et il est vraisemblable qu'il s'attacha bien plus aux affaires du 
sire de Beaumont qu'k celles de son propre pays ; puisqu'au milieu des troubles qui agiterent 
reveche de Lidge , on ne voit point paraltre le nom d'un personnage aussi preponderant que 
lui. M. Dewez n'en dit mot, ni dans le texte de son Histoire de Ltige, ni dans la lisle des ecri- 
vains liegeois, mais ce n'est pas la seule chose essentielle qu'ait omise M. Dewez. 

On n'avait encore rien publie sous le nom de Jean Le Bel , avant M. Buchon. Ce litterateur 
a insure' dans le quinzieme volume de sa premiere edition de Froissart , une chronique de 
Richard II , dont l'auteur , des les premieres lignes , declare s'appeler Jean Le Bel ou Le Beau, 
chanoine de S l -Lambert. Or les evenemens rapportes dans cette chronique sont de Fan 1399 , 
c'est-k-dire fort posterieurs k la mort de l'ami de Froissart et d'Hemricourt. Bien plus , 
M. Buchon dit avoir trouve* sur le manuscrit de la bibliotheque du roi, 102123 , la signature 
autographe de ce Jean Le Beau , avec la date de 1449. Quelle parente , se demande-t-il , a 
existe* entre ces deux ccrivains? Jacques de Hemricourt parle de deux fils du chanoine dont 
nous venons de faire l'eloge , et des enfans de l'alne , nomine* Jean. II paralt probable k 

J V.33et24l. 



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REMARQUES. 



CCCXXI 



M . Buchon que l'atne* des fils de ce dernier, devint avec le temps , chanoine comme son 
grand-pere, et que, conservant toujours un attachement de famille pour Richard, fils du 
prince Noir, il se mit a chroniser a son tour cette partie de l'histoire d'Angleterre. La genea- 
Iogie suivante confirme cette conjecture : 



GILLES-LE-BEL, 

Sufrant Froissart; LbBeaz. suivantHemricourt; 
Belitjs, selon Valere- Andr^ : echevin de 
Liege, epousa N. Cossent. 11 portaitles irmei 
d'lsle, de gneule a qua t re grilles de lion d'or . 
II futperede 



_L 



JEAN-LE-BEL, 

Chanoine de 8**Lamhert, pre>6t 
de S*-Jean , conseiller de Jean 
de Beaomont et auteor des 
chroniques. — De Marie Le 
Hardy , dite des Pres , de- 
moiselle de bonne extraction , 
morte le 2 avril 1385, il eut, 
dans un Jge a ranee , deux fils 
naturels : 



HENRI-LE-BEL , GILLES-LEBEL, N. LE BEL , 



Chevalier, echerin de Liege , qui 
epousa Julienne de Beaufort- 
Liedekerckc. II en eut deux 
filles ; Tune , Hellewy ( Hel- 
W W)* epousa Gilles de Surlet. 



Chanoine de S«-Jean. 



If trice a Hombert de Ber- 
nalmont , chevalier. 



JEAN-LE-BEL, 

Chevalier, sire de Hem ri court et 
de Lantremange , qui portait 
les armes d'Opleuwe, comme 
son pere. II epousa N. de Duf- 
fel et de Malines, dont il cut 
plusieurs enfans, entre autre*: 



GILLES-LE-BEL, 

Chanoine et chantre de S'-lf ar- 
tin , a Liege. 



JEAN-LE-BEL, 

Chanoine de Si-Lambert, auteur presume de la Chronique de Richard II. 



Voila , jusqu'a present, tout ce que Ton sait sur deux ecrivains, dont l'un surtout mdrite 
de fixer Inattention. 

Voy. Froissart, Ubi supra; Jacques de Hemricourt, Miroir des nobles de Hasbaye, Brux., 
1673, in-fol., pp. 157-161; meme ouvrage,ed. de l'abbe Jalheau, Liege, 1791, pp. 90, 
126 , 161 , 193 , 223 ; Valere, Andre , Bibl. Belg^ 457 ; Paquot , Mhnoires pour servir a I'his- 
toire littSraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, edition in-fol., II, 186; La Curne de 
S to -Palaye , Mem. concernant les outrages de Froissart , hem. de l'acad. des inscrif. , t. XIII , 
paragr. 9; Bibl. hist, de la France 9 nouv. ed., II, 166, n° 16991; Archives philol., par 

Tom. II. n 



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cccnii REMARQUES. 

M. De R-g, II, 19S-198; J. k. Bachon, Collection dee ckreniquee nationalee frwnqaieee; 
Froisurt, I, 5, X, 71-74, XV, Prtf. de U chrauque de Richard II ; Bulletin de la eodeU de 
Vhietoirede France, I, 295-298. 



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MfWVWMVVVVWVVIWVVVVV^^ 



POST-SOUPTOI. 



GORMONT ET ISEMBART. 



La legende de Gormont et d'Isembart est rapportee sommairement dans un passage da 
Ckronicon Centulense, c'est-a-dire de la chronique de saint Riquier, cite parmi les Additions, ou 
Ton reconnail qu*Hariulphe , peut-6tre Saxowal, dont il n'etait que le continuateur, n*a point parle* 
de YEpinikion de 881 ; mais bien des chansons romanes dont le roi Gormont &ait Tun des person- 
nages principalis. Gormont (Gurmund?) &ait un chef normand, et Isembart (Eisenbard), seigneur 
de la Ferte* , en Ponthieu , un franc qui etait tombe dans la disgrace des fils de Louis-le-Begue. 
Louis III , fils de ce prince, non pas Louis d'Outremer ? comme Ph. Mouskes le dit formellement , 
battit Gormont, a Saucourt, en Yimeu, Tan 881, ct le chef normand fut tu£ dans Faction. 
Depping , Hist, des expeditions maritime* des Norman ds , 1 , 252 , 256. 



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AfcWVVVVV\/V\\\VVW\IVW\IV\J^ 



EXPLICATION DES FIGURES 



DU SECOND VOLUME. 



Ces figure* ont 6t6 copidet la premiere fol. tic mi" vu du tome deuiieme de la Fleur des histoires , MS 
de Bourgogne, n° 923d, in-fol ; la seconde est dessine'e au bas d'une page dans une eopie de Marino Sanuto , 
contenae dans on Tolume intitule* : Varia, MS de Bourgogne , n° 9404, in-fol. 

I. (Aa frontispice et page 19.) Mort de Charles-le-Ckauve. 
Voy. le Roman de Karles-le-Cauve, Catalogue des livres (rares) de la bibl. du due de La Vallifrre, n» 2724. 

II. (Page 699.) Pierre VErmite exhortani let erodes a de'livrerle temple de Jerusalem. 



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CHRONIQUE 



DE 



PHILIPPE MOUSKES. 



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CHROMQUE 



DE 



PHILIPPE MOUSKES. 



12135 Vous ayes devant bien oft 

Comment Karles, au cuer goit, 
Par le consel de ses haus homes , 
Arcevesques, veskes, preudomes, 
Ab&, pr&as etkardenaus, 

12140 Contes, dus, princes et vasaus, 
Barons , castelains et marcis 
Et de vayasors enforcis , 



lUgne de Louis , Jit La 
Dcbonnaire, 



12155 Le dernier vers du premier volume est 
le 12155 , mais en ajoutant apres le vers 25 celui 
qui manque et qui se trouve dans les Lemons di- 
verses, p. 605, il y en a rlellement 12154. 

12156 Au cuer goit, au coeur rejoin. 
12141 Barons. Dans la chanson composee a 

l'occasion de la victoire remportee par Clo- 
taire II , sur les Saxons , en 622 , on lit : 

Quam graviter provenisset missis Saxonum , 

Si nonfuisset inclitus F«ro de gente Burgundionum. 

Bitson , Metrical romances , I, 18, rend le der- 
nier vers dans ce sens : Sans Pharaoh le Bour- 
guignon. Combien , remarque Hallam , State of 

- Tom. II. 



Europe during the middle age, London , 1819 , 
III, 526, IV, combien lui-meme se serait mo- 
que" d*un auteur qui aurait commis une sem- 
blable b£vue ! Faro est, en effet, la m&me chose 
que baro 9 qui signifie, comme nous 1'avons deja 
dit , un homme par excellence. 

12142 Vavasors, vavasseur est proprement 
le possesseur d'un arriere-fief. Nous avons parte 
dans rintroduction du premier volume, p. cxxxvi, 
des Chroniques des Vavassour 7 compilees par Hu- 
gues de Pierrepont , eveque de Liege. Le titre 
de vavasseur est donne par Gilbert au seigneur 
puissant d'Enghien : Hugo de Aenghien,vavassor 
potens. Ed. Du Chasteler, p. 66, $ 115. 

1 



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2 



CHRONIQUE 



Ui.iQchefleur, filled' A ■- 
ineri dc Narbonne. 



Gnillaume d* Orange 
ou au Court-Ncx. 

Thiebaut. 



Lofys, son fil, couronaa 

A son vivant et asseaa. 
12145 Quant ses peres fu sevelis , 

Ass&ires fu del pais 

Et del roiaume et de Tempire , 

Si que de grant joie en sospire ; 

S'ot coronne d'or sor sa tieste 
12150 Et tint le septre par grant fieste , 

Et l'esp& et le pum d'or , 

Si qu'empereres fait encor. 

De son tans estoit moult sen&. 

Si fu a Ais d'or couronn& 
12155 Et puis a Roume s'en ala. 

S'ot del pape son secre la 

Et fu ben&s et sacr& , 

Et par la tiere asaeur&. 

Puis vint en France s^jorner 
12160 Et la se fist recouronner. 

S'ot lempire et fu rois de France , 

Et prist moullier geotil et france . 

La fille Aimmeri de Nieiboune. 

Blanceflors ot non , moult fu bonne , 
12165 Suer Guilliaume, le conte baut, 

Qui prist Orenges sor Ti^baut , 



12151 Lepum, le globe. 

12163 Jimmeri de Nierboune. Dans I'lntro- 
duclion da premier volume , on a denne le com- 
mencement du roman qui porte le nom de ce 
person n age. Philippe Mouskes suit toujours lea 
traditions heroiiques. 

12164 Blanceflors , ce n'est pins Tneroine du 
roman de Flore el Blanceflor, dont nous stops 
offert tin extrait et sur laqudle on trouve deux 
pieces interessantes a la suite du roman de 
Berte aus grans pies, de M. Paulin Paris, page 
193 , et page 88 et suivantes de son Romancero, 
Dans le roman «U Perceval le Galloiw , par 



Chrestien de Troves , ce paladin delivre le cha- 
teau de la jeune pucelle Blaochefleur , altaquee 
par un redoutable veisin et une nombreuse ar- 
mee. 

12166 Tiebaut r un roman design^ daa$ Tin- 
troduction de ce second volume , ainsi que dans 
la note sur le v. 12168, en parle ainsi : 

Car dans (le seigneur) Tibau* , li rices rois d' Arrahe , 
Avoit itifii a Nerhoae le large. 

Dans le meme roman il est anssi nomae Tiber. 
Wolfram d'£schenbach Tappelle Tybalde ou Jy- 
bnld. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



Et li toli sa feme Orable; 

Cou fu Guibors . la convenable , 

La feme cest roi. Blanceflors 

12170 Fu biete et plainne de valors ; 
Mais pour l'aie de son pere 
Et pour Guillaurae , son boin fr&re , 
Et des autres freres vallans 
Ki preu furent d'armes tostans , 

12175 Le prist Lofys , car an$ois 
Le voloient graver Francois. 
XX I II I i sont a cestui , 
Par Testore ciertains en sui. 
Sa tiere tint bien et garda 

12180 C'onques de rien n'i couarda , 
Et si mena sa gent bardie 



Orable. 

Guibor». 



12167 Orable, nom paien de la femme du roi 
Tiebaut. En allemand Orahel. 

Vienent d'Orcnge , le deraaine palais , 
Roarer Orable aroec le roi Tiber. 

et ailleurs : 

Pais prendrai-jou Orable 4 moillier 
Et le ferai lever et baptisier. 

12168 Guibors. Le roman dont M. Mone a 
donne ud extrait dans ses Anzeiger^ 1836 7 181- 
192, d'apres un maiiuscritde Boulogne-sur-mer, 
provenant de Tabbaye de S'.-Bertin , roman dea- 
ling a retracer toute rbistoire de Guillaume 
d'Orenge, debute ainsi : 

Cancbon de jeste pUiroit tous a entendre : 
Teus oe fu faite des le tans Alixandre y 
Fist le I moines a S l - Denis en Tranche , 
Mis le en I livre, par grant senefianche, 
De tel baron con ja porr£s entendre : 
C'est uns des fiels Aimeri de Chataigne , 
Qui tant jour tint Nerbone en son demagne. 
Par moi orres le cancbon de Guillame , 
Com il conquist premierement Orenge 
Et com il prist dame Guiborc a feme. 

et plus bas : 

Et prist Guibourc a moillier. 



La seconde partie du manuscrit extrait par 
M. Mone, commence, a peu decbosepres, comme 
le roman de Guillaume-au-Court-Nez , dont nous 
avons insere le debut dans FIntroduction du 
premier volume. Cest sans doute la meine bran- 
che, sauf certain es variantes. 

La douzieme branche dans le MS. de S*.-Ber- 
tin, est intitulee : Ensi comme Guibours est morte. 
Guibors ou Guibours est appetee par Wolfram 
d'Eschenbach Kyburc. Anzeiger , 1856 , 180. 

12169 La feme cest roi, la femme de ce roi. 

12171 Mais pour l'aie, etc., mais pour se 
faire un allie* de son pere et de ses freres. 

12174 Tostans, en tout temps, toujours. 

12177 Le roman citeporte : 

Gil autre cbantent des enfant dtAimeri : 
L'un fu Guillelmes , et Bernars et Garins 
Et Aimeris et Bueves li genlis : 
Baceler sont jovencel et mescin. 

Plus bas sont nommes encore Hernaus et Gui- 
bers. 

12178 L'estore, c'esUa-dire les legendes ro- 
manesques. 



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CHRONIQUE 



Siege Je Barb astro. 



Foucon, Goicart ct 
Biertran. 



Bainouard. 



Soucorre Barbastre et Kandie. 

Et si delivra , en eel an , 

Foucon et Guieart et Biertran ; 
12185 Et si ala soucorre Orenges, 

Dont il ot moult gr& et loenges. 

Et maint jour le p&ia Guillaumes, 

Et fist porter escus et hiaumes , 

Et li cousta et un et el. 
12190 Le grant Rainnoart au tinel , 

Qui Tot nori en sa quissine , 

Li douna-il en sa saisine. 

Acate Tot a marc&ns 

Pour 90U k'il ert joveaes et grans. 
12195 En pai^nime l'orent pris , 



12182 Barbastre, nousavons deja dit, torn. I , 
p. CLiTin, que le sieges de Barbastre est la 
sixieme branche du roman d'Aimeri, dans le 
MS. de La Valliere. 

12184 Foucon, Fulco, Foulques ; Guieart, 
Guichard. 

12189 Et un et el, et celui-ci et celui-la. 

12190 Le grant Rainnoart au tinel, en alle- 
mand Ren new art. La troisieme branche du ro- 
man de Guillaume d'Orenge, dans le MS. de 
S'.-Omer, est intitulee : Ensi comme Guillelme 
maine le carroi en IVimes. Cette branche est la 
quatrieme dans le MS. de La Valliere (Calal. II, 
224 , n° 2735), et commence autrement. Dans le 
premier MS. on lit : 

Plusor tous ont da Guillaume coote , 
De Renouart et de sa grant ficrte. 

La neuvieme branche est inlitulee : Ensi come 
Renouars est moines. Cest la quatorzieme duMS. 
de La Valliere. 

La dixieme : Ensi come Renoars siet au men- 
gier et HI I lyons vienent devant lui. 

Dans le MS. de La Valliere, la onzieme bran- 
che porte ce tilre : Comenl Renouart parole a 
eels de la nef. Dans le fabliau des deux trove'ors 



ribauz,te\ que Fa donne* M. Robert (Fabliaus 
ine'dits, Paris, 1834, in-8° , p. 25), Tuo des 
trouveres dit : 



Et si sai. 



Da Fouetu et de Renoart. 



Tinel, voy. I'Ihtboductioii dece second volume. 

12191 Quissine, cuisine. II avait &t& proba- 
blement un des o/ficiers de la louche. Le Grand 
d'Aussy, Hist, de la vie prive'e des Francois, 
2*ed., Ill , 347 et suiv. 

12194 Jovenes, prononcez jouenes pour la 
mesure , ainsi qu'on Ta plusieurs fois remarque\ 
Les mots en ^ne tels quMfoteveite, Fir gene , sem- 
blent avoir eu le privilege de se contracter dans 
la prononciation , pour se plier aux exigences 
du metre. Ve'pUre farcie qu'on chantait dans 
Feglise de Paris au XII siecle , a la fete des 
fous , en fournit encore un exemple : 

Entcndcx tost a cest sermon , 
Et clerc et lai tot environ , 
Cooler voloos la passion 
De Saint Eslevcne le baron , etc. 

Hist, litt.de la France, XIII , 109. 

12195 Paie'nime , en paiennie , dans le pays 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



Sor la rive de mer soupris. 
Fr6re Guibort pour voir estoit , 
Mais encor pas n'el connisoit. 
En Aliscans, a son tinel, 

12200 Le trouv^rent paien cruel. 

Lofys moult bien s'i prouva , 
Guillaume sou vent d&ivra , 
Et puis yint-il en France ari&re 
A la roine qu'il ot ciere , 

12205 Et li faisoit trestot son s&. 
Fius et lilies en ot ass& 
Dont jou dirai aillors que ci. 
Mais a eel jour , que je vous di , 
Ot Guillaumes moult conquest^ 

12210 Sor paiens u il ot est^, 
Afebloii&> fu durement 
Et par ^age et par torment, 
Mors fu , et puis , j'en sui {tons) ciers , 
Dis St. -Guillaumes es d&iers. 



Mori de Guillaumo-au- 
Court-nex, oudc saint 
Guillaume de Gel- 
lonnc. 



de* paiens. Le roman extrait par M. Mooe, con- 
tient ce vers {Anz., 1836, p. 186) : 

De sa Maurie rielt asamblance fair*. 

(Test dans le meme sens que Hues de la Ferte 
dit dans un de ses sirventois : 

Diex qui le mont puet sauver , 
Gart France de raiijer {faiblir) 

Et la baronnie ! 

Et Thibaut de Brie 
Doiut Diex le roi maios amer , 
Et Fcrrant fasse ferrer. 

P. Paris, Le romancero franeais, p. 192. On 
peut rapprocher le dernier vers du dicton re- 
latif a Ferrand ou Fernand de Portugal , comte 
de Flandre. 

12199 En Aliscans, voy. 1. 1, p. cclyiii; Tur- 
pin : in Aylis campis (in Elysiis campis). 

La Bataille d'Aleschans est une des branches 



du roman d'Aimeri de Noirbonne , dans le MS. 
de La Valliere. 

12205 Son se'ty son devoir. Une ancienne tra- 
duction anonyme de saint Gregoire , laquelle pa- 
rait elre du XII° siecle , contient ce passage ou 
on loue saint Paul de ce que, eleve ordinairement 
aux plus sublimes meditations, il ne dedaignait 
pas d'en descend re pour s'occuper des devoirs 
qu'une tendresse mutuelle impose aux epoux : 
« Ke il fut meneiz as secretes choses del tiers 
» ciel , et nekedent (ne'anmoins) reflekist l'oelh 
» de sa pense* par compassion a ordineir le lit des 
» marieiz, disanz : Li barons rendet la dete a sa 
» feme , et la feme semblablement a son baron. » 
Hut. litt. de la Fr., XIII , 15. 

12214 Dis, dit, surnomme' S i . -Guillaumes 
is de'siers. Le roman de Guillaume d'Orenge finit 
ainsi dans le MS. de S'.-Omer : 

En 1 'hermitage taut pena li saint horn , 



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CHRONIQUE 



Joie que la mort de 
Charlemagne cause 
aux Sarrasins 



12215 Cis rois Loiys fa croisant 

En tous bient , et fort et poisans . 

Et ti tenoit rice compagne. 

Et nouviele Tint en Etpagne 

A Sarrasin* et k palens 
12220 Que Katies , li buens crestiten* , 

Li buens rois , li fors ju*tici&re , 

Ki tous jors leur tenoit esti&re, 

Estoit mors et al& k fin. 

Grant joie en orent Sarann^ 
12225 Car il les ot tous exilli& . 

Et Taumafours en fu trop li&. 

Uns pelerins leur ot cont^ 

Qu'il orent pris et enoontr^. 

Moult en fist l'amiraus grant fieste . 
12230 Et jura les ious de sa tieste 

Qu'il Toloit la ttere rayoir 

Que pierdue avoient si oir 

Pour Carlemainne et pour sa gent. 

Ses bri& fist faire isnelement 
12235 Et saieler et maitre en cire , 



Qu'il i prist fin , ti con li saint Tronon [// eon lisant 

Et Dieus mist s'arme lassus en sa maison. [trovon?) 

Encor y a gent de religion 

A taint Gofllaumeel* desert , le dfct-<m. 

A pre* sa mort ne aai que en canchon. 

Or proton Dieu qu'il nous faee pardon , 

Si come il fist Guillaume le baron : 

Amen en die cascuns et a cler ton. 

12218 Ce qui suit se trouve dans le supple- 
ment au Faux Turpin, que nous avons donne 1 
parrai les Lectnt diverse* du premier vol., p. 625. 
Foy. l'lNTaemrcTiesT du tome second. 

12222 Estiere,b<mnecotileuance? Leur tenoit 
estiere , leur opposait ua freia ? Le mot estiere 
n'est ni dans Roquefort m dans les glossaires 
particuliers qui aeeompagoent des publications 
d'anciennes poesies francaises. 



12226 Vaumac ours , ce mot a eti employe 
dans I'autre volume, v. 5656, 5681, etc Cost 
Valtumajor du Faux Turpin , mot qu'il est asses 
etonnant de voir neglige^ par Du Cange et ses 
continuateurs. M. Amaury Duval dit quautnacor 
est un mot arabe que Ton peut rendre exacte- 
ment par celui de connetable, comet ttabuli. 
Hist. litt. de la France , AT HI , 727. Le roman 
de Maugis d'Jigremont, dont Huon de Ville- 
neuve est l'auteur , finit par la eon version d'un 
p*ien, on plutot d'un mahometon , Vivien I'mm- 
miacor. 

12232 Si oir , signifie proprement set ke'ri- 
tiers, il vaudrait mieux rentendre, en cette 
occasion , de eon peuple. 

12233 Pour, a cause de. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 7 

Et sour destrtrire et sour ocire 
Manda par trestoute sa tierre 
PaieDS , pour commencier la gierre. 
Quant ensanble ftirent ses os , 
12240 L'amiraus ten ala moult toe 

A monsi&nour St. -Jake, droit r ...... 

*J ' Profanatioa de 1 eglise 

A Compostiele, u il gisoit des^j^ei decow- 

Et fait encore yoirement. 

La mena-il toute sa gent , 
12245 Et si reuba la sainte glise 

S'a la gent crestiene ocise 

Et del moustier fisent estables. 

Ce ne hi pas gens d&itables , 

Quar il i faisoient ordures. 
122:50 Mais il en orent painnes dures, 1>uniUon dc$ , nUku% 

Quar , par le fbndement des cors, 

Lor issoit la boiele fors, 

Et li autre s'aveulisoient 

Et li plusiour del sens isoient. 
12255 Li aumafors tout aulresi 

Ot itel mal et s'areuli ; 
" Et St. -Jake ausi reclama 

Ki de ses ious le raluma. 

Car li amiraus dissoit bien 
12260 S'il le garisoit de tel rien , 

Jamais yiers lui ne raesferoit 

Ne en son pais n'enterroit 7 

Et si li feroit sorre et rendre 

Quan c'on i pot tolir et prendre. 
12265 Ensi fu guaris et si home 

12256 Et sour, et aon» peine de. uaieat ayeugle*. 

12244 La mena-il, laamena. 12254 Del sens isoient, devenaient inaeiwes. 

12252 La bottle, le* boyaux. Le texte latin : 12260 Tel rien, telle ehoee. 

Qaidquid corpwre comlinebant. 12262 N'enterroit, litea pluUk nentreroit. 

12255 S'aveulisoient , s'aveuglaieot , de?e- 12265 iSorre, rettituer , payer, to(lwe)re. 



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8 CHRONIQUE 

Par St. -Jake, le buen preudome, 

Et il a maintenant rendu 

Quan con ot el moustier perdu , 

Et si fist par la vile rendre 
12270 Quan c'on i pot tolir et prendre. 

Dont si a la vile gierpie 

Et il et toute sa mesnie , 

Et dist que li Dieux crestiiens 

Vaut mios que li Dieux as paiens , 
12275 Cil auma^ors et sa compagne 

Sen alerent a grant compagne 

Qu'il en i eut plus de C mile , 

Tant k'il vinrent a une vile 

Que la gens apieloit Ornis, 
12280 Et moult iert le pais garnis. 

En oele vile ot une glise 
Miracle de Mint &o- De St.-Romain , moult bien asise , 

Et moult l'onoroient la gent 

Qu'ele iert painte d'or et d argent. 
12285 Li aumafors tout i reuba 

Et sa gent la Tile guasta . 

Et partout latre hierbegi&rent . 

Dedens et defors se logierent. 

L'auma^ors ot I compagnon 
12290 Qui dus estoit de grant renon : 

Cil sen entra dedans la glise 

U on faisoit le Dieu service , 

Et vit les coulombes dories 

Et les masieres argent&s. 

12271 Gierpie, abandonnee, de'guerpir. ceserait : et partout le pourpris.... atr{ium). 

12279 Ornis, dans notre texte latin: Omtz 12295 Coulombes, colon oes. 

(Orense), et dans le Turpin francais , reimprime* 12294 Masieres, mu rallies ou routes. Le texte 

en 1855 : Ornxz, fol. xxviij. latin : Ineadem basilica vidit columuas pitlckerri- 

12287 Latre, larroDs? lotr(on)e(s). L'expres- mas, qua ejusdem ecclesia tecta sustentabant ; 

sion ordinaire £tait lire on lerre. Si on lisait : qua etiam in summitale deargentata et deaurata 

Et partout Tatre hierbegierent , erant. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 9 

12295 Et cil paiens , par convoitise , 

Tot pour d&onorer la glise . 

I quing de fier en sa main prist 

Et I martiel , si s'ademist 

A une coulombe brisier , 
12300 Pour avoir largent et I'ormier. 

Et si com il aloit ftrant, 

Si devint piere maintenant 

En samblan t dome , pardoleur, 

Et est encor d autel couleur 
12305 Comme li drap qu'il ot vestus, 

Si k'il n'i ot ne mains ne plus. 

Et quant li auma^ors le sot, 

Dolans en fu que plus ne pot , 

Et dist que sor toutes les riens 
12310 Valoit li Dieux as crestiiens 

Qui , puis la mort de ses amis , 

Se vengoit de ses anemis. 

« Jakes , li sains de Compostiele , 

Toli mes homes la boiele 
12315 Et si m'aveuli de mes ious , 

Ne spi que fu ti&re ne cious , 

Et quant jou li proiai merci 

Moi et mes omes lues gari; 

Et cis Romains , teus est ses nons , 
12320 A fait ptere I de mes barons. 

Ciertes trop cruelment se venge. 

Mais jou li proi k'il le me renge. » 

Moult li requist, moult li proia , 

Mais St. -Romains rien n'otria. 
12325 Donqes a dit li auma^ours 

12297 Quing, coin, cun(eus). 12504 D' autel, de telle, de semblable. 

12298 S'ademist, s'effbr^a. Se demisit ad. 12516 De facon queje ne susae distinguer la 
12500 L'ormier , or pur, aur(um) mer{um), terreduciel. 

On disait aussi Yermier* 12522 Renge, rende. 

Tom. II. 2 



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10 CHRON1QUE 

Que St. -Roma ins ert fel et fors. 

« Ciertes , fait-il , ainc maid n'ayint , 

Cis est fos, ne sai dont il vint; 

Mais Jakes est plus debonnaire 
12330 Qui me resclarci mon viaire , 

Et mes homes douna sant^ ^ 

Quant il me Tint a volenti. 

Et cis Romains qui tot viot prendre, 

Ne me dagoe moo home rendre. 
12335 Or sai bien que Jakes fu n& 

De gent cortoise et fu sen&. 

Et cis autres sire Romains 

Fu n& de fos et de irilains , 

Quar il est fel et oontredis , 
12340 Quant jou de lui vois escondis. 

Ja courtoisie ne rien douce 

N'istera de vilainne bouce. 

Cis a mes hommes enhais. 

Fuions nous ent de cest pais. » 
12345 Atant en a sa gent men& 

Si a widte la contr& , 

N'ainc puis n'os&rent metre main 

A St. -Jake na St.-Romain, 

Et li paiens , tot maugre leur , 
12350 Fu piere de puant oudeur. 
Kd.que.. Dont aporta-on, j'el sai hien . 

A Seasons St.-S^bastiien 

Et en Franoe , par I jour biel , 

0$1 cors St.-Piere et St.-Marciel , 
12355 Et de confies et de martirs 

12326 Felctfors, injuste et cruel. 12311 Ne rien douce, ni chose douce, ni la 

12330 Fiawe, vue. douceur, ni la plemence. 

12339 Cbntredis, oppose a ce qu'on lui de- 12342 N'istera, ne sartira ; bouce y bouche. 
mande. . 12343 Enhau , pri* en haioe. 

12340 Quand je m'eo vaw scottduit par lui. 12332 Sessons, Soissons. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



11 



Jointes et oissiaus tous entire. 
Lo^ys, li fius Carlemainne, 
Tint bien son empire et son rainoe , 
Corame hardis rois et gentius ; 

12360 S'ot de sa feme III1 fius. 

Blanceflor, la fille Aimmeri. 
Moult ama ses fius et cteri . 
Loiys , Lohier et Garlon , 
Et Pepins ot li quars a noo. 

12365 Cis rois fu cortois et vallaos , 

Mais , pour $ ou k'il ot tieres grans , 
Par le consel des arcevesques , 
Dus , contes , princes et ^yesqes . 
D^parti-il , sans nule doute , 

12370 A sea enfans sa tiire toute , 

Qu'apri& sa mort n'en fust estris 
Ne meutee, noisse ne cris. 
Al deviser ot maint preudome. 
Lohiers ot l'empire de Rome; 

12375 Si fu moult preudom en sa vie. 
Lofys ot por sa partie 
Toute Baivtere et Alemagne , 
Pepins , li tiers , ot Aquitagne . 
Ango , Poito et Limozin , 



Louis - le - Debonnairc 
partage tes etats au- 
tre set fits. 



12356 Des corps entiers , ossemens et ce qui 
les unit. 

12358 Tint bien ton empire , eel a est dementi 
par l'histoire , ear la faiblesse de Louis est assez 
connue. 

12561 Louis 6tait mari£ depuis Pan 798 avec 
Hermengarde , fille d'Ingeramne, due de Hes- 
baie et avait d'elle trois fils , Lothaire , Pepin et 
Louis. En 819 il epousa Judith, fille du due 
Welf , de nobilittimd ttirpe Bavarorum, dit The- 
gan, et il en eut un quatrieme fils appele 1 Charles. 
Recueil des histor. fr., VI , 79, 405. Baluze, Co- 
pituL 1 , 575. 



12569 En 817, dans un concile a Aix-la-Cha- 
pelle, Louis associa son fils aine Lothaire a 
Pempire , et partagea ses elaU entre lui et ses 
freres. 

12372 Robert "Wace dit en parlant du meme 
prince .* 

As quatrc filz parll sa terre, 
K'empres sa mort n'i out grant guerre. 

Le ronton de Rou , I, 15. 

12575 Al deviser , a ce partage. 

12579 Ango, M.Mone, transcrivantle debut du 
romande Guillaume-au-court-Nez , apres covers 
que nous ayonsdonnl, mais plus correctement, 



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\t 



CHRONIQUE 



Lotbaire. 



Pepin 



Louis. 



Charles. 



12380 Et moult l'am&rent si voisin. 

Carles ot France et si fu rois, 
Les tors hai , s'ama les drois , 
N'ainc volentiers ne corabati , 
Ne viers autrui ne s'aati. 

12385 De son p£re, par la devise , 
Fu couronn& a St.-Denise 
Et asseur& de la tierre, 
Qu'il n'ot entr'aus tence ne gierre. 
Lohiers , si com l'estore nourae , 

12390 Fu sacr& et b&iis a Roume 
Et asseur& des marcis 
Et des barons plus enfbrcis. 
Ses p&re i fu al couronner , 
Pour l'afaire mious asener. 

12395 Pepins fu d'Aquitagne quens, 

Sa tiere tint par moult grant sens. 
Lofys fu rois d'Alemagne , 
Ses peres viout qu'il la remagne : 
Mais sor aus tous retint li pere 

12400 Et del roiaume et de lempere 
Les rentes et la commandise, 
Tant com il vivroit, par devise. 
Et apri& sa mort ensement 
Tenisent leur assenement. 

12405 Karles , ki fu ses fius mainsn& , 



11 i a preni [apeni) Baivier et Alemaigne 

ajoute : 

Et Normandie et Anjos et Bretaigne 
Et LomLardie , Avauterre et Toscane. 

J tauter re f dit-il , pour Aval-terre, Niederland, 
les Pays-Bas. C'est le pays des Avalois. 

12581 A la diete de Worms, au mois d'ao&t 
829 , Louis avait d'abord assigne a sod ills Char- 
les , rAHemanie , la Rhetie et une partie de la 
Bourgogne. Ce ne fut qu'en 857 qu'a l'assemblee 



d'Aix-la-Chapelle , illui donna la meilleure partie 
de la France. En 859 , a Worms , nouveau partage. 

12582 Tors , dans le sens moral on ne dit plus 
que relors. 

12585 Par la devise, en vertu de I'arrange- 
ment , du partage fait par son pere. 

12595 Les historiens omettent cette circon- 
stance qui ne saurait e*tre exacte. Lothaire fut 
couronne empereur le jour de Paques , 825 , par 
le pape Paschal. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 13 

Tint France comme rois senes. 

Ci8 ama mOUlt 8e3 frereS III , Dissensions et guerres 

rk • - - i • _■■ . entre l'empereur et 

Puis ot entr aus gierre et desrois. ** fii$. 

Encor vivoit rois Lo^ys , 
12410 Lor p&res, ki moult fu hard is; 

Et cis fu Lofys, li pius, 

Li d&onnaires , li gentius. 

Mais Lohiers ki fu emperere , 

Prist guerre a Lotys , son p&re , 
12415 Et viers son fr&re, roi Charlon , 

Et Lofys , par un feSlon 

Qui la guerre li consilla ; 

Parquoi leur tieres exilla. 

A quan qu'il pot , tous premerains , 
12420 Vint sour aus el pais de Rains ; 

Mais ses pere et si frere andoi , 

Se la vert^ dire vous doi , 

A toute lor gent cevaucierent 

Et contre Lohier savancierent. 
12425 Pepins , li tiers frere , sans falle r 

Ne fu mie a cele bataille , 

Quar il ot malade g^u , 

Si n'a Tun ni l'autre neu. 

A batalle vinrent ensanble. 
12430 Grant mortoire i ot , ce me samble , 

Par l'estore le sai de fi. 

Lohiers adonques desconfi 

Son pere et son frere Garlon ; 

Et Lo^ys , k cuer telon , 
12435 Par outrage et par mesprison , 

Les tint et mist en sa prison , 

Et , par toute France , irascus 

12410 Hardit , c'etait precis&nent tout le con- 12436 Prison. En 853, l'empereur est pris e 

traire. conduit a S l -Medard de Soissons, puis a Aix-la- 

12428 Neu (rime) , nuit, no(c)u(xi). Chapelle ou il passe Thiver en prison. 



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14 



CHRONIQUE 



Cevaiuja a VII mil escus. 
Castiaus et bors et fennet& 

12440 Saissi, et Tiles et cit&. 

Lohiers*, ki fu crueus et fel, 
Se repenti et ot cornel. 
Dont puis avint k'il les rendi 
A Seasons, par 1 samedi. 

12445 Et, pour icele m&estance., 
Enprist Lohiers sa p&iitance 
En la glise de St. -Martin , 
Pour la guerre et pour le hustin 
Qu'il avoit fait a son pere 

12450 Et a Carlon, le roi son frere. 
Et a Lofys ki fu tiers, 
Ki mout i perdi de Baiwiers 
Et d'Alemans a eel estour : 
Acordet sont au eief del tour , 

12455 Et Lohiers, aine que plus atende, 
Fist a son p&re grant amende. 

Moult fu preudom cil Lo^ys , 
Fius Carlemainne, et ob&s 
S'estoit a Dieu de tot le cuer , 

12460 Ne tort ne fesist a nul fuer. 



12438 Escus, combat Laos, Tarmure pour le 
guerrier, comme on disait une lance pour rhomme 
d'armes et ses suivans. Une epitaphe vue par les 
PP. Martene et Durand dans nn MS. de l'abbaye 
da Mont-SMJuentin , a un quart de lieue de P6- 
ronne, &ait ainsi concue : 

Cbi gist dessus Ane Fawiaus , 
Roi d'arraes fors, preus etloiaus, 
Plains de meurs de chcvallerie, 
Espcranche de se lignie , 
Vaiuquiers fu et nient vaincos. 
Partout fu mounstre* tes escus. 
Robers fa apelles par uon , 
Li rrais Diex li fache pardon. 
M et CC et LX ana murut 



Dont mais horns fu doulans. 

Voyage lit., 1725 , in-4*, pag 53. 

12439-40 Ces deux vers ont deja passe sous 
les yeux du lectenr. Foy. vs. 794-95 , etc. 

12442 Se repenti, ce repentir fut force. Lo- 
ibaire ne cexla qu'a la necessity en venant de- 
mander pardon a son pere , aupres du chateau 
de Blois. 

12449 Ge vers est trop court ; lisez sans eli- 
sion : 

Que il avoit fait a son pere. 

12454 Au cief del tour, au chef, au sommet 
d'une tour. Cette particularity est ici pour la 
rime. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



15 



XXVI an* avoit rigni , 

Quant k la mort la Dieux men£, 

N'onqes n avoit arafe gierre. 

A St. -Denis fu mis en tiere. 
12465 Lohiers fu de Roume emper&re, 

Mais il ne pot de son cuer rere 

Le p&iet qu'a son pere ot fet. 

Moult estoit dolans del mesfet. 

Loeys tint en son demagne 
12470 Ais et Baiwi&re et Alemagne ; 

Pepins Aquitagne et Poitou 

Et Limozin et tout Angou. 
Carles ot le regne de France , 

Et le sorplus mist en so uf ranee. 
12475 En boine pais tint son r&i£ , 

Gar ses p&res l'ot couroun^. 

DeVant fu fenestras et haus. 

Si ot a non Carles li Caus. 

Ass£ur& fu de la tierre 
12480 K'il ni ot corine ne gierre ; 

Moult fu preudom et d^bonnaire. 

XXV rois a cest doi faire 



Mort da Louis -le-Dc- 
bonnaire. 



Charlcs-le-Chauve . 



12461 La mesure exige qu'on lise vingt et 
six ans. II avail regne 36 ana et 3 mois moins 
8 jours depuis la mort de son pere , el etait dans 
la 63* annee de son age. II deceda Tan 840 dans 
une tie du Rhin, aupres d'Ingelheim. 

12469 Demagne, pouvoir, domination. 

12473 Voy. Bonamy, Memoire sur I'etat du 
royaume de France pendant le regne de Charles-' 
le-Chauve, Acad, des Inscr., XVII , 245. 

12475 Rene, royaume. 

12477 Fenestras et haus, Ce vers est enve- 
loppe d'obscurit£, et nous ne I'expliquerons que 
par une conjecture , en faisant toujours nos re- 
serves ordinaire*. Ph. Mouskes n'avait-il pas 
voulu dire qu'avant d'etre couronne' , Charles fut 



connu d'une maniere honorable et term en haul 
rang j fenestras, par allusion a Tusage observe 
dans les tournois, ou Ton faisait fenttre, e'est- 
a-dire que pour faire connaitre les champions , 
on suspendait aux fenetres leurs ecus armories ? 
Voy. Du Cange, au mot Fenestragium. 
Si on lisait : 

Car ses pere l'ol coarotme , 
Devant fu fenestres et bans. 

11 se pourrait qu'on put traduire : Car son 
pere le couronna, et cela devant fenetres et 
portes, e'est-a-dire publiquement; mais, quoi- 
que hasardee , nous preTerons la premiere inter- 
pretation a la seconde. 

12482 XXV. Lisez pour la mesure vingtet cinq. 



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16 



CHRONIQUE 



Invasion des Normands 
danjl'IledeWalche- 
ren. 

Odoacre. 



Bataille d« Fontenay. 



Rois de France , ce dist restore 

Ki fu not& k eel tempore. 
12485 Dont viareat li Normant en Walcres, 

U quens avoit esti Od acres. 

Si ocisent moult des Francois 

Qu envoiies i avoit li rois 

Pour le pais faire plus sauf. 
12490 Mais li frere Carlon le Cauf 

Le guerroierent a I jour 

Qu'il quidoit mious iestre a s^jour ; 

Mais il quist gent et fist batalle, 

Si yenqui ses fr&res, sans faille. 
12495 Droit k I jour de rouyisons 

Fu la meutee et la tendons 

De 1111 fibres d'ire plains. 

En cele contr^e de Rains 

Con apiele le Fontenil. 
12500 La ot maint cors mis a exil. 



A ce prince on doit compter vingt-cinq row de 
France. 

12485 JValeres, Hie de Walcheren. Falaeria, 
Dom Bouquet, VII, 259, C. Dans les Ann. 
Fuld. on lit : Anno DCCCXXXFII. Nordmanni 
trtbutum exactantes, in WdUhram inrulam ve- 
nerunt, ibique Eggihardum, ejusdem loci comitem, 
et Hemmingum, Halpdani filium , cum alits mt*7- 
tit, XV hal.julii, occideruntetDorestatumvasta* 
verunt, acceptoque a Frisionibut tribute, reverti 
sunt. 

12486 Odacres, Odoacre on Audacre, passe 
pour Ills d'lngelramne el pourpere de Baudouin- 
Bras-de-Fer. Corpus chronicorum Flandria , 
pag. 1, 7, 9, 12, 54, etc. 

12492 Qu'il se croyait le plus en repos. 

12495 Rouvisons, rogations. La bataille de 
Fontenay selirra Tan 841 , le 25 juin. Voy. DtV- 
sertation sur le lieu ou s'est donnee... la bataille 
de Fontenay , dans le recueil de Tabbl Lebenf, 



Paris, 1758, I, 127-190. Observations par le 
meme , sur Vepoque de la bataille de Fontenay , 
Acad, des Insc. XVIII, Hist., pag. 505. Norn- 
velle preuve , par le meme , de Vepoque de la ba- 
taille de Fontenay, Journal de Verdun, 1755, 
feVrier. Memoirede M. Pasumot, sur le lieu on 
s'est donnie la bataille de Fontenay en 841 . If out, 
Annates des Voyages, XIII , 171-215. Cf. D 
Bouquet, VII, 504, B. 

Le Roman de Rou contient ce passage ,1,16 

De toles pars fircnt venir 

Quant qu'il porent por tot navir. 

Entre Vergelai et Auceurre 

Erent li uns ales en fcurre (Jbnrrag*r) , 

Quant It altres sont tos vemis ; 

Esvos l'estor si mal esmu 

Joste Fontenei , nne rile , 

En out ocis plus de cheat mile : 

La peri de France la flor , 

E des barons luit li meillor. 

Aiosi trovercnt paenz terre 

Vuide de gent, bone a cunqnerre. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



17 



Si ot moult de eevaliers mors , 
Qui qu'en fust li drois ne li tors. 
Mais Karles li caus venqui tout 
Et s'ot de gent contre lui moult. 

12505 Desconfit furent si troi frere; 

Tout 50U fist Lohiers l'emper&re 
Pour l'enyie et pour la corine 
Que Karles ot France en saisine. 
Adont moru li quens Odacres 

12510 Qui tint quite Flandres et Walcres , 
Et Bauduins , ses fius , fu quens. 
Cil fu justici&res moult buens 
Et moult fu hardis , ce dist Ton. 
Mais li doi frire al roi Carlon, 

12515 Pepins et Lofys , morurent 

Peu apri& 50U que yencu furent, 
Et pour 50U k'il n'avoient oir 
Ki leur ti&re d&iist avoir, 
Si revint l'onors , ce trueve-on , 

12520 A lor fr&re le roi Charlon. 

Et Lohiers ki fu li tiers fr£re 
Qui de Roume estoit emper&re , 
Se rendi en une ab&e , 
Pour 50U que par sa &lonnie 

12525 Avoit son p£re guerroiil 
Et son frere , pris et loite , 
Ensi com jou (vous) ai devant dit. 



Btadouln-Bru-de-Fer , 
comtt de Flendre. 



Mori de Pepin et de 
Lonis-le-Geraeniqne. 



Lothaire entre en re- 
ligion. 



Cf. Deppiog , Hittoire des expeditions maritimes 
det Iformands, Paris, 1826, I, 115. 

12810 Foy. v. 12848. 

12815 Pepins, il Itait mort $ur la fin de 
l'annee 838, par consequent avant la bataille 
de Fontenay; Loeyt, Louis mourut le 28 tlu 
mois d'aout 876, c*eat-a-dire environ 55 ans 
apres cette bataille et non pas peu aprie's , comme 
le dit Ph. Mouskes. 

Tom. II. 



12521 Lohiers, Lotbaire en Ira an monastere 
de Pruhm en 855 et mourut le 28 on le 29 sep- 
tembre de la meme annee. L'abbaye de S l .-Hu- 
bert conservait le portrait de ce prince a la tele 
d*un psautier en lettres d'or , dont il avait fait 
present a cette maison. Les PP. Martene et Du- 
rand ont fait graver cette miniature dans leur 
Voyage litte'raire, 1724, in-4°, pag. 156. 

12526 Loiie', lte. 

3 



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18 



CHRONIQUE 



Louis II, empereor. 



Lolhaire, roi dc Lor- 
raine. 



Judith. 



Isi Lohiers , sans contredit , 
Se f u en l'abie rendus. 

12530 De sa feme ot I fil sans plus. 
Lo^ys ot non, par yerli; 
De l'empire la dignity 
Li a doun& toute entire : 
Sen fu maint jor tenans et sire. 

12535 Petit apri& moru Lohiers 

Qui Dieu siervi moult Tolentiers ; 
Dont la tiere encor , par raison , 
Pour Lohier Loherainne a non , 
Trhs gou qu'il en fu premiers sire. 

12540 Et la tiere laissa poursire, 

Et ses fius ot le don del p£re , 
Si que sires fu de Tempore ; 
Et Karles li Caus fu en France. 
Haute feme ot gen til et france , 

1 2545 Dont une fille ot auques biele ; 
Juthis ot non la damoisiele. 
Mais Bauduins , li fius Odacres , 
Ki tint quite Flandres et Walcres , 
L'enama, si le YOt avoir; 



12528 1st, pour ici, ieist, ce. 

12829 L'abie, tout a l'heure Vabeie. 

12530 Ce vers contieut une grosse erreur, 
car d'Hermengarde , fille de Huguea , comte 
d'Alsace , qu'il avait Ipousee en 821 , il laissa 
troia fila : Louis , qui devint empereur ; Lo thai re, 
auquel il don Da la portion de aes eiata qui 
du nom de Lothaire a'appela Lolharingie; et 
Charles , roi de Provence. II eut de plus quatre 
Biles. 

12535 Moru Lohiers, Lothaire , roi de Lor- 
raine , mourut le 8 aout 869. 

12539 Tres cou qu', par ce qu\.. 

12540 P our sire , pourauivre, Lenoir a un au- 
tre. Apres sa mort, Charles-le-Chauve, roi 



de France , s'empara du royaume de Lorraine. 

12541 Et ses fius , non pas le fils de Lothaire, 
roi de Lorraine, qui n'en eut pasd'aulre que Hu- 
guea, a qui il avait donne 1' Alsace, mais Louis II, 
fila aine de l'empereur Lothaire. 

12544 Haute feme, Charles-le-Chauve epousa 
1° Hermentrude , fille d'Eudes, comte d' Orleans ; 
2° Richilde, sceur de Richard, due de Bour- 
gogoe et de Boson I ou II , depuia roi de Pro- 
vence. Du premier lit etait Judith qui Epousa : 
1° Etelwolf, roi d'Angleterre; 2° Ethelbald, fils 
de ce premier mari avec lequel elle n'avait point 
consomme* son manage ; 5° Baudouin . comte 
de Flandre. 

12548 Vers repele , voy. 12510. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



19 



12550 Et celle ot petit de savoir , 

Si Fensm que nus n'el sot; 

Et li quens le prist lues qu'il pot. 

Si l'espousa et prist a feme. 

Quar elle iert biele comrae gemme. 
12555 Cis quens fu Bauduios li fiers. 

Gen sui par restore tous ciers. 
A eel tans fu , e'est Veritas , 

De laoustes moult grans plent&. 

Et vinrent deviers orient, 
12560 Si se traisent Tiers Occident. 

Tant en i ot qu'amjois ne puis 

N'en vit nus tant, si com je truis. 

Et disoient par toute France 

Que c'iert aucune d^mos trance. 
12565 Et si fu-il tout voirement , 

Quar en France ot trop grant torment 

Et trop cruele descepline 

Et mortality et famine , 

Si que li gent de faim moroient 
12570 Qui trop grant ri$aice n'avoient. 
Encor vivoit Karles li Gaus , 

Ki moult fu preudom et loiaus 

Et mena moult honniestre vie , 

N'ainc de l'autrui n'en ot envie. 
12575 Une eure avint k'il s'esperi, 



Sautcrclles. 



12558 Laoustes , sauterelles , locustce. Les 
Chron. de S*. -Denis portent : « Ed ce tens s'es- 
pandi si grans plenty de langoustes par Alemagne, 
par France , par Espagne , que cele pestilence 
pot estre comparee a une des plaies d'£gypte. » 
D. Bouquet, VII, 140, A. 

12561 Qu'ancois ne puts , qu'avant ni apres. 

12564 Demostrance, presage. 

12575 SPesperi, fut priv£ du sentiment. Un 
poeme MS. allegue par Du Gauge , est intitule 



le Despirement du corps. Voyez la table des 
auteurs. Le miracle raconte* par Ph. Mouskes , 
est longuement detaiUe* dans les Chroniques de 
St.-Denis, D. Bouquet, VII, 148-149. Le texte 
latin a £te public* par Lenglet Du Fresnoy , Re- 
cueilde dissertations aneiennes et nouvelles sur les 
apparitions, I, 184-189. 

Ne remarque-t-on pas dans cette fiction gros- 
siere , le fonds du merveilleux formidable que le 
Dante a enrichi de toute sa poesie? 



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20 CHRON1QUE 

| 

L XL e£ mHUu U*w angles , par St.-Esperi , 

Et en la main li assena 

Le cief d un linciel de fil blanc 
12580 Qui resplendisoit a resanc , 

Si corarae clart& de solel 

Dont li rai sont cler et yiermel. 

Et le cief del fil , sans resoing , 

Li fist loiier en tor son poing., 
12585 Et li rouva qu'il le sivist 

Et mirast bien 90a qu'il v&st. 

Lors fa men& en grans values, 

Hideuses, parfondes et Mes, 

Plainnes de soufre tot ardant 
12590 Et saim et cire et poit boulant. 

Et la yit-il les arcevesques 

Et les ab& et les evesques, 

Princes, castelains, dus et conies, 

Marcis, vavasors et viscontes, 
12595 Qui consilli&rent k Lohier 

De Lo^ys k guerroier 

Son pere , et ses freres ausi 

Et de soi m&smes ensi 

Qui frere et rois de France estoit. 
12600 Puis fu men& en autre endroit 

Et vit tormens de M manures 

Dont les painnes erent trop fibres. 

Et la vit-il armes plusiors 

De la gent de ses ancisors 
12605 Qui si fort torment^ esloient 

Pour 90U que il doun& avoient 

12579 Le cief, l'extremite ; linciel: les Chro- plendissait en se developpant, par ton mouve- 
niques de St. -Dents portent luissel et le latin ment d*ondulation (?) ; ressac , terme de marine. 
ylomerem linevtn , proprement un peloton de (il. 12583 Sans resoing, sans apprehension. 

12580 Qui resplendisoit a resanc, qui res- 12590 Saim, graisse, saindoux; poit, poix. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 21 

Mauvais consaus et desloiaus 

Et orent fait jugemens faus. 
Puis trouva-il une vatee 
12610 Tenebrouse et hideuse et \6e. 

La vit-il courre une footainne 

Ki de boulant aigue estoit plainne, 

Dont luevre n'iert corte ne brieve, 

Et une autre plainne de tieye. 
12615 Lk vit-il Lofys son p&re 

Jusques as quises en mis&re , 

L'un jor en l'aigue t&voiant 

Et l'autre jour en la bollant. 

Et la iert-il par la proi&re 
12620 De S*.-Remi et de S*.-Ptere. 

Quant Karles, ses fius, l'avisa, 

De ses ious tenrement plora. 

Et Lofys , ses p£re , esrant 

Doucement li ala priant 
12625 Que, por lui de painnes gieter , 

Fesist messes dire et canter , 

Dire orisons, lire sautiers, 

Et il li dist que volen tiers. 
Lors fu men& en paradis, 
12630 Plain de repos et de d&is , 

Carles li Caus par le lainsiel 

De fil qu'il ot en sa main biel. 

Et la yit-il le roi Lohier 

D'or couroniK* pour son loier , 
12635 Avoec les saintes et les sains. 

Quar de p&i& iert nais et sains 

12614 7Yei*,eautiede. 12628 Que volenliers , qu'il le ferait volou- 

12616 • Son pere le roi Loya dedenz Piaue tiers. 

bolant jusques au gros des cuisses. » Chron. de 12631 Lainsiel, tout a Fheure linciel. II vaut 
St.-Denit, D. Bouquet, VII, 149, A. mieuxlire luissel. 

12617 riVroiaw/,tiedissant. 12636 ifaw, nel. 



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CHRONIQUE 

Des le jour qu'il se convierti , 

Qu'en l'ab&e se rendi 

Et laissa l'empire de Roume , 

12640 Pour faire de soi I preudome. 
Qui plains de malisse ot esti 
Et par iyier et par esti. 
Quar cis sieclea est trop vilains 
Et de p&i& et de maus plains. 

12645 Si puet li& iestre ki ses preus 

Fait de cest siecle qui n'est preus , 
Quar ce n'est mie oevre a compas , 
Ains est vanit& et trespas. 
Cil ki vit hui morra demain , 

12650 S'ira li siens en autrui main, 
Ne riens od lui n'enportera 
Fors que l'aumosne k'il fera. 
Ce puet-on savoir par Lohier 
Ki tout laissa pour Dieu proier. 

12655 Aprils Tit Carles Lofys , 
Le fil Lohier, qui S*.- Rem is 
Et S*.-Pieres, par leur proiere 
Qu'il orent faite a Dieu enti&re , 
Ayoient fors d'infier giete. 

12660 S'iert li& et plains d'umditf. 
lit proia Carle Lofys , 
Li fius Lohier , que par miercis 
De Dieu , ki lavoit fet preudome . 
Rendist tot l'empire de Rome 

12665 A Lo<5ys,le fil sa fille, 



12641 (tat, lui qui. 

12645 Ses preus , son profit. 

12646 Qui n'est preus, qui n'est point sage. 

12647 Oevre a compas, ceuyre bien reglee, 
bien mesuree. 

12648 Trespas ne signifie pas ici deces , mais 



abus, ce quidepasse la me sure. 

12650 Son bien passera en d*autres mains. 

12656 Qui, lisez que. 

12665 Loeys, le fil sa fille. Louis II ne laissa 
d'Ingelberge on Angelberge, son Spouse, qu'une 
fille nominee Ermengarde, mariee a Boson I 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



23 



Qui drois oirs en estoit sans gille. 
Et Carles li a lues rendu , 
Quar il li estoit esk&i 
De Lo&s, ki mors estoit , 

12670 Son fil ne autre oir n'i ayoit. 
La aluec en fu raviestis 
Li fius sa fille , Lo^ys , 
Par le fil que Carles tenoit 
Qui rois et emperfcre estoit. 

12675 Quant Carles ot v&i ensi , 
Si revint en son esperi 
Et puis yesqui moult saintement 
Et si rendi tout quitement 
L'empire de Rome a l'enfant. 

12680 Puis sen ala petit avant 
Carles a Ais , a la Capiele 
Que Carlemainne ot faite biele 
Et mainte ri$aice i ot mise. 
S'en aporta a S l .-Denise 

12685 Des reliques que Carlemainne , 
A son travail et a sa painne , 
En aporta de Jursalem , 
De Surie et de Bell&m. 

En France ayoit si grant famine 

12690 Et si grant plenty de viermine , 
Que de yiermine , sans reclaim , 
Moroient les gens et de faim. 
Quant Carles, qui on l'enorta, 



Famine et tnisere en 
* France. 



on II , roi d' Aries ou de Provence , dont elle eut 
Louis , dit PAveugle. 

13666 Sansgille,*am tromperie, legitimement. 

12675 Par le fil, le texte latin ou Charles-le- 
Chauve est cense parler lni-meme, est ainsi 
concu : Tunc ego denodans filum de pollice dex~ 
term mew, dabam illi omnem monarchiam imperii 
per ipsum filum. 



12679 L 'empire passa de Charles-le-Chauve 
non pas a Louis, fils d'Ermengarde, mais a 
Charles-le-Gros , troisieme fils de Louis-le-Ger- 
manique et neveu du roi Charles. 

12691 Sans reclaim, sans reclamation, sans 
soulagement , sans pouyoir obtenir merci. 

12695 Qui onVenorta, il vaudrait mieux lire 
que Von enorta. 



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24 



CHRONIQUE 



Reliqurs. 



Led saintuaires aporta , 

12695 Teus com jou les yous nommerai , 
Si com par restore le sai : 
L'un des claus dont Dieux fu clofis 
Aporta-il a S*.-Denis, 
Et la ceraise nostre Dame 

12700 Aporta-il k Cartres pour same : 

Et , pour $ou que biens i avi&gne , 
Si dona-il droit, & Compi&gne, 
Le suaire Nostre Signour 
A S^-Cornille, pour s'ounour; 

12705 Et tamaintes autres relikes 
Dignes , pr&iouses et rikes 
Douna Karles par la contr& 
Ki de famine iert d&iert& , 
Et si envoia k Seasons , 

12710 U on en fait les orisons 
I des sollers , a cele fie , 
Dont la mire Dieu fu caucie. 

Adont si fist Karles li Caus . 
Qui de biens fu engri& et caus, 

12715 Faire et estorer le pardon 

Pour aumosne et pour gueredon , 
Ki devant ot a Ais est£ , 
Entre Montmartre et la citd 
De Paris, tout droit al Lendi. 



12697 Vers deja employe. Foy.t. I, p. 440, 
v. 11422. 

12699 /bid., p. 441, v. 11434. 

12700 Cartres, Chartres. 

12703 Foy. t. I, p. 441 , v. 11430. 

12704 St.-Cornille , voy. clans le Recueil de 
divert ecrits de Fabbe Lebeuf, I, 352-373 : His- 
Loire de la reception du corps de St.-Cornille 
pape a Compiegne, ecrite en prose et en vers, par 
un auteur du X 6 tilde. 



12711 Foy. t. I, p. 441 , v. 11430. 

12714 Qui fut zele* et chaud pour le bien. 

12719 Lendi, rabbi Lebeuf a reconnu que la 
foire du Leodit , appelee originairement V Indict 
(Indicium), eat de l*aa 1109. J cad. des Inscript., 
XXI , Hist., 167 et suiv., Du Cange, Gloaa., au 
mot Indictum ; Dulaure , Hist, de Paris, 4 a &., 
Brux., 1828, III, 19, 20, 21, IV, 16. Gette 
coutume a inspire un poete du XIII a aiecle : voy. 
le dit du Lendit rime', Fabliaux de Barbasan et 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



25 



12720 Si fu fait par I venredi; 

La dure VIII jors li pardons 

Et la digue b&i&^ons. 

Si furent gari et refait 

Les gens ausi , com par souhait , 
12725 Et de lor pain tant solement 

Se refaisoient si forment 

Comme il ^uissent plusiors m£s. 

Ne famine n'i dura mes 

Et la mortality ciessa : 
12730 Teqs miracles i d^moustra. 

Puis furent li saint mis en sauf , 

C'avint al tans Garlon le Cauf , 

Con tint a sage et a preudome. 

Puis sen ala Carles a Roume , 
12735 A loi de preudome et de sage , 

Ausi com en p^lerinage ; 

de Meon, II, 301-507. Cette piece est d'autant 12722 La digue be'ne'icons : Le dit du Lendit: 

plus CUrieUSe pour noUS , quelle off re quelqueS Premerainla procession 

details relatifs a notre commerce au moyen age. Dc Nostre-Dame de Paris 

I vient , que Dieu gart de peris 

Ed mon dit vous amentcorrai Tous les bons marches ns qui i sont, 

Gant et Ypre et puis Bouay , Qui les grans richesses i ont, 

Et Maaline et Brviselles, Que Diex les puist tous avancier : 

Je les doi bien nommer con celles L'evesqucs on le penancier 

Qui plus belles sont a veoir ; Leur fet de Dieu beneison 

Ce vous sai-je bien u savoir ; De digne bras Saint-Simeon, 

Cam b mi cite et Moncornet , Dcvant, apres ne doit nusrendre. 

Maubeugeet Ares {Avesne?)\ met, • 12731 Mis ensauf, mis eu surete* , mis dans 

* ' * ■ * * • leurs chasses ou fierles. On disait remettre une 

Et Montereuil dessns la nicr , , - .. , _ _ _ 

Et Saint Cointin et Saint-Omer, e P €e eH *« U f > P 0Ur d,re la *»*«"■ dam le four- 

Abeville et Tenremonde. reau. 

1273S A lot, a la maniere. Cette eipression 

• * " • Et puis £/,*«/*«, a deja ^ frequemment employee. 

;:w M X U i: ( ^^ )trouvai, i275 « ™<™"- ***- ** *«- »■»• 

pour secourir le pape , mais a la nouvelle que 

. . . CourteraieiErre (Aire) , Garloman , roi de Baviere , son neveu , s'appro- 

' ;•' ••'••• ' * chait a la t£te d'une armee, pour revendiquer 

Hal et Grant-Mont tres en Brabant , , ... „ ti ,. ., . , . . *, 

ses droits sur I Itahe , il reprit la route de France 
LUle en Flandre , Cressi et Hut, ou >* ne P nt arriver . Ii mourut le 6 octobre 877, 

Et Arras cite, etc. a Brias, village situe en deci du Mont-Cenis. 

Tom. II. 4 



La famine cesse. 



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26 



CHRONIQUE 



Mort de Charlcs-le- 
Chauve. 



flermeulrudc. 



Louii-lc-Beguc 6 oct. 
877. 



Ayous. 
Elic 



Mais il moru en cele voie. 

A i'enfoir n'ot ris ne joie. 

Petit apries fu desfouis 
12740 Et raport& k S*.-Denis 

Et la Font Francois entter£. 

XXX1III ans ot rois est£; 

Dune feme ki fu gentius 

Avoit I fil ki fu soutius, 
12745 Lofys li Baubes ot non. 

Et saci& k'il ot cert sornon 

Pour 90U k'il estoit baubet&re. 

Mais il n'iert fos ne abetere , 

N'onques ne vot amer felon. 
12750 Et fu couronn& k Noion. 

Ses peres li ot feme quise , 

Dont il avoit grant tiere aquise. 
Ayous, li preus et li hardis, 

Si fu couzins cest Lo^ys , 
12755 De sa serour la feme Elie , 

Ki biele fu, gente et delie. 

Des haus barons les plus sen& 

Fu cis Loeys couronn&. 



12740 II fut d'abord inhume a Nantua, dans 
le diocese de Lyon, mais huit ans apres sea 
restes furent transferes a S l .-Denis. 

12742 XXXIIII ans, il avail regne, comme 
roi de France , 37 ans 3 mois et 16 jours. 

12745 Baubes, begue, balb(us). 

12747 Baubelere, empeche de la langue , bal- 
b(u)tire. 

12748 Abetere, privede jugement. 

12750 Noion. Les historiens disent a Gom- 
piegne et ajoutent que celte ceremonie fut re- 
nouvelee l'annee suivante au concile de Troyes. 
Les Chron. franc, de St. -Denis disent Rains 
par erreur. Dom Bouquet , VIII , 326, D. 

12751 Feme quise. Louis epousa, en 862, 



Ansgarde, soeur d'Odon, comte en Bourgogne 
et pere de Bernon , premier abbe de Gluny , 
alliance que le roi son pore l'obligea de rompre 
au bout de quelques annees, pour lui faire 
prendre Adelaide ou Judith, dont on ignore 
l'origine, Dom Bouquet , VIII, 61 , G. 

12735 Serour, Louis-le-Begue n'eut pasd'au- 
Ires sceurs que Judith , qui epousa le comte de 
Flandre Baudouin , Botrude et Ermentrude , qui 
furent abbesses. Une fille du second lit mourut 
en bas age. II ne pent etre question , en cet en- 
droit , a propos $ Ayous et d'Elie , que de per- 
sonnagesromanesques. Giraud de Gabreira , dans 
sa piece Cobra juglar, cite un Aiols parmi d'au- 
tres personnages de roman. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 27 

XXVI roi sont k cestui , 
12760 Par l'escriture fers en sui; 

Et apri& , si po& sayoir 

Par l'escriture tot de voir, 

K'il ne fu mie rois V ans , 

Quar la mors , qui bien est poisans . 
12765 Le prist k Sessons, si rooru. 

A S*. -Denis enfouois fu. 

S en ot par la tiere grant plainte 

Quar sa feme remest en^ainte. 

Si porta ses mois et ses dis. 
12770 Et non pourquant cis Lo^ys 

Ot in I fil de sougnant , 

Si Fapieloient Karlemant. cwiobmh 

Bacelers iert vallans et fiers , 

Si estoit ja fais cevaliers. 
12775 Quant ses p£res fu enti&*& , 

Si est en la baillie entr& 

Del roiaume , et si le garda. 

Mais li rois , ses peres , manda 

El lit de la mort , tot par non . 
12780 Par ses laitres, al conte W&lon. **&**• 

Pour ?ou qu'il iert plains de savoir . 

Que il fust garde de son oir. 

Quant l'eure fu atiermin^e , 

S'est la rolne d^livr^e 
12785 Dim fil , s'el nommerent Carlon . 

Pour Carlon le Cauf , son taion. 

I fu tramis tout en apiert 

12765 Sessons , Louis-le-Begue mourut a Com- 12772 Karlemant, d'Ansgarde Louis eut deux 

piegne , le 10 avril 879 ; il fut environ un an et fils, Louis et Carloman , qui regnerent apres 

demi roi de France , mais il etait roi d'Aqui- leur pere. 
taine depuis Tan 867. 12774 Cevaliers, nouvel anachronisme. 

12769 Ses mois et ses dis, ses mois et 9e$ 12780 Wedon, en latin Odo, Endes. 

jours , elle accoucha a terme. 12785 Jltiermine'e , arrivee. 



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28 



CHR0N1QUE 



Robcrt-le-Fort. 



W^don , fil le conte Robiert , 
Qui deviers Saisogne estoit n& ; 

12790 Et ot II fiiis cil quens sen& : 

W^don , le s&iescal de France, 
Et Robiert ki , pour sa vallance , 
Avoit qoq Robiers li Francois. 
Mais pour le paour des Danois , 

12795 Qui donques estoient paien 
Ne de Dieu ne cr^oient rien 
Et venut ierent en Bourgogne 
Et en France faire vergogne , 
Si orent , sans avoir miercis , 

) 2800 Houmes , femes , enfans ocis , 
Castiaus destruis , arses cit& , 
Bours et viles et fermet^s; 
Si fisent li Francois le don 
Del roiaume al contc W&lon , 

12805 Pour garder en liu de droit oir 
Ki la tiire devoit avoir, 
Pour 90U c on le tenoit a sage , 
Tant que 1 enfes auroil ^age. 
Et. pour la tiere conforter, 

12810 Li fisent couronne porter. 

Rois fu sans sacre , ensi le truis. 
A XXVII conler le puis. 
Et quant il en ot le com man t , 
Si en osta fors Karlemant , 



12788 Robiert, Robert-le-Fort , due d'Anjou. 
Dom Bouquet , VIII , 240 , D. 337 , A. 

12791 Se'nescal, comte de Paris. 

12794 Robert ,Wace rapporle ainsi la preten- 
due origine troyenne des Danois : 

Une gent dc Troie esc aper en t 
Ki en Danemarche assencrent. 
Par Dauaus , un anccssor, 
R'il orent lunges & seignor , 
Se firent Danciz apeler , 



Por lor lignaige remembrer. 

Le rvman de Rou , I, 8, v. 



165. 



Foy. plus bas y. 12914 et suiv. ou Ph. Mous- 
kes suit la meme tradition. 

12812 XXVII, lisez vingt et sept, pour la 
mesurc. Ph. Mouskes ne compte ni Louis et 
Carloman , ni Louis-le-Gros. 

12814 Karlemant, Carloman avait cesse de 
vivre depuis environ trois ans quand Eudes ftit 
elu roi par les principaux seigneurs en 887. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



29 



12815 Pour gou qual frire ne fesist 
Chose dont Tiers lui mesfeist. 

Adont que cis Wedes fu rois , 
Si ariverent li Danois , 
Qui paien estoient , en Flandres , 

12820 A tant de gent qu'ainc Alixandres 
N'en ot a painnes I jour tant. 
Si destruisent Bruges et Gant , 
Audenarde, Lisle, Cortrai 
Et tout le pais Tiers Tornai , 

12825 Et parmi Hainnau s'en alerent 
Droit a Condet , \k s£jorn&rent ; 
De la tiere destruisent moult 
Et puis s'en repairierent tout 
Viers la marine, faisant gierre. 

12830 Li rois Wedes France et sa ti&re 
Garda si par sens et par force , 
Qu'il n'i prisent fust ne escorce. 

Petit apri& que jou tos di , 
A Paris , par I samedi , 

12835 Li rois Wides en jung moru. 
A grant ounor enti^r^s fu 
Et fu comme rois enti&r&. 
Mais il not mie est£ sacres. 
Rice tombe ot et moult rice aube , 

12840 Et li fius Lofys le Baube , 
Carles li Simples , f u men& 
A Rains , et la fu couronn&. 
A cestui sont XXVI11 roi , 



Les Danois penelrent 
en Flandre ct dans le 
Hainaut. 



Charles-le-Sirople. 



12852 Expression proverbiale. 

12855 Enjung, Elides mourutle l n Janvier 
de Tan 898, a l*age de 40 ans. 

12858 Sacres, cette circonstance si impor- 
tante aux yeux d'un ecclesiastique a deja M rap- 
pelee au v. 12811. 

1 2841 Charles-le-Simple fut couronnl a Reims, 



par Parcheveque Foulques, le 28 Janvier 895, 
par consequent environ cinq ans avant la mort 
d'Eudes. La chronologic de Ph. Mouskes est 
souvent en defaut. 

12845 XXFIII, tingt et huit rois tant sacres 
qu'autrement, ou que par octroi, arrangement, 
accord. 



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30 



CHROMQUE 



Antiaumes ou Adel- 
sUn, roi d'Aogle- 
terre. 



Lothaire. 
Gisele. 

Aelis on Adelaide. 
Herluis ou Hcrliadc. 
Ogive. 



Digression retrospe*- 
livesurles Normaads. 



Details geogr»phiques. 



Asie. 



Que pour sacre que pour otroi. 

12845 Li row Antiaumes d'Engletiere 
Li dona sa fille sans {jierre. 
II fius en ot qu'il ot moult ciers, 
(k)u f u Lofys et Lohiers ; 
Et HI filled, l'une ot non Gille, 

12850 Qui ne sot ainc barat ne gille; 
La seconde ot non A^lis 
Et la tierce ot non Herluis, 
Et sa feme ot a non Ogive ; 
Biele fu cortoise et joliye. 

12855 La tiire tinrent en grant pais. 
Une ptece atant le tous lais , 
De Carlon le Cauf si dirai , 
Des Normans itant que g'en sai. 
Sainte escripture nos dist bien 

12860 Que li sage clerc anciien 

Viserent les coses del monde . 
Si com il clot a la r&mde , 
Et en trayiers et en longecce 
Et en costiire et en largecce. 

12865 III pars i conte r&orike, 
Azie, Europe et Aufrike. 

Azie dure ciertainement 
De bise ki vient d'orient 



12845 Antiaumes , ce nom est sans doute une 
corruption d'Adelstan, appel6 Anselme par J. 
de Guyse et A des ten par Rob. Wace, dont 
Charles-le-Simple £pousa non pas la fille, mais 
la soeur. Adelstan et Ogive avaient pour pere 
Edouard I OT , dit l'Ancien. 

12848 Lohiers, les anciens historiens ne par- 
lent pas de ce Lothaire. 

12849 Gille, Gisele : elle n'etait pas fille d'O- 
give , troisieme femme de Charles - le - Simple , 
mais de la premiere, dont on ignore le nom* 
Gisele fut donnee en manage a Rollon ou Rou , 



chef des Norma nds. Meyer rapporle une autre 
version, Ann, ad an. 884, fol. 14 verso. 

12850 Barat ne gille, ni ruse ni perfidie. 

12851-52 Aelis, Herluis, non mentionnees 
par les anciens annalistes. 

12853 Ogive, ou Otgive et Eadgrre. 

12854 Jolive, jolie. 

12855 En grant pats. L'hisloire atteste le con 
traire. 

12862 Clot, enferme, cloud {it). 

12867 Vers trop long d'une syllabe. 

12868 Bise ki went d'Orient, ventdu nord-est. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



31 



De jusques en droit mi&li. 

12870 C'ont aviset, bien le tos di , 
Li sage home ki ja vesquirent 
Et de clergie tout yen qui rent. 
Aufrique , saci&-le de yoir , 
Al mious con i puet parcevoir, 

12875 De mi&Ii pro^ainnement 
Si dure jusqu'en Occident. 
Ce dist I'estore dapresure 
Et par l'esp&re et par mesure. 
Europe dure , par devise, 

12880 D'occident de jusqes en bise. 
Par tel devise et par tel eose , 
Si com l'escripture nos glose , 
Tient Azie, en lone et en r&nde, 
La moiti^ de trestot le monde. 

12885 Mainte contr^e a en Europe, 
Si com saToir nos fait la note, 
Par les aigues qui le devisent 
Et departent et remarcisent , 
Dont il i a si grant plenty 

12890 Qu'il ont poissonsa volenti, 
Si a castiaus Tiles et bours 
Fermet^s et cit& plusiors. 
Atenie qui moult est grans 



Afrique. 



Europe. 



Alenie. 



12870 (font aviset, ce ont a viae, reconnu. 

12877 L'eslore d'apresure, l'histoire de Ten- 
seignement, e'est-a-dire la science. 

12878 L'espere, la sphere. 

12883 Pour retablir le vers il faut lire : 

Tient Asie, en lone et rtande. 

12888 Remarcisent, limitent; allem. mark. 

12893 Alenie, voy. Guillaume de Jumieges. 
Gervais de Tilbury (deja cite* I, clxxxii) , au- 
teur qui florissait au XIII siecle , comme Phi- 
lippe Mouskes , en ses Otia imperialia dedies a 



l'empereur Otton IV , donne des details fort 
curieux sur l'etat de la geographie de son 
temps 7 ainsi que nous le faisons observer dans 
Tlntroduction de ce second volume. En jetant un 
coup d'oeil general sur I'Europe, il s'exprime 
ainsi : A septentrione igitur a Tanaifluvio prima 
Europce regio Scythia inferior appellatur , in qua 
Alania et Gotkia et Scandinavia. Hine Rulkenia, 
Polonia et Dacia versus Oceanum late porrigun- 
tur insulis intcrcurrentibus, G. G. Libnitii Scrip* 
tores rerum Brunswicens., 1 , 953. Une carte du 



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32 



CHRONIQUE 



Danemarck. 



Grece. 



Etymologic du mot Nor- 
ma ndie. 



Origtne des Danois. 
Danafis. 



Est dedens Europe manans : 
12895 Si a lant aigues et palus 

Que la liere en est forte plus. 
Danemarce si est apri& 

Eq Europe, tenans moult pri&. 

Et la si mainnent li Danois , 
12900 Qui suelent faire moult danois. 
Grese, u li castiel sont masi , 

Si est en Europe autresi. 

En la ti&re a maint diviers liu , 

Auques i sont hardit li Griu. 
12905 Grese est moult fore , et klinie 

Si est plentivouse et garnie , 

S'a maint fort castiel en la marce. 

Entre ces II siet Danemarce. 
Danemarce, que que nus die, 
12910 Fu premiers dite Normendie, 

Quar nort c'est bise et hom c'est man , 

S'orent a droit a non nort-man 

Pour $ou que leur ttere est viers bise. 

Mais ore est autre la devise , 
12915 Quar uns rois, Li Daniaus ot non, 

Fu sires de la region. 

Si fu la contr^e et la marce 



X1V° siecle , dont M. Mone , si diligent a re- 
chercher les monumens du passl, a donne le 
facsimile daus ses Anzeiger , 1856, 11 4, place 
YAlenie imm^diatement au-dessous de la Nor- 
wege. Robert Wace dit, 1,9, v. 185 : 

De 1'une part manent Danois, 

De l'altre part sont Alenoiz, 

Alenoiz ke Ton dit Alains , 

De devers Scice (Scythie ) sont resins , 

Devers Norwege plus procains. 

et Benoit de S*-More (Depping , II , 259). 

Entre Alane qui mult est lee , 
Et Jece qui n'est sens gelee , 
Est Danemarchc la plenere , etc. 



12901 Man, massifs? forts? 

12909 Que que, quelque chose que... 

12911 Robert Wace, I, 6, v. 109: 

Man en cnglcit et en noreis 
Senefice hom en francheis ; 
Justes ensemle North et man 
Enscmle dites done Northman , 
£o ert hom de North en romant ; 
De 90 vint li non as Normanz. 

Sur le nom et la patrie des Normands voy. 
Depping, II, 256-267. 

12914 Cette origine troyenne a £te rapport ee 
sur le t. 12794. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



33 



Pour Daniel dite Danemarce , 
Et cil Nortman , que que ous die , 

12920 Conquisent premiers Normendie, 
Et pour aus sont Nortman claraet 
Et des Danois sont moult amet , 
Pour cou qu'il sont dune lignie. 
Aprils vous dirai de leur vie. 

12925 Al tans le simple roi Carlon 
Si iert coustume, ce dist Ton , 
Que Danois , ki paien estoient , 
A luxure tout se dounoient. 
Savoient femes V ou VI 

12930 Ou VII ou VIII ou Villi ou X. 
Lues si avoient tant d'enfans 
Que la ttere , ki bien est grans , 
N'es pooit mie gouvierner. 
Si leur convenoit sort gieter 

12935 Li quel des enfans s'en iroient 

Fors de la tiere, et conquerroient. 
Mais li ainsn& des fius le pere 
Cil demoroit avoec la m£re , 
Pour d&enir leur yretage. 

12940 Et cil aloient al riyage 

Sour qui la sors estoit k&ie, 
Lors sigloient sans atendue 



Coutume des Danois. 



12918 Daniel, Danaiis. 

12925 D'une, d'une seule. 

12926 Si iert coustume, Robert Wace sans 
parler de cette corruption des moeurs ni de cette 
polygamie qui en etait la consequence, a en 
croire Ph. Mouskes, rapporte le meme usage, 
I, 10, v, 208/ 

Costume fa jadis lone tens 
Ea Danemarche cntre paens , 
Kant horn aveit plusors enfans, 
Et il les aveit norriz grans, • 
Un des file relenoit par sort, 

To*. II. 



Ki ert son her (fteritter) t era p res sa mort , 

Et cil sor ki li sort torneit , 

En altre terre s'en aleit. 

Quer (car) enfans tant Ueuc naissoient 

E fils et files tos creissoient , 

N'es pooit la terre soffrir, 

Ne n' avoient soln d'els garir. 

Benoit de S te -More et d'autres ecrivains nor- 
mands sont con formes a R. Wace, mais M. Dep- 
ping, Hist, des exptd. marit. des JVormands, I, 
20 , revoque en doute l'usage dont ils font men- 
tion , et le regarde tout au plus com me un fait 
isoll. 

5 



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34 



CHRONIQUE 



Lodbrok. 



Bioern-Cote-de-Fer. 



Hasting. 



Parmi la mer , et arivoient 
Tel liu qu'asa& i conqueroient, 

12945 Quar il avoient le* n& grandes, 
Et gena et arraes et viandes 
Que leur pere qui les guioient 
Tr&s dont qu'il aler en devoient. 
Ceste loid fu lonctans en cure 

12950 Par leur maliae et par luxure, 
Tant qu'al tans le fort roi Lotrot 
De Danemarce , qui moult sot, 
Couvint ajugier la contr&, 
Son fil , par sort ki fu gieUe. 

12955 Biers Co*te-64r& ot k non, 
Cevaliers fu de grant renon, 
Si ot od lui I cevalier 
Pour lui aprendre et consillier. 
Hastens ot non , hardis estoit 

12960 Et moult de traison aavoit. 
Cil Biers et ses ceyaliers 
Hastens, qui moult iert fel et fiers n 
A moult grant gent tout aati 
De Danemarce sont parti , 

12965 Par sort ki sour a us esk&. 
Dolans en fu qui mesk&. 
Et tant ont par la mer sigte 



12947 Guioient, guidaient, dingeaient. II 
manque quelque chose a ce vers pour la clarte 
du sens, soit : que leor donnaient leurs peres qui 
les dingeaient jusqu'au moment de leur depart. 

12951 Lotrot, Rob. Wace : Lotrot ; Lodbrok. 
Voy. Lodbrokar-Quida, carmen gothicum, fa- 
mam regis Ragnari Lodbrochi celebrant, Lundcs, 
1802 , petit in -4°. — Krakas maul eller kvad 
om hong Ragnar Lodbroks. Copenhagen, 1826, 
in-8° , etc. 

12952 Qui moult sot, phrase faile, qualifica- 
tion habituelle et sans consequence. 



12953 Ajugier, quitter, d'apres le sens. 

12955 Biers, en latin Bigerius, Bioera. 

12961 Ge vers manque d'une syllabe a moins 
que Biers, compte tout a l'heure pour une seule 
syllabe, ne soit pris ici pour deui. — Ses ceva- 
liers , son chevalier. 

12966 Dolent en fut celui a qui il tnechut. 

12967 Sigle, Geoffroi Gairoar : 



Tant ont nagc et tant sigti 
K'cl flam de Hnoabre sunt enlre. 

Frahcisqci Michel, Chron 
Norm , 1,4. 



Anglo- 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



35 



Qu'en Viermendois sont ariv£ , 
La u la mers est plus procainne. 

12970 Des oes isent sans nule painne. 
Parmi Amiens , el Viermendois , 
Entrerent cil paien Redois , 
Al tans Carlon , le simple rol , 
Ki n'avoit cure de desroi. 

12975 Adont iert si France afeblie 
De gent et de cevalerie 
Que petis estoit lor pooirs, 
Ne leur force ne leur savoirs ; 
Et s'orent tei pooir ^u 

12980 Que des Roumains et del tr&i 
S'estoient ost£ maint tempore , 
Et tousjors en orent Tic tore 
Viers ?aus ki sour aus re?eloient 
Et sainte glise guerroioient, 

12985 Mais France iert dont si d£c&ie 
Et si d&ierte et si pierdue 
D&s icel tans que son demainne 
Lofys , li fius Carlemainne . 
A ses IIII fius avierti , 

12990 Quant sa tiere leur departi, 

Qu'il et ses pere orent conquises 
Et delivr^es et aquises ; 
Quar li frire se guerroierent , 
Par quoi leur tiere adamagi&rent , 

12995 De cevaliers et d'autre gent, 



Afiaiblissement de 
France. 



Et la mosliert del Fermendeiz. 



12971 Viermendoiiy Robert Wace, I, 14 , Wace , a propos de la bataille de Fontenay, toy. 
v. 271 : plus haul v. 12495. 

12979 Et s'orent, et pourtanl ils eurent... 

12980 Tre'u, Toy. torn., I, pag. 9, v. 187. 

12972 Roquefort ditque Redois est un peuple 12985 Deciue, dechue. 

de la Pomeranie. 12987 Son demainne, sod seigneur. 

12974 Desroi, desordre, le contraire d'arroi. 12989 Avierti, fit la lecon, a ce sujet, a ses 

12975 Cette reflexion a £te faite par Rob. quatre fils. 



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36 



CHRONIQUE 



Ravages fails par les 
Danois. 



lis remontcnl la Seine. 



Saint Pbilibert. 



De castiaus et d'or et d argent , 
Jusqes al tans cest roi Carlon , 
Ki Carles li Simples ot non. 
Dont arrivirent, a son tens, 

1 3000 Cil Sarrasins li fel Hastens 
Et cil Biers coste &irie , 
Od lui tous $aus de sa contr^e 
Qui n'estoient pas crestiien , 
Ains ierent Danois et paien. 

13005 Et dont destruisent cil Danois 

S*.-Quentin et tout Viermendois. 
S'ocisent le yesque a Noion 
Et toute la gent environ ; 
Et puis si rentr&rent en mer 

13010 Pour en Normandie ariyer. 

Si destruisent , a eel tiermine . 
Toute la gent de la marine , 
Et Fescans . la boune ab&e , 
Qui de nonnains estoit servie. 

13015 Puis alerent cod t rem on t Sainne . 
A toule lor gent premerainne, 
A Gumeges se traisent droit, 
U li moustiers S*.-Pi6re estoit , 
Que sains Filebiers ot funde , 

13020 Moult devant $ou , pour 1 amour De , 
Par laie sainte Groheut , 



13003 Jacques De Guyse, en copiant littlra- 
lement Sigebert de Gembloux , trace aussi un ta- 
bleau des invasions des Normands , dont on a , 
mais a tort, impute tous les ravages au scul 
Hasting. £dit. de M. De Fortia, IX, 193, 203, etc. 

13013 Fescans, Fecamp, Rob. Wace, 1, 17, 
v. 326 : 

A Fe scant out line abuie; 
Nonainz i out... 

1301 '5 Le meme auteur ibid., v. 533 ; 



En Saioe vindrent , ens cnti erent : 
A l'abeie de Jumegcs , 
I'riitrent 4 els et a nes sirgej. 
Nocf client moignes,tut en covent, 
I out ja-bien lungement. 
Saint Pbilibert la compassa, 
El terns ke Cloviei regna . 

et Benoit de S to -More, transcrit par M. Dep- 
ping sur la copie de M. Bransted , II , 274. 

13021 Groheut. Cesl par erreur que Ph. 
Mouskes met ici Clotilde au lieu de Balhilde, 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



37 



Feme Clo^vi qui moult peut. 
Et i avoit monnies 111 cens , 
So rent tieres , rentes et cens. 

13025 S'enporterent les coses toutes, 
Et li paien et leur grans routes 
Arsent tot et misent a fruem. 
Et puis s'en allerent a Ruem 
Et destruisent toute Neulrie , 

13030 Que nos apielons Normandie, 
Puis s£jornerent longement 
A l'ab&e saint Florent. 

Lors s'en alerent a gens tantes 
Qu'il arsent la cit^ de Nantes , 

13035 Tourainne et Angiers et Ango , 
Le Mans et Valie et Poito , 
Et puis revinrent a Orliens 
Ardoir et tuer crestiiens , 
Et Auvergne et toute Aquitagae , 

13040 Et Leutice , le cief del ragne , 
Biauyais, Noion et S*. -Denis, 
Sainte Genevi&re et Paris. 
Et si fisent anuis et dames 



Clutilrie. 



parce qu'il a cru qu'il s'agissait de la femme de 
Glovis I" et non pas de celle de Clovis II; Rob. 
Wace, plus exact, dit, 1 , 17, v. 540 : 

Bauteut (Bat/tilde), la rolne de France, 
K i ores ert de grant poissence , 
Fist Jumcgcs ct cslora. 

Sur Jumieges , saint Philibert , son fondaleur, 
et saint Achard qui lui succetla, voir J. De 
Guyse, VIII , 69 et suiv. M. de Fortia a donne 
une vue de ce monastere , tel qu'il exislait en- 
core en 1810. Jumieges n'est plus aujourd'hui 
qu'une commune, dans le canton de Duclair, 
arrondissement de Rouen, departement de la 
Seine-In ferieure . 

13026 Routes, d'ou Ton fit mutters, troupes. 



1 5027 Misent a fruem, briserent, fruer, frouer, 
briser , fra(ng)er(e). Ce vers etle suivant auraient 
une syllabe de trop si Ton en donnait deux aux 
mots fruem et Ruem. 

13029 Neutrie, Rob. Wace , 1 , 7, v. 141 : 

Newstrie sun non osterent 
E Normendie l'apelerent. 

15036 Valie, il y a une note sur ce mot au 
tome I, pag. 281 , v. 7062. 

13040 Leutice, Lutece; ragne, royaume. 

13042 Sainte-Geneviere , Rob. Wace, I, 18, 
v. 560: 

En Sainle-Genevieve entrerent, 
L'aveir pris treat , pois l'alumerent. 

15043 Dames, dommages, dam(na). 



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38 



CHRONIQUE 



La Belgique est de- 
vastcc. 



Meurtre de Foulques , 
archer eque de Rouen. 



As moines et as veves dames 

13045 Et puci&les , son les alaint. 
Puis ont tout bru'i et es taint 
Poitiers , Saintes et Engoulesme , 
Et par de$& jusqu'a Bielesme; 
Et si destruisent tote Auviergne 

13050 Qu'il n'i remest valiant I jergne. 
France et Loherainne partie , 
Arras, Cambrai et Corbie 
Et tot Braibant , et fist moult caut. 
De Gant vinrent selonc 1 Escaut , 

13055 Courtrai arsent et puis Tournai 
Et S'.-Amant et puis Douwai , 
Puis sen alerent a Condet, 
Le castiel ont pris et minet: 
Ais et Coulogne et les castiaus 

13060 Del pais arsent les plus biaus; 
Aprils arsent Trieres et Mi& 
Et hours et riles ki sont pri&. 
Li cors 8*. -Vast fti aportls 
Dont a BiauvaU pour sauvet^s 

13065 Et S*.-Am& a Sessons mis, 
Et S t .-Amans fu a Paris. 
Et larcevesques de Ruem Fouke 
Fu ocis , adont ne sai pourke * 
De Wanemer , I fort siergant 



13046 Brui,brtkU; estaint, delruit, extinx- 
(erunt). 

15048 Bielesme, Belesme. 

15050 Jergne, germe? wallon jamon, ger- 
non. « Pour nous, vo' ferez des scorsioneres et 
des ceux touilles, mai ' i * fauL avoir soin d * les 
lamer comm' i faut, et d'6ter les j anions. » 
(Delmotte) Seines populaires montoises, pag. 21. 
Fog. torn. I , pag. 89 , v. 2167. 

1 5052 Vers auquel manque une syllabe j lisez: 



Arras et Cambrai et Corbie. 

15055 Caut , chaud. 
15061 Mies, Metz. 

15067 Ruem, encore monosyllabe. 

15068 Pourke ,pourquoi. 

15069 Wanemer, en latin Winomarus, Wine- 
marus, Winsmnrus, Winencarus. Winomarus 
Lilariensis, Calvi benefieiarius , dit Meyer a Tan 
900, fol. 15 verso, Ferreoli Locrii Chr. Belg., 
p. 145. Cf. Molani Natal. SS. Belgii adtfJunii. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



39 



13070 Le coote Bauduin de Gant. 

Dont Tot Hastens de son signor 
A Bourne (aire eraper^our. 
A lor n& vinrent. si entrerent, 
Pardevant Espagne siglerent 

13075 Et si entrerent es destrois 
D'Aufriqe a n& VII" et III; 
Si orent tormente commune 
Qui les ka$a a force a Lune , 
En I tale. La prisent port 

13080 Dont ils orent joie et deport. 

Mais Lune ert bien de gent garnie; 
Quant ils coisirent lor navie 
Si s aparaillierent moult bien 
A desfendre , com crestiien , 

13085 Et porterent as murs lor armes. 
Escus et lances et gisarines. 
Parquoi Hastens et tot si ome 
Quidierent bien que ce fust Rome; 
Lors se fist malades Hastens , 

13090 Si manda a ?aus de laiens, 



Uaudouiu-le-Chauve, 
comte de Flandrc. 



Les Danois ou Nor- 
raands s'empareut dc 
Luna en Toscane. 



Stratageme d' Hasting. 



13070 Bauduin, Baudouin-le-Chauve. Malgre 
les obligations que Charles-le-Simple avait con- 
tractus envers le comte de Flandre , il refiisait, 
a l'instigation de Farcheveque de Rouen , de lui 
reudre la collation de l'abbaye de S l - Wast 
d* Arras , et avait donne cette abbaye en bene- 
fice a Foulques. Cest ce qui causa la mort vio- 
lente de ce prelat , quoique Mouskcs dise qu*il 
ne sail pourke. Cf. D. Bouquet, VIII , 77. B.C 
93 B, 161 D, 162 C, 285 C, 310 C. Au lieu de 
Baudouin-le-Chauve, Baronius impute la pre- 
miere cause de ce meurtre a Baudouin-Bras-de- 
Fer. 

13076 FY/**, sept vingt, cent quarante. 

13078 Lune, yille batie sur les mines de 
l'ancienne Luna , que Lucain , liv. I M , nous re- 
presente comme deserte de son temps : 



Quorum qui maxim us ava 

A runs incoluit desertce mania Luna, 

Martial , Hv. XIV, parle de ses fromages : 

Caseus Udruseee signatas imagine Luna , 
Pratstabit ptteris prandia mill* tuis. 

Rob. Wace,I,24,v. 478: 

Lune esteit cite de Tuscane , 

Joilc mcr , pres de Sarraaaae (Sarzane). 

Benoit de S tft -More dans M. Depping , II , 290 1 

Tant unt sigle* ettans port pris 
Qu'a Luns vinrcnt , ceo m'est vis , 
Une dte de Lumbardie. 

13082 Coisirent, apercurent. 

13086 Gisarmei , guisarmes. 

13089 Le stratageme d'Hasting est raconte a 
peu pres de la meme maniere par Dudon de 
S'-Quentin et Rob. Wace. Voy. aussi Depping, 



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40 CHRONIQUE 

Al vesque avant et puis al conte . 

K'il n'auroient anui ne honte : 

Mais tormente Tot amene 

A force devant leur cit^. 
13095 En son pais r'aler voioit, 

Pais et trive lor demandoit . 

Quar malades estoit forment. 

Si dlprioit am&ment 

Al vesque k'il le batisast 
13100 Et crestient^ li dounast, 

Ainc k'il mourust comme paiens . 

Qu'il voloit iestre crestiiens. 
L'^vesques en hi moult joians 

Et li quens de Lune II tans. 
13105 Si leur donnerent , sans trair, 

Et sauf-aler et sauf-venir. 

Ensi fu Hastens batisi& 

Puis sen est as n& repairi&. 

Si se fist mort en cele nuit. 
13110 Et sa gent fisent grant dol tuit. 

Quar bien quida sa gent menue 

Qua ciertes fust la mors venue. 

Si menerent si grant dolour 

Que tuit li grant et li menour 
13115 De la cit£ pitte en orent, 

Et , pour qou qu'ounorer le vorent, 

L'aporterent, sans fausete, 

En la glise de la chite. 

Et estoit mis en une biere 
13120 Qu'il orent faite a lor manure. 

Et le vesques fu reviestus , 

Com cii ki n'iert aperc&js , 

Hist, des exped. marit. des Norm., I, 168-169. 15110 Dol, deuil. 

13098 Ameement, amicalement. 13122 Comme qnelqu'un qui ne soupconnait 

13104 // tans, egalement. aucune ruse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



41 



Pour le siervice a commencier; 

Et li paien , pour mious tr&ier . 
13125 Furent arm^ desous lor capes. 

Pour le vesque prendre a lor trapes , 

Et furent venu el mostier , 

Quant on comment le mestier. 

Et Hastens , ki se vot haster , 
13130 Se descouyri sans ariester. 

Tous arm& isci de la biere; 

Lors n'i a celui ki n'i fie re. 

S'ocisent le vesque et le conte , 

A grant martire et a grant honte , 
13135 Et apri& tous ?aus de la vile. 

Ensi . par barat et par gille . 

Furent ocis li crestiien 

Et s'orent la citet paien. 

Et quant Hastens et tout si ome 
13140 Sorent que ce n'iert mie Rome , 

Si furent honteus et dolent 

Qu'esploitte n'orent autrement. 

Mais n'oserent avant aler . 

Quar Roumain oirent parler 
13145 De ?ou qu'il orent fait ensi .; 

Si se furent contre aus garni. 
Dont se remist Hastens en mer, 

Si vint en France s£jorner , 

U Carles li Simples estoit , 



Hasting rerlent 
France. 



15125 Arme desous lor capes. L'eveque de 
Liege Notger se servit de ce moyen pour se ren- 
dre mail re de Chevremont. 

15126 Trapes, d*ou attraper, embuches. 
15156 Voy. v. 12850. 

15149 Carles li Simple*, M. Depping, 1 , 185, 
place cet evenement sous Charles -le-Chauve. 
D*aiilres le mettent sous leregne de Louis et Car- 
loman, d'autres encore sous Charles -le-Gros. 

Ton. II. 



J. De Guyse a tird ce qu'il dit de Rolloo d'une his- 
toire en roman de la seconde destruction des 
eglisesde l'Ostrevant, histoire qui n'a pas &e citee 
dans Tlntroduction du premier volume, a Particle 
ou est trace un tableau rapide des destinees de 
la langue francaise en Belgique, mais qui Test 
dans Tlntroduction du second volume, a Ten- 
droit ou Ton s'occupe encore de ce sujet. II s'y 
exprime ainsi et d'une maniere conforme a Ph. 

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42 



CHR0N1QUE 



Tbifcaat, comte de 

Tours. 



Origine de Rollon* 



13150 Mais poi de ceyaliers avoit. 

Si douna Hastenc , par bontl, 
Cartres et toute la cite 
Pour pais avoir; et il le prist 
Et par itant pais al roi fist , 

13155 N 'onques puis al roi ne fist gi&re. 
Puis vot aler en Engleti&re. 
Comme cil qui petit en caut, 
Si rot vendre al conte Ttebaut 
Cartres et quan k'il i avoit, 

13160 Pour $ou qu'aillors aler voloit, 

Mais il en prist tierme en apri& ; 
Fel iert et crueus et engri&. 
Et cil Biers Coste-fifrle 
S'en fu ral& en sa contr&. 

13165 Aprils refurent li Danois 
Tant monteplii^ par lor lois 
Que lor enfans convint aler 
Fors de la ti&re oonquester. 
Sot en cele ti&re I haut ome , 

13170 Mais restore pas ne le nomme , 
Ki si franceraent tint le sien 



Mouskes : Temporibus Carol* simplicis , Franco- 
rum regis, quibus Hastingus , dux Danorum, 
sacrum baptism* in Francios partibus susceperat, 
et omnes sues cohories patriam quietam tenebant 
circa Carnoti fines ... Ann. IX, 282. 
13181 Robert Wace, I, 37, v. 741. 

Li reii , por $o ke pals tenist 
£ d'allres genz le defendist 
Li dona Cbartrcs et Cbartrain, 
k'il avoit lore* en sa main. 

Ce comte de Charlrea ne fut donne probable- 
men t a Hasting que pour la duree de ta Tie. 
Houard , Traite sur Us coutumes anglo - nor- 
mandes, torn. I , preface ; Depping , o. c, 1, 185. 



13155 Qiire, guerre. 

13158 Al conte Tiibaut, Thibaut , normandde 
naissance^etquelesSainte-Marthefontmemefrere 
de Rollon, epousa Richilde, fille de Robert-le- 
Fort dont le pere etait Robert l er , frerepuine de 
Guillaume, comte de BIoi». Ce Thibaut acquit 
la ville de Chartres du fameux Hatting , acqui- 
sition qu'Alberic de Trois-FonUines range sous 
l'annee 904. 

15166 Montepliie'y multiplies. 

15170 L'estore pas ne le nomme, Thistoire le 
nomme Rognevald, en islandais Raugnwalldur ; 
ce personnage, ne en Norwege, fut iarl de Mssre 
et des Orcades. Vouez sa genealogie, d*apres 
Suhmet Scheming, dans Depping, II, 56 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



43 



Qu'ainc home n'en sierri de rien. 
II fius avoit : Rou et Burin. 
Quant li peres fu trais a fin . 

13175 Li rois Tot les enfans graver 
Et de leur fi& deshireter, 
Pour leur p6re ki n'el siervi 
Et maintes fois Tot asailli. 
Cil doi fr&re mand&rent gens, 

13180 Pour garandir leur tenement. 

Sorent ass& des joven(en)ciaus , 
Hardis et coragous et biaus , 
Qui leur avoient Us hommages 
Pour retenir leur yretages 

13185 Contre le roi ki les gr^voit 
Et desyreter les voloit. 
Contre le roi se combatirent 
Et maintes fois le desconfirent. 
Cil rois une eure les manda , 

13190 A aus buenement s'acorda 
Et leur dona tot francement 
Tenir le leur et quitement , 
Ausi com aroit fait leur p6re. 
Ensi le loferent cil frkte 

13195 Et tinrent comme leur ancisseur , 
Et leur home autresi la leur. 



Rollon et son frere. 



Harald, roi de Nor- 
w^ge. 



Le roi fait la paix »vec 
lei deux freres. 



1 3175 Rou et Burin. Rob. Wace, I. 40 v. 817 : 

Li mainnea des dons freres Rou esteit apele* , 
Et li altre Garin , ki soventre fu ne\ 

Cest-a-dire Hrolfou Rollon el peut-£tre celui 
que les ecrivains scandinaves appellent Thorer. 
Jacques De Guyse nomme ce dernier Burins. 

13175 Li rois, Harald, surnomme Harfager, 
ou aux beaux cheveux, roi conquerant de la 
Norwege, succlda a son pere vers Fan 863. Le 
recit qui suit doit etre rectifie par la narration 



de M. Depping , II , 62 et suiv. Cet ecrivain in- 
struit et exact rapporte, pag. 516 du meme 
volume , Thistoire de repatriation de Rollon . 
eitraite de la Saga de Harald Harfager, par 
Snorro,ch. XXIV. 

13180 Tenement, terres, possessions. 

13195-96 Eux et leurs vassaux tinrent leurs 
terres de la meme maniere que leurs predeces- 
seurs. — Le vers a une syllabe de trop ; il faut 
lire : 

Et tinrent com leur ancisseur. 



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44 CHRONIQUE 

De la tiere eel roi issirent 

Li fr£re, et leur gens dlpartirent, 

U leur dresse unc em- 17*. i» „^« i • > 

buscade. ut 11 rois , ki n es ama pas . 

13200 Les gaita puis a I trespas . 

Par I matin , devant lor rile , 

Com cil qui plains estoit de gille. 

En I bosket, desous les carmes, 

Si monstr&rent al jor lor armes , 
13205 Et cil issirent de laiens 

Sor lor cevaus , a poi de gens , 

Et cevaucterent la tout droit 

U leur agais bastis estoit. 

Mais li rois les laissa passer , 
13210 Dont si les prist a escrier 

Et cil se sentirent soupria. 

Si ot moult des leur mors et pris , 

Mori du frere dc Aol- BurflM i fu pHS et Ul& , 

Mais Rou , ses frere , est escapes ' 

13215 Et li rois saissi leur chit^ 
Et toli tout leur hirete. 

Rou se traist deviers la marine , 
XXVI nes ot en saissine , 
De sa gent tant od lui mena 
13220 Que toutes ses nes ordena . 
Roiion p«$$c en &ossr. Si passa en l'isle d'Eskance 

Plains d anui et de grant poisance 
De son fr&re c'on li ot mort 
Et sa tiere tolue a tort. 
ii « une rbio*. 13225 En eel isle fu plains d'anui , 

La yenoient si home a lui. 

13200 Un matin ii leur dressa one embusca- 13218 XXVI, prononcez ringt et sit pour la 

de, un guet- apens, a un passage devant leur mesure. 
ville. 13221 Eskance , £cosse. 

15203 Carmes, charmes, espece d'arbres. 13222 Poisance, regret qui pese sur Fame. 

13210 A escrier, a un cri convenu. 13223 Mort, tue. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



45 



Une nuit iert en dormisons , 

Si li Tint une avissions 

Qu'il s'en aloit, pour faire guierre , 

13230 Sor les Englois en Engletiere. 
Lendemain quist tout son ator , 
Et sigla II nuis et I jour 
Tant qu'en Engletiere ariva. 
A moult grant pais iestre i quida , 

13235 Mais li Englois les asalirent 

Et Rou et sa gent les venquirent ; 
II fois i furent desconfi. 
Quant Rou les ot vencus ensi , 
Si se pourpensa qu'il feroit, 

13240 U en sa ttere repairroit, 

U il conquerroit Engletiere , 

U viers France en iroit conquerre. 

En eel pens^ s'endormi Rou 
Et , quant il ot dormi I pou , 

13245 Si li fu avis, sans doutance, 

K'il ert sor I haut mont en France 
Et la sourdoit une fontainne , 
Qui n'estoit orde ne yilainne. 
En la fontainne se bagnoit 

13250 Et del lepre s'i guarissoit. 

Puis vfoit grant plenty d'oisiaus 
Partot eel mont diviers et biaus* 
Si pensa que c'iert mieryelles , 
Quar toutes estoient yiermelle* 

13255 Lor seniestres eles yolables; 
Et s'en i ot d'autres sanlavles , 



Kollou arrive en Angle- 
tcrre et bat les An- 
glais. 



Secondc vision de Rol- 
lon. 



Oiseaux merveilleux. 



13227 En dormisons, plonge* dans le som- 
meil. 

15228 Avissions , suivant l'histoire de la se- 
conde destruction des eglises de TOstrevant, tra- 
duite en partie du roman en latin par Jacques 



De Guyse, cetle vision de Rolloo n'eut pas lieu 
en Ecosse , mais dans une ile de TEscaut . ad 
insulam Scaudi, IX, 284. 

15251 Ator, attirail. 

15256 Sanlavles, semblables. 



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46 



CHROMQUE 



Explication du songe 
dc Rollon. 



Verdes, indes, jaunes et pierses, 
Noires et moult d'autres diyierses. 
Et venoient tout a volant 

13260 U a lor pi& tout li auquant 
Si bagnoient en la fontainne ; 
Aprils , sans faire nule painne , 
Mangoient ensamble par uon 
Et puis faisoient d'environ 

13265 La monlagne cascuns son nit , 
Par son congiet et par son dit. 
Lendemain cest songe conta, 
Et uns Englois bien l'ascota , 
Quil tenoit la comme prison. 

13270 Si li desponst sa yission 



13257 Ihdes.... et pierses. Dans le fabliau de 
la Bourse pleine de sens (Babbjlzatj et Meow, III , 
38, et Aucms, I, 344), on trouve ces passages 
qui se rapporlent a notre ancien commerce , et 
qu'on peat comparer avec un passage de la Pki- 
lippide de Guill. Le Breton, liv. IV, v. 380 et 
suiv. II s'agit d'abord de la foire de Troyes : 

I ot asses dc draperie 
Qu'il n'ot cure de frtpeiie 
Mais d'escarlate taiote en graine, 
De bons pers et de bonne laine 
De Bruges et de Saint-Omer. 

et plus loin : 

II sen vint a la Halle d'Ypre. 

Acheta li roube de pers. 



Bone robe de bons pers d'Ypre, 
II n'a meillor de ci a Cypre. 

Si alai en la Halle d'Ypre, 
Bobe de pers n'a tel en Cypre. 

L'auteur de ce fabliau florissait au XIII 6 sie- 
cle, comme Ph. Mouskes. Les proverbeset die- 
tons populaires publies par M. Crapelet , desi- 
gnent : 

Camelin de Caznbrai, 
Saie de Bruges , 
Pers d'Ypre. 



Cf. Prompsault, Disc, sur les publ. lilt, du 
tnoyen age, p. 123. 

La couleur inde etait Pazur suivant Roque- 
fort, et le violet, selon M. Francisque Michel, 
Roman de la Violette , p. 34 , note 4. Ge qui est 
con firm £ par ces vers du meme roman : 

Li quern i met son sel , et roit 
Desor sa destre mamelette 
Jndoier cele violete. 

Quant a la couleur perse , M . Roquefort l'ex- 
plique par bleu tirant sur le noir, bleu tres- 
fonce, bleu azure, couleur livide et noiratre. 
On tendait des drops pers dans les ceremonies 
funebres , selon les termes d'une ordonnance 
du 13 septembre 1333 , faite par les magistrats 
de Paris. Toujours est-il d'apres le texle meme 
de Ph. Mouskes , que la couleur perse etait dis- 
tincte de la noire. 

13266 Congiet, permission. 

R. Wace , en parlant de ces oiseaux , dit , I , 
49, v. 998: 

Kel part que il aloient a Aon oblissoient. 

13369 Prison j prison nier. Cil espeloit li sonje, 
dit Rob. Wace. 
13270 Desponst, expliqua. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 47 

Et di8t : « Sire , li mons de France 

Sour qui yous esti&, sans doutance 

C'est sainte glise Yoirement , 

De 50U ne yous dout& noient. 
13275 Et la fbntainne c'est batesmes. 

C'est li oiles et s'est li cresmes 

Dont yous i ser& pr&igni& , / 

Crestien& et baptisstes. 

Et les k\es de ces oissiaus , 
13280 Que yous i v&stes si biaus, 

Ki les iles orent divierses 

A seniestre rouges et pierses, 

Jausnes, noires, indes et blances 

Et de maintes autres sanblances 
13285 Sont cevalier preut et honniestre 

Qui portent escus a seniestre , 

Ki sont de divierse mani&re. 

Et li l&pres, ce mest avi&re, 

Ce sont li fons u yous ser& 
13290 Quant le baptesme pris ar&. 

Et li oissiel ki se bagnoient, 

Cil ki tout ensamble mangoient , 

C'est li grans peules de paiens 

Ki par yous sera crestiiens. 
13295 D'itant que li oissiel faisoient 

Quant la montagne avironnoient , 

Sont, pour voir , les glises gast&s 

Qui par yous i&rent restores. 

Et 50U qu'il se Yont reposant 
13300 A yo dit et a yo coumant 

Sont li home , par jiriti , 

Qui de maint estragne r^gn£ 

1 3276 Oiles, huile. Li liipre est pechie , ke nul mil non est pere. 

13877 Presumes, m&rqut. 13893 D'itant, quant a ce.... 

13288 £»' tyre*. Rob. Wace,I, 30, v. 1009: 13302 Estragne regne, royaumea elranger«. 



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48 CHRONIQUE 

Seront a yous ob&ssant 
Et sierviront d'or en avant. » 
Roiion i© reconcile 13305 Quant Rou oi la d&nonstrance 

•vcc le roi d' Angle- wn i i / //» 

terre. Del songe , et la senefiance , 

Le prison tot quite clama 

Et pour lui seul si d&ivra 

Tous left autres k'il avoit pris , 
13310 Quar preus estoit et bien apris. 

Lors s'en ala Rou Tiers Durialme. 

La si parla al roi Antiaume 

Qui li proumist foit et amour. 

Soucors et force sans clamour. 
13315 Ensi misent a pais lor gierre. 

Rou soujourna en Englettere , 

Tout l'ivier et al tans d'est^. 

Si a son afaire atourn£ , 

En mer se mist a droite sente . 
13320 Mais ores leva et tormente 

Si grans et si piesme et si fors 

K'il ne porent venir as pors. 

Ains perdirent leur gouviernaus , 

Si gieterent fors leur cevaus , 
13325 Lor voiles et lor mas trenci&rent , 

Quant de la liire s'eslongierent , 

Et rompu furent tot lor kable. 

Tot $ou faisoient li doable 

Pour gou que Rou et sa mesnie 
13330 Partoient de leur compagnie. 

Et Rou fist a Dieu s'orison , 

Ausi fisent si compagnon. 

15311 Durialme, Durham? II faudrait Du- terre. Celle meprise est, au surplus, dans 

riaume , pour rimer avcc Antiaume. Dudon , Guillaume de Jumieges et Rob. Wace. 

13512 Antiaume- Adestenavoi t «<m,ditWace. 13515 Foit, foi. 

11 faudrait lire , pour la verile historique, Alfred- 15519 A droite sente, settle, chemin, sem(i)t(a). 

le-Grand , qui regnait a cette epoque en Angle- 15521 Piesme, pes{si)m(us). 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



49 



Tantost la tormente ci&a , 

Rou droit en Walcres ariva. 
13335 Rois Antiaumes quant il le sot. 

D'Englettere, com il ains pot. 

Li envoia n& et deniers 

Et viandes et cevaliers. 

Mais Walcrois , qui gent orent pau , 
13340 Mand^rent le conte en Hainau, 

Renier Lone-Col , tout par devise. 

Et Radebot, le due de Frisse. 

Si esmurrent viers Rou la gierre 

Pour lui k gieter de la tierre. 
13345 Mais Rou a aus se combati ; 

Si com Dieu plot , si les venki , 

Puis arst la ti&re et exilla 

Et toute Frisse leur foula. 

Aprils parmi Hainau se mist , 
13350 La ttere arst et le conte prist 

Com cil qui tout avoir goulouse ; 

Mais compagnons i perdi XII , 

Que la feme al conte Renier 



Renier au-Long-Cou, 

comte de Hainaut. 

Radbod-le-Frison, vers 

875. 



Renier prisonnier de 
Rollon. 



15334 JPalcret, Walcheren. Rob. Wace , I , 
32, v. 1031 : 

Tant siglerent Daneii k'en la terre arriverent ; 
Jfacfrelz furent encuntre 

M. Pluquet dit que Waefreiz designe les ha- 
bitans de la Weat-Frise ou Zelande. 

13341 Renter 9 e'eat le prince qui, suivant 
J.-G. Eccard, M. Mone et d'autres critiques, 
est represents allegoriquement sous le person- 
nage du renard , dans les anciennes fables qui 
portent ce nom. Reinardut Fulpes , Stuttg., 
1832, in-8°, pp. 1,2. Mais cette hypotbese, 
quoique tres - ingenieusement exposee par M. 
Mone , est insoutenable , au jugement de M. Ray- 
nouard, Journal det t avans , juillet 1834. Cf. 
la dissertation de M. Wiliems, sur la publican 

Tom. II. 



tion de M. Mone , brochure in-8° , p. 23 , et 
Reinaert de Vot, episch fabeldicht van de twaelfde 
en dertiende eeuw , met aenmerkingen en ophelde- 
ringen van J.-F. Willems, Gent, 1836 , gr.in-8°, 

%&•> P- »▼• 

13342 Radebot, Rob. Wace, dans le roman 
de Rou, I, 53, v. 1071. 

Rembaut, li dus deFrise, lor vint primes aidier, 
Et li quens de Hanaut, ke Ten claime Regnier, 
Ke 1'ora dit al Lone-Col , ua vaillant chevalier. 

13332 / perdi XII. Rob. Wace, I, 54, 
v. 1107 : 

E des compaignons Rou , e des plus posters, 
De eels ke Ron tenoit por sis meillor amis , 
Ont li home Regnier doae en bataille pris. 

13333 La feme al conte Renier, Alberade. 

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50 



CHRONIQUE 



Gt-nerosile de RolJoo. 



Rollon envahit la Neus- 
trie. 



Li vot tous quites renvoiier , 

13355 Pour son baron lant seulement. 
Mais Rou n'el vot faire nient, 
Ainc li detnanda , tout par non , 
Par quitance de raen$on 
De sa tiere tout le tr&or 

1 3360 Et plus , s'ele pooit eukor , 
U il le feroit peadre al vent. 
Cele ama sod signer forment , 
Si li otria son voloir 
Pour son marit quite ravoir. 

13365 Et quant Rou sot ciertainnement 
Que cele l'amoit si forment , 
Les HI pars de sa raen$on 
Li clama quites en son non. 
La dame le fist volentiers. 

13370 Si fii quites li quens Renier, 
Et si ot Rou ses compagnons 
Tous d£Uw& sans raen^ons. 
Et Rou se remist a la mer , 
Onqyes ne ciessa de sigler 

13375 Tant k'il se mist par mer en Sainne. 
Normendie mist en grant painne , 
A Gumeges , vint od sa gent , 
Ast& t prist or et argent 
Et toute la ti&re conquist , 

13380 Et d autre part l'aigue s'i mist. 
Une virg&oe , sainte Ameltru , 



15577 Gumeges, Jumiegea. Dan* les Me- 
moires de la Societe det antiquaires de Norman- 
Me, pour 1858, pp. 101-112, M. Cartier, 
collaborates de M. De la Sauaaaye, pour la 
Revue JVutnismatique /ranfoue, a deerit une 
ancienne mennaie frappee a Jumiegea. 

15581 Firgene, prononces virge ou virgne. 
Sainte Ameltru. Ce nom prouve que Ph. Mouakea 



a eu d'aulres guides que Waee. Celui-ei , en 
effet, dit que Rollon, tre&te-six ana avanl aa 
conversion, depoaa dana une chapel le de Ju- 
miegea le corpa de aaiut Arnoul, tandia que 
Dudon de Saint-Quentin et Guillaume de Ju- 
miegea , en rapportant ce fait invraiaenblable , 
nonunent sainte Hameltrude ou Ameltrude. II eat 
▼iaible que G. de J u miegea eat l'autetir preTere. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



51 



Ki de Bretagne o$tie fu . 

K'il ot guast& en son YCtoir: 

La le fist Rou maitre et guerpir 
1 3385 En une capi£le la dame , 

Qu'il n'orent mie mise a flame ; 

Puis s'en ala a Buem tout droit. 

Lk s'ariva k grant esploit 

Devant le moustier St. -Martin , 
13390 A grant gent et a grant hustin. 

Mais I'arcevesques Franke vint 

A lui par pais., et si retint 

La cit£ en sa tenserie , 

Sans faire nule tracer ie. 
13395 Puis monta Sainne et Tint as Dans 

Com cevaliers preus et aidans , 

Et \k fist une mote faire 

U il p&iist avoir repaire. 
Quant Charles li Simples di 
1 3400 La nouviele , pas n'el goi. 

Pour goo que Rou sour hii reviMe 

Si hai mout cele noirriele. 

Hastenc ki paiens ot est£ , 



L'archercque Francon 
va le tronver. 



Let Fran^ais ont 
cours a Hasting. 



15585 K'il ot guostee, se rapporte a Breta- 
tagne ; en son venir, lore de sa venue. 

15584 Maitre, mettre. 

15589 St.-Martin, Rob. Waee dit SK-Morin. 
Voir la note de M. A. Le Prevost. Le roman de 
Rou , 1 , 58 , note 4. 

15595 Tenserie, meme sens que teneure, em- 
ploye ailleurs. Roquefort traduit tenserie par 
vol , pillage ; mais dans ce passage , ce mot 
parait avoir le sens de domination. 

15595 As Dans , le teste de M. Pluquet porte 
Asdant en un seul mot et le MS de Duchesne 
Hondas. Un bistorien latin dit : Apud Hatdans 
qua* Archas dicitur, 

Kou vont vi\r Asdun${%% Dans) ki lort Arcbcs apele. 
II s'agit du Pont-de-1'Arche. 



15597 Mote j voy. Du Cange, an mot Mot a. 
M. De Caumont, 1'auteur du meilleur ouvrage 
historique sut l'architecture , que Ton ait en- 
core en francais, a explique 1 ce qu'il faut en- 
tendre proprement par motte ou keep, dans la 
cinquieme partie de son Cours d'antiquites nun 
numentales, p. 75 et suiv. Cf. J. Slrutt, dngle- 
terre ancienne , Paris, 1789, in-4°, I, 215 et 
suiv.; notre Essai sur la statistique ancienne de 
la Belgique , 2° partie , p. 85 , etc. 

15599 Charles li Simples, ce prince ne en 
879 , ne devint roi qu'en 895. 

15401 Sour lui reviele 9 se revoke contre lui. 

15405 Hastenc. M. Le Prevost considere In- 
tervention d'Hasting, dans cette campagne, 
comme une invention des historiens normands. 



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52 



CHRONIQUE 



Lc comte Renard est dc 
fait. 



Qui il avoit ass& doun^ , 

13405 I tramist pour sayoir lor iestre 
Ne quel gent il pooient iestre; 
K'il voloient et qu'il qu&oient 
Ki *a tlkre ensi pourprendroieut. 
Hastens i Tint , si demanda 

13410 Tout ensi con li coumanda. 
Rou li dist que paien estoient 
N'autre signor que lui n'avoient 
Et si voloient francement 
Aquerre tout lor tenement. 

13415 Et Hastens li a demand^ 

Se il yolait tout par son gre 
Al roi de France eslre sougis , 
Qui la tiere iert et li pais. 
Rou respondi moult vistement 

13420 Que ja n'el ten roi t ausement. 
Hastens ariere retourna 
Et tout jensi le raconta 
A I conte, Renaus ot non. 
Gil ot en main tout le roion 

13425 De par le roi , et si venoit 
A Rou combatre, se voloit. 
Droit a la mote en est venus ; 
Combati soi , si fu vencus. 
Uns siergans qui Rollans ot non . 

13430 Dedens la mote, en abandon, 



Elle est admise par M. A. Thierry , Hist, de 
la conquSte de VAnglelerre par let Normands , 
Bruxelles , Lacrosse, 1835 , I, 153. 

13404 Qui, il vaudrait mieux cut. 

15407 K'il, cequ'ils... 

13408 Pourprendroient. 

Si porprisent Norhumberlande. 

Le Roux de Likcy , Li romans de Brut , 
1,201, t. 6285. 

13417 SougUj sujet, soumis. 



13418 Qui, a qui ou de qui. 

13423 Renaus, Rob. Wace, 1 , 61, v. 1218. 

Reinaull , no qucns de France , ki Lucenc tcneit. 

M. Le Prevost est persuade que le comte Rei- 
uault est un personnage fictif , quoique des his- 
loriens l'appellenl positivement Reinault, due 
d' Orleans. 

15430 En abandon, sans menager sa per- 
sonne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



53 



Se mist entr'aus , si fu ocis 
Et moult d'autres i ot malmis ; 
Et cil Rollans ot dit an$ois 
A Hastenc, tout par son gabois, 

13435 Que il deslooit la bataille, 

Pour qpn que ja goupius sans faille 
Ne seroit pris d'autre goupil , 
Ne leus par leu mis a escil. 
Renaus descomfis en ala. 

13440 Rou tout le pais exilla. 

Droit a Meullent l'a consul , 
Renaut ocist , le bourc saisi , 
A Ruem en r'ala soujourner 
Et fist bien sa mote atorner. 

13445 Et apri& $ou petit de tens 
Si yendi Cartres cil Hastens 
Moult d'ayoir al conte Ti^baut , 
Qui s'en fist moult joious et baut , 
Si com jou tos dis orendroit. 

13450 Dont primes si s'en ala droit 

Hastens , par mer, en Engletierre , 
Mais il n'i fist force ne gierre ; 
Et puis s'en revint parmi Frise 
U Ja mors fist de lui justice. 

13455 Rou donques a Ruem s£jorna , 
Tout le pais i conquesta 
Et Baio&s apri& conquist, 
Une puciele dedens prist ; 



Injure adressee a lias- 
ting. 



HasUngqutttela France. 



Mort d 'Hasting. 



Conqaetes dc Rollon. 



15434 Gabois, raillerie. 

1543 IS Deslooit, deconseillait. 

15456 Goupius, goupil , renard. Ce proverbe 
est autrement exprim£ par Rob. Wace , 1,64, 
▼. 1270 : 

L'en ne prcnt raie leu ne gopil sos son banc. 

15441 Meullent, Meulan. 



15446 Si vendi Cartres, l'exactitude histori- 
que est loin d'etre ici res pec tee. 

15449 Orendroit, voy. v. 15151. 

15451 Hastens; Rob. Wace se contente de 
dire : 1 , 65 , v. 1292 : 

Ne sai ke pais derint , ne parler n'en ol. 

15457 Baioes, Bayeux que Rob. Wace appelie 
Baiex, I, 66, v. 1517, et Baex, ib., v. 1525. 



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54 



CHRONIQUE 



Pope ou Popee , fille de 
Ueranger, comte du 
Bessin. 



Enfaos qu'en out Hol- 
lon. 



Siege de Paris. An 885. 



Prise <n£rrenx. An 892. 



Le roi d'Angleterre im- 
plore le tecourc dc 
Rollon. 



Pope ot non, n'i ot k'ensignier . 
13460 Fille ert al eonte Bilrengier. 

Une fille et II fius en ot , 

Guillaume, Robiert et Gerlot. 

Moult fu biele cele et moult sot. 

Aprils asist , com il aim pot . 
13465 Rou Paris et les asailli , 

Quar gens et force leur feilti. 

Et de ses homes les plus preu*. 

Fist Rou cevaucier k Evreus. 

Si destruisent toute la gent , 
13470 Prisent dras, cevaus et argent. 

Li &vesques, Ebar ot non. 

Sen eseapa par sa maisson. 

Et cil revinrent k Paris 

U Rou , lor sire, estoit asi*. 
13475 La li renvoia ses mesages 

Li rois Aatiaumes , comroe sages , 

D'Engfetiere pour estaToir . 

Quar soucours en Toloit avoir. 

Li Engtois, qui si home estoient, 
13480 De guerre mahnen^ lavoient. 

Rou laissa eel si&ge k Paris , 

11 et sa gent s'ont en mer mis . 

Le roi Antiaume soucoura . 

Tant que partout acord& fu. 
13485 Et li roi*, quant s'en diut partir , 

Li vot son regne mipartir. 



13459 N'i ot k'ensignier, ette n a rait que de 
bonnes quality. Cette tournure de phrase s'est re- 
produce plus d'une fots sous les yevx du lecteur. 

15460 Biereugier, Juhael Rerenger, comte 
de Rennes. 

15462 GutUaume, Robert Wace, I, 68, 
v. 1546: 

Dc U fu nai Willune ki ot non Lunge Bspee, 



Ke li Flamens ocutrent par Iralaon proree. 

Gerlot, Gerloc , fille de Rollon , epousa Herbert , 
comte de Vermaadois. 

15471 Ebar, appele hembart par Rob. Wace , 
1,69, v. 1554. 

15477 Etiavoir, necessite. 

13486 Rob. Wace, I, 71, v. 1406 : 

Li roil li rout doner dn regne la auKi**. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



55 



Mais Rou fu preus , si n'en ot cure . 
Ainc se remist en ayenture. 
A Ruem parmi la nier revint 

13490 Rou, li paieus , et siege i tint , 
Car on lavoit ja referm&. 
Mais al quint jour li fut livr^e. 
Si tramist de sa gent par Loire , 
Com cil ki tout conquerre espoire , 

13495 Et parmi Sainne et par Gieronde 
Pour tout gaster a la r^onde. 
A Paris, a grant gent, revint 
Rou li Danois , et si^ge i tint , 
Et puis ala parmi Bourgogne 

13500 Pour mious acomplir sa besogne. 
Amont Yone tout par sens 
S'en alerent , et puis a Sens , 
Et puis a Clermont asanbterent. 
La tiere prisent et gas te rent , 

13505 A St.-B£n&>it s'asegi&rent, 

Contremont Vaigue se logierent , 
Mais Rou n'i laisa rien forfaire, 
Quar li sains ert de haut afaire. 
Les pris rouva mener en cart res. 

13510 Puis s'enparti et vint a Cartres 
U li dus Ricars s^journoit , 
E( li quens T&baus i estoit 



Rctour <Ic Bullon 4 
Rouen. 



Nouveau siege de Paris. 



Degats des Normands. 



Rollon assiegc Chart res 



15490 Siige , Robert Wace De parle pas de 
ce siege. 

13501 Amont, en remontant 1'Yonue ; sent, 
chemins? 

15502 Sens, Sens-sur-Yonne. 

15505 S x .-Be'neoit, S'-Benoit - sur - Loire ou 
Fleury. 

15507 Forfaire, rien n'est moins aulhentique, 
remarque M. A. Le Prevost , que ce* soins pris 
par Rollon pour preserver du pillage le monastere 



de Fleury. 

15509 Pris, prisonniers; cartres, prison. 

15510 Cartres , Chartres. Rob. Wace , 1 , 80, 
v. 1570 : 

De la Saincte Virge Marie , mere de De, 
I estoit la kemise , tenne en grant chiertl. 

15511 Ricars, Richard, due de Bourgogne. 

15512 Tiebaus, Thibaud, sans doute celui 
que Robert Wace appelle, Jebles de Pettier* 



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56 



CHRONIQUE 



Les 



Normands 
vaincu». 



Charles-le-Simple donne 
4 Holloa *» 6 He Gi- 



Ki lues a Rou se combatirent, 

Si com Dieu plot, si les venquirent, 

13515 Quar li vesques lot revestus 
Dieu si loant que ne sot plus, 
En aporta , Tiers la bataille , 
De la veraie crois, sans faille , 
Et la cemise nostre dame. 

13520 S'en orent li paien tel dame 
Qu'il eo furent tout desconfi 
Et Rou m&smes avoec li. 
Si fu sa gent destruite et prise . 
La tierce pars en fu ocise. 

13525 Mais Rou fu preus, s'en escapa 
Et une grans pars en entra 
De sa gent en une fort mote . 
Fors de la vile, com gent sote 
Li quens Ttebaus les i asist, 

13530 Mais la nuit, si com l'uevre dist. 
S'en issirent parmi lor tr&s , 
Et li quens s'en est destrav& , 
Quar il quida , de grant paour , 
Qu'il reuissent Rou, lor signor. 

13535 Et quant Rou, ki i'en fu embtes, 
Se f u a sa gent rasambl& , 
Si fu diru& et esmaris 
De 90U qu'il estoit desconfis. 
Lors s'en ala tout destruisant 

13540 Qu'il n'i laissa rien demorant. 
Et quant Carles li Simples sot 



(Poitiers), et que la chronique de Normandie 
nomme Ebault. 

15514 Les, le. 

13519 La cemise, voy. v. 13510. Sur cette 
relique on peut consulter la Parthenie ou His- 
toire de Ve'glise de Ckartres , par Sebastien Rouil- 
lard. 



13527 Mote, voy. v. 13397. 
13331 Tris, tentes. 
13532 Destrave's, decampe. 
15534 Reuissent, eussent retrouve. 
13555 Emble's , £chappe. 
15557 Dimes, abattu, diru{ptus); esmaris, 
affligl, d&ote. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



57 



Qu escapes fu, grant dol en ot. 
Par le consel de ses barons 
Manda Rou et ses compagnons 

13545 S'il se voloient batissier , 

Que il donroit Rou a moullier 
Gillain , sa fille , a tot grant tiere , 
Et par itant finast la gierre. 
Li dus Robiers li cons ilia , 

13550 L'arcevesques Franke estoit la, 
Ki de Ruem i estoit yen us. 
Oil li ala dire salus 
Et c'on li donroit Nortnendie 
Et Flandres avoec, sans boidie, 

13555 En sour que tout la fille al roi , 
Par si qu'il laisast son desroi , 
Et qu'il a Dieu vosist entendre. 
Rou n'ot cure de Flandres prendre 
Pour gou que trop i ot palus. 

13560 Et l'arcevesques li fist plus, 
Quar Bretagne li fist donner 
Pour le mariage ordener. 

Rou fu baplisi& esranment 
Et grans partie de sa gent; 

13565 L'arcevesques le baptisa 

Et li quens Robiers le leva , 
Et pour Rou, trestot en apiert, 
Le clam&rent as fons Robiert. 
Si fu pardoun& li mesfais 



Charles -le- Simple ac- 
corde A Bollon sa fille 
Gisele. 



On vent donner la 
Flandre a Bollon. 



Bapteme deRollon, 912. 



13547 Gillain, Gisele. 

13548 Par itant, partant , en consequence. 

13549 Robiers, Robert, comle de Paris on 
due de France. Voy. v. 15775. 

13555 En sour que tout, par dessus tout, 
en outre. 

13556 Desroi, dereglement. 

13558 Cette oflre de la Flandre ne parait pas 

Toi. II. 



vraisemblable. Rob. Wace dit aussi, I, 95, 
v. 1907 : 

De Flandres li vont creistre, met Eon le reftua : 
Povre est , co dist, la terre , ja plcnt^ n*i arm. 

Cette province , remarque tres-bien M. Plu- 
quet , que Rollon refusait a cause de sa sterility, 
est aujourd'hui Tune des plus fertiles et des 
mieux cullivles (de FEurope). 

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58 CHRONIQUE 

13570 Et tous li manages fais , 
Et la tiere li fu liyr^e 
Et s&irt& Ten fu jur& 
Del roi et del conte Robiert , 
Qui s^nescaus iert en apiert . 

13575 Et del conte Alain , sans dangier, 
Et puis del conte Bierengier 
Qui pere estoit Popain , sa raie , 
Ki de Raio£s fu ravie. 
Cist conte orent Bretagne quite , 

13580 N'i ot faite tence ne luite. 
Tuit le reciurent k signor 
Et li port&rent grant ounor. 
Mais quant li dons Ten fu donnas , 
Li senescaus, ki fu sen&, 
Roiiou refuse de baiscr 13585 Li dist : « Rou , ates , si baistes, 

ivaSc^ du °' dc Si com drois est, le roi ses pi&. » 

Et Rou li dist que j4 n'iroit 
Ne autrui pi& ne baiseroit. 
Et Francois disent k I mot , 

14590 Tout li plus haut que il i ot , 
Que, pour recoivre si biel don 
Et fille k roi , bien derroit-on 
Baisier son pte , qui que il soit 
Celui qui si biel don dounoit. 

14595 Dont rouva Rou I cevalier 
Aler pour lui le piet baisier. 
Et li cevaliers s'ayancha , 
Le piet le roi prist; sel baisa 
Pour son signour ki le rouvoit. 

13600 Et si com il le piet tenoit, 
Al baissier si haut le leva 

15574 Senescaus, due de France. 15577 Popain, Pope ou Popee. 

15575 Alain, Alain Barbe-Forte, strivant 15581 Tuit, tous. 

M. Pluquet. Ce serait plutdt Barbe-Torte. 15601 Baissier, baiaer. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



59 



Que li rois a tiere viersa , 

Par quoi li paien risen t moult, 

Et Francois en gaberent tot. 

13605 Dont prist Rou sa feme Gillain: 
Si sen parti a lendemain , 
A Ruem s'en vint, n'i targa plus, 
A grant ounour fu rectus. 
Al quint jour fu Rou d&aub&; 

13610 Et d'arcevesques et d'ab& 

De vesques, de dus et de contes 
Et des cevaliers n'i fu contes. 
Puis demanda Rou Farcevesque 
Et k Ebar, d'Evreus le vesque, 

13615 Les queus glises de la contr^e 
Ierent de plus grant renomm^e. 
Et l'arcevesques li a dites 
Les queus sont de plus grant m&ites. 
Et Rou li demanda qeus sains 

13620 Estoit en la ttere souvrains. 

L'arcevesques dist sains Denis , 
Que sains Clemens lor ot tramis 
Pour crestientet exaucier 
Et la nouriele loi noncier. 

13625 « Par foi, dist Rou, a ces ^glises 
Que yous m'av& si avant mises, 
Donrai ains qu'i mes cevaliers , 



Li ben lite de Rollon 
enveri 1 eglise. 



Saint Denis, Saint Cle 
ment 



13605 Risent, rirent. 

15604 Tot, la rime demande tout. II a ^te 
fait allusion a cette anecdote dans l'lntroduction 
du premier vol. 7 p. ex. G. de Jumieges, II, 17. 

15607 Targa, tarda. 

15609 Desaubes, depouille' de la robe blanche 
du baptgme. Huit jours apres cette ce^monie 
on donnait un repas de desaubage. 

15615 Les queus, quelle*. Cette anecdote est 
omise par R. Wace et par G. de Jumieges, II, 18. 



15682 Clemens, saint Clement I er , e'lu pape 
en 67 ou 91, passe pour £tre l'auteur de la pre- 
miere mission des eveques dans les Gaules. II 
n'a pu y envoyer saint Denis qui y vint vers le 
milieu du troisieme siecle. Toy. le traits' de 
M. le marquis De Fortia sur saint Denis , k la 
suite de YExamen d'un diplome aitribue a Louis- 
U-Begue, rot de France, Paris , 1855 , 2 vol. 
in-12. 

15627 Ains, avant. 



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60 CHRONIQUE 

Et si m'ont siervi Yolentiers 

Que jou d'aus puisse aie avoir 
13630 Quant jou n'aurai de rien pooir. » 
Le premier jor sans convoitise 

Douna-il a la m£re glise , 

Nostre-Dame de Ruem , grans rentes 

Ki furent bien s&ns et gentes. 
13635 Et au secont jour autresi 

I douna-il grant tiire ensi ; 

Et au tiere jour de son tr&or ; 

Al quart jour rices dras encor; 

Et al quint fist aumosnes gentes ; 
13640 Al siste jour, sans plus d'atentes, 

A Gum&ges et a S*.-Piire 

Douna grant cose , sans proiere ; 

Al si&me jour a S*.-Denis 

Bierneval et tous les afis 
13645 Douna quitement, sans faillance . 

Pour 9011 qu'il ert de grant vallance. 

Al uitrae jour si fist moult biel : 

Donques osta Rou son cresmiel , 

Si douna k ses compagnons 
13650 Tiered et fi& et rices dons. 
Manage de Roiioo. El demain sa feme espousa ; 

Grans noces fist, moult i douna. 

XV jours l'ayoit j& iue 

Que ne FaToit a car sentue. 
13655 La nuit i gut, quan sen ley a 

Moult forment de li se loa. 

Et apries manda ses barons 

13645 Sie'tme, septieme. II, 18. 

13644 Bierneval, Berneval-le-Grand , village 13648 Cresmiel, le beguin ou la coiffe que Ton 

du departement de la Seine-In ferieure , arron- mettait a celui qu'on baptisait, fAm(tno). 

diwement de Dieppe. J fit, fiefs. 13653 XV jours. Cette cireoDStanee n'esl pas 

13647 Uitme, huitieme. Voy. G. de Jumieges ? mentionnee par Rob. Waoe. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 61 

Si lor douna moult rices dons , n distrOmc des terre* » 

Et les jugemens et les lois ses con,p8gnoII$ • 

13660 Leur otria, con tint an$ois 

Et cil ki de sa tiere furent 

Orent grans dons, si com il durent , 

Qui vorent iestre crestiien , 

Et ki n'el vot, j'el sai moult bien, 
13665 Pour en leur pais r'aler 

Lor fist n& et deniers livrer 

Et tout quan que mestier lor fu , 

Jusques lague pour faire fu. 

Sainte glise ama et sostint poiic«s<?ere*ui>iiepar 

13670 Et moult haute justice tint. 

Si desfendi et loa bien 

Con , pour larons , ne gardast rien , 

Quar trestout rendre lor feroit 

Quant que teres i embleroit. 
13675 Puis avint-il quen une rue AvenlUfe du pay$an dc 

Laissa les fiers de sa cierue kmTc Pa<m * dc " 

Uns vilains. Si vint en maison, 

Mais ne Fen fist se gaber non 

Sa feme , et s'es ala embler , 
13680 Pour lui faire fol resanbler. 

Et quant li yilains mangi^ ot, 

Si s'en ala com ains il pot ; 

Mais de ses fiers ne trova mie 

Qu'embl& li avoit s'anemie. 
13685 A 1'hostel revint tous ir& 

Et dist c'on li avoit embl& 

Les fiers de sa cierue as cans. 

Lors n'i ot dit fables ne cans. 

Sa feme a dit : « Vous en ir& 

15659 Les lots, voy. Rob. Wace, 1, 97,v.l940. 15687 As cans, aux champs. 

15665 Ce vers est trop court d'une syllabe. 15688 11 ne s'amusa ni a reciter ni a chanter, 

15668 Lagne, laigne, bois, Ugn(um). taot il etait en colere. 



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62 



CHRONIQUE 



13690 Al paien Rou , si li dir& : 
Mal&irous, fos, estordis, 
Onqes ne cr&stes mes dis ; 
A1& , sor& qu'il vos dira. » 
Et li vilains lues i ala 

13695 Conta li, et Rou li fist rendre 

Autant con en presist al vendre. 
Puis fist Rou porter le juise 
A tous ses voisius par devise . 
Mais sauye fureni , com drots f u , 

13700 De juise d'aigue et de fu. 

Dont prist Rou la feme al vilain . 
Ki moult estoit de pute main. 
Si le fist metre en tel destroit 
Quele gefai trestout k droit 

13705 Que les fiers son baron embla , 
Pour 90U que fos li resambla. 
Lors demanda Rou le vilain 
S'il le savoit de tel pelain 
Sa feme , et qu'ele fa larnese 

13710 Ne si mateoite barnesse. 
Li Tilains respondu q'oil. 
« Et tu seras pendus , dist-il , 
Par 11 jugemens ayoec li. 
L'un pour itant qu'il t'ab&li 

13715 A iestre o li sans castoier . 



15696 Autant c'on en presist al vendre. Rob. 
Wace, 1 , 100, v. 2004 : 

Rou out de li pili<$, e cine sols li dona. 

15699 Juise d'aigue et de fu, par TCpreure 
de l'eau et du fen. 

15702 Depute main, cette expression s'expli- 
que par celle dont se sert Rob. Wace , I, 100, 
v. 1987 : 

Mcz la fame esteit aukes de ses mains aerdant ; 



e'est-a-dire qn'elle avait les mains crochues. 
15706 Resambla , sembla. 

15708 De tel pelain, de tel poil, de telle 
peau , de tel caractere. 

15709 Larnese, larronnesse. 

15710 MuHeite, mechante; barnesse, femme. 

15711 Respondu , repondit; oil, oni. 

15714 rattV/t^t'aplu. 

15715 Castoier, corriger, c ha tier. Voir G. de 
Jumieges , liv. II , ch. 20. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



63 



Et , de l'autre , pour le loier 

Que tu son fail li consentoies 

Et ayoec li manans estoies. » 

Ensi furent andoi pendu 
13720 Que ne post estre desfendu; 

Et par le pais environ 

Furent castoiet li laron. 
Une fois ala Rou kacier 

En ses bos , pour esbanoier. 
13725 Si trouva I aigue dormant 

Que on ya la Mare clamant. 

La sist li dus Rou al disner 

Et fist sour I arbre gieter 

Nosces dor, aniaus et afices 
13730 Et juiaus autres biaus et rices; 

III ans les i laisa Rou pendre 

C'onques leres n'es osa prendre. 

Par eel fait et par eel tr&or 

A non li lius Roumare encor, 
13735 Et sacids qu'en grant et en pou 

Fu trop buens justici&re Rou. 

Cis Rou fu , que que nus m'en die , 

Li premiers dus de Normendie. 

Car et Normendie et Bretagne , 
13740 Ango, Poitoset Aquitagne 

I&rent adont le roi de France , 

Ligement comme ttere f ranee ; 

Mais apri& Rou l'orent si oir, 

Ce nos fait restore sayoir. 
13745 Encor en font cil les omages 

Qui de la ti&re ont signourages , 



Eienijile tie la tcrrcur 
tjae Rollon mspirail 
uux voleurs 



Roumare. 



Tiaile dc Saiul-Cluir- 
sur-Eptc, Tan SI 1. 



15716 Pour te punir de ce que tu autorisais predion manque dans Roquefort. Afices, bou- 

sa conduite. cles , agrafes. Celte anecdote a ete racontee 

15729 Noseet d'or, bracelets. Foy. la nouy. egalement d*Al(red-le-Grand , roi d'Angleterre. 

edition de Du Gange, an mot Nose*. Gette ex- — G. de Jumieges, II, 20. 



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64 CHRONIQUE 

As rois de France et a lor oirs 

Et de castiaus et de manoirs ; 

Et si doivent sieryir en ost 
13750 Le roi de France al besoing tost. 

Isi fist Rou , tant com yesqui 

Et maint fort estour i yenqui. 
Rouoo f.it tocher i. P™* *™t que cis sinples rois 

*^ft$Z Carles enyoia II Francis , 

ZZZ.*** T ° ir 13755 Cevaliers , parler a sa fille 

Et ele les c£la par gille 

En sa cambre , ne sai pourqoi , 

Si que III jors i furent qoi. 

Mais uns vall^s qui les i sot . 
13760 Le dist a Rou, an$ois k'il pot, 

Et il les fist prendre et ocire , 

C'onques nus ne li pot a dire. 

Parquoi Carles le desfia 

Et de guerroiier Tafia ; 
13765 Mais Robiers, s^nesoaus de France, 

Ki ses parins ert sans dotance , 

Lues que il seut la y^rit^ 

Que li roi ot Rou desfi£ , 

Tout esrant le roi desfia 
13770 Et Rou , son filluel , afia 

Qu'il i'i aideroit yiers le roi , 

Ki commenciet ot le desroi. 
Robert, fii. de RoWi- L ™* ot cil Robiers tant de gent , 

IS^lfiK Par son or et par son argent, 

ronoer, I'.n 922. ^yg q^jj ^ figt ^ ^ e^n,^ 

A XXIX le puis conter. 

Mais moult petite en f u sa joie . 

Si com l'estore nous rayoie , 

15751 /*/, ainsi. 13770 Afia, assnra. 

1 3763 Parquoi. . . . Ce* circonstances »ont rap- 1 3776 A XXIX , Hsez a vingt-et-neuf. 

portees par G. de Jumieges, II, 21. 13778 Ravoie, rappelle. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



65 



Par les escris de S*. -Denis, 
13780 Quar Tan meismes fu ocis 

De la gent le roi en bataille 

Ki fu faite a Sessons, sans faille. 

Et quant Carles s'en repaira 

De la bataille ki fu la, 
13785 Li quens Herbiers de Viermendois , 

Qui moult fu crueus et redois , 

Le prist et mist en sa prison , 

Ki li tourna a mesproison. 
Robiers d'Ango ki fu ocis 
13790 A Sissons , dont or ains vous dis, 

Si com Festore le m'aconte , 

Ot a feme la fille al conte 

De Viermendois , s'en ot I fil. 

Hue li Grans ot a non cil, 
13795 Si fii fais s&iescaus de France 

Aprils son pere , sans doutance. 
Mais en dementres que cis rois 

Iert encor en la prison qois , 

Par la force al conte Herbiert 
13800 Et de ses parens en apiert 

Et de Huon le grant ausi , 

S'entras^urerent ensi 

Qu'entr'aus fisent roi , sans besougne , 



Mort de Robert, 
juin 923. 



15 



Hoguet-le-Grand . 



13779 Les escris de S*.-Denis, les documens 
historiques conserves a Saint-Denis. Voy. Tlntro- 
duction du I er vol. ,.p. ccxxxm. 

13785 Herbert, comte de Vermandois , pere 
de Beatrix , femme de Robert. Wace l'appelle 
Dam Hebert de Sainliz, I, 104 , v. 2072. 

13786 Redois, ce mot, suivant Roquefort, 
d£signe des peuples de la Pomeranie. Ici il doit 
avoir le sens d'inhumain , injnste. Foy. a la 
page 35 le vers 12972, ou cette explication 
serait peut-elre plus naturelle que celle de Ro- 
quefort. 

Tom. II. 



13787 En sa prison, d'abord a Chateau- 
Thierri, puis a Pfronne. Ce fut dans le chateau 
de Peronne , que Louis XI fut plus tard loge* , 
lorsqu'il se remit imprudemment aux mains de 
Charles-le-Teme>aire , due de Bourgogne. L*au- 
teur de Quentin Durward n*a pas manque" de 
tirer parti de ce rapprochement. 

13789 Robiers d'Ango, Robert-le-Fort , pere 
de cet autre Robert , obtint, Pan 850, de 
Charles -le-Chauve, le comte d'Outre- Maine, 
qu'on nomma aussi la Marche Angevine. 

13802 S'entrase'urerent , convinrent. 

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66 



CHRONIQUE 



Raoul ou Rodolphe est 
eluroi l'an 923. 



Mori de Cliarles-lc- 
Simple. 



Raoul, fil le due de Bourgogne 

13805 Ricart, ki Tot de fons lev<5 ; 
Ce lui out toute ass&ir£. 
XXX isme le eontons. 
Puis Font envoiiet a Seasons, 
La li fisent porter eouronne. 

13810 Mais encore estoit a Pi&ronne 
Carles li Simples en prison. 
N'iestre ne pot a raen$on , 
Et quant il sot la Y&it£ 
Que tuit l'orent si despite, 

13815 Qu'autre roi orent fait et pris , 
Si en fu si de duel espris 
K'il moru dedens le tierc jour 
C'onques n'en ot plus de soujour , 
A Pentecouste el tans d'est^. 

13820 XXVII ans ot rois est«J. 
A S*--Denise fu port& 
Et la fu sea cors entier&. 

La refine Ogire , sa feme , 
Ki d'autres iert safirs et gemme , 

13825 Prist son fil , Loijs ot non. 
Si sen ala for* dou roion 
A son pere le roi Antiaume , 
Ki tint Engletiere et Duriaume , 
Pour crieme del conte Hierbiert 

13830 Qu'ele sot telon et cuviert , 
Et pour Huon le Grant ausi , 



13805 Ricarl, Richard-le-Justicier. 

13807 XXX isme, pour la mesure, lisez : 
trienteisme. 

13814 Despite, mepris£, despectus. 

13817 Herbert tira Charles-le-Simple de sa 
prison , en 927 , pour l'opposer a Raoul , dont il 
etait alors mecontent; mais ayant fait son ac- 
commodement avec ce dernier , il renferma de 



nouveau Charles a Peronne , l'annee suivante , 
et ce malbeureux prince y finit aes jours le 7 
octobre 929 , a Page d'environ cinquante ans , 
pres de trente-six ans depuis son elevation au 
tr6ne. 

13820 XXVII } prononcex vingtet sept. 

13825 Loeys , Louis etait age de neuf ans. 

1 3828 Duriaume, Durham , comme plus haut ? 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



67 



Qu'ele sot felon et hardi , 

Et si iert s^nescaus de France. 

Ensi la roine en soufrance 

13835 Fu en Engletiere od son pere , 
Pour ?ou que s'aie li p£re. 

Donques apries ice moult pou 
Moru Gille , la feme Rou , 
Et il prist Popain a moullier, 

13840 Fille le conte Bi£rengier, 
Qu'il avoit am^e et tenue , 
Quar il Tot de gaaing 4ue : 
Maint conte i ot et maint princier. 
Cele Tama moult et tint cier , 

13845 S'en ot I fil de grant renon, 

Guillaumes Longe-Esp^e ot non. . 
Rou fist sa gent jurer de yoir, 
Que de celui feroient oir 
Aprils sa mort , et il si fisent , 

13850 Mais teus i ot qu'el contredisent. 
Quar cascuns moult dolans estoit 
Que de Gillain nul oir n'ayoit , 
Fille Carlon, qu'il ot 4ue. 
Moult en fu la plainte s&ie. 

13855 Quant Rou fu mors si l'enti&&rent 
Si home , et grant dol i men&rent 
Fais fu dus Guillaumes , ses fius , 
Qui moult iert yallans et gentius , 
Bien resanbla son pere Rou. 

13860 Mais apries cil tiermine I pou, 

Quens Bierengiers et quens Alains , 
Ki Bretagne tenoient ains, 



Mori de Gisele. 



Guillaumc - Longue - 
Epee 



Mort de Bollon. 



Guillauroe - Longue 
Epee lui succcde. 



15856 Pour qu'il lui accordat sod secours , sa 
protection. Pire (appareat). 

15857 /c«,oela. 

15847 De wit, par verity 



15852 GtV/atn, Gisele. 

15860 Compares ce qui suit avec&ob. Wace, 
I, 104, y. 2062, etc., et avec Guillaume de 
Jumieges, III, 1 , 2. 



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68 CHRONIQUE 

Tout encontre leur sairement , 
Li fisent guerre durement. 
13865 Mais Bierengiers vint a mierci , 
Et Mains , ki Tot estourmi , 
En Engletiere sen ala 
Al roi Antiaume, et siervi la. 
RihousouRiuifc, comic Apri& Rihous , sire del Mans, 

de Coutances , se re- +€*g%mg\ s\ • • 

voite contrcsonnou- 13870 Quist chevaliers et quist siergans , 



veau saaeram, vers 



933. Et, corame traitres mauvais , 

Asist Ruem, deviers S^-Giervais, 

Tant que li dus , ki n'en pot mais , 

Li yot douner , par boine pais , 
13875 Toute la ttere de la Rille , 

Et Rihous en redist sotie. 

Mais li dus, qui moult estoit tart, 

Par le los del conte Biernart , 

S'en issi fors, si le venqui, 
13880 Et tous les enka^a d'enki. 

Pris et mors en i ot asses , 

Tant que cascuns en fu las&. 
Biaife est ™ncu. Rihous s'en escapa fuiant. 

Encor apielent li auquant 
13885 Cel liu le camp de la batalle. 

Et li dus Guillaume , sans faille , 

Qui avoit a non Longe-Espee , 

Deliyra toute la contr^e. 

Adont li Tint une noviele 
13890 Qui moult li fu plaisans et biele , 

Naissancede Richard I, Que d'uUe meSCine Ot I fil I 

jurnorome Sans-Peur. x - 

Cypro^te, ce dient cil, 

15869 Rihous, Rob. Wace , 1 , 107 , v. 2120: presente tres-souyent dans cette Chronique. 

JUou/tu un Norman* ki mult «e fist doter, 13877 Tart, lent. 

\ * V a n ; V '.;; v :;i. m ;r ' 13878 #iern«W,Rob.Wace, I, 109, v. 21 61: 

Quens Aide Costenlio, eotre Vire e la mer. ' 77? 

13875 Rille, riviere de la Haute-Normandie. Hariet *» ° Willame , e Bemart U Daneiz. 

13876 Rille et sotie , rime comine il s'en 13892 Cyproite ouSprote, que Guillaume a vait 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



69 



Avoit la damoisiele a non 

Et fille estoit dun haut baron. 

13895 Et li fius ot a non Ricars. 

Li quens Hierbiers , ki fu gagnars 
Et orgillous et beubanciers , 
Et Hues li Grans, ki fu fiers , 
Conte Guillaume de Poitou 

13900 Li menerent apries 1 pou. 

Gerloc, sa serour, li douna; 
Et la fille Herbiert prise a 
Li quens Guillaumes ausement. 
Trestout par leur alirement 

13905 Li dus Guillaumes Longe-Esp^e 
Ot ensi Gerloc espous^e , 
Et bien sot tiere justicier 
Pour Rou , son pere , ki Tot cier. 
Al tans que Rou yivoit cil dus , 

13910 Si fu uns om a Ruem yenus 

Sor I blanc ceyal qu'il amainne 
Par entre II ondes de Sainne , 
Ausi com par tiere fesist. 
En la cit£ son ostel prist , 

13915 A mier veiled fu esgardes, 
Et de plusiours fu salu&. 
Et 5'avint, par I di&nence, 
Ne quidi& pas que je yous mence , 



Lc comle de Poitiers 
dcmande a Guil- 
laume sa scrur en 
manage. 



Mariage de Guillaume. 



Anecdote merveilleuse. 



epousee a la danoise, dit Guillaume de Jumieges. 

13896 Gagnart, hargneux, de can is, 

13897 Beubanciers , aimant a faire grand eta- 
lage. 

13901 Gerloc , plus haut Gerlot ; dans la 
Chron. ascendonte des dues de Normandie , elle 
est appelee Gerbot. M. A. LePrevost soupconne 
que son vrai nom etait Adele. 

13902 La fille Herbiert , Leu I garde , fille de 
Herbert II , comte de Vermandois, laquelle sur- 



vecut a Guillaume et donna sa main ensuite a 
Thibaud-le-Tricheur, comte de Blois. 

13909 Alton*. Cette anecdote, passee sous 
silence par R. Wace etG. de Jumieges, appartient 
sans doute aux fictions que les jongleurs avaient 
melees a l'histoire de Normandie, ainsi que Wace 
le remarque lui-meme : 1 , 106, v. 2108 : 

A jngleors ol en m'effance chanter. 
13918 Mence, pour la rime au lieu de mente ; 



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70 



CHRONIQUE 



Quar moult de gent k lui parierent. 
13920 De son iestre li demand&rent , 

Et il ne lor dist pas son non. 

Angois a dit : « Jou sui uns om , 

Et saci& qui main par ensagne 

Parti de Riesnes en Bretagne. 
13925 Et a Avrence me disnai , 

U jou moo coutiel oubliai. 

Et se de $ou ne me cr&s , 

EnYoii& i , si le saur&. » 
Cil preudom fii a son ostel 
13930 Si leur a dit et un et el. 

Li dus Rou adonques yivoit 

Comme preudom qui moult savoit , 

Et quant tel cose dire oi , 

Mierrilla s'ent et esgoi , 
13935 Et par son m& li a mancte. 

Et comme signour commands . 

Que lendemain k lui parlast , 

Angois que fbrs de Ruem alast. 

Cil li manda qu'il i parroit 
13940 Moult volentiers, quant lui plaisoit. 

Mais la vespr^e , de par W , 

Li ot ses ostes demand^ 

Qu'il li desist se il savoit 

Se la lignie Rou durroit 
13945 Auques longement et combien. 

Et cil ne li respondi rien. 

En sa main tint I bastonciel , 



mensonye est plot pre* de meuce que de men- 
te. 

Apres la mi-aoMSt, ne quhers tfue vos en mente. 
P.Paris, Berte,?. 16. 

13923 Qui, lisez que. 

13924 Riesnes, Rennes. 



13923 Avrence, Avraoches. 

13934 Miervitta s'ent , il s*en emerveilla. 

13933 Met, messager. 

13939 Parroit , comparaitrait. 

13943 Desist, dit. 

13947 Bastonciel, petit baton. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



71 



Et sot devant lui I monciel 
De cendres , en l'aistre del feu. 

13950 Esparses les a en eel leu, 
VII roies i fist d'un baston 
Qu'il n'i a dit ne od ne non , 
Et si desfit les roies lues , 
Quar de plus ne li estoit wes , 

13955 Que ?ou fu en sen&ianee 

Que donques iroit k faillanee 
La lignie Rou ; ensi fu , 
Et li preudom ot despondu. 
Couciet se sont, plus n'i ot dit, 

13960 Li preudom dormi en son lit. 
Et bien par matin se le?a 
Si tost com le jour v4u a. 
Mais li dus ne fu pas lev&, 
Pour taut si n'i est pas al& , 

13965 Quar il li ayoit encouvent 

Qu'al jour i parroit voirement. 
Ensi pas au due ne parla, 
Son ceval prist , si s'en ala 
Tout ensi qu'il estoit yenus , 

13970 Et si fu de plusiours y&is. 

Par quoi li dus point n'i cr& , 
Pour gou qu'il li ayoit menti. 
Quant al& s'en fu, si dist-on 
Pour le demande et pour raisson , 

13975 Que jusques en VII oirs durroit 



Prediction relative a la 
poste'rite deRollon. 



13948 Monciel, monceau. 

13949 L'aistre , l'atre. 

13951 Roies, raies. Autrefois, au mois de aep- 
tembre, on faisait, a Valenciennes, une procession 
en memoire d'un cordon precieux dont la sainte 
Vierge avait entour£, disait-on , la ville, pour la 
preserver dela peste. Une confreriedu saint cor- 
don futformeeet les confreres prirent le surnom 



de Roye's , d'un ruban ray£ qu'ils portaient sous 
une espece de dalmatique. Hecart, Precis hist, 
et statist, sur la title de Valenciennes, 1825, in-8°, 
p. 77. 

13952 Od, oui. 

13954 Wes, utile, necessaire. 

13965 Encouvent y promis. 

13975 VII oirs , sept generations. 



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72 CHRONIQUE 

La Rou lignie et dont fauroit, 

Pour les VII roies del baston 

Qu'es cendres ot fait li preudom. 

Et les VII oirs vous noumerai , 
13980 Si que de rien n'i mentirai. 
succe S scurs de RoUon. Or T08 di-jou ciertainnement 

Que Rou fu dus preincrement. 

Et si ot la fille Charlon 

Le Simple, ki Gille ot a non. 
13985 Guillaumes apri& Longe-Esp& 

Fu li secons par renoum&. 

Ricars , fius Guillaume , fu tiers , 

Qui moult fu yaillans cevaliers. 

Ricart, fil Ricart, font le quart, 
13990 Con ne tenoit mie a couart. 

Robiert, fil Ricart, fontle quint , 

Qui moult bele maisnie tint. 

Guillaumes, fius Robiert, fu sistes, 

Qui moult fu sages, preus et vistes. 
13995 T&ris, fius Guillaume, fu siemes, 

Ki ne fu pas crueus ne piesmes. 

Cis tint quan que ses p&res ot , 

Moult peut et yalu et moult sot. 

A cestui , n'el mescr&s mie, 
14000 Si fina de Rou la lignie. 

Par ?ou fii creus li boins om , 

Qui fist les roies del baston. 

Encor le tiesmognent li oir. 

Cil Rou fu de moult grant pooir , 
14005 N'onques ne fu de cuer falis 

Et si fu a Ruem sevelis. 

Guillaumes , ses fius , tint la tifere , 

13976 La Rou lignie, cette forme, ou le ge- 13976 Fauroit, viendrait a faillir. Nousavons 
nitif precede le sujet , est tout-a-fait dans le perdu ce temps du verbe faillir. 
genie des langues germaniques. 13999 N'el me$cree'$, n'en doutez pas. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



73 



Ass& i ot et pais et gierre, 
Sages fu et preus et engri&. 

14010 Li autre VI vinrent a pries. 

Al tans Guillaume , le fil Rou . 
Si avint-il apries I pou 
Que dont moru li rois Raous , 
Qui moult fu preus et vigerous. 

14015 III ans r^gna , ciertains en sui . 
Moult tenoient a preu cestui. 
Quant des barons fu enti&& , 
Hue li grans et li barn& 
De France tout commun&nent, 

14020 Par le consel noum&ment 

Le due Willaume des Normans , 
Qui moult estoit preus et vallans , 
Redemanderent tot en apiert, 
Par l'arceyesque Ghilebiert , 

14025 Lo^is , ki fu fius Charlon , 

Qui mors estoit en la prison 
Le conte Hierbert de Pi&onne. 
L'arceyesques sen abandonne , 
Quant le congi^s Ten fu don&. 

14030 Pour Lo^ys s'en est al& 

En Engleti&re; ert viers Duriaume, 
Od son taion, le roi Anliaume, 
Qui li loa le revenir, 



Mort du roi Raoul, 936. 



Par le credit de Guil- 
laume, Louia-d'Ou- 
tremer arrive an tr6- 
ne, 936. 



14014 Figerous, vigoureux, ferme, integre. 
Od a pu voir que ces eloges sont une formule 
banale que Ph. Mouskes applique a presque 
tous lea princes bons ou mauvais , et qui ne tire 
pas a consequence. 

14015 /// ans rtgna; l'auteur a beau ajouter 
qu'il en est ciertains, ilse trompe; puisque Raoul 
fut elu roi en 923, son regne ne fut pas de trois 
ans , mais de treize : peut-elre manque-til un X 
dans le MS. 

1 4020 Noumeement , nommemen t . 

To». II. 



14024 L'arcevesque Qhilebiert. Leprelat que 
Hugues-le-Grand employa dans cette negocia- 
tion, Itait Guillaume, archeveque de Sens. 
Peut-e'tre , remarque M. A. Le Prevost , les his- 
toriens normands auront-ils ete trompes par 
l'identite' de son nom ayec celui du due, qui 
par ait n'avoir eu aucune part au retablisse- 
ment de Louis d'Ou tremer. 

14028 S'en abandonne, se charge sans resis- 
tance , avec empressement , de cette commission. 

14032 Taion, oncle. 

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74 



CHRONIQUE 



Courouneiuent dc 
Louis-d'Ontremer. 



Garin de Ponlhicu. 



Taillefcr de Cainhresis. 



Comment qu'en p^ust avenir. 

14035 Ass& li quist et n& et gent , 
Dras et eevaus , or et argent. 
Et il rev int. si passa mer, 
S'el fisent a roi couronner. 
A L&in , en la mestre sale , 

14040 Al couronner ot moult grant ale. 
XXXI roi a cest vos cont , 
Si com l'estore le despont 
Par falls ki advent les escris. 
S'ot 1 fr&re cia Lolys ; 

14045 Lohiers ot nan, s'ot Loherainne 7 
Et si tint Ais en son demainne , 
Et s'ot une serour ainsn^e , 
Gillain que Rou ot espous^e. 
S'ot cis rois II autre* serors. 

14050 Qui tieres tinrent et honors. 
Ses peres les ot asen&s , 
A son vivaut et marines. 
Herluis ot a non l'ainsnee ; 
Si fu al due Garin doun^e. 

14055 Ki tenoit Vimeu et Pontt 
Et les alues S*.-Waleri : 
De fou fu Herluis douw&. 
A&ais I'autre fu doun& 
A Taillefier del Kanbresis 



14053-34. Qui li loa le revenir, qui conseilla 
a Louis de rentrer en France , quoi qu'il put en 
resulter. 

14039. Lean, Laon. En la mestre sale. Cest 
ce qu'on appelait aussi sale voute'e. 

Entour la Stint Jehao que la rose e»t flcurie , 
Fu roi* Charles Marliau* en sa sale voulie. 
Ber(e,j>.3elA. 

Essai sur la statistique ancienne de la Belgique, 
2 e partie, p. 149. 

14040 Ale, train , multitude, allee et venue. 



14048 Lohiers , Loihaire. Ce person nag e n'esl 
point historique. 

14048 Gillain, GM\e. 

14051 Les ot asenees, leur assigna leur part 
d 'heritage. 

14053 Herluis, Herlinde. lei le roman est 
encore mele* a l'histoire. 

14053 Ponti , Ponthieu. 

14056 Alues, alleux. 

14057 Douwe'e , douee. 

14058 Aelais, Adelaide. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



75 



14060 Qui moult fti vallans et gentis. 
Si en ot Raoul ie Cuviert , 
Ki gueroia lea fius Herbiert 
De S^-Quentin , et Bierne^on 
Firi el cief par conteofon , 

14065 Si arst les nounains d'Origni: 
Mais puis Fen aviunt-il ensi . 
S'en fu ocis et <Upeci& , 
Quar il ot fais maus et p&i&. 
Et de madame Herluit 

14070 Dont je tous ai ci devant dit , 
Quespous^e ot li dus Garins . 
Fu Isembars et Girardins. 
Loeis , lor oncle , servirent . 
Mais les Francois les enhairent. 

14075 Si consellierent tant le roi, 
Et par outrage et par desroi , 
Une cure et autre et tempre et tart , 
Que li rois tramist Ysembart 
Al roi Guion , en Danemarce , 

14080 Pour le tr&i rower en marce. 
Entities fisent , en I gardin , 
Son frere ocire Girardin. 
Quant Ysembars s'en repaira , 
Moult durement s'en aira , 

140 85A la table le roi 11 siers 



Raoul dc Catnbrat. 



Inrendie de l'abbaye 
d'Origni. 



Isembarl et Girardir 



Guion d« Danooiarck.. 



14061 Raoul le cvviert, M. Edw. Le Glay, 
file d'un des savans les plus respectables quepos- 
sede aujourdliui la France , prepare en ce mo- 
ment , ainsi que nons 1'ayons deja dit dans 
Tlntroduction du premier volume, une Edition 
du roman de Raoul de Gambrai , dont il a deja 
donne un curieux specimen dans les Memoires 
de la societe d' emulation de Cambrai, 1838, 
pp. 145-178 , et qui est preciseinent l'episode de 
l'incendie de l'abbaye d'Origni, auquel il est 



fait allusion dans le texte. Tout ce qui suit, jus- 
qu'au t. 14295 , est encore emprunti aux le- 
gended romancieres. 

14080 En marce, s'agit-il du marc, va- 
leur numerique , ou des marches du Dane- 
marck ? Nous adoptons le second sens. 

14081 Entruis, dans Vintervalle. 

14085 listers, deux serfs , deux hommes de 
basse condition ; tels que jongleurs et dlbitans 
de sornettes, ainsi qu'il est dit plus bas. 



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76 



CHRONIQUE 



Alurdin. 



Beatrix , soeur d'liem- 
bart. 



En ocist puis , gen sui tous ciers , 
Quar li rois cr^oit Yolentiere 
Et gengl^ours et nouveliers. 
Quant Yzembars les ot ocis , 

14090 Fuiois en est en son pais. 
Et puis vot Lo^ys douner , 
Pour sa painne guerredouner . 
Alardin son arbalestrier , 
Qui , les lui , menoit son destrier, 

14095 B&lris , sa serour la france , 

Mais Ysembars n'en fist sofrance , 
Et Lo^ys s'en courecha. 
Ysembart moult enmena^a 
Que , por la faide a demorer, 

14100 Ne li vot sa serour donner 
A o6s celui qui p&re ocist. 
Ses os somonre lues en fist , 
Sour le due Garin sen ala 
Droit en Pontiu , si las^ga 

14105 Tant qu'il estut par sa poisance 
A Yzembart forjurer France 
Et toute la ti&re son pere. 
Grant duel en ot et suer et mire. 
Ysembars vint a une nef , 

14110 Cordes i ot et mast et tref , 
Entr& i est , voiant le roi 



14088 Gengle'ours, farceurs, jongleurs j nou- 
veliers, qui debitent des contes , des nouyelles. 

14094 Us lui, a cdte de lui. 

14099 Por la faide a demorer, pour terminer 
leur querelle. 

14101 A oes, au gre. Qui pere ocist, je crois 
qu'il faut qui frere ocist; en effet , dans cette le- 
gende , Louis d'Outremer n'a pas fait tuer Garin, 
pere d'Ysambart , mais Girardin , son frere , 
ainsi qu'on vient de le voir. Sur le sens du mot 



oes, consulter M. Brun Lavainne , Revue du 
Nord, n° 4, janv. 1854 , p. 218 , et M. Le Roux 
de Lincy,note sur \e Romans de Brut, I, 178, n. 1. 
14102 Somonre, semondre. 

. . . . Set barons 
Qu'il avoit portot soman*. 

Li romans deBrut, I, 193, v 4067. 

14105 Estut, fit obligation. 

14106 Forjurer, abandonner. 
14110 Tref, yoile. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



77 



Qu'il n'enmena autre conroi 
Que son esquier Ludemart : 
Pontiu clama quite en sa part. 

141 15 En Engletiere est ariv& , 

S'est maintenant al roi rem& , 
Et Lo^ys wida Pontiu , 
En France vint a son droit liu. 
Mais quant il sot la v^rit^ 

14120 K'Ysenbars iert a sauvel^, 

Le roi manda , tout coureci& , 
Que d'Engletiere fust kacies , 
Et li rois Ten a cong&; 
Mais mout li a del sien doun^. 

14125 Par le consel d'Evrart l'Englois, 
Ki ot apris sarrasinois, . 
Al roi Gormont par mer s'en va. 
A l'uitisme jour ariva , 
Et Gormons l'a bien retenu , 

141 30 Pour $ou que biaus bacelers fa; 
Mais Dieu li a fait renoiier, 
Ki garit l'avoit de noiier. 
Mais moult en ot son cuer mari , 
Si le clama le Margari. 

14135 Puis venqui-il I auma$our 
Qui li voloit tolir s'ounour. 
Gormons bien li gueredouna , 
Margot, sa fille, li douna, 
Et si li douna Bocidante, 

14140 Une grant ti&re en oriante , 
Et puis a fait lant Ysambars 
Que Gormons fist n& et canars. 



Ludemart. 



Evrtrt l'Englois. 
Le roi Gormont. 



Margot , fille du roi 
Gormont. 



14128 Uiiisme, huitieme. 
14131 Renoiier, renier. 
14152 Garil, sauve. 
14131 Margarij mal sauve\ 



14155 4uma$our, voir v. 12226. 
1 41 59 Bocidante, cette grande lerre en orient , 
n'existe que dans le monde dea romanciers. 
1 41 42 Canars, grander embarcations. Orderic 



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78 CHRONIQUE 

Sor France vinrent pour destruire , 

Mais la mers com men 9a a bruire. 
14145 De la gent qu'il ot avoite 

Fu bien la tierce pars noite , 

Mais Ysembars li Margaris 

Est arives en son pais , 

Od lui Gormons li desfa^s. 
14150 A II mile et XXV n&. 

Ardoir les fist et d^pecier 

Qu'il n'en p&issent repairier. 

Le moustier S*.-Ricier ont ars 

Et de la tiere les 111 pars. 
Le cierc Gamier. 14155 Uns clers , qui Gautiers ot k non , 

Le non$a le roi k Loon. 

Adonqes France tele estoit, 

Que quant I haus om i moroit 

Li rois prendoit la ti&re toute 
14160 Et des dames . sans nule doute . 

Recevoit a force relief : 

Trop estoient mauvais li fief. 

Quant ces nouvieles dist Gautiers . 
Hueiia Huelins. uns grans cevaliers. 

14165 Les o'i ; si a dit au roi 

S'il Toloit laiscier son desroi . 

Et les relics quites clamer , 

Et ses barons Yosist amer, . 

A l'ost de Sarrasins iroit 
14170 Et leur pooir li rediroit. 

Li rois I'otria esranment . 

Puis en jura le sairement. 

Vital, lib. VIII : Qualuor naves magna quas 14156 Loan, Laon. 

Caoardos vocant , de Norwegia in Angliam ap- 14164 Huelins , plusieurs comtes de Ponthieu 

pulses sunt. Du Gange, au mot Canardus. se sont appeles Herluio. 

14145 Avoiie , eovoye\ 14170 Et lui dirait quelles etaieot leurs for- 

14149 Desfaes, infidele, paien. ces. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 79 

Hulling est aparilltes , 

Jusques a 1'ost s'est travelling. 
14175 Ysembart, son neveu, trova; 

Dist li que fors de France va 

Exilli^s et deshiret& , 

Pour lui estoit a court ret&. 

A Ysenbart biel en esta , 
14180 AI roi Gormont l'enacointa. 

Hu&ins dist k'il s'en r'iroit , 

Pour se& causes si revenroit. 
Hu&in , le preu , le seni 

En a Ysembars ramenl 
14185 A son tref , par Tost contreval ; 

Moustre li a son fier ceval, 

Par tel s'il se puet entremetre , 

Que frain et stele li puist metre , 

Quites soit siens en abandon. 
14190 Quant Hu&ins oi le don, 

Al ceval vint , firi le el cief 

Et puis li va de cief en cief; 

Le frain el cief, la sele el dos 

Li a mise , sus monta tos , 
14195 Son esquier en apiela : 

« Va-t-ent, fait-il, si m'atent la, 

A ces arbres la sus bien loing. 

Prent mon ceval pour le besorag. » 

Gl s'en ala parmi les tr& , 
14200 Et Hullins fu ja outr& 

Les tr& sour le rice ceval , 

S'el poursailli de val en val. 

Ysembars n'en ot giu ne ris , 

Si li a dit li Margaris : 

11178 Betes, accuse. 14191 Feri le el cief, prononcez fin I'el 

14170 Biel en esta y plut. cief. 

14180 Enacointa, mit en rapport avec... 14200 Outre'*, passe outre. 



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80 



CHRONIQUE 



14205 « Cousin , mon destrier ramen&, 
A Ions mangier , car reven&. » 
Hu&ins Fen tint h musart, 
Puis li a dit : « Sire Ysembart , 
J'ai yostre ceval ga^gni<£, 

14210 Et si ai Gormont engigni^ , 
Car jou sui espie le rot , 
Noncerai li vostre desroi. » 
A tant hurte des esporons 
Et li cevaus, com esprohons , 

14215 Parmi lair yole contreyal , 

S'en vait amont par le boscal, 
Et Sarrasins montent apri&, 
De I'ataindre sont moult engri& ; 
Mais pour noient i sont p£n£. 

14220 Hu&ins a tant cemin^ 

Que le roi conta eel afaire. 
Et il fist bri& et cartres faire , 
Manda siergans et cevaliers , 
Et commugnes et sodoiers. 

14225 Sor aus ala a quan quil pot; 
Pri& d'Aminois villes s'ot. 
Laci^ i ot mainte yentaille , 
S'i commen^a grans la bataille 
Et li estours ruistes et fors. 

14230 Moult i ot de nos Francois mors, 
Et Gormons et li Sarrasin 
Furent tout ocis en la fin. 
Hu£lins les ot espii& , 



14207 Musart 9 elourdi, qui parle sans r&- 
flexioD. 

14210 Engignie\ trompe. 

14214 Esprohons , oiseau de proie, eperrier. 

14216 Boscol, bocage. 

14219 Pour noient, envain. 



14220 Cemine, chemine. 

14226 Lisei si ot pour la meaure. Mies 
s'ot ou si ot, le sens n'en est pas plus clair. 
Sur la legende de Gormont , voir pages ? ii , 
cccxxiii et les Additions, p. 741. Aminoit, pays 
d' Amiens. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 81 

Qui fist ravoir tieres et fies. 
14235 Garins, li dus al cuer gentiL 

Ot ass& parlet a son fil , 

Mais tant n'el sot aplanoier , 

K'il vosist Gormont renoiier, 

A qui il s'estoit ob&s. 
14240 Par son pere , roi Loeys 

Desfia, et il s'en parti. 

Esvous le roi tot aati ; 

Yzenbars reconnut s'ensagne ; 

Si l'abati jus en la plagne. 
14245 La mestee recoumen$a 

La u Lo^ys tr^bucha. 

Asanbler vont lance sor fautre , 

Tot muerent d'une part et d'autre. 

Ysenbars m&smes fu mors. 
14250 Li rois fist entterer le cors 

Et si le plora comme fr6re. 

Li dus Garins , ki fu ses pere . 

Se rendi pour l'arme de lui , 

Plains de grant pesance et d'anui. 
14255 Sa m&re et B&itris, sa suer, 

Devinrent nonnains de bon cuer , 

Et Margos , la fille Gormont , 

Qui fu la plus biele del mont , 

Se batissa et Dieu cr& , 
14260 Avoec les autres se rendi 

En I'ab&e de Moustruel. 

Mais B&tris moru de duel , 

14237 Aplanoier, emouToir, toucher, sub- 14254 Pesance, regret, 

juguer. 14261 Moustruel, Montreuil, de la depen- 

14240 Par ton pere, par l'entremise de son dance des comtes de Ponlhieu. Ce chateau fut 

pere , c'est-a-dire de Garin. enleve en 942 , par Arnoul-le-Vieux , comte de 

14245 Ensagne, enseigne et souvent cri de Flandre, mais repris par Guillaume-Longue~ 

guerre. £pee, due de Norma ndie. Voyez plus has au 

14253 Se rendi, embratsa la vie religieuse. v. 14350. 

Tom. II. 11 



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82 CHROMQUE 

Et sa mere proia tous dis 

Que s'arme alast en paradis , 
14265 Pour 5011 que piciis l'anoia 

Quant pour Gormont Dieu renoia , 

Mais a la mort s'en repenti 

Et del tout a Dieu s'asenti. 

Et bien i fu ses esperis , 
14270 Si n'os dire qu'il soit p&ria. 

Et grans coupes i ot li rois , 

Ki li ot tolu ses conrois 

Et de sa ti&re Tot kaciet : 

S'en ot grant part a son p&iet. 
14275 Mais ja ne fussent desconfi 

Li Sarrasin , jou sai de fi . 

Quant les dames ki norisoient 

Lor enfan^ons et alaitoient , 

Des Francois que tant mors i virent 
14280 Hiaumes, escus, obiers vestirent, 

Si que lor lais es grans batailles 

Lor d^goutoit parmi les malles. 

Encore i pert, savoir ne fal, 

fis cans c'on dist Molleron-Tal 
> 14285 En la contr^e d'Aminois. 

As paiens fisent moult d'anois. 

Par eles fu venous li cans , 

Et Loeys , cil rois sagans , 

Fu desrompus par Ludemart 
14290 Et par son signour Ysenbart , 

A l'estordre k'il fist a aus , 

14268 S'asenti, s'cn remit a la misericorde 14282 Malles, mail les. 

de Dieu. 14285 Pert, parail; fal, trompe, manque. 

14270 Peris, damne. 14288 Sacans , sachaut, sage, habile. 

14280 Obiers, hauberU. Raynouard, Lexique 14291 L'estordre, le combat, Yestour. Foy. 

r oman y au mot Ausberg. Vossius, de Vitiis term., le Chronicon centulense, cite dans les Additions , 

11,9, derive ce mot du saxon. p. 741. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



83 



Quant i jousta comme yasaus. 
Moult le fist bien a la batalle , 
Et tant i fu bleeps , sans falle , 

14295 Que XXX jors ne yesqui puis, 
Ce dist l'estore u je le truis. 
Al tans de cest roi Lo^ys 
De tant , sui-jou seurg et fis , 
Aquist li quens Ernous Arras, 

14300 Et li Hungre a tout lor harnas 
Et a lor gent et forte et rike 
Prisent la tiere d'Osterike, 
Alemagne et tout le pais. 
A Wormaize, ce dist l'escris, 

14305 Pasirent le Rin et gasterent 
Toute France u il s'en al&rent 
Jusqu a la mer , mais en l'autre an 
Furent ocis , k grant ahan, 
D'une gent qui vint de Saisogne, 

14310 Qui moult bien fisent la besogne. 
Non pourvec s'en remest itant 
Qu'a force al&rent tot gastant. 
Mais Conras , li dus d'Alemagne , 
Les consivi par Loheragne 

14315 A gens k'il ot poisans et fieres, 
Jusques al bos de Karbonieres. 
Si vint a Lobes encontre aus , 
Comme hardis et bon yasaus. 



Araoul, dit le Vieux, 
comte de Flandre , 
devienl maStre d* Ar- 
ras. An 932. 
Incursions des Hon- 
grois. 



Conrad , roi de Boor- 
gogne. 



1 4292 Vasaus , preux , courageux , intrlpide. 

14500 Hungre , Hon grow. 

14504 Wormaize, Worms. 

14511-14512 La chose n'en resta pas cepen- 
dant an point de les empecher de continuer leurs 
ravages. 

14515 Conras, Conrad, succ&la, en 957, a 
son pere Rodolphe II, roi de la Bourgogne 
Transjurane. U mourut en 995. Recueil des 



historiens francais, IX , 6 , A, B , G. 

14514 Consivi, poursuivit. 

14515 Poisans , puissans, redou tables. 

14516 Bos de Karbonieres, la for** charbon- 
niere. 

14517 Lobes, dans l'ancienne principaute* de 
Liege , aux environs de Thuin , ayant jadis one 
abbaye d'hommes, fondee par saint Landelin, 
en 640. 



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84 



CHRONIQUE 



Eatrevue d'Arnoul , 
comte de Flandre , 
et de Guillaume- 
Longue-Epee, due de 
Norinandio. 



Baucclicourt , assassin 
dn due deNonnandie. 



Li Hungre plus avant n alerent , 

14320 Vers lor pais sen retornerent. 

Dont a eel tans prist parlement 
Li quens Ernous cel&ment 
Al due Willaume des Normans, 
Ki n'en fu mie bien sacans. 

14325 Devant le roi de France vint : 
Oi& coument il Ten avint. 
Ce fu tout droit a Pinkegni , 
En I islet de Sainne enki ; 
D'autre part furent ti Normant 

14330 Qui forment furent esmaiant , 

Quar li quens de Flandres Ernous , 
Ki fel estoit et engignous, 
Ot sa gent arm£e en l'isliel 
CouTiertement , et faisoit biel. 

14335 Et si com la pais faite estoit 
Et li dus repasser devoit , 
.Li quens Jernous le rapiela 
Et li dus vint ariere la. 
Baucelieours saea lespee 

14340 Qu'en sa cape ot envolepee, 
Le due en la tieste &ri , 
Et apri&tot li autre ausi. 
Si l'ocisent devant le roi 
Par leur outrage et par desroi , 

14345 Et li Normant ki ne pooient 



14526 // Ven avint, pour illui en avint. 

14327 Pinkegni, Pequigni. 

14328 Islet, ilot; Sainne t Somme. Robert 
Wace,I, 135, v. 2662: 

Mez k li desor Some a Pichengnie rendreit. 
Enki 7 la. 

14333 Isliel, Hot. 

14339 Baucelieours, Rob. Wace le nomine 
Fauces; Dudon appelle lea complices d'Arnoul 



Eiricus, Belzo, Rotbertus et Ridulfus j Guillaume 
de Jumieges , Eenricus, Balzo, Robertus et /?*- 
dulfus ; Meyer, Riricus, Robertus, Chiulphus. 

14343 Devant le rot, la presence da roi n'est 
pas confirmee par l'histoire j il eat vrai que 
Meyer dit que l'assassinat de Guillaume fut la 
suite d'une ligue qu'Arnoul avait faite avec le 
roi Louis-d'Outremer, mats cette ligue m6me est 
plus que problematique. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. * 85 

Leur signour aidier k'il v&tient , 

Furent dolant et plain d'irour, 

Si sen alerent de paour. 

Ce fu fait , se dire le vuel , 
14350 Tout pour le castiel Moustruel , 

Que li queos Jernous ot tolu 

A Herluin , ki quens en fu ; 

Et li dus , ki li ot raquis , 

En fu eel jour ensi trais. 
14355 Mais li rois en fu moult blasm&. 

Li quens Ernous descommandes 

Et Baucelicours s'enfuirent , 

Tout droit en Flandres s'en revinrent 7 

Mais Baucelicours pour tuer 
14360 N'i osa mie demorer , 

Ains wida Flandres a navie 

Et puis tous seus asist Payie. 
14 dus Guillaume Longe-Esp& , 

Qui moult avoit sa gent am&, 
14365 Fu a Ruem en biere port&. 

Lis son p£re f u enti^res , 

Mais quant li dus fu despouell& 

Uns cevaliers , ki fti ses ni& , 

En son braioel une clauwete 
14370 Trouva d'argent moult petitete. 

Son cambrelenc a demand^ internum qu'av«HGuii- 

Pourquoi li dus ot $ou port<6 , mo™e 

Et ciLdist k'il voloit entendre 

14547 Irour, colore, indignation. 14369 Braioel, braies, culottes; clauwete, 

14350 Voy. v. 14880. petite clef. Rob. Wace , 1 , 140 , v. 2755 : 

14356 Descommande's , mal recommande', mal 

note" , de de et commendaius. Du chief de son braier une clefdtferraerent. 

14359 Pour tuer, a cause du meurtre qu'il 

avait commis. 14370 Petitete, diminutif de petite. 

14362 Ge siege de Payie par ce Baucelicourt 14371 Cambrelenc, chambellan. Raynouard, 

inconnu, est encore une fable. Lexique roman, au mot Camarlehc 



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86 



CHRONIQUE 



A Gum&ges soi monnie rendre , 

14375 Et cele claci&le guardoit 
En I escrignet k'il aToit , 
Quan qu'esteyoit k monniage. 
Cil i al&rent coume sage , 
Si trouverent entirement 

14380 Del monniage yiestement , 
Quar li dus ala une fois 
Kacier a son yiyant el bois. 
Si trouya II monnies sartans . 
Et leur demanda com me frans 

14385 De quel ord&ne et de quel afaire 
11 i&rent , et k'il yoroient faire. 
Cil Fen disent la y£rit£ 
Et offrirent leur carit£. 
Mais li dus n en yot mie prendre 

14390 Quar il ayoit k el entendre , 
Et si com il ala bierser , 
Si fu abatus d'un sanglier 
Et fu bl&i& moult durement. 
Si cr& tout ciertainement 

14395 Que de p&iet 1'ot si hurte 
Qu'il refiisa leur carit4, 
A aus reyint et si enprist 
Et grans biens k lor glise fist , 
Et l'ata Martin envoia 

14400 Soi tr&irae de moines U , 



14374 Monnie, moine. 

14575 Claciele,def. 

14576 Etcrignet, ecrin, coffre. 

14377 Monniage, tout ce qui convenait a la 
profession de moine. 

14381 Cette anecdote n'est pas rapportee par 
R. Wace, mais bien par G. de Jumieges, III, 7, 8. 

1 4383 Sartans, defrichant. Dans les provinces 
beiges , un grand nombre de noms de lieux et de 



personnes, se terminent par tart, Robertsart, 
Dusart, DeUart, Beaut art , Lodelinsart, etc. 

14385 Or dene , prononeex ordne , pour la 
mesure ; oes mots en rne y comme wirgtne, jovene, 
estievenes, se syncopaient dans la prononciation. 

14391 Bierser, tirer de Tare. On dit encore 
tin berceau d'arb ale triers. 

14595 De pe'eitt, a cause du peche qu'il avait 
commis en refusant.... 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



87 



Que Gerlos , sa suer, en eel an 
Li tramist de S*. -Cyprian. 
Et tres dont i ot son euer mis , 
Et moult lor estoit bons amis; 

14405 S'i fust rendus , bien le vous di , 
Mais li ab& li desfendi , 
Pour 50U qu'il ert princes de ttere, 
Si gardast son pais de gierre. 
Ocis fti , si com tous sav&, 

14410 Cil dus ki bien se fti proves. 
Ensi demora cil mesfais , 
Et Ricars, ses fius, fti dus fais, 
Si garda l'enfant et son droit 
Quens Biernars, qui Danois estoit, 

14415 Puis vint a Ruem rois Lolys, 
Et fist sanblant It'll fu maris 
Del due Guillaume qui fti mors , 
Mais c estoit d&evance fore. 
Li rois a l'enfant demand^ , 

14420 Ses mestres li a aportl; 
Et il le baissa et goy 
Et fist grant sanblant d'estre ami. 
Lendemain vot l'enfant bagnier 
La nourioe, pour aaisier; 

14425 Si le manda par I siergant , 
Et cil est al& pour l'enfant. 
Mais li rois n'el laisa porter , 
Ainc dist It'll le yoloit garder. 
Lors se dout&rent li Normant 

14430 Que ne vosist graver l'enfant. 
La gent menue s'arma tote , 
Si vinrent courant k grant route . 



Richard - sans - peur , 
due de Normandie. 
An 043. 

Bern»rd-le-Danois . 

Louis-rl'Outremcr vient 
A Rouen. 



11 j'empare de la per* 
tonne da jeune due. 



Le peuple se souleve. 



14401 Gtrios, Gerloc. 

14408 S*. -Cyprian , &.-Cyvrien. 

14405 S'i fust , \\ *'y fat... 



1 4421 Goy , joua ayec lui. 

1 4424 Aaisier, pour la sante* de l'enfant . 

14452 A grant route, par grande troupe. 



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88 CHRONIQUE 

As HIT contes de la vile 

Et leur disent : « Signor, par gille , 
14435 Comme mauyais et traitour, 

Nos votes tolir no signour. 

Et le p&re avons-nous perdu 

Par yostre sens , qui mauvais fu . 

Qui le soufristes aler Ik . 
14440 U li quens Ernous le tua. 

Et or av& cargi& l'enfant, 

Tel ki Fen fist aler fuiant. 

Ja li quens , se li rois vosist , 

Le due ensi ocis n'&iist, 
14445 Qu'il ne l'&iist u pris u mort ; 

Bien set li cas il il s amort. 

Mais jk li rois ki l'enfant a 

Ensi ne nos escapera. » 

Lors vinrent a l'ostel le roi , 
14450 Si lasaillirent k desroi , 

Et li rois demanda que c'ert 

Si fais asaus dont li a pert. 

Et on li dist que IS Normant 

L'asaloient tout pour l'enfant , 
14455 Lor signor, k'il tenoit ensi. 

Et li rois , ki sen esbahi , 

Par le consel conte Biernart 

Louh l^hIrd. TtUche Et des autres une g rant pa rt i 

Prist Ricart l'enfant a son col , 

14460 Entre ses bras et, de plain vol, 

Vint enmi cele gent arm&, 

Ki si parestoit desra^e 

14441 Cargie's l'enfant, charge de l'enfant 14455 Lor signor. Robert Wace, I, 144, 

Thomme qui laissa echapper l'assassin du pere. v. 2853 : 

1 4446 S' amort f s'attache. J» tene« en prison Richart, noire at>oe, 

14452 Si fats asaus, si fait aasaut, un assaut 14462 Parestoit, par eat un augmentatif qui 

si violent. tombe sur desraee, fiirieuse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



89 



Et lor a dit, par grant dou$our : 
« N'aii& doutance , biel signor , 

14465 Que jou face mil mat l'enfant, 
Ne or ne ja a mon vivant, 
Car malement me proveroie , 
Se jou l'enfant nul mal faisoie, 
Par son p6re fui couroun& 

14470 Et d'Engleti&re remands , 

Et si me fist avoir compagne 

A Henri, le roi d'Alemagne, 

Et , pour m'ounour garder et faire , 

Fu-il ocis a grant eontraire; 

14475 Et g'el vengerai , se jou puis , 
Se le conte Ernol jam& truis. 
A L&m vois , si manderai 
Ma gent et le due vengerai. » 
Lors se traist a Evreus li rois , 

14480 Et sa gent et tous ses carois. 
S'i fist jurer la ftaut^ 
Tous les barons de la cont^. 

Al repairier , a Ruem s'en vint 
Et normant prince plus de XX 

14485 Le mercii&rent durement 

De sou k'il ot fait sairement 
Faire a l'enfant et f£aut£ 
Tous les princes de la cit^ , 
Et dont leur dist rois Lofys j 

14490 « Se cis enf£s estoit nouris 

En ma maison , miols en vaudroit 
Et mious ensigni& en seroit. » 
Li Normant et tout li baron 
fli'i entendirent se bien non ; 



II promel dc punir Ar- 
nonl, comte dc Flan- 
dre 



Louis emmke Richard , 
sous pr&exte de le 
faire mieux elerer a 



14471 Compagne. Louis d'Outremer epousa 
en 939 , Gerberge, veuve du due de Lorraine 
Gislebert, et soeur du roi Otton. 
Tom. II. 



14476 Ernol, et plus haut Ernous ; truis, 
trouve. 

14477 A Le'un voi$, je vaU a Laon. 

12 



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90 



CBRONIQUE 



Lo comte de Flandre 
Arooul apaise le roi. 



Osmond , gouveriieur 
de Richard, l'trracbe 
au danger qui Je mc- 
na^ait. 



14495 Mais d&^us les a li row 

Par ses dis et par son gabois . 
Et puis a tant fait par son art 
As Normans , al conte Biernart , 
Que Bicardes li fu cargi&, 

14500 Pour 90U que mious fust ensi$ni&. 
Et li quens Ernous entretant 
Fist al roi pais , a son commant , 
De la mort le due qu il ocist : 
Et de l'autrepart tant refist 

14505 Que, par le consel la roine 
Gerberge ,• qui Tot en haine . 
Manega li rois a l'enfant 
Les gierais quire maintenant. 
Lors Tint nouviele en Normandie 

14510 Que li rois i qu&roit boisdie; 
Si li feroit les garnbes quire , 
Pour sa tiere avoir et deal mire. 
Dont fisent li Norinant proi&re 
Que Dieux rendist l'enfant ariere. 

14515 Oi&. comment il fu garis. 

Osmons . qui garde en estoit pris , 
Fist lenfan^on malade faindre , 
Ne autreflnent n'el vot destraindre 
De parole ne de provierbe : 

14520 Puis manda 1 fosselon d'ierbe , 
Si lia l'enfanQoadedens, 
Jou ne satsourin u endens. 
St com li rois sist al maagier. 



14499 Ricardes, Richard. 

14508 Gierais , jarrets ; quire, euire, caute- 
riser. Le sup pi ice de Innervation , remarque 
M. A. Le Prevost, en usage sous la premiere et 
la deuiieme race , consistait dans la cauterisa- 
tion ou l'aaiput&tioB des jarrefcs. 1 , 181 , note 4. 



14318 Gratis , aauve. 

14818 Sans autrement le presser de paroles 
et de discours. 

14820 Fassehn,bi>Ue. 

14832 Souvin, sur le dos j endens , dans I'au- 
tre sens. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



91 



Sour son col I'ala encargier, 

14525 Ausi comme Fierbe portast 
Et a son ronci le dounast. 
Puis est months a tout l'enfant , 
Al conte Biernart Tint fuiant 
A Senlis, si li a cont£ 

14530 Comment 1' enfant ot aport£. 
Ensi revint l'en&s sans gi&re, 
Mais li rois ot moult de sa tiere. 
Et li quens Biernars vint maris 
A Huon-le-Grant a Paris , 

14535 Si li requist, en grant hont^, 
K'il aidast qu'en son hiret^ 
Refust li enfts , ses couzins , 
Qui dus estoit et orfenins. 
Tant li promist , tant li douna 

14540 Que Hues Ten ass&ira. 

En eel afaire., en eel tribouL 
Manda li rois le conte Ernoul 
De Flandres , k'il venist a lui , 
Et il i yiunt sans nul refui. 

14545 Si loa le roi k'il mandast 

Huon-le-Grant qu'il li aidast. 
Hues-li-Grans i ert venus , 
Moult li&nent fu rectus. 
Si le requist li rois d'aie, 

14550 Et il li donroit Normendie , 
Par deli Sainne quitement 
Jusqu'& la mer entirement. 
Par eel don qu'on li a doun^ 
A Hue-li-Grans oublte 



Evasion de Ricbard. 



Hugues-le- Grand esl 
mis dans les interets 
de llichard. 



Arnoul conseille au roi 
de partager la Nor- 
mandieavec Hugues- 
le-Grand. 



14541 Triboul, agitation . 

14544 riunt,vml. 

14545 Loa le roi , conseilla au roi. 
14551 Rob. Waoe, I, 165, t. 5216 



Done de Normendie tot 1 Entablement 

Kan k'i a ultreSaine, si ennquiere o sa gent. 



14554 Hue, mieux Hue$. 



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92 CHRONIQUE 

14555 Le sairement que fait ayoit 
Que l'enfant Ricart aideroit. 
Or ot le roi ass^ur^ 
Et sairement Yen a jur^. 
Quant Biernars le Danois le sot , 
14560 A Huon Tint, com ains il pot, 
XtVr^rnLt Et dist : « Quens nobles , quens adroit , 

oncle dc BJcW. Q u j ffie ^^ ^^ de fa^ 

A wes l'enfant deshiret^ , 

Tant k'il reuist son hiret^ , 
14565 Di-moi ki te kerra jamais. 

C'est hontes que tu i& si fais , 

Que nus ne te pora mais croire; 

Ta parole n'est mie voire. » 

Hue-li-Grans se tint moult qoit , 
14570 Si pensa bien que voir disoit. 

Si li a dist par humelit^ : 

« Biernart, vous dites viriti : 

Moult m'en repenc , et si vodroie 

Trop volen tiers , se jou pooie, 
14575 Qu'al roi n'luisse rien promis, 

Quar vous iestes moult mes amis. 

Or en ales , jou penserai 

Que l'enfant pas ne gr^verai. » 
Biernars s'en est partis a tant , 
14580 A Ruem s'en est venus batant ; 

Li quens de Senlis li manda 

Que se li rois s'enbatoit la, 

14565 A wet, au profit de.... 14581 Li quern de Senlis, Bernard de Senlis. 

14565 Kerra, recherchera. Rob. Wace , 1 , 167, v. 3282 : 

1 4566 let , e8. Bernars sen ct torn£, n'ala rale atarjant; 

14571 Ce vers serait trop long d'une Syllabe A Roem envcia par Bernart li Normant. 

si Ton n'unissait li et a par la prononciation. 

14572 Biernart, mieux Biernart, puisque Dht Bernars de Samlu 

plus haut il y a quens nobles, etc., v. 14561. II ne faut pas confondre ce Bernard avec 

14574 Pooie, pouvais. 1'oncle de Richard. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 93 

Qu'en la vile le hierbegassent 

A grant joie , et se li bias ma sent 
14585 De ?ou qu'il avoit Normendie 

A Huon-le-Grant mi -part ie. Louis viem k Rouen. 

Li rois ot mand&s ses os , 

A Ruem sen est yenus moult tos , 

Entre lui et Huon-le-Grant, 
14590 Ki la tiere aloit goulousant , 

Et logier s'ala outre Sainne 

Avoec sa gent k'il i amainne. 

Cil de Ruem et li quens Biernars , 

Qui moult sorent d'engiens et d'ars, 
14595 A pourciession , sans desroi , 

Reciurent li&nent le roi , 

Et disent que moult bet estoient 

De 90U que a signour l'auroient , 

N'autre neyoloient jamais , 
14600 Quar il les tenroit bien a pais. 

(( Sire, font-il, mal tos conselle 

Qui vos loe si grant mervelle , 

Que la moitte de Normendie 

Huon-le-Grant av& partie. » 
14605 Li quens Biernars al roi tant fist, 

Tant li blanga , tant li promist , 

Que Huon-le-Grant remanda 

A Baioes u il logha , 

Qu'il et sa gent, que que nus die, 
14610 Alassentfors de Normendie, 

Car nule cose n'i avoit , 

Ne nul couvent ne li tenroit, 

Car Normendie entirement 

Deyoit iestre dun tenement , 
14615 Ne ja partie ne seroit, 

14895 Pourciession, procession. 14606 Blanga de blandiri. 



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94 



CHRONIQUE 



aaouI-le-Tort. 



Sa tyrannie. 



Harald vient en Nor- 
mandt*. 



Mais par lai toute le teuroit. 
Huea-li-Grans lues sen ala . 

Mais darement sen coure$a ; 

Et lore fist li rois Lo^ys 
14620 Raoul-le-Tourte de Pans , 

De Normendie s&ieskal 

Et commaodeur et prince et bal. 

Si fist Raous-la-Tourte abatre, 

Jou ne sai, V moustiers u 1111, 
14625 Et de la pi£re qu'il i prist 

Les murs de Ruem ferma et fist. 

A L6ua fti Tenus li rois. 

Normant et Biernars li Danois 

Manderent, pour venir en maroe, 
14630 Aigrout, le roi de Danemaree. 

Si ariya en Coustentin , 

Tout droit 4s salines Corbia , 

La u Duve chiet en la mer. 

Et li Normant , sans demorer, 
14635 Mand&rent li roi Lofys 

Que tost souoourust lor pais . 

Viers Aigrolt, qui sor aus estrive. 

Et li rois Tint al gu£ de Dive, 

A toute s'ost, a parlement, 



14622 Bal, bail, regent. 

14623 La Tourte, le Tourte ou le Tors. Voy. 
sur ce personnage la note de M. A. Le Prevost , 
Le roman de Rou , 1 , 181 . note 8. 

14629 En marce, dans le pays. 

14630 Aigrout, Aigrold, Heroult, Harald. 
14633 Duve, La Dive, comme au v. 14638. 

Rob. Wace , 1, 184, v. 3623 : 

Malt furent Normans liei del rci e des Daneix , 

Pain aportent e char , peisson sale efreiz. 

Sur quoi M. Pluquet re marque que Tart de 
saler le bareng n'est point du aux Hollandais , 



comme on le repete sans examen. M. Pluquet a 
raison , mais Beuckelz de Hughenvliet et non 
de Biervliet , n*en reste pas moins Pinventeur , 
dans la maniere de caquer le hareng et de le 
preparer, d'un perfectionnement qui a beaucoup 
ajoute a la ricbesse de son pays. M. Belpaire a 
mootre qu'on ne pouvait contester a Beuckelz 
son invention , et qu'un ostendais , nomine* Jac- 
ques Kien , y a eu part. Notice his tor. tur la ville 
et le port d'Ottende, p. 18. 

14634 Et 1% Normant.... Les babitans de la 
Basse-Normandie, loin de voir avec peine la venue 
d'Harald, s'insurgercnt et se joignirent a lui. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



»5 



14640 Cootre Danois ki fierement 
Li reprouv^rent cele mort 
Qu'ot li dus Willaumes a tort , 
Par qui il ot est«i mandea 
En Engleti&re et couromi&. 

14645 Lore i ot si tres grant teuton 
Que li Normant k esli(on 
Le conte Herluia tuerent 
Et XII comes ki la erent 
Avoec le roi , et tout li autre 

14650 S'enfuirent lance sour fautre. 
Mais I ceyaliers prist le roi , 
Par ses promesaes, en conroi, 
Et tant que , pour sauver , lenmainne 
En 1 petit islet de Sainne. 

14655 Mais par destraioe le rendi 
Al conte Biernart puissedi : 
Si le mist a Ruena en prison. 
Sa feme, ki Gerbierge ot non, 
Moult courecie , a grant mis&re , 

14660 Manda le roi Othon , son pere , 



Mori d'Hcrluin , comte 
de Ponthieu. 



Le roi Louis est pri* 
par les Normands. 



La reine teste en vain 
de mettrerenpereur 
son pere dans les in- 
terets de son mari. 



14641 Reprouverent, reprocherent. 

14646 A eslifon, parchoix. Un normands'in- 
digna de voir Herlufn, comte de Ponthieu, 
parmi les Francais. 

14650 Lance tour fautre. Nous avons, dans le 
premier volume , yarie plus d'une fois sur le 
sens de cetle expression, et nous noussommes 
arr&te enfin, p. 620, a la signification de lame 
haute, lance en arrit. Mais ces deux expressions 
ne sont pas synonymes, et c'est la premiere seule 
que de nouvelles comparaisons nous permettent 
d'adopter. Voici en effet un passage de Wace, 
qui ex prime leur difference , sans compter qu'on 
ne fuit pas la lance en arrit , mais qu*on peut 
fuir lance levee. 

Lances levees veneient tnit ; 
Quant pres erent de eel endreit 



Come bom pierre jcter porreft , 
Lacehent li resnes , si s'eslaissent, 
Li event esens e lances baissent, 
Sor li conrei Necl turnerent, 
Grau* eolps e grans bus dunerent, etc. 

Roman de Rou t 1 , 338, v. 6700. 

14651 Mais un chevalier , gagne par les pro- 
messes du roi, le prit sous sa protection et 1'em- 
mena dans un ilot de la Seine. 

14659 Courecie', coureciee. 

1 4660 Othon, son pere, lisez ton frere. Ger- 
berge , fille de Henri-VOiseleur , roi de Germa- 
nic , etait soeur d'Othon I OT ; elle epousa d'abord 
Gislebert , due de Lorraine , ensuite Louis d'Ou- 
tremer. Wace n'est pas tombe* dans cette me- 
prise, I, 189, y. 3734 : 

£1 rei Henris, sit pere, ki sor le Rin maneit. 
Ph. Mouskes lui-meme se corrige au v. 14747. 



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96 CHRONIQUE 

En Saissougne , que , sans sljour , 

Venist d^livrer son signour. 

Et li rois dist ja n'i yenroit, 

Qua droit ayenu li estoit , 
14665 Et bien en deyoit avoir honte 

Quant il soufri Ernoul , le conte, 

Qu'ensi le due Willaume ocist , 

Ki eouronner k roi le fist. 

Et puis si yot l'enfant graver , 
14670 Or se penast de l'aciever. 

Dont se traist la rolne esrant. 

Si fist tant a Huon-le-Grant 

Que Loeys fu ostagi& 

Et par Carlon , son fil , pllgi& , 
14675 Ki en cele prison moru : 

Le vesques de Biauy& i fu 

Ayoeques, et cil de Sissons. 

Si fu desfaite la tendons , 

Ridiard rentre en pos- Et RicarS ftl raSS<$Ur&. 

' session de ion duchc. 

14680 Si fu dus et sires clames 

De Normendie et de Bretagne , 

Comment que li afaires pragne. 
Ensi roi Lo^ys ayint , 

Et Raous-la-Tourte reyint 
14685 A Paris , al yesque , son fil , 

Con tint a sage et a gentil , 

Et rendu furent li ostage. 

Ceste pais fisent comme sage , 

Et li rois Aigrous sen r'ala, 
14690 Jusqu'en Danemarce sigla , 

Quar bien ot aidiet son parent. 

Mais peut-etre n'avona-nous releve qu'une inad- 14674 Carlon, Carloman. Rob. Wace ne le 

vertance de copiste. nomme point. 

14664 Que ce malheur lui etait justement 14682 Pragne, prenne. 
arrive\ 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



97 



A Ruem et partout la parent 
Hue-li-Grans lors savanna ; 
Sa fille au due Ricart donna , 

14695 Dont li rois et li quens Ernous, 
Qui moult fu fel et envious , 
Al&rent pour le roi Othon , 
Et pour tous $aus qu avoir pot-on. 
S'en ot de louier Loherainne. 

14700 Ensi trespasserent le Rainne , 
Si cevaucierent tout ardant 
Par la ti&re Huon-le-Grant , 
Et l'assegierrent en Paris ; 
Mais il n'i ot ne giu ne ris , 

14705 Quar il n'i porent rien fourfaire. 
A Ruem se misent el repaire n 
La vile asisent a grant gent, 
Mais il leur avint malement , 
Quar uns mis le roi i fu mors , 

14710 Ki cevaliers ert grans et fors. 
Othes , li rois , vit la cite 
De gent forte et de fermetl ; 
Si se repenti durement 
Que venus iert si fblement, 

14715 Et dist qu'a St.-Oain iroit, 
Son p^lerinage i feroit , 
Et si partiroit de la vile; 
Et le conte Ernoul, ki par gille 
Avoit le due Willaume ocis, 

14720 Et amenet Tot el pais , 

Par sa malisse prenderoit, 
Et al due Ricart le rendroit. 



Uugues fait epouser & 
Richard sa fille en- 
core enfant. 

Arnonl, comte deFlan- 
dre, va trouver Tern- 
pereur Othon. 



Les confede'res cher- 
rhent a s'emparer 
de Bouen. 



Regret* d' Othon. 



11 Teut lirrer Arnonl a 
Richard. 



14692 Et partout I'aparent, et partout le 
pays qui en depend (parere). 

14693 Hue, mieux Hues. 
14699 S'en ot, Othon. 

Toi. II. 



14700 Rainne, Rhin. 

14704 Mais ils n*eurent pas l*oocasion de s'en 
rejouir. 

1471S S*.-Oain, S*.-Ouen. 

13 



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98 



CHRONIQUE 



Arnoul s'cnfuit. 



Gormont. 
Yseutbart. 



Mort de Louis d'Outre< 
mer. 



Li quens le sot , lues s'enfui . 
De Tost par nuit s'esyanui. 

14725 Lendemain del siege partirent . 
Et cil de Tost les poursu'irent 
Jusques el bos de Malperlruis. 
La en ot mors , si com jou truis , 
Granment , el $aus qui s'enfiurent 

14730 Jusques a Amiens parsuirent. 
Petit apri& ceste a venture, 
Si com l'estorie m'ass^ure , 
Ariva Gormons en Pontiu , 
Et Ysenbars , et en eel liu 

14735 Orent-il painne et honte ass&, 
Si com deyant oit av&. 
Et dont fu cele giere eslite, 
Que jou vos ai orendroit dite, 
Quant des pa'iens se fu partis. 

14740 Dont s'acou^a roi Lofys 
Et fu durement agr<W&. 
XXVII ans fu couronn^s 
Comme preudome , et dont moru : 
Bien sai qu a Rains enfouois fu. 

14745 Sa feme estoit et biele et sage 
Et nie de roial linaghe , 
Suer le roi Othon de Sassogne. 
Mais Festore de rien ne sogne 
Que cil Othes, que je vous noume , 

14750 Ne fust empereres de Roume 



14727 Malperlruis; an bore de Mauperluz, (lit 
Rob. Wace j ad sylvam, qua* diciiur Mali Fora- 
minity (lit Dudon de S t .-Quentin. M. A. Le 
Prevost neconnait point, entre Amiens et Rouen, 
de lieu auquel on puisse rapporter ce nom. 

14750 Parsutrent, poursuivirent. 

14752 L'estorie, lisez Vestore; Ph. Mouskes 
veul dire les romaneiers , au lieu de Phistoire. 



14740 S'acovca, se mitau lit. Rob. Wace dil 
qu'il mourut de chagrin; roais ce fut reelle- 
ment d'une chute de cheval, en poursuivant un 
loup. 

14742 XXFIIons. Son regne fut de dix-huit 
ans et trois mois moina neuf jours. 

14750 Empereres de Roume, Othon, dit le 
Grand , fut couronne empereur en 036. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



99 



Sacr& et couronn& maint di. 
Ceste roine, dont jou di, 
Ot non Gerbierge et s'ot II fius 
De Lo«5ys , qui fu gentius. 

14755 Lohiers ot k non li ainsn& ; 

Mors estoit Carles li mainsn&. 

Lohiers fu fais rois tot esrant 
Par le consel Huon-le-Grant, 
Ki marissaus de France estoit 

14760 Et tout recevoit et prestoit. 

Se les rois ne Toel fourconter , 
XXXII puis k cest conter. 
Quant il ot prise la couronne . 
Si com drois et raissons li doune , 

14765 Li quens Ttebaus , al cuer gagnart , 
Ki moult hai le due Ricart , 
Pourka$a tant au roi Lohier, 
Que il li a fait envoi ier 
Tout droit a Brunof I'arcevesque , 

14770 Son oncle ; et si tramist I vesque 
A Coulogne , il il iert manans , 
Comme preudom et bien organs ; 
Et li manda que boinement 
Presist et mandast parlement 

14775 AI due Ricart de Normendie, 
Pour desfaire cele aatie 
De son neyeu et de son p&re , 
Et de la mort Carlon , son frhre , 
Ki mors estoit en sa prisson , 

14780 A Ruem , pour la fole tendon ; 
Et fust la concorde et li biens 
Tout droit a la cit£ d' Amiens. 



Lnlbaire, roi de France. 



Thibaut I, dit le Tri- 
cheur , comte dc 
Chartres et de Bloit. 



Brunon , arclieveque 
de Cologne. 



14761 Fourconter, omettre dans un compte. et paste avant. Rob. Wace, I, 238, r. 4667. 
14765 Li quens Tielaus, il criail Chartres 14781 Et que l'arrangemenlseferait a Amiens. 



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100 CHRONIQUE 

Li arcevesques i tramist . 

Et le jour a Amiens lor mist, 
14785 Li arceveskes de Ruem, Hue, 

De la pais moult le due argue , 

Et li dus vint al parlement. 

Si hierbeja moult bielement 

A Biauvais , u doi ceyalier 
14790 Vinrent a lui pour acointier. 

Richard est instruit des D e l a gent al COIlte Ti&ttUt. 

crohuches <jui lui u 

sont tendne*. \\ d uc i ra isent joiant et baut , 

Si li disent qu'al parlement 
IN a last mie tot voirement , 

14795 S'il ne yoloit c'on l'i tuast, 
Mais ariere tost retornast. 
« A qui , dist li dus , iestes yous ? » 
Et cil disent : « Nous soms k nous. » 
Li dus auques les entendi , 

14800 Del conte et del roi se cr&ni; 
A l'un douna sa rice esp^e , 
Que rois Aigrous li ot dounee , 
A l'autre fist douner juiaus 
Dor et d argent, rices et biaus. 

14805 Dont s'en est li dus retourn& 
Et li parlemens fu rem&. 
Petit apri& s'i trais Lohiers , 
Ki mal Ti fesist vole a tiers. 
Si reprist a lui parlement 
Eutreme siiriesbords 14810 Sour l'aigue d'Olne voirement. 

de I'Eaulne. , 

La refu au due acointiet, 
Qu'il Tavoient a mort traitiet , 
Li quens Ernous ki le haoit , 
Et quens Tiebaus ki li aidoit , 

14784 El leur assigua jour a Amiens. Hugues. Rob. Wace, 1 , 277 , y. 5409. 

14785 Hue. Robert , second fils de Ri- 14802 Aigrous , Harald. 
chard , devint archeveque de Rouen apres 14810 D'Olne , de l'Eaulne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



101 



14815 Et li rois et Jofrois cTAngou. 
Mais il les atendi moult pou , 
Ains s'entourna , a loi de sage , 
A Di&pe garda le passage , 
Et cil commenci&rent la gierre 

14820 Par Normendie et par sa ti&re. 

Li quens Lohiers et quens Ti^baus , 
Qui de la gierre estoit moult baus , 
Vinrent k Eyreus I mardi; 
Ghillebiers Martiaus lor rendi , 

14825 Et Lohiers tantost le douna 
Al conte Ttebaut ki lama. 
Et puis arsent la ti&re toute , 
Quar il n'orent de nului doute. 
Li quens en Normendie entra , 

14830 A Jermentru-vile loga , 

D'autrepart Ruem , par de$a Sainne , 
Od sa compagnie k'il mainne. 
Et li dus est de Ruem issus , 
Si s'est la nuit entr'aus ffcrui , 

14835 Le conte Ti^baut desconfi , 
Et toute sa gens senfui. 
A Cartres vint li quens fu'iant, 
Et la cites arst maintenant , 
Et ses fius moru la vespree. 

14840 Grans dious en fu par la contr^e. 
Mais li dus garda bien sa raarce , 



Guerre cnlro Lothaire 
et le due de Nor- 
mandie. 



Prise d'Erreux. 



Deroute de Tbibaud. 



14815 Jofrois, Geoffroi I 61 ", surnomme Grise- 
gonnelle. II criait Volte (Rob. Wace, I, 138, 
v. 4666) et non pas r'alie, comme on lit dans 
YArt de verifier let dates, ou le passage cite de 
Wace est rapporle. 

14817 A loi de saye, comme un homme pru- 
dent. 

14821 Li quens Lohiers, e'est-a-dire li rois 
Lohiers. 



14824 Ghillebiers Martiaus. Rob. Wace, I, 
242, v. 4734, 1'appelle Guillehert Meschrel, et 
Guillaume de Jumieges, Gislebert Machel. Lor 
rendi, e'est-a-dire la yille d'Evreux. 

14830 Jermentru-vile , Rob. Wace, Hermen- 
treville, aujourd'bui le faubourg Saint-Sever, a 
Rouen. 

14840 2>toif*,deuil. 

14841 Sa tnarce . son pays, tes etats. 



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102 CHRONIQUE 

^&££l£ Pui « envo ' ,a en Danemarce 

iecouri - Al roi Hdraut, ki dont fu row. 

Cil amena tous ses Danois , 
14845 A Guionfosse les tramist 

Li dus , et grant ounor lor fist. 
Puis fisent al roi maint asaut 
Et arsent la li&re Tilbaut , 

Accommodemcnl X ant q^ y j nl a | ^ £ m j erc j. 

14850 Et li rois s'acorda ausi. 

S'ot li dus livreus quitement , 

Et si ot grant a men dement. 
De ces Danois se batisterent 

Une grans pars , qui haut ome i&rent : 
14855 L'autre pars se trest en Espagne , 

Moult bien garnie de compagne. 

XVIII chites i conquisent 

Et des paiens ass& i prisent. 

Comme hardis la demorirent, 
14860 Les castiaus prisent et fermerent. 

De ces Danois a tant me tais. 

Li rois Lohiers ot faite pais , 

Une grant pi6ce tint le bien 

Qu'il ne foursist sour le due rien. 
14865 Eme , la feme al due , moru , 

Si qu'ele n'ot enfant in. 

Li dus en ot son cuer ir£ ; 

III ans guarda sa Yaiy&. 
Un jour ala li dus kacier 
14870 En sa foriest et arcoiier; 

Venisson prist , si l'atourna 

14845 Heraut, Harald. gne, voir Rob, Wace, I, 265, ▼. 5156. 
14845 Guionfosse , Gefosse , Geffosse ou Gui- 14865 Eme , Emme , fillc de Hugues-le-Grand, 

ne fosse, due de France et de Bourgogne. 
14857 XVIII, prononcez dix et hurt. 14868 Vaive'e', veuvage. 

14861 Stir ces Danois qui allerent en Espa- 14871 Venisson, venaison. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 103 

Et puis ari&re retourna. 

Si 8 en est yenus hierbegier 

Ci& I sien rice forestier, 
14875 Qui moult tr& biele feme ayoit ; 

Soufie ot non et moult sayoit. 

Li dus en ot oit parler. 

Si s'en vint la pour osteler, 

Et commanda al forestier, 
14880 Se jamais li ^uist mestier, 

Que sa feme li amenast 

La nuit , u il se d&itast. 

Li forestiers le dist sa feme, 

Ki plus estoit biele que gem me. 
14885 Iri& en fu et cele iri£, 

Et la nuis vint coie et si^rte. 

II yaiyes serours ot la dame , 

Ki moult estoient de bon fame, 

Et si ot une autre serour , 
14890 Qu'ele portoit moult grant ounor, 

Car plus estoit biele de li. 

La dame li mena celi 

A son lit, et li dus l'a prise. 

Si l'a al lit jouste lui mise. a«ou« de BicWd «t 

14895 Puciele estoit , bien le prova 

Li dus, ki moult grant joie en a 

De f ou qu'il ne s'est entecil 

D'autrui feme ne del p&&. 

Grant gr^ en sot le forestier 
14900 Et pour sa feme Tot moult cier. 
Gunnor ot non cele puciele, 

Ki plaisans fu et sage et biele. 

14876 Soufie, Sophie. Le reck de Ph. Mouskea 14885 lis en furent indignea Fun et l'au- 

s'ecarle beaucoup de celui de Rob. Wace. tre. 

14878 Osteler, loger. 14886 Coie et titrii, tranquilleetlente. 

11880 Si jamais il voulait lui complaire. 14897 Entecie, entachl. 



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104 



CHRONIQUE 



Enfansde Richard «t de 
Gonnor. 



Richard, M auger, Ro- 
bert. 



Li dus fu Tiers li moult gentius, 
Et tant le lint qu'en ot V fius. 

14905 D'un linage de Danois tiers 
Iert la dame et li fores tiers. 
Des HI fim tous dirai les nons 
Si qu'en la laitre le trouTons : 
Ricars ot a non ii premiers , 

14910 Malgiers secons , Robiers li tiers. 
Les autres II nommer ne puis, 
Quar en l'estore pas n'es truis. 
Moult furent biel cil enfan^on , 
Si morurent a noure^on. 

14915 Sot III filles Emain, Ha wit. 
Et puis M&iaut, j'el sai de fit. 
Et quant de Gunnor d^failli , 
S'ot d'une autre qu'il jut a li , 
II fius , Willaume et Godefroi : 

14920 Par l'estore le sai et croi. 

Cil premier fil , jou sai de voir. 
Furent doi conte et puis leur oir ; 
Mais de $aus tous lairai ester , 
Si reTorrai del due parler. 

14925 Robiers, ses fius, ki fu ainsn^s. 
Ot ja XII ans et fu letrls. 
L'arceTesques de Ruem moru , 
Qui moult preudom et loiaus fu. 
Li dus Tot Robiert , son fil , faire 

14930 Arcevesque , raais cele afaire 



14910 Robiert li tiers. Robert &ait le se- 
cond. 

14911 Let autres II. Outre les trois fils nom- 
mes par Ph. Mouskes, Richard eut de Gonnor 
un autre Robert , mort peu de jours apres son 
baptgme et enterre a Fecamp , Geoffroi , comte 
d*Eu et de Brionne, Guillaume, comte d'Hieme, 
puis d'Eu 5 ayec quatre filles , Mahaut } Emma , 



Havoise et Beatrix. Rob. Wace ne donne aussi 
que trois filles a Richard. 

14912 Pas n'es truis. Cela prouye que les 
recherches historiqnes de Ph. Mouskes n'etaient 
ni opiniatres, ni profondes. 

14919 Les auteurs de YArt de ve'rifier les 
dates , font naitre de Gonnor les dix en fans de 
Richard. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



105 



Ne vorent soufrir li baron, 
Pour 90U qu'il iert de bas renon , 
Et qu'en sougnentage tenoit 
Gunnor, ki eocore vivoit , 

14935 Et moult estoit safaris et biele. 
Quant li dus 01 la nouyiele, 
Pour ses III fius que moult amoit , 
Dist que Gunnor espouseroit , 
Savoir le fist cascuns sien homme , 

14940 Et le jour d'espouser leur nomine. 
Li dus , ki les enfans ama , 
Gunnor adonques espousa , 
Et li fil , ki ja furent grant , 
Furent entr'aus III, en estant 

14945 Par desous le mantiel la m&re. 
Furent fait loial cil troi fr£re. 
Si fu Robiers , dont jou dig or, 
Arcevesques, li fius Gunnor, 
Et cil arceyesques Robiers , 

14950 Ki moult fu vallans et apiers , 
Al tierc an une feme prist. 
Contre lois et dfcrta le fist; 
Et s'ot de cele feme enfans 
Cil arceyeskes, ne sai quans. 

14955 Encor ot Gunnors II serors; 
Vaiyes estoient de signors , 
Bonne et Ouyeline I'ainsn^e, 
Ki moult estoit biele et sen&. 
L'une fii don£e a Torolt , 

14960 Dont ele ot Hunfroi qui moult sot , 
Le p&re Rogier de Bielmont; 
Et l'autre fu doun^e adont 
A I Osbiert de Bolenbiec , 



Robert , fils de Ri- 
chard , se marie quoi- 
<jue archeveque. 



Soeurs etfreres dc Gon- 
nor , leur descen- 
dance. 



1 496 1 Bielmont , Beaumont-le-Roger . 

Tom. II. 



14965 Bolenbiec, fiolbec. 



14 



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106 CHRONIQUE 

Ki des povres avoit grant pice. 
14965 S'en ot Givart et Godefroi, 

Et I Gautier : ?ou furent troi* 
Guillaumes d'Arces , li gentius , 

Cis fu a cest Godefroi fius. 

Et cil Guillaume si fu pere 
14970 A Mehaut, ki fu biele et ciere, 

Qui feme fu le camberlenc 

De Tans-q'ot-vile, si consenc, 

De qui il ot son fil Rabiel , 

I ceyalier Taillant et biel , 
14975 Encor la ducoise Gunnors , 

Qui moult par fu vallans del cors , 

I frere ot; s'ot Herfaus a non 

Et cil fii p6re Osbert Cr^pon , 

Qui peres fu , bien m'en sai cicrt , 
14980 A Guillaume , le fil Osbiert. 
s« ni^es Si ot V nieces marines , 

Vallans et bieles et senses. 

Li quens Willteres de Waresme 

Ot I'aiqsn^e deles k feme; 
14985 S'en ot Coulon de Basqueyile 

Et s'en ot une biele fille. 

La seconde ot non Ysabiaus , 

Celi ot Willaumes Martiaus; 

S'en ot Gautier de S*. -Martin , 
14990 Ki commenca maint fort hustin. 

Li visquens de Ruem la tierce ot , 

Ki moult valu et peut et sot : 

14965 Givart, Giffart. 14980 Ce vers est ridicule. Osbert fut pere de 

14967 D'Arces, d'Arques. Guillaume, fils d* Osbert I 

14970 Menaut, Mahaut. 14985 Willie res de Waresme, Willers de Va 

14972 Tans -q'ot- vile, Tancaryille ; si can- rennes. 

senc , son parent, consang(uineus). 14985 Basquevile , Basquerville. 

14978 Cre'pon, Crespin. 14991 Visquens, vicomte. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



107 



Pere Lanbiert de S*.-Oain, 
N'onques de lui not mal r&lain. 

15000 La quarte prist, bien le set-on, 
Li visquens sire de Vernon , 
Qui moult par fn vallans en soi ; 
P&res fu Foucon de Lausnoi. 
La quinte fu doun^e ausi 

15005 A Huonde Montgoumeri; 
Si ot Rogier de celi mesme, 
Le p&re Robiert de Bielesme. 

Or vous ai-je granraent dit or 
Des oirs la ducoise Gunnor : 

15010 A ma matere retrairai. 

A eel temporie, bien le sai , 
Si prist feme Hue-li-Grans , 
Qui moult fu cortoise et sa$ans. 
Cele fu fille al roi Othon 

15015 De Saisougne , bien le set-on . 
Qui puis ot de Rome Tenpire. 
De cele dame , bien l'os dire , 
Ot cil Hue-li-Grans III fius 
Vaillans et sages et gentius. 

15020 Cil Hue-li-Grans , g'en sui fis , 
Si estoit dus del Paresis , 
Et Paris ert siens quitement . 
Si que li rois n'i ot noient. 
Des HI fius vous dirai les nons, 

15025 Ki fu premiers ne ki secons 



Mirisge de Hugues-le- 
Grand. 



Ses enfani. 



14993 £*.-0af»,S ft .-Oiieii. 

14994 Reclain, plainte, reclamation. 

1 8001 Vernon, ville du departement de l'Eure. 

15005 Montgoumeri, Montgommeri. 

15007 Bielesme, Bell6me, ville du departe- 
ment de I'Orne. 

15009 Des oirs la ducoise, voy. Guil. de Ju- 
mieges , VII , 57 , ou les sceurs de Gonnor soot 



appelees Sainfria, Wevia et Duvelina. 

15011 Temporie, pour la mesure lisez tent- 
pore. 

15014 Cele fu fille, lisez setur. II s'agit d'Hed- 
wige, sceur d'Othon I er , troisieme femme de 
Hugues-le-Grand , fils du roi Robert , et chef de 
la troisieme race des rois de France. 

15025 Jfe,oii,6t. 



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108 



CHRONIQUE 



Hugues-Capet. 



Mort de Giselberl, due 
de Bourgogne. 



Olhon , due de{ Bour- 
gogne. An 956. 



Henri-le-Graml , pre- 
mier due sourcrain 
de Bourgogoe. 



Mort de Hugues - le - 
Grand. An 956. 



Ne li qeus des enfens fu tiers. 
Hues-Kap& fu li premiers , 
Othes ot a non li secons , 
Henris li tiers, teus fu ses nons. 

15030 Adonques , Fuevre point n'en sogne , 
Si moru li dus de Bourgogne 
A Lengres, qui moult fu preudom. 
Une fille ot, n'en sai le non. 
Celi sa ducket laissa , 

15035 El lit de la mort, et douna 
A Othon , fil Huon-le-Grant , 
Mais , si comme j'el truis lisant , 
Cil Othes , con tenoit a sage , 
Moru ains k'il peuist d'&ge 

15040 Cele damoisiele espouser. 

Moult par en fist son pere irer; 
Et non pourquant Henri , son fil , 
Qu'il tenoient a moult gentil , 
El liu d'Othon ki mors estoit , 

15045 La damoisiele qil gardoit 

Douna k feme, el liu del frere, 
Dont moult dolante fu sa mere. 
Hue-li-Grans adont moru , 
A S*. -Denis entires fu. 

15050 Hues-Kapes, ses fius ainsnes, 
Qui moult ert yistes et sen& , 
N'onques n'ama drois ne bien tes , 



15032 A Lengres, Hugues mourut , Tan 956, 
a Dourdan, le 18 juin , ou , suivant la chron. 
manuscrite de Sens , citee par les auteurs de 
YArt de verifier Us dates, le 18 mai de la m£me 
an nee. Mais ce n'est pas de lui qu'il est question 
ici : c'estdeGiselbert, fils de Manassesde Vergi, 
mort aussi en 956. 

15033 Cette fille s'appelait Liulgarde. 

15034 Duce'et, duche. 



15036 Othon, second fils de Hugues -le- 
Grand. 

15039 K'il peuist d'e'age, avant qu'il eut at- 
teint )'age.... Othon mourut apres sept ans de 
regne environ et put fort bien epouser Liu t garde. 

1 5045 La damoisiele. . . Cela n'est pas d'accord 
avec Fhistoire connue, ou Henri-le-Grand epousa 
Gerberge , dite aussi Gersende , veuve d' Adal- 
bert, roi de Lombardie. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 109 

Fu marescaus de France fes , 
Pour garder la ti6re commune. 
15055 S'ot haute feme, biele et brune. 

Lohiers , qui donqes estoit rois , Loti.airc cmrc dans iu 

a i_i T% l_» - r* • Haule - Lorraine ct 

Asanbla Ponhiers et rran$ois, surprcnd othon \ 

Si conquist toute Loheramne , 

Assurer s'en fist a painne , 
15060 Puis avint a Ais la-Capiele , 

Que li grans Charles fist moult biele , 

U li rois Othe soujornoit , 

Et ses mangiers pres i estoit. 

La yint Lohiers devant disner, 
15065 Si com devoit l'aigue douner. 

Et descendi droit al palais , 

Se la v^rit^ ne vos lais , 

Et but et manga sans congiet 

Quan c'on i ot aparilliet 
15070 A oes l'emper&mr Othon. 

Et ses gens prisent a bandon 

Quan k'il trouv^rent as osteus. 

Mais li rois Othe tous honteus 

Quant il cest afaire ensi sot , 
15075 II et sa feme, a Tains k'il pot, 

S'enfuirent od lor mesnie 

Si que Lohiers n'es i seut mie. 

Et quant Lohiers ot tot gaste 

Le pais , et tout conqueste , 
15080 Si revint soujorner en France, 

Qu'il n'i quida avoir doutance. 

15055 Haute feme, Adelaide , dont on n'a pu 15065 Comme on allait donner a laver. 

jusqu'ici decouvrir l'origine. 15070 A oes ou a wet , pour l'usage de... 

15057 Ponhiers , habitans du pays de Poix, 15071 A bandon, a discretion, 

suivant Roquefort. Quelquefois, ajoule-t-il, cer- 15072 Osteus, hdtel , palais. 

tains peuples de la Basse-AUemagne. Cest ce 15075 A Fains k'il pot, ainsi qu'il put. 

sens qui est preferable ici. 15081 N'ayant plus rien a redouter. 



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110 CHRONIQUE 

irruption de lcmpc- Othe , l'empereres , quist gent 

reur Olhon en France. 1 r 7 * u 

An 966 - Et par amour et par argent. 

Si Tint en France a poeste 
15085 Jusques a Paris la chit£, 

Et aret quan k'il ot fore des mure , 

Quar il estoit de gent slurs ; 

Mais I siens couzins i fu more , 

Ki cevaliers iert preus et fore. 
15090 Donques manda li rois Lohiers, 

Comme hardis et preus et fiere , 

Huon-Kapet en sa besougne , 

Et Henri , le due de Bourgogne . 

Qui frere estoit Huon-Kapet. 
15095 Si leur conta tout le mesfet, 

Et il ont lues lor gent mand& . 

Et Lohiers ot sost aiin£e. 

Si consivirent l'emper&>ur • 

Jusqu a Seasons , par grant iror. 
15100 Mais l'aigue estoit donques si grans 

Qu'il passerent k grans ahans . 

Si que la gent au roi Othon . 

Qui n'i savoit gui ne ponton . 

Furent noiie pries la moitil. 
15105 Si furent destraint et quoitie. 

Et s'en i ot avoec tant mors 

Que , par la grant plenty des core , 

Souronda l'aigue toutes pars , 

Tant en i ot mors et espars. 
15110 Et puis sivirent li Francois, 

Si tost k'il ne porent anchois . 

15084 Vint.... a poeste , vint avec grande 15100 L'aigue, la riviere d'Aisne. 

puissance. 15105 Destraint et quoitie', presses, preci- 

15097 S'ost aiine'e, rassemble son armee. piles. En wallon on dil encore etcoiter pour 

15098 Ge vers est trop long de la syllabe ecraser. 

it. 15108 Souronda, deborda. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. Ill 

Le roi Othon , jusqu'en Ardane , 

Jouste une aigue ki la se plane , 

Pries dune foriest grant et haute 
15115 L'aconsivirent-il lor gaute, 

Et si f&rirent en leur gent , 

Moult en ocisent a tour men t. 

Ensi fu Hotes desconfis , 

II et sa gent, g'en sui tous fis. 
15120 Et li rois Lohiers repaira, 

En France Tint, la soujorna. 

Puis conquist-il , se voir retrai . 

Douwai et Arras et Courtrai. 

Et Femper^re Othe pensis 
15125 S'en fu rates en son pais , 

Si que puis , ne il ne si oir , 

Ne revinrent France vfoir; 

Mais en eslan s entracorderent 

Par les haus clers qui s'en mesl&rent. 
15130 Mais moult lor contredist la pais 

Li mariscaus Hues-Kapais 

Et ses fr^re, dus de Bourgogne. 

Mais ki qu'en rie ne qui grogne , 

Al roi Othon se concorda V 1^J££& 

15135 Li rois Lohiers, et li douna t L ^ inehothott 

Loherainne par fermete 

O'amour et pour la s£urt£. 

Par quoi li Francois ki la ierent 

Al roi moult fort se courecierent. 
15140 XXXI an fu rois Lohiers , 

15112 Ardane, Ardennes. 15128 En eslan, d'un elan, avec erapresse- 

15115 Se plane, s'etend comme une nappe, ment, avec ceteris. 

15115 Gaute, plein d'ardeur. Gaud(entes). 15155 Mais qu'on en rit ou qu'on le blamat. 

15118 Hotes , ailleors Othes. Ne conserve toujours le sens de la particule alter - 

15124 Pensis, pensif. native ou. 

15126 Neilne sioir, niluinises successeurs. 15140 XXXI an, Lothaire mourut le 2 mars 



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112 



CHRONIQUE 



Mort de Lollioiic. 986. 



Louis V, dit le Fai- 
neant. 986. 



Richard, due de Nor- 
raandie , fonde l'ab- 
Laye de Fecamp. 



II se fait preparer mi 
cercueil. 



Ki moult ounoura chevaliers. 

De sa feme II fius avoit . 

Loijs qui laitres savoit, 

Et Carles ot non li mainsn& . 
15145 Qui moult estoit biaus et series. 

Lohiers , li rois , adont moru . 

Qui moult yallans et larges fu. 

Si l'enfouirent si ami 

A Rains , el mostier St.-Remi. 
15150 Loeis , ses fius , fu rois fais . 

Sa tiere tint en bonne pais : 

XXXIII roi a cestui sont, 

Si com la laitre nous despont. 

Li dus Ricars de Normendie 
15155 Li vint aidier a gent bardie , 

Et si fu a son courouner 

Et moult i fist del sien douner. 
Cil dus Ricars funda Fescans , 

Tieres et fi& i dona grans , 
15160 Et si fist faire , par demise. 

Plus haut que sa sale la glise . 

Monnies i mist et assena, 

Et del sien ass^s lor dona. 

Preincrement i ot nonnains, 
15165 Mais Rou les destruist et Hastains. 

Et puis i ot canonnes mis , 

Mais cis i ot monnies asis. 

Et fist li dus faire I sarku 



986, dans la trente-deuxieme an nee de son 
regne et dans la quarante-cinquieme de son age. 

15142 Feme, Blanche, fille d'un seigneur 
d'Auvergne. 

15143-44 Loe'ys... Carles, les fib de Lothaire 
sont appeles : Louis , qui lui survecul , Othon et 
Hugues, morts avant lui. On ignore si ce der- 
nier fat legitime. Quant a Arnoul , qui devint 



archevdque de Reims , on est plus certain de 
son illegitimite. 

15150 Loeis, D. Vaissete a montre que ce 
prince n*avait pas merite l'epithete de Faineant, 
dont on a fletri son nom. 

15158 Fescont, Rob. Wace , I, 297, v. 5866. 

15167 Asis, places. 

15168 Sarku, cercueil. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



113 



A son oes et mailre en I liu , 

15170 Et cascun jour v^oir l'aloit. 
Et quant al venredi venoit , 
Emplir le faisoit de fourment 
Et d^partir a povre gent. 

A son tans se fisent , par gas , 

15175 Doi yilain fausement legas. 

Par la tiere as contes aloient, 
Et les yilains jurer faisoient 
Que les aigues et les fories 
Feroient communes, apri& 

15180 S'el detenroient comme fi& 

Viers tous omes et sans relics. 
Li dus les fist maitre en prison 
Et puis, pour cele mesproison. 
Ricars , cil dus , a&bli mout , 

15185 Ainc qu'il morust, del cors partot. 
De Ruena , u li maus li fu pris, 
Se fist porter de ses amis 
A Fescans , et garder moult pri& , 
Et devant l'autel fu confitis. 

15190 Et commanda que , par devise, 
Fust el degoutal de la glise 



Revoite des vilains. 



Maladie de Richard. 



. 1 5169 A son oes , a son usage ; et maitre en 
I liu ; Rob. Wace , 1 , 298 , v. 5880 , dit : 

Lei la meisiere del mustier, 
Sut la gutiere de defon. 

Cest-a-dire pres da mur exterieur de l'eglise, 
sous la gouttiere. Fog. v. 15191. 

15175 Ge vers est mot a mot dans Rob. Wace. 

15181 Relies, reliefs. Cet evenement, Ion- 
guement raconte* par Rob. Wace, n'obtient ici 
qu'une mention assez obscure. Le poete nor- 
mand, entre autres details imporlans, donne 
celui-ci, I, 507,v. 6070: 
Tom. II. 



Aaes lost ol Richard dire 
Ke vilains cumune fascient. 

Ce qui semble indiquer une de ces insurrec- 
tions qui amenerent l'institution des communes. 
Dans Rob. Wace, les faux legate font jurer aux 
vilains de rendre les eaux et forets d'un usage 
commun, sans obliger a aucune redevance ou 
relief, ni a aucun service. Voir dans l'edition 
de Rob. Wace, par M. Pluquet, les notes de 
MM. A. Le Prevost et Henault. 

1 5185 Etpuis, depuis , peu apres; mesproison, 
mepris , violation de ses droits. 

15184 Afebli , s'affaiblit. 

15191 Degoutal, gouttiere. Fog. v. 15169. 

15 



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114 CHROMQUE 

Ensevelis , quant il raorust , 

Ne ja 90U trespass ne fust. 
Mon do Rkh.r.1. Puis vesqui li dus moult petit. 

15195 Ensi fu fait com il ot dit. 

L'arcevesques , ses fius , vint \k 

Al tierc jour , et si coramanda , 

Con le descouvrist, si fu fait. 

Et il vit son pere entresait 
15200 Autresi biel com il vesquist. 

Maintenant recouvrir le fist 

Et si fist faire une capiele , 

Par desour la tombe , moult biele. 
Del due Ricart furent dolant 
15205 De ses homes li plus valiant. 
Richard 11, dit j e Bod, Due fisent de Ricart , son fil , 

due de Normandic. 

Con tint a preut et k gentil. 

GuiUaume, comic Guillaumes , ses fr&res , tenoit 

d'Hyemes, fait la guerre *-\ • 1 - ■• •* 

h son frere naturel OsmOlS , que dOUnet ll aVOlt. 

15210 Le due, son frire , prist de gierre , 
Si vot avoir plus de sa tiere. 
n est P m. Li dus le prist par entengon , 

A Ruem le mist en sa prison , 
V ans le tint tous acomplis , 
15215 Que ne pot iestre ses amis. 
11 iVvade de prison et Mais a une corde escapa , 

fait sa paix. . - ... 

A Vernuel vint, mierci cna 
A son frere , ki dolcement 
Li pardonna son maltalent. 
15220 Puis apries eel tiermine I pou, 
Li douna-il la cont^ d'Ou , 

15195 Et que cela ne fiit pas omis, neglige. a ° c m * WOUme en 1. tur. 

15209 Osmois, le pays d'Exmes, d'Oixmes , 15217 Vernuel, Verneiril. 

d'Hy ernes ou d'Hiesmes. 15219 Rob. Wace, retournant ce vers , dit : 

15212 Enieng Oft, intelligence. Sun maltalent lui pardana. 

15214 Fans, Rob. Wace, I, 515, v. 6146 : 15221 Conte d'Ou, comte d*Eu. Rob. Wace 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



115 



Od Liesseline , la gentil , 
Qui fille estoit a Torketil , 
Dont il ot Willaume et Robiert. 

15225 Hue, li tiers, bien m'en sai ciert, 
Fu fais de Lizuies vesques , 
Clers estoit, plains de bonnes teques. 
Robiers fu quens enpri& le pere , 
Et Willaumes, qui moult fel ere, 

15230 Le due son onele guerroia. 
Mais de sa ttere Feseilla , 
Et il s'en ala a Sessons 
Que li rois li douna en dons. 
H&raus, li rois , fu adont mors: 

15235 D'Engleti&re qui moult ert fors 
Heldres, li rois , fu apries lui ; 
Si homme amerent moult cestui. 
Emain , la serour al due prist 
Ricart ; s'en ot , si com on dist , 

15240 II fius : Aurr&s fu li premiers, 

L'autres Ewars, qui moult fu fiers. 
Cil rois eavoia, par boisdie, 
Aucune fois en Normendie; 
Mais N&l , quens de Coustentin , 



Ethelred ou Alfred II , 
beau-frere de Ri- 
chard II, roi d'An- 
gleterre. 978. 



dit aussi : 

Li donna Ou et li cunte. 

Lea annalist es anglais nomment cette ville One 
et Ouve. 

15222 Liesseline, Leceline ou Esseline. 

15223 Torketil, Turketil Heaselin. M. Plu- 
quet remarque qu'il y a encore dans le Bessin , 
des families du nom de Lesseline. 

15226 Les enfans de Guillaume furent Ro- 
bert, qui lui succecla au comt6 d'Eu, Guillaume , 
dit Busac , comte d'Hyemes , puis de Soissons , et 
Hugues, evSque de Lisieux, mort Tan 1078. 
Rob. Wace appelle mal cet ereque Jean. 

15236 Heldres , Ethelred ou Alfred II ; il ne 



succeda pas a un roi appelle Harald , Harold ou 
Heraut , mais a Edouard II , dit le Martyr. 

15238 Emain* Emme mariee en 1002. 

15239 Ricart, cet enjambement et cette con- 
struction sont assez remarquables. 

15240 Aurres, Alfred, Alvred, Alverey ou 
Auvray , nom fort commun dans le Bessin. 

15241 Ewars, Edouard. A ces deux fils il faut 
ajouter une fille , nominee Goda, mariee a Dreux , 
comte du Vexin, ensuite a Eustache II , comte 
de Boulogne. 

15244 IS eel y il est appele Neel de Saint-Sau- 
veur par Rob. Wace, 1 , 318 , v. 6219. II eUil 
yrcomte de Gotentin. 



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116 



CHRONIQUE 



II fait la guerre aux 
Norm and s. 



Geoffroi I , due de Bre> 
tagne. 



Elhelrcdll fait massa- 
crerles Danois. 1002. 



Suenon, roi de Dane-' 
marck , debarque en 
Angletcrre. 



15245 Les prist et ocist en la fin , 
Si qu'il n'i osa enyoiier 
Plus de sa gent pour desyoiier, 
Quar il erent auques estragne. 
Et li quens Jofrois de Bretagne 

15250 Prist la serour al due, Hay it; 
II fius en ot . jel sai de fit. 
Alain . et puis I autre, Oedon , 
Droit oir furent, bien le set-on. 
Mais li rois Eldres d'Engleti&re , 

15255 Qui commend^ avoit la gierre, 
Tous les Danois qu'il pot trover 
En Engleti&re fist tuer, 
Et lor femes ki furent bieles , 
Fist traire k foree les mameles. 

15260 Et si avoient sauf conduit 
Del roi , femes et omes tuit. 
Danois , ne sai quant , escap£rent , 
En Danemarce s'en alerent , 
Si cont&rent Suem , lor roi , 

15265 Qu'ocis estoient a desroi. 

N& quist et gent et tant sigla , 
Qu'h Eurewic droit ariya , 
S'ost i laisa et sa nayie. 
Lors yint a Ruem en Normendie , 

15270 Del roi Eldre tant se clama, 
Que dus Ricars lasseura. 
Mais il le fist auqes par tant 
Que li rois Eldres tot avail t , 



15247 />e#rotter,detoumerdelavoie, perdre. 

15248 Estragne, eloigned. 

15250 Haoit, Havoise , steur de Richard II , 
epousa Geoffroi , en 996. 

15252 Alain, Alain III on V; Oedon , Eudon, 
comte de Penthievre. 



15264 Suem, Sutnon. 

15267 Eurewtc, York. 

15269 Lors vint a Ruem. Ces evenemens, 
ainsi que ceux qui precedent , sont racontes en 
detail par G. de Jumieges. Voir particnlierement 
liv. IV, chap. 6 et 7. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



117 



Ses serourges , Tot guerroite : 
15275 Si Fen a forment anoii^. 

Suem la s&jrte en prist , 

A s'ost reyint et si conquist 

Toute la ti&re a grant loisir. 

Eldres vit que ne pot garir , 
15280 Son tr&or prist, qui fu moult grans, 

Si prist sa feme et ses enfans , 

A Ruem passa a son serorge , 

Qui ne li fist ire ne gorge. 

Mais ce fist-il pour sa serour, 
15285 Qu'il li porta foit et ounour. 
Eldres fu demi an k Ruem. 

A Londres moru rois Suem , 

Qui des Danois fu moult am& , 

En Danemarce fu port&. 
15290 La fu sevelis k grant duel, 

Et , se vert^ dire vous voel , 

Eldres r'ala en Engletiere. 

Receus i fu tot sans gierre. 

Sa feme avoec lui repasa , 
15295 Mais ses II fius a Ruem laisa, 

Avoec le due Ricars , son fr&re , 

Auques par le consel del pere. 
Chonus , li fius Suem ainsnes . 

Fu lues comme rois eouronn^s 
15300 En Danemarce, et peu apri&, 

Comme hardis rois et engri& , 

En Engletiere a grant gent vint. 

Li roi Eldres, ensi avint, 

Moru a Londres en eel point , 
15305 Comme cil cui la mors espoint, 



II en fait la conquele. 



Elhelred ge sauve en 
Normandie. 



Mort de Suction. 1015. 



Elhelred retourne en 
Angleterre. 



Kanut, roi de Dane- 
marck. 



Mort d'Ethelred II, 
23 arril 1016. 



15274 Set serourges, son beau-frere. 
115283 Gorge, raillerie, insulte. 



15298 Chonut, Kanut ou Knut. 

15505 Espoint, piquer, percer, frapper. 



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118 



CHRONIQUE 



Hardi-Cunut , roi de 
Dancmarck. 



Et Konus, fius le roi Suem, 

Prist sa femme ki Tint de Ruem , 

Enmain , serour at due Ricart. 

Li roi Konus rien ne li part. 
15310 Un fil en ot Ardecenut. 

Qu'il ama moult, si com il dut. 

Car del linage estoit gen til. 

S'en ot une fille Gonnil , 

Mais li doi fil Eldre , le roi , 
15315 N'en sorent prendre nul conroi 

Ne par lance ne par escu. 

De lor mere sont yrascu . 

Qui sans lor gre se maria. 

Dolant sont que tel mari a , 
15320 Qui tous les a desyret& 

Et ses enfans rayret& 

Del r&iume lor p£re Eldr^ , 

Qui le pais ot esmioldr^. 

Konus ama ses enfans trop . 
15325 N'onques, pour garder, n'orent cop. 

Ardechenus deyint si biaus 

Qu'il pasa tous le damoisiaus ; 

Gonnil deyint moult bele et grans , 



15308 Enmain , Emme ou Emma. 

15310 Ardecenut, vulgairement Hardi-Canut, 
mais mieux Hardknut 7 comme Fecrit M. Aug. 
Thierry, autrement Harda-Knut , Horda-Knut, 
Hartha-Knut. Hard-nCodgr, dans la langue scan- 
dinave veut dire d'un caractere cruel , indompte. 

Gerdo blid regin 
Midgard manna sonom. 
En or hans beila 
Voro J>av in hard-modgo 
Sky' avJl vm skavpvj). 

e'est-a-dire : 

Les dieux propices creerent Midgard pour les 
fils de la terre; mais de sa cervelle ool &£ pro- 



cr£es tous ces nuages (au caractere cruel), amis 
des tempeles. 

Edda scemunda hinns Froda , Hafhioe, 1787, 
in-4°, 1 , 55. 

15313 Gonnil, Gunilde ou Chuneliode, qui 
£pousa Henri III , roide Germanie. V. 15331. 

1 531 5 Prendre nul conroi , n'obtenir nulle sa- 
tisfaction. 

15321 R&yrete't, assure la possession de leur 
propre heritage aux enfans du second lit. 

15323 Esmio Idre, ameliore. 

15325 Jamais ils ne furent traites avec seve- 
rity 

1 5326 Ardechenus , Hardi-Canut ou Hardknut. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



119 



Sage , ententiuve et bien soufrans. 

15330 Si l'ot puis , par l'otroi sa mere , 
Uns Henris, de Roume emperere, 
S'el fist li dus Ricars, ses oncles. 
M&iaus , sa suer , moru adonkes , 
Que li quens Ouedes de Cartre ot. 

15335 Li dus Ricars, quant il le sot, 
Volt ravoir la moitte d'Orsin , 
Et le castiel awoec enfin , 
Et la tiere k'il li douna , 
Quant il sa serour espousa ; 

15340 Mais li quens ne li yot pas rendre. 
Si commencierent a contendre , 
Et li dus fet fermer Tulieres 
Et de grans tors et de mazieres , 
Sor Faighe d'Olne qu'il partoit. 

15345 Et quant li dus freme I'avoit, 
Si mist N^el de Costentin 
Ayoec Raoul d'Oto^gnin , 
Et Rogier, son fil, pour garder; 
Garizon orent pour durer. 

15350 Li fius Lohier, rois Lo&s, 
Iert d'un malage dont aquis : 



Dcmeles avecEudes II, 
comte de Chartres et 
de Blois. 



Mort de Louis V, roi 
de France. 



15329 EntenUuve, appliqule; bien soufrans, 
soumise. 

15351 Voy. y. 15313. 

15333 Me'haus, Mahaut ou Mathilde, fille de 
Richard I er , due de Normandie, morte sans 
en fans. 

15534 Ouedes de Cartre, Elides (II) de Char- 
tres. 

15336 Orsin , au v. 15644 Dor sin , ce quise 
rapproche dayantagedu nom latin. Rob. Wace , 
I, 334, v. 6593 : 

E li dus Ricliart li duna , 

E de Drewes (Dreox) une partie , 

Qui appartieat a Normandie , 

Si cum 1'ewe d'Arve (Avre) devise. 



15342 Tulieres, chateau pres de Verneuil, 
construit par Richard II , qui le fortifia de tours 
et de murs (mazieres). 

15344 Olne, la riviere d'Avre et non pas 
d'Eaulne; partoit, partageait. 

15345 Freme, fortifie. 

15347 Raoul d'Oloe'gnin, Rob. Wace, 1 , 335, 
v. 6631 : 

Neel i mist de Costentin, 
Raul de Toesni oyec lui. 

Otoegnin , est la traduction de Toeniorum ou 
Toteniorum , Toesny. 

15349 Garizon, garnison. 

15351 Malage , maladie; aquis, altaque. 



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120 



CHRONIQUE 



Charles, due do B«s»c- 
Lorratne. 



II est exclu du trone 
de France. 



A Compiefjne estoit, la moru, 
A S l .-Cornille enfouois fu. 
IX ans ot la tiere tenue , 

15355 Moult doucement lot main tenue. 
Carles, ses fibres li mainsn&, 
Quant ses fibres fu entires , 
En a la tiere rec^ue , 
Quar ele li fu eschlue 

15360 Del frere ki nul oir n'ayoit. 
Mais Hue-Kap£s li {jr^voit , 
Non pourquant fu-il asen& 
Del r^aume com me sen&. 
Mais sounes li crut et bezoins , 

15365 Si ne fu sacres ne enoins , 
N'arceveskes n'el courouna , 
Quar Hue-Kapes li gr^va , 
Qui marescaus estoit de France , 
Se li couvint mettre en soufrance 

15370 Et li dus Henris de Borgoigne 
Li gr^va moult de sa besoigne , 
Qui fr&re estoit Huon-Kapet. 
Carlon fisent anuis et let , 
Pour $ou k'il avoit a cetee 

15375 La fille Herbiert espouse, 

Qui sire estoit et cuens de Troies. 
Moult li ascorcierent ses voies , 
Tant que Hues-Kapes I'asist 



18334 IX ans, Louis mourut le 21 mai 987. 
11 avait succ&le" a son pere le 2 mars 986, ce 
qui fait que des auteurs lui donnent deux ans de 
regne , mais d'autres , com me Ph. Mouskes , en 
comptent neuf, depuis I 'an 978 , qu'il fut associe 
au gouvernement par son pere. 

13336 Carles , Charles , due de la Basse- Lor- 
raine , frere de Lothaire et non pas de Louis. 

13364 Sounes, soin, souci. 



13363 Enoins, oint. 

13373 Anuis et let, chagrin et affront. 

13374 A celee, en cachelte. 

13373 La fille Herbiert, Agnes, fille ^Her- 
bert II, comle de Troyes, dont Charles eut 
deux enfans , Louis et Charles. Recueil des hist, 
fr.,X, 239, roy. v. 13399. 

13377 Ascorcierent, proprement ecorcherent, 
e'est-a-dire rendirent ses voies difficile*. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 121 

A Leun , et Carles tant fist 
15380 Qu'il issi fors, s'el desconfi 

Et li arst ses tentes ausi. 

Cil Carles , ki rois devoit iestre , 

Desconfi Kapet et son iestre. 

XXXIIII rois a cest nom^ , 
15385 S'il fust coronas en la some, 

Et non pourquant drois oirs fu-il. 

Mais cacier le volt a essil 

Hues-Kapes pour sa besoigne, 

Et li dus Henris de Borgogne. 
15390 Puis refist tant Hue-Kap^s, 

Qui n'i yoloit amour ne p&s , 

Que li &reskes de Noion , 

Je ne sai comment il ot non, 

Li rendi la cite par nuit, 
15395 Comment que Carlonen anuit. chariwde France tombe 

_ TT , r y . n t entre lcs mains de Hu- 

Et Hue-Rapes le fist prendre g ue$-capet. 

Et sa feme , sans plus d'atendre , 

A Orliens les mist en prizon , 

U il ot Lohier et Carlon 
15400 De sa femme, q'od lui ayoit, 

Ne a pais venir ne pooit. 
Lors refist tant Hue-Kap6s 

Par ses dounes , par ses ab& , 

Et par ab& et par <5veskes , „ ugue$ C8t 8acr ^ lc 23 

15405 C'a Rains I'enoinst li arceveskes, iuiUet987 ' 

Par la volenti des barons. 

Or de partout furent semons. 

Si ot ases contes et dus, 

Moult de gages i ot rendus , 

15385 S'%1 fust, s'il etit ete\.. ; en la some, 18399 Voy. v. 15375. 

enfin. 15403 Dounes, doyens. 

15393 Cet eveque s'appelait Adalberon ou 15409 Gages, gages de bataille. 
Ascelin. 

To*. II. 16 



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122 CHRONIQUE 

15410 Ce volt Kapes kil fustdot&. 
A cest roi XXXV cont&. 
Ensi £u Carlon formen& , 
Ki d&iist iestre coroun&. 
Hues~Cap£s ala partout, 

15415 As&ir& se fist debout, 

Hugues associe son fils . - 

Robert a la royaute. Et le premier an k ll hi rois 

988. 

Fist-il couroner de Francois 
Robiert , son fil , ki fii boas ciere 
De gramare, et s&irs et fers. 

15420 A cevalier Font adoubl, 

Maint yeske i ot et maint aW , 
Maint prince , maint due et maint conte , 
Si com Festore dist et conte. 
D&oinaires iert et hardis , 

15425 Larges et frans et de bons dis. 
Moult durement Tama ses pere , 
Si fist la roine, sa mire. 
Mon de charies de Carles moru en la prison « 

France. r 

Sa feme wida le roion 
15430 Et le fourjura k tousjours : 

Ce fii grans pi& et grans dolors. 

Lohiers , Carles andoi morurent , 

Si fil, en la prison u furent. 

Kap&s, cil rois, bien men sai ciert, 
Gerbertousyivesireii. 15435 Fist faire arcevesques Gerbiert 

A Rains , et puis fu despos&. 

Si s'en est a Othon al&, 

Qui de Roume estoit emper&re , 

Et la mellour de son empire 
15440 Arcevesquie lues li dona ; 

Cest Ravenne u il l'asena , 



15410 K'il fust dotes, pour se faire redouter. 15431 Pies, pitie. 

15415 Debout, d'emblee. 15437 Othon, Othon 111. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



123 



Et tout cou fu par l'anemi 
Dont Gerbiers ot fait son ami. 
Puis Fama-il si durement, 

15445 Qu'il le fist aukes fausement 
Apostole sacrer k Roume , 
Dont Fescriture cest Tier nomme : 
Scandit ab er Gerbertus ad er 
Fit papa vigens , vigens er. 

15450 C'est-a-dire que d'er monta 

Gerbiers ad er, point n'i douta, 
Et apri& si refti d'er pappe , 
Ki Rains, Rayenne et Rome atrape. 
Car par R commence Rains , 

15455 Et de Rayenne premerains, 
Cest R , li mos ausi de Rome 
Li mos premiers est R c'on nomme. 
Mais 90U dientli anciien, 
Que cil papes Gerbiers sans bien 



Magic de Gcrbert. 



15442 L'anemi, le commerce de Gerberl avec 
le diable est un article de foi du moyen age. 
La grande science de ce pontife le fit passer 
pour magicien, et il est un des types de la reali- 
sation symbolique de celte science ambitieuse, 
qui, ayant epuise toutes les ressources de Fhu- 
manite, evoque des puissances surnaturelles. 
Alberic de Trois-Fonlaines, aux annees 988 et 
998 ; raconte seVieusement que Gerbert avait 
appris des Arabes d'Espagne , a connaitre tout 
ce que la curiosite* humaine poursuit d'utile et 
de nuisible tout ensemble ; qu'apres avoir aerobe* 
le grimoire de son maitre, il se sauva; que 
presse dans la suite par l'arabe depouille et 
furieux , il arriva sur le bord de la mer : que la 
il evoqua le diable par une conjuration magique, 
et lui proposa de se donner a lui pour toujours, 
s'il youlait le derober au danger, en le trans- 
portant au dela de la mer ; que le marcbe fut 
accepte et execute de part et d'antre j qu'enfin 



Gerbert , deyenu feal de Satan , mourut de sa 
main dix ans plus tard. Hist, lift, de la Fr. t 
XVIII , 285. Sur cette m£me magie on peut con- 
suiter Martin de Citeaux , Godefroid de Mon- 
mouth , Martin de Pologne , Vincent de Beau- 
vais, Platina, Naude, Apologie pour les grands 
hommes accuses de magie , Amst., 1712, p. 402. 
Abr. Bzovius , qui s'est fait un point d'honneur 
de refuter les fables qui ont &e* d£bitees sur la 
naissance de Gerbert (autrement Gilbert Ccesius), 
substitua a ces fablesune gen£alogieromanesque. 
II veut, en effet, que Gerbert soit descendu d'un 
roi d'Argos, nomme' Temenus, et issu d'Her- 
cule. Bayle, a Tar tide de Bzovius, note H. Voy. 
t. I , pp. 382 , 622. 

15448 Ah er, ab R. Le vers doit 6tre retabli 
ainsi : 

Scandit ab R Gerbertus ad R ,J!t papa vigens R. 

15454 Ce vers est trop court d'une syllabe. 



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124 CHRONIQUE 

1 5460 Servi son signour le doable , 

Tant qu'il en Tint a tele eatable 

Qu'en la ttere de Belleem 

Quida canter en Jhursalem. 

S'a defors Rome une capiele, 
15465 Jursalem a non , moult est biele 
A SSt" JMt: Gerbiers ot demands I jour 

Al doable , le sien signour. 

K'il li desist quant il morroit. 

Et li dist qu'il feniroit 
1 5470 Quant canteroit en Jhursalem . 

Li pape entendi Bell&m 

Et Jhursalem en Surie , 

Si pensa que la n'iroit mie . 

Et dont ne morroit-il jamais; 
15475 Si durroit sa joie et s'esmais. 

A la capiele , dont jou di , 

Defbrs Romrae, Tint I mardi. 

La se Tot Gerbiers , pour canter, 

De l'autre Jhursalem oster. 
15480 Et il commen^a le sierviche, 

De male pens^e et faintiche. 

Ensi com il ot fait maint jor, 

El despit de nostre signor. 

Mais , pour faillir ne pour tr&rier, 
15485 Ne pooit-il point empirier 

Le sierrice k'il deToit faire , 

Comment qu'il fust en mal afaire , 

Ne ausi ne puet autres om 

Del commencement jusqu'a som. 

15463 Canter, celebrer Toffice. estnais indique une emotion d'anxiete ou de 

15469 Pour la mesure lisez : peur (e'moi) , ici il est pris en bonne part. 

Et il li dist qu'il feniroit. 15477 / mardi, c'est la rime settle qui a 

15472 Vers trop court. amene Indication de celte circonstance. 
15475 S'esmais. son emotion ordinairemenl 15485 El despit, en d^pit. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 125 

15490 Car Dam-el-dieux si la fait tel 

Pour ke priestre yient a l'autel 

Pour le sieryice commenchier. 

N'acroistre ne ap&ichier 

N'el puet-il mais ; si li quiert mal , 
15495 Lui m&smes met en traval . 

En painne et en dampnation 

Par sa male devotion , 

Et comment qu'il soit fel ne faus , 

S'est li cors Dieu sacr^s et saus. 
15500 Si com pappe Gerbiers cantoit. 

Ki del cors Dieu ne si gaitoit, 

£s yous d'infier les anemis , 

Tous a guise de corbous mis, 

Par I'air volant , et de woltoirs 
15505 Grant noisse faissant, lais et noirs : 

Sour la capiele sont asis 

Plus de V c et trente sis. 

Quar pour son desloial p&iet 

Li avoient eel jor ficiet. 
15510 Et quant li pappe mious s'en voisse , 

Si d^men&rent si grant noisse 

Que li peules et li clergies 

S'en est fbrment esmierrilli^s , 

Quar moult s'aloient d^ftrant. 
15515 Gerbiers s'i reconnut esrant; 

Quar dit li ot li anemis , 

Ki ses sire iert et ses amis , 

Et il ses om et ses siergans , 

Si Tot mis a ces honors grans, 
15520 Dont il estoit en eel p<£ril 

15495 Apetichier, abreger, diminuer. 15509 Ficiet, fixe. 

15501 Gaitoit, abstenait. 15510 S'en voisse, s'en va. 

15505 Corbous, corbeaux. 15514 Deferant, demenant. 

15504 Woltoirs , vautours. 15518 Siergans, servitenr. 



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126 CHRONIQUE 

Que jusqu'a tant ne morroit-il 
K'en Jerusalem canteroit ; 
Et il , qui garder sen quidoit, 
Ot cant£ en cele capiele , 

15525 Pourquoi li anemis l'apiele, 

Quar ses tiermes iert acomplis. 
Gerbiers en fii moult asoplis ; 
Ses yiestemens a desyiestus, 
S'en est al ventaile venus, 

15530 De cuer moult tristre et non joiant, 
Regehi tout, la gent oiant, 
Comment le diable ot siervi , 
Par quoi il ot ?ou d&ieryi , 
Qu'il l'avoit mis en tele honor 

15535 K'il ne pooit avoir grignor. 

Et dist : « Signour, pour Dieu mierci , 

« Si ma diables avanchi. » 

Lors apiela I sien siergant 

Et fist prendre I coutiel tren$ant 

15540 Que il a son keus demanda, 

Et puis al siergant commanda , 
En remission des p&i& 
Dont il estoit plus entectes , 
Et pour Jh&u-Crist autresi , 

15545 Ki li avoit souffiert ensi, 

Que maintenant, voiant tamains, 
Li tren?ast les pi& et les mains, 
Dont il estoit devenus om 
Al diables jusques a som , 

15550 Et sa langue tren$ast apri& , 
Dont il fii de parler engri& ; 
Et les pi& ans II li tren$ast, 

15527 Asoplis, consternl. 15557 Avanchi, avance. 

15529 Ventaile, endroit par oti vient le vent; 15540 Keus, cuisinier. 

porte ou fendtre. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 127 

Si que jamais viers lui n'alast , 

Qu'il fist premiers et maintes fbis. 
15555 A ?ou faire n'ot nul d&bis , 

Mains et langue et pi& li tren$a , 

Les pieches fors enbalancha , 

Et li corbiel les emportoient, 

Voiant tous $aus ki la estoient. 
15560 Et dont fist-il ses ious cr6ver, 

Pour I'afaire mious aciever , 

Dont le diable avoit v&i , 

Ki tant li avoit pounr&i. 

Et puis fist ses l&vres coper , 
15565 Pour s'arme plus a descouper, 

Dont il ot l'anemi baissi^ , 

Ki si I'avoit mal aaisste. 

Les gens en orent grans mieryelles , 

Quar il fit trencier ses orelles , 
15570 Dont il ot ois les mesdis 

Que li Sathanas li ot dis. 

Voians tous , non mie sos cape , 

Fist d&oper Gerbiers, li pappe, 

Trestous ses menbres I et 1111 
15575 Et fors gieter as cans cascun, 

Pour qou qu'en lieu desconyenable 

En avoit servi le diable. 

Et li corbou et li woutoir, 

Ki diable i&rent lait et noir, 
15580 Les pieces entr'aus d^voroient, 

Et moult grant noisse d&nenoient 

15557 Enbalancha, lanca. d'un grand poete moderne, qui , dit-il, croyait 

15565 Arme, ame, ecrit quelquefois harme. n'imiter que Virgile : 

Et son £me en courroux s'eniuit dans les eniers. 
Les harme s (harme) d'cuz s'en vont en enfer osteler. n ,. 

f arise la Buchesse , P . 219. Deseouper, disculper, purger de ses pechds. 

15566 Baissie, baise\ 
Vers que M. de Mar tonne rapproche de celui 15578 JToutoir, plus haut woltoir, vau tours. 



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128 



CHR0N1QUE 



Mori d'AraouI II, clit 
lc Jcune, comte dc 
Flandre, le 23 mars 
988. 



Mortjdo Hugucs-Capct, 
le 24 oclobrc 996. 



Pour l'arme k'il orent perdue . 
Dont faite orent longe atendue. 
Tout ensi cil pappe Gerbiers 

15585 Ne fu pas en la fin bobiers, 
Mais del tout a Dieu s'asenti , 
Si que pour mort vie senti , 
Et Dieux ne voloit perdre mie 
L'arme qu'il li avoit cargie. 

15590 Si fait savoir que de cuer fin 

Se doune a Dieu devant sa fin , 
Quar, puis que faire le saura . 
Ja tant de p4ci& fais n'aura 
Que Dam-el-dieux n'en ait mierci. 

15595 Pappe Gerbiers s'adevanci , 
Car point ne se d&esp^ra. 
Se li cors son mal eompera , 
L'arme fu sauve , ce croit-l'on , 
A quan que savoir en puet Ton. 

15600 Li quens Ernous donques moru, 
Qui quens Barb& apiel& fu , 
Et Bauduins , ses fius . Barb& 
Fu quens de Flandres adobes , 
Des Flamens fu ass&ir&, 

15605 Dont ses pere ot est^ cures. 

Rois Hue-Kap&s moru donques , 
Ki couars n'avoit est£ onqes. 
XII ans ot le r£gne tenu . 
A S l . -Denis enfouois fu 

15610 Od les autres rois devant rains. 



15885 Longe atendue , longue atlente. 

15585 Bobiers , ce mot semble &tre pris ici 
pour exprimer l'espece d'orgueil avec lequel on 
s'endurcit dans son peche. 

15597 Compera, paya. 

15601 Barbel, Thistoire ne donne pas a Ar- 



noul II, le surnom de Barbu. 

15602 Bauduins , Baudouin IV, tils d'Arnoul 
et de la fille de Berenger, roi d'ltalie. 

1 5605 Cure's , gouverneur (curare) . 

1 5608 XI I ans, dix ans , suivant les modernes. 

15610 Rains , regnans. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



129 



Moult fu des siens plor& et plains. 
Ses fius Robiers ot le r£gn^ , 
Quar ses peres Tot couronn^. 
Ass^ur& fu de la tierre, 

15615 Qu'il n'i ot corine ne gierre. 
XXXVI a cest dire puis 
Rois de France, si com je truis. 
Feme prist, apri& 5011 moult po, 
La fille al conte de Poito : 

15620 Coustance ot non , et fu moult sage , 
Gente de cors et de visage. 
Ill fius en ot, j'el sai de fi; 
Le premier nommerent Henri , 
L'autre Robiert, le tierc Huon, 

15625 Qui Flors de Jouyenciaus ot non. 
Li dus Ricars encor vivoit. 
Tulieres a force gardoit. 
Li quens W6des tot esranment, 
Et Galerans, quens de Meullent, 

15630 Et li quens del Mans avoec aus , 

Od maint baron qu'orent entr'aus , 
A Tulieres vinrent a ost , 
A quan k'il porent faire tost; 
L'asegierent a mi^nuit, 

15635 Et cil dedens s'armerent tuit , 
Fors issirent a rec^tee, 
Et fu d'ambes pars la mentee. 



Robert U 



Eudes , com to de Ch*r- 
tres, a i siege Tilliercs. 



15612 Robiers , Robert, eleve du fameux Ger- 
bert, dont Ph. Mouskes vient de faire un recit 
fabuleux. 

15619 Conte de Potto, Guillaume Taillefer, 
comte de Toulouse. 

15620 Coustance, Constance &ait Tune des 
plus belles et des plus m£chantes femmes de son 
siecle. L'epithete de sage que lui decerne Ph. 
Mouskes est encore un lieu commun insignifiant. 

Tom. II. 



18622 III fius, outre ces trois fils, il en eut 
un fils et deux filles. 

15627 rtt/tere*,Tilheres. 

15628 Wedes, Eudes. 

15629 Galerans, Valeranj Meullent, Meulan. 
15650 Li quens del Mans, Hugues I or , comte 

du Maine. Voy. Rob. Wace , 1 , 356 , v. 6647. 

15656 A recelee, secretement. 

15657 Menlee, melee. 

17 



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130 CHRONIQUE 

Mais li conte , jou sai de fi , 

I furent tout troi desconfi. 
15640 Si s'enfui li quens de Cartres, 

Qui cr&ni le due et ses cart res; 

Et li quens de Meullent ausi 

Sen ala desconfis ensi , 

A Dorsin , et li quens del Mans 
15645 Remest tous seus enmi les cans . 

Quar »es cevaus li estanga. 
Hugu^comtcduMaine, jj quens son eline deslaca, 

«e dcguise sons les ha- * * J 

bus dunberger. Et 80n obierc a gietet fors , 

Et non pourquant s'iert-ii moult fors. 
15650 A piet descendi de paour 

Et prist la cape d'un pastour, 

En une faude I'afubla , 

Si que pastour moult bien sambla , 

Et prist a son col I mouton. 
15655 Si crioit li quens , a haut ton , 

As Normans qui les encau$oient 

Et ocioient et prendoient : 

« Signor Normant , qui la yen& , 

A1& avant, ja les aur&. » 
15660 Ensi li quens tant sen ala 

Qu'al bos vint, si se deffubla, 

Le pastour sa cape rendi , 

Et d'acuser li desfendi , 

Et li promist grans biens a faire , 
15665 S'il ja venoit a son repaire. 

15644 Dor sin, an v. 15536 d'Orsin, C'est la derat, extincto , pede fug tens , ad caulas oviutn 

traduction du latin Dorcasinum (castrum), Dreux. diveriit Recueil des hist, frak^ais , X, 188, A, 

Rob. Wace, I, 342, v, 6789: et dans l'edition de Camden, p. 637. 

En Drewe* se sunt abatu*. Rob - Wace , 1 , 343 , ▼. 6802 : 

15645 Remest, resta. C" 5 * 8 li cuer de sun chcvaL 

15646 Estanca, s'abattit (extinguere) . Guill. 15652 Faude, bergerie, etable a brebis. 
de Jumieges dit: Hugo nempe, equo, cut inse- 15656 Encaucoient, pounaiTaient. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 131 

Al tierc jour s'en revint al Mans, 
Forment las& et moult dolans. 

Adont tramist li dus Ricars , aichardappeiieiesScan- 

-^ . _ -. dinaves ason secours. 

Qui hardis ert et non escars . 
15670 En Engleti&re al roi Laman 

D'OlaTie , qui Tenus ert l'an 

En l'a'ie le roi Konut , 

Ki le due avoit deseonnut. 

Et Laman s'en vint en Bretagne, 
15675 Siglant par mer a grant cpmpagne. 

Si prisent le castiel de Dol 

Et tout le pais a plain vol. 

Breton a lui se combatiren t . 

Mais li Danois tous les yenquirent. 
15680 Ocis i fu quens Salemons, 

Leur sire, od lui moult de Bretons. 

COU fu k fieSte S t .-Jehan. *-« roi &obert riconci- 

r lie Richard II avec 

Li dus ala al roi Laman , ***». 

Si les a moult biel rectus. 
15685 A Ruem les amena li dus. 

Et quant li rois Robiers le sot , 

Le due manda com il ains pot , 

Et prist a lui I parlement; 

Quar il sot bien apertement 
15690 Que cil paien &rent venu 

Pour la guerre , ki faite fu 

Entre lui et le conte W&lon. 

Si vot desfaire la ten£on. 

Le due al parlement manda , 
15695 Et tant fist qu'il les acorda. 

15668 Tramist, envoya, deptaha. Laman d'Olavie. Voy. v. 15700. 

15670 Laman, Lagman, roi de Suede. 15672 Konut, Kanut. 

15671 D'Olavie, etOlausouOlaf Tryggveson, 15680 Salemons, Guill. de Jumieges : Incolas 
roi de Norwege , qui vint avec Svend, son beau- ejus (Doli) cum Salomone advocate loci, interfi- 
frere. Ph. Mouskes fait un seul personnage de ciunt. Recueil des hist, fbak^ais, X, 188 , C. 



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132 



CHRONIQUE 



Olaf ie fait baptiser. 



H est martyrisl. 



Enfans de Richard II. 



S'ot Tulieres par d^yisson 

Li dus, et li quens Pontorson. 
Isi fu la concorde faite , 

Et li dus a sa gent retraite 
15700 Mais Lamans, qui fu rois d'Olave, 

Con tenoit a preut et a save , 

Tout esranment se batisa , 

Lues en sa ttere repassa. 

Et quant sa gens a 90U s^u 
15705 Que S*. baptesme ot reclu, 

Ocis Font et martiriil , 

Pour 50U kil s'avoit baptist. 

Mais il ot joie de l'anui . 

Quar Dieux fist miracle pour lui. 
15710 Li dus Ricars dont espousa 

Judith , que durement ama , 

Suer Jofroi , conte de Bretagne , 

Qui li tramist a grant compagne. 

Ill fius en ot, Ricart, Robiert 
15715 Et Guillaume. I enfant apiert , 

Qui puis fu monnes a Fescans. 

Et sen ot III filles sa$ans. 

Si com Festore nos tiesmongne , 

L'ainsn^e ot uns quens de Bourgogne , 
15720 A&is ot non, et li quens 

Renaus ot non , preus fu et buens , 

Et manans ert outre S^onne. 

La dame f u et sage et bonne , 



15696 Devisson, part age. 

15697 Pontorson, ce doil £tre encore une 
alteration de Dorcasinum castrum, Dreux. II y 
a n£anmoins dans le departement de la Manche 
une ville de Pontorson. 

15698 Isi, ainsi. 

15700 Olave, Ph. Mouskes prend ce nom 
d'an autre roi pour le royaume de Lagman. 



Foy. v. 15671. 

13711 Judith, fille de Conan-le-Tort , comte 
de Rennes , morte Tan 1017. 

15715 (fotft, qu'illni. 

15714 Robiert, Robert, comte d'Hieme. 

1 571 9 Quens de Bourgogne , Renaud I er , comte 
de Rourgogne. G. de Jumieges, IV, 15. 

15722 Se'onne, Sadne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 133 

S'ot de lui Guillaume et Guion. 
15725 L'autre fille, bien le set-on, 

Espousa li quens Bauduins 

De Flandres , qui fu vrais et fins. 

La tierce petite moru , 

A Fescans enfouoite fu , 
15730 U ele songa que ses frire 

Guillaumes , qui la moines ere , 

Par la main diestre l'entraioit 

Et en la fosse le metoit. 

Ricars fu dus apri& son pere 
15735 Et Robiers ot Osmois, ses frire. 

Lors avint que li quens Boucars 

De M&eun, li preus, li gaillars, Richard aide leroiRo- 

Od le roi Robiert s^jornoit. comte d c Meiun. 

Uns chevaliers ki li guardoit 
15740 M&&in , Gautiers ot a non, 

II et sa femme en traisson 

Al conte W&ion, par fole gille , 

Rendirent et castiel et Tile. 

Et li rois Robiers asanbla 
15745 Ses os, et cele part ala. 

Si reprist M&^un a force , 

Con n'i abati tour ne porce. 

Li dus Ricars ala od lui 

Pour qou qu'il vot graver celui. 
15750 Et Gautiers et sa feme furent 

Pris et pendu , si com il durent , 

Et li quens Boucars r'ot sa tierre. 

15726 Bauduins, Baudouin IV. 18756 Boucars, Bouchard. 

15732 Diestre, dextre. 15740 Gautiers, Guill. de Jumieges , que suit 

15735 Osmois, Hieme. visiblement Ph. Mouskes, l'appelle Walterius. 

15757 Me'leun, pour que la mesure soit con- Hist. Fr., X, 189, A. Camden , p. 638 de ses 

served , il faut que ce mot ait ici deux syllabes , Anglica. 
mais ilen a trois ailleurs. 15747 Porce, porche. 



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134 



CHRONIQUE 



Kenaud, comtede Bour- 
gogne, prisonnier de 
l'eveque d'Auxerre. 



Richard sollicite en rain 
sa liberie. 



Ensi fina li rois leur gierre , 
Et li quens Hue de Calon . 

15755 Qui moult avoit le cuer telon. 
Prist le conte Renaut de gierre 
Et exilla moult de sa ti&re. 

Li dus Ricart , par grant arnoui . 
Li ot doun^e sa serour. 

15760 Si manda al conte Huon, 
Par I sien ceyalier Doon • 
Que son serourge li rendist. 
Mais li quens Hue rien n'en fist. 
Li dus Ricars qui anoia , 

15765 Son fil Ricart i envoia . 

Od lui grant gent , et tant i fist , 
Que la Mirmande a force prist, 
Et la tiere al conte Huon 
Arst et destruist tot environ. 

15770 Tant que li quens vint a mierci , 
Sa siele sour son cief , ensi 
Qu'il li jura a faire droit 
En Normendie , et la yendroit 
Devant le due Ricart, son pere, 

15775 Et tant que sa yengance i pere, 
Qu'il soit restans de sa malisse 
Qu'il fist Renaut en sa justice. 
Cil dus prist I jor en apiert 



18784 Hue, Hugues, ev£que d'Auxerre et 
comte de Chalons , Calon, 

1 5767 Mirmande , ce lieu est egalement nomine* 
par Rob. Wace, que Ph. Mouskes a eu certaine- 
ment entre les mains , mais Mirmande , pres de 
Valence , n'ayant jamais appartenu au comte 
Hugues et elant situe a une grande distance de 
ses etats, il doit y avoir la une grossiere erreur, 
ainsi que le remarque M. A. Le Prevost. Guill. 
de Jumieges appelle cette place Milinandum 
castrum ou Milbiandum, IV, 16. 



15771 Sa siele sour son cief, cette singuliere 
cer^monie est mentionnee par Guill. de Jumieges: 
Equestrem sellam ferens humeris. Hist. ra., X, 
190 , B. Rob. Wace , 1 , 368 , v. 7353 : 

Quant a Hichart vint li quens Hue . 
Une selc a sun col pendue ; 

et ce poete ajoute : 

Sun dos offri a chevalchier. 

Voy. plusbasv. 16211. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 135 

Son frere, arcevesque Robiert. 
15780 A Fescans, devant le couvent, 

L'enmena tout apertement, 

Et devant tous se fist confi& , 

La haire ot a sa car moult pri& . 

Et gisoit moult a tiere dure , 
15785 Si com cil ki de cuer l'endure. 

Commenii& fu dignement 

Devant l'autel tot esranment. 

A l'avesprir moru li dus. mok de Richard n , 

O /» i /» ,_. 23 aodt 1027. 

oes frere en ru moult irascus. 
15790 A Fendemain I'ont si ami 
Jouste son p6re enseveli. 

Ricars , ses fius , fu lues dus fais , Richard m , due d c 

Q # l_ •• j • Normandie. 

ui hai guerres, sama pais. 

Robiers, ses frire, ce dist-on, Discorde entrc Richartl 

15795 Par le consel d'aucun felon, m«taoi«ri.o B M«. 

Garni Faloisse contre lui. 

Li dus en ot ire et anui , 

Son fr6re de guerre avanci , 

Mais il Tint au due a mierci. 
15800 11 ot I fil , Nicole ot non , 

Ki moines fu de grant renon 

A Fescans, et de S*.-Oain, 

A Ruem, fu cil abb& a plain , 

Et la glise moult amenda. 
15805 Mors fu; devant l'autel gist 14. 

Enpri& la pais de ces II freres , 

Que moult ama li dus leur peres , 

Vint li dus a Ruem ; si dist on , 

Qu'enpuissoun& fu de puisson; 

15786 Commeniie's, communie. declara la guerre. 

15788 A l'avesprir, aur le soir. 15800 I fil, un fils natarel. 

15796 Faloisse, Falaise. 15809 Enpuissonnes, empoisonn^ ; puisson, 

15798 De guerre avanci, comme qui dirait lui poison. M. de Martonne, en annotant le joli 



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136 



CHRONIQUE 



Mort do Richard HI, 
6 •out 1027 ou 1028. 



Bobert-le-DiaMe , due 
de Normandie. 



Revolte et sou mission 
de Guillaume dc Bel- 
lome. 



Nouvelle re\o!te de 
Guillaume. 



15810 Mais on n'el sot qui demander , 
Ne on ne li pQt amender. 
Mors fu et moult le plainsent-il , 
Enfouois fu jouste son fil . 
Qui de Saint-Oain ot est£ 

15815 Abb«fe, et mors fu a l'est<5. 
Moult Fa ses freres recee . 
Robiers , et sot la duc&. 
Bons chevaliers fu et crueus , 
Larges , sages, vistes et preus. 

15820 Mais petit apri& li avint, 

Guillaumes de Bielesme tint 
La tour d'Alen$on contre lui. 
Li dus l'asist tant , que d'anui 
S'en issi et mierci cria. 

15825 Li dus Robiers li pardouna 
Et sa ti&re li a rendue , 
Si que point n'en a retenue, 
Par le siervice qu'il devoit , 
Et s'en jura a faire droit. 

15830 Ne demora gaires apri& 

Que Guillaumes , qui fu engri& , 
Si envoia ses fius tous HII , 
Sour la tiere le due combatre . 
Tout encontre son sairement . 

15835 K'il li ot fait, yoiant sa gent. 
Li dus envoia cele part 
De sa gent une moult grant part. 
Li Normant a aus asanblerent , 



roman de P arise la Duchesse , dit pourtant que 
le verbe empoisonner n*existait pas, et qu'on le 
remplacait par un equivalent, p. 31 , note 24. 
15812 Plainsent, plaignenl. 

15815 A I'este, au mois d'aout. 

15816 Recee; reque'er se trouve dans Roque- 



fort avec le sens de confesser. N'aurait-il pas ici 
celui de regretter , requm (situs) . ? 

15852 Tous 1111, Robert Wace, I, 580, 
v. 7625 : 

Garin, Folcuo, Robert, Willealme, 
N'ont plus feluns en nul realroe 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 137 

Ass& en prisent et tu£rent. 
15840 Fouqes, ki ses fius iert ainsnes, 

I fu ocis , teus fu menes ; 

Willaumes , li secons , huiant 

A force, en escapa fuiant, 

Et li tiers fr^re sains et fors 
15845 Fu la nuit estrantes et mors 

Par anemis , $ou set-on bien. 

Li siens peres n'amoit tant rien , 

Petit apries fu mors de duel. 

Li quars , se viert^ dire voel , 
15850 Ot la ttere par la mierci 

Del due , ki grant part Ten rendi. 
Puis si rasist li dus Evreus 

Sour celui qui moult estoit preus , 

L'arcevesque Robiert , son oncle , Robert force son oncie 

f wotftf rr> i -i • i aserelircr en France, 

lDodd Ki le castiel tenoit adonque, 1028. 

Et sour son fil ki dedens ert, 

Mais la force al Signor i pert. 

L'arcevesques fors s'en ala , 

En France vint , III ans fu la , 
15860 Et la ttere de Normendie 

Commanda que on entredie. 

Mais li dus le remanda puis , 

Si com en 1'estore le truis , 

Et si amenda le fourfait , 
15865 Qu'il avoit a son oncle fait. 

HueS , le VeSqueS de BaioeS , Guerre contrc 1'eVeque 

Qui barbues avoit les joes, 

Et moult estoit larges et preus , 

15842 Huiant, criant. ou Tile d'dne, connetable de Normandie, et 

15852 Rasist, assiegea. Guillaume, qui passa en Pouille , aupres de Ro- 

15856 Son fil, cet archev^que eut de sa con- bert Guiscard. 

cubine Harleve , troisfils, Richard, son succes- 15861 Entredie, interdit; il mit un inlerdit 

seur au comte d'Evreux, Raoul, Tele d'e'toupe surla Normandie. 

Tom. II. 18 



de Bayeux. 



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138 CHRONIQUE 

Garda contre le due Evreus , 
15870 Et sen ala, a grant mesnie , 

As Francis pour avoir ale. 

Mais li dus Robiers , par air, 

S'en vint a Evreus asalir, 

Et le vesques miercit pro'ia 
15875 Le due, et moult requis li a 

Que sa gent en laisast issir 

Tout bielement et par loisir. 

Li dus les en laissa aler, 

Mais il fist bien Evreus garder; 
15880 Al vesque puis se racorda, 

Mais rien nule n'i amenda. 
En eel mois estoit avenu 

Que li quens Bauduins , qui fu 

De Flandres sire preus et fins , 
1 5885 Pour mious destraindre ses voisins 

Et. pour son afaire avancier. 

Se revot d'amis enforcier. 
Le i-oi aoben donne sa Al roi Robiert rouva sa fille 

fille en niariagc au 

fiis du comte de a oes son fil: s'ot non Mabile. 

Fiandre. ^ # 7 

15890 Et li rois Robiers li douna, 

Mais si jovene c'on l'enporta 

En bierc , et quant ele ot £age , 

Si en fist-on le manage. 

Ses fius le prist et espousa^ 
15895 Joie ot quant si biele touse a. 
Le fiis du comtc de Puis guerroia li fius son pere. 

Fiandre se revolte 

contre jui. La povre gent moult le compare. 

Son pere toli tiere ass£s , 
Et li quens s'en est lues ales 
15900 Al due Robiert, en Normendie , 

15881 Rien nule, nulle chose. 15891 Jovene , proDouoez jouene r dissyllabe. 

15889 Mabile, elle s'appelait Adele ou Ade- 15892 Bicrc , berceau. 

lai'de, seloa Y Art de verifier les dates. 1589-i Touse, fille. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



139 



Ki Tint o lui pour faire aie. 
En Flandres amena ses os . 
Si s'en ala sor Flamens tos . 
Et prist Cioc, I fort castiel. 

15905 N'i valu desfense I gastiel, 

Et Flamenc , qui durer n'i porent . 
Fisent lor pais, al mious que sorent, 
Entre le p£re et son fil , 
Qu'il ne fussent mis a exil. 

15910 Aprils ceste pais dont je di . 
Furent Flamenc lone tans isi , 
Et France fii en grant soujor. 
Et puis apri& petit de jour 
Si moru li quens Bauduins . 

15915 Et ses fius, ki fu cortois fins, 
Ot tpute le cont^ par droit. 
Et vous (ai) di ke il avoit 
De la fille le roi Robiert 
Une fille, bien m'en sai ciert. 

15920 Quant IX ans ot la damoisiele. 

Moult fii sage , courtoise et biele. 

Cel an moru li dus Henris 
De Bourgogne , s'en fii maris 
Li rois Robiers, qui ert ses oncles, 

15925 Ne failli ne li avoit onques. 

Nul enfant n'ot quant il est mors , 
Par quoi li rois et ses effors , 
Pour mious acomplirsa besogne, 
Cevaucterent jusqu'en Bourgogne. 



Baudouin V, de Lille, 
ou le DAonnairc , 
comte de Flandre , 
1036. 



Henri, due de Bour- 
gogne, meurt. 



15904 Cioc, Meyer, a Pan 1207 : Castrum 
quod Cioca vocabatur. Guill. de Jumieges se sert 
du meme nom. Hist. Ft., X , 192 , G. 

18908 Pour la mesure il ne faut pas elider la 
derniere syllabe du mot ptre. 

1 591 2 Soujor , repos . paix . 



15917 Ge vers est trop court d*une syllabe. 

15919 Une fille y Adele ou Adelaide, donna 
a Baudouin V au moins Irois fils et deux filles. 

15922 Cel an, Henri ne mourut pas en 1056, 
corame Baudouin IV, mais vers Tan 1002. 

15924 Oncles , lisez neveu. 



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140 CHRONIQUE 

15930 Et li Bourgignon, tout pour voir, 
Ne vorrent le roi recevoir. 
L« n dri, comic de Ne- Le conte Landri de Naviers 

vcrs * s-\ • • 

Orent re$iut , ki fu cuviers , 

Dedens Auguerre , et le fermerent 
15935 Contre le roi et atornerent. 

Et li rois Robiers remanda 

Toutes &e$ os et asanbla , 

Quar la cit£ point ne resogne : 

Ainc gasta lues tote Bourgogne 
15940 Et prist Au?uerre et Avalon. 

Li quens Landris , al cuer f£lon , 

Vint a miercit, si s'acorda, 

Mais ?aus dedens moult en pesa. 

Li dus Robiers od le roi fu , 
15945 Qui maintes foies li valu. 

From< Sfn"iSir de A cel tans et en cel a » en8 

Moru Fromons , li quens de Sens : 

Renaus. ses fius , ot la cont^ , 
En qui il n'ot foi ne bont^ , 
15950 Ainc fist al clergi^ maint desroi. 
Si guerro'ia Robiert , le roi , 
Tant que l'arceveskes de Sens , 
Qui moult ert preus et de grant sens , 
Par le consel vesque Renaut 
15955 De Paris, ki fu de cuer haut, 
La dt^ot n d:F^c n c : Prist et tint la cit<< de Sens, 

S'el rendi le roi a brief tens. 
Et li quens Renaus s'enfui. 
Fromons ses frere , sans d&ri , 
15960 Quist gent, si se mist en la tour, 

15952 Naviert , Nevers. 15946 Asens, accord. 

15934 Aucuerre, Auxerre. 15948 Renaus, Renaud II, second His de 

15938 Resoyne, craiot. Fromond et de Gilberle ou Gerberge, fille de 

15945 Foies, fob. Renaud de Rouci, comte de Reims. 



Renaud II lui succede. 



1015. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



141 



Pour desfendre fist son a tour ; 

Mais li rois a force le prist , 

A Orliens , en prison , le mist , 

Et tant que Fromons i moru , 
15965 Dont ses frere moult dolans fu. 

Et li rois fist si sa besougne 

Qu'il ot tout quitement Bourgogne. 

Si le douna Robiert , son fil ; 

Et en I'autre an apri& fist-il 
15970 Couronner I'autre fil Huon 

Qu'ainsn& fu apri^s, ce dist-on. 
En Tan de son couronnement 

Moru cius Hue voirement; 

XXXVII rois k cest vos di. 
15975 Encor morust-il a brief di , 

Et pour 90U de roi le conte a 

Que roial couronne porta. 
Adont avint q'uns chevaliers , 

Moult grans de cors, preus el legiers, 
15980 Prist abit de religion. 

Herluins avoit cil a non : 

Et puis 90U k'il ot XL ans 

Fu-il a laitres aprendans. 

Et puis fu priestres orden&, 
15985 Comme preudom dous et sen&. 

Et, par simple^ et par piec, 

Funda-il l'ab&e al Biec, 

Qu'il avoit angois commencie 

Et estoree k Bornevile. 
15990 Puis en fu abbes Herluins, 



Robert, dit le Vieux, 
due de Bourgogne, 
1032. 



Ilugues , fils de Bo- 
hert II, roide France. 



Fondation de l'abbaye 
du Bee. 



15970 Huon, Robert s'associa son fils aine" 
Hugues , qui n'avait pas encore dix ans, et le fit 
couronner a Coropiegne , le 9 juin 1017. 

15986 Piec, piele; cette terminaison a ete* 
necessitee par le besoin de la rime. 



15987 Al Biec } cette abbaye devait son nom 
a un ruisseau , fl. beeh, beke. Hist. Fa., XI , 55 , 
C, 166, A, 220, N, 225, D, 425, C, etc. 

15989 Bornevile ( Burnenvilla , Burnevilla) , 
BonneTille. G. de Jumieges , V, 9. 



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142 CHRONIQUE 

Comme preudom loiaus et fins. 

Uns siens compains, Lanfrac ot non, 

Ki clers estoit de grant renon . 

S'i aida vigerousement, 
15995 Et si n'avoit la seulement 

Que II maisons et I moulin. 

Pour le bon abbi Herluin , 

Que Festore vous dist et nomme . 

Si donnerent la li haut ome 
16000 De France et d'aillors fi& et tierres 

Et fisent auteus et capieles. 

Or i a mout rice ab&e , 

Ki de tous les biens est garnie , 

Et est en grant auctorit^ 
16005 Et la glise en grant d ignite. 

Et de canter et de bien lire 

I siert-on bien , a tout eslire , 

La mire Dieu et son cier fil , 

Con tient l'ab^ie a gentil , 
16010 Et s'iert dite jusqu'en la fin 

L'ab&e al Biec-Herluin , 

Pour le preudoume ki le fist 

Et grant painne del cors i mist. 

Henri I, roi du >ir«,t £ n ce J tan8 g gt Jj rQ J g RobierS , 

rlesonpere, 1U25, * 

16015 Ki ne fu estous ne bobiers, 

Henri, son fil, porter couronne; 

Et cil fu Ii& quant on li doune . 

Mais moult en ot ire et pesance 

Sa mire, roine Coustance, 
16020 Pour $ou qu'ele amast mious asses 

Que Robiers , ses fius li ainsnis . 

Ki fais ert de Bourgogne dus , 

Fust a roi pris et esleus. 

18992 Lanfrac, Lan franc. 16000-1 Tierres et capielet , rime ru rale . 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



143 



Entour cest tans , par verai signe , 

16025 Si vint li cevaliers al Cigne 
Parmi le mer, en I batiel , 
La lance et l'escut en cantiel. 
Et si ariva a Nimaie , 
U la ducoise ert et s'esmaie 

16030 Pour le due Renier de Saissogne , 
Ki li livroit ass^s essogne, 
Et sa tiere li calengoit , 
Pour qou qu'ele avo£ n'avoit. 
Mais li preus chevaliers al Cigne , 

16035 Ki le cuer ot et juste et digne , 
Enviers le due li kalenga 
La tiere , et la dame en sauva ; 
Si qu'il l'ocist , et fu delivre 
Sa tiere , et il en prist sa fille 

16040 A feme, et fu dus de Bui lion. 
S'en fu Godefrois , ce set-on , 
Ki fu de Jerusalem rois. 
Puis avint , par aucun effrois , 
Que tout ausi com il Tint la 

16045 Devint cisnes et s'en r'ala. 

Donques en I mois de f&vrier 
Si vit-on II solaus raier , 
Et si avoit entour I pare , 



Le chevalier au cygne. 



Plienomene meteoro- 
logique. 



16025 Li cevaliers al cigne. Voyez parmi les 
Appendices de* extraits du roman de Gandor de 
Douai. 

16027 En cantiel, de c6te. 

16028 Nimaie, Nimegue. 

16031 Essogne , souci. 

16032 Calengoit, disputait, envahissait; ce 
mot est reste dans lea patois wallon et rouchi. 
Hecart, Diet, rouchi-francais , 1833 , in-8°, p. 92. 

16033 Avoe , avoue, deTenseur. 
16045 Cisnes, cygne. 



16046 En I mois de fevrier. Ce passage est 
presque dans les mdmes termes qu'un endroit 
correspondant d'une chronique de France , dont 
on lit un extrait dans le Recueil des Hist. Fr., 
XI , 571 : « Ou mois de fevrier resplandy li 
» solaus ung jour clerement , et environ avoit 
» un grant cercle (pare) de la coulour a Tare ou 
» ciel qui apert conlre la pluie : et environ la 
» pluie avoit deux solaus, dont li uns envoioit 
» ses rais vers Aquitaigne, et li autres vers 
» France. » 



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144 CHRONIQUE 

Qui de coulor resanbloit Tare , 
16050 Qui s'apert en signe de plueve 

El ciel , si com raissons le prueve. 
Et de ces II solaus venoit 
Li uns rais d'Aquitagne droit. 
Et li autres venoit de France. 
f 16055 Si dura cele d^moustrance 

II jors trestot entirement. 
Famine. Apri& fou si fu voirement 

Si tres grans famine el pais, 
Que li plus rices iert trais, 
1 6060 Quar tant de la gent i moroit 
Que cascun jour les enfouoit 
Encor vivans , traians espir. 
Maint duel i ot et maint sospir. 
Men de Robert ii, re* Li rois Robiers adont moru , 

de France, losi. 16065 Qui del cier tans moult larges fu , 

XXXin ans ot rois est^ , 
Moult ot aquis et conquest^. 
Enfouois fu jouste son p£re 
Et d'encoste Huon, son frfere, 
16070 Od les aulres rois, par devise , 
Devant l'autel, a S*.-Denise. 
Henris, ses fius, ot le r^gn^, 
Quar ses p£res Tot couronni 
A son vivant , et tuit l'afient. 
16075 A ces rois XXXVIII i dient. 
Boben, due de Nor- Li dus Robiers de Normendie 

mandie, nllie du roi t • -•> J* 

Hcnn. Li a sa tiere guarandie , 

Quar li plusiour qui li gr^voient , 

16039 Trait, entraines, enveloppes dans la 16066 XXXIII, environ trente-cinq ans. 

mine commune, tra{ct)i. 16074 L'afient, lui engagent leur foi , se deV 

16062 Traians espir , respirant encore. clarent sea feaui. 

16065 Del cier tans, an temps de la cherte\ 16076 Li dus Robiers. Rob. Wace,I, 585, 

de ladisette. v. 7711 , 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



145 



Son fr£re couronner yoloient; 

16080 Mais al due ne porent durer. 
S'el fist k tous asseurer , 
Maugret sa mere ki vosist 
Que Robiers la couronne &iist. 
Li rois , pour le due honorer, 

16085 En l'ab&e de Viler- 

St.-Pol, jouste Cr^el , douna , 
Pour vin as messes l'estora. 
Li dus Amauguins de Corbie 
Leur aida moult en cele fie. 

16090 Adont quens Bauduins de Flandres 
Par boces qu'il ot et par glandes 
Moru, et Bauduins, ses fius, 
Ki moult fu hardis et gentius , 
Ot la cont^ , sans nul refui. 

16095 Mais puis vint a guerre sor lui 
Li rois Henris , si arst Toraai 
Et le pais jusqu a Courtrai , 
Pour ?ou que li preudoume sage 
A Tornai li fisent visnage. 

16100 Et I'ab&e S*.-Martin, 

Destruist li rois a eel hustin. 

Moult fu preudom cil rois Henris 
N'ainc del sien ne fu amenris , 



Mort de Baudouin IV, 
comte de Flandre , 
1036. 

Baudouin V de Lille, 
dit le Debonnaire. 



Henri IV, empereur. 



16085 Filer, Villiers. 

16086 Creel, Greil. Henri , pour temoigner sa 
reconnaissance au due de Normandie , lui c&la 
Chaumont , Pontoise et tout le Vexin fran- 
cais. 

16088 Amauguins de Corbie, Mauger, comte 
de Corbeil, oncle de Robert de Normandie. 
Guill. de Jumieges , dans le Recueil des Hist, fr., 
XI,54,B. 

16096 Henris, e'est d'Henri IV que Philippe 
Mouskes veut parler 5. mais la chronologie exige 
Henri HI , roi de Germanie et empereur , sur- 
Tom. II. 



nomme le Noir. Voy. la Chron. d'Iperius , Hist, 
fr., XI , 581 , 8. La table de ce volume met ega- 
lement Henri IV au lieu de Henri III , p. 765. 
La prise de Tournai , en effet , eut lieu en 1053 , 
et Henri IV monta sur le trdne en 1056. Les 
manieres differentes dont Henri IV comptait les 
annees de son ordination en s'appelant lui-me'me 
tantot Henri III , tantot Henri IV, sont proba- 
blement cause de cette confusion. 

16099 Visnage, espece de droit, de tribut. 
Ge mot est employe aussi pour voisinage. 

16005 Amenris , amoindri. 

19 



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146 CHRONIQUE 

Feme prist , le non n'en sai mie , 
16105 Fille fiu au roi de Roussie, 

De linage haut et gentil. 

S'ot de li Phelippon , son fil , 

Et s'en ot Huon , ki fii quens 

De Viermendois, qui tous fu suens. 
16110 Al tierc an que cil rois Henri* , 

Qui moult fu sages et hardis , 

Se fu enoins et couronn&, 

Incendie A Pan,. gj argt de p aris fe ^j^ ^ 

Et fu en France grans famine, 
16115 Mais poi dura la desepline. 
*£&S£S££ Lors avint que li quens Alains 

JU^.corntede Bre- De Bretagne ^ ^^ ^fe^g ^ 

Se yot oster, tout en apiert, 

Del signourage al due Robiert. 
16120 Li dus mena grant gent sor lui , 

Et , pour lui faire plus d'anui , 
\ Fist sour l'aigue de Costion , 

I castiel, Karroges a non. 

Puis a destruite . tout a plain , 
16125 Toute la tiere al conte Alain. 

Si s'en revint en Normendie 

Et li quens Alains, par voisdie, 

Sour la tidre le due revint 

Et li arst viles plus de XX , 
16130 A Baioes , en la contr^e. 

Et N&l, ki I'avoit gard^e, 

Et Aurres , qui moult estoit fiers , 

16104 Feme prist , Praxede ou Adelaide, fille viere qui separe la Normandie de la Bre- 

d'Usevolod , prince en Russie , veuve de Henri- tagne. 

le-Long , margrave de Stade. 16123 Karroges, en latin ad Carrucas , comme 

16109 Suens, sien , sa propriete. dans Guill. de Jumieges, Pontorson. 

16115 Desepline, cet etal facheux. 16131 Neel, Neel de S l .-Sauveur. 

16122 Costion, le Coisnon ou Goeanon, ri- 16132 Aurres, Auvrai-le-Glant. Rob. Wace , 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



147 



Prisent siergans et ceyaliers , 
Al conte Alain se combatirent : 

16135, Lui et touted ses gens venquirent. 
Li quens s'en ala desconfis 
Jusqu a Riesnes , en son pais , 
Puis vint li dus eel conte Alain, 
Destroit comme poisson a lain. 

16140 An$ois al tans que rois Eldr& 
Tint d'Engletiere Ies rinis , 
Si com devant av& o'i , 
Que li rois Suem le yenqui , 
Et li rois Eldr&, pour aie, 

16145 Al due Ricart, en Normendie, 
Sa femme en amena fiiiant, 
Et ses II fius ki furent grant, 
Ewart , Aurri , pour garandir : 
Car il ne lor devoit faillir, 

16150 Leur oncles ert de par lor m£re , 
Qui ne leur estoit pas am ere. 
II les reciut a grant hounour , 
Quar il amoit moult sa serour. 
Et quant cil dus Ricars moru , 

16155 Robiers , ses fius , ki dus en fu , 
Les II enfans moult hounora, 
Et en Engletiere manda 
Al roi Konut , que il laisast 
Le roiaume, et fors s'en alast, 

16160 Quar li enfant si parent erent, 
Que li Danois deshireterent , 
Et si en estoient droit oir 
Li enfant, pour le regne ayoir. 



Le due de Normandie 
veut rltablir ses ne- 
reux en Angletcrre. 



I, 586, v. 7776: 

Ki out nun Aurere Gigant. 

16159 Lain, ligne de pecheur. 



16140 Eldre's, Alfred. 
16145 Suem, Suenon. 
16148 Ewart, Autre, Edouard et Alfred ou 
Ethelred. 



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148 CHRONIQUE 

Mais li rois Suem respondi 
16165 Qu'il ne Fauroient a nul di. 
Li dus aparilla ses os , 

N& et marouniers ot moult tos , 

Armes et viandes et Tins , 

Cevaus, palefrois et roncis. 
16170 Droit al port k Fescans cargi&rent, 

Al vent siglerent et nagi&rent , 

Mais une tormente leva , 

En Gernez^e les ka?a. 

S'en fu li dus trop coureci& , 
16175 Quar de Konut ne s'est vengi&, 

Kar il avoit force de gent 

Et s'ot ass& or et argent. 

Et li plus de ?aus d'Engleti&re 

Vosisent as enfans la tiere , 
16180 Quar Aurr& ert bons chevaliers, 

Et Ewars sages et tegiers , 

Et s'iert en Dieu si bien cr&ns , 

Qu'il iert en orisons tos tans , 

Et s'iert en moult grant abstinence , 
16185 Si not soing d'orguel ne de tence , 

Et moult volentiers represist 

Sa tiere, en pais s'iestre p^uist. 

Ariest^ furenl en la mer , 

Si ne porent avant sigler. 
16190 Et cou faissoit Diex pour Ewart, 

Qui moult estoit de boine part, 

Pour ?ou qu'il voloit k'il r&iist 

Sa ti£re em pais et s'ei tenia t; 

Mais lor mere amoit tant Quonut 
16195 Que son linage en descounut. 

16169 Roncis, la rime exige roncins. 16178 Li plus, la plus grande parlie. 

16173 Gernezee, au lieu de Gemesey Robert 16194 Quonut, Kanut. 

Wace met Gersai, Jersey. 16195 Descounut , meconnut. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



149 



Quant tans furent en Gernezde , 
Que n'orent vent ne bonne orde, 
Uns vens leva fors et rubestes, 
Ki moult gr^va aus et lor bestes ; 

16200 Lor ancres ont fors esragi^s 
Et lor voiles al vent dr&i&; 
Mais a force revinrent-ii 
Al mont S t .-Mikiel, del p^ril. 
El port traisent baut et joiant , 

16205 Des nis issirent maintenant, 
Si cevaucierent tot de plain 
Parmi la tiere al conte Alain ; 
Arsent viles et bors pr&rent , 
Chevaliers prisent et tuerent , 

16210 Mais li quens vint lues a mierci, 
Sa siele sour son cief en ki. 

En eel pais I vesque avoit , 
Ki lor oncles ans II estoit. 
Par celui furent acord^, 

16215 Si se jurerent &aut£ 

A porter tres dont en avant , 
Et lors se vont entrebaisant. 
Li dus Robiers li a rendu 
Quan qu'il li ot angois tolu , 

16220 Quar li quens avoit sa sereur, 

Pour cou Ten fist auqes d'ouneur. 



Reconciliation de Ro- 
bert et d 'Alain. 



16197 Oree, heure. 

16198 Rubestes, robuste , vigoureux. 
16200 Esragie's, leve* , proprement arrache. 
16203 Mont-S*.-Mikiel, Mont-S'.-Michel. 
16208 Pre'erent ou proHrent , pillerent, ra- 

vagerent , de prcediare plutdt que de prehendere : 
cela est confirm^ par ce passage pris entre milJe 
an tres : 

Done Tint Tofti a grant gent, 
Tnit li pi u sour furent Flammenc; 



A Waldestanc sont arive, 
Tut eel pals ont fort proie. 

Frahcisque Michel, Geoffroi Gaimav, 

dans lea Chron. anglo-normandes , 

1,2. 

16211 On a deja en un exemple de cette cou- 
tume, v. 15771. 

16212 I vesque, Yarchev&qae Robert, nomme 
plusieurs fois. 

16216 Tres dont en avant, dor en a van I. 



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150 



CHRONIQUE 



Generosite de Kanut II 



Amours de Bobert-Ie- 
Diable et d'Harlette. 



Konus , li rois , ot 01 dire 
Que li du8 li vot contredire 
Engletiere, et sor lui s'en vint, 

16225 Quant yens a force le retint. 
Et si remena en Bretagne , 
A force, lui et sa compagne. 
Donques a prig Konus , li rois , 
1III siens cevaliers irois , 

16230 AI due Robiert les enyoia , 
Et par ses laitres li manda 
Que, pour s'amour et pour pitte , 
Rendroit-il toute la moitil 
DEngleliere a ses II neveus , 

16235 K'il savoit et vallans et preus, 
Pour pais avoir , ki fust jur^e , 
Et si ot leur mere espous&. 
Li mesage , ki furent sage , 
Ont al due conle lor mesage ; 

16240 Li dus mist en respit Fafaire , 
Quar il pensoit autre rien faire. 
Par Testore , sui-je bien ciers , 
Que preudom fu cil dus Robiers 
De Normendie , et si n'ot oir 

16245 Ki sa liere d&iist ayoir. 

Tant qu'une puciele enama 
A Kaam, u il soujourna, 
Ki fille estoit dun escohier, 



16222 Konus, Kanut ou Knut II. 

16223-24 Contredire Engletiere, disputer 1'An- 
gleterre. 

16229 Irois , irlandais. 

16234 Ses II neveux. C'est-a-dire a Edouard 
seul, car Alfred, surpris dans le chateau de 
Guildford, mourut de chagrin et de misere 
dans Pile d'Ely , sous le regne d'Harald I cr , frere 
de Kanut II. 



16238-39 Mesage est a la fois cause et effet ; 
e'est le messager et le message meme. 

16247 Kaatn, Caen. La Chronique de Nor- 
mandie, ainsi que le Roman de Ron, disent 
Falaise. Hist. fr. , XI , 325 , C. 

16248 E scohier f pelletier , d'ou le nom propre 
Scohier : on connait entre autres un genealogiste 
beige qui Fa portl, Jean Scohier de Beau- 
mont. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



151 



Par non I'apieloient Sohier. 
16250 De Florines, deviers Hainnau, 

Estoit venus , s'ot d'avoir pau , 

Quar faide et povert^s I'avoit 

Tel men^, que petit avoit. 

A Kaam vint, la s£jorna, 
16255 D'escoherie se menla, 

Quar moult bien s'en savoit mesler. 

Et li prouvos , n'el sai nommer, 

Li douna del sien et presta , 

Tant que durement ga^gna. 
16260 Et sa fille devint si biele 

K'il n'ot dame ne damoisiele 

En la tiere , de sa biaute 

Ne de valour ne de bont^. 
Un jour Tint li dus kacier. 
16265 S'ot fait le provost anoncier 

Qua Kaam giroit ; s'ot pl&j , 

Ki le due n'a de rien pteu , 

Car si drap et sa plice grise 

Furent moulliet d'aige de bise. 
16270 Esvous le due Robiert venu , 

Qui estoit ensi avenu , 

Descendus est ci& son provost . 

Et si a fait traire moult tost 

Son peli$on , et si rouva 
16275 Le provost, qui point ne gr^va , 

Con le fesist remanoiier, 

En la vile, aueun escohier. 

16250 /7ortn«#,Florenne8.Cetteorigine n'est 16267 Pleu, n'a pas fait plaisir. 



Harlette, origin a ire du 
Uainaut. 



pas indiquee par Rob. Wace. 

16252 Faide, Fexil. 

16255 Escokerie, pelleterie. 

16257 Prouvos, prevdt. 

16266 Giroit, concherait ou prendrait gite; 
pleu, plu. 



16268 Plice, manteau fourre. 

16274 Pelicon, meme sens que plice. 

16275 Qui point ne gre'va, a qui cette com- 
mission ne fut pas deaagreable. 

16276-77 Remanoiier, remanier, arranger par 
un pellelier de la ville. 



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152 CHRONIQUE 

Li provos dist qu'il le feroit 

Celui faire , ki moult avoit 
16280 Biele fille, courtoise et sage. 

a Or le mand& par vo mesage , 

Dist li dus, car je voil v^oir , 

Savoir se vous me dites voir. » 

Li prouvos esrant i ala , 
16285 Et l'escohier li amena 

Et sa fille et la m&re od li , 

Ki le due torment abi&i; 

Et li sist durement et bien 

Qu'en li n'avoit k dire rien. 
16290 Li dus a l'escohier le dist, 

Et a la m&re apri& requist 

Que sa fille voloit avoir , 

Pour faire de li son voloir. 

Tant leur promist, tant leur douna 
16295 Que la mire li otria; 

Moult a enuis et plus li p&re. 

Et li dus , qui moult cortois hre , 

Mist la damoisiele a son lit , 

Si en fist la nuit son d&it. 
16300 S'avint qu'un fil i gaegna 

Dont il de rien ne s'engigna. 
songe d'Harieu*. La damoisiele , sans mengogne , 

Si songa cele nuit I songe , 

Dont si fais en fu le recors : 
16305 Q'uns arbres li issoit del cors 

Ki gaignoit , par pais et par gierre , 

16288 Sist, convint. 16302 Mencogne, la rime , prefererait men- 

16289 Rien , icice mot a la signification que qonge ou sogne, au lieu de songe, au vers sui- 
nous lui avons conserved, vant. 

16299 Rob. Wace, I, 396, v. 7997 : 16306 Qoignoit, ombrageait (cingere). Robert 

u , ,, r i w Wace se sert du mot aumbrout. 

Menee li fu a sun lit; 

Sun bon en fist e sun de'lit. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 153 

Normendie et toute Engleti&re. 

Paour en ot , si sesvilla , 

Et li dus moult s'esmiervella. 
16310 Demanda li, ele li dist, 

Et li dus moult grant joie en fist. 

Si a dit : « Biele, ne cr&n&, 

Mais soiies sage , et si m am& , 

Quen vous ai gaegaiet tel oir, 
16315 Ki preus ert et de grant savoir, 

Et conquerra tiere et ounour. » 

Al main , quant li dus vit le jor, 

Par moult grant amour se leva , 

Et puis a l'escohier douna 
16320 Tant comme lui vint a plaisir; 

Grant riquoisse ot pour lui garir , 

Et bailliu le fist de la vile. 

Le provost commanda, sans gille, 

Que la damoisiele gardassent 
16325 Comme leur cors , et ounorassent , 

Quar tr6s bien et de fi savoit 

C'un fil gaegniet i avoit , 

Et li prouyos bien les maintint. 

Li dus sourent a li revint 
16330 Et la damoisiele engrossa , 

Ki ses mois et ses dis porta; 

D'un fil s'a giut, sot non Guillaumes, N.i M .ncedeGuiiuume- 

Qui puis porta escus et hiaumes. le-conquw, 1027. 

Li dus le fist moult bien norir , 
16335 Et hounourer et cier tenir. 

Cis dus Robiers , si com je truis , 

Fu sos, dierves, et sainti puis. 

16321 Garir 9 se consoler. moderne accoucher d'un filt. 

16331 Dit , jours , le rimeur vent dire qu'elle 16337 Dierves, ensorcele; sainti, se sanctifia. 
accoucha a terme. Voy. Miracle de Nottre-Dame et de Robert U 

16332 S'a giut (tie jacuit), c'est Texpression Dyable, fih du due de Normendie, d quiil fu 

Ton. n. 20 



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154 



CHRONIQUE 



Le due Bobert va en 
pelerinage a Jerusa- 
lem. 



Le dus Robiers dont sa crois prist; 
L'arcevesque son pensl dist, 

16340 Et ses barons que plus cr&>it, 
Que devant lui mand& avoit. 
Et devant aus manda son fil, 
Ki bien sanbloit homme gen til. 
Ass&irer le fist li dus 

16345 Ses barons que plus a cr&is. 

Et puis fist les princes mander , 
Si leur a fait a tous jurer 
Que cil sien fius auroit sa tierre, 
Aprils sa mort , sans faire gierre , 

16350 Ne pour gou con le sot bastart. 
N'auroit-il sa tiere plus tart. 
Caus u plus se pooit fier 
A fait li dus son fit garder ; 
Et la m&re ot son cuer mari , 

16355 Quar il li douna haut mari. 
De son fil leur pria li dus , 
Ki n'estoit fos ne esperdus , 
Et s'en pria le roi de France , 
Et il Ten a fait s&irtance. 

16360 Tout esrant dedens le tierc jor 
A li dus aquis son atour, 



enjoint, pour set meffaiz, qu'il feist le fol sans 
parler ; et depuis ot nostre Seignor mercy de li, et 
espousa la file de Vempereur; publie pour la pre- 
miere fois d'apres un manuscrit du XI F* Steele, 
de la bibliotheque du Roi , par plusieurs membres 
de la Socie'te des antiquaires de Normandie. 
Rouen, 1836, in-8°. 

16539-40 A l'archeveque 8a pensee il dit, 
ainsi qu'a ses barons qu'il croyait le plus. Rob. 
Wace, 1,401, v. 8085 : 

Cumunement lur a munstre 
Tut son corage e sun pense. 

1 6344 Asseurer, reconnaitre comme souyerain . 



16350 Bastart, la batardise, comme le re- 
marque M. de Martonne , n'etait pas toujours 
si peu deshonorante qu'on put s'en glorifier , ou 
du moins n'en pas rougir, surtout quand le pere 
u'etait pas connu. Toy. v. 16388. Dans le roman 
de P arise laDuchesse, on lit, p. 103 : 

Si lo claimons bastart et chaiti ct trove. 

Mais un pere illustre donnait ordinairement 
de l'eclat a rillegttimite. 

16353 Haut mari, Herluin , seigneur de Con- 
teyille, dont elle eut Eudes, eveque de Bayeux, 
et Robert , comte de Mortain. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



155 



Et sot ass& or et argent. 
Lors si prist congiet a sa gent , 
Son fil et tous proia li preus , 

16365 D'Ewart et d'Aurr^, ses neveus. 
Puis s'en ala a B^thleem , 
Et si fu en Jerusalem. 
Quant son plaisir i ot est£, 
Si rapassa en un est^, 

16370 Quar moult ot fet grant astinence; 
Mais lues que il vint en Provence, 
Del grant travail et de la painne 
Fu mors outre Gris-le-Vodainne. 
Enti£r& fu a biel siervice. 

16375 Dedens la M&re-Dieu eglise. 
Si cevalier et si siergant 
S'en revinrent, grant dol faisant. 
Jusques a Ruem vint la nouviele , 
Qui leur damage renouviele , 

1 6380 Si fisent esranment son fil , 
Qui jure l'avoient tout cil , 
Due et signour de Normendie , 
Que n'i quisent mal ne boidie : 
Ne nus de rien ne li gr^va. 

16385 Li rois Henris moult Fen aida. 
Pour la foiblfece de cestui 
Furent Normant en grant anui. 
Pour ^ou que bastart le savoient 
En grant desdaing trestot l'avoient. 



Moil de Robert, 2 juil- 
let 1035. 



Guillaume-le-Conque- 
rant, 1035. 



Desordres auxqueh est 
livree la Normandie. 



16365 D'fiwart... en faveur d*£douard. Voy. 
v. 16234. 

16370 Astinence, abstinence. 

16373 Gris-le-Fodainne. (?) 

Rob. Wace , G. de Jumieges et les autres 
his tori ens , au lieu de faire revenir Robert en 
Provence, le font mourir de poison ou de mala- 
die a Nicee. Dans une chronique dont on trouve 



un extrait dans le Recueildes Hist, fr., XI, 347, 
A, on fait aussi, par une confusion de per- 
sonnes , revenir Robert de la Terre-Sainte en 
Italic 

16373 La Mere-Dieu eglise, la basilique de 
S t0 -llfarie a Nicee. 

16383 Henris, Henri I". 

16388 Voy. v. 16330. 



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156 



CHRONIQUE 



16390 Waukelins, li du8 de F&i&re, 
Qui gent avoit et forte et ftere , 
Et li quens de Monfort-sor-Risle 
Sentrocirent la en I isle. 
Et li quens Gillebiers d'Osmois , 

16395 Et T^roldes, en mains dun mois, 
Et Osbiers ki moult fu vallans , 
Preus et sages et biel parlans , 
Furent ocis ks Vaus-de-Ruel. 
Li dus Robiers , sans nul orguel , 

16400 A ces III carga son enfant , 

Pour bien garder a son vivant. 
Guillaumes de Montgomeri , 
Fius Rogier , j'el sai tout de fi , 
Ocist Osbiert, dont jou dis or, 

16405 Ki fu dou linage Gonnor. 

Mais a brief tans apri& , de Glos 
L'envenima, I siens provos : 
Garniers ot non , §ou truis el conte , 
Mais puis en moru-il a honte. 

16410 Et Raous , li fius l'arceveske 
Robiert , ki fu de fole teke , 
Ocist Terolde et Gillebiert , 
Cou set-on bien tout en apiert. 
Apries Rogiers de To^gni 

16415 Ot grant desdaing del due ausi. 



16590 Waukelins , li dus de Feriere, Vauque- 
lin de Ferrieres, sur la Charentonne, eotre 
Bernais et Chambrais. 

16592 Montfort-sor-Risle, Montfort-«ur-Rille." 

16594 OsmotSj Hiemes. 

16595 Te'roldes, Turolde. 

16596 Osbiers, Osberne , seneehal de Nor- 
man die , appele Ober Crepon , dans la Chron. 
vulg. de Normandie. Hist, fr., XI, 528, E. 

16598 Faus-de-Ruel 9 Rouvenil. Vallis Ro- 



doili, dans Guill. de Jumieges, Hist, fr., XI j 
57, E. 

16402 Guillaumes , il avait un frere appele 
Hugues. 

16405 II etait (lis d'Herfaste, frere de la du- 
chesse Gonnor. 

16406 Glos, Guill. de Jumieges l'appelle 
Bar no de Glotis propositus. Hist, fr., XI , 57, E. 
Ce Barno est nomine" Gamier par Ph. Mouskes. 

16414 Toegni, Toue'gni, Toesni. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



157 



Si commen?a moult a noissier 

Et ses voissins a guerroiier; 

Hunfroi de Vielles m&sment 

Arst-il sa tiere vistement , 
16420 Et sou vent li fist grant anui, 

Mais il envoia contre lui 

Rogier de Bielmoot , le sien fil , 

Con tint a preut et a gentil. 

S'ocist Rogier de Tou^gni , 
16425 Et ses II fius ocist ausi , 

L'un Herbiert et l'autre Elinant , 

Ensi fu vengies main tenant. 

Et Robiers de Grente-Mesnil 

I fu navr& en grant p£ril. 
16430 Cis Robiers ot HI fius : Huon, 

Robiert et Ernaut le felon. 

Puis prist Rogiers de Bielmont feme , 

Sacant et biele comme gesme. 

Aelis ot non voirement , 
16435 Fille le conte de Meullent; 

Suer fu le conte Galeran. 

Si en ot II fius en eel an : 

Robiert , qui fu quens de Meullent , 

Aprils son oncle longement, 
16440 Et l'autre apiela-on Henric, 

Ki puis fu quens de Warewic. 

Et Ricars, ki fu quens d'Evreus, 



16418 Hunfroi de Vielles, Humfredus de Ve- 
tulis, Guill. de Jumieges, ubi supra, 58, B. 

16422 Bielmont, Beaumont. 

16428 Grente-Mesnil, Grentemaisnil. 

16431 Ernaut, GuilJ. de Jumieges, ib. 38, 
€ : Emaldum, minimum filium suum... 

16454 Aelis , Guill. de Jumieges : Adelina. 
Adeline, fille de Galeran, Waleran I er ou II, 
epousa Roger de Beaumont , qui recueillit la 



succession de Meulan , apres la mort de Hu- 
gues II , vers 1080. 

16436 Suer fu le conte Galeran , Galeran ou 
Waleran , second fils du pere d'Adeline ; mourut 
sans enfant avant Hugues, son aine. 

16458 Robiert, Robert III. 

16441 Warewic, Warwick. 

16442 Ricars , Richard , fils aine de Tarche- 
vdque Robert et d'Harleve. 



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158 



CHRONIQUE 



Lc roi de France exige 
la destruction da cha- 
teau de Tillieres. 



Prist feme ki fu sage et preus , 

Feme Rogier de To^gni 
16445 Dont vous av& avant oi; 

Et il ert larceyesque fius 

Robiert, qui fu auques gen this. 

De cesti ot Ricars li preus 

Guillaume , ki fu quens d'firreus , 
16450 Et apri& lui, j'el sai de voir, 

Le furent longement si oir. 

Cil Guillaumes , j'el sai de fit, 

Si reprist a feme Hauwit , 

Celi ki fu fille Giroie , 
16455 (Moult fu sa^ans et biele et qoie) 

A Robiert de Grente-Mesnil. 

Normant k force furent cil. 
Li rois Henris adont manda 

Le due Willaume , et commanda , 
16460 Se Tulieres ne li rendoit , 

Que jamais a lui pais naroit ; 

U il abatist le castiel , 

Ki fais estoit par grant r&riel. 

Moult des Normans , j'el sai de fi , 
1 6465 Se traisent au roi par afi , 

Et il entra en Normendie . 

A moult tres grant cevalerie. 

S'asist le castiel de Tuli&res 

A mangonniaus et a pieri^res. 
16470 Et Gillebiers Crespins estoit 



16447 Qui fu auques gentius , tout a l'heure 
l'auteur a (lit qu'il fu defole teke, Voy. v. 16411. 

16453 Hauwit, Helvise. 

16454 Giroie, Helvise, suivant YArt de veri- 
fier les dates , etait fille de Guillaume I cr , comte 
de Never*. Guill. de Jumieges qu'a suivi Phi- 
lippe Mouskes, l'appelle filiam Geroii. Ce Geroi, 
selon Guill. de Jumieges , tirait son origine d'une 



uoble famille francaise et b re tonne. II eut sept fils 
et quatre filles ; enumeres par ce chroniqueur, 
Hist, franc., XI, 41 , B, C. Quant a Helvise, elle 
etait veuve de Robert de Grentemaisnil ou 
Grandmaisnil. 

16463 Re'viel , acte d'insubordination. 

16469 Avec mangonneaux et pierriers. 

16470 Gillebiers Crespins , Gillebert Crespin, 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 159 

Dedens et le castiel gardoit. 

Li dus Guillaumes al roi vint , 

Et taut entr'aus II si convint 

Que Gillebiers s'en est issus, 
16475 Et li castiaus fu abatus . 

Et la vile arse, et fu jur£ 

D'ambes pars et ass^ur^ 

Que de V ans , a tort n'a droit , 

Li castiaus refais ne seroit. 
16480 Aprils ne passa mie I mois, TO m« ain s'Ime m t1« H iM 

Que Gostains , ki fu quens d'Osmois , Francis. 

Pour 90U k'il vit le due enfant 

Et que sa tiere aloit perdant , 

Au roi Henri de France ala 
16485 Et tout esrant l'ass&ira ; 

Et tant a le roi enort^ 

Qu'il sont en Normendie entr£. 

Argentom ont ars et brui 

Et la gens toute s'enf u'i , 
16490 Et puis, contre son sairement, 

Ferma Tuli&res esranment , 

Et i mist li rois garnisson ; 

Puis viunt soujorner a Noion. 

Et ceste guerre proprement 
16495 Faisoient al due si parent, 

Et tout en desdeng le tenoient , 

Pour qou que bastart le savoient. 
Adont moru li rois Konus , 

Qui des Danois ert bien connus. 
16500 I fil bastart avoit, Heraut, 

Ki de proaiche ot le cuer haut. 

comte de Brionne , parent et tuteur dujeune due. 16488 Argentom , Argentan. 

16481 Gostains, Toustain, Turstenus , cogno- 16496 Desdeng, detain. 

mento Guz , Ausfridi Dani filius. Guill. de Ju- 16500 Heraul, Harold ou Harald I", fils de 

miegea, Hist. /r., XI, 59, C. Osmois, Hiemea. Kanut et d'Algive, sa femme ou concubine. 



Harald I, roi d'Angle- 
terre, vers 1037. 



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160 



CHRONIQUE 



Alfred debarque en 
Anglcterre 



11 est accueilli et trahi 
par Godwin. 



Celui ont Danois couroun£ 
Et de la ti&re ass£ur£ , 
Quar li enfant le roi Konut, 

16505 I&rent encor jov&ne et menut, 
Et Eteraus iert hardis de gierre ; 
(Et) si li ont cargte la tiere. 

Ewars , li fius le roi Eldr£ , 
Ki moult iert bien cr&ns en D^ , 

16510 L'oi dire, si l'em pesa, 

Cevaliers prist , la mers pasa , 
Droit a Hanstone vint a port, 
Et s'ot avoec lui grant effort 
De gent , que ses cousins li dus 

16515 Guillaumes, ki moult ert cr&nus, 
Li ot cargtes pour la aler. 
Mais Danois oirent parler 
De leur venue , et s'amaserent , 
Encontre E wart al port alerent , 

16520 Ki toute la marine ot arse. 

La gent iert fuioite et es parse. 
A aus se mesl&rent Danois , 
Mais Ewars n'i perdi II nois, 
Es n&& remest sa gent hardie , 

16525 Si rapassa en Normendie. 

Aurr&, ses fr&res , li mainsn& , 
Ki moult iert vistes et sen& , 
En Engletiere puis ala. 
Gondonies , ki quens estoit la 

16530 D'Eurewic , et li plus poisans 
D'Engletiere , et li plus sa$ans , 



16508 Eldre, Alfred ou Elbelred II. 

16510 Si Vera pesa, cette nouvelle lui pesa. 

16512 Hanstone, Southampton. Guill. de Ju- 
mieges : Cum XL navibus milite plenis superato 
mart, Hanlunam appnlit. Hist, fr., XI, 40, B. 



16529 Gondonies, Rob. Wace 1'appelle Gwine. 

16550 Eurewic, York. « Godwinus , Cantiee 
comes magnanimus , per Angliam terra marique 
habebatur. » Ex Eadmeri Cantuar. monacki hist, 
novorum, libro I. Hist, fran$ais, XI, 192, A. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 161 

Reciut Aurr£ moult lament 

Et hierbeja lui et sa gent. 

Quant orent mangi^ et bin. 
16535 Gondonies na plus atendu; 

Aurr^ et tous les siens fist prendre , 

Et tout esrant, sans plus atendre, 

Au roi Heralt les envoia , 

U trop malement l'asena , 
16540 Quar toutes ses gens li tua , 

Et tant sour lui s'esviertua , 

K'il fist Aurr^ ses ious crever 

Et apri& les coulles colper. 

En l'ille de Lu le tramist 
16545 Et la en sa prison le mist. 

Mais il n'i manga ne ne but , 

Si comme cil ki morir dut. 

Trois ans vesqui rois Eteraus puis, Morl dH »rtidi, 1040. 

Et dont mora, si com jou truis. 
16550 Archedenus ot le r£gn£, 

De par la mere frire Aurr^ 

Et fr&re Ewart , qui d&iist iestre 

Rois , comme preus et de bon iestre. 

Archedenus iert fius Konut , 
16555 Ki le droit oir ot desconnut, 

Et si ot leur m&re espous^e , 

Ki d'Aurr^ fu forment ir&. 

Petit apri& , jou ne sai plus , juin 1042. 

Fu mors cil rois Ardecenus. 
16560 £wars fu rois, qui mand& ire, idoutrd m, <ut ie 

Et pardouna la mort son frere, 

Et si espousa, par essoune, 

16555 Et plus haut Gondonies, lisez Gon- 16544 En V{Ue de Lu, h&\y, dans le comte 

done* , pour la mesure. de Cambridge. 

16545 Cette circonslance n'est pas dans Rob. 16550 Archedenus, Ardecenus, Hard-Knut. 

Wace, 11 , 67, v. 9858. 16562 Essoune, par forme d'amnistie. 

Tom. II. 21 



Confesseur. 



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162 CHR0N1QUE 

La fille a eel eonte Gondoume, 

Ki son frere avoit rec&i 
16565 Et puis Tot ensi d&&i, 

Com vous av& devant oit. 

Ne Ten avoit point esjoit , 

Quar sa feme tant enhaoit 

Que a li g&ir ne voloit. 
16570 Cele a son p£re le conta, 

Et li quens encor li c^la , 

Pour (ou que d'Aurr^ li menbroit 

Qu'al roi Heralt tramis avoit. 
Un jour cevau£oit rois Ewars 
16575 Par Eagletiere, en uns essars, 

Et li quens Gondomes o lui , 

Par qui Aurr^s ot eel anui. 

Uns gar^ons devant aus trota , 

Ki dun piet forme at se hurta , 
16580 Que poi failli qu'il n'est keus, 

Mais de l'autre piet s'est tenus. 

Li quens Gondomes ki le vit, 

Oiant le roi Ewart , a dit : 

« Gar?on , gar^on, bien le saci&, 
16585 Ot teut mestier li autres pi& , 

Tout ausement eomme doi frere , 

Qui sont d'une m&re et d'un pire. » 
Quant li rois Ewars l'entendi , 

A Gondone si respondi : 
16590 « Ausi m'&iist mestier mes fr&re, 

Ki fu de mon p£re et ma mere , 

Aurr^, con ocist a mis&re, 

Ki moult vallans et sages &re. » 

16565 La fille, Rob. Wace Fappelle JSdif, allusion en troia vers , II , 102, v. 10598. 

e'est-a-dire fidithe. 16575 £ stars, champ inculle, broussailles, 

16574 Un jour Rob. Wace ne raconte essar(tum). 

point cette anecdote, a laquelle seulement il fait 16576 Gondomes, Gondone , Godwin. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 163 

Quant Gondomes l'a entendu , 
16595 Si en a moult grant honte &i, 

Quar il pensa , sans contredit , 

Que li rois l'avoit pour lui dit. 

Mais n'en fist ciere ne sanblant. 

A leur ostel vinrent anblant. 
16600 Aparilltes fu li mangiers; 

Et ils s'asisent sans dangiers. 

En dementiers que il mangoient , 

Et de moult de coses parloient , 

Li quens s^oit devant le roi. 
16605 « Sire, dist-il, entend£s-moi ; 

Bien sai que vous me mescr&s 

De vo fthre ki fu tu&. 

Mais trestout ausi voirement 

Puiss^-jou mangier sainnement 
16610 Cest morsiel de pain que je tieng, 

Que par effort ne par engien 

N'euc coupes en la mort vo frftre , 

Ne adonques d'Eralt bien n'&re , 

N'adont ne or ne m'en fu biel. » 
16615 Lors sainna li rois le morsiel 

De cuer et de proii&re douce , 

Et li quens le mist en sa bouce , 

Si f u esranment estrones , 

Voiant le roi, ki fu dales n 
16620 Qui lesgarda moult yolentiers. 

(Jou fu li miracles premiers 

Que Dieux fist pour le roi Ewart , 

16598 Ciere , mine. On dit encore faire bonne 16611* Sainna, Rob. Wace , II , 102 , 10598 : 
chire a quelqu'un. 

16599 Anblant, en allant ramble, l'entrepas. *T h jo sai "* *' a ••««««** 

nr, . , D un morsel ke li rois cAJfc-na 

16618 IV euc, je n eu«. A riflBie (reWo/l| banquet) d II mting.. 

1661 3 Je n'etais pas Fagent dHarald et n*ai ja- 
mais^ nine suiscoupablede cedont on m'accnse. 16619, Dales, aupres. 



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164 



CHRONIQUE 



Toiutain, vicomled'Hie- 
raes, se souleve con t re 
le due de Normandie. 



Mauger, archeveque dc 
Rouen. 



Ki puis fu sains en son eswart. 

Gostains li Gois, li quens d'Osmois, 

16625 Se torna dooques en eel mois 
Contre le due en Normendie, 
Et si a Faloise garnie. 
Mais li dus Guillaumes lasist, 
Sa tiere arst et Faloise prist, 

16630 Et Ricars , ses fius , l'acorda 
Al due son p&re ki lama , 
Et li rendi toute sa tiere , 
Car il Feut bien siervi de gierre 
Et l'enaida moult d aciever , 

16635 Quant Normant li vorent graver. 
L'arcevesques Robiers mora; 
Et Maugiers arcevesqes fu, 
Ki frere f u le due Robiert , 
Ki moult hai faus et cuviert; 

16640 Quar Ricars, ki fu fius Gonnor, 
Dont jou vos dis le parage or , 
Quant Judis, sa feme, moru, 
Ki suer le conte Jofroi fu , 
Si reprist Papie a moullier , 

16645 De qui il ot cest fil Maugier, 
Et Willaumes d'Arces ausi , 
A qui li dus . j'el sai de fi , 
Douna la cont^ de Taillou , 



16625 Eswart, euegardala regulariledesavie. 

16624 Gostains li Gois, Toustain Goz ou Guz. 

16642 Judis, Judith. 

16644 Papie, ou Popie. 

16646 Arces, Arques. Voy. v. 14967. 

Le chateau d' Arques fut d'abord eleve* au 
XI e Steele par ce m£me Guillaume, oocle du 
conquerant 5 mais Henri I er fit reconstruire le 
donjon et une partie des murs d*enceinte. Quant 
a la ville d'Arques, elle existait des le IX e siecle. 



M. A. Le Prevost a £numere, dans le premier 
volume des Archives de la Normandie , les faits 
historiques qui se rattachent au chateau d' Ar- 
ques. Nous renverrons en outre a la cinquieme 
partie du Cours d'antiquite's monumentales de no- 
tre savant confrere et ami M. De Caumont, 
pag. 227-230 ; voy. l'extrait de ce volume insert 
dans la Revue anglo-normande de M. De La 
Fontenelle de Vaudore\ IV, 212-15. 

16648 Taillou, Taillou, Tel I a u (Tallogium, 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



165 



Cil Guillaumes, apri& I pou^ 

16650 Contre le due s'enorguelli , 
Et de guerre moult l'aquelli. 
Si fist contre lui , sans esgart , 
I castiel el mont de Boussart ; 
Et de sa gent et des Henri 

16655 Le roi de France le garni. 

Mais li dus Guillaumes adont 
Fist I castiel au pte del mont , 
Et cil dedens, sans demorance, 
Manderent le secors en France. 

16660 Et li rois i vint a gent grande, 
Pour remaitre el castiel yiande. 
Li dus Willaumes esranment 
Leur a fait I enbussement , 
Et Francois les ont perc&is ; 

16665 Si les ont a force seus. 

Et cil sor aus se retornerent, 
A $aus de France se mesl£rent. 
La f u ocis , par tele ghille , 
Li quens Engorrans d'Abevile, 

16670 Et Hues Bardous i fu pris; 
Dolans en fu li rois Henris. 
Non pour quant le castiel ensi 
Tout a force bien regarni ; 
Mais Guillaumes, par son reviel, 

16675 Rendi puis al due le castiel, 
Et si s'enfuirent en France 



Guillaume d'Arques , 
oncle du due, se de- 
clare anssi contre lui, 
1053. 



Talogium) comte dont Arques &ait la capitale 
et qui finit par prendre le nom de cette ville. 

16653 El mont de Boussart. Guill. De Jumie- 
ges : Castrum Archartim in cacumine ipsius 
mentis condidit... Hist, ph., XI, 59, D, £. 

16654 Des Henri, des gens de Henri. 
16661 Remaitre el castiel viande, ravitailler 

le chateau. 



16663 Enbussement, embuche. Rob. Wace : 
aguait. 

16665 Sens, suivis, poursuivis. 

16669 Engorrans d'Abevile, Enguerand II , 
comte de Ponthieu , fils de Hugues II. 

16670 Hues Bardous, en latin Hugo Bardul- 
phus, seigneur de Pithiviers. 

16674 Reveil, par son audace. 



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166 



CHRONIQUE 



Guillaume Talevu. 



Ses cruautes. 



Ge>o»e. 



II et sa feme, pour doutance ; 
Suer fu le conte de Ponti. 
Et puis s en alerent d'enki 

16680 Al conte Estase de Boulogne, 
Ki moult li fist de sa besogne. 

Guillaumes Talevas fu preus, 
Mais trop estoit fel et crueus , 
Quar il fist, a I aviesprer, 

16685 Heudebours, sa feme, estranler, 
Pour sou qu'ele li reprouvoit 
Les cruautes que il faissoit. 
Et si reprist a feme adont 
Fille al visconte de Biaumont. 

16690 Ses noces a Alenchon fist. 
Et dont si reproia et quist 
A Guillaume , le fil Giroie , 
Qu'il fust od lui ; cil li otroie 
Gomme cil ki rien n'i douta; 

16695 Mais sa felonnie monta. 

S'el fist prendre et les ious crever , 
Et n& et orailles colper : 
Et cil se rendi en la fin , 
Moines fu al Biec-Herluin . 

16700 Gom cil ki n'ot cure de joie. 
Voirs fu que ses peres Giroie 
Fu de grant linage de France: 
S'ot en la ti&re grant poisance 
Et a preut tenoit-on lui-mesme. 



16678 Ponti, Ponthieu. 
16680 Estate, Euslache. 
16682 Talevas, fils cadet de Guillaume de 
Belleme. G. de Jumieges, VI, 10. 

16684 Aviesprer , soir. 

16685 Heudebours, Hildeburge , fille d'un no- 
ble personnage appele* Arnoul ou Cudefort. 

16689 Biaumont, Raoul ou Rodolphe, vi- 



comte de Beaumont. 

16691 Reproia, pria une seconde ibis, pria 
avec instances reiteY^es. 

16695 Monta, peut-etre au lieu de montra. 

16698 Cil, Guillaume, fils de Giroie. 

16701 Giroie, Guill. de Jumieges le dit filius 
Ernoldi Grossi de Corte-Setaldi. Hist, ph., XI, 
41, B. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



167 



16705 II et Guillaumes de Bielesme, 
Ki moult ot estet eskaci^s , 
Vinrent al due, bien le saci&, 
Et li dus tiere leur douna , 
Et Giroie si raaria 

16710 Li dus, et li douna Gillain, 
Ki fu d'Osmois fille Gostain. 
De cele feme ot-il VIII fius , 
Vallans et sages et gentius , 
Robiert et Guillaume et Foucon, 

16715 Renaut, Giroie, Ernaut, Huon, 
Et quatre filles : A&is , 
Jerenbourc, Emain et Haw is. 

Ces linages taut s'alia , 
Et accrut et monteplia , 

16720 Qu en Engle tiere s'espandi , 

En Sire, en Pulle, en Trace ausi. 
Et si caci&rent en essil 
Talevas et Jernoul , son fil ; 
Mais Jernous trest, j'el sai de fi, 

16725 A Rogier de Montgoumeri , 
Ki li a doun^e sa fille , 
Qui biele fu , sot non Mabile. 
Et pour cou k'il le sot moult sage, 
Li otria son yretaghe , 



Enfans deGeroie. 



Guillaume Talent est 
chasse par sou fil* 
Arnoul. 



16705 Bielesme, Guillaume, fils d'Yvon. 

16706 E shade's, reduit a peu de chose. 
16708 Tiere leur douna, Geroie obtint Mon- 

treuil et Eschau flour. 

16710 Gillain , Gisile. 

16711 Gostain , Toustain de Montfort. 

16712 Fill fius, e'est-k-dire sept. 

16714 Foucon, Guill. de Jumieges : Fulconis. 

16715 Renaut, le meme : Rodulpkus Mala 
Corona. 

16716 Aelis, Adelaide. 



16717 Jerenbourc , Heremburge ; Emain, Em- 
ma ; Hawis , Had visa. 

16721 Sire, Syriej Pulle, Pouille. Tous ces 
details sont tires de Guill. de Jumieges , VI , 11. 

16724 Jernous. Ici les evenemens et les per- 
sonnes sont confondus. Guill. Talevas, chasse par 
son fils Arnoul , se refugia pres de Roger deMont- 
gommery, a qui il offrit la main de sa fille Mabile. 

16728 Moult sage. Ph. Mouskes fait encore 
dependre se$ eloges de la rime. Arnoul etait si 
sage qu'il avait depouilte et chasse 1 son pere. 



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168 CHRONIQUE 

16730 Dont ses fius l'ot moult travilli^ 

Ernous qui I'avoit exillil. 

De cele Mabile ot Ernous 

V fius vallans et biaus et prous ; 

Rogier et Robiert et Huon , 
16735 Et puis Ernoul et Phelippon; 

S'otfillesIIII, une S&ile, 

Enmain et M&aut et Mabile. 
Ernous , li fius eel Talevas , 

Guillaume , qui dous ne hi pas , 
16740 I jour sour la ti&re pr&it 

Et prist le pore dune recluse, 

Qui , pour la gierre , s'iert repuse 

En sa capiele, en I saint leu. 
16745 Ne volt eel pore rendre pour Deu , 

An$ois le manga par deduit , 

Mais il en estranla la nuit. 

S'ot la r&luse de Iui pais 

Et le vesques Yve de Sais, 
16750 Ses oneles, en ot le eastiel 

De Bielesme moult fort et biel , 

Et si fist pais as Giroains 

Qui de mort le haoient ains. 
Cele pais fu moult bien tenue ; 
16755 Adont moru le vesque Hue 

De Baoies, ki moult savoit. 

Fius le conte Raoul estoit. 

Li dus Williaumes li dona 

La vesqute toute , et assena 

16752 Ot E rnout , e'est-a-dire Rogier. 16745 Repute, cachee, retiree. 

16755 Phelippon, Philippe. 16749 Le vesques.... de Sais (Sagiensis epis- 

16757 Enmain Emma, Mathilde, Mabile copus), l'eveqne de Seez. 

et Sybille. Hist, fr., XI , 42 , £. 16752 Giroains , la famille de Geroie. 

16740 Pre'oit, butinait. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



169 



16760 A I Doon, Id fu ses frere, 

D'un haut home, de par sa mere. 
Gil yesques Do fu de bon fame , 
Et a la glise nostre Dame 
De Baio&s fist moult de biens : 

16765 Pour son avoir n'i failli riens. 

Uns ni& le due Willaume apri& , 
Guis ot dod , preus fu et engri& , 
Fius conte Renaut de Bourgogne; 
Et, par desdaing et par viergougne, 

16770 Ajousta a soi, par engin, 

Nigel, conte de Coustentin. 
Et si tenoit del due grant ti&re , 
Dont il n'avoit tence ne gierre. 
Sour Olne, une aigue bien corant, 

16775 Cil Guis a trest de Normans tant , 
Que li dus la ti&re guerpi , 
Quar il n'ot triuwe ne respi. 
Al roi Henri s'en vint en France , 
Ki par pitie , sans demorance , 

16780 Ala sour aus et combati, 
Les anemis le due venqui 
A Valougne , et moult en tua 
Et grantment en Olne en noia. 
Si Tint li quens Guis a mierci; 

16785 Li dus sa ti&re li rendi. 



Odon, eV&jae de 
fiayeax. 



Aerolte de Gay de 
Bourgogne et de 
Neel de Coteniln. 



BaUilie de Val-def- 
Danei, 1047. 



16760 Boon, Do, Odon, fils d'Harlette et 
d'Herluin on Herlevin ; seigneur de Conte- 
ville. 

16766 Ifie's, cousin. En flamand on designe 
par le m&me terme un cousin et un neveo. 

16767 Guis , Guy , fils de Renaud I w et d'Alix, 
avail recu du due Guillaume , Brionne , Vernon 
et les terres qui en dependaient. Guillaume de 
Jumieges Fappelle JPUo. Hist, fr., XI, 45, B, 
voy. Rob. Wace, II, 19, v. 8754 et suiv. 

Tom. II. 



16771 Nigel, Ifigellus Conslantinientisprcrses, 
dit Guill. de Jumieges. Rob. Wace le nomme 
If eel de Costentin. 

16774 Olne, Orne. 

16777 Triuwe, treve. 

16782 Valougne, Yal-des-Dunes, Valedunm, 
entre Caen et Argentan. Rob. Wace, II, 28; 
Chron. vulg. de Normandie, Hist, fr., XI, 355, 
D. Le comte de Flandre se signala dans cette 
journee. 

22 



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170 



CHRONIQDE 



Thibaud III, comte do 
Blois, prisonnier de 
Geoffroi II , comte 
d'Anjon, 1044. 



Jofrois Martiaus , li quern d'Ango. 
Le guerroia apri& I po , 
Et si prist le conte Titibaut 
De cele guerre sans asaut, 

16790 Et taut le tint k'il li rendi 
La chit£ de Tours k eel di , 
Et castiaus autres, ne sai quans. 
Si guerroia moult des Normans 
Et prist Danfront et Alen$on , 

16795 Et les guarni par con tendon. 
Mais li dus Guillaumes asist 
Danfront et breteskes i fist, 



16786 Jofrois, Geoffiroi II , dit Martel , ills de 
Foulques III, surnomme le Noir, ne le 14 octo- 
bre 1006, succeda a son pere dans le comte* 
d'Anjou , en 1040. 

16792 Ne sai quans. II en couta pour rancon 
a Thibaut la ville de Tours , moins Tabbaye de 
Marmoutier , les villea de Langei et de Chinon , 
avec leurs dependances , et la reserve de la mou- 
vance envers le comte de Cbartres ou de Blois. 

16794 Danfront, sur ce chateau et celui de 
Falaise , et en general sur ceux de la Norman- 
die, on ferabiende recourir au Court d'antiqui- 
te't monumentales de M. De Caumont. Voyez 
specialement torn. V, pag. 177-179. Consultez 
en outre M. Caillebotte , historien de Dom front. 

AUncon. Le chateau d'Alencon fut fonde au 
X e siecle , par Yves de Belleme $ mais la forte- 
resse, dont trois tours sont encore debout, date 
des XII e , XUI e et XV e siecles. Un donjon, ren- 
verse* en 1784, etait Touvrage de Henri I cr , roi 
d'Angleterre. Odolant Desnos , qui a donne avec 
soin toutes les dates de ces constructions dans 
son Hitioire d'Alencon, y a joint un plan de- 
taille de l'ancienne forteresse. Le rapport de 
H. Galeron sur les monumens historiques de 
rarrondissement d'Alencon , insere au torn. IX 
des Memoiret de la tocie'te det antiquairet de Nor- 
mandie (1835), pag. 1-49, est orne de trois 



planches representant : 1° une des portes du 
chateau d'Alencon ; 2° une vue de ce chateau a 
l'interieur ; 5° enfin sa grande tour et des restes 
de constructions. 

16797 Breteslet , ouvrages soit pour l'atta- 
que , soit pour la defense. Catiella lignea, dit 
Du Cange , quibus cattra et oppida muniebantur, 
mais nous ne pensons pas que cette matiere 
(lignea) fut indispensable , quoiqu'on lise dans 
Rob. Wace : 

Entour ont bretesckes levees 
Bien plancbiees et quernelees. 

Rob. Wace, II, 49, v. 9426: 

Treix cliastels fist fere environ. 

Et plus loin , 88 , v. 9629 : 

Li berteseftes en fist porter , 



▲ Aubrieres ( Ambrieres) les fist lever. 

Ce que la Chronique vulgaire de Normandie 
explique ainsi : Et apres ee fist prendre tout le 
marrien det chattel et garitet , (et) det pattis 
qu'il avoit fait faire devant Dan/front pour le 
siege et let fist porter a Ambicrez , en la froniiire 
de la terre. Hist, ra., XI , 337 , D. 

On disait autrefois : cette ordonnance a *5te* 
publiee a la bretesque de la ville, e'est-a-dire 
d*un lieu eleve, destine a de semblables promul- 
gations. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



171 



Et puis revint a Alenchon. 
S'asist le castiel environ , 

16800 Et cil dedens, ki moult fort erent, 
Le laidengi&rent et clamerent 
Bastart, et, pour lui faire anui. 
Si batirent pardevant lui 
Pennes d'agniaus ainc l'anuitier 

16805 Et s'el clam&rent peletier. 

A lendemain , par conten$on , 
Fist assaillir $aus d'Alen$on; 
S'es prist a force et sans tender, 
Et pi& et puins lor fist trencier, 

16810 Et crever les ieus de lor front. 
Et puis s'en ala a Danfront, 
A force prist tour et castiel , 
Lor gens n'i valu I gastiel , 
Tous les ot et mist en prison , 

16815 Et moult lor fist de mesproisons. 
Si com il orent d&iervi , 
Li dus Guillaumes les siervi. 

Dont exilla, ce truis el conte, 
Dus Willaumes Werlenc, le conte 

16820 De Mortuel, pour ?ou k'il ot dit, 
Et par outrage et par mesdit , 
A I chevalier baceler, 
Ki , par poverty , vot aler 
Droit em Pulle , a Robiert Wiscart , 

16825 K'il n'alast mie cele part, 

Quar dedens VIII jors poroit-on 



Sieges d'Alenfon et de 
Domfront. 



Guillaume de MorUin. 



16803 Si batirent.*,. Pellet enim et renonet 
ad injuriam duett verberaverant , iptumque pelli- 
ciarium detpective vocitaverant, eo quodparentet 
matrit ejus pelliciarii exstiterant. Guill. de Ju- 
mieges dans le Recueil det Hist, fir., XI , 44, B. 

16804 Ainc l'anuitier , avant la nuit. Ces mots 
sont amenes par le besoin de la rime. 



16819 Werlenc, Guillaume surnomme' Wer- 
lenc , descendant du grand Richard. I] etait comte 
de Mortain (Mortuel). 

16822 A I chevalier. II se nommait Robert 
Bigot, suivant Gail, de Jumieges. Hittorient 
franc. , XI , 44, C ; et Recueil de Camden , 
pag. 657. 



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172 CHRONIQUE 

Prendre partout en abandon 

En la ti&re le due Guillaume ; 

Quesist destrier , escut et hiaume. 
16830 Pour eel dit l'enka$a li dus, 

Qu'ainc puis li quens n'i fu v&is. 
Empri& l'aoust, ee dist l'escris , 

Vint a grant gent li rois Henris 

En Normendie , et fu od lui 
16835 Jofrois Martiaus., pour faire anui. 

Mais li dus fist s'ost acesmer, 

BaUille de Jrforteroer, , , n « «- 

]'«n 1254, aYant le o es aesconn a JMortemer , 

c * rcmc# Pri& de Brenyile, et moult en prist, 

Quar a I destroit les sou prist. 
16840 Et puis ferma li dus Bretuel, 

Contre Tulteres, par orguel, 

Que tolut li ot rois Henris. 

Fors fu Bretious et bien garnis. 

A Guillaume , le fil Osbiert , 
16845 Con ne tenoit mie a bobiert, 

Le carga li dus a garder, 

Pour ses afaires regarder. 

Cis Guillaumes fu moult preudom 

Et loiaus et de buen renon. 
16850 II et li dus, sans desfiance, 

Combatirent al roi de France , 

Al gu£s de Dive , et desconfi 

Tous les Francois , j'el sai de fi , 
Le roi <fe France pa SfC Voiant le roi qui , d'autrepart , 

16855 Iert outre l'aigue en lor esgart, 

Et Jofrois Martiaus iert o lui. 

16833 Henris, Henri I". 16840 Bretuel, Breteuil , dans le departement 

16837 Mortemer, Mortemer-snr-Eaulne, ar- de FEure. 

rondissement de Nenfchatel et non pas Morte* 16843 Bretious, cette forme est le nominatif 

mer-en-Lyons. de Bretuel. 

16838 Brenvile, Brainville. 16832 Al gue's de Dive, a Varaville. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



173 



S'en avoient moult grant anui, 
Quar li flos de la mer montoit, 
Si que nus passer n'i pooit. 

16860 Petit apri& se concorda 
Li dus al roi , et amenda 
L'uns a I'autre , et li rois rendi 
Tiulieres au due; s'el garni, 
Et Guillaume garda Bretuel , 

16865 Si qu'ains li rois ni torna 1'ueU 
Et puis ot-il , par son esfbrt , 
La contr^e de Herefort, 
Que dus Guillaumes li douna 
Quant Engletiere conquesta , 

16870 Et grant partie de la tierre 
Li douna-il a cele guierre , 
Quar de lui aidier fu engri&, 
, Si com tous en oris apri&. 
Puis l'ocist Robiers li Frissons 

16875 En Flandres, si com nos lisons. 
Jofrois Martiaus tant guerroia 
Le due , que moult Ten anoia. 
Sour lui ala , si prist le Mans , 
Quar il ot force des Normans , 

16880 Et prist le castiel de Maiet 
Dont il li ot maint anui fet, 
Quar c'iert sa d& et ses mantiau*. 
Dolans en fu Jofrois Martiaus. 
Mansiel ne Torent plus sofrir 

16885 Desous les Normans a g&ir ; 

Si fisent signour, par destrece. 
D'aus tous Elie de la Flece 



La pair se letablit en- 
tre le roi de France 
et le due de Nor- 
mandie. 



Demeles de Guillaume- 
le-Conquerant et de 
Geoflfroi Martel. 



16865 L'uel, Toeil. 
16878 Ala, Guillanme alia. 
16880 Motet , Meduanum casteUum, le cha- 
teau de Mayenne, dont le seigneur s'appelait 



Geoffroi. II y a cependant dans le Maine un en- 
droit appele Mayet . 

16887 Elie de la Flece, tilie de la Fleche , fils 
de Jean de Baugenci, seigneur de la Fleche , et 



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174 



CHRONIQUE 



Le due de Normandie 
epouse la fille du 
comte dc Flandre. 



Et li donn&rent, en apiert, 
Une ni^ain conte Hierbiert 

16890 Del Mans, de sa fille lainsn^e, 
Qui avoit estet marine 
En Lombardie, a 1 haut ome; 
Mais Testore pas ne le nomme. 
Et li dus n'el Tot endurer; 

16895 Si fist sa gent sor aus aler. 
Mais Elie al due s'aeorda , 
A son plaisir li amenda, 
Ensi qu'Angevin et Mansiel 
Se tenroient a I apiel , 

16900 Et Norman t seroient par aus, 
Quar il no rent leur para us. 
Lors se volt li dus marier, 
Pour ses amis emparenter 
Et pour soi mesmes enforcier. 

16905 Si avoit oi anonchier 

Que li quens de Flandres avoit 
Une fille qui moult savoit 
Et moult estoit biele et vallans , 
Sage, courtoise et bien parlans. 

16910 De la fille le roi Robiert 

Estoit cele , bien m'en sai ciert. 



arriere-pelit fila d'Herbert £veille-Chien , devint 
comte du Maine en 1090. Or , Guillaume-le-Con- 
querant avait cease de vivre en 1087. Cest done 
par anachronisme que cet evenement est place 1 
sous son regne , il faut le mettre avec Guillaume , 
de Jumieges, sous Robert Courte-Heuse. Hist. 
fr. f XI, 85 , C; et Camden , pag. 672. 

16890 De sa fille Vainsne'e, Hersende ou Ger- 
sende, fille d'Herbert I er , £veille-Chien , femme 
de Thibaud HI , comte de Blois , puis d'Azzon , 
marquis de Ligurie. 

16900 En 1149, Geoffroy Plantagenet reunit 
|a Normandie a l'Anjou et au Maine. Helie de la 



Fleche &ait decide* depuis environ 59 ans. 
16901 Pour retablir la mesure , lisez : 

Quar il n'orent pas lenr paraus. 

16910 Mathilde de Flandre avait pour pere 
Baudouin V, et pour mere Constance, fille du 
roi Robert. Rob. Wace , II , 58. v. 9636. 

Par cunseil de sa barunie 

Prist uoo fame de haut lin , 

En Flandres, filJe Balduin, 

Niece Robert, li roi de France , 

Fille soe fille Cunstance; 

A maint noble home fu parente , 

Mahelt out non , mult bele e Rente. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



175 



Ses peres I'amoit durement , 

Et 8a m&re tout au semen t. 

Vierg Boulegnois estoit yenus 
16915 Al conte a parlement li dus. 

Si ii a sa fille rouy^e , 

Pour ?ou qu'ele ert preus et sen&. 

Li quens Bauduins respondi : 

« Sire dug , oi& que jou di , 
16920 Par la foi que jou doi S'.-Pi&re, 

Je suis moult li& de grant paani&re 

Que ma fille votes avoir ; 

J'ai tiere ass& et grant avoir, 

Si en aur& a vo plaisir. 
16925 Et bien saci^s, n'el quier taisir, 

La m&re l'aimme plus que rien , 

S'ele Potrie, j'el voil bien. » 

A tant s'en est partis li dug. 

Li quens est a Lille venus , 
16930 Sa feme a la raison mostr^e 

Com li a sa fille rouy&. 
La damoisiele yint avant, 

Si leur respondi maintenant : 

<( J'aim mious estre nonne vel^e 
16935 Que jou soie k bastart doun&. » 

Li quens en fu moult a'ir&. 

« Si iert, fait-il, com vous dir&. » 

Uns chevaliers esrant monta, 

Al due eel afaire conta , 



16925 Tatter, taire. 

16952 La damoisiele... Particularity qui ne 
sont pas dans Guill. de Jumieges, guide habituel 
de Ph. Mouskes. Ge r£cit, dont la couleur a 
quelque chose de romanesque et de fabuleux , 
est reproduit dans la Chronique de Tours, ainsi 
que dans une ancienne Chronique vulgaire, 
citee par les auteurs de VArt de verifier Us da- 



tes, d'apres un MS. de S'.-Germain-des-Pres , 
n° 159. Les expressions sont souyent identiques. 
M. A. Le Prevost est porte a croire que la Chro- 
nique de Tours a place trop tard l'epoque du 
mariage de Guillaume et de Mathilde , en le rap- 
portant a l'annee 1055 (1056), et remarque qu'il 
en e'tait deja question des l'annee 1049. £dit. du 
Roman de Ron, II , 58, note 5, 195, note 4. 



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176 



CHROMQUE 

16940 Et la damoisiele acusa 
De 90U qu'ele le refusa. 

Quant li dus sot la vfrit^ 
S'en ot al cuer ire et yiut£. 
Tout droit a Lille vint I jour , 

16945 U la puciele ert k soujour. 
Et la mere i fu entresait, 
Et li quens i tenoit I plait. 
Li dus al perron descendi , 
Et sa gens aluec I'alendi. 

16950 La damoisiele ert en la sale , 
Ki n'iert mie laide ne pile. 
Li dus, ki qu'en &iist bon gr&, 
S'en vint tot amont les degr&. 
La damoisiele, quant le voit , 

16955 Od sa mire encontre venoit. 
Li dus par les traices le prist , 
Ainc qu'autre raison li desist. 
Si l'a jus k ses pi& gi&ee , 
Et as esporons debout^e . 

16960 Et de puins et de pies batue, 
Si que poi faut que il n'el tue. 
Et de ses hueses embo&s , 
Qui grandes estoient et \6e$ 
Et del tai d'ivier cunchii&, 

16965 Le ddbula plus de VII fi&, 

Qu'ainc pour sa mere n'el laissa. 
Lors descendi, si remonta, 
De la vile sen est issus, 
Qu'ainc de rien n'i fti esperdus. 



16943 FtW, mepri8,siiivant Roquefort. 

16956 Traices, treasea. Cette action brutale 
revele toute la barbaric dea moeura de ce aiecle. 

16962 Hueses emboees , dea bottinea couvertes 
de boue. 



16964 Del tai d'ivier cunchiiet , et aouilleea 
de la fange de Fhiver. 

16965 Fies, foia. 

16969 Avant qu'on y put rien aavoir de ce 
qui yenait de ae paaaer. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 177 

16970 Boins cevaus orent, si s'en vont. 

Les nouvieles venues sont 

A son pere , qui tenoit plait. 

Si fu trop dolans de eel fait ; 

Mais il iert a si poi de gent 
16975 K'il laisa la cose ausement. 

Quar il sot l'uevre et la gille , 

Que li dus Tot fait pour sa fille , 

Ki l'avoit bastart apiele , 

S'ot l'outrage renouveli. 
16980 Petit apri& se racorda 

Li dus al conte , et amenda 

L'outrage que il en ot fait , 

Et li pardouna le mesfait* 

Al due moult d&oinairement. 
16985 Et il dus moult courtoisement 

Li dist que sa fille prendroit, 

Se li quens donner li voloit. 

Li quens Bauduins respondi : 

« Sire, g'en parrai, j'el vous di , 
16990 Et si ferai tot men pooir 

Que vous puissi^s ma fille avoir. » 
Cis Guillaumes fu moult preudom 

Del commencement jusqu'a som , 

N'ainc de sa tiere n'amenri. 
16995 Par l'aide le roi Henri , 

Le rot toute et tint quitement. 

Puis avint-il tout voirement 
. Que li Normant I'adamagi&rent ; 

Mais il et li rois s'en vengi&rent, 
17000 Ensi li plusiour s'en issirent 

Et de la ti&re s'enfuirent. 

Dont s'en al&rent , par esgart , 

16976 Ce tow est trop court d'une syllabe. 16989 Parrai, parlerai. 

Tom. II. 23 



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178 



CHRONIQUE 



Robert Guiscart. 



En Pulle , al due Robiert Wiskart, 
Qui s'en ala, par I fourfet, 

17005 Al tans le roi Huon-Kapet, 
Par son despens et par aleu. 
Et s'el tenoit-on a moult preu. 
Cil Robiers estoit uns bey ere, 
Uns chevaliers fors tremel£re; 

17010 Tant fist que riens ne li remest, 

Fors qu'uns seus manoirs u il mest. 
Si parent tot le blastangierent, 
1 seul esouier li bailterent 
Et I palefroit a son o£s. 

17015 Et il s'en est d^partis lu&. 
Quant il ot une liuwe esr^, 
Si li menbra qu'ot m&err£, 
Qu'on soloit dire en reprover : 
Mar vit li oro son avie prier.* 



17005 Wiskart ou Guiscard , e'est-a-dire 
adroit et ruse, selon les uns v , errant, selon les 
autres , fils de Tancrede de Hauteville , pres de 
Coulances, et de tredesine ou Frazende, sa 
seconde i'emrae, naquit vers Tan 1015 et devint 
due de Pouille en 1057, apres la mort d'Hum- 
phred, son frere. Or Hugues-Capet cessa de 
regner en 996. G. de Jumieges, VI, 50. 

17004 Fourfet, l'auleur ne dit point quel 
etail ce for fa it. Les historiens n'en parlent mgme 
pas. Otton de Frisingen, lib. I de Gestis Frede- 
riciimp. c. 5, se contente de s'exprimer ainsi : 
Roberlus iste , ex mediocri stirpe in Northmannia, 
ex eorum militum ordine quos vamassores vulgo 
ibi dicere solent, in plaga quam Conslantiam in- 
digenes dicunt, edilus, cum Rogerio fratre tarn 
patri, famis tempore, morem, ut aiunt, gerens , 
quam ob locorum stertlitatis molestiam , a natali 
solo progressus, multo tempore multas propincias , 
opporiuniorem ad inhabitandum ierram qucerens, 
oberravit : uude et ab oberrandi circuitu patria 
lingua Guiscardus , lanquam oberrator et gyrator, 



appella'us est. Cette derniere explication du nom 
de Wiscart , nous semble inoins bonne que l'au- 
tre. Fl. wys hart, cceur ruse. 

17005 Huon-Kapet, voy. la note du v. 17005. 

17006 A cause de ses depenses et potircher- 
cher un heritage. 

17008 Severe , buveur. 

17009 Tremelere, joneur, proprement joueur 
de tremerely jeu de hasard ou Ton se serrait de 
des. 

17010 Remest, resta. 

17011 Blest, demeura. 

17012 B las tangie rent , blamerent. 

17017 MJserre, mal fait. 

17018 En reprover, en mauvaise part. 

17019 Pour retablir le vers il faut lire : 

Mar vit I'om son ave prier. 

« A la male heure voit-on le poirier de son 
grand-pere. » Prier, poirier. C'etait un proverbe 
de ce temps-la. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



179 



17020 A tant s'en retorna moult tos , 
A son manoir vint les galos. 
I prier ot grans , fu ram& 
Qui de son avie fu rem& ; 
D'une quignie le copirent , 

17025 Et puis arri&re s'entornferent ; 
A la voie se sont remis . 
Puis ala tant par le pais 
Qu'en Pulle vint , si f u routiers , 
Et tint siergans et cevaliers , 

17030 Tant que toute Pulle conquist , 
Et a ses gens moult de biens fist. 
Sire fu de toute la tierre , 
Par son effort et par sa gierre 
Et par son grant enforcement. 

17035 Se maria trop hautement 
A une puciele gentille : 
S'en ot Bui^mont de S&ile. 
Et cil fu au prendre Andioce , 
U il a mainte forte roce , 

17040 Et s'i fu li dus Godefrois, 
Ki fu de Jherusalem rois. 
Une serour avoit laissi^ 
En la ti&re de Normendie. 
Povre iert , mais ele avoit I fil 

17045 Courtois et valiant et gentil. 
Mais par poverty qu'il avoit , 
Son pere ki^rue menoit. 



GocUfroid de Bouillon. 



Histoire de Robert 
Creapin. 



17021 Vint let galos, vint au galop. 

17025 Avie, pour la mesure lisez ave. 

17024 Quignie, cognee. 

17055 Se maria, il se maria deux fois : la 
premiere a Alberade , qu'il repudia, la se- 
conde a Sikelgaite , fille de Gaimar IV, prince 
de Salerne. 

17057 S'en ot Buiemont, Bohemond &ait du 



premier lit. 

17040 Et si fu, au temps de.... 

17042 Avoit laissie... Ces mots ne se rappor- 
tent pas a Godefroid de Bouillon , comme la 
construction pourrait le faire croire, mais a 
Guiscard. La suite du recit ne laisse, au sur- 
plus , aucun doute a eel egard. 

17047 Kie'rue, char rue. 



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180 



CHRONIQUE 



Et souvent avoit oi dire 

Quen Pulle estoit ses oncles sire. 

17050 cc Maldehait , dist-il , ki jou soie, 
Ki jamais fera diertiu roie ! » 
A taut prist congiet a sa m&re 
Et a la mesnie son p&re. 
Lendemain, a pau de monnoie, 

17055 Sen est torn^s et tint sa voie; 
Son pais ne proisse une agulle. 
S'a tant alet k'il Tint en Pulle , 
U Robiert Wiskars cort tenoit : 
M cevaliers et plus avoit. 

17060 £s tous le vallait entretant 

Jusqu'a I'uis del palais batant. 
Trop estoit debonnaires fins 
Et ot a non Robiers Crespin. 
Robiers Crespins entre el palais , 

17065 U on can to it et sons et lais : 
L'uns i harpe, Tautre iriifele. 



17050 Maldehait ki jou soie , que je sois 
maudit. 

17051 Si je trace jamais un sillon ; diertiu, 
droit (directum) ? roie, raie, ligne , sillon. 

17056 AgulU, aiguille. On a deja vu de ces 
comparaisons qui tendent a diminuer la valeur 
d'un ofojet. Ne pas priser uu bouton , une alie , etc. 
Robert-le-Diable dans le Miracle de Nostre Dame, 
pag. 34 , dit en parlant de sa famille et de ses 
amis : 

Je ne les prise tous un poj-s. 

Et plus loin , pag. 56 : 

Je n'y acoulc pas deux mi lies. 

Voy. torn. I , passim et le Glossaire. 

17057 Alet, alle. 

17060 Vallait, valet; entretant, pendant ce 
temps , cependant. 

17061 Batant. Dans le Miracle de Nostre 
Dame, de Robert le By able , on lit pag. 24 : 



Hl'CHON. 

Je ticn que voircment ferom.; 
Alons. He! 14 le vois estant, 
Pieron, avancons-DOUS batant. 

Une note interprete ce dernier mot par atsez, 
maisici a-t-il cette signification? son sens naturel 
n*est-il pas : marchant rapidement ? 

17065 U on cantoit.... Ces plaisirs delicats 
etaient goules en effet a cette epoque flelrie du 
nom de barbare. Le roman du chevalier Vaillant et 
des deux filles de Blondel de Luxembourg con- 
tient ce passage, cite par l'abbe De la Rue 
(Essais, etc., I, 147) : 

Quand les tables furcnt ostcei, 
Les roles se sont arotees 
Pour dansierct pour faire fesle ; 
En chatnbres on chanle de geste 
Devantles chevaliers blesses, etc. 

17066 ffarpe... rtte/e, ces verbes sont re- 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



181 



Cil Robiers I vallait apiele , 
Demanda lui li qeus estoit 
Robiers Wiskars, se il savoit. 

17070 cc Frere, fait cil, v&s-le la, 
A cele haute table la . » 
cc Vallait, fait-il, quar m'i men&, 
Ja sui-jou de sa tiere nes. » 
Cil li meua et il a dit : 

17075 cc Sire, Dieus vous saut et ait; 
De Normendie sui yenus. 
Vostre suer vous raande salus ; 
Jou sui ses fius : pour le renon 
De vous, euc-jou Robiers a non. » 

17080 Robiers Wiskars, a tel parole 
Le prent , si le baisse et acole ; 
Si li& en fu que ne pot plus. 
Bien fu lues cauchies et viestus, 
Et ot palefrois et cevaus , 

17085 Et deniers et dras et ceudaus. 
Mais l'emperere d'Alemagne 
Petit apries , a grant compagne , 
Vint sor Robiert Wiskart a force , 
Ki sa tiere reube et escorce ; 

17090 Et grant partie de sa tierre 
Li ot tolue par sa gierre , 
Et ses castiaus et ses cit& 



Guerres souleaucs par 
AohertGuisrart. 



marquables , et on doit les regretter puisqu'on 
leur a substitue l'expression traioaote de pincer 
de la harpe, et dejouer de la vielle. 

17075 Saul et ait, sauve et protege. 

17079 Euc-jou, eus-je, j'ai recu. 

17081 Baisse, baise. 

17085 Cauchies, chausse. 

17086 L'emperere , ce devrait etre Henri IV, 
mais Fhistoire ici n'est pas exactement sui vie. 
Ph. Mouskes semble avoir sous les yeux quel- 



que legende romanesque qu'il met en rimes , 
suivant sa coutume. Au reste, il est interessant 
de comparer son recit avec Fouvrage publie, au 
nom de la societe de Fhistoire de France, par 
M. Champollion-Figeac, et dont nous parlons 
dans Tlntroduction de ce second volume , c'est- 
a-dire avec YYstoire de li Normant el la chroni- 
que de Robert Vise art , par Aime I moine dn 
tnont Cassin. 

17089 Escorce, ravage. 



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182 



CHRONIQUE 



Et ses bours et ses fermet&. 
L'autre jour apri& , lemperere 
17095 De Coustantinoble , u il £re , 

S'esmut , et par ti&re et par mer , 

Pour Robiert Wiskart adamer. 

Et il quist gent, tant cevau$a 

Que l'emper&nir aprocha 
17100 DAlemagne, et s'i conbati: 

Mais a premiers li mesk&. 

Robiers Crespius , ki yall^s ert . 

Vit la perde qui leur apert. 

XX damoisiel arm^ estoient 
17105 O lui, ki garder le devoient. 

Ses oncles leur ot commande , 

Pour ?ou qu'ii foist siret^ 



17094-95 L'emperere de Couttantinoble, Alexis 
Comnene ne fit que se defendre contre Guiscard 
qui avait pris le parti d'un imposteur. Celui-ci 
se doonait pour l'empereur Michel Parapioace , 
beau-frere de Robert , et que Nicephore Boto- 
niate avait supplante. 

17097 Adamer, causer du dommage. 

17098 //, Robert. 

17101 A premiers, d'abord; li methe'i , il lui 
mechut , il lui arriva malheur. 

17102 Valle's, tout a l'heure vallait, valet. 
Ce terme , avec les diverses manieres de Portho- 
graphier , s'est reproduit frequemment dans la 
partie qui precede. Voici le portrait gracieux 
qu'Antoine De La Salle trace d'un valet , dans 
le sens chevaleresque du mot : a Ou temps du roy 
Jehan de France, ills aisne du roy Philippe de 
Valois , estoit en sa court le seigneur de Pouilly 
en Touraine, qu'en son hostel avoit ung tres 
debonnaire et gracieux jouvencel nomine Jehan, 
et aisne fils au seigneur de Saintre en Touraine 
aussi. Lequel par sa debonnairete vint en grace 
au roy , et lellement qu'il le vouloit avoir , car 
il estoit encores bienjeune , l'ordonna pour estre 



son paige seullement pour pres luy chevaucher, 
et le surplus tervir en salle comme ses aultres 
paiges et en fans d'honneur; lequel Jehan de 
Saintre, sur tous les aultres paiges et enfans 
d'honneur servoit chacun jour a table , ca et la 
tres diligemment et assez plus que nul des aul- 
tres , et special ement les dames , en tous les 
plaisirs et services qu'elles lui commandoient a 
son pouvoir. Du surplus, selon son aage de 
XIII ans , estoit tres habile et hardy valleton , 
fust pour chevaucher ung bien vigoureux cour- 
sier , fust a chanter ou a dancer , a jouer a la 
paume , a courir , a saillir et a tous autres esbatz 
qu'il veoit aux hommes faire. A tout se vouloit 
joyeusement employer, combien que sa per- 
sonne estoit et fut toujours linge (delicate) et 
menue, mais son cceur estoit entre les adltres 
tout fer et acier.... » L'hittoire et pfaisante cro- 
nicque du petit Jehan de Saintre', Paris, 1724, 
I, 1-5. On peut rapprocher de ce portrait ce 
que dit Georges Chastellain des debuts de Jac- 
ques de Lalaing a la cour de Bourgogne. 

17105 Perde, pertej qui leur apert, qui leur 
a p par ait , qui les menace. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 183 

Et son aquest. S'il i fust mors , 

Encore fust $ou p&i& et tors. 
17110 Quant li vall^s est perc&is 

Que ses oncles ert d&&is , 

Et k'il perdoit si durement , 

Armes estoit couviertement , 

Maugret ses gardes cerau$a , 
17115 Des esporons ceval brocha , 

Vint a l'estour , cria s ensagne , 

Si leur a fait guerpir la plagne. 

Car il avant et puis li sien 

Le fisent a l'estour si bien 
17120 Que Robiers Wiskars recouvra. 

Li valtes si bien s'i prouva 

Que par iui seul , g'en sui tos fis T 

Fu i'emperere desconfis , 

Et Robiers Wiskars fist grant joie 
17125 De son neveu, plus qu'en diroie , 

Car la praice de celui 

Sauva tous ses hommes et lui. 
El demain lor Tint la nouviele 

Que Coustantinoble la biele , 
17130 Et Salenique et la Mor&, 

U moult de gent ot demor&, 

Avoit i'empereres gierpie , 

S'en iert venue a grant navie 

En Pulle , a quan k'il pooit faire , 
17135 Pour viers Robiert Wiscart mesfaire. 

Lors s'atorna Robiers Wiskars , 

Qui n'iert pareceus ne escars , 

17108 Aquetl, ce qall possedait, acquit(ty{a)i 17116 Eslour, combat; ensagne, cri de guerre, 
pour le defendre corps et bieos. 1 71 20 Recouvra, reprit Fa vantage. 

17109 Fust, eut e*te. 17126 Praice, pour proaice, prouease. 

17110 E tt percent y se fut apercu. 17150 Salenique, Thessalouique. 

17113 II s'arma en cache tte. 17152 Gierpie, quitte. AH. werfen , wegwerfen. 



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184 



CHRONIQUE 



Et fist cargier soumiers et kars , 
Avainne. pain et vins et kars. 

17140 Son neveu a fait cevalier, 
Rices armes li fist baillier , 
Et XX cevaliers de mesnie 
Li a dounes en compagnie. 
Viers Teraper^our s'arouta 

17145 Ki de sa tiere le reta. 

Et , quant s'entrevinrent les os , 
Robiers Wiskars s'arma moult tos, 
As gens l'empereur asambla . 
Et Robiers Crespins cevau^a, 

17150 Od sa gent, bani&re lev£e : 

Le destrier broce a randomise. 
Que vaut a faire longe fable 
Li quel le fisent mious al caple ? 
Robiers Wiscars , joste uns sapins , 

17155 Et ses couzins Robiers Crespins, 
II et lor gens tant i ferirent , 
Que i'emper^our desconfirent. 
Mais Robiers Crespins ot le pris , 
Et si n'avoit gaires apris 

17160 D'armes ne de cevalerie, 

Mais ses cuers Ten semont et prie , 
Quar de linage et de nature 
Li venoit plus qu'en noureture. 



17158 Soumiers, beles de somme ; kars, chars. 
17139 Kars, chair. 

17145 Reta, qui voulait le priver de sa terre 
comme un criminel. 

17146 S'entrevinrent let os, les armees se ren- 
eontrerent. 

171 81 Broce, pique ; a randonne'e, avec force, 
impetueusemenl. 

17152 A quoi bon raconter longuement quels 
furent ceux qui se distinguerent ? 



17153 Al caple, au combat a Tepee, combat 
de pres , ad cap(u)l(utn). 

17154 Joste uns sapins, cetle circonstance 
n'est amenee la que pour la rime. Voy. dans le 
Livre des Le'gendes, par M. Le Roux de Lincy 
(Paris, 1836), I, 97 et suiv. , ce qui est dit 
des bois et des plantes. 

17163 Noureture, education. 

Nourri dans le serail , fen connais les detours. 

Racine. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



185 



S'en fu plus tegiers a aprendre , 

17165 Quar on puet de legier esprendre, 
Sans painne et sans aatisson , 
I auques en arse tisson. 
Et si , dist-on souvent , avient 
Que d'aire est li ciens, ki devient, 

17170 Veneres sans aprend&nir. 
Ensi avint-il k eel jour 
De Robiert Crespin le meneur ; 
Quar ses pere et si ancisseur 
Et sa mere et tout si parent , 

17175 En Normendie et l'aparent, 
Furent de gent bardie es n^, 
Et valiant et large et sen^. 
Si retraist a sa nourefon 
Par nature et par esligon , 

17180 Comme l'ostoirs et li girfaus 
D'escoufles et de bruhiers faus 
Sostent et devisent tous tans. 
Et si n'avoit pas XVII ans , 
Et puis fu-il tant renomm& , 

17185 K'il fu de roines am& 
En la ttere de crestiiens 
Et plus en liere de paiens ; 
Quar s'il avoit ass& proaice 



Reflexions. 



17164 Le'giers , prompt. 

17165 De legier, promptement, aisement ; et- 
prendre , allumer. 

17166 Aatisson, effort. 

17167 Arse tisson, tisons enflammes. 
17169 D'aire, ce mot semble vouloir dire que 

le cfaien qui devient chasseur saus l'avoir appris, 
est de bonne race. 

17172 Meneur, mineur, jeune, adolescent. 
Le roman de Robert le Dyable , encore MS. , 
mais dont un fragment suit le Miracle de Notre 
Dame, pag. 127, commence ainsi : 

Tom. II. 



Or entendes , grand et menor : 
Jadis , el tans enchienor, etc. 

17175 Et Vaparent, et dans les lieux voisins. 

17176 is ne, sur mer. 

17178 Retraist, reyint. 

17179 Par eslicon, par choix. 

17180 Ostoirs , autour j girfaus , faucon. 

17181 Escoufles, milan. M. Fr. Michel a 
donn£ un fragment du roman de YEscoufle , a la 
suite de son recueil de lais et de fabliaux ; bru- 
hiers faus, eperviers batards. 

17182 Se separent toujours. 

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186 



CHRONIQUE 



Moraine. 



L'auteur revient au doc 
Guillaume de Nor- 
mandie. 



Robert, aLbe de Saint- 
Evrol. 



Si ot-il biaut^ et largaice. 

17190 Pour 50U doit cascun souvenir 
De boins iestre et d'a bien venir , 
Quar par le fait d'un seui preudome 
Vtenent a sauvet^ M home. 

A Robiert Wiskart, dont j'ai dit, 

17195 S en furent ale maint banit , 

Qui maintes fois, et tempre et tart, 
Le due WiUaume-le-Lombart 
Coururent seule et fisent gierre , 
Pour lui honour et tolir tierre. 

17200 Et si ot I abet felon 

De S*. Evrol, Robiers ot non, 
Ki le due avoit moult gr^vl , 
Mais il s'en ot bien aciev£. 
Fors de sa tiere le bant 

17205 Et tout son linage honni, 

Et Fab&, qui moult sot de trulle, 
S en ala droitement en Pulle. 
Robiers Wiskars li fist livrer 
Une ab&e sour la mer, 

17210 De sainte Eufeme, une virgene. 
Moult haute cose et moult digne 
La furent trait pour le gagnart. 
Cest due Willaumes-lep-Bastart, 



17191 Boins, boo. 

17197 Le Lombart j pourquoi Ph. Mouskes 
donne-t-il cette epitbete, a Guillaume-le-Conque- 
rant ? Lombart n'est-il pas mis ici , par distrac- 
tion , pour bastart? 

17198 Coururent seule , coururent sus ? 
17201 S*. Evrol ou £*. £vroul, Ebrulfus , 

premier abbe du monastere de son nom, ou 
d'Ouche en Hi&nois, au diocese de Lisieux, 
Tan 565, mort le 29 decembre 596. 
1 7203 Mais en definitive l'avantage res ta au due. 



17206 Trulle, ruse, finesse. 

17210 Sainte Eufeme , sainte Euphemie , 
vierge et martyre de Calddoine, au commence- 
ment du IV siecle. 

17211 Digne, cette rime est la comme si on 
devait prononcer virgne , ainsi qu'on Ta fait plu- 
sieurs fois prec£demment. Le vers est trop court 
d'une syllabe, a moins qu'on nVvite Feli- 
sion. 

17212 Gagnart, escroc, voleur, selon Roque- 
fort. En general mechant, pervers. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



187 



Normant li fisent moult danois , 

17215 Mais il i mist moult pens de ibis. 
Li rois Henris moult Fen aida , 
Ki son pais li raplaida , 
Tant que si anemi trestout 
Vinrent a sa mierci debout. 

1 7220 Adont lemperere Henris , 
Ki n'estoit fols ne esmaris , 
Desposa le pape Grigorie , 
Ce nos raconte li estore. 
Par oquoisson le mist en trape, 

17225 Pour ?ou que Grigores, cii pappe, 
De son avoir ot acat^ 
Le don de l'apostolit^ , 
III mile liyres de deniers, 
As cardenaus fbs et larmiers , 

17230 Et a ne sai quans sinatours , 

Qui voloient haucier lor tours. 
L'emper&res ne reposa 
Jusqu a tant qu'il le desposa. 
Autre apostole fist sans gierre , 

17235 Qui n'avoit point d'avoir en ttere. 
Ewars li rois , qui d'Engleti&re 
Ot bien maintenue la tierre, 
Giut adont el lit de la mort. 



De'mele's de l'empereur 
Henri IV et du pape 
Gregoire VII. 



Gregoire VII accuse* de 
simonie. 



Henri IV fait depoter 
Gregoire VII. 



Mort d*£douard III, 
rol d'Angleterre. 



17217 Jtoptoufo, defendit. 

17221 Esmaris, trouble. 

17222 Grigorie , lisez Grigore ou Gregore, 
comme le demandent la mesure et la rime. Ge 
pontife , que la critique bistorique moderne a'est 
attachee a disculper des accusations dont il avait 
&e* l'objet , est repr^sente ici comme simoniaque, 
tandis que des 6crivains preiendent qu'il fut elu 
pape malgre lui. 

17227 Apostolite, papaute. 
1 7229 Lanniers , cupides , d'un caractere lache 
et vil. Lea b&iedictins, continuateurs de Du 



Cange, qui citent les vers 17220-17229, ecri- 
vent lamiert ; Us mettent aussi empereris (impe- 
rative), au lieu d'empereres. 

17230 Sinatours, senateurs. 

17231 Haucier lor tours, augmenter leur for- 
tune , leur credit. 

17233 Desposa, Henri IV fit deposer Gre- 
goire, a Worms, en 1076 , et fit elire a sa place 
l'anti-pape Clement III, dans l'assemblle de 
Brixen, Tan 1080. C'etait, cette derniere fois, 
pour se venger d'avoir ete* declare d&hu lui- 
meme par ce pontife. 



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188 CHRONIQUE 

Consienche , Id le remort 
17240 De cr^mir Dieu, le pere fort, 

Le mist aukes en deseonfort. 

Cascun jor bien se confiessoit , 

Com cil ki la mort apriessoit. 

Et si pensa k'il n'avoit oir 
17245 Qui sa tiere d&iist avoir; 

Mais de I'arcevesque Robiert 

De Kantorbire , en apiert 

Fu consilli& qu'i son neveu 
1 Hrii£Sr g P uT- Le due Willaume , sage et preu , 

uume de Norman 172 5o Donast son r£gne totentir; 

K'il n'ei savoit mious u partir, 

Quar encore fust-il bastars , 

II n'estoit avers ne couars, 

Ains estoit sages et hardis; 
17255 Et ses peres l'avoit toudis 

Soucouru , nouri et valu , 

Et son fr£re Aurr£ moult dolu. 
Ensi l'arceveskes Robiert, 

Ki n'estoit ne fos ne bobiers , 
17260 Le roi Ewart ot consilli^, 

Et forment s'en ert travilli^ , 

Pour cou que li dus iert safaris 

Et grans afaires embra^ans , 

Li rois Ewars li otria. 
17265 L'^vesque a Ruem en envoia , 

Et manda le due par ses letres 

Et par II clers moult sages mestres , 

Qu'il le faisoit de sa tiere oir ; 

Or le venist par tans v&>ir. 

17259 Consienche, conscience. partir plus convenablement. Voy. le Roman de 

17243 Apriessoit, oppressait. Rou, II, pp. 99, 115. 

17247 Kantorbire, Cantorbery. 17256 Valu, defendu par sa valeur. 

17251 N'ayant personne a qui il put le d6- 17257 Autre', Alfred; dolu, plaint, regretted 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



189 



17270 Li dus Guillaumes volentiers 
Douna del sien as cevaliers, 
Que le vesques men& i ot , 
Et lui fist d'ounor quan k'il pot , 
Et as mestres fist grant honour, 

17275 Et douua del sien par amour. 
Ses letres faire commanda , 
Al roi Ewart s'i remanda , 
Quar plus tost k'il onques poroit, 
En Engletiere passeroit. 

17280 Tost furent passe li mesage , 
Au roi le disent comme sage , 
Et li rois, qui point n'anoia, 
Le conte H&alt i renvoia , 
Qui plus poissans iert de la tiere , 

17285 De tous les contes dEngletiere ; 
Et il s'ariva en Pontiu , 
Mais jou ne sai dire en quel liu , 
Fors tant que a eel port, par gille, 
Le prist li quens Guis d'Abevile 

17290 Et tint VIII jors; mais puisedi 
Al due Willaume le rendi. 
Et li quens H^raus jura lues 
De la couronne et des alu&s 
Al due Willaume fcaut^ , 

17295 De par le roi, en loiaut^. 
Et eomme le roi Tasseura, 
Ensi le sairement jura; 



Ha raid passe en Nor- 
mandie. 



Il est arrete et recou- 
rre sa liberte. 



Serment qu'il fait 
Guillaume. 



17278 Quar, done. 

17282 Qui point n'anota, il serait peut-£tre 
mieux d'ecrire cut point n'anoia, k qui cela De 
causa point de deplaisir j autrement , a qui cela 
fit plaisir. 

17285 HeraU, Harald ou Harold, fib du 
comte Godwin , dont il a deja ei£ question plus 
haut. Godwin eta it beau-pere d'Edouard. 



17289 Guis, Gui I er , comte de Ponthieu , qu 
avait ete fait prisonnier a la bataille de Morlemer. 
Roman de Ron, II , 110, v. 10771. 

17295 ^fa««,aleux. 

17296 II vaudrait mieux lire , pour 6tre con- 
sequent avec soi-meme : 

£t com le roi l'asseura. 



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190 



CHRONIQUE 



Harald II, roi d'An- 
gleterre, 1066. 



Le comte de Flandre 
vicnt s'unir au due 
de Norraandie. 



Et si li bailla davantage 
Ulnot, son frere, pour ostage. 

17300 A tant prist oongiet, si passa. 
Tierc jour apri& si devia 
Ewars, li rois, comme preudom. 
Li quens H&aus , ki fu ses om , 
Contre son sairement saissi 

17305 Les castiaus , et si retoli 

Al due Willaume la couronne; 
Les sodoiers grant avoir donne , 
Et si fist bien garder les pors , 
Quar il ert quens poisans et fors. 

17310 Quant li dus Guillaumes le sot, 
Moult grant dol et grant ire en ot. 
Tot maintenant, a ses deniers, 
Re tint siergans et ceyaliers. 
Li quens Bauduins sagement , 

17315 Tantost qu'il sot eel mandement, 
Revint a sa fille a parole, 
Ki parte avoit comme fole , 
Quant ele le due escondi , 
Ki puis a Lille le laidi. 

17320 « Fille , dist li quens, que con die, 
Preus est li dus de Normendie , 
Et se vous le voli& avoir, 
Jou vous donroie grant avoir. 
Et quant vous avoir le vor& , 

17325 Je ferai tant que vous Taurus. » 
— « Oil , sire , dist la puciele , 



17299 Ulnot, Rob. Wace ne le nomine point 
parmi les enfans de Godwin , II , 66 , vers 



Cuntre li vint quens Gwioe (?), 
Ki mult esteit de pute orine: 
Fame out de Danemarche nee, 



De Daneiz bien eraparenlee, 

Filx out Heraul , Guert (Gurth) e TosU (Tostig). 

17518 Escondi, econduisit. 
17319 Le laidi, l'outragea; le, la. 
17520 Que c'on die, quoi qu'on dise. 
17524 Fore's, voudrez. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



191 



Ki moult ert aveuans et biele, * 
J'el prendroie ore, s'il voloit. 
Quar jou sai bien que moult valoit 

17330 Li dus , ki $aiens me yint batre. 
S'ilen<hiistXXetIIII, 
Si d&jissent-il 6tre pris , 
Et pour tant l'aim-je miols et pris. » 
— « Fille, dist li quens, vous Faurez, 

17335 Ainc quart jor le fin en saur&. » 
Lendemain al due remanda 
Li quens , et si li demanda 
Son voloir de sa fille prendre, 
II Faura s'il i viout entendre , 

17340 Et li dus Ten a merchte. 

A tant a son oirre atourn^ , 
A Lille Tint a la mescine , 
Qui moult estoit vallans et fine, 
Et si li demanda le voir 

17345 Pour quore le voloit avoir. 
Et la puciele a respondu : 
« Sire , g'i ai moult entendu , 
Pour sou que vous si hafdis fustes , 
Ne que vous si haut cuer fustes , 



17527 Avenans, avenante. 

17550 Qaiens, ceans. 

17555 M, prise, estime. 

1 7555 Ainc quart jor, avant le quatri erne jour. 

17549 IVe, ou, souvent tit. Les editeurs du 
Miracle de ffotre-Dame, de Robert le By able, ont 
remarque qu'il est convenable de dislinguer par 
un accent, ne* traduction du latin nee, de ne 
traduction de non, Vous ne mangez ne ne buvez. 
Cette observation nous parait fondee et nous 
nous y serious con forme , si des le principe nous 
en avions eu connaissance , mais l'ouvrage ou 
elle a paru est posterieur a la premiere partie 
de notre travail. Au surplus, M. P. Paris, quia 



sans doute eu cette remarque sous les yeux, 
n'en a pas adopte les consequences , en publiant 
le Bit des allies , de Geoffroy de Paris , poete du 
XIV siecle. En effet , il en donne ainsi ces vers : 

II sont com la beste esgareo 
Qui , quant s'apercoit adirce , 
Nc va pas moult seurcmeut ; 
Et se (si) se seat avironnee 
Dc levriert eotor ct serree, 
Lors 11 va par empiremenl , 
Ne ne peut fouir longuemenl; 
Quer (car) se li chien font sagement , 
Tost en sera prise cornee. 

Annuaire hist, pour Vannee 1837, 
publie par la Societe de Vhis- 
toire de France, p. 167. 



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192 CHR0N1QUE 

17350 Qu'en la maison mon pere mesme 

Fesistes de moi laiditesme , 

Et non pour quant me laidengastes 

Et puis tous s&ire en alastes. 

Et si tous trop preus ne fusi& , 
17355 Ja si haut penset n'^uissi&. 

Et pour ?ou si vous voil-je avoir 

Plus que pour trestout vostre avoir. 

Or ne vous caut de l'escondit , 

Que jou vos fis , ne del mesdit , 
17360 Quar g'en ai mon cuer entredit. » 

— « Ciertes biel buer l'av& dit , 

Dist li dus , car de Normendie 

Ser& dame , que c'on men die ; 

Et puis si ser& couronn^e 
17365 D'Engletiere et dame clam&. » 
Manage du due de Atant fu li quens apiel& 

Normandie. 

Et la contesse et h barnes ; 

La damoisiele fian$a 

Et el demain si l'espousa. 
17370 Si proia le conte esranment 

Qu'il fesist son atornement , 

Qu'en Engleti&re passeroit 

Et sa fille i courouneroit. 

Esrant s'en est li dus partis , 
17375 Si s'en ala en son pais. 

Sa feme i fu bien rec^ue , 

Tuit furent liet de sa venue. 
Lors trest li dus al roi Henri . 

Qui de rien ne Tot amenri , 

17551 Laiditesme , mauvais traitemenl ; cette 17361 Biel buer, tres-beureusement , tres- 

forme manque dans Roquefort. bien. Vers trop court. 

17558 L'escondit, action d'econduire. 17569 El demain, ce mariage fut celebre rers 

17559 Mesdit, propos desobligeant. Tan 1055 et non pas au moment de Texpedition 

17560 Entredit, interdit. d'Angleterre. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



193 



17380 Et, pour aller en Englettere, 
Li quist aide de sa tiere , 
Pour sa cousine qu'il ot prise 
Et pour son cors qu'il aime et prise. 
Li rois Henris Fass^ura 

17385 D'aidier, a quant que il pora. 
Donkes s'en est li dus al& , 
Si a quis marouniers et n&. 
D'autrepart li quens et li rois 
Aparillierent leur conrois. 

17390 A S*. Waieri voirement 

Monterent , quant il orent yent, 
A III mile n& et chiunquante ; 
Si ot galies , ne sai quante. 
Bon yent orent , par mer siglerent , 

17395 A Peneveziel ariv^rent, 
Et a I autre port dates, 
Qui pour haster fu apiel& 
Hastinges, et si est encore. 
Lendemain orent vent et ore , 

17400 A Peneveziel s'en revinrent , 

Et moult vistement s'i maintinrent. 



Le due Guillaume d£- 
barque en Angleterre, 
28 leptembre 1066. 



17582 Cousine, Mathilde etait fille d'Adele , 
fille de Robert, roi de France , et sceur du roi 
Henri l er . Par consequent elle £tait niece de ce- 
lui-ci , on , comme on dit en Flandre , cousine. 

17387 Marouniers, mariniers. 

17590 5*. Waleri,VL. Wace, 11,148, v.11564: 

... Jo ol dire a raon pere, 

Bien m'en sovint, mai* varlet ere, 

Ke set cens nes, quatre meins, furent, 

Quant de Saint-Valeri s'esmurcnt, 

Ke nes , ke batels , ke esqueis ( esquifs ) 

A porter armes e herneis. 

E jo en escript ai trove, 

Ne sai dire s'est virile , 

Ke il out trels mille nes 

Ki porterent veilej et tres. 

Tom. II. 



17595 Galies, galeres. Voir, dans les Memoi- 
res de l'lnstitut de France , celui de Le Grand 
d'Aussy intitule : Notice sur Vet at de la marine 
en France an commencement du XIV 9 Steele et sur 
la tactique navale usite'e alors dans Us combats de 
mer (torn. II , 1799). Cf. Daniel, Hist, de la mi- 
lice francaise, Paris, 1721 , in-4°, II, 655, Du 
Cange, Gloss, au mot galea. 

17595 Peneveziel, Pevensey ou Penesey dans 
le comte* de Sussex. Rob. Wace l'appelle Pene- 
vesel, II , 155 , v. 11746. Cf. la note de M. Plu- 
quet. — Ce n'est plus aujourd'hui qu'un village 
avec un petit havre. 

17598 Hastinges, Hastings ; il est superflu de 
faire remarquer la puerilite de cette Etymologic 

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194 



CBRONIQUB 



Li dus ot avaie son tref , 
Premiers est issus de sa nef 
Arm& de trestous ses conrois , 

17405 Com cil Id voloit iestre rois. 

Ses cevaus fu de fier couriers , 
Par deseure ot I ceodal piers , 
A flours dor des armes le roi 
De France , et s'ot tout ie conroi. 

17410 Sa baniere en issi apries, 
Et li autre furent en gri&. 
Tout en issirent a la rive , 
Cascuns del due sivir estrive, 
Le port pourprisent et le val. 

17415 Li dus fu months el cevai 

Et yit Englois sor la montagne , 
Qui pourprendoient la campagne ; 
Le ceval broce , I'escu pris , 
Com cil ki bien en iert apris. 

17420 Et si com il esporounoit 
Et sa baniere le sivoit , 
Ses cevaus si fort s'abus$a , 



17402 Avoid son tref, baisse* la voile , le pa- 
vilion. 

17406 Ses cevaus, Rob. Wace, II, 195, 
v. 12673 : 

Sua boen cheval fist demander , 

Ne poeit Tea mcillor trover ; 

D'Espaigne li out cnvele 

TJn reU par mult grant amistie* ; 

Armes ne presse ne dotast 

Se sis sires l'espcronast. 

Galtier Giffart Tout amene 

Ki a Saint Jame (S l Jacques en Galice) avail este. 

17407 / cendal piers, etoffe de soie bleu fonce, 
chargee de fleurs de lys , comme il eat dit im- 
mediatement apres. C'est en effet la couleur de 
France. Grapelet, Proverbes, pp. 96,97. 

17411 En grids ou mieux engrie's, quoique le 



manuscrit separe ces deux syllabes , empresses. 
Rob. Wace emploie au feminin engresse, II , 
199, v. 12801 : 

Me cumbatrei par la grant presse 
U la bataille iert plus engress*. 

Le Trouvere Renaut , auteur du Lai d'lgoau- 
res , fait de m&me : 

Bt ensi comme les engresses 
Les vaurent mordrir as coutiaus. 

Sur quoi MM. Monmerque et Fr. Michel (pag. 
21) traduisent ce mot par mechantes, furieuses, 
et remarquent qu'il s'est conserve dans l'adjectif 
anglais angry. 

17413 E strive, dispute a qui suivra le due. 
All. streit, strit. 

17414 Pourprisent, envahissent. 
17422 Pabusca , choppa. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



195 



Pour les cailleus k'il d&roissa, 
K'il est si durement k&is . 

17425 Que tous froisstes est ses escus. 
Estrief , ne siele , ne sos$aingle , 
Ne li frains, ne poitraus, ne $aingle, 
N'i remesent a d^pecier , 
Ne li hiaumes a debrisier. 

17430 Et li visages et li n& 

Li est el savelon torn& , 
Si que li sans en est arais. 
Et li dus, ki moult fu irais, 
Resailli sus et ses gens vinrent, 

17435 Qui trestot entor lui se tinrent 
Et li disent que c'iert teus signes 
Qu'il n'estoit de la tiere dignes , 
Mais retornast , si feroit bien , 
Quar il n'i gaagneroit rien. 

17440 cc Ha ! signor, fait-il , mar le dites, 
De la ti&re n'iere ja quites , 
Ne ja ne m'en ver& restanc. 
Voii^s com ele viout mon sane , 
Ja Fa englouti et bin , 

17445 Pour qou que il li a pl&i, 

Et la ttere si viout mon cors . 
C'est ses d&sirs et ses recors. » 
Atant s'est li dus abaissi£s , 
Ausi com point ne fust bl£ci& . 

17450 Plains ses puins de la tiere a pris, 



Pr^iage. 



Interpretation don net 
par Guillaume. 



17423 Defroissa, heurta. 

17426 Estrief, ^triers ; soscaingle, sous-san- 
gle ; l'orlhographe ancienne, qui rappelle le mot 
primitif cingulum, est preferable a la moderne. 

17427 Poitraut , le plastron du poilrail. 

17428 Ne tardent a se rompre en mille pie- 
ces. 

17431 El savelon, dansle sable; aBruxelles, 



le grand, le petit Sablon. 

17432 Li sans en est arais, le sang en a jailli, 
arrigare. 

17436 Et li disent... Cette anecdote ne se 
trouve pas dans le roman de Ron. 

18442 Restanc, desistant. 

174150 Dans Rob. Wace c'est un des soldats 
de Guillaume qui agit ainsi , II , 152 , v. 11721. 



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196 CHRONIQUE 

Et dist, oians tous : « Jou saisis 

Trestoute Englettere a mon o&* » 

Entour lui l'a giet^e lues , 

Si com $ou fust aigue b&aoite. 
17455 Atant 8a gent d'issir esploite, 

Et li dus prist 1 ceval autre , 

Tous atorn&, lance sour fautre, 
Lc due bruie set nis- Fist le feu bouter ens es nes , 

Quant li harnas en fu men&, 
17460 Et ses gens furent tot issu. 

Atant n'i a plus atendu , 

Des esporons le ceval point , 

Com cil ki not de cri&me point, 

As gens H^ralt vait asanbler , 
B.uaiedn M ting«, u 17465 Qu'il vit en la montagne ester. 

octobrc 1066. ~, . . - • / 

Et ses gens sivirent apries , 

De lui aidier prest et engri&. 

Tant i furent , tant combatirent 
H.raid en m*. Qu'Eraus fu mors : sa gent venquirent 

17470 Et XV mil d'Anglois od lui 

Dont el pais ot grant anui. 

Li autre furent desconfi , 

Car de signor n'orent afi , 

Et li dus fist lues sor la mer 
17475 Hastinghes, son castiel, former, 

Et puis si retorna , sans faille , 
Fond.tion de Battle- Tout droit al liu de la bataiile. 

Ahbejr% Une ab&e i estora 

De S*. Martin, moult I'onora, 
17480 Et si le fist nommer , sans falle 

17454 Aigue benoite, eau benite. 17470 XV mil, e'eat le calcal de Gnill. de 

1 7455 D'issir exploits , »e met en devoir d'aller Jumieges ; Hist . fir., XI , 51 , D. UArt de verifier 
en avant. k* <*«*** porte 50,000. 

17457 Lance sour f autre, voy. v. 14650. 17480 Et si le fist... Rob. Wace , II , 288 , 

17463 Crieme, crainte. ▼. 14145 : 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



197 



LAbeie de la Bataille. 

Puis sen ala li dus a Londres 

Pour les Anglois vaintre et confondre. 

Tant i fist , comme preus et sages , 
174#5 K'il ot sairement et homages , 

Et fu ricement cou rounds. 

HI ans i fu , dont s'est pas& 

En Normendie , s'el douna 

Robiert , son fit , lues si rala 
17490 En Engletiere , et traitors 

I fist destruire bien signors , 

Ki sa mort avoient jur£e , 

Le jour de la crois aour&. 

Li rois de France adont Henris 
17495 Fu mors et gist k S*. Denis. 

XXX ans ot tenus ses conrois, 

Felippes, ses fius, fu lues rois. 

XXIX rois a cest cont& 

Par l'estore , point n'en dout&. 
17500 Adont fu em pais sainte glise , 

Et cascuns haus om , par devise , 

Eglises del sien refaissoit 

U boine ab&e fundoit; 

Nonnains i metoient u monnie* 
17505 Blans u noirs u rul& kanonnes. 

Et m&smes cil rois bastars , 

Guillaumes , ki ne fu couars , 



Guillaume donne la 
Norraandie a son fils 
atne Robert. 



11 puoit des conspira- 
tenrt. 



Mort de Henri I, roi 
dc France, 1060. 



Philippe I lui succede. 



La u la bataille out este* 
Fist abeie e mist abe. 

11 s'agit de l'abbaye de S*-Martin-de-la-Bataille 
(Battle- Abbey). Voy. Monast. Anglican., I, 
310-519. 

17487 /// ans, la conquete de FAngleterre 
eut lieu , sans Aire toutefois consommee , a la fin 
de l'annee 1066 , et Guillaume retourna pour la 
premiere fois en Normandie Fannee suiyante. II 



ne fit done pas en Angleterre un sejour non in- 
terrompu de trots anne'es. 

17504 Metoient, plutdt metoit , comme dans Je 
reste de la phrase. Monnies, la rime et la mesure 
exigent monnes. 

17505 Rule's kanonnes, chanoines reguliers. 
17507 Ki ne fu couars, membre de phrase 

de remplissage, tel que ki\ne fu bobiers, ki fu 
sene's, comme preus, etc* 



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198 



CHROMQUE 



Fondatioas pieases tie 
Guillaume- le- Con- 
querant, deMathilde, 
et dc quelquesjdames 
et seigneurs nor- 
mands. 



Fist a Cirrai , sans nul resort , 
L'ab& de Saint-Vigort , 

17510 Et de buen cuer, puis a I'aulre an, 
Funda S*.-Estiev6ne a Kaan. 
Et sa feme , par karit^ , 
I funda Sainte-Trinit^ ; 
Mehaus ot non . et pour itant 

17515 Qu'il estoient apartenant, 
Fist li dus ces 11 abates 
Ki seront k tousjors siervies , 
Par le consel de l'apostole , 
Qui leur commanda par estole , 

17520 Pour $ou que Mehaus k'il avoit 
Auques pri& Li apartenoit. 
Et Guillaumes, li fius Osbiert, 
Funda Lire , bien men sai ciert , 
Et Cormelles, j'el sai de fi. 

17525 Rogiers de Bielmont autresi . 
Fius Hunfroi de Vielles , fonda 
Praiaus en sa tiere , et monda 



17508 Cirrai, Cerisy, dans le Bessin, toy. 
v. 17606 ; resort, dedit, sans resort, pour tou- 
jours. Tout ce qui suit est emprunte de Guill. 
de Jumieges , Hist, fr., XI, 45 , C, D, E. 

17809 Saint Vigort, St. -Vigor, eveque de 
Bayeux , mort vers le milieu du sixieme siecle. 

17515 Apartenant, parens. 

17519 Par estole. C'est ce qu'on appelait sub 
stola interdicere ou excommunicare nisi... Voyez 
Du Cange , au mot stola. 

17521 Pries li aparlenoit, le touchait de pres. 
Le concile de Reims de Tan 1049 s'&ait oppose au 
manage de Guillaume et de Mathilde, a cause de 
leur consanguinite. Robert , pere de Guillaume , 
avait epouse la tante de Baudouin V , pere de Ma- 
thilde. V. G. de Jumieges, Hist, fr., XI , 47, D. 

17523 Lire, le monastere de Lire-Vieille , an 
pays d'Ouche dans la Haute-Normandie, sur la 



Rille. Cetait une abba ye de benedictins de la 
congregation de S'.-Maur. Bien m'en sai ciert , 
Pauteur qui, pour la rime, emploie a tout pro- 
pos ces formes insipides , les prodigue ici avec 
un redoublement de facilite. 

17524 Cormelles (apud Cornelias). Cormeilles, 
gros bourg du Lieuvin , dans la Haute-Norman- 
die , sur la Calone. D'autrea regardent Guillaume 
de Breteuil et non pas Guillaume Osberne, 
comme le fondateur de cette abbaye , qui &ait 
aussi de 1'ordre S'.-Benoit. 

17525 Rogiers.... Voici le lexte de Guill. de 
Jumieges : Rogerius etiam de Bellomonte, filius 
Humfridi de Vetulis in fundo suo PrateUis dno 
canobia asdificatit. 

17527 Praiaus, Preaux ou S*. - Michel - de- 
' Preaux , abbaye de beneclictins au pays d'Ouche; 
mondm, puriGa. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



199 



De riu\6s moines k'il i mist, 
Et autre de nonnains i fist. 

17530 Et Rogiers de Montgoumeri , 
Qui n'ot onques le cuer p^ri , 
En fist une, g'en suis s&irs, 
Tout droit a Sais, defors les murs; 
Et une autre a Toars en fist, 

17535 Gens rentes i douna et mist. 

Et la tierce, j'en sui chiertains, 
Fist a Aumetiers , de nonnains , 
Liesseline , contesse d'Ou , 
Ki sage fu et vesqui pou. 

17540 Si funda S l ,-Ptere-sor-Dive, 
Et puis fist, defors Lizuie, 
Une ab&e de nonnains. 
Et Rogiers , ses fius premerains, 
Funda S'.-Mikiel-Outre-Port, 

17545 Et faire i fist maint grant aport , 
Pour la glise mious acesmer. 
Rogiers apri& de Mortemer 
Funda S'.-Victor autresi. 
Gist preudome ouyrerent ensi, 

17550 Et Ricars , ki fu quens d'Evreus , 
Ki fu sages , yallans et preus , 
A Evreus S l .-Sauveur fonda, 



17550 Rogiers de Montgoumeri. Roger de 
Montgomery comraanda le premier corps d'ar- 
me'e avec Guillaume de Breteuil, a la bataille 
d'Hastings. Rob. Wace, II, 199, 

17531 Le cuer peri, le coeur en defaut. 

17533 Sais, Seez. 

17534 Toars, in vico suo Troardo. Troard ou 
Trouard , a deux lieues de Caen , sur la rive 
droite de la Muanee. 

17557 Aumetiers, apud Almanachias, Almenes- 
ches, dans la Basse-Normandie, au diocese de Seez. 



17538 Liesseline, Lesceline , comtesse d'Eu , 
que Ph. Mouskes appelle d'Ou. 

17541 Lizuie, la rime voudrait Lizive ou 
plutdt Lizuive, Lizieux. 

17543 Fius premerains, fils aine\ Robert, 
comte d'Eu. 

17544 Funda SK -Mikiel- outre- port , S. Mi~ 
chaelis ulterioris partus ou de ulteriori portu , 
du Treport. 

17547 Rogiers , Roger fils de Gautier de S 1 .- 
Martin , frere de Guillaume I cr de Warenne. 



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200 



CHRONIQUE 



Nounains i mist et estora. 
A Ruem apri&, par karit£. 

17555 Estora Sainte-TriniuS 

El mont, et si mist vestemens 
Et tous autres aornemens. 
Et Robiers , li quens de Mortuel , 
Se v^ritet dire vous yoel , 

17560 Funda Grestain, et fist tot Piestre. 
Et Hue , ki fu quens de Ciestre , 
Fist et estora Saint-Seyoir. 
Bauduins, de Rimers, pour voir, 
Aoroa et fist Montebourc , 

17565 Si leur donna rente a maint bore. 
Nigel, yisquens de Coustentin, 
Fonda S l .-Sauv&)r enfin. 
Li premiers Talevas Guillaumes , 
Pour messes dire et lire saumes , 

17570 Fist comme preudom , bien le sai , 
Sainte-Marie de Lonlai. 
Ernous et Raous li Tassons 
Estor&rent , par orissons , 
S*.-EstieT^ne de Fontenai; 

17575 Grans biens i fisent, sans d£lai. 
Raous de To^gni , par non , 



17558 Mortuel, en latin Moritolium, Morito- 
nium, Moritonia, Mortain. 

17560 Grestain, monasterium Gresleni. Gres- 
tain est une paroisse du Lieuvin, dans la Haute- 
Normandie. L'abbaye de Benedictina qui s'y 
trouvait, avail M fondee en 1040 par Herluin 
de Conteville. L'iestre , le batiment ou plus ge- 
neralement l'organisation materielle. 

17561 Ciestre, Cicester, en Angleterre. 

17562 Saint-Sevoir, S*.-Sever. 

17565 Bauduins de Rimers, Baudouin de Ri- 
vers. 

17564 Montebourc , Montisburgum. 



17565 A, peut 6tre e. Si Ton garde a il faut 
entendre : rente sur maint bourg; bore, la rime 
demanderait bourc, 

17566 Nigel, Neel. 

17567 St.Sauveor. SS-Sauveur. 
17569 Saumes, psanmes. 

17571 Lonlai, Lonlay dans la Basse-Norman- 
die , sur la riviere de Graine , a deux Heues de 
Dom front. 

17572 Ernous, Erneisus; li Tassons, Taisson 
ou Tesson. Raoul Tesson , premier du nom, est 
mention^ par Rob. Wace , II , 50, 52 , 59, 74, 
246. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 201 

Fist S*.-Pi&re de Castillon. 

Li dus Rou, dont 6i av&, RoUon 

Qui paiens fu , bien le sav& . 
17580 Quant il fu premiers conyiertis, 

Douna rentes et grans afis 

A la glise de nostre Dame, 

A Ruem , et pour Dieu et pour s'ame ; 

Et apri& a cele d'Eyreus. 
17585 Si fist a Baioes grans preus , 

Et puis a Ruem, a S'.-Oenc, 

Et a l'abie de Jumenc, 

Et puis a S 1 . -Denis de France 

Douna grant rente, par sof ranee. 
17590 Guillaumes, ses fius, sans ^yesqes, 

Refist l'abie de Gumeges, 

Et Ricars , ses fius , li sa$ans , 

Funda l'ab&e a Fescans 

Et fist rehaucier viers le ciel 
17595 Cele del mont le S*.-Mikiel, 

Et si douna a S'.-Oainc 

De Ruem , rentes et yin et pain. 

Et li secons Ricars , sans gille , 

Fist l'ab&e S*.-Wandrille. 
17600 Judis, sa feme, bien le sai, 

Si refist cele de Bierlai. 

Li tiers Ricars joyenes mora. 

Robiers, ses freres, qui preus fu, 

En Jerusalem sen ala. 
17605 Mais jou sai bien k'il commen^a 

17577 Castillon, Conches. 17596 SK-Oainc, S'.-Ouen. 

17881 Afi$, fiefs. 17600 Judis, Judith. 

17585 Preus, profits , dons. 17601 Bierlai, Be may, ville da Lieuvin dans 

17586 St.-Oainc, S'.-Ouen. la Haute - Norman die. C'est a Bernay qu'ha- 

17587 Jumene, Jumieges. bite M. Aug. Le Prevost, dont les travaux sur 
17589 Par sof ranee , par humility. l'histoire de la Normandie meritent tant d'es- 
17591 Gumeges, Jumieges. Quelle rime ! time. 

Tom. II. 26 



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202 



CHRONIQUE 



L'archevcque Mauger 
tombe en dcmence. 



Mort de Robert Guis- 
cart. 1085 



Avant la glise de Girrai. 
Ses fius le parfist , bien le sai , 
Et Robiers de Greotemesnil , 
Hues , ses frere , au cuer gentil , 

17610 Et Guillaumes, li fius Gofroi, 
De buen cuer et de boine foi , 
Refisent, qu'il ni ot essonne, 
L'ab&e de Saint-Evroulle , 
Dout li lius est moult ounor&. 

17615 En eel tans si fu afolis 

L'arceveskes de Ruem Maugiers, 
Qui Dieu siervi moult volentiers; 
Et il a sa croce rendue. 
Mais li dus, sans longe atendue, 

17620 Douna la croce a Amaurri, 

Moine a Fescans , n6 de Berri , 
Quar cil estoit moult sages om, 
Et li dus iert auques preudom. 
Adont moru Robiers Wiskars^ 

17625 Ki n'estoit avers ne escars. 
Et de sa premiere moullier , 
Dont il se parti par ghillier, 
Ot I fil, s'ot non Bui&nons, 
Ki moult fu preus outre les mons. 

17630 Et dune autre, si com jou truis , 
Que il ot espous& puis, 



17606 Cirrai, Cerisy , dans le Bessin propre- 
ment dit, en Basse -Normandie. L'abbaye de 
Cerisy avait ete fondee primitivement par saint 
Vigor. Voy. v. 17S08. 

17610 Gofroi, Geroie. 

17612 Essonne, embarras , obstacle. 

17615 iiroulk , rime en goret. Voyez vers 
17201. 

17615 A fries ne vent pas dire ici blesse, 
mais atteint de folie. 



17619 Santlongealendue, sans longue attente. 

17620 Amaurriy Gnill. de Jumieges l'appelle 
Mauritius. 

17626 Premiere moullier, Alberade. 

17627 Par ghillier , sons pretexts de parente. 

17628 Buie'mons, Boemond. 

17629 Outre les mans, il devint prince d'An- 
tioche dans la premiere croisade , ainsi qu'il est 
dit quelques lignes pins bas. 

17630 Et dune autre, Sikelgaite. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



303 



Fille le due Landoul de Pulle , 
Qui moult sot d'engien et de trulle , 
Ot-il VfillesetHIfius, 

17635 Sages et vallans et gentius. 

L'ainsu^e fille , biele et noble , 
Fu doun^e en Coustantinoble , 
A l'emper&mr ; si le prist 
Et espousa , si que pais fist. 

17640 Bui&nons fu, sans rien mespreodre , 
A Jherusalem sor Turs prendre , 
Qui puis fu d'Andioce princes, 
Quar il n'iert pas aviers ne nices. 
Puis le fu Bu&mons , ses fius , 

17645 Qui moult fu sages et soutius. 
Cil Buiemons fu fius Coustanoe . 
Fille au roi Felippre de France , 
Qui fu fius al buen roi Henri. 
Puis eel Bui&nont, dont jou di, 

17650 Tinrent Andioce si oir , 

J'el sai tout de fi et de yoir. 
Li fius al conte de Poito, 
Bomons , qui ne yesqui que po , 
La fille al secont Bui^mont 

17655 Ot espouse a feme. Dont 

Rogiers Bourse, qui fu ses fius, 
Qui moult fu vallans et gentius , 
La tierce fille Wiscart ot, 



Boeraond I , prince 
d'Antioche. 



Boeraond II, 1111. 



Raimond, 1136. 



Roger, surnomroe* la 
Bourse, ducdePouille 
ct de Calabre, 1085. 



17632 Landoul, Gannar IV, prince de Sa- 
lem e. 

17638 L'empere'our , l'ainee flit fiancee, en 
1076, au jeune Constantin Dncas. Les Grecs lui 
donnerent le nom d'Helene. 

17642-43 Princes et ntces , rime incomplete. 

17646 Constance, Constance , fille du roi Phi- 
lippe I er , et femme separee de Hugnes , comte 
de Champagne. 



17653 Rontons, Raimond, fils piiine* de Guil- 
laume VII , comte de Poitiers , devint prince 
d'Antioche par son mariage avec Constance, fille 
de Boemond II. 

17656 Ses fius, fils de Robert Guiscart. 

17638 La tierce fille Wiscart, il aurait done 
epouse sa soeur. Ph. Mouskes a ete trompe peut- 
Gtre par la ressemblance des noma; Roger ayant 
epouse Adele , fille de /to6ert-le-Frison , comte 



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204 



CHRONIQUE 



Roger I, comte dc Si- 
dle. 



Koger II, comte de 
Sicile et due de Ca- 
labre, 1101. 



II prend le titre de roi, 
1129. 



Etutache II , comte de 
Boulogne , surnora- 
me aujc grenons. 



Mort de Mauger, ar- 
cheveque de JRouen. 



Cel fu moult vallans et moult sot. 

17660 Et li fius le conte Rogier 

De Tiete , que on tint a fier , 
Et fu fibres Robiert Wiskart , 
L'ot aprL£s tote quite en part. 
Si tint Pulle et Sesile toute , 

17665 Et rois en fu sans nul doute. 

Moult fu preudom tant com yesqui 
Et tous ses anemis Ten qui. 

Li quens Estases de Boulogne 
Adont , pour faire al due viergogne , 

17670 Comment qu'il li griet et anuit, 
En Engleti£re ala par nuit 
Et le castiel de Douvre asist ; 
Mais par consel d'Englois le fist. 
Et cil del castiel sen issirent , 

17675 Del si^ge a force les partirent. 
A Ruem moru defors al mont 
L'arceveskes Amalris dont , 
Et Jehans l'arceyeskie ot, 
Par le roi Guillaume , qui pot. 



de Flandre ; mais l'inceste qui r£sullait de sa 
meprise , devait 1'eclairer. 

17661 De Tiete, de Thiette, de Tiedi, en 
latin Theatanus, comte d'ltalie, dont Philippe, 
cinquieme fils du premier lit de Gui de Dam- 
pierre, porta le titre, par son mariage avec 
Mathilde, qui en &ait Theritiere. Warnkoenig , 
Hist, de la Flandre, 1 , 26<S. Quelques person nes 
prefereront peut-5tre lire : 

Le conic Rogier 
De tiete 

Tiete, tele ; cette prononciation est conservee 
dans le patois wallon, mais celte lecon nous 
semble bien moins naturelle. Quoi qu'il en soit , 
il s'agit de Roger II, dit le Jeune, fils de Roger I, 
comte de Sicile et frere de Robert Guiscart. 

17665 L'ot aprie's, il semble que ce Roger 



ait epouse sa tante , mais e'est encore une suite 
de la confusion que nous venons de remarquer. 
Roger II eut pour femmes : 1° Alberie, fille de 
Pierre de Leon, pere de l'anlipape Anaclet; 
2° Sibylle, fille de Hugues II, due de Bour- 
gogne; 3° Beatrix, fille de Gauthier, comte de 
Rethel en Champagne. 

17668 Estases, Eustache II, surnomme aux 
grenons , a cause de ses grandes moustaches, 
avait accompagne Guillaume dans son expedition 
en Angleterre. 

17670 Griet, greve , fait du tort. 

17673 Par consel d'Englois, d'Anglais du 
comte de Kent. 

17677 Amalris, M auger , fils de Richard II et 
de Papie. II se noya en mer et fut enterre a Cher- 
bourg. R. Wace , II , 63. Voir 17616 et 17620. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



205 



17680 Li quens Estases se parti 

De Douve , et moult sen aati 
Viers le roi , et moult iri& fu. 
Petit apries qou , si moru 
Li rois Guillaumes-li-Bastars, 

17685 Qui n'iert avers, fel ne escars. 
A Ruem moru , si fu port& 
A Kaam, dont il estoit n&. 
La l'enfouirent a grant plour 
Si home, comme leur signor. 

17690 III fius ot. Quant fu sevelis 
Sen i ot q'un , 9011 fu Henris 
Li mainsn& , qui moult le plora ; 
Trestot son meuble li dona. 
Guillaumes, ses fius li ainsn&, 

17695 Fu d'Engletiere couronn&. 
Et Robiers ot la duc& 
De Normendie en lig^. 
Henris , li mainsn& , en la fin 
Ot la cont^ de Coustentin , 

17700 Que ses freres li ot doun&, 
Li dus Robiers , et deliyr^e. 
Mais de ne sai quoi li fali , 
Par quoi son don li retoli. 
Dont prist li dus Robiers sa croi». 

17705 Ses freres Guillaumes , li rois , 
Li presta sour sa duc& 
L'avoir que il en a port^ 
En la tiere de Bethl&m , 



Mori de Guillaume-Je- 
Conquerant, J 087. 



Guillaumc(II)-le-Roux , 

roi d'Anglcterre. 

Bobcrt II, Courte-Heuse, 

due de Normendie. 



Henri obtient le conite 
de Col en tin. 



II en est depouille. 
Robert va a la croisade. 



17681 -82 S'en aati tiers le roi, en eprouva 
beaucoup de ressentiment con t re le roi. 

17686 A Ruem, c*est-a-dire a Hermentru- 
ville, village voisin de Rouen. 

17693 Trestot son meuble.... Henri herita des 
tresors de son pere ayec une pension de 100,000 
livres a prendre sur ses freres. 



1 7694 Guillaumes, . . li ainsnes , Guillaume n'e- 
tait que le puine. Cette faute n'a pas ete com- 
mise plus haut par Ph. Mouskes. 

17697 Lige'e, obligation d'hommage. 

17706 Li presta... II lui prela dix mille 
marcs sur l'engagement de la Normandie et du 
Maine. 



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206 



CHRONIQUE 



Cupidite sacrilege de 
Guillaurae-le-Roux. 



Souvenir du roi Artbus. 



Et f u a prendre Jursalem. 

17710 Cis rois fu Guillaumea-li-Rous 
D'Engletiere, et fu moult irous. 
Es abates soujournoit 
Et toutes les glides reuboit. 
D autre part Hanstone , en I plain . 

17715 Avoit I liu moult biel et sain : 
XVII que capieles que glises 
I avoit-on pour Dieu assises . 
Tr&s le tans Artu, le bon roi. 
Gil rois Guillaumes , par desroi , 

17720 Les fist abatre et bos planter, 
Des kaillos fist son gart-muer , 
Et, quant yint al cief de VII ans, 
Si f u li bos cr&is et grans , 
Ciers i mist et bisses et dains : 

17725 Pour , counins , livres et ftrains , 
Et maniere de sauvegine , 
Tant que plaine en fu la gaudine. 
La Nueve-Fories f u clam& ; 
Encore est-ele ensi nomm^e. 



17720 Les fist abatre. On rapporte ce trait 
de Guillaume-le-Conquerant lui-meme, et Ton dit 
que passionne* pour lachasse jusqu'a la cruauti, 
il forca les hommes d'abandonner aux b£tes 
fauves, dans le comtede Hampshire, un espace 
de treute milles , ou il d&ruisit toutes les habi- 
tations , sans epargner les eglises. 

17721 Kaillos, materiaux; gart-muer, mot 
a mot garde- changer j mais il est plus naturel 
de lire murer au lieu de muer , et fist son gart 
murer signifiera : fit murer son jardin , son pare. 

17722 Alciefde VII ans , au bout de sept ans. 

1 7725 Pour , ( pors , sangliers ? ) ; counins , 
lapins; livres, lievres; f drains , betes sauyages, 
fenB, ferina, 

17726 Sauvegine, a peu pres meme sens que 
ferains. 



17727 Gaudine, bois, forftt. All. wald, wold- 
chen. 

1 7728 Nneve-Fories ( New-Forest ) , ou pare de 
Southampton. Guill. de Jumieges, dans le recueil 
de Camden , liv. VII , c. 9, pag. 674, et Geof- 
froi Gaimar, dans les Chron. Anglo-Normandes , 
publiees par M. Francisque Michel , I, 51 : 

Done avint, si come Dieu plout, 
Li rois estoit ale chacer 
Vers Bwkerst (sic) od li archer; 
C'est en la Nocve-Forcsf , 
Un lin <r$ ad non Brokeherst 
Priveement estoit ale, 
Wautier Tircl avoit mene. 
Wautier estoit uns riches hom, 
De France erl per del region. 

Foy. v. 17798. 



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DE PHILIPPE xMOUSKES. 



207 



17730 Ricars, freres eel roi de bas« 
En cele foriest, al trespas, 
S'en ala I jour pour kacier , 
Pour d&luire et pour arcoiier; 
A I arbre si se hurta, 

17735 Qu'a la tiere jus trlbu^a , 
De la bl&lure moru. 
Si disent les gens que $ou fu 
Pour le p&riet de ces ^glises , 
Qui pour le bosc furent jus noises 

17740 Par son frere , le roi Guillaume , 
Ki puis fist batre mainte paume* 
Li rois Guillaumes dont je di, 
En est& , par I samedi , 
Se dormoit a 1 sien manoir; 

17745 Teniecle faisoit et moult noir, 
Et songa qu'il iert , par devise , 
Droit a Hanstone , en une glise ; 
Et la yit g&ir I mort home 
Deseure lautel , a eel soume : 

17750 Et li fu Yis qu'il ot tel faim 
Qu'il li estevoit par reclaim 
L'un des pi& a eel mort mangier. 
Si le mangoit par grant dangier, 
Et, quant il s'en voloit partir , 



Mort de Richard, fils dc 
Guillaume - le - Con- 
querant, 1081. 



Songe de Guillaume - 
lo-Roux. 



17730 De has, naturel, adulterin. M. A. Thier- 
ry, dans le livre VII e de YHist. de la Conqu&e 
d'Angleterre, mentionnecet evenement ainsi que 
la mort d'un autre Richard , fils du due Robert. 

17751 Al trespas, contre la loi, la defense, 
ou peut-gtre, par un passage difficile. 

17745 Teniecle, tenebres, comme on disait 
triacle pour iheriaque. Miracle de Nolre-Dame 7 
de Robert-le-Dyable , pag. 51 : 

Diex en cest bomme a fait miracle, 
Car de renin a fait triacle , 
Et dc mal bien. 



On a dit de mSme tiriacleur, de tberiaqoe, 
pour apothicaire. 0. L. B. Wolff, Altfranzd- 
sitcke Folhlieder, Leipz., 1851 , in-18, pag. 7: 

LES SOUHAIS DES HOMMES. 

Moy tiriacleur je souhaite 
Reagal , boistes et couleuvres, 
Quelque serpent ou quelquc beste 
A manger, pour monlrer met euvres. 

17781 Estevoit, etait de necessite ; reclaim r 
besoin. 



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208 CHRONIQUE 

17755 Si aloit l'autre rahatir 

Pour mangier, et, par faim destroit, 

Li rois eel autre pii mangoit ; 

Et puis prendoit la destre main , 

Si le mangoit en liu de pain ; 
17760 Et dont pour l'autre recouroit, 

Mais si comprendre le devoit. 

Si li fu vis que li mors hom, 

Qui la gisoit comme preudom , 

Le ftroit del puing en ses dens. 
17765 Si que li rois en ert sanglens. 

Entretant li rois s'esyella, 

Sa bouce sanglente trova , 

Et si com il sa main i touce 

I dent briste traist de sa bouce. 
17770 Li rois Guillaumes ot paour 

De eel songe, et quant Tint al jour, 

A I hiermite le conta, 
Expiictuon du songe. Qui le songe li devisa , 

Et li despondi comme tel : 
17775 « Sire , li mors desor l'autel 

£ou est Dieux , qui sus est sacr& , 

Ki pour nos p&i& fu p&)& ; 

Et li menbre que tu mangas, 

Ce sont li sien , n'el mescroi pas , 
17780 Que tu mangues et debrises , 

Quant tu guastes les ab&es , 

Et la soujoUrnes et mangues . 

Et s'as les glises abatues , 

U tu as la foriest plant^e , 
17785 Qui de fterains est habitue. 

17785 Rahatir, attaquer. 17764 jFlm't,frappait. 

17756 Destroit, force. 17780 Manguis, manges. 

17760-61 II voulait en vain eviter de manger 17781 Metes et debrises, mauvaise rime, 
l'autre main , il se sentait force a la saisir. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



209 



On i soloit Dieu aourer , 

Or i vont vendor yener. 

Nostre ancissour plus anciien 

Les avoient faites pour bien. 
17790 Rois , saces bien , tu et tes gens , 

Que, se par tans ne t'en repens, 

Mors en seras de mort sobite : 

Ja n'en aras autre m^rite. » 

Li rois sot bien que voir dit a. 
17795 Et non pour quant point n'en douta. 

Aprils I jour i yot kacier ; 

Avoec lui furent si arcier , 

Et uns enfes , couzins le roi , 

Sen fu ales a eel desroi. 
17800 Li rois tint 1 arc en sa main 

Et fu d'autre part ens el plain. 

Li enf& contre lui estoit 

Pour traire, se riens i pagoit; 

Son arc ot li enf£s tendu. 
17805 A tant es vous I cierf yenu, 

Li rois n'i ot mie son trait , 

L enfant rouva traire entresait. 

a Je n'os, dist li enfes, pour tous. » 

— » Trai , dis li rois , malevirous , » 
17810 — » Je n'os, » dist l'enf^s. — « Si feras, 

Trai, dist li rois , ja l'ociras. » 

Et quant li enfts l'entendi , 

L'arc entesa, plus n'atendi, 



17787 Vener, chasser. 

17792 Sobite, subite. 

17798 Uns enfe's, la plupart des historiens, et 
Geoffroi Gaimar, comme on l'a vu, nomment, 
Gautier Tyrel chevalier francais, seigneur de 
Poix et de Pontoise. Foy. la note sur le v. 17728. 
La continuation du Brut , publiee dans les Chron. 
Tom. II. 



Anglo-Normandes , 1 , 91 , contient ce passage : 

Issi avint par son pechie* : 
En la Novel-Forest fn blesstf. 

17803 Traire, tirer. 
17807 Rouva, ordonna. 
17815 Entesa, ajusta, banda. 

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210 



CHRONIQUE 



Mort dc Guillaume-le- 
Roui,2 aoul 1100. 



Henri I, dilBeau-Clerc, 
roi d'Anglcterrc. 



Le cierf quida traire a desroi , 

17815 Mais son signour i traist le roi 
. El cuer; si Fa mort esranment. 
Fuiois s'en est isnielement , 
Li yen&mr sont acouru , 
Le roi enportent qui mors fa. 

17820 Ensi venga Dieux les eglises 
K'il ot destruites et jus mises. 
A Wincestre, el moustier S t .-Piire, 
Fu sevelis , sous une piere , 
Li rois Guillaumes al cief rous , 

17825 Ki moult iert fel et a i rous. 

Henris , ses fr&res li mainsn& , 
Fist tant qu'il fu lues couronn& 
Par moult grant haste , k Waimostier- 
Et ce fist-il tout par mestier 

17830 Pour son fr^re desireter, 

Qui s'en fu al& outre mer; 
Et si estoit ainsn& de lui : 
De sa ti&re li fist anui. 

Gel an m&sme, sans essonne , 

17835 Prist-il la fille al roi Makonoe 
DTEscoce , et si i ii oouronn& 
A Winciestre , comme sen^e , 
De Farcetesque Ansiet, c'oi dire. 
Qui dont estoit a Kantorbire* 

17840 Mehaus ot non , s'en ot I ftl. 

Li rois , moult valiant et gentil . 



17822 Wintestre , Wincester. 

17828 Waimostier, Westminster. 

17829 Mestier, intrigue. 

17831 Outre mer, Robert s'&ait arr£te en 
Italie , a son retour de la Groisade. 
17853 II le depouilla de sa terre. 
17834 Essonne, obstacle. 



17833 Makonne , Malcolm. 

17838 Ansiel, S'.-Anselme, archeveque de 
Cantorbery* 

17840 Mehaus, Mathilde, couronnee le 11 
novembre de 1'annee 1100, morte le l 6 * mai 
1118. I fit, Gaillaume, qui mourut avant son 
pere. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



211 



S'en ot une fille Mehaut , 

Ki puis fu marine haut 

Al fil l'emper&Hir de Roume. 

17845 Henris ot non, ce dist la some. 
Et fu couronn& . sains tence , 
Le jour de S*.-Jake a Maience , 
De l'arceyesque de Coulougne , 
Qui bien lor fist cele besogne. 

17850 Guillaumes , lor fius , une fie 

Sen diut passer en Normendie , 
Et moult de haute gent od lui ; 
Si fii noii& par grant anui 
Entre Hanstone et Barbesfluel , 

17855 Par I grant yent ki les sourpuet. 
Apri&, moult petit demora 
Que li dus Robiert repaira 
De Surie, et fu moult ir& 
Que Henris, ses frere mainsnes, 

17860 Rois estoit feis, s'el d&ist iestre. 
Aprils atorna tout son iestre 
A moult grant gent k'il atrava . 
En Engletiere s'ariva. 
Lendemain qu'il f u ariv& , 

17865 S'est a lui ses frere acord& , 
Par si que cascun an auroit 
IIII mil mars k'il li donroit. 
Lors remena sa gent hardie 



Mort de GuiUaume, fils 
unique du roi d'An- 
gleterre, 1120. 



Robert veut ressaUir le 
sceptre, HOI. 



17845 Henris, Henri V. 
. 17850 Lor fius, fils de Henri, roi d'Angleterre, 
et non pas de Henri V, empereur d'Allemagne, 
comme la suite des mots pourrait le faire croire. 

17854 Barbesfluet ou Barflo, comme ecrit 
Rob. W ace, et Barbefluvium , Guill. de Jumieges, 
liv. VII, c. 2$ Barfleur. 

17855 Sourpuet, surprit, assaillit. L'^qui- 
page s'etant livre a la debauche , a l'exemple 



des grands personnages qu'il conduisait , ce fut 
la cause du naufrage. Get evenement est pos- 
terieur a la captivite du due Robert, puisque 
dans cette occasion Henri revenait de Normandie 
en triompbe , apres avoir investi son fils du du- 
che enleve a Robert. 

17862 Atrava, engagea. 

17867 IIII mil, d'autres disent trois mille, 
Guill. de Jumieges, liv.YII, c. 12. 



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212 



CHRONIQUE 



Le roi Henri enrabit 1» 
Normtndic , 1105. 



Bataille dc Tinchebray, 
27 feptembre 1106. 



Gnliaume Cliton. 



Li dus Robiers en Normendie; 

17870 Et puis gaires ne demora 
Que son frere reguerroia. 
Et li rois Henri* pasa mer 
Pour le due , son fr&re , grever , 
Et prist Baioes et Kaam , 

17875 Qu'il n'i ot gaires de lagan . 
Et si asist Tenercebrai. 
La combatirent, bien le sai. 
Mais li rois les a desconfis , 
Et li dus, ses fr&res, fu pris. 

17880 Ensi par guerre et par boisdie 
Ot li rois Henris Normendie. 
En Engletiere repassa 
Et tous ses prisons i mena , 
Et si mist son fr&re en prison 

17885 Que n'i pot avoir raen$on. 

Cil dus Robiers avoit I fil , 
D'une dame k'il prist , gentil , 
Fille al conte de Conviersainne , 
Guillaume, ki moult en ot paine. 

17890 Cil fius sen est fu'iois en France . 

Pour son onele et pour sa doutance. 
La roine le reciut biel, 
Et lendemain , a grant r&riel , 
Li fist ^pouser sa sereur, 

17895 Et si leur fist moult grant honneur. 



17878 Lagan, ravage. 

17876 Tenercebrai, Guill. de Jumieges 7V- 
nechbray , e'est-a-dire Tinchebray , chateau ap- 
partenant au comte de Mortaio. Rob. Wace, 
II , 404. Cet ev£nement doit elre place avant le 
recit de la mort de Guillaume , fils du roi Henri 
d'Angleterre. Guill. de Jumieges, 1. VII, c. 13. 

17883 Prisons, prisonniers. 

17886 Ifil,ne Tan 1101. 



17887 D'une dame, Sibylle, fille de Geoffroi, 
due de Cod versa no. G. de Jumieges, I. VII, c. 14. 

17893 Lendemain , ces designations de temps 
ne doivent pas elre prises a la lettre. Bona- 
ventureDes Periers, dans sa LXI e nouvelle (£d. 
d'Amst., 1735, II, 188), s'eiprime ainsi : <* Et 
un autre demain (un autre jour), il luy aprint 
le nom des drogues les plus vulgaires.... • 

17894 Sereur, il epousa au mois de Janvier 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



213 



Adont fu quens Carles mordris 
A Bruges , ki moult iert hardis , 
Par traison, en I raoustier, 
U il estoit pour Dieu proier. 

17900 Mais puis furent cil enroet, 
Boulit, pendut et trainet. 
A Lille en fu faite justice , 
Et s'ierent cil haut ome et rice. 
A Paris en Tint la nouviele , 

17905 As uns fu laide, as autres biele. 
La ro'ine pourka$a tant 
Que eel Guillaume maintenant . 
Ki sa serour eut espous^e , 
Dont ele s estoit moult penee , 

17910 Fist conte de Flandres re^oivre, 

Pour Carlon , que mors en d&oivre , 
Qui ele traioit a parent, 
Si ne savoit-on u parent. 
De sa serour fist la ro'ine 

17915 Ensi contesse a eel tiermine. 
Et cil Guillaumes fu issus 



Assassinat deCharles-le- 
Bon , comte de Flan- 
drc, 2 mars 1120. 



Guillaume Cliton lui 
succede. 



1127, Jeanne, fille de Rainier, marquis de 
Montferrat, et sceur uterine d' Adelaide, femme 
du roi Louis-le-Gros , qui lui avait donne pour 
dot lc comte de Mantes. 

17896 Carles mordris, sur cet evenemenl, il 
faut consulter l'excellent ouvrage de M. Warn- 
kcenig , Flandritcke Staats und Rechls Geschichte 
bis zumjahr 1305 , Tubingen, 1835 , 1 , 132 et 
suiv., et surtout la traduction par M. A.-E. Ghel- 
dolf , traduction corrigee parl'auteur, 1 , 171 et 
suiv. Voy. aussi le Corpus Chronicorum Flandrice, 
pp. 79 et suiv. 

17900 Enroet, roues. 

17901 Trainet , ecarteles. 

17903 Haut ome et rice. La tradition et les 
chroniques , attribuent a la famille de Stratis, 
Van Straeten ou Vander Straeten, le meurtre de 



Charles-le-Bon , mais les Bollandistes , mars , I . 
138, ont demontre cette erreur. Les assassins 
du comte de Flandre etaient fils et petits-fils 
d'Erembald, autrefoiscbatelain de Bruges, homme 
detraction servile , qui , apres avoir tue le 
chatelain , son maitre , epousa sa veuve , avec 
laquelle il avait vecu en adult ere. Voy. dans nos 
Memoir es he'raldiquts et historiques , Particle des 
Erehbavlt ou Errehbault du Maisml, I, 44, 43. 
Cette famille, d'apres Ph. Mouskes. s'etait agran- 
die de bonne heure. 

17905 Vers deja employe. 

17910 Recoivre , recevoir. 

17911 De'soivre , decoive, trompe. Quoique ce 
mot , par sa forme , soit a Hnfinitif , il est em- 
ploye ici comme s'il derivait de desoivrer. 

17913 On n'en savait pas d'autre raison . 



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214 



CHRONIQUE 



Baudouin YI et Robert- 
le-Frison , comles de 
Flandrc. 



Arnoul III, dit le Mai- 

heureux , .comto de 

Flandre. 
Baudouin II , dit de 

Jerusalem, comte de 

Hainaut. 



Del linage as contes le plus . 
Quar li quens Bauduins-Barbes , 
Ki de Flandres fu adoub& . 

17920 Fu peres k Mehaus, saiole. 
Ki moult ot douce sa parole. 

Cil quens Bauduins ot II fius . 
Yallans et sages et gentius , 
Robiert et l'autre Bauduin. 

17925 Ainc que leur pere alast a fin , 
Prisent femes , j'el sai de voir : 
Bauduins , a tout grant avoir, 
Prist la contesse de Hainnau. 
II fius en ot k tierme pau , 

17930 Ernoul et l'autre Bauduin. 

Robiers^ ?ou dist restore enfin, 
Prist et espousa , par devise , 
Feme al conte Florent de Frisse. 
Ki del conte , ki mors estoit , 

17935 Une biele fillaite avoit, 

Ki moult estoit cortoise et france. 
Si Tot roi Felippes de France , 
Ki fu fius al bon roi Henri : 
Moult araa la dame et ci^ri. 

17940 Mais Robiers, ses oncles, de Frise, 
Ot en s'aide par devise 
Dont l'empereor d'Alemagne 
Henri , ki moult k grant compagne . 
I jour, a aus se combati 



17918 Barbe's, barbu. Cette genealogie est 
fautive en un point. Le pere de Mathilde n'etait 
pas Baudouin IV ou le Barbu , mais Baudouin V, 
dit de Lille ou le Debonnaire. 

17922 Cil quens Bauduins, le comte Bau- 
douin V. 

17928 La contesse de Hainnau , Richilde , 



fille de Rainier V. 

17935 Feme.... Gertrude , fille de Bernard II 
de Saxe , veuve de Florent , comte de Hollande , 
morte en 1113. 

17935 Fillaite, fille tte j Berthe. 

17937 Felippes, Philippe I or . 

17943 Henri, Henri IV. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



215 



17945 Et le roi de France venqui. 
A cele guerre, ki fu fors , 
Fu quens Ernous de Flandres mors. 
Et Willaumes , qui d'Engletierre 
Estoit venus a cele gierre , 

17950 Pour aidier Ernoul son neveu , 
Pour $ou que il le savoit preu . 
Ensi ot Robiers-li-Frisons 
Flandres , maugr^ tous les barons ; 
Sa Tie le tiunt, bien le sai, 

17955 Et s'ot la cont<5 de Kambrai , 
Que L'empereres li douna , 
Pour 90U que durement lama. 
De cele dame ot cil Robiers 
III fius yallans et bien apers : 

17960 L'uns Felippron, l'autre Robiert, 
Ki fu nomm& , tout en apert , 
Puis Robiers de Jh&uzalem , 
Pour ?ou qu'il fu en Bell&m 
Et a la tiere reconquierre , 

17965 Et moult i souffri painne et gierre. 
Si , com en l'estore le truis , 
Quens de Flandres fu-il, et pub 
Ot-il I fil devant sa fin , 
Si lapielerent Bauduin, 

17970 Qui puis a I jour navr^s fu 
En I estour, dont il moru. 
Carles , ses nies , ot la cont^ 



Bataille de Cassel, 
ferrier 1071. 



22 



Comte de Cambrai. 



Robert II, comte de 
Flandre 1093. 



Bandouin VII , a la 
Hache, 1111. 



17948 JPitiaumes, Guillaume Osberne, comte 
d'Hereford , beau-pere d'Arnoul , attenda que 
Richilde, veuve de Bandouin VI, 1'avak epous£ 
pour mieux 1'attacher a set tnler6to. Voy. la 
Chron. d'Adrien de Budt, dans le Corpus ckr*- 
nicorum Flandrice , qui fiat partie de notre col- 
Jection, p. 278. 



17950 Neveu, beau-fife. 

17959 ////fti*, deux fila. 

17960 FeUppron, Philippe, vicomte d'Yprea, 
qui se tua en tombant d'unefeuetre , Tan 1104. 
Robiertj Robert II , dit le Jeroaolymitain. 

17962 Puis, depuis. 

17972 Carles , ses nies , Charles , fils de 



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216 



CHRONIQUE 



Guillaumc Cliton, 1127. 



1128. 



Thierri <T Alsace. 



Mort de Robert , due 
de Normandie. 



Si comme j'ai devant cont^ , 

Qui mordris fu en I mostier , 
17975 U il ooit le Dieu mestier. 

Et cil Guillaumes, dont je di, 

Fu quens de Flandres tout ausi. 

Mais il fu navr^s et blades 

A I poignie, u fu dreci&. 
17980 Si en ot au cuer si grant ire, 

K'il en moru , par mauvais mire : 

A S*. -Bier tin fu sevelis. 

Moult en fu tourbles li pais. 
Enpries Guillaume, biea le sai , 
17985 Ot la cont<5 Tteri d'Ausai. 

Et li rois Henris d'Engletierre , 

Pour 9011 qu'il li aidast de gierre , 

Li douna feme par r&viel ; 

Suer fu conte Jofroi-Martiel 
17990 D'Ango , ki moult estoit preudom , 

Et fu tous jors de grant renon. 

Li dus Robiers iert a Bristou. 

Lk moru-il apri^s I pou . 

En la prison u l'estut iestre , 
17995 Le conte Robiert de Glociestre, 

Son neveu , u li rois Henris , 

Ses fr&res , l'ot a garder mis. 



Knut IV, roi de Danemarck et d*Adele, fille de 
Robert-le-Frison , pere de Baudouin VII. 

17979 Poignie, combat, pugn(a). 

17981 Moru , il mourut dans la journee , le 
27 juillet 1128,* mire, medecin. 

17983 Tourbles, trouble. 

17983 Tieri d'Ausai, Thierri d'Alsace, ffls de 
Thierri II, due de Lorraine et de Gertrude, 
fille de Robert-le-Frison. 

17988 Reviel, encouragement, recompense? 

Dames lommes et renvoisies 



Flaiues soon met de grant rtviel, 

MomiEftQui et F*. Michel , L* Lai 
d'Ignaures , p. 8. 

Ici ce mot est pris dans le sens de dignity. 

17989 Suer, Sibylle ou Mabile, fille de 
Foulques V, comte d'Anjou , puis roi de Jeru- 
salem , fiancee par Guillaume Cliton , et sceur 
non pas de Geoffroi IV, dit Martel, mais de 
Geoffroi V, dit le Bel ou Plantagenet. 

17992 Bristou, Bristol. 

17995 Glociestre , Glocester. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



217 



Sevelis fu a grant ounour 

A S*.-Pi£re, et a grant dolour. 

18000 Guillaumes , ki fu fius Osbiert, 
Par Testore bien men sai ciert , 
Fu parens a droite lignie 
A tous les dus de Normendie , 
Et de par pere et de par mere. 

18005 Quar cil Osbiers , ki fu ses p&re . 
Fu fius Heraut, ce truis encor, 
Freres la ducoise Gonnor, 
Ki fu feme al premier Ricart , 
Ki tint Normendie en sa part , 

18010 Et sa m£re fu fille ausi 
Le conte Raoul d'lveri , 
Ki fu freres eel due Ricart , 
De par sa m£re d'autre part. 
Cis a feme prist Aelis , 

18015 Ki moult fu biele et de biaus dis, 
Fille Rogier de Mortemer. 
II fius ot , que bien sai nommer , 
Willaume de Bretuel , ki puis 
Ot sa ttere , si com jou truis , 

18020 Et Rogiers ki, par sa bont^ , 
De Herefort ot la contl. 
Et si ot II filles , dont Tune 
Erne , ki fu plaisans et brune. 
Fu doun^e tout entresait 

18025 Raoul, le signor de Maiait, 



Guillaume Osberne , 
comte d'ffereford, el 
fa famille. 



18000 Guillaumes, Robert Wace, II , 84, 
v. 9837 , a propos de la bataille d'Hastings : 

Le fils Osber sun seneschal, 
Willame out non , noble rassal. 

18006 He'raut, Her fast. Foy. Guillaume de 
Jumieges, liv. VII , c. 18. 
18011 Iveri, Ivry. 

Tom. II. 



18012 Freres, frere uterin de Richard l er . 
Foy. Guill. de Jumieges, Hist, fr., XI, 56, C, D. 

18014 Cis, Guillaume; Aelis, Adelaide, fille 
de Roger de To€ni ou Toeguy. 

18018 Bretuel, Breteuil. 

18025 Maiait, Raoul est appele par les ecri- 
vains du temps , de JFaher, de Guader ou de 
JFaet. Rob. Wace , II , 247 , v. 13627, l'appelle 

28 



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218 



CHRONIQUE 



Contestation poor I Try, 
Brionne et la succes- 
sion de Guillaume , 
comte d'Hereford. 



Ki bien fu de Bretagne n& , 
Et de Norwis fu quens nomm^, 
Et Tot tenir la forleraice 
Contre le roi , mais par destraice 

18030 En fu d Engletiere kacies, 
Et il et 8a feme exillies. 
Mais en Engletiere laisierent 
Une fille , dont dolant i&rent. 
I the avoit non , moult fu sen& , 

18035 Et puis apri& la espous& 

Quens Guillaumes de L&ciestre , 
Pour gou qu'il le sot de bon iestre , 
Fius Robiert , conte de Meullent. 
De celi ot-il Toirement 

18040 Plusiors filles ; s'en ot I fil 
Hardi et valiant et gen til. 

Quant Guillaumes , li fius Robiert , 
Ki Normendie ot en apiert, 
Fu en Flandres ocis a duel , 

18045 Ses fius Guillaumes de Bretuel 



Raol de Gael, et c'est en effet le vrai nom. Gael 
est en Bretagne. 

18026 Be Bretagne ne's,Brito ex parte, dit 
Guill. de Malmesbury, lib. Ill, Hist, franc., 
XI, 185, E. 

18027 Norwis, comte de Norfolk et de Suf- 
folk. Norwis est plut6t Norwich que Nor- 
folk. 

18028 La forteraice , Norwich. 
18034 I the, autrement Amicia. 

18056 Leeciestre , Leicester. Le comte de ce 
nom, fils de Robert III , comte de Meulan , s'ap- 
pelle Robert et non pas Guillaume, dans YArt 
de verifier let dates ; on ne trouve pas non plus 
ce nom de Guillaume dans Imhoff , Regum pa- 
riumque magna Britannia Hist, geneal. No- 
rimb., 1690, in-fol., p. 155. Au surplus, Guill. 



de Jamieges, que suit encore notre auteur, 
met lui-m£ne Roberto comiti Legrecestria , filio 
Roberti comitis Legrecestria. Le Robert II, comte 
de Leicester, qui epousa la fille de Raoul de 
Norfolk, £tait surnomme' le Bossu. II mourut 
en 1168. 

18040 Plusiors fillet , Isabelle, mariee 1° a* 
Simon, comte de Huntingdon; 2° a Gervais 
Paganel ; Havise , qui epousa Guillaume , comte 
de Glocester. / fil, Robert III , surnomme aux- 
blanches- mains, mort en 1190, apres avoir 
epouse' Petronille , fille de Hugues de Gren te- 
rn esnil. 

18042 fiuilUumet Ph. Mouskes semble 

confondre encore les person nages. II s'agit ici 
de Guillaume , fils d'Osberne , qui n'eut pas la 
Normandie en apiert. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



219 



Calenga la tour d'lveri , 
Ki ja avoit esti I di 
Conte Raoul, p£re 8 aide. 
Mais li dus Robiers sans parole 

18050 L'avoit en son demainne 4u , 
Com rois Guillaumes Tot &i . 
Et puis quens Robiers de Meulleut. 
Lors fisent tel atirement , 
Que Guillaumes pour YTeri 

18055 Prist Brione, et s'il i guerpi 

Li dus , pour 9011 que pri& estoit 
De sa ttere , que il tenoit. 
Brione est ci& de Normendie , 
Mais que Ricars ji une fie 

18060 Le douna Godefiroi son frire. 

Gillebiers . ses fius , pour son pere 
Lot , mais il fu apri& ocis , 
Et Brione , dont or tos dis , 
Remest al due com k signor, 

18065 Quar Brione estoit de s'ounour. 
Adont I Rogier i avoit , 
Le fii Ricart , ki fius estoit 
Cel Gillebiert ki fu ocis, 
Et cil Rogiers , dont jou tos dis , 

18070 Metoit en Brione kalenge, 

Pour ?ou qu'ele ot est£ , par enge , 



18046 Calenga, cospit calumniari , dit Guill. 
de Jumieges. Reclama , con testa. 

18051 Com rois,., comme le roi Guillaume-le- 
Conquerant l'avait eu. 

18052 Robiers de Meullent, Robert III. 

18053 Atirement, instance. 

18059 Ricars, Richard II avait donne Rrionne 
an comte Godefroid , son frere naturel. 
18061 Gillebiers, Gislebert. 
18066 Comme le texte de Ph. Mouskes est 



conftis, celui de Guill. de Jumieges, qu'il a 
voulu rendre, en sera la traduction naturelle : 
Et quoniam Rogerius, filius Richardi, idem 
castrum repetebat, quia avus sunt comes Gisle- 
bertus idipsum,sicuti dictum est, anteapossederat, 

sunt antiquorum plurimi qui dicunt quod 

Richardut, pater Rogerii , pro repetitione ejusdem 
castri dudum in Anglia acceperat oppidum Tone- 
burge* 

18071 Par enge , par engagement, contrat. 



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220 CHRONIQUE 

A Raoul, dont jou dis avant. 

Et pour 5011 si fist li dus lant 

Qu'a eel Rogier dona grant tierre 
18075 Et Tounebruge en Engleti&re. 

S'ot une liuee environ 

De boine ti&re , ce dist on, 

Et si diut Brione ravoir, 

Et se li dus n'avoit loial oir. 
18080 Aprils si avint que Guiaus 

De Brehierval , ki moult fu faus , 

Par traison , outre son voel , 

Ot pris Guillaume de Bretuel , 

Son signor, et si le tint tant 
18085 Qu'une fillete de sougnant, 

K'il avoit , li douna par si 

K'il auroit avoec Yveri. 

De cele fille ot cil Guiaus , 

Ki fel estoit et desloiaus , 
18090 I fil . sot non li vious Guillaumes , 

Et li autres Rogiers-li-Baubes , 

Et sen ot autres, ne sai quans. 

Mais ne demora pas loogtemps 

Que cil Guillaumes de Bretuel 
18095 Reprist k I poignte Guel , 

Par l'aie le roi Phelippon 

De France, le cruel pipon, 

Fil le roi Henri, ki preus fu. 

En eel afaire s'ot eu 
18100 L'aie del boin due Robiert , 

Ki sot Fafaire del cuviert. 

18075 Tounebruge, Tonbridge. mieges, liv. VII, c. 15 : Wilhebnus Luvellus , 

18079 II faut effacer Vet pour la mesure et Guillaume Lovel. 

pour le sens. 18091 Baubes, begue. 

18081 Brehierval, Guillaume de Jumieges, 18095 Guel, tout a Theure Guiaus, e'est-a- 

liv. VII , c. 15 , etc., Goellus de Breherii Voile, dire Juhel ou Goel , en latin Goellut. 

18090 Li vious Guillaumes , Guill. de Ju- 18097 Pipon, trompeur ; piper. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



221 



Parmi sa tiere lant ala , 
Et arst et destruist et pr&t , 
Que cil Guiaus, dont je vos di ; 

18105 A force Yveri leur rendi , 

Et, quant Willaumes vint a mort, 
Pour qou que Guiaus li fist tort , 
Si fist oir de son casement 
Raoul de Waiet Yoirement , 

18110 Ki fius estoit de sa sereur, 

Et moult estoit de grant valeur. 
Mais Estases, ki fu ses fius , 
Fu as afaires ententius , 
Et les forteraices saissi 

18115 Et tint en pais, rien n'i perdi. 
Tant que sa feme n'el vot pas , 
Fille le roi Henri de bas, 
Juliane fu apiel^e. 
Cele fu de la cose irfe , 

18120 S'en osta les gardes le roi 

Fors de Bretuel toutes , par quoi 
Li rois toli tout a Estasse , 
Qu'il n'en ot tierme ne espasse , 
Mais qu'il ot seulement Paci ; 

18125 Et Guiaus rot dont Yveri. 

Guillaumes , quens de L&ciestre , 
Ki de l'afaire sot tout l'iestre , 
Ot Bretuel et Glos , et s'ot Lire 
Et tiere aillours , et tout par Tire , 



18104 Guiaus, God. 

18109 Waiet, ecrit tout a l'heure Maiait. 
Toy. v. 18025. 

18112 Estates, Eustache, sonfils nature!. 

18124 Paci , Paceii oppidum. Pacy-sur- 
Eure. 

Voir une note de M. A. Le Prevoat, Roman 



deRou, 11, SLM. 

18126 Guillaumes , Robert . comme plus 
haul. 

18128 Lire, Glos, Britolium, Guillaume de 
Jumieges, liv. VII , c. 15. 

18129 Et tout par I'ire , par Tire de Ju- 
liane. 



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222 



CHRONIQUE 



An 1124. 



18130 En Normendie, qui devant 
Avoit est£ k son vivant 
A Guillaume , le fil Osbiert , 
L'aiol I the , dont en apiert 
Vot dis qu'ele ot sa feme este. 

18135 Or tous ai l'afeire moustr£, 
Qui lonctans ensi demora , 
Que nus encontre ne parla. 
L'arceveskes de Ruem mora . 
Guillaumes, qui moult preudom fu, 

18140 Et li doiiens Jofrois del Man* 
Fu arcevesques k eel tans. 

Adonkes s'ot descorde auti 
Del roi d'Engletiere Henri 
Et del conte Amauri d'Evreus. 

18145 Ki sages iert et corageus. 

Li quens Galerans de Meullent 
Guerroia le roi ausement, 
Mais il fa pris de la descorde 
En I estour, a Bouterolde. 

18150 Moult en i prisent et tuereot , 

Et moult d'autre s'en escaperent , 
Par consense de leur amis. 
Li quens dEvreus. dont je vous dis , 
Et Willaumes d'Auriloniel 

18155 S'en escaperent sans r&riel. 
Li rois tint conte Galeran , 
Et si abati en eslan 



1 81 44 Amauri d'Evreut , Amauri IV de Mont- 
fort , premier du nom , comte d'Evreux. 

18146 Gvlerant de Meullent , Galeran oiWa- 
leran 11 ou III , ne Tan 1104 , fut eleve avec ton 
firere jumeau , par lea soins de Henri I**, roi 
d*Angleterre. 

18149 Bouterolde, Surgut TurolM. Waleran 
fnt pris dans une embuscade pres de Watteville. 



Guillaume de Jumieges, liv. VII , c. 17. 

18154 D'Auriloniel, Lovel d'lvry, LoweUus 
de Ivreio , Guillaume de Jumieges , liv. VII , 
c. 17. 

18157 En eslan , tout d'un temps. Cest peut- 
etre le funditms de Gnillaume de Jumieges. Sur 
ces evenemens voir cet annaliste , livre VII , 
c S3 (18). 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



223 



Tout le castiel de Valentin . 
Et si fist crever en la fin 

18160 Les ious qam qui tinrent Brione 
Contre lui , et , pour tel essone , 
Se rendirent cil de Biaumont , 
Qui leur castiel tenoient dont. 
Dont s'acorda enes eel an 

18165 Li rois al conte Galeran , 
Et sa ti&re li a rendue , 
Sans forteraice qu'ot tenue. 
Puis ot apri& ioele guierre 
Faus monniiers en Engletiere. 

18170 Li rois les fist prendre et coper 
Les coulles et les ious crever 
Et s'ot la destre main trebcie 
Cascuns d'aus , pour traire hascie. 
En apri& icele bargagne , 

18175 Li empereres d'Alemagne 

Moru donkes , Henris ot non , 
Sages iert et de grant renon. 
Et li rois Henris d'Engletierre , 
Ki parfin^e avoit sa gierre , 

18180 Pour Mehaut, sa fille, envoia, 
Et Jofroit Martiel le dona , 
Fil le conte Jofroi d'Ango , 



Faux monnayeurs 



Mort de l'empercur 
Henri V, 1125. 



L'imperatrice Mathilde 
epouse Geoffroi V, 
coraled'Anjou, 1127. 



18158 Fafeirfm, Watteville. 
18164 Enes ou enes , en. 
18169 Faus monniiers, Guill. de Jumieges, 
liv. VII , c. 23 (19). 

18173 Pour traire hascie , en tirer pun it ion. 

18176 Henris, Henri V. Guill. de Jumieges, 
liv. VII, c. 25 (21), dit Henri IV. 

18177 Sages iert, Ph. Mouskes onblie les 
dissensions de Henri V et du souverain pontife; 
il n'en dit mot , non plus que des querelles de 
son pere avec le saint-siege. 

18181 Et Jofroit.... le dona, la donna en 



mariage a Geoffroi V, dit Plantagenet ou le Bel , 
fils de Foulques V, dit le Jeune , et non pas de 
Geoffroi. La Ghronique de Pierre de Langtoft , 
publiee dans le recueil de M. Fr. Michel , s*ex- 
prime ainsi , 1 , 162 : 

Sa fille Maid, ouf ly plus beel ne fut reu. 
Al ray de Almayne a femme Tad tendu. 
I/empereour Henri emperice Tad resceu. 
Par tant al rey Henri eat grant peer acreu. 

Le mariage de Mathilde et de Geoffroi fut 
cel&Mre" le jour de la Pentecdte , 22 mai 1127 et 
non pas 1129, comrae on l'a ecrit. 



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CHR0N1QUE 



Ses cnfans. 



Mort dc Mathildc, reiuc 
d'Anglcterro, l«tnai 
1118. 



Adelaide de Brabant , 
scronde femine de 
Henri I, roi d' Anglo- 
lerre. 



Enfans nalurcls He 
Henri. 



Ki fu preudom et vesqui po , 
Et li fist jurer &aut4 

18185 Tous les barons en loiaut£ 

D'Engleti&re , moult docement. 
De Mehaut si ot Toirement 
Jofrois III fius, j'el sai de fi, 
Willaume et Jofroit et Henri. 

18190 La roine Mehaus moru, 
Li rois Henris dolans en fu , 
Quar boine et biele iert, si l'ot ciere. 
Mais il reprist, a grant proiere, 
Fille le conte Godefroit 

18195 De Louvaing, ki mout bele estoit. 
A^lis ot non, trop fu gente; 
Et si estoit moult pri& parente 
Le conte Estase de Boulogne , 
Ki del parage ne fourlougne. 

18200 Mais li rois n'en ot nul enfant. 

£ou pesa lui , mais non pour quant 
Si ot de bas li rois VI fius 
Et VII filles auques gentius. 
De frankes femes paisans 
Ot li rois Henris ces enfans. 
Ses ainsn& fius ot non Robiers. 
Biaus bacelers fu en apiers ; 
A feme li douna Sebile. 



18185 Et vesqui po, ne le 24 aout 1113, il 
mourut en 1151 , age" d'environ 38 ans. 

18194 Godefroit , Godefroid dit le Grand ou 
le Barbu. 

18196 jJe'lis, la mere d' Adelaide etait Ide ou 
Ida , fille d'Albert HI , comte de Namur. Guill. 
de Jumieges , liv. Ill , cfa. 29. 

18198 Estate, Eustache II, aux grenotu , 
comte de Boulogne, lut pere de Godefroid de 
Bouillon. 



18199 Fourlougne, forligne. 

18202 Be bas, illegitimement. 

18204 PaUans , membres du pagus (pa- 
genses), personnel libres. Warnkoenig, HisU 
delaFlandre, II, 264. 

18206 Robiers, Robert de Caen, ainsi nomine 
du lieu de sa naissance , comte de Glocesler. 

18208 Sebile (d'autrea disent Mabile), fille 
de Robert fils d'Haimon , seigneur de Glocesr 
ter. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



Cele estoit Robiert Haimon fille , 

18210 Et si estoit parente ausi 

A Robiert de Montgoumeri ; 
Et s'iert ci& de son yretage, 
Torignis, ki siet en la marce 
De la ti&re de Beessin 

18215 Et de cele de Coustentin. 

Et douna li , sans parcounier , 
Ti&re Hairaon-le-Despensier , 
Qui li oncles sa feme estoit. 
Et puis li douna-il en foit 

18220 Toute la cont£ de Glouciestre, 

Quar il iert preus et de bon iestre. 
Et cil Robiers ot de Sebile 
V fius moult biaus et une fille, 
Dont Willaumes fu li ainsn& , 

18225 Qui moult fu vallans et sen&. 
Li secons bastars fius le roi 
Henris , qui moult preus fu de soi , 
Ot non Ricars et fu noii& , 
Dont ses peres fu moult iries. 

18230 Robiers , Gillebiers et Renaus 
N'orent de ti&re mons ne vaus. 
Li sistes frferes, j'el vos di , 
Ot non Guillaumes de Tract , 



18211 Robiert de Montgoumeri, pere de Ro- 
bert de Bellesme. 

18212 Cie's , chef-lieu. La chronique de Nor- 
mandie s*exprime a peu pres de mdme : « Et 
estoit le chief de son hertage Thorigny, » etc., 
Dom Bouquet, XIII , 255, G. 

18213 Torignis, Torigny. 

18216 Sans parcounier, sans partage. Voy. 
dans VHistoire de Flandre , par M. Warnkcenig 
une piece intitulee : Chest chou he mes tires de 
Mortaingne doit prendre a son wienage a Mortain- 
gne, il et si parchounier, II . 472. Ici parckou- 

Tom. II. 



nier veut dire fermiers a part de produit. Ibid. 
461. 

18217 Haimon-le-Despensier , Haimonis dapi- 
feri. 

18227 De soi, comme on dit aujourd'hui de 
sa personne, 

18228 Noiies, avec le successeur presomptif 
de Henri. 

18231 N'orent de tiere, Guill. de Jumieges 
dit : Adhuc juvena sine casamento sunt, Renaud 
devint comte de Gornouailles. 

18235 Tract, Tracy pres de Vire ; on y voit 

29 



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226 



CHRONIQUE 



Ki puis son pere mom tos. 

18235 L'une des filles, Mahalos, 

Cele espousa li queus Rotrot 
Des Pierce, qui moult peut et sot. 
Mais ele fu noite en mer , 
Quant od son frere diut aler. 

18240 Mais li quens en ot line fille, 
Qui biele f u , s'ot non Mobile. 
Et cele fille Mabilain 
Douna-on al conte Konain 
De Bretagne : s'en ot Hoiel. 

18245 Con tint a valiant et a biel , 
Et II filles en ot ausi. 
La tierce fille al roi Henri , 
Cele ot Estasse de Pact , 
Qui preudom fu et moult vesqui. 

18250 Juliaue ot non^ s'ot II fius, 

Bien entendans et bien soutius : 
L'un Willaumes, l'autre Rosier. 
La quarte fille, a grant dangier, 
Fu Guillaume Waiet donn^e , 

18255 Ki de grant tiere l'a dou^e. 
La quinte fu donnee adont 
Al visconte qui tint Belmont. 
La siste ot Mahius % j'el tos di , 



encore le* ruines d'un magnifique chateau. 
M. Guizot, dans son magnifique discours de re- 
ception a racademie francaise, ayant a falre l'e- 
loge du celebre ideologue Destutt de Tracy , cite 
avec bonheur la devise du manoir de cette fa- 
mil le. 

18235 Mahalos, Matbilde* 

18236-37 Rotrot des Pierce, Guil. de Jumieges: 
Nupsit comiti Perticensi Rotroco, c'est-a-dire Ro- 
trou II, comte de Perche en 1100. 

18242 Mabilain , m£me nom que Mabile. 

18243 Konain, Gonan HI , due de Bretagne, 



dit le Gros , pere de HoeJ VI. 

18244 Hotel 7 Hoel ou Howel. Le trouvere 
Renaut donne a la^ Bretagne , ou du moins a une 
de ses parties, le nom de terre HoieL Lb Lai 
d'Icfubhes, pag. 6. 

18253 A grant dangier , non sans grande 
peine. 

18254 dhUUaume Waiet, Guillaume Gouet, qui 
a donne son nom au Perche-Gouet. 

18257 Belmont, Beaumont. 

18258 Mahius, Mathieu I cr , connetable de 
France , fils de Bouchard IV de Montmorency. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



Fhis Boucart de Montmorenci. 

18260 La sietme ki fu Yzabiaus , 

Qui les ieus ot rians et biaus , 
Et suer al conte Galeran , 
N'ot onques mari a nul an. 
L'arcevesqes de Ruem Jofrois 

18265 Fu adont mors et enfouois. 
Hue , li prieus de L&us , 
Ki moult f u preudom et loiaus , 
Et plains estoit de bonnes teqes , 
Fu par le due fais aroeveskes. 

18270 Cis rois d'Engletiere Henri* , 
Ki moult fii vallans et cieris , 
Fist en Engletiere castiaus , 
Plusiors moult fors , rices et biaus. 
S en fist plusiors en Normendie , 

18275 Drincourt fist-il par enresdie, 



Mathieu I de Montmo- 
renci. 



Hague*, archeveque de 
Rouen. 



Chateaux et monasteres 
bitispar le roi Henri. 



Les vers 18258-59 sort cites par Du Chesne, 
page 98 de Thistoire de cette illustre mai- 
soo. 

18262 Suer al conte Galeran, elle avait pour 
mere Elisabeth, soeur du comte Waleran II ou 
III deMeulan, et fille de Robert III. Septimaguce 
nata ex Elisabeth , torore Walerani, comitis MeU 
lentu Ph. Mouskes traduit avec inexactitude, et 
©met , sans y prendre garde , les mots esseatiels 
de son original. 

18286 Prieus de Leant, Guill. de Jumieges, 
liv. VII, c. 50 : Hugo, primus jabbas Radingeu* 
sis. Mais avant d'etre abbe de Reding , il avait ete 
prieur de Lewis. Guillaume de Malmesbury, 
dans le recueil des Historiens frsneais, XIII , 
22, D. 
. 1S268 Teqes , qualkee. 

18272 Castiaus. GwU. de Jumieges, VII, 51. 
II faut lire sur oe point M, de Caumont, Hist, 
de Vvrchitecture militaire et civile , pag. 212 : 

« Ce fat surtout , dit ce savant , sous Henri I er , 
ami des arts et des lettres, que Parchitecture 



militaire fit des progres sensibles et non moins 
remarquables pert-dire que ceux qui se mani- 
festerent vers le m&me temps dans les construc- 
tions retigieuoes. L'historien Robert Du Mont 
cite, parmi les nombreux chateaux que ce prince 
fit retablir ou reconstruire en entier sur les fron- 
tieres, ceux de Driencourt (ou) JYeuchdtel sur 
Epte , Vemeuil, Nonancourt, Sons - Moulin s , 
PonlorsoBj 8 x .~Deni$-en-Lion$ 7 Le Vumdreuil, 
les tours tffivreux, tfAlencon, de Coutances , de 
St.-Jean-le-Thomas, pres du mont S*.-Michel , 
et plusieurs autres (Rob. Du Mont, Appendix 
ad Sigeberlum , apud Dom Bouquet , torn. XIII ). 

» II fit aussi construire les donjons 4e Caen , 
dMrques et de Vire, comme nous Pavona deja 
dk. » 

18275 Drincourt, Driencourt, qui per.dk oe 
nora pour prendre celui de Neufckatel , apres 
que Henri I er y eut fak construire ud cha- 
teau, 

M. A. I«e Prevost dk qu'il n'a point oonnais- 
sance des seigneurs de Driencourt dont R. Wace 



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228 



CHRONIQUE 



Passage dans les Alpe». 



Si fist le Nuef-Castiel sor Di&pe, 
Ki ne cr&noit adonqes si£ge, 
Et Buens-Molins et Pontorson 
Nounencourt et mainte maison ; 

18280 Et si funda en Engletiere, 

El tans qu'il fu a mains de gierre , 
Sainte-Marie de Radinges , 
U il a monnes et clers dignes , 
Et une autre de S t .-Jehan 

18285 Fist-il a Wincester eel an, 
Et si mist kanonnes riulers , 
De clergie garnis et clers. 
Si fist a Ruem en Normendie , 
Cele del Pr^-Sainte-Marie , 

18290 Et si aida moult a Clugni, 

Que commen^a sa m&re ausi ; 
Et cele a Des-Cans-S*.-Martin. 
Et si fist faire le cemin 
Pour passer les mons de Mongiu 

18295 Con ne pooit passer a giu , 
Et si douna a l'ospital 
Une Tile qu'ot en I val 
En Avrentin , s'ot non Vilide ; 



parlea propos de la bataille dllastings, II, 267: 

Dc Crievccoer et de Driencort 

Et li sire de Briencort 

Sucieot li Dus kel part k'il tort. 

Enresdie, colere , ressentiment. 

18276-78 Diepe et siege, rime rnrale. 

18281 A mains de gierre , a moins de guerre, 
e'est-a-dire pendant qu'il jouissait de quelque 
repos. 

18282 Radinget. Guill. de Jumieges, VII , 
32 : Mdifieavit autem in Anglia a fundamentis 
abbatiam sondes Maria Radingis super fluvium 
Tamissa. Radinget et dignes , rime incomplete. 

18286 Riulers, reguliers. 



18291 Que commenca sa mire ausi, dans G. de 
Jumieges, que traduit Ph. Mouskes, cea mots tom- 
bent sur l'eglise du Pr£-S te -Marie et non pas sur 
celle de Clugny. 

18292 Des-Cans-SK-Martin , S. Martini de 
Campis, S'.-Martin-des-Gbamps , a Paris. Fog. 
Gbron. de Normandie, Dom Bouquet, XIII, 
285 , D. 

18294 Mongiu, Mons Jot is. Voy. les Tables. 

18295 A giu, comme un jeu, facilement. 

18296 A l'ospital, aux Templiers. 

1 8297 Qu'ot en I val, mots amenes par la rime. 

18298 Avrentin, Avranchin; Vilide,,* ViUe- 
dieu. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



229 



Et ai Temple fist-il aide. 

18300 Et pour s'arme, comme rois preus, 
Refist-il la glise d'Evreus , 
Qu'entre lui et conte Amalri, 
Par lor gierre , arsent I mardi. 
Cil rois Henris ot moult serors . 

18305 Qu'il maria a grans honors. 
L'ainsn^e , C&ile ot k non , 
Fu doun^e en religion. 
Moult fu sage , et al quart an 
Fu-ele abesse de Kaam. 

18310 L'autre, Coustance, fu sen^e: 
Al conte Alain fu marine 
De Bretagne , le fiel Hoiel , 
Qui ferma maint rice castiel, 
Oirs fu Konain , mais il moru 

18315 Sans oir, hardis et jovenes fu. 
Petit apri& moru la dame , 
Con tenoit a moult bonne fame; 
Et Alains prist apri& I po 
Une fille al conte d'Ango , 

18320 De qui il ot Konain, son fil. 
Et puis apri& si reprist-il 
Une fille le roi Henri , 
Si com devant av& oi. 



Eglise d'Evreux. 



Sceurs tfu roi Uenri. 



18302 Amalri, Amauri. 

18304 Serors. Voy. Guill. de Jumieges , VII, 
pag. 34. 

18311 Alain, Alain Feregand ou Fergent, 
dit le Roux, fils de Hoel V. 

18314 Oirs fu Konain, Hoel V fils d'Alain 
Gagnart, comte de Cornouaille , succeda a Co- 
nan II. 

1831445 Mais il moru sans oir , cela ne peut 
s'entendre ni de Hoel V ni d' Alain Fergent, mais 
doit s'appliquer a Constance, qui mourut sans 



enfans , le 13 aout 1090 : Absque liberis mortua 
est, dit Guill. de Jumieges. 

18316 Petit aprie's moru la dame. Constance 
mourut environ six ans apres Hoel V. 

18319 Une fille, Ermengarde, fille de Foul- 
ques - le - Rechin et femme repudiee de Guil- 
laume IX , due d'Aquitaine. 

18320 Konain, Conan III, dit le Gros. 

18321 Et puis aprie's , ceci est uue inexacti- 
tude , Ph. Mouskes reproduit le meme fait en 
intervertissant l'ordre chronologique. 



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230 



CHRONIQUE 



Philippe I« r , roi de 
France. 



Mortd'ArnoulUI,coiute 
He Flandre, 1071. 



Hiver rigoureux. 



ResUuralion de 1'ab- 
baye de S'-Martin , j 
Tournay. 



Manage de Philippe I ,r , 
1108. 



Encor vWoit li rois Felipe* 

18325 De France, qui moult estoit visles, 
Qui fu fius al bon roi Henri , 
Qui sa ti&re point n'amenri. 

Adont fu ocis a Kasiei 
Li quens Ernous, par son r&riel , 

18330 De Robtert, ki ses oncles fu , 
Ki puis en a grant duel 4u. 
Dont fu une trop grant giel& . 
Trop piesme et trop d&nesur^e , 
De nuevembre juaqu'en avril, 

18335 Et povre gent mist a exil. 
Dont si fu restor^e enfin 
L'ab&e de S*. -Martin 
Que li rois Henris ot destruite 
Par son courous et par sa luite. 

18340 Cil rois Felippes i douna 

Del sien. quant on le res tor a. 
Et si prist adont a espouse 
Une moult avenande touse. 
Fille fu al oonte Robiert , 

18345 Par restore Wen m'en sai ciert. 
Lo^ys en ot et Coustance , 
Ki fu biele et cortoise et f ranee. 
Et puis fu-ele tant sen& 
Qu'al conte Huon fu don^e 

18350 De Troies, c'on tint a moult sage, 



185&4-25 Felipes, vtafef , maiwaiserhne. Vistes, 
alerte , diligent. 

18327 Ce vers, comme *ne infinite d'autres, 
est an Jieu omnmiD. foyAa. fin de cette matiere 
v. 18468. 

18538 Kasiei 7 Cassel, Foy . v. 17946. 

t8329 Reviel, orgveil. 

18339 Robiert, Robert-le-Fiison , deuxieme 
fils de Baudovin de Lille. L'a*te«r , qui a deja 



parle du meurtre de Charles-le-Bon, le Lroisieme 
comte de Flandre apresRobert-le-Frison , ne suit 
pas trop strictement , comme on voit , la marche 
des ev^nomeas. 

18343 Tmue, femme. Bertfae, fiHe de Ger- 
trude de Saie et de Florent I OT , comte de Hol- 
lander belle-fiUe de Robert-le-Frison , oonte de 
Flandre. 

18349 Huon j Hngues, comte de Champagne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES, 



231 



Ki puis s en parti par parage. 

Si fu doun^e a Bui&nont , 

D'Andioce prince secont. 

Cis rois Felippres , j el vos di , 
18355 Par sa ruistaice esploita si , 

Q'al vivant sa feme premiere . 

Ki biele estoit de grant maniere , 

Conte Foucon d'Ango toli 

Sa feme, tant li abi&i. 
18360 II fius en ot, <jou dist I'estorie, 

L'un Felippron et Fautre Florie , 

Et une fille, ensi le truis, 

Que Tangr& d'Andioce ot pris. 
A Meteun moru cis rois, 
18365 Ki moult ot fais tors et derois, 

Enti&*& fu , j'en sai le voire , 

Droit a St.-Ben&rit-sor-Loire , 

En la contr^e d'Orlenois, 

XLIX ans fu cis rois. 
18370 Lo^ys , ses fius li ainsn& , 

Fu lu&s a Noion couronn&. 

L'arcevesques de Sens i fu , 

Ki l'a enoint et esl&i. 

XL rois k cest cont&. 
18375 Puis fu-il cr&nus et dout&. 

Feme prist d'une ti&re estragne, 



Mort de Philippe 1". 



Louis VI , (lit le Gros. 



Son manage, 1115. 



18351 Par parage, par raiton de parente. 

18352 Butemont, Boemond , prince d*An- 
lioche. 

18355 Ruistaice, impetuosity, violence des 
passions ; si , tellement. 

18359 Sa feme, Ber trade, enlevee le 4 jum 
1092 a Foulques-le-Rechin , comte d'Anjou j 
abie'U, plat. 

18360-61 L'ettorie, Florie, la mesure exige, 
ainsi que dans d'autres occasions semblables T 



Vestore et Flore. 

18361 Felippron, Philippe, comte de Mantes; 
Florie, Fleuriou Flore, qui epousa rheritiere de 
Nangis. 

18362 Une fille, Cecile. 

18363 Tangres , Tancrede , prince de Galilee, 
cousin de Boemond. Cecile epousa . apres lui 7 
Pons , comte de Tripoli. 

18365 Derois, mieux de trots. 
XLIX ans , 48 ans. 



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232 



CHRONIQUE 



Guerre contrc !e romtc 
de Mculan. 



Fille al conte de Moriagne. 

Y fius en ot, j el sai de fi, 

Felippron, Robiert et Henri. 
18380 Li quars ot Lo^ys a non , 

Et li quins T£ris, ce trueve-on. 
Une fois , par grant mautalent , 

Avint que li quens de Meullent , 

Et ses linages avoec lui , 
18385 Vorrent a cest roi faire anui. 

S'orent fait espiier cilcun, 

Que li rois iert a Mel (kin. 

Arm£ sont, vinrent a Paris; 

Mais il n'i ot ne giu ne ris , 
18390 Quar il ont fait les pons desfaire 

Et Tiers la sale a trait atraire , 

Pour prendre et pour ardoir k force. 

La Tile poilent com escorce. 

Et li rois, quant li fu nonciet, 
18395 Son mariscal a lues huciet , 

Months est, et s'a commande 

Que tot le siucent, et mande. 

A esporon s'en Tait bro^ant 

Et tout si home apri& hastant. 
18400 C'onques n'i dout^rent lasser. 

Mais ne porent as pons passer. 



18577 Moriagne, Alix ou Adelaide, fille de 
Humbert II , comte de Maurienne ou de Savoie. 

18378 Ffius , six fib et une fille. Ph. Mouskes 
a oublie Pierre de Courtenai. 

18380 Li quars, le second par ordre de nais- 
sance. 

18381 Ten's, on ne trouve pas de fils de 
Louis -le-Gros appele Thierri, mats bien Hu- 
gues , qui fut consacre a Dieu dans Tabbaye de 
Tiron. 

18383 Li quens de Meullent, ce qui suit est 



raconte* ordinairement de la guerre de Louis-le- 
Gros et de Henri, roi d'Angleterre. 

18386 Cilcun, quelqu'un. 

18391 La sale , le palais du roi ; a trait , avec 
des armes; atraire, diriger. 

18393 Poilent, pelent , 6tent le poil, e'est-a- 
dire pillent. 

18593 Huciet, appele. 

18397 Siucent, suivissent ; et mande , ces mots 
doiyent se joindre , pour le sens , a s'a com' 
mande. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



233 



Et li rois Tint al gu£, s'el sainne, 
A esporon se fiert en Sainne , 
Et li cevaus outre ariva. 

18405 Cascuns apri& a fprce Ta. 

Uns de Meullent quoisi le roi , 
Par le frain le prist k desroi 
Et dist le roi : cc Rois , tu i&& pris. » 
« Vous mentis , dist li rois de pris , 

18410 Conques rois, ce n'est mie gas, 
Ne fu mis jus al giu d'escas. » 
A tant saca le bran diviers , 
Si Ten a fteru en traviers , 
Parmi les flans pourfendu l'a , 

18415 Que Tune moiti& cai la 
Et Tautre remest el ceval. 
Les autres, d'amont et d'aval, 
Desbareta et desconfi , 
Puis furent tot en sa mierci. 

18420 Et saci£s bien que li bourgois 
Si provferent si que li rois 
A son Tivant les en loa 
Et jusqu a la mort les a ma. 
Felipres, li fius premerains, 

18425 Fu al yiyant son p&re, a Rains, 
Enoins et couronne porta. 



I4avrilll29. 



18402 S'el sainne, le marque ou fait sur lui 
le signe de la croix. 

18403 Sainne , Seine. 

18406 Quoisi, apercut, reconnut. 

18408 Et dist le roi, et dit au roi. 

18409 Li rois de pris , expression qui revient 
souvent dans les poesies des trouveres et surtout 
dans les anciens romans : 

Re nel conoisent li chevalier de pris. 

Bskksb, Gerard de F"ienne , v. 483. 
Torne It raigne dou boin destrier depris. 
Ibid., v. 502. 

To*. II. 



Poignfo apres, franc chevalier de pris. 

Ibid., v. 527. 
Ke chevaichoit le boin destrier depris. 

Ibid. ,v. 868. 
En sa compaigne mil chevaliers depris. 

Ibid.,r. 1148. 

18410 Ce n'est mie gas , ce n'est pas un badi- 
nage. 

18411 Mis jus, mis a bas, ren verse j al giu 
d"escas , au jeu d'echecs. 

18412 Le bran, le glaive; diviers 9 cruel. 
18418 Desbareta, vainquit* 

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234 



CHRONIQUB 



Louis VII, ditle Jeune, 
roi de Frtncc. 



Comtes d'Anjou el du 
Maine. 



XLI rois cis fera. 

Mais en eslan li meskai, 

Quar jus de son ceval k& , 
18430 A Paris, parmi I pourciel, 

Si durement en I monciel, 

Que de la ble$ure moru. 

A S* .-Denis enfbuois fu. 
L'an meismes fu coronn& 
18435 Lcrfys, Taiitre fius ainsn&; 

Enoins fa k Rams roirement 

De Fapostole Innocent , 

Qui la son concille tenoit. 

XIII rois fait cis droit 
18440 Ensi le tiesmogne restore. 

De cest roi lairai ester ore. 

Or tous dirai-jou des Normans , 

Ki dont vivoient k eel tans. 

Quant Jofrois-Martiaus fu ochis, 
18445 Fouques, ses fibres , fu saisis 

De la tiere , et prist k son tans 

Fille al conte Elie del Mans. 

II fius en ot : Jofroi-Martiel 

Et Elie^ e'on tiunt a biel, 
18450 Et H fines; sen fu l'ainsn& 



18430 Pourciel, pourceau. 

18431 Monciel, monceau. 

18437 Ce vers serai t trop court si l'elision 
avait lieu. -L'an 1130, Innocent II , chasse* de 
Rome par Anaclet, son comp&ileur , s'&ait re- 
fugi6 en France. 

18441 Je me tairai main tenant sur ce roi. 

18444 Jo frois- Martians , Geoflrol IV, dit 
Martel, comte d'Anjou, fils de Foulques IV, 
dit le Rechin. Voyez Guillaume de Jumieges , 
VII, 54. 

18443 Fouques , Foulques V , dit le Jeune , 



comte d'Anjou , puis roi de Jerusalem. 

18447 Fiiie, l&remburge, firmentrude ou en- 
core Guiburge, fille et h£ritifre d'Helie , comte 
du Maine, morte en 1143. 

18448 Jofroi, Geoftroi V. 

18449 Tiunt, tint. 

18430 II fillet, Mathilde epousa Guillaume, 
fUs du roi Henri d'Angleterre; Sybille ou Mabirie 
s'unit a Thierri d' Alsace, comtede Flandre, a pre* 
avoir 6t6 separee de Guillaume Gliton , son pre- 
mier epoux. — La cbronique vulgaire de Nor- 
mandie donne aussi pour mari a Mathilde le 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



235 



Al conte de Prouvins donn£e , 
Et l'autre prist li quens T^ris 
De Flandres, qui moult fu gentis. 
Quant morte fu , si sen ala 

18455 Li quens a Acre et rois fu la. 
S'ot la fille al roi Bauduin 
Qui dont estoit ates k fin. 
Quar quant la ti£re fu conquise 
Et Jerusalem fu r'aquise , 

18460 Godefrois. frere al roi Estase, 
En fu sire par lone espasse. 
Mais on ne li pot enorter 
Qu'il Tosist eouronne porter , 
Fors une d'espine par non , 

18465 Si com Dieux fist a passion. 

Puis eest fu Bauduins premiers , 
Ses fius secons et Tigris tiers. 
La tierce fille au roi Henri , 
Fu promise , jou sai de fi, 

18470 Evrart TEnglois, I traitour, 
Mais il fu ocis a dolour , 



Foulques , roi de Jeru- 
salem. 



Godefroid de Bouillon. 



Suite de* filles de Guil- 
laume, roi d'Aogle- 
terre. 



comte de Proving , et en general il y a entre cette 
chronique et certains passages de Ph. Mouskes, 
des resseroblances assez frappantes, d'ou Ton 
pour rait inferer que Tauteur de cette chroni- 
que a consult^ le n6tre. Dom Bouquet, XIII, 
234 , A. 

18456 Pot la fille, Melissende, fille de Bau- 
douin II, roi de Jerusalem. 

18460 Al roi Estase , Eustache, on le sait, 
ne fut jamais roi , mais comte de Boulogne. Guil. 
de Jumieges, que traduit encore Ph. Mouskes, 
ne commet point cette faute, VII, 54. 

18466 Bauduins, Baudouin I er , frere de Go- 
defroid de Bouillon. 

18467 Ses fius secons, Baudouin ne laissa 
aucun enfant de sestrois femmes. Le second suc- 
cesseur de Godefroid fut Baudouin II , fils aine* 



de Hugues, comte de Bethel et parent de Bau- 
douin l m . Tieris tiers , aucun roi de Jerusalem 
n'a porte le nom de Thierri. Le troisieme suc- 
cesseur de Godefroid fut Foulques, dont il a 6te 
parle tout a l'heure. 

18468 La tierce fille.... Ici Ph. Mouskes re- 
vie nt au sujet qu'il avait ahandonneau v. 18263. 
Au roi Henri, Ph. Mouskes se trompe encore ici : 
il faut lire au roi Cruillaume. Son auteur original, 
Guill. de Jumieges, VII, 54, dit : Tertia vero 
filiarum Wilhelmi regis. Notre auteur avait done 
tort d'ajouter jou sai de fi, car sa negligence est 
evidente. 

1 8 470 Evrarl VEnghis , Heraldo proditori ante 
helium anglicum sponsata. C'est-a-dire , cet 
Harold , vaincu par Guillaume - le - Conqu6- 
rant. 



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236 



CHRONIQUE 



Henri I, cotnle d*£u. 



Et la puciele moru virg£ne 

Que cil devoit prendre, A&ine. 

La quarte Ade , ki fu senee , 
18475 Fu al conte Esti^vene donn^e 

De Blois , s'ot de li MI Bus , 

Sages , vallans et entenlius : 

Guillaume et Ti^baut et Henri 

De Fescans , ki ji fist I di 
18480 Lever de ttere due Ricart; 

Et l'autre, en qui Dieux ot grant part. 

Ce fist faire li rois Henris , 

Li fius M&aus Femper&s , 

Ki fu al lever, et douna 
18485 Le bos de Honges ce jor-la, 

Comme preudom et bien sa$ans , 

Pour s'arme et pour les dus valla ns. 

Et apri& eel tiermine I pou, 

Si reprist li quens Henris d'Ou 
18490 Fille Guillaume dont je di , 

Et sa parente ert-ele ausi; 



18472 Firgene, proDoncez virgne. 
18475 Aeline, Adelaide. 

18474 Ade, Adele. 

18475 Estievene, EtienneVI, comte de Blois. 
On a deja remarque* sans doute que ce mot doit 
se contracterdansla prononciation, pour laisser 
au vers sa mesure. 

18480 Ricart, Richard I cr , due de Normandie. 

18482 Neurit, Henri II, Plantagen^t. 

18485 Le bos de Honges, Robert Du Mont, 
dans son appendice a Sigebert de Gembloux, 
ecrit ce qui suit : Primus Ricardus , dux Nor- 
mannorum, et secundus Ricardus, filius ejus, 
apud Fiscannum levatide tumults suis,in quibus 
separatim jaeebant , post altare sanctae Trinitatis 
honestius ponuntur. Huic translationi Henricus, 
rex Anglorum , interfuit, et episcopi Normanniae ; 
et dedit illi ecclesiae Sylyam db Hogis. Dom Bou- 



quet, XIII, 506, D. La chronique vulgaire de Nor- 
mandie se rapproche encore davantage de notre 
auteur : « La quarte nominee Ade , fu mariee au 
conte Estienne de Blois, et de lui eut quatre filz, 
Guillaume , Thibault , Henry et Estienne. Guil- 
laume, surnomme de Soly (Sully) , fu pere Henry 
l'abbe de Fescamps , qui en son temps fist lever 
de terre les deux Richards de Nortmandie : et 
y fut pour le temps qu'ilz furent tenus et levez , 
Henry , fils de M^hault l'empereis , lequel pour 
lors estoit roy d'Engleterre et due de Northman- 
die , et douna au jour de ladite levacion a icelle 
abbaye de Fescamp une forfit sur la mer , nom- 
inee Hogues. » Ibid., XIII , 254, B. 

18489 D'Ou, Henri I er , comte d'Eu. 

18490 Fille, Marguerite; Guillaume, Guil- 
laume de Champagne , sire de Sully , fils d'Adele 
et neveu du roi Henri I er . 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



237 



Une fille et III fius en ot. 

Li ainsn& Ti^baus , qui moult sot , 

Et moult ert sages et courtois, 

18495 Ot toute la cont<5 de Blois 

Et s'aquist a Huon , son oncle , 
La cont^ de Troies adonke , 
Et s'ot la cont£ de Chartain , 
Puis si prist-il a feme Adain , 

18500 Qui moult estoit vallans et savie 
Et fu fille al conte de Blare, 
Filles et fius en ot ass^s. 
Henris, ses freres li tiers n&, 
Fu rendus moines a Clugni , 

18505 Et puis fu-il abb& d'enki 
A Glatinbergire lonctans , 
Quar moult fu sages et vallans. 
Et puis fu veskes a Winciestre. 
Estievenes qui mainsn^s dut iestre , 

18510 Del don le roi , ki fu ses oncles , 
Ot la cont£ de Mortuel donques. 
Puis ot-il a feme M^haut , 
Qui moult fu biele et s'ot cuer haut , 
Fille Estasse de Boulenois , 

18515 Ki fu preus et s'ot moult d'anois. 



Thibaut IV, comic de 
Blois ,1102. 



EusUche HI, comte de 
Boulogne. 



18492 Une fille , c'est Fopinion de Guill. de 
Jumieges, mais d'autres disent deux filles, sa- 
voir , Beatrix et Mathilde. 

18495 Li ainsnes, il s*agit ici non pas de 
Value de Henri , comte d'Evreux , comme semble 
1'indiquer la suite de la narration , mais du fils 
aloe d'Etienne , comte de Blois , dont il a eie" 
parle plus haut. Gar Thibaut IV, dit le Grand, 
septieme comte de Blois, qui acquit de son 
oncle Hugues, le comte de Champagne, n'etait 
pas fils de Henri d'Eu, mais d'Etienne, comte 
de Blois, et d'Alix ou Adele, fille de Guil- 
laume I OT , roi d'Angleterre. Au surplus , la chro- 



nique vulgaire de Normandie tomhe daus la 
meme confusion. 

18498 Chartain, le pays Ghartrain. 

18499 Adain, lachronique vulgaire de Nor- 
mandie dit : Et print a femme la fille du comte 
Baudouin, Dom Bouquet, XIII, 2541, B. L'Art 
de verifier leg dates donne pour epouse a ce 
prince , Mathilde , fille d'Engelbert II , due de 
Garinthie et marquis de Frioul. 

18500 Savie, lisez save pour la rime. 
18506 Glatinbergere , Glastingbury. 
18511 Mortuel, M or tain. 

18514 Estasse, Eustache III. 



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238 



CHRONIQDE 



Guillaume Talcras ou 
Talras. 



Gui I , comte de Pon- 
thieu. 



Et ci$ Esti^nes si tint puis 
Tout Boulegnois, si com je truis, 
Et si en ot en Engleti£re 
Grans iretages et grant ti&ne. 

18520 M&aus l'emper&s I jour 
Iert ayoec son p£re a s£jour. 
Mais ele s'en parti par ire, 
Et le pourquoi vos sai bien dire ; 
Que li rois ne volt pardouner, 

18525 Par proi^re ne par douner, 
S'ire k Guillaume Taleras , 
Dont ariere le conte fas , 
Qui fius iert Robiert de Bieiesme. 
Si en ot ire al roi m&sme. 
•18530 Mais li rois, pour sa cruaut£ 
Et pour sa grant desloiaut£ . 
Le fist en sa prison morir , 
Qu'a raen$on ne pot yenir, 
Et si fist tout Bielesmois rendre 

18535 A Rotrot de Perce son gendre. 

Hues de Bieiesme as gros ious . 
Robiert anciestres, ki fu vious, 
Fu moult preudom, et si osta, 
Comme oil qui forment jousta , 

18540 Le premier Ricart, ce set-on, 
De France u il iert en prison. 
Cil ot Willaume de Bieiesme , 
Et de cest Willaume m^esme 
Willaumes Talevas issi , 



18520 Me'haut, Guill. de Jumieges , VII , 34. 

18524 Que, c'estque. 

18525 Par douner, par dons. 
18527 Fat, je fais le conte, le r&it. 

18535 Rotrot de Perce, Rotrou de Perche. 

18536 Hues , Ives. Guillaume de Jumieges , 



VII, 35. At grot tout est une addition de 
Philippe Moaskes au texte de Guillaume de Ju- 
mieges. 

18557 Robiert, Robert II, comte d'Alencon 
et de Belleme, epousa Agues, fille unique et 
hentiere de Gui I er , comte de Ponthieu. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



239 



18545 Peres Mahiie , et si saissi 

Quaa qu'il tenoit en Biele&mois , 
Et outre Sarte, en S&mois. 

Gil quens Robiers, dont je dis or , 
Fu ni&la ducoise Gonnor, 

18550 Et de par lui , que que nus die , 
Tint-il grant ti£re en Normendie. 
De sa feme Mabile ot cil 
Y fius, qui moult furent gentil , 
Et IIH filles moult sa$ans. 

18555 Rogiers de Bielesme, li grans, 
Fu ses oirs , qui de la fille ot 
Guion de Pontiu , qui moult sot. 
Willaume Taleyas , son oir, 
Cil Taleyas ot grans pooir , 

18560 S'ot la feme al due de Bourgogne. 
II fius en ot , ce nous tiesmogne : 
Guis , Fainsn^s fius, ot la cont^ 
De Pontiu, pour sa grant bont£; 
S'ot II filles, Tune ot a feme 

18565 Li quens Willaume* de Waresme. 
Et Rogiers de Montgoumeri 
Fu en Jh&usalem ausi. 



Roger, comic d'Alen- 
con. 



Roger de Montgomery 



18547 Sarie, la Sarthe, riviere; Seonods , 
Saonois , pagus Sagonensis ou Semiensis, au Baa- 
Maine. 

18548 Robiers, e'est une faute, il faut lire 
Rogiers. (Test- a -dire Roger de Montgomeri, 
petib-fils , par Josceline ," sa mere , de Sen trie 
ou Saiairie, Meur de Gonnor , femme de Ri- 
chard II , due de Normandie. 

18552 Mabile, de Belleme et d'Alencoju 
18555 Rogiers, si tout a l'heure au lieu de 

Robiers, il fallait lire Rogiers, ici a Rogiers, 

e'est au contraire Robiers qu'il faut substituer; 

e'est-a-dire Robert II , dont il vient d'etre parle" 

en note. 



18556 La fille, Agnes. 

18560 S'ot la feme, lisez la fille; cette faute 
est aussi dans la chronique vulgaire de Nor- 
mandie. II est question ici 'dUelene , Alii , ou 
Elute , fille d'Eudes Borel , due de Bourgogne , 
et veuve de Bertrand , comte de Tripoli. 

18562 Guis Vainsne's, Gui II , comte dePon- 
thieu. 

18564 // filles. Adele, femme de Juhel 1% 
seigneur de Mayenne, et Hele, marieel a Guil- 
laume III , comte de Varenne et de Surrey; 2° a 
Patrice d'Evreux, comte de Salisbury. 

18567 Fu enJherusalem, Guill. de Jumieges 
n'en dit rien. 



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240 



CHRONIQUE 



Mort do Henri I , roi 
<TAngleteire,1135. 



Elienne, roi d'Angle- 
terre. 



Quant il revint, s'ot de la gierre 

Willaume-le-Bastart , grant tifere , 
18570 Salesbieres et Arondiel, 

II cont& u a maint castiel. 

Li rois Henris passa de Tie 

En la tiere de Normendie 

Droit a St.-Denis-en-Lions , 
18575 Et fu port& de ses barons 

En Engletiere et \k Font-il 

Enseyeli , com roi gentil , 

A Nostre-Dame de Radinges, 

Dont li lius est vallans et dignes. 
18580 Esti&r&nes, li quens de Mortuel, 

Se verity dire yous Toel , 

I Tint , si fu lues couronn& , 

Quens iert vallans , rois fu senes. 

Li Tesques Henris de Winciestre 
18585 Le couronna de sa main diestre. 

M&aus l'emper&s estoit 

En Engletiere et la manoit , 

Quant ses fibres fu devils; 

Mais ele vint esrant as n& , 
18590 Si passa outre en Normendie 

Et prist Danfront en sa baillie 

Et Argentom et tout Olmois. 

S'ot moult de tiere en mains d'un mois , 

Et douna del sien en demainne 



18570 Salesbieres, Salisbury ; Arondiel, Arun- 
del. 

18572 Passa de vie, trepassa. 

18578-79 Radinges et dignes ; ces mots riment 
deja ensemble plushaut. Toy. Guill. de Jumieges, 
VH,33. 

18580 Mortuel, Mortain. Guill. de Jumieges , 
VII, 38. 

18584 Henris, cet eveque &ait frere d'6- 



tienne , troisieme fils d'Etienne , comte de Blois, 
et d'Adele, fille de Guillaume-le-Conquerant, 
ainsi qu'on l'a declare" ci-devant : ce ne fut pas , 
au reste, Henri qui couronna Etienne, mais 
Guillaume, archev£que de Cantorbe>y. 
18588 Ses frires, son epoux. 

18591 Danfront, Dora front. 

18592 Olmois, Exmes ou Hiemois ; voy. vers 
15209. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



241 



18595 A Guiel, le signor del Mainne, 
Comme dame yallans et sage , 
Pour aidier d'avoir l'iretage. 
Li rois Davis d'Escoce estoit 
Oncles M&aut , si li aidoit 

18600 Contre le roi Estilvenon. 

S'el guerroii&rent a bandon 
Od le conte de Le&iestre, 
Et moult destorberent son iestre. 
Ceste M^haus , a une fie , 

18605 S'en vint a Ruem en Normendie, 
Et de la vint al roi de France 
Lo^ys, et li quist aidance, 
Et pour aidier li promist lors 
Trestout le castiel de Gizors. 

18610 Li rois a aidier li jura, 
Et fu living li castiaus la 
En la main des Templiers atant, 
Loiaument par tel convenant , 
Et fu fais dus de Normendie 

18615 Li fius Mehaut, par enresdie 

Henris ot non , moult fu Yallans ; 
Puis ala-il empri& III ans 
En Engletiere et guerroia , 
Le roi Esti^v&ne, quant vint la. 

18620 Et si fisent une asambtee , 

Mais pris i fu, en la menl^e. 
Li dus Henris ne pot el iestre 
Avoec le conte de Glociestre ; 



Etavid I, roi d'£cosse. 



Le roi dc France *e- 
court 1'impera trice 
Mathildc 



BaUullc de Lincoln, 2 
fevrier 1141. 



18595 Guiel, Juhel. 
18602 Leeciestre, Leicester. 
18607 Loe'ys , Louis-le-Jeune , nouvellement 
Tevenu de la croisade. 

18615 Enresdie, force. 

18616 Henris, Henri II , Plantageng t , comte 
d'Anjou et du Maine. 

To«. II. 



18620 Asamblee, bataille. Foy. la Chronique 
vulgaire de Normandie, Dom Bouquet, XIII, 
255. 

18621 Pris, c*est-a-dire titienne. 

18625 Le conte de Glociestre , le comte de Glo- 
cester, frere naturel de Mathilde , et vainqueur 
a Lincoln. 

31 



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242 



CHRONIQUE 



La pais est retablie en- 
tre Henri el Etienne, 
1153. 



Enstache , fils du ro» 
Etienne. 



En tevrier fu , mais al nuevembre 

18625 Fisent-ii pais dans aus raenbre, 
Par si qu'Esti^Tenes tot par droit 
Toute sa Tie roi seroit, 
Et mariseaus li dus Henris 
Et justice par le pais , 

18630 Et puis sa mort seroit li dus 
Rois couronn& et esl&is , 
Et li fins roi Est&yenon 
Auroit IIII chitijs par non , 
Apri& son pere, et . par son yoel, 

18635 Auroit la cont£ de Mortuel , 
Et Henris auroit Normendie 
Et Engletiere en ja partie. 
Ensi fu fait , ensi le fisent 
Que de rien nule n'i mesprisent. 

1 8640 Estases , fius le roi Esti&r&ne , 
Pr6oit a I jour en la tiere 
Sainb-Esmon , mais il s'en venga 
Qu'Estase la nuit esraga ; 
N'ainc puis ses p£res ne fu li& , 

18645 Nedeinora gaires apries 

Con li dist que mors iert ses pere, 
Cel duel ne pot de son cuer rere. 
I an apries tant seukment 



18624 Nuevembre, le l er novembre 1142, le 
comte de Glocester , fait prisonnier par Gail-* 
laume d'Ypres, batard de Flandre, fut-echange' 
contrele roi , detenu dans une prison rigoureuse 
a Bristol. 

La paix ne fut conclue que le 6 novembre 
1155. 

18625 Raenbre, ranconner, vexer. 

18626 Par si, de telle sorte. 

18652 Li fius, Guillanme, second fils d'£- 
tienne ; Euslache , raine* , ay ant cesse de vivre 



vers la mi-aout 1155. 

18657 Partie, part , partage. 

18641 Preoit, faisait le degat. 

18642 Satnt-Etmou , saint Edmond. 

18645 Esraga, emporta. 

18646 Mon iert ses pere , Etienne , comle de 
Blois, pere du roi d'Angleterre, mourat en 1102, 
et celui-ci en 1154. La suite chronologique des 
faits n'est done pas exacte. 

18648 Ian aprie's, nn an apres la mort d'Eus- 
tache , ce qui est vrai. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



243 



Vesqui li rois en eel torment; 

18650 Mors fu par anui et par ire 

Et auques par eonsel de mire; 
Sevelis fu en une glise , 
Qu'il avoit faite par devise, 
Cele ab&e s'est de Pais. 

18655 Del roi Esti^yene a tant yous lais. 
Li dus Henris fu couronn& , 
Fius M&aut, et fu rois sen&, 
Et puis yint-il en Normendie , 
Dus fu et tint biele mesnie. 

18660 Cel an mora, Fuevre l'ensagne , 
Li dus Willaumes d'Aquitagne, 
Mais el lit de la mort hu£a 
Ses homes , et lor eommanda , 
Par sairement et de cuer yoir , 

18665 Que sa fille, n'avoit autre oir, 
Dounasent sans nule fallance 
Al joY&ne Lofys de France. 
Ki iert oirs de la region : 
Alienors ot cele a non. 

18670 Li dus fu mors et sevelis , 
Et cil doun&rent Lofys 
Sa fille, et il Fa espous&, 
Lors si fu dus de la contr&. 
Cel an apri& , g'en sui tous fis , 

18675 Moru li gros rois Lo^ys , 
Ses p&re , et si f u enfouois 
A S*.-Denise comme rois. 
Lo^ys fu lues couronn^s 
Et de la tiere ass^ur&> 

18680 Ki moult estoit de grant aquest. 



CtaiUaume X, doc d* A- 
quitaine , comte de 
Poitiers. 



An 1137. 



Mort de Louif-le-Grog t 
roi de France. 



Louis-le-Jeune. 



18651 Et aussi par la faute de$ m&iecins. 18667 

18665 Safille, tiieonore. Y. 18669. France. 



Loe'y$, Louis -le -Jeuoe, roi de 



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CHRONIQUE 



Dirorce de Loais ct 
<TElfonore,an 1152. 



XL1II rois di a cest. 
Et si refu dus d'Aquitagne, 
Preudom fu , s'ot bele compagae , 
Et si asanbla grant tr&or. 

18685 De la roine Alienor 

Ot oil rois Lo^ys II filles , 
Bieles et sages et gen ti lies. 
L'ainsn&, ki moult fu sen&, 
Fu , a grant joie , marine 

18690 Al conte Henri de Campagne. 

L'autre, si com l'uevre m'ensagoe, 
Si ot li quens Ti^baus de Blois , 
Qui moult fu sages et courtois. 
Cis fu li gros rois Lo^ys , 

18695 Si com tiesmogne li escris. 
De la roine Alienor, 
Si com jou truis el livre encor, 
Se d^parti petit apri& , 
Comme. cil qui moult iert engri& ; 

18700 Et ele manda ses barons, 

Uns et uns , les plus haus par nons , 
Si s'en rala en Aquitagne, 
Moult courecie, a grant compagne. 
A S t .-Jihan ^wangeliste 

18705 Prist une vespree sa giste. 

Et quant vint a son desfublar, 
Si leur a dit : « Voii&, signar, 
Dont n'est mis cors prou delitables : 
Lou r& digat q'6re deables , 



18686 II fillet, Marie, femme de Henri I or , 
comte de Champagne , et Alix, mariee a Thibaut- 
le-Bon , comte de Blois. 

18694 Cis fu li gros.... Ph. Mouskes preod 
Louis-le-Gros pour Louis-le-Jeune. 

18704 fr.-Jehan etran^e/ute, Saint- Jean-d'An- 
geli , en Saintonge. 



18706 Desfublar , salutation, reception des 
grands du pays. Ph. Mouskes veut imiter ici 
l'idiome provencal. 

18707 Signar, seigneurs. 

18708 ift*,mon. 

18709 Lou res digat, le roi a dit que c'etait 
diable. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



M5 



18710 Et q'eu ere riens & tos sens 

Malostruge et non cubinens. » 
II respondent : « Dosne , vous non 7 
Non ac tant gente en ic roion , 
Vengue iestes a bon signor, 

18715 S'aur& signar a poi de jor 

Ric et prout, dosne, et yous estas 
Soubre le vostre et atendas. » 
— « Par mon cap , ce dist la roine, 
Mis corages a yous sacline. » 

18720 Or vous dirai le voir sans falle 
Dont li rois le clama doable. 
Li quens d'Aquitagne a s&jour 
Estoit en son pais ; un jour 
S'ala en ses fori&s kacier, 

18725 A tant qu'il avint par tracier 

K'il perdi ses chiens et sa gent , 
Si n'el Tosist pour nul argent. 
Et cevau^a seus ca et la. 
Tant qu'en I biau liu s'avala 

18730 Sour le riu dune fontenielle , 
Ki moult estoit et clere et biele. 



I J istoire mervcilleuse sur 
l'origine d'Eleonorc , 
duchesse d'Aquilaine. 



18710-11 Et que j'etais de tout point chose 
malotrue et (non cubinens) non convenable , in- 
digne de sa couche. 

18712-17 Dosne, Dame. Non, non certes, il 
n'y a pas dans tout le royaume dame si gente 
que vous ; vous 6tes venue vers de bona sei- 
gneurs , vous aurez un mari sous peu de jours , 
un mari puissant et riche ; restez , dame , sur 
vos domaines et attendez. 

18718 Par mon cap, par mon chef.... 

18719 Mis corages, mon coeur ; a vous s'acline, 
penche vers vous, adopte votre avis. Le mot 
courage a subsiste long-temps avec la signifi- 
cation que lui donne ici Philippe Mouskes. 
Corneille disait encore dans Meliie , acte 1 , 
scene 1 : 



Et Tamoar, qui ne put entrer dans son courage , 
Youlut obstinlmcnt loger sor son visage. 

On citerait sans peine des exemples plus 
recens. 

18720-21 Or je vous dirai exactement d*ou 
vient que le roi Louis pretendait qu'Eleonore 
elait un Sire diabolique. 

18722 Li quens; Philippe Mouskes ne nomine 
pas ce due d'Aquilaine , et Jean Bouchet , qui 
n'est pas ennemi des narrations fabuleuses , 
neglige cette legende dans ses Annates, fo- 
lio lxiij. 

18725 Par tracier, a force de suivre la trace, 
la piste de la b£le. 

18727 Fosist, voulut. 

18730 Fontenielle, petite fontaine. 



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246 



CHRONIQUE 



Et dates 50U trouTa stent 
Une puciele trop plaisant 
De cors , de menbres et de vis. 

18735 Tout a I mot le vous devis , 
C'onques nature si tr& bien 
Ne pot el monde former rien. 
Et li quens , ki bien le mira , 
De nule cose ne s'ira. 

18740 Salute l'a hautement, 

Et cele respont basement. 
Li quens descent , lis li s'asist 
Et de s'amour biel li requist , 
Et dist li k'il Vespouseroit, 

18745 Quar sans feme iert, se li plaisoit. 
Et cele ki sot tout les maus, 
A ris couviert et a cuer faus 
Li respondi qu'ele en iroit 
Avoec lui , se il l'espousoit. 

18750 De biel parler moult s'en aspri , 
Parte ont tant k'il arespri , 
Et puis li quens Ten amena 
A son m&, et grant joie en a, 
Quar si tres biele li sambloit, 

18755 Que cuer et cors tout li embloit. 
S'iert li diables yoirement 
Qui s'en cusa si faitement 
Pour prendre et d&evoir le conte , 
Ki puis en ot et duel et honte. 



18758 Mira , regarda , admira. Dans Rabelais 
(Gargantua, liv. I, c. 24), mirailliers signifie 
miroitiers , italien miraglio , miroir. 

18759 Ne fut choque de rien. 

18741 Basement, a voix basse, modeste- 
ment. 

18747 A ris couviert, riant sous cape on riant 
sous bourre, comme dit Brantdme, OEuvres , 



Edition de Foucault, tome VII, page 41. 

18750 S'en aspri, peut-6tre pour s'en espri , 
se laissa prendre a ces discoors; oubien laissant 
s'en aspri, ces mots signifieront s'anima a ces 
discours. 

18755 Mes, demeure. 

18757 S'en cusa, se produisit j si faitement, 
si adroitement. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



247 



18760 Or ot li quern sa gent manege, 
S'a dun cevalier espous& 
Celi ki diables estoit 
Et pour, feme iestre s'aprestoit. 
Puis en ot enfans a plentet , 

18765 Jou ne sai par qui volentet, 
Fors que tout ensi l'espousa 
Li quens, qui moult le goulousa. 
Cascun jour au mostier aloit 
Mais en creance d&aloit, 

18770 Quar quant ce venoit au secrer 
Del provoire sage et discrer , 
Fors de la glise s'en aloit , 
Ne plus ariester ne voloit. 
Mais en la fin fu d&&ie, 

18775 Gar sa gille fu perc&ie. 

S'el disent ensi lor signor , 
Et li plus sage et li millour. 
Par quoi li quens bien se prova, 
Qu el moustier prendre le rova 

18780 A cele eure qu'ele en dissoit 
Et il meismes i seroit. 
Ensi fu gaitie al moustier, 
Mais sa gille n'i ot mestier. 
Si cpm Nyangilles fu lius , 

18785 Petit apri& si fu li lius 

Qu'ele au secrer s'en vot aler, 



18762 Diables, la mere dlheonore s'appelait 
Aenor ou Eleonore , et etait sceur du vicomte de 
Chatelleraut. 

18764 A plentet, deux filles et un fils. Foy. 
v. 18810. 

18765 Par qui volentet, par quelle yolonte, 
quelle influence. 

1 8767 Goulousa , desira passionnement , gou- 
lument , s'il est permis de le dire. 



18768 Mostier, eglise. 

18769 Defaloit, d^faillait,c*ealra-direrepouse 
de Guillaume. 

18770 Secrer, consecration , mieux secret. 

18771 Provoire, pretrej discrer, mieux disc ret. 
18780 Dissoit, lisez plutdt issoit. C'est pour- 

quoi le comte, pour faire une experience , or- 
donna de l'arre'ter dans l'eglise a Theure qu'elle 
en sortait et dit <ru*il y seraitluiHtneme. 



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248 



CHRONIQUE 



Doi cevalier, sans demorer, 

Lont ahierse, et li priestres vint, 

Li quens et siergant plus de XX. 
18790 Et quant li priestres la parole. 

Pour li prendre , avan^a l'estole , 

S'a la b^noite aigue aprest& 

Qu'uns clers li avoit aport& , 

Pour mious saisir et bareter. 
18795 Viers la dame le Tot gieter 

Qui mise iert en wise de feme, 

Et siert avenans comme genme. 

Mais quant perciut laigue b^noite 

Et le proToire ki s'esploite 
18800 Pour li prendre , moult pau Ten caut, 

Fors de lor mains a force saut. 

Diables iert et, com d&bles, 

Desrompi couvierture et tables , 

Fors de la glise s'esfor^a , 
18805 Si que desrout tout le porce a, 

Et le comble del mostier prist , 

Si Vemporta et si l'esprist 

De sa malice et de son fu , 

Voiant le peule ki la fu. 
18810 VII enfans ot 4m del conte, 

Ki remesent, ce truis el conte. 

Mais il estoient baptisiet, 

Crestienet et pr&igniet ; 

Si n'i eut diables pooir. 



18788 Ahxetse, saisie. 

18790 La parole, lui adresse la parole, pa- 
roler quelqu'un; on dit aujourd'hui dans nos 
provinces, par flandricisme , parler quelqu'un 
{affdri, alloqui aliquem). 

18794 Bareter, surprendre. 

18796 Vise, guise. 

18797 Genme, gemme, pierre precieuse. 



18801 Saut, sante. 

18805 Desrout, brisl; porce, porche, por- 
tique. 

18807 L'esprist , du verbe esprendre. 

18813 Presigniet , marques d'abord du signe 
du salut. 

18814 Le diable n'eut pas le pouvoir de l'em- 
p&cher. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



249 



18815 De ces enfans issirent oir 
Dont la roine Alienors 
Fu Tune , de ce livre recors. 
Quar d'oir en oir, a droite ensagne , 
Furent cil oir, oir d'Aquitagne, 

18820 De signourie et de contet, 

Et s'eurent barnage et bontet, 
Dont li uns des signors Saint-Gille 
Eut ceste Alienors a fille , 
Qui fu aukes vallans et france 

18825 Et fu donn& au roi de France. 
Mais il ne Pama ne n'el pot , 
Pour gou que de ces oirs le sot 
Et pour tant cis rois Lofys 
Le cong^a de son pais , 

18830 Et la roine s'en r'ala, 

Sa tiere tint et ca et la , 
Mais puis le prist, que que nus die , 
Li dus Henris de Normendie , 
Qui fu li rois au-Court-Mantiel, 

18835 Ki d'Engletiere eut maint castiel, 
Si com lestore nous raconte. 
Puis en issirent roi et conte , 
Due et roine et confesses 



Mariage d'Eleonore d'A- 
quitaiaeetde Henri II, 
Plantagenlt. 



18817 Ce versaune syllabe de trop. II faut lire : 

Put l'un , de ce livre recors. 

C'est-a-dire fut Tun, celui des enfans men- 
tion ne dans ce livre. 

18822 Signors Saint-Gille, Saint-Gilles, pe- 
tite ville du bas Languedoc , a cinq lieues de 
Montpellier, celebre par des pelerinages. II s'agit 
de Guillaume X , due d'Aquitaine. 

Au commencement du roman de P arise la 
Duchesse, on lit : 

Hui mats porrex oir del riche due Raimont, 
Qui fu dus de Saint-Gile , et fu moult geatilz horn. 
De Mar tonne , p. I . 

Tom. II. 



18829 Conge'a, donna conge , r envoy a. 

18854 Mantiel, manteau. Le surnom de Court- 
Mantel appartient plutot a Henri III. II y a 
encore ici confusion de personnes. 

18838 Rotne, ce mot est toujours de deux 
syllabes, aussi dans Textrait que Ginguene a 
donne du roman de la Charrette, ex trait insere 
au tome XV de YHistoire litteraire de la France , 
e'est probablement par inexactitude de copiste, 
qu'on a substitue reine a roine que demandaient 
la mesure et le style du temps : 

Etna li dist : « se tu viax monter 
8or la charctte que je main , 

32 



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250 



CHRONIQUE 



Leiirs en fans. 



Qui ne furent de rien raauyesses , 

18840 Car il ot de li IIH fius 

Qui moult furent preut et gentius. 
Henri fisent l'ainsn^ nommer, 
Ses peres le fist couronner. 
L'autres fius ot a non Jofrois, 

18845 Li tiers Ricars, ki fu cortois, 

Li quars Jehans. Et sot III filles , 
Bieles et sages et gentilles. 
Sen ot li rois d'Espagne Tune , 
Ki sage fu , et biele et brune. 

18850 Et li quens Romons de Saint-Gille, 
Ce sai-jou bien, ot 1 autre fille. 
Li tierce ot li dus de Sassogne , 
Dont Othes fu, qui le tiesmongne. 
D' Alienor, ki fu genlis , 

18855 Ot ces enfans li rois Henris, 

A son yivant , fu moult courtois , 
Chevaliers ama et tournois , 
N'iert avers ne faus ne cuviers, 



Savoir porras jusqu'a dcmain 
Que la reine (roinc) est devenue. 

P. 256. 
S'elcle set tju'ele lor die 
Ou la reine (roloe) est nienec. 

P. 257. 

18859 Mouvestes, manraises. 
18840 MI fius, lisez einq fits. 
18842 Henri, ne an Mans , le 28 fevrier 1 1 55, 
mort Tan 1183. 

18844 Jofroii, Geoffroi, due de Bretagne, 
mort en 1186. 

18845 Li tiers , le second ; Ricars, Richard I er , 
Cosur-de-Lion. 

18846 Jehans , Jean-sans-Terre , roid 1 Angle- 
terre. Ph. Mouskes a oublie Guillaume , mort en 
bas age. 

18848 Li rois d'Espagne, Eleonore epousa 



Alphonse VIII ou III , roi de Gastille. 

18850 Romons de S i .-GiUe, Jeanne se maria 
1° a Guillaume II, roi de Sicile, 2° a Ray- 
mond VI , comte de Toulouse. 

18852 Li tierce, Mathilde, mariee a Henri-le- 
Lion , due de Saie. 

18855 Othes, Othon , fils de Henri-le-Lion , 
devint emperenr. 

18855 Li rois Henris , il semblerait qu'il est 
question en cet endroit et plus bas , de Henri II , 
mais e'est d*un de ses fils que l'auteur parle , 
comme la suite le prouve, surtout les vers 18850 
et 18842. On veut designer Henri (III) dont 
Silvestre Girald fait un eloge si magnifique dans 
sa Topograph ie de Flrlande. Si Ph. Mouskes le 
compare a Alexandre, Girald en fait un Hector. 
Dom Bouquet, XIII, 209, B, C, 256, B, C. 
Voy. v. 18997. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



251 



Ains ert li sires des haubiers , 

18860 Et si tint de maisnie en tiere 
C cevaliers portant baniere , 
Et fu plus large* qu'Alixandres. 
Si venoit tornoier en Flandres. 
Quan que ses peres li dounoit , 

18865 Devens IIII jors ne paroit , 
Quar il dounast ains I castiel 
Que nus autres I seul gastiel, 
Ne il ne fust ja le jour ltes 
Qu'il n euist V c mars bailies 

18870 As cevaliers ki le siervoient ., 
Ki pris et los partout avoient , 
Quar en nule tiere n'eust 
Chevalier ki de grant pris fust . 
Que il ne dounast tant celui 

18875 Que tous jors I euist avoec lui. 
Li rois Henris au-Cort-Mantiel, 
Ses peres , ferma maint castiel 
Pour lui et pour sa grant proaice 
Et pour sa tres grande largaice. 

18880 Or vous dirai par quel raisson 
II eut au-Cort-Mantiel a non. 

Cil rois Henris estoit k Londres 
Pour ses anemis a confondre, 
Dont moult avoit par Engletiere , 

18885 Ki li grevoient de sa tiere. 

De sa guerre a cief bien venoit 
Et a Londres si soujournoit. 



Tonrnois en Flandre. 



Liberality de Henri HI. 



Origioe du turnom au 
Court Mantel. 



18859 Li sires des hauliers , nous avons deja 
yu cette expression qui signifie la fleur des 
guerriers , celui qui rlussit dans les armes $ le 
haubert, piece essentielle de 1'armure, £tant 
pris pour le tout. 

18864-67 Tout ce que son pere lui donnait, 
il ne pouvait plus le montrer meme avant le 



quatrieme jour, car il aurait donne* un chateau 
avec plus de facility qu'un autre un seul gateau. 

18869 Mars , marcs. 

18882 Le joli fabliau du Chevalier au court 
Mantel n'a aucun rapport avec cette anecdote. 
Foy. les Fabliaux de Le Grand d'Aussy, in-8°, 
I, 60-82, et Tlntroduction. 



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court. 



252 CHROMQUE 

Comme sages et bien apris , 

Trestous les cevaliers de pris 
18890 Eut mandes par de$a la mer, 

K'il pooit ayoir, pour douner. 
Hugnes d c H.meiin- Hues i fu de Hamlaincourt , 

Qui moult estoit bien de sa court , 

Et d'autres ass& i avoit, 
18895 Dont cascuns de grant pris estoit. 

Uns chevaliers de grant renon ; 

Je ne sai comment il ot non , 

Iert a ostel ci& 1 englois , 

Qui savoit asses de genglois. 
18900 Chevaliers iert et la manoit, 

Et li rois Henris s^jornoit 

A Waimostier , et , pour joir, 

Estoit venus la messe o'ir 

A Londres , al moustier S*.-PoI , 
18905 Com cil ki n'ama onqes fol. 

Et si com la messe ot die , 

A poi de gent de sa mesnie , 

Viestus duns dras bend& d'orfrois T 

Amenes fu ses palefrois. 
18910 Montes est, si s'en vait moult tos 

A Waimostier, pries les galos, 

Et li bacelers i'oi dire 

Que li rois en aloit, ses sire, 

Et il voioit a iui parler. 
18915 Si se vot apries lui haster. 

18892 Hues de Hamlaincourt (Hugo de Alen- Bel se con tint, maini bien ifisu 

curia), sur ce personnage, voir le Recueil des A d'Antioche prendre fu , 

histories francais, XVII, 50, E, 154, B, 156 D W s i . gra nt ^^u ; 

B, D, 387 A. Out-U grant pries et grant enor. 

18899 Genglois, babil, ruse. De la Rue, Esscu* , ii, 92. 

18902 Waimostier, Westminster. 

18911 Pries, pris. Bobert Wace a dit : 18912 Li bacelers , le chevalier mentionne aii 

Robert Jerusalem requist v vers 18896* 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 253 

De grant haste plains et sopris , 

Le palefroi son oste a pris , 

Ki venus iert }k del mostier 

Et dit li ot. car grant mestier 
18920 Avoit cil de parler au roi. 

Et il est months a desroi , 

Com cil ki sot moult de barate , 

Et prist I mantiel d escarlate 

Tot nuef et lone a lor costume , 
18925 C'onques n'i ot ad&^ plume. 

S'uns grans om a pi6 l'afublast , 

Jusques al talon li jer$ast. 

Teus dras si Ions ot en la tiere, 

Tout par coustume d'Engletiere. 
18930 Ausi com li poissons ki noe, 

Li bacelers parmi la boe 

S'en vait a esporon bro^ant, 

Et li mantiaus li Tait jer^ant 

Jusques au piet del palefroi , 
18935 Ki petis iert li cor andoi. 

Este vous Fenglois cevalier 

Aprils sour I ronci troter. 

Et quant en la boe jercier voit 

Le nuef mantiel ki siens estoit , 
18940 Si li a dit : « Ost&, biaus ostes, 

Cis mantiaus n'est mie encor vostres 7 

Bailli&-le $a , vous le crot& , 

Ce m'est vis que vous redout& , 

Qui mon mantiel si cuncii&. » 
18945 Par III fois fu ensi hucies 

18922 Borate, Iromperie. 18940 Biaus ostes, bel hdte, com me on disait 

18925 Adete , attache. beau sire , beau cousin, bel ami , etc. 

18927 J ere ast, euttraine. 18941 Vostres, rime rurale. 

18935 Cela veut dire, probablement que le 18943 Vous redoutes , vous avez peur. 

cheval n'etait pas plus grand que le cbevalicr. 18944 Cunciiet, salissez. 



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254 



CHRONIQUE 



Li cevaliers, s'en ot grant hoate 
Et il n'en a fait autre conte. 
Le mantiel de son col dessi&re , 
Si le lait k£oir a la tierre, 

18950 En la boe , auques par sa fieste ; 
Et li englois desu8 s'arieste. 
Mais il cent alerent parmi , 
Ki ne furent pas si ami , 
Quar li mantiaus fu dlpeci& 

18955 Et descir& et cuncites. 

La viespr^e le sot li rois 
Qu'atir& fu teus cil conrois ; 
Grant fieste et grant ris& en fist. 
Son camberlenc manda , et dist 

18960 Que il li fesist taillier bu6s 

Dras d'escarlate cors et nues , 
Jusques al genoul , a son oes , 
Et d'autres pour douner a flues . 
LX paire; et cil i court. 

18965 Al tierc jor furent en la court 
Cil drap yiestut et d^parti , 
Si com li rois Tot aati. 
S'ot en la sale grant triboul , 
Pour ?ou que jusques al genoul 

18970 Lor atagnoit mantiaus et cote. 
Et li Englois, comme gent sote, 
S'esmiervelloient de ces dras , 
Mais Francois en fisent lor gas , 
Et Poitevin et li Norman t, 



18948 Dessiere, desserre , delie. 

18950 Par sa fieste, a cause de sa plaisan- 
terie. 

18952 Cent, s'en. 

18959 Camberlenc, chambellan. 

18961 Cors, court ; nues, neuf. 



18962 A son ois , a sod usage. 
18965 A flues, a foisoo. 
18967 Aati, dispose\ 

18970 Atagnoit, atteignait , descendait ; cote, 
cotte, habit. 

18973 Francois, les dues de Normandie 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



255 



18975 Hainnuier et cil de Braibant , 
Et dautres tieres li plusiours , 
Qui soujornoient a eel jour 
Avoec le roi et sa mesnie , 
Et li rois et 8a barounie , 

18980 Pour le mantiel ki fu votes , 
En la grant boe et d&oul£s , 
Dont li englois fu tant irais , 
Et pour les cours dras k'il ot fais , 
Et par sa fieste et par reviel , 

18985 Li rois Henris au-Cort-Mantiel 
Ot-il a non puis en sa vie , 
Que d'autres dras n'ot-il envie. 
Ses fiiis secons ot non Ricars , 
Li tiers Jofrois, Jehans li quars, 

18990 Et s'en ot III filles ausi : 
Par l'estore le sai de fi. 

L'an que cis bons rois Lo&s 
Se fu d' Alienor partis , 
Si prist la fille al roi d'Espagne , 

18995 Con li tramist a grant compagne. 



Hennuycrs et Braban- 
90ns ;i la cour de 
Henri II. 



Nouvenu niariugc de 
Louis-le-Jeune, 1154. 



avaient transports les moeurs fran Raises en An- 
gle terre. Le roi Henri, dit Beau-Clerc, auteur 
du Dictie d'Urbain, espece de code de la poli- 
tesse , recommande l'&ude de la langue fran- 
caise : 

Seies debooere et corteis, 
Sacliez aussi parler franccis. 
Qnar molt est langage alosee, 
De gentilhome est molt ainee. 

De la Hue, Essais, II, 37. 

ConsuLter a ce sujet l'lntroduction du I 6 * vo- 
lume, p. CXUII. 

18975 Braibant, Henri II avait pris a sa solde 
des troupes d'aven tuners communement nom- 
m&s Brabancons , parce qu'appar eminent la plu- 
part etaienl du Brabant* lis porterent aussi le 
nomde cotereaux , nutters, ecorcheurs. En 1183, 



les habitans du Berri en egorgerenl environ 
7000. Isli, dit Rigord, terram regit vastando 
prcedas ducebant, homines capios secum vilissime 
trahebant, et cum uxoribus captorum (proh nefat !), 
ipsis videntibus 7 dormiebant , et, quod deterius 
est, ecclesias Deo consccratas incendebant; sacer- 
doles et viros religiosos capios secum ducentes , et 
irrisorie cantores ipsos vocanies,in ipsis tormentis 
subsannando dicebant : Cantate nobis , canta- 
tores , eantate ; et confestim dabani eis alapas > 
vel cum grossis virgis turpiter ccedebant, Recoeil 

DE3 HIST. FR., XVII, 11, C, D. 

18988 Secons, au v. 18845, l'auteur adit 
moinsbien litters. Cequi suitjusqu'auv. 18990, 
est une repetition. 

18994 La fille al roi d'Espagne , Constance , 
fille d'Alphonse VIII , roi de Castille. 



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256 



CHRONIQUE 



Mort de la rcinc Con- 
stance. 



Philippe (1* Alsace, comte 
Ac Flandrc. 



Enfans. 



II filles en ot dont Fainsn& 
Fu al jovene Henri don& 
D'Engleti&re , ki tant fu preus , 
Larges et courtois et yiseus. 

19000 L'autre, par le consel del p£re, 
Si diut avoir Ricars , sea frere , 
Et fu mise deyiers le roi , 
A oes son fil . par boine foi. 
Cele roine adont mora , 

19005 Ki d'Espagne amende fu , 

Et li gros rois sire prist lu&s 
Et espousa , par I diw&s , 
La serour a ces contes II , 
Qui il ot doun&s ans deus 

19010 Ses filled qu il avoit enkor 
De la roine Alienor. 
Ale ot a non cele mescine 
Dont li boins rois a fet roine. 
I fil ot de ceste par non 

1 9015 Le fist apieler Felippon. 

Li quens Felippres le leva , 
De Flandres , et si li dona 
Son non , et promist grant onor , 
Et foit et aidance et amour. 

19020 Si en ot 11 filles ausi, 

Dont Tune ot li quens de Ponti , 



18996 L'ainsnee, Marguerite. 

18997 Henri, l'eloge fait ici de ce prince 
continue la DOtedu v. 18855. Henri, ainsiqu'on 
l'a dit, mourut le 11 join 1185, quelques an- 
nees avant son pere. 

18999 Visevs, subtil. 

19000 £Wre,Alix. 

19006 Li grot rois, Ph. Mouskes prend encore 
Louis-le-Gros pour Louis-le-Jeune. 

19007 Diwes, jour ? dimanche? 



19008 La serour, Alix etait fillede Thibaud- 
le-Grand , comte de Champagne. Lea filles que 
Louis-le-Jeune eut d'Eleonore , furent Marie , 
femme de Henri 1°% comte de Champagne , frere 
d'Alix , et Alix , mariee a Thibaut-le-Bon, comte 
de Blois , egalement son frere. 

19016 Felippres, Philippe d'Alsace. 

19020 // filles, YAH de verifier Us dates, 
adoptant le temoignage de Geoffroi de Vigeois , 
ne fait naitre de ce manage qu*tine seule fiUe. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



257 



L'autre ot li fius l'emper&mr 
De Coustantinoble maiour, 
Emanuel fu apiel& , 

19025 Mors fu ainc qu'il fust couronn&. 
La dame remest el pais , 
Si tint grant ti&re et grans afis; 
De tant sui-jou s&irs et fis. 
Ses p&res li rois Lofys 

19030 Ama preudomes et tint ciers, 
Et si estoit buens justiciers; 
Mais an$ois qu'il morust XI ans , 
Par Testore en sui bien organs , 
Si reciut et mort et martire 

19035 L'arceyesques de Kantorbire. 
Tumas Biekes avoit k non , 
Moult estoit loiaus et preudom , 
Et moult amoit Dieu fermement. 
Et je yous dirai bien comment 

19040 II fu ocis : ji s'avint cose 

Que li rois Henris moult grant pose ; 
Larceveskie de Kantorbire 
Guerroia . dont ele fu pire. 
Tumas Biekes iert arceveskes , 

19045 Et plains estoit de bonnes t&kes, 
Si ne vot plus soufrir le roi 
Qu'il leur fesist si fait desroi. 
Si l'escum&iia de Deu , 
Et toute Engleti&re et son leu , 



An 1180. 



Mort dcThorow Becket. 
29cUcembre, 1170. 



19022 L'autre, Agnes , consecutivement fem- 
me des empereurs grecs Alexis-le-Jeune et An- 
dronic Comnene, puis mariee a Theodore Branas. 

19024 On Toil dans la note precedente que 
Ph. Mouskes se trompe. 

19027 ^/it,fiefa. 

19035 Kantorbire , Kantorbery. 

19036 Tumas Biekes, Thomas Becket. 
Tom. II. 



19041 Pose pour poise. Le sens est qu'au roi 
Henri moult poise, 

19042 L'arceveskie , le vers a une syllabe de 
trop. 

19045 Guerroia , le sujet est Henris. 
19047 Si fait desroi, la querelle avail pour 
objet la juridiction ecclesiastique. 
19049 Leu, lieu. 

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258 CHRONIQUE 

19050 Fist ciesser que on n'i canta, 
2 novembre 1164. D'Engleti&re en France passa , 

Moult lonctans demora ensi 
Tant que il fu del roi Henri 
Remand&; et pour amendance. 
19055 L'arcevesques al roi de France, 

Qui moult l'amoit, en prist consel, 
Et par lui fist son apparel , 
Quar li rois nul mal n'i pensa. 
En Engleti&re repassa. 
19060 Mais avenut iert de noyiel 

Que rois Henris al-Cort-Mantiel 
Fist en Engletiere son fil 
An mo. Couronner , Henri le gentil. 

Le vesques i fu de Winciestre, 
19065 Et l'<hresques de Rouveciestre , 
Et doi autre; s'el couronndrent 
Pour 90U que leur signour am&rent. 
L'arcevesque de Kantorbire 
Em pesa, quant il Foi dire , 
19070 Ki le devoit d'antiquitl 

Couronner, par sa dignity. 
S'eseum&iia tous i$aus , 
Qui painne i misent et consaus , 
Ne onques pour le roi dasorre 
19075 N'en fist la foille dune corre : 
Par tant la noisse commencha, 
Qui tous jors crut et avan$a , 

Moult le tan$a li rois Henris , 
Ne onques ne fu amends 

19061 Henris al-Cort-Mantiel, nous avonsdeja 19073 Consaus, conseih. 

dit que ce surnom appartenait plut6t a son fils. 19074 Dasorre, desormais. 

19065 L'evesques de Rouveciestre , l'arche- 19075 La foille, le manque ; d'une corre, d'un 

veque dlork. cordon de Soulier. N'en fit pas plus de cas que s'il 

19069 Em peso , en fut offense. lui manquait une courroie pour lier sa chaussure. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



259 



19080 De tenir les drois de sa glise, 
Pour manace ne pour justiche. 
Et li rois , ki moult fel estoit , 
Si tres-durement le haoit. 
Que pour sa loiaut^ abatre 

19085 A fait armer cevaliers IIIL 
Si com l'arceveskes estoit 
Revestis , et messe cantoit , 
Este vous Tun venu avant 
S'a traite l'esp^e trenfant , 

19090 El cief l'en ftri si tr£s-fort 
Qu'al retraire l'esp^e estort. 
Une piece el cief Ten remest , 
Jusques a lendemain i mest. 
Et cil mesmes ert ses fillious, 

19095 Ne n'iert trop jovfenes ne trop yious , 
Et li autre fi&rent apri&. 
Cascuns fu del ftrir engri& : 
Tant terirent sor le preudoume , 
Qu'il l'ocisent k la parsoume, 

19100 Dedens la glise voirement. 

Et 90U fist li rois proprement 
Pour ?ou k'il ne voloit ciesser 
De ses droitures apriessier, 
Qu'il les £uist; pour ?ou l'ont mort , 

19105 Dont li rois a mal s'i remort. 
Ate s'en sont fors de la glise , 
Si destourb&rent le siervice 



19084 Que , de maniere que , tellement que , 
au point que. 

19085 Cevaliers III I. Sathance conducti satel- 
lites , quorum notnina sunt hcec, WiUelmus de 
Trasci, Hugo de Morvilla, Ricardus Brito, Regi- 
nalds, filius Ursi. Bbnbd. Petroburg. apud 
D. Bouquet , XIII , 145 , C. Voyez plus loin les 
vers 19118-95. 



19087 Revestis, rev&u, par^ de %es orne- 
mens e*piscopaux. 

19091 Estort, fausse, rompt. 

19092 Un moreeau de Tepee lui resta dans la 
tete et y demeura jusqu'au lendemain. 

19099 A la parsoume, a la fin. 
19105 Apriessier, poursuiyrela restitution de 
ses droits. 



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260 CHRONIQUE 

Et tout esranment si fist Diex 

Pour S t .-Tumas miracles II. 
19110 Et cascun jour et plus et plus 

I fist miracles et viertus. 

Et la brissure de 1 esp^e 

Fu de la tieste fors ost&. 

Encor le voient moult souvent 
19115 Et p&erin et autre gent. 

Caus qui l'ocisent oat hais 

Li preudoume par le pais , 

L'uns fu Renaus, li fius Ourson, 

L'autre di Ricart-le-Breton , 
19120 Li tierc Guillaume de Traci 

Ki not de son parin mierci , 

Et li quars Hue de Morvile 

Qui moult fu fel et plains de gille. 
kwiri fu par ceste fin 
prophtoedeMerii*. 19125 La prof&sie de Merlin, 

Que li fius ociroit le pere 

Dedens le ventre de sa m£re. 
son expiic.uoo. Li fius , si com l'entent al mious, 

£ou fu li chevaliers fillious , 
19130 Et ses parins ?ou fu li p£re, 

Et la glise 9011 fu sa mere , 

U li fius fu dedens ochis , 

K'il n'i ot piti£ ne miercis. 

Li fillious et li troi o lui 
19135 Fisent S*.-Tumas eel anui. 

Mais li anuis mais k toudis 

Li fist avoir S*.-Paradis. 

Petit apri^s k'il le tu&rent, 

De ttere en autre s'en alerent , 

19119 Di, dit. 19124 Avert, verified. 

19121 Parin, parrain. Les noma de cesche- 19152 Li fius, Ph. Mouskes veut dire liperes. 
valiers ont et£ indiques sur le v. 1908$. 19136 Mais a toudis , eternellement. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



261 



19140 Pour espan&r leur p&i& , 

Dont cascuns ert moult ent£ci&. 

De 90U fu li rois plus dolans 

Que de sa mort ne fu joians. 
Li buens roi« Lofys vivoit 
19145 Encor, ki moult preudom estoit, 

Et moult ounoura sainte iglise. 

XXYII ans fu par devise 

Couronn&, et si ot XII ans 

Ainc que ses p£res fust morans. 
19150 Adoaques li boins rois moru. 

Moult ricement enfbuois fu 

A l'ab&e de Barbiel , 

En I liu d&itous et bid. 

Felippres, ses fius premerains , 
19155 Fu sacr& et enoins a Rains. 

XL1II1 rois fait cis. 

A la Gonnesse fu nouris , 

S'ot non Felippes de Gonnesse. 

Moult ot la ci&re f&enesse , 
19160 Grans et biaus fu et drois et Ions , 

S'ot I poi rousais les giernons. 
A saint Tumas requist miercis 

Moult durement li rois Henris , 



Louis-lc-Jeune cesse 
de virre, 18 septem- 
bre 1180. 



Philippe (Il)-Auguslc. 



Hepentir de Henri II, 
roi d'Angleterre. 



19140 Espaneir, ezpier. 

19141 Entecie's, d'ou entiche. 

19147 XXVII ans, Louis mourn t apres 43 
ans , 1 mois et 18 jours de regno, depuis la mort 
de son pere. 

19148 XII ans , environ 18 ans. 

19159 L'abeie de Barbiel, Fabbaye de Bar- 
beaux , au-dessus de Melun , qu'il avait fondee 
en 1147. 

19157 Gonnesse, Tillage pres de Paris. 

19159 CUre filenesse , mine severe. 

19161 Rousais, roux j giernons , moustaches, 
favoris. Ainsi GuUlaume de Tyr, retracant les 



portraits des rois de Jerusalem, n'oublie pas de 
nous dire que Godefroid avait la barbe et les 
cheveux blonds ; que Baudouin I er avait les che- 
veux roux, le nez aquilin, et que ce prince 
n'&ait ni trop gras ni trop maigre ; enfin que 
Baudouin II avait la taille haute , le visage 
colore (ce que plus bas Mouskes appelle vis 
blau peut-6tre ) et les genoux endurcis par la 
priere. 

19162 Louis VII fit en personne un peleri- 
nage au tombeau de Thomas Becket , et deposa 
sur l'autel un joyau estirn^ le plus riche de la 
chre'tiente^ 



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262 CHR0N1QUE 

Et manda le roi Felippon . 
19165 Par moult grande devotion , 
Qu'en Englettere a lui yenist 
Pour S'.-Tumas, et il si fist. 
Louis vii va e n peie- Dont fist li rois Henris amende 

linage en Anglelerre. 

A S*.-Tumas, et moult s amende. 
19170 Et saci& de voir que l'offirande 

Que li roi fisent, ftj moult grande. 

Li rois Felippres repassa, 
En France yint, la sljourna, 
Ditsensioiu entre let En t re lui et le roi Henri . 

roi* de France et ' 

dAngieterre. 19175 Qui sor lui auques s'atenri , 

Ot puis moult grant descordement, 
Qu'il orent pris 1 parlement. 

Entrevne de ces mo- LJ |.qJ 8 HeDHS manda SeS flUS, 

narques. ' 

II1I k'il en avoit gentius , 

19180 Henri et Jofroit et Ricart 

Et Jehan Sans-Ti&re., le quart. 

Li jovenes rois yint tous premiers, 
Ki trop fu vallans ceyaliers. 
Quant ses p&res le vit yenir 

19185 Et si bielement maintenir, 
Qu'od lui £rent C baceler, 
Si ne pot mais son cuer celer. 
A I sien cevalier qu'il voit 
A demandet ki la yenoit. 

19190 Et cil dist : « Sire, vostre fius, 
Henris li jovenes, li gen this. » 
Li rois se teut et si pensoit 
Que, s'il yiyoit, preudom seroit, 
Pour gou que ceyaliers amoit 

19195 Et largement les honnoroit. 

Es yous atant le due Ricart , 

19172 Felippres, Philippe est con fond u avec son predecessenr. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



263 



Son fil, u venoit d'autre part, 

Aplanoites et acesm& , 

Et moult cointement atorn&. 

19200 A cloketes et a lorains 

Venoit si tost que ne pot ains. 
Et d'autre part li quens Jofrois , 
Yiestus de samis et d'orfrois. 
D'autrepart vint Jehans Sans-Tiere , 

19205 Ausi k'il n'^uist soing de gierre , 
Ne de rien n'estoit anoii&. 
Lav& fu et aplanoii& 
Et atourn& si comme cil 
Qui fius estoit a roi gen til. 

19210 De cascun de ces I1II fibres 

Si demanda li rois , lor peres , 
Quant il si cointement venoient , 
As cevaliers ki la estoient ; 
Siergant et cevalier gentil 

19215 Li disoient c'ierent si fil. 
Li peres se teut, si pensa 
Que leur cointisse peu prissa. 

A seniestre deviers le France 
Vint a grant gent, sans demorance, 

19220 Li rois Felipres cevau^ant 

Sor I ceval moult dur trotant , 
Afubl& dune cape grise, 
Qu'il ot fait tailler a sa guise , 
Et d'unes grans hueses caucus , 



19198 Aplanoiies , bien en point ; acesmes, 
par£. M. De Martonne semble etre tomb£ dans 
une de ces legeres meprises oil viennent se 
heurter lea plus habile* , en traduisant acesmes 
on ascemez par savant, sciens, a scientia : 

Mais il est pur taut biax , j an tils et ascemes. 
1* arise la Duchess* , p. 90. 



19200 Cloketes, clochettes, ornement des 
grands personnages , soit sur leurs habits , soil 
sur leurs chevaux 5 lorains, brides. 

19217 Cointisse, parure. 

19224 Hueses, bottes, bottines. Robert II, 
due de Normandie , etait surnomme Courte- 
heuse , un comte cfe Chimay s'appelait le Cotnte 
a la houssette. 



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264 



CHRONIQUE 



19225 Uns esporons ot en ses pi&, 
Et si compagnon apri& lui 
Ceval avoit , n'i ot celui ; 
Et si avoit arbalestriers 
Tous atorn& sor les destriers ; 

19230 Devant et deriere en ayoit, 
Et li rois en miliu estoit, 
Qui cevau?oit le trot k trait , 
Et si ot son lcaperon trait 
Qui moult estoit maufais et 1&, 

19235 Et sot les ceviaus comments. 
Quant li rois Henris l'aproisma 
Saci& que point ne li blasma. 
Ains a dit a sa gent debout. 
Que Hullepiaus vainteroit tout 

19240 Et leur feroit une desjointe, 

Quar si fii estoient trop cointe , 
Et Hullep& preus li sanbla. 
Li parlemens lues asanbla, 
Si fisent pais et atir£rent , 

19245 Si com leur home devis&rent. 

Rois Felippres s'en Tint en France. 
Lors si ayint, sans demorance , ■ 
Que li boins joy&nes rois Henris 
De son p£re est par mal partis, 



19227 N'i ot celui, tournure employee encore 
long-temps apres , pour exprimer aucun , sans 
exception. Jean d'Ennetieres , qui publia Tan 
1633, son poeme snr Jacques De Lalain, disait, 
p. 130 : 

On luy fit proa d'honneur , car il n'y eut celuy 

Entre les caraliers qu'il raenoit avec luy, 

A qui Ton ne fit point beaucoup de courtouic. 

19232 A trait , en avant. 

19934 Maufais, mal fait; Us, laid. 

19235 Ceviaus, cbeveux; commenle's, meles, 



commixti. L'auteur du roman de Godefroid de 
Bouillon (n° 105, Suppl. a la Bibl. royale de 
Paris), appelle Pierre rErmite Pierre a la bathe 
mesle'e. Bibl. obs cboisadbs , 1 , 276. 

19236 Aproisma, approcha; Figaro, dans 
Beaumarcfaai8 , se sert du mot approximer. 

19259 Hullepiaus, le roi de France, voyez la 
table geographiqne. 

19240 Desjointe , mauyais parti. 

19241 Trop cointe, trop bienajustes. 

19242 HuUepe's, Hurepoix. 
19244 Atirirent, conclnrent. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 265 

19250 Le roi, son p&re, guerroia, 

En France vint , Ik s£jorna L « i cUDe Henri * e rtlire 

1 • en France. 

Avoec Felipre , le bon roi , An 1173. 

Ki li dounoit tout son conroi. 

Ricars et Jofrois et Jehans 
19255 Regueroierent a eel tans 

Leur p6re, sou vent et menu; 

S'i&rent en France retenu. 

Petit apri& se racordoient 

Quar leur p£re forment amoient, 
19260 Et rois Felipes lor blasmoit, 

Pour 90U que tous moult les amoit. 

En France ert et s^jornoit \k : 

En bois et en riviere ala , 

S'ot k son consel maint preudome, 
19265 Mais puis l'aquellirent si orae, 

Et li quens Felipres de Flandres, phiii P pedAu«ce,comte 

Ses parins, ki plus q'Alixandre 

Fu larges et preus et hardis , 

Ala sor lui jusqu'a Senlis , n '•* ;• «■«« »« «>• 

• * 7 de France. 

19270 Et cil qui dont s'ensegne porte, 

Figa sa baniere en la porte, 

Et si corurent par sa tier re. 

Lors fu commence la gierre. 

Et li rois Felippes manda 
19275 Le roi Henri, et commanda, 

Comme son home docement, 

K'il li aidast por$ainnement. 

Li rois Henris , ki s'atenri , 

I envoia son fll Henri 
19280 A moult grant gent, si q'entr'aus II 

Dut estre batalle campeus ; 

19255 Regueroierent, ila recommencerent la 19281 Baialie campeus, bataille rangee, in 

guerre. campo. Du Caoge explique ces mots par prcelium 

19273. Voir le poeme de Guillaume le Breton . publicum, et cite precisement ce passage de 

To». II. 34 



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266 



CHRONIQUE 



Manage tie Philippe- 
Angusle. 



Jac<fues d'Avesnei. 



Lcs habitans de Tournai 
le favoriseat. 



Philippe- A uguite via 
a Tournai, 1187. 



L'eveque Everard. 



Si que li rois moult savanci , 
Mais li quens vint a sa mierci. 
Puis apri& eel tiermine I pau , 

19285 La fille al conte de Hainnau, 
Sa couzioe, li a doun^e , 
Et li rois Fa lues espous^e. 
Si en ot Artois en la fin 
Arie , S l .-Omer et Hesdin. 

19290 Cis quens Bauduins emprist gierre 
Aprils I petit , sor la tifere 
Gelui d'Ayesnes Jakemon , 
A Leuse, en Braibant, ce disfo-on; 
Et cil de Tornai qui l'amoient, 

19295 Leuse del tout li garnisoient. 
Li quens foment les enhaioit , 
Tant qu'al roi , ki sa fille avoit , 
Felipron traist, si lamena 
A Tornai et Ik soujourna. 

19300 S'a au yeske Evrart demand^ 
De qui il tenoit la chit^. 
Li veskefr respondi sans ire : 
« De Nostre~Dame et de Dieu*, sire , 
Si comrae li yeske d'angois , 



Ph. Mouskes dont il rapproche ce vers deWace : 

Mainte bataille fist et maint cstour chumpal. 

19284 Puis aprie'i, le mariage de Philippe 
avec Isabelle de Hainaut eut lieu en 1180, da 
vivant de son pere , et non depuis qu'il fut monte* 
sur le trdne. 

19285 La fille.... de Baudouin V. 

19292 D'Avesne* Jakemon , Jacques , sire d\A- 
vesnes, fils de Nicolas et de Mathilde de la Roche, 
epousa Adeline de Guise , fille de Bouchard , 
sire de Guise. II mourut dans la Terre-Sainte. 
Bien qu'homme lige du comte de Hainaut , il se 
rangea du parti du comte de Flandre. Foy. Yin- 



chant, pag. 201. La terre d'Avesnes est entree 
plus tard dans la maison d'Aremberg, par le 
mariage de Charles d'Aremberg ayec Anne De 
Croy, et les Groy tenaient Avesnes des Albret 
qui eux-mejmes en avaient herite des Penthievre , 
successeurs des comtes de Chatillon et de Blois , 
qui suivirent imm&liatement l'ancienne maison 
d'Avesnes. Foy. v. 19620. 

19293 Leuse, en Bratbant , Leuze , petite 
ville du Hainaut, n'a jamais fait partie du Bra- 
bant. 

19300 Evrart , Everard eUit fils de Gaulier 
d'Avesnes et d'lde , fille du chatelain de Tournai. 

19304 D'ancois, qui m'ont preoide. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



267 



19305 Et de vous et des autres rois , 
Qui g'en sierc a X eevaliers , 
Quant besoiiis leur est et mestiers. 
Mais faire m'i doiyent aide ; 
Li bourgois et si n'en font mie, 

19310 Ne ne m'en tiennent a signour, 
Quar jou sui k&is en langour. 
Si vos rene, sire, la citet. » 
Et li rois reciut siretet, 
Si abandouna les borgois. 

19315 Atant s'en est partis li rois, 
Et li haut home de la Tile , 
Ki se douterent de sa gille , 
Sivirent le roi , si reprisent , 
A CCC siergans qu'il i misent , 

19320 Et s'eut de leur deniers grans pars. 
Aprils mom veskes Evrars , 
S'ont veske Esttevenon levet. 
De Sainte Genevi^re abet. 
Mors fu li quens apri& I pau . 

19325 S'eut ses fius apri& lui Hainnau. 
Sa fille li rois espousa , 
De moult grant honneur le doa. 
Loiaus dame f u , s'ama Dieu , 
I fil en ot moult sage et preu , 

19330 Lo^ys li jovenes ot non, 
Mis fu a boine nouregon. 
Ce fut la roine Yzabiaus, 
Ki gent core ot et les ious biaus. 



L'eveque Ethnnc, 
1 193. 



Mori de Baudouin V, 

an 1195. 
Baudouin VI. 

Isabelle de Haioaut, 
1180. 



Louis VIII ou le Lion, 
roi dc France. 



19506 Sierc, sets. 

19312 Rene, rends. 

19315 Sirttetj seigneurie , qnalite de sire. 

19522 Estie'venon, titienne, abbe de S te -G^- 
nevieve. Foy. J.-B.-L. deCastillion, Sacra Belgii 
Chronologia , pag. 406. 



19528 Ses fins, Baudouin VI. 

19532 Yzabiaus. dans le roman d* Alexandre 
de Lambert-ii-Cors et d' Alexandre de Paris , la 
reine Isabelle est representee brodant un orne- 
ment de la tente du vainqueur de Darius. Hist. 
litt.de Us France, XV, 122. 



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268 



CHRONIQUE 



Mort d'Isabellc. 



Iscmburgc.an 1193. 



Dh orce. 



Iseroburge se retire a 
Cisoiog. 



La ro'ine Yzabiaus mora , 

19335 Ki ferae al roi Felipre fu , 
Et si fu m£re a Loijs , 
Qui moult estoit encor petis , 
Ne ne tenoit castiel ne raarce ; 
Dont fist li rois en Danemarce 

19340 Aler pour la serour le roi; 
On li tramist a gent conroi , 
Quar en li moult biele touse a. 
Li rois Felipres l'espousa, 
Mais il n'en pot avoir enfans , 

19345 Dont il estoit sovent dolans, 
Et pour itant se lenhai 
Si fort, que de li se parti, 
Quar li arceyesqes de Rains 
Parage i jura premerains ; 

19350 Ciert ses oncles , pour $ou le fist, 
Et non pour quant moult i mesfit. 

Quant fait ot cele dfyartie, 
Yiers Tornai , en une ab&e , 
De blans moines, droit a Cisoing, 

19355 I fist atorner son besoing, 
Et puis refu-ele ostee 
(Si fu Asav&rke nommfe), 
Puis refu-ele en autre tour 
Mis a Estampes, en la tour, 

19360 Quar ne se voloit assentir 

Que li rois s'en du'ist partir, 
Et disoit, comme dame fine, 



19340 La serour le roi, sceur de Knut VI , 
roi de Danemarck. 

19347 Se parti, au bout de 82 jours , ee qui 
ne pennettait pas de prononcer «ur la sterility 
de la reine. 



19349 



ie. iv&vo an autre i 

Parage , parent^ avee la premiere* fois , un autre jour. 



epouse du roi. 

19357 Asavarke, Asabarque, Afavarque, a 
Favarque. Cette princeaae avait pour nom Isem- 
burge, Ingeburge ou Indeburge. 

19358 En autre tour , apres cela , une autre 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



269 



Qu'ele morroit tousjours roine , 
Que sa hautaice ne dekiece , 

19365 Ensi fu li rois moult grqnt piece. 
Quens Felipres se maria , 
De Viermendois la contesse* a , 
Morte est quant plus vivre ne pot, 
Et sa suer toute la tiere ot. 

19370 Dont reprist li rois par ingal 
La roine de Portingal , 
Ki moult bien siervir se faisoit , 
Et roine adi&s se clamoit 
Pour gou qu'ele suer a roi fu , 

19375 Et faissoit faire moult biau fu. 
En yasselemente d'argent 
Se faissoit siervir biel et gent. 

Adont s'avint pour une guierre, 
Que li jovdnes rois d'Englettere 

19380 Henris, li preus et li sayans, 
Li nobles et li embragans 
D'amour, d'ounor et de nobleee, 
De courtoisie et de proecce , 
Li sages, li simples, li biaus. 

19385 Ala soujorner k Martiaus, 

Quar el pais s'estoit amors : 

La le prist maus dont il est mors. 



Isahcllc de Vcriuan- 
dois , comtcsse de 
Flaodre. 



19365 Morroit, elle mourut a Corbeil le 29 
juillet 1256, apres avoir ete reprise en 1213. 

19564 Dekiece, dechoie. 

19368 MorU est, le 26 mars 1182. 

19569 Sa suer, tileonore, fille de Raoul-le- 
Vaillant, comte de Vermandois et de Valois, et 
de Petronille ou Adelaide d'Aquitaine. 

19571 La roine de Portingal, la troisieme 
femme du roi Philippe fut Marie ou Agnes de 
M eranie , fille de Berlhold IV, due de Meranie j 
mais le comte de Flandre Philippe epousa effec- 
threment Beatrix ou Mathilde de Portugal , fille 



du roi Alphonse. Had. de Diceto dans le Recueil 
des hist, francais, XVII, 624, 0, et YArt de 
verifier les dates, comtes de Flandre. C'est vrai- 
semblablement d'elle que veut parler Philippe 
Mouskes, car il Tappelle encore reine au vers 
20782. 

19376 Vasselemente , vaisselle. 

19579 Lijovenes, il mourut a l'agede 28 ans. 

19581 Embracans, ami , qui embrasse le parti 
de.... 

19585 Martiaus , le chateau de Martel , en 
Quercu 



Mori du jeune Henri 
d'Anglcterrc, 11 juio 
U83. 



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270 



CHRON1QUE 



Regrets qu'inspire la 
perte du jeune Henri 
d'Angletcrre. 



Allusion au roman 
d'Alcxandre. 



Ses pere , a Toec ses freres in , 
En fu si dolans et destrois , 

19390 Petit failli k'il ne s'ocist, 

Et Ricars trop grant doi en fist; 
Jofrois et Jefaans le plor&rent 
Trop durement et dement&rent. 
Et, se Tert^ dire tous voel , 

19395 Grant rage et dierrerie et duel 
En faisoient li soldoier , 
Li siergant et li esquier. 
Mais li dious ne fait a celer 
Que faisoient li bacheler, 

19400 Ki d'amors et d armes vivoient 
Et tout de sa mesnie estoient , 
Et li marc^ant que faissoient, 
Ki tes avoirs i ga^gnoient, 
Et des armes et des cevaus , 

19405 Et des samis et des bliaus , 

Qu'il li vendoient pour douner ; 
Cil se voloient afoler. 
Onques Alixandres d'alier, 
Quant li doi sierf felon et fier 

19410 L'empuisnferent par lor ierbes r 



19389 Cette douleur du roi Henri qui avail 
eu a se plaindre de son fils, parait exageree, 
controuvee meme, car les historiens ass u rent 
qu'Henri, irrit6 contre ses enfans, leur donna 
sa malediction qu'il ne voulut jamais revo- 
quer. 

19395 Dementerent f se lamenterent. 

19395 Dierverie, regrets qui approchent de 
l'extravagance. 

19407 Afohr , blesser, et par extension , dter 
la vie. 

Et li dona la pome par coi fu qfolez. 

De Martohni, P arise la Duchesse, 
p. 31. 

19408 Walter, autrefois? 



19409 Quant li doi sierf. Cette legende 

fabuleuse est ainsi rapportee dans le roman 
d 1 Alexandre : 

Li dui serf qui sa mort li orent aportee, 

Li uni iist au mengier en la sale pavee 

Et li autres servi de la coupe doree, 

Qui ert de riches pierres-garnie et aoruee : 

Moult fu la tralson gentement porparlee. 

Es ongles de lor dois.ont la couche boutee, 

Por ce que de lor bras ont la manche couple : 

Qant li rois vout le vin , la coupe a demandee, 

Et cil fiert ens son pouce , si la li a livree, 

Si tost com roe a bu , si li art la coree, 

Li cuers li vient el ventre, s*a la color muee. 

Hist. lilt, de la France, XV, 179. 

1 94 10 Empuisnierent, empoisonnerent j ierbet 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 271 

Ne fu si plains ne si plor£s , 
Quar trop ert preus et de bon fame. 
A Ruem , el moustier Nostre-Dame , 
Fu aport& et sevelis , 
19415 Sans nule joie ne d&is. 

Et ses freres li quens Jofrois 
De toute joie en fu si frois 
Et de grant dolour si entries. 

Que mOUlt petit mOIXI apn^S. Mortde Geoffroi.cointe 

19420 Dune dame de grant renon e retasBe ' 

Ot I fll , s'ot Artus a non , 

Et II filles , jou sai de fi , 

Dont jou dirai aillors que ci. 
Leur peres., li bons rois Henris, 
19.425 Ki par aus fu si atenris , 

Guerroia puis le rois de France , 

Mais il en fisent acordanche. 

Li quens Ricars, i'el sai de fi aich.rd f.it u guerre 

. J a soa pere. 

Guerroia puis son pere ausi, 
19430 Et vint en France al roi Felipre, 

De Normendie jusqu'a Ipre. 

Ne demora buens cevaliers 

Qu'il n'&is$ent , et soldoiers. 

A toute lor ost cemin&rent 
19435 Et tot droit al Mans s'en alerent , 

Le roi Henri fors enkacierent 

Et toute la cit£ sillierent. 
Dont s'en ala li rois Henris, 

Et fu si tres fort atenris 
19440 Del jov&ne roi son fil Henri , 

et plore's for men t une singuliere rime, si rime 19417 Frois, Stre froid de toute joie , nous. 

il y a. Enherber, anherber, aigoifiaieot empoi- dirions aujourd'hui etre froid a toute joie. 

*onner. 19437 Sillierent pour esillierent, ravagerent 

C«r faisont une chow, notre dame anherbon. (exilem fecerunt). 

De Martonkk , Parise la Duchesse , p. 7. 19439 Atenrii, affectl. 



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272 



CHRONIQUE 



Nouvdle prophetic tic 
Merlin. 



Originc tics longs man- 
teaux en Anglelerre. 



Ki sa joie li amenri , 
Et pour son fil Jehan Sans-Tiere , 
K'il avoit aquelli de gierre. 
Et puis li menbra de son fil , 

19445 Le conte Jofroit; le gentil., 
Ki mors estoit; si le plora 
Et moult a Dieu pour s'arme ora. 
Mais le boa jovene roi sour tout 
Plora-il et dementa moult , 

19450 Quar on le devoit bien plorer. 
Et pour Tarme de lui orer, 
Comme valiant, preu, sage et fort; 
Nus ne Fen pot donner confort. 
Par cele mort et par sa fin , 

19455 Fu averee de Mierlin 

La profesie qu'il ot dite 
D'entre les autres et eslite 
Al tans le boin roi Wortigier, 
Ki moult avoit le cuer llgier, 

19460 Et commen^a les Ions mantiaus. 
Mierlins ot dit que a Martiaus 
Morroit li sire des haubiers, 
Qui ne seroit fols ne bobiers , 
Li larges , li preus, li hardis ; 

19465 Reconn^ut fu par »es dis 

Que c'iert li jovfenes rois Henris, 



19445 Aquelli de gierre, mot a mot : accueilli 
de guerre. 

19449 Plora-il, nous avons deja fait remar- 
quer que ce$ regrets sont peu con formes a la 
verite* historique. 

19458 Wortigier, l'histoire de Vortigerne et 
de Merlin est r aeon tee au long dans le roman 
de Brut, que M. Le Roux de Lincy a mis sous 
les yeux du public. La mere de Merlin dit au 
roi : 



Si Dex , fait-ele, me alt, 
(toques ne coonai, ne nevi 
Qui cest rallet enjeDul , 
Ooques n'ol, onques ne sai 
Se sefuhom dequi jol'ai.... 
T.I, p. 355. 

On peut comparer avec le Brut le roman de 
Merlin , et consul ter l'lntroduction de ce second 
volume, dans la partie consacree a son ana- 
lyse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



273 



Li biaus , li preus , li bien noris , 
Tel duel en fist li rois , ses pere , 
Que jamais n'iert jors k'il n'i pert , 

19470 Quar de la vie en issi fors, 

Pour ?ou que mors ert ses confers , 
Li jovenes rois Henris , ses fius , 
Ki sour tous autres ert gentius. 
Moult fu li rois bien atir& , 

19475 A Frontevraut fu entter&, 
En l'ab&e de nounains, 
U il avoit grans biens fet mains. 

Richars, ses fius, fu couronn&. 
Ki moult fu hardis et sen&. 

19480 Viers le roi Felipre fist gierre , 
Droit a Gizors, dedens sa ti&re, 
Et li rois de France i ala , 
Le conte Felipre i mena , 
Ki ses parins et ses om fu : 

19485 Tout leur home i furent venu. 

Grans furent les os d'ambes pars , 
Et furent par le camp espars. 
Li rois Felipres et sa gent 
Furent armet moult bel et gent 

19490 Et Hainnuier et li Flamenc 

Si commencierent le bestenc, 
Et fisent lues , pour agr^ver, 
L'arbre devant Gizors colper, 



Mort de Henri II, 16 
juillet 1189. 



Richard Cueur- de-Lion. 



Philippe d 'Alsace. 



19467 Li bien noris, le bien &eve\ 
19469 Pert, paraisse. 

19474 Atiret, il s'agit ici de la pompe des 
funerailles de Henri II : nous disons encore 
aUirail et tire a quatre e'pingles. 

19475 Frontevraut, Fontevrault, bourg du 
bas Anjou , ou il y avait jadis une celebre abbaye, 
chefd'ordre, fondle, en 1100, par Robert d'Ar- 
brisselles. Fay. 1'hist. de ce saint , par Pavilion. 

Tom. II. 



19484 Parint, Gnill. le Breton le dit aussi : 

Flandrensis comet 

Qui regent puerum sacro defonte levarat, 
Unde suum nomen, sicutmos exigit t iUi 
Indiderat. 

19491 Le bettenc, la noise , la querelle. 
19495 Varbre , Guill. le Breton, dans sa Cbro- 
nique en prose , explique ce passage qui doit se 

35 



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274 



CHRONIQUE 



Troisiemc croisade, 
1190. 



Volant les ious le roi Ricart . 

19495 Et sa gent qui fu d'autre part. 
Mais venus ci ert I legas , 
Qui ne praief oit mie a gas , 
Bons clers et cardenaus estoit ; 
As II rois l'acorde queroit. 

19500 Illueques pour Dieu s'aqoisierent , 
Ensi que trestout se croisierent, 
Li rois Felipres tot avant, 
Et li rois Ricars main tenant, 
Et de Flandres li quens Felipres , 

19505 Qui moult fu corageus et vistes, 
Et li quens Pteres d'Aucerrois , 
Et puis li quens de Neverois, 
Castelain et prince et marcis , 
Et li baron plus enforcis. 

19510 D'autres haus omes tant i ot 

Croisi& , que nus conte n'en sot . 
Pr&as ^ ab& et arcevesques > 
Priestres , kanonnes et ^vesques , 
Vilains et dames et bourgois : 

19515 De la partirent ; mais an$ois 



rapporter cependant a une £poque anteVieure... 
Henricus vero, rex Anglic* , et Nortmanni ante 
introitum Gisortii tedebant , quasi pro tribunali 

sub umbra cujusdam ulmi patulcs indignati 

itaque Philippus et Franci de quiete regis Anglice 

et suorum ipsam ulmum.... penitus stemunt. 

Rec. de8 Hist. fr. , XVII , 69 , A. 

19497 Gas, dans lea vera aur la mort attribues 
a Helinand , on lit ce vers : 

Laissiex tos cbifflois et vos gas , 

qui est traduit ainsi en proyencal, dans nn ma- 
nuscrit allegue* par M. Raynouard : 

OtUs et vos cliuOas ct gabs. 

Le Journal des savans, du mois d'octobre 1836, 



p. 611 , contenait avec cette citation , les der- 
nieres lignes de ce litterateur illustre , qui dai- 
gnait prendre 4 nos humbles trayaux un inter£t 
si flatteur. 

19499 L'acorde queroit, cherchail a accorder. 

19500 S'aqoisierent, s'apaiserent , se tin rent 
cois , paisibles. 

19506 Pieres d'Aucerrois, Pierre de Cour- 
tenai , comte d'Auxerre et de Nevers , qui s'ltant 
embarque en 1216, pour aller prendre posses- 
sion du trone de Constantinople , auquel il avait 
ete appele par les barons du pays , fat pris sur 
la route par Theo. 

19507 Li quens de Neverois, meme person- 
nage que le precedent. 

19509 Plus enforcis, les plus puissans. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



275 



Orent nomm^ jour de movoir, 
Cascuns a quis son estavoir 

Quant de la furent retorn£ , 
Este vous cascun atorn£ , 

19520 Li rois Ricars sen vait engri& 
Et li quens Felipres apri&. 
Li rois Felipres ot ^e$ n& 
A Marselle et f u atourn& ; 
En mer se mist , vint a Mescines , 

19525 Quar il ot n& courans et fines. 
La le trouva li rois Ricars , 
Li fel, hardis comme lupars, 
Et se durent estre entrepris. 
Pour $ou que Franc orent le pris 

19530 En Tost et plus grant signorie , 
S'en avoient Englois en vie, 
Auques par corine et par gille; 
Quar Francois ierent en la vile 
Et li Englois erent de fors. 

19535 Slert li rois de France plus fors , 
Mais il fisent et pais et triuwe, 
Ains c'om fust alet une liuwe, 
De $aus de fors et $aus de vens. 
Lendemain lor sailli bons vens, 

19540 Li rois de France s'en parti, 
Tout droit a Acre se vierti. 



Messme . 



Rivalite entre les Fran- 
cais et les Anglais. 



19516 Jour de movoir, jour de depart. 

19517 Estavoir, tout ce qui etait necessaire 
pour ['expedition. 

19526 Ricars, sur la part qu'il prit aux croi- 
sades , consulter dans la collection de Th. Gale, 
t. II, p. 247. Itinerarium regis Anglorum Hi- 
ckardi et aliorum in terram Hierusalem anno 
1180, par Geoffroi ou Gautbier Vinisauf, et 
1'analyse etendue de cette relation , donnee par 
M. Michaud, Bibl. des Croisades , II, 660-726. 



19526 Entrepris, brouilles. 
19529 Franc, Francais. 
19532 Corine, ressentiment. 

19535 Ierent et irent, employes indiflferem- 
ment Tun pour l'autre. 

19536 Triuwe, treve. 

19537 Liuwe, bene. 

19538 De vens, du de dans. 

19541 Acre, Acre ou Ptole'mais. M. Michaud 
en a donne le plan , Histoire des Croisades , 



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276 



CHRONIQUE 



Sirgc d'Acre. 



Durement i fu bien yenu* 

Et k grant joie rechlus , 

Et del Temple et de l'Ospital , 

19545 Et des barons tout par ingal, 
Et Tas&jr&rent moult tost , 
Gomme signor de toute Tost. 

Li rois Ricars apri& sui , 
Ki le karavane consui 

19550 De Sarrasins, qui \k sigloient 
Et dedans Acre entrer voloient. 
A aus s'ahurta , si les prist , 
Et moult grant ounor i conquist. 
En Tost mena moult biele vie, 

19555 Mais sour Francois ot grant en vie. 
Et puis I castiel dess^ga , 
Que Turc orent as^giet \k , 
Quar il savoit ass^s de gierre : 
De grand renon fu en la tiere. 

18560 Et cascun jor venoient n& 
De dus , de contes , de cas& , 
De toutes les tieres del mont , 
Si comme la crois les semont. 
Castiaus , mangonniaus et pteri&res , 

19565 Tout sans commans et sans proteres , 
I faisoient li plus rice home, 



4° Edition, 1835, II, 591. Le siege de cette 
ville dura deux ans. Michaud , Bibliotheque des 
Croisades, 1829, IV, 245 et suit. On n T a pas 
ouhlie qu'un des plus celebres historiens des 
croisades est Jacques de Vitre , qui, apres avoir 
ete chanoine regulier d'Oignies , dans le diocese 
de Liege, devint eVeque d'Acre. Se vierti, se 
tourna (se vertit) . 

19544 Temple, les Templiers; Ospital, les 
hospitaliers de S'.-Jean, depuis les chevaliers 
de Rhodes et de Malte. 



19546 L'aseurereni , lui promirent fidelite. 

19556 Desse'ga, proprement desassie'gea, deli* 
vra la ville , en fit lever le siege. 

19561 Cases, voy. Du Cange au mot casati 
vassaux , tenanciers. Le savant lexieographe cite 
de Philippe Mouskes quatre vers , parmi lesquels 
ces deux-ci qu'il altere en mettant mis pour 
net. 

16564 Mangonniaus, machines propres a lan- 
cer des projectiles ; pierteres , machines a lancer 
des pierrea. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



277 



Pour Acre prendre et metre a some. 

Li rois de France fist engiens 
Et moult i fist en Tost de biens , 

19570 Et fist lWrer maint fort asaut 

As Turs, qui moult petit en caut. 
Ars I fu Lo^ys d'Arselle 
De fu griois sans estincele , 
Et si ot maint preudome mort , 

19575 Quar li Turc estoient moult fort. 
Et en poi de tans ass& tost , 
Si ot moult grant famine en Tost. 
XX s. valoit une geline , 
Uns ois II s. k la quissine ; 

19580 Car de ceval et car d'asnon 
I mangoit-on a contention ; 
Ass& de faim en i mora , 
Quar la vitaille ctere fu. 
Un jour avint que toute 1'os 

19585 Si assailli pour avoir los. 

Mais li Turc bien si desfendirent , 
Al gieter maint escu fendirent , 
Et li boins mariscaus Climens, 
Dont Dieux gart I'arme de tormens T 

19590 I fu ates et assailloit , 

Comme cil ki partout valoit. 
Mais li paien , a his de fier 7 



Louis d'Arselei. 
Feu gregeoit. 



Famine. 



Alberic Clement. 



Juillet 1191. 



19572 Loeys d'Arselle, il est nomine* par Be- 
nolt de Peterborough. RecueU des Hist, fr., 
XVII , 512 , D. Dans la quatrieme croisade il y 
avail un Henri de Artilleriis, c'est-a-dire d'Ar- 
zellieres, gros bourg voisin de Vitry-le-Francais, 
pres de la Marne. 

19578 Geline, ponle. Pantagruel, liv. II, 
chap. 32 : a Lors se meirent en bon ordre et 
bien serrez. Et Pantagruel tyra sa langue seul- 
lement a demy, et les en eouvrit comme une ge- 



line faict ses poulletz. » 

19579 Oes, oiej quissine. cuisine. 
19584 Los, gloire, 

19587 Al gieter, au jeter, en lancant des 
projectiles. 

19588 Climens, Benoit de Peterborough Tap- 
pelle Albertus Clement et Rogier de Hoveden 
Albericus Clement, marescallus regis Franciae. 
Hist, n., XVII, 522, A, n. 

19592 A he's de fier, avec un croc de fer. 



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278 



CHRONIQUE 



Saladit 



Leopold d'Aulriclie. 



Aussi com doable d'infier , 
Le traisent ens , si fu ocis , 

19595 C'onkes n'i pot avoir miercis. 
Son escu pendirent al mur , 
Quar il ierent fort et s&ir. 
Li rois Felipres leur manda , 
Par I m&age , et commanda 

19600 Que le signour de eel escu , 
Dont ils l'orent fait irascu, 
Par grant raen$on li rendisent ; 
Et ils manderent k'il l'ocisent. 
Dont jura li boins rois le si^ge 

19605 Tant qu il leur aura pris sans fierge. 
Li rois Ricars ass& i fist, 
Asses i douna et promist. 
Detris seroit , se je nommoie 
Tous $aus ki la fisent leur voie . 

19610 Et qui furent al si^ge d'Acre. 
U li Turc ierent dedens aspre. 
Salehadins estoit defers 
Et avoec lui tous ses effors. 
Le roi Ricart et maint baron 

19615 Tramist de son or a laron , 

Mais onques al bon roi de France 
N'en osa faire d^mos trance. 
Li dus i estoit d'Osterike , 
Maisnie i tint et biele et rike. 



Roger de Hoveden : Et cum pradictus AJberi- 
cus ascendisset sealant, pagani, injecto in ilium 
unco ferreo , traxerunt eum infra murot et occide- 
runt. 

19604 Jura qu'il continuerait le siege. 

19605 Sam fierge, ce doit etre ici une allu- 
sion au jeu des echecs. Fierge est la dame , la 
reine , la seconde piece de ce jeu. Foy. le Glos- 



19615 Effors, esfors, le* resources dont il 
pouvait disposer. 

19614 Le roi Ricart, au roi Richard et a maint 
baron. On lit dans les Chron. de S'.-Denis : a 11 
(Philippe) avoit le roi d'Angleterre soupzeoneus 
de trai'son , pour ce que il enveoit sovent mes- 
sages au soldan Salehadin sans son seu , et rece- 
voit de lui divers dons et divers presens. » Hist, 
franc., XVII , 376 , C. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



279 



19620 Et Jakes d'Avesnes i fu, 

Ki moult grant pris i ot &i- 
U par engiens u autrement , 
Asaloit-on les Turs sovent : 
Li rois Ricars n'i fu pas mus , 

19625 Ainc estoit dout& et cr^raus. 

Mais li rois Felipres de France 
Estoit de plus grant ounorance 
En Tost , et plus amis de lui ; 
S'el hairent , n'i ot celui 

19630 Des Englois, et li rois Ricars 
Fu sour le roi Felipre escars 
Et d'amour et de loiaut^, 
De compagnie et de bont£ , 
Et par 90U qu'il le hai fort, 

19635 Fist maint baron poisant et fort 
Jurer et fiancer sa moil , 
Par envie , dont li remort. 
Quar le roi de France doutoit. 
Li quens de Canpagne i estoit 7 

19640 Ses oncles, ki sa mort jura , 
Dont enviers lui se parjura. 
Puis fu-il rois et, par p^chiet. 
Dedens Acre ot le col brisiet, 
D'une feniestre u il ka'i. 

19645 Par fausset£ li meska'i , 



Jacques d'Aresues. 



Inimitie de Philippe et 
tic Richard. 



Henri II , comte de 
Champagne. 



19620 Jakes d'Avesnes, il en a ete parle plus 
haul, v. 19292. 

19624 Mus, muet et par extension passif. 
Pantagruel, liv. Ill , chap. 24 : a Si encores re- 
gnoyent les oracles.... je serois d'adviz... 7 aller 
et entendre quelseroyt leur jugement susvostre 
entreprinse. Maisvons scavez que tous sont deve- 
nuz plus mutz que poissons... » 

19627 Ounorance , veneration. 

19628 Delui, que lui. 

19629 II n'y avait personne parmi les Anglais 



qui ne le halt. 

19651-52 Escars d? amour , avare d'attache- 
ment. 

19657 Dont li remort (cujus stimulus cor ejus 
remordet). 

19640 Ses oncles, les Chron. de S*. -Denis di- 
sent au contraire : Niez estoit aus dui rois. Ric. 
des Hist, t a. , XVII , 584 , C. 

19642 Fu-il rois, roi de Jerusalem. 

19645 Dedens Acre ot le col brisiet, cet evene- 
ment eut lieu trois ans apres que Richard eut 



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280 



CHRONIQUE 



Philippe , comic dc 
Flandre, revele au 
roi de France les 
projels de Richard. 



De son couzin , k'il ot boissi^ , 
Le boin roi de France proissi^. 

Li quens Felipres maugr£ sien 
L'ot jur^e , ?au set-on bien ; 

19650 De maladie s'acoucha, 

Devant lui son filluel manda ,. 
Le roi Felipre , si li dist 
Comment sa mort jurer li fist 
Li rois Ricars, li faus. li fel, 

19655 Et maint autre, par son cornel. 
Jointes mains , mierci li cria 
Et moult doucement li pria 
Qu'il s'en alast fors de la tiere , 
Al plus tost qu'il peuist. sans gi&re; 

19660 Quar il ot ja tel puison biute, 
Dont il ot pri& la mort reciute. 
Li rois li a tout pardoune . 
Et puis a le congiet rouv^. 
Plorant del conte se parti , 

19665 Et lendemain si s'aati * 
De faire asalir durement , 
Et on si fist tot esranment. 
La furent li Turc si griyi 
Qu al plaisir le roi ont jur£ 

19670 A rendre Acre , s'il n'ont soucors. 
Salehadins , dedens VIII jors , 
Les diut soucorre , si failli , 
Et toute l'os les asailli ; 
Mais par couvent , comme soupris , 



recouvre 8a liberty. En 1197 , tandis qu'il s'ap- 
pr£tait a la guerre contre les Sarrasins qui as- 
siegeaient Joppe, il tomba d'une fenfire d'ou il 
baranguait la foule et se tua. Hist, fr., XVII , 
48, A,384,C, 584, D. 

19646 Couzin, neyeu. 

19648 Maugre'tien, malgr^ lui. 



19649 L'otjure'e , ces mots se rapportent a la 
mort du roi. 

19660 Puison, poison; biute, bue. 

19661 Reciute, recue. 

19663 A le congiet route', lui a dit adieu. 
19665 S'aati, s'empressa* 
1967ft Soucorre, secourir. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



281 



19675 Furent li Turc loiiet et pris, 
Et Karaheus et Limestous, 
Ki moult fu hardis et estous , 
Et tout li autre pries apries. 
Francois en furent moult engri&. 

19680 Quant Acre fu rendue et prise, 
Trop i ot joie a grant devise. 
En la vile prisent osteus , 
Dont moult i ot et teus et qeus. 
Salehadins estoit defers , 

19685 Ki Turs estoit poissans et fore, 
Et s'ot od lui tous ses esfors , 
Mais moult ert grans li desconfors 
D'Acre qu'il ayoient perdue ; 
Et s'orent la We atendue , 

19690 Quar il quidoit avoir, sans faille, 
Viers le roi de France batalle, 
Par le consel del roi Ricart , 
Ki rendu Vavoit en sa part. 
S'il fust al& a la batalle , 

19695 Grant avoir en ot pris , sans faille , 
A Salehadin , par esgart ; 
Mais garnis en fu d'autre part 
Del conte Felipre, ki dist 
Qu'as Turs pour rien ne combatist , 

19700 Quar devisee estoit sa fins, 
S'il combatoit as Sarrasins. 



19676 Karaheus, Lime stout, les Chron. de S 1 .- 
Denis {Historiens francais, t. XVII, p. 376, A) 
nomment ces chefs Limatouset et Karacouses. 
Lisez Hosiam- Eddin et Karacoush. Michaud , 
Histoire des Croisadet , II , 396 ; ou , comme 
ecrit M. Wilken, Husa-Meddin et Karakusch. 
Gesceichte dee Kriuziuioi, Leipz., 1826, t. IV, 
pag. 296. 

19678 Pries, pri*. 
Tom. II. 



19684-85 Ces deux vers son I la repetition des 
19818-19. 

19689 La bee, mot de meme origine que beer ; 
avoir la bee atendue, c'est compter sans son h6te, 
attendre vainement. 

19696 Par esgart, sons un rapport , oppose* 
a d'autre part, 

19697 Garnis, premuni , empech£ , detourne. 
19700 Devisee, arr^tee, complotee. 

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282 CHRONIQUE 

Et quant Salehadins sot bien 
Que de batalle n'i ot rien, 
Et que pas ne se combatroieat . 
19705 Et la citl perdue aYoient, 
Ariire s'en ala batant. 
Et li rois de France entre tant 
Fist en la vile prendre ostel 
Al Temple, car il n'i ot tel ; 
19710 Et apriiSs li dus d'Osterike 

En fist I prendre bid et rike; 
Ses banieres farent sus mises 
As fenestras de marbre bises. 
QuereUe entre le due Li rois Riears eneor n'aroit 

d'Autriche et le roi - t\mt t* -n • d i * i • 

Richard. 19715 Point d ostel , et trfes men savoit 

Que li dus d'Osterike avoit 

Le millor ostel qu'on i yoit. 

Ses Englois i rouva aler 

Et leur banieres for* gieter. 
19720 Cil i al&rent esranment, 

Si misent fors yilainnemeat 

Les gens le due, et sa bani&re 

Fu giet^e enmi fat kari£ne. 

Li dus foment s'en airs, 
19725 D'eures a autres souspira, 

Al roi de France en ala plaiadre, 

Et dist que phis n'i violt remaindre. 

Et li rois dist , quant H poroit , 

Volentiers Ten adrfoeroit , 
19730 Quar il mesraes iert teus men& 

Qu'ongles ne li estoit rem& , 

Me k painnes ceviaus el cief : 

Ams estoit la a grant mescief . 

19713 Bites, de coulenr grise ou noir&tre. 19727 Violt, veulait. 

Michaud , Hist, des Crtrisudes , II , 485. 19729 L'en adreceroit , lui ferait reudre r«i- 

19723 La kmr&re , le cbemiu, la rue. son , justice. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



283 



Adonques si mora li quens 
19735 Felipres, li sages , li buens. 

Si home , comrae leur signor, 

L'ont sereli k grant hounour ; 

Et li rois ses homes guarda , 

Tant com il fu el pais-la. 
19740 Li quens Bauduins al vis blau 

Ot Flandres et s'avoit Hainnau. 
Acre fd moult bien referm& 

Et regarnie et acesm^e , 

Et li Turc ki furent loiii , 
19745 Furent ocis et dltrenci£. 

Si fu la cose k bien torn&. 

Li rois ot sa carge atorn& , 

Quar trop avoit g&i en tr&, 

En une galie est entr&, 
19750 Et li quens Pieres Tint k lui : 

(( Sire, disb-il, en grant anui 

Nos laistes, quant vous en al&. » 

— « Pieres , dist li rois, tort avis. » 

Atant li a moustr& 9es dois 
19755 Et son cors, ki tant fu destrois, 

Qu'il n'i avoit ongle rem& 

Et del core fu li quire ost£s. 

Quant li quens le vit en tel point : 

« Sire, dist-il, pri& vous a point 
19760 Qui vous a dounet tel bevrage; 

Cou fu traisons et grans rage. 



Mort de Philippe d* Al- 
sace, comte de Flau- 
dre. 



Philippe-Auguste re 
lourne en France. 



19734 Li quens , Philippe mourut de la pette 
a a siege d'Acre, le 1 OT juin 1191. 

19740 Al vis blau, encore une de ces quali- 
fications a la maniere dHomere et des anciens 
poetes, ain*iqu*on Fa fait remarquer dans l'ln- 
troduction de ce second volume. Celle-ci signifie 
au visage bleu. 

19745 De'trencie, decapites. 



19746 La chose tourna a bien. 

19747-48 Le roi avait rempli set obligations, 
et n 'avait que trop long-temps langui sous la 
tente. 

19750 Pieres, Pierre, comte d'Auierre. 

19757 Quirt, cmr, peau. 

19759 Pries vous a point , vous a blesse de 
pros. 



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284 



CHRONIQUE 



Depart de Leopold 
d'Aulriche. 



Nicolas Doria ct Rosso 
de Volla dc Genes. 



Or n'i a plus , je men irai , 
Ja seul aler ne vos lairai. » 
Lors si atornerent leur cose , 

19765 Et li rois, ki point ne repose, 
Le due de Bourgogne i laisa 
Pour lui , et en foit le baissa , 
Qu'il li gardast ses cevaliers; 
Et ass& li douna deniers. 
' 1 9770 Ainc jour se parti del riyage , 
A loi de preudome et de sage , 
Et la nouviele en est al& 
Par toute l'ost , la matinee. 
Trop fu li rois Ricars dolans 

19775 Qu escapes ert li rois des Francs. 
Li dus d'Osterike tantost 
Par ire se parti de Tost ; 
Viers son pais est revenus. 
Et li rois de France est issus 

19780 A tiere, quant il Tint a port : 
De rien ne fu tant a deport. 
A Mescines vot sdjorner, 
Garder se fist et m&iner. 
Nicolas Dorie, I borgois rices, 

19785 Qui n'iert avers , ne fos , ne nices , 
Et li Rous de la Voute awoec, 
Ki trop estoit rices illuec , 
Li prousenterent lor avoir 
Et li fisent si grant hounour. 



19764 Atornerent leur cose. Cf. Jacques de 
Guyse , edition de M. le marquis de Fortia , 
XIII, 86. 

19766 Le due de Bourgogne, Hugues III. 

19767 Et en foit le baissa, celui qui recevait 
foi et hommage d'un vassal, le baisalt sur la 
bouche. 

19770 Ainc jour, avant le jour. 



19781 Deport, satisfaction, contentement. 

19783 Me'ciner, medicamenter, traiter par les 
medecins. 

19786 Li Rous de la Voute, Rigord le nomme 
Rufus de VoUa , et les Chroniques de S*. -Denis 
Rufins de la Forte. Hist, ra., XVII, 56, A, 
376, C. 

19788 Prousenterent, presentment. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 285 

19790 Que ne porent onkes grignor. 

Quant li rois i ot soujourn^ , 

Tout son afaire a atourn^ , 

En France vint, et moult se plainst 

Del roi Ricart qui si l'atainst. 
19795 Le Rous de la Voute amena, 

Et Nicolas avoec ala. 

Rices maisons lor a livr^es 

Et de ttere CC livr&s : 

Encor en sont li oir tenant , 
19800 Ge puet-on savoir main tenant. 
D'autrepart li dus d'Osterike 

En une nef et grant et rike 

En son pais fu repasses. 

De la marine fu lasses , 
19805 Et moult se plainst del roi Ricart. 

Le felon cuviert , le gagnart , 

Qui sen boin ostel li toli 

Et ses banieres fors gali. 

Mais li rois Ricars fu rem£s notour <ir Richard. 

19810 En Acre et fu d'ire abosmes , 

Del roi ki sot la traisson 

Qu'il ot faite par mesproisson. 

Et si sot bien li fel traitre 

Que c'iert par le conte Felipre , 
19815 Ki mors estoit nouvielement : 

Si fu en grant airement. 

Lors se pensa qu'il sen iroit 

Par Alemagne , s'il pooit. 

Jakes d'Avesnes estoit mors Morl dc Jta|IIM d A . 

19820 Qui bien se fu as Turs amors , ^Zim. 5 de c<? ~ 

Et bien connurent maintes fois 

19797 Livrees r me&ures. 19811 Del roi, a cause du roi. 

19804 Marine, navigation. 19820 As Turs amors , acharne contre les 

19808 Fors gali , pour fors jaillit , jeta. Turcs. 



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286 



CHRONIQUE 



Brice de Baii ou des 
Barres. 



Sa grant valour et son cMfois. 
En I e&tour s'iert avancis 
U Sarrasin l'orent ocis. 

19835 Li quens Robiers en fti biasing 
De $ou qu'il fu ensi rem& 1 
Gar il dust poindre quant il poinst. 
S'il i mesfit, Dieux li pardmnst. 
Par l'ost en ot moult grant dolour, 

19830 Car Jakes iert de grant valour. 
Brisse* de Bari , uns siergans , 
Ki moult estoit preus et sa$ant , 
Estoit a lui, quant il mora. 
Li rois Ricars l'a retenu 

19835 Et saci& biens qu'il le retint, 

Pour $ou que la bien se maintmt 
Et bien avoit siervi maint jour 
Celui d'Avesnes , son signour. 
En mer se mist li rois Ricars , 

19840 Al vent sigla tot a escars , 
Car il n'ont core de ha*ter, 
Ains vot les plus sains pors tatter. 



19822 Son de'fbis, sa maniere de defendre. 
Tons les historiens s'accordent a parler avec le 
plus grand eloge de ce chef des Beiges , restes 
en Palestine avec le roi Richard. Ce prince, dans 
une lettre , l'appelle la eolonne de Varmee ckre- 
tienne, et la plupart des ecrivains le comparent 
aux Machabees. P. d'Outremanni Constantino- 
polis Belgica , Tornaci , 1645 , in-4°, pp. 19, 25, 
82 , 597-98. 

19825 Avancis , avance. 

19851 Brisses, c'est celui que Roger de 
Hoveden appelle Bricius camerarius , parce qu'il 
devint chambellan de Richard. Hist. francais , 
XVII, 586, D. Dans une espece de tournois 
improvise aux portes de Messine, Richard entle 
chagrin d'etre vaincu , raconte Brompton , par 
G. des Barres et ne put jamais le lui pardonner. 



19859 En mer, J. de Guyse , XIII , 114. Les 
aventures de Richard et toutes les circonstances 
de sa captivite* , ont fourni le sujet d*une espece 
de roman intitule Blondeau , que M. Michaud 
indique parmi les manuscrits de Sorbonne , 
n° 454 (Bibl. du roi). Cette chronique s'occupe 
principalement du menestrel Blondel et de la 
delivrance du roi Richard; qui avait &£ saisi 
par les gens da due d*Autriche, comme ici, 
sous la robe d'un garcon, occupe a la cuisine a 
tourner capon, Michaud , Hist, des Croisades, II , 
551 , note. Le meme ecrivain offre une analyse 
de cette chronique romanesque, Bibl. des Croi- 
sades , III , 559-545. 

18940 Sigla tot a escort, navigna lentement; 
a escars, avec sobriete. 

19842 Taster, visiter en passant. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



287 



En une moult rice galie , 

Mai* gou fa k poi de mesnie ; 
19845 Tant qu'en Alemagne ariva. 

A tifere issi , moult se o#a:, 

Lor cevau$ures acatereat 

Et-eom marc&nt se e&ereut 

Tant que , par barat et par gille , 
19850 Hierbeg&reut a une vile, 

Pri& dune citet , Id la fij. 

Quant il orent refait lor fa , 

Lor capons eras oat al fii mis , 

Et puis si ont al vin tramis 
19855 II barius que d'Acre aportoient, 

A la tavierne les envoient. 

A la chit^ dont jou vos di , 

Marcils estoit le saaiedi. 

Uns cevaliers si la bevoit , 
19860 Ki baillie en la vile aroit, 

La baine del due savoit 

Et del roi , et tantos k'il voit 

Les II barius, s'es a coouus, 

Quar a Acre les ot v^us. 
19865 Esranment l'Anglois acoata, 

Qui les II barius aporta, 

Et quant il Tot bien es$ard£ , 

S'a li oevaiiers demand^ 

Qui li baril estoient tel. 
19870 Et c'il n'a dit ne I ne el , 

Fors tant qu'il dist : « Maro^ant sommes , 

Qui deviers Acre repairoumes. » 



Richard parvient en 
Allemagne, 1192. 



Comment il fut arret e. 



19846 Se cela , il se deguisa en tempi ier. 

19847 Cevaucures , montures. 
19881 Une diet, Vienne. 

19852 Fu, feu. 

19853 Capons, ohapons; eras, gcaa, mot 
conserre dans le wallon. 



19855 Barius , barils. 
19858 Marries, marched 
19860 Ifattfte, juridiction, charge. 
19865 Esranment , aussitdL 
19867 Esoarde', examine. 
19872 Repairoumes, reyenons. 



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288 CHRONIQUE 

Et li cevaliers li a dit : 

« Jou ne sait , mais , si Dieux m'ait , 
19875 Cil baril sont le roi Ricart. » 

Atant s'entourna d'autre part 

Li Englois , si fist del Tin traire 

Et puis s'en est mis al repaire. 

Li cevaliers , pour consivir, 
19880 Le fist lues de si pries sivir 

Con li a dit ou il estoient. 

Lors s'aperciut qu'il se c&oient 

Com marceant valiant et rike ; 

Cremoient le due d'Osterike , 
19885 En qui tiere il furent entre. 

Li cevaliers a encontr^ 

Le prouvost de la vile esrant, 

Et il li a dit maintenant : 

« Je sai moult d'Englois hierbegies. 
19890 Mandes siergans, et si sacils 

Quel gent il sont , car je mescroi 

Que li rois Ricars en secroi 

S'en voelle aier com marc^ans , 

Quar il est vistes et sa$ans. 
19895 Si crient le due, j'el sai de fi , 

Pour 90U qu'en Acre li toli 

Son ostel , et par son effors 

Fist ses bani&res gieter fbrs; 

Et par de\k n'oze-ii aler, 
19900 Quar il fist a Acre jurer 

La mort del bon roi Felipon. 

Moult a en lui cruel pipon , 

Et traitre est, bien le savons. 

Li dus est lies si le prendons ; 

19874 Sait, sais. 19895 Crient, craint. 

19892 En secroi, pour la rime, en «e- 19902 Cruel pipon, cruellepiperie. 

cret. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 289 

19905 Quar il est fel et despisans , 

Des Genevois et des Pisans 

Est-il ausi trop malement. 

Ales cele part esranment , 

Et nos les trouverons mangans. » 
19910 Lors manda li provos siergans; 

Armet se sont et vienent la. 

Li prouvos tot avant ala 

Et si rouva la porte ouvrir, 

Et l'ostes , ki les vit venir, 
19915 A dit : « Signor, quel le fer&, 

Vesci le provost , ja l'aures. » 
Li rois Ricars en pi& sailli , 

Moult durement s'en esbahi. 

Mais , par le consel de sa gent , 
19920 Lis le fu s'asist esranment , 

Si prist a toraer les capons , 

Tot ausement com uns gar$ons. 

Si vallait et si cevalier 

Atorn^rent Tautre mangier. 
19925 Tout ensi cascuns se couvri, 

Et li ostes la porte ouvri. 

Le provost laisa ens entrer, 

Si le rouva venir disner. 

« Non ferai , $'a dit le prouvos , 
19930 Mais dites-moi , je le voel, tos . 

Quel gent sont $aiens k ostel , 

Qui le disner atornent tel , 

Com s'il i &iist conte vroi ? 

Marc^ant n'ont pas tel conroi. » 
19935 — a Sire, dist li ostes esrant, 

19905 Despisans , meprisant , d&laigneux: serez traits suivant vos m^r ite». 
despiciens. 19951 Qaiens , c£ans. 

19906 Genevois, Gtaois. 19955 Froi, vrai. 
19915-17 Quel le fires ja Vaurez, vou» 19954 Conroi, train. 

Tom. II. 37 



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290 



CHRONIQUE 



II dieet qu'ii sont mare&nt , 
Ki de l'ott d'Acre s'en revienent. 
Mais moult ricement se contienent , 
Car il sont et rice et manant. » 

19940 Li ceraliers sailli avant, 

Ki les barius ot reconneus : 
« Proovos , dist-il , barius iteus 
Avoit li row Ricars eo I'ost. 
II est faiens, qu£r&4e tost. » 

19945 A tant li prouros a'avanca, 

« Siergant, fait-il, trails en ca, 
Prendes-les , quar il sont Englois. » 
Et quant $ou enteodi li rois , 
Moult s'enbronfa et asoupli , 

19950 Et dist que mal fiissent etnpli 
Li baril^ ne mand& li vins, 
Dout li chevaliers iert devins. 
Li prouvos et li ceyaliers 
Vinrent avant en demeQ tiers. 

19955 Li cevaliers vint la tout droit, 
U li nois les capons tornoit. 
I capiel de feutre li oste 
Fors de son cief , tot yoiant l'oste. 
Le roi a tost reooun^u. 

19960 « Prouroe, diat-il, je 1'ai reu, 
Le roi r&~l*-ci ou il siet, 
Or le preod& , quar il me siet. 
Moult sot , quant il se bestorna , 



19939 Manant, proprietaires a d emeu re fixe, 
et non pas courant le monde comme les marchauds 
d'alors qui allaient chercher eux-fn4mes la mar- 
chandise au lieu de la recevoir. 

19949 S'enbronca, secacha. 

19950-51 Et dit qu'avaieat ete aalheoreuse- 
ment remplis les barils et demandes les yim qui 
avaient exerce la penetration du ekevalier. 



19963 Bestorna, nous avons cite au pre- 
mier volume le Renard bestoume. Depuis M. 
Chabaille , dans son supplement au Renard 
publie par M. Meon, a donne un texte de 
ce petit poeme de Bmtebemf <kmt M. Achille 
Jubinal se propose de recueillir les ceuvres. 
M. Chabaille expliqse bestonme par double- 
men* change , metamorphose", pages mi, xiv 



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DE PHILIPPE MODSKES. 291 

Qui rois iert et capons torna. » 
19965 Et quant li rois $ou entendi , 

Sus est saillis , plus n atendi 

Et mist sa main k I coutiel 

Qu'il portoit, ameure moult biel. 

Desfendre se vot durement; 
19970 Mais li provos tot esranment 

Li a dit : « Si Dieux me saut , 

Nule desfense ne tos Taut ; 

Rendds-yous , car vous estes pris. » 

Et dist li rois : « Jou sui soupris , 
19975 Mais ja siergans avant ne viegne; 

Ki cevaliers est si me tiegne, 

Je me renc , que vaut li desrois ? 

Voirement sui Ricars li rois. » 
Li prouTOS atant l'avan$a ; 
19980 Li rois Ricars li fiancha, 

Prison et avoec aus s'en rah 

Et toute sa gens entresait : 

Ensi fu d&iute leur gille. 

En prison furent en la vile. 
19985 Tant que li dus sot la noviele, 

Qui moult li fu plaisans et biele. 

A la cit£ s'en yint esrant 

Et si a fait tout maintenant 

Le roi Ricart a grant atour 
19990 Mener en sa plus forte tour. 

Quar li rois de France li ot 

Proiiet , al plus k'il onques pot , 

Qu'il s'en vengast, s'onques pooit, 

Et il tout autre tel feroit. 

et 51-57. Nous reviendrons sur cette piece. Si /i • dit : « s« Dieu« me ««ut. 

19968 Ameure, armure, arme. 

19971 A ce ver* manque une syllabe. On peut 19980 Li fiancha , lui donna sa parole, 

lire : 19981 Pruon, prisonnier. 



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292 



CHRONIQUE 



L'crouereur Henri VI 
sr fait livrcr Richard. 



Lc roi de France ap- 
prend la captivity de 
Richard. 



19995 L'emper&res , quant il le sot , 

Viers le due fist eu quau qu'il pot. 
Tant qu'il li a le roi rendu 
Et il n'i a plus atendu. 
Ensierer l'a fait ricement. 

20000 S'el fist siervir moult noblement , 
Par volenti et par pourpens ; 
Mais li rois pa'ioit le despens. 

Noirviele vint al roi de France, 
Qui tot avoit mis en sofrance . 

20005 Que li rois Ricars estoit pris 
Et que li dus Favoit soupris. 
Garis estoit. s'en fu moult li&. 
A ses barons est consilli& , 
Et tout esranment si manda 

20010 L'empereour et coumanda , 

Comme signour et com k fr&re 
De son roiaume et de Tempore , 
Que bien gardast le roi Ricart , 
Le telon cuviert , le gagnart , 

20015 Qui l'avoit a Acre enpuisnie, 
Si que ne de mains ne de pte 
Ne li estoit ongles rem& , 
Et s'il auques i &rist mis , 
II i fust mors . u , tout sans falle , 

20020 Pris et trais a la batalle. 



19999 Ensierer; mademoiselle L'Heritier est 
auteur d'un ouvrage intitule La tour tenebreuse 
et let jours lumineux, contes Angloit accompa- 
gnez d'historiettes et tirez d'une ancienne chronique 
compose'e par Richard, sumomme Cceur-de-Lion, 
roy d' Angleterre j avec le ricit de diverses avan- 
tures de ce roy, Paris, 1705, in-12. Si ce livre 
doit 6tre range parmi les romans, les prelimi- 
naires offrent quelques details qui ne sont pas 
sans iutere't pour l'histoire de Richard et pour 



celle de la poesie romane. Le Richard en Pales- 
tine et surtout l'admirable legende d'lvanhoe 
par Walter Scott, ont fait connaitre aux moins 
instruits ce prince plus brillant que sage. 

20001 Pourpens, reflexion , consideration. 

20014 Repetition de v. 19806. 

20017 Voy. 19731 et 19756. 

20018 tie's, et s'il y &ait reste, s'il y avait 
fait un plus long sejour; met de manere ; com- 
pose rente's. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



293 



Quant lempereres Fentendi , 
Al mesage si respondi : 
« J'el garderai bien par mon cief , 
Mar i a fait al roi mescief . » 

20025 Atant pour cele mesproisson 
Li a fait doubler sa prisson. 
Puis avint qu'il le ranprosna , 
Pour ?ou que les capons torn a. 
Et li rois s&>it lis I fu : 

20030 Comment ses peres noiils fu 
Li demanda et mist avant , 
Et li reprouva , tous oiant , 
Qu'en I ruissiel d aigue petite 
Quil ot a soi bagnier eslite 

20035 Estoit noii&, voiantsa gent: 
Cele parole o'irent cent. 
L'empertres s'en aira 
Moult durement, et souspira , 
Poi failli k'il ne li fist honte; 

20040 Mais aquoissi^ Fen ont si conte. 
Briement apri& se racord&rent 
Et leur ramprosnes amendment. 
Et Femper&re a remand^ 
Au roi que il Fa bien gard^ 

20045 Et gardera a en avant , 

Pour 90U quil li ala gr^vant. 
Dont trest li rois de France lors 
Tout droit al castel de Gizors. 
Ghilebiers de Gascuel i fu, 



Propos amers de l'em- 
pereur et de Kicks rd. 



Le roi de France portc 
la guerre en Nor- 
mandie. 

Gilbert de Wascoil. 



20024 Mar, a la male heure. 

20027 Ranprosna, railla. 

20035 JVoiies, I'empereur Frederic I", sur- 
nomme Barbe-Rousse , pere de Henri V I , se bai- 
gnant dans la riviere de Salef, en Cilicie, s'y 
noya, le 10 juin 1190, a l'age de 69 ans. Voyez 
v. 20353. 



20040 Si conte , ses courtisans , comites. 

20041 Briement, bref. 

20042 Ramprosnes, railleries. 

20049 Ghilebiers de Gascuel, Gilbert de Was- 
coil , dont G. Le Breton dit : 

Septuaginta viros equites peditesque trecentos 
Gascolides secum Gilebertus habebat in arce, 



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CHRONIQUE 



Richard recoavre su li- 
berty, 4 fcvrier 1194. 



Forlcresse He Dangu. 



20050 Ki le castiel li a rendu; 

Et des castiaus de Normendie 
Prist moult li rois a cele fie. 

Li rob Ricars fist tant apri& , 
Comme visseus et moult epgri& , 

20055 K'il est issus de la prisson ; 

Mais il douna grant raen$on , 
C mile mars et plus asses. 
De la prisson fu moult lasses. 
D'Engletiere tout par navie 

20060 Fu sa raen$ons aravie, 

Et de besans et d'estrelins 
Et de mansois et d angevins . 
Qui li vinrent de Normendie, 
Et par haste et par enresdie. 

20065 Quant paiiet en ot comme sages 
Et del remanant mis ostages , 
Parmi Saissougne sen ala 
En Engletiere, et si passa 
En Normendie tout esrant ; 

20070 A Ruem cevauga main tenant. 
Quant de Gizors sot la noviele , 
Tous ses anuis li renoviele , 
Et moult li pesa de Dangut 
Que Francois orent abatut. 

20075 Lors si canta : « Dieux y si men duel , 
C'a fait Ghillebiers de Gascuel. » 



Qui prafectus erat et constabularius Hits, 

Hist. fr.,XVII. 159, B, C. 

20057 C mil mars, 850,000 marcs d'argent. 

20050-60 D'Engletiire.... aravie, envoyee, 
arrivee d'Angleterre. 

20061 Estrelins, dans le roman de Blondeau 
cite plus haut, on lit que * le rois Richard.... 
» estoit li plus riche home de Tost , et qui plus 
» avoit a despendre; car il avoit plus estellins 



» que li rois de France n'euist parisis. » 

20064 Par enresdie, par force. 

20067 Saissougne, Saxe. Le due de Saxe etait 
beau-frere de Richard. Voy. v. 20085. 

20075 Dangut, Roger de Hoveden, a Tan 
1197, s'exprime ainsi : Wilbblhus Csespin, con- 
stabularius de Dancu , vi compulsus , tradidit Ri- 
chardo , regi Anglias, casteUum de Dan eu . . . Hist. 
franc., XVII, 174, B, n. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



295 



Puis manda gent en Engletiere , 
Si deffia le roi de guierre , 
Et gadgnierent par couvent 

20080 Li 1 sour li autres sou vent. 
Li rois Ricars en dementiers 
Manda le conte de Poitiers , 
Othon., son neveu, le valiant. 
Si Ten fist aler maintenant 

20085 En Alemagne , son pais , 
Quar li empereres Henris , 
Estoit mors et al& a fin. 
Tant fist al conte Bauduin 
De Flandres, qui Hainnau tenoit 

20090 Et quens de II cont& estoit . 
Li rois Ricars , qua Ais ala 
Et le roi Othon couronna. 
Le vesques Jehans de Cambrai 
I fu avoeques. bien le sai , 

20095 Et li dus , ki moult sot de gille , 
De Louvaing , li douna sa fille. 
Li Alemant , ki furent savie , 
Le due Felippron de Soavie 
Recouronnerent contre lui, 

20100 Pour Othon faire plus d'anui. 
Car Temperere F&Uri* 
Et Femperere apri& Henris 
Fisent jurer , a lor vivant , 



Otlon, comte dc Poi- 
tiers. 



Moil de l'empereur 
Henri VI, 28 »ei>- 
tenibre 1196. 

Baudouin VI (IX) , 
•*omte do Hainaut et 
dc PJandre. 



Otlon IV. 



Henri III, due de Bra- 
bant. 



Philippe de Souabe. 



20083 Othon, Fan 1196, Richard, du cod- 
sentement d'Eleonore, sa mere, donna l'usufruit 
du duche d'Aquilaine avec le comte de Poitiers 
a son neveu Otton de Brunswick , troisieme fils 
de Henri-le-Lion , due de Saxe , et de Mathilde, 
scaur de Richard. 

20095 Jehans de Cambrai , Jean, surnomme' de 
Bethune. J . LeCarpentier, Hist, de Cambray, etc, , 
1 , 373377. 



20096 Fille, Marie, fille de Henri 111 (IV), 
dit le D£bonnaire , due de Brabant , dont le tes- 
tament est si celebre. 

20097-98 Savie , Soavie , lisez pour la mesure 
Save, Soave ; Felippron de Soavie, Philippe de 
Souabe , cinquieme fils de Tempereur Frede- 
ric I er . 

20101 Federis, Frederic I". 

20102 Henris, Henri VI. 



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296 CHRONIQUE 

Par devise et par couvenant 
20105 De l'apostole, a ses barons, 

Dont les cartres ot et les nons, 
Qua tous jors mais , apri& sa mort , 
Par boine pais et par acort , 
Iroit I'empire , sans fallance . 
20110 D'oir en oir, ausi com en France; 
Quar ausi siout aler I'empires , 
Ki par lor tences estoit pires ; 
Quar plusiour s'i&rent arrami 
De couronner aucun ami , 
20115 Quant l'emper&re ert defies: 
Maint princes en iert envi&. 
Par quoi Temper^res Henris 
D'el ratraire fu atenris , 
Et tout pour icel sairement , 

AnllS8 20120 Si couronn&rent voirement , 

Al droit oir wis, li Alemant 
Le due de Soave, en eel an, 
Ki parens estoit a l'enfant , 
Ki n'avoit pas &ge grant , 
20125 Le fil l'emperfour Henri, 

L'enfant de Pulle , que nori 

„....„ . c . Avoient si home en Sesile, 

Frederic II , roi de Si- n 

die, depuis empe- ^ Palieme , sa rice vile. 

Mors iert et sevelis ses p£re , 
20130 Et I'enfts, pour avoir l'empere, 
Ot les saiaus et tous les bri& , 
Que ses pferes li ot laissi& 



20106 Cartres, chartres, engagemens par 20121 Wes , oes, au profit du droit h^ri- 

ecrit. tier. 

20111 Siout , eut coutume. 20123 Parens, oncle. Philippe de Souabe 

20113 Arrami , engages. Itaitle cinquieme fils de Pempereur Frederic l er , 

20118 Fut porte* a cootinuer I'empire dans sa Barbe-Rousse , pere de Henri VI. 

famille. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 297 

De I'apostole et des marcis , 

Et des barons plus enforcis, 
20135 Ki jur^ ayoient pour voir 

L'empire atraire d'oir en oir. 

Or vous dirai-je l'aventure , pourouoi Vemywe <**- 

Si com 1 estore m asseurre , 

Par quoi lasseuranche empire , 
20140 Dont li oir perdirent l'empire. 

Uns empereres moult proissi& 

S'en fu jadis al& croissi& 

En la tiere de Bethleem , 

Pour vissiter Jherusalem. 
20145 Sa feme ert morte an$ois II ans , 

Mais il en ot II biaus enfans . 

Danselons de petit iage , 

Qui moult erent de grant linage. 

Li arcevesqes de Ravenne 
20150 Et l'arcevesqes de Maience 

ferent si oncle par la m&re. 

Al jor qu'aler s'en diut lor p&re , > 

I rice frere a conte avoit , 

Mais trop fel et crueus estoit ; 
20155 Ans II li carga ses enfans , 

Et de l'empire fu tenans 

Comme bailies; lors s'en ala , 

Mais an$ois qu'il parvenist la . 

Fu mors , et la noviele en vint 
20160 Al conte qui l'empire tint. 

Les II enfans , sans nul ator, 

20157 Or vous dtrai-je Cette narration, 201 53 A conte, qui avait la dignite de comte. 

dontle fonds et lea details sont attendrissans , est 20155 Ans, avant de partir il le chargea de 

une legende fabuleuse; aussi l'auteur n'y attache- aes deux enfans. 

t-il pas de noma propres , quoique dansd'autres 20157 Bailies, tuteur, mot gr^cise sous Tem- 

occaaiona analogues , il ne s'en faase pas faute. pire latin de Constantinople , Mrd't'Xas ; s'en alia , ■ 

20147 Danselons, damoiseaux. c'est-a-dire l'empereur. 

20149-50 Ravenne et Maience, mauvai&erime. 20161 Sans nul ator (la rime demanderait 

Tom. II. 38 



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298 



CHRONIQUE 



Mist en prison en une tour, 
En I eepiel cascun dun pte , 
Quar l'empire ayoit convoitte. 

20165 Petit a boire el k mangier 

Lor fist douner, et , par dangier, 
Tous les castiaus et les cit& 
Saissi , les bors et fermet& , 
Et tous les princes k soi trest , 

20170 Pour l'avoir grant dont il les pest. 
Un jour li enfant moult plor&rent 
En cele prisson , u il ircnt , 
Quar li carteriers leur genhi 
Que tous jors seroient ensi. 

20175 Li uns a 1'autre se plagnoit 
De la m&aisse ou il estoit. 
Li mainsn& a dit al grignour : 
« Fr6re , vous perd& yostre ounour, 
Quar me laissi& mon pie treneier 

20180 Et jus de la tour trebucier, 

Je men traise, s'onques je puis. 
Nos oncles dirai , si g'es truis, 
Que nos oncles , de par mon p&re 
Qui de l'empire est command&re , 

20185 Nos fait en sa prisson morir 
De faim , et de laste pourir. » 



atour) , franchement; sans balancer, ouverte- 
raent. 

20163 Cepiel, entraves, chaines, fers. Le 
eepiel ou cep , en flamand stock, £tait propre- 
ment un instrument en bois , consistant en deux 
planches echancrees de maniere a recevoir les 
pieds et les mains des prisonniers , et dans les- 
quelles on les assujettissait. Warnkoenig , Hist, 
de la Flandre, II , 161 , note 1. 

20169 A soi trest , attira a soi, entraina dans 
son parti. 



20170 Pest, repait, rassasie. 

20173 Carteriers, geolier; genhi ou gehi, 
declara. 

20179 Quar melaissies, laissez-moi plut6t; 
quar a ici le sens de en consequence ; mon pie' 
treneier, en l'arraohant du cepiel. 

20181 Je m'en traise, que je m'en tire j s'on- 
ques je puis , si je puis. 

20184 Commandere, qui a Tempire en com- 
mandite. 

20186 Laste, incommodite. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 299 

— « Non feras , ce dist H ainsn& , 
Jou sui graindres et plus sen&, 
Balle-moi qk ton coutelait 

20190 Et mon talon trencier me lait. » 

Cil li a tolu maintenant 

Le kanivet nuef et tren$ant , 

Viers son talon est aproci& , 

Ja fust a gr^yance trenci&. 
20195 Quant li frire est avant lanci& , 

Moult durement s'est coureci£s ; 

Le kaniyet li tolt des mains : 

« Fr&re, fait-il, $ou est del mains, 

Jou sui mainsn^s de vous et pire , 
20200 Et si devri& avoir l'empire ; 

Se jou sui mors ne afol^s , 

Ne m'en caille, car mious rates. » 

— « Non fer&, fr6re. » — c< Si ferai, 
Dist li mainsn&, bien m'en irai. » 

20205 Par mi ibis, j'el sai de fi, 

Tolirent le coutiel ensi, 

Tant qu'en la fin dist li mainsn& : 

cc Mes talons est menr& ass& 

Del vostre et mains me gr^vera , 
20210 Ce saci^s. quant trenci& sera. » 

Atant a le coutiel saissi , 

Tant en tren?a que fors issi; 

Mais de sane en est tant issu 

Que li enfe$ons pasm& fu , 
20215 Et li freres mena tel duel, 

Qu'il fust maintenant mors son voel. 

20188 Graindres(grandior), plus grand. 20202 Ne m'en caille, ilnem'enchaut. 

20189 Balle-moi, baille-moi ; coutelait , petit 20208 Menre's, diminui, coupe, 
couteau, coutelet, 20214 Enfecons, jeune homme, adolescent. 

20190 Lait, laisse. 20216 Son voel, si sa volonte* avait ete exau- 
20197 Kanivet, d'ou canif. cee. 



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300 CHRONIQUE 

Entries que li enfes pasma, 

Sor lui cai , tant le baissa , 

Et li enfes est revenus, 
20220 Pour le duel sod frere est teus. 

Ja ert la nuit auqes al^e , 

Et l'enf& , ki al fuir hie , 

A son fr&re , tout en baisant , 

A congiet pris de main tenant. 
20225 Ouvierte avoit une feniestre. 

Devant aus , en la tor . k dies t re, 

Et li enfecons tout clo$ant 

Vint a la feniestre aprcxjant, 

Al mious qu'il pot est months sus , 
20230 Outre se laissa caoir jus; 

Si fu moult durement bl&i& 

fis bras , es gambes et es pi& , 

Et toutes voies , par effors , 

Del grant foss^ s'en issi fore. 
20235 Venus s'en est ci& le proYoire , 

De son iestre li dist la voire , 

Et li prouvoires de pitte 

N'a l'afaire plus respite. 

Sor son palefroi mist l'enfant , 
20240 A tout s'en ala maintenant , 

A I'arceveske l'enmena , 

Jusqu'a Maience ne fina. 
L'arceveskes en fu joians , 

Et, d'autre part, refu dolans 
20245 De li ki afol& estoit, 

Et de I'autre , ki remanoit. 

Li carteriers k lendemain 

90217 Entrue's, pendant, tandis. 20235 Provoire, pretre. 

20220 Est teus ou plutdt s'est teus, s'est tu pour 20236 Lui dit sa veritable situation . 

ne pas augmenter la douleur (duel) de son frere. 20238 Respitie, retarde. 

20222 Al fuir bee, aspire a fuir. 20242 Et ne s'arreU qu'a Mayence. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 301 

Se fu lev& al jor bien main; 

En la tour as enfans ala , 
20250 L'ainsn^ fr&re plorant trova 

Pour son fr&re, k'il quidoit mort, 

Quant il Pol kair si fort. 

Tant ot plor^, malades fu. 

Et quant sa garde Pa v&i 
20255 Demanda li qu'iert devenus 

Ses fr&res , et cil s'est t&js. 

Signe li fist de sa main diestre , 

Qu'issus en iert par la feniestre. 

Lors fu li vallais coureci&, 
20260 Et adol& et esmaii&. 

Partout ala querre Penfant, 

Et quant n'el pot trover esrant , 

S'en est f uiois , tout pour le conte , 

Qu'il n'el fesist mourir i honte. 
20265 Moult fu Parceyesques dolans 

De ses neveus, les II enfans. 

Car cil qu'on li ot amenl 

N'ot onques puis jor de sant£ : 

Al cief de quinsainne moru. 
20270 Ses oncles moult dolans en fu , 

Trestout son pooir asanbla 

Et par tout Pempire manda 

Les barons , si leur a contl 

Comment li quens avoit ouvr^ 
20275 Des II enfans Pemper&>ur, 

Dont il devoit garde r Pounour. 

Quant li baron la vert£ sorent , 

A quan que de gent avoir porent , 

S'en al&rent a la tour, droit 
20280 U Penf£s en prisson estoit. 

20260 Adole$ f afflige. quinze jours. 

20269 Al cief de quimainne, an boot de 20274 Outre, fait. 



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302 CHRONIQUE 

Si leur ont te castiel rendu , 

Mais li autres enfts i fu 

Mors trouT^s^ el cepiel gisant. 

S'en furent li parent dotant , 
20285 Et li marcb et li baron 

De tout le pais environ 

Sour le conte s'en sont ale , 

Tout too pais li ont gastl. 

Mais il Tint contre ans a grant gent , 
20290 Qu'assfc avoit or et argent. 

Moult asprement se combatirent 

Mais li baron tow les venquirent , 

Et li quens i fa pris et mors 

Et desconfis tons ses effiors. 
20295 Edm com tous av& ou 

Si furent li droit our perdu , 

Et de par p&re et de par m&re, 

Ki d&issent avoir I empire. 

Dont s'acordirent li baron 
20300 A faire par eslection 

Emper&xur d'aiicua bant homme ; 

S'el fesist-on aacrer k Rom me. 

Qu'on ot tant parte de cascun 

Que , par le grant consel oommun , 
20305 Sour XII prendomes par non 

Ont assise l'esleetion, 

Et cil ont ensi dis leur dis : 

Qu'avant Font mise sour aus VI. 

Et li VI font mise sour trois , 
20310 Par lafaire qui fa destfois. 

20290 Qu'u$s<fs, attendu qu'assez De <*ev*ierset d >l^ g"»- 

qaqo>c vjr a. • i. i. Roman de Rou , II, 185. 

zU2U4 hfforSyCe mot, qui revient souvent , 
est clairement explique dans ce passage de € ^ Frff ce 80nt ^ forces dont on peut dispo- 
Rob. Wace : 8er# 

Grans etforz mena od «on frere 20310 DestfOlS , difficile , eptneuse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 303 

Et li troi douterent l'estri. 

S'apielerent du Fl&teri , Frederic B«rbc-Rou^. 

Qui n'iert fel , crueus ne estous , 

Parmi le sairement de tous , 
20315 Qu'a sod acort s'acorderoient. 

Vo'iant tous $aus qui la estoient , 

Li ont la couronne doun& 

Pour 90U qu'ele soil d61br6e 

A son plaisir , sans rien de grief. 
20320 Et il l'a pos& en son cief , 

Si leur a dk : « Voii& , signor, 

Et je me fas emperfour , 

Et si tous di que, sans faintisse, 

Al mkms que j'onqes sai , l'ai mise; 
20325 Et Dieux mi laist a bien durer. » 

Lues se fist tous ass^urer 

Et prist a Roume ses conrois, 

Si k'il fu emper&re et rois , 

Don! je vos conterai bri&nent. 
20330 Asanbte furent voirement 

Si com il faissoient adids , 

Quant l'empcre iert adr&i&. 

Puis fu-il noi&s sans reriet s. mon, 1190. 

En I moult trea-petit ruisiel , 
20335 U il se bagnoit pour le caut : 

Ensi le vot Dieux, qui n'en caut. 

Mais pour lui c'on tint a gentil 

Fisent emper&mr del fil. 

Henris ot non , et fu preudom Henri iv. 

20340 Del commencement jusqu'a som. 

Tr6s donques ala-il ensi 

20511 Douterent, redouterent la difficult*?. 20525 Laist, hisse. 

20512 Du Fledt'ri, le due Frederic, fils de 20552 AM fries, en regie , dans son etat nor- 
Frederie, due de Souabe, empereur tout le mal , comme on dit aujourd'hui. 

nom de Frederic !•'. 20555 ATottfr, voy. v. 20055. 



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304 



CHRONIQUE 



Frederic II ,1198. 



Otton IV. 



Guerre de Baadouin IX, 
comledeFlaodre, con- 
tre lc roi de France. 



Philippe I, marquis de 
Ntmur. 



Jusqu'a Femperfour Henri , 

Ki peres fu l'enfant de Pulle , 

Ki par son sens , non par sa trulle , 

20345 Fist les barons assurer , 
K'il feroient l'empire aler 
D'oir en oir, si com il siout faire. 
Or fu venut a eel afaire , 
Car li enfts et ses consaus 

20350 Orent les bri& et les saiaus 

Parquoi il kalengoit l'empire , 
Si com vous av& 6i dire. 

En Pulle soujornoit tous cois, 
Si navoit pas tot a son cois , 

20355 Car moult haoit le roi Othon , 
Ki li gr^voit, ce disoit-on. 
Dont aviunt que li landegraye 
Ocist le boin due de Soave. 
Si fu la tierre en grant estrif , 

20360 Pour chou que l'enfant sorent yif . 
Li quens Bauduins pour sa tierre 
Si refist donques au roi guierre. 
Phelippre de France moult fort 
Tornai raiienst , et puis a tort 

20365 Arie et Saint Omer li toli, 
Devant Arras si&ghe basti ; 
La fu pris li quens de Namur , 
Felippres, con tint a s&ir. 
Li quens d'Arras s'en d^parti 



20551 Kalengoit, reclamait. 
20355 Cois , choix. 

20355 Othon , Otton , comte de Poitou , deja 
mentionne, elu roi des Romains en 1198. 
20357 Landegrave, Otton de Wittelsbach. 

20364 Raiienst, reprit, proprement, racheta. 

20365 Arie, la mesure exige Aire. 

20366 Sieghe basti, mitle siege. 



20368 Felippres, Philippe-le-Noble , second 
fils de Baudouin V (VIII), comte de Hainaut et 
de Flan d re. 

20369 C'est ici le commencement de l'extrait 
de Du Cange et de M. Buchon. Remarquons ce- 
pendant que Du Cange ajoute au commencement 
quelques vers du debut de la Ghronique. Li 
quens d'Arras, Baudouin IX, comte de Flan- 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



305 



20370 Et puis ail roi s'acorda , si 

Qu'apri& s'en ala outre mer , 
Pour lamende mieuls affermer. 
Et s'avoit estet moult proissi&. 
Si s'en ala comme croisi^s. 

20375 Sa feme apri& lui s'en ala , 

Ki moult tr&s-durement lama. 
A Acre moru de malage , 
Coume Dame loiaus et sage; 
Et li quens , ki mout fu sen^s , 

20380 Eu Venisse s'est chemin^s. 

Ses fibres, li quens de Namur , 
L'ot fet de bailie s&ir. 
Ses deux filles ot a gairder 
Et la tiere pour a mender. 

20385 Et li quens et tous ses barn& 
S'en fu droit a Gadres al&, 
U li dus de Venise Tot 
Menet, car el faire n'en pot. 
D'aus se yengha la yile prist , 

20390 Pour ?ou que lor sire li fist 
Les ious asorbir el cief : 
Or leur retorna a mescief , 
Car trestout son plaissir en fist. 
La yint al conte , si c'on dist , 



Mort de &a femme Ma- 
rie de Champagne , 
29 tout 1204. 



Philippe I , marquis de 
Namur. 



Prise de Zara par les 
croises. 



dre, s'ltant ligue* avec Richard d'Angleterre , 
s'empara, comme on Fa vu, des villes d'Aire et 
de S t .-Omer 9 mais il echoua devant Arras. 

20570 S'acorda , a Peronne , au mois de fe- 
vrier 1200. 

20375 Sa feme, Marie, fille de Henri- le- 
Liberal , comte de Champagne. 

20385 Li quens , le comte de Flandre. 

20386 Gadres, Zara , en Esclavonie , ville torn- 
bee au pouvoir des Hongrois et que les Francs 
prirent d'assaut, pour les Venitiens; Yille- 
hardoin l'appelle Jodres. Edition publiee par 

Tom. II. 



M. A. Buchon , p. 27 et passim. Sur cette ville , 
voirWilken, Gesch. der Kreuzzuege, V, 144, 
167,168,171,175-192. 

20387 Li dus de Venise, le doge Henri Dan- 
dolo. 

20390 Lor sire lifist, Du Gange cite les vers 
20385-92 sur Villehardoin , observ. p. 271. Le 
doge avait eu les yeux brules a Zara. 

20591 Ce vers est trop court d'une syllabe. 
Asorbir, bruler, crever. 

20394 La vini, Villehardoin, p. 45, et la 
Chronique de Romanie , citee ci-dessus , disent 

39 



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306 



CHRONIQUE 



Alexis III et Alexis IV, 
empereurs de Cons- 
tantinople. 



Uistoire de ce dernier 
prince. 



20395 Uns danziaus ki jovines estoit , 
A qui toute Grease appendoit : 
Par son oncle iert desiret& 
Et de castiaus et de cites. 

Alexis ot non, moult fu biaus; 

20400 Bien ensigni& iert li dansiaus, 
Uns ab& l'avoit des enfance 
Nourit a moult grant hounourance , 
Car ses oncles , pour desvoiier , 
L'avoit commands a noiier 

20405 A II cevaliers , ki plorant 
Orent piti^ de tel enfant. 
Si l'orent cargte a l'ab£, 
Ki ne l'avoit mie gaM ; 
Ains le garda et tant li fist 

20410 Qu'a l'apostolie le tramist, 
Et si fu moult bien endit& 
Comment il iert d&iret&. 
L'apostoles en ot pit6 , 
Son afaire li a dit£ , 

20415 Tout droit a Gadres l'envola 

Al conte, u moult bien Favoia. 
Conte li a tot son afaire , 
Et li quens {qui) bien li volt faire 
Li fist jurer le sairement 

20420 K'il en iroit tot voirement 

A quan qu il poroit outre mer 
Avoec lui , s'il puet recouvrer 



aussi qu*Alexis, fib d'lsaac FAnge, depouille 
par son oncle Alexis III , vint trouver les croises 
a Zara. 

*£x rd aXXc fiiptx; iaoaev AXi%io$ 6 Barif ?i#. 

20595 Danziaus , damoiseau. 

20405 Pour desvoiier, pour le perdre. 



20408 Gabe , trompe , decu. 

20410 L'apostolie, la mesure demande qu'on 
lise Yapostole. 

20411 Endites, expose. 

20414 Dite, dicte; son afaire, la condnite 
qu'il avait a tenir. 

20416 Avoxa, clirigea , adressa, envoy a. 
20418 Vers trop court sans le qui. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



307 



Sa ti&re , et tant faire li sache 
Que couronne porter li face. 

20425 Alexis jura voirement 
Trestot ensi le sairement, 
Et li quens fist lues atorner 
Sa gent et cele part aler , 
Car il avoit corapagne noble. 

20430 Si fist tant qu'en Coustantinoble 
Fu cil Alexis couronn& , 
Mais il fu lues enyenim^s. 
Si fisent de Morcuf li Griu 
Leur empereour en eel liu. 

20435 Et quant li quens Bauduins sot 
Con Alexi ensi mort ot 
Par deslo'iaut^ et par gille , 
Si reprist k force la vile. 

Mais anchois i eut grant asaut . 

20440 Car li mur i&rent fort et haut. 
Par deviers la mer furent pris 
Et desbarete et soupris. 

La fu le vesques de Soissons , 
S'en fist k Dieu moult d'orissons , 

20445 Et si estoit li quens Tiebaus, 

Ki moult estoit vaillans et baus., 
Et Jakes , li fius Jakemon , 
Celui d'^vesnes , le baron ; 



Murzuplxle 



Mort d' Alexi j IV, 1204. 



Prise de Constantino- 
ple, 12 «vril 1204. 



Nom* de plusieurt cro i- 
ses de distinction. 



20453 Morcuf, Alexis Ducas , surnomme Mur- 
zuphle , a cause de l'epaisseur de ses sour- 
cils. 

20434 En eel liu , a la place d'AIexis IV. 

20436 Mort 7 assassine. Ay ant essaye d'empoi- 
sooner Alexis, sans pouvoir y reussir, Mur- 
zuphle l'&rangla le 8 fevrier 1204. Cet infortune' 
n'avait regn£ que six mois et huit jours. 

20443 Le vesques de Soissons, Novel on, fils 
de Gerard de Cherizy , elu eveque de Soissons , 
en 1176, et archevdque de Thessalonique ; 



apres la prise de Constantinople. 

20445 Li quens Tiebaus, ThibautHI, comte 
de Champagne, nomine 1 chef de la croisade, 
tomba malade ayant de partir et mourut le 24 
mai 1200 , par consequent long-temps ayant la 
prise de Constantinople. 

20447 Jakes , fils de ce Jacques , dont l'e'loge 
est consigne plus haut. II demeura quelque 
temps en Grece et accompagna Raban delle 
Carceri, noble veronals, dans la conqu£te de 
llle de Negrepont. 



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308 



CHRONIQUE 



Conon de Bethune , le 
trouv^rc. 



Baudouin empereur, 17 
rami 1204. 



Ile»t mil * mort. 



Si fti Pteres de Br&cuel, 
20450 Ki moult i fu de grant aquel ; 
Si fu Quennes de la Bietune , 
Si ot moult d'autre gent coumune. 
Lors fu des barons et del fr6re 
Li boins quens fais lues emperere. 
20455 Si conquist la tiere environ , 
Puis ftirent o lui si baron 
En un estour , et fu soupris 
Des Coumains et a force pris. 
Et si ot moult des barons mors , 
20460 Dont moult fu grans li desconfors. 
Ensi li Blak et li Coumain 
En lor prison et en lor main 
Orent le conte Bauduin , 
Et s'i l'ocisent en la fin. 



20449 Pieres de Bre'ecuel,ce nom a ele" altere 
de plusieurs ma meres. On le trouve successive- 
ment ecrit Braietuel, Braieluel, Brae el, Braciel, 
Brackiel, Brachuel, Braiequelel Brenoncel. Dom 
Brial croit y reconnaitre les seigneurs de Bre- 
teuil. Du Cange,parmi ses notes manuscrites , 
retrouve dans ce nom celui de Bracy. Nicetas 
appelle ce person nage Petros de Plant zis et 
Petros de Pratzis. Villehardoin , ed. de M. A. 
Buchon, p. 6, note 8. Ce croise* doit &tre celui 
que Fempereur Henri de Hainaut, dans une 
lettre inseree au Thesaurus Anecd., de Martenne 
et Durand , 1 , 821 , cite parmi les principauz 
chevaliers , en ces termes : Dominum scilicet 
Pet rum de Bruccello , ce que M. Petit Radel 
traduit par Pierre de Bruxelles, quoique le nom 
de cette ville ne se soil jamais ecrit Bruccellum 
et qu'un beige surtout n'ait pu adopter cette or- 
thographe j mais peut-Atre faut-il lire Bruccella. 

20450 Aquel 9 accueil, consideration. 

20451 Quennes de la Bietune , Conon de Be- 
thune, fils de Robert et d'Alix de S'.-Paul, 
frere puin£ de Guillaume-le-Boux , seigneur de 



B£thuneetavou6d' Arras (non pas avocat, comme 
ledit la Biographie universelle, t. LXI, p. 285, 
dans Particle Coroic ou Queues, qui estun double 
emploi, puisqu'on avait deja consacre un article 
a ce personnage, t. LVUI, p. 203). M. Paulin 
Paris, dans son Bomancero (Paris, 1835, pages 
77-110), a insert neuf chansons tres-remarqua- 
bles sous le nom de ce trouvere , avec une notice 
sur sa vie et des remarques piquantes. 

20458 Coumains, selon Du Cangeles Cumans 
habitaient sur les bords et a l'embouchure du 
Danube , dans la Moldavie , apres elre descendus 
du Caucase. Suivanl d'autres, le nom de Cuma- 
nie comprend tout le pays arrose par le Don , le 
Volga, le Nieper et les lacs, e'est-a-dire la 
Moscovie. Les Cumans , suivant Thwrocs , dans 
sa Chronique hongroise , n'embrasserent le chris- 
tianisme que vers Tan 1380 , a la persuasion de 
Louis , roi de Hongrie. A. Buchon, Chronique 
de Bomanie, p. 77, n. 6. 

20461 Blak, Vlaques; Buchon, ibid., p. 116. 

20464 L'ocisent, la mort de Baudouin est ici 
attestee comme elle Test par les historiens les 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



309 



20465 Mais des barons fu lues ses frires . 
Henris d'Angho , fais emperere. 
Cil ne fu mie a cuer faiilans , 
Ains fu moult preudom et vallans. 
En Flandres vinrent les novieles , 

20470 Ki leur furent laides, (et) non bteles. 
Veskes Estievenes de Tournai 
Moru kdonques , bien le sai. 
Gossuins fu veskes nommes , 
De la Flamengerie n&. 

20475 Rois Felippes en France estoit, 
Ki sa feme en prison tenoit , 
Et, pour $ou qu'ensi ne remagne, 
S'ot-il mandee en Alemagne 
La serour al due de Soave , 

20480 Con tenoit a biele et a save. 
Si l'espousa , si com il pot , 
lcele dame moult ciire ot. 
I fil en ot , sot non Felippes , 
Cil fu vallans sages et vistes. 

20485 Li rois , ki son preu ne forlogne , 
La damoisiele de Boulogne 
La fille al preu conte Renaut, 



Henri de Valenciennes 
erapercur As mns- 
tantinople , 20 aout 
1206. 



Etienne et Gossuin , 
eveques de Tournai. 



I'hilippc-Auguitc , roi 
de France. 



plus dignes de foi. Foy. Fin trod, du second vol. 
20466 Henris d'Angho, Henri , frere de Bau- 
douio, ne* a Valenciennes, en 1174. II avait eu 
d'abord pour apanage , le village d'Angre , dans 
le Hainaut. Nous avons deja fait 1'observation 
que ce nom a trompe quantite d'historiens, qui 
nomment ce prince d'Anjou , d'Ango ou d'An- 
gho. VArt de verifier les dates fait n ait re ce 
prince en 1174 , mais M. Petit Radel a prouve 
que ce devait Sire en 1177. M. le marquis de 
Fortia qui avait premierement suivi les savans 
benedictins , s'est rendu ensuite k l'autorite de 
son docte confrere a l'academie. Annates de 
Hainaut, XYlll,n,Wi. 



20470 Dans l'extrait de Du Gange et de la 
collection de M. Buchon, apres ce vers on en a 
omis 2400 autres. 

20471 Estievenes, Etienne, abbe de S te -Gene- 
vieve, eveque de Tournai , depuis 1195. Toy. 
notre premier volume, p. 540. 

20475 Gossuins , eveque en 1205. T. I, ibid. 

20479 La serour, Agnes de Meranie , fille de 
Berthold IV. 

20485 Felippes, Philippe , dit Hurepel, comte 
de Boulogne. 

20485 Preu, avantage , interdt. 

20487 La fille, Mahaut, fille de Renaud de 
Dammar tin , comte de Boulogne. 



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310 CHRONIQUE 

Li fist prendre, comment qu'il aut. 

Et de cele dame autresi 
20490 Ot li rois une fille ensi, 

Qui moult fu vallans et sen& , 

Et fu ricement mariee. 

Felippres, li quens de INamur, 

Con tiunt a sage et a seur , 
20495 Li fr&re al conte Bauduin 

Qui toute Gresse mist a fin , 

A Valenciennes l'espousa. 

Et dont ses II niegains livra 

En la garde le roi de France. 
20500 A pries, sans longe demorance, 
Mon tie Philippe, comte Cil quens de Namur si moru. 

de Namur, 8 octobre * 

1212. Sa feme, qui moult jovfene fu, 

Del roi son pere, sans desdaing, 
uenri i, doc de Bra- Fu donnee al due de Lou vain g. 

Guerre e^Nornandie. 20505 Que li Normarit ^ que li Francois 

Se furent moult gr£v£ an$ois, 

Li rois de France ot pris Evreus, 

Gent i mist , mais je ne sai qeus , 

Et li vesques par traisson 
20510 Le roi Ricart en sa maisson 

Reciut, par le mur de la vile, 

A grant gent arm£e , par gille. 

« Trai , trai , » se sont escrte , 

Si ont par tout le fu bouti , 
20515 Et li Fran?ois furent soupris : 

Si les ont tous et mors et pris. 

Ensi Ricars , par tr^cerie , 

20488 Aut } ose. 20504 Due de Louvaing, Henri I", due de 

20490 Une fille, Marie. Brabant. 

20493 Felippres, Philippe I OT , dit le Noble, 20517 Tre'cerie. Le dit de Richaut , p. 38 du 
marquis de Namur. t. I , du nouveau recueil de fabliaux de Meon : 

20494 Tiunt f tint. Totes (fames) serent de triecherie 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



311 



Ot sa citet rega^gaie. 

En prison mist les cevaliers , 

20520 Mais tous les autres sodoiers , 
Et bas et haus , sages et fos , 
Fist enfouir jusques as cos ; 
Gaires n'en demorerent vif . 
Puis i ot grant guerre et estrif , 

20525 Quariaus fisent faire a M. forges , 
Dont on pergoit et cors et gorges . 
Et gast&rent et bl& et orges. 
Li quens de Pontiu iert serorges 
Le roi de France , s'iert od lui 

20530 La guerre fist maint ome anui. 
Si com girfaus et li ostoirs 
Sont plus gentil que li woltoirs, 
Si doivent Francois tousjors iestre 
Et plus gentil et plus honniestre, 

20535 Et cler com paons u limoges. 
Puis avint-il que a Limoges 
Asist rois Ricars un castiel , 
Et la fu-il trais dun quariel, 
En l'espaulle, dont il moru. 



Barbaric tie Richard. 



Mori du roi Richard, 
26 mai 1199. 



Communaumcnt , 
Mais ce fa par 1'enseignement 
Richaut , qui fu moult longuemen* 

Par tot le monde : 
Bien les aprist a la r^onde. 

20522 As cos, au cou. 

20528 Serorges, beau-frere. Guillaume III , 
comte dePonthieu, £pousa Alix, soeur du roi 
Philippe-Auguste , laquelle avait £t£ accordee , 
en 1174, a Richard, roi d'Angleterre. 

20555 Cler, brillans , resplendissans ; paons, 
ce mot etait alors de deux syllabes et ne se pro- 
noncait point /win, comme aujourd'hui. 

20556 Limoges, nous ne connaissons pas cette 
sorte d'oiseaux. L'auteur de la Semaine, Du 
Bartaa , si vante par Goethe et d'autres ecrivains 



allemands , passe ainsi en revue les oiseaux de 
proie : 

Le ravissant etcooffle , k qui la queue sen 
De gouvernail fidele, et le faucon expert 
A battre la perdrix , peu toigneux de leurs proies 
Suivent 1 'unique oiseau (le phdntr) par les celestes voies , 
Avec le tiercelet, le lanier, le vautour, 
Le sacre et 1'eperTier, qui de maiot souple tour 
Caressentle phenix, et voguant pres des nues. 
Yoient en peu de temps cent marches inconnues. 
Cinquieme jour. 

20537 Asist, assiegea ; un castiel, le chateau 
de Ghalus , pres de Limoges. 

20558 Quariel, carreau , trait d'arbalete. On 
a re ten u le nom de l'arbal&rier : il s*appelait 
Gordon. 



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312 CHRONIQUE 

20540 A Frontevralt enfouois fu, 

Jouste le roi Henri , son pere. 

Prophetic de Merlin. J^ £ Ruem gut Henrfs , 8CS frftre. 

Del roi Ricart fu a\iv4 

Cou que Mierlins ot esp6r^ , 
20545 Qua Limoges seroit li frains 

Fais et forgies tous premerains . 

front li tirans ki s'i tiroit 

D'Engleti&re, afrinis seroit. 

Li tirans fu Ricars , li rois , 
20550 Qui plains estoit de grans desrois, 

Et li quariaus dont il fu trais 

Et a la mort mis et atrais, 

(k>u fu li frains ki l'afr^na, 

Si que de rien plus n'i tira. 
20555 Mais ce ne doit-on pas c&er 

Que soldoier et baceler , 

A qui il dounoit les grans dons 

Pour guerroiier dus et barons, 

N'en demenasent trop grant duel , 
20560 Se v&rit£ dire vous voel. 

Dont fu asambl& li barn& 
ima 7SSS^. roi Et quens Jehans fu couronn& , 

Ses fr£re, c'on clamoit Sans-Tifere. 

Si recommen^a lues la gierre 
20565 Sour le roi Felipre de France , 

Et tant que , par boine acordance , 

La fille au roi petit d'Espagne , 

Qui de sa serour iert giermainne, 

Blan$ain a Lo^ys douna , 

20542 Gut , git. 20569 Blanfoin, Blanche, fille d'Alphonse IX , 

20547 S'i tiroit, s'y portait. roi de Castille. Eleonore, sceur de Jean-sans- 

20548 Afrene$, refrene. Terre , avait epouse Alphonse VIII, roi de 
20567-68 Espagne et giermainne, rime in- Castille. 

complete. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 313 

20570 Fil le roi Felipe, et fi<fra 

De boine tiere et bien s&nt. 

Acord£ furent par itant , 

Et le fil au conte Jofroi 

De Bretagne, sans nul desroi, Arthur de Breugne. 

20575 Pour $ou qu'il ert fius de son frere, 

Et que mors iert pi&a ses pere , 

Li a tramis pour ensignier 

Avoec son fil , k'il ot moult cier. 
Artus ot non li damoisiaus. 
20580 Rouses estoit, mais moult fu biaus, 

Et moult estoit bien ensigni& , 

Simples, courtois et afeiti&, 

De grant amour s'iert ob&s 

Al joT^ne signour Lo^ys. 
20585 Et madame Blance si crut , *!«<*« *« c«tiii e . 

Tant que Lo^ys o li giut , 

Li fius le roi. S'en ot enfans, 

Mais ne dirai pas ore quans. 

Et Artus devint bacelers, 
20590 Grans et furnis et biaus et clers. 

Puis aviunt que , par I desroi , 

Se gueroi^rent li dui roi, 

Tant qu' Artus , li biaus et li fiers , 

Devint a Gournai chevaliers. *<*« de gcutmi , en 

Normandie. 

20595 Armes et cevaus li douna 
Rois Felippes, ki l'adouba. 
Adont ot pris li rois Gornai , 
Et cil Artus , sans nul d&ai , 
Si asambla ses Poitevins , 

20570 Fieva, donna en fief. barons du pays , qui envoyerent a la cour 

20573 Jofroi, Geoffroi II, fils de Henri II , de France, Arthur, heritier legitime du roi 

roi d'Angleterre. Richard. 

20577 Li a tramis, ce ne fut pas Jean-sans- 20580 Rouses , roux. 

Terre , qui ne regnait pas encore , mais les 20585 Crut (crevit), grandit. 

Tom. II. 40 



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314 



CHRONIQUE 



Geoffroi deLusignan. 



Jean - »ans - Terrc fait 
raourir son nereu 
Arthur, 3avrill203. 

(N. st.) 



20600 A Mirabiel traist ses carina , 
U la roine estoit ses cor* , 
Gele ki fu Alienors : 
Sa taie ert et s£jornoit la. 
Artus le castiel ass^ga, 

20605 La vile prist , et la nouviele 
S'en vint al roi a la Roiiele. 
A moult grant gent, tous irascus, 
S'en est a Mirabiel venus, 
Et li Poitevin , par folage , 

20610 Comme hardit et par outrage . 
Ne se d^gnierent remuer. 
Et li rois vint, ainc l'ajourner, 
Tous les prist, voaisent u non. 
Jofrois-li-Vious del Lezegnon , 

20615 Qui moult estoit hardis et preu» 
Et as armes trop corageus , 
I fu pris , li buens cevaliers ; 
Et Artus , li nouviaus gueriers, 
Se fu en 1 celier repus, 

20620 Et tant qu'il i fu percfas. 
Si fu pris et livr^s al roi , 
Son oncle, a moult petit conroi. 
Et il le mist en tel prisson , 
U il moru par mesproisson ; 

20625 Quar on dist k'il le fist noiier, 
Pour qou qu'il l'osa renoier. 

Quant li rois de France a s&i 
Cele prise ki faite fu 



20600 Mirabiel, Mirebeau ; carins, charroi, 20609 Folage, bravade imprudente. 



train. 

20601 Ses cors, de sa personne. 

20602 Alienors, tileonore. 

20603 Sa taie , son aieule. 
20606 La Roiiele, La Reole. 



20612 Ainc I'ajourner, avant Pajournement , 
sans prevenir, a l'improviste. 

2061 4 Jofrois del Lezegnon , Geoffroi de 

Lusignan , frere de Gui, roi de Jerusalem. 

20619 Repus, cach£ , rep(otit)us. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 315 

D'Artu , fu durement dolans , 
20630 Quar moult iert vistes et vallans ; 

Et , s'il le s&iist u trouyer, 

II le fust al& d&ivrer. 

Puis issirent de la prisson 

Li Poitevin , par raen$on ; 
20635 Mais onques roi Jehan n'amerent , 

Et tout adi&s contre lui erent, 

Pour 50U que mal fist k cascun. 

Et si toli Ugon-le-Brun Hugue* de Luiign™. 

Sa feme , et puis si l'espousa. 
20640 II fius en ot , que on nomma 

Ricart et Henri , j'el sai bien , 

Mais n'el porent amer pour rien; 

Quar il orent mis lor enfant 

En ostages , petis et grans, 
20645 Et laidement les fourmenoit , 

Quar fel et outrageus estoit. 

Filles et femes demenoit 

Vilainnement, et destragnoit 

Ses cevaliers et ses barons , 
20650 Si comme yilains u larons ; 

Tant k'il jurerent fiauti 

Al roi Felippre et loiaut^ , 

Pour gou que tant li abi&i 

Qu'a Ugon sa feme toli 
20655 Et maugr^ sien l'a espous^e, 

Et Uge Tot avan t jur&. 

Adont que mors fu l'emperire 

Henris, qui de Pulle rois 6re, 

20638 Ugon-le-Brun , Jean-sans-Terre enleva cesseur, et Richard, comte de Cornouaille. 

a Hugues de Lusignan , depuis comte de la 20648 Bestragnoit, vexait. 

Marche , sa femme Isabelle, fille d'Aimar, comte 20656 Juree, Hugues avait et£ fianc£ a Isa- 

d'Augouleme. belle. 

20641 Ricart et Henri, Henri III , son sue- 20658 Henris, Henri VI. 



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316 CHRONIQUE 

Faerie, fih de rem- Ses fius demora en la tiire , 

pereur Henri VI. " 

20660 Sovent a pais, sovent a giere, 
Et en Palerne et en S&ile 
Se reposoit de vile en vile. 
As Alemans rien ne manda , 
Ne l'empire ne demanda. 

20665 Si fti la tiere sans signour, 

Cascuns voloit avoir l'ounour. 
S'avint que li dus de Soave, 
Con tenoit k preut et a savie , 
Pour lenfant. ki ses ni& estoit, 

20670 Des mellours couronne faisoit. 
Et il l'avoient couroun^ 
A o&s l'enfant et assent , 
Et forment l'ounoroient tuit. 
Apries fu la ttere en grant ruit , 
ouoa de wrttebb.ch. 20675 Quar li landegrave ot ocis 

Le due , ki gardoit le pais, 
Si com jou vous ai dit avant : 
Li plus sage en furent dolant. 
ouon iv. Othe, li rois, en fti joians, 

20680 Si traist a lui les Alemans , 
Les Sesnes et les Loherens , 
Et siergans , cevaliers et gens , 
Qu'a Roume en ala couronner. 
Mais il li convint ains jurer 

20685 Qua S*.-Ptere ne forferoit, 
Ne l'empire ne descroitroit, 
Ne sour la couronne de France 
Ne feroit nule destorbance. 
Et quant il ot esti sacr&, 

20661 Palerne, Palerme. pour la rime. 

30667 Li dus de Soave, Philippe, cinquieme 20670 Mellours, meilleurs. 

fils de J'empereur Frederic I er . 20674 Ruit, desordre , danger. 

20668 Savie, lisez save pour la mesure et 20688 Destorbance 7 entreprise hostile. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 317 

20690 Si s est esranment parjur£s. 

S*.-Piirc III castiaus toli , 

Quar aucuns li avoit gehi 

K'il durent iestre de s'ounour, 

Et avoient esti maint jour. 
20695 Quant li apostoles Toy, ottonestexcommunic, 

Innocens , de rien n'el joi ; 

Hautement l'escum^nia. 

Ensi la cose demora. 

L'enfts de Pulle, en eel tod, Frederic h. 

20700 Al roi de France , par consel , 

Traist et s'aie li requist , 

Et li rois sairement li fist 

Et d' aidance et de s&irte : 

S'a li uns l'autre ass^urd. 
20705 Et li rois Felippes de France 

A moult grant gent, par convenance, 

A Valcoulour tramist a lui , 

Pour 50U k'il n'i &iist refui , 

Lo^ys, son fil, et (si) parlerent 
20710 Ensanble, et s'entras^ur&rent 

Deyant tous les barons communs. 

Ariere s'en ala cascuns , 

Et l'en&s , ki de rien n'empire , 

Calenga tout esrant Fern pi re. 
20715 Et li rois ot ja marine 

La serour Artu , et donn^e 

Al fil conte Robiert de Dreus, fterre-AUuderc, due 

zx • 1 • 11 dc BreUgne, 1213. 

Qui moult estoit vallans et preus , 
Et toute Bretagne a tenir, 

20691 II s'agit des terres allodiales du fameux 20716 La serour Artu , Constance , mere d 1 Ar- 

heriiage de la comtesse Mathilde. thur, s'etait remariee avecGui de Thouars. Alix , 

20696 Innocent, Innocent III. Fainee de ce manage, epousa Pierre-Mauclerc , 

20699 Toil, desordre. fib de Robert II, comte de Dreux, qui etait 

20707 Valcoulour j Vaucouleurs, en Lorraine, petit-fils de Louis-le-Gros , roi de France. 



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318 



CHRONIQUE 



Eofant aaturel de Phi- 
lippe- Auguste. 



Guerre conlre le roi 
Jean d'Angleterre. 



20720 Pour *a gierre mious maintenir. 
Et l'autre 8uer men& en fu 
En Engletiere, et la moru. 

Li rois de France, a son solas , 
Une damoisiele d'Arras 

20725 Prist , et si en ot I biel fil, 
Ki bien sanbloit estre soutil , 
Et sambla le roi Felippon : 
Cel enfant nomm£rent Carlon. 
Clerc en fist-on ; s'ot en la fin 

20730 Prouvende a Tours, k S*.-Martin, 
Et de la fu-al tr^zoriers : 
Si fu a Paris escoliers. 

Dont aquelli en h&> eel an 
Li rois Felipes roi Jehan. 

20735 Gallart et Poitiers et Cinon 
Prist a force , yosist u non , 
Et Normendie et tout Ango , 
Alemagne pries , tout Poito , 
Quar li Poitevin li aidoient 

20740 Et le roi Jehan moult faidoient, 
Pour $ou qu'ii avoit a I jour 
Pendu , a duel et a tristour, 



20721 L'autre tuer, Catherine , epousa , Tan 
1212, Andre de Vilre. 

20728 Carlon , les hisloriens modernes Tap- 
pellent Pierre Charlotte ou Chariot. II fut el eve 
par Guillaume-le-Brelon , auteur de la Philip- 
pide , qu*il lui dedia sous le nom de Karloius : 

Tu quoque fautor ades , Karlote , simillima regis 
Magnanimi proles , etc. 

Ce Chariot mour ut en 1249, evequede Noyon. 

20735 Aquelli , attaqua j en is. Dansle Voyage 
de S i .^Brandan au paradis terrettre, le saint, 
au moment de s'embarquer , 

Dit as freres : entrex en em , 



Dieu grades , bom ert li Tenx. 

De la Rue , Essais hist., 11,71. 

20738 Gallart, Chateau-Gaillard ; Cinon , Chi 
non , lieu immortalise par Rabelais. 

20738 Alemagne j ce mot doit etre mis ici 
pour un autre , a moins , chose peu probable , 
qu'il ne s'agisse d'Allemagne , paroisse pres de 
Caen, d'ou Ton a tire une partie des pierres 
employees a la construction de S*.-Etienne de 
Caen , ce qui a fait croire a M. Dibdin que ces 
pierres venaient de l'Allemagne , from Germany. 
Voyage bibliogr., Paris , 1825 , II , 25. 

20740 Faidoient 7 traitaienl en ennemi. 

20742 Trtstour, tristesse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



319 



XXV enfana sans ^ages , 

K'il i orent mis en ostages , 
20745 Fius de princes et de marcis , 

C'onques n'en vot avoir miercis ; 

Et s'ot Artu , son neveu , mort , 

Dont il ot fait p^ciet et tort. 

Tant le kacierent 9a et la ^ 
20750 Que li rois de France en ala 

Sour lui , et tant li fist de gierre 

Qu'il perdi le plus de sa tier re. 

Nior retint et la Rociele, 

Ki sour mer siet en la graviele. 
20755 Adont li rois Jehans passa 

En Engletiere, et si laissa 

Toute sa tiere en non caloir. 

Et li rois fist bien son voloir. 

Les castiaus ferma et refist, 
20760 Et partout bonnes gardes mist. 

En France revint soujorner, 

Et dont si fist Paris murer. 
Puis avint cose que Flamenc 

Et Hainnuier, par I bestenc , 
20765 Vorrent avoir en Flandres conte 

Que la ttere n'alast a honte. 

Et li rois gardoit le droit oir ; 

Si ▼ivoient de leur avoir. 

Li quens de Namur li carga 



Paris sous Philippe - 
Auguste. 



Affaires de FUndre et 
de Hainaut. 



20745 XXV, prononcez vingt et cinq ; sans 
e'ages , qui venaient a peine de naitre. 

20747 Mort, tue. 

20755 Nior, Niort; La Rociele, La Rochelle. 

20754 En la gravieh , $or la greve. 

20757 En non caloir, en nonchaloir, sans 
defense. 

20762 Paris murer, on peut voir dans M. Du- 
laure , l'enceinte de Paris sous Phitippe-Auguste. 



20764 Bestenc, discussion; de bet, particule 
qui a un sens defavorable , comme dans bestour- 
ner, best our der, et de tens ou tenc, dont le com- 
pose content vient de contendere. 

20767 Gardoit le droit oir, Jeanne , fille ainee 
de Baudouin IX et Marguerite sa sosur. 

20769 Li quens de Namur, Philippe I CT avait 
remis ses pupilles entre les mains du roi de 
France. 



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320 



CHRONIQUE 



Enguerrand III de Couci 
veut eponser Jeanne 
dc Flandre. 



Isengrins et Blavotins. 



Jcaunc de Flandre 
epousc Feroand de 
Portugal, 1211. 



Fcrnand passe poor le 
fils de la comtesse 
Mathilde. 



20770 Adont que sa fille espousa, 
Si com jou vos ai dit an$ois. 
Grant joie en orent li Francois. 
A eel an , j el sai tout de fi , 
Le vot Engelrans de Couci , 

20775 Et li rois li ^uist douaee , 
Mais la cose fu si atee , 
Qu'il ne le vorrent prendre a conte , 
Que lait ne lor fesist et honte , 
Car il estoit fel et crueus , 

20780 Et despissans et orgilleus. 
Adont a Lille soujournoit 
La vielle roine et manoit , 
Ki fu feme al conte Felippre. 
Et grant dowaire tint viers Ipre . 

20785 En cele tiere des Ingrins 
Qui haoient les Blavotins. 
A Lille estoit en sa maisson : 
Si mist ses homes a raisson 
D'un couzin qu'ele avoit, Ferrant, 

20790 Qui yenus estoit , tout esrant , 
De viers Portingal , son pais. 
Biaus estoit de cors et de vis , 
Brun ot le cief et s'ot grant n&; 
De sa maniere ert moult aenes. 

20795 Fius iert le roi de Portingal ; 
Mais li plusiour, par devinal , 
Disoient k'il iert voirement 



20770 Sa fille, Marie. 

20774 Couci, Du Chesne, p. 219. 

20778 Lait , laid j faire laid, maltraiter. 

20782 Mathilde de Portugal , veuve de Phi- 
lippe d' Alsace, qu'on appelait la reine. Foy. 
v. 19371. 

20785-86 Ingrins, Isengrins. Sur eux et sur 
les Blavotins , recourir a I'lntroduction de ce 



second volume. I^es vers 20784-86, sont cites 
dans le Recueil des hittoriens francais XVII , 
89 , note. 

20788 Elle fit travailler ses gens en faveur de 
son neveu. 

20795 Fius, fils de Sanche I", roi de Por- 
tugal. 

20796 Devinal , conjecture. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



321 



Fius la roine oulreement , 
Mais ele dissoit que c'iert s'ante. 

20800 Des barons traist plus de XL 
A li , par son tres grant avoir, 
Par son sens et par son savoir. 
Al roi Felipre trest en France , 
Comme visseuse et large et france ; 

20805 Si douna tant le roi del sien 
Qu'ele i fist son afaire bien. 
Gautiers d'Avesnes li aida , 
Qui de son avoir li presta, 
Et Jehans li grans de Niiele. 

20810 Si fist Ghilebiers de Bourgiele , 
Et grans masse d'autres Flamens, 
Qui ele dounoit garnimens , 
Et grans tieres et grans, cevaus , 
Deniers et armes et guiaus 

20815 Pour l'oir de Flandres a avoir. 
Moult li cousta de buen avoir, 
Et as barons et a la court; 
Sei valu bien, ains qu'ele en tort. 
Cascuns pour li tant i blandi, 



Gautier d'Avesnes. 



Jean de Nesles et Gil- 
bert do BourgheJles. 



20798 Outre'ement , contre la regie, c'est-a- 
dire il legitime. 

20799 SPante, sa tante. 

20807 Gautiers d'Avesnes, Gautier II , fits de 
Jacques , mort a la Terre-Sainte. II etait frere 
de ce Bouchard qui epousa Marguerite de Flan- 
dre. Lui-mgme prit pour femme Marguerite, 
comtesse de Blois. 

20809-10 Jehans.... de Niiele; Ghilebiers de 
Bourgiele. Dans le traite entre le roi de France 
et la comtesse Jeanne , pour la delivrance de son 
mari , fait prisonnier a Bou vines, figureot Jehan 
de Neele ou Nesle (de Nigella) et Gilebert de 
Borguellis. Recueil des Hist, fh., XVII, 105, B. 
Concernantles seigneurs de Nesle, voir L'Espinoy, 
Hecherches sur les antiq. et nobl. de Flandre , 

Tom. II. 



p. 120 j quant aux chatelains, M. Warnkcenig 
leur a consacre un chapitre particulier , dans sa 
savante Histoire de Flandre, t. II , p. 129, de la 
traduction de M. Gheldolff. — Le Jean de Nesle 
mentionne ici , est precisement celui qui vendit 
a la comtesse Jeanne la chatellenie de Bruges. 
Bourghelles est un village du departement du 
Nord , arrondissement de Lille. 
20812 Garnimens, equipemens. 

20814 Guiaus, joyaux. 

20815 Pour assurer a son neveu la main de 
Theritiere de Flandre. 

20818 Elle (it de grands efforts, de grands 
sacrifices avant de partir; ains qu'ele en tort, 
avant de s'en retouruer. 

20819 Blandi, employa mille seductions. 

41 



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322 



CHRONIQUE 



Aire et S*-Omer cedes 
au prince Louis, 61s 
de Philippe Auguste. 



Troubles en Flindres. 



Basse de Gavre. 



Guerre de 1'eveque de 
Liege et du due de 
Brabant, 1212. 



20820 Li rois pour l'avoir les cr&. 
La contesse leur a doun& 
Et Ferrans l'a lues espouse. 
Si la fait li rois cevalier. 
Mais si com il diut repairier , 

20825 Si traist mesire Lo^ys 

A S t .-Omer, en son pais , 
Et fist tant qu'il ot le castiel , 
Moult bien s&nt et fort et biel . 
Et s'ot Arie tout a bandon, 

20830 Dont on ot fait sa mere don. 

Ferrans en Flandres s'en revint , 
Mais encontre lui moult se tint 
Rasses^ li cevaliers de Gayre , 
Et Ernous avoec d'Audenarde, 

20835 Et cil de Gant et d'autre ass&. 
Tantos Ferrans a tous mand& 
Ses barons, si ala sour aus. 
A Waudripont fu faite entr'aus 
La pais : ensi fu Ferrans quens. 

20840 Ass& leur fu courtois et buens. 

Dont ot une grant guerre a Li^ge 
De cevaucie non de si^ge, 
Del due de Louveng et del vesque , 
Quar li dus iert de male teke. 

20845 Puis en fu li dus desconfis : 

Moult i ot des siens mors et pris. 
Puis si avint, parmi ces coses, 



20820 Les crei, les crut. 

20829 Arie, Aire. Voy. Warnkcenig, Hist. 
de Flandre, I, 221. 

20835 Rosses... de Gavre , Arnould de Gayre, 
seigneur de Materne et d'Escornaix, fut propose 
au gouvernement de Flandre , par la comtesse 
Jeanne, pendant la captivite de son mari. De 
L'Espinoy, p. 73. 



20834 Ernous avoet , Arnould d'Audenarde 
avec... tournure wallonne. 

20838 Waudripont , Wattripont (?), de 1'ar- 
rondissement et a 5 lieues et demie de Tournai. 

20845 Due de Louveng , Henri I 8 *; vesque, 
Huguea II de Pierrepont. 

20845 Desconfis, a Steppes, le 15 octobre 
1213. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



323 



Que messire Hues de Boves 
Ocist I des prouvos le roi , 

20850 Par son outrage et par desroi. 
S'en fu banis de toute France , 
Et il passa , sans demorance , 
En Engletiere, au roi Jehan. 
Ses om devint mesrae en eel an, 

20855 Et il li douna fief et tierre, 

Pour 90U qu'il li aidast de gierre. 

Apri& avint autre vergogne , 
Que li quens Renaus de Boulogne 
Fu mal del vesques de Biauves. 

20860 S'ot entr'aus brisste une pes , 

Pour une maisson qu'il fermoit. 
Que le vesques contredissoit. 
_ Li quens Renaus s'en fu gr6v& 
De toutes pars , et acuss& 

20865 De traisson et de boisdie 

Pour la tiere de Norm end ie. 
Et si li mist avoeques seure 
Qu'il avoit tramis , aucune eure , 
Ses mesages en Engleti&re 

20870 Pour ie roi a graver de gierre. 
Tant fu gr£?& en toutes pars 
Que li consaus en est espars 
Et li quens en ot ire et duel. 
Si s'en ala droit a Mortuel , 

20875 Et contre le roi le garni, 
Ki le castiel li ot furni 
Et doun^ , et tiere autre asses . 



Hugues de Boves. 



Benaud de Dammartitit 
romte de Boulogne. 



11 fortifie MorUin. 



20848 Hues de Boves, Hugues, filsde Robert I 
et de Beatrix de S'-Pol ; il etait de la maison* de 
Coucy. Du Chesne, p. 946. Dom Bouquet, XVII 
88 A, 8&B, 99A, 267B, 401 D, 411 D, 700 
N, 715D,716 D, 717 A. 



20859 Biauves, Beauvais. 
20861 Fermoit, fortifiait. 

20867 Seure, surj mettre seure , accuser. 

20868 Aucune eure, a certaine epoque. 
20872 Espars, eperdu. 



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324 CHRONIQUE 

Dont il iert tenans et cas& ; 

Quar contre le roi d'Engletiere 
20880 L'avoit-il bien sierri de gierre. 

Et quant li rois dire Vox 

K'il ot Mortuel Tiers lui garni . 

Cele part treat ; mais il vuidierent 

Et le castiel tot seul laisi&rent. 
20885 Li rois le prist et s'el carga 

I cevalier, ki li guarda. 

Lors fu li quens Renaus banis 

Et il se traist fors dou pais. 

Renaud se retire en gll Enffleti&re CD est al& , 

Anglclerre, 1212. U ' 

20890 Al roi Jehan s'est amenl& , 

Et dist, se Dieu li doune vie, 

Qu'encor feroit une envaie 

Le roi de France Felippon , 

K'il le feroit mater d'un pon. 
20895 Puis est en Flandres repasses , 

A Ferrant a parte asses , 

Et dist qu'encor li renderoit 

S t .-Omer que on li toloit , 

Et Arie et tout son tenement. 
20900 Et Ferrans dist que voirement 

Le kerra-il et aidera. 

Et Renaus dist qu'il li fera 

Le roi d'Engletiere donner 

Estrelins, pour guerre mener. 
20905 Entr'aus sont lues ass&ir& 

Et li quens Renaus a jur^ , 

Tant que bien croire Ten pot-on , 
Renaud Tatrouverouon Qu'il s'en iroit au roi Othon. 

IV, roi de Germanic , . 

Et il si a fait lendemain. 

20877-78 Ces deux vers sont cites par Du 20894 Pon, pionj allusion aujeudes echecs. 

Caruje au mot casati. 20899 Arie, lisez Aire , pour la mesure. 

20890 Amenle's, reuni. 20901 Le kerra-il, le cherchera , s'unira a Ini. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



325 



20910 Quant il perciut le jor bien main. 
A Othon Tint : tant i brasa , 
Que le sairement pris en a 
K'il venra al premier e$t6. 
Comment que la cose ait este , 

20915 A tant sen vint li quens Renaus. 
Et tant ot parlet , comrae faus , 
Viers son signour le roi de France . 
Qu'il en ot puis duel et pesance, 
Ains k'il en euist point de glorie. 

20920 Adont avint, en eel temporie. 
Que li rois Felippes estoit 
A Paris , et la soujornoit. 
Si oi dire par vertet 
Que li rois Jehans ot prestet 

20925 Le conte Renaut son tr&or, 
Pour iui aguerroier enkor. 
Et Hues de Bove dissoit , 
ik de guerre ne li fauroit , 
Et durement sen pourca$oient 

20930 Que d&ireter le voloient. 
Li rois ferment s'en aira 
Et tout maintenant si jura 
Qu'il passeroit en Engleti&re, 
Calengier Fa voir, c'on dessi&re. 

20935 Atant a mandes soldoiers , 
N& et calans et marouniers. 
Manda Jofroi del Lezegnon 
Et Savari de Maulion , 



Indignation du roi de 
France. 



Philippe veut passer en 
Angleterre. 



Savari de Mauleon. 



20917 Viert, contre. 

20919-20 Glorie, temporie, lisez pour la me- 
sure glare, tempore. 

20934 C'on dettiere , qu'on veut lui arra- 
cher. 

20936 Calans, chelandium , chelandra, che- 
landrium, chelindra, chelindrut, salandra, $a- 



landria, zalandria, salandrus , chelandurus , 
ealannus , chalannus, chalandus , chalonnium. 
Voy. Du Cauge , qui cite les ▼. 20955-36. 

20937 Jofroi de Lezegnon , Geoffiroi de Lusi- 
gnan , comte de Joppe , frere de Hugues-le-Brun, 
comte de La Marche. 

20938 Savari de Maulion , Savari de Mauleon. 



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326 



CHRONIQUE 



Marine du nioyen age. 



Et moult des autres Poitevins , 
20940 Et Hurepois et Angevins; 

Si manda Bretons et Normans , 

Caus d'Orienois et $aus del Mans. 

Al yent k'il nforent pas estroit . 

Fist sigler a la mue droit 
20945 Galies et barges et n& , 

Esneques et dromons fi&& , 

Koges et busses et wissiers . 

Et avoec , quan que f u mestiers . 

Yin , avainne , farine et pain , 
20950 Et grans bacons ki furent sain , 

Grans pierieres et mangonniaus , 

Arbalestres et tr^bukiaus. 

Atrav^ sont droit a la mue , 



Guill. le Breton, Hist, franc., XVII, 189, A: 

Conveniunt proceres illuc properanter ad tpsum , 
Inter quos special is adest Lisinacus ille 
Gnufridus, cum militibus quinis quater, omni 
Quos sibi de patria socio* elegerat ipsa , 
Et cunt Guillelmo Savaricum Malleo misit 

Malleo , e'est-a-dire de Malo-Leone. 

Meyer rapporle sur Savari des vers latins en 
forme d'epitaphe et qui le peignent sous des 
traits odieux. Annal., fol. 67. 

20940 Hurepois, voy. la table geographique. 

20944 A la mue , motum facere veut dire faire 
voiles. Voy. Du Cange , a ces mots m£mes j a la 
mue, veut signifier peut-etre ici a la mare'e. 

20941-47 Ces vers sont citls par Roquefort an 
mot Esjesques, et par Du Cange aux mots Bcssa 
et Naca. Cette sorte d'embarcation , appelee 
buysen en flamand t est ainsi d^finie par un an- 
cien ecrivain , dont Spelmann invoque rautorite : 
Nave* pragrandes > quos vocant bussas , tripltci 
velorum expansions veii fie antes. Dans le roman 
d 1 Alexandre , on lit : 

Neset Dromons, buses et barges. 

D'apres des passages d'auteurs du XVI e siecle , 



on appelait buysen , du moins en Hollande , de 
petits batimens qui n'avaient pas d'autre tillac 
que quelques planches et une voile par-dessus , 
ce qui n'est pas con forme au passage allegue 
par Spelmann. Reygersbergen, dans sa Chro- 
nique de Zeiande , dit , a l'annee 1835 , qu'alors 
on commenca en Hollande et en Zeiande, a 
couvrir les buysen. Voy. noire Memoire sur le 
commerce des Pays-Bos aux XV* et XFI* tiecles, 
pp. 238, 259. — Barges, especes de chaloupes; 
esne'ques , vaisseaux legers ; dromons fieres , Du 
Cange et Roquefort, au lieu de fiere's lisent 
fieres ou fiers (feroces), mais il est evident qu'il 
faut fieres (ferratos), mot qui indique que ces 
batimens de guerre etaient ou revStus de plaques 
de fer ou armes a la proue d*un rostrum , comme 
les navires des anciens, etc. — Koges, Du Cange , 
lit Roges, et Roquefort Koyes. Voy. le Gloss, 
med. latin., au mot hoc a. Wissiers, vaisseaux 
de transport pour les chevaux , dit Roquefort. 

20950 Bacons , chair de pore , viandes sechees 
a la fumee. 

20952 Trebukiaus , trebuchets , machines a 
jeter des pierres. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



327 



Quar li rois son pens£ ne mue , 

20955 Ainc vint par tiere a grant esfort ; 
A Bruges traisent pri& del port. 
Si manda al conte Ferrant 
Qu'a lui venist parler esrant , 
Tous atourn& comme de gierre , 

20960 Passer od lui en Engletiere. 

Quant li quens Ferrans i'entendi, 
A ses mesages respondi , 
S'Arie et S'.-Omer li rendoit, 
Que Lofys ses fius tenoit , 

20965 Dont tort li faissoit et anui , 
Volentiers passeroit od lui. 
Et li rois li a remands , 
Par amour et par loiaut£ , 
Qu'il li fera tout plainnement 

20970 Droit et raisson, par jugement; 
Mais qu'a eel besoin ne li falle , 
Or quesist gent et o lui alle. 
Ferrans li remanda apri& , 
Par ses mesages , tous engri^s , 

20975 Ja sour $ou n'i metroit les ptes, 
Car de S 4 .-Omer iert iri&. 
Cil de Bourgtele o lui estoient, 
Ki tout ensi le eonselloient. 
Lors fu li rois en grant tod. 

20980 Si a trouv^ a son consel 

Que toute Flandres saissira. 
Lendemain plus n'i demora. 



Les Francai* clevaiii 
Bruges. 



Cooduile du comic 
Ferrand. 



I'hilippe - Augusle se 
prepare a s'emparcr 
de la Flandre. 



20965 S'Arie, lisez S'Are. 

20977 Cil de Bourgiele, voy. 20810. II faut 
lire Bourghelles , village de rarrondissement de 
Lille , canton de Cisoing. De Guyse, tkl. de M. De 
Forlia, XIV, 86 , parle de B our sard ou Bous- 
sard de Bourgiselles et le qualifie de vir nobilit 



atque notabilis. Plus bas, p. 90, De Guyse 
nomme Gilbert de BourgieUet , qui semble etre 
de la meme famille. 

20979 Toil, agitation. Toy. Guill. le Breton, 
Hist, fr., XYll, 232 , et G. Guiart , la Branche 
aux roy. lignages, &1. de M. Buchon, I, 245. 



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328 



CHRONIQUE 



La flolte fraocaiie est 
battue a Dam. 



De $aus de Bruges prist ostages , 
Et tantost, comme preus et sages , 

20985 Ala a Gant, et tant i fist 

Que de tous les millors i prist ; 
Garder les fist et plus n'i tarde. 
Lendemain vint a Audenarde , 
Ostages en prist aus^ment. 

20990 Ces nouvieles isnielement 
Furent en Engletiere dites. 
Li quens Renaus. li preus. li vistes, 
Et Hues de Boves od lui , 
Pour le roi faire plus d'anui , 

20995 Prisent galies et esnekes 
Bien batilli^s a breteskes , 
Et gens armees f&leneskes , 
Qu'il orent tous eslius aluekes. 

De Douvre, al vespre, se partirent 

21000 Ainc ne finerent, d6s qu'il virent; 
A la mue , la matinee. 
Tout quoiement , a rec£l& , 
Se sont en i'estorie f&ru , 
Conques n'i furent perc&i. 

21005 Des n& prisent a grant plente, 
Tant qu'il fu a leur volenti, 
Des plus grandes et des plus bieles . 
Des millors et des plus isnieles. 
Kados, ki l'estore guardoit, 



20995-98 Vers cites par Du Cange aii mot 
naca, a?ec cette difference qu'il ecrit prirent 
pour prisent, et es lius, pour esluis. Batillies a 
breteskes , c'est-a-dire bastilliees , defendues par 
des tours ou chateaux. Dans le roman de Blan- 
chandin, on lit : 

En mer trovasmes an dromont 
A bretesches et a chasteax. 

Feleneskes , per fides ; eslius , choisis ; aluekes, la. 



21002 Quoienpent , tranquiDement ; drece'lee, 
a l'improviste. 

21005 Estorie , la mesure exigerait estor, 
c'est-a-dire l'armee navale. 

21009 Kados , Cadoc, seigneur de Gaillon, 
en Norma odie, chef de routiers. G. le Breton , 
dans le Recueil des Hist, fr., XVII, 177, 235, 
255, etc. 

Cumque sua nulli rupta parcente Cadocus. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



329 



21010 Sour la rive dolans estoit. 

Car li Englois ja sen aloient, 
Ki leur gaaing quite enmenoient. 
Si com Kados $ou reguardoit , 
D'autre part sour la me voit 

21015 Flamens venir tous abrieves. 
Ja fu par Tost li cris lev^s. 
Watiers i fu de Fourmesieles , 
Armes dunes armes novieles. 
As gens le roi se fu menles , 

21020 Mais il i fu moult tost rem&. 
Boucars d'Avesnes s'en parti , 
Quar il n'ot pas le giu parti. 

Lors fu mand^e al roi de France 
Toute l'uevre et la m&estance 5 

21025 Et il jura l'arme son pere 

Ne laira Flandres n el compere , 
Ainc que past gaires de tempore. 
Lors yint al Dem a son estore , 
Comme preudom et bien sen& , 



Gautier de Formiseles. 



Bouchard d'Avesnes. 



21015 Abrieves, a vec promptitude. 

21017 Watiers de Fourmesieles, Gautier 

de Formiseles. Ph. de L'Espinoy avait vu des 
lettres de Tan 1229, d'ou il resultait que ce sei- 
gneur scellait a cheval , comme le* premiers ba- 
rons Flamaods. Recherche des antiq. et nobl. de 
Fl. y 164. Les otages donnes pour sa delivrance, 
apres la bataille de Bou vines , sont au nombre 
de dix et tous d'un rang eleve j parmi eux figu- 
rant m£me le senechal de Flandre et le comte de 
Guisnes : ensemble ils garantissent la somme 
considerable de 500 marcs d'argent. Jean de 
Formiseles fut aussi prisonnier a Bouvines. L'Es- 
pinoy cite encore un Jacques de Formiseles , qui 
fut bailli de Furnes , apres Jacques de Ghia- 
telles , seigneur de Dudzeele, au XV° siecle. 

21018 Armes , armure. 

21021 Boucars d'Avesnes , second ills de Jac- 
Tom. II. 



ques ; le mdme qui Ipousa Marguerite de Con- 
stantinople , comtesse de Flandre et de Hainaut. 

21022 Giu parti. Dans le jeu parti, un per- 
sonnage prend la parole et un autre riposte : 
Bouchard n'avait pas eu la replique. 

21024 Mese stance , facheux. etat des affaires. 

21026 N'el compere, sans qu'elle le paie. 

21027 /»a*f,passat. 

21028 Dem, le port de Damme, en Flandres. 
A cette epoque Damme etait une petite ville tres- 
opulente et ou affluaient todtes sortes de mar- 

xhandises. G. Le Breton, en fait cette description : 

.... falde speciosus erat Dam nomine vicus , 
Lenijluis jucundus aquis atque ubere gleba*, 
Proximitate maris portuque situque superbus. 

Hie Savaricus opes cunctis e partibus orbis 
Navigio advectas , supra spent repperit omnem , 
Jnfecti argenti massas , rubeique metalli, 
Stamina Phanicum , Serum , Cycladumque labores , 

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330 



CHRON1QUE 



Philippe parcourt la 
FUndre. 



Chateau de Darnel oa 
d'Icrnau. 



21030 Et fist crier havot as nds ! 

K'il ama mious que si ribaut 
En ^uissent liet cuer et baut , 
Que li Englois plus en pr&isent, 
Ausi com il les autres fisent. 

21035 Esranment furent destrav&s 
Toutes les n& et desreubees. 
S'i ot d'arses et de brissi& 
Teles ki moult furent proisi&. 
Lendemain se retraist li rois 

21040 Viers Courtrai, a tous ses conrois. 
Ostages en prist des bourgois , 
De tous les mellors, a son qois. 
Lendemain a Lille tourna , 
De fors les murs se hierbega ; 

21045 De buens ostages fu s^urs , 
Et si fist refaire les murs. 
Si ferma Diergnau , pour castiel , 



Et quas hue mittit varias Hungaria pelles , 
Granaque vera quibus gaudet squarlata rube re, 
Cum ratibus vinoplenls, Vasconia quale 
Vel Rupella pafit t cumferro cumque metal lis , 
Cum pannis rebusque aliis quas Anglia vel quas 
Flandria contulerat illuc , mitlantur ut inde 
In varias partes mundi, dominisque reportent 
Lucra stds, quibus est spes semper mixta timori... 

Hist, fr., XVII, 254, D j Meyer, Annal., fol. 67, 
W. F. Verhoeven, Historiscke tyden, etc., pages 
18-21 ; L.-A. Warnkoenig , Sur la ville de Damme 
au moyen age, pp. 457-474 du Messager des 
sciences et des arts de la Belgique, annee 1855, 
4 e livraison. 

21050 Havot as tie's, a sac les navires ; anglais : 
havock, ravage. Guill. Guiart , &). de M. Buchon, 
1 , 247 : 

Li rois, ces choses ainsi faites, 

Fist les ntfs c'on ot la atrailes , 

Quant vit se* arrerais (arriere-garde?) fair, 

A feu et a flambe bruit, 

Conune conrageus et bardi. 



21051 Ribaut, la soldatesque inferieure. 
G. Guiart, parlant de Philippe-Auguste, dit, 
1,245 : 

Pietons , desquicx il a la tant , 

Yont tout ardantet abatant, 

Maisons verssent, les biens deVeurent.... 

21052 En enssent le coeur joyeux , en profi- 
tassent. 

21055 Destrave'es, dlchargles. 

21047 Diergnau, que Cousin appelle le chd- 
teau de Regniau, M. Lebon des Reigniaux. II 
etait sous les murs de Lille , Hist, de Tournai , 
IV, 18. G. Le Breton, XVII, 258, C : 

In vico nomine Darnel 
Rexfabricare novum studuit quantocius arcem. 

G. Guiart, I, 249: 

Cil de Lille se revelerent; 

Grant part des gens le roi ocislrent , 

Et Ferrant en la vile mistrent. 

Li Francois qui lew eschaperent 

El chattel de Darnel {Darnel) entrerenl. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



331 



De mur et de foss^ nouviel ; 

De ses Francois bien le garni , 
21050 Et dant Brission de Bari ' 

Commanda la vile a garder, 

Pour ses afaires reguarder. 
Puis a ferm^ Ei kinghehen , 

Et dont Kassiel et Bonehen. 
21055 D autre part as engin laisa 

Girart La Truie, s'ei garda 

Entre lui et Girart de Marke. 

Ki bien i tiunt et liu et marke. 

Et puis manda $aus de Tournai . 
21060 K'il se fermasent sans delai 

A Douwai traist, si prist ostages 



Gerard La Truic el 
Gerard de Marckc. 



Buzelin , Gallo-Flandria, 1,8, dit que le chateau 
de Darnel fut construit a l'endroit ou il y avait 
eu une porte appelee des Rigniaux ou d'Ergnau. 
Jacques De Guyse , XIV , 88 , 90 , dit : Castrum 
de Jeregnau. 

21080 Dant } le seigneur; Brission de Bari, 
Brice des Barres , dont il a deja ete parle et qui 
fut chambellan du roi d'Angleterre. 

21055 Er kinghehen , Erquinghem ou Erqu i n- 
ghem-le-sec , sur la rive droite de la Lys, a deux 
lieues de Lille , a une lieue d'Armentieres. Ge 
chateau etait enclave dans le terrain apparte- 
nant aujourd'hui a M. le comte d'Eliot. Lebon , 
Mem. sur la bataille de Bouvines, p. 144. Sur 
ces evenemens, voir J. De Guyse , 6d. de M. De 
Fortia, XIV, 82 et suiv. 

21054 Kassiel, Cassel , voy. De Smyttere , 
Topographie hist., physique, statistique et medi- 
cate de la ville et des environs de Cassel, Lille, 
.1835 , in-8° , figg.; Bonehen, Born hem ou peut- 
£tre Tournehem, carau v. 21582, Bonehen sem- 
ble designer cette local ite qui est dans le Pas-de- 
Calais , a 4 lieues de S'.-Omer. Une chronique 
recueillie dans le Corpus chronicorum Flandria*, 
offre ce passage , p. 301 : « Comitissn Margaret a 
emit ab Hugone, castellano de Gandavo, castrum 



de Boornem, pretio /// m P c XXVI lib. XII den. 
Flandrensium. Gette vente eut lieu en 1251 . Gf. 
L'Espinoy, p. 98, 265, etc. La seigneurie de 
Bornhem fut possld^e long-temps par les anciens 
chatelainsdeGand. Gette terre passa par la suite 
aux maisons de Bar, de Luxembourg , de Bour- 
bon-Gonde, de Gonzague-Mantoue et de Coloma. 
dont le chef habitait M alines dans les derniers 
temps. Voir dans le Suppl. a la Biogr. univer- 
selle, t. LXI, notre article coloma. 

21055 Engin, les machines de guerre qui 
etaient en partie celles des anciens , et dont par 
consequent le Poliorceticon de Juste-Lipse pent 
donner une idee. 

21056 Girart La Truie, appele par les chro- 
niqueurs qui ont ecrit en latin Gerardus Scropha ; 
il fut un des pleiges de Gautier de Ghislelles , 
prisonnier a Bouvines, pour la somme de 100 
livres , et de Robert de Rumes, pour 200 livres. 
Hist.fr., XVII, 105, E, 106, B. Dansle Corpus 
ehron. Flandria, p. 297, au lieu de Gerardus 
Scropha, on lit Stopha. D'autre part, la traduc- 
tion de J. De Guyse, publiee par M. De Fortia, 
conserve le mot latin Scropha. M. Lebon ecrit 
Gerard Scrophe et Serophe. 

21057 Girart de Marke, appele Gerard de 



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332 



CHR0N1QUE 



Retour du roi de France 
£ Paris. 



Son fill Louis reste en 
FJandre. 



Des plus vallans et des plus sages. 
Si fist abatre la yiis tour, 
Mais de l'autre fist son atour, 

21065 Qui Pteron de Douwai estoit , 
Pardevant S*.-Am^ tout droit. 
Comme castiel bien le ferma 
Et de bonne gent l'acesma. 
Si mist garnison en la vile , 

21070 Tele que point n'i ot de gille. 
A Paris s'en est retourn&, 
Sainni& i est et sdjourn&. 
Adonques ses fius Lo&s 
Et li bons mariscaus Henris 

21075 Remesent pour Flandres garder, 
Que Flamenc n'es puissent grever. 
Mais a Courtrai furent ratrait 
Flamenc et Hainnuier ; a fait 
Fermet se furent et logiet 

21080 Et par la vile hierbregiet. 
Mesire Lo&s le sot , 
Sor aus ala , com il ains pot, 
Moult haut crierent as Flamens 
Li trompeour : « Or ens, or ens. » 



Marque, pres de Lille. Hist, fr., XVII, 106, B. 
Selon L'Espinoy, p. 286, la terre de la Marcke, au 
quartier d'Audenarde , a donne son nom a une * 
illustre famille , food ue dans celle d'Aremberg. 
En effet, Arnoul, seigneur de Marcke ou de la 
Marcke , laissa cette terre a sa fille qui epousa 
Arnoul, avoue de Hesbaie, seigneur de Lumey, de 
Hamale et de Chaumont; celui-ci la laissa a ses 
descendaos , qui se sont intitules tanldt de Lu- 
mey, tantdl de la Marcke. Les armesdu seigneur 
de la Marcke etaient de gueules a un lion d'argent 
couronne d'or. 

91063 Vies, vieille. 

21065 Pie'ron de Douwai , Pierre de Douai 



intervint en 1214, dans le traite conclu entre 
le roi de France et la comtesse Jeanne , pour la 
delivrance de Ferrand. Hist, franc., XVII, 105, 
B. Roger de Hoveden le qualifie de miles optimus 
et familiaris comitis Flandriae, ib. 598, A. 

21072 Sainnie's , repose , remis en sante 
(sanus), plul6t que saigne. 

21074 Henris, Henri Clement, marechal de 
France. Sa famille etait du Gatinois ; elle s'6tei- 
gnit des le milieu du XI1I° siecle ; apres avoir 
donne des ministres d'Etat, plusieurs marechaux, 
un archeveque de Rouen et un eveque d'Auxerre. 
La Chesnaie des Bois , Diet. gene'aL, 1757, 1, 480. 

21084 Trompeour, ceux qui sonnent de la 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



333 



21085 Esranment la vile asalirent , 
Et Flamenc la vile guerpirent. 
Francois i .sont moult tos entr^ 
Et ont partout le fu boute. 
Et quant tout orent desairil, 

21090 Si sont a Lille repairie, 

Leur gaaing i fisent mener. 
Mais li rois vot a aus parler. 
Si les raanda et il alerent 
Al roi Felippre, et si parlerent. 

21095 S'a li fius le roi aconte 

Qu'il avoit a Tournai est^. 

Entretant fist li quens Renaus 
Et Hue de Bove , li biaus , 
Ki le roi ne porent amer, 

21100 Tant k'il vinrent de qk la mer, 
Et aport&rent estrelins, 
Hanas, coupes et maserins. 
Tant en donnerent k Ferrant 



Prise de Courtrai. 



Cette grille est pillee et 
incendire. 



Intrigues de Renaud, 
< orate de Boulogne, 
et de Hugucs de 
Bovcs. 



trompette; or ens, maintenant , dedans ; sus, 
entrons. 

21089 Desairie , ravage, delruit. 

21098 Hue de Bove , seigneur picard de la 
maison de Coucy, comme on l'a marque plus 
haut. II n'etait pas comte de Boves, ainsi que le 
dit M. Lebon, Mem. sur la bataille de Bouvines, 
p. 26. 

21 101 Estrelins; le troubadour Gaucelm Faidit, 
se plaignant des retardemens du roi Philippe- 
Auguste , qui aimait mieux faire la guerre en 
Normaodie contre les Anglais, que de conquerir 
la Terre-Sainte , dit : 

Qu'el reys cui es PariU T 
Vol mais a Sant-Daunis , 
O lai en Normandia , 
Conquerr' esterlilz , 
Que tot qu'en Saladis 
A ni ten en baillia. 

Que le roi qui est a Paris, 



Aime mieux a 8. Denis 
Ou dans la Normandic , 
Conquerir des (e*cui) sterling. 
Que tout ce que Saladin 
A et tient en sa puissance. 

Hist. litt. de la France , XVII ,491. 

21102 Maserins, Garin-le-Loherain , public 

par M.P.Paris, II, 79: 

U m'ont tollu et mon pain et mon vin 
Et mon coutel, mon henap maserin, 

Sur quoi l'editeur met en variantes mazelin et 
mazer in, en remarquant que des diverses inter- 
pretations de ce mot , la plus yraisemblable se 
rapporte au mot flam and maezer (maeser) , Arable , 
dont le bois servait , chez les anciens peuples du 
Nord , a faire des coupes plus 011 moins recher- 
chees, suivant les ornemens dont on les char- 
geait. Maserin vient plutdt de Tallemand maser 
d'ou le flamand maeser, Voy. Du Cange , au mot 
MASERinus , Mone , Anzeiger, etc., IV, 538. 



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334 



CHRONIQUE 



Gautier d'Avesnes. 



Mortagne. 



LcsFUmand* aTournai. 



Qu'il lor a juret tot esrant 

21105 Sairement contre son signour, 
Dont il ot puis grant d&ounor. 
Tant doun£rent et tant promisent 
Hue et Renaus qu'as& i fisent. 
Siergans orent et cevaliers 

21110 K'll donnoient avant deniers. 
A Valencienes s'atrav^rent , 
Et trestout lor pooir mand£rent , 
Quar il orent le roi quoissi , 
Ki venus estoit a Oiszi. 

21115 Gautiers d'Avesnes i estoit, 
Qui de lui aidier s'aprestoit 
De son core et de.son argent. 
Mais li rois avoit poi de gent. 
Si sen parti tot droit a nonne . 

21120 Rates s'en est dusq'& Pteronne. 
Mais ]k avoient tant bras^ 
Cevaliers , bourgois et cas£ , 
Que Tournais, ki mot n'en savoit, 
Al conte Ferrant se tenroit. 

21125 Droit a Valencienes entr'aus 
Fu pris et bastis li consaus , 
De la s'en partent , si s'en vienent , 
Droit a Mortagne se logierent , 
Et lendemain . tout leur cemin , 

21130 Vinrent a Tournai bien matin , 
Quar Ferrans en iert bien s&irs. 
Et li bourgois furent as murs , 



21111 S'atraverent, s'&ablirent. 

21115 Quoissi , apercu , decou ver t . 

21114 Oiszi, Oisy. 

21119 A nonne, la neuvieme heure du jour, 
celle de trois heures apres-midi , le soir. L'eglise 
a conserve cette division du temps. 

21128 Mortagne, sur l'Escaut, presde Valen- 



ciennes , qu'il ne faut pas confondre avec Mor- 
tain , dans le depart ement de la Manche et dont 
il a &e question precedemment sous le nom 
de Mortuel, Cette confusion se trouve dans le 
tome VI de YHistoire des Francois, de M. de 
Sismondi. 

Vienent et logierent, rime imparfaite. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 335 

Ki de 5011 ne sayoient mot. 

Cascuns s'atira, com mious pot. 
21135 A desfendre, comme preudom; 

Quar la vile ert de grant renon. 

Et li Flamenc et Hainnuier, 

Bourgois, siergant et ceyalier. 

As Pr&-Porcins sont atrav^, LesPrcs-Pordn*. 

21140 Maint confanon i ot lev^. 

Et la nouviele vint au roi 

Qu'il oreat ja fait tel desroi , 

Que $a chite assise avoient 

Et que destruire le voloient. 
21145 Dolans en fu li rois forment. 

Si fist apieler esranment 

Gerart la Truie, et il i vait. 

Et si estoit encore em plait 

Viers lui , k'il iert partis , sans fin , 
21150 De la guarnison de s'engin, 

Pour (ou que ses fius Lofys 

Ot (aus de Salines remis 

A Tornai , dont banit estoient, 

Par quoi La Truie moult haoient; 
21155 Mais il iert au roi acord&. 

A Pieronne en estoit al&, 

Apieles fu devant le roi. 

« Truie, dist li rois , jou vos proi . 

Qu a Tournai droit vous en ales , 
21160 Et mes laitres i porter&. 

Dites-leur qu'il auront soucors. » 

Girars s'en est partis le cours, 

21148 Estoit em plait, en proems, discus- Truie, aurait besoin d'etre £claircie par quel- 

sion , disgrace. ques details que nous n'ayons pas trouves dans 

21150 Guarnison, defense; des'engin, deses les ecrits du temps. Salines, peuMlre sa lines. 
machines. 21158 Proi, prie. 

21151 Cette raison du mecontentement de La 21162 Partis le cours , parti au plus tot. 



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336 CHRONIQUE 

Le pais sot et la contr^e . 

Si est passes a mainte estree. 
21165 A Tornai vint a rai^nuit, 

Dedens entra, qui qu'il anuit, 

Ses laitres as borjois livra 

Et de par le roi leur jura 

Qu'il auront soucors s'il se tienent , 
21170 Quar li Francois durement vienent. 

Et c'iert viert^s prouve^ment 

Quar li bons rois, tot esranment 

Que La Truie sen fu partis , 

A CCC cevaliers de pris , 
21175 Pour Tournai sa cit^ soucorre, 

Fist ses mesages avant corre ; 

Et li boins mariscaus Henris , 

Li sages , li preus, li petis, 

Pour miols destraindre les Flamens, 
21180 Fu avoeques; s'orent grans gens. 

Tot droit a Lille cevau^a , 

Mais li quens Renaus s'avan^a 

Et Hues de Boves esrant, 

Et vinrent al conte Ferrant ; 
GuiUaume - Longue - 21 185 Guillaumes-Longe-Esp^e ausi . 

Epec A parlement traisent ensi 

Li castelains et li baron. 
Toumai est emporte et Par leur consel , tot environ 

saccag par crran Fisent asaillir durement. 

21190 Et li bourgois tot esranment 
Bout&rent es fourbors le feu , 
Comme gent qui bien furent preu , 
S'il n euissent est^ trai. 

21163 II connaissait le pays. du roi Henri II et de la fameuse Rosemonde de 

21164 Estree, chemio, flam, straet. Clifford, epousa , en 1196, la fille de Guillaume , 
21176 Corre , courir. comte de Salisbury, dont il fot le succes- 
21185 GuMaumes-Longe-Espe't, ills naturel seur. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



337 



Cruelment fureut envai. 

21195 Fondent maisons, fondent celier. 
Fondent loges , ardent solier. 
Tot le pais ont mis a fuer 
Ausement c'on a giet^ puer. 
Tout droit a la porte des Maus , 

21200 La fu grans et fier li asaus. 
Hue de Wastine i fu pris , 
Et maint bourgois i ot soupris. 
Et s'ont asailli d'autre part , 
Droit a la porte de S*.-Mart. 

21205 Et k la porte S*.-Martin 

Ot grant barat et grant hustin. 
Toute l'abie ont d&iert^e, 
Arse, desreub^e et gast^e. 

Donques la nuit prisent respit . 

21210 Et tant i ot braset et dit, 

Par barat et par mesproison , 
Con dist qu'il i eut traisson. 
Quar rendue fu la chit& , 
Dont il i eut plusiors retes , 

21215 Sans grevemence k'il &issent. 



Hugues de la Woeitine. 



21195 Fondent, Guillaume Guiart, decriyant 
la prise de Lille , non par le comte 7 mais par 
le roi, se sert de la m&ne expression, torn. I, 
pag. 249 : 

Li v&ssiex ces sales fondrm 
Et ces biaus hostiex craventer, 
Eofanx et femes dementer ; 
Menesteriex braire et crier; 
L'un ocire, l'autre lier, 
Et la Yile aus Francois pourprendre. 
Tous ceux c'on puet ilenques prendre, 
Furent apres serf leur a age; 
Et leur fist li rois tel hontage, 
Que pour les plus tost enseingnicr, 
Les fist tous d'un fer chaus seignier, 
La , dedans leur vile meisrae , 
Come Ten fait en paie*nisme. 

Tom. II. 



21196 Solier j chambres hautes. 

21197 Fuer, fourrage. 

21198 C'on a gielSpuer, qu'on a jete dehors. 
C'est-a-dire toute la ville fut traitee comme un 
pre dont on jette dehors le fourrage. 

21201 Hue de JTastine, Hugues de la Woes- 
tine, dont le nom est mal ecril de la Gastine 
dans la traduction de Jacq. De Guyse , XIV, 79. 
La terre et seigneurie de la Woesline etait une 
ancienne baronnie de Flandre , au quartier de 
Bruges. Elle passa par mariage dans la famille 
de Ghistelles, ou elle demeura jusqu'en 1579. 
L'Espinoy, pp. 126,127. 

21214 Retes , accuses. 

21215 Grevemence, punition. 

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338 



CHRONIQUE 



Les bourgeois »ont tra- 
nis. 



Rasse do Gavre accorde 
ua sauf- conduit a 
Gerard La Truie. 



Ph. Mouskes lemoia 
de la prise de Tour- 
nai. 



Mais volentiers tenu se fusent 
Li bourgois , qui mot n'en savoient . 
De la traison qu'il faisoient 
Cil qui *e d£ussent penser 

21220 D'aus et de la cite tenser. 

Tant en pesa Girars La Truie , 
Que les Flamens trop en anuie; 
Si qu il le menacierent tuit. 
Et il a deraandet conduit 

21225 Rasson de Gavrfe fors de Tost, 
Et on li a liyr^ tantost. 
Moult i avoit faites grails pertes. 
Les portes lor furent ouviertes : 
Bien le savommes ki la fumes. 

21230 A teus us et & teus coustumes 
L'orent que li rois Tot tenue, 
Moult en pesa la gent menue 
Et les plu6 haus de la cite , 
Ki de la loi furent giet^. 

21235 La traisons par fu si quoie, 
Jou ne sai qui blasmer en doie, 
Mais Ferrans et li quens Renaus 
En esploitierent, comme faus, 
Et cil de Boves , par sa gille , 

21240 Qu'esranment qu'il orent la vile, 

Des bourgois vorent prendre ostages 
(Et) des plus rices et des plus sages. 
Mais nus bourgois n'i vot entrer. 



21220 Tenser, defendre. 

21229 Bien le savommes ki Id fumes, cette 
circonstance est remarquable, ainsi qu'on l*a 
deja dit , et rend precieux le t&noignage de notre 
auleur. Toy. dans ['Introduction de ce volume, 
l'analyse de la seconde partie. 

21234 De la loi furent giete, J. De Guyse, 
XIV, 88 ; dit que Fernand envoya a Gand la plus 



grande partie de Fancienne loi de Tournai : 
Majore parte legit antiques ad Gandavum in 
ostagiis trunsmissa. 

21236 Jou ne sai,... On accuse de cette trahi- 
son Gandulfe, seigneur de Mortagne-sur-l'Es- 
caut , chatelain de Tournai. 

21238 En esploitierenl , arrangerent tellement 
les choses. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



339 



Et li Flamenc , sans demorer, 
21245 Pour $ou que Ferrans fu slurs, 

Abatirent portes et murs. 

Mais adont lor vint teus novieles , 

Qui ne leur fu plaisans ne bieles, 

Quar li bons mariscaus Henris, 
21250 Ki n'iert pas de cuer amenris , 

Vint a Lille, a tout son barnage, 

Preudomes et de grant vaselage. 

Et si iert li quens de S^-Pol , 

Gauciers, c'on ne tint pas k fol. 
21255 Este-vous atant I mesage, 

Moult bien parlant a loi de sage , 

Al mariscal dist souplement 

Que Tornais iert vilainnement 

Trais et rendus k Ferrant. 
21260 — « Or me di , fait-il tot esrant, 

Sls-tu point de la tralsson 

Qeus gens i fisent mesproison , 

Et quel sanblant i fist La Truie? » 

— « Sire , dist-cil, moult Ten anuie , 
21265 Et moult blasma l'afaire anfois. 

Atant s'ont disarmi Francois , 

Et La Truie s'en est iscus 

De Tornai forment irascus. 

Mais conduit li convint avoir. 
21270 Et il ot pris, par son savoir, 

Rasson de Gavre pour conduire , 

Quar Flamenc li voloient nuire. » 

Conduis fu , si s'en vint a Lille , 

Voit maint ceval c'on i estrille. 
21275 Devant l'ostel al mariscal 

Descent La Truie del ceval , 

21254 Gauciers, Gaucher ou Gaultier de Chi- epouw Elisabeth, fille ainee de Hugues IV, 
tillon , 61s de Gui II, de Chatillon-eor-Marne , comte de S l .-Pol. 



Les Francais a Lille. 



Gaucher de Chdtillon , 
comte de S»-Pol. 



La Truie injustement 
soupconne de trahi- 
jon. 



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340 



CHRONIQUE 



Etat deplorable de la 
ville de Tournai. 



En la sale s'en est months. 
La fu li afaires cont&. 

— « Or tost ?a , dit li mariscaus , 

21280 Demain , quant cantera li gaus, 
Irouraes les Flamens y&>ir. » 
Trestout ensi remest le soir, 
Mais une espie s'en torna , 
A Tornai yiunt, si leur conta; 

21285 Et il s'armerent par matin 
Et lues se misent al cemin , 
C'onques Francois n'i atendirent. 
Leur gens ca et la depart i rent. 
Et li mariscaus tos arm& 

21290 Et ses barnages acesm^s 

A Tornai vint a grant conroi ; 
Si a yiu le grant desroi. 
Si tr&s-durement Tern pesa , 
Que des ious de son cief plora. 

21295 Et les dames et li bourgois , 
Qui l'avoient cr&nu an$ois 
Li ont cri^e la mierci : 
« Sire , pour Dieu ki ne menti , 
Consilli& ceste lasse gent 

21300 Qui tant sont iriet et dolant: 

Pour Dieu avoec nous demor& , 
Sire . et la cit^ referm^s. » 
Et li mariscaus respondi : 



21280 Li gaus , le coq, ga(U)us, appele Chan- 
tecler, dans le roman du Renard. 

21282 Ainsi se passa la soiree. 

21285 Espie ,espion. 

21294 Des ious de son cief plora. Ces hommes 
qui ne s'appliquaient guere a comprimer leurs 
passions et se montraient si souvent inexo rabies, 
s'abandonnaienl parfois a la pitie et a la douleur 
avec si peu de management , qu'aujourd'hui on 



les accuserait de faiblesse. Ainsi Gibbon et This- 
torien des croisades , M. Michaud , ont observe 
que les heros de Villebardoin pleurent el se 
lamentent presque aussi souvent que ceux de 
Virgil e. Cette observation peut s'etendre a grand 
nombre d'auteurs du moyen age, du moins a 
ceux qui ont le plus fidelement reproduit la 
pbysionomie de leur epoque. 
21299 Lasse, malheureuse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



341 



« Del demorer rien ne yos di , 

21305 Mais venes ent manoir en France , 
Quar ci n'a point de recouvrance. 

Atant ont leur consel fin£. 
Lendemain quant fu ajorn^ , 
S'est armes li bons mariscaus 

21310 Avoec ses barons les plus haus. 
A S'.-Nicholai fu soupris 
Robues de Rume et la fu pris; 
Puis en sont a Mortagne ate, 
Si ont prise la fermet^ , 

21315 Qu'il n'i estut gaires combatre, 
Et il en fist les murs abatre. 
Mais en la tour ot cevaliers , 
Cil se rendirent volentiers. 
A Tournai s'en sont retorn£, 

21320 Et lendemain sont aroute, 

Pour a Lisle raler tout droit, 
U leur harnas rem& estoit. 
Si a loet li mariscaus , 
Primes as bas et puis as haus, 

21325 Qua Lisle yoisent u en France : 
A Tornai n'a point d'arestance. 
Et li bourgois de totes pars 
Karaites ont quises et cars , 
Bouroaites , ribaus , soumiers , 

21330 Roncis et jumens et coliers. 



' Robert dc Rumes. 



Prise duchAteau deMor- 
tagne-sur-1'Escaut . 



Les habitant dc Tour- 
nai se refugient a 
Lille et en France. 



21312 Robues de Rume, il fut prisa Bou vines, 
et Gerard La Truie repondit pour sa rancon. 
Rumes est une terre voisine de Tournai et 
d'Anloing. — Le vers est trop long. 

21314 Fermele, chateau. 

21315 Estut, convint , fut necessaire. 
21320 Aroute, mis en route. 

21323 Loet, conseille. 

21324 Aux petits comme aux grands. 



21326 Arestance , moyen de rester. 

21328 Karaites, charrettes. 

21329 Bouroaites, brouettes, tombereaux. Du 
Gange cite les vers 21328-30, au mot birotui ; 
ribaus, portefaix. 

21330 Coliers, b&tes ou personnes de charge; 
le mot colis, quoiqu'il ne soit pas admis dans le 
Dictionnaire de Vacademie , est encore en usage en 
Bel gi que, pour signifier un objet de chargement. 



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342 CHRONIQUE 

Kioutes , cousins , tapis et dras , 

Caudieres et pos et hanas 

Font cargier, et puis lor enfens , 

Les uns petis, les autres grans. 
21335 La v&si& moult de borgoises 

Plorer pour lor grandes ricoises, 

Et pour enfans et pour maris, 

Que tristres voient et maris , 

Et laissier lor grans iretages 
21340 Pour aler en autrui ostages. 

A Lisle vinrent. la demeurent, 

Li 1 crient , li autre pleurent. 

Ca et la se sont hierbregiet 

Et li plusiour se sont logiet ; 
21345 Et Tournais et li rice m& 

Sont tout seul et gaste rem&. 

Li mariscaus lors s'en ala 

En France , et le roi si conta 

Comment li bourgois, que ?'on die, 
21350 Ont toute la cit£ vuidie, 

A Lisle sont venut manoir, 

A cuer dolant et tristre et noir.; 

Et cil en sont fuiant tourne, 

Qui gr^v^e orent la cit^, 
21355 Dont la forterece estoit r&ze : 

Ensi est la cose rem&ze. 
Kem.nd se prwcnte Puis avint que la gent Ferrant 

p ar c j evan |. S*.-Omer esrant 

S'en al&rent, darmes espris. 
AmouiddeGavre. 21360 Si fu Ernous de Gavre pris. 

Devant les lices , u il vint , 
Le prisent siergant plus de XX, 
Et al repairier s'en revinrent 

21331 Kioutes, matelas. 21545 Me's , habitations. 

21340 O st ages, demeures. 21361 Lices , retranchemens , paliasadea* 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



343 



Pardevant Lille, et la se tin rent. 

21365 Alors de Bourgiele broga, 
Jusques as siergans apro$a 
Lance baisci^ pour f&rir, 
Et cil li sorent bien merir. 
Pris fii et men& en prison , 

21370 Non pour quant encor Ten prisse-on , 
Puis asisent Erkinkehen . 
Sans rien faire ; mais Bonehen 
Prisent a force , quar li rois 
S'en iert al& et ses karois , 

21375 En Poitou, avoeques son fil 
Lofys r le preu, le gentil. 
Le conte de S*.-Pol par non , 
Gaucier, ki fu de Castillon , 
Ont laissiet en son liu en France . 

21380 Pour faire partout soucourance. 
Si garda bien Erkingehen, 
Mais ce ne fist-il Bonehen ; 
Ainc furent pris a dur asaut, 
Quar li soucors rien ne lor vaut. 

21385 S'en fu durement air^s 

Li quens de S'.-Pol, et blasmes 
Del roi et del conte de Gisnes , 
Ki ferm^ Tot pri& des marines. 
Tout leste ensi demora , 

21390 Tant que Ferrans a Lisle ala. 



Prise de Tournehem (?). 



Fernand s'empare de 
Lille. 



21565 Bourgiele, Bourghelles. Poy.v.20810 
et 20977. 

21370 Prisse, prise, estime. 

21571 Erkinkehen, Erquinghem. V. 21053. 

21572 Bonehen, Tournehem plutdt que Born- 
hem y puisque plus has il est dit que ce chateau 
etait voiein de la mer. Voy. v. 21054 et J. De 
Guyse, XIV, 96, Meyer, Ann., fol. 68. Les 
Memoires de la Societe des antiquairet de la 



Morinie, 1 , 229-251 , contienneot line notice de 
M. Pigault de Beaupre , sur le chateau de Tour- 
nehem. 11 n'a point dit que ce lieu, dont Anne 
de Borselen possedait la seigneurie , eut l'hon- 
neur d'etre quelquefois habits par son protege , 
l'illustre Erasme. 

21587 Conte de Gisnes, Arnoul 11 , comtede 
Guines. Du Chesne , Hist, genial, des Maisons 
de Guines, etc., pp. 155 et suiv. 



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344 



CHRONIQUE 



Lcs Francis la prcnnent 
A leur tour et la sac- 
cagent, 1213. 



Od ses Flamens la vile asist , 
Tant que par traison la prist. 
Quar li quens Renaus i estoit . 
Ki moult durement se p&ioit . 

21395 Et Hues de Boyes ausi. 

Et si estoit , j'el sai de fi . 
Li quens Guillaumes Longe-Espee, 
Ki pour aus ot la mer pass£e , 
Et si estoient li Flamenc 

21400 Et Hainnuier a eel bestenc. 

Tout niaugr£ les omes le roi . 
Rendirent la vile a desroi 
Li bourgois , qui garder le durent , 
Mais puis ass& greves en furent. 

21405 Et Brisses de Bari entra 

En Diergnau, que li rois ferma. 
Si entrerent si cevalier 
Et siergant et arbalestrier , 
Avoeques l'autre garnison, 

21410 Dont ass& i ot par raisson. 
Et Ferrans et sa compagnie 
Ont toute la vile saisie. 
Si ont lor cevaus descouviers , 
Hierbegiet sont, ja fu iviers. 

21415 Droit al roi vint ceste noviele, 
Ki ne li fu de gaires biele. 
Sa gent manda moult vistement 
Et vint a Douwai esranment. 
Et lendemain, bien par matin , 



21405 Brisses de Bari, Brice des Barres. 

21406 Dierynau, voy. v. 21047. Le chateau 
de Darnel ou d'lernau. 

21415 Des couriers, desselles, d£caparaconnes. 
Dans la Collection des Memoires relatifs a Vhist. 
de France, qui porte un nom illustre, on a 



insert une traduction de la Philippide , ou les 
mots vidit equos militutn coopertos, sont rendus 
par il vit des chevaux converts de chevaliers , au 
lieu de chevaux caparaconne's ! Ce conlre-sens , 
qui n*e8t pas le seul ; a ete remarque par 
M. Lebon, pp. 5, 131. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 345 

21420 Sont Tiers Lisle mis al cemin , 

Et quant les gens Ferrant le sorent , 

De la yile , com il ains porent, 

Sont issu , Tiers Courtrai s'en Tont , 

Et li bourgois alet s'en sont; 
21425 Et des dames a grant plenty. 

Ki n'orent pas leur Tolent^ , 

Cargent enfans, cargent ricoises. 

Et li bourgois et les bourgoises , 

Li plusiour furent &s moustiers 
21430 Entr^, car il leur fu mes tiers. 

Pour le paour de nos Francois , 

S'en furent alet li bourgois ; 

Mais il n'i ga£gnierent preu , 

Quar on bouta partout le feu, 
21435 Si ont trestout ars et fondu, 

Et li mur furent abatu , 

Et Diergnau fu ars et minis. 

Lors s'est li rois acemin&, 

Vint a Douwai , sans nul sdjour, 
21440 Et fist moult bien garnir sa tour. 

Brission de Bari manda 

Et la Tile li coumanda 

A garder, et Girart La Truie ; 

Et que de rien ne leur anuie , 
21445 El castiel laissa garnisson 

A grant plente et guarisson , 

Et en la Tile a grant plenty 

Tant qu'il fu k leur volenti. 
Jusqu a Paris n'est ariest&, 
21450 Passa iTiers, reTint est&, 

Que rosignious , mierle et mauTis 

21446 Guarisson, garan tie , precaution; Ca- 21451 ^faut?t# , alouette huppee , petite grive, 

pefigue, Hist, de Ph. Aug., 1829, III, 195. mauvietle. 

Tom. II. 44 



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346 



CHRONIQUE 



L'empereur Otton IV 
a Valenciennes. 



Diviers cans font en lor avis, 

Et l'aloaite el tans de mai 

Les jovenenciaus met en esmai. 

21455 Chevalier font reubes novieles , 
Lorain s ont nu£s, escus et sieles. 
Hues de Boves et Renaus 
Vorrent pourfarnir lor encaus. 
Aval tiere s'ont tant p^ne 

21460 Qu'Othon , le roi , ont amene 
A Yalencienes , sor l'Escaut. 
Pour fou que del roi ne lor caut , 
Sdjorner le fisent aluec, 
Et le due de Lenbourc a wee , 

21465 Et li dus de Louvaing ausi. 
Et li quens de Lus les mi 



21452 En lor avis, suivant leur fantaisie. 
Nous avons remarque ailleurs que la description 
du printemps etait un sujet que traitaient volon- 
tiers les trouveres. G. Guiart, au milieu de ses 
recits de guerre , dit pareillement, II , 151 : 

El tens que fleurissent boscages , 

Que li oisel qui sont es cages , 

Es jardins et es buissonnez, 

Enforcent leur jolis sonnes, 

Que la mauvis tes chani acoustre, 

Et que violcte se moustre , 

Qui a toutc genne (j'eune) personne 

Araoureuse leece donne , 

Si com par nature reroir, 

Que li tres douz tens fait freooir 

Aus amaus la cbar et les os , 

Assemble Phelippe *e$ os. 

21454 Jovenenciaus , precedemment ce mot 
a &e signale comme trop long , a moins qu'on 
ne prononqat jouenenciaus , ce qui est vraisem- 
blable. 

21456 Lorain* , brides; nues, neuves. 

21458 Torrent, voulaient; pourfurnir, ache- 
ver; encaus, entreprise. 

21459 Aval tiere, se rapporte a Valenciennes; 
Aval tiere designe les Pays-Bas. 



21460 Othon, Olton IV, qui epousa Marie, 
fille du due de Brabant. 

21464 Le due de Lenbourc , Henri III et non 
pas Waleran , comme dit Meyer. 

21465 Li dus de Louvaing, Henri I" (II), dit 
le Guerroycur. 

21466 Li quens de Lus, peut-6tre celui dont 
G. Guiart, dit, I, 255 : 

Li quens qui justisoit Lyncestre. 

La Chroniqne de S'.-Denia (XVII, 403, B) 
donne par erreur a Guillaume-Longue-Epee , 
le titre de comte de Lyncestre et le distingue du 
comte de Salisbury , confusion dans laquelle ne 
tombe pas G. Guiart. Mais il y a une difficulty, 
e'est que Ton ne trouve pas ce titre de Lyncestre 
dans les ecrivains anglais , de sorte que nous ne 
saurions dire avec certitude , quel est ce comte 
de Lus, dont il sera encore question plus bas. Use 
pourrait que ce fut le comte appele le Pelu dans 
la Chronique de Flandre de Sauvage , et Pilot us 
par Le Breton , e'est-a-dire le Raugrave, ou le 
comte de Hollande selon D. Brial et M. Capefigue. 
Quoi qu'il en soit , le Quens de Lus est rappele* 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



347 



A Valencienes, en la sale. 
Et si fu Biernars d'Ostemale , 
Et si fu Conras de Tremougne, 
21470 Si com(me) l'estorie tiesmogne. 



Enperais des Francais. 



aussi dans une inscription mise , en 1214, sur la 
porte de S'.-Nicolas , qui fut construite a Arras, 
en cette annee. FerreoliLocriiChron., 578. Nous 
la transcrirons presque tout entiere , parce 
qu'elle se rapporte aux ev£nemens qui vont 
suivre : 

Maistre Pieres de 1' Abeye 

Fit de ce (cest?) oeuvre la maistrie. 

En apres 1'incarnation 

J&u , ki sofri passion. 

Eut XII cent et XIV ans, 

Que ceste porte fait ; el tans 

Fu quant syre de cet pays 

Estoit Messyre Loweys, 

Li fieu Felipe, le buen roy. 

Flamenc li fisent maint desroy. 

Mais DS (Dieu) lc roy tant onora , 

Que as gens que lo (l'on) luy mena, 

Cacba de camp en mains d'un jor, 

Otbon , le faus empereor, 

Et prist V cuentes avec luy, 

Ki li orcnt fait maint anuy. 

Si ert de vengier desirans , 

Li uns ot non li cuens Fernans (Ferrans) 

A qui ert Fl and res el Haynaui , 

Et li autres fu cuens Raynaus , 

De Dantmartin et de Bologne : 

Et li tiers fu d'otre {outre) Cologne, 

Si ert de Tinkeneborc (Teklenbourg) syre : 

Li quart fu cuens de Salebrie, 

Ce fu Guillaumes Longespee , 

Qui par la guerre ot mer passee , 

Frere estoit le roy d' Angleterre , 

Ki ja ot nom Jobans-sans-Terre : 

Et li quins fu li cuens de Lus, 

Et trois cen* cbevabers et pins , 

Que mort que pris , sans nul delay. 

Entre Bovines et Tournay, 

Avint ceste cbose ccrtaine, 

El mois de juil une depmaine {sepmaine) , 

V jors avant aoust entrant, 

Et droit XXXVI ans devant, etc. 

21467 La Sale, la Salle-le-Comte. Foy. la 
XVII diss, de Du Cange , sur Joinyille. 

21468 Ostemale, Hostmar, dans l'evechl de 



Munster, appele* aussi Ostemare et Hotemare, 
Hist, fb., XVII, 98 C, 101 B, 102 N., et Ostre- 
male ou Ostemale } dans la Ghron. de S 4 . -Denis, 
ib., 405 B, 410 D. Or, Meyer, fol. 68, ecrit 
Hostermalus ; Haraeus , de Oistremala et Oostre- 
malus , a quelqucs lignes de distance. Oostmalle 
est une commune de Tarrondissement d* An vers, 
et Orsmael est dans Tarrondissement de Tirle- 
mont. On pour rait done croire avec quelque 
fondement, qu'il s'agit d'un seigneur brabancon, 
encore que , malgre son importance , il ne figure 
point parmi les nobles vassaux de ce temps-la , 
enumeres par Butkens, I, SI 9 et suiv. Mais, 
dans la traduction de J. De Guyse, XIV, 151 , 
qui a suivi ici la Ghronique en prose de G. Le 
Breton , on fait de Gerard de Hostemale , un 
comte allemand prepose a la garde de l'empe- 
reur $ le texte ne dit pas, il est vrai, qu'il fut 
comte, toutefois s'il ne s'explique point non 
plus sur le pays de ce personnage ; la table du 
XVII* vol. du Recueil des Hist, fr., le designe 
formellement comme chevalier teuton , miles teu- 
tonicus, Dans G. Guiart, nouslisons : 

Si fu li sires d'Ostimale , 
Se geci (je ci) ne di le re vers. 

Le m£me auteur ajoute plus loin qvfHostimale 
(sic) etait de Yeschiele de l'empereur Otton, il 
fut mdme charge de garderlabanniereimperiale, 
ce qui semble indiquer un chevalier allemand. 
Bernard <T Ostermale , grand seigneur allemand, 
dit en efiet M. Lebon, p. 154. 

21 469 Conras de Tremougne , mal appele dans 
Meyer, Annal., fol. 68 , Conradus Cremonensis, 
et, dans la Chron. de Flandre, de Sauvage, 
p. 34 , Conrad de Cremonne. La meme faute se 
trouve dans G. Guiart , 1 , 254 : 

Courrat, le conte de Cremoingne, 
Qui gouverna toute Wafale. 



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348 



CHRONIQUE 



Robert deDrenx. 



Si fu li quens de Salesbiete , 

Qui li rois vosist iestre en biete . 

Lorgne , Flamenc et Hainnuier 

Et Braiben$on, pour guerroier. 
21475 Venues sont toutes lor gens , 

La fu d^partis li argens. 

Vinrent commugnes et vilain , 

Tot Valencienes fisent plain. 

Si manderent en Engletiere 
21480 Que commencie estoit la gierre. 

Passer font le roi en Poitou , 

Mais il n'ot mie de gent pou. 

Ains en ot plus la moiti^ toute 

Que li fius le roi ne sa route , 
21485 Mesire Lo^ys, &iist, 

Ne que nus d'aus faire p&iist. 

A La Rociele est ariyes , 

Droit a Nior s'en est ates , 

Si a la guerre commence 
21490 Et moult durement effbrcid 

Gontre mon signour Lo^ys , 

Qui rem& estoit el pais. 

Donques fu pris al pont de Nantes, 

A tant de gent , jou ne sai quantes , 
21495 Robiers, fius le conte de Dreus, 



Butkens qui, tout genealogiste qu'il elait, ne se 
piquait pas d'une grande exactitude sur les 
nom8 ; ecrit Conrard, comte de Trimone. Thophees 
de Brabant, I, 183. M. Lehon , Memoir e sur la 
bataille de Bouvines, p. 29, fait deux personnes 
distinctes du comte de Dormont (tic) et de Con- 
rard de Tremogne. C'etait Conrad, comte de 
Dormund ou Dortmund , en Westpbalie. 

21471 Salesbiete, Salisbury. Guillaume-Lon- 
gue-Epee. 

21472 En biete , en bete, comme Nabucho- 
donosor. 



21473 Lorgne , ce mot s'est deja present^ au 
premier volume et on l'a interpret* conjectura- 
lement par habitans du comte de Looz; ne 
serait-ce pas Lorrains f Car G. Le Breton dit 
(XVII, 248, D) : 

Excitat ex alia Lotharingos parle bilingues 
Dux SUMS, 

21484 Route, troupe, corps d'armee. 

21487 La Rociele , La Rochelle. 

21488 Nior, Niort. 

21 498 Robiers, Robert, fils aine de Robert II , 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



349 



Ki moult estoit vallans et preus. 
Et si fu pris a eel anui 
Jehans de Lesdaing avoec lui. 
Et li fius le roi ceraucha , 

SI 500 Lo^ys, a mont et en cha. 

Plusior des Poiteyins tournerent , 
Et plusior od lui demorerent. 
Et quant le sot li rois de France , 
Dolans fu de la m&estance 

21505 De son couzin, qui pris estoit. 
Et , d'autre part , si entendoit 
Qu'a Valencienes estoit Othe , 
Que li quens de Boulogne asote , 
Et Hues de Bores apri&. 

21510 Moult par en fu li rois engrtes, 
Manda sa gent et toute s'ost , 
Et il i sont yenut moult tost. 
Quant il a ses barons y^us. 
Jusqua Douwai s'en est venus , 

21515 Et lendemain a Boulain-riu, 
Car il i avoit ass& liu. 

Lendemain a la matinee 
Fu toute Tost acemin^e. 
Al pont de Bourines logierent 

21520 Et li Flamenc, qui renut ierent 
A Valencienes , quant le sorent , 



Jean de Lesdvin. 



Le pont de Bouvincs. 



comte de Dreux. II porta d'abord le titre de 
seigneur de S t .-Valeri , a cause de sou mariage 
avec rheritiere de cette maison , en 1210. 

21498 Jehans de Lesdaing, Lesdain est un 
village a droite de la route de Tournai a Mor- 
tage e. 

21500 A montet en cha, par moots et par yaux. 

21508 Asote, fascine, domine de maniere a 
lui 6ter l'usage de sa propre raison. 

21515 Boulain-riu, Boulanrieux. 



21519 Bouvines, Tillage stir la rive droite de 
la Marque, entre Sainghin et Cysoing ; le pont 
&ait , a cette epoque , place deux cents pas plus 
haut du cdtede Louvil. Mezeray a pris Bouvignes 
sur la Meuse , dans la province de Namur, pour 
Boil vines sur la Marque. Voy, Lebon, Memoire 
sur la bataille de Bouvines.... couronne par la 
Societe d' emulation de Cambrai, an cone ours de 
1833, Paris, 1835, in-8°, avecun plan. II est pi- 
quant de comparer Ph. Mouskes avec G. Guiart. 



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350 



CHRONIQUE 



Le roi de France ricnt 
a Tournai . 



Consel ont pris, com ains il porent. 
Hue de Bove et sa mesnie 
Orrent faite une cevaucie 

21525 A Bohaing, par le Kambresis. 
Si ont gastet tout le pais. 
Et li rois Othe avoit tramis 
A Cambrai III de ses amis . 
Et lor manda qu'il se tenisent 

21530 A lui, et le bourc li rendisent. 
Mais cil de Canbrai se tenoient 
Al roi , dont le confort ayoient. 
Nieules d'Arras estoit dedens, 
Et s'ot od lui moult bieles gens. 

21535 Al roi Othon on rernande 

Qu'il se sont au roi commands 
De France, et a lui se tenroient. 
Othes et cil ki la estoient r 
En furent souple et coureci&. 

21540 Del roi leur fu dist et nonci^ 
Qu'a BouTines estoit venus. 
Adont fu leur consaus tenus, 
Droit k Mortajjne en sont ate , 
Outre l'aigue sont ostein. 

21545 Li boins rois Felippres de France 
Vint a Tornai, sans d&norance, 



21525 Bohaing, dans le departement de 
l'Aisne, arrondissement de S*.-Quentin. 

21533 Nieules d'Arras, Nesles? Lea Nesles 
n*etaient pas d'Artois , mais de Picardie ; et cha- 
telains de Bruges. C'est probablement un per- 
sonnage de la fa mil I e dont le nom est e"crit 
Fieules dans le Guiart de M. Buchon , II , 303 : 

Fieules , Guistde , Havenqnerque (Haverskercke) ; 

a moins qu'il ne s*agisse du seigneur de Fielles 
dont parle l'Espinoy , p. 183. 



21535 On, lisez on*. 

21539 Souple, ce mot ne pent avoir ici In- 
terpretation qu'on lui a donnee precedemment, 
et qui est a peu pres celle qu'on lui donne en- 
core , car Otton n'est pas plus souple apres cette 
reponse , au contraire , il emploie la menace. 
Souple, en cette occasion, pourrait signifier 
emus. 

21544 UAigue, TEscaut; nous avons con- 
serve aiguiere , aiguade 7 terme de marine , 
aiguilj rosee en style de venerie et aigayer, laver . 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 351 

Vit le desroi , Tit le bestenc , 

Que fait i orent li Flamenc. 

A Nostre-Dame , en sa maisson , 
21550 S'en ala faire s'orisson, 

Qu'ele le destornast d'anui 

Et tous ses barons avoec lui. 

A l'aviesprir fu li consaus 

Entre lui et ses barons haus, 
SI 555 Quar li boins rois et sa compagne 

S'en Toloit aler a Mortagne. 

Mais tous li plus en demanier 

Ne li sorent que consillier. 

Quant dite ot cascun sa raison , 
21560 Selonc al mious s'entension . Cwid f , t « B P ai lc$ 

' Franca is. 

Girars La Truie apri& parla. Daconrs de l- Tmie. 

« Sire , fait-il , tous n'ir& la ; 

Trop i a maus pas et destrois , 

Et si a grans vilaitea III 
21565 Et II riveraites avoec. 

Con ne poroit passer illuec. 

Mais retrains Tiers Tostre ti&re , 

Et li Flamenc d&irent gierre , 

Se tous ariere repairies y 
21570 Si diront que tous enfui^s, 

Et lors tos sivront a desroi , 

Com beubancier, sans nul conroi . 

Quar cascuns d'aus violt iestre sire. 

Et tous, sans couronne et sans ire. 
21575 Commandos boine ariere garde, 

Si que ja l'os ne s'en esparde. 

Et si devises tos batailles, 

21557 Li plus en demanier, les plus experi- 21565 Riveraites, petites rivieres, 

mentes. 21571 Sivront, suivront. 

21563 Maus pas t mauvais pas. 21572 Beubancier, fanfarons. 

21564 Vilaites, villettes. 21576 Esparde, ecarte. 



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352 



CHRONIQUE 



Dispositions de 1'armee 
* francaise. 



Et faites aler vos pi^talles 

Pri& de lors armes pour le caut. 

21580 S'ierent entais son les asaut. 
Lors si yeris Flamens venir , 
Ki se metront al couvenir. » 

Trestout ensi fu otroiie 
C'onques n'i ot de rien broite. 

21585 Dormir s'en Tont et reposer* 
Et quant $ou Tint a l'ajorner , 
Li rois devisa ses batailles, 
Et fist ordener ses pigtail les , 
Et le karoit et les somiers 

21590 Aler avant en dementiers. 

Sour le due de Bourgogne esgarde 
Toute la cours l'ariere garde. 
Atant sen ist eascuns des pres. 
Et li rois , qui moult fu tempr& , 

21595 Fist la cite toute widier, 

Quar il ne leur pooit aidier 
Autrement que par la bataille. 
Or n'i a plus raille que Taille : 
Trestout de la bataille orden^ , 

21600 Sont Tiers le pont acemine 
De BouTines , et tout le pas , 
Et par consel et par conpas. 
Et quant li Flamenc Tont 6i 
Durement s'en sont esgoi. 

21605 Lues sont trait a I parlement , 



21579 Pries de lors armes, ayant leurs armes 
pres d'eux , sans etre revStus de leurs armes , a 
cause de la chaleur. 

21580 Entais, pr6ts, bien disposes, intenti. 
21582 Se metront, se rendront; al couvenir, 

a I'assignation. 

21590 En dementiers, pendant ce temps. 

21591 II se reposa sur le due de Bourgogne 



de la conduite de l'arriere-garde. Ce due etait 
Eudes III , fils de Hugues III et d'Alix de Lor- 
raine. 

21594 Tempre's , prudent. * 
21599 Vers trop long. On peut lire : 

Trestout la bataille ordene. 

21601 Tout lepas , tout de suite. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 353 

Si se sont croiste fausement 

Et par grant haste sont arm^ 

Et tout lor vilain acesm^. 

Ne quidi& que de rien vous mente , 
21610 Cou fu main, par I diemence. 

Li rois Othes parla premiers, 

Com cil ki bien fu coustumiers 

De biel parler et gagement. 
» A tous a dit communalment: 

21615 « Signour, diemence est hui Discoorsduroiouon. 

Que nostre Sire a pris sour lui 

Con ne doit ouvrer ne combatre . 

Mais reposer, deduire. esbatre. 

Ja, se Dieu plest , par si haut jor 
21620 N'aurai bataille , mais sdjor. » 

— « Voire . dist li quens de Bologne , 
Grant hounour nous fait qui s'eslongne 
Li rois de France devant nous. 

Or les en laissons aler tous 
21625 Huimais, et pries l'acostons, 
Et demain a lui combatrons. 
S'en ait l'ounour qui Dieux le donne. » 

— « Ce soit, dist Othe, a eure bonne. » 
Quant Hue de Boves I'oi : 

21630 « Sire quens, fait-il, je vous di 
Que tous av& , com mal apris , 
Les deniers au roi Jehan pris , 
Que nous T^oumes as ious tuit 

21606 Sont croisie, ont pris la croix. MA$ « com l'Escriturc tranche, 

21608 Et ont arme tous leurs vilains. " se 7° sa * e dbau f c ' , 

Tous bons horns , ce dott-on gloser, 

21609-10 Mente et diemence, rime deTec- se deveront hui reposer, 

tueuse J main , le matin. M&smement de gens ocire. 

21615 Hut, aujourd'hui. Dans Guill. Guiart, 21620 Sejor, repose 

I, 280, c'estau contraire Philippe-Auguste qui 21628 Huimais, a present; prie's I'acostons, 

tient ce langage : suivons-les de pres. 

Diex ouvra toute la semaine, 21653 Nous veoumes OS tOUS , UOUB YOyons de 

Tour. II. 45 



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354 



CHRONIQUE 



Bataille de Bouviaes, 
27 juillet 1214. 



Que li rois de France s'enfuit , 

21635 Et vous Ten laisi& sain aler. » 

— « Ass& peuissi^s mious ouvrer, 
Dist li quens Hue , cest men^ogne : 
II n'en fuit pas. s'il nous eslogne. 
Jou connois bien le roi de France 

21640 Et ses barons et sa poissance; 
11 n'en fuieroient mie tel, 
Ainc nos feront anqui tot el ; 
Et g'i&re mors u pris , sans faille , 
Comme preudome a la bataille , 

21645 Mais vous en parties fuiant; 

Je le sai bien : pour 90U m'en rant. 
A tant commencent environ 
A rihoter tout li baron. 
Et Ferrans et si cevaliers 

21650 Se commencent a desrengier, 
C'onques n'i ot conroi tenu : 
Jusqu'as gens le roi sont venu 
Leur arbalestrier abridvd. 



nos propres yeux. Cette altercation entre le 
comte de Boulogne et Hugues de Boves, est 
bien dans le ton de toutes celles que les roman- 
ciers supposent entre les chevaliers ; les heros 
d'Homere ne se disputent pas autrement. Ici la 
querelle etonne d'autant plus par son aigreur, 
que G. Le Breton dit (XVII , 249 , C) : 

Ast Hugo tibi, Bolonide, junctissimm hsret, 
Qui Bobiis fuerat dominari not us 

Cujus germanam faciens tibi collateralem 
Participemque tori, meretricis captus amore , 
Circumducebas bellorum tempore in ipso. 

Au surplus, Guill. le Breton, dans saChronique 
en prose , copiee ici par Vincent de Beauvais , 
XXXI, 59, ainsi que par Jacq. De Guyse, XX, 
39 , fait tenir le meme langage a ces deux amis, 
mais quand le combat se montrait deja defavo- 



rable a leur parti. Cum igitur pugna pra mani- 
bus haberetur, ipse (comes Boloniae) dicitur 
dixisse Hugoni de Boves : « Ecce pugna quam 
tu suadebas , ego autem dissuadebam. Tu fugies 
tanquam formidolosus : ego autem subpericulo mei 
capitis pugnabo, et remanebo captus vel inter- 
fed us. » RECUEIL DES HlSTORIERS FBAKCA18, XVII , 

99, A. 

21638 Nous eslogne , s'eloigne de nous. 

21642 Au con tr aire , ils nous feront la tout 
autre chose. G. Guiart, II , 304 : 

Ne refont, a moo avis, el. 

21646 7W,vante. 

21648 Rihoter , s'ebranler tumultueusement. 

21651 Con roi , ordre. 

21653 Abrie've, venus promptement. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



355 



Maint confanon i ot leve , 

21655 Maint quariel trait et maint ceval 
Point et estancie contre vaL 
Mais li arbalestrier le roi 
Lor vinrent devant al desroi , 
Et li visquens de Meteun 

21660 Cevaus i estan$a plus dun, 

Quar il n'orent talent de fuie. 
Ayoec lui fu Girars La Truie 
Et Girars de Marque et siergant, 
Qui partout aloient argant , 

21665 Et plusiour Francois i estoient, 

Ki les Flamens bien encontroient. 
La Truie s'est d'entr'aus partis ; 
Al roi s'en Tint tous aatis, 
(Tout) droit en Tatrie de Borines. 

21670 Si mangoit en coupes dor fines 
Soupes en Tin , et fist moult caut. 
« Truie, dist li rois, Dieux tous saut; 
Que font li Flamenc? vienent-il? » 
-— « Sire , Dieux tous gaart de p^ril , 

21675 Dist La Truie, et si tos arm& , 
Gomme preudom , et acesm& , 
Quar nos aurons ja la batalle. 
V^s-les-ci pri& de nous, sans falle. » 
Dont ora li rois Tiers le ciel , 

21680 De cuer, sans amer et sans fiel, 

Et dist : « Jh&u-Crist , Fius et P&re 
Et S*.-Espirs ., ki tous nos p&re 



Le vicomte de Melon. 



21654 / ot, le sens serait plus complet s'il y 
avait % out. 

21656 Point j perc6; estancie , abaltu. 

21659 Li vitquens de Meleun , Adam , vicomte 
de Melun. 

21661 Fuie , pour la rime, fuire. 



21664 Argant, bataillant. 

21668 Tous aatis, tout Ichauffl. 

21669 sltrie, banlieue. 

21671 Soupes en vin , petits details conformes 
a la Chronique de Flandre, dite de Sauvage, p. 35. 
21681 Pere, faitnaitre, parit? 



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356 



CHRONIQUE 



Michel de Harnes. 



Gerard La Truic. 



Et tous nos fais raorir et virre , 

Vrais Dieux , hui cest jor me d^livre 
21685 D'anui , d'encombrier et de mal, 

Et ?aus a piet et a ceval, 

Que j'ai avoec moi amends , 

Et ma couronae sousten&. 

Et tous , sire S*. -Denis , hui , 
21690 Qui om de ma teste jou sui, 

Gardes ma couronne et mon cief , 

Que n'i soie mis a mescief . 

Vous dev& jyarder la couronne , 

Quar cascuns rois siervage i donne , 
21695 Si com devisa Charlemainne , 

Et jou sui vostre om en demainne. 

Si gardes m'ounor et mon droit , 

Quar tous le dey& al destroit. 

Et tous , dame sainte Marie , 
21700 Guards que ne soit hui marie 

Ma compaigne , ne destourb^e , 

Ne ma couronne desreub^e. » 

Lors joinst ses mains , garda el ciel 

Et puis fist apieler Mikiel 
21705 De Harnes., s'el baissa en foi., 

Et dist qu'il fust le jour od soi. 

Et si baissa Girart La Truie , 



21690 Qui, plutot cut; om de ma teste , expres- 
sion qui r£pond au capite census des Latins et a 
Yhomo capitalis du moyen age. Du Cange, aux 

mOtS CAPITALES HOMINES. 

21696 En demainne , sous votre domination , 
en souyerainete. 

21698 Al destroit } express&nent. On dit en- 
core d'etroites obligations. 

21702 G. Le Breton, chapelain du roi de 
France et son historien , place a quelque distance 
derriere lui et accompagne d'un clerc , se mit a 



reciter despsaumesa haute voix, non sans £tre 
interrompu par des larmes et des sanglots , tant 
etait grande sa terreur. 

21704-05 Mikiel de Barnes , G. Guiart tra- 
vestit son nom en de Barmes, I, 291 : 

Parmi piltons et par gens d'armes, 
La fu navre* Michicl de Barmes. 

II est aussi erronement appele de Harmis, Hist, 
fr., XVII, 97, A, 105 E, etc. 

21705 S'el baissa en foi, l'embrassa comme 
quelqu'un dont on recoit la foi , Thommage. 



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^ v** 



DE PHILIPPE xMOUSKES. 



337 



Et proia qu'od lui se deduie. 

Guillaumes des Bares huga . 
21710 Et moult doucement le baissa, 

Et pria qu'il I'^gart en fin. 

Si baissa Pieron Malvoisin , 

Et Mahiu de Montmorenci. 

Et lors I petit s'avanci , 
21715 Et par le consel de sa gent 

Si a fait bailler esranment 

L'oriflambe de S t .-Denise 

A I cevalier par devise ; 

Wales de Montegni ot non , 
21720 Qui moult estoit de grant renon; 

En foit Ten a baisiet li rois. 

Puis fist ratorner ses conrois , 

Car ja en i ot de logics 

Outre le pont, et par congi&. 
21725 Et li Flamenc tout desrangte 

Se furent ja tant aproci^ , 

Qu en l'ariere-garde ferirent 

Et durement si combatirent. 

Et li autre yinrent esrant 
21730 Aprils la bataille ftrant. 

Renaus , qui fu quens de Bologne , 

Se fu arm&, point ne s'eslonge. 



Guillaunic des Barres. 



Pierre de Muuvoisin. 



Malhieu de Monlnio- 
rcnry. 



L'oritluiiunc. 



Grille de Montigni 



21708 Se deduie, se deduire , sededuyer, veu- 
lent dire proprement se divertir ; en cette occa- 
sion il sexnble dire combattre. Voy. v. 22186. 

21711 L'e'gart, eut egard a sa personne, ou 
bien on peut lire qu'il le gart , qu'il le garde ; 
en fin, fidelement. 

21713 Mahiu de Montmorenci, Malhieu II, dit 
le Grand , seigneur de Montmorency , d'Ecouen , 
Con flans -S lc - Honor ine, Altichy, etc., conne- 
tablede France depuis 1218. Du Chesne dit qu a 
la bataille de Bouvines il abattit et gagna douze 



enseignes imperiales , et qu'en memoire de cet 
exploit, le roi voulut qu'au lieu de quatre ai- 
glettes ou alerions qu'il . mettait sur son ecu , il 
en portal dorenavant seize. Hist, de la maison de 
Montmorency , p. 150. 

21717 L'oriflambe , voy. la dix-huitieme dis- 
sertation de Du Gauge sur Joinville. II y cite les 
v. .21715-21720; mais au lieu de Wales de Mon- 
tegni, il ecrit Walo de Montigny. 

21724 Par congie's , sans qu'on s'y opposat. 

21732 S'eslonge, s'eloigne. 



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358 



CHRONIQUE 



Le route de Flandrc. 
Lc due de Limbourg. 
Le due de Brabant. 



G u illaume-Longue- 
Epee. 



Sor I destrier qu'il ot ferrant 
Vint apries le conte Fenrant; 

21735 Et li dus de Lembourc apries, 
Et li dus de Louvaing engri& . 
Et dont apries li quens de Lus : 
Cil n'i quist sounes ne delus ; 
Et Biernars , li preus d'Ostemale , 

21740 Et Conras de Tremogne avale , 
Et Hainnuier et Braiben$on , 
Tout i Tienent par conten$on; 
Si fu Guillauraes-Longe-Esp&. 
Mainte ensegne ont desvolep^e. 

21745 Et apries si Tint li rois Othe. 

Que li quens de Boulogne asote. 

Quant li rois sot la v^rit^ , 
Que pour tolir son iret^ , 
Yienent sor lui li faus ret£ , 

21750 D'orguel et non d'umilit<L 
Pour tolir sa prosperity , 
Tout son yoloir ot endit^. 
L'oriflambe rouva dr^cier, 
Puis commanda a cevaucier, 

21755 Et les siergans plus aprocier, 
Et l'artere-garde avancier, 
Pour f&rir de pri& , et lancier 
As Flamens, qui sont beubancier. 
Caus d'entour lui a apiel& , 

21760 A diestre et al seniestre Ms, 

Et dist li rois , comme preudom : 



21735 Ferrant, conleur gris de fer. 

21757 Li quens de Lus, voy. v. 21466. 

21758 Sounes , reves ; de'lus, pour la rime au 
lieu de delts, plaisir, qui n'y vint chercher ni 
songes agreables ni plaisir, car l'evenement ne 
lui fut point prop ice. 

21759 Ostemale, voy. v. 21468. 



21740 Tremogne, voy. v. 21469. 
21744 Desvolepe'e, d^ployee. 
21746 Ce vera se trouve repute plus haut, 
v. 21508. 

21749 FausreU, perfides et criminels. 
21752 Endittf, declare. 
21760 Z,e*,cdte\ 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



359 



« Signour, jou ne sui c'uns seus hora . 
Qeus que soie , rois sui de France ; 
Garder me dev& sans fallance : 

21765 Or me gardes- si fer& bien , 

Quar ja par moi n'i perdr& rien. 
Or cevaucies , jou tos si vrai , 
Et partout, apries vous, irai. » 
Lors si a fait sonner ses trompes 

21770 A grans alainnes et alonges. 

Moult sounerent bien les arainnes , 
Et haut as II fois premerainnes - 
Pour sa bataille plus douter, 
Et moult fu biel a ascouter. 

21775 Mais lues que l'oriflanbe yirent 
Li Flamenc, et lues qu'il oirent 
Sonner les trompes , si tornerent , 
Quar le roi durement dout&rent. 
Et non pourquant venu estoient , 

21780 As Campegnois se combatoient, 
Qui les tenoient ja as frains. 
Bien jousterent as premerains 
Watiers , li castelains de Raisse . 
Avant les autres s'i eslaisse , 

21785 Et Estasse de Maskeiine; 



Gautier de Raisse. 



Eustache de Machelen. 



21762 Langage noble et ferme. 

21769-70 Trompes et alonges, rime rurale. 

21771 Arainnes, trompettes d'airain. 

21772 Les trompettes sonnerent bien hant, et 
d'abord par deux fois. 

21773 Pour faire redout er dayantage sa 
troupe. 

21781 Frains, frein. 

21785 Li castelains de Raisse, Raisse , pres 
de Douai , ou il y avail jadis un ancien chateau. 
Veteris ars operis istic visitur fluvio (Scarpo) 
imminent. Buzelin, 1, 197. 

21784 S'i eslaisse, s'y elance , s'y distingue 



(exult at). Guillaume Guiart, 1, 287 : 

Li renc des Champenois destele ; 
Contre Flamani , lances bessiees , 
Se sont leur routes eslcssiees. 

21785 Maskeiine, Maquelines , Maclines, etc. , 
sans doute Machelen, beau village de la Flandre, 
a une lieue de Deinze, dans l'ancienne chatel- 
lenie de Courlrai. BI . Lebon lit Eustache de 
Marquillies, gentilhomme de la Flandre fran- 
caise. Memoire, p. 155. 11 y a, en effet, un vil- 
lage de Marquillies a une lieue et demie de La 
Bassee. Quoi qu'il en soit, le guerrier fut tue par 
Michel de Harnes. 



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360 



CHRONIQUE 



Baudouin Buridan. 

Rasic dc Gti vie. 
Sohier de Wavre. 



Lc coinle de Flandre 
est pris par Hugucs 
de Mareuil. 



Sour I ceval de grant ravine 

Si vint Bauduins Buridans . 

Com cevaliers preus et aidans. 

Si vint bro^ant R asses de Gavre , 
21790 Et aprtes lui Sohiers de Vavre* 

Qu'ainc n'i ot batalle orden^e ; 

Tout i vinrent a randoun^e. 

Le roi quidierent a la fuite . 

Mais il le trouv&rent a luite. 
21795 Li quens Ferrans sour I destrier 

Fu raontes al senestre estrier . 

Et vint apri&s les plus sovrains ; 

Et non pourquant as premerains 

Fu pris de Huon de Maruel. 
21800 Entour lui ot moult grant aquel , 

N'i ot Francois le sien n'ahate . 

Tous les ont mis a le barate . 



21786 Ravine, impetuosite. 

21787 Bauduins Buridans , c'est lui qui, au 
milieu du carnage , ne songeait qu'a sa dame , 
en vrai paladin. G. Guiart, I, 287 : 

Dcvant est Jehan Buridant , 

Qui, commc fol musart, escrie : 

« Chascun souviengne hui de sa mic. » 

Ces vers ne sont qu'une traduction de G. Le 
Brelon, XVII, 259, D: 

Capitur Buridanus, qui quasi ludens 
Clamabat : Nunc quisque sure mem or esto puella. 

Ce chevalier etait probablement de l'Arlois. II y 
a eu de m&me a Gand une famille noble de Bu- 
ridaen. L'Espinoy , p. 781. 

21790 Sohiers de Vavre, cenom ne se trouve 
pas parmi ceux des vassaux de Henri I or , due 
de Brabant , tels que les donne Butkens , Tro~ 
phe'es, I, 219-224. Mais le baron Le Roy cite 
des lettres d'environ Tan 1220, Roberti abbatis 
et con renins Affligemensis Nobili viro Sigero 



de Wavera. Topocr. Gallo-Br abahtle , lib. Ill , 
p. 120. C'estevidemmentnotreSobierde Wavre. 
21794 A luite, a la lutte, au combat. 

21799 Huon de Maruel, M. De Fortia, dans 
son edition de J. De Guyse, XIV, 143, ecrit de 
Marolles , sous pre*texte que Forigine de la fa- 
mille de Mareuil n'est pas aussi ancienne que 
celle de Marolles. Mais les meilleures autorites 
decident en faveur de Mareuil. G. Guiart, 1, 291 : 

A cele heure que ge vous bailie, 
Cbai le fes de la bataiile 
Du tout sus le contc Ferrant. 
Champenois se vont desserrant, 
Qui en lone tindrent maintes braces. 
A coutiaus, a lances , a maces , 
Et a maintc espee taillant, 
Vont ceux de Flandrcs assaillant ; 
Ferrant en tel guise debatcnt, 
Qu'enmi eus a terre l'abatent. 
Comment qu'il ait brait ne crie. 
Us l'ont entr'eus pris et lie ; 
Hue de Mareuil Yen emmainnc. 

21800 Aquel, combat. 

21801 N'ahate, n'echauffe, n'aiguillonne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



361 



Ferrant ont pris et son orguel : 

Et, se verte dire yous voel, 
21805 Li quens de Boulogne Renaus 

Se feri de plain vol en aus, 

Si com li faucon gentius 

A la riviere est ententius 

Pour faire as oissiaus gri& asaus. 
21810 Bien si prouva. comme vasaus. 

A la gent Jehan de Nii&le. 

Maint bon ceval lor esboiele. 

De sa lance fist raainte astiele . 

Mais ne lor Taut une ceniele . 
21815 Quar Rousiaus, I sien cevaliers, 

Qui moult estoit preus et manriers , 

Al conte Renaut s'amella , 

Son ceTal li esbovela , 

Et li quens est c^us a ttere. 
21820 Mais, com om qui moult sot de gierre, 

En s&nt se prist a desfendre, 

Si bien que nus ne l'osa prendre. 

Et Roussiaus. ki fu de pooir. 

Se laissa parmi lui c^oir. 
21825 Tant il luitierent et tors^rent 

Que le conte pris enmenerent , 

N'ainc uns des siens aler n'en pot. 

Mais Rousiaus moult grant los en ot. 
Mesire Jehan de Niielle 



Vaillance du comte de 
Boulogne. 



Jean de Nesles. 



Le comte de Boulogne 
e»t pris. 



21805 Cette expression ont pris Ferrant et 
son orgueil, n'est pas indigne de la grande poesie. 

2181 1 Jehan de Niiele , Jean de Nesles , chate- 
lain de Bruges, se trouvait dans l'armee du roi. 
Dans le J. De Guyse de M. le marquis De For tia,* 
XIV, 15 5, on a mal rendu Joannes de Nigella 
par Jean de Nivelles. 

21813 Asttile, morceaux ou petites lances , 
hasta, hastiola. 

Tom. II. 



21814 Ceniele, le fruit du houx et de Fepine 
blanche. Voy. v. 2167 et 5300. 

21813 Rousiaus , il est appele* ailleurs Pierre 
de la Tournelle : 

Iert uns Pieres de la Tournele. 

O. Guiart, I, 306. 

21816 Manriers, nous ne connaissons pas ce 
mot, qui veut pent-dire dire prompt a faire un 
coup de main. 

46 



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362 



CHRONIQUE 



Cris de Guerre. 



21830 Maint hiaume k or i desniiele, 
S'il fu grans , teus cos i feri , 
Con a si fait cors affi£ri. 
Souvent oissi& a grant joie 
Nos Francois escrier Monjoie y 

21835 Et li plusiour crient Bologne; 

Mais li quens iert pris qui s'eslonge ; 
Et li autre crient Hadnnau > 
Quar Ferrans i ot d'amis pau. 
Tirant en fu men& as loges , 

21840 Mious li venist estre a Limoges. 
Desous I car fu d&arm& 
Avoec a C siergans rem&. 
Et li rois Tint a la batalie , 
Cainte ot l'esp^e qui bien talle. 

21845 Ses arainnes fist haut sonner 
Pour les Flamens a estouner: 
Quar pour le son tant seulement 
Perdirent-il leur hardement. 
Li Ayalois hucent Coulogne, 

21850 Li dus Louveng. Gonras Trenwgne, 
Et li rois Othe, k la par soume. 
Vint apro$ant et cria Roume. 



21830 Desniiele , c'est-a-dire qu'il en fait dia- 
parailre les nielles. Cest dans ce sens que M. de 
Martonne en tend ce passage du Roman de Pa- 
rise la Ducheste , p. 56 : 

Et brandissent les astes des espies noellez. 

21832 ^/feW,convient. 

21840 Limoges 7 mot amene par la rime. 

21841 Car, chariot. 

21848 Les Flamands se battirent a Bouvines 
avec beaucoup de courage ainsi que leur comte. 
Ph. Mouskes en convient lui-meme, mais on 
sent percer involontairement sa partialite pour 
la France. 



21849 Id Avlois , G. Guiart , 1 , 290 : 

Tant a de soudolen grant charche 
De Breban et de vers Couloingnc. 

Voyez v. 7047. Les v. 21892-93, 21849, 
21867-69, sont cites dans la onzieme disserta- 
tion de Du Cange sur Joinville. Les Avalois , dit 
ce savant , dont nous avons deja rapporte le sen- 
timent au premier volume , sont ceux des envi- 
rons de Cologne. Le passage de Ph. Mouskes , 
semble en effet l'indiquer, mais Avalois pouvaii 
aussi quelquefois , dans un sens moins restraint, 
s*appliquer a ce qu'on a appele plus tard les 
Pays-Bos, Nederlanden. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 363 

Et Biernars , ses compaim , avale 

Griant par II fois Ostemale; 
21855 Lembouro vint escriant li dus, 

Mais tost i fu ses cris per dus. 

Et Hainnuier et Braibengon 

Vinrent courant a con tendon. 

Mamte ens&gne oissi& crier , 
21860 Et maint tron$on par l'air voler. 

Et si ot ocis maint ceval. 

Et , par amont et par aval . 

Escus et hiaumes reluisans 

V£isi& moult gesir &s kans* 
21865 Tant en avoient li ribaut , 

Qu'il en estoient liet et baut. 

Et hu$oient k grant alainne , 

Quant on avoit soun^ 1'arainne , 

Monjoie-Dimx et £*-. Denis. 
21870 Ferrans iert fi£r& et honnis. 

Les commugnes et li siergant 

Vinrent a 1'estour atiergant , 

Tuent Flamens , tuent Englois , 

Hainnuiers, Sesnes, Avalois; * 

21875 Et quant on escrie Monjoie, 

N'i ot Flamenc qui n'asoploie. 

Quant il eurent le jour coisi , 

Boucars et Gui orient Oizi, 

Avoec l'emper&nir Othon , 
21880 Si haut que tres bien les ot-on. 

Ir&ment, lances sor fautres, 

Vont asanbler li I as autres. 

21870 Ferrans iert fie're's, la Chronique de Et au jour de la Magdalene 

S*.-Magloire : Fu 4 Bouvincs la b »taiUe , 

On desrompu ot raainte maiUe. 

Li quens Ferrans lies et pris 
L'an mil deux cens et vint et qua t re (J 214) En fa amenec a Paris. 

S'ala Ferans au roy combattre , 

On mois que Ten sole Tavenc 21872 Atiergant, tardivemeot. 



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364 



CHROMQUE 



Guillaiune - Lougue - 
Epee. 



Le chnlelain de Malde- 
ghein. 



Li quens Guillaumes-Longe-Esp^e 
Fu retenus a la menl^e. 

21885 Et li quens de Lus d^lues 
Fu lues apri& , et desnu& 
De rices armes k'il avoit. 
N'i ot Francois qui ne couvoit 
A souprendre les faus croisi&. 

21890 Moult abatent des plus premies. 
Des Campegnois n'i ot celui , 
Qui ne face Flam ens anui. 
A fait k'il vienent a Testour , 
Lor aprendent Francois I tour 

21895 Que de ceval vont a karaite , 
Pour le roi ki de tort les raite. 
Li castelains de Maudangien 
Fu retenus , s'el fist moult bien , 
Et plusiour des millors Flamens 

21900 Furent pris quant vinrent as rens. 
Maintes fois oissies le jour 



21885 Li quens de Lus, voir v. 21466 ; delue's, 
pris? L*auteur joue aur Lux, delue's, lues, 
desnues , a peu pres comme G. Guiart dans ces 
vers, I, 309 : 

Ferrant portent dui auferant 

Qui toux deux soat de poil ferrant. 

Ainsi s'en va lie en fer 

Li quens Ferrans en son eufer. 

Li auferrant de fer ferri 

Em portent Ferrant enferre. 

21888 Couvoit, desirait interieurement. 

21889 Faus croisies, l'expedition du comte 
de Flandre et de l'empereur d'Allemagne etait 
considered comme uue fausse croisade. 

21895 A fait , a mesure. 

21895 Qu'au lieu d'aller a cheval ils vont en 
charretle, comme des criminels envers le roi. 
Voy. v. 22201. Allusion a un usage don t Chres- 
tien de Troyes parle au commencement du roman 



de la Charreite ou de Lancelot , en ces termes , 
Hist. litt. de la Fr., XV, 256 : 

De ce scrvoit charrete lors 
Dont li pilori servcnt ors , 
Et en chascune boene vile 
Ou or en a plus de trois mile , 
Wen avoit a eel tans que une ; 
Et cele estoit a ces comunc 
Ausi com li pilori sont 
A ces qui murtre et larron sont , 
Et a ces qui sont chanp cheu , 
Et as larrons qui ont eu 
AuLrui avoir par larrecin. 
Qui A forfet estoit repris , 
S'estoit sor la charrete mis 
Et menes par totes les rues , 
S' avoit tote henors perdues, 
Ne puix n'cstoJt a cort oiz , 
Ne cnorez , ne conjolz. 

21897 Maudangien, Maldeghem, ancienne 
banniere de Flandre. L'Espinoy, 123, 124. II 
s'agit de Thierri de Maldeghem . 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



365 



Crier Monjoie sans s^jour. 

Cis mos esmaia les Flamens , 

Cis mos lor fu painne et tormens , 

21905 Cis mos les a tous abaubis, 
Cis mos abati blans et bis , 
Cil cris les esmaia si fort, 
Que foible devienent li fort , 
Et li hardit furent couart. 

21910 Les ci& tornerent d autrepart , 
Et quant lensegne S 4 .-Denise 
Fu deviers aus drfcie et mise , 
Si leur sanbla que S*. -Denis 
Euist deseure I dragon mis , 

21915 Pour aus ocire et d^pecier. 
Lors n'orent talent de kacier, 
Ainc se misent tout a la fuite 
C'onques Francois n'i fisent luite. 
Mais cil ki furent ahati 

21920 Ne sont pas des Francois parti. 

Ainc furent pris , (a dui , ?a troi , 
Comme li oissillons au broi : 
Et li cauf et li ktevelut 
I furent englu^ sans glut. 

21925 Li dus de Louvaing sen parti , 
Quar n'&iit pas le giu parti. 
S'Othes avoit sa fille iue , 
La fille au roi estoit sa drue , 
A feme l'avoit espous^e , 

21930 Ainc la guerre li fu donn^e; 



L'armee flrnnwnde est 
decouragee. 



Le due de Brabunt s,v 
retire. 



21905 Abaubit, 6baubis. 

21919 Ahati, animus. 

21922 Broi, bois. M. Raynouard , dans son 
Glossaire ronian qu'il a laisse inacheve , a donn£ 
un article etendu sur le mot Bruelh. II y re- 
marque que M ura tori, Diss. 55, a tente sans 
succes d'expliquer Forigine de ce mot qui parait 



venir de la langue des anciens habitans des 
Gaules , puisque dans un capitulaire de Charle- 
magne , de Tan 800, on lit : Lucos nostros quos 
vulgus Bhogilos vocat. Baluz. Capit. reg. Fr. 1 , 
558. 

21928 La fille au roi , Marie; sadrue, sa mie, 
sa dame, all. treu, fidele. 



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366 



CHROMQUE 



Le due de Ljmbourg le 
suit. 



So I teg beat. 
Bourghcllcs. 



Si n'ot cure del roi graver 
Pour Othon auques alever. 
Partis en est , et sa gent toute 
A pries en vait une autre route. 

21935 Li dus de Lembourc vait apri&. 
Hues de Boyes , li engri& . 
N'i osa ires dont arester , 
Qu'il vit les Francois aprester 
De leur ounour k d&enir 

21940 Et les plus cointes retenir. 
Et quant il a v&it l'ens£gne 
S*. -Denis , as Flamens l'ens&gne., 
Sa grant paour point ne lor ?oile , 
Quar effondre ne le tonnoile 

21945 Ne oriental tant comrae le roi. 
Fuiois s'en est od son conroi , 
Al plus tost qu'il pot s'en eslogne. 
Si qu'ot dit li quens de Boulogne , 
Quar il connissoit le roi bten. 

21950 Lors s'en voat cil de Sotengien 
Et cil de Bourgiele batant. 
Mais Francois en vont abatant . 
Asses en prisent et ocient , 
Tant que S*.-Denis en miercient. 

21955 Dont fu pris Watiers de Ktevraing 



21942 As Flamens Ventegne, il en arertit les 
Flamands. 

21943 £b#e,cele. 

21944 Effondre, ecroulement; tonnoile , ton- 
nerre, rime. 

21950 Sotengien, Sotteghem; cette ancienne 
terre passa dans la maison d'Egmont , et apres 
le supplice de Tillustre victime du due d'Albe , 
ses restes furent mime ensevelis a Sotteghem. 
L*Espinoy, p. 103. Chron. Gisleberti, id. du 
marquis du Chasteler, 43 , 74. 



21951 Bourgiele, Gilbert de Bourghelles, sire 
de Reves, est compte parmi les vassaux de 
Henri II , due de Brabant. II porta it d'argent , 
au chef de gueules. Butkens , Trophe'es , 1 , 2150, 
n» 33. - V. 20810. 

21 958 Watiers de Kievraing , Gautier ou Wau- 
tier de Quievrain , en Hainaut , fils de Hullin , 
epousa N. de Mortagne, dame de Forest. La 
terre de Quievrain passa au XIV* siecledans 
la maison de Lalarag. Yincbant et Rutteau , 
pp.209, 210. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



367 



Et Ernous d'Aisne et ses compaing. 
Que li rois ot autrefois pris. 
De 8a guerre sen orent pis, 
Quar il avoient fourjur& 

21960 Toute la gierre et l'asanbU&e, 

Que sor ceval ne monteroient , 
Et, pour 50U , sour jumens s&>ient. 

Ki v&st le due de Bourgogne 
Com il fcroit a tel besougue, 

21965 Bien li peuwt menbrer d'Ogier, 
Quar il n'i qu&oit nul dangier, 
Ainc feroit 00s pour desmenbrer : 
Plusiors en fist d'Ector menbrer. 
Li Ponhier et li Campignois 

21970 I furent preut, et cil d'Artois 
Et li Hurepois d'Outre Sainne 
Ne leur font pas menlee saione. 
Cil d'Aminois et de Pontiu 
Tinrent bien d'autrepart lor liu. 

21975 Painne auroit a nommer tous $aus 



Sermcot de GauLicr de 
Quievrain et d'Ar- 
noul d'Csne. 



Exploits du due de 
Bourgogne. 

0*;t'r le Danois. 



Les Hurcpoi.s d'Ou I re- 
Seine. 



21956 Ernous d'Aisne, Esne en Cambresis. 
Voy. sur cette localite la notice de M. Le Glay, 
p. 6. Cet Arnoul d'Aisne etait Arnoul de Landas, 
nomine* mal a propos Eustache par Carpentier, 
et qui accorda , en 1195, aux habitant d'Esne , 
une charte publiee par le m^me M. Le Glay. Le 
nom de ce personnage reparait encore dans 
divers documens authentiques, jusqu'en 1252. 

21962 Jumens f les jumens etaient autrefois 
une monture derogeante, interdite aux cheva- 
liers , et Wautier de Quievrain ainsi qu'Arnoul 
d'Esne , ne s'en servaient que par suite d'un de 
ces sermens en vertu desquels on se soumettait 
a une epreuve jusqu'a ce qu'on se fut acquitte 
d'un voeu. La Curne de S te -Palaye rapporte , a 
ce sujet, ce joli passage du roman de Perce fo- 
rest : u Lors regarde et voit en la moyenne (au 
*> milieu) une jeune jument si puissante et si 



» grande, comme se ce fut le cheval du roi, el 
n pensa, s'il pouvoit avoir celle jument si puis- 
» sante et si grande , qu'il monteroit sus j com- 
» bien que , a celui temps , un chevalier ne pou- 
» voil avoir plus grand blasme que de monter sus 
» jument. Ne on ne pouvoit ung chevalier plus 
» deshonnorer que de le faire chevaucher une 
» jument pour le blasme, et tenoit-on depuis 
» que e'estoient chevaliers recreus et de nulle 
» valeur, ne ja plus chevalier qui ayma son hon- 
» neur, ne joustoit a lui, ne frappoit d'epee non 
» plus que un fol tondus. » Mem, sur Vaneienne 
ckevaierie, 1826, 1, 17, 42. Voy. dans l'introd. 
de ce volume le§de* armes et chevaux celebres. 

21964 Feroit, de ferir. 

21966 Dangier, precaution. 

21969 Ponhier, ceux du paysde Poix. 

21975 Aminois , Amienois. 



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368 CHRONIQUE 

Qui bien fu mi rent lor encaus; 
Ne el roi ne p^a de rien 
Qu'il ne siyist ses omes bien. 
Francois i furent preut par tot , 
SI 980 Et contre les Flamens estout 

Orient Monjoie a plainne bouce. 
Cis mos abat teus con n'i touce , 
Et quant on crie St.-Denis, 
Cis mos les a mors et honnis. 
21985 Cis mos les a si esperdus, 

Qu'il n'i remest ne quens ne dus . 
S'il n'i reraest pour estre emfiers. 
Cis mos leur fu mors et infiers. 
Bien i ferirent al bestenc 
21990 Li Hainnuier et li Flamenc. 

Mais li Francois , s'on dire I'ose , 
Sont de tous cevaliers la rose. 
RassedeGavre Rasse i fu pris , li preus de Gavre : 

sohicr de w«vre. Et Sohiers , li sire de Wavre , 

21995 D'une lance , tout en apiert, 
Thomas de Montgom- Ocist Tumas de Mongonbiert. 

Pierre Harpin. Pieres Harpins , siergans le roi, 

Remest ocis a eel desroi. 
Robert de Dki (?) gj f u mors R biers de Dici , 

22000 C'onques n'i pot avoir mierci ; 
Eu^iache de Macbeien. Et Estases de Maskelines 

I fu de II lances sapines 
Abatus et viers& entr'aus : 
Esbovetes fu ses cevaus , 
22005 Et Estases i fu estains , 

Qui viunt asanbler premerains. 
j> chateiain de Raisse. Ayoec le castelain de Raisse. 



21976 Encaut , poursuite. 21988 infiers , enfer. 

21987 Emfiers, infir(mus). 22002 Sapines, de sapin. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 369 

Bauduins Buridans s'eslaisse , Baudoum Bund™. 

As Francois maint cop a doun^ , 
22010 Mais bien li out gueredoun^. 

Cil de Flamens qui mious le fist , 

Ce fu Buridans, si c'on dist. 

Et cil de Gavre, ainc qu'ocis fust. 

Par l'estour oisci^s maint fust 
22015 Croissir et maint chevalier braire, 

Et maint ceval a la mort traire , 

Mais tous les Francois avanci 

Mahius, cil de Montmorenci. intrepidite deM.ihicu 

de Montmorency. 

Qui que s'enf uie ne ki faille , 
22020 Cil brisse et perce leur bataille. 

Que vous iroie-jou contant ? 

Des Francois li fisent bien tant 

Que jou n'en sai les qeus blasmer, 

Mais moult les doit li rois amer. 
22025 Othe, li rois, a grant compagne, l« combat Engage avcc 

_\ ,V A1 rr lesAUcmands. 

Avoec lui sa gent d Alemagne , 

Vint cevau$ant devers le roi. 

Mais bien le connut al conroi 

Girars La Truie et raviza. 
22030 Au roi vint , si li deviza 

Que li rois Othe cevau^oit, 

Pour venir a lui s'apro^oit. 

cc Truie, dist li rois, u est-il? 

Connissi^s-le vous? » — « Sire, oil, 
22035 Quar il porte, ce n'est pas fable, Armwderempiw. 

L'escut d'or k l'aigle de sable , 

Et les banieres autreteus. 

II m&smes par est trop preus ; 

Mais li destourber le poroit 
22040 En son venir, moult nos vauroit. » 

22015 Croissir, rompre, craquer. 22037 Autreteus. par ei lies. 

22017 Avanci, surpassa. 22040 En son, en somme, enfin. 

Tow. II. 47 



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370 



CHRONIQUE 



Philippe-Auguste alU- 
que l'empereur. 



Guillaume des Banes. 



Pierre deMauvoisrn. 



— « A Ions , dist li row , cele part. » 
Girars La Truie atari t s'en part, 
Quar li rois congiet Ten douna ; 
Et il a Dieu se coumanda. 

22045 Lance baiscie , l'escu pris , 

Com cevaliers d'armes espris. 
Vint au roi Othon asanbler. 
Qu'en XIII pi&ce* fist yoler 
Sa lance, et puis traist le coutiet. 

22050 Le ceval fteri el cierviel 

Parmi l'uel seniestre tot droit. 
U sus Fern per e res s£oit, 
Et lues la saissi par le frain. 
Li rois Othe pour son r&lain 

22055 Cria Raume III fois , s'ens&gne . 
Si com proatce li ensegne. 
I coutiel ot moult rice a pointe, 
D'acier iert l'alemiele jointe , 
La Truie en douna si grant cop 

22060 Qu il ne le tient ne pau ne trop , 
Quar li cevaus buisnoit del cief , 
Si qu'Othe en estoit a mescief. 

Este vous lues venu atant 
Guillaume des Bares batant , 

22065 Le roi Othon a resaissi , 

Pieres Mauvoisins Fa ceusi, 
Si l'a repris de l'autre part. 
Et li rois Othe leur repart 
Cos et col&s a lagan , 



22054 Reclain , cri de guerre pour reclamer 
le secours des siens. 

22058 Alemiele, lame. Voy. G. Guiart, I, 
297. 

22061 Buisnoit, faisait des mouvemens extra- 
vagans. 



22064 Guillaume des Bares, fils de Guil- 
laume , comte de Rochefort , et d'Amie de Ley- 
cester. Hist, firanf., XVII, 95, C, 236, E, 
262, C, 266, A-C, 406, E, etc. II fait dans l'ar- 
mee francaise. 

22066 Ceusi , keusi, choisi, apercu. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



371 



22070 Qu'aioc taut n'en orent en eel an 
Biernars d'Ostemale tous seus 
Et Hellins de Waurin , li preus . 
Broeent entr aus des esporons 
Sor led cevaus qu'il orent bons. 

22075 Biernars fu yenus a seniestre 

Et Hellins de Waurin k diestre , 
Le frain li font yoler des puins . 
Ausi com i ferist a quins. 
Li rois Othe en fu d&iyr& , 

22080 Mais il i sont andui rem&. 

En liu d'Othon prisent Biernart, 
Et Hellin de Waurin en part. 
L'emper&re atant s'en torna. 
Guis d'Avesnes le destorna 

22085 Fors de l'estour., si descendi 
De son ceval, plus natendi : 
« Sire . dist-il au roi Othon , 
Vos cevaus muert, bien le set-on. 
Sa cierviele li ciet a ti&re, 

22090 Et tous ser& ja pris de gierre , 

Se tous ne months sor le mien. » 
— « Biaus sire Gui , vous dites bien , 
Dist Othe , la vostre mierci. » 
Tout esranment si deseendi , 

22095 Sor le ceval Guion monta ; 

Le roi de France moult douta. 
Volentiers r'alast a l'estour 
S'il ne doutast lui et s'atour. 



Bernard d'Horsltnar et 
Hellin de Waurin de- 
li vrent l'empereur. 



Gui d'Avesnes donne 
son cEevala Otton. 



22072 Hellins de Waurin descendait de netable de Flandre , par lesquelles il cedait a 

Thierri de Waurin, senechal de Flandres Tan Jeanne, la chatellenie de Cassel. De S'.-Genois, 

1066. Getle maison possedait les terres de Inv. chron. des Hires des comtes de Flandre, 

S'.-Venant et de Malannoy, en Artois. Hellin de p. ccccciy. 

Waurin, slnechal de Flandre, fut temoin, en 22078 A quins, dansunjeu de quintaine. 

1218, a des lettres de Michel de Harnes, con- 22089 CtW, chiet, tombe, du verbe ckeir. 



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372 CHRONIQUE 

Gui d'Ayesnes ne l'i laissa , 
22100 Et li rois Othe s'en tourna 

Tous coureci& et abosm& ; 

Poi lama mains qu'iestre renins. 

Torn& en est a poi de gent. 

Et Guis monta, voiant aus C, 
22105 Sour le ceval son esquier, 

Pour i'emper&>ur convoiier. 

Mais par l'escum^niement 

Estoit-il a destourbement. 

N'onques mais n'ot-on 6i dire , 
22110 D'emper&mr a entredire, 

Mais $ou fist la pape Innocens 

Pour les drois S l .-Piere et ses cens. 
Quant de lestour s'en fu partis 

Li rois Othe , grains et matis , 
22115 Dolans en fu, bien le vos di , 

Et ses cevaus plus n'atendi. 

Devant ses ious ca'i mors jus , 

Quar el cierviel estoit ftrus. 

Pour cevaucier et mont et val 
22120 N'avoit el mont si bon ceval. 

Ensi de grant ire matis 

S'en est li rois Othe partis. 

Guis d'Avesnes Ten a raene 

A loi de cevalier sen^. 
22125 Atant, j'el sai trestot de fi, 

Furent li Flamenc desconfi. 

Mais I poi de siergans a piet, 

Qui bien s'estoient arengiet , 

S'i tenoient comme preudome. 



22110 Entredire, interdire. Otton fut excom- dise Philippe Mouskea. 
munie en 1210. Ce n'etait pas le premier empe- 22114 Grains , grams, triste ; matis, matl. 

reur a qui pareille chose arrivait, quoi qu*en 22118 El cierviel, au cerveau. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



373 



22130 Ernous (TAudenarde en la somme . 

Fu pris entr'aus et relenus. 

La Truie si est embatus ; 

Si li ont son ceval ocis , 

Mais il les a II fois partis. 
22135 Tant i f^ri Girars La Truie, 

Que plus de C en mist a fuie. 

Cele part fu grans la batalle , 

Ernous i fiert, Ernous i malle. 

Audenarde crie souvent , 
22140 Et, bien vous di-je par couvent . 

K'lernous en fu a tort blasm& ? 

Qu'en bien faisant i fu rem&. 
Avoec le signour d'Audenarde 

Fu pris, ainc qu'il s'en donast garde, 
22145 Hues de Wastines esrant : 

Et Girars La Truie ferrant 

Son ceval i laissa ocis. 

I siens cevaliers , j'en sui fis , 

De son ceval est descendus, 
22150 A La Truie s'en est venus, 

Si le fait monter sour le sien , 

Dont il fait s'ounour et son bien. 

Girars de Grinbierges atant 



Arnould d'Audenarde. 



Hugues de la Woes tine. 



Gerard de Griinkcrghe. 



22150 Ernous d'Audenarde, sur les anciens 
barons flamands de ce nora , voir L'Espinoy, 
pp. 112 et 113. Ed 1214, Ferrand, comte de 
Flandre, et Jeanne sa femme, donnerent des 
lettres par lesquelles ils promirent d'observer 
ce que Gerard de Jauche, Guillaume, son 
oncle , chatelain de Beaumont , Arnoul d'Aude- 
narde , Baudouin de Comines , le pere , et Gilbert 
de Bourghelles, decideraient pour le partage 
que Bouchard d'Avesnes devait avoir en Flandre 
et en Hainaut , a cause des droits de sa femme 
Marguerite de Constantinople. De S t .-Genois, 
Invent, chron. des titresdes comtesde Flandre, etc., 



p. cccccu. Voy. encore ; dans le memeouvrage, 
d'autres pieces relatives a Am. d'Audenarde, 
pag. ccccc , annee 1211 j pag. cccccm , annee 
1215, etc. 

22134 Partis, separes. 

22138 Malle, frapper avec un maillet. Guiart 
dit de mime , 1 , 506 : 

Rcnaut i fiert, Renaut i maille. 

22153 Girars de Grinbierges, Gerard II, sire 
et prince deGrimberghe, Ninove, Rumpst, etc., 
epousa Adeline, veuve de Wautier, sire de 
Termonde. Butkens, Trophe'es, II, 73. 



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374 CHRONIQUE 

I f u pris et menes batant , 

22155 Et maint autre , que jou ne puis 
Nommer, car el livre n'es truis. 
Et non pourquant seroit d&ris 
A nommer tans cevaliers pris. 
Mais plus en i eut de CC. 

22160 Ki paii&rent al roi son cens. 
Li rois ot aproismi^ I'estor . 
Et ses gens li furent entor. 
Pour leurs cors et pour siertir lui , 
Vorrent estre n'i ot celui. 

22165 Pri& de lui s'i pri&erent tant , 
L'une eure ari&re lautre avant . 
Que li cevaus le roi fondi. 
Li rois en c&nt descendi , 
Mais il fu remont& si tos 

22170 Qu'a painnes s'en perciut li os. 
Viers Othon voloit cevaucier , 
Pour $ou qu'il le vit aprocier. 
Mais on li dist qu'il s'en aloit 
Et que demorer n'i osoit. 

22175 Encor estoit grans, en la place , 
Ca li estours et fa li kace. 
Bouchard d'Avewes. Boucars d'Avesne ot esti pris , 

Mais il a ses gardes soupris , 
Fuiois s'en est parmi I bl& 

22180 Ausement com s'il fus enbl&. 

Et plusiour autre en escap^rent 
Qui d'esporons cevaus frap&rent, 
Et plusiour ausi par consence. 
Caut fist et biel eel di^mence. 

22185 Li I sont pris, li autre fuient, 

22157 Detris, lemps perdu. 22166 Vers deja employe. 

22161 Aproismie, approche. 22167 Fondi, s'abattit. 

22165 Si prie'serent , s'y presserent, 22176 Li kace, la chasse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



375 



Et no Francois moult se d&luient 
A siergans prendre et cevaliers . 
Houbiers et hiaumes et destriers , 
Siergans a piet et eras bourgois . 

22190 Kars et karaites et harnois, 
Bouges et males et soumiers , 
Vascelemente . dras , deniers , 
Quar tout s'en aloient fuiant 
Et li Francois apriea huant. 

22195 Ensi fu la bataille faite. 

Li rois fist corner la retrake , 
Al pont de Bouvines loga. 
Cascuns son prisson li mena. 
Garde furent , et lendemain 

22200 Furent men^ viers Dowai main , 
Et sour karaites et sour kars. 
Enkain&. ) comme lupars, 
Fu Ferrans et bien refi^r^s * 

De IIII pi£s ; car desfi&^s 

22205 Avoit este trop longement. 
S'en prist a Paris longement 
Pour lui saner . qu'il n'en ot point 
En toute Flandres en eel point. 
Li quens de Boulogne Renaus 

22210 Et Longe-Esp&, li yasaus. 
Furent garde et castelain 
De maint castiel en France a plain. 
Mais il avoient gtes , espies , 
Qu'il ne volassent au gibies . 

22215 Et cascuns des autres ausi 
Emprisoun£ furent ensi. 



JLa vicloire esl decisive 
en faveurdes Francais . 



Ferrand est enchaine. 



Sort de* prisonniers. 



22186 Sede'duient, s'amusent. 

22204 Car desfieres Cette reflexion est an 

moins sin gu Here. 

22206 A Paris, G. Guiart, I, 311 : 



Lors fu Ferrans , tout enferre, 
En la tour du Louvre en serre. 



22206-12 Ce8 prisonniers etaient devenus 
chdtelains dans plusieurs donjons de France. 



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376 CHRONIQUE 

AruouidAudeoardeest Ernous d'Audenarde esranment 

mis en lihcrte. „ . , »#■• . 

Fu ostagies delivrement, 

Car il not mie la mentee 
22220 Atisste ne embras&. 

Et li mort furent enti&^ 

A Cizoing, et tous li navre 

Si furent men£ Tiers Douwai . 

Et plusiour aillors , bien le sai. 
22225 A Douwai giut li rois a nuit, 

Et si prisson . qui k'il anuit. 

Lendemain . a tous ses conrois , 

Cevau^a viers Paris li rois. 

Et messire Lo^ys fu 
22230 En Poitou, si li a pteu. 

Quar , en eel mois et en eel an , 
Le roi jean d'Angie- I descomfi le roi Jehan 

lerre defait devant la it* ma 

Roche-aux-Moines. Tres pardevant la Roce-as-Monnes , 

I castiel qu'ensi apielommes. 
22235 Li rois de France i avoit raise 

Boine guarnisson a devisse. 

Asis les ot li rois Jehans , 

Qui moult lor avoit fait d'ahans , 

Et avoit men& jusqu'al prendre 
22240 Qu'il se devoient a lui rendre. 

Mais Lo^ys , li jov&nes rois , 

Li desatira ses conrois , 

Atourner fist son estandart 

Et fist s'ost aler cele part. 
22245 Et li boins mariscaus Henris , 

Grans de cuer et de cors petis , 

Fist l'avant garde et commanda. 

mais on avait eii soin d'employer des liens 22222 Cizoing que G. Guiart appelle Ses- 

(gie's) et des surveillans (espies) , pour les em- sonne , 1 , 285 : 

pecher de prendre la volee. Gibies , gibier. Entre Seguin soni et Sessonne. 

22220 Atissie, attise. 22242 Desatira, culbuta. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 377 

Li rois Jehans en demanda 

A I gar$on ki fu s espie : 
22250 £ou fu el tans que bl& espie. 

Et quant il sot la v^rit^ 

Comment Francois sont arout^ . 

Desconfis s'en ala fuianl 

Et no Francois apri& huant. 
22255 Et tr& et tentes et cevaus 

I prisent par mons et par vaus. 

Cil del castiel furent issu , 

Contre Lo&s sont venu , 

Et il leur douna garisson : 
22260 S'i remist autre garnison. 

A Cinon s'en est repairi&. 

Li mariscaus f u malhaiti& . 

Acouga soi petit apri& , 

Fu cumeniies et confies , 
22265 Mais encore pas ne moru : 

Li fius le roi dolans en fu. 
Dolans en fu li fius le roi 

Moult pour son pere et plus pour soi. 

Mais li rois Felippes , ses pere , 
22270 Pour sou que sa victore pere , 

Se fu a Paris soujourn^s. 

Ses prisons ot emprisonn& , 

Et dist qu'il iroit a son fil 

Lofys, le preut, le gen til. 
22275 De sa gent ot grant mase o lui. 

Par I mardi , ciertains en sui , 

22250 Espie, devient epi. 22264 Cumeniies, communie. 

22254 Foy. v. 22186. No (sic). 22267 Ce vers, qui n'est que le precedent 

22259 Douna garisson, les admit a capituler. renverse\ oflre une forme metrique assez pi- 

22261 Cinon, Chinon. quante. 

22262 Malhaities, malade. 22269 Pere, parut. 
22265 Acouca soi, s'alita. 22275 Mase, masse. 

Tom. II. 48 



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378 



CHRONIQUE 



S'est mis al cemin a grant gent. 

Ass& porta or et argent. 

Atant es-li-yous I mesage 
22280 Moult bien parlant , cortois et sage , 

Qui , par ses lailres , li a dit 

Que ses fius avoit desconfit 

Le roi Jehan et ses Englois. 

Moult en ot grant joie li rots , 
22285 Et a son fil a remand^ 

Qu'il ot, par la grace de De, 

Caus de Flandres fais irascus , 

Et les millors pris et yencus. 

S'ot Ferrant mis en doble fier , 
22290 Ausi com diable d'enfier , 

Pour §ou k'il voloit regiber. 

Or le fait pestre et soujorner. 

Si comme ceyal dessoul£ , 

Pour ?ou qu'il ot Tornai fbul£. 
22295 Li quens Renaus, comme renars, 

S'estoit en sa prisson enars. 

En France ert yenus de Bologne , 

Pour mangier el que car de logne; 

S'il fii del plus or la ahiers 
22300 D'uns des qui furent a mainniers , 

Et des autres dusqu'a II cens, 

Des plus cointes et des plus gens. 

Mais li buens mariscaus Henris 



22279 Es-U-vouSj lui voici. 
22283 Le roi Jehan , que G. Guiart appelle 
cuer-de-poupee , 1 , 269. 

22287 Irascus, irrites par leur defeite. 
22291 Megiber, regimber. 

22295 Betmnde, calme\ 

22296 Enars, enfam£. Renaud fut enferaae 
d'abord a Bapaume; mais il s'enftima dan* son 
terrier comme renard, en »egociant de la avec 



Ottoo. On le chargea done de chaines et on le 
cooduisit au chateau de Peronne , ou i) mourut 
de desespoir, en 1227. 

22298 El que car de logne 7 ou plutftt kelque 
car de logne, quelque bon lopin. Le sent precis 
de l'expression nous echappe. 

22299 Ahiers, pris. 

22500 Mainniers, faisant l'office de sergens, 
Du Cange (au mot matobiius). 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 379 

En f u de duel si atenris , *«ort du marshal cu- 



meDt. 



22305 Que moult petit apri& moru : 

Moult ricement enti^r& fu. 
Li mesages s'en est partis, 

En Poito Tint tous aatis. 

Mon signour Loeys conta 
22310 C° u q ue 8e8 p&*es li manda. 

Quinzaine ot que li mariscaus 

Estoit mors, li preu§, li loiaus. 

Grant duel en demena li rois, 

Quant il vint la , et si Francois. 
22315 Li rois vot traire, pour lagan, 

Viers la Rociele, au roi Jehan. 

Mais li abbet et li preudome , 

Si com l'estorie dist et noume , 

Et vesque doi , jou ne sai qeus , 
22320 Reprisent trives entr'aus II 

A V ans , et fu fianchie 

D'ambes pars, et bien aficie. 

Si fu pour le conte Robiert 

Lues dllm a & tot en apiert 
22325 Li quens Guillaumes-Longe-Esp^e. 

Cascuns retrest en sa contr^e. 

Petit apri& ceste besongne , Mort da due de bout- 

o. i-j j o gogne, Eudes III, 

Si moru li dus de Bourgogne. 1218. 

Ses jovines fius l'a rec&, 
22330 S'ot apri& lui la duc&. 

Adont iert li quens de Monfort , 
Simons al cuer loial et fort, 

22318 L'estorie, lisez I' est ore. 22332 Simons, Simon IV, deuxieme fils de 

22320 Trives, treves. Simon III. L'histoire est loin de lui confirmer 

22321 Fianchie, juree. Fepithete de lotal. — La croisade contre les 

22322 Aficie , gar ant ie. Albigeois commenca en 1208. Lea chants des 

22323 Robiert, Robert II , de Dreux. troubadours sont pleins de derails *ur les exces 
22329 Jovenes fius 9 Hugues IV, ne le 9 mars qui l'ensanglanterent. Foy. H n trod uct ion de ce 

1212. Recee, regretted second volume. 



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380 CHRONIQUE 

crois.de contre Us ku En provence sour Albigois. 

Chevaliers 1 ot et bourgnois. 
22335 Petit apries cou , si ala 

Mesire Lo^ys droit la. 
pnse de Toulouse et Si li fu Toulouze rendue. 

de Narbonoe. 

Leur fortoraice a abatue , 

Et si fist des fosses emplir , 
22340 Dont 9a us dedens fist asoplir. 

Et le buen conte et ses amis 

En castiel Nierbonnois a mis , 

Et la signourie en retint. 

Mesire Lo^ys revint , 
22345 Mais jou sai bien que Toulousan 
,216 - Se reyelerent en eel an , 

Et le conte en ont fors giet£. 

Si refermerent la cit£ , 

Mais li quens Simon de Monfort, 
22350 Atant com il i ot d'esfort, 

Fu puis en I kastiel assis. 

Pteri&res et mangonniaus VI 

I dr^ca li rois d'Arragonne. 
BauiiiedeMurct, i2ia. p ar [ e castiel grans pieres donne . 

22355 Mais li buens quens tous irascus 
S'en issi a moult poi d'escus. 

II fois hu?a : cc Monfbrt! Monfort! » 
S'en orent sa gent tel confort 
Qu'ausi comme l'esmerillons • 

22360 Kace les petis oissillons, 
Ausi par le conte gentil 
Si furent desconfi tout cil 
Ki la furent a eure bonne. 

22540 Asoplir, rendre dociles , effrayer. 22383 Li rois d'Arragonne, D. Pedre II, 

22551 Kastiel, Muret. Cet tenement n'ar- Ills aine d'Alfonse II et de Sancie de Caatille. Ce 

riva pas depuit la prise de Toulouse, maisavant, monarque cultiva la po&ie provencale et pro- 

e'est-a-dire le 17 septembre 1215. tegea les poetes. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



381 



Si fu mors li rois d'Arragonne , 

22365 Ki venus iert pour a us aidier ; 

Quar n'i iert preus a souhaidier., 
Et maintes fois od sa compagne 
Ot vencus les paiens d'Espagne. 
La fu-il mors par Aubigois , 

22370 Ki li orent menet angois. 
Et si furent . j'el sai de fit . 
XX m Aubugois desconfit , 
Et'mort et pris et retenu. 
Ensi fu le conte avenu. 

22375 Et avint, ne sai quantes fois, 

Que , par Dieu et par son d&bis , 
A poi de gent et k mescief , 
I vint de grant victore k cief . 
Li quens de Fois et de S l .-Gille 

22380 Escapoient tousjors par gille , 

Et li quens ausi de Comminges, 
Qui leur fist estreper les vignes. 
Cele guerre n'iert pas a geu , 
Con ardoit Aubugois en feu. 

22385 Et les crestiiens tren^oist-on 
N& et baulevres et menton , 
Et pi& et puins et les orelles , 
Pour esgarder aus a miervelles. 
Et pour Frangois destruire mious , 

22390 Lor trencoit-on ausi les ious , 
Fust cevaliers u fust siergans , 
Et gietoient 6s fus ardans. 



Mori de D. Pedro II, 
roi d'Arragon. 



Les comics de Foix , 
de Toulouse et de 
Comroinges. 



Cruautes commises pen- 
dant Ics guerres dcs 
Albigcois. 



22366 Preus a souhaidier, preux qui laiss&t 
quelque chose a souhaiter. 

22369 Aubigois, Albigeois. 

22379 Li quens de Fois, Raymond-Rogier , 
mort en 1223. De St.-Gille, Raymond VI , comte 
de Toulouse, decide en 1222. 



22381 Li quens de Comminges , Bernard IV, 
mort Tan 1226. 

22381-82 Comminges et vignes, rime defec- 
tueuse. Estreper, arracher. 

22384 Con, puisqu'on... 

22386 Baulevres, levres. 



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382 



CHRONIQUE 



Le comte de Carcas- 
sonne. 



Amaury , 61s de Simon. 



Exces dont on accusait 
les Albigeois. 



Li quens Simons , qui bien i donoe , 

Tenoit Bediers et Karkasonne. 
22395 Rogiers et maiot autre haut ome 

En ierent mort et mis k some. 

Amuriaus ot, par a venture, 

Par II ibis grant desconfiture. 

Maint fort castiel li quens i tint , 
22400 Siergans et cevaliers d&int, 

Quar li pardons de l'apostole , 

Et de kardenaus a estole , 

Et de pr&as et d'arceyesques . 

Et des ab& et des ^vesques . 
22405 Ki tout i aloient courant , 

Et li viellart et li enfant, 

Et i faisoient leur s£jours 

Seulement par LX jours , 

Pour essaucier crestient£. 
22410 Mais il i eut si grant plente 

De mescr&ndise tourn^e 

Par le pais enracinie, 

Con n'es pot sorber ne destruire. 

Ja tant Francois ne sorent nuire , 
22415 Et si estoient sodomite, 

Pifle , rawardenc et irite. 

Le boin £vesque de Toulouse , 

Qui leur armes sauyer goulouse , 

Kacierent-il fors de la ti&re , 
22420 Quant commencie fu la gierre. 



22594 Bediers, Beziers. 

22395 Rogiers, Raymond-Rogier , comte de 
Carcassonne, monrut, Pan 1209, a Page de 24 
ans , dans Petroite prison ou Pavait jete Simon 
de Montfort. 

22397 Amuriaus , Amaury de Montfort , fils 
de Simon. 

22401 Li pardons, les indulgences. 



22409 II manque quelque chose a la phrase 
pour la completer, a moins que quar ne soit 
substitue a par. 

22413 Sorber, 6ter, enlever. 

22416 Pifle, qui s'empiflre, gourmand. Ra- 
wardenc, curieux, d'une curiosite impie? Ro- 
quefort donne le verbe rewaurder, reswarder, 
reswardeir, regarder. Irite , heretiques. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 383 

Et si avoit mainte ale &ie , 
Dont la painne ot esti perdue. 
Quar dire suelent « male espine 
Nourist et traist male sordine , 
22425 Et male brance male flour. » 

r* m.* m. l* * Trait satiriqttc contrc 

Ce nos tiesmognent h auctor. i es proven^ux. 

Ausi avint-il en Prouvence , 

Et par nature et par consenche. 

Quar quant li buens rois Carlemainne 
22430 Ot toute mise a son demainne 

Provence qui moult iert plentive 

De vins, de bois, daigue et de rive , 

As l£c&>urs , as manestreus . 

Qui sont auques luxurieus . 
22435 Le douna toute et d^parti. 

Encor sont-il a §ou vierti. 

Les estranges et les yoisines , 

Serors , parentes et cousines , 

Tienent a plain cil Aubigois . 
22440 Soient cevalier u bourgois : 

Et pour ?ou les yot-on oster, 

Pour leur afaire d^gaster. 
Souvent i alerent et tost 

De mainte tiere gent a ost. 
22445 Toulouse out autrefois asise 

Li quens de Monfort a devise. Men Amende Mom. 

Cil dedens terent a reviel , fort • 25 juin ,218 

Si gietferent d'un mangonniel, 

Et li quens iert a ses engiens 
22450 U il faisoit traire mairiens ; 

22421 Ale, alleeet venue, efforts, demarches. 22433 Leceours, debauches ; manestreus , me- 

22423 Suelent (soient). netriers. 

22424 Sordine , de sordre ou sourdre , jet. 22436 Vierti > enclins. 
22429 Li buens rois Carlemainne, voy. tome 22442 De'gaster, amender. 

I er , pag. 230. 22430 Mairiens , mitraille de ce temps la. 



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384 



CHRONIQUE 



II est consider^ corome 
un martyr. 



Amaury VI dc Mont- 
fort. 



Sa mort, 1241. 



Troubles en Angletcrrc. 



De la rebonbe d'une piere 
Fu cons&js el cief deriere 
Arifere fu port& bl&i&. 
La viespr^e s'est acoucies. 

22455 Et lendemain fu enti&&. 
Ass& i fu plains et plor& , 
Quar Dieux le vot prendre a martire 
S'en ot el cief couronne entire. 
Amauris, ses fius, ot la tiere. 

22460 Qui moult i ot et painne et gierre , 
Et de proaice et de yist£ , 
Et de largaice et de bont£. 
Retraist del tot a son bon pere . 
Et si retraist auques ses frere. 

22465 Mais en un estour fu ocis , 

C'onques n'i pot avoir miercis. 
Pour mariage ne pour foit , 
Ne pour sairement ne pour droit , 
N'i pot onques avoir amour. 

22470 Mais gierre et tence et fort clamour. 
Ensi demora li cembiaus , 
Et garni cascuns ses castiaus , 
Et gaaignerent par couvent 
Les I sor les autres sou vent. 

22475 Li rois Jehans s'en fu al& 
En Englettere tous ir&. 
Et si home point ne I'am&rent. 
Encontre lui se releverent, 



22451 Rebonbe, ricochet, expression harmo- 
nieuse et imitative qui rappelle ces beaux vers 
du Tasse , Gerusal. IV : 

Chi am a gli abitalor de Vombre eterne 
II rauco suon de la tartarea tomba. 
T reman le spaziose atre caver ne, 
E Vaer cieco a quel rumor rimboroba. 

22452 Conse'us, atleint. 



22461 Viste , activite. 

22465 Retraist, il retraca, rappela en tout 
son bon pere. II n'en avait cependant ni le genie, 
ni le courage, ni l'activite. 

22465 En un estour fu ocis , les historiens le 
font mourir de la dyssenterie , a Otrante , a son 
retour de la Terre-Sainte. 

22471 Li cembiaus , la guerre (cymbalutn). 



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gliis, 1216. 



DE PHILIPPE MOUSKES. 385 

Car et lor femes et lor filles 
22480 Bourgoises, yilainnes, gentilles, 

Prendoit et a tort et a droit, 

Et tant les ayoit en destroit 

Qu'il maintenoit ses ceyaliers 

Corame vilains et pautouniers. 
22485 Adont Robiers, li fius Gautier, 

Ki ne vot soufrir eel meatier, 

A Lo^ys s'en vint en France, 

Et tant i fist , par acordance Lc fils tln<5 de Philip 

De par les barons de la ttere, ^tSJC 

22490 Qu'il diut passer en Engletiere. 

Siergans manda et ceyaliers , 

S'a n& quises et marouniers. 

A Londres envoia sa gent . 

Si leur carga or et argent. 
22495 III cens en i ot tous eslius , 

Haus hommes , vallans et gentius , 

Et si tramist par mer aval 

Siergans a piet et a ceval , 

Tant que li Englois a plants 
225.00 En orent a leur volente. 

Londres gard&rent si tres bien 

C'onques li rois ni mesfit rien. 
Hue de Boyes vot amer 

Le roi Jehan , si passa mer, 
22505 M aint chevalier et maint siergant 

Prist en Flandres et en Braibant, 

Car tant leur douna de deniers 

K'il i passerent volen tiers. 

En mer se misent a la mue , 
22510 Mais li orages se remue , 

22484 Pautouniers, coquins , laches , mis£- Saer de Quinci, comte de Winchester, et Robert, 
rabies , de paver e. fils de Gautier. Le comte de Winchester mou- 

22485 Rooters , les barons envoyerent a Louis rut en 1220. Math. Paris, Hist, fr., XVII, 785, B. 
Tom. II. 49 



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386 



CHRONIQUE 



RaouJ d'Audcnarde. 



Gautier de Soltcgliem. 



Thierri d'lrconwex. 



Jean Vieillard. 



Mort de Ungues de 
Boves. 



Si leva une grans tormente , 
Par quoi cascuns moult se d£mente. 
Radous d'Audenarde i estoit, 
Ayoec lui 11 freres avoit, 

22515 Watier de Soteoghien par non, 
Et I jovene esquier, Baudon. 
Si fu Th^ris d'Ireconwis, 
Ki fu cevaliers esprouv&, 
Et en la nef signour Huon 

22520 Ot cevaliers de grant renon. 

Jehans Yiellars , qui jovene* ert , 
I fu quant li tormen* apert , 
Et si ot des autres asses , 
Que jou ne vos ai pas nommes. 

22525 Devant Gernemue corurent , 
Sor I savelon brissie furent. 

La n& de Sotenghien p^ri . 
Mais I gallon i ot gari , 
Et 1 priestre par I batiel 

22530 U il fu trais , sans nul apiel. 

Mais quant la mers est repairie, 
S'est toute I'autre gent noii^. 
Hue de Boves fist sa nef , 
Malgr^ les mestres ., a plain tref 

22535 Sour tiere courre ; s'i brisierent , 
Mais cele nef forment prisierent. 
Hue de Bove y fu noiie*, 



22525 Gernemue, Gernemua, Matth. Paris, 
Hist. />., XVII, 728, B. C'est-a-dire Yarmouth, 
ecrit aussi Jernemouth dans des actes anciens. 
Harris Nicolas, Proceedings and ordinances of 
the privy council of England, 1834, in-8°, 111, 
5,3. 116 , 1191. Cette terminaison en mue pour 
certains noms geograpbiques , est adoptee par 
les trouverea. anglo-normands. Geoffroi Gaimar, 
p. 3, 1. 1 des chron. publ. par M. Fr. Michel : 



Puis lurnerenl en Brunnemue. 

22526 Savelon , banc de sable. 

22528 Gari, sauve. 

22534 A plain tref, a pleines voiles. 

22537 Bove , Boves etait un chateau a deux 
petites lieues d'Amiens, appele par G. Le Breton 
Castrum Bobarum, et Botua par Robert du Mont. 
Chr. de Villehardoin , ed. de M. Buchon, p. 7 , 
nole 7. Voy. v. 20848, 21098. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 387 

Qui $au8 de France ot renoii&. 

Et bo ins droit fu quant il noia , 
22540 Ki son droit signor renoia , 

Dieu m&sme ot-il anoiie : 

Si soufri qu'il sont la noii^. 
Phelippes , li bons rois gentius . 

En ot grant joie . il et ses fius ; 
22545 Quar ses gens a Londres estoient , 

Qui la vile moult bien gardoient. 

Mais 1'apOStoleS InnOCenS Lepapeexcommuniele* 

— , . . partisans de Louis , 

Escumema toutes gens 1215. 

Ki passeroient avoic lui : 
22550 Sen ot Lofys moult d'anui. 

Non pourquant sest-il atourn&. 

N& quist et cevaliers ass& ; 

Aprils a l'estet s'i passa , 

Tout droit a Sanguis ariva , 
22555 A si grant gent , a tel nayie 

Qu'Englois en orent grant envie. 

D'autre part en Fille a Tanet, 

U il faisoit moult biel et net , 

La vinrent ses gens apri& lui , 
22560 Ki, par tormente, orent anui. 

Li rois Jehans fu d'autre part , Le roi Jean sWuil 

Et vit Testorie ki depart , 

A Sanguis n'osa arester, 

Fuiois s'en est sans demorer. 
22565 Et li joTenes rois cevau?a 

Droit a Kantorbie , et prist l'a 5 

Girart de Marke el castiel mist, 

Et garnison grant i asist. 

De li se traist a Rouveciestre , 

22547 Innocent , Innocent III. mite N.-E. du comte* de Kent. 

22554 Sanguis, Sandwich. 22562 L'estorie, pour la mesure lisez I'estore. 

22557 L'iUea Tanet, UleThanet, a l'extri- 22569 Rouveciestre, Rochester. 



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388 



CHRONIQUE 



Sepulture de l'enchan- 
teor Merlin . 



Les Flamandspeu fide* 
les au roi Jertn. 



Baudouin d'Aire. 



22570 S'ot la cit<* la tour et Fiestre. 
Lendemain avant s'en ala , 
Vint k Londres , ses gens trova , 
Puis cevaucierent par confort. 
Si prist Regate et Geldefort, 

22575 Et s'ot Fernehem et Winciestre, 
Et Portemue et Porciestre , 
Et Odihen prist lendemain , 
U il fait moult biel et moult sain. 
Hanstone et Malebierge prist. 

22580 U Mierlins, la profete, gist, 
Tout partot mist sa garnison 
Li fius le roi, k grant fuisson. 
Et li Flamenc, quant il pooient, 
Par congiet de$a repassoient , 

22585 Et s'orent les estrelins pris 
Dont il orent le roi soupris. 
Bauduins d'Arie sans besoing 
Ausi fist , Jehans de Cisoing , 
Et li f r6re de Sotenghien , 

22590 Et Buridans n'i perdi rien , 

Et plusior autre ki reyinrent , 
C'onques al roi couvent ne tinrent. 
Caus de France si fort doutirent, 
Que par de$i s'en repassferent , 

22595 Et messire Lofys la 

Parmi la tiere s'en ala. 
S'ot Nicole et, par le pais , 



22574 Regate, Aotul. Waterl. moit. dans le 
Recueil des Hist. fr. , XVIII, 205 , A. Cos- 
tellutn de Reigale. Geldefort, ibid., Guildfort. 

22875 Fernehem, Arn. Wavbel. t'6., Fernham; 
Winciestte , Winchester. 

22576 Portemue, Portsmouth; Porciestre, 
Dorchester ? 
' 22577 Odihen, Odiham, dans le Southamp- 



tonshire. 

22579 Hanstone, Southampton} Malebierge, 
Merleberge.C. Roberts, Excerpt a e rotulis finium, 
1855, in-8°, 1,300. 

22580 La pro fete, nous avons deja vu la pope. 
22582 /Wtt<m,foison. 

22587 Bauduins d'Arie, lise* d'Aire. 
22597 Nicole, Lincoln. 



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^i 



DE PHILIPPE MOUSKES. 



389 



Prist castiaus plus de XXXVI. 

A Douvre vint , si l'as^ga , 
22600 Ses engiens par defors dr^a , 

Le premier bailie a force prist. 

Girars La Truie mout i fist ; 

Et cil de dens furent preudome , 

Si n'es douterent une pome. 
22605 Inbiers de Bourc, li castelains, 

N'es gardoit pas comme vilains. 

Et si iert Pieres de Cr^on , 

Ki preus estoit, bien le cr&rn. 

Defors iert li sieges bastis , 
22610 Dont li sire iert bien aatis. 

Mors i fu Guicars de Bielgiu , 

Dont il n'i ot ne ris ne giu. 

Li cors de lui fu atir^s , 

En son pais fu reports , 
22615 Quar l'apostoles avoit dit 

Qu'escum^niet et entredit, 

l&rent tot cil qui la estoient, 

Qui Lo^ys aidier yoloient. 

Mais li rois d'Escoce vint la; 
22620 Le jovene roi ass^ura. 

Entre $aus de dens et de fors 

Furent donees trieves lors. 

Si sen est Lo^ys partis , 



Siege deDouvres. 



Exploits de Gerard La 
Truie. 



Imbcrt da Bourg. 



Pierre de Craon. 



Guichard de Beaujeu. 



Le roi d'Ecosse vient 
au secours de Louis. 



Al eVesque de Nicole avant ala. 

F. Michel, Chr. anglo-norm., I, 10G. 
Saer fu l'evesque de If icole. 

M. Francisque Michel , sur ce vers do Raman 
de la Violette, p. 7 , remarque que Lincoln eUit 
appele Nicole par les Normands , qui ne pou- 
vaient pas bien prononcer le veritable nom de 
cette ville , et qu'encore aujourd'hui , une partie 
du Swan-Pool porte le nom de NichoLPool. 

22601 Le premier bailie, les premieres de- 
fenses. 



22605 Inbiers de Bourc , Imbert ou Hubert 
Du Bourg, senechal de Poitou , chatelain de 
Douvres, enfin justicier d'Angleterre. 

22607 Creon, ancienne et illustre maison 
originaire d'Anjou. 

22611 Guicars de Bielgiu, appele par G. le 
Breton Bellijocensis Guischardus, XVII, 251, B. 
Cert Guichard IV, filsde Humbert III etd'Agnes, 
sire et baron de Beaujolais. 

22619 Li rois d'Escoce, Alexandre II. Ms de 
Guillaume , dit le Lion. 



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390 CHRONIQUE 

A Londres vint tos aatis. 

22625 Pelit apri& , en tel sofrance , 
Sen revint a sa feme en France 
Et parler al bon roi, sen pere. 
Mais entretant que il i fere, 
Si se tournerent contre troi , 

22630 Et moult de barons od le roi 
Li rendirent lor castiaus 
Qu'il tenoient rices et biaus. 
Mesire Lo^ys le sot, 
Si repassa, com il ains pot, 

22635 Quar si homme tot li plus sage 
Li fisent jurer le passage. 
Droit a Sanguis est ariy& , 
Si ont descargi& lor n&. 
Douyre s'en r'ala ass^gier. 

22640 Dun tnftuket fist tr&ucier 

Moult grant partie de lor murs , 
Dont joians estoit et s&irs , 
Quar il ot moult des murs perci&. 
Mon du roi jean, i9 Li rois Jehans s'iert acouci^s, 

22645 D'anui dont il iert envies. 
Si est au tierc jour d&ri&. 
Et quant tout si baron le sorent , 
Des ses II fius grant pitte orent. 
Si se torn^rent esranment 

22650 Avoec les enfans bonnement. 
Le roi Jehan ont entier^ , 
Mais il ne Font gaires plor^. 
H enri hi . son fiu , est Henris , ses fius , ot la coronne , 

reconnu Si com drois et raissons li doune. 

22655 Si houme l'ont assluret, 

Et li millour i sont tournet. 

22640 Tre'bukel , trebuchet , machine de guerre. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



391 



M on signour Lofys fu biele , 
Devant Douyre, ceste noviele. 
Fort et roit les fist asaillir , 

22660 Quar il n'i quida pas faillir 
A 90U qu'ensi fu la parole. 
Si sen fu alis Tiers Nicole 
Li quens del Perce cevaucier , 
Mais quant il i diut aprocier , 

22665 Mesire Fauke, I cevaliers., 

De Normendie, fbrs et fiers, 
Les ot espii& et trais. 
Pris i f u li quens et ocis , 
Et tout cil pris ki o lui erent. 

22670 Moult petit d'aus s'en escaperent, 
Et quant li jovenes rois le sot , 
De Douvre parti , com ains pot. 

A Londres vint, la soujorna 
Et soucors en France manda , 

22675 Car Englois li fisent y&r 

Soucours et par tiere et par mer , 
Con n'i pot aler ni yenir. 
Mais non pourquant, pour aus garir, 
De Londres partout cevaugoient 

22680 Et leur repaire bien gai doient. 
D autre part le pas u le cours 
Mandoient en France ce soucors 
A lor amis , partout cascun ; 
Et li yisquens de Mel&m 

22685 Fu mors, dont tout furent dolant, 
Par Londres , et petit et grant , 



Le comte du Perche 
est pris et tue* a la 
bataille de LincoJo, 
Ie20raai 1217. 



Mori du vicomtc 
Melun . 



22657 Biele, mot pris ici dans un sens ironique. 

22659 Roit, roide. 

22663 Li quens del Perce, Thomas, fils de 
Geoffroi HI. II epousa H&isende de Rethel. 
Hist, fr., XVII, 113 A , 184 B, 205 D, 235 C, 



285B 9 361B,719£. 

22665 Fauke, Foul que*. 

22675 Weer, empecher, vetare. 

22681 Le pas u le cours, de l'autre cdte du 
passage ou d&roit. 



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392 



CHRONIQUE 



llobert dc Courtenai. 



Eustache le Moine est 
mis a mort. 



Quar il avoit estet preudon 
Et hardis et de grant renon. 
Mais li Englois la mer gardoient , 

22690 A leur galies tout prendoient. 

Robiers de Courtenai , li frans , 
A tout C cevaliers , esrans 
Son couzin vot aler soucorre , 
Et fist ses nis a Kalais courre , 

22695 Estasses li Mounes od lui . 
Ki puis en ot ire et anui. 
En mer se misent I matin , 
De yent orent moult grant hustin; 
Tot droit devant Sanguis siglerent. 

22700 Mais li Englois en lor n& &rent , 
Seure lor ceurent, les ont pris, 
A force de gent, et soupris. 
Robiert de Courtenai men&rent 
A Douvre , si renprisonn&rent, 

22705 Et tous les autres cevaliers. 
Estasse li Moines , li fiers , 
I fii pris et , sans demor^e , 
Li ont jus la tieste cop^e. 



22691 Robiers de Courtenai, Robert de Cour- 
tenai, fils de Pierre I er et petit-fils du roi 
Louis VI , grand bouteiller de France. 

22695 Estasses li Mounes, Eustache le Moine, 
Tun des commandans des forces navales fran- 
caises. Matth. Paris (Hist . fr., XVII, 740, B) dit : 
Clatsis Franeorum Eustachio Monacho , viro /7a- 
gitiosissimo, comtnissa est, etplusbas £ : Proditor 
regis Anglia etpirata nequissimus. De son cdte* , 
Guil. Le Breton , anime d'un autre esprit , dit 
(ib.y in , B) : Euttachius cognomento Monachus , 
miles tarn mart quam terra probatissimus, L'in- 
fatigable M . Francisque Michel a publie , avec 
des eclaircissemens , le Roman d* Eustache le 
Moine , Paris, 1854 , in-8°. Eustache y est re- 



present^ comme un voleur, un pirate, une 
espece de Robin Hood boulonnois, qui avait 
fait un pacte avec le diable. 

Dont fu li If oignes bon guerriers , 

Molt par estoit hardis el fiers , 

Puis fist-il raainte djablie 

Es isles en l'autre partie. 

Le roy Loey fist passer* 

A grant navie , outre la mer. 



W istasces bien s'en escondi 
K'il n'i ot bora me si hardi. 
Ki li osast mie aprouver , 
Et ainsi l'ont laissie ester. 
Pp.81 , 82. 



22708 La tieste copee , le recit du combat ou 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 393 

Par le pais, sour une lance, 
22710 L'ont port^e, pour sa viltance. 

Robiers de Courtenai ptegi& 

Fu lendemain et ostagi&. 

A Londres vint al jov&ne roi , 

Si li a contet le desroi 
22715 De lui et de ses cevaliers, 

Et d'Estase , ki fu gueriers , 

Qu'il cop&rent la tieste an$ois : 

Grant dol en orent li Francois. 
El pais iert li kardenaus , 
22720 Si a pris parlement a aus ; 

Puis fu la pais ensi taillie 

Que Lo^ys et sa mesnie Louisrenonceiucou- 

r* \ m. m. C*.' ronnc d 'Angleterre. 

Repasserent et saur et sain 

En la tiere de France a plain , 
22725 Quar autrement n el porent faire. 

S'en ot Lo&s grant contraire 

Mais ?ou fist faire l'apostoles 

Et li clergies ki , par estoles , 

Escumeniierent tous ?aus 
22730 Qui passeroient avoec aus. 

Sen furent auques destorb^ 

Li Francois et souvent gab£ , 

Quar li rois Jehans , par parole , 

Iert devenus om l'apostole , 
22735 Pour ?ou que viers le roi de gierre 

Li garandesist Engletiere. 

Et apri& ont prise la crois, 

Pour 50U que plus en ot de fois. 

Tout ensi fu-il avenu 
22740 De cele guerre ki dont fu. 

fiit pris Eustache le Moine, est dans le roman , 22754 Om l'apostole, le 15 mai 1215 , dans la 

pp. 82 , 85. maison des Templiers de Douvres. 

22721 Taillie, negociee. 22756 Garandesist, gar an tit. 

Tom. II. 50 



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394 CHRONIQUE 

Wort de 1 empereur Li TOis Othe , ki IHOUlt DrCUS fu , 

Otton, 1218. ' r 1 

A Brunezvic dont raoru. 
Escumeniies ot est£ , 
Si n'i ot gaires conquest^. 
22745 Non pourquant il se concorda 
* A l'apostole , et amenda. 

Sevelis fu com emperere , 
Pour ?ou que sa hautece p&re. 
Moult en fu li& li rois de France , 
22750 Quar il li vot faire gr^vance , 
Et fist , tant com il f u en vie , 
Et par outrage et par en vie. 

Adont , j'el sai bien sans faillance , 
Uns chevaliers de grant vallance. 
piusieurs de* prison- 22755 Felippes , ki fu castelains 

nicrs , fails A Bou- * * ' 

vines , pamennent & j) e Maudanffien . com il pot ains , 

s echapper. %J ' r 1 

Et Conras de Tr^mougne ausi , 

Et Biernars d'Ostemale ensi , 

De Paris , u en prison erent , 
22760 Sans raen$on s'en escaperent. 

Car il avoient I atour: 

Si minerent la cartre entor. 

A mi&iuit en sont issut, 

Et leur ceval furent venut , 
22765 Si sont tout ensanble monte; 

Viers leur pais sont aroute. 

Moult en fu li rois courecies. 

Mais d'autrepart si fu trop li& 

Del roi Othon qui mors estoit. 
22770 Tout esranment envoia droit 

En Alemagne I sien mesage t 

A l'enfant de Pulle moult sage. 

22742 Brunetvic, Brunswick. 22762 Cartre, prison. 

22756 Maudangien, Maldeghem. 22772 L'enfant de Pulle, Frederic II , roi de 

22761 Atour, moyen , disposilioD. Sicile. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



395 



Si li manda que couronner 
S'alast a Ais . sans deroorer. 

22775 Et il si fist a moult grant gent : 
Si douna moult or et argent. 
S'i fu le vesques de Cambrai : 
Li rois li traraist. bien le sai, 
Quar il ot moult ami Othon . 

22780 Si Fot aidiet, bien le set-on. 
Et volt li rois que , sans refui , 
Fust al couronnement cestui. 

Ensi , par l'ueyre al roi de France , 
Fu li septres en acordance , 

22785 Quar tout li baron qui la erent 
L'enfant de Pulle couronnerent. 
£1 puing li ont le septre assis , 
Ki de fin or estoit massis, 
Et la couronne sour le cief 

22790 Li orent mise sans mescief. 
Et il en a Dieu aoui ^ , 
Et s'en a de piti6 plor^. 
Ensi ot li enfes l'empire , 
Ki de fine joie en souspire. 

22795 De cuer plorant larmes sans fiel , 
A la couronne offierte au ciel , 
Et si prist la crois d'outremer, 
Pour l'amende mious afermer. 
Albigois furent revels , 

22800 Et s'i ot maint preudome a\6. 
Et li fius le roi , Lo^ys , 
I fu ates, si fu trails. 
Quar de ?aus qu'il ot \k ensanble 
Duist-il avoir, ce me sanble, 



Fredczic II , empereur, 
1220. 



Jean de Bethune, e«r£- 
que de Cambrai. 



L 'empereur se croise, 
1218-1227. 



Soulevement des Albi- 
geoii. 



22774 Ais, Frederic fat couronne a Aix, 
en 1215, environ trois an$ avant la mort 
d'Otton, mai« son couronnement a Rome eut 



lieu en 1220. 

22777 Le vesques de Cambrai, Jean de Be- 
thune. J. Le Carpentier, Hist, de Cambrai, I, 574. 



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396 



CHRONIQUE 



Kaoul de 1* Tournelle. 



Mort da pape Inno- 
cent III, juillet 1216. 



Lereque de Caqabrai 
raeart devant Tou- 
louse , 20 juillct 
1219. 

A mould d'Aodcuarde 
prcnd part a la croi- 
sade contre les Albi- 
geois. 

Godefroid de Conde, 
eveque de Gambrai. 



Cioquieme croisade , 
1217-1221. 



22805 Espaigne et Surie conquise. 
Mais il ot en Tost convoitise 
Et traison et felounie. 
Si leur tourna a vilounie , 
Quar il n'i fisent nule rien. 

22810 La fu ocis, 9011 sai-je bien, 

Raous , li preus de la Torniele , 
Pardevant une porte biele. 

Li apostoles Innocens 
Fu mors adonques a eel tans. 

22815 Apostolie fisent d'onorie , 
Par eslection et par glorie. 
Li yesques Jehans de Cambrai , 
Qui fu preudom et de cuer vrai , 
A la seconde ost Lofys , 

22820 Qui pour Dieu s'i fu ob&s , 
Pardevant Toulouze moru ; 
Ernous d'Audenarde o lui fu. 
Godefrois de Condet f u vesqes , 
Ki plains estoit de boines teqes. 

22825 Mesire Lo^ys revint 

Sans rien faire, dont blasmes yint. 
Mais 50U fu auques par consence , 
Quar entre les barons ot tence. 
Petit apri& , sans demorer, 

22830 Pour Dieu siervir et onorer, 
S'en alerent li p&erin 
Droit a Acre ; mais en la fin 
Se traisent al roont de Tabor, 
U il orent painne et labour. 

22835 Mais li soudans tout lues et tost 



22811 Raous de la Torniele, nous avons 

vu plus haut Pierre de la Tournelle, 

22815-16 Lisez pour la mesure apostole, 
d'onore et glove. — Innocent eut pour succes- 



seur Honorius III. 

22835 Mont de Tabor, Malek-Adhel fit elever 
sur celle montagne une citadelle que les croises 
assiegerent. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 397 

As plus mestres signors de Tost , 

Pour leur p&i& faire pesans , 

Douna tant de ses faus besans , 

Que de moot Tabour sont parti. 
22840 S'en furent de blasme aati , 

Quar paieo fuscent escarni , 

Ki leur castiel onl rengarni. 

Et li signour, pour Tost graver 

Et pour leur blasmes aciever, 
22845 S'en alereot a Damiaite. segedeDamieucmo. 

Cit£ plaisant et forte et naite, 

Que li Sarrasin a soujour 

Avoient tenue maint jor. 

A moult grant mescief ariverent , 
22850 La tour reprisent et fermerent, 

Qui sor le flun estoit ferm^e ; 

De crestiens l'ont aferm^e , 

Et puis si fisent faire I pont. 

Parrai le flun , qui leur respont 
22855 A passer outre , et si paserent. 

Tant i sisent qu'il afamerent 

Caus de dens , et que pris les ont , 

Et puis la vile fermer font , 

Quar d'un malage furent tuit 
22860 Et mort et soupris et destruit. 

Ce fu grans joie par le monde , 

Mais fortune, qui trop abonde . 

Cele joie a duel lor torna. 

Quar li rois Jehans s'atorna , 

22841 Car autrement les paiens eussent M fils d'Erard II , comte de Brienne ; il De porta 

ud sujet de moquerie. pas la guerre a Baby lone , mais en Egypte , et 

22845 Damiaite , voy. Wilken , Geschichte ne reussit point parce qu'il etait sans cesse con- 
fer Kreuzziige, VI, 249; Michaud, Hist, des trarie par le legat, qui ne connaissant rien a la 
Croisades , HI , 435. guerre, voulait neanmoins la diriger. Au lieu de 

22854 Qui leur respont, se rapporte a pont. Babylone, lisezle Caire.Oliv. Scholast. , cite par 

22864 Jehans, Jean de Brienne, deuxieme Wilken, VI, 524, dit cependant: Rex Babilonis... 



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398 



CHRONIQUE 



Jean de Brienne , roi 
de Jerusalem. 



Mori dc Gossuid , eve- 
quede Tournai, 1218. 

Gautier de Manris lui 
succ^de. 



22865 Auques par consel del clergte , 
Et toute l'os, par son congi^, 
Viers Babilone sen aterent. 
Deciut furent quant logiet erent . 
Adont; cest v£rit& et fins, 

22870 Moru li vesques Gossuins 

De Tournai , et mestres Watiers 
Fu vesques fais. Li escoliers v 
De Tournai fu a Acre eslius . 
Comme preudom et clers soutius. 

22875 De Damiaite par essone 
Furent al£ viers Babilone 
Li rois , li kardenaus et l'os , 
Dont il n'orent ne pris ne los; 
Quar li fluns s'espart cascun an , 

22880 Entour la fieste St.-Jehan ; 
De son kanel ist par la ti&re , 
Si fait ass& anuis et gierre 
Par eel pais. Et dont s'avint 
Que nostre gent el pais vint , 

22885 Logiet se furent en I val . 
Cil a piet et cil a ceval. 
fes-vous le flun tost espandu 
Que plus ne pot estre a tend u. 
A grant malaisse i demorerent , 

22890 Deciut i furent, si plorerent 

Et demenerent duel moult grant, 
Qu'il ne porent aler avant, 
Ne repairier ne s'en pooient, 



pedites et equiies de regno suo prcesertim Kairo 
atque Alexandria coadunavit in occursum adven- 
tantium. 

22870-71 Gossuins.... Watiers , sur ces deux 
eveques , voir le tome l er , p. 540. 

22873 A Acre eslius , nous ne trouvons pas 



ailleurs cette circonstance et nous ne compre- 
nons pas bien comment Gauiier put £tre elu a 
Acre , a moins qu'il ne fut dans cette ville , au 
moment de l'election faite a Tournai. 

22879 Li fluns, le Nil. 

22881 Kanel, canal. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 399 

Se Damiaite ne rendoient. 
22895 Quar li fluns , qui vint a grans flos , 

Les i ot soupris et enclos , 

Et, pour aus mious prendre en lor bailies , 

Ot li soudans tous les ventailes 

De Babilone fors saci& , 
22900 Pour aus avoir plus enlacies 

Ayoec le flun , qui teus estoit 

Que cascuns ora se desviestoit , 

Ne ni pooit nus son parel 

Conforter, ne mailre a consel. 
22905 Ass& i ot painne et ahans. 

De brieve, li bons rois Jehans, 

Cil i fist tant , que que nus die , 

Qu'il n'i fu ret& de boidie , 

Qu'ass& li promist li sodans : 
22910 Mais il n'i fu pas entendans. 

Ainc pensa moult de calengier 

Les drois dou s^pucre , et vengier. 

Que vous iroie-je contant? 

La furent no crestiien tant 
22915 En aventure de morir, 

Et de noiier et de p£rir ; 

Et Damiaite fu rendue. 

S'est no gens arifere venue. 

Li vesques d'Acre en fu ostages , 
22920 Et li rois Jehans, ki fu sages. 

Revenu sont a Damiaite , 

Qu'il orent faite clere et naite. 

La fu preudom li rois Jehans . 

22896 Enclos, Petr. de Monte- Acuto, apud chemens. 

Matth. Paris, Wilken , VI, 334. Exercitus 22898 Ventailes, ecluses. 

Christi inter aquas inclusus, sicut piscis reti 22899 De Babilone, du Cairej fors sacie's , 

includiiur. tir& dehors. 

22897 Bailies, defenses , palissades , retran- 22900 Enlacies, enlaces. 



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400 



CHRONIQUE 



Eloge du soudtn du 
Caire Malck-Kamel. 



Le legal est bl&mt par 
lei cro'isit. 



L'auteur le defend. 



Et biea s'i prouva li soudans , 
22925 Quar a nos gens fist moult de bien , 

Ne de lui ne se plainsent rien. 

Et par couyent furent rendu 

Tout li caitif et retenu , 

Et li Sarrasin d&ivr^ , 
22930 Qui furent en prison livr^. 

Droit a Acre est l'os revenue 

Asses dolante et irascue. 

Moult en fu blasm& li tegas, 

Mais on set bien que ce fu gas , 
22935 Quar li clergies ne savoit raie 

Que Tos p&iist iestre traie. 

Car en tel liu mainne-on I homme , 

Sour boin-conduit , qu'en la parsomme 

L'en anient maus , si l'ocit-on. 
22940 Adonques a cil le renon 

Qu'il Fa tra'i , si n'i a coupes ; 

Et non pour quant Fen fait-on loupes , 

Et moustre al doit com traiteur : 

Si re^oit honte pour ouneur. 
22945 Ausi fist-on le clergiet la , 

Quar li tegas avant ala. 

Si quidierent toute la tierre 

A force sour les turs conquierre. 

Par tant furent, sans mesproison , 
22950 Mescr^ut de la traisson. 

Si n'i eurent coupes de rien. 

Ce sot-on par yiriti bien , 



22926 Plainsent, plaignirent. 

22928 Caitif, captif. 

22935 Li legos , le cardinal Pelage. 

22935 Quar les raisons que donne Phi- 
lippe Mouskes en faveur de Pelage , ne sont pas 
d'une logique bien puissante. 

22938 Boin-conduit, sauf-conduit ; en la par- 



somme, en definitive. 

22942 L'en fait-on loupes, lui en fait- on 
souillure, lope, loupe, crasse ou balayure de 
metal , dit Roquefort. 

22950 Traisson, de quelle* trahisons s'agit-il 
si ce n'est de celles de l'orgueil et de l'impru- 
dence? 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



401 



Qua eel jor fu li fluns issus , 
Si que li rois en fu d&ius. 

22955 Et ensi croist-il cascun an . 
Si que plusiour en ont ahan. 
Adonques fu , par v£rit& , 
S*.-Tumas en fiertre lev&, 
En la cite de Cantorbire , 

22960 Que li rois Henris fist ocire , 
Ki fu pere al boin roi Ricart, 
Con ne tiunt onques a escart. 
A son lever et a sa fieste 
Alerent maint preudome onnieste , 

22965 Clerc et dames et cevalier, 

Quar on le fist partout noncier, 
Et s'orent tout en Fab&e 
Lor plaisir, quar bien fu garnie. 
Adont l'estore nos tiesmogne 

22970 Qu'en fiertre furent k Coulogne 
Li troi roi mis , si com drois fu , 
Ki d'enfance le roi Jh&u 
Aour&rent , et lor prousens 
Port&rent, or, mire et encens. 

22975 Quar l'emper&res Fl&teris 

Les ot , a force , a M elans pris , 
S'es ot a Coulogne aport&, 
Dont li pais fu conforms. 
Mais C tans plus en fu dolans 

22980 Tout li pais entour Melans. 
Li buens empereres hardis 
De Coustantinoble , Henris , 



Elevation du corps de 
S'-Thoma* de K»n- 
torblry. 



La , Iroif rois de Co- 
logne. 



Henri I , empereur de 
Constantinople. 



22938 SK-Tumos, canonise en 1173. 
28975 FUMrii,FMincJI. 
22976 Melans, Milan. 

22981 Ici recommence l'extrait de Philippe 
Mouskes y plac£ par Du Cange et par M. Buchon 
Tom. II. 



dans leur edition de Villehardouin. 

22982 Henris , Henri I er , frere et successeur 
de Baudouin , comte de Flandre. II mourut le 
.11 juin 1216 , dans la quarante-troisieme annee 
de son age et la dixieme de son regne. 

51 



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402 



CHRONIQUE 



Pierre de Conrtenai , 
comte d'Anxerre, de- 
vient emperear. 



Philippe , marquis de 

Namur. 



Ses soeurs. 



Con avoit apielet d'Ango , 
Fu enierb& et vesqui po 

22985 Aprils le conte Bauduin , 

Qui l'empire ot trait a sa fin. 
Et li Francois ki \k estoient , 
Pour <jou que le droit otr voloient , 
S'orent mand& sa serour, 

22990 Droit a Augoirre, et son signor 
Conte Pteron , parent le roi ; 
Et il s'en alerent andoi. 
II fius orent , bien men sai ciert , 
L'un Felipon^ l'autre Robiert. 

22095 Felipes , con tint a *6ur , 
Si ot la cont^ de Namur , 
Que li quens de Namur adonques 
Siout tenir, Felipes , ses oncles , 
Et sire fti des Aucerrois. 

23000 Robiers, ses frires, ce fu drois, 
Ot, entre Douwai et Bomjain., 
Grant tiere et viles tot k plain. 
S'orent serour preus et geutius. 
Li buens rois de Hungrie , Andrius , 

23005 Ot lainsn^e que moult ama , 
Que Henris d'Ango li douna : 
Et la seconde ot Jehanins , 



22983 D'Ango, d'Angre; voy. v. 20466. 
22989 Sa serour, Yolande , seconde femme de 
Pierre de Courtenai, comte d'Auxerre. 
22993 II fius, quatre fils. 

22998 Stout, M. Buchoo, scout; Felipes, ses 
oncles , Philippe I", dit le Noble. 

22999 Et sire fu.... du moins nominalement, 
car Herve' , baron de Douzi , gendre de Pierre 
de Courtenai , s'etait mis en possession. 

29001 Boucain, Bouchain. 

23003 Pre**, M. Buchon : prus. 

23004 Andrius, Andre* II, dit le Jerosolymi- 



tain ; c'est de son fils posthume Etienne , que 
les genlalogistes font sortir la maison de Croy. 

23003 L'ainsnee, Yolande. 

23007 La seconde, cette alliance n'est pas 
marquee dans VArt de verifier les dates, IV, 318, 
eel. in-8°, ni dans Dn Cange, qui, lorsqu'il y a 
lieu , cite si volontiers Ph. Mouskes , Hist, de 
Constantinople ,\, 164. Cette erreur de fait se 
trouye pareillemeni dans les genealogies de Bau- 
douin d'Avesnes et dans Gilles de Roye. Du 
Cange , ibid. , 1 , 114, 113; Jehanins, Joannice 
ou Jean I", dit ausst Calo-Jean. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



403 



Sire des Bias et des Com m ins. 

La tierce fu safaris et aspre . 
23010 Cele si fu donate a Lascre, 

I haut prince de la Turquie . 

Qui grant ti&re ot dans sa baillie. 
Lor mere fu mise a la voie, 

Pour de l'empire avoir la joie 
23015 Que si frere avoient &ie. 

Et li quens Pieres ot tenue 

Une autre voie , ses maris . 

Dont il fu dolans et maris . 

Quar li Commenios le prist, 
23020 A Duras, en prison le mist, 

Et tout si ome i f urent mort , 

Par desloiaut^ et par tort: 

Gossiaus , li frere Alart d'Antoing , 

Fu pris et mors k eel besoing, 
23025 Et la contesse en fu al& ; 

Sans son signor fu couronnfc. 

Poi apri& s'acou$a d enfant , 

Dont ele iert enfainte devant. 

Bauduins ot non pour son oncle. 
23030 Li quens Pi&res moru adonque 

En la prison dont jou vos di. 

Petit apri& moru ausi 

L'emper&s , et li baron 

Cargi&rent la tiere Quennon 



TWodorc Lascaris. 



Capii viti de l'empereur 
Pierre de Courtenai. 



Gaussouin d'Antoing. 



Baudouin II de Cour- 
tenai. 



Mort de Pierre son 
pere, Ten 1218. 



23008 Bias, Valaques. 

23009 La tierce, Marie epousa en 1219 
Theodore Lascaris l or , empereur des Grecs, 
selon YArt de verifier Us dates. Cf. Du Cange , 
Hist, de Cotutantin. sous let Francois, 1, 163. 

23019 Li Commenios, Theodore L'Ange Com- 
nene. 

23023 Gossiaus, Da Cange en parle d'aprea 
notre auteur, Hist, de Constantinople sous Us 



Francois, id. de M. Bnchon , 1 , 136. 

23024 Besoing, extrtmht. 

23029 Pour, M. Buchon : par. 

23034 Quennon, voy . le Romaneero de M. Pau- 
lin Paris, p. 77 ; et Du Cange, Hist, de Const, 
sous Us Francois, I, 163. Du Cange, en eet 
endroit, invoqne l'autorite de Ph. Mouskes. 
Conon , quesnes , quines ou quens , £tait frere de 
Guillaume deB&hune,aYoued'Arras, v. 20431. 



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404 



CHRONIQUE 



Conon de B&hune, ie- 
n4chal de Romanic. 



Robert de Courtenai. 
empereor de Con- 
stantinople. 



Jean Azan, roi de Bui- 
ganc. 



23035 De la Bi&une , pour guarder. 
Et s'orent consel demander 
Le fil la dame pour droit oir, 
Et pour droit ure et pour savoir, 
Aparilli& fu li mesages , 

23040 Bien parlans et cortois et sages. 
Son fil manderent Felippon , 
Et il en a dounet le don 
Robiert , son fr£re , par consel , 
Ne faire n'en vot aparel. 

23045 Robiers . ses fr&res , s'atorna , 
Viers Hungrie s'acemina. 
Venus i est a sa serour, 
Moult le reciut a grant ounor 
Li rois Andrius , si fist sa suer 7 

23050 Et s'ot tout leur avoir a fuer. 
Tout l'ivier furent a plente , 
Mais ne porent a volenti 
Passer par la tiere sauvage. 
Si fist li rois I manage 

23055 D'une nie^ain a eel Robiert, 
Et si nos fait restore ciert 
Que rois Ausens l'ot et ptevie , 
Ki sire iert et rois de Servie. 
Et li rois Andrius ot I fil . 

23060 Moult preut et valiant et gentil , 
Alixandres avoit a non , 
Et moult l'amoient Esclavon. 
Rois Ausens et li rois Andrius. 



23043 Robiert, a Robert. 

23044 Ne faire n'en vot...., il refusa pour 
Iui-m6me le dangereux heritage de Constanti- 
nople et le c&a a son frere. Du Cange, Hist, de 
Constantinople, I, 166. 

23030 A fuer , a sa disposition , a discre- 
tion. 



23033 Nie'cain , Anne. 

23037 Ausens, Jean Azan, roi de Bulgarie. 
Du Cange, Hist, de Constantinople, I , 168; 
ple'vie, fiancee. 

23061 Alixandres , cet Alexandre, mentionne 
par Du Cange , I, 168, ne Test pas dans YAH 
de verifier Us dates , VII , 422. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. i0;'> 

Et rois Alixandres , ses fius . 
23065 Convoiierent Robiert d'Au^uerre. 

S ? ot viandes , avainne et fuerre , 

Tant k'il vint en la tiere noble. 

Comrae sire en Coustantinoble. 

Et l'ot con voiiet , par sa ghille . 
23070 Li rois Bilas, sires de Bile. 

Bauduin , son frere , trouva 

Mesire Robiers, quant vint la. 

Jovenes iert , si Tama forment 

Et nourir le fist ri cement. 
23075 Quant cis Robiers i fu veous , 

Moult hautement fu rectus 

I jor de Nostre-Dame fieste , 

Ot couronne dor en sa tieste , 

Et s'ot les dras emp^riaus , 
23080 Et fu empereres roiaus , 

Assures et couroun& 

De clers et de barons sen&. 

Mais si baron ierent en Tost 

Contre Lascre, qui lues tantost 
23085 Qu'il sot la mort sa mere en voir. 

Vot l'empire par force avoir. 

Car il ot sa fille espous& , 

Que ses oncles li ot doun^e , 

Li boins Henris , ki , par solas . 
23090 La fille Jehannin le Bias 

Ot espous^e , mais nul oir 

Ne pot de cele dame avoir. 

23065 Aucuerre, Amerce. 23071 Bauduin, Baudouin etait ne a Con- 

23067 En la tiire noble, par apposition a la tiere stantinople et n'avait que trois ans au plus. 

sauvage, v. 23053. La premiere etait cellehabitee 25084 Latere, Theodore Lascar is. Du Cange 

par les Chretiens, dependante de 1* empire. cite Mouskes sur ce fait, I, 171. 

23069 Ghille, finesse, adresse. 25085 Sa mere, Yolande, sa belle - mere . 

23070 Bilas, B«£la, Tun des fils du roi de morteen 1219. 

Hongrie. Bile ? 25090 Jehannin, Joannice. 



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406 CHRONIQUE 

Par quoi la m&re a cest Robiert 
Fu mand& tout en apiert, 
23095 Et apri& li, Robiers ses fius, 
Qui de l'empire fa gentius. 

G rra^ r ,^e ct- Girars La Truie sen p&ia , 

,re La,caris Ki les barons li amena, 

D'outre le brae u il estoient , 

23100 Contre Lascre se deffiendoient. 
A lui sen vinrent esranment , 
S'el reciurent moult lament. 
Couronn& fu sans contredi 
En I quaresme, jel vos di , 

23105 Le jour de fieste Nostre-Dame , 
Si qu'en Flandres en Tint li fame 
A la contesse , sa couzine. 
Joians en fu de joie fine 
Pour son couzin et pour son pere, 

23110 Ki premiers ot conquis l'empire. 
Li quens Felipres de Namur, 
Ses fr&re , al cuer lolal et pur, 
Refu trop joians de s'ouneur, 
Et si loa Nostre-Signeur, 

23115 Pour $ou que fais estoit ses frere 
De Coustantinoble emper&re. 

I/erapereur et TMo- Petit apri& COU , si Ot fait, 

dore Lascaris font la 

p«i». Pour amender tot le mesfait, 

D'entre Lascre et l'emperfour, 
23120 Trestout li baron de l'ounour, 

Comme preudome et fort et sage, 
Et par laitres et par mesage , 
Tant que Liascres, tot sans gille, 
Promist Temper^our sa fille 

23097 Giran La Truie ; Du Cange le men* 23106 Li fame, lanouvelle. 
tionne d'apres Ph. Mouskes , 1 , 171. 23107 La contesse, Jeanne. 

23099 Le brae, lebras de S'.-George, 23124 SafiUe, Eudoxie. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



407 



23125 Et grant ti&re pour acordance , 

K'il n'i ot point d'outrequidance. 

Dune autre feme Tot £ue. 

Mais sa suer, qui lavoit a drue, 

S'en p^na forment pour son fr&re , 
23130 Qui de la tiere iert emperere. 

Et pour Lascre , le sien baron , 

S'en p&i£rent tuit li baron. 

Girars La Truie enfua court , 

Si fu Thi^ris de Walecourt , 
23135 Et si ot ass& autre gent. 

Liascres les reciut moult gent. 

Cevaliers avoit em prison : 

Paracorde, sans raenchon 

Furent rendu , car l'emperftre 
23140 Contre ciaus li rendi son frere. 

Joiant en furent lor parent , 

Et par de$a et l'aparent. 

Ensi fu fib& la guierre. 

Si remest en grant pais la tierre; 
23145 Et quant la cose fu outr&, 

Cascuns revint a sa contr^e. 
Petit apri& moru Liascres, 

Qui moult estoit vallans et aspres. 

Si tint I'emper&res s'ouneur 
23150 Tout entre lui et sa sereur. 

Si fu rem& cil manages , 

Qui fais iert par lor hommes sages. 

Ceste noviele , sans faillance , 



Ambassade de Gerard 
La Truie et de Thierri 
de Valaincourt. 



Mort de Theodore Lin- 
earis , 1222. 



25127 D'une autre feme, d*une autre femme 
que la soeur de Robert , c'est-a-dire d*Anne Com- 
nene, fille de Tempereur Alexis, surnomme 
Andronic. 

25128 Sa tuer, Marie, en effet, fit beaucoup 
d'effbrts pour favoroer cette alliance. 

25154 Tkieru de Walecourt, Du Cange l'ap- 



pelle Thierri de Valaincourt, I, 175, comme 
Ph. Mouskes lui-m&me plus has , et G. de Ville- 
hardouin. Walincourt etait une pairie du comte 
de Hainaut j voy. ce qu*en dit St.-Genois . Droits 
primitifs, etc., p. vm. 

25142 Plus qu*on ne pent dire. 

25145 Outree, terminee. 



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408 



CHRONIQUE 



La njuprr*' recommence. 



ConiliMt de I'eiiiMUiu. 



Maraux- de b»«-Mcnc- 
honld. 



Jlourgeau dc Fiomii. 
(robrrt dr Marker. 



,Le* dcuxCouuii dc Be- 
tliune, Payen d 'Or- 
leans. 



Pierre de Kit-lcuil. 



Si vint en Flandres et en France. 
23155 Dont recommenci&rent la guierre 

Li Coumain par toute la tierre. 

L'emper&res Robiers le sot, 

Et cil, plus tost k'il onqes pot, 

I envoia ses cevaliers 
S3 160 Et des plus preus et des plus fiers , 

A I castiel que , par engagne . 

Fermoient en une montagne. 

Mais par l'estorie sai de fi 

Que nos gens furent desconfi . 
23165 La fu mors messire Makaires, 

Uns chevaliers de grant afaire. 

Si fu mors de Fre$ain Bouriaus : 

Ausi fu de Marke Gobaus; 

Cevaliers et autres siergans, 
23170 Dont l'empereres fu dolans, 

I ot ocis a grant lagan , 

Dont la tiere fu pis en l'an; 

Quar li vious Quenes estoit mors , 

Et li jovenes Quenes. li fors; 
23175 S'iert mors Paiens et Ltenars, 

Et des Coumains fisent essars ; 

S'iert mors Pi&res de Br&cuel , 

Dont el pais ot moult grant duel. 

Moult estoit la tiere afeblie 



23161 Engagne , Industrie. 

22165 Makaires, Macaire de S te -Menehould , 
chevalier champenois, qui avait donne des 
preuves de son courage en diverses rencontres , 
sous les empereurs Baudouin et Henri. Du Cange, 
1,181. 

23174 Li jovenes, filsdu precedent. 

23175 Paiens, Payen d'Orteans, Villehar- 
douin en fait mention. II est nomine* Pag anus de 
Aurelia , dans une lettre de Henri , frere de 
Tempereur Baudouin; parmi ceux qui furent 



cites pour se trouver a Parmee du roi de France, 
en 1251 , on trouve les hoirs de Monseigneur 
Payen d' Orleans. Lienors, chevalier dont parle 
Henri de Valenciennes, quil'appelle Lienors de 
Helemes ou de Helmet, edition de M. Buchon, 
p. 207. 

23176 Et, M. Buchon lit qui, ce qui vaut 
mieux pour le sens ; essars , destruction. 

23177 Pieres de Breecuel, Petrus de Britolio, 
Pierre de Breteuil , chevalier de Beauvoisis , si 
nous en croyons Dom Brial. V, 20449. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



409 



23180 Quant Robiert ot la signourie. 

Et puis fist sa gent une route, 

Mais a brief tierme fu desroute. 

Tigris de Walecourt en fu , 

Li sire quavons-nous ou. 
23185 S'en fu Nicoles de Mainwaut, 

Mariscaus, quar il ot cuer haut. 

Ate furent viers Salenike, 

Dont il euissent est^ rike. 

Gaitiet i furent et soupris : 
23190 Si furent tot et mort et pris. 

Pris i furent a eel asaut 

De Walecort et de Mainwaut 

Nicole et mesire Tigris , 

Qui moult estoit preus et ci^ris. 
23195 Puis rot pl^vie cis Robiers 

La fille k Lascre , g'en sui ciers. 

Si fu Th^ris de Walecourt 

D&ivr&, et revint a court, 

Et de Mainwaut Nicole ausi 
23200 Et toute leur gent par ensi ; 

Si ot la tiere de grant bruit 

Pais, plenty, repos et d&luit. 

Mais cele gent i&rent sauvages : 

Si demora li manages, 
23205 Qui II ibis eut est<5 pMris; 

Si remest la gierre el pais. 
Boucars d' Avesnes ot est£ , 

Avant (ou, pris en I est^. 

La contesse Tot en prisson 
23210 A Gant, pour $ou qu'en mesproisson 

Avoit faite de sa serour, 



Nicolas de Mainwaut. 



Nouvelle negotiation 
relatirement a la fille 
de Theodore Las- 



EUe est rompue une 
seconde foil. 



Bouchard d'Aresnes ar- 
rete par ordre de la 
comtesie deFlandre. 



25185 Nicoles de Mainwaut, marshal de Ro- 
manie. Du Cange , 1 , 182. 
23187 £afent*e,Salonique. 

Tom. II. 



25189 Gaitiet, gnett& ; Buchon : gutties. 
23193 Tieris, se rapporte a Walecort. 
23206 Si remest, ici , dans l'extrait de M. Bu- 

52 



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410 



CBRONIQUE 



Robert de Courtenai 
tomhe entre les mains 
de Bouchard. 



Chateau d'flouffalise. 



Sohicr dc Wavre 



Pour $ou que il en ot laisour. 
Devant l'afaire de Bo vines, 
A Mons estoit od ses mescines 

23215 Sa suer. et il Ten ot port&, 
Et si l'ot a feme espouse. 
Sot entre lui et la contesse 
Une guierre moult fclenetse , 
Pour tiere quil en demandoit. 

23220 Mais la contesse li v&>it. 

Tant quil en prist, aprils I jor, 
Robiert d'Au$oirre en I estour, 
Qui puis ot et tint comme sire 
De Coustantinoble l'enpire, 

23225 Si com de?ant av& oi. 

La contesse point n'el got. 
Mesire Boucars repairoit 
En Ardane , u men^e avoit 
Sa feme droit a Eufalisse , 

23230 I castiel trop fort a devise. 

Sohiers de Wavre le gardoit, 
Qui monsignour Boucart aidoit. 

Mesire Robiers fti d&ivres 
Qu'il n'i douna ne mars ne livres . 

23235 Et Boucars couru par la tiere. 
Si fist a la contesse guierre , 
Pour tiere qu'il li demandoit 
De par sa seror qu'il avoit. 
Puis fu ocis , et , volant lui , 



ebon , on a omis 1200 vers. 

25212 Laisour, de ladere, tort, outrage. 

23215 Devant... Le mariage de Bouchard 
eutlieu en 1213. 

23215 Sa suer, Marguerite; Ven ot porte'e, 
J. De Guyee dit positiTenetit que le manage de 
Bouchard etde Marguerite se fit du eoosentement 
des parent de* parties cootraetaates , XIV, 24. 



23220 Veoii, refusait, faisait obstacle. 

23229 Eufalisse, Houffalise. Voy. dans nos 
Memoires g4ndalogiquetetJUsiorique$ , I, 88, une 
suite des seigneurs de ce lieu , et dans J. De 
Guyse, XIV, 28 et suiv., des lettres relatives a 
«o don detiO livres fait par Bouchard a son cou- 
sin Thomas de Houffalise. 

23257 Repetition dm v. 23219. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



411 



23240 Si fu ocis ses frere Gui 

De vilains ki les encontrerent , 

I jour que par Hainnau paserent. 

II ans fu a Gant en prison , 
Puis en issi sans raenehon. 

23245 Li sires d'Aresnes , ses fr&re , 

Watiers , qui moult rices om ere , 
Et quens de Blois estoit nomm& , 
Pour Guion fu moult abosm^s 
Et plains d'anui et de pesance. 

23250 Mais, par consel et par soufrance. 
L'a tout en oubliance mis , 
Par le consel de ses amis. 
Si fu par consel devisee 
La mors de Guion pardonn&, 

23255 Quar c'est coustume par devis : 
Les mors as mors, les vis a vis. 
Mais k painnes et a escars 
L'otria mesire Boucars , 
Qui pour sa feme iert entredis, 

23260 Par $ou qu'il ot est£ par dis 
Sous-diakes, ce disoit-on, 
S'ot est^ cantres de Loon 
Et fu tr&oriers de Tournai. 
Mais pour son fr&re , bien le sai , 

23265 Qui de sa feme n'avoit oir, 

Et, par $ou, pour la ti&re avoir, 
Estoit devenus chevaliers. 
Mais ses freres en dementiers 
Une fille ot de sa moullier, 



Gui d'Avesnes est as 
sassinl. 



Bouchard sort de pri- 
son. 



Gautier I!, d'Avesnes. 



Bouchard d'Avesnes 
excommunie. 



23246 ^Tatters , Gautier II. 

23247 Quens de Blois , du chef de sa femme 
Marguerite. 

23255-56 Ge proverbe peignait l'esprit de 
vengeance personnelle qui animait les grandes 



families et qui rendait Urate une race solidaire 
de Toutrage recu par un individu : mort pour 
mort , vie pour vie. 

23261 Sous-diakes , sous-diacre. J. De Guyse, 
XIV, 192. 



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412 



CHRONIQUE 



Bouchard d'AresQes va 
a Home. 



II rend par son courage 
des services an pape. 



23270 Si que la tiere ot iretier. 
Gautiers d'Avesnes s'en ala 
Outre mer , et revint de^ ; 
Et puis 8a fillaite sen£e 
A 1'enfant de S*.-Pol doun^e. 

23275 Et mesire Boucars ot prise , 

Al mious k'il pot et a sa guise, 
Serour Jehane, la con tease, 
Sans don , sans tiere et sans promesse , 
Et si devoit , par convenance , 

23280 De sa feme querre acordance., 
Si que, par Bourne, i demorast 
Et la contesse l'otroiast, 
Quar il s'entramoient forment. 
A Roume en ala ausement. 

23285 II fius en ot, moult les a ma. 
Ensi la cose demora , 
Et Boucars s'en ala a Roume, 
Mais ains queuist fait sa besougne, 
Fu la dame d autre maniere. 

23290 Si prist Guillaume de Dampi&re, 
Mais ele en fu partot blasm^e, 
Quar Boucars I'avoit moult am&. 
A Roume f u et pour lui sougne , 
Quar faire voloit sa besougne. 

23295 Li pape ot guerre en I castiel , 
Si l'i siervi et bien et biel, 
Tant que Boucars, qui fu gueriers, 



25273 Fillaite, Marie d'Avesnes , comtesse de 
Bloia , epousa Hugues I er de Chatillon , comte 
de S l .-Pol , ainsi qu'on en a deja averti. 

25277 Serour, Marguerite. 

25278 Sans tiire , sur le partage de Bon- 
chard , voir S'.-Genois, les Pairies du Hainaut, 
pag. ccliij, et J. De Guyse, XIV, 24, 26, 
28, etc. 



23280-81 II derait faire confirmer son ma- 
nage a Rome. 

23285 II fius , Jean et Baudouin d'Avesnes. 

23290 Guillaume de Dampitrt, deuxieme fils 
de Guy II de Dampierre et de Mathilde , heri- 
tiere de Bourbon. Ce manage se fit apres le moia 
d'avril 1218. 

23293 Sougne, songe. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



413 



Fu as 03 , comme ceyaliers ; 
Del pape et des cardenaus 

23300 Fist faire ses enfans loiaus. 
Li rois d'Acre et li emper&re 
Priierent pour lui , com de frere. 
Si li fu jugiet par savoir 
Tenir ounour et tierre avoir, 

23305 Et de par p£re et de par mire , 
Et de par feme et de par frere. 
Mais cil Guillaumes de Danpiere 
Tint sa feme en tel maniere, 
Qu'entredis en fu lodgement, 

23310 S'en ot puis filles voirement. 
Aprils, li fius I'emper&mr, 
Con tenoit de Pulle a signor. 
Par le commant de I'apostole., 
D'arcevesque et vesque a estole , 

23315 Devant les barons de I'empire 
Fu couronn^s sans contredire 
A Ais, par le commant son p£re. 
Pour apri& lui tenir I'empere. 
Enf& de Pulle avoit a non 

23320 Cis empereres, par sournon, 
Si com lempereres Henris 
Et I'autres ayant, Ftederis, 
L'orent fait as barons jurer 
Et l'apostolie confermer. 

23325 Si Vot-il com preus et gentius , 
Et pour 90U TOt-il que ses fius 
Fust couronaes a son vivant. 
Ensi fu fait, ?ou truis lisant, 



U fait legitimer *es en- 
fans. 



Guillauiac de Dam- 
pierre, second raari 
de Marguerite de 
Flandre. 



Frederic II, empereur. 



23298 Asos al'armee. Acre. C&ait alors Jean de Brienne. 

23500 Loiaus, legitimes, reconnua. 23324 L'apostolie, la mesure veut I'apostole. 

23501 Li rois d'Acre, le roi de Jerusalem, 23526 Ses fius, Henri, eluroi des Romains, en 
qui n'exercait plus guere son autorite* que dans 1220, a Tage de sept ans , et couronne* en 1222. 



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414 CHRONIQOE 

Qu'il en orent bri& et saiiaus 
23330 Des clers et des barons plus haus. 
Ensi fu couronn& ses fius . 

Qui de linage fu gentius. 

Et I'empereres s'en ala 

Droit en Sesile , et trouva 
23335 Sa ti&re forment d&iert& , 

Que li paien orent gast^e, 

Qui par tout Sesile manoient 

Et sor crestiiens force avoient. 

Mirabiaus ot a non li sire , 
23340 Fors castiaus ot en eel empire. 

L'emper&res tant esploita , 

Tant i fist et tant i gaita . 

Les Sarrasm. de Sicile Qu'il prist k fOTCe en I CaStiel 

Le signor d'aus tos , Mirabiel , 
23345 Et sa feme et tous se^ enfans. 

Sen fu trop lies et cil dolans . 

Et tout li autre furent mis 

A I'esple par le pais- 

Mirabiaus , ki leur sire fu . 
23350 Fu pendus, le haubierc vestu. 

Ensi fu Sesile widie 

Des paiens et de leur mesnie. 

L'emper&res partot manda 

Gent ki Ten i gent manoir \k , 
23355 Et l'empereres demora 

Sour la na vie , et atorna 

Ses galies sor la marine , 
Douieur que i. perte Tout pour le duel et pour 1'envie 

vJ£™° cau " * Que Damiete estoit perdue. 

23360 Quar a lui s'estoit atendue 

25554 Vers trop court avee l'&ision. et ajoute qu'il fiit peodu avec sea deux fils. 

25559 Mirabiaus, Albenc de Trois-FoDtaines fluU frauf., XVIII, 778, E. II place cet eveae- 
appelle Mirabel, le chef des Sarrasina en Sicile, sent sous Fan 1212. 



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DE PHILIPPE MODSKES. 415 

De soucorre crestient&, 

Des le jour k'il fti couronn&. 

Or estoit rendue sans lui. 

S'en avoit ire et grand anui , 
23365 Et disoient les gens partout 

Que li emper&res de bout 

R'iroit Damiaite conquerre, 

Et s'i menroit $aus de 8a tierre. 

A II ans fu li tiertnes mis 
23370 Del pape et de leur amis. 

Ii Albigois par de$& mer L*, Aibigeo.s. 

Fisent Toulouze reformer. 

Li quens Amauris de Montfort 

N'ot pas de gent si grant confort 
23375 Qu'il lor p&iist nul si6ge faire , 

Abac li tolirent maint repaire. 

Et l'apostoles ot mandl 

Au roi de France que, pour Di, 

Alast a Toulouze et pr&ist 
23380 Toute la ttere , s'il vosist , 

Et fust soie comme oonqueste . 

Sans <?ou q' Amauris en ot preste. 

Et bien le d&iist li rois faire, 

Quar Toulouse est de son afaire, 
23385 Et de lui le doit-on tenir. 

S'a droit s'en voloit maintenir 

Li quens de S*.-Gille, ses om , 

Qui de la guerre ot mal renom. 

Mais li rois n'i Tot aler pas , 
23390 Se l'apostoles , par compas , 

Ne li confermoit k irage 

Normendie et tout le rivage 



85568 Menroit, meoerait. D« U j»pe «t de kur amis. 

25570 Pour retablir la meaure,on pent lire : 25591 Irage, iretaje, heritage , propriete. 



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416 CHRONIQUE 

Et 90U qu'il tenoit en Poito , 

Quil n'en perdist ne grant ne po 
23395 De la tiere par deqk mer. 

Mais ne li vot pas confermer, 
HenH hi, roi dAn- Quar l'en&s d'Engletiere estoit 

Ses om . et la crois prise avoit 

Pour son p£re, des qu'il fu mors. 
23400 Si fu Papostoles remors , 

Tout pour l'enfant, dumilite 

Et de raierci et de pit^. 

Mais toutes voies li bons rois 

Ne vot pas soufrir les d&rois 
23405 D'Albigois ; si tramist grant gent 

Et leur carga or et argent. 

Li quens Amauris et sa m&re . 

Qui moult vallans et gentius kre , 

En orent a Paris est^ , 
23410 Au roi Felippre, el tans d'est^. 

Petit apri& li rois de France , 

Qui tous jors sainte glise avance . 

Od lui maint conte et maint princier, 
Lc roi de France arme Fist a Estampes ceTalier 

iipp V e et r> rh°bant de 23415 Felipon , son fil , hautement , 

* mpagne Et si Tot fait ciertainnement 

De I'apostole fait loial 

Pour d&enir tiere roial. 

Si ot maint conte et maint princier 
23420 Lk ou il le fist cevalier ; 

Et l'enfant de Campagne avoec 

Et maint franc baceler iluec 

Fist ceyalier avoec son fil , 

25418 Felipon, Philippe, dit Eurepel, comte taines, Hist, fr., XVIII , 792, A : Theobaldus , 

de Boulogne, de Mortain et de Dammartin. comet Campaniensis , cingulo militari accingitur 

25421 L'enfant de Campagne , Thibaut V, in Pentecoste cum Philippo , regis filio. Ad aon. 

comte de Champagne. Alberic de Trow-Fon- 1222. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



417 



Qui furent franc ome et gen til. 

23425 Done i ot maint garnknent , 
Si ot grant aparellement. 
Et li vot douner voleutiers 
Li rois, la cont^ de Poitiers, 
Et d'Auviergne une grant partie 

23430 Qu'il ot prise , par aatie , 

Sor le conte Guion d'Atmergne , 
Qui n'en r'ot le valiant dune iergne 
Ne de sotes , ne de restor. 
Ainc le tenoit li rois encor, 

23435 Qui la roine ayoit reprise , 

Et, pour Dieu et pour sainte glise, 
Laiscie l'avoit par lonctans. 
Moult en fu li pais joians , 
Et la roine outre , en sa maree , 

23440 Le fist savoir en Danemarce , 
Al roi son fr&re; s'en fu li&. 
Mais li rois iert moult ooreei^s , 
Que nul oir n'en pooit avoir, 
Et s'avoit aquis grant avoir. 

23445 Dont a monsignor Loijs 
Tous Boulenois et cil pais 
Remest a garder, de son frere , 
Par le lo^ment de son p&re , 
Que , de par sa feme , l'avoit 

23450 Felippes , ki bien le savoit. 
Et si li ot li rois promise , 
Et Lo^ys , que , par devise , 



Gui II , coratc d'Au- 
vergne. 



Philippe - Auguste re- 

Erend la reine Inge- 
urge, ou Isemburge. 



Philippe dit Hurepel, 
comle de Boulogne . 



23451 Guion, Gui II. 

23452 Iergne, germe. 

25455 Sotes, soutes, paiemens ; restor, dedom- 
magemens. 

25440 En Danemarce, dans le Recueil tie* 
Hist, fir., XIX, 507, on a insere un extrait de 
J. Langebek , concernant la genealogie d'Inge- 

Tow. II. 



burge. Elle descendait $ Harold Blatan, aieul 
de Knut-le-Grand. 

25448 Loement, conseil, comme Ton disait 
her pour conseiller. 

25440 Sa feme, Mahaud, fille de Renaud de 
Dam martin , pendant la captivity duquel Louis 
de France gouverna le Boulonnais. 

53 



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418 CHRONIQUE 

Li aideroient k conquierre . 
En leur yiyant^ ouoor et tierre. 
23455 Li rois Felippes Felippon , 

Son fil, dona maint rice don. 

Jean de Brienac, roi Ll WHS JehaUS de JurSalem , 

de Jerusalem . rient tv o * «. J t* 11 1 

en Em-op*, 1223. De Surie et de Belleem , 

Qui quens de Briene avoit est^ , 
23460 Al premier parage d'est^, 

I^Acre s'en Tint a Rome droit , 

U li apostoles estoit. 

Od lui li mestre principal 

Et del Temple et de l'Ospital. 
23465 Le vesques d'Acre i vint au$i 5 

Si parfcrent , j'el sai de ft , 

A Fempertour siinplement, 

Et a le pape voirement, 

Pour les afaires d'outre-mer , 
23470 Et le passage confermer 

De l'enfant de Pulle sen£ , 

Con ot de l'empire assent ; 

Quar bien pooit, k son passer, 

Les trives sour paiens quatser. 
23475 Con ot prises k Dauiiete, 

A tel devise , comme ceste. 

Et dont Vemper&res jura, 

Pour la ti£re dont il cure a , 
YoUndedeBrieone. La fille al roi Jehan k prendre 

23480 A feme, si que, sans mesprendre, 

Passeroit outre et seroit rois 

Par celi , quar il ert ses drois , 

Quar Jehans iert rois d'Armenie, 

23471 L'enfant de Pulle , Frederic IL foi fort scrupuleuse , mais on avait affaire a des 

23473 A ton putter, a ton pottage a la Tcire- infidele* ! 

Saiote. 23479 La fille Yolande epousa eflectWe- 

23474 Let trivet, ceci n'est pas d'une bonne meat Frederic II. 



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DE PHILIPPE MODSKES. 419 

Par la m£re , ki f u sa mie. 
23485 Et li fius k 1'empentour 

Tenroit de Fempire l'ounor, 

Aprils sa mort, quart il ert j& 

Couronn&, dont il l'aenga. 
Adont si tint-on I cancille,, 
23490 Mainte personne i ot gentille , 

Pour la tiire des Aubigois. 

Li rois i tramist ses Francois , 

Et si vint uns des cardeoaus 

De toute Roume li plus ha us. 
23495 Mors estait li quens de St.-Gille, m™* a e luymond vi , 

U, . m m m i . »n corote de Toulouse, 

viou8 , ki taut sot mal et gale. 1222. 

Romons , li jovenes quens , ses fius , 

Qui de linage estoit gentius , 

I vint , et de sa gent od hii 
23500 Haut ome n'i avoit celui. 

La parole fii de la pais , 

Tant qua 90U fu Romons atrais . 

Que li kardenaus dut aler 

A Toulouze , pour esprouver 
23505 Les mescr&ns , les Albigois ; 

Tout ensi Tot mand£ li rois. 

Et li quens devoit les mauvais 

Oster et dont tenir la pais. 

Et avoit li quens Romons dit , 
23510 O'iant tous sans nul escondit : 

« Signar, non fas, per vostre sere, 

Que bien m'estave de la gerre, 

23484 Lameft, Marie, fillede Conrad deMont- en que celui de Paris , en 1225 . ou Ton se soil 

ferrat et d'Isabelle. Cette princesse avait Spouse occup£ des AlbigeoU. 

d'abord Humphroi , oonnetable de Thoron. 25496 Li vious , Raymond VI mourut au mois 

25488 L'aenga, assura? d'aout 1222, apres le concile de Latran , tenu 

25488 / Concilia, il n'est pas aise" de recon- au mois de novembre 121 5, et ou il assiata arec 

naitre quel conoUe vent designer Ph. Mouskes, son fils. 

puisqu*apres la mort de Raymond VI, il n'y a 25512 M'estave , dVstovotr. Ph. Mouskes ?eut 



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420 



CHRONIQUE 



Guerre en Bretagnr. 



Pierre Maaclerc , Si 
rari de Mauleon. 



Invasion des Tartarcs 
en Ruitie. 



Avant lo fas , per Deu amor. . 
Et non qer far a negun jour, 

23515 Rendon sie crestiiens faus. » 
Adont s'atorna li cousaus 
Al cardenal que il i aille , 
Et il si fist, sans nule faille. 
Mais de trestot lor convenent 

23520 Ne fisent Albigois noient. 
Et tiesmougua li cardenaus 
Qu'il estoient crestiien faus ; 
Et commanda que s'atoroassent 
Tout li croisiet et s'i alasent. 

23525 Adonques 1'estore m'ensagne 

Que gierre ot li quens de Bretagne 
Viers Savari de Maulion, 
Ki moult estoit de grant renon. 
Mais li quens Pieres de Bretagne 

23530 Fist une cevaucie estragne 

Sour Savari ; comme guerriere, 
Prist CC de ses ceraliera. 
Et dont fu la nouviele esparse 
Que tout li Tarsiien de Tarse 

23535 Furent issut de leur contr^e , 
Et orent Rousie guast&. 
Et <jou avint , bten le set-on 7 
Si que de voir le cr^e-on. 
Dont si ot I concille a Sens , 

23540 Pris et asis par boin asens, 
Pour cele gierre d'Aubigois , 



encore employer le dialecteprovencal. 

23514 A negun jour, autrement ane'sun jour, 
jamais. ' 

23819 Cbnvenent , accord. 

23826 Li quens de Brettyne, Pierre Manclerc, 
fils de Robert II , comte de Dreux , qui etait 
petit-fib de Loui*-le-Gros, roi de France. 



23534 Tarsiien , Thraeiena , Tartares. 
23536 Rousie, Ruaaie. 

23538 De voir, comme vrai. 

23539 I concille a Sens. Le cardinal Conrad, 
eve^que de Porto , legat en France , arait d*abord 
indique" un concile a Sena , contre lea Albigeoia, 
mais il ee tint a Paris, le 6 juillet 1223. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 421 

Dont on avoit parte an^ois. 

Vesques et arcevesqes rices 

I ot, et barons haus et princes ; 
23545 Et tout leur consel abouterent 

A $ou qu'al roi Felipre alerent. 

Si li ont cont& la guise 

De leur consel et la devise. 

Et li boins rois tot otria , 
23550 Quan que cascuns d'aus li pria , 

Que tout se deyoient croisier 

Pour Aubugois a desgraisier. 

Et li bons rois d'Acre i estoit , 

Ki tout son consel i metoit. 
23555 Congi^ prisent , si s'entorn£renl. 

A Paris tot joiant alerent , 

Et li rois d'Acre od son conroi 

Se fu partis ausi del roi , 

Qui moult grant joie en ot men&. 
23560 Or o'i& quele destin& 

De mort et de fortune isniele 

Qui sou vent torne sa roiiele. 
Lues apri& 90U que je di ore . 

Si avint-il qu'en petit d'ore, 
23565 Devant aoust , el mois de jun . 

._ _ . _ Mori du roi Philippe- 

Dont 11 doit ramenbrer cascun , Auguste, u ju.iict . 



Concile de Paris, 1223. 



VIII jors devant la Mazelaine , 
Que la mors , geule de balainne . 
Et fortune , qui ne voit goute, 
23570 Pour tot le mont remetre en doute. 
Nos abatirent par sainnie . 
Ki soit el ciel de Dieu sainnie , 

23552 Desgraisier, degraisser, expression 25567 Mazelaine, Madeleine, 

naive et qui rend trea-bien l'idee des exactions 25568 La mors, geule de balainne , la mort a 

et des pillages dont les Albigeois etaient victimes. la gueule de baleine. 

25562 Roiiele , roue. 25571 Sainnie , saignee. La saignee , comme 



1223. 



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422 CHR0N1QUE 

(Qu'en France n'est-ele pas sainne , 
De duel en d&iist s&ier Sainne) 
Eiogedecc pnnce. 23575' Le bon roi de France Felippe, 

Le poisant, lesage, te tiste., 
Qui fu noris k la Gounesse , 
Ki Dieu amoit et sainte messe . 
Le campion de sainte glise, 

23580 Hiaume, escu, lance de justice. 
De clergie, et toutleur s&lut , 
Ki par tout leur atoit valut 
Lor viertu et lor soustenance , 
Qu'il n'i avoit point de balance; 

23585 Sainte glide deyroit plorer, 
Mais ele violt an$ois orer 
Et main et soir , et nuis et dis , 
Que s'arme soit en paradis ; 
S'i est-ele, nen dout& ji. 

23590 Sainte ^giise qu'il aranga 
L'avancera d'ore en avant, 
Je l'os bien dire et si m'en tant. 
Quar nostre sire diet sans gille, 
Ce trouvons-noua en 1 ^yangilk : 

23595 Qui part a moi, je pare a lui. 
Et cis roifc n'atna tant nului , 
Ne nus espeus itant s'espeuse , 
Tant fust biele ne d&iteuse , 
Com cis rois ama sainte glise. 

23600 Et qui bien le glose et derise , 
Sainte glise est m&smes Diem 
Con tient et sacre sour auteus. 
Et quant il sainte glise ama , 
A Dieu se mist et r&lama , 

on le verra plus bas, devint funesle a Philippe- 25595 Pari, partage; a mot, avee moi. 

Auguste. 25597 Espeus, epoux. 

23577 A la Gounesse, aGonefcse. 23598 De'liteuse, deled able. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 423 

23605 Et par taut a'ai de voir apria 

Que S te glise et Dieux Font pria 

A leur wes , oomme leur ami. 

« D'itant Youa ten& bien a mi . 

Quar cil eat faus tot a deviae 
23610 Qui n'aimme Dieu et S te glise. » 

Cia iert roia teua que de I'empire 

N'eatoit pas l'emper&re pire, 

Quar il le gardoit auai bien , 

Com lemperere en toute rien : 
23615 Et si Tot fait emper&nir 

Par aa force et par sa valour. 

Cia n'eatoit mie rois de gas , 

Ne rois de fierges , ne d'eacas , 

Aina iert a droit fina rois entira , 
23620 Rubin*, eameraude, et safira. 

Cis rois ot aanblet Carlemainne, 

De bien garder tot son demainne ; 

N'onquea om ne le priat de gierre , 

Qu'il n'ei Yenquiat et miat en aierre, 
23625 Ceat roi doit-on bien comparer 

A C6zar-Auguste , et parer 

Ses fais et sea dia voirement, 

Qu'auai com Cezar quitement 

Tint et r^gna . ausi fist-il , 
23630 Tout \k u il dut sans pfeil. 

Cia roia amoit trop aea amis, 

Cia deatruiaoit aea anemia; 

Cia maintenoit ai bien aa tierre , 

Qu'il n'i ayoit tence ne gierre ; 
23635 Cia ounouroit lea cevaliera , 

Bourgoia, aiergana, arbaleatriera; 

23605 S'ai , fai alnau on a fait depuis la vierge, puis la reine. 

23608 A mi, c'ett Dieu qui est cdnse* parler. 23624 Mitt en tierre, fit prisonnier. 

23618 Fiergv, piece du jeu de* eoheot doDt 23631-32 Vers rep&&. 



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424 CHRONIQUE 

Cis faisoit les cemins s&irs, 
Cis estoit kampions et murs 
De marcies et de marc&ns; 

23640 Cis destruisoit les mescr&ns , 

Cis gardoit les vaus et les mons, 
Cis iert li sages Salemons 
De garder sa tiere par sens , 
A droit compas , a boin asens , 

23645 Tres Lombardie dus qu'en F land res. 
Artu, et Alexandre. Iert-il Artus et Alixandres. 

Li rois ot iue quartainne , 
Qui moult li ot est^ gr^vainne. 
Issus en iert, la Dieu-mierci. 

23650 Soujourn^ ayoit a Paci , 

Sainnler se fist maugr^ ses mestres 
Li boins crestiiens , li boins pestres ; 
Et manga en ferme viande , 
Tot maugr^ aus , en fu engrande; 

23655 Li bras esranment li enfla , 
Et li rois , quant perc&it Fa, 
Cevau^a pour venir a Manle, 
Ses fius o lui, barons XL. 
Lo^ys iert et Felippres, 

23660 Qui mout en iert dolans et tristes. 
Mais il fu lues si agr^v& , 
Qu'il fu en liti^re lev&. 
A Mante vint , la fu couci^s , 
Moult agr^v^s et coureci&. 

23665 Et non pourquant moult simplement 
Soufri son mat et docement. 
Et quant li rois fu apriess&, 
Et de la mort f u engri&& , 

23639 Marciet, marches. 23654 Engrande , empresse. 

25630 Pact, Passy. 23667 Aprtesses, oppressed 

23632 Pestres, pasteur. 23668 Engriese's, attaque, ingruere. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



425 



Confi^s fu , et tout son service 

23670 Fist li rois faire bel et rice, 
Et devisa son testament 
Moult biel et moult honnestement. 
N'onques mais de mort si haster 
N'issi teus fais ni teus penser. 

23675 Volant son fil , o'iant sa gent , 
L mile mars d'argent 
Devisa-il a l'Ospital , 
Pour s'arme gieter de traval, 
De bon cuer et de bon exemple , 

23680 Et puis L mil al Temple , 
Et L mil al roi d'Acre. 
Et li manda k'il fust au sacre 
Son fil, car il i ot parte 
Tierc jour devant et acote. 

23685 Et si commanda que cil dons 

Pour s'arme aquerre guerredons , 
Fust dfyartis as saudoiers, 
Quant besoms seroit et mestiers, 
En la grant ti&re de Surie , 

23690 U Jh&u-Cris ot mort et Tie. 
Et X mile mars ot Felipes , 
Ses fius, qui sages ert et Yistes; 
Et XX mile mars la roine, 
Qui sa feme ert loiaus et fine. 

23695 Et si fu mand^e al siervice , 

Si Tint a compagne moult rice. 
. Et , se viert^ dire vous voel , 
Felippes mena trop grant duel , 
Quar il i ot moult grant damage. 



Testament da roi. 



25673 Haster, h&tee. 

23681 Al rot d'Acre, G. Guiart, I, 515 ; 

Au cors duquel 14 enterrer 

Fu lors li rois Jouhan sans doute 

Tom. II. 



De Jerusalem , et sa route, 

Qui pour Dieu l'iert venu requerre 

Qu'il alast en la sainte terre, 

EtilliavoitotroXe, 

Se mort ne l'eust desrole. 



54 



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426 CHRONIQUE 

Loui., viii 23700 Mais li rois li fist faire omage 

Monsigoor Lo^ys . son frere . 

Et il le prist , voiant son pere . 

Qui l'amoit tant com rien el mont. 
Philippe son frere, ob- Et dont la cont^ de Clermont 

ciermont c 23705 Li douna-il par amistie , 

Par sa dou^our et par piti£, 

Quar il n'avoit mie cuer sot. 

Et li rois moult grant gr^ Ten sot , 

Et si li loa durement 
23710 Que son consel entirement 

Retenist, car il Tot trouy^ 

Boin et loial et sain prouv^. 

Et toute sa maisnie ausi 

Li rouva-il tenir ensi. 
23715 Et il les retint a I mot, 

Quar son pere forment amot. 

Apries , son grant tr&or de pteres 

Pr^ciouses digoes et cieres. 

Si douna-il a S*.-Denis, 
23720 Viers qui il s'iert moult abonnis , 

Quar il iert ses ora , s'el devoit 

Avoiier, et il i avoit, 

Pens& et cuer en avant Dieu 

Et 6s saintuaires del lieu. 
conseiis du monarque 23725 Et si k>a moult bieleroent 

mourant a son sue- 

cesseur. Son fil et moult oiuuestement 

Que il gardast et retenist 
Son tr&or., al mious qu'il p&jist. 
Quar Sao* tr&or et sans douner 
23730 Ne puet-on bien ttere garder , 
Ne ounourer ses boins amis . 

23709 Loa, exhorU. 23720 Abonnis, attach^, devoue. 

23715 A I mot , mot a mot. 23722 Avoiier, d&endre, oomme avoue , ad- 

23716 Amot, anaait. vocatus. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 427 

Ne destruire ses anemis. 

Et s'il en prendroit al besoing , 

Aprils &iist et cure et soing 
23735 Qu'autretant en i remisist, 

Lues que sa pais avoir peuist. 

Et loa qu'il tenist justice 

Sour bas et haut et povre et rice. 

Et si li proia doucement 
23740 Que 50 u qu'il avoit vistement 

Gaaigniet et pris a l'espee , 

Od s'ensegne desvolep^e, 

Tenist et gardast comme sien , 

Quar il l'avoit ga^gniet bien 
23745 Sour ses homes qui le fausoient 

Et de France oater le yoloient ; 

Et, pour s'ounour, gardast moult bien, 

Que a nului n'en rendist rien. 

Et de la roine ausement, 
23750 Li proia-il moult simplement 

Que il l'ounourast com celi 

Qui tousjors ses fais abi&i , 

Non com marastre , mais com mere , 

Or li fust fius et vrais am&re. 
23755 Et tous les dons qu'il ot doun& , 

Comme rois poisans et sen& , 

Fist-il a son fit otroiier , 

Qui ne s'en fist gaires broiier; 

Ainc li otria tout son don , 
23760 Que s'arme en ait piu gueredon. 

N'ainc de Ferrant k desfi&rer 

N'ot espoir de rien esp^rer, 

25735 Et s'il en prendroit, dn tresor. 25758 Broiier , prefer ; c*etUa-clire qu'il 

25742 Eoseignes dlployees. ratifia , sana te faire prier, let does de son 

25745 Fausoient, trahissaient. pere. 
25754 Jmere, quiaime. 25760 Put, de pro. 



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428 CHRONIQUE 

Ne de Renaut le Boulenois , 

Qui, sans renart, li fist anois. 
23765 Ainc les rouva bien enlaisier . 

Et com teus prig k mort laisier. 

Et tout £Ou li Tint de haut cuer 

Qu'it n'es pot amer a nul fuer. 
Petit an$ois qu'il d^via , 
23770 Sainte glise le renvia 

Et soumonst k'il protest son fit 

Lo^ys , le biel , le gentil , 

Qu'il amast sainte glise et Deu , 

Pour s'arme avant et pour son preu. 
23775 Et il Ten proia doucement 

Et loa , car ja autrement 

Ne rois ne autre om ne tenra 

Sa ti&re, bien ne maintenra. 

Quar ki sainte glise maintient . 
23780 Dieux lavance et Dieux le sostient. 

Ensi li ot-il dit souvent , 

Et il li ot bien encouvent. 

Or li doinst Dieux force et pens& , 

Qu'il Taint et ait a droit tens& . 
23785 Si com ses peres le tensa, 

Ki nuit et jour pour li pensa. 

Li rois 4uist dit mainte cose , 

Mais li maus qui l'argue et cose , 

Le tenoit et hastoit de pri& : 
23790 Dont si fil erent moult engri^s 

D'ire et de tiuel , et sa mesnie , 

Qui pensoit iestre desgarnie 

23764 Sans, sang; sans renart, sang de re- signifiait augmenter, encherir tur quelqu'un, 

nard j jeu de mots sur Renaut et Renart. Voy. mettre un prix plus baut? 
plus haut v. 22296; anois, ennui, peine, chagrin. 23784 L'aint, l'aime ; tense'e, protegee. 

23763 Enlaisier, de kedere. 23788 L' argue et cose, l'aiguillonne, le tour- 

23770 Renvia, terme du jeu de des, qui mente. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 429 

De bon signour et soufraitouse ; 

Car onques bacelers sa touse 
23795 N'ama tant , com il les araoit : 

Et par amours tous les cremoit , 

Et $aus de son consel ausi 

Cr^moit-il et amoit ensi . 

Et si iert cascuns pri£s de lui. 
23800 Et moult haoient eel anui. 

Mais quant li rois parler pooit . 

Aucune aumosne devisoit. 

Mais la mors . qui tot met en sauf , 

Bas et haut , ki^velut et cauf . 
23805 Lues sa v&ie li toli 

Et la parole li failli. 

Et on a remand^ atant 

Le roi de Jursalem batant . 

Et li clergies revint avoec , 
23810 Ki presens iert encore aluec. 

Mais an$ois que venisent la . 

Moult bielement s'arme en ala . 

Et qoiement et tout em pais. 

Et 90U fu drois k'il ert rapais 
23815 De sainte glise et adreciere . 

A cuer jo'iant , a baude ciere : 

S'il iert de pais , en pais ala , 

Et s'arme em pais adevala : 

Et pais, e'est Dieux et paradis. 
23820 La ala , il la soit toudis. 

Et qui bien a droit s'i remort. 

Dieux li fist ounor a la mort 

Qu'il i ot seulement de vesques 

XXIII et II arcevesques , 

25814 Rapais, rapaise. 25818 Adevala, parti I. 

25815 Adreciere, redresse , fortified 25824 XXIII, G. Le Breton, dans sa chro- 

25816 A baude ctere, a visage serein. nique en prose, dit seulemenl vingt eveques et 



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430 



CHRONIQUE 



Les douze pairs d'Alc- 
xandre-lc-Grand. 



23825 Et si ot avoec II U%as, 

Ki n'i yinrent mie pour gas. 
Ainc li ot sa mort poury^ue 
Dieux , qui tos jors avoit s^ue 
Et la pens^e et la devise 

23830 Que li rois ot a sainte glise , 
Et d'ounourer et d'avancier 
Et de garder et d'ensaucier; 
Si le yot prendre a si fait tor 
Que tot i furent cist pastour , 

23835 Pour s'arme ounourer et son cors , 
Qu'il iert pius et miserioors. 
Et li rois de Jb&rusalem , 
De Surie et de Bell&m , 
U Dieus reciut et mort et vie , 

23840 Par sa dou^our. non par envie , 

I fu , li preus Jehans de Briene . 
Qui Dieux ait , gart et maintiegne ; 
Quar il est pors et vraie estace . 

U sainte ^glise et Dieux s'atace. 
23845 Et de venjance et de consel 

II et li rois i&rent parel. 

Quant rois Alixandres fu mors , 
Ne fu mie li dious si fors 
Des XII pers , com si barons 
23850 Fisent et partout environ 

La pais, et li bas et li haut , 
Quar il iert li ars ki ne faut. 
Li rois Jebans d'Acre et de Sur. 



deux archeveques. Hist, fr., XVII , 115 , E. 

25832 Entaucier, exhausser. 

23833 Tor, tour, occasion, circonstance. 

23843 Venjance, il ne s'agit pas ici du sen- 
timent de la vengeance , mais de la sagesse et de 
la fermete a punir. 



23849 Des XII pers, les romanciers donnent 
aussi , on se le rappelle , douze pairs a Alexandre. 

23831 Ne faut-il pas lire plutdt : 

Le pais , li bas et li haut. 

23832 Li an, Viae. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 431 

Cil faisoit duel et aspre et sui\ 
23855 Et mainte larme en plora grose: 

Et tOUt a SOn COl , a la foSSe Funeraillcs de Philippe- 

Avoec les autres le porta. tipisle 

Et de fou mout s'i esporta . 

De I'anui k'il en ot al cuei\ 
23860 Quar il n'el vosist a nul fuer. 

Et fu couriers d'un dras a or , 

Et par desous si fu encor 

Viestus , et moult bien et moult biel , 

Da ma tide et de tunikiel ; 
23865 Et s'ot septre et rice couronne, 

Si com drois et raisons li donne : 

En lui porter se d^porterent 

Si baron , et si l'aport&rent 

Tout a lor cos a S*. -Denis . 
23870 En liu qui fu biaus et ounis , 

Plorant , criant et batant pauraes . 

Et li clergies en disant saumes. 

Et, se parmi le yoir envois , Constance par t,cu- 

Doi arcevesque a une yois 
23875 Canterent la messe a seniestre. 

Fu li uns et li autre a diestre . 

Et li clergies ki s'atendoit , 

Les arcevesqes respondoit. 

Et de 90U ne $oii& engfande 
23880 Que moult ne fust rice i'ofrande. 

23858 S'i esporta, il s'y porta, ii tint a A Stint- Denis , au bout du cucr. 

prendre part a cette cer&nonie , a canse de la L t gi8t COUTert ' sans esch «S cnt . 

. . ... r . D'une bde torabe (Tarrant 

douleur qu il eprouvait. ,„ f . 5 , 

* r L on a puts fait iluec serrer. 

23864 D'amaticle, d'une dalmatique ; tunikiel, 

petite tunique. 23873 Et si je marche dans la route de la 

23870 Ounis, uni , bien dispose? G. Guiart , ▼*>ite\ 

I ; 313 : 23874 Doi arcevesque , cette eirconstance est 

E«terre fu , a pieurs noUsn. , rapportee par G. Le Breton , dans sa cbronique 

Cil qui tant a»oit en cuer, en prose. Hist, fr., XVII , 116, A. 



lierede c«\s obst'quos. 



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432 CHRONIQUE 

Si ot maint cierge espris de fu , 

Et quant la raesse dite fu , 

Pour ?ou que sa hautece pere , 

L'ont seveli jousle son p&re. 
23885 Et, se vert£ dire vous voel , 

La roine fist trop grant duel , 

Sa feme , qui Ruesele ot a non , 

Qui moult estoit de grant renon. 

Ausi fist ses fius Lo&s , 
23890 Ki tous s'iert a lui ob&s. 

Et 90U forment Ten avan$a 

Qu'ainc a nul jor n'ei coure$a. 

Et, 50U que vaut, trop en fu tristes 

Hirecies li siens fius Felipes, 
23895 Et Carles , ses fius , li sen& , 

Ki par sa m&re ert d' Arras n&. 
. Et la feme al due de Louveng, 

Sa fille , se le voir n'en feng , 

Quant la mort de son p&re sot, 
23900 Grant dol en fist et bien droit ot. 

Ausi fisent partot a plain 

Clerc, chevalier, bourgois, vilain. 

Cou fu partout con le plora , 

Si com drois fu; et cestora 
23905 Diex, mort a mort, les vis a vis. 

Que vaut §ou que tant vos devis; 

S'il est mors tot ausi morrons , 

Nous qui apri& lui de morons. 
Or pro'ions tout , n'i ait celui , 
23910 Que Dieux maintiegne s'arme o lui 

En paradis avoec ses sains , 

23887 Ruesele, Ingeburge, ou Isemburge; 23894 Hirecies , m£me sens que kurepel ? 

prononcez Rush, pour la mesure. 23895 Carles, Pierre-Chariot. 

23893 <7<w que vaut, comme il en valait la 23897 La feme al due de Louveng, Marie, 

peine. 23898 Feng , feins. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 433 

Com cetui ki fu fers et sains , 

De sainte glise et Dieu aroer , 

Partout , deqk et dela mer. 
23915 S'ot en lui largaice et plente 

D'avancier la crestient^ , 

Sans fausete et sans boisdie. 

Amen, amen, cascuns en die. 
Moult puet lids iestre S*. -Denis , 
23920 Qui tel oste a pri& de lui mis. 

Plorer en d&iist qui k'en rie 

Qu'il n'a pas sa ti&re amenrie , 

Ainc la creue plus qu'al double. 

Et que vaut que jou tant i comble? 
23925 On n'en poroit mie trop dire. 

Sen doit li mons estre plains d'ire. 

Mais bien sav& tant des meatier 

Con lait en aitre u en mostier 

Les mors; et dont si sen repaire 
23930 Cascuns vivans a son repaire. 

Aprils , en v^ritet vous di , 

Qu'ausi com Dieux par yenredi 

Moru , si fist li rois Felippes 

De Gounesse, li preus, li vistes, 
23935 En jung , a grant devotion , 

En l'an de linearisation 

Le vrai Dieu qui moru en crois, 

M et CC et XX et trois. 

S'ot XLVI ans regnet, 
23940 Quant a la mort l'a Dieux menet; 

Et s'ot li rois, con tiunt a sage, 

23924 Et a quoi bon accumuler (combler) tant avons lu aitre, qui tignifie cimetiere. Lait, 

de details ? Fay. v. 25906. laisse. 

25926 Li mons , le monde. 25955 Enjung, e'est-a-dire le 14 juillet, 

25928 Dans le man user it il y a un mot qui a 25959 XLVI ans, il Itait dans la 45° annee 

ete* gratte et dont l'a initial seul est visible. Nous de son regne. 

Tom. D. 55 



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434 CHROMQUE 

LVIIII ans par £age, 

Moult petit plus et petit mains : 

Or tiegne Dieux s'arme en ses mains. 
23945 Mesire Lo^ys, ses fius, 

Li biaus, li sages, li gentius. 

S'en fu repairing a Paris ; 

Mais il n'i ot ne giu ne ris. 

A ses barons et al clergiet , 
23950 Qui prendroient a lui congiet , 

Dist et agist jor, eure et point, 

Qu'il n'i aroit de respit point, 

Si c'on le sauroit jusqu'al Rin , 

Par le consel fr£re Garin , 
Frta Garin, Barth^- 23955 Et par le Bietremer de Roie 

lemi de Roie, Pierre y* • i ■ j • > i 

Tri$un. Qui del roi s agrieve et desroie , 

Et par le los Pteron Tristran , 

Ki pour le roi iert en tristre an , 

Et par ab& , princes et contes , 
23960 Dont tant i ot qu'il nen fu contes; 

D'iestre couroun^ et enoint, 

Si com raisons et drois l'engoint. 

Et par laitres a ses marcis 

Manda qu'a gr& et a miercis 
couronnement de 23965 Veniseiit a Rains, a son sacre. 

Et si le manda al roi d'Acre , 

Qui de valour iert Alixandres ; 

Et a la contesse de Flandres 

Jehenne , sa proisme couzine , 
23970 Le manda-il par amour fine. 

23942 LFIII, cinqnante e* huit. 23955 Bietremer de Roie, Barthelemi de 

23934 Frere Garin , de l'ordre dea Hospita- Roie , chambellan de France , aussi executeur 

Hers de S'.-Jean de Jerusalem , eveque de Sen- testament aire. Le , sous-entendu conteil. 

lis, conseiller du roi et Tun de ses execnteurs 23957 Le los , le conseil; Pie'ron Tristran, 

testamentaires , comme on pent le voir dans le Pierre Tristan sauva Philippe-Auguste a Bou- 

testament meme de Philippe-Auguste , Hist, fr., Tines. Hist, fr., XVII , 97, D , 409, £. 

XVII , 115, B. 23962 L'engoint, l'enjoint. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 435 

Ensi ies laitres ajoraerent 

Toua ses amis ; si soujournerent 

Tant que ricement a soujour 

Sen vinrent a Rains , k son jour. 
23975 U il devoit son sacre prendre. 

Ne n'avoit cure de mesprendre 

Enviers lui ne Tiers sainte glise. 

Ainc voloit r^gner a la guise 

Son p£re , et si ot volenti 
23980 De maintenir crestient^. 

Aprils 6i& en ramenbrance 

Del bon roi Felipe de France 

Haute miracle et grant miervelle. 

Al venredi que la gent velle 
23985 Entour le roi qui mors estoit , 

Et ses barnages le gaitoit , Apparition de sunt- 

. -. • t / Denis a un cenateur 

A Roume avoit 1 senatour, roma«. 

Moult haut ome et de bon atour, 

Del linage des Froiepains , 
23990, Qui soloit iestre au roi pro$ains. 

Tout droit a eel point et a i'eure 

Que li rois a la mort labeure , 

Si qu'al plaisir Dieu d^via, 

Vint I fors maus qui renvia 
23995 Le s&iatour a Roume droit, 

Qui parens roi Felipre estoit. 

Li maus fu grans , s'el mena tel, 

K'il s'acou$a en son ostel , 

Qu a paines i prist nus parole. 
24000 Li maus entor le cuer li yole. 

Et cil senators iert parens 

L'apostole, et s'ot moult de sens. 

25976 N'avoit, n'avoient? 23989 Froiepains, Fraogipani. 

25984 Velle, veille. 23994 Renvia, voy. v. 23770. 

23986 Gaitoit , gardaU. 24002 L'opo stole, Honoriua III, Gencio Savelli. 



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436 CHRONIQUE 

Par grant haste l'a demands 

Et, pour paour de mort, mande. 
24005 Et li pape i vint tous iri&, 

Devant lui s'asist sour I si& ; 

Mais a painnes li respondoit 

Li senators , quant il parloit , 

Quar li maus Tot si agr^v^ 
24010 K'il n'avoit espoir de sant^. 

Toutes voies ie confiessa 

Li pappes, qui moult Fengri&a; 

Et apri& fu cum&iii& , 

Et lues esrant enolii& , 
24015 Car on quidoit k'il d^viast 

Ains que li pappes s'en r a last. 

Et quant il ot fait le siervice 

Al s^natour et biel et rice , 

Si s'en est li papes rales 
24020 Et li senators est rem&. 

Moult se plaint et moult se d^mente , 

Quar li maus le tenoit moult ente, 

Et sa maisnie et si parent 

Furent moult tristre l'aparent. 
24025 La nuit i yellent si ami , 

Tant que d'anui sont endormi ; 

Et li senators travelloit 

Si k'il ne dormoit ne velloit. 

En ?ou k'il estoit plains de some , 
24030 Este-vous, a guise d'un ome, 

Une sanblance grant et biele 

Le s&iatour huce et apiele : 

« Diva ! dors-tu? parole a moi. » 

24005 Fries, afflige\ olea, enhuile. 

24006 Sies, siege. 24022 Ente, languisaant. 
24012 L'engriesa , le pressa. 24033 Diva ! exclamation. 
24014 Enoliiety administr^ des saintes huHes, p lt , a / qutr w estcr tt j angl e, 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 437 

— « Qui est 50U , Dieux, que parler oi? » 
24035 Fait li malades moult baset. 

— « Jou sui de par Dieu, » entreset 

Fait l'image, « or esgarde-moi. » 

Et li s^natours entour soi 

Regarda , et Tit en estant 
24040 Devant lui I home moult grant . 

D'une viest^ure vieslu 

Toute blance, a fin or batu: 

Et si ot coulour rouvelente 

Ausi comme la flors sor l'ente . 
24045 Et tenoit en son brae devant 

Ausement q'un petit enfant 

Couronn^ d'or, contre son pis. 

Biaus iert li enfes a devis. 

Et li grans om a basse vois 
24050 Dist al senator : « Tu me vois , 

Parole a moi et lifrve sus. » 

— « Dieux , fait cil , jou me gis tous jus , 

Et fui ier soir cum&iii^s , 

Confi&& et enolii& , 
24055 Et sui de la mort tous atains. 

Li pappe i vint qu'il ne pot ains. » 

Et l'image a dit : « Li&ve tos. » 

Et li senators , a ces mos, 

I petit amont se dr£$a 
24060 Et l'enfancon moult esgarda 

Que cil om devant lui tenoit, 

Et moult souef le manioit. 

Si li abi&i moult tres fort, 

Si tc t» seoir en eel angle , 24037 Fait l'image, repond le spectre. 

Nos n'.von. de u j.ngle cure. um £n €gtant deb<mt 

A. CM. Bobkrt, Fabliaux «w/w* n , 

inidits, P . 16. 24043 Kouvelente, vermeille. H<§cart, Diet, 

roucki, p. 417. 
24035 Baset, (Tun ton trea-bas, a demi-voix. 24044 Sor l'ente, sur la tige. 



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438 CHRONIQUE 

Et sen ot auques desconfort, 
24065 Et dist : « Pour Dieu le glorious . 

Ki iestes et dont ven&-vous , 

Sire preudom , qui eel enfant 

Tenes si biel? j'el tous demant. 

Si le me dites de par Dieu. » 
24070 Atant si se quoissa I peu. 

Li grans om l'ot bien entendu . 

Si l'i a moult biel respondu. 

« Amis , or sac& sans dotance , 

Que jou sui S*.-Denis de France , 
24075 Et cis en&s que jou tieng ci 

Entre mes bras , la Dieu-mierci . 

C'est l'arme del bon roi Felipre , 

Le sage , le poisant , le viste . 

Qui sainte glise a maintenue 
24080 Et la couronne soustenue 

De France , dont il est mes om. 

S'a bien gardet jusques a som 

Son ro'iaume et crestient^ , 

Tant que Dieux , par sa yolente , 
24085 Viout avoir s'arme, et jou li pore , 

Quar li boins rois dont je recorc 

Est anuit mors et d^vies 

Et viers paradis envies. 

A ces ensegnes or m'esgarde. » 
24090 Atant li grans om ne s'i tarde , 

S'a-il m&smes son cief pris 

Del col, entre ses bras l'a mis, 

En remenbrance que cop^e 

L'ot par Clo^vis d'une esp& , 
£4095 Al tans qu'il praiega en Gaille, 

24085 Pore, porte. Voy. t. 25770 et 25994. 

24087 Anuit , aujourd'hui. 24089 A ces ensegnes, a ces signes; on dit 

24088 Envies, en vie par le ciel a la terre? main tenant a telle* etueignes. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



439 



Qui France est or dite, sans faille. 

Li s^natours qui bien villa 
De £OU forment s'esmervilla ; 
Et li grans om li a redit : 

24100 « Li&ve-toi , sans nul contredit. » 
Li s£na tours dist : « Je ne puis. » 
— « Si feras , fait-il , j'el te ruis , 
Vies-toi et cauce et pren ta cape , 
Et Ta matin dire le pappe 

24105 Qu'il face demain le service 

Del roi Felippon , haut et rice , 
Quar il est mors et d^vi^s 
Et s'iert en paradis gui&. 
V^s-ci s'arme, j'el pore en glore.» 

241 10 Atant li preudom, pour m&nore, 
Son cief a lues remis a droit , 
Voiant celui ki la gisoit, 
Ki s'esmiervilloit durement. 
Et li grans om tout esranment 

24115 Li dist : « S&iaus, joii te castoi. 
Lieve sus , aparelle-toi , 
Di la pape qu'il ne s'effroie , 
Mais a ces paroles t'en croie . 
Que Dieux t'a de ton mal cur^ , 

24120 Ki ta d£s ier si fort dur£. » 
Tout esranment sesvanui 
L'image, et cil ne s'esbahi, 
Dr£$a soi et senti tout sain ; 
Sainna soi de sa destre main . 

24125 Et ?aus d'entor lui esvella , 

Dont cascuns moult s'esmervella. 



24097 Villa 7 ▼eilla. 

24102 Ruis , demande , ordonne. 

24103 Viet-toi, habille-toi. 
24108 Guie's, conduit, guide. 



24115 Senaus, senateur; castoi, ordonne. 
exhorte. 

24117 La pape, plus haut li poppes. 
24124 Sainna, signa. 



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440 CHRONIQUE 

J a estoit li jors aparus ; 

Ses dras demanda , s'est vestus , 

Et puis esrant si cau$a soi 
24130 Et monta sour I palefroi. 

Uns esquiers o lui ala , 

Vint a la pape , et si parla, 

Et tout ensi li a conte , 

Com li preudom ot endit£ ; 
24135 Et de l'enfant et de son cief 

Li a cont£ de cief en cief , 

Et del mal dont il ert gar is. 

Li pape n'en fu pas maris , 

Ainc le cr£i pour ?ou qu'il voit 
24140 Que de tel mal guaris estoit. 

Al moustier vint et le siervice 

Fist mortuore haut et rice, 

Pour le roi Felippe de France, 

De la Gonnesse dit d'enfance. 
24145 Et fisent ausi maint preudome 

Par toutes les glises de Roume 

De canter, de souner, de lire. 

Si haut c'on ne pot plus eslire. 

Moult petit apri& , sans doutance , 
24150 Vint k Roume li m& de France , 

Pour le pappe dire et retraire 

Qu'il fesist le siervice faire, 

Pour l'arme del bon roi Felippe , 

A S*.-Jehan lewangeliste. 
24155 Fait li pape: « Amis, non ferai, 

Paset a quinzainne, j'el sai , 

S'el fis et partout le fis faire , 

Et ferai son anniversaire. » 

Et quant li raesages l'oi , 

24142 Mortuore , mortuaire. 241 44 Surnomme de Gonesse depuis son en fa nee. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 441 

24160 Miervelle en ot, et s'el goi. 

Si fu trouv^ a v^rit^ 

Cou que li s^naus ot cont^ , 

L'eure et le jor atierminerent 

Si que la v^rit^ proverent 
24165 Que li s&iaus not point gabe. 

Arcevesque , vesque et abi 

Le sorent , et li haut barou 

Par tout le pais environ. 

Or aie s'arme joie et repos , 
24170 Quar il ot au si&cle bon los. 

Et ses fius sot ceste provance, 

Quaut li mis vint ariere en France , 

Ki moult ot est^ travillies. 

Sen fu li rois joians et li& ; 
24175 Et s'el fist reconter avant 

Li rois en la sale plus grant. 

S'en furent joiant a miervelle 

En la sale u li rois conselle, 

U il s'iert venus ordener 
24180 Et ben&r et courouner. 

Al prin diemence d'aoust , sacre de Louis vni a 

A grant baudorie et grant coust, 

Yin rent et I et autre a Rains. 

Ne sai li queus f u premerains , 
24185 Mais cascuns i vint enfbrcis, 

Conte, due et prince et marcis, 

Abet, moine, kanonne, £ vesque, 
. L^gat , prelat et arcevesque , 

Et li rois Jehans d'Acre i fu. 
24190 Mainte reube i ot de boufu. 

24169 S'arme j Fame de Philippe-Aoguste. En 1225, la lettre domiaicale etait A, par con- 

24171 Cesteprovance f cetactede la providence, sequent le premier dimanche tombait le 6. 

24181 Prin, premier. Le 6 ou 8 aout 1223 , 24182 Baudorie, rejouissance. 

dit YArt de verifier le$ dates, il fotsacre' a Reims. 24190 Boufu, espece d'etoffe. 

Tom. II. 56 



Reims. 



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442 CHRONIQUE 

Et de pourpres et de samis, 

U il avoit bons orfrois mis. 

Et si avoit ass& encor 

De rices dras batus a or, 
24195 Et de dras tains et d'escarlates , 

D&renei& a grant barates , 

Sables, ermins, et yairs et grig. 

As jovenciaus et as vios gris. 

Tant i ot fieste et envoisure , 
24200 Qu'il nen estoit fin ne mesure. 

Ce sanbloit que $ou fust une os. 

Li keu n'i orent nul repos 

Ne del venir ne del aler; 

Des viandes n'estuet parler. 
La saintc ampoule. 24205 Mais pour l'anpoule envoia Ton 

A St.-Remi; et, sans ten£on, 

A CC cevaliers arm& 

Et moult cointement acesm& , 

Ki tout estoient boin ami , 
24210 Vint li atas de S*.-Remi , 

En mi liu d'aus tous reviestus. 

Si par est jusqu'al roi venus 

Aportant l'ampoule et le cresme . 

Ki D4 par son angle m&sme 
24215 Envoie, quant il est besoins, 

Pour ?ou que rois en soit enoins. 

D&s le premier roi crestiien , 

Clo^vi , ce savommes bien , 

24196 Barates , ce mot ne parait pas devoir Kt Unt m"tnne S etermins. 

....... . . . Et vair et grix et sebelins. 

cowerver ici la signification de trompene ; pent- *„*«p.„ de Bids, 11 , 196. 

dtre a-t-il celle d'adresse , d'elegance. 

24197 Sables.... termes du blason ; ermins, * 4198 Fios 9™ > *«"«<»• <jri»onnans. 
, 24199 J?it90tf tire, divertissement. 

waM Ot,armee. 

La veist-on bon garniment ... 

De rices palies {pailes) de cend.u., * 420 * Keu > COlSimers. 

A or, a pieres, a esmaus, 24214 Ki , plul6t he. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 443 

Al viespre , par I samedi , 
24220 L'envoia Dieux, pour voir le di. 

Et quant on doit le roi sacrer , 

S'en i trueve-on sans arester , 

Et a cele eure et a eel point . 

Et plus sans mestier ni a point. 
24225 Ensi li abbes , eom jou di , 

A porta 1 ampoule a eel di. 

Et mesire Loeis vint , 

Si atir& eom li couvint, 

Et sa feme de l'autre part ; 
24230 Et l'arcevesques leur depart 

Del cresme ; si les a saer& . 

Et b&i&s et orden&. 

L ampoule lues reporter font. 

A eest roi XLV sont. 
24235 Fais fu et fin^s le siervices 

A moult grant joie, haus et rices; 

Et si l'oirent jusqu'a som. 

Li rois d'Acre , comme preudom , 

Les hounoura al plus k il pot , 
24240 Cora oil qui bien faire le sot. 

Et s'ot mainte cose nommde 

Pour porter lensegne et l'esp&. 

Mais . pour oster ire et desroi , 

Le porta li fibres le roi. 
24245 Tant i ot yiandes et roes 

Qu'anuis seroit del conter mes. 

Al quint jor , vinrent a Senlis. 

Si ot ass& giue et ris. 

Ses ainsn& fius ot non Felipres, 



24229 Sa feme, Blanche , fille d'Alphonse IX, 6t6 'accordl, Fan 1215 , avec Agnes, fille d'Her- 
roi de Castille. ve* IV, seigneur de Donzi, et mourut avant le 

24249 Felipres , Philippe , ne Fan 1209, aYait mois de juillet 1218. 



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444 CHRONIQUE 

24250 Cours fu , sen ert li rois moult tristres ; 

Li autres ot non Loeys . 

Li tiers Robiers , ce m'est avis , 

Jehans li quars , gen sui tous ciers , 

Li quins Felipes Dagobiers, 
24255 Li sistes Alfons li senes , 

Sietmes fu Carles li mainn&. 

Et s'orent une fille avoec : 

Tout terent a Paris aluec. 

Dtf.ite de, Albigeois. A ce8l ^p^ ^ ^1 de fi , 

24260 Qu'Aubugois furent desconfi, 

^^dTn'kterte ™ ^ ^ J OT snes ro * s d'Engletiire 

M anda Lo^ys , que sa ti&re 

Li rendist, si com il devoit. 

Et li rois dist que non feroit, 
24265 Ne de $ou qu'il trouva tenant 

Son pere , a nul jor en avant 

Ne rendroit, valiant 1 fromage. 

Atant s'en partent li mesage. 

Li rois d'Acre , sans demorer, 
24270 Manda lues sa fille outre mer. 
Manages de jean de A l'emper&mr le douna , 

Brienue et de l'em- r\ • i % 

pereur Frederic ii. Qui de^a mer lues 1 espousa. 

Et li rois Jehans prist adonqes 
Celi qu'il n'avoit v&ie onqes , 
24275 Seror la roine de France 

Blan^ain, qui fu gentius et frauce. 
Rois Lo^ys li fist avoir , 
Et s'ot avoec li grant avoir. 

24250 Court fu, sa vie futcourte. 24287 Une fide, Isabelle, devenue celebre 

24252 Robiers, Robert , comte d'Artois. par sa saintete. 

24253 «/eAant,mortpeudejoursapres8onpere. 24261 Rois, Henri III. 

24254 Felipes Dagobiers, enleve' au berceau. 24262 Sa Here, la Normandie. 

24255 Alfons, Alphonse , comte de Poitou. 24270 Sa fille, Yolande, morte en 1228. 

24256 Carles, Charles , comte d'Anjou. 24275 Seror la roine, Berengere de Castille. 



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Trev^entre le$ rois de 



DE PHILIPPE MOUSKES. 445 

Et puis vint-ele, k grant ri?our, 
24280 V^oir en France sa serour. 

Si ot a I jour, ce me sanble. 

V roines adont ensanble. 

Li rois Jehaus puis sen ala 

En Lombardie , ca et la . 
24285 A l'emper^our pour parler , 

A quant il voroit cr^anter 

Son pasage , et il ausement 

Moult volen tiers, par convenenl, 

Kepasseroit avoeqes lui. 
24290 Devis^ fu , puis ot anui 

Entr'aus II et corine grant, 

Si com vous ores en avant. 
Donques fu la trive reprise 

Entre les II rois par devise , ta^iM5 d ' A " gle ~ 

24295 S'en diut li rois de France avoir 

Moult grant cose et moult grant avoir, 

Et si diurent r avoir lor pertes 

Les gens de France , tout a cerles ; 

Mais la trive fu corrompue , 
24300 Quant la perte ne fu rendue. 
Albugois furent resvillte. 

Adont s'orent moult travillie 

Le conte Amauri le poisant. 

Qui avoirs aloit decroisant . 
24305 Tant que sa gens de lui partirent. 

Mais Aubugois les poursuirent , 

S'es asaillirent a I pas , 

Si fors qu'il ne fu mie gas. 

De 111 batailles fu Tune outre , 
24310 Et les II soustinrent l'encontre , 

24279 Ricour, porape. 24504 Qui avoirs, don I l'avoir. 

24503 Amauri , Amauri VI, fil« ain<§ de 24509 Batailles, corps de troupes. 

Simon IV, de Montfort. 24310 L'encontre, le choc. 



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446 CHRONIQUE 

Apostasies. Mais una abbes s'i reno'ia , 

Qui comme tegas estoit la , 

Et uns biaus cevaliers de France 

Ki la perdi force et cr&nce : 
24315 De leur renoi moult anoia 

Jh&u-Crist., si les d&io'ia. 
Puis avint que sans joie et ris 

S'en Tint li bons quens Amalris 

Fors de la ti&re d'Aubigois, 
24320 Ki moult lavoit pen& an$ois. 

S'en aporta les os son pere 

En II coffres , et de son frere , 

Quar il n'es vot laisier entr'aus , 

Pour ?ou qu'il ierent ftlon faus. 

Traite de Paris, ferrier 24325 A PaHS Tint et tOUt ll sien . 

1223. 

Que d'Aubigois ne retint rien : 

Ensi fu-il fors de lor trape. 

Adonques Honories , li pape , 

Si manda al roi Lo^ys 
24330 Qu'il fust k Dieu tant ob&s . 

Qu'il alast conquerre Provence 

Et Aubigois tout en penence . 

Tot conquesist et tout fust sien , 

Gar ainsi l'otrioitril bien. 
24335 Li rois tout ensi l'otroia 

Quan que li pappes li proia , 

Et fist mesages acesmer 

Pour a Roume ce confermer. 

Mais pour desfaire cele gierre , 
Les Aibigeois ct les An- 24340 Cil d'Aubigois et d'Engletiere 

Sou* deVomeXo- Dounerent tant as cardenaus 

Et a l'apostolie, qu entraus 

24316 Denoia , rejeta , cessa de reconnaitre 24328 Honories, lisez Honores on Honories. 

pour siens. 24330 Obeis, obeisoant. 

24322 Son frere , Gui , comte de Bigorre. 24342 L'apostolie , lisez I'apostole. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 447 

Heraanderent al roi de France 

K'il laisast cele convenance , 
24345 K'il en vendroient bien a cief . 

S'el tint li rois a grant mescief . 

K'il en ot faite grant coustenge 

Et pour Dieu et pour sa loenghe. 

Tant fort en fu iriis li rois 
24350 Que pour lui , que pour ses conrois . 

K'il fist as clers widier la sale 

Dont cascuns ot la ciere p&le : 

Quar moult ot gent a eel concille 

Ki tinrent leur afaire a gille , 
24355 Qu a poi de cose gille pert. 

Quar li tegas ki venus ert , 

Si vot pour le roi d'Engletiere 

Triuwe prendre u ravoir sa tiere , 

Mais li rois en fu si maris 
24360 K'il n'ot en lui joie ne ris : 

Triuwe douner ne rendre tiere 

Ne volt, ainc dist qu'il voloit giere, 

Qu'Engletifere devoit soie iestre; 

Or gardast bien cascuns son iestre. 
24365 Et fourjugi& en ot est<5 

Li rois Jehans em poesl^. 

Comme traltre et desloiaus 

Yiers son p6re ki fu loiaus. 

Et ses oirs n'i avoit nul droit 
24370 Si qu a brief tans li atendroit. 

Ensi li parlemens fina 

24347 Coustenge, expense. 24355 Gille pert, la ruse, la mauvaise fui 

24551-52 Ciire , mine; sale et pale , cette parait , «e trahit. 
rime se retroave dans Gautier de Coinsi. 24362 Ainc, au contraire. 

24563 Soie, sienne. 

La dame iert tin ior eu la sale , atxaa r L i n* 

a . ' . . . .. a43oo Jehans, J ean-sans-lerre; em poeste, en 

Son serorge voit taint et pfile. m ' ' * ' 

M*ON . Nout>. recueil defa- vassalite. 

bliaujc, ii, io. 24368 Son per e 7 Henri II. 



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448 



CHRONIQUE 



Ifugues X, cotntc dc la 
Man he. 



Isabelle d'Angoulemc. 



Et li cardenaus cemina. 

Aprils icel tiermine 1 po, 
Sen ala li rois en Poito, 

2-4375 Avoec le conte de la Maree , 

Maint escring, maint tonniel en maree 
Plain de deniers li fist mener, 
Pour la grant gierre mious finer, 
Quar li quens "de la Maree avoit 

24380 Espous& , com bien savoit , 

La mere a Fenfant d'Engletiere , 
Dont avant ot est^ la gierre , 
Quar li p&re a cest conte Tot 
Jur^e, et avoir ne le pot, 

24385 Qar li rois Jehans li toli. 
Ensi par le roi et par li 
Ot la guerre estet si gr^vainne , 
Com Testorie dist premerainne. 
Uge-li-Bruns a vie nete 

24390 Si moru devant Dami&te , 
Et ses fius en ot la cont^. 
La ro'ine, pour sa bont^, 
Quant le sien pere avoir ne pot, 
Le prist a mari et droit ot. 

24395 Bourdiaus demandoit en doaire , 
Dont ses fius li faisoit contraire 
Et moult d'autres coses avoec , 
Dont li quens s'acorda pouroec 



24375 Le conte de la Maree , Hugues X , du 
nom de Lusignan. 

24576 Tonniel, tonneau. 

24581 La mere , Isabelle , fille d'Aimar, comle 
d'Angoule'me , que Jean-sans-Terre ayait enlevee 
en 1202, quoiqu'elle fut promise au fils de 
Hugues IX. 

24588 L'estorie , lisez restore. 

24389 Uge-li-Bruns, Hugues IX, suivant 



YArt de verifier les dates, en revenant de la 
Terre-Sainte , se fit religieux au monaslere de 
l'Ecluse ; ou il mourut. 

24595 Le sien p&re , les historiens modernes 
disent qu'elle ayait &e promise non pas au pere, 
mais au fils. 

24396 Ses fius, Henri III, roi d'Angleterre. 

24398 Pouroec, pourvu , ecrit ailleurs pour- 
voec. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



449 



Al roi , k'il i ot encouvent 
24400 Qu'il li rendroit, dit fu souvent. 

Arceveskes , veskes manda , 

Et tous ses homes coramaada 

K'il venisent et il si fisent. 

Niort et la Rociele prisent, 
24405 Et la ttere en li et de lone, 

Qu'il n'i remest valiant I gone. 

Savaris adont le garda, 

Ki maugr^ sien s'en aeorda. 

En pleges douna ses castiaus, 
24410 Et les plus fors et les plus biaus ; 

S'es garda li quens de Bretagne , 

Puis les r'ot-il comment k'il pragne. 

Li rois s'en vint et s'a ferm£e 

La tiere et moult bien acesm^e. 
24415 La suer le roi, ki feme fu 

Le due de Louvaing, dont moru. 

S'ot li quens de Namur, par droit, 

Le doaire qu'ele tenoit. 

Poi apries , pour 1 bos , fondet 
24420 Droit entre Blaton et Condet, 

Guerroia li quens de Namur , 

Gautier d'Avesnes, ki s&ir 

Se faisoit que li bos iert siens. 

Trencier i fist lagne et mairiens , 
24425 Quar il estoit quens poestius 

De Blois , et sa feme iert gentius. 

Triuwes en fist prendre li rois, 



1224. 



Mort de la duchess* de 
Brabant, 1238. 



Discussion du comte 
de Namur et de Gau- 
tier d'Avesncs. 



24406 Gone ,jonc. 

24407 Savaris, Savaride Mauleon, Hist.fr., 
XVIII, 120, D 5 508, C, Dj 522, E. 

24411 Li quens de Bretagne, Pierre Mau- 
elerc. 

2441 5 La suer le roi, Marie mourut le 1 •* aout 
1238. Elle eta it veuve da comte de Namur. 
Tom. II. 



24419 Fondet, situe\ 

24420 Condet, Cond6, dans le departement 
du Nord. 

24424 Lagne, bow 5 mairiens, materiaux. 
24425 ( Poestius, puissant. 
24426 De Blois, par sa femme , com me on l'a 
deja dit. 

57 



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450 



CHRONIQUE 



Moralite 



Ensi demora leur desrois. 

Entre 90U canga moult li tans 

24430 De divierseries entrans , 
Qar fortune, ki sa roiele 
Tourne , comme la plus isniele 
Chose ki soit , gou de deseure 
Ramena desous en poi d'eure , 

24435 Et maint joious ferment ira , 
Ensi com l'estorie dira , 
Et maint irie refist joious . 
Quant fou deseure fu desous ; 
Quar et loiaut^s et droiture 

24440 Yont souvent a mal a venture, 
Et fauset& et d&evance 
Portent escu et hiaume et lance , 
Et courtoisie et gentillece 
Hardemens , honors et largece , 

24445 Solas et joie et boine vie, 
Par ayarisse et par envie, 
Pierdent et muerent k lagan. 
Siecles enpire cascun an , 
Li rozier devi&nent s&rt , 

24450 Tant voi le monde dess&it. 
Li eskamiel vont sour kaiere, 
Tout 90U devant torne deri&re , 



24430 Divierseries, chose* diverse*, change- 
mens, revolutions; entrant, apparaissant , se 
succeclant. 

24431 Roiele , des manuscrits du Renart le 
nouvel, sont termines par une grande figure 
allegorique , dont Prosper Marchand donne ainsi 
la description : « Ceste figure derniere est une 
» grande roue maniee par Fortune, sus le haut 
*> de laquelle siet maistre Regnard, adextr£ 
» d'Orgueil et asenestre de dame Guille, qui l'as- 
» surent que jamais ne cherra , ayant pour cod- 



» seillers deux sortes de gens de religion....* 
Mbobi , Le roman du renart , avertiss., p. x. 
24432 Isniele 9 diligente. 

24435 Ira, affligea. 

24436 L'estorie, lisez I'estore. 

24437 Irie, afflige. 

24449 Sent, sureaux. Heeart, Dictionnaire 
rouehi-francai* , p. 431 . 

24450 Desseut, decu. 

24451 Eskamiel, escabeau , l'escabeau Tern* 
porte sur la chaise. 



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DE PHILIPPE MODSKES. 



451 



Car li telier sont cevalier. 
Et li cevalier sont telier ; 

24455 A ?ou que cascuns se desfait 
Prueve , jou le dit et le fait , 
Quar li gen til d'ariere am^ 
Sont d'avarisse envenim^ 
Et li sierf voelent gentil iestre 

24460 Et sourmonter aus et lor iestre , 
Car li mondes est baretere. 
Or revenrai k ma mature. 

Vous av& bien 01 pi£?a , 
XXV ans a en es£& , 

24465 Que Bauduins li preus , li buens , 
De Flandres et de Hainnaus quens , 
Li sages , large* et proissi&, 
Se fu pour l'amour Dieu croisi&. 
Ala s'ent, et mena gent noble, 

24470 Gadres prist et Costantinoble, 
Couroun& emper&re i fu . 
Combali soi , puis i moru , 
Qu'a la mort n'a point da vantage. 
Ses filles orent l'iretage. 

24475 Jehenne Fainsn^e ot mari 
Ferrant, c'on enfi^ra mari. 
La contesse fu del sien dame , 
Mais ass& fu qui Ten adame. 
Si ne sai pour qui decevoir, 



Baudouin IX de Con- 
sUntinople, 1202. 



24453 Telier, tisserand, tela. 

24455 Se desfait, se metamorphose, preuve 
que chacun change de forme , je le dis et je le 
demon tre, le gentilhomme, etc. 

24457 D'arUre , ci-devant. 

24460 Iestre , condition. 

24461 Barethe , trompeur. 

24463 Ici recommence l'extrait de Du Cange 
ou de M. Buchon , p. 354. 



24464 En escd, en deca. 

24469 S'ent, M. Buchon, s'en, ala s'ent, sen 
alia. 

24470 Gadres , Jadres , Zara en Esclavonie , 
toy. v. 20386. 

24473 Qu'd, M. Buchon quar. 
24475 Mart, affiige. 

24478 L'en adame, lui cause dommage. M . Bu- 
chon : Ven a dame. 



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452 



CHR0N1QUE 



Histoire da faux Bau- 
douin. 



24480 Mais avenu estoit , pour voir, 
Qu'a Valencienes ot I home 
Qui moult d'avoir, n'en sai la some , 
Douna, et d'ariere et d'avant, 
A mainte gent, par contravant, 

24485 Quant li quens Bauduins venroit 
En Flandres et sire en seroit, 
Qui Goustantinoble ot ja prise. 
Teus l'oi ki moult poi le prisse : 
Qu'il savoient bien et cr^oient 

24490 Que mors estoit, et voir disoient, 
Car li emperere Henris , 
Ses frere , ki fu atenris 
De sa mort et del querre engri& , 
Ne vot en HI ans en apri& 

24495 Couronne pour soi d^porter , 
Ne dras emp^riaus porter, 
Jusques k tant qu'il sot de fi 
Con l'avoit mort et desconfi. 
Or of& com fortune vole 

24500 Et refait Fun, et l'autre afole , 
Com cele ki trop est isniele 
Tourne et retorne sa roiiele , 
Ne de tourner ne s'umelie , 
Quar ele est sorbe et aveulie, 

24505 Si com vous por& ]k entendre , 
Se vous oses I poi atendre. 
Jou ne sai pourquoi ne comment 
A Valenciennes ensement 
Dounoit cil om teus contravans , 

24510 Ne pour aideurs ne pour gr^vans. 



24485 Douna, s'engagea a donner. 
24484 Contravant, promesse. 
24488 Prisse, prise. 
24495 Et empresse a le chercber. 



24500 Refait l'un, reUblit Fun; et l'autre 
afole , et meurtrit l'autre. 

24504 Sorbe, ivre, ouplutdt sorde, gourde; 
aveulie, aveuglee. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



453 



Ass& i prisent et clerc et lai. 
Or ne metrai plus en delai 
Mon conte, ainc l'aurai tos conte. 
La contesse iert en sa cont^ , 

24515 Jehane , et s'ot a Margerie , 

Qui biele estoit com margerie , 
Sa serour, grant tiere asenee , 
Et si Tot a feme doun& 
Signeur Guillaume de Dompiire. 

24520 Et Boucars iert veaus ariere 
De Roume , et si estoit rasos 
Com cevaliers a prendre s'os. 
Mais la mire ne les enfans 
Ne pot r'avoir dont a eel tans. 

24525 Bauduins et Jehans avoient 
A non li enfant L'il ayoient, 
Et sot une autre fille eue 
A Danpiere u s'iert ag&ie. 
S'il est ki d'ascouter se vant , 

24530 Si com l'estorie dist a vant, 
O'ir por& une miervelle 
D'autres non pers et desparelle , 
Si comme Tait et rient fortune 
Et partout le monde est commune. 

24535 Si com mes corages aesme, 



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24515 Margerie, Marguerite. 

24516 Margerie, perle , pierre precieuse, 
margarita. 

24521 Rasos , ahsous , c*est-a-dire qu'il etait 
dispense de sea premiers engagemens et autorise 
a suivre le metier des armes comme chevalier. 
M. Buchon lit : 

Com certliers A prendre sos. 

Sos, signifie paiement d'un homme de guerre, 
ainsi prendre sos ou s'os, sigoifierait egalement 



se livrer au metier des armes. 

24527 Une autre fille, Marguerite eut de Bou- 
chard trois fils et deux filles. 

24528 Ageue , accouchee. 

24529 Se vant, se vante. 

24530 L'estorie, lisez I'estore. 

24532 Non pers, non pareille; desparelle, 
dissemblable. 

24535 Com mes corages aetme , comme j'es- 
time, je crois. M. Buchon lit a esme, ce qui 
forme le meme sens. 



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454 



CHR0N1QUE 



Alexandre, Art us. 



Tout droit al entrer duo quaresme , 
Ne sai par quele anontion , 
En Tan del incarnation 
Mil et XXV et II cens, 

24540 Ne plus ne mains , si com je pens ^ 
Droit entre Mortagne et Tornai , 
Dont jou rien encor parle n'ai, 
Avint que el bos de Glan$on , 
U il a maint jov£ne plan$on , 

24545 Vint convierser uns p&i&ns, 
Auques p&i&re et mescr&ns, 
Par l'ayisance et par sanblant, 
Mais il aloit les cuers emblant 
De $aus ki l'aloient v^oir 

24550 Et d'encoste lui ass^oir: 

Par parole et par contenance 
Preudom sanbloit estre a sanblance , 
Et saci£s que puis qu'Alixandres 
Regna tr£s Gr&se jusqu en Flandres, 

24555 Ne puis qu'Artus France conquist 
Con nommoit Galle, si c'on dist, 
Ne Julius-C&ar r^gna 
Ki mainte tiere gaegna , 
Ne Augustes-C&ar , ses ni& , 

24560 De qui les estores teni^s . 

Ne Clo£vis ne Carlemainne , 



24557 Anontion, annonce. 

24539 XXV } prononcez vingt et cinq. 

24543 Glancon , voy. l'lntroduction de ce 
second volume et Du Cange , Histoire de 
Constantinople , edition de M. Buchon , I , 
190. 

24544 Plancon, plant. 

24545 Convierser, habiter; pe'neans , peni- 
tent. 

24546 Peciere, pecheur. 



24552 A sanblance, Du Cange : a sa san- 
blance. 

24554 Flandres , l'empire d'Alexandre sur la 
Flandre , peut aller de pair avec la conquele de 
la France par Art us. 

24555 Ne puis qu'Artus , Du Cange : ne pus 
quartus, M. Buchon : ne plus qu'Artus. 

24559 Ses nits, sa mere, Attia etait fille de 
Julia , soeur de Jules-Cesar. 

24560 Tenie's, tenez. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 455 

Qui taut conquist a son demainne , 
N'avint ?ou que dire en convient , 
Si com Festorie dist ki yient. 
24565 Si YO8 en ramenlevoi encor, 

I roi NabugodonOZOr, Exemple de Nabucho- 

¥r . « , . , « . donosor et du due 

Ki fti perdus plores et plaint , Gisbicrt. 

Et parmi bos et parmi plains 

Ala et vesqui comme bieste , 
24570 Ce nos raconte et dist la gieste : 

Puis revint-il , et son empire 

Tint comme rois et comme sire. 

S'av& 01 d'un due Joisbiert, 

Con ne tenoit mie a bobiert, 
24575 Con quida mort outre la mer. 

Dont ses gens orent duel amer , 

Et sa moulliers a cuer mari 

Redevoit prendre a cuer mari 

A espous I ftlon gagnart, 
24580 Ki moult estoit de male part. 

Comme paumiers fti revenus 

En sa cite povres et nus. 

Entr& s'en est en son palais 

U on cantoit et sons et lais. 
24585 Dementres qu'el palais bourdon 

Estous k'il hau$a le bourdon , 

Fiert le signor, tant s'esviertue 

Que, voiant tous, esrant le tue. 

Si ot grant dol , mais plus grant joie 
24590 I ot apri&, s'il est ki l'oie, 

Quar reconn&is fu li dus , 

24564 L'estoric ,\i*ei I'estore. 34577 A cuer mart, ce* mots riment avec 

24565 Ramentevoi, litez pour la meaure ro- eux-mdmes. 

mentoi. 24581 Paumiert , Du Cange : paums, M . Bu- 

24571 Et $on empire, M . Bachon : en ton em- cboo : pawner, pelerin. 
pire, 24585 Bourdon, bourdon ne. 



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456 



CHRONIQUE 



Ki n'estoit fos ni esperdus. 

Sa feme et sa tiere r'ot quite. 

Qu'il n'i ot corine ne luite. 
24595 Mais de toutes ces riens ensanble 

Noiens a ceste ne resanble. 
Venus fu el bos de Glangon 

Cil om querre sa nore$on. 

Une fontaine ala querant. 
24600 Quant Tot trouv^e, tot esrant 

De fteci&res et de genieste 

Fist une loge auques onnieste , 

Et puis fors del bos s'aparu, 

Tant q'uns enfe$ons Pa \&u. 
24605 Avoec lui traist la u il maint , 

Et puis i alerent tamaint. 

Renounce, c'on dist nouviele, 

Ki plus tot vole qu'arondiele , 

Et as lointains et as roisins 
24610 Dist que c'iert li quens Bauduins. 

Li quens de Namur i parla , 

Mesire Boucars i ala , 

S'i fu li kastelains Radous. 

Partout fu quens nomm& de tos, 
24615 Mais il n'i vot respondre a rien, 

Fors c'on i'apieloit Crestiien. 

Pour ses p^ci^s iert renus la, 

Ensi remest, ensi ala. 

Mais il n'iert de rien esperdus, 



24592 Fos, M. Buchon : sos. 
24594 Corine, Du Cange et M . Buchon : cozine. 
24596 Ne, Du Cange : me. 
24598 Norecon, nourriture. Du Cange : no- 
reton. 

24601 Fle'cieres , branches d'arbres entrela- 
cees j genieste, gen&t. 

24602 Onnieste, honn&e. Du Cange : on i 



este , il ajoute sic , ce qui annonce qu'il ne com- 
prenait pas ce mot. 

24604 Enfeeons, M. Buchon : enfancon. 

24613 Radous, Du Cange etM. Buchon Rados. 
Evrard , surnotnme* Radoux. Randulpkus. Guill. 
Le Breton, Hist, fr., XVII, 240, C. 

24619 Esperdus, Du Cange et M. Buchon 
espardus. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



457 



24620 Ainc disoit bien que rois ne dug 

Ne quens n'iert-il , n'onques ne fu. 
Tant qu'a lui sont el bos venu 
Cil de Valencienes apri& , 
Et moult estoit cascuns engri& 

24625 Qu'il desist k'il estoit lor sire. 
Mais il le noioit bien et sire, 
Et dissoient que Breton estoient 
Ki Artu encore atendoient. 
Et quant il plus s'escondissoit , 

24630 « Vous iestes quens » cascuns dissoit. 
Et dist li uns a l'autre a tence : 
« Ciertes , il parfait sa p^nence , 
Mais il Fara parfaite lu&. » 
Ensi fu jusqu'al blanc diwes, 

24635 De Valencienes i revinrent 

Grans gens , et a conte le tinrent. 

A Valencienes I'ont men<£, 

Et il leur a dit et gra^ , 

Pour ?ou qu'il aloit goulousant 

24640 Tel signourie, en doulousant, 

Qu'il estoit quens. Lors si ot joie 
Si grant, que dire n'el poroie. 
A fonteniele fu bagnios 
Layes . tondus et roiQuiis 

24645 Et acesm<§ Font comme conte. 



Art us atlendu par Us 
Bretons. 



24626 Bien et sire (sur), fort et ferme. Du 
Cange ecrit sire avec une majuscule. 

24627 Dissoient, Du Cange et Buchon : disoit. 
24629 Et quand il s'en defendait le plus. 

24633 Luis ou lues , bien tot, promptement. 

24634 Blanc diwis, le second dimancheapres 
Paques , appele Dominica mapparum albarum ; 
cette expression manque dans les Glossaires. 

24638 Grae\ agree, ayoue. 

24639 Goulousant, convoitant. 
Tom. II. 



24640 En douhusant, doit se rapporter a 
a dit et grae, il leur dit en gemissant. 

24643 Fonteniele, petite fontaine. Du Cange 
et M. Buchon ecrivent ce mot par une majuscule, 
comme si c'etait un nom de lieu. Dans ce cas ce 
serait Fontenelle , a une lieue de Valenciennes , 
ou il y avait un abbaye de femmes , fondee Tan 
1212, par deux nobles demoiselles, Giles de 
Hellin , seigneur d'Aunois. 

24644 Roe'gnies, rogne, rase. 

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458 



CHRONIQUE 



Lo faux Baudouin se 
fait des partisans par- 
mi les nobles. 



A mould d'Audcnarde 
est envoye" pres de 
lui par la comtesse. 



Or ol& com enables monte. 
« Signor. fait-il , a tierme court 
Venra Mahiu de Wallaincort, 
Et si venra Greh& de Trit , 

24650 N'i fera mie lone d&rit, 

Et autre ass& dont or me tais. » 
Lors s'i ot joie. Sans d^lais^ 
Cil de Reumont et de Ktevreng , 
Baudris et Brougnars de Deneng , 

24655 Ernous de Ga vre , et Boucars , 
Sohiers d'Aiengien , et Polars , 
Ernous d'Aisne et raaint baceler 
L'ont ass^ur^ sans c£ler. 
Et li paumiers , qui sot de gille . 

24660 La eontesse comme sa fille 
A noum^e , et si envoia. 
Ernous d'Audenarde estoit la , 
Viers la eontesse la tramis , 



24647 Fait-il, e'est le faux Baudouin qui 
parle. 

24648 Venra, Du Cange, vera; Mahiu de 
Wallaineort, croise avec Baudouin, J. De Guyse, 
XIII , 275. 

24649 Grehe's de Trit , Villehardouin nomine 
parmi les croises qui conquirenl Constantinople, 
Renter de Trit, qui prenait son nom d'un cha- 
teau pres de Valenciennes. On trouve aussi dans 
les historiens Jean et Gilles de Trit. 

24653 Reumont et Kievreng sont des com- 
munes du Hainaut. Gaulier, seigneur de Quie- 
vrain, epousa une fille du sire de Mortagne, 
dame de Forest. Vin chant et Ruteau, p. 309. 
Arnould de Quie>rain figure avec Gautier , parmi 
les nobles du Hainaut en 1200. J. De Guyse, 
XIII ,269. 

24684 Brougnars, Brognard; Deneng f De- 
nain. Etienne de Denain est oompte parmi les 
vassaux du corate de Hainaut , en 1200. J. De 
Guyse, XIII, 261, 269. 



24656 D'Aiengien, cTEnghien. Sohier, sei- 
gneur d'Enghien, etait fils d'Englebert, seigneur 
d*Engbien et d'Ide , fille de Jacques d'Ayesnes 
et d f Adeline de Guise. II se disait aussi seigneur 
de Sotteghem , du chef de sa femme Alix , heri- 
tiere de Gautier de Sotteghem , qu'il epousa en 
1250. Foy. Tex trait de la genealogie dressee par 
Dom Jean d'Assignies , tel que le donne le comte 
de S l .-Genois, Pairies du Hainaut, p. xxxti. II 
est a remarquer que le mdme Englebert d*En- 
ghien dont on vient de parler, fut un des nobles 
qui jurerent d'observer les lois et ordonnances 
du comte de Hainaut, en 1200, et que la trad, 
de J. De Guyse, XIII, 259, rend EngUbertus 
de Angia par Anglebert d'Ange. 

24657 D'Aisne, d'Esnes. 

24662 Ernous d'Audenarde, Arnould d'Aude- 
narde, mal appele Arnold d'Aldenard, p. 451 
du t. XV de Ved. de Jacques de Guyse, par 
M. le marquis de Fortia. 

24665 Furs, a Termite. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



459 



Quar il estoit moult ses amis. 

24665 Mais par sanblant malades fu; 
Et mesire Ernous l'a creu , 
Quar cil de Lobes et plusior 
Disoient auques. a laisor, 
Que teus entresains ot mostr& 

24670 Que c'iert li quens en v&rit&. 
Et dissoit k'il ert escapes 
De prisson u fu atrap^s, 
Et tant ot est^ mesprisi& 
Con li ot les ortaus brisi£s , 

24675 Mais tant i ot de mespresure 

Qu'as ortaus ne paroit cousture 
Ne riens k'il ne fust ensi nes. 
Or oies com les ot menls , 
Et dist qu'il ert VII fbis vendus 

24680 Et alouw& et despendus. 

Vious et jovenes ensi d^ciut 
Qu'a painnes nus om 1'aperciut. 

Mesire Ernous pour la contesse 
Sen ala sans autre promesse . 

24685 Quar si malade sen fagnoit 

Qu a painnes ja vir le quidoit. 

Et quant deyant le paumier yiunrent , 

Ne il ne ele n'el connurent. 

Girars de Jauce et li baron 



Gerard de Jauche. 



24667 Cil de Lobes , dans le Livre de Baudouin, 
p. 56, ed. de Brnx., 1836, I'abbe de Loz est un 
de ceux qui croieot au retour de l'empereur. 
Loz ou Looz, est un village du departement du 
Nord , a une lieue de Lille, et ou il y avait jadis 
une abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux, 
dont M. De Rosny a public l'histoire. Lobes etant 
dans le pays de Liege , il nous parait preferable 
de choisir un lieu situe en Flandre. 

24668 A laisor, de maniere a nuire a la com- 
tesse Jeanne , lade re. 



24669 Entresains, indices. 

24674 Ortaus, articulations, or teils. 

2467b Jf espresure , mauvais traitement. 

24678 Com, Du Cange : eon. 

24680 Alouwes, allou6; despendus, depense, 
mis a prix. 

24682 L'operciut , soupconnat le mensonge. 

24686 Ptr,Toh\ 

24689 Girars de Jauce, Gerard de Jauche 
intervint au traite* conclu pour la delivrance du 
comte Fernand. Hist, fr., XVII, 108, B. Dans ce 



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460 



CHRONIQUE 



La comtesseeUe-m&ne 
donne dans le piege. 



Elle assemble son con- 
seil auQnesnoy. 



24690 N'el connurent se moult poi non , 
Le yesques de Cambrai de cuer 
Ne le vot connoistre a nul fuer. 
Mais li telier et la pietaille 
Disoient que c'iert il sans faille. 

24695 A Valencienes fu reciute 

La contesse , et si f u d&iute , 
Quar ele manda a premiers 
Con le rec^uist yolentiers , 
Puis raanda-ele a tous pour bien 

24700 Con eel home ne cr&st rien. 
Mod signour Ernoul anoia 
Qui fu d&ius , s'el renoia , 
Quar ne en bras ne en faiture 
N'iert-il pas quens, n'en estature. 

24705 A Haimon-Kesnoit simplement 
Prist la contesse I parleraent, 
Pour connoistre s'il iert ses p&re. 
An$ois que la cose plus p&re 
La roine , madaine Blance , 

24710 Li manda qu'en tele sanblance 
Ot ses a vies est^ d&ius , 
Et quant l'afaires fu percius , 
Si revint fausetes a point, 



traite" il est appele* Girardus de J ace. Dans la 
trad, de J. De Guyse, t. XIII , p. 259 , on tra- 
duit erronement Gerardus de Jacea par Gerard 
de Jassi. Cette fautecependant ne seretrouvepas 
p. 269. Sur la terre de Jauche , voir le baron 
J. Le Roy, Topographia Gallo-Brabanlice , pages 
239-241 . Ce Gerard de Jauche fonda dans sa ba- 
ronnie en 1216 , une abbaye de femmes dile de la 
Ramie , dont Tem placement est possede* aujour- 
d'hui par M me Claes , de Lou vain , et dans le 
dipl6me de fondation , il s'intitule Girars , par 
la grace de Dieu, sires de Jauche. La terre de 
Jauche passa a la famille de Gottereau. 



24693 La pietaille, les petiies gens, mot en 
opposition avec celui de chevalerie, pedites et 
equites. 

24703 Bras, brace, dans le poeme cite an 
1. 1", p. 613 : 

Mes pere» qui a la brace fiirc. 

Que veul dire ce mot? Signifie-t-il les qualites 
morales , le caractere ou le signalement physique? 

24703 Haimon-Kesnoit, Le Quesnoy. 

24709 Blance, la femme de Louis VIII , fille 
d'Alphonse IX, roi de Gastille. 

24711 J vies , lisez aves. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



461 



Et cil not de la liere point. 

24715 Ains fu pendus et cil od lui 
Ki esleve orent celui. 
Or gardast la contesse bien 
Qu'a tort ne perdist riea del sien. 
Li parlemens fu al Kesnoit , 

24720 Mais li paumiers, qui k'il anoit, 
S'ot fait a sairement jurer 
Valencenois et asseurer. 
Issus en est et cele part 
S'en rait , et la parole espart. 

24725 La contesse s'en est atant 
Issue , et li autre batant. 
Pour $ou le fist, que que nus die , 
Con ne connuist sa boisdie , 
Quar s'il ne fust des ars l&r& 

24730 Ja en tel fait ne fust entr& : 
Car el bois ses livres avoit 
De la mani&re k'il savoit, 
Et si dissoit qu'en la prison 
Ot-il faite cele aprisson. 

24735 Mais ainc li quens , ce set-on bien . 
Ne sot laitres qui valust rien , 
Ne si petis d'ass& ne fu. 
Or ot en aus espris le fu 
Que cil ki onques ne le virent , 

24740 Disent que c'iert il : s'i mesprisent. 



Ignorance da veritable 
Baudouin. 



94719 Parmi les vers qui suivenl , 27 sont 
transcrits pp. 689-670 de la Constantinopolis 
Belgica de P. d'Outremann , Tornaci, 1643, 
in-4°. Du Chesoe , dans son Histoire de lamaison 
de Montmorency, p. 138, en cite 29 vers, mais 
non pas tout d'une suite. 

24720 Qui k'il anoit. Du Cange : que k'il 
anoit. 

24722 Ce vers serait trop long , si , comme 



ailleurs, onlisait : 

Valenenois et asseurer. 

24729 Des ars lelres , instruit. 
24734 Aprisson, action d'apprend re. 

24737 Ne si petis, le veritable Baudouin etait 
plus grand de taille. 

24738 11 les avait si bien echauffes. 
24740 Mesprisent, M. Buchon : mesprirent. 



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462 



CHRONIQUE 



Le faux Baudouin re- 
cherche l'amitie des 
petites gens. 



Malhieu II de Mont- 
morency. 



Thomas de Lamper- 

nesse. 
Michel de Harnes. 



Gautier de Courtrai. 



Povre gent, telier et foulon 
Estoient si privet coulon , 
Et li mellour et li plus gros 
En orent partot mauvais los. 

24745 Et dissoient la povre gent 
Qu'il en orent or et argent, 
Et k'il le conte traSsoient , 
Et empertour l'apieloient. 
Mahius , oil de Monmorenci . 

24750 1 fu venus , tant s'avanci ; 

Et , pour consitlier la contesse , 
I Tint Tumas de Lanprenesee, 
Mikios de Harnes , sans desroi , 
Et plusiour autre homrae le roi , 

24755 Que li rois i faisoit venir 

Pour la oose a droit maintenir. 
Et mestre Watiers de Courtrai 
L'ala v<k)ir . de fi le sai. 
Ses clers avoit este lone tans, 

24760 Mais del connoistre fu doutans. 
Et Bauduins, ki ses qens fu, 
Le yit, si ne la coun&i. 
Et maint ki jusqes en la fin 
Furent al conte Bauduin 

24765 Et si privet familiier, 

Clerc, siergant, vilain, escuier, 
Et dames vielles et joies , 



24742 Coulon, pigeons, colombes et figure- 
ment amis. 

24749 Mahius, cilde Monmorenci, MathieuII, 
dit le Grand. 

24752 Voy. Du Cange, iftst. de Constanti- 
nople, ed. de If. Bucbon , p. 191 ; Lanprenesse 
ou Lampernesse , beau village de la Flandre , 
dans l'ancienne cbatellenie de Fumes. Un Re- 
nelmus de Lamprenesse fut fait prnonnier a Bou- 



vines, voy. la lisle des prisonniers, Hist, fr., 
XVII, 101 B, E; 102 A. 

24755 Harnes , Du Cbesne : Harmes. 

25757 Mestre Watiers de Courtrai, l'epitbete 
de maitre indique un clerc. 

24761 Qens , comte , Du Cange et M . Bucbon 
quens. 

24767 Joies , Du Cange conserve ce mot au- 
quel M. Bucbon substitue jolies. Joies , rejouies 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



463 



Qui ftirent aroec lui nories ; 

Mais tot le virent si encoistre 
24770 Que ne la porent reconnoistre. 

Et li bobiert et li vilain 

Disent que e'iert li quens a plain. 

Et , ki bien voroit dire voir, 

II ne faisoient pas savoir 
24775 Con doit amer sor toute rien 

Son droit aignour. tant di-jou bien. 

Et c'il n'iert pas si conn&is 

Qu'il deust iestre rectus. 

Se ce fust li quens Bauduins , 
24780 C'eat la y<frit& et la fins, 

On n'en p&ist mie trop faire; 

Et si r'ont pris trop a mesfaire 

S'il i'ont fait , saci&-le de roir, 

Pour I faua conte recevoir, 
24785 Car piciis est d&areter 

Son droit oir ne d&ireter. 

Et cist I'aloient en sa tiere 

Requerre, pour tenir en sierre. 

De Haimon-Kesnoit fu partie 
24790 La contesse toute amortie ; 

Ne sot ki li fu avenu. 

Valencenois i sont venu , 

La tour saisirent et garderent. 

A Valencienes retornerent , 



a la Douvelle du re tour de leur prioce. 

24769 Si encoistre , de si pres. Du Cange et 
M. Buchon : encroittre. 

24770 Que nela,Bu Cange : qui ne /a, M. Bu- 
chon : que ne le, 

24774 // ne } Du Cange : s'ils ne. Ils ne fai- 
saient pas savoir, ils ne prouvaient pas qu'ils 
etaient penetres de la verite de cette maxime 
qu'ondoit car cil n'iert, etc. 



24781 Et ils ont commis une action tres-con- 
damnable si, au contraire, ils ont accueilli un 
imposteur. 

247815 Debar eter, Du Cange et M. Buchon : 
de bareter, 

24788 En sierre , en captivity , c'est-a-dire le 
droit oir, Du Cange : enserre, M. Buchon : en 
serre. 

24790 Amortie, consternee. 



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464 



CHRONIQUE 



Meiure de rigueor prise 
par la conotesie Jean- 



24795 Et la contesse, a cuer estout, 
En Flandres sen ala par tout. 
Mais il l'ont partout renoiie. 
Sen fu dolente et esbahie, 
Quar on crioit les bans le conte. 

24800 S'en avoit duel et ire et honte , 
Pour 50U qu'ele savoit de fi 
Con l'avoit mort et desconfi ; 
Qu'ele en fust plus joians que nus , 
Se il fust yiyans revenus. 

24805 Car tres le tans conte Carlon, 
Si grant outrage ne vit Ton 
Que lor dame del sien gietoient 
Cil ki si home et sierf estoient. 
Et si l'avoient doubleraent 

24810 Asseur^e Yoirement; 

Or lavoient si degiet^e 
Qu'ele estoit com ourse bies&. 
Esvous es estoupes le feu , 
A duel retorn&rent li geu 

24815 Qu'ele a fait lues ardoir Ki^vreng, 
Baudri et Brougnart de Deneng , 
Et de tous $aus ki d^guerpie 
L'ayoient, com me fole espie. 
Et li paumiers lors s'arouta , 

24820 Hairon-Fontainne desrouta . 
S'a Viler abatu et pris ; 



24795 A cuer estout , le cceur trouble. 

24797 Renoiie, reniee. 

24799 On crioit let bans le conte , on reclamait 
le service militaire au nom du comte, 00 faisait 
les proclamations officielles au nom du comte. 

24805 Carlon, depuis Passassinat de Charles- 
le-Bon. 

24812 Com ourse bie'see, comme ourse blessee 
ou traitee en be'te comme une ourse , un animal 



sauvage. Biesse, en wallon, se dit pour bite. — 
Plus bas , biecer est mis pour blesser. 

24813 Voila le feu qui prend aux etouppes, 
esvous , Du Cange : es vers. 

24819 S'arouta, se mit en campagne. Duces 
fuerunt catervos quam rutam vacant, dit Mathieu 
Paris, a Pan 1196. Le mot route a £te grecise^ et 
se trouve dans Nicetas , in Balduino , c. 5. 

24820-21 Hairon-Fontainne; Viler ouVilers, 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



465 



S'en fu la novele en grant pris. 

Crois fist porter devant sa face , 

Pour 90U c'on plus d'ounor li face , 
24825 Et baniere demper&mr 

Et de conte , par grant fierour. 

De Mods s'en vint viersant , batant , 

La contesse et li sien atant. 

A Tornai Tint k mi&iuit, 
24830 Ne pot iestre ne li anuit 

Quant li sien ensi le ka$oient 

Pour I estrange, et gierpisoient, 

Et li faisoient s&irt£ 

Par diablie et obscurt^. 
24835 Mais atendre pas ne l'osoit, 

Quar tous li mons si abondoit. 

Si fist garnir Flosbierc encontre , 

Et li pelerins passa outre , 

N'onques mais , par Saint-Esperite . 
24840 N'ot-on t^u si fait hiermite 

Qui fist ardoir gent en moustier, 

Qui ne d^uist avoir mestier , 

Et mist le pais k lagan. 

Si rot Bauduin et Jehan , 
24845 Les II fius Boucart, je sai bien , 

Par Giliebiert de Sotengien. 



Impudence du 
Daudouin. 



faux 



Flobecq , rayitaille' pour 
register au faux Bau- 
douiu. 



Celui-ci parvient a se 
rendre maftre de la 

Sersonne de Bau- 
ouin et de Jean 
d'Avesnes. 

Gilbert de Sotteghein. 



villages du Hainaut. Voy. dans J. De Guyse , 
XII , 338-388 , les turns des paroisses et colleges 
du comte de Hainaut, par doyenne's : 

24826 Fierour, orgueil. 

24827 Viersant, batant, a grande hate. Du 
Cange et M. Buchon : vers At (la ville d'Ath). 

24830 II ne pouvait arriver qu'elle ne s'affii- 
geat point de se voir ainsi chassee par les siens. 

24834 Diablie, diablerie; obscurte, intrigues 
obscures, embrouillees. 

24837 Flosbierc, Flobecq, dans le Hainaut. 
Du Cange et M. Buchon : Flosboc. 
Tom. II . 



24837-38 Encontre et outre, rime en goret. 

24843 A lay an, au pillage? 

24844 Bauduin et Jehan, Du Cange se trompe 
en nommant ces en fans Jean et Burchard d'Aves- 
nes et leur pere Baudouin, C'est sans doute une 
transposition decopisle. Hist, de Constantinople, 
ed. du Louvre, 1637, in-fol., p. 507. 

24846 Giliebiert de Sotengien, Gautier de 
Sotteghem jura les ordonnances du comte , en 
1200. J. De Guyse, XIII, 260. II est appele 
Galterus de Stotenghen, Recueil dbs Hist, riu, 
XVII , 47, D. Gautier de Sotteghem epousa Bi- 

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466 



CHRONIQUE 



Bouchard d'Aresnes. 



Reception brillantc faite 
en Flandre a rimpos- 
lenr. 



Partisans de la comtesse 
Jeanne. 



Cousins et neveus les clama , 
Et, par sanblant, moult les ama; 
Et Boucars Fiert venus sienrir, 

24850 Pour ses enfans r'avoir et vir. 

Or Tint en Flandres li paumiers 
Qui n'en fu mie coustumiers. 
Se Dieux fust en tiere venus , 
Ne fust-il pas mious rectus 

24855 D'abes , de moines et de clers , 
* Quar li pais iert moult emfers. 
Rices presens li aportoient 
Li fol buisnart, qui tot perdoient. 
Trop fu la cose fclenesce, 

24860 Quar a Tournai fu la contesse 
A mienuit. Li doi prouvost 
L'i orent laisci^ moult tost. 
Plorant et plagnant sospiroit , 
Quar sa cose moult empiroit. 

24865 Ciertes ce fu pies et grant dious 
Que gentius dame ne pot mious ; 
Que son cierf , sans force grignor, 
Yoloient faire son signour. 
Se ne fust Ernous d'Audenarde . 

24870 Ki sa dame avoit prise en garde , 
Mikious de Harnes et Radous , 
Et Rasse de Gayre , li dous , 



childe, fille d'Evrard, surnomme Radoux , cha- 
telain de Tournay. 

24856 Emfers, corrompu, en mauyais etat. 

24858 Li fol buisnart , les in senses. 

24864 Ce vers manque dans Du Cange et 
M. Buchon. 

24865 Pies, pitie. 

24867 Cierf, Du Cange et M. Buchon : sierf 
(servus). 

24871 Radous, le chatelaki de Tournay. 



24872 Rasse de Goitre, le diplome de prince , 
accorde le 17 juin 1736, a Charles-Emmanuel- 
Joseph de Gayre , dont la maison ytent de s*e- 
teindre , rappelle qu*un Rasse de Gavre fut tue 
a la bataille de Bou vines, et que ses trois fils y 
furent faits prisonniers. Le personnage men- 
tionne ici est Tun des trois. C. De Francquen , 
Recueil his tor., gene'alogique , ckronoiogifue et 
nobiliaire, Gayre, p. 5. Le nom de Rasse etait 
aflecte a cette famille illustre. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



467 



Et li doi freres deGrinbierghes, 
Qui bien gard£rent leur hierbierges , 

24875 Et Gilles, cil de Barban?on , 
Watiers de Gistiele par non , 
Et Gillebiers de Solengien , 
Et Felippres de Soubrengien , 
Et li boins castelains de Gant , 

24880 Wa tiers de Fontaines avant, 

Et Fastres et Watiers de Ligne , 
Qui de grant ounor fussent digne, 
Et li £vesques Godefrois 
De Kanbrai, et li quens de Blois, 



24873 Li doi frtresde Grinbierghes, Gerard II, 
mort avant Tan 1201, eat troi« fils, Gautier 
fierthout, nomine* ensuite Gerard III, Guillaume, 
sire d'Assche et Arnoul. Troph. de Brabant, II, 75. 

24874 Hierbierges, demeures, postes. 

24875 Gilles, cil de Barbancon , dans la ge- 
nealogie des seigneurs de Barbancon , donnee 
par Vinchant et Ruteau, p. 208 , on ne voit pas 
de Gilles, Mais Gilles de Barbancon figure sous 
le nom de Gilo de Berbunchero , dans le traits 
pour ladelivrance de Fernand. Hist, fr., XVII, 
105 , B. II y est avec Arnould d'Audenarde et 
Basse de Gavre , qu'on vient de nommer, Gau- 
tier de Fontaines et Gautier de Ligne , cites aux 
v. 24880 et81. Gilles de Barbancon, Mgidius de 
Barbenchon intervint egalement a une charte de 
Fan 1223. Hist, fr., XVIII , 591. 

24876 Watiers de Gistiele; il se signala a Bou- 
vines , et G. Le Breton , dans sa Chronique en 
prose, fait un brill ant eloge de sa brayoure. 
Galterus autem de Guistella et Buridanus (qui 
cum essent admirandm virtutis et quasi imperter- 
riti, reducebant militibus tnemoriam suarum ami- 
carum, non aliter qnam si tirocinia luderetur). 
Hist, fr., XVII , 96, C, 101, B, 102, A, 105, E, 
258, £, 259, C, 408, A. Le beau nom de Ghis- 
telles est tombe , au XVII siecle , dans la famille 
d'Affaytadi , originaire du ducbe de Milan , a ce 



que dit le NobUiaire des Pays- Bos, I, 483. 

24878 Felippres de Soubrengien, parmi ceux 
qui allerent a la croisade de Constantinople, 
Yillehardouin cite Bernarz de Soubrenghien (ed. 
de M. Buchon, p. 8), ou de Somerghem, en 
Flandre. 

24879 Castelains de Gant, Sobier, seigneur 
de Bornhem , fils de Sobier et de Petronille , 
epousa Beatrice de Houdain. L'Espinoy,p. 156. 

24880 Watiers de Fontaines, voy. v. 24875. 

24881 Fastres et Watiers de Ligne, voyez 
v. 24875. Vautier ou Gautier II , epousa Mar- 
guerite de Fontaines. Son frere Fastre, sei- 
gneur de Montreuil, &ail, comme lui , fils de 
Vautier I", baron de Ligne. Sa mere n'etait pas 
Mabaut de Rumigny , comme le disent Vincbant 
et Ruteau, p. 213 , mais Mabaud, fille de Gos- 
win de Mons , seigneur de Baudour , et de Bea- 
trice de Rumigny. De Francquen , Recueil hist., 
genealog., etc., Ligne , 1 , 2. II est a remarquer 
que Vinchant et Ruteau donnent pour seconde 
epouse a Vautier II de Ligne, Alix de Florennes, 
tandis que Pontus Heulerus fait contraeter ce 
mariage par Hugues de Ligne , fils de Vautier II. 

24883 Li evesques Godefrois, Godefroid de 
Conde et de Fontaines, sacre en 1220, succes- 
seur de Jean de Betbune. Le Carpentier, I, 377. 

24884 Li quens de Blots , Gautier II d'A vesnes. 



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468 CHRONIQUE 

24885 Et li quens de Namur , le grant, 
Et plusiour autre ne sai quant. 
D&iret& fust la dame. 
Partout en fu et oris et fame 
Mais avant tous , pour saint-Marciel , 
Amouid dAadenarde 24890 Ernous qui garni son castiel 

tres-utile a la com- __- - . i i» . 

tessc. Flosbierc, comme hardis et preus, 

Li Talu miols, et ce vot Dieus. 
L« roi de France iu. Mais sor tous li bons rois de France 

prcle iecour». ~, j« i - i* 

Garandi la contesse trance. 
24895 Consel ot qu'al roi s'en iroit , 

Son signour, son couzin tot droit, 

Mierci proiier et querre ale 

Del paumier et de sa maisnie, 

Et des Valencenois ausi 
24900 Ki traiie I'orent ensi. 

Mikious de Harnes et Radous 

Vont od li, et mesire Ernous. 

Plainte s'est et li rois Vox . 

Confortde Va , s'ei go'i , 
24905 Et dist qu'il li rendra sa ti&re , 
* Car il estoit ci& de la gierre , 

Si que Flandres tenoit de lui : 

Si l'osteroit de eel anui . 

A Tornai manda ses bourgois 
24910 Qu'il l'ounourassent plus qu'an^ois; 

Et li rois , ki point ne targa , 

Viers sa ni^ain s'acoraga. 

Tout esrant , pour yeoir le giu , 

24885 Li quens de Namur, Philippe II de tesse Jeanne, Itait l'oncle du roi Louis VIII, 

Courtenai , qui refiisa le trone de Constanti- fils d'Isabelle , soeur deBaudouin. 

nople. 24912 Tiers sa niecain , Du Cange : vers Sa- 

24889 Pour saint Marciel, Du Cange : par niecain , M. Buchon : vers Saniencain, comme 

son martiel, M. Bucbon : par saint Marciel. si e'etait un nom de lieu. S'acoraga, dirigea sa 

24896 Couzin, Baudouin IX , pere de la com- pensee. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



469 



Fist la contesse de Biel-giu , 

24915 S'anlain, aler a eel termite, 
Et moult bielement li endite 
Qu'ele soit od lui tempre et tart. 
Et , pour connoistre le regart , 
La dame mut et si Tint \k , 

24920 Et fr&re et conte 1'apiela , 

Et reubes et guiaus en prist , 
Mais de fr&re rien n'i aprist ; 
Ne connoistre ne raviser 
N'el pot, tant s^uist deviser. 

24925 Et non pourquant larges estoit 
Et ?ou qu'il ot as siens partoit. 
Mais fos estoit en contenance 
Et en parler et en sanblance. 
La dame de Biel-giu, ki vit 

24930 Que tout l'orent si encouvit , 
Triuwes i prist par convenant 
Que , sauf alant et sauf Tenant , 
Trairoit al roi , sen droit signor, 



Lb dame <le Beaojcu, 
soeur de l'empercur 
Baudouin , est cn- 
voyee vers l'ermit e 
deGlan^on. 



Elle ne le reconnait pas. 



Alors elle 1' engage a se 
rendre aupres du roi 
de France. 



24914 Biel-giu, Beaujeu. 

24915 S'antain , sa tante , Du Gange et 
M. Buchon : Santain. II faut entendre Sybille , 
fille de Baudouin VIII , comte de Hainaut et de 
Flandre, laquelle mourut le 9 Janvier 1226 
(v. 8.), veuve de Guichard IV de Beaujeu. Quel- 
ques-uns font £pouser a Sybille, Gerard de 
Ligny , mais Du Ghesne est conforme a Philippe 
Mouskes. Voy. Du Gange, Tablet chronolog., a 
la suite de son Hist, de Constantinople , &1. du 
Louvre , 1657, in-fol., p. 507. Sybille etait tante 
du roi de France, Louis VIII , par sa soeur Isa- 
belle, femme de Philippe-Auguste. Cefut, dit 
une chronique, une tret -bonne et tret- devote 
dame, et e'est ce qui l'aura fait choisir dans la 
circonstance presente, ainsi que sa quality de 
soeur de Baudouin IX. 

24917 Tempre et tart, tdt et long-temps. 



24919 Mut, se mit en route. 

24921 Reubet, ce mot signifie proprement des 
habits ; il designe aussi quelquefois des meubles 
en general. Honore Bonnor, dans son Arbre det 
bataillet, se pose cette question : Si juttement 
on pent demander a un pritonnier finance d'or 
et d' argent , ne de robet a ta volonte. De la le mot 
de rober, piller. Du Gange, Villehardouin, eel. 
in-fol., p. 568. Des presens de robet sefaisaient 
non-seulement par les superieurs a leurs subal- 
ternes , mais par les plus grands personnages a 
leurs egaux. 

24925 Raviser, reconnaitre. 

24927 Fos, faux. 

29850 Si encouvit , mis en si bonne situation , 
si bien servi j convine , couvine, est explique par 
Du Gange par rerum ttatut, Glossaire de Ville- 
hardouin, ed. in-fol., p. 558. 



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470 



CHRONIQUE 



Les dues dc Brabant ct 
de Limbourg vien- 
nent trouver le faux 
Baudouin. 



Le roi de France lui 
fait subir un ex a men. 



Et de lui recevroit s'ounour : 

24935 C'iert ses oncles et il ses ni&. 
Otria li, tant fu proii&. 
A quinsainne fu li jors mis 
A Pteronne, par leur amis. 
Mais l'enpir&te de Glancon 

24940 Cantera la d autre lanfon. 
A C ceyaliers prist ostel , 
Si boin qu'en la vile n'ot tel 
De viande et de luminaire , 
Pour la truandisse mious pi aire. 

24945 Es-vous le pais esm&i : 

A la quinzainne sont mlu. 
Le due de Louveng ot mand£ 
Et s'a Waleran anient ; 
Et d'emper^our et de conte 

24950 Ot fait saiiel a fause monte. 

Et quant prest furent de mouYoir, 
Pourciession a Dieu le voir 
Pour le droit oir fist-on maint liu. 
Cevalier rauevent et cour liu , 

24955 A Pteronne sont ostein ; 
S'ot li rois ja tant aval^ 
Qu'en sa sale estoit a Pi^ronne. 
Tout droit entre midi et nonne 
Sont asambte a parlement, 

24960 Et li rois la moult doucement 



24959 L'enpirele, par derision l'empereur, 
comme nous disons princillon 7 roiielet ; Du 
Cange : Vempirere. 

24944 Truandisse, pour mieux plaire aux 
truauds , a la canaille. Le roman des Mauvais 
Gordons a rendu le sens de ce mot familier 
m£me aux femmes. 

24947 Le due de Louveng , Henri I er ou II , 
dit le Guerroyeur. 



24948 Waleran, Waleran III, due de Lim- 
bourg , de 1221 a 1226. Du Cange : JTalecan. 

24950 A fause monte, a Causae empreinte. 

24952 Dieu le voir, le vrai Dieu, Dieu auteur 
de toute virile. 

24954 Chevaliers et cour changent de lieu , 
cour liu , Du Cange et M. Buchon : Courliu. 

24956 Ja , Du Cange et M. Buchon Id; avale , 
descendu , fait du chemin. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



471 



A raisniet; se li demanda 
U c'iert que sa femme espousa , 
Et il ne Ten sot dire voir. 
Puis li demanda , par savoir, 

24965 U li rois Felipes fait Tot 
Cevalier, et dire n'el sot. 
Et puis li demanda, sans plait, 
U il li ot homage fait; 
De ces III riens ne sot-il une , 

24970 Et s'est une cose commune , 
Ne point ne l'estevoit cr&nir ; 
Ainc disoit k'il voloit dormir 
Et disner, et puis revenroit 
Et sa demande li diroit. 

24975 Li rois li dist : « Vous dormir& 
Dedens ma cambre, et disner&. » 
Quar il ne vot q'allors alast , 
Pour 90U qu'autres ne li nommast. 
Et comment li &iist-il dit , 

24980 Quant rien n'i sot ne rien n'i vit? 
Et non pourquant disoit li buens 
K'il estoit emperere et quens. 

Moult a de barat sour le trosne. 
Atant li ab& de l'Aumosne 

24985 Fu hucies, si Fa conn&i , 

(Cou li a moult gri^ment n&i ,) 
Qu'il Tot en la fbriest d'Argonne 
Y^ut p&iant, s'en ot la gonne, 



L'ermite est rcconnu 
* la cour de France. 



34961 A raisniet, s'est mis a raisonner, ratio- 
cinari. M. Buchon : araisniet. 

24964 Par savoir, M. Buchon : pour sa- 
voir. 

24969 De ces III riens, de ces trois choses. 

24970 Et pourtant e'etaient choses faciles. 
24978 De pear qued'autres ne lui apprissent 

ce qu'il ignorait. 



24981 Li buens, les bonnes gens. 
24984 Li abe's de VAumosne, l'abbe de l'Au- 
mdne ou du Petit Citeaux, pres de Blois. 

24986 Griement; en deux syllabes seulement. 
Ne'u , nui. 

24987 La foriest d'Argonne , dans la Cham- 
pagne et le Barrois. 

24988 Pe'nant, penitent; la gonne , Thabille- 



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472 



CHRONIQUE 



Et cil de Keu li ot preste 

24990 I haubierc, la u ot este; 
Et I ronci , quant il f u la , 
Prist-il, et k tout s'en ala. 
Li paumiers a conn^u tout 
A fier sanblant, a cuer estout; 

24995 Et le vesques d'Orliens ausi 
La bien reconn^ut ensi , 
Qu'il s'avoit fait conte de Blois , 
Par son barat et par genglois. 
Le vesques de Biauvais atant 

25000 La reconn^ut maintenant, 

Quar il l'orent en leur prison. 
Andoi par tele mesproisson , 
Voiant tous , Font ensi prov£; 
Et li rois la lues cong& , 

25005 Si l'a de sa ttere bani : 

Ensi ont le paumier honni. 
Mais , comment que il li anuit , 
A Valenci&nes Tint par nuit. 
Lor osteus wident renc a renc. 

25010 Li Hainnuier et li Flamenc 
A la contesse s'acorderent 
Et boins ostages li donnerent. 
Li rois s'en ala Tiers Paris : 
Si a moult de la gille ris , 

25015 Mais Yalencenois s'ont turki^ ; 



ment, I'accoutrement de penitent. Dansleroman 
(VEustache le Moine, p. 16 : 

Vest une goune k lees manches. 

ibid., p. 19 : 

Rouges sollers et blancLc gonnc. 

24989 Cil de Keu,\e seigneur de Queue? Un 
Anselmus de Keu est nomme par Jacques De 
Guyse parmi les croisea de Tan 1200 , XIII, 276, 



Id. de M. De Fortia. Mais dans les textes r as- 
sembles par Dom Brial , il est appele Anselmus, 
Anser ou Ansiau de Kayeu , de Keu , de Caieu , 
Chaeu, de Catena. Hist, fr., XVIII, 97, £, 
569, E, 454, A, 449, E, 471, A, etc. 

24999 Le vesques de Biauvais, d'autres disent 
Teveque de Liege. 

25009 Lor osteus, leurs domiciles. 

25015 Valencenois, P. D'Outreman qui, dans 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



473 



S'ont leur iermite rehucte 

Et autre fois rass&ir^. 

Mais a eauis Font endur^. 

Li rice bourgois qui le sorent , 
25020 Prendre le vorent , si ne poreat , 

Quar la menue gens s'escrie. 

A S*.-Jehari, en I'ab&e, 

L'ont mis et les enfans Boucart. 

Ensi leur annates depart, 
25025 Quar il erent desmesur£. 

Despoz^ furent li jur£; 

Sire fisent jur& noyiaus , 

Ce fu outrages et reviaus. 

Et si ont commugne jur&, 
25030 Ne sai comment ele ert dur^e ; 

Et si ont bien lors murs hourd&, 

Et de nouyiel fais et fond&. 



Valenciennes jure la 
commune. 



son Histoire de Valenciennes, 1639, in-fol., 
pp. 154-157, invoque, a propos du faux Bau- 
douin, le temoignage de Ph. Mouskes, ne dit 
rien de cette obstination des habitans de Valen- 
ciennes, croyant sans doute l'honneur de ses 
compatriotes interesse a son silence. S'ont turkie, 
les glossaires romans ne sont d'aucun secours 
pour comprendre cette locution , dont il est 
peut-etre possible de trouver Implication dans 
le dialecte de Valenciennes et du Hainaut en 
general. Dans ce dialecte, truque , signifie finesse, 
fraude, imposture, et semble yenir de l'alle- 
mand trug, qui a la meme signification , ou de 
trugen, triegen, tromper. S'ont turquie ou 
s'ont truquie'j voudrait done dire ont intrigue', 
ont voulu jouer de finesse (?). 

25019 Le sorent, connurent rim posture. 

25022 A S l ,-Jehan , on fait remonter l'origine 
de cette abbaye a Tan 687. Parmi les reliques 
qu'ony conservait, on cite V index de saint Jean- 
Baptiste , apporte par un gentilhomme qui 
disait l'avoir eu en don de Baudouin , empereur 

Tom. II. 



de Constantinople, celui-la meme pour qui se 
faisait passer Termite de Glancon. Ce gentil- 
homme retournant par mer, de la Grece , ou il 
avait suiyi ce prince , et se trouvant a la mort , en 
fit present a un bourgeois de Valenciennes, ap- 
pele Pierre ; celui-ci le donna a I'eglisedeS*.- Jean, 
Tan 1221 j ce qui est exprime dans ces vers : 

A Balduino Grarcorum rege latino 
Baptist* petiit digitum , sumensque petitum 
Miles: dum veheret, reditumque perarquor haberet, 
Mortis ibi subiitfatum , digitum que sacratum 
Attulit hunc nobis , nostras Petrus accola gentis. 
Donation nobis A. XXI mille ducentis. 

P. D'Outreman , Hist, de Valenciennes , p. 409. 

25024 Depart, distribue ses fayeurs. 

25026 Jure, magistrats municipaux. 

25027 Sire j seigneurs, administrateurs de la 
yille. Une charte de Baudouin et de Richilde, 
donne aux magistrats de Valenciennes le titre de 
seigneurs de ceste ville. D'Outreman, p. 555. 

25028 Outrages, exces ; reviaus, f^tes bruyan- 
tes. 

25051 Hourdes, renforces. 

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474 



CHRONIQUE 



Arnoul deGavre, Bou- 
chard de Gierre, Bar- 
ras d'Estrepy. 



Arnoul d'Esne, Nico- 
las et Gautier de 
Quicvrain, Baudri et 
Brogoarddc Denain, 
les seigneurs de Yen- 
dcgies ct de S*-Au- 
berl. 



Les rices ont pris et raiens; 
Ce ne fu pas raisons ne biens. 

25035 La vile ont li raillor widie , 

Ki de par aus n'iert rien aidii. 
Ernous de Gavre en est partis 
Et Boucars de Gierre aatis ; 
Baras d'Estr^pi sen ala , 

25040 Ki mariscaus ot est<* la. 
Pour a'ie ne pour avoir, 
Ne pot Boucars set fius r'avoir. 
Ernous d'Aisne, qui vit I'afaire, 
Se tint par lui a son repaire ; 

25045 Nicole et Watiers de Ki&rreng, 
Baudris et Brognars de Deneng, 
De Vendougies , de Reumont 
Et maint autre rem& i sont . 
Et si ot tel de S*.-Obiert, 



25033 Raiens, ranconnes. 

23038 Boucars de Gierre , de la m&me famille 
probablement que le Gerard de Geri , mentionne 
par Gislebert. Chr. ed. du marquis Du Chasteler, 
p. 139, Hist, fr., XVIII , 578, D. 

23039 Baras d'Estrepi, sous Pan 1182, Gis- 
lebert cite Baudouin et Renard d'Eslrepy, ou de 
Strepy , parmi les chevaliers du Hainaut. Hist, 
franc., XVIII, 368 A, D. Alard de Strepy in- 
tervient a une charte de Fan 1223, ib. 9 391, A. 
Quant au nom de Baras, on le trouve dans le 
roman d'Eustache le Moine, p. 11 : 

Travers, ne Barra, ne Haimes 

Ceversn'est, au surplus, qu'une allusion au 
fabliau de Barat et de Hairnet, ou des Trots 
larrons, par Jean de Bores, imprime dans les 
Fabliaux et Contes , ed. de 1808, IV, 235. 

Li uns avoit a non Haimes, 

Et Baraz , ses frercs germains , etc. 

23043 Kievreng, cette terre passa au com- 
mencement du XIV siecle , dans la maison de 
Lalaing, par le manage de Simon IV, grand- 



bailli de Hainaut en 1558, avec Mabaud d'As- 
premont, dame de Quievrain, filledeGeoffroi HI, 
sire d'Aspremont et d'Isabelle, dame de Quie- 
yrain et d'Amblise. Suppl. au nobil. des Pays- 
Bos, 1420-1555 , p. 90. De Francquen, Recueil 
historique, Lalaing, p. 2. 

25047 Vendougies, Robert de Vendegies ftit 
prevdt du comte a Valenciennes en 1417. II por- 
tait d'or a la roue de gueule. Reumont, dans 
la liste des prevdts du comte a Valenciennes 
(D'Outreman, Hist.deValenc., p. 563), on trouve 
en 1366, Gilles, seigneur de Ruymont et de Berel- 
le. II porta it bandd de six pieces d'or et de gueule. 

25049 &.-0biert, on trouve Gilles, Gerard 
et Hugues de S t .-Aubert ou Obert, Hist, fr., 
XVIII , 368, C , 590 et seq. 419 n., 425, 549 n. 
A, B, 591. A, 629 n. Cetait une famille du 
Hainaut , qui poss^dait des terres dans l'Ostre- 
vant. Gerard de S'.-Obert est appele cousin du 
comte. Jacques de Guyse , t. XII , p. 417, fait 
d'apres Gislebert , le recit d'un duel soutenu en 
presence du comte Baudouin , par Gerard de 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



475 



25050 Con ne tenoit pas a bobiert. 

Et la contesse a pris consel , 

D'aus asegier fist aparel 

Ses provos Watiers de Foriest ; 

Menu et souvent , sans ariest, 
25055 £aus qui sa dame orent gierpie 

Pr&, guerroia et espie. 

Quinzainne demora ensi; 

Mais li hiermites s'en issi 

Par nuit , sans perde et sans ahan , 
25060 O lui l'abet de SWehan 

Et d autre gent jusques k X; 

A1& sen est et nuis et dis. 

Mais la contesse le fist sivre; 

Si li vot a Niviele nuire , 
25065 Mais Nivelois Font ddivnS, 

Si li ont sauf-conduit livr£. 

Yiers Coulougne s'est adr&i&. 

Moult fu regards et huci&. 

Et non pourquant a ostel vinrent , 
25070 Auques hautement se maintinrent. 

Et quant on avant le conta, 

Li faus ermites ki doula , 

Pour Farcevesque se tapi , 

Quar il n'ot bourdon ne espi ; 
25075 A son aM dist sinplement 

Que il iroit a parlement. 



Le prev6t du comte a 
Valenciennes. 



Le* habitant de NireUe* 
favorables au fanx 
Baudouin. 

II se rend a Cologne. 



S'.-Obert , contre Robert de Beaurain. 

25055 Watiers de Foriest, sous l'an 1262 , le 
prevdt du comte, a Valenciennes, est appele* par 
D'Outreman Watier de Ferieres; sa liste ne com- 
mence qu'en 1257, c'est-a-dire douze ans apres 
Faventure de Termite de Glancon. Da Cange et 
M. Buchon, Forest, arrest. 

25054 Menu, JUL. Buchon, qui change toutela 
ponctuation de ce passage , ecrit mena. Menu, 



en detail et sans s'arr6ter. 

25060 L'abet de S*.-Jehan , l'abbl , en 1225, 
s'appelait Andre* ou Adam. D'Outreman , Hist. 
de Valenciennes , p. 412. 

25065 Sivre, Du Cange el M. Buchon : suire, 
ce qui rime avec nuire. 

25074 Bourdon ne espi, ni bourdon , ni 6pieu , 
figurement defense. II est question d'un pelerin 
et d'un ermite. 



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476 



CHRONIQUE 



Llmpotteor s esquire. 



Les cl& des coffres li douna, 
Mais a vant cop tous les vuida , 
Qu'il vot aler outre le Rin. 

25080 Or oi& com fait pterin 

De sa gent qu'il ot asanbtee 
S'est partis la nuit a embtee , 
Et quan li abb& yuis trova 
Les coffres , a fol se prouva , 

25085 Or i paru sa boine fois. 

Dementrues si ont a d£fois 
Yalencenois mis lor pais; 
Prendent Taces , pors et brebis , 
Garni se sont , si ot hustin 

25090 Souvent al yespre et al matin . 
Et gent ocise et prisons pris. 
Si fu la Tile de grant pris 
Tout ensi atendant la b£e , 
Ont la ttere entour aus reub^e. 

25095 Et l'empereres afustis, 

Ki les gi&rais avoit rostis, 
Se mist empirant en l'empire , 
Ne sai s'il i cante u souspire. 
Li I I'apieloient Norman , 

25100 Li autre Raoul l'Aleman, 

Et li plusiour Gierri de Mi& , 
Le fil Biertin, tout al plus pri&. 
Ce fu miervelle trop facte 



25079 Qu'il, parce qu'il. 

25085 Fnis, yides. 

25084 A fol se prouva, reconnut sa folie. 

25086 Dementrues , dans l'intervale; a de- 
fois, en defense. 

25095 La bee, Tobjet de leur desir, le succes 
de leur entreprise. 

25094 Entour aus reube'e, Du Cange et M. Bu- 
chon : entre aus reube'e, le dernier, pour la me- 



sure, ecrit reube'e, ce qui est contraire a la 
prononcialion du temps. 

25095 ^/u#*t*,fute,ruse. 

25096 Gie'rais, guerets ; rostis Us gierais , 
bruler, comme on dit, la politesse. 

25097 En I'empire, sur les terres de l'einpe- 
reur d'Allemagne. 

25101 Jfu*,Metz. 

25105 Fae'e, qui tient du sortilege. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



477 



Duns hate, d'autres amfe, 

25105 Qu'il ne sayoit de rien canter, 
Si pot tant de gent encanter. 
Vesque et abbi le virent nut, 
N'onques om par gou n'el connut. 
Se $ou fust li quens Bauduins , 

25110 C'est la Y<5rit& et ia fins, 

Dieux euist fait pour lui miracle , 
Autre tant com pour S*.-Fiacle; 
Et s'il fu truans ne leciere , 
Trop est de haut cuer, par S*.-P6re, 

25115 Qui duc^e, cont&, empire 
Vot gainer a tel mestire. 
Et les sages fist comme fos 
Croire ses dis et ses boins cos. 
Caus de SWehan l'ab&e 

25120 Fist-il muser a la fblie. 

Ses grenons r£re li faisoient , 
Pour saintuaires les guardoient ; 
Et cil de Bine, sans nul desdaing, 
Burent plus d'un mui de son baing. 



Credulite de ceux tie 
l'abbaye de S'-Jean , 
a Valenciennes, et des 
habitans de Binche. 



25105 Canter, repondre sur les questions 
qu'on lui adressail. 
25107 Nut, nu. 
25109 Rep&ition. 
25112 &.-Fiacle, S'.-Fiacre. 

25115 Leciere, ayenturier , d£bauche. 
25114 S*.-Pere, S'.-Pierre. Du Cange et 

M. Buchon*: St.-Piere. 

25116 Mestire, pour mestier, a cause de la 
rime. 

25118 Ses boins cos , ses boos coups, ses bona 
tours. 

25120 Muser a la folie, iJ en fit des musards 
et des fous. 

25121 Grenons, moustaches ou favor is. Du 
Cange laisse ce mot en blanc et met en marge 
gueneux. M. Buchon : guernons. M. Francisque 



Michel en illustrant le texte du joli roman de 
Gerard de Nevers ou de la Fiolette, a cherche 
dans le bas-breton, granus, greno , l'etymologie 
du mot grignon. M. Raynouard (Journal des sa- 
vans, avril 1855 , p. 210), la tire , plus naturel- 
lement selon nous, du latin crinis, d'ou crin, 
langue d'oc , gren , poil, moustache. 

E donsel barbut *hgren. 

Le moine de Montaudon. 

puis greno, grigno, grino. Dans le Roman du 
Renart, on trouve cette imprecation : 

Que Dex maudie ton grenon ! 

P. Chabaille , Sup pi., p. 161. 

25122 Saintuaires, reliques. 
25125 Bine, Binche. Ici Ph. Mouskes joue 
sur les mots. 

25124 Baing , l'eau ou il se lavait. 



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478 



CHRONIQUE 



Conferences au Qaes- 
noy. 



Les habitant de Valen- 
ciennes cherchent a 
etendre leurs fran- 
chises et droits de 
commune. 



25125 Sagement entr'aus s'enbati , 
Et plus sagement s'en parti , 
Quar nient plus, com s'il fust nuituns , 
Ne sorent qu'il derint cascuns. 
La despendirent $ou k'il orent; 

25130 Revenu sont, al mious k'il porent, 
Li ab& et si eompagnon 
A Louraing, de fi le sot-on. 
Ne la n'en sot rien qui li plaisse, 
Ainc fu honteus et k malaisse 

25135 De $ou qu'il avoit tant cr&i 
Le faus ment&mr descr&i. 
Et la contesse , ki quidoit 
Ses hommes ratraire k son droit. 
Des Valencenois docement 

25140 Fist commencier I parlement. 
S'ont li Valencenois eslius 
XII houmes, trestous k lor kins, 
Et si ont jur£ k'il tenroieat 
Cou que cil XII leur diroient. 

25145 Ceraliers IIII et VIII bourgois 
I tramisent k biaus conrois. 
A Haimon-Kesnoit asambl&rent, 
Et d'un et del ass& parterent. 
Cil de Valenci&nes, a ciertes, 

25150 Et leur damages et leur pertes 
A la contesse demanderent, 
Et en apri& si deviserent 
Que leur kemugne fust eatable 



25127 IVuituns, latin. Voy. l'lntroduction. 

25138 Ratraire a son droit, ramener a l'ob&s- 
sance envers elle. 

25142 tftu*,cbo«. 

25147 Haimon-Kesnoit ,Le Quesnoy , comme 
on l'a dit pins haut. Cette designation vient 



d'une legende qui attribuait la fondation de ce 
Ken a Aimond ou Aymon , pere des qnatre preux 
si c&ebres dans les romans. L'ancien sceau de la 
ville portait pour inscription : SigiUwn Querceti 
Aimundi. 
25153 Kemugne, commune. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



479 



Qu'il orent prisent del doable , 

25155 Ki decius les ot et soupris, 

Et quan qu'il orent et partout pris 
Vorrent k'il fust quite clam^, 
Ne mur n'i &iist entam^. 
Oiis com il se desfaisoient , 

25160 Que des grans maus que fais avoient, 
Dont il estoient enivr^ , 
Voloient iestre d^livr^. 
Mais la contesse et ses consaus 
Respondi tot bri^ment a aus 

25165 Qua sa mierci entirement 
Seroient , u ja autrement 
N'auroient pais a li nul jour, 
Ne concordance ne amour ; 
Qu'il avoient Flandres honnie 

25170 Et tout Hainnau, par leur fblie. 
Mais Valencenois disent bien 
Ce ne feroient-il pour rien , 
Quar il auroient lor signor 
Tout prest a leur besoing grignor. 

25175 Atant s'en partent d'anbes pars. 
Si fu li parlemens espars. 
Lk se sont entre desf& 
De mortel faide et afil. 
En Valenctenes s'en rentrirent, 

25180 Et pour desfendre sapresterent. 
Faim et avainne et orge et bte 
Par le pais ont asambte , 
Et si fisent bien lor besogne 



Beponsc de la comtesse 
et de son conseil. 



LVssemblee du Qucs- 
noy u'a pas de re- 
sultat. 



25172 Ce , Du Cange : li, M. Buchon : et. 

25176 Espars, disperse. 

25178 Faide, voy. ce que M. Willems dit sur 
ce mot , dans rintroduction de Van Heelu, p.m. 
II rapproche faida des mots teutoniques veete, 



wierre. — Ph. Mouskes veut dire que dans cette 
assembles on se voua reciproquement une baine 
mortelle, et que les person nes du mdme parti 
s'engagerent leur foi. 
25181 Faim, foin. 



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480 



CHRONIQUE 



Foiie des habitaDt de 
Valenciennes. 



Allusion au roi Artus. 



En l'ab&e de Vicougne , 

25185 Et de haubiers et de bacons. 
Par foi (ou ne fu pa* raisons 
Qu'il ont leur dame d&*eub&. 
La contesse ot par tot mand& 
Sa gent, et pour aus as^gier; 

25190 Mais ce n'iert pas fait de tegier, 
Cil qui quidi&rent faire geu 
Ont mis &s estoupes le feu , 
Qui des estoupes saudra fors , 
Quar petis estoit lor confors. 

25195 Li vilains en reprouver dist : 

Tant grate ctevre que mal gist. 
Del faus truant qu'il atendoient, 
Qu'entr'aus as&iret avoient , 
N'avoient confort ne mesage : 

25200 Si les gaboient fol et sage. 
A Valencienes l'atent-on , 
Ausi comme funt li Breton 
Artu , qui ja ne revenra, 
Trestout ensi leur avenra. 

25205 Yalencenois sont devenu 
Breton, ensi est avenu. 
Mais Breton atendent folie. 
Quar Artus ne revenra mie. 
Cil de Valenci&nes ausi , 

25210 Comme fol, atendent ensi, 

Quar se Dieux vint de mort a vie , 
£ou ne fera lor sire mie , 



25184 Vicougne , abbaye de Fordre de Pre- chon ecrit bacons. 



montre , a environ une lieue de Valenciennes. 
D'Outreman, Hist, de Valenciennes , p. 120. 

25185 Bacons, il semble qu'il vaudrait mieux 
batons, armes offensives de Unite espece, puisque 
ce mot est voisin de haubiers , armes defensives. 
Bacons, signifie chaire de pore, jambons. M. Bu- 



25187 Qu'il ont, Du Cange et Buchon : si ont. 
25195 Saudra fors, proprement jaillira de- 
hors. 

25195 En reprouver, en mauvaise part. 

25196 Cievre, chevre. 

25202 Li Breton, proverbe deja cite. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



481 



Li quens Bauduins,ki mors est; 
Quar il ne puet n a Dieu ne plest. 

25215 Puis avint que par aatine , 

Par leur outrage et par corine ; 
S'en ala d'Audenarde Ernous 
Et ses couzins avec, Radous , 
Pour la contesse ki lor proie , 

25220 Et fisent aquellir leur proie. 
Et Valencenois s'en issirent, 
De$a et dela s'entreprisent. 
Si fu mors Pi&res de Lausnoi, 
Uns boins valtes, par grant anoi , 

25225 Et si ot des Valencenois 

Mors , jou ne sai , u II u trois. 
Si se d^partirent atant. 
Mais puis i vint souvent batant 
Watiers de Foriest, li provos, 

25230 Et , tout si com cou fust hayos , 
Prendoit et reuboit le pais 
De caus que sa dame ot hais. 
Petit apri^s sa gent manda 
La contesse, et s'es ass^ga. 

25235 Si avint que fait fu ensi 

Que descauc vinrent a mierci 



Let partisans de la 
comlesse en viennent 
aux mains avec ceux 
de Valenciennes. 



Pierre de Launov. 



Gautier de Forest. 



25215 Aatine , animosity. 

25219 Proie, prie. 

25220 Aquellir, attaquer; proie, troupeau 
pris en delit , dit Roquefort. 

25225 Pieres de Lausnoi, Giselbert , dans sa 
Chronique, parle de Gilles, de Simon et de 
Gautier de Launoy, que M. Du Chasteler appelle 
de Aunoit, traduction de De Alneto. Voy. pp. 80, 
112, 252. Villehardouin dit que Gilles d'Aunoi 
fut tu£ devant Thessalonique. Hist, fr., XVIII , 
467, D. Guillaume de Launoy, fut aussi de cetle 
croisade. J. De Guyse, XII, 274. 

25224 Uns boins voiles , un bon ecuyer. Du 

To*. II. 



Cange dit qu'il semble que la troisieme figure du 
jeu de carles appelee valet, repr&ente le fib du 
roi et de la reine el leur principal heritier , Vil- 
lehardouin faisant assez voir que de son temps 
on appelait ainsi le prince et successeur a l'em- 
pire. Villehardouin, edition du Louvre, page 
570. 

25250 Havos, sac, pillage. Voy. v. 21050. 

25256 Descauc, Du Cange et M. Buchon : 
de caus. Descauc, discalceati, nu-pieds, comme 
on dit encore carmes de'chaux. Quand on de- 
mandait merci on se presentait pieds nus, quel- 
quefois meme en chemise et la corde au cou. 

61 



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CHRONIQUE 



Paix accordeca Valen- 
ciennes. 



Le faux Baudouio est 
pris. 

Erard de Cassenai. 



Qui etait effect! vement 
Termite de Glancon. 



Li VII** houme et li jur£ 
Ki yiers li furent parjur^ , 
De Valenci&nes a S* .-Sauve , 

25240 Pour «jou que sa ptt& les sauve ; 
Et si fu la pais deYis& 
Et otroii^ et conferm&~ 

Entretant Tint une noviele, 
A la eontesse fbrment biele, 

25245 Que pris estoit li baret&re , 

Li faus quens, It faus emper£re. 
Mesire Erars de Cassenai 
L'avoit retenut par assai , 
A Rouges-moos en I oetel, 

25250 U il cantoit et dun et del. 
Et saci& k'il ert manestreus, 
En son pais vallans et preus ; 
Et moult l'amoient el pais. 
Sot a non Biertrans de Rais ; 

25255 Et s'ot a non Biertrans li Clos. 

Pour ses dis et pour ses boins cos , 
Not tel gilleur jusqu a Bordiele. 



25237 Li FII** houme, les sept-vingts hommes, 
college de 140 citadins, dontne fait pas mention 
D'Outreman, dans son Histoire de Valenciennes. 

25259 A SK-Sauve, Du Cange : a grant sauve. 
S'.-Sauve etait une abbaye voisine de Valen- 
cienDes. D'Outreman, pp. 413-421. 

25247 Erars de Cassenai, J. De Guyse, XIV, 
418, et Cousin, Hist, de Tournai, IV, 59. disent 
de Parthenay. Mais Parthenay est en Poitou et il 
s'agit ici de la Bourgogne. Ce meme individu est 
appele Erard de Chastenay, dans la Chronique de 
S k .-M&lard de Soissons* Hist fr., XVIII, 722, B. 
Un Erardus de Chancenaio, fut tue devant Acre, 
en 1191, suivant Alberic de Trois-Fontaines , 
ib., 755 , A. 

25248 Par assai, par essai , pour le mettre a 
Tepreuve. 



25249 Rouges-mons , il y a de ce nom un 
bourg dans le departement du Doubs et un vil- 
lage dans celui du Haut-Rbin. C'est du premier 
qu'il s'agit , car Termite de Glancon fut pris en 
Bourgogne. 

25251 Manestreus, me'nestreus, menetrter. 

25255 Li Clos ou Clots, le boiteux. Clss, dit 
P. D'Outreman, Constanzmopelis Belgiea, p. 650, 
significat jocos , lepores. Gette interpretation n'est 
pas dans Roquefort j D'Outreman ne l'a donnee 
que parce qu'il explique le v. 25255 , par le sui- 
vant ; mais si on les separe par ua point, comae 
nous Favons fait , li clos signifies a le boiteux , car 
il boitait en eflet, ainsi qu'on le dira tout a 
l'heure. 

25257 Bordiele, Bordeaux, le pays des gti- 
leurs. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



483 



Ses pere ot non Ptere Cordiele; 
S'iert om monsignor Clarembaut 

25260 De Capes , ki moult set et vaut. 
Et cil Clarembaus moult lament, 
Pour ?ou que boos gilli&re estoit; 
Qu'il ert souvent com p&ieans 
Par hiermitages abitans, 

25265 Et la prist-il une froidure 

Qui fu tren$ an$ et aspre et dure. 
Si pierdi leg ortaus des pi& , 
Qu'il disoit con li ot brissi&. 
Et quant auques avoit aquis, 

25270 Si revenoit en son pais , 
A son signor en repartoit, 
Parquoi moult durement l'amoit. 
Quant arieet& fu li truans , 
La contesse en fu trop joians; 

25275 Et puis fist taut c'on li livra 
Celui ki sa gent enivra. 
Si le feroit, si com on doit, 
Partout com tel moetrer au doit ; 
Si vot que sa fauset& p£re, 

25280 Quant il s'oza nommer son pdre. 
S'el fist sour I ronci troter, 
Haut escourcte pour le eroter, 
Pour moustrer ks pi& sans ortaus 



Cl^rembaud de Chappes. 



Chtftiment da faux Ban 
douln. 



25259-60 Clarembaut de Capes, ne veu de Guy, 
so croisa avec lui a la suite du comte de Cham- 
pagne, ainsi qu'on le voit dans Villehardouin , 
£d. de M. Buchon , p. 5 , et dans J. De Guyse , 
XII, 274. Clerembaud , seigneur de Chappes, 
4tait fils de Cl&embaud IV, et d'Helisande de 
Trainel. Sod pere mourut en France, pendant 
l'exp&lition de Constantinople , et lui-meme en 
£tait de retour en 1205. Du Cange , sur ce pas- 
sage, cite Ph. Mouskes, ed. du Louvre, pp. 254- 



255. J. De Guyse au lieu de faire Clerembaud V, 
neveu de Guy, en fait son frere. Le traduo- 
teur traduit mal Guido de Capis par Gut de 
Capis. 

25265 Com pe'neans, comme penitent. Du 
Cange et M. Buqhon : compeneatu, 

25271 En repartoit, en faisait part. 

25282 Haut eseourcie, fortement retrousse $ 
pour le eroter, Du Cange et M . Buchon : pour 
recroter. 



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484 



CHRONIQUE 



Ses homes et ses s&iescaus. 

25285 Or li valu petit sa gille. 
Amends fu jusqes a Lille , 
Loiies , sans nule autre mierci , 
Les pi& par desous le ronci , 
Et s'ot descouvierte la tieste , 

25290 Quant plus pleniere fu la fieste , 
Et fu mis en I pellori , 
Si qu'el virent si alori 
Et par les mains et par le col ; 
A guise de faus et de fol , 

25295 S'ot dapries lui une barboire, 
Com diable cornue et noire ; 
Et s'ot II ciens pendus encoste , 
Pour ensegne c'on d'ounour l'oste. 
Entre le barboire et les ciens 

25300 L'ostent d'ounour et de tous biens. 
Apries si fu jus amends 
Et par la vile pourmenes , 
Tot ausement com on fait Fours , 
Pour les lourdes et pour les lours; 

25305 Et tout la u on le menoit 

Disoit que m&iestreus estoit. 
Tant que par le commant del roi 
Fu jugi& pour son fol desroi. 
S'a li jugemens despondu, 

25310 C'on l'a trainet et pendu. 



25284 Set homes, a ses hommes. 

25291 Pellori, pilori. 

25292 Alori, attach*. 

25295 Barboire , masque. Ce masque n'etait 
qu'aupres de lui, car youlant prouver au peuple 
que Termite de Glancon etait un imposteur , il 
eut 6te* plus que siugulier de lui mettre un mas- 
que sur la figure. 

25510 Pendu , D'Outremau , Constantinopolis 



Belgica, p. 660, cite le passage suivant du Ro- 
mant de Baulduin : 

En le Halle de Lille fut le contc pendus : 
Dont mout furentles gens dolens et esperdus. 
A le salle S 1 .-Pierre sont les bourgeois courus; 
Le contesse trouverent su un banc scant jus ; 
Le fait luy nt conic, de quoy ils sont esmeus ; 
Mais elle leur respond : « N'en donray-je un fetu. » 
Ains estoit mout liee , s'en gracioit Jesus , 
Que ainsi fu pendu Bertrand li malostru. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



485 



S'en doivent ieslre moult honteus 
Si homme , qu'ainc ne f u maus teus , 
Que de leur dame , la gentil , 
Yoloient faire anciele vil , 

25315 Et d'un sierf avote, puant, 

Boisteus , faus hiermite et truant , 
Yoloient faire emper&mr, 
Conte et prince de grant ounour; 
Et viestoient dras d'escarlates 

25320 Ki sas deuist vestir et nates. 

Pour ?ou se doit cascuns retraire 
De mal penser et de mal faire , 
Quar de mal ne vient se maus non , 
Et li biens a tousjors fuisson. 

25325 Adont s'ayint que Femperere 

De Roume et de Pulle, pour rere 
Les Sarrasins fors de Sesile 
Ki n'el doutoient une bille., 
Ne Dieu ne voloient amer, 

25330 Ot de la voie d'outremer 

Respit II ans , par tel enkor 
Qu'il douna II mil onces dor 
Outre mer , al siervice Deu , 
Et M cevaliers a leur preu , 

25335 A son coust et a ses deniers , 
Et a II mil en dementiers 
Liverroit pasage k son coust ; 
Deviset f u a I aoust. 



L'empercur Frederic II 
retarde son depart 
pour la croisade. 



Et pins bas : 

Jhenne la contesse , sam nul arrestement 
Le prevost de Tournay fit lever vistement , 
Et ceux qui ocis furent avec luy easement , 
Et les fit enterrer avec lay noblement. 
Et sen pere despendre fit-elle pleinement , 
Dcssns nne karette le mit-on pauvrement, 
Et dales I«os l'abie le fit-on pendre au vent. 
Oncques prince ne futtrahi plus faus semen t. 



25515 AvoU, insense. 
25520 Sat, sac. 

25524 Fuisson , foison. A ce vers finit 1'extrait 
de Du Cange et de M. Buchon. 

25528 Bilk, bouleet non pas baton. 

25550 La vote d'outremer, le voyage d'outre- 
mer. 

25551 Enkor, accord. 



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486 



CHRONIQUE 



Le cardinal Roman 
legal en France. 



Et M galies autoesi, 

25340 De tous biens garnies enai , 
A ses deniers i trametroit. 
Que nus fors lui rien n'i metroit, 
Et M wissiers, par leur consaus, 
Pour passer armes et cevaus 

25345 I liverroit a son avoir : 

Ensi fa pour respit avoir. 
Et apri& les II ans^ sans faille , 
Sen iroit fatre as tours bataille , 
Pour soucorre Jerusalem 

25350 Et la tiere de B<*httem, 

Aprils V mo is, ne plus ne Mains. 
I kardenaus , mestre Roumains , 
Qui d&rist iestre sages pestres , 
Vint a Paris, nianda les mestres, 

25355 Qui d'w&e f ramcise parleient, 
Dont privilege ban aioient, 
Conferral de II apoatoles 
Et d'arcevesques a estoles. 
Mestre Romams lor commanda 

25360 A aporter <et demanda. 



25343 Wittier* , e'est ainsi , dit Du Cange , 
en citant ces vers , FiUehardouin , in-ftfl., p. 265, 
que les Francois appelaient les embarcations des- 
tinies a passer les cbevaux, et que les Grecs 
nommaient hippegi, kippagozi, hippagonet. Ces 
navires sont appeles naves utaria , dans la 
lettre de Hugues, comte de S*.-Pol, sur le pre- 
mier siege de Constantinople. Godefroid , moine 
de St.-Pantaleon de Cologne , sous Tan 1224, 
les appelle utteria , et dit que cinquante de ces 
navires suffisaient a transporter deux mille che- 
valiers avec leurs ^destriers , et dix mille com- 
battans , d'un ordre inferieur , avec armes et 
bagages. Du Gauge croit que ces embarcations 
ont reduce nom de ce qu'elles avaient des portes, 
comme on le voit dans Joinville et dans Villehar- 



douin. Le premier de ces auteurs dit en effet : 
Et fut tmverte la porte de la nefpour faire entrer 
not chevaux. De la vient que dans l'histoire du 
marechal Boucicaut on se sert de l'expression 
galies huittieret, de huts, porte. 

25545 Liverroit, livrerait ; d ton avoir, de son 
•avoir. 

25552 Roumaint, Romaic, cardinal-diacre de 
S t .-Ange. II vint en France , comme legat, 
en 1225. 

25353 Pettret, prettret, pr&tre ou pasteur. 

25354 Let mettret , ces troubles provenaient 
de ce que l'universite de Paris usait d'un sceau 
different de celui de Teglise de Paris, ce qui en- 
trainait la perte de droits fiscaux assez conside- 
rables. Chron. Tunm., Hist, fr., XVIII, 309, D. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



487 



Et H mestre li aporf&rent , 
Tout ensanble si li mostrerent. 
Li cardenaus , en leur despi , 
Devant leur ions lor d&rompi , 

25365 Par son orguel et par folage; 
Et li mestre ftirent yolage, 
Arm£ se sont, si l'asalirent, 
Et I sien home li ocisent. 
Mais li rois Lo&s le sot; 

25370 Si tramist al plus tos k'il pot 
Ses siergaos et ses cevaliers, 
Et avoec ses arbalestriers. 
A force les out d^partis. 
Ensi demora li estris, 

25375 Et se ne fust blous pour le roi , 
Ocis l'&iissent a desroi. 
Mais il iert des plus haus Romains , 
Del linage des Froiepains ; 
S'iert parens le roi d'auqoes loing. 

25380 Or li aida k son besoing , 

Quar petit li valust sa gille. 
Droit a Bforges al concille 
S'en ala, et li arcevesque 
I ftirent, abb£ et &resque. 

25385 Et si Tint li quens de S*.-Gille, 
Ki n'i fist yallant une tille 
De sa besougne, quant vint la , 
Qu'escum&iii& s'en r'ala, 
Ausi com il i fu venus , 



Trouble* a Paris: 



Concile de Bourges , 
1225. 



Le comte de Toulouse, 
Raymond VII, vient 
inutilement y plaider 



25365 Folage, deraison. 

25566 Folage, legers , peu mode>es. 

25575 Blout , seulement. 

25378 Froiepains, Frangipani. 

25582 Beorges, Bourges. Le concile de Bour- 
ges se re unit a la Saint-Andr£, sous la pre- 
sidence du legat Romain , assistl d'environ cent 



evequesde France. 

25385 Liquens de S'.-GiUe, Raymond VII, 
fils de Raymond VI et de Jeanne d*Angle- 
terre. 

25386 Une tille, encore une comparaison 
attenuante. TiUe , corde , ficelle , et aussi 
douve. 



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488 CHRONIQUE 

25390 Voire plus, s'il pot estre plus. 

Quar il ot tantes fois menti , 

Que nus a lui ne s'asenti. 

Par trives fu aconduis la , 

Et par trives lues s'en r'ala. 
25395 Et I et autre et li clergi&, 

Ki la furent aparilli^s, 

Se traisent tot a une corde , 

Pour Dieu et pour mis^ricorde , 

Que les Aubugois destruiroient 
25400 Et grant pardon sour aus feroient. 

I escrit fisent lues entr'aus, 

Et s'i pendirent leur saiiaus; 

A l'apostolie Font tramis, 

Que li siens saiiaus i fust mis. 
25405 Et l'apostolies otroia 

Quan que li clergies li proia. 

Quant on ot le brief despondu , 

Si a lues son saiiel pendu 

Li pappe , et tantos li mesages 
25410 S'en vint ari&re, comme sages, 

A Mel&in , u li baron 

Furent od le roi d'environ ; 

Et s'i furent li arcevesque 

Abbl, pr&at et li ^vesque. 
25415 Si ont tuit de leur volenti 

Au roi Lo^ys cr£ant£ 
nouvcii* crouadc can- Que d'Aubugois la crois presist , 

trelcsAlbigeois.1226. ^ ^ ^ ^^ ^ conque8 i dt ^ 

Tout quitement lui et son oir, 

25596 Furent d 'accord. combattraient les Albigeois. 

25398 Misericorde, ce mot rapproche* de des- 25403 L'apostolie, lisez Vapo stole et plus bas 

truiroient , dans le vers suivant , et surtout des Vapostoles. 
vers 25422—25426, est d'une extreme naivete. 25409 Li pappe, la regie voudrait li pappe s. 

25400 Pardon, indulgences pour ceux qui 25418 Conquesist, conquerrait. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



489 



25420 Cit& et castiel et avoir , 

Fors 90U que sainte glise monte ; 
Et n'i tenist-on plait ne conte 
Des Aubugois a espargner, 
Clerc ne yilain ne chevalier, 

25425 Ne feme ne petit enfant , 

Mais tout tuast-on raaintenant : 
S'iroient li boin devant Dieu, 
Et li mauvais en mauves lieu. 
Et ki sour le roi mesferoit , 

25430 Entretant com il la seroit , 
N'i auroit nul si haut de lui 
Qu'autel pardon n'&iist sor lui, 
Com d en Aubugois a aler, 
Et c'iert autant com d'outre mer. 

25435 Et dut tenir li rois sans gierre 
Tot en pais deqk mer la tie re. 
Ensi Tapostoles manda , 
Et li rois ki sen amenda , 
Prist la crois et tout si haut conte. 

25440 Et si , com la v^rit^s conte, 
A tout le clergiet dut avoir 



254215-28 Cette barbarie, avouee avec tant de 
simplicity et presentee comme une chose louable, 
est un trait caracteristique de l'lpoque. Qu'im- 
porte qu'on egorge les femmes et les en fans? 
Les bons iront devant Dieu. Quelle logique ! 
C'etait celle de ce bon moine de Gteaux qui , au 
sac de Beziers , en 1209, s'ecriait dans son zele : 
Tuez-les tons , Dieu connait ceux qui sont a lui, 
Millot , Histoire lilteraire des troubadours , I , 
193. 

25428 Le meme mot est ici sous deux formes 
differences : 

Ahi, mors, con ies desdcignouse , 
Ahi, con ics contralios.se , 
Ne deignes prendre les malves , 
Yivre les laisses tot ades 

Toh. II. 



Mais quant ti oel, li envios, 
Yoient enfant bel et gignos , 
Ou baccler pro (preus) et vaillant , 
Ja n'el lairont jor Yivre avant. 

Crapelet et Robert , Parte nope us de 
Blots, II, 14. 

Voyez plus bas un passage analogue de Philippe 
Mouskes. 

23431 Si haut de lui, quel que fut son rang. 

25432 Aiitel pardon, semblable indulgence 
serait accordee a celui qui le coin bat trait, comme 
s'il avait com bait 11 les Albigeois memes ou les 
infideles d'outre-mer. 

25433 En Aubugois, dans le pays des Albi- 
geois. 

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490 



CHRONIQUE 



Asxassinat cle l'arche- 
veque de Cologne, 
7 novcmbre 1225. 



L'eroperear fait la guer- 
re en Italic. 



Li roi$ le disme de l'avoir, 

Tant com il i seroit en tasque. 

Et diut raouvoir apri& la Pasque , 
25445 Et jusqu a VII ans la manoir, 

II u ses gen*, par estavoir; 

Et gens mener tout a son coust , 

An$ois que venist a laoust , 

Pour la tiere faire pupler 
25450 De gent crestiene, pour capler. 

Madame Blance l'otroia , 

La roine, c'on moult proisa. 

En France vint dont tens noviele , 

Ki ne fu ne plaisans ne biele , 
25455 C'on avoit a Coulogne ocis 

L'arceyesque. Gens dou pais, 

Et li clergies fist autre lues, 

Si com mestiers lor fu et w&s. 

Puis fu-il pris et enroes, 
25460 Et sour une estace encrues. 

Sot sor lui fait I abitacle , 

Pour T^oir yenjance et miracle. 

Droit a la porte de Coulogne. 

L'empereres pour sa besougne 
25465 S'en ala donques a eel tans 

A force sour Qaus de Melans. 

Ceste nouviele fu seue 

En Aubugois et conneue , 

Qu'il ierent pris en tel haor. 



25442 Le disme, la dime. 

25445 Tasque , taxe. 

25450 Capler, combattre. 

25454 Vers repete souvent et qu'on trouve 
dans d'autres ecrivains. 

25456 Varcevesque , Engelbert de Berg, flit 
assassine par lea ordres du comte d'Isenbourg , 
son parent. 



25460 Enerue's , crucifie. 

25461 Abitacle , espece de tabernacle . de 
fierte , car le cardinal de Porto le fit mettre , le 
25 fevrier 1225 , dans un tombeau", oik, dit-on , 
il se fit des miracles , et Henri de Molenark , 
successeur d'Engelbert, obtint que celui-ci 
serait mis au nombre des martyrs. 

25469 Haor, haine. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 491 

25470 Si se croissi&rent de paour, Le$ Aii.gco.s eux-me- 

_ . mes veulent se croi- 

Comme pour aler outre mer, «*. 

Con n'es p&jst de rien blasmer. 

Mais cele crois k'il orent prise 

Fu fause et de tous maus esprise. 
25475 Car il douterent les Francois , 

Ki gr^v& les orent an$ois. 

Toutes voies fist-on le don , 

Par la contr^e , del pardon , 

Tel com li pape Favoit dit , 
25480 Mais il i ot I contredit 

Des kapiteles pour le disime 

Que refusoient il m&sme, 

Et non pourquant s'aparilloient 

D'aler, cil qui croissiet estoient. 
25485 Adonques vint uns arceveskes Arriv ^ e d »un archerc- 

De $h mer, plains de bonnes t&ques , ^p/ 6 N ' 

Par samblant, et fu d'Armenie, 

Une ttere de tout garnie , 

Outre la tiere d'Andioce. 
25490 U il a maint castiel sor roce ; 

Et s'iert arcevesque de Nique , 

La tr&s-grant , anciiene et rique , 

Et or I'apielon Niniy^e ; 

Et si est v£rit& prov£e 
25495 Qu'al tans anciien qui fu ja, 

Ot tant de mauyaise gent la 

Et de mescr^ans et de faus , 

Que Jh&u-Cris ot pitte d'aus. 

Si lor fist noncier et savoir, 

25481 Kapiteles, lisez kapittles , chapitres. 25493 Ninivee, Ninive. Nicee et Ninive ne 

25482 II meirme , les memes. sont pas la meme ville. L'une est une ville de 
25487 Par tmmblant, en apparence. Bithynie , 1'autre une ville d'Assyrie. Outre cette 
25489 Andioce j Antioche. faute de geographie, il y a ensuite confusion du 
25491 Nique, Nic^e. nouveau et de l'ancien testament. 



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492 CHRONIQUE 

25500 Par son engien, que tot pour voir, 
Dedens XL jors sans plus , 
Seroienl destruit et confus 
Et leur cil^s toute fundue , 
Se il , tout sans plus d'atendue , 

25505 Viers Jh&u-Crist ne s'amendoient , 
Et par biens fais ne sen ostoient. 
Et il, qui Dam-el-Dieu douterent, 
Fisent astinence et junerent, 
Et fisent leur biestes juner 

25510 Et toutes leur gens aiiner, 

A bien faire et a Dieu proier, 
Que pais lor yosist otroiier. 
Et tr&s donques , j'el vous di bien , 
Ont-il este bon crestiien. 

25515 Ensi cis om de Niniv^e 
Fu venus en ceste contr^e , 
Com pour faire p&erinage , 
A loi de preudome et de sage , 
A St.-Tumas de Kantorbire, 

25520 Dont il ot grans biens ois dire, 
Et puis a monsignour S*.-Jake, 
VII semainnes devant le Pasque , 
Et si vot aler as III rois. 
Auques petis fu ses conrois , 

25525 Que l'arcevesques ot od lui ; 

Legended!! juiferraot. Et dist qu'il Ot V&l Celui 

Ki fu a Dieu crucifiier. 
Cou li oi-on tiesmougner. 
Et cil om , quant li faus Judeu , 
25530 Menerent crucefiier Deu , 

25809 Juner, autrement je'uner. 25520 Ou ; conform e au man uscrit. 

25525 At III rois, a Cologne. 

Renars, et si n'iert p»$ meryelle fl „ tfflrt r , T .« 

Qu'a otmoult/eWle jour. **»» '«*« > Julf »- 

P. CHABA.1LLE, Sup. au rom, du Renart, p. 2. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



493 



Lor dist : « Atendes-moi , g'i vois , 
S'iert mis li faus profete en crois. » 
Et li vrais Dieux se regarda , 
Si li a dil que n'i tarda. 

25535 « Icist ne t'atenderont pas , 
Mais saces. tu m'atenderas. » 
Et encor a tent cil eosi , 
K'il ne moru puis ne transi. 
A} cief de C ans le voit-on 

25540 Rajoyenir en eel roion , 

Et la , dient , teus gens i a , 
Qu' Ananias le baptisa, 
Ki fu li uns des vrais profetes. 
S'atendera cil ses d&ertes , 

25545 Et ne morra pas voirement 

Jusques au jour del ju gem eat. 

A Tournai , si com je l'aesme , 
Prist l'arcevesques son quaresme , 
Et d'aus XXX k'il ot, pour voir, 

25550 De sa mesnie, a l'esmouvoir, 

N'ot-il pas V ; ainc ierent mort 
Et desreubet souvent a tort. 
Outre Andioce V journ&s 
Et plus , estoient leur contr&s , 

25555 Et li ^vesques de Tournai 

Li douna del sien , bien le sai , 



25535 Icist, ceux-ci. 

Iceste Tie , icest ahan 
Mena plenerement un an. 

Grapelkt ct Robert, Parte nop t us 
de Blots, II, 12. 

25558 Transi , passa. 

25539 Alcief,<m bout. 

25540 Rajavenir ou rajouenir, rajeunir. 
25544 De'sertes, ce que Ton a merite. Eusta- 



che Deschamps a fait une ballade qui a pour 
refrain : 

Quant fruit fault , desserte s'en va , 

ed. de M. Crapelet, p. 201. Dans ce vers desserte 
signifie recompense j dans Ph. Mouskes ; punition. 

25546 Sur la l^gende du Juif errant, con- 
suiter Tlntroduction de ce second volume. 

25550 A I'esmouvoir, au depart. 

25555 L'eveque de Tournai &ait alors Gau- 
tier de Marvis. 



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494 CHRONIQUE 

Et li kanonne , j'el vous di. 
Ill jours i fu, puis s'en parti. 
Deiivrance du comie Donques apri& cest tierme esrant , 

Ferrand. n 

25560 Diut-on r avoir conte Ferrant. 

Mais parmi L mil livres 

Devoit Ferrans estre d^livres , 

Mais il demorroit comme pris 

Tant qu'on auroit tout Fa voir pris. 
25565 Et dans Roumains , ki li plus haus 

Estoit de tous les cardenaus , 

Ot fait le pape confermer 

Par son saiiel et aflfermer 
Armtc dirigte contrc La meute sour les Aubugois , 

les Albigeois. r\wmt\ n» ■• • i 

25570 Si com li rois le vot an$ois , 

Con tint k sage et a proissiet. 

Li rois atant et si croissiet 

Se traisent a Beorges droit , 

U li kardenaus l'atendoit. 
25575 Et la se traisent tout de bout. 

Povre et rice , li croissiet tout ; 

Et de la traisent a Lions. 

Sour le Rosne , bien le savons, 

Si pass&rent communalment , 
25580 Et tout ensanble voirement 
Les crisis devant Se traisent droit Tiers Avignon . 

vfB018 * U il a maint rice dognon. 

Mais saudoier ki la estoient , 

Pour le gaaing k'il couvoitoient, 
25585 A esporon de \k torn&rent 

Et dedens Avignon entrferent , 

U li bourgois qui les cr&rent , 

25565 Dans, damp, le seigneur Dom(inu$). 25582 Dognon, sice mot est de la meme famille 

25569 La meute, Texpedition. que dognoier, s'ebattre, il signifie Ibattement. 

25571 Proissiet, pris£. Peut-etre dognon est-il mis pour dongon , donjon. 

25575 Toutde bout, tout dWtemps. 25587 Crtirent, craignirent. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 495 

Contre le roi bien se garnirent , 

Et disent que parmi leur tiere 
25590 Ne passeroit li rois sans gierre. 

A XV liuwes entour aus, 

Ne remest vile ne casaus , 

Dont il n eussent lor voloir, 

U par voellance u par doloir. auwd« Avignon*.* 

25595 Et de traison s'aatirent. 

S'el deviserent et bastirent 

An^ois que li rois i passast , 

Pour tant que de rien les outrast. 
Viers Avignon se traist li rois 
25600 Et si baron et ses karois , 

Et cil ki la dedens esterent, 

Pour 50U que trop le roftloutdrent , 

S'apenserent de traisson 

Enviers le roi , par mesprisson, 
25605 Par outrage, non par savoir. 

Traisent a lui pour pais avoir, 

Moult sagement et par mesages, 

Biens parlans et yisseus et sages, 

Sans plait, sans corine et sans tence. 
25610 Et 1'os iert venue a Valence. 

La refu lor pais devisee . 

Ki moult ot puis courte dur&. 

A pries vint li rois a Orenges. 

Dont Dieus ot grades et loenges. 
25615 La revinrent cil d' Avignon, 

Tout li plus sage , a esligon ; 

25592 Casaus , Tillages, habitations. Casa , de Tours, ib,, XVIII, 514 et suivantes. 

d'ou derive anssi case, qui tient un fief. 25615 Orenges, Orange. Cette ville apparle- 

25594 Par voellance, volontairement ; par nail a la maison de Baux. De La Pise , Tableau 
doloir, par necessite; doloir, souftrir, dolere. de Vhisioire des princes et principaute d' Orange, 

25595 S'aatirent, se haterent de former un LaHaye, 1639, in-f'ol., pp. 75 et suiv. 
complot. Voy. Matthieu Paris , Historiens /ran- 25614 Grades , lisez graces, 

cais, XVII, 66 et suivantes, et la Chronique 25616 A esUoon, k chotair. 



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496 CHR0N1QUE 

Et amenerent leur consel , 

Garni de moult rice aparel , 

Et , tout ausi com me coulon , 
25620 A jointes mains , dusqu'al talon. 

Pour ?ou k'il doutoient leur ti&re, 

Au roi de France vinrent quierre 

Mierci, dont il n'avoient point , 

S'il v&sent et liu et point; 
25625 Car f&on i&rent et engri& , 

Si com vous or& en a pries. 
Al roi furent venu de loing 

Cil d'Avignon , a moult grant soing , 

Et disent qu'il voloient tuit 
25630 Sa pais avoir et son conduit , 

Et passSsent en pais la vile , 

K'il n'i euist barat ne gille. 

Et li consaus le roi fu sages : 

Si demand^rent C ostages , 
25635 Et cil , ki tout le mal savoient 

Et de lone pourv^u s'estoient, 

Disent : cc S iff nor 1 mais la moitie. » 

Ensi fu fait et esploitid. 

A Avignon sont revenu , 
25640 Tuit le sorent grant et menu, 

Ensanble traisent li signor, 

Leur poestas et li grignor. 

Si proumisent a povre gent > 

Cevaus , dras et or et argent , 
25645 Et tousjors aquiter lor gages , 

Pour aler au roi en ostages , 

Et tost seroient d^livr^ 

Cil qui la seroient livr^. 

25619 Comtne coulon, avec une feinte hu- 25624 Pour voir Tetat des lienx et de 1'armee 
roilite. royale. 

25620 Dusqu'al talon, courbesjusqu'a terre. 25642 Poestas, podesta. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 497 

Or 60s des faus mescr&ns 
25650 Qui li boins rois estoit cr&ms: 

Et ses consaus lor ot requis 

Que li millour i f usent quis , 

Et il en orent requis ?aus 

Qui n'avoient valiant V S. 
25655 Mais li povre vallet n'oserent 

Cou refuser, s'el cr^anterent. 

Viestus de vair et de samis , 

Les ont sor rices cevaus mis. 

Et sour palefrois et sour murs 
25660 Joiant s'en issent fors des murs , 

Comme fil des plus haus bourgois. 

Or o"i& des faus Aubigois , 

Qui faisoient leur convenences. 

Od $aus vinrent droit k Orenges , 
25665 Devant le roi les amenerent, 

Et comme ostages les dounerent. 

Que vous feroit-on autre conte ? 

Par sanblant iereat fil de conte, 

Et, pour mious acouvrir lor gille, 
25670 Unes cles fauses de lor vile 

Li aport&rent sagement , 

Et disent : « Biaus sire , esranment 

Ven& en la vile et prend^s , 

Tant del nostre com vous voles. » 
25675 Et quant le roi les vit tant simples 

Comme pucieles a leur guimples, 

Les ostages fist recevoir 

Et garder auques par savoir. 

Cil d'Avignon , sans plus rien faire , 
25680 Se sont tantos mis el repaire, 

25650 Qui, a qui. lui donne Du Cange au v. 25224 , mais a peu 

25654 PS, cinq tot, cinq sols. pres celui que nous lui avons conserve. 

25655 Fallet, ici ce mot n'a pas le sens que 25676 A leur guimples , avec leurs guimpes. 

To«. II. 63 



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498 CHRONIQUE 

Et li boins rois , fius Filippon , 

Qui n'i eatendoit se bien non , 

I vot de sa gent envoiier 

U lui mesme gaus envoiier, 
25685 Et por la cit£ recevoir, 

Qu'il quidoit tot de fit avoir. 

Mais fr&re Garins les gari 

Et Difeux , qu'il n'i furent mari; 

Et si vous dirai bien comment. 
25690 Li rois Lo&s doucement 

Gautier d'Avesnes, Ot le COUte de Blois maild^ 

comtede Blois. r4 . ,. .. j# 

Et si li avoit coumande 

Qu'a poi de gent avant alast 

En Avignon et s'esgardast. 
25695 Et li quens se diut aceemer, 

Ne n'ot pas sa gent fet armer ; 

Mais frere Garins esranment 

Les rouva armer durement 

Desous les dras , et efforcier 
25700 De gent , et puis la cevaucier. 
Armet se aont et si ont prise 

L'ensegne au roi , de S'.-Denise. 

Viers Avignon, u moult ot tors, 

S'en vont apri& les traito rs . 
25705 Et li ostage demorerent 

En Tost, c'onques mot ne sonn&rent. 

Uns povres om i ot I fil , 

Ki le cuer ot auques gen til. 

Pour son fil iert moult irascus. 
25710 De la cit^ s'en iert issus, 

Al roi s'en vint ki l'ascouta , 

Et cil la traison eonta. 

29684 Envoiier, ©onvoyer, accompagner. comble cette dignite, en faisant ordonner que 

25687 Frere Garins , Feveque de Senlis , le chancelier aurait seance parmi les pairs, 
qui fut chancelier de France et porta a son Voy. v. 23954. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 499 

Mais li boins roi ne croi mie 

Qu'il pensasent tele aramie 
25715 Pour sa gent ocire n'atraire: 

Et cil s'en est mis el repaire. 

Mais toutes voies s'en douta 

Li rois, qui celui ascouta. 

Si le fist al conte savoir, 
25720 Pour ?ou qu'il alast par savoir. 
Li quens de Blois et sa mesnie 

Et III mil d'autre baronnie, 

D'Avignon , ki trop rice fu , 

U il estoient ja venu , 
25725 Pas£rent le pont et la porte . 

Aprils l'ensegne al roi c'on porte, 

Et l'ens&gne del kardenal. 

Qui faite ert dun rice cendal. 

Et quant tout furent entr£ ens , 
25730 Uns traitres de la-dedens . 

Pour Francois prendre et afoler. 

Laissa la porte jus couler, 

Et s'ont deri&re aus I pont frait 

Pour millour gage avoir d'ei frait. 
25735 Lors quidi&rent le roi m&sme 

Avoir li traitour en crisme, 

Pour sa bani&re c'on portoit 

Avoec sa gent ki la estoit. 

Et quant no gent s'en fu perciute 
25740 C'on l'ot ensi prise et d&iute , 

Lues ont lor capes deffubl&s 

Et leur mains misent as esp&s. 

Mais quant li traitour coisirent 

Les armes , si s'en esbahirent , 

25715 Croi, le vers serait trop court s'il n'y 25755 Frait, rompu fract(us). 

avait ere'i ou croioit. 25754 Frait, canal , fosse , pour £tre plus sur 

25720 Par savoir, avec circonspection. qu'on ne franchirait pas les fosses? Trahison? 



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500 CHRONIQUE 

25745 Dedens la Tile s'enfermerent, 
Et li nostre el bailie remesent 
Entre la cit^ et I pont, 
Si comme voirs le nos despont , 
Et crierent si haut Monjoie, 

25750 K'il n'ot en Tost si sourt ne l'oie; 
Quar l'os iert ja si aproismie, 
K'il n'i ot pas Hue et demie. 
Li quens de Blois bien s'i prova , 
Sa gent avant traire rova , 

25755 Maisons desfisent et trencierent, 
Pins et sapins qui la pri& ierent 
Deviers la yile si hourd&rent, 
Que Qaus dedens petit douterent. 
Et sacies k'il le fisent tost. 

25760 Mais ki y&st le dol en Tost 
Del roi avant et des barons , 
Ki cr^us orent les larons , 
Sougis al d&bles d'infier, 
S'il n'^uist cuer plus dur que fier, 

25765 Si le convenist a plorer 

Et pour leur gens a Dieu orer. 

Donkes fist li rois partot traire 
Pour n£s avaler et atraire 
A Qaus rescoure qui la ierent, 

25770 K'il n'i burent ne ne mangierent 
I jour et plus, il et lor biestes; 
Et s'orent nuit et jor les tiestes 
Armies pour aus a desfendre 
Con n'i p&iist lor cors souprendre; 

25775 Et s'orent, pour le grant forfait, 

28746 El bailie, dans les fortifications. 25760 Dol, deuil. 

25748 Voirs, ve>ite\ 25763 Sougis , sujels. 

25751 Si aproismie , si proche. 25769 Rescoure, secourir. 

25757 Hourderent, se fortifierent. 25771 11, enx. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 501 

Par devers aus I pont desfait. 

Et li rois ki n& ot mand&s., 

Les ot ]k si trfes bien hashes , 

Con les atournoit pour passer. 
25780 Moult i couvint de gent lasser 

Pour sa gent qu'il doutoit a perdre ; 

Et fist les ostages ahierdre. 

Poi failli k'il n'es fist ocire , 

Mais si baron l'ostferent d'ire. 
25785 Par la tihre est li cris m&is 

Que li rois estoit la yenus. 

Lors yint as nos Martins d'Olive Marim <roiive. 

Qui gent leur amena jolive 

De bien aidier, et s'aport^rent 
25790 Viandes ki les confbrt^rent. 

Li quens de Blois , si com il dut , 

Le cr& et biel le re$ut. 

Autresi fist-il sa mesnie , 

Et li autre, sans &lounie, 
25795 Si commencierent esranment 

Caus devens a graver forment. 
Or furent no Francois refait , 

Et s'ont , a force , autre pont fait , 

Pour venir en l'ost et aler. 
25800 De joie i v&st-on baler. 

Puis furent as^giet a force sieged Avignon. 

Pour tout prendre , et fust et escorce . 

Et par la tiere et par le Rosne. 

S'ot dedens mainte rice dosne . 
25805 Cevaliers et siergans ass&. 

25780 hatter laiSSer. Duce Martino cui dat cognomen Oliva. 

25782 Ahierdre ,saisir. 25796 Devens, de dedans. 

25787 Martins d' Olive, Alberic de Trois Fon- 25800 Baler, danser, d'ou bah 

taines qui l'appelle Martinus de Olit, ajoute qu'il 25802 Et fust et escorce, expression prover- 

etait espagnol. Hist., fr. XVIII , 781, A. Nicolas biale. 
de Braie, ib. 9 XVII , 559 , C, dit : 25804 Dosne , de dosnoier? 



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502 



CHRONIQUE 



Moult d'avoirs i ot amases , 

Quar tous li pais i iert trais. 

Ass& i orent fait datrais , 

Et s'ierent garni a tos maus , 
25810 Gomme fol mescr&nt et fa us ; 

Et li rois pour Tost ayancier, 

Ot fait tous ses engiens drfoier. 

Et commencierent a gieter 

Nuit et jour, pour aus abiter. 
25815 N'onques li rois pour raen$on 

N'es vot prendre s'i mierci non . 

Pour qou que lor Qens fu tensee 

Et s'orent traison pens^e. 

S'ayoient fait al roi savoir 
25820 S'il poroient miercit avoir. 

Pour $ou , se dist voir ki se dist : 

Tant grate cievre que mal gist. 

Et cist avoient si grat^ 

Et cunchii^ et barete 
25825 Trestout le pais environ, 

Qu'il estoient clam^ laron ; 

N'apostole n'emper^our 

N'avoient doute a nul jour. 

Le signor d'Orenges ont-il 
25830 Exilliet et mis a escil, 

Et leur voissins, rices et poyres ; 

S'es tint-on a fos et a offres. 

Et, quant une n& i passoit. 



25808 Atrais , preparatifs. 

25814 Pour aus obiter, pour se loger dans la 
ville. 

215822 Ce proverbe a deja ete cile v. 25196. 

25829 Le signor d'Orenges , De La Pits ne dit 
rien de cela dans sa yolumineuse histoire. 

25832 Offres (?), peut-etre (mais nous nous 
defions nous~m£me de cette explication) pour 



auffres {qui aufert) , ravisseurs , voleurs. II 
semble que cette expression ait quelque analogie 
avec ce passage du Renart : 

Et tu seis plus barat et guille 
Que nul truans , ne ft Anfreville . 

M. Chabaille (Suppl., p. 384), al'air de prendre 
ce dernier mot pour un nom de lieu , mais le 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



503 



Le tierce part del sien laisoit 
25835 Et li alant et li Tenant : 

Dont ii ierent rice et man ant. 

Et li rois et tous li pais 

Les en orent moult eahais. 

Et , si com Tos iert environ , 
25840 La-dedens ierent li kenon 

Con apiele gargons ribaus , 

A tous maus aprest^s et baus. 

Sen issirent a mienuit . 

Dedens Tost se f&rirent tuit, 
25845 Chevaliers et siergans tu&rent, 

Et li Francois al cri s'armerent , 

Qui perdus orent lor amis ; 

A force ont $aus dedens remis. 
Dont jura li rois que jamais 
25850 N'auroient a lui triuwe ne pais. 

Asaillir les fist une fois , 

Et cil se misent al d&bis. 

Mais li ribaut et la pi&aille 

Lor tolirent a force I balle. 
25855 Des cevaUers La moult poi ot , 

Ltes en f u li rois quant le sot ; 

Et toutes voies cousta-ii , 

Des mors i ot et em p^ril ; 

Mais plus i perdirent li lour, 



Rfbaud*. 



sens general de la phrase reprouve cette inter- 
pretation , et je serais tente* d'ecrire : 

Que nul truans ne d'aufre-ville 

on offre-ville , sans cependant assigner de sens 
precis a ce terme. 

25840 Kenon, peut-etre kie'non, de kien, 
roquets , chiens hargneux , canaille. 

25880 Vers trop long. Lisez triu. 

25852 Aldefotiy sur la defensive. 



Onques por $ou n'eustes dejom 
Que li caus sour vous ne kaist. 

Lai d'Ignaures, p. 12. 

M. Fr. Michel ; propose de snbstituer effroi a 
defoit, mais ce dernier mot forme nn sensclair : 
il signifie ici defense, protection contre letonnerre. 

25854 Balle, barriere, porte avancee. 

25857 Toutefois cet a vantage couta cher. 

25859 Li lour, terme de mepris , qni signifie 
moins ici la maladresse que la grossierete. 



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504 



CHRONIQUE 



Amanry, chef tics in- 
genieurs cl mincuts. 



Machines He guerre. 



25860 Qui furent faus et traitour. 

Et non pourquant s'en renforcterent , 
Si que les nostres fors kacierent. 
Ass^s en ont dit et bourde , 
Et puis leur bailie ont rehourd^. 

25865 Apries n'i ot ne giu ne ris , 
Quar li boins mestres Amauris , 
Li sire des engign&nirs , 
Commandere des min&mrs , 
Et larges en mainte maniere , 

25870 Si yallans k'il portoit baniere , 
S'en fu al& droit as engiens , 
Et faisoit la douler mairiens 
Pour adamager ?aus devens , 
Dont moult estoit faus li couvens. 

25875 Et pour leur vies k'il doutoient 

Moult asprement se desfendoient. 
N'onques mais n'orent ^u si&ge 
Dont il dounasent une friege. 
Engiens et engign^ors orent , 

25880 Pour faire al mious de quan k'il porent: 
Dont il gietoient $a defors 
Pieres grosses a grans effors ; 



215863 Bourde , lance des bourdes. 

25866 Amauris, il est appele Amaury Co- 
peau, dans la Ghron. de Tours. Hist, fr., XVIII, 
315, E. 

25867 Engigneours, ce sont les ingenieurs 
d'aujourd'hui. 

25868 Mineours, mineurs. Les vers 25866- 
25872 , sont cites par Du Gange au mot ikgeniosi 
de son Glossaire $ seulement au lieu de quar il 
ecrit quant, et de mine'ours, il met minourt. 
Daniel en rapporte seulement les trois premiers. 
Hist, de la milice francaise , Paris , 1721 , in*4°, 
I, 196. Les attributions d'Amaury passerent, 
sous S*. -Louis , au grand-maitre des arbaletriers. 



25872 Douler, unir, polir, travailler avec 
une doloire , dolare : ' 

El une plainche bien dolee 
Ont en I re les deus cron assise. 

P. Chabaille, Suppl. au roman dm 
Renart , p. 14. 

Mairiens , pieces de bois , bois de construction , 
materiaux, materia. 

25878 Friege, fraise, frag urn? Plus bas Phi- 
lippe Mouskes dit : 

S'orcnt £ut XII fois siege, 
Mais a la troisieme sans friege 
Furenl mate.... 

Dans ce passage, il est impossible d'expliquer 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



505 



Qu'il orent ass& mangonniaus , 
Et tr&mk& et tumeriaus. 

25885 Et s'orent moult ruiste pteriere , 
Ki gietoit avaut et ari&re, 
Et par defors en ot ass& , 
Et duns et d'autres amas& , 
Si que defors et la-dedens 

25890 En ont mors souvins et adens. 
Mais I engien dedens avoit 
Ki VII pieres u X gietoit. 
Gieter le fisent a espars 
Pour aler en diyierses pars , 

25895 Tant qu'une si s'en adr&a , 
Qu a mestre Amauri adr&a , 
L'engign&>r, le valiant omme ; 
Si I'afronta et mist a somme 
Que mors kai en la kariere. 

25900 Et si fu lues port& ariere. 

S'en fu li rois dolans forment 
Et toute l'os en grant tourment. 
Mais uns autres mestres i fu , 
Ki maint engien avoit seu 

25905 D'uevre parant et afaitie. 
S'en fu toute l'os rahaitie. 
Et cil estoit n& de Marselle. 
S'el retint li rois et conselle. 
Sour II1I ruees fist engiens 



L'iogenieur Araaury 
est tu& 



fridge de la m6me maniere , a moins que ce ne 
soit un non-sens complet. 

25884 Tumeriaus, machine de guerre propre 
a lancer des pierres. Ces vers sont cites par 
Du Gange , dans son Glossaire , au mot tombrel- 
lcm. 

25890 A dens , le contraire de souvins, su- 
pini, c'est-a-dire renverses le visage contre 

Tom. II. 



terre. Ad denies? 

25896 Les vers 25896-97, sont rapportls par 
Du Gange, au mot ingeriosi. 

25898 L'afronta, le fracassa; mist a somme, 
et le mit au terme de la vie. 

25905 Parant et afaitie, belle et bonne. 

25906 Rahaitie, ranimee , rejouie. 
25909 Ruees , roues. 

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506 



CHRONIQU E 



Machines <le guerre. 



25910 Et de cloies et de maidens, 
Et pons torn&s a mantiaus, 
Et kas et truies et castiaus , 
Et tumeriaus et tr^buk&, 
Teus que nus ne valoit a ces. 

25915 Mais cil de dedens, ki hardit &rent, 
Quant il porent , leur enbraserent 
Teus ki n'i furent pas rescous. 
Si en pesa $a fors a tous. 
Mais autre engien i furent fait 

25920 Et avant et artere trait. 

Mais li rois , pour plus seurs iestre 
Contre Aubigois et pour leur iestre , 
Fist faire entre la vile et Tost 
Boin palic et fosse moult tost , 

25925 Que cil mescreant renoii^ 
Fussent enclos et anoii£ ; 
Et , par defors Tost , autresi 
Fist palic et foss^ masi , 
Pour $ou que defors ne venisent 

25930 Foles gens qui l'ost asalisent. 
Et si fist li rois entremetre 
De galies el Rosne metre 



25910 C/ot>*,claies. 

23910-13 Ces quatre vers sont transcrhs par 
Du Cange, au mot tumbrellcm ; mais il alt ere le 
texte en mettant : 

Et pons torneis el casliaus, 
Et tumeriaus et trcbukes. 

25911 Pons torneis a mantiaus , ponts tour- 
nans et converts. 

25912 Kas, chats; truies, truies. Eustache 
Deschamps dans sa ballade de la malediction sur 
eeuls qui requierent a faire armes (p. 132 de 
Ted. de M. Crapelet) , dit : 

Dc canons , de pierres (et) carreaulx , 
D'espingales, du feu second, 
D'engins , de truye , des mereaulx, etc. 



Dans cette meme piece, il parle ainsi des fa- 
meuses piques de Flandre , qui firent tant de 
ravage a la bataille de Courtrai et sur lesquelles 
on connait le passage de G. Guiart : 

Des maces de Damas , de fliaux , 
Des piques que les Damans ont, etc. 

Castiaus , chateaux ou tours mobiles. 

25915 Vers trop long d'une syllabe. Lisez 
comme plus haut : 

Mais cil dedens , ki hardit erent. 
dedens, de dens, de d'ens, 

25924 Palic, palissade. 

25925 Que, afin que. 
25928 Masi, considerables? 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



507 



Et pons desous faire et deseure. 
Qu'aucuns dedens defors n'aceure. 

25935 Et lors ayint que nos galies, 
Moult ruistement aparillies , 
Gaitoient a celes dedens, 
Ki plus tost s'aloient que yens 
Quant eles veoient lor liu , 

25940 Quar yiseus irent et soutiu. 
Mais parole en dis et en fais 
Ot est^ eel jour de la pais , 
Et tant qu'a 50U furent venu 
Que cil dedens , grant et menu , 

25945 Et les dames et les pueieles , 

Dont moult i ot hautes et bieles , 
Enfant et clerc et li conyiers, 
Dont moult i avoit de diyiers , 
Se durent de la vile issir, 

25950 Tot bielement et par loissir, 

En pur lor braies, par devises. 
Et les dames en leur cemises. 
Et tout perdre lor remanant 
Diurent li povre et li manant , 

25955 Et prendre la crois doutremer 
Et de la tiere fors aler, 
Que jamais nus n'i reyenoit 
Se li rois cong& n'en dounoit. 
Ensi fut fait , ensi f u dit , 

25960 Et li boins rois qui Dieux ait , 
Roumain le kardenal manda, 
Ki I'afaire point n'amenda. 
Quar li rois vot as poyres gens 
Partir les plus vius garnimens , 



Avignon acccpte les 
conditions les plus 
durcs. 



ParUge propose du 
butin. 



25934 Tf'acetirejii'accourt. 

25947 Couriers, moines, religieox. 

25951 En pur, expression conserved dans le 



patois wallon , oil Ton dit aussi en purete , pour 
signifier eire habit bas. Hecart, Dictionnaire 
roue hi, 1835, in-8°, p. 572. 



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508 



CHRONIQUE 



Louis VIII s'emporte 
contre le cardinal 
Romaic a l'occasiou 
de ce partage. 



25965 Caudrelac, paieles et pos. 

Et, pour iestre mious a repos, 
Vot repartir as chevaliers , 
As siergans et as saudoiers , 
Le vair et le gris et la soie, 

25970 Et li clergies a la mounoie 
Partist a moitiet contre lui. 
Si s'en loast n'i ot celui. 
Mais li kardenaus ki l'oi , 
De nule rien ne s'en goi. 

25975 Ainc dist qu'ensi ert esploiti£ 
Qu'il aroit partot la moiti^ 
Et cascuns partist sa partie , 
v A son plaisir, sans aatie. 
Et quant sa partie presist , 

25980 Dounast del sien la u vosist. 
Mais li boins rois, ki sa devise 
O'i , et sa grant convoitise , 
L'arme de son pere jura 
Que la cose autrement ira. 

25985 Et, pour qou qu'il avoit dit mal, 
S'aira trop al cardenal 
Et s'el clama faus et lanier, 
Ne jamais n'en auroit denier. 
Et dist li rois que , maugr^ sien , 

25990 Toute sa ttere r'aroit bien, 



25965 Caudrelac, ustensiles de cuivre. La 
Complainte de Dignant, dont nous avons cite un 
passage dans nos notes sur la Recollection det 
merveilleuses de Chastellain et de Molinet , pre- 
sente ces vers : 

Cy caudreliers , metier cha vos caudrous. 

Dans cette meme Recollection , vers 553 , on 



lit 



J'ay veu la chaudreliere , 



Orgueilleuse Dinaot. 
Et non pas chaudreliere, comme dans les aulres 
editions. 

25987 Lanier, M. Fr. Michel , dans une note 
sur ce mot (Del conte de Poitiers, pag. 15), 
dit que dans le MS. de la bibliotheque royale , 
n° 7218, fol. 256 recto, col. 1, on lit une piece 
sur cette espece de faucon et sur la comparaison 
qu*on fait avec elle de l'hoinme lache ou non- 
chalant. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



509 



Que ja Roume ne s'en menlast , 
Et s'il voloit si s'en r'alast. 
Partant la pais , sans demote , 
Fu Qaus dedens contremand^e. 

25995 Et dist li rois ki s'avanci , 
U il les auroit a mierci 
U jamais a lui pais n'aroient , 
Ja cler denier n'en balleroient. 
Et quant cil dedens qou oirent , 

26000 Moult durement sen esbahirent 
Que plus ne fusent agr^v^ , 
Tant qua I main se sont \e\i. 
Lor sodoier d'autres pais, 
Que li rois ot moult enhais , 

26005 Pour qou que cil si faus estoient 
Qu'avoec mescr&ms se tenoient , 
Arm^ se furent qoiement , 
Al rivage tot esranment 
Sont venu , s'orent perc&ie 

26010 Une galie rem^ue 

Des nostres, qui gaitoit angois , 
Et toute plainne ert de Francois. 
S'iert la galie forte et biele. 
Pieres i fu de la Torniele, 

26015 I ceyaliers preus et vallans; 
S'en i ot autres ne sai quans, 
Que mis i ot li rois m&smes. 
Si f u Clarenbaus de Solesmes , 



L'accord avec la ville 
est roropu. 



Resolution dcsesperec 
des habitant. 



J'icrrc de la Tournellc. 



Clcrcmbaud de Soles- 
roes. 



25998 Balleroient, bailleraient. 

26002 I main, un matin. 

26010 Remeue, restee? 

26014 Pieres... de la Tomiele, ce nom figure 
dans le* recits de la bataille de Bouvines ; il est 
appele* Petrus de Turella ou Torrella, par G. Le 
Breton, Hist, fr., XVIII, 99, B, 268, D, et Pierre 
de la Torneles, dans les Ghron. de S*. -Denis, ib., 



411, E. Voy. v. 21815 et 22811. 

26018 Solesmes, le bourg de Solesmes , chef- 
lieu d'un canton de l'arrondissement de Cam- 
brai, et oude jeunes ecclesiastiques , amoureux 
de la science , ont voulu ressusciter Tordre sa- 
vant des Benedictins, faisait partie du Pag us 
Fanomartensis. On lit dans Aubert Le Mire , I , 
144, un dipldme du roi Ghlldebert III, qui 



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510 



CHRONIQUE 



BrabanfODs dans les 
rangs des Avignonais. 



Mort de Pierre de la 
Tournelle . 



Qui siergans ert vallans et preus. 

26020 Esvous atant des faus crueus 
Et X et XV et XX et trente , 
Arm& de mainte armure gente , 
Et de Braibant et d' Avignon 
Et del pais et d'environ , 

26025 Asaillie ont nostre galie 
Ki n'iert encor aparillie : 
Ainc quidoient bien que des leur 
Fusent cil mauy&s bareteur, 
Qui tout ausi comme laron 

26030 Vinrent nagant sans aviron , 

Tant qu'il se sont as nos ahiers , 
Et par d'encoste et en traviers. 
« Tra'i ! Tra'i ! )> hucent, et prendent 
Les uns , et les autres pourfendent: 

26035 De coutiaus , despees , de maces 

Trencent bras, jambes, cos et faces. 
Pteron de la Tornele ocisent. 
Mais cil ki la v^rit^ quisent , 
Tiesmognent qu'il en ocist XX. 

26040 Si com i'uns avant l'autre i vint, 
Tot li autre i furent ocis 
C'onques n'en pot avoir miercis , 
Fors Clarenbaut tant seulement 
De Solesmes , ki durement 



Domme celieu villa nostra, et le donne a l'abbaye 
de S'.-Denis , en France. Ce dipldme est date* 
de la douzieme annee du regne de Childebert , 
c'est-a-dire de Tan 707, et non 709, comme Fa dit 
Colvener, on de 705 a 706 , comme la preteudu 
Aubert Le Mire. LeGlay, Chren.de Balderic, 
1834, p. 468. L'inventaire de Godefroy donne 
706. 

26020 Crueus, cruel* , se diaait autsi au fe- 
minin singulier : 



Li doux semblant qu'en ma dame veoie , 
M'ont plus greve qu'el nc me veuille aidier. 
Cele me fut crueus a l'acointier. 

F. Michel, Chansons du chatelain 
de-Coucy, p. 76. 

26025 Nostre galie, Ph. Mouskes parle comme 
an francais , Tournai reconnaissant 1'autorit^ du 
roi de France. 

26051 Se sont as nos ahiers , ae sont preci- 
pites sur nous. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 511 

26045 Se desfendi , mais cii ki furent 

Net de Braibant le reconnurent , 

Si le sauverent de la mort 

Viers les autres , par lor effort. 

Mais quant li rois le sot YiYant, 
26050 Si a fait commander esrant 

Con li envoiast a mangier 

Tot largement et sans dangier. 

Quar la-dedens ot si cier tans 

Que denr& qk fors coustans , 
26055 Vausist dedens XX deniers bien ; 

Et si n'i ot pour ardoir rien 

Que le mairien de leur osteus. 

Adont fu leur afaires teus 

Que quant li fort engien le roi fclrfn5li o4 se lrou . 

26060 Brisoient leur mur k desroi, a"ti g „ r ^ wits ceux 

Si restoupoient de mairiens 

Les traus encontre les engiens. 

Et gaitoient et jour et nuit , 

Qu'il n'ot si cointe ki n'anuit , 
26065 K'il nierent onqes a s^ur 

Dedens ostel ne dedens mur, 

Et si leur ot-on , sans falue , 

Par fosses la Rosne tolue , 

Si k'il n'orent , bien le set-on , 

26046 Net, nes. Les Brabancons entrete- Le mot ostelerie est meme pris pour celui de 

naient des relations avec la Flandre. monastere, dans ces vers : 

26053 Si cier tans, une telle chert e. 
^ 26057 Osteus, ce mot signifiait simplement 'itLl^J ^b^!^ ^ 

gite permanent ou temporaire et n'emportait pas Se li fist-on criever les ex. 

l'idee d'opulence et de superiority sociale qui s'y *<>«■ amender $a laidc vie 

joint aujourd'hui. Fu mise cn une °* telerie - 

F. Michel , Roman du comte de 
Lor osteus siet b«i asieri Poitiers, p. 51 . 

E. » bo. erbo, « fl.ri ^^ ^ oupoientj bouchaient. 

11 n ont pas hostel en maison , e\arva 

Ains l'ont cn un bel patellon. 26062 Traus, trOUS. 

Parte nopeus de Blots, li , 96. 26064 Cointe , se rapporte a nuit. 



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512 CHRONIQUE 

26070 La-dedens s'aigue de puc non. 
Et si fisent grant yilounie 
Li Aubugois , et felonnie 
Braban 9 on5 et fu- As Braiben§ons et as Flamens, 

raands dans Arignoa. — , 

Et as autres estranges gens , 
26075 Qu'il tenoient en lor saudees , 

Quar il les orent fors bout^es 

De la plus grande forterece ; 

Si qu'il erent a grant destrece 

El darrain bailie $a defors. 
26080 Et s'iert en aus tous lor confers 

De garisson et de desfense. 

Et leur sire , ki tous maus pense , 

Li poestas, par leur gar$ons 

Leur faisoit porter livrisons. 
26085 Ne pour morir ne pour bi^cer, 

N'en p&iist uns dedens entrer ; 

Ensi villement se gardoient 

Cil estrange ome et deffendoient , 

Et n'ierent pas itant s&ir 
26090 K'il ne vosisent estre a Sur, 

Et ki de la vitaille avoit 

Sel gardoit al mious qu'il savoit. 
Amba M ade du rot de Puis avint que li rois de France, 

FranceH'empereur. p ar ^^^ ^^ ^ par ^ ^^ ^ 

26095 Pour 90U que sa cose n'empire , 

D' Avignon, ki fu de l'empire, 

Ot tramis a l'emper^our 

III clers , haus omes de s'ounor, 
Lefcqu. dcBeaurais. Dont l'uns fu Teskes de Biauves, 

26100 Ki n'iert aviers, fos ne mauves. 

26070 Puc , puits. 26081 Garisson , salut. 

26084 Livrisons, vivres et autres choses ne- 

Et vont au puc de l'ewe traire. 

P. CHABAILLE, Suppl. an roman du Ce88aire8. 

Renart , p. 120. 2608b Biecer, blesser. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



513 



L'autres, le vesques Godefrois, 
Ki pour Dieu ot el pis la crois , 
Et s'ot a force de Canbrai 
Les Canbrisiens torn& el brai , 

26105 Et de la noisse et del triboul 
Que , des le tans conte Raoul 
Et de la contesse Aielais . 
Ki pour Dieu ot fait tous ses lais , 
Et pour l'arme Raoul , son fil , 

26110 Le hardi, le preu. le gen til, 
A 1'^glise de Nostre-Dame; 
Dont puis ayoient fet grant dame 
Cil de Cambrai a son clergte. 
Or en ot le vesques congil 

26115 De commugne et de cloque abatre , 
S'en ot contre lui XXXIIII. 
Mais privilege et yrai saiiel 
Abatirent si leur flaiiel , 
Que l'emper^res , lor drois sire , 

26120 Retorna sor aus tote sire, 
Et manda Lo&s , le roi , 
Que le vesque otast de desroi. 
Ensi rega^gna s'ounour 
Tout par devant Femper^our, 

26125 Godefrois, ki cuer ot fondl. 
S ert del linage de Gond^. 
Pour le roi et pour lui ausi 



Cclui de Cambrai. 



Raoul , comte dc Cam- 
brai , et Adelaide sa 
mere. 



Suppression de la com- 
mune de Cambrai. 



26101 Godefrois, Godefroid de Condi. 

26102 El pis la crois, la croix sur la poi- 
trine. 

26104 El brai, dans les larmes. 

26107 Aielais, Adelaide. 

26108 Lais, legs. 
26112 Dame, dommage. 

26115 Commugne, ce fut en 1076, que s'eta- 
blit , par insurrection, la commune de Cambrai, 

Tom. II. 



mais il y avait deja long-temps que les bourgeois 
avaient fait des efforts dans ce sens. A. Thierry, 
Lettres sur I'hist. de France, 8 e edit., lettre XIII. 
Cloque, outre la cloche de la commune, il y en 
avait une appelee Aldegonde, specialement af- 
fectee au service de l'eveque. Le Glay , Chron. 
de Balderic, p. 467. 

26118 Flaiiel, fleau. 

26125 Cuer fonde, ame ferme. 

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514 CHRONIQUE 

lert-il alls la outre ensi , 

Et raporta cartres et bri& , 
26130 Dont ses capitles fu moult li&, 

Quar en Canbrai lor ot-on fait 

Maintes fois et damage et lait. 
L'abb^ des>-Deni S . Tiers fu l'abb& de S*. -Denis , 

Glers , d&onnaires et ounis , 
26135 Et de tous les biens ayoii& 

Que li rois ot la envoii&. 

A l'emper&mr, sans desroi , 

Disent la besougne le roi. 
L'empereur abaodonnc Et l'empereres s'amenda , 

Avigaon £ la ven~ rxr*t #/\ m i i 

geance du roi de 26140 Tant qu al roi Loeis manda 

France. * 

Que d'aus fesist sa volente , 

Quar de mauvais i ot plente. 

N'onques a nul jor d' Avignon 

N'ot siervice ne bon renon; 
26145 Ausi n'ot ses pere en demainne, 

N'autres se ne fu Garlemainne , 

Ki yiers aus fu crueus et fiers. 

Ensi fu dit as mesagiers. 

Repaint sont et, comme sage, 
26150 Redisent al roi leur mesage. 

Et, quant li rois ot le congie , 

Si commanda con fust logte 

Pour remanoir jusques k tant 

Qu'il venisent a son commant. 
26155 Quar devant ?ou, savoir ne fal , 

Crioit-on : « Bas le kardenal ! » 

Pour cou que li rois ne voloit 

Brisier I'usage c'on soloit 

Tenir del roiaume k l'empire , 

26154 Ounis , uni. Qui biau sel dirc cl rimoier 

-^.-j, * ... ,. -rv 1 »>. » t* ** Bien doit sa science «i*>/er 

26135 Avoties, gardien. Dans le Dit du Buffet A ftre chow o6 Vqq aprenge 

avoiier a le sens de diriger : Barbara* et Mot, Fabliaux, hi, 264. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



515 



26160 Qu'en leur laitres sont, al voir dire, 
Frere , li rois et l'emperere , 
Ce ne puet-on oster et r£re. 
Et quant l'emperere otroia 
Cou que li cardenaus proia 

26165 Et li rois et tous li Francois 
Pour destruire les Aubugois , 
Les faus , les fbs , le$ mescr&ns , 
Ki duret avoient lonctans , 
Si cria-on , a droit conroi , 

26170 Les bans par Lo&s le roi, 

Qui lues fist faire , sans falir. 
Engiens engignous d'asalir. 

Mais li sire des Campegnois 
N'i esploita yallant 11 nois , 

26175 Car en la vile et l'aparent 
Manoient auques si parent; 
N'onques el castiel d'Ayignon 
Cevalier, siergant ne yignon 
N'i closent pour lui porte u bare ; 

26180 Quar fille ert au roi de Navare 
Sa m6re , s'en devoit oirs iestre , 
Si vot garder aus et lor iestre 
Et moult souvent a aus parloit 
Et disoit leur $ou qu'il voloit. 

26185 S'en estoient plus fiers ass&. 
Quar raout en i ot amas& 
Qu'oumes que femes en la Tile , 
Qui , doit-on , bien L mile , 
Tot sans biestes et sans enfans. 



Thibaut IV, comle de 
Champagne, favorise 
sous main ceux d'A- 
vignoo. 



26160 Laitres, lettrea. 

26172 Engiens engignous, machines ingl- 
nieuses. 

26178 Fignon , cabaretiers , vignerons. 

26179 Bare, tonte espece de cldture, warden. 



26180 Navare , Blanche , fille du roi Sanche- 
le-Sage, que Thibaut III epousa en 1195. 

26184 Et disoit leur, pour et leur disoit, an- 
cienne construction digne de remarque. 

26188 Doit-on, dit-on. 



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516 CHR0N1QUE 

26190 A aus parloit li quens tostans 
Et moult souyent al roi disoit 
Qu'al si&ge n'avoit point d'esploit ; 
Tant que li rois, ki n'el cr& , 
Le blastenga et mescr&. 
11 quitte r.rmw de 26195 Et li queiis s'en est courecils, 

Louis VIII. Z 1 1 

Par deyant le roi s'est drecies , 

Si a pris congiet par courous : 

Et li rois li dist , oiant tous , 

Que , s'il laisoit ensi sa gierre , 
26200 Jamais rien ne clamast a tiere 

Qu'il tenist de lui a nul jour. 

Puis i fu HI jours a soujour 

Li quens Tilbaus , et puis en fist 

A mienuit, si com on dist. 
26205 Son harnas mener coiement , 

Et puis sen ala voirement , 

Comme marc&ms, fors de Tost, 

II liuees, ainc jour moult tost. 

Et lendemain si sen alerent 
26210 Si cevalier, ki dolant erent. 

Mais li ribaut et li boucier, 

Vallet, gar$on et gavetier 

Les ont de tost aler semons 

A $avates et a poumons , 
26215 Et les clam&rent fos et faus. 

Si fu yiertes que, par consaus, 

Fu li quens d'esrer si destrois 

Qu'une jornle fist de HI. 
Li rois remest awec sa gent 
26220 Et douna moult or et argent, 

Et tant fist aporter d'atrait 

26194 Blastenga, blama. 26214 A cavates et a poumons, a coups de 

26208 Liuees, lieues; ainc jour, avant lejour. savattes et a grands cris. 

26212 Qavetier, savetier. 26217 D'esrer si destrois , si presse de partir. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



517 



Qu'avant furent li engien trait. 
Et furent tot prest d'asalir. 
A 90U ne pooit-on faillir, 

26225 Ensi que li mestre disoient. 
I et autre s'i acordoient , 
Et la menue gent , sans faille , 
Yoloient avoir la bataille , 
Quar li sieges leur anuioit , 

26230 Pour la vile ki forte estoit . 
. Et s'orent dedens ausi fors 
Engiens, com il avoit defors . 
Et ausi boins engign^ors , 
Et mineurs contre min&wrs. 

26235 Or 60s qu'avint de Fortune, 

Ki par tout le monde est coumune . 
Et sa roie joians et mourne 
Tourne adies et tourne et retourne . 
Ne voit goute , ainc est aveule , 

26240 Si va partout et revient seule . 
Sans compagnon et sans parel , 
Et sont k li tout si consel , 
L'un fait roi , l'autre emper^or, 
Due u conte de grant valor, 

26245 Et quant tout a, si le rabat, 
De poverty le fiert et bat , 
K'il n'a que prendre ne douner, 
Ne rien ne puet gueredouner. 
Aprils dun sierf felon , puant , 

26250 Mauvais, aver, faus et truant. 



IWflcxious stir l'insta- 
bilite dc la Fortune. 



36232 Engiens, enjambement remarqua- 
ble. 

26234 Mineurs, tnineours, encore deux for- 
mes du meme mot. 

26233 Fortune, Jean Martin Le Franc, prieur 
de Lausanne (dont on a faitXetize, en Hainaut), 
ecrivain done* quelquefois d'une imagination 



poetique , est auteur d'un ouvrage intitule 
YEstrif de Fortune et de Vertu, Paris, 1303 et 
1319, in-4° goth. Fauchet fait naitre cet ecri- 
vain a Aumale, mais Jean Le Maire place son 
berceau a Arras. 

26237 Mourne, morne. 

26239 Vers trop court d'une syllabe. 



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518 CHRONIQUE 

Fait prince et roi , par son avoir; 
Si n'a sens force ne savoir. 
Et puis apri& ne garde l'eure 
Que desous torne ?ou deseure. 
26255 Par cest afaire me remort 
paraiieieentrcia Mon Que entre Fortune et la Mort 

el la Fortune 

Sont et d'un pere et dune mere. 
Quar la Mors ki moult est amere 
Prent rois, emper£ours et contes, 

26260 Qui tous biens ont , de ce n'est contes , 
Sages, larges, vallans, hardis; 
Et les povres , Tious et mendis , 
Contrais, langerous et truans, 
Tra'itours, faus, avers, puans, 

26265 Fait vivre, et tant lor en abonde 
K'il anuient partot le monde. 
Pour ?ou vos di, k droit consel, 
Que Fortune et Mors sont parel , 
Et par maniere apartenant, 

26270 Si com vous or& maintenant, 
K'il n'i aura fors d'anui coust. 
Le premier samedi d'aoust 
Pour les engiens fu li consaus 
Teus que cri& fu li asaus. 

26275 Si alerent et sage et fol , 

Quar on avoit tot a plain vol 
Le pardon doun£ voirement , 
De par Jh&u-Crist plainnement. 
Et de pr&as et d'arcevesques , 

26280 De moines, d'ab^s et de vesques: 
Mais k'il fusent loial confies. 
Et li plus en furent engri& 
Pour metre cuer et cief et col. 

26258 Nous avons cM des vers de Gautier de 26262 Mendis , mendians. 

Coinsy , qui ont le meme sens. V. 28428. 26263 Contrais, contrefaits , contractu 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



519 



Mais li vallans quens de S t .-Pol , 
26285 Gui, cil qui quens ert de Nayiers, 

Si prist k Fortune entrayiers. 

A luitier si li mesk& , 

Quar Fortune sor lui kei , 

Et Mors , ki sa compagne estoit , 
26290 De lui aidier moult s'aprestoit. 
As engiens furent acoupl£ 

Siergant tierce foies dobte , 

Et quant I'engiens avant caroie . 

Esvous qu'en brisa une roie , 
26295 Et li quens i Tint tous armes . 

De toutes armes acesm&, 

Et sa gens i iert avoic lui ; 

Moult bien arm^ n'i ot celui. 

A lui parloient a bas ton . 
26300 Et li quens tenoit I baston , 

Pour semonre d'avant mener 

Les engiens , pour $aus formener 

Ki Ik dedens se desfendoient , 

Comme cil qui la mort doutoient. 
26305 Et tierce foie devisee 

Orent mierci quisent et fa usee. 
Dont ayint, par grant mal&ir, 

Que la dedens I kaillau dur 

Misent adonques en la fonde 
26310 D'un leur engien, qui Dieux confonde . 

Et 9a defors 1 cop gieterent . 

Par quoi le jour sans roc materent 



Mort da comte d«i 
S«-Pol. 



26285 Gui, Gui II , successeur de Gautier de 
Chatillon , sod pere ; Naviers , Nevers, toy . v. 
1593^. Gui a?ait epouse , en 1225 , Agnes, fille 
de Mahaut , comtesse de Never*, et d'HenreJV, 
baron de Donii , de Gien , de Saint-Aignan et de 
Perche-Gouet. 

26292 Tierce foies doble', on fit servir chaque 



machine par six hommes. 

26295 Caroie, est traine comme un chariot. 

26509 Fonde, la culasse d'une machine de 
guerre, la partie ou etait depose le projectile. 

26510 put, que. 

26512 Sans roc, sans pouvoir roquer pour 
eviter le mat 5 termes du jeu des echecs. 



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520 



CHRONIQUE 



La rose de ceyalerie 

Et Pounour de bacelerie , 

26315 Et courtoisie et loiaute, 

Vallandise, sens et biaut£, 
Et largaice dont trop ayoit 
En celui ki pas ne sayoit 
Que Fortune tant le haist 

26320 Ne que Mors si tost l'envaist , 
Ki sour lui avoient enyie, 
De ?ou qu'il ert en bonne Tie , 
Et de cors et d afaitement. 
Si tous dirai com faitement 

26325 Quant de la fonde sen ala 
La piere, de haut s'avala; 
Dont jou di bien et yoirs me sanble. 
Que Fortune et la Mors ensanble 
S'acompagnierent a eel colp , 

26330 D'envie qu'eles orent trop. 

S'amenerent la piere al conte , 
Si com la y&rit& aconte; 
S'ocisent a cele eure tost 
Le non per de trestote Tost. 

26335 Si mesca'i trop le preudome, 

Meskai , non fist , e'est la somme , 
Quar bien sai et di sans mentir 
Que Dieux le yot ayoir entir, 
Et s'est a gou tous mes recors 

26340 Qu'il fu martirs d'arme et de cors , 
Et si prouyerai bien comment 



26513 La rose de cevalerie, expression sou- 
vent employee et qui revient a celle-ci : 

C'est li plus gens ; 
Ignaure a non, jlors de damage. 

L.-J.-N. MoNMERQui et Francisque 
Michel , Le Lai d' Ignaure s, p. 1 1 . 



26324 Faitement , effectivement. 

26335 Mescat , m£chut, tourna a mal,arriva 
mlchef. 

26321 Sour lui avoient envie, ce vers expli- 
que les expressions la mort Va r envie, le ren- 
vie , etc. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



521 



II fu martirs entirement. 

Li boins quens fu martirs ensi 
De cuer parfait , vrai et raasi . 

26345 De l'arme qu'il prist le pardon 
Par bonne cr&nce et par don 
D'apostole et de cardenal , 
U tout li bien sont communal , 
De Jh&u-Crist et de sa mere, 

26350 De ?aus qui n'ont pensee amere. 
Ensi fu-il d'armes martirs , 
Parfaitement organs entirs; 
Et de cors tous di qu'il le fu , 
Plains d'esperite et de vrai fu , 

26355 Quar li quens son cors i offri 
Tout entirement. et souffri 
La painne et les travaus en l'ost , 
U la piere le tua tost , 
Par le consentement de Dieu 

36360 Ki vot avoir le conte preu , 
Pour paradis k efforcier, 
Et pour tous sains eslaiecier. 
Et pour S*.-Pol et pour S*.-Piere, 
Pour 50 u qu'il fu tu& de piere. 

26365 S'est martirs ensi voirement 
D'arme et de cors entirement , 
Et pour les biens k'il siolt, de voir 
Le vot Dieux tot entir avoir. 
Esvous l'asaut lues demor^ , 



Que le comic de S*-Pol 
fat an martyr. 



26344 Matt, solide. 

26345 Pardon, conserve ici le sens qu'il a 
encore j pins bas il signifie indulgence* 

26348 Communal, communs a tous ceux qui 
n'ont pensfe amere. 

26351 D'armes, d'ame. 
26354 Esperite, esprit divin ; fu, feu, ferveur. 
26361 A efforeter, fortifier. Les motifs que 
Tom. II. 



l'auteur suppose a Dieu , doivent e'tre rapproches 
de ceux qu'il lui prfite en faisant mourir Roland. 
Foy. t. I, p. 331. 

26363 Le comte de S'.-Pol fut tue par une 
pierre pour faire plaisir a saint Pierre ! Voila 
une explication bien satisfaisante. 

26367 Siolt, le bien dont il avait la coutume, 
solere. 

66 



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522 • CHRONIQUE 

26370 Si ot maint cri et moult plore , 

Quar ja ierent en V parties 

Lea escieles al mur drfcies , 

Et li fosset auques empli. 

Mais cil cos tant les asoupli 
26375 K'il furent plus mat et restanc 

Que cascuns fust nayr^s el flanc. 

Et li bons quens en son escu 

Fu raport& , dont irascu 

Furent partout et povre et rice. 
26380 Repairiet sont dedens la lice , 

En son tref fii couci& et mis, 

Si ot grant duel de ses amis, 

Et les engiens convint ratraire. 

Si laisierent lancier et traire , 
26385 Mais li bons rois fu si plains d'ire , 

Con ne Fosoit penser ne dire. 

Et pour fou que tant Tern pesa , 

Par sairement si entesa , 

Jusqu'a VII ans enqui le siege, 
26390 An$ois que d'aus s'ire n'aliege. 

Et cil dedens, quant il le sorent, 

Moult grant dol et grant ire en orent , 

Quar bien sorent ciertainnement 

Qu'ire en auroient et torment. 
26395 Mais en l'ost en ot si grant duel 

Que n el sai descrire ne yoel. 

Et sou leur gr^va doblement 

Qu'il savoient parfitement 

Que la Tile fust mise a honte , 

96572 EscUUs, echelles. 26380 Lice, retranchement. 

26375 Restanc, abattus. 26381 Tref, pavilion. 

26376 Que cascuns, que si ohacun. 26588 Entesa, ajusta. 
26577 En son escu, sur son bouclier, oomme 26589 Enqui, la. 

les Spartiates. SW390 #'«■*> °ontre eui ; n'aUege , n'aliege. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



523 



26400 S'il n'&issent ocis le conte , 
Que par ivier ne par est£ 
N'avoit onqes si baus est^ , 
Ne de tous biens si fort ounis , 
Ne de comfiesse si gam is. 

26405 Or oies que del conte avint. 
Deyant $ou XV jors u XX , 
Tout droit en sa tente , el sablon , 
Dist-il Gobiert de Mont^ablon 
Et proia que s'il \k moroit , 

26410 El liu ou ses p&res gisoit, 

Pour Dieu , le portast enfoir, 
Quar aillors ne voloit gesir. 
Et tant doucement Ten pria 
Que cil Gobiers li otroia , 

26415 Quar il estoit de sa mesnie 

Et moult l'amoit sans f&ounie. 
Lor engien furent atant mis 
Et li asaus fu estourmis. 
Si com jou tous ai dit avant, 

26420 Bien s'i maintinrent li auquant, 
Et quant li quens yint a l'asaut : 
« Gobiert , dist-il, se Dieux tous saut, 
En non de Dieu et de p^nence , 
N'oubli& pas ma convenance. » 

26425 — « Ha ! sire, dist-il, n'i pens&, 
De Dieu soii&-vous hui tenets, » 
Et li quens respondi : « Gobiert, 
Jou ne me tieng pas k bobiert, 
Et bien te di, Gobiert, os-tu? 

26430 Jou ne pris ton dit I festu , 



Gobert de Montsablon. 



Dernieres paroles du 
comte de S*-Pol. 



26405 (hints, ce mot a ici le sens d'orne, 
dolt. 

26408 Dist-il Gobiert, il dit a Gobert.... 
26418 Estourmis 9 commence' avec rumeur. 



26426 Tenet's , deTendu , protege. 
26429 Os-tu? entendft-tu. Foy. l'lntroduc- 
tion du premier volume, p. cczxxi. 
26450 Pris f prise. 



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524 CHRONIQUE 

Qu'ainc mais nul jor ne fu si biaus , 

Ne d'armes rices si nouviaus , 

Si confiess& ne si guarnis , 

Et ki faut a Dieu s'iert honnis , 
26435 Quar devant Dieu tot li&nent 

Doit-on aler et naitement 

Plus que on puist a nes I fuer ; 

Et g'i ai tout et cors et cuer, 

Et averai jusques a som. » 
26440 Tout ensi moru li preudom , 

Que de Jh&u-Crist s'iert remors 

A eel assaut, ou il fu mors. 

Parquoi jou di que S*.-Micious 

L'enporta tot entir es cious . 
26445 Et la est-il couroun& d'or, 

S'i vit et vivera enkor. 

Autel di de mestre Ainauri , 

Se de cr&roce n'amenri , 

Et de tous ki , sans repentance , 
26450 I prisent mort et mesestance . 

Qu'il n'estevra jamais orer 

Pour aus, ne plaindre ne plorer, 

Mais en Tost ce ne pot faillir 

Con Tint plorer et asaillir, 
26455 Et main et soir, petis et grans. 

Les Aubugois, les mescreans. 

Et saci& que li quens de Blois 

N'i siervi mie de genglois. 

Deviers la Rosne se ioga , 
26460 Et souyent les adamaga , 

26451 Qu'ainc mais..., car jamais. 26445 Mieious, Michel. 

26452 D'armes, d'&mes. 26447 Autel di, j'eo dis autant. 

26455 Liemenl, de trois syllabes , tandis que 26451 Qu'il n'estevra jamais, qu'il ne sera 

lie's est quelquefois compte pour une. jamais necessaire. 

26457 A nes I fuer, d'une maniere nette. 26458 Ne se contenta point de bravades. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



525 



Qu'ausi trouverent Turc a Acre 
D'asalir et felon et aspre 
Jakemon d'Avesnes, son pere; 
S'iert drois qu'al fil auques i pere 

26465 Et de valour et de bontcS 
Cil fu princes . cis aconte , 
Si doit son afaire doubter , 
Et si fait-il voire et combler. 
Souvent les fist adamagier 

26470 En Avignon et laidengier. 

Apries et donques et an;ois , 

Les voloient tuer Francois, 

Quar li mescreant , g'en sui tous fis , 

Gieterent jus leur crucefis 

26475 El fosse t, et tout par despit , 
Et apri& misent , sans respit , 
Une crois rice qu'il avoient , 
Droit u li engien gietoient , 
En despit de crestient^ , 

26480 Dont il n'avoient volenti ; 

Mais non pourquant il li metoient 
Pour $ou qu'en avanture estoient; 
Ausi qu'il i cr&ssent bien , 
Mais de creance n'i ot rien. 

26485 Et quant l'asaut tot prest savoient 
D'un vi& manliel que il avoient ; 
Ki fu daine Aiien d' Avignon , 
S'enviroient tot environ , 
Puis ne quidoient avoir garde , 



inijtietes reprochees aux 
Avignonais. 



Aye d'Avignon. 



26461 Turc a Acre, Jacques d'Avesnes s'etait 
distingue en effet dans la croisade , comme on 
l'a vu plus haut. 

26466 Cil, cis, celui-la , celui-ci ; aconte, fait 
comte. 

26468 Voire , veritablement. 



26473 G'en sui tous fis, pour retablir la me- 
sure , on peut mettre g'en suisfis. 
26482 Avanture, danger. 

26487 Aiien d'Avignon , personnage de ro- 
man,deja mentionne au premier volume, p. 332, 

26488 Enviroient, environnaient. 



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526 



CHRONIQUE 



Puissance des Avigno- 
nais. 



Guillaume IV et Guil- 
laume V de Baux , 
princes d 'Orange. 



26490 Qu'asaus n'engiens ne fus le8 arde. 
Qu'il navoient autre er&nee , 
Ne ne doutoient Roume et France. 
Tot entor aus navoit pasage 
U il n'&issent signourage : 

26495 N'apostole, n'emper&mr, 

Due, roi, ne prince, ne contour 
Ne tenoient-il a signeur, 
Mais tout li pais estoit leur. 
Guillaume d'Orenge orent-il 

26500 Mort son pere et mis k exil. 
Et li fius iert al roi yenus, 
S'estoit cevaliers deyenus 
De la main ie roi proprement . 
Qui I'adouba moult ricement ; 

26505 Et puis maint autre baceler, 
Ki ne s'i vorent pas c^ler, 
Quar valiant ome erent et rice. 
S'ierent en Tost & son sierviee 
Et moult forment &rent dolant 

26510 Del conte, qu'il virent gisant 

Mort. deyant le roi en present. 
Ki n'&jst soing de tel present. 
Moult fu dolans eel saraedi 
Li rois, ensi com jou vos di , 

26515 Et non pourquant, pour acieyer, 
Ne Tot ses preudomes grtver. 
Si jura que tant fermeroit, 



26490 Fus, feu. 

26491 Qu'il, parce qu'ils... 
26496 Contour, comte. 

26499 Guillaume d'Orenge, Guillaume IV, 
pere de Guillaume V, de la maison de Baux , 
obtint le titre de roi d' Aries, en 1214. Ennemi 
des Avignonais, il tomba entre leura mains; ils 
Tecorcherent vif et le couperent par morceaux , 



au mois de juinde Tan 1218. 

26501 Li fius, Guillaume V. 

26504 Adouba, expression consacree dans les 
rites de la chevalerie et qui signifie armer quel- 
qu'un chevalier. 

26511 Devout le roi en present, en presence 
du roi. 

26517 Fermeroit, bloquerait. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 527 

Que dedens les afameroit , 

Ausi com fait la prise aloe . 
26520 Se ses consaus ensi li loe. 

Et, pour qou mios estre vengi£, 

A lues mancte tot le clergW 

Pour savoir que cascuns dira 

De la cose dont tant d'ire a. 
26525 Et furent mand^ li baron 

Par 1'ost et dela environ , 

Et povre et rice et fol et savie , 

Pour $aus d'Avignon metre en kavie , 

Ki l'un de ses mellors amis 
26530 Li avoient en biere mis. 

Mand^ furent, tost sont venu, 

Clerc et baron , grant et menu. 

En la tente le roi s'asisent. 

N'i ot giue , ne point n'i risent , 
26535 Quar dune Hue a droit lignie 

0*ist-on crier la lignie , 

Le conte avoec ses cevaliers , 

Bourgois, gallons, keus, escuiers. 

Mais li rois fist le duel laisier 
26540 Pour les estranges apaissier, 

Et pour les barons de sa tente, 

U li rois parla sans a tente. 

« Signour. dist li rois al derate, Diicoun 

¥ . . . , France, Louis VIII, 

Jou vmg ci par vostre congie, «» cierg^. 

26545 Pour Dieu vengier et pour sa honte ; 
S'i sont mi baron et mi conte. 
Et sactes bien tout voirement 
Que jou n'i ying pas autrement. 

26519 Laprise aloe, l'alouette priae. 26544 ring, vins; par vostre congie, sur 

26527-28 Savie , liaez save et have ; kavie, cave, votre invitation . 
oaveau , tomheau, ou peut-£tre vassalitl. 26545 Et pour sa kontt, et pour venger les 

26555 A droit lignie , en droite ligne. outrage* qu'on lui faiaait. Villehardouin se sert 



du roi de 



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528 



CHRONIQUE 



Traits satiriques. 



Quar j'ai ass& tiere et avoir, 

26550 Et se j'aim Dieu , jou fas saYoir 

Et ferai tousjors, sans mesprendre. 
Si me fesistes la crois prendre. 
Or tourne si la cose a mi , 
Qu'al monde n'ai si bon ami , 

26555 Com g'i ai perdu hui cet jour; 
Et sui encor ci a soujour. 
Si roil savoir rostre plaisir. » 
Lors se sont pris tout a taisir, 
Quar li rois estoit plus dolans 

26560 Con ne poroit dire C tans , 
Et li clerc et li kardenaus ; 
Quar li rois se fioit en aus 
Pour le commendement de Rome, 
Ki de tous maus est flece et somme , 

26565 Ne ne ciesent par couvoitise 
D'aquerre avoir ki les atise , 
Et voelent a ?ou repartir, 
Dont les autres font maus sentir. 
Et il s'aaissent as osteus , 

26570 Si despendent autrui cateus , 
Quil ont et soupris et conclus. 
Mais d'aus ne voil or dire plus , 
Ne del clergte ki la estoit, 
U li boins rois a aus parloit 



e cette expression de mfime que Guillaume 
Guiart : 

Outremer, en la terre sainte 



Ont la souffert maintes mesaises , 
Pour Jherusalem chalengier 
El pour la honte Dieu vengier. 

VlLLEHARDOUtN de Do Canoe, p. 263. 

26553 Or la chose est tournee tellement pour 
moi.... 



26558 Taisir, se taire. 

26564 Ki de tous maus Ph. Mouskes, 

ecclesiaslique, parle sur les vices clu clerge de 
son temps , comme les troubadours et les trou- 
veres , mais il separait les hommes du miuistere 
sacre dont ils etaient investis ; flece et somme, 
corable; flece, fleche, plutot que flacon, vase, 
flaische. 

26566 Ki les atise , qui attise leur cupidite. 

26570 Autrui cateus. biens d'autrui. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 529 

26575 Et lor avoit ensi moustr£ 

Communalment, dedens son tr£, 

Et as clers et al cardenal ; 

Quar s'a Roume sont tot li mal . 

Jou vos di pour roir une rien, 
26580 Que ausi i sont tuit li bien , 

Quar la crdance i est assise , 

Dont l'arme est sauv^e a devise, 

Quant li cors a tout par ate. 

Tout ensi ot li rois parte 
26585 Devant le cardenal Romain 

Ki fu del linage roumain. 

Et sour I siege s'acouta 

Pour le roi ki bien ascouta. 

Et bien le devoit ascouter, 
26590 Quar par raisson doit-on douter 

France et le roi par tot le monde, Eioge de u France. 

Quar c'est la couroune plus monde 

Et plus naite et plus d&iteuse 

Et adies plus ce vale re use. 
26595 France a les cevaliers hardis 

Et sages, par fais et par dis. 

France tient et porte l'espfe 

De justice , et desvolep^e 

L'ens&gne S*. -Denis de France, 
26600 Ki Francois oste de soufrance. 

Et sarins bien , et j'el vos di , 

Que , puis le tans roi Clo^vi , 

Ne Dagobert ne Carlemainne , 

Ne Pepin , son pere en demainne , 
26605 Ne pot, parmi son grant renon, 

26578 Si tout le mal est k Rome, tout le bien 26588 Ki, ke. 

y est aussi. 26605 Parmi ton grant renon , malgre son 

26583 A tout par ale, a disparu , trantivit. grand renom , Rome n'a jamais rien pu sans la 

26587 S'acouta , s'appuya sur le coude. France. 

To«. II. 67 



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530 



CHRONIQUE 



Discours de I'archeve- 
que de Reims. 



Roume sans France se poi non. 
Si doit moult bien Rome otro'ier 
Cou que France li viout proier, 
Quar Aubugois, 90U est del mains, 

26610 Doutassent petit les Romains, 

Se ne fust pour le roi de France 
Et pour sa gent bardie et france . 
Ki partout ont pris et yictorie , 
Largaiee, ounor, loenge et glorie. 

26615 De cest afaire ensi lairans. 
Li rois ert entre ses barons 
Et entre son clergiet avoec , 
Ki l'orent ascoul^ illuec. 
Atant l'arcevesques de Rains 

26620 Si se leva lous premerains , 

Et dist al roi : « Sire , li quens 
De S*.-Pol, ki tant par fu buens. 
Qui n'avoit en lui qu'amender 
De faire ne de commander, 

26625 Est hui mors el siecle 5a jus. 
Mais jou sai bien k'il vit la sus 
Avoec le roi ki lot justice ; 
Et li quens a rostre sierrice 
N'avait que XV cevaliers , 

26630 A son coust et a ses deniers , 



26609 Del mains, du moins. 

26615-14 Victorie , glorie , lisez victore , 
glore. 

26619 L'arcevesques de Rains, Guillaume de 
Joinville , de la m^me maison que l'historien , fils 
de Geoffroy IV, sire de Joinville , et d'Helvide 
de Dampierre. II fat premierement archkliacre 
de Chalons et professeur en theologie , puis Cut 
elu eveque de Langre et enfin promu a Parche- 
veche de Reims. II mourut Tan 1256 , au retour 
de la guerre contre les Albigeois. Du Cange , 
Gene'alogie de la maison de Joinville , p. 9. Ce flit 



ce prelat qui sacra Louis VIII et la reine Blanche. 
26625-24 Qui n'avoit en lui qu'amender de 
faire, qui n'avaiten lui que desir de mieux faire j 
cette expression explique celle-ci : 

Qui n'avoit en lui qu'cnscigner. 

et indique qu'il faut l'expliquer par : qui n'eut 
en lui que bons enteignemens , plutdt que par : 
qui n'avoit pas besoin d'enseignement. Voy. t. I , 
p. cxci et 255. 

26625 fa jus, ici bas. 

26627 Ki tot justice, qui gouverne tout. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



531 



Et jou XXV en avoie , 

Dont en lost Dieu et yous servoie. 

Or ferai tant qu'avoec les miens , 

Pour Dieu et pour vous , prenc les siens , 
26635 Et jur le siege tout autel 

Comme tous. selonc mon katel. » 

Et li kardenaus autresi 

S'en effor^a tout lues ensi , 

Et le vesques d' Arras apri& 
26640 Dist al roi : « Sire , tous engri& 

Me Ting ci de Dieu a sierTir ; 

Si m'avint, par Tostre plaisir, 

Qu'i tous racatai mon regale. 

S'ai moult despendu en ceste ale , 
26645 Ne de rien sierTir ne tous doi , 

Mais , pour $ou que dolant tous voi, 

Et pour Dieu ki me fist croisier, 

Pour tous ounourer et proissier, 

De ceTaliers m'effbrcerai 
26650 Et avoec tous ci demorrai.» 

Et puis le Tesques de Noion 

A dit : « Sire , pour qoi noion 

Que del roiaume et de l'empire 

Ne soiies adr^ciere et sire ? 
26655 France le doit , et tous pour li 

Ki rois iestes , bien le tos di. 

Adr£ci&-i crestiente 

C'onques ausi grant Tolent^ 

N'en ot rois com li rois Felipes , 



L'evequed' Arras prend 
la parole a son tour. 



Oi scours del'ereqoe de 
Noyon. 



26635 Jur le siege , je jure le siege , de pour- 
suivre le siege ; tout autel, tout de meme. 

36656 Selonc num katel, selon mes moyens. 

36659 Levesquesd' Arras, Ponce, archidiacre 
d' Arras, successeur de Raoul, en son vivant 
cardinal du titrede S 10 . -Sabine. II devint ev&que 
en 1220. Ferreoli Locrii chronicon, p. 585. De 



Castillion, Sacra Belgix chronologia , p. 366. 
26645 Racatai , rachetai. 
26644 En ceste ale, en cette occasion. 
26649 J'aurai aussi ma force militaire. 
26652 Noion, nions. 
26654 Adreciere, gouverneur. 
26657 Adre'cie's-i , retablissez-y. 



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532 



CHRONIQUE 



Les comtes de Foil et 
de Comminges. 



26660 Vos pferes , li sages , li yistes , 
Ki sainte ^glise sostenoit, 
Et Dieux en bien le maintenoit. 
Souvi£gne-vous de sa bont^ ; 
S'ierent vostre anemi donti. 

26665 Vengi& Dieu ci , g'i demorrai , 
Ja sans vous ne men partirai. 
Et si prenc bien I mien ami , 
Le Tesque de Tornai sor mi. » 
Cil de Canbrai et cil d'Orliens , 

26670 Cil de Biauvais et cil <f Amiens , 
Et tous li clergies ausement 
Demorerent communalment , 
Et puis conte , due et marcis , 
Dont li rois ot gr& et miercis. 

26675 Lues lor rendi et tout poruec 
Rejurerent le siege ayoec. 
Et fist cascuns loge et maisson , 
Pour soujorner a la saisson. 
Et s'iert en Tost li quens de Fois , 

26680 Ki nos ot grivis maintes fois. 
Al roi s'en vint , et davantage , 
Li dona sen fil en ostage. 
Et si fu li quens de Couminges , 
I cevaliers a guerre vistes , 

26685 Et moult des barons de la tiere , 
Qui devant faisoient la gierre . 
Et orent faite s^urte , 
Del roi siervir en loiaute. 



26667 Prenc... sor mi, jereponds pour....; 
le vetquede Tornai, Gautier de Marvis. 

26669 Cil de Canbrai, Godefroid de Condi. 

26675 Poruec, done. 

26679 Li quens de Fois, Roger-Bernard II, 
surnomme' le Grand, fib de Raymond-Roger, 
combattit d'abord les croises; apres avoir fait 



d'inutiles sou missions a Louis VIII , en 1226 , il 
renouvela sa ligue avec le comte de Toulouse. 
26683 Li quens de Couminges, Bernard V 
succeda, Tan 1226, a son pere Bernard IV, dans 
la partie de ses &ats que les croises n'avaient pu 
lui enlever. Au mois d'aout de la m&ne annee, il 
fit sa paix avec le roi Louis VIII et le legat. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 533 

Et s'ot li rois en lor maisons 
26690 Et partout mises garnisons , 

Si ses consaus li conselle , 

Et a S'.-Gille et a Marselle , 

Et a Bielkaire et a Nierbonne , 

A Tiermes et a Karkasonne . 
26695 Et partout , fors qu a Toulouse 

Dont il se complaint et doulouse , 

Pour 90U qu'il sont de son afaire , 

Ne rien ne voilent pour lui faire. 

Et de $aus d' Avignon se plaint , 
26700 Ki ne se sont pas Tiers lui faint 

De faire tra'ison et honte , 

Et sont mort son cousin le conte , 

Ki gisoit encor en la tente ; 

Dont li rois se plaint et d^mente. 
26705 Lors yint de Mont$ablon Gobiers , 

Ki n'iert par&eus ne bobiers , 

Au roi plorant , et li a dit : 

a Biaus dous sire , se Dieux m' ait , Demure voionte du 

•a* • i* ) comte dc S*-Pol. 

Mesire h quens m esprouva 
26710 D'amour, et par 90U me rouva 

Que , se il en l'ost demoroit , 

Quil par aventure i moroit , 

Com cil ki ne vot Dieu fuir, 

Que jou l'enportasse enfoir, 
26715 Sans nul relais, avoec son pere. 

Et jou voel que m'amours li pere , 

Et ma fois et la couvenence 

Quil me commanda en penence. 

26691 Vers trop court. 26695 Vers trop court d'une syllabe. 

26695 Bielkaire, Baucaire; Nierbonne, Nar- 26702 Le conte, le comtede S'.-Pol. 
bonne. 26716 M'amours, mon amour ; mamour se lit 

26694 Tiermes, Termes; Karkas onne, Carcas- encore dans Moliere et dans d'autres ecrivains 
sonne. plus recens. 



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534 CHRONIQUE 

Si l'i porteroi-je g&ir, 
26720 S'il vous venoit, sire, a plaisir. » 

InlerpreUUon donaee (( Gobiert , dist U TOM, lOU Sai Men 

par lc roi Louis VIII n J » 

dascimcntducomte Q ue VO us l'ami£s sor toute rien , 

Et il trop vous, corame celui 
Ki cuer et cors ot mis en lui. 

26725 Mais el cuer me gist une cose 

Ki pour lui me destraint et cose. 
Li quens le siege o moi jura, 
Si fu tant com s'arme dura; 
Et se Dieux m'a Tarme tolue , 

26730 Jou vos di bien , et sans falue , 
Que li cors od moi remanra 
Tous quois, et le si£ge i tenra. 
Ja n'en fausera sairement , 
Ainc demorra ci voirement. 

26735 Ja sans moi n'en d^partira . 
Mort et vie o moi partira. 
Quar, se jou l'amai en sa Tie , 
Jou Toel encor aToir enTie 
De lui amer ausi morant. 

26740 S'el Toil aToir ci demorant 

Que quant en France puisse entrer, 
Que jou soie al cors entiArer. » 
Et quant le roi cascuns 6i , 
Grant duel i ot, nus n'el goi. 

26745 Dont commanda li rois con aille 
Oster del conte la coraille , 
Et fust port^e en Aliscans. 
Si fti-die k cris et a cans ; 



26726 Cose , inquire. rappeler un des passages prinoipaux oik il a ete 

26746 Coraille, entrailles. employe. Aliscans , £liscamps ou Cbamps-Ely- 

26747 Aliscans, cen'estpas la premiere fois sees, fameux cimetiere d' Aries, ainsi appele a 
que ce mot tombe sous les yeux du lecteur, cause des tombesromainesqu'oiiytrowe encore, 
et Ph. Mouskes prend soin lui-m£me de nous On y entendait bruire sou vent des genies mal- 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



535 



La ont-il l'entraille enti^ree 

26750 En vaissiel rice , et ensieree . 

Avoec moult de nobles vasaus , 
Ki furent mort en Rainscevaus , 
El siervice Dieu , nostre pere , 
Dont li quens est compains et frere, 

26755 Par martire et de cuer errant , 
Qu'ocis I'ont cil faus mescreant. 
Et li cors est tous cois retnes 
le roi et enbausem&. 
Si fu mis en une capiele, 

26760 U li clergies souvent apiele 

Tous sains Dieu et Sainte Marie 
Que s'arme ne soit ja marie; 
Si n'iert-ele mais, tote voie 
La proiere avant c'on le voie; 

26765 Et si prent-on buen exemplaire. 
Moult par ot rice luminaire 
Entour lui , que bien le valoit , 
Et li rois ensi le voloit. 
Si croi que pour 90U yoirement 

26770 Sauva li quens son sairement 
Del siege qu'il tint vis et mors. 
Et pour 90U que la fu ses cors , 
Tout si ome avoec demorerent , 
Ki les Aubigois point n'amerent. 

26775 Et li rois ki douta la soume 

C'on n'i tuast aucun baut ome . 
Lor deffendi qu'il n'asausisent . 



faisanset moqueurs, nommes par le peuple les 
Hellequines ou la mesnie Hellequin. C'est en 
Eliscamps que le brave Guillaume au Court-nez 
avait ete force de fuir devant les Sarrasins; 
e'etait la que Vivien avait perdu la vie, afin 



fait de ne jamais reculer d'un pas devant les 
pai'ens. P. Paris, let Manuscrits fran^ais de la 
bibliotheque du roi, 1, 522. 

26758 Enbauteme't, enbaume. 

26760 Apiele, invoque. 



d'accomplir le serment temeraire qu'il avait 26777 Asausisent, assaillissent. 



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536 CHRONIQUE 

Mais la-dedens les enclosisent , 

Ausi com l'oisiel en mue , 
26780 Quar Tiande faut et remue. 

S'es vot li rois atorner teus , 

K'il morusent en leur osteus , 

Et de dissaite et de famine , 

Et d'ordures et de yermine , 
26785 Et des engiens ki, cop a cop, 

Nuit et jour en tuoient trop. 

Leur poestas et leur baillius 

Iert ja mors et d'infier eslius. 

S'orent des nos ass& ocis , 
26790 Mais cil nos ont adevancis , 

Quar Dieux les a, avoec ses sains, 

lui mis tous saus et tous sains , 

La sus en permenable glorie : 

Ce doit estre nostre m&norie. 
26795 S'il morurent vrai repentant , 

Et furent pour Dieu combatant, 
Pierre de u Towoeiie Si com Pieres de la Torniele , 

Dont I'arme fu sage et isniele , 

Ki la de cest siecle escapa 
26800 Et devant Dieu s envolepa. 

Or fu II rois demor& la , 

Et yiande viunt et ala , 

Et fu Tost partout si plentive 

Que nus ne s'en plaint ne estrive. 
26805 Pain , car et yin i ot ass& , 

Mais li traraus les ot lases ; 

Et li rois fist devant lor portes 

Faire foss& et bares fortes , 

26778 Enclosisent, enfermassent. 26790 Adevancis, avances, elev&. 

26780 Faut, manque; remue, change. 26795-94 Glorie, memorie, lisez glare, me- 

26785 Dissaite , disette. more ; permenable , eternelle . 

26785 Cop a cop, coup sur coup. 26808 Bares , cldture , barriere. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 537 

Pour ?aus dedens si desairier 
26810 Qu'il i puist son duel esclairier. 

Et fist li rois a tous jurer 

Que s'il ne pooit la durer, 

Qu'il i morust , son fil mandasent 

L'ainsnet, et la le couronnasent, 
26815 Et jurast le siege autresi; 

Et se cil moroit, I'autre ensi , 

Et puis les autres d'oir en oir, 

Ainc qu'il n'es p^ussent avoir. 
Ensi fu li rois demor^s. 
26820 S'avint ?ou , que dire m'or& , 

Que li soudans de Babilone Le »oud«n dc B.byione 

r, ,, i • . • . i /^ <* * e sultan d'IcoDium. 

Et 1 amiraus ki tint le Cone 
* Sorent de voir que li Francois 

Furent alet sour Aubigois 
26825 Pour conquierre toute lor ti&re, 

Et moult estoit crueus la gierre 

Con n'i ka$oit vaces n'oelles , 

Mais tren?oit-on pi& puis orelles, 

J\ 7 ds, baulevres, et crevoit ious. 
26830 Qui Tun sauvoit, cil avoit mious. 

Sorent si les Francois lasses 

Aubugois, que guerre ont ass&; 

Quar li Francois , quant il prendoient 

Les Aubugois , si les ardoient. 
26835 Et sorent Turc que l'emper&re 

De Roume , ki de tot est mfere , 

Et d Alemagne et de Saissougne , 

Pour faire sor aus la besougne , 

Ot la fille al roi Jehan prise , 
26840 Ki drois oirs estoit a devise 

26809 Desairier, resserrer. 26827 Kac oit, chasser (venars); vaces n'oelles, 

26810 Esclairier, dissiper (en se vengeant). ni vaches ni brebis. 

26822 Ki tint le Cone, le sultan d'Iconium. 26859 Jehan , Jean de Brienne. 

Tom. II. 68 



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538 



CHRONIQUE 



Les Musulmans devant 
Acre. 



De Jerusalem la chit£ , 

U Dieux s'aroit r&uscite , 

Et qu'il iert croisi& a grant gent 

Pour passer moult hastivement. 

26845 Si sorent que li rois Jehans , 

Ki moult lor avoit fet d'ahans , 
Ot prise a feme la serour 
Blan^ain , la roine Francour, 
Ki fille fu le roi d'Espagne , 

26850 Et la r'iroit a grant compagne , 

Comme croissies , pour Dieu amor. 
Tout ensi , pour cele cr&nour, 
Si semonst li soudans ses os 
Et l'amiraus ausi moult tos. 

26855 Tout le sorent grant et menu , 
Parderant Acre sont venu , 
Et demand&rent s'il tenroient 
Les triuwes que prises avoient 
Al roi Jehan , a Damiaite , 

26860 U a i'emper&)ur, par daite , 

Et s'il renoncier les quidasent, 
A court tierme les renongasent. 
Quant li Sarrasin 90U oirent, 
Sans plus faire s'en d^partirent. 

26865 Li patriacles esranment 

Si passa de ca yoirement , 
Quar le vesques d'Acre i estoit. 
A Avignon vinrent tot droit , 
Et dounerent de leur deniers 



26848 Blancain , Blanche ; Francour , des 
Francais, Francor(um). 

26860 Par daite, par dette, par obligation. 

26865 Patriacles , patriarche. Geronde ou 
Giraud, abbe de Cluni, depuis evequede Va- 
lence, fat nomine en 1224 on 1225, par le 



pape Honorius III , patriarche de Jerusalem. 
26867 Le vesques d'Acre, le celebre historien 
des croisades , Jacques de Vitry , qui assista a 
la mort de l'eveque de Liege, Hugues de Pierre- 
pont , lorsqu'il deceda a Huy, en 1229. Hist, fr., 
XVIII, 637, E. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



539 



26870 A siergans et a cevaliers, 

Qui pas&rent lues k Marselle, 
Quar li cardenaus leur conselle; 
Et, se pour Tost graver ne fust, 
Moult plus croissi& en i Aist. 

26875 Autresi de Coustantinoble 
L'emp^rial, la citi noble , 
Vint nouviele que tot perdoient, 
Se pro$ain soucors n'atendoient. 
Et li buens rois, pour son cousin, 

26880 Kil n'avoit mie pri& voisin , 
Quar il iert emperferes \k , 
Dist que tantost, com il pora, 
Li trametroit a se& deniers 
11° u III cens cevaliers, 

26885 Mais il tenroit son sairement 
D'Avignon tot entirement. 
Et d' Arras li buens kastelains , 
Ki yenus ert la premerains , 
De Grese , comme leur mesages , 

26890 L'en a merciiet comme sages, 
Et Tiers Arras s'en iest yenus , 
U il fu moult biel rectus. 

Toutes voies qu'il lor anuit 
Gietoient engien jor et nuit 

26895 En Ayignon , qu'asis ayoient 

No Francois , et moult Ies haoient. 

Or sorent bien cil d'Avignon 
Que li rois et si conpagnon 
Orent aM leur torment. 

26900 Si s'en esmaierent forment , 
Nuit et jour furent a consel 



Affiaiblisscment des La- 
tins a Constantinople. 



Secours promis 
Louis VIII. 



par 



Lechitelain d 'Arras. 



Continuation du siege 
d'Avignon. 



• 96875 Autrt »%.... En cet endroit Du Cange et 
M. Buchon reprennent leur extrait de Philippe 
Mouskea. 



26892 A ce vers a'arr&e l'extrait de Du Gauge 
et de M. Buchon. 

26899 Afii leur torment, jure* leur perte. 



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540 CHRONIQUE 

Li plus haut et tuit lor f£e\ , 

Comment al roi puissent ciever, 

Ainc c'on les i p&iist graver. 
26905 Quar la puors^et la viermine, 

Moult leur gr^voit et la famine 

Et li mort , dont tant i avoit 

Que nus aciever n'en savoit . 

Et $ou qu'il orent de viande 
26910 Tenoient li plus rice en grande , 

Que li povre peu en avoient , 

Et li autre cier l'acatoient. 

Toutes voies li soldoier 

En avoient pour leur louier, 
26915 Et gardoient les murs deters. 

Dont moult petis iert li contors. 

S'av& maintes fois o'i dire : 

Ki contre aguillon escaucire 

Tierce foies se blece et mort. 
26920 Et cist avoient double mort 

De siervir pour leur trair. 

S'es devoit tos li mons hair . 
Bien perciurent par le jurer 

Que plus ne poroient durer 
26925 Cil d'Avignon. Si ont mand<5e 

Leur pais au roi et creant^e 

Tout a son voloir, sans rakat, 

Et tout au plaisir del legat , 

Et moult de coses ont offiertes , 

L. ville d'Avignon ou- 26930 Puis si OIlt IeUr P 0rteS OUVierteS , 

vrc scs portes aux 
croisis , 10 septem- 
brel226. '\ ^ A „ 

26902 Feel, amis, feaux. 26910 hn grande, avec soin. 

26905 Ciever, venir a chief, en finir avec le 26918 Escaucire, se frolte. 

roi. Roquefort donne chever ; chevance et chever 26921 Trop court ou Hsez siervir. 

doivent appartenir a la meme famille. 26925 Cil d'Avignon , le siege, commence le* 

26905 Puors, infection , corruption. 10 juin 1226 , ne finit que le 10 septembre sui- 

26908 Aciever, plus haut ciever. vant. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 541 

Et li rois s'en est consillies. 

Quant si les vit aparilli& , 

Lues s'en ala li quens de Fois, lc comic deFo.xnepeui 

Moult anguissous et moult destrois, are sa ra '* 

26935 Quar, pour homme ne pour avoir, 

N'en vot li rois miercit avoir, 

Pour ?ou k'il ot les nos gr^v&, 

Menbres tolus et ious crev^s , 

Comme faus mescr&nt et fol. 
26940 Mais le boin conte de St.-Pol Lccorps a u comte a c 

i-i* . 1- • . • r» S«-Pol est porte ;'i 

Fist li rois porter Tiers Pans, s*-De D i S . 

Et commanda qu'i S*. -Denis 

Fust enfouois joste son pere , 

Pour 50U que sa valors i pere. 
26945 Et li rois et si cevalier 

Se prisent lues a consillier , 

Quar cil d' Avignon , ki dotoient 

La mort que d&iervie avoient , 

Del tout el tegat s'otriierent , 
26950 Pour ?ou que seur et fit i&rent 

Que priestres ne pooit jugier 

Nul home a morir de Wgier. 

Si ne s'oserent entremetre 

Del tout el roi de France metre , 
26955 Quar priestres puis canter ne puet 

Qu'oume a mort jugier li estuet. 
Lors devisa li kardenaus 

Et li communs clergies entr'aus 

26948 De'siervie, meritee. Dans le Jfouveau le pellbtier. 

PatheltHj r&mprime' en 1748, on lit, p. 6 : 

II seroit bien a desservir. 
PATHBLIIf. 

26949 El leg at s'otriierent, s'en rapport erent 

J 'en scai fort bien tels cinq ou six . , 

De qni cent ct cinquante francs 8 *" 

Viendront en votre main toot francs. 26950 Sfar et fit, SUM et persuades. 



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542 CHRONIQUE 

Toute la pais . et fti escriute 
26960 Et devant les barons reliute. 

Si fu la pais teus devisee 

Que d' Avignon , sans demor& , 

Tout ayant les armes rendisent 

Et les destriers, et il si fisent; 
26965 Et puis les portes ouvrist-on. 

Si mesist li rois garrison , 

Par le consel del cardenal : 

Si fist-on amont et aval , 

Les cevaliers des arcevesques 
26970 Ki la terent, et des &resques, 

Pour oster auques leur desroi , 

Et s'en i eut de par le roi. 

Dont il furent moult asoupli , 

Quar li fosset furent empli , 
26975 Et, pour iestre plus adent£« 

Furent tot li mur cravent^, 

Et CCC des millors maisons, 

Quar il fu bien drois et raisons. 

Et sot li rois CCC ostages 
26980 Des mellors, $ou fu a vantages. 

Et s'ot li rois avoec enfin 

Leur poestat et le dalfin , 
Raymond Berengeriv, Pour ?ou que li quens de Provence 

comte de Provence. T . .... 

Li ot consilliet sour penence. 
26985 Et saci& que li paisant . 

Ki devant qou furent taisant. 
Leur abatirent tot premiers 

26959-60 Escriute, reliute, ecrite, lue. dauphin d'Auvergne, mort Ie22 man 1234. 

26972 Eut, monosyllabe, v. 27279. 26983 Li quens de Provence , il poasedait par 

26975 AdenU, humiliea, punia , abaiaaea. indivis , avec le comte de Toulouae, la aeigneurie 

26976 Cravente, demolis , d&ruits. de la ville d'Avignon , maia cette cite n'obeiaaait, 
26982 Dalfin, Andre ou Gui VI , dauphin de dans le vrai , qu'a aon podestat. 

Viennois , mort le 5 mars 1237, ou Robert, 26986 Taisont, tranquillea, neutres. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 543 

Mure et foss& moult volentiers , 

Quar on haoit $aus d' Avignon 
26990 Partout le pais environ. 

S'en orent C tans plus grant joie 

Que jou dire ne le poroie . 

Et li pardons en iert assis 

Et grans et larges et masis. 
26995 Si alerent et clerc et lai 

Communalment, sans nul d&ai, 

Et si diurent cil d'Avignon , 

Outre mer, a leur liyrison , 

A III ans , XXX cevaliers , 
27000 Garnis d'armes et de destriers , 

Et VI mile murs dut avoir 

Li rois de leur milor avoir, 

Si comme de nu£s estrelins : 

Ensi fu pourtraite leur fins. 
27005 Et de ces deniers feroit-on 

Par deqk l'aigue d' Avignon , 

A l'ab&e S'.-Andriu, 

I castiel u en autre liu , 

A oes le roi, en son pooir, 
27010 Pour Aviiens faire cr&noir. 

Et s'en orent clerc et baron 

Et li cevalier d'environ , 

Et sot li rois tous lor engiens. 

Si les tramist avoec les siens , 
27015 Par le Rosne, en I fort castiel, 

U on les gardast bien et biel , 

Pour r'aler apri& viers Toulouze , 

Que li bons rois vaintre goulouze. 

96991 C tans, cent et cent fois , cent fait au- 37004 Pourtraite, achevee. 

taut. 27010 Aviien*, Avignonau ; cremoir, craio- 

27001 Murs, rnuleU. dre. 

27005 Nuesestrelins, aehnouvellemoxmaie. 27018 Vaintre, vainer e. 



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544 



CHRONIQUE 



Dont raena H rois ses barons 

27020 V^oir toutes ses garrisons , 
A INimles et a Karkasonne 
Et a Tiermes et a Nierbonne , 
Et a S f .— Gille et k Marselle, 
Et puis a Arle et a Bielkaire , 

27025 A Tierascons et a Orenges , 

Et partot mist painne et costenges. 
S'ala aillors u sa gent sot , 
Et les garni si com lui plot. 
Et, pour iestre d'aus plus seurs, 

27030 Leur abati castius et murs , 

Que viers sa gent ne r£velasent 
Et plus seur la demorasent. 
Adonques si prisent congi& 
Et li baron et li clergies. 

27035 De teus i ot, si repairierent, 

Mais le roi moult d'armes laisierent; 
Pour mious garnir ses garnisons , 
S'orent armes et livrissons. 
Par Avignon si faitement 

27040 Gaegna le rois quitement 

Tout le pais : ce f u grans cose ; 
Mais Toulouzans goulose et cose , 
Pour Avignon ki ci& estoit 
De tout le pais la en droit. 

27045 S'orent chit XII fois siege, 

Mais a la traisime , sans friege , 
Furent mat^ et amati 



27021 IVimlet, Nismes. 

27025 St.-Gille, le Recueil de Barbazan et de 
Meon , HI , 569, contient un conte intitule : La 
chastelaine de £*.-(rt7/e. 

27025 Tierascons, Tarasconne. 

27026 Costenges, depenses. 



27058 Livrissons , munitions. 

27046 Traisime, treizieme; friege, voyex 
y. 25878 ; ce mot ici ne serait-il pas la traduc- 
tion de freda , fridus , fridhgildum , la composi- 
tion au moyen de laquelle on se rachetait? 

27047 Amati, accables, mates. 



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avorUe. 



DE PHILIPPE MOUSKES. 545 

Et leur mur a ti&re flati. 

Mais Dieux le fist tout proprement 
27050 K'il 6rent trop fort durement. 

Mais on a cont£ maintes fois : 

U viout li rois la va li lois 

Et Dieux. Li rois les retorna . 

Ki leur fblie bestourna. 
27055 Ki plus couvoite k'il ne doit, 

Sa couvoitisse le d&joit. 

Et cist orent tant couToitte . 

Qu'en la fin ont mal esploitte, 

Quar puis le tans rois Carlemainne, 
27060 Ki tout conquist k son demainne, 

Ne furent mais a <?ou men£ , 

Dont il sont ore fburmen^. 

Adont s'oi de la Rochiele tuvoiie de u EocheUe 

Li rois trop vilainne noviele , 
27065 Que li bourgois trair le vorent , 

Mais s^u fu si qu'il ne porent. 

Ses castelains les avoit pris 

Et en leur traison soupris. 

Et Ricars, ki Bistars ot non. 
27070 Estoit en l'isle d'Orion 

A III C cevaliers et plus. 

S'estoient la II jors repus , 

Fuiois s'en est en sa galie , 

Qu'il avoit bien aparillie , 
27075 Quant il sot que cil pris estoient, 

Ki la Tile trair devoient. 

A Baione s'en est raids, 

Et Tiers Bourdiaus, ki siet dal&. 

27048 Flati, abattus. glais Richard Giffart? 

27055 Couvoite, convoke. 27070 L'isle d'Orion, Hie d'Olfam , dans 

27066 Mais sen fu, mais on le sul.... l'Aunis. 

27069 Ricars Bistars, n'est-ce pas Fan- 27072 Repus , caches. 

Tom. II. 69 



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546 



CHRONIQUE 



Reflexions sur la ruine 
d'Avignon. 



Difficultes que fait 1 em- 

Jiereur pour allcr a 
a croisade. 



Et li rois , ki grant joie en a , 
27080 Partout le pais cemina , 

Mais de $aus fist emprisonner 

Et plusiors pendre et trainer. 
Ensi . pour Toir le sai et truis , 

Fu Ayignon r& et destruis . 
27085 Ki, pour force ki lor abonde. 

S'en apieloient kapemonde , 

Ciert a dire, ki le despont. 

Qu'Avignons ert li ci& del mont. 

Mais s'il fu ci&, or est si amples . 
27090 Qu'Avignons puet douner examples 

Qu'a droit est gr£r& et desfais 

Ki viout porter plus que son fois , 

Si com fisrent cil d'Avignon ; 

Ki furent rice, or sont vignon. 
27095 Quant abatus fu leur desrois . 

Si revint Tiers France li rois. 
Or dut l'emperires passer 

Avoec sa feme , outre la mer : 

Mais de (ou forment s'abaissa . 
27100 Que sa feme auques tos laissa. 

Si se prist k sa kanboriere . 



27082 Pendre et trainer, comme on Yu vu , 
ces mots sont , pour ainsi dire , inseparables ; 
pendre et ecarteler, c'etaient des supplices vul- 
gaires. Le proces du comle deLancastre, en 1322, 
offre ces mots : Thomas comes non trahatur neque 
suspejdatur; ou Fon retrouve pendre et trainer. 
Voy. Du Cange, au mot trahere. 

27086 Kapemonde , capo di mundo. 

27089 Amples , peut-etrepour ambles , a cause 
de la rime, et ambles serait mis pour amble'e, 
ravagee , pillee , car le mot amples , avec la si- 
gnification que nous lui donnons, semblerait 
former un contre-sens , a moins qu'il ne signifie 
une vaste solitude. 



27094 Pignon, pauvres comme de simples 
vigneroos, de miserables cabaretiers. Voyez 
v. 26178. 

27101 Kanboriire, chambriere. La continua- 
tion de Guillaume de Tyr, entre, a ce sujet, 
dans des details plus que nai'fs : « Li diables,qui 
o vit le grand amor entre Fempereor et le roi 
» Jehan , si fu mult dolens , et entra au cors de 
» Fempereor, et li fist amer une niece du roi 
» Jehan, qui estoit venue avec sa fille. II la 
» depucela , et sa fame enbait ; dont il avint un 
v jor que le rois Jehan ala veoir sa fille ; si la 
» trouva en sa chambre mult corociee : il li 
» demanda qu'ele avoit , et ele li dit que tout 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



547 



Et si dist qu en nule maniere 
Outre la mer ne passeroit , 
Se les Lombars vencus navoit., 

27105 Quar rien ne faisoient pour lui# 
S en ot grant ire et grant anui 
Li rois Jehans et laposLolies. 
IN iert mie a son acort Honories , 
Dont li rois d'Acre fu lonctans 

27110 A Boulougne-le-Crase estans : 
S'el sorent et conte et baron 
Et ii rois derant Avignon. 

Or ot li rois pris Avignon , 
Si ot abatu maint dognon. 

27115 Mais ce nos tiesmogne les tore, 

Qu'en eest ost ot trop grant mortore , 
Car gens morurent a millers. 
Et si ot mors C oevaliers. 
Voire CC portans baniere , 

27120 Quar l'os estoit grans et pleni&re. 
S'en fu li rois las et duellans , 
Quar li rois ert lor bien yoellans. 



JVouveaux details sur 
Avignon. 



» ainsi avoit fait Pempereor de sa niece, qu'il 
» l'avoit depucelee et la tenoit , et li enhaissoit. 
» Quant le rois o'i, si fu mult dolens, etconforta 
» sa fille , et puis prit congie , et s'en aia a 
» l'empereor. Quant il Tint la, l'empereor se 
* leva contre lui et le salua ; el le roi li dist qu'il 
» ne le saluoit pas , et honni fuissent tuit cit par 
» qui il estoit empereor, fors le roi de Franoe; 
» et se por pechie ne fust, il Tocciroit. Quant 
» l'empereor Toi, si ot grant paor et lui com- 
» manda qu'il vuidast sa terre. Le rois Jehan dit 
» volentiers, et qu'en la terre de si desloyal home 
» ne demorroit-il ja. II vuida la terre et ala a 
» Rome. » Michaud, Bibliotheque des croisades, 
1 . 376. La chose n'est pas comptee moins cru- 
ment dans la Ge'ne'alogie avecques les gestes et 
nobles faiiz d'armes du trei preux et renomme 



prince Godeffroy de Boulion. Paris, Lenoir, 1511, 
in-fol. min., fol. Pi. Nous ne citerons que ces 
lignes : « El moult humblement se plaignoit la 
» noble dame de cet obprobre et vil peche en 
» le remonstrant courtoysement a sondit sei- 
» gneur et mary. Par quoy il la traictoit moult 
t> mal et tellement que pour ce batit et frappa 
» pittsieurs foisicelle sa femme.... » 

27107 L'apostolies , lisez Vapostoles. 

27108 Honories , la mesure demande Honores, 
ce qui forme une mauvaise rime. II est question 
du pape Honorius III. 

27110 Boulougne-le-Crase, Bologne-hnGrasse. 
27114 Doguon, doojon. 
27116 Mortore, mortal He- 

27121 Duellans, ajllige. 

27122 Lor bien voeHani, bienveUlantpoureux. 



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548 



CHRONIQUE 



Humbert IV, sire de 
Beaujeu. 

Amauri VI de Mont- 
fort. 



Si ot mors clers , priestres et contes . 
Et basses gens , doni ne fu contes. 

27125 Mais tout li castiel environ 
Furent rendu par Avignon , 
C'onques, puis le tans Carlemainne , 
Ne tint mais France en son demainne. 
Et quant li rois ot regarnis 

27130 Tous les castiaus et renforcis, 
Monsignour Tibiert de Bielgiu , 
Son cousin, laissa en son liu, 
Et de M ontfort conte Amauri . 
Ki son cuer en ot atenri , 

27135 Et cevaliers autres ass&, 

Tous de sa tiire estrais et n&. 
Lors se remist li rois ariere , 
Viers France , la droite cariere , 
Pour rev^oir Blan$ain , sa feme , 

27140 Qui d'autres ert safirs et gemme, 
Et ses fius dont il avoit VI 
De leur £age bien asis, 
Et une fille bele et gente, 
Ki moult leur plest et atalente . 

27145 Quar il s'entr'amoient si fort 
Que tout ierent a I acort. 
N'onqes mais roine n'ama 
Son signor tant, ne r&lama , 
Ne tant ses enfans autresi. 

27150 Et li rois les ama ausi. 

Si que pour la roine france 
S'en repairoit li rois en France. 



27128 R4p&iti<m. 

27151 Tibiert, lisez Humbert, fils aioe de 
Guichard IV et de Sibylle , fille de Baudouin-le- 
Courageux, comte de Haioaut et de Flandre , et 
soeur d'Isabelle, femme de Philippe- Auguste. 



De la la parentequi fait employer a Ph. Mouskes 
le mot cousin. 

27140 Vers deja mis en ceuvre. 

27141 F/,sept. 

27144 Atalente, est agreable. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 549 

Mais fortune qui ne Toit goute 

Ot sa kaine a force route , 
27155 Et mauvest£ et couardise , 

Pour vaintre ounour et gentelise , 

Et pour le mont maitre en balance , 

Dont li rois iert escus el lance , 

Si com ses pkre avoit esti. 
27160 S'ot cis apri& lui poest^, 

Par droit et par afaitement ; 

Si yous dirai com fakement. 

Felippres , li quens de Namur, pi,ii» P pe n , CO mu d e 

Con tiunt a preut et ass^ur, 
27165 Et s'iert couzins le roi germains, 

Si m'ait Dieux et S l .-Gier mains, 

Qu'il estoit et vallans et sages , 

Hardis et corageus et larges , 

Fius le conte Pi^ron d'Au^oirre , 
27170 De ceste ost repairoit en oire 

AToec son signor, son couzin , 

Le roi, qui l'amoit de cuer fin. 

Mais la mors , qui nului n espargne , 

Ne ne tient valiant I escargne , 
27175 Pour I'eime qu'ele ot de lui, 

Ne n'iert envious de nului , 

L'ariesta et prist par le frain , 

Et si clama part et r£clain , 

Tant k'il estut morir le conte , 
27180 Dont li peules maint bien aconte. 

Et en ces eures fglenesqes, 

Moru de Rains li arcevesqes, Mor t de rarche^ue 

de Reims et de Bou- 
chard de Marli. 

27154 Jfatfte , chaine ; rou te, rompue. bagatelle. E scars , chicbe; escarceUe, bourse. 

27169 Pieron d'Aucoirre, Pierre de Cour- 27178 Clama part, reclama sapart; re'clain, 
tenai. pretention , droit que Ton fait valoir. 

27170 Oire, erre, voyage, eUt, disposition. 27181 En ces heures malbeureuses, en ce 
27174 Escargne, vae eeonomie d'ayare, une temps fatal. 



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550 



CHRONIQUE 



Guillaumes , ki fa deGenvile. 
D'une gent haute et moult gentile. 

27185 Si moru Bocars de Marli, 
Dont la cose point nabieli , 
Quar il estoit sages et preus. 
Ne de sa mort ne fu nus preus 
Se qou ne fu a Dieu la-sus , 

27190 Quar il avenoit bien fa-jus. 
Et quant li rois la 01 dire , 
S'en fti si plains d anui et d'ire 
Con ne le poroit aconter, 
Et maus seroit del acouter : 

27195 Quar la mors Guion de S*.-Pol 
Li ot d'anuis cargi^ le col , 
Et 90U k'il ert grevfe en paine . 
II mois apries la quarentaine , 
Sor les anemis Jhesu-Crist , 

27200 Si com Tapostoles nos dist. 

Ke vaut ^ou que plus en diroie , 
Ne moo conte en asloogeroie? 
EnTie et mors awec fortune , 
Et haine et leur gens commune . 

27205 Et bataille , ki les semont 

Pour plus acimciier le moot, 
Qu'il voloit em pais deraorer , 



27183 Genvile, Joinville, voy. v. ^6619. 

27185 Bocars de Marli, Alberic de Trois- 
Fontaines parle de ce chevalier. Hist, fr., X VIII, 
782, A. II jura, en 1214, la treve conclue a 
Chinon avec les rois de France et d'Angleterre. 
Ibid., XVII , 104, E. La maison de Marli etait 
use tranche de celle de Montmorency , dont le 
chef fut Matbieu, fils de Malhien I er et d'Aline 
ou Aiix, filie natnrelle de Henri I or , roi d'Angle- 
terre; ce Thibavt qai se crcdsa Tan 1175, mou- 
rut vers 1190, moine de N.-D. du Val, ordre 



de Citeaui. — Bouchard I cr de Marli, dont parle 
le teste, seigneur de Montreuil-Bonnin, Saissac, 
S l . -Mar tin en Languedoc , Picanville, etc., etait 
fils de Mathieu de Montmorency et de Mahaut 
de Garlande. Andre Du Chesne , Hist, de la mai- 
son de Montmorency, pp. 666 , 670. Du Chesne 
transcrit les vers 27185-27194. Voy. eo outre 
r Introduction de ce volume. 

27198 I / mois Sur la longueur du siege 

d'Avignop, voir v. 26955. 

27296 Acwndier, aconchier. soailler. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 551 

Et sans doloir et sans piorer, 

Celui ont ahier* a lors mains , 
27210 Ki plus gardoit et plus et mains. 

Et 90U fu fait , a vert^ dire , 

Pour crestiente entredire 

Et sainte eglise ad&evoir , 

Ki s'iert ahierse , tot pour voir , 
27215 A Lofys , fil Phelippon , 

Ki toute avoit s'entension 

Mise a crestiente garder . 

Et de cuer et d'ious regarder. 

Or 60s quel malaventure 
27220 Et com fole desconfiture 

Qui tous les maus ont tous les biens , 

Si desconfis que n'i faut riens. 

La mors m&smes , qui tot prent won a« Louis vm , 8 

„ if. novembrc 1226. 

Et tout degoit et tout souprent . 
27225 Avant tous les autres , sans doute , 

S'est adi^cie enmi la route ; 

Si ahiert Lofys le roi , 

Par son outrage et par desroi , 

Que plus n'el laisa cevaucier ; 
27230 Ainc Varies ta a Monpancier. 

Et quant li rois se vit ahiers 

Par tout, de lone et de traviers, 

Si devisa son tenement 

Moult bien et moult assisement , 
27235 Et dona en maint liu del sien : 

Pour s'arme et pour Dieu si fist bien. 

Puis apiela ses compagnons . 

27209 Ahiers, saisi. 27233 Devisa, partagea; tenement, avoir. 

27214 Ahierse, attaches 27237 Les vers 27237, 27243, 27231-27234 

27221 Qui , de qui. sont transcrits par M. De Fortia , dans son edi- 

27230 Monpancier , Montpeosier , pres de tion de Jacques De Guyse et de Jean Lefevre , 

Clermont, en Auvergne. XVI, 142. II y a dans cette citation quelques 



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552 



CHRONIQUE 



Mathieu II He Montmo- 
rency. 



Exeeuteurs des dernie- 
res volontcs du roi. 



Louis ordonne en mou- 
rant de continuer la 
guerre contre les Al- 
bigeois. 



Et son ciergiet et ses barons ; 
Si lor fist esranment jurer 

27240 De s'ainsnet fil assurer, 

Et de couronner a quintainne . 
Pour oster d'anuis et de painne 
Et la contree et le pais , 
Et pour $ou qu'il ne fust trais. 

27245 Et il li orent encouvent , 
Plorant et rec&nt souvent 
Sa vallandise et sa bonte , 
Et sa largaice et sa biaut^. 
Et li rois , ki bien les ooit . 

27250 Les aparloit quant il pooit. 
Et Mahiu de Monmorenci 
Proia-il que , par sa mierci , 
Presist en garde son enfant; 
Et il l'otria en plorant. 

27255 Et Jehan de Niiele aToec . 
Le commanda li rois illuec , 
Et fr&re Garin , le savant , 
Ki s'aloit de duel esragant, 
Et tout li autre aval l'ostel , 

27260 Pour la doutance d'un et del. 
Mais tot esrant en Aubugois 
Commanda renvoient li rois 



legeres variantes d'orthographe, et aumot esran- 
ment on a substitu^ esrancant qui De signifie 
rien. Andre Du Ghesne transcrit toutle passage 
v. 27237-27254 , p. 140 de YHitt. de la maiton 
de Montmorency. 

27246 Receant, regrettant? 

27255 Jehan de Niiele , Jean de Nesles , fil 8 de 
Jean I cr , seigneur de Nesles , de Flavy et de la 
Herelle , chatelain de Bruges , et d'lhisabelh de 
Lambersart. Voy. Du Chesne , Hut. yene'al. de 
la maiton de Bethune, pp. 272-276. II etait issu 



des comtes de Soissons. Jean II , vendit la cha- 
tellenie de Bruges , en 1224 , a la comtesse de 
Flandre , ainsi que nous 1'avons deja dit et que 
le contera Ph. Mouskes lui-meme. Voy. l'edition 
de J. De Guyse, par M. De Fortia, XVI, 
209-212; Warnkoenig, Hist, de la Flandre, II, 
129-49, et v. 28553. 

27257 Frere Garin, le chancelier, ainsi appele 
parce qu'il avait ete frere hospital ier de S'.-Jean 
de Jerusalem. 

27258 Esragant, desesperant. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



553 



Siergans ass& et cevaliers , 
Cevaus et armes et destriers. 

27265 Si fu lues fait par son acort, 

Quar li rois en parla moult fort , 
Com cil ki leur ot encouvent 
Ki les soucorroit yoirement. 
Et fii mandet as garnisons 

27270 Que leur cors et leur garisons 
Gardasent bien avoec I'enfant , 
Quoi que del roi fust avenant, 
Quar il auroient a plain cours 
Et gens et deniers et soucors. 

27275 Petit apri& que li mesage 
S'en al&rent s&ir et sage , 
Si Tint la mors , ki desfia 
Le buen roi , et il s'afia 
En Dieu , s'eut toute sa droiture , 

27280 Plainnement, a bonne aventure; 
Et lues esrant si devia , 
Car la mors a mort 1'enyia. 
Si quida-on par verity 
Con reuist \k envenim^ , 

27285 Et les autres barons de Tost , 
Qui mort i estoient si tost. 
N'ainc pour emper^or ne roi 
N'oi-on tel duel a desroi. 
Puis fu mis en une liti&re 

27290 Pour raporter en France ari&re. 
Et tout ensi com il yenoient , 



8oupcons d'empoison- 
nement. 



27279 But , ce mot. eUit aussi de deux syl- 
labes , e'ut. Voy. encore plus bas v. 27594. Alain 
Ghartier ecrivait au XV siecle : 

Gens lasches et recreuz, 
Defiles et mescrlus, 
Et de rertu descr&is, 

Tom. II. 



Qui a souffirir ne s'apprennent : 
Et les biens qu'ils ont iuz, 
Et par grice rectus , 
Ont Irop tost descongnlns , 
Sans 89a voir dont ils les prennent. 
De legier vers Dieu mesprennent. 

£d. d'AMDKi Du CHE8NE , 1617, 
in-4o, p. 332. 

70 



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5&4 CHR0N1QUE 

Les gens trop grant dol demeaoient. 

La relne Blanche Tient Or eStOlt dlt & la rOlDe 

aa-devant de son ^ ,. . • 

man qu'elle croit v.- Que ll 1*018 YlCIlt SaillS et CeilllDe , 

v " nt 27295 Si ot fait 1 car atorner, 

Pour ses fius encontre mener ; 
Et li ainsn& , ki ceYatif a , 
Cele part moult tos en ala. 
Mais frere Garins qui Tencontre 

27300 N'el laisa plus cevaucier outre, 
Ain» a fait retorner I'enfant. 
Et la roine maintenant , 
Ki se fust ocise de duel , 
Son n'el tenist outre son voel. 

27305 Si fu dire et d'anui Yiermelle , 
Et 90U ne fu mie miervdle , 
Qu'il li fu tout adi&s preudom , 
Del commencement jusqu'a som. 
Mais que Taut ?ou? Envie et mors 

27310 L'orent a naort perciet et mors. 
pb.i.ppccomtedeBou- Sen mena trop grant dol Felipres , 

° gae " Ses freres, li sages, li vistes; 

1 Quar la roine pk>roit tant 

Que tuit en furent d£mentant. 

27315 Dont jou di bien T et fis en sui , 

Que Dieux ama plus soi qu'autrui ; 
Quar tout le bien qui 9a jus ert , 
Trest avoec lui , si com il pert. 
Et qui bien sa yallance glose, 

27320 C'est ™>laite, lis et rose, 

Pour tous les biens a remirer. 



27299-300 Encontre et autre, rime en goret. 27316 I/auteur revient encore a cette idee 

27304 Outre sonvoel, malgre elle. que Dieu en enlevant a la terre lea hommea au- 

27307 Qu'il U fa , poiaqne Louia lui fut perieurs , songe a son propre interet. 

toujoura..... 27319 Glote, explique , apprecie. 

27311 Felipret, Philippe ,comtede Boulogne. 27321 Remirer, admirer. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



555 



Or en a fait son peule irer. 

Mais S l . -Denis , pour mious cotnbatre, 

L'a fait la-sus el cid cnbatre. 
27325 S'en sera plus doutfe s'ire 

La-sus a tons, quar cu ert sire 

De la plus valiant region 

TiAriiine-, et la legion. 

Dieux n'enpira pas Lo&s^ 
27330 Ains iert ses compains ob&s; 

S'iert tos de sa loi avancier. 

Et ses eommans a enfbrcier, 

Qu'il iert boins aumosniers et sages , 

D^bonnaires, hardis et large*, 
27335 N'en Clerivaus , a droite somme , 

N'avoit nul si bon errant orae. 
Ensi a dious , a plours . a cris , 

Si que petis fu li d&rk., 

L'ont a S*.-Denis aport^: 
27340 Mais n'i ont gaires d^port^ , 

Si que par lui preus et braidis 

Que tout li sains de paradis 

I&rent desconfit et kaci^ 

S'orent tant a Dieu pourkaci^ , 
27345 Pour force dont il n'orent point, 



27322 Irer, s'affliger avec violence. 

27328 TieriiSne, terrestre. 

27333 Clerivaus, Clervaux, chef-lieu d'ordre. 

27358 De'tris, retard, delai. 

27340 N'i ont gaires deporte, n'y ont guere 
£te satisfaits. Deporter a aussi un autre sens , 
comme on le voit dans ce quatrain qui date du 
XV« siecle : 

Smige felon doit-on cremir, 
Bt sot felon bien tost fulr, 
Sot del>onnaire deporter, 
Et sage debonnaire amer. 

M«« De 8«.-Sobih , VHdtel de Cluny 
1835, p. 109. 



27341 Braidis, ce mot, qui a de l'analogie 
avec le flam and breed, large, semble £tre une 
forme de barde, fort, vigoureux, suivant Ro- 
quefort. Le passage tout entier n'est pas sans 
obscurity. En voici le sens : 

lis n'y furent guere satisfaits de ce que 
tous les saints du Paradis , qui semblaient avoir 
&e deconfits et mis en d£route , avaient instam- 
ment pri^ Dieu, pour les remettre en point 
et leur rendre la force dont ils manquaient, 
d'enlever Louis, ce monarque preux et fort a 
oeux d'ici-bas , pour le donaer a ceux de la- 
htut. 



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556 CHRONIQUE 

Si que pour aus remaitre en point , 
Le toli Dieux ?aus de ga-jus , 
Si le douna ?aus de la-sus , 
Pour lui aToir en compaignie. 
Que ie roi Louis euit 27350 Quar H rois iert de la lignie 

de la lignec des com- _ _. - __ . 

te* de Fiandre et de Des Mamens et des Hamnuiers, 

Que tout ausi , com faus gruiers , 
Prent sa proie as cans et as bois , 
Prisent la contr^e as Grijois , 
27355 Et la cit<$ Tallant et noble 
Con apiele Coustantinoble ; 
Et \k furent emper^our , 
Comme preudorae , tamaint jor. 
ce que Ton perdit a ia Or aToient leur Yolent& 

mort dc Louis VIII. a«o/»/\ o • 

27360 Samte glise et crestient& 

D'une estace u il s'apuioient , 
Que nule rien mais ne dotoient; 
Or est l'estace a lui brisi^ 
Et desrompue et defroisi£; 

27365 Or avoient cevalier pais , 

Qui guerre auront et painne et plais; 
Or esroient li marceant, 
Ki seront quoit et mesc&mt. 
Quar cis faisoit les plains marci&, 

27370 Comme rois en droiture et ci&. 
Or ga^gnoient laboureur, 
Ki seront quoit et en doleur, 
Or n'oseront issir des rues , 
Qu'il ne pergent cors et ci^rues , 

27375 Quar li rois Felippes et cis 
Les orent ost& de miercis. 
Mais triuwe et pais , a ceste fois , 



27552 Gruiers, aergent, garde forestier \faus 27368 Mesceant , malheureux. 
^mtVrt neserait-ilpas uneespece de braconnier? 27374 Pergent, perdent; cieruet , charrues. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 557 

Sont partout pri& mis en d&ois ; 

Se Dieux n'i mait et ious et cuer ; 
27380 Pries sera yenu a cest fuer, 

Se li valiant baron de France 

Ne font l'oir et sa tiere france ; 

Quar France est roiaumes sofrains 

Et des premiers as daerrains. 
27385 Mais pour la ti&re entremeller, 

Viles ardoir et gens fouler . 

Vot guerre morteus cevaucier, 

Pour pais destruire et encaucier. 

Et haine fause et laniere 
27390 Ot ]k lev& sa bantere, 

Quar Dieux iert I poi endormis 

Pour asaiier ses anemis , 

Qui Font gr^v^. Se $ou ne fust 

Qu'el ciel de roi mestier £ust , 
27395 Et pour itant si le Yolt-il 

Pour son regne oster de p^ril , 

Quar Lofys , li rois proissi^s , 

S'iert pour Dieu de la crois croissi& 

D'Aubugois , et si eut e&ti 
27400 Tres le commencement d'est^ 

Jusqu'entor fieste S*. Martin , 

A bonne eure et a bon destin , 

Par le commandement de Roume , 

Qui de crestiiens est la soume. 

27578 Pries, presque; mis en de'fois, mis en 27592 Asaiier, eprouver. 

defense , defendus , interdits. 

fl -- OA » T f i . i , Un rei aveit un socn serjant 

27380 Nou. en seron* pre»que reduit. la s. g e et con™ «i biea ™il.nt : 

SI. • . Bien aveit li reis essaiez 

27585 Sofrains , SOUverains. Que del side ert moult ensengniez. 

27584 Du premier au dernier. Le Chastoiement, public par la 

o-r*OK v *_ i» • » j l c • Sociite des bibliophiles fran- 

27585 Entremeller, jeter dans la contusion, cais 1824 u ,j 2 
le desordre. 

27591 Dieu est endormi ! 27599 Eut, voy. v. 27279. 



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558 CHRONIQUE 

27405 S'iert si \aw4* de ses p&ies , 

Qu'il n'iert mais de nul entecies. 

Ainc estoit plus que safirs fins , 

Ne esmeraude ne rubins. 

Et Dieux , qui bien en sourenoit . 
27410 Le quoissi tel com il yoioit. 

Si le retoli convoitisse , 

Et fauset^ et couardisse , 

Et haine et mort et envie , 

Qui l'avoient giet^ de vie; 
27415 Auqae* par son assentement, 

Pour le roi prendre naitement , 

Quar nait le savoit et Urn*. 

Si Fa od lui el ciel lev£ , 

A la seniestre S*. -Denis. 
27420 Quar ses pire iert A destre mis. 

Pour qou vot-il qu'o lui entrast, 

Que jamais $i jus ne pecast. 

Pour c est li rois sains et entirs . 

Poses el repos des martins, 
27425 Car il fu martins et confi& , 

En painne et en aumosne apri&. 

Si est bien raisons qu'il i p£re , 

Qu'il ait ounour si com ses pire. 

Dont jou di, et c'est mes recors , 
27430 Que paradis en est si fbrs 

Qu'il n'aintme mais le remanant , 

Qu'il a $a jus laisci^ manant. 

N'ainc paradis ne bargigna 

Si bien , ne tant ne ga^gna , 
27435 N'ainc mais France n'ot tel desroi 

Puis Carlemainne le bon roi , 

2741 5 Son assentement, l'assentiment de Dieu. qu'il dedaigne lout ce qui est reste* en ce mo ode. 
27417 Nait, net, pur. 27455 Bargigna, negocia, marchanda. Nous 

27450 Le Paradis eat si fier de sa conquete , avons encore barguigner. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 559 

Com del pere cestui et cest , 

De vallandise ne d'aquest ; 

Quar li pere ert de haute afaire, 
27440 Et li fiua , bout et d&onnaire , 

S'amoit sa gent autant com lui , 

Et haut et bas n'i ot celui. 

Et sa marastre li iert mere 

Et il li iert et fius et pere. 
27445 Sen fiat tant dire et dlplorer 

Con n'el puist dire n'esp&er. 

Et la rome iert feme et dame. 

Oir oiis com Dieux nos adame, 

Ki tel aignor nous a tolu 
27450 Ki moult valoit et a yalu. 

Enmi la glise S t .-Denis 

Fu rieement couviers et mis , 

Trop fu li dras rices et gens. 

Si vinrent de partout les gens. 
27455 Et la contesse, sa couzine, 

Jehane en plora d'amor fine , 

Flora ! voire , se Dieux i fust , 

Di-jou que plorer I'est&ist, 

Voire et tout li sains par raison , 
27460 Quar Ik en ot liu et saisson. 

Mais toutes voies li plus sages , 

Pour Tenfant qui n'ayoit d'&ge 

Que XII1I ans et petit plus, 

Si com il est coustume et us , 
27465 Quant parfines fu li sierrices, 

Si com il diut et haus et rices , 

Au los de Dieu et de sa mere , 

27445 Samarmiire,lDgeberge,9ecODde(tmme 27456 Jehmme, la o— Ueaie de Flaadre et de 
de Philippe-Augutte , decedee a Gorbeil , le 29 Hainaut. 

juillet 1236, sans avoir eu d'enfaii*. 27458 Festeust, lui eta cottvenu. 

27446 Oir, or, ore. 27460 Saisson, aaiaon. 



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560 CHROMQUE 

L'ont seveli jouste son p6re. 

Lors fu li dios tant enforcing, 
27470 Qu'il en i eut pri& desragi&. 

S'en furent li moine dolant 

Trop durement et trop joiant, 

Joiant de ?ou que si haut oste 

Giurent la-dedens coste a coste , 
27475 Dolant de $ou que si boin roi 

Ne ti&nent encor lor conroi. 

S'en deyroit plorer tous li peules , 

S'il n'est et d'ious et de cuer yeules; 

Quar par aus iert la tiere toute. 
27480 De $a mer et de la sans doute. 

Mais 90U que vaut , trestot morra , 

Ja riens vivans n'i demorra , 

N'onques mais teus dious ne fu fes 

Ne ne sera ciertes james , 
27485 Com il ot a Venturer 

Et en apri& au d&eyrer 

Et des dames et des barons ; 

Mais tant i a , tout le sivrons. 
Louis ix , on saint- Le roi laisent, sans nul delai • 

Louis, roi de France. »/\/\ «-, 

27490 Et cevalier et clerc et lai. 

Mais des barons li plus sen£ 

Ont a Paris l'enfant men^ , 

U li plusiour lass^urerent, 

Ki son taiori et peu amerent. 
27495 La contesse Jehane iert la 

De Flandres , ki l'ass^ura , 

Et apries Ernous d'Audenarde , 

27473 Otte, hdtes. Com Hi ot a l'entierer. 

27478 Veulet 7 paresseux , lache , dit Roque- 27486 Au detevrer, deseurer, au depart, au 

f° rt « moment oil il fallut quitter les depouilles mor- 

27485 Ce vers est trop court; on le retablit telle* de Louis, 

en lisant : 27497-98 Audenarde et Gavre, rime rurale. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 561 

Et mesire Rasses de Gavre . B«n^>n an comte de 

_ . Flandre Fernnd. 

Qui porterent et mars et byres , 
27500 Dont Ferrans diut estre d&ivres. 

Mais li consaus les fist atendre 

Tant que l'enf& peust sacre prendre. 

Lors manda-on les arcevesques 

Et les ab& et les ^vesqes , 
27505 Et les contes et les marcis , 

Ki tout a grit et k miercis 

Fuseat prest a Rains , en haut liu, 

Le jour de fieste S'.-Andriu. 

Et les commugnes manda-on 
27510 Partout le pais environ , 

U toute la gens crie et pleure; 

Et li clergies , & cascune eure , 

Ki pri& ierent mat desconfi. 

Quar nos savons moult bien de fi 
27515 Que, de ci jusques en Surie. 

Amoit-on et doutoit sa Tie. 

Et cil de Gresse voirement 

S'i fioient trop durement . 

Et Alemagne et Engletiere 
27520 Doutoient le roi et sa gierre , 

Et la haute cit& de Rome 

Ne li pappe n'aroa tant ome. 

Mais li reubeur et li larron 

Vorrent bien la mort del baron , 
27525 Qui voldrent reuber et tolir, 

Mais il i poront bien falir , 

Se Dieux sauve les XII pers 

II est parte plus haut d'Arnould d'Audenarde et savant , M. C.-A. Walckenaer, que vient 1'ex- 

de Rasse de Gavre. pression une bonne robe , pour exprimer one 

27499 Mars, marcs. femme jolie, gaillarde, complaisaDte. Bonne 

27525 Reubeur, voleurs. C'est de rober, reu- robe, c'est-a-dire bon butin. Note sur la tervanie 

ber y suivant un philologue aussi iogenieux que justifie'e, de La Fontaine. 

Tom. II. 71 



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362 



CHROMQUE 



Louis IX est sacre & 
Reims, 29 novembre 
1226. 



Le due de Bourgogne. 



De France, del sieele non pen. 
Si di , et pour voir le set-on , 

27530 Qu'en Fan del incarnation 
M et CC Tint et sis 
Si moru cis row Lofys, 
El novembre qu'iriers ombrage. 
S'ot XL ans sans plus d'^age 

27535 Et s'ot estl li rois sen& 

III ans et demi couronn&. 
Ne puis le tans roi Dagobiert 
N'ot roi en France mains cirriert, 
Ne puis que moru Carlemainne, 

27540 Ne quist tant roi k son demainne 
Ne ki de tant fust rois tenans , 
S'&iiat encor vescu XX ans. 

Al jour ki fu pris et donnas 
Que li enfts fu couronn&, 

27545 Vinrent a Rains plusior baron 
De lontains pais environ. 
Et li jovenes dus de Bourgogne , 
Ki dolans fu de la riergogne, 
I vint volentiers et de gr«S , 

27550 Quar ses p£re ot le sien am6, 
Ausi fist li bons rois Felipres , 
Quar il li fu pri& k Bo vines. 
Si ot pr4las et arcevesqes , 
Ab& et kanonnes et yesqes , 



27531 Pour que ce vers ait sa mesqre, il 
faut lire : 

M et CC et Tint et sis. 

17533 Iviets, hirer; ombrage , attriste. 

27554 XL ans , il Itait dans sa trente-nen- 
vieme annee. 

87536 /// ans et demi, Irois ans et qua t re 
mois moins six jours. 



37538 Mains cuviert , moins doue de mau- 
vaises qu allies , de vices iudignes de son 
rang. 

27540-41 Qui fut plus zele pour Fagrandisse- 
ment de ses £Mb et qui ftendit plus loin sa 
domination. 

27547 Lijovenes dus de Bourgogne, Hugues IV, 
age alors de quatorze ans environ , &ant n£ le 
9 mars 1212. 



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DE PHILIPPE MODSKES. 



563 



27555 Et li patriaclee i Tint 

De Jurealem, ensi avint. 
Li cardenaus i demora, 
Ki pour le rois ass& plora : 
Si mist al sacre de l'enfant . 

275.60 Et de confort se mist entrant. 
Mais ne fu mie en la compagne 
Li quens Pi&res, qui tint Bretagne, 
Qui , pour conyoitisse de guierre , 
Al fr&re le roi d'Engleti£re , 

27565 Ricart, ot promise sa fille , 
Si nota-on barat et gille ; 
Mais li quens Robiers i ala 
Pour faire oumage, quant fu la; 
Et ses frere li tr&oriers 

27570 De Biauvais , ki secons u tiers 
Fu noum^s de l'arcevesqui^ 
De Rains , mais on lot atargte. 
Si n'i ot encor nul e&iiut, 
Pour Me roi ne faire n'ei Hut, 

27575 Que li en&s n'en fust gr£v&. 
Anfois que il fust aciey&. 

Maint rice ostel ot pris a Rains , 
Darrains, moiiens et premerains. 
Et la roine i amena 

27580 Son fil, ki duel et joie en a; 



Le patriarche de Jeru- 
salem assiste au sa- 



Le* comtes de Breta- 
gne, de Cornouailles 
et de Dreux. 



27588 Li patriacles , Gerond ouGiraud, deja 
mentionnl. 

27557 Li cardenaus, le cardinal legat Romain. 

27559 Al sacre, Louis IX fut sacre, suivant 
l'opinion commune, par Jacques de Basoche, 
eveque de Sotssons, le stege de Reims eUnt 
vacant , mais Ph. Mouskes dit que ce fut frere 
Garin , eveque de Senlis. Foy. v. 27645. 

27562 Piires, Pierre Mnuclerc. 

27565 Ricart, Richard , comte de Cornouail- 



les, frere de Henri III. Sa fille, Yolande de 
Bretagne, fut mariee a Hugues XI de Lusignan, 
ills aine du comte de La Marche. 

27567 Robiers, Robert HI, dit Gate-bled, 
comte de Dreux depuis 1218. 

27569 Ses frere, Henri de Dreux, archereque 
de Reims, en 1227, mort le 8 juillet 1240. II 
etait fils de Robert II et d'Yoknde de Gouoi. 

27572 Atargie, retarde. 

27574 N'el Uut («** licuiQ. 



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564 CHROMQUE 

Et fu sour I kar amends , 
En tour lui des barons asses. 
Mais, a l'entrer de la cite, 
L'ont sor I grant destrier mont£. 

27585 Descendus est el droit palais, 

Mais n'i ot sons ne cans ne lais. 
Lecomte d« Champa- S'ayint que li quens de Campagne, 

De sa gent et de sa compagne 
Ot envoii^s tous premerains 

27590 Prendre rices osteus a Rains , 
Et il meismes i venoit , 
Si qu'a II Hues pri& estoit. 
Mais quant la ro'ine le sot 
Et ses fius . moult grant joie en ot , 

27595 Pour son signour qu'en Aubugois 
Avoit relenqui sour d^fois 
Mauvaisement et auqes tost. 
Si dist la ro'ine al prouvost 
De Rains et as kemugnes totes 

27600 Que de Rains ostassent ses nutes , 
Ne que ja li quens n'i entrast 
Pour prendre valiant I repast. 
La suite du comte de Et li prouvos vint as siergans 

Champagne est chas- . . 

« C Tiofemment de Le co nte , o lui aus ne sai quans , 

27605 Si leur commanda a issir 

Tout bielement et par loisir, 
Et cil disent que non feroient , 
Li quens venoient , si l'atendoient. 
Et quant li maire ot lor respeus , 
27610 Si fist entrer en lor osteus . 



27887 Li quens de Campagne ; Thibaut IV, le quement le siege d' Avignon. Voir t. 96197. 

posthume , surnomme* le Grand , et dont il a ete Sour de'fois , malgre la- defense ? 
question plusieurs fois precedemment. 27600 Routes, bande* armees. 

27596 Relenqui, abandonee. On se souvient 27602 Repast, repas. 
que le comte de Champagne avait quitte brus- 27609 Respeus, reponse. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 565 

Et lor banieres fore gieter, 

Et trestout lor harnois oster. 

Si les kacierent si de Rains , 

Que tous lies fii li premerains. 
27615 Et li quens sa mesnie esta , 

Ki toute sa yoie outre outra. 

Si lor a dit com faitement 

Furent d&nen^ laidement, 

Et li quens s'en est retorn& 
27620 Tous coureci& et forsen&. 

Quar tot esranment li manderent 

Li baron, qui od 1 enfant erent, 

Qu'il ne fermast castiel ne tor, 

Ne Canpagne , ne la entour , 
27625 Et sluist bien, s'il le faissoit, 

Toute France sor lui iroit. 

Petit apri& fu commences 

Li sierrices, et adr&i& 

De cardenaus et d'arcevesques , 
27630 D'ab&, de kanonnes, de vesques. 

Et si tramist-on pour l'anpoule l. samte Ampoule. 

A S'.-Remi; si ot grant foule, 

Quar plus de CCC cevaliers 

I ot arm& sor les destriers. 
27635 Si l'i a 1'aWs aportfe 

A Nostre-Dame , et pr&ent& 

El liu, pour l'enfant ordener 

Et b&i&r et courouner. 

Et li arcevesques de Sens 
27640 Le reciut a droit et a sens , 

Quar d'arcevesque n'i ot point 

Fait a Rains donques a eel point. 

Mais ses loiaus amis et fins , 

27615 Esta, arr&a. 27617 Si lor a dit, plut6t si lui out dit. 

27616 Sa 9oie outre outra, pasaa outre. 27618 Laidement, outrageusement. 



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566 CHR0N1QUE 

Cil Fa enoint frire Garins , 
27645 Et des ^vesques li doiiens , 
Frere Garins , ki fu moiiens. 

Quant li enoindres fu fin& , 
Si com il diut , et tiermin& , 
Si as^urerent Ienfant 
27650 Cil ki la furent maintenant, 

Qui qu'en rie ne plort ne grogne, 
Et li joT^nes dus de Bourgogne , 
Et tous li clergies k mierci , 
Et li troi fr&re de Couchi , 
Le. sir« s de Coud, ie» 27655 Li quens de Bar et cil de Blois , 

comtcs de Bar el de . 

Btoiv • Et li Normant et Hurepois, 

Et trestout cil de la conqueste 

Le roi Felipron , et de ceste. 

Et fu rnande, $ou sai*»je bien, 
27660 Partout c'on n'en doutast de rien , 

Mais gardassent Tiles et bors, 

Et cit& et castiaus et tours * 

Gomme ktial , avoec l'enfant 

Qui couronn& fu maintenant. 
La comtesse dc Beau- 27665 Et la cotitesse de Biel-giu 

I fu venue sans nul giu ; 

Et , pour le p&re et pout l'enfant , 

I mena duel et joie grant. 

Ensi , sans noisse et sans d^tris , 
27670 Fucou rounds et b&i&s. 

A cest roi Ienfant Lo&s 

Po& conter XL et VI , 

Uns et autres , al regne esiius , 

27644 Frere Garins, voy. V. 25687. 27685 li queni de Bar, Henri II, fils de Thi- 

27646 Moiiens, intermediate, baut I et et d'Isabelle, fille de Gui, comte de 

27654 Couchi, Enguerand III , dit le Grand, Bar-sur-Seine ; et cil de 2?/otr,Gautierd'Avesnes. 

Thomas , seigneur de Vervins et Raoul , qui 27656 Hurepois, voy. la Table g£ographiqne. 

embrassa Tetat ecclesiastique. 27665 La conUsse de BieLgiu, voy. v. 24914, 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



567 



Que paiens, que oirs, que ballius, 

27675 Puis qu'en France ot premiers roi fet. 
Mais jou cone avoec eatreset 
Caus ki perdirent par foibl&ce 
Leur roiaute., tout par perece, 
Dont mains om a est^ hounis. 

27680 Si dist restorie a SVDenis 

Qu'a cest roi sont XXX orden^ 
Et b£n& et couroun^. 
Et si vos di et cone sans plet 
Que des oirs roi Huon-Kapet, 

27685 Que sans nul droit aquist le resne, 
Est cis neuvismes , dont je resne : 
Blons f u et s'ot visage blau , 
Ausi com U oir de Hainnau. 
(km f u en Fan , ce dist 1'esciis , 

27690 M et CC et Tint et sis 
De Tincarnation Jh&u, 
Et par I di&nence fu, 
A le S l . -And riii yoirement. 
Mais a tot le mont proprement 

27695 Fu grans anuis et grans desrois, 

Qu'en France ot en III ans III rois : 
Felippron et puis Lofy , 
A qui Avignons otai, 
Et Lotys , le celui fil , 

27700 Ki fu del linage gentil, 

Et de par p&re et de par mdre , 
Dont li enffo la mort compere , 
Quar il n'^uist encor que faire 



Chroniques de S'-Dcuis 
de nouveau citees. 



Hugnes'Capet considere 
co mm eun usurpateur. 



27674 Que oirs, que ballius, soit qu'ils aient 
regne par la loi de rher&lite , soit qu'ils aient 
eu le gouvernement de fait. 

27676 Cone, eompte. 

27680 L'estorie, lisez I'estore. 



27683 Cone, conte ; sans plet , positivement. 
27685 Que, qui j resne, regne, regne, royaume. 
27696 /// ant, ce terme doit £tre quelque 
peu depasse*. 
.27702 Compere, paie. 



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568 CHRONIQUE 

De maintenir si haut afaire. 
27705 Et quant cis , par bonne aventure , 
Ot acoraplie sa droiture , 
Rivaiitc cntre ics com- Si Tint la dame de Caropa&ne 

leases de Champagne m r U 

et de Fiandre. Et Tint la contesse Jehane 

De Flandres, qui sa niece estoit. 
27710 Si fisent demander, pour droit, 

A porter l'espfo le roi. 

Mais pour abaiscier le desroi , 

Saus tos drois , le porta m&smes 
Le comte de Boulogne Li quens de Boulogne Felipres, 

*^5$?ifT 27715 Ki fu oncles k eel enfant. 

S'el tenoit-on a moult valiant. 

Et lendemain si cemina 

La roine , et si remena 

Lo&s, son fil, a Paris. 
27720 N'a Rains ne la n'ot gu ne ris; 

Et quant la roine i parrint , 

Pour le roi dont il li souvint , 

Son signour, se desconforta . 

Mais pour son fil s'en esporta . 
27725 Quar s'ele ot duel pour son signor, 

Joie ot d'el fil et de s'ounour. 
on apprend 4 Paris la Lors Tint nouYjele que Francois 

defaitedes Alhigeois. ^ - _ 

Orent desconns Aubugois. 
S'ierent souvent devant Tolose , 
27730 Pour le roi que cascuns goulouse , 
Et pour ?ou que par leur desroi 
Ne doutassent l'enfan$on roi. 
Et de 5a fu recommence 

27706 Sa droiture , ce qu'il devait faire. 27712 Abaiscier, apaiser. 

27707 La dame de Campagne 7 Agnes , fille de 27715 Saus tos drois, sauf tons droits. 
Guichard IV, sire de Beaujeu, avec laqoelle 27720 Gu,jeu. 

Thibaut se mariaen 1222, et qui mourutle 11 27730 Goulouse , desire ardemment , en- 

juillet 1251. vie. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



569 



La noisse grans et efforcie 

27735 Deviers le conte de Canpagne , 
Et viers le conte de Bretagne ; 
Et li quens de la Marce ausi . 
Revenoit gueroier ensi , 
Et Savaris de Maulion , 

27740 Od lui Poitevins et Gascons , 
Et Ricars, li engl&s, a wee, 
Ki pour el n'iert venus aluec 
De la Henri , roi d'Engleti&re , 
Ki voloit commencier la gierre , 

27745 Et demandoient Tiers l'enfant 
Cose dont n'i&rent pas tenant. 
Mais li clergies et ses consaus 
Les en clamoient fos et faus. 
Et li tr&oriers de Biauvais 

27750 Fu darrains arcevesqes fais, 
Si aati que ja desroi 
Ne feroient si fr&re au roi , 
Qu'il ne leur gr^vast autresi , 
Comme son mortel anemi. 

27755 Ensi touella li pais : 

Si ot d 'am& et de hais. 

Adonques en eel point esrant , 
S'ont d&ivret conte Ferrant 
Si Hainnuier et si Flamenc , 



Guerre contre l'Angle- 
terre et les comtes de 
Bretagne, de Cham- 
pagne et de laMarche. 



Sayan de Mauleon. 



Delivrance du comte 
Ferrand. 1227. Nou- 
veau style. 



27536 Le conte de Bretagne , Pierre Mauclerc. 

27737 Li quens de la Marce, Hugues X de 
Lusignan. Sur ces guerres , voir Jean Lefevre a 
lasuiteduJ.DeGuysedeM.DeFortia,XVI, 150. 

27741 Ricars, voy. v. 27565. 

27746 Tenant, propri&aires , legitimes sou- 
verains , legitimes pr&endans. 

27750 Arcevesqes, de Reims. Voy. v. 27559. 

27751 Aati, sizzle. 
27753 Autresi, pareillement. 

Tom. II. 



27755 Touella, ce verbe semble £tre pris 
dans le sens neutre. Ainsi fut trouble , dechire\ 
On dit encore en patois toullier, toulier, pour 
signifier mettre en desordre , ce qui prouye que 
Interpretation de Roquefort, salir, souilUr, 
n'est pas la veritable. Hecart , Diet, rouchi-fran- 
cais , 1833, p. 459. Des asufs touilles, en wallon , 
veut dire des osufs brouille's. H. Delmotte, Scenes 
populaires montoises , 1834, p. 74. 

27758 Sur la delivrance de Ferrand, consulter 

72 



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570 



CHRGN1QDE 



27760 K'il n'i ot noisse ne bestenc. 
La ro'ine Ten aida mout : 
Sierent paiiet li denier* tout, 
Et li quens de Blois Ten aida , 
Ki moult movent pour lui plaida. 

27765 Mais avant douna-il ostages, 
Et fist jurer tous les plus sages 
De Flandres que, se il jamais 
Viers le roi brisoit cele pais, 
II seroit esqumlnii& 

27770 Et de ses oumes renoites. 
Si se trairoient tuit al roi , 
Pour lui aider en bonne foi. 
Si rot l'Ecluse et s'ot Doai , 
Fors le castiel , de fit le sai ; 

27775 La doit-il maitre garisson, 
A oes le roi . et garnisson , 
Jusques au tierme ki fu mis. 
Lors Tint Ferrans en son pais, 
Et moult Tint de gent a sa cort , 

27780 Si ot ass& plus grant behort 

Qu'encontre Biertran , le pendu , 
Leur faus conte , et plus despendu 
Pour les haus omes dou pais , 
Ki n'iert pas Tenus de rahis , 



le marquis De Fortia, ed. de J. De Guyse et de 
J. Lefevre, XVI, 217 etsuiv. 

27764 Plaida, travail la, sollicita en sa faveur. 

27775 L'Ecluse , ville maritime de la Flandre. 
En 1340 , il se livra prea de cette ville entre les 
flottes de Philippe de Valois, roi de France et 
d'Edouard III, roi d'Angleterre, un combat naval 
ou la flotte franchise fut entierement defaile. Ce 
flit la aussi que Charles VI, roi de France, 
fit, en 1386, contre les Anglais, un armement 
prodigieui. Les Anglais assiegerent vainement 



l'Ecluse , en 1405, et les Brugeois, en 1436. Les 
Hollandais , commanded par le comte Maurice , 
la prirent en 1604. 

27775 Gariston, silretes. 

27780 Behort, rejouissanoe. 

27781 Biertran, le pendu, Berirand de Rais 
ou de Rains. 

27784 Rahis , nous ne trouvons pas ce mot 
ailleurs. Peut-£tre est-ce une forme de rache , 
qui , selon Roquefort , signifiait gale , teigne , 
rogne, ou n'esfr-ce pas le mot de lieu Rais? 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



571 



27785 Mais de la prison forte et grant. 
U il fu pris en combatant , 
A Bouvines , de-ca le pont , 
Si com Testore nos despont. 
Mais ainc qu'il o'ist tierce messe., 

27790 Trestous les dons que la contesse 
Avoit doun& , fist resaisir, 
A son oes et a son plaissir. 
Par quoi li sires d'Audenarde 
Fu moult hais, qui Tot en garde. 

27795 Henri , li dus . £ou sai-jou bien , 

Ot dont guerre a qaus d'Aiengien , 
Et Hubiertmont, droit a la lune, 
Mist a feu Jehans de Bi&une. 
Si fust le pais touelli&. 

27800 Mais d'autrepart fu consilli^s 
Li jovenes roi, k'il s'en iroit 
Droit a Cinon , et la parroit 
As Poilevins , et si fist-il 
Pour la Rociele oster d'escil. 

27805 U si homme el castiel estoient, 

Ki pour Ricart bien se gardoient. 
Quar puis arriere et puis avant 
Aloit par le pais courant , 
Et Savaris de Maulion, 

27810 Par l'otroi le conte Pteron 

Et le conte Ugon de la Marce , 



Ferrand ne tient pas set 
promesses. 



Guerre da due de Bra- 
bant contre le fire 
d'Enghien. 

Jean de Bethune. 



La Rochelle. 



Savari de llauleon. 



27795 Henri, Henri I«, due de Brabant. 

27796 Aiengien, Haraus ne dit rien de cette 
guerre contre ceux d'Enghien > qui doit £tre 
placee en 1226 ou 1227, et dit des annees 1227 
et 1228 : Anni duo sequenies vacant, Diyaeus, 
Butkens , P. Colins et M. De S l .-Genois, ne nous 
en apprennent pas davantage sur cette guerre 
d'Enghien, qui etaitalors un domaine de la mai- 
son de Luxembourg. 



27797 Hubiertmont, Hubertmont. 

27798 Jeham de Bie'tune , Jean de Bethune , 
fils de Guillaume II , dit le Roux , seigneur de 
Bethune, avoue d 1 Arras, et de Mahaut de Ter- 
monde. II epousa Isabelle, comtesse de ^.-Pol , 
veuve de Gaucher de Chatillon, comte de S'.-Pol. 
Andre Du Chesne, Hist, geneal. de la maison de 
Bethune, 1659, in-fol., p. 178. 

27802 Cinon, Chinon; parroit, parlerait. 



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572 CHRONIQUE 

Ki d'aus tous estoit li estace , 
Tres la de jusques Engolesme ; 
Et tout qou fu Tiers le quaresme. 
MortdeRmaud,com(e 27815 Et li quens Renaus ot tant m& 

de Boulogne. r* • 1 

Ed prison que mors est remes. 

Non pas lonctans apries cest sacre , 
L'ereque d f Acre v.ent Si avint que li vesques d'Acre 

prechcr 1« croisade. _ % 

Vint de^a mer et praie$a 
27820 Par le pais, et anoncha 

Que l'emper&re passeroit 

A la S t .-Jehan ki yenroit, 

Pour calengier Jerusalem 

Et la tiere de Bell&m , 
27825 Dont l'emper&re rois estoit , 

De par sa feme qu'il avoit, 

Ki fille estoit au roi Jehan. 

Sierent acorde en eel an. 

Car il ot sa feme reprise 
Lapaixestrtfubiieen- 27830 Et laisci£ sa male guise, 

trel'empereuretJean n • 11 

de Bnenne. lit si anonga , $ou me sanble , 

Qu'andoi paseroient ensanble. 
Li jovenes rois adont I po 
Si mest a Cinon Tiers Poito ; 
27835 S'ot parlement as Poitevins, 
As Bretons et as Angevins , 
Le comte de chempa- Et li quens de Canpagne ot faite 

^ * palx ' Sa pais, dont auques se rehaite. 

Adonkes si fu droit a Ais 
27840 Parlemens establis et fais , 

Pour courouner comme signor 

27815 Engolesme, Angouleme. 27818 Li vesques d y Acrt, Jacques de Vitry. 

27815 Li quens Renaus, nous ayons dit que, 27858 Se rehaite , se rejouit. 

suiyant Alberic,ilmourutdedesespoir,enl227, 27841 Courouner, Henri, fils ain£ de Frederic, 

vers le temps de Paques , ce qui est conforme fut couronne roi des Romains, en 1222, et 

aurecitdePh. Mouskes. mourut captif, en 1242. Conrad, son second 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



573 



Le fil a cest emper&>ur, 

Et assurer de la ti£re , 

Qu apries lui n'en f&st-on gierre. 

27845 Si furent mandet li baron 
De tout le pais environ , 
Et fii mand& li quens Ferrans., 
Ki n'iert encor gaires esrans , 
Ainc ert nouvielement issus 

27850 De la prison , et reyenus. 
Et la triuwe fu adont prise 
Jusques en Pasques , par devise , 
De Ricart et de Lofys. 
Puis est en France reviertis , 

27855 Quar pris i orent li evesqe 
1 concille et li arcevesqe , 
K'il feroient des Aubugois , 
Des Poitevins et des Englois. 
Puis fu la triuwe , par devise , 

27860 Jusqu'a la S'.-J&an rassise , 
De Lofys , le petit roi , 
Pour oster Tire et le desroi , 
Et des Poitevins, une part, 
Ki se tenoient, par esgart , 

27865 A Ricart, ki \k se tenoit 

Et moult grans dons leur prometoit , 
De par son fr&re et de par lui. 
Si que Savaris , par refui, 
Se tint a lui , et grans partie, 

27870 Des Poiteyins, par aatie. 

Mais par aus moult poi i conquist . 
Quar li quens de la Marce i fist 
Sa pais al jovene roi de France , 



Le fib de l'empereur 
est couronne' a Aix. 



Le comle de FUndre 
assiste & cette cere- 
monie. 



Trete entre les Fran- 
r«ij et les Anglais. 



Les coroles de U M arche 
et dc BreUgoe se sou- 
metteot. 



fils, fut elu en 1257. Je ne aais done point de 
qui veut parler Ph. Moutkes , qui place cet ^Te- 
nement peu apres la delivrance du comte de 



Flandre Ferrand . Fay. v. 28070. 

27867 Son frire, Henri III, roi d'Angle- 
terre. 



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574 CHROMQUE 

Sot La Rociele mains doutance ; 
27875 Et li quens de Bretagne ausi 

Refist sa pais au roi ensi , 

Com l'arceyesques li loa, 

Ses fr£re, ki yenus ert la, 

Comme vallans clers et discr&. 
27880 Et petit apri& fu sacr& , 

Quar li rois et toute sa gent 

Vinrent en France yoirement, 

Et Ricars laissa cele guierre , 

Si repassa en Engletiere , 
27885 Pour consel de son fr&re avoir, 

Et auques pour requerre avoir, 

Qu'il Toloit rendre as sodoiers , 

As siergans et as cevaliers , 

K'il pensoit encor revenir 
27890 A Bourdiaus , pour guerre estourmir. 

Ensi demora l'estriyance. 

Lors si revint noviele en France 
Mon du pape Hono- Que mors estoit tiers pape Onories 

riusUI. jf. . ^ 

Si refu fais pappes Grigones , 
Grrf g oirerx,i227. 27895 Des autres Grigores nu£yimes, 

Si com en l'estore y&smes, 
Qui lors , par I m& a ceval . 
Manda Romain , le cardenal , 
Qu'encor en France demorast , 
27900 Et le jovene roi consellast 

Viers Poitevins et yiers Englois 
Et contre les faus Aubugois. 
Et si fist pardon anoncier 

27874 Mains 7 moins. 27890 Estourmir , exciter , recommencer. 

27877 L'arcevesques , Henri de Dreux , frere 27891 Estrivance, dispute, 

de Pierre Mauclerc, comte de Bretagne. II 27895-94 Onories, Grigories, lises Onore, 

deviot archev^que de Reims , en 1 227 , et ntourut Griff ore. 

Ie8 juillet 1240; loa, conseilla. 27905-04 Pardon des crois, indulgences 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



575 



Des crois sour aus et praiecier. 

27905 Et grant avoir i tramist-on , 
Et cevaliers et guarnison. 

Garins , £yesques de Senlis , 
Fu mors adont et sevelis 
(Si ot li joy&nes rois damage, 

27910 Quar il l'amoit de fin corage, 

Pour son talon et pour son pere , 
Et pour la roine sa m£re , 
Ki pour ses enfans ert pensive 
Et al jovene roi ententive , 

27915 Que n'el gr&rassent si baron). 
En Tan del incarnation 
M et CC et yint et siet, 
Et fu cascuns a son reciet. 
Lues si fu la trive reprise 

27920 Jusques a I an, par devise , 
Des Poitevins et des Englois, 
Et des Normans et des Francois. 
Donques Romains, li cardenaus, 
Sen r'ala par mons et par vaus , 

27925 Et mesire Inbiers de Biel-giu 
Tint bien en Aubugois son liu. 
Et tant fu fait que Toulousan 
I furent entr^ en mal an , 
Quar Toulouse fu d&iert&, 

27930 De murs et de portes gast& , 
Et tous li pais esranment 
Se tiunt al roi d&ivremebt. 
Et Grigories, qui dont fu pape, 
Ki les paratraist a sa trape , 

27935 Manda que , sans point d^trier. 



Mort de Garin , eve- 
que de Senlis. 



Proloogeiucnt des tre- 



Humbert de fieaujeu. 



Succes obtenus cootre 
les Albigeoii. 



pour la croisade. 

27917 Siet, sept. 

27918 Reciet, enterrement , recipere. 



27925 Inbiers, Humbert IV, tils aine de Gui- 
chard IV. II mourut en Egypte, en 1250. 
27933 Grigories , lisei Grigore$. 



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576 



CHRONIQUE 



Gautier de Marvis , 
Ireque de Tournai. 



Mecontentement des 
grands da royaume 
de France. 



Lamereduroi LouisIX 
disposee a abaisser 
les grands. 



Accusation d'empoi- 
sonnement dirigee 
contre le corote de 
Champagne. 



Le comte de FJandre 
reste fidele an roi. 



Le comte de Bretagne 
appelle les Anglais. 



S'en ala la pour praiecier 
Gautiers li vesqes de Tournai. 
Et il i ala tons delai , 
Comme tegas , et tant i fist 

27940 Que le pais en grant pais mist; 
Et puis a Tornai s'en reyint . 
Car par mal faire li convint , 
Mais il ot ains a Roume esli. 
Et li rois , par sa poest^ , 

27945 Fist Aubugois sogire a lui. 

Mais en France ot I pau d'anui , 
Quar li baron se descorderent 
Al roi , et forment s'airerent 
Pour le conte des Campegnois 

27950 Que durement cr^oit li rois , 
Tout par le consel de sa mere 
Qui viers les barons iert ara£re. 
Felippres , li quens de Bologne , 
Entreprist moult cele besogae , 

27955 Et dist que li quens de Canpagne 
Lui et tous les barons desdagne , 
Et savoit son frere empuisniet 
Le roi Loeys , et laissiet 
Mauyaisement a Avignon 

27960 Et faite en ayoit traison. 

Trestout li baron , k I mot . 
En dist cascuns au pis k'il sot. 
De toutes pars li ceurent seure , 
Mais li quens Ferrans, a cele eure, 

27965 Se tiunt a l'aide le roi 

Et as Campignois de grant foi. 
Mais li quens Pieres de Bretagne. 



27945 Sogire, soumettre. 
27950 Creoit, croyait. 
27952 Amere, severe. 



27956 Desdagne, dedaigne. 

27957 Empuisniet , empoisonne. 
27961 A I mot, en un mot. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



577 



Qui le conte Ti^baut desdagne, 
Fist les Englois paser de$i , 

27970 Et Ricars les i amena , 

Ki fu freres le roi Henri. 
Et quant li rois de France ol 
Teus nouvieles. si pourca$a 
Que triuwes furent par de$a 

27975 Des Campignois et des barons. 
Et tantos si les a soumons 
D'aler sour le conte Pi^ron 
Et sor Ricart, son compagnon. 
Li quens de Boulogne i ala 

27980 Et li baron , et si mena 

Li rois le conte de Ganpagne , 
Que tous li mons al doit ensagne. 
Quant li quens Felipres ce sot 
Que li rois amenet Fi ot , 

27985 S'a tant atendut par loisir 

Que la triuwe diut pri& falir. 
Lors si a pris congiet al roi 
Et fist repairier son conroi ; 
Partout li baron aussement , 

27990 Cascuns traist a son casement. 
Gens raanderent de totes pars , 
Viles pr&rent , bors ont ars , 
Voiant le conte de Canpagne, 
Qui venus iert et sa compagne 5 

27995 Mais n'osent h aus asanbler, 
Quar tout le yoloient tuer. 
Mais li quens Ferrans d'autre part 
Fist grant damage et grant essart 
Sour la tiere al conte Felippre , 

28000 Qui moult en ot cuer et cors tristre, 



Haine des barons con- 
tre le comtede Cham- 
pagne. 



Le comte de Flaodre 
ravage le comt^ de 
Boulogne. 



27982 Al doit ensagne, montre au doigt. 

To«. II. 



27990 Casement, fief, domaine. 



73 



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578 CHRONIQUE 

Et li rois fist ses anemis 

Adont de ses mellors amis , 

Tout pour sa mere la roine , 

Ki des barons graver ne fine. 
28005 Mais toutes voies li baron 

Vesquirent, Yosist-ele u non. 

Mais li rois, ki n'es cr&nt onques, 

A dit al conte : « Biaus sire oncles . 

Je Toel que triuwes me donnas. » 
Lapaixcstreubiie. 28010 — « Aukes en iert fait yostre gr&. » 

Et li quens as barons parla , 

Par leur consel triyes dona. 

En cele triuwe fu pais faite . 

Quar la roine fu entaite, 
28015 Mais li quens de Bologne en ot 

Quan que demander sot et pot. 

Et li Englois sen repaserent , 

Quant li baron s'entr acorderent. 

Droit a eel point et a eel tans , 
28020 Si fu mand£s li rois Jehans 

D'Acre, de la pape Grigore, 

Si com jou le truis en estore; 

Car Tempereres Fled^ris , 
puintesdeGr^goireix Ki lenfes de Pulle estoit dis, 

28025 Faissoit le pape tort et honte , 

Et il et si due et si conte. 

Et li rois Jehans i ala 

De France u il iert, et trova 

L'apostole droit a Perrouse , 

28008 Al conte, an comte de Boulogne; A la pape vint tout esnnt, 

oncles , il eUit frere en effet de LoaU VIII, pere L * roenaceli dlst aUnt * 

, T . ¥V De celui qui espouse Vymage de 

de Louis IX. pUrre ^ utoH Nouv ncueii 

28014 Entaite(intenta). u v so7. 
28021 La pape , nous avons deja remarqu^ 

cette maniere de parler, qui n'est pas particu- 28029 Perrouse, PeVouse. Les Romains re- 

liere a Ph. Mouskes. voltes contre le pape , l'avaient force* a se reTu- 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 579 

28030 Ei moult est forte et orgil louse. 

L'apostolies al roi se plainst 

De 90U que I'emper&re against 

Sa ti&re et tort li faisoit-il, 

Ki St.-Pi&re tenoit si vil, 
28035 K'il li Toloit tolir son fief. 

« Sire, fait li rois , par moo cief , 

II ro&smes m'a fait anui , 

Tel c'onques si dolans ne fui , 

Qu'il avoit ma fille espous& ; 
28040 Et si le m'a si mal men£e 

Qu'ele en est morte et sevelie. 

I fil en a ki m'atenrie . 

Si men souferrai pour itant , 

Mais toutes voies vous errant 
28045 Qu'encontre lui, k mon pooir, 

Tourt a folie u a savoir, 

Vous aiderai quoi qu'en aviegne. » 

— « Biaus fius, S*.-Piires vous maintiegne, 

Fait li pape , et je vous doins quite 
28050 Toute cele ttere sans luite , 

Que pape Honories vous dona. » 

Ensi li uns l'autre afia. 

L'empereres guerroia Rome , i/emperaur frit u guei- 

Et l'apostoles et si home , n au p * pc ' 

28055 Par l'a'ide le roi Jehan, 

Tinrent la tiere d'an en an , 

Tant que pais fu faite partout , 

Quar la pais avoit dur£ moult. 
Puis passa mer, ce m'est avis , 

gier dans cette ville. Ce fut la, qu'en 1228, il 28045 M*en souferrai , je m'en contenterai , je 

excommunia Frederic II. passerai la-dessus a cause de 1'enfant de ma fille. 

28031 L'apostolt'es , lisez l'apostoles. 28046 Tourt, tourne. 

28032 Against ou a gainst, envahit. 28031 Honories, lisez Honores ou Honories. 
28042 M'atenrie, m'attendrit, me touche. 28039 Passa, l'empereur s'embarqua le 8 



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580 



CHRONIQUE 



L'empereur consent en- 
fin A se rcmbarquer, 
1228. 



Ketour de l'empereur. 



Jean de Brienne invite 
a se rendre a Cons- 
tantinople, 1229. 



Baudouin II. 



28060 Cis emper&res Fl<kl<$ris, 

Et tant a fait que li soudans 
Reprist triuwes jusqu'a X ans , 
Si c'on p^uist tout, par loisir, 
Au s^pucre aler et venir. 

28065 Mais li mur ierent abatu , 
Tres 90U que Damiaite fu 
Prise, que moult petit dura. 
Ensi l'emperere esploita . 
Si sen revint sans demorer. 

28070 Et puis si a fait courouoer 
I fil que il quida avoir 
De sa feme comme droit oir ; 
Tout droit a Ais fu amends 
Cis fius , et si fu couronn& 

28075 Et, ass^ur^s d'Alemagne. 

Aprils , si com li voirs ensagne , 
Par mais et par bri^s saiel^s 
Si fu li rois Jehaas mand& 
Pour garder l'empire de Gr£se 1 

28080 Quar Costantinoble ert remese 
A Bauduin I enfan^on , 
Ki fius iert al conte Pieron 
D'Augoirre , et fius k la seror, 
De Bauduin l'emper&nir, 

28085 Et de Henri d'Ango (son) fr^re, 
Ki fu a pries lui emperere . 
Et puis Robiers , frere a cestui 
Bauduins , dont racontans sui. 



septembre 1227 ; mais incommode par la naviga- 
tion , il relacha au port d'Otrante et ne se rem- 
barqua qu'au mois d'aout 1228. 

28070 Si a fait courouper, ces details ne sont 
pas plus exacts que les precedens. Voy. v. 27841 . 

28077 Mais, messagers. 



28078 Du Cange et M. Buchon recommen- 
cent ici leur extrait , qu'ils poursuivent jusqu'au 
v. 28104 inclusivement. 

28081 Bauduin, Baudouin II , fils de Pierre 
de Courtenai et d'Yolande. II mourut fugitif en 
Italie, l'an 1273. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



581 



Quant li rois Jehans fu raand& , 

28090 Teus fu li consaus ordeals 
De l'apostole . et les barons 
De Grese , dont ne sai les nons , 
Que , se cis Bauduins moroit 
Li rois empereres seroit , 

28095 Et toutes voies le sien oir : 
Ensi fu fait, al dire voir, 
Mais li rois Jehans par avant 
Tenoit l'empire k son yiyant; 
Se de son gr£ ne le rendoit 

28100 A Bauduin , se teus estoit 

Que il p£ust garder l'empire , 
Comme drois oirs et loiaus sire , 
Passes en est li rois Jehans 
Et garda l'empire tostans. 

28105 Or avint puis que l'emper£re 
Feld^ris , ki moult soutius ere , 
Tous les Sarrasins de S&ile 
Fist yenir en une grant vile , 
A plains cans et sans fbrter^ce : 

28110 Li se garist cascuns et tr&ce. 
Et il a S&ile ferm^e 
Tout environ et acesm£e , 
Et cil , ki ses fius devoit iestre . 
Garde Alemagne u on l'adiestre. 

28115 Puis prist feme gentil et rike, 
Fille fu al due d'Osterike. 



Cooduiie de )'empe- 
reur en Steile. 



Henri. 



28093 Cis, ce. 

28106 Felderis, ailleura Flede'ris. 
28110 Garist, se met en suretej se trece, 
s'arrange. 

Les eschaJlarts alloy e avaiodre , 
Poyr , tercet, faire uo fosse , 
Les provins relier et ceindre , 
Jusques le fruict si fust dresse. 

Mabtial dc Pabis, e*d. de Coustelier, I, 78. 



28113 Fius, Henri , elu roi des Romains, en 
1220, couronne* en 1222 , et revoke contre son 
pere,en 1234. 

28114 L'adiestre, se joint a lui. Adextrer a 
ete longtemps employe pour accompagner, sans 
distinction de la droite ni de la gauche. 

28116 Fille, Marguerite, fille de Leopold, 
due d'Autriche. 



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582 



CHRONIQUE 



Mort de Sanchc VII, 
roidc Navarre, 1234. 



Thibaut, com tedc Cham- 
pagne lui suceMe. 



Mort de Philippe, comte 
de Boulogne, 1234. 



Thibaut est soupconne 
de l'avoir empoison- 
ne. 



Blame auquel est expo- 
see la reine Blanche. 



La mors , ki partot met sa bare. 
Prist adont le roi de Navare 
Tout maintenant, et il mora. 

28120 Comme drois oirs de tous i fu, 
Li quens de Canpagne mand& ; 
Quar il iert de sa fille n&. 
En France vint et soujorna 
Avoec le roi , ki leur conta 

28125 Quks barons petit se fioit. 
Li quens Felipres i estoit 
De Boulogne, et tous ses cogsaus. 
Mais tout esrant li prist li maus 
Dont il fu durement eraflfe , 

28130 Si c'on dist qu'il fu enierb^s. 

Mors est, n'i a eel ne le plagne. 
Mais sour le conte de Canpagne 
Maitent sa mort tout li baron 
Et tous li pais environ . 

28135 Pour ?ou qu'il l'ot hai an^ois. 
S'en furent dolant li Francois , 
Cev&lier, bourgois et yilain 
Et trestous li pais a plain. 
Mais la roine en fu blasmee, 

28140 Et la cose fu tant al&, 

Que la pais demora ensi. 

A S*. -Denis l'ont seyeli , 

Mais n'i fu pas li quens Ttebaus , 

Ki de sa mort fu li& et baus. 

28145 Toute Campagne al roi laisa 



28129 Etnflet, les historiens modernes disent 
que transports de jalousie , ayant assassine dans 
un tournoi, Florent IV, comte de Hollande, le 
comte de Cleves le tua sur la place; mais la 
chronique d'Andre ne convient pas de ce fait , 
et rapporte . comme Ph. Mouskes , que le comte 



de Boulogne fut empoisonne. Ph. Mouskes ne 
dit pas non plus que le comte de Boulogne tua 
Florent IV. Foy. v. 28769. Albert de Stadese 
contente de dire que Florent, revenant de la 
guerre des Stadings , perit dans un tournoi a 
Nimegue. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



583 



Pour guarder, et si sen ala 
A Nayare , s'est couroun& , 
El pais est sire clamps , 
Et si prist la crois esranment . 

28150 Ki demora si faitement. 

Aprils , si com jou truis escrit, 
Ne demora fors qu'un petit 
Que la mors Tint et prist esrant 
A Douwai le conte Ferrant, 

28155 Et fu seyeiis a Markete, 
Une ab&e petitete , 
Que sa feme i ot estor^e 
De fors Lille , et bien atorn& 
De dame de religion , 

28160 Qui la tenoient mansion. 
La contesse une fille avoit 
De Ferrant , qu'ele moult amoit. 
Aprils son p£re poi vesqui; 
Le cors ont la enseveli. 

28165 Guillaume de Dampiere ert mors 
En Tan devant , non mie lors . 
Et la contesse d&ivra 
Le II fius sa seror, ki ja 
Avoient este en prison 

28170 VII ans et plus, sans mes prison. 
Bbucars d' Ayesnes sen pena , 
Qui les enfans forment ama. 
Mesire Erkenbaus de Borbonne 
Lor ayoit faite prison bonne. 



Le comle de Champa- 
gne se croise, 1235. 



Mort de F errand, comte 
de Flandre, 27 juillet 
1233. 



Mort de Guillaume de 
Dampierre, 1241. 



Les tils de Bouchard 
d'Avesnes sont deli- 
vr^s de prison. 

Archambaud de Bour- 
!)On. 



28154 A Douwai, d'autres disent a Noyon. 

28155 Markete, Marquette. 

28161 Une fille, XArt de verifier Us dales 
assure qu'elle mourut saos enfans. 

28162 Qu'ele moult amoit, on a soutenu Vopi- 
nion contraire, mais M. De Fortia la rejette, 
ed. de J. De Guyse, XVI, 151. 



28166 En Van devant , non pas un an avant 
Ferrand, mais environ huit ans apres. 

28168 Le II fius, Jean etBaudouin d'Avesnes. 

28175 Erkenbaus de Borbonne, Archambaud 
IX, sire de Bourbon, frere de Guillaume de 
Dampierre , qui epousa Marguerite de Flandre 
et de Hainaut. 



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584 



CHRONIQUE 



Troubles dans le dio- 
cese de Breme. 



Heresie des Stadings. 



28175 Et si ot Margerie enfans 

De son fr£re, jou ne sai quans. 
Ensi Bocars et la contesse 
De leur haine f&lenesse 
Sont acord£ , et li enfant 

28180 La contesse aloient siervant 

Corame lor dame , et si aloient 
A leur pere , quant il Toloient. 

Donques si estoit avenu 
Que l'eyesques de Braismes fu 

28185 Desconcord& a une gent, 

Que il haoit moult durement ; 
Quar son fr£re avoient ocis , 
Qu'il avoit en lor ti&re mis 
Manoir en I fort castiel sien. 

28190 Et le castiel, ce sai-jou bien, 
Avoient abatu ausi : 
Si demora la noisse ensi 
Que pour le vesque ne faisoient 
Rien, se cou non que il yoloient, 

28195 Ne de cele tiere m&sme 

Ne paioient rente ne disme. 
Sen furent escum&iii^ 
Lonctans par toute la vesqute, 
A cloke , et a mal&$on , 

28200 Tant k'il n'i ot clerc ne cler^on, 
Ne ne disoient cose voire. 
Tot commencierent a mescroire , 
Et autre mescr&mt i vinrent. 



28075 Margerie, Marguerite. 

28176 Joune tax quant, trois fils et deux filles. 

28185 Desconcordes , endiscorde; d une gent, 
il s'agit ici des Stadings ou Stadingert, habi- 
tant de la ville de Stade, au diocese de Breme, 
qui s'etaient revoltes a l'occasion du paiement 



des dimes, contre l'archeveque Gerard de Lippe, 
Foy. Butkens , Trophees de Brabant, 1 , 226 , 
Gar. Mm. Scharling , De Stedengis commentatio, 
Gopeoh., 1828 , in-8° de 155 pp. 

28199 Male'icon, malediction. 

28200 Clercon, diminutif de clerc. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 585 

Parquoi maftvaise loi maintinrent. 
28205 Et s'aucuns preudom i alast, 

Ki la foi Dieu lor anon$ast, 

II l'ocesisent maiatenant. 

Ensi furent communalraent 

A l'anemi obeisant. 
28210 Ausi li petit com li grant 

Par nuit ensanble conviersoient 

En 1 celier, et la siervoient 

L'anemi en wise de kat , 

Par vilain plait et par barat. 
28215 Lor venoit et dont le baisoient 

Enmi le cul , et puis aloient 

Tot ensanble communalment 

Homes et femes laidement; 

N'i avoit serour ne couzine, 
28220 Con espargnast a eel ti ermine. 

Le vesques ne yot plus sofrir 

Cel afaire; tout par air 

Ala sour aus il et sa gent: 

Maintes fois i mist son argent 
28225 As cevaliers et as siergans. 

Mais diables, qui bien ert grans, 

Leur faisoit la victore avoir 

Sor le vesque et sor son pooir, 

Tant que le vesques sen ala 
28230 A Roume , et le pape conta 

La mescr&ndise de $aus. 

Et l'apostolie et ses consaus 

I envoia pour praiecier 

Et pour la gent faire croisier; 

28207 L'ocesisent, le tuerent. 28231 Mescre'andise, her&ie, impi&e. 

28209 L'anemi, le diable. 28232 L'apottolie, lisez Vapostole. 

28213 En wise dekat, en guise , sous la forme 28234 Croisier, le chef de cette croiaade fut 

d'un chat* Henri , fib de Henri I or , due de Brabant. 

To«. II. 74 



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586 



CHRONIQUE 



Croisadc con t re les S la- 
ding! ou Ca tiers. 



28235 Et moult i douna grant pardon. 
Mais pour manace ne pour don 
Ne se vorent-il repentir 
De lor malise maintenir ; 
En 90U k'il erent d'aiwe fort 

28140 Ont bonne cr&nce et confort. 
Armes quisent, si se fermerent 
Moult cointement, et atornerent. 
Et li jors Tint et aproisma 
Que le yeskes a tous nomma. 

28245 Cil ki pour Dieu furent croissiet , 
I sont alet , et pour quidiet 
D'aus agr^ver fu jors asis , 
A la bataille se sont mis. 
Li mescr£ant furent nommet 

28250 Katier, pour le livre nommet , 
Et furent grant et orgilleus , 
Plains d'anemis et vigereus. 
Par orguel , sans nule destrece 
Sont issut de Ieur forterece . 

28255 A plains cans, contre les croisi& 
Dont moult i avoit de proissi&. 
Tant en i eut c'on en ot hisde. 
Mais li Trais Dieux, ki bien d^livre 
Les siens, i souffri a aler 

28260 A folie pour aus fouler. 

Li croissiet furent ordenet 
De bataille , comme senet. 



28239 D'aiwe, eau , riviere ; le Weser. 

28246 Pour quidiet, pour pensee. 

28250 Katier, parce qu'ils rendaient un 
culte an diable sous la figure d'un chat. Cotters 
et bougret, etaient des £pithetes insultantes que 
Ton donnait aux Albigeois on Vaudois ; pour le 
livre nommet, ces mots de remplissage, man- 
quent de clarte. L'auteur a l'air de s'appuyer 



sur le livre, Vecrit, comme il dit lui-meme , ou 
Yestorie, qu'il a consul tes. An lieu de pour il fau- 
drait peut-etre sour ou par. 

28257 Hisde, derive de hispidus, quelque chose 
de hideux, horreur; mais ce motne rimant point 
avec delivre, on ponrrait peut-etre lui subati- 
tner livre. II y en avail tant que de leurs noma 
on ferait un livre ? 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



587 



Quant il vinrent , teus diablois 
Ne leur sanbla mie jabois , 

28265 Nient plus n'en fu la I wkire, 
Com me a Sarrazins ne a Turs. 

Ass& i fu Dieux praieci& 
Et renoum& et anonci&. 
Et li croisiet Dieu r&lam&rent , 

28270 A la bataille s'en alerent. 
Cil vinrent outrageusement 
Fore de leur pooir vistement. 
Et li nofttre les ont v^us 
Auques par outrage venus. 

28275 Si fisent samblant de fuir, 

Pour aus mious a plain consuir, 
Et quant il furent fors al plain , 
Si lor ceurent sus tot de plain. 
Ernous de Gavre , en son venir. 

28280 Ne pot de plain sor aus fi&rir, 
A reculons i fist entrer 
Son ceval , pour mious d^bouter, 
Quar li cevaus iert tous couriers 
De fier, grans et fors et a piers. 

28285 A force &s Catiers s'enbati , 
Moult en ocist et abati. 
D'autre part Ernous d'Audenarde 
D'aus a tuer pas ne se tarde , 
Et Robiers de Bi&une ausi. 



Bataille del crouds et 
de* Stadiogs. 



Arnould de Gavre. 



A mould d'Audenarde. 



Robert de B6thune. 



28265 Diabhis, endiables. 

28264 Jabois, plaisanterie. 

28279 Ernous de Gavre, Butkens mentionne 
parmi ceux qui prirent part a l'expeclition con- 
tre les Stadings , Rasse de Gavre, et Arnould, 
aire de Materne , son frere. Trophies, 1 , 226. 
Le sire de Materne est appel£ U sire de Maerine, 
dans la traduction nouvelle de J. De Guyse. 

28282 Debouter, repousser. 



28287 Ernous d'Audenarde, personnage sou- 
vent nomine et cite 1 aussi dans cette circonstanee 
par Butkens. 

28289 Robiers deBietune, Robert deBlthune, 
septieme da nom, second fits de Guillaume- 
le-Roux et de Mathilde de Termonde. D'Oude- 
gherst , Meyer et Du Chesne, disent que la com- 
tesse Jeanne envoya con t re les Stadings, trois 
cents chevaux et six cents homines de pied, sous le 



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588' 



CHRONIQUE 



Let Statlings oa Catiers 
jont dlfaits. 



28290 Bien s'i prouva, tant i feri , 
K'il en fist form en t a loer. 
Nul des nos n'en doit-oa blasaier, 
Moult en i eut de bien faisans. 
Mais qu'alongeroi-je mon tans ? 

28295 Ernous de Gavre s'i lasa 

Tant que tos les autres pasa. 
Bien en i ot II1I mil mors 
Ki de lonctans £rent amors 
A bien siervir , sans nul racat , 

28300 Le diable en guise de kat. 
Et n'en diot espargnie nul 
Ki n'el baisast enmi le cul ; 
M&re, ne sereur. ne cousine 
N'espargnoient a eel tiermine . 

28305 Que cascuns n'en f&st son buen , 
Tot autresi com $ou fust suen ; 
Et ki d'une part mesist Dieu , 
Et d'autre part fesist grant feu , 
Al feu traisisent de plain vol, 

28310 Tant ierent mescr&nt et fol. 

Mais Dieux n'el vot plus endurer, 
Ocis furent sans ra cater. 
Et cil ki sor cevaus esloient 
De lor gent, entrufes s'enfuioient 

28315 Par bos par pr& et par mares, 
Dont moult i ot et 1& et fres. 



commandement de Robert de Betbune , de Guil- 
laume, son frere, d'Arnould d'Audenarde, de 
Rasse et d'Arnould de Gavre, de Tbierri de 
Beveren, seigneur de Dixmude, et de Gilbert de 
Sotteghem. D'Oudegherst, ed. de M. J.-B. Les- 
broussart, II, 126, Meyer, fo). 73, A. Du 
Gbesne, Hist, gen. de la maison de Bethune, 208. 

28299 Racat, rachat, resipiscence. 

28301 Diot, dut; espargnie, exemption. 



28305 Buen, bien. 

28306 Suen, sien. 

28307 Mesist, mit. 

28309 Traisisent, entrainassent. lis placaient 
une image de Dieu devant le feu , puisl'y jetaient 
de plain vol. 

28312 Sans raeater, sans possibility de ra- 
cheter leur vie. 

28316 Les (last) ; fres (fracti). 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



589 



Moult i ot ga^gnte davoir. 
Cascuns retrest a son manoir 
Des croisi&, et li vesqes rot, 

28320 De son droit, quan que dire en sot. 
Aprils I pau , ?ou dist Tescris , 
Failli la trive et li respis 
Dou roi de France et de Pteron , 
Qua signor tienent li Breton. 

28325 Et li rois et tous ses cons a us 
I ala , s'i prist Castiel-Saus 
Et OEdon , raais aidans i ot. 
Li quens s'i fist ?ou que il pot , 
Quar li quens de Dreus estoit mors , 

28330 Ki auques estoit ses confors , 

Et li quens Hurepiaus Felipres , 
Ki iert assls vallans et vistes. 
Pour ?ou fist li quens pais al roi , 
Et ses fius reciut son conroi 

28335 Del roi , et ses ora en devint , 
Et li quens sa partie en tint. 

Li rois s'en repaira en France. 
Petit apri& , sans demorance , 
Trest Mikios de Harnes a fin, 

28340 Ki le roi ama de cuer fin , 
Et le pere siervit avoit 
Et son taion , que moult amoit ; 
Et Mahius de Monmorencin 



La guerre recommence 
entrele roi de France 
et le comte de Bre- 
I a/roe. 



Mori de Mtclicl do Har- 
nes, de Mathieu de 
Montmorency et de 
Uertrand de Roye. 



28326 Castiel-Saus , ce doit £tre un nom de 
lieu. 

28327 OEdon , Hede ou Rhedon en Bretagne ? 
28329 Li quens de Dreus, Robert III, mort 

le 3 mart 1234 (nouv. style). 

28331 Hurepiaus Felipres , Philippe Hurepel, 
comte de Boulogne, tu£en 1234,ainsi qu'on l'a dit. 

28334 Ses fius, Philippe n'eut qu'un fils, 
Alberic , qui , selon l'opinion g£ne>ale , s'ltablit 



en Angleterre. Mahaut, femmede Philippe, lui 
survecut long-temp* et ceda pour dix ans la 
garde de ses £lats au roi de France, en se reaer- 
vant les revenus. On voit que ces details ne sont 
pas tout-a-fait conformes au texte de Philippe 
Mouskes. 

28343 Monmorencin, il deceda le 24 novembre 
1230 , a ce qu'affirme Du Chesne , qui copie les 
vers 28343-46. 



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590 



CHRONIQUE 



Jean de Ne&les vend la 
chatellenic de Bruges 
a la comtesse de 
F land re. 



L'empereur fail la guer- 
re 4 son 61s Henri , 
1234. 



Fu trais , k eel tenpore, k fin. 
28345 Cil fu preus et de bon consel 

Qu'il n'ot en France son parel; 

Et Biertremius de Roie ausi 

Aprils ?aus gaires ne vesqui. 

Jehans de Niiele, li grans. 
28350 Estoit encore repairans 

A wee le roi et consilliers. 

Et s'ot vendue en dementiers 

De Bruges sa castelerie , 

Ki siene estoit d'anciserie. 
28355 Mais blasm& en fu durement 

Par Flandres, par France ensement. 
Dont avint-il que l'emperdre 

Fl&teris, ki tant sages hre, 

Manda as barons dAlemagne 
28360 Que tout entresait ne remagne 

Pas sire ne rois couroun& 

Cil ki par lui i fu alls, 

Car il n'estoit raie ses fius , 

A l'envoier i fu d&ius , 
28365 Et ki pour signor le tenroient 

Ne ftaut^ li porteroient , 

Jamais ses amis ne seroit 

Ne par lui aidi& ne seroit . 

Ainc seroit adi& leur nuisans 
28370 En tous lius , et leur mal voellans , 

Et s'il jamais la revenoit , 



28547 Biertremius de Roie, de la famille de 
Jean de Roye, qui fut pris a Azlncourt, et de 
Gui de Roye , chevalier de la Toiaon d'or. 
Maurice , Le blason des armoiries de tons let che~ 
valiers de I'ordre de la Toison d'or, 1667, in-fol., 
p. 66. Bartbelemi de Roye etait grand-cham- 
bellan de France. II se distingua a la bataille de 
Bouvines. Hist, /r., XVII, 40, C, 52 n., 53, C, 



59, A, 95,C,98,B, 102, B, 115, B,257, C, 
251, C, 406, E,410,D. 

28555 Castelerie, nous avons mentionne ce 
fait plus baut, v. 20809 et 27287. Cetle vente 
se fit pour le prix de 24,545 livres, 6 sols, 8 
deniers parisis. A. Du Chesne, Hist, genealog. 
de la maison de Be'thune, p. 274. 

28569 Leur nuisans , leur ennemi. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 591 

De male mort les ociroit. 

Cascuns de eel mant s'esbahi 

Et li plusiour en sont parti. 
28375 Et 8i eut teus ki s'aatirent 

De lui aidier, si eom il fisent, 

Pour $ou qu'as^ur^ lavoient 

Et si homme tot lige estoient, 

Par le comraant l'emper&mr, 
28380 Qu'il leur envoia par amor, 

Et fist eourouner comme fil 

Et feme li douna geatil ; 

N'onques mais ee n'ot est£ fait 

Que $ou qu'il fist orent desfait. 
28385 Et si ot aucun ki pensoit 

Que jamais par n& I endroit 

Ne reyenroient en eel liui 

Que il ne leur fesist anui 

L'emperire, que que nus die. 
28390 Eosi cascuns, par enresdie, 

Fisent l'enfant castiel former 

Et bours et Tiles acesmer, 

Et quist amis et nuit et jor 

Contre le mant l'emper&mr, 
28395 Qui sdgnour et roi l'avoit fet , 

Comme son fil , et sans mesfet 

Lor commandoit a desposer 

Et fbrs del roiaume gieter. 

Or YOUS dirai COmment Ce fu Henri designe comme 

28400 Qu'ensi leur en est ayenu. 
L'emper&s jadis I jour, 
La feme a cest emper&Hir, 

28573 Mant, mandement, ordonnance. 28596 Sans mesfet, e'etait la seconde fois que 

28575 S'aatirent, s'empresserent. Henri se revoltait contre son pere. 

28576 £mi asdier, Henri , filt de l'enperetir. 28401 L'empereit , Constance, fille d'Al- 
28589 L'emperere, plutdt I'empereres. phonse II, roi d'Arragon. 



un enfant suppose. 



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592 CHRONIQUE 

Fu de lui en^ainte et porta, 
Tant que d'un fil se d&ivra 

28405 A son droit tierrae , et fu joie 
Et ounor^e et bien seme. 
Mais ainc qu'ele ait g&i ses mois, 
Li vint de l'enfant grans anois , 
Quar il est mors a mienuit. 

28410 L'emper&s, sa mere, et tuit 

En font grant dol, mais ce que Taut? 
Morir estuet qui mors asaut. 
L'emperere iert del pais loing , 
Si ne sot mort : de eel besoing 

28415 L'emper&s ne fu pas lie, 

Moult se deplaint, moult sum i lie. 
As dames et as camborieres 
En quiert consel et fors proteres , 
Tant qu'ele trouva a consel 

28420 Con presist I enfant parel 
A celui ki mors fu d'^age , 
Et bien le gardast feme sage. 
Et li mors fust tot esranment 
Enti&& , mais c&&ment. 

28425 Del mort fu pais , mais tout de plain 
Fu li fius ne sai quel vilain , 
Gardes et par nuit et par jor 
Ausi com fius d'emper^our. 
Quar lone tans eut , j'el sai de voir, 

28430 Nala 1'empires d'oir en oir, 
Jusqes a cest emper^our 
Que tenoit ceste grant ounor. 
Quant ses drois oirs fu d&alis 



28412 Qui pour que. 28413 L'emperere, le» regies de l'orthographe 

28412 II convient mourir a celui qui brave la du temps veulent l'emperere$ , mais la mesure a 
mort. fait retrancher IV 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 593 

Et enti&r& et soupoulis , 
28435 Si fist l'emper&s cest kange, 

Qu'ele n'i qu&roit autre blange. 

Son tierme jut tot plainement , 

Et servie fu li&nent, 

Et si noblement et si bien 
2844Q Con ne sen pierciust de rien 

Que ja ensi fust avenu. 

Tout oublte et c6U fti , 

A messe ala , s'est repairi£ 

Et fu hautement conjoin. 
28445 L'emper^res de PuIIe yiunt; 

L'emper&s biau se contiunt, 

Comme simple dame et onniestre 

Con ne pierciust de son i est re. 

Et l'emper£res demanda 
28450 L'emper&s , et coumanda 

Con li aportast eel enfant. 

Et on l'aporta maintenant 

Si ricement , com on deyoit ; 

Et quant I'emper&res le yoit , 
28455 Si le sainna et b£n& , 

Et coumanda et desfendi 

Que l'enf& n'^uist noure$on 

Se des plus frankes dames non. 

Se I'emper&res i manga , 
28460 Ne se il biut ne cou$ai , 

Ne tos irai pas acontant. 

Mais tant nori-on eel enfant 

Qu il eut XVII ans , petit mains , 

Mais sauyoir dire ne me fains. 

28454 Soupoulis, enseveli. 28446 Contiunt, cootint. 

28455 Range, eehange. 28448 Iettre, eUt. 

28456 Blange, artifice. 28455 Sainna, fit «ur lui le sigoe de la croix. 
28440 Pierciust, faperqut. 28464 Sauvoir, savoir. 

Tom. II. 75 



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594 CHRONIQUE 

28465 Et nuit et jour on li disoit , 

Si que pour voir cascuns disoit, 

C'onques n'issi de franc linage. 

Toutes yoies en eel £age , 

Fust u volentiers u envis , 
28470 Fu-il ounour& et siervis , 

Comme drois oirs d'emper&>ur 

Et de I'erapire son signor. 

Cis afaires fu si c#& 

Et del tout a nient torn&, 
28475 Qu'ains de la court ne fu s&ie, 

Descouvierte ne perceue. 
Or oi&& de la mort amere, 

Ki a tous est commune mere , 

Et cascun remue et cascune, 
28480 Et mait del tout en sa commune. 

L'emper&s entra en sain , 

Moult trova son cuer fort et sain , 

Mais malhaiti^ senti le cors , 

Dont ce li fu grans desconfors . 
28485 En soi-mesme moult s'amati. 

Et quant l'emper&s senti 

Si grant dolour, moult se dota, 

Et moult forment s'en esma'ia. 

I yiel priestre a tantos mande ; 
28490 Tout coiement k recil6 

Est a li li priestres venus. 

Isnielement, sans dire plus, 

S'est comfiess^e et li gehi 

28469 U volentiers u envit, ou de gre" ou de 28485 S'amati, ful consternee. 
force. Envit, invi(tu)t. 

28480 Mait, met. D * n * * es fcveurs (le sort) il u'« point de mosure*. 

28481 Entra en tain , pfa&ra dans le sein de Dans son courrottx de ™ mc tt n ' omet rien 

,. , . Pour noiu mater. 

1 imperatnce. La F oNTAiBB,'r0fw/i<m de 

28483 Malhaitie', abattu. JWvJtoi. " 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 595 

De son enfant qu'ele enfoi , 
28495 Ki de sa mort par nuit moru, 

C'onques de rien gr&r& n'i fu. 

Et quant ele vit eel damage 

I enfant prist de tel &ge , 

Si le fist norir corarae sien , 
28500 Et tout qou ffct-ele pour bien ; 

Quar trestout Font ass&iret, 

L'emper^our orent juret 

Sour sains et fiancie par foi , 

Sains tr^cerie et sains desvoi, 
28505 Que $ou qu'il ont fait par tendon 

Et par commune eslection , 

A tosjors mais , sans remanoir, 

Iroit i'empires doir en oir. 

S'iert mors ses fius et sevelis , 
28510 A qui Temper&re iert falis 

De droit oir, et pour tel gr&rance 

Et pour nouviele acoustumance 

De tel cose, com de l'empire, 

Aucuns par courous u par ire , 
28515 S'avoit-ele fait itel cange. 

L'emper&s de rien ne blange 

Son priestre , mais tot li a dit 

Et trop envis li a gehit 

Geles ki sorent son consel , 
28520 Qu'eles n'en furent en toel . 

Jusques a tant que dit li a 

Li priestres que c£U sera. 
Morte est la dame et sevelie , 

Jou ne sai que plus vous en die , 
28525 A tele ounor, com ele diut. 

L'emper&res n'ot pas s&jt 

28504 Saint, sans. Desvoi, detour, ruse, * 28516 Blange, trompe. 
fraude. 28520 Toel, trouble. 



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596 



CHRONIQUE 



Suite do lTiistoirc de la 
supposition de Henri . 



Son afaire , k'il estoit loing , 
Et teus horn a souyent besoing. 
Dit li fu que morte ert sa feme, 

28530 Ki des autres ert flora et gemme, 
Mais de l'enfant li ont t£ut, 
Et l'emperere a duel &it 
Del fil cangiet ki ja fu grans , 
Com d'&ge de XVII ana; 

28535 Mist le en garde de ceyaliers 
Et de siergans et d'esquiers. 
Mais gros estoit , cors et maufes , 
Comme yilains ki porte fes , 
Et bien disoient li plusior, 

28540 Qu'ainc ne fu fius d'em pernor. 
Un jor de Roume revenoit 
L'emper&res, ki poinne ayoit, 
Qu'as^s conyient celui penser 
Ki si grant ti&re doit tenser 

28545 Com a l'empire de Romagne 
Et al roiaume d'Alemagne. 
S'eut consail qu'il envoieroit 
En Alemagne, et s'i feroit 
Cel fil porter couroune la. 

28550 Ensifufait,ciliala 

Et avoec lui conte et baron ; 
Et d'empire et de region , 



28527 JT'tJ,parce qu'il. 

28528 De tela hommes ont souvent besoin de 
s'absenter. 

28530 Repetition ; gctntne, la prononciation 
de ce mot se prouve par ces vers de Michel 
Marot , fils de Clement : 

Trop plus que Tor aymer doit toute dame 
Honnestele, car c'est la perle etgemme 
Que les Dieuz ont enchase" en noblesse. 

L* Doctrinal des princesses et nobles domes, 



a la suite des poesies de Jean Marot , Cous- 
telier, 1723, p. 177. 

28537 Cow, court; fiuro/e* , mal fait. 

28538 /^#,faix. 

28540 Empereor, empere'our rimerait mieux 
avec plusiour, mais on a eu prec£demment beau- 
coup d'exemples de ces negligences. 

28542 Poinne , peine. 

28545 L'empire de Romagne, l'empire re- 
main. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 597 

Par mans, par saiiaus et par bri&, 

Par proii&res et par congi& 
28555 D'emper^our et d'apostole 

Et d'arcevesques k estole , 

Et d'^yesques , courounls fu. 

S'a plainnement son droit 4n. 

Rois fu et prist feme gentil 
28560 DOsterike, $ou dient cil, 

Fille le due , mais puis li Tint 

Tel cose c'onques mais n'avint. 
Li sages om ki confiessa 

L'emper&s, moult apri&a 
28565 De yiellaice et de maladie , 

IN en sai plus qu'encor vous en die. 

La mors , qui nule rien n'espargne , 

Ne ne orient yallant I escargne, 

Li vint, et il s'est confiess& 
28570 De tel afaire , et a mand& 

nil haus oumes del consel 

L'emperlour, et si &el 

Estoient cil ki vinrent la. 

Uns abb& , ki le confiesa , 
28575 Li ot command^ et enjoint , 

Et il ne leur en c^la point , 

Sauf qou que les dames n'aroient 

Nul mal, ki la cose savoient, 

Quar cascune fist et c&a 
28580 C°u q ue * a dame li rouya. 

Tout conta li priestres a $aus 

Par tiesmougnage , et li consaus 

Refu dit k l'eraper&Hir. 

S'en ot grant ire et grant fWor. 
28585 Mors fu li priestre, si crii 

28564 Aprieta, 8*afiaissa. 28568 Escargne, chose sans valeur. 



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598 



CHRONIQUE 



Afort d'Yolaotlc de 
Brienne, 1228. 



Frederic II epouse Isa- 
belle d'Angleterre. 



Mort de Ilenri I, due 
de Brabant , 5 no- 
yembre 1235. 



Cascuns ?ou que il en oi. 

Si fist leraperere ausement , 

Qui mout s'en esbahi fbrment. 

II eut puis autre feme 6ue , 
28590 Sage . valiant et continue . 

Ki fu fille le roi Jehan 

D'Acre , et si fu morte en eel an. 

I fil en ot ki jov&nes fu. 

S'a de cestui grant duel eu , 
28595 Et pour la cose perilleuse 

Et del c£ler plus dolereuse , 

Cest afaire renouvela 

As Alemans et saiela , 

Et commanda par cru&et 
28600 Con 1'euist del roiaume ostet, 

Et bien manda s'on ne 1'ostoit 

Qu'il m&smes Ten osteroit. 
Adonques manda puis eel jor 

L'empereres en grant amor, 
28605 En Englettere, au roi Henri, 

Qu'il li envoiast . sans d&ri , 

Sa sereur, il l'espouseroit 

Et emper&s en feroit. 

Et par commant cele besogne 
28610 Fist l'arcevesqes de Colougne. 

Si fu li vious dus de Louveng 

En cele Toie ses compeng, 

Et autre baron avoec aus. 



28593 I fil, Conrad. 

28594 Grant duel, bien loin d'agir comme le 
dit notre auteur, Frederic II fit el ire Conrad roi 
des Romains, dans la diete de Spire, en 1237. 
Conrad n'avait alors que neuf ans. 

28599 Par crue'tet, par cruaute, avec s£verite\ 
28607 Sa sereur, Iaabelle mourut le 10 d£- 
cembre 1241. 



28610 L'arcevesqes de Colougne , Henri de 
Molenarck, elu le 15 novembre 1225 , mort le-26 
mars 1238. — UArt de verifier Us dales dit, a 
Particle Akgletbrbb , que ce manage eut lieu le 
20 juillet 1235 , et a Particle Brabant, le 22 a out. 

2861 1 Li vious dus de Louveng , il avail en- 
viron 77 ans et nonobstant il alia chercher Isa- 
belle en Angleterre. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



599 



Li row Henri s et ses consaus 

28615 Furent liet de eel mandement 
Se ii tramist tot esranment. 
Ricars, ses fibres, o lui vint, 
Et haut baron jusques a XX 
La mer repaserent de ca. 

28620 Droit a Coulogne cevau?a 

La damoisiele et ses conduis. 
Fiestes i ot et grans d&iuis. 
Et l'emperere avoit semons 
Ses barons, si pasa les mons; 

28625 Viers Alemagne en est yenus , 
Et l'arceyesques et li dus 
Qui Torent jur^e a son o£s , 
L'en ont encontre men^ lu£s. 
Et il l'a prise et couronn^e , 

28630 Si fu emper&s clam^e. 
Sarrasin avoit amends 
L'empereres, ki de tous lis 
Le gardoient plus qu'autre gent. 
Lors si fu mand& esranment 

28635 Gil rois, ki diut estre ses fius, 
Et il n'en fu de rien eskius. 
Mais par cornel., i est al&. 
Mais tout ausi com ayol& 
Fu pris et livr& esranment 
28640 Pour emprisonner fortement 
Al due , ki la fu de Bai wiere , 
Et il en fist moult laide ciere 
Qu'il estoit moult laide personne. 
L'empereres prist la couronne, 



L'empemir Frederic II 
*e fait garder par ties 
Sarrasins. 



Henri est mis sous la 
garde du due de Ba- 
viere. 



28636 Eskius, detourne* , excis us. tiers de Paris, Recueil de Barbazan et Meon. 

Et saint Magloire n'en eschieu. * > ****' 

28640 Emprisonner, dans un chateau de la 
Et je n'en excepte pas saint Magloire. Les mous- Pouille , disent les historiens. 



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600 



CHRONIQUE 



Godefroi tic Conde , 
eveque de Cambrai. 

Gautier et Faslre de 
Ligne. 

A mould d'Aud«n»rde. 



Sobier de Bethunc 



28645 Sour son cief Fa mise pour voir 
Et n'i laissa rien remanoir ; 
Quant que cil terioit, tout saisi,- 
C'onques n'en yot ayoir mierci. 
Dus , contes , abb& , arceveskes 

28650 I ot, et pr&as et ^vesques. 

S'i fu de Karabrai Godefrois , 
Quant li consaus fu plus estrois , 
Et Watiers de Ligne et Fastr&. 
S'i ot d'autres barons ass& , 

28655 Et s'i fu Ernous d Audenai de 
Que l'emper&re moult regarde, 
Qu'il en avoit 61 parler. 
Et la contesse i fist aler 
Pour Hainnau, Sobier de Bi&une. 

28660 S'i ot moult d'autre gent commune ; 
Tot a ceval de fier couyiers , 
I conduisent les m&s diviers , 
Li cevalier et li siergant , 
Tot ausi com a remanant ; 

28665 Quar cascuns envoioit son keu 
Pour prendre la yiande al feu , 
Tel com avoir le voloient. 
Congiet ont pris , si s'en partoient 
Au nuit , et lendemain repaire 

28670 Cascuns ki yot a son repaire. 
L'emper&res s'en est al& , 
Et li roiaumes est rem& 
En sa main et la main de $au$ 



28656 Regarde, considere, honore. 

28659 Sohier de Bietune, fils de Walon de 
Bethune et petit-fils de Sicher de Bethune , sei- 
gneur de CareDcy. Du Chesne, en disant qu'il 
fut envoye par la comtesse Jeanne , au couron- 
nement d'Isabelle d'Anglelerre , invoque 1'auto- 



rite de Ph. Mouskes, et transcrit ses paroles 
parmi ses £preuves, vers 28649-28659. Hist. 
gene'alog. de la maison de Bethune, p. 561 , 
preuves, 571. 

28662 Met, mets. 

28664 Comme le reste. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 601 

A qui atorna ses cons a us. 
28675 Et li pris , pour tel mesprison , 

Demora pris en la prison 

Al due de Baiwiere ki Tot. 

Lk not-il pas le millour lot 

De eest afaire ; le lairons , 
28680 Droit a Festore reyenrons. 
Li rois de France Loiys , 

Ki del tout s'estoit ob&s 

As voloirs sa m&re Blan$ain , 

Ki le tenoit auques pro$ain , 
28685 Et tant lament que nule m£re 

Pooit araer ne fil ne frere , 

Viout que si baron li mandasent 

Gentil feme , et le mariasent 

Si que sa m&re le loast. 
28690 Et ele a dit c'on li mandast Louis ix *pou»e ufiiie 

- />11 i Tk <*u comte de Pro- 

La fille au conte de Provence. vence, im. 

Quar ele estoit de tel nassence 

Qu'il n'avoit feme plus gentil 

Entre II mers , ce dient cil 
28695 Qui le connoisent , ne plus biele 

Ne plus courtoise damoisiele. 

Et li rois en a pris consel 

A $aus ki furent si feel. 

Lo^ li ont, si l'a mand£e 
28700 Et on li a , sans demor^e , 

Envois trop lament , 

Del tout a son commandement. 

Quar l'arcevesques i ala , 

Cil de B<k)urges , ki fu la , 

88675 Li prig , le priaonnier, Henri. mdme d'Alphonae II , auquel il succeda en 1809. 

88688 S'estoit obeis , s'etait soumis. 88698 Nassence , naissance. 

88691 La fille au conte de Provence , Margue- 88698 Si feel, ses feaux. 

rite, fille ainee de Raymond-Berenger IV, fila lui- 88704 Beourget , Bourgea. 

Tom. II. 76 



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602 



CHRONIQUE 



Mariage de Henri III, 
roi d'Angleterrc. 



28705 Bien yenus de tous environ 
S'i furent li autre baron , 
A grant fieste l'a congee 
Li rois, et si fu couronn^e. 
Adont fu li pais em pais , 

28710 Tout ausi com ?ou fustsohais, 
Et recommencierent tornoi 
Et les fiestes et li dosnoi. 
Or o'i& fa^e miervelle , 
Jamais n'ora-on sa parelle. 

28715 Li rois de Castiele navoit 

Point de feme , jovenes estoit , 
L'autre fille al conte manda 
De Prouvence, et on li dona. 
Moult volentiers car ce fu drois 

28720 Et la tierce manda li rois 

Henris d'Engletiere moult to*, 
Quar li quens iert de trop bon los. 
Oils miervelle et grant ounor 
C'uns povres quens en poi de jor 

28725 De HI fiUes fist III roines. 

Pour lui fist Dieux miracles fines , 
Qu'en mains de II ans , a droit conte , 
Ayint $ou a I povre conte. 
Mais de linage estoit gentil , 

28730 Et si avoit I valiant fil. 

Ensi aiue Dieux son homme . 
Quant loiautes et biens le nomme. 
Et que n'auroit or li celers? 



28710 Sohais, souhait. 

28715 Fae'e, d'ou le mot fee. 

28717 L'autre fille, ce mariage est dementi 
par l'histoire. 

28720 La tierce , la seconde : iheonore. La 
troisieme fille da coarie de Provence, Sancte, 



epousa Richard , due de Cornouailles , frere de 
Henri III. La quatrieme , Beatrix , epousa Char- 
les , frere du roi de France. 

28730 / valiant fil, U n'eut point de 61s. 

28731 ^Hw, aide. 

28735 XtceZm, a- quoi bon le cekr? 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



603 



28745 



Puis vint grans dios as bacelers 
28735 Et a $aus qui d'armes vivoient 
Et qui le si&cle raaintenoient. 
Li quens Willekins de Hollande, 
Ki vesqui en proaice grande , 
Avoit I fil quant il moru , 
28740 Ki Florekins apietes fa. 
Gentillaice l'avoit nouri 
Et largaice I'ot encari. 
Quant il ot aage , bri&nent 
Cevaliers fa fais hautement. 
Grant fieste fist et grant nobl&ce. 
Largaice maintiunt et pro&ce , 
Par toutes ti&res tournoia 
Et despendi et dosno'ia. 
Quant il ooit I cevalier 

28750 Nouraer, ki faisoit k premier. 
Si le retenoit de mesnie 
Et dounoit a sa compaignie 
Les grans dons, et as bacelers 
Qui soupris avoit li esrers 

28755 Et li tornoi k'il poursiyoient : 

Et pour ?ou toutes gens l'amoient. 
Quan que sa ti&re li valoit 
En II ans , en I despendoit : 
Et s'il estoit larges doun&re. 

28760 Ausi iert-il biaus despendere. 



Guillaume l«r, comte 
de Hollande 



Florent IV, ion fits. 
Se% brillantes qualitls. 



28737 WilUhins, diminutif de WilUm, Guil- 
laume de Nangis oomme Guillaume II aussi 
JTilliquins. Dans la Philippeide , on lit, liv. IX, 
v. 419 : 

Jnvat indagare recessus 
Et populos gelidam y/m Flandria respicit a re ton , 
Qua se Brabaneis procul hinc conterminal arv is, 
Qua Guilliquino./far** contermina regno. 

Dom Brial croit, avec raison ,que GuiUiquinnm 



regnum est la Hollande , ainsi appelee a cause de 
Guillaume I er , son souverain. 

28739 Quant il moru, le 29 juillet 1218. 

28742 Encari, cheri. 

28784 Li esrers, les voyages; Fldrent donnait 
aui jeunes eeuyers qui voyageaient et recher- 
chaient les tournois qu*il ainait comme eox. 

28759 Dounere, qui donne. 

28760 Despendere, qui depense. 



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604 CHRONIQUE 

Et del sien as povres dounoit 
Moult volentiers en bon endroit. 
Dieu sour totes riens r&lama 
Et les tornois forment ama, 
28765 Les bieles armes , les noblece* , 
Les signories, les proeces. 
Fiorent iv f iw dan* Mais fortune et envie fole , 

un tournoi. 

Qui moult de gent vaint et afole, 

Le souprisent k I tornoi 
28770 Qu'il ot fait prendre, par dosnoi. 

Tant i mena , a ses deaiers . 

Et banieres et cevaliers , 

Si qu'il eut fait par maintes fois , 

Que sor lui fu tous li tornois. 
28775 Et tout le tornoi par sa main 

Venqui-il au soir et au main , 

Et de tous en eut-il le pris 

Qu'il n'i fu ni bl&i& ne pris , 

Mais il perdi pri& sa gent toute. 
Robert deBoTw. 28780 Robiers de Boves et sa route 

Anseau d iie. Et Ansiaus d'llle duel en ont , 

Simon de ciermont. Ausi ot Simons de Clermont. 

Si com ses gens r'alet en furent 

Viers leur osteus , si com il durent , 
28785 Et li quens deriere venoit , 

Si com cil ki las& estoit, 

Pri& d'un bosket seure li ceurent . 

Et li gr^verent quan k'il pen rent, 

Cascuns a son harnas tendi . 
28790 Et Florekins plus n'atendi. 

28769 A I tornoi, des ecrivains modernesont ment la chose. Voyez v. 28127. 

dit qu'il futassassine par le comte de Boulogne, 28780 Robiers de Boves, an autre Robert de 

dans un tournoi donne suivant les uns a Corbie , Boves fut tue a la croisade, en 1190. Benoit de 

suivant les autres a Nimegue; mais Philippe Peterborough, dans le Recueil des Hist, fr., 

Mouskes et les contemporains racontent autre- XVII , 512 D. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 605 

Son hiaume prist et rela^a, 

Et $aus rapiele c'on ka?a . 

A aus s'eslaise , si fiert ens , 

Pour resceure lui et ses gens , 
28795 Mais trop en i avoit sor lui. 

Si li fisent ass& d'anui , 

Quar son harnas et ses gens prisent 

Et lui-m&smes tant batirent 

De son hiaume , k'il se pasma 
28800 Dont li peules moult les bias ma. 

A son ostel en fu port& : 

S'en fu moult grans dious d&nen& , 

A poines que vif demoroient 

Li baceler, ki la estoient. 
28805 C'estoit lor dieus et lor confors, 

Et tant estoit li diols plus fors , 

Qu'il avoit CC ans et plus 

Que si large ne trouva nus. 

Mors est, moult fu plains et plor&, 
28810 En son pais fu reports 

Et sevelis a tele ounour, 

Com on doit faire tel signour. 

Del gentil conte me tairai , 

A ma matere retrairai. 
28815 Or oi& aventure estra&ne Linquisiuon a c<>- 

U logne. 

Qu'ayenut fu par Alemagne. 
Uns begins mestre sermonnere , 
Corans eut non , et I siens fr&re 
Jacobin, par la trespassoient , 

28794 Resceure , defend re. Ont lc siecle honi. 

28817 Begins , e$pece de moines, qui furent Recueil de Bamaian ,/ d, m*oj , 
condamnls aux conciles de Cologne, en 1260, 

et de Vienne , en 1311. Rutebuef on Rntebeuf , Mu§n sermonneref maitre pr edj C aieur. 

dans sa Chanson des ordres, dit, pour refrain : gggjg Corans, Corradin? 

papdart et beguin 28819 Jacobin, voici ce que Rutebuef dit de 



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606 



CHRONIQUE 



Exces rlu cardinal Otton. 



II est oblige de fuir a 
Tournai. 



On preche de nouveau 
la croisade. 



28820 Ki laitres de Bourne aportoient 

Con presist $aus qu'il nommeront, 
Quar mescr&ns les prouveront , 
S'es arsist-on tot esranmeot. 
Ensi fu fait tot plainnement. 

28825 A Coulougne et par le pais 
En fu li peules esbahis, 
Moult en arsent et conviertisent, 
Mais ainc que del pais partisent 
Fu Corans gaiti& et ocis 

28830 Et ses compains en est fuis. 

Donqes remest cele complote. 
Puis i vint I cardenaus, Othe, 
Ki vot les clers desprovender 
Et les auquans desordener. 

28835 Et raiembre les ab&es. 

Asses moustra de felonnies , 
Mais tart li fu , de fit le sai , 
Qu'il s'en fu fuiois a Tornai , 
Sains nule joie et sains conduit. 

28840 Et cevaugoit adies par nuit. 
Et de Tournai s'en rala-il 
Tout droit viers Roume , sans p&ril. 

Adonques droit en eel tempore , 
Vint de l'apostole Grigore 

28845 Grans pardons et commans des crois , 



eel ordre : 



Li jacobin soul si preudommc 

Qu'il ont Paris et si ont Romme , 

Etsi sontroi et apostole, 

Et de l'avoir ont-ils grant somme; 

Et qui se muert , s'il ne les nomine 

Por executor, s'ame afole; 

Et sont apostre par parole, 

Buer fu tel gent mise a escole. 

Nus n*en dit voir c'on ne l'assoume ; 

Lor hatne n'est pas frhrole, 

Je qui redout ma teste fole , 



Ne vous di plus mes qu'il sont hommc. 

Les ordres de Paris , dans le Recucil de 
Barbazan et de M£on , II , 294-95. 

28831 Complote , complot. 

28833 Desprovender, depouiller de leur pro- 
vende. 

28834 Desordener, degrader. 
28855 Raiembre, ranconner. 

28838 A Tornai, ce fait a echappe a nos his- 
tori ens. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 607 

Oont la gent furent en effrois. 

Quar haut et bas moult se croissi&rent , 

Ki Dieu am&rent et proisi&rent ; Trait satire. 

Et des clers se croisierent moult, 
28850 Ki tout voelent avoir par tot. 

De Rome aporta ces novieles 

Frere Willaumes des cordieles. Frere Guiiiaumt. 

Car on disoit que li soudans 

Se feroit batisier par tans , 
28855 Ainc con l'alast plus asaillir ; 

Et la triuwe devoit faillir 

Con eut prise tres Damiaite , 

Ki nos fu par p&iet soustraite. 

Blasm& en fu I cardenaus, 
28860 Ne sai se ?ou fu ses consaus. 

Del soudant et de son batesme , 

Ne de son corage m&sme 

IN en set nus encor dire voir. 

Mais on ot parte del movoir, 
28865 II ans diut la triuwe durer 

Ne plus n'es vot-on creanter, 

Partout fu la meute anoncie, 

Si fu de mainte gent joie , 

Mais des femes ot , ne sai quantes , 
28870 Par ample le pais dolantes. 

Puis revint par France 1 Robiers, L, nq uisue«rRober. 

1 jacopins trop mal apiers , 

Et dist qu'il ot mes a M&aris. 

Et si eut esti par X ans 

28882 Be$ cordieles y cordeliers. Le nom pro- 28864 Movoir, se mettre en mouvemenl, re- 

pre de ce moine pouvait Aire aussi De$ Cordelles. prendre les armes. 

Rutebuef , dans le recueil de Barbazan et de 28867 Meute, guerre. 

Meon , II , 295 : 28868 JoSe, accueillie avec joie. 

28870 Par ample le pats, dans tome Pet endue 
Se li cordelier por la corde * M 

Pneent avoir le Dieu accorde f de$ dtyeTS V*Y 9 ' 

Buer sont de la corde encorde, elc. 28873 Mes f demeure. 



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608 



CHRONIQUE 



Grand oombre d'iadivt- 
dus mis k mort pour 
accusation d'heresie. 



28875 En la loi de mescr&mdise , 

Pour connoistre et aus et lor guise. 
Ardoir en fist ass& en oire 
Droit a la Carit^-sor-Loire , 
Par le commant de l'apostole , 

28880 Qui li ot enjoint par estole 
Et par la volenti dou roi 
De France, ki Ten fist otroi. 
S'en fist allors ardoir et prendre , 
Teus IIII n'es s&ist soprendre. 

28885 L'arcevesques et li clergies 

Les ont enquis et empesci&. 
A Pi^roune , dedens la vile , 
U men& orent ceste gille , 
Fist ardoir Pi^ron Malkasin . 

28890 Robiert et Mahiu de Lanuin , 
Et avoec ces III si arst-on 
Les femes Mahiu et Pteron. 
Et lendemain, ainc qu'il s'en tort, 
IIII signours a Heloincourt. 

28895 Et Bauduins , fius Markasin , 
A Valenci&nes I matin 
S'enfu'i , mais la fu-il pris , 
Et si fu a Cambrai remis. 
Puis le manda li rois , si Tot 

28900 Et si en fist $ou que lui plot. 



28878 Carite-sor- Loire, Charite-sur- Loire , 
petite ville da Nivernais. 

28885 L'arcevesques, de Reims, parce qu'il 
etaitjaloux de sa juridiction. 

28888 Gille, ce mot semble indiquer que 
Ph. Mouskes n'approuvait pas ces rigueurs. 

28890 Lanuin , Le Garpentier cite une famille 
patricienne de Cambrai, nommee Lainvins ou 
Lauwin , et qui portait d'azur a la croix azuree 
d'or. Ce pourrait bien Stre celle-ci. 



28895 S'en tort, s'en retourne. 

28894 Heloincourt, Honnecourt, autrefois 
Hunulcort, Hunol-Curth, Hunulphi - Curtis ? 
Voir le Balderic de M. Le Glay, Table des noms 
delieux , p. 891. 

28895 Markasin, plus haut Malkasin. 

28896 Valenciknes, les dominicains, investis 
de la recherche des he>£tiques , s'&ablirentdans 
cette ville en 1235. D'Outreman, Histoire de 
Valenciennes, p. 137. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



609 



La fille Mahiu de Lanuin 
Fu prise avoec, par tel couvin. 
En$ainte estoit, ne fu pas arse, 
Mais ainc que fu la cose esparse 

28905 Si le respria la roine, 

Qu'ele estoit biele dame et fine, 
Et feme estoit de cevalier, 
Ki fist ass^s pour lui proiier, 
Qu'ele ot encouvent loiaument 

28910 Qu'en Dieu kerroit entirement. 

De Pteronne a Canbrai s'en vint 
Cil Robiers, o lui siergans vint, 
Quar li rois le faisoit conduire, 
Pour 50U c'on ne li vosist nuire. 

28915 Li vesques Godefrois ausi 
I ot siergans, j'el sai de fi. 
Une feme avoit en la vile , 
Qui d&iut ot tout, par sa gille, 
Le pais , quar on quidoit bien 

28920 Que lo'iaus fust sour toute rien. 
La contesse fille clamoit , 
Et del sien , qant ele voloit, 
Recevoit pour aumosne faire ; 
C'on quidoit qu'ele vestit haire , 

28925 Non faisoit, ains ert vis diables. 
Qui la gent d&evoit par fables. 
Conneute fu jusq'en Auguerre , 
Et faisoit Dieu barbe de fuerre. 
Cil de Vaucieles et de Los 



28902 Couvin, pour convent, convention. 
28905 Respria, pria instamment. 

28909 Encouvent, promis. 

28910 Kerroit, croirait. 

28921 La contesse fille, elle se faisait passer 
pour fille de la comtesse Jeanne. 
28925 Vis diables , diable vivant. 

Tour. II. 



28927 Aucuerre, Auxerre. 

28928 Barbe de fuerre, faire a Dieu barbe de 
feure, expression proverbiale, employee avec 
succes par La Fontaine , et qui signifie se mo- 
quer de Dieu. 

28929 Vaucieles, abbaye d'bommes , dans le 
Cambresis, fondle en 1152; Los, Looz, abbaye 

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610 CHRONIQUE 

28930 Li portoieut partout bon los. 

Et li yesques et li clergies 

Durement iert joians et li& 

Qui pooit iestre ses acointes , 

Fussent bourgois u dames cointes. 
28935 Et quant om u feme moroit. 

Trestout $ou que pour Oieu dounoit , 

Avoit la diablaise en main. 

A&ais ot non li erbi&re. 

Cele ?ious desloiaus sorciere 
28940 Prise fu, et tout esranment 

A regehi , oiant la gent , 

Que , plus avoit de XL ans , 

INe crei Dieu et &es com mans. 

Et autres de moult bonne ci&re , 
28945 Fins courtois en toute maniere , 

Fors tant que en Dieu ne creirent , 

Prist-on asses lors et enquisent. 

Mais anemi si les tenoient 

Qu'a Dieu repairier ne voloient. 
28950 Grant dol i ot d'aus ne sai quans , 

Qu'il en i ot III moult vallans 

Ki furent estievin esliut. 

Or o'ies com ont end^ciut 

Le siecle , et si ont femes prises. 
28955 Ne puis de tous conter les guises ; 

XX en i eut , si com j'aesme ; 

Ce fu le jour de grant quaresme. 

Li arcevesques, bien le sai , 

Et Watiers , yesques de Tornai , 
28960 Et cil d'Arras et de Noion 

d'hommes, fondee en 1 147, et silueepres de Lille, aujourd'hui des honn&tes gens. 

28935 Ses acointes , admis dans sa socieie. 28948 Anemi , le demon. 

29958 Erbiere , empoisonneuse. 28958 Li arcevesques, de Reims. 

28945 Fins courtois, ce que nous appellerioos 28959 Watiers, Gautier de Mar vis. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



611 



Furent k l'enquisision. 
Ausi doi frere de Masteng 
Fureat ars pour tel entreseng. 
Si ot III femes ensignies , 

28965 Ki furent a Dieu conyierties. 
Et XVIII en laissa-on 
Encore ariere en la prison. 
Et sen eut men& k Dowai , 
U pris en avoit , bien le sai , 

28970 Quar il feisoient adies gierre. 
Cil ki furent pris a Valtiere 
Etoient Catier apiete , 
Qui trop avoient rev£l£. 
Cil ki furent ars k Cambrai , 

28975 Et a Pteroune et a Douwai, 
Et aillours par frere Robiert , 
Ars en poure tout en apiert, 
Si estoient Bougre nomm^ . 
De fause loi pris et prouv£. 

28980 Que vielles femes , que yiellars , 
En i ot a Douwai X ars , 
Et s'en i eut de conviertis , 
Femes et houmes del pais , 



Calien. 



Bougres . 



28962 Matteng, Mastaing en Hainaut, dans 
I'Ostrerant , poaaede par la famille de Jauche. 
Le Carpentier, Histoire de Cambrai, II, 701. 
D'Outreman, Hi$t. de Valenciennes , 527. 

28963 Entreseng, indice. 

28964 Ensignies ,pr&ch&ez, catechiaeea. 
28971 A Valtiere, aval Hire, pays des Avaloia , 

et Ton a vu que lea Avaloia criaient Cologne. Ce 
nom nous a paru conveoir eo general aux Pays- 
Baa , qnoiqu'il ait pu designer plus specialement 
qaelquea cantons ▼oisins dn Rhin. 

lluec ariveot march^ant d'jivaltirre. 

Les enfances Vivien, M8cite par M. Fran- 
cisque Michel. 



Dana la chanson de Roland , publiee egalement 
par eel infatigable philologue, on lit Valterne, 
st. XIV, v. 7, st. LXXIII, y. 1 , st. XCV1II, v. 3. 

Pris ai Saltern* et la terre de Pire (p. 8). 

Del altre pari est Escrenus de Valterne , 
Sarrasins est. (p. 37). 

Si rait fenr Escreiois de Valterne. 

M. F. Michel pense que Valterne et Val terre ou 
Avalterre sont la meme chose. II est neanmoins 
constant que dans ces citations il ne pent e'tre 
question des Avalois de Philippe Mouskes , et 
qu'il s'agit d'une locality du Midi. 

28972 Catier, v. 28249. 

28978 Bougre, bogreoa bougrin. 



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613 



CHRONIQUE 



Vengeance perionnelie 
de l'inqnititcur Ro- 
bert. 



Qui furent biea haut rodgnte 

28985 Devant et derriere croissi£. 
Et si en fist-on enmurer 
Pour repentir et pour durer. 
Et a Lille ot pris marc&ns 
De fieste en fieste ad6s esrans. 

28990 Robiers i fu de le Galie 
Pris, retenus a cele fie. 
Mais Dam-el-Dieux Ten delivra , 
Qu'il moult docement empria, 
Quar il avoit preudom est£ . 

28995 Mais les femes avoit am£. 
Pour une dame de Melans 
Li fu frere Robiers nuisans , 
Et dist qu'encor le comperroit 
En son pais, s'il i venoit. 

29000 Robiers Le Fri del Esprivier, 

Que puissedi compra moult cier, 
Envoii&* en fu en escil, 
Droit en Coustantinoble ensi. 
S'en ot pris a Ask et k Lers . 

29005 Et en la vile de Touflers. 

S'en i ot denmures et d'ars 
Plains de cele malise et d'ars. 
Ass& en ot ars par la tiere . 
Qui Dieu faisoient ire et gierre. 

29010 Moult i eut grant duel a l'ardoir, 
Mais $ou fu grans joie , pour voir. 
Quar il luissent enpuisnte 



28984 Roegnie, rognes. 

28985 Croissie, revelus d'un vehement ana- 
logue an san-benito des inquisiteurs espagnols. 

28990 De le Galie , Robert de la Galere , 
aiosi appel£ , sans doute , a cause de son ea- 
se igne. 

29000 Del Esprivier, de l'epervier, probable- 



ment le nom de son enseigne , ▼. 28990. 
29001 Compra, pay a. 

29004 Atk 7 Ler$, on trouve tout pres de 
Lille Asque et Flers ; il est clair qu'il est 
question dans le texte de ces localites. 

29005 Touflers , Toufflers , village a 2 Heues 
de Lille. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 613 

Tout le pais, et engigni^. 

Et Dieux maintiegne si son peule, 
29015 Que mais u'aient cr&nce aveule, 

Ainc soit k cascun vrais recors 

Que Diex fu pour lui vis et mors. 

Et mariage et vrai batesme 

Doit cascuns croire pour lui-mesme , 
29020 Et le sacrement a l'autel , 

Que nus n'en poroit faire autel , 

Se priestre et Dieux m&smes non : 

Tel le commanda-il par non : 

Qui n'el croit n'est preus ne sen& , 
29025 Ainc sera perdus et dampn&. 
Entre cest crois et cest arsin 

Si avint grant joie sans fin , 

Qui j&, se Dieu plest, n'iert remese. 

Pour guarder lempire de Gr6se 
29030 S'en fu al& li rois Jehans. K^nedejcandeBr, en - 

La ot esti ne sai qans ans, 

Qu'il n'i ot pais faite ne gierre; 

Ainc perdi pri& toute la tierre. 

Son or garda et ses deniers . 
29035 Aler laissa les sauddiers 

U en lor tieres u aillors. 

S'empesa et les plusiors , 

Quar ce ne fu ne preus ne sens. 

Mais Vatace et li rois Ausens, 
29040 Li Micalis et li Coumain, 

Et li Blac ausi tout de plain , 

29026 Crois, action de croiser, de mitrer; 29037 Plusiors, si ce mot n'est pas compte 

arsin , brnlement. Ici Du Cange et M. Buchon pour trois syllabes, le vers est trop court, 

reprennent leur extrail. 29059 Vatace, Jean Ducas Vatace , empereur 

29031 Ne sai qans ans, deux annees entieres. grec, a Nicee; Ausens, Azanll, roi de Bul- 

Du Cange cite Ph. Mouskes , a propos de cette garie. 

inaction. Hist, de Constantinople, ed. de M. Bu- 29040 Micalis (?), Coumain, Cumans. 

chon , 1 , 213. 29041 Blac , voy. plus hant. 



ne A Constantinople. 



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614 



CHRONIQUE 



Faiklesse de 1'arnaee de 
Jean de Brienne. 



EJUc est cependant vio- 
torieuse. 



Bravoure de ce prince. 



Et li Toldres , uns om poisans . 
L'oirent dire aus ne sai quans ; 
Venut sont Tiers Costantinoble . 

29045 L'erap^rial cit^, la noble, 
Pour le roi Jehan ass^gier. 
Tant i vinrent C et milier, 
Qu'encor n'est nis qui les peuist 
Nombrer. ja tant n'es connuist. 

29050 Et quant li rois Jehans le sot . 

Des siens manda quan que il pot , 
Si n'ot blous que VIH" ceyaliers , 
Et cil orent leur esquiers. 
Et si eut siergans a ceyal 

29055 Moult poi , mais il furent loial. 

Les armes de tous lor Grios prisent 
Et leur gens bien armer en fisent : 
La pietalle remest dedens. 
Et li rois fist lors de ses gens 

29060 III batalles; s'en issi fors. 

Et li rois Auscqs , par effors , 
XLV batailles fist. 
Lues asanbl&rent, si con dist; 
Les HI isi bien i f&rirent 

29065 Que le XLV yenquirent : 

III seulement en escap&rent, 
Q'Ausens et Vatace menerent. 
N'ainc Ector, Rollans , ne Ogiers , 
Ne Judas Macabeus , li fiers , 

29070 Tant ne fist d'armes en estor. 



29042 Li Toldres, Du Cange : li Toidres , 
Theodore Comnene , empereur de Thessalonique. 

29048 Nes,ni,natus. 

29052 Vers trop long. Blous, Du Cange : 
olous, et il ajoute sic. 

29056 Grios, Grecs. 



29060 Batalles , corps. 

29065 Asanhlerent, attaquerent. 

29064 Isi bien , si bien. 

29065 Le, Du Cange et M. Buchon : Us. 
29068 N'ainc.... Da Cange, parlant de la 

valeur de l'empereur, cite Ph. Mouskes, 1 , 222. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



615 



Com fist li rois Jehans eel jor. 
Et il de fors et il dedens. 
La paru sa force et ses sens 
Et li hardemens qu'il avoit. 

29075 Et cascuns des autres estoit 

Si preus , con diut a tel mescief 
Et pour la tiere et pour son cief. 
Jehans de Bi&une et li sien 
Et li autre le fisent bien. 

29080 Or dies que li Griu penserent, 
Quant Tiers la cit£ s'en alerent. 
Si disent que ja cil dedens 
Ne se tenroient a lor gens ; 
Mais entrues qu'il se combatroient. 

29085 Les n& quamenees avoient , 
Plus de CCC et bien garnies , 
Seroient lues aparillies; 
A tout lor Grifons et lor Turs, 
S'iroient par la mer as murs, 

29090 U pour le prendre u pour I'ardoir ; 
C'en quidereut faire , pour voir. 
Mais quant la pi&aille dedens 
Vit defors bien faire lor gens , 
S'al&rent as n& gaegner. 

29095 Gent i avoit de maint mestier, 
Que cil defors et cil dedens 
I prisent taut avoir et gens , 
Qu'il ne fu se miervelle non , 
Ce fist Dieux proprement par non , 



Jean de Bethune. 



Les Latins s'eniparent 
d'une partie de la 
flotte de lours ennc- 



29076 Con, comme. 

29078 Jehans de Bietune, Du Cange soup- 
conne qu'il etait 61s de Conon , 1 , 222 , mais 
Andre Du Chesne ne donne pas a Conon de fils 
de ce nom, 163; nous ne voyons de Jean de 
Bethune , qui ait vecu de ce temps , qu'un fils 



de Guillaume II , dit le Roux , et donl il a ete fait 
mention plus haut. C'est celui qui epousa la 
comtesse de S'.-Pol ; et chose remarquable, Du 
Cange, plus loin, I, 256, reconnait que c'est 
ce chevalier que veut designer notre auteur. 
29088 Grifons, Grecs. 



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616 



CHRONIQUE 



Lc comte tie Cham-' 
pagoe s'aliie avec le 
due dc BreUffne , 
1235. 



29100 Qui la vot garandir son peule, 
Quar la cit& fu auqes seule, 
Car cil del castiel , de la flame 
Quant nouviele sorent et fame 
Que desconfis venoit Ausens , 

29105 A 9011 qu'il ot od lui de gens, 
Fors de son castiel sen issi , 
Mais il le laissa bien garni ; 
Les fuians encontre devant 
S'en ocisent et prisent tant, 

29110 Con n'en sot ne conte ne fin. 
Mort sont de eel darrain venin. 
Cel castiel orent trespass^ , 
Pour 90U qu'il sorent , de vert^ n 
Que li rois Jehans i ot mis 

29115 Ass& de ses mellors amis. 
Cist aidierent si leur signor 
K'il en orent preut et ounor. 
Des preudomes doit-on parler 
Et les mauvais laisier ester. 

29120 Qu'en mauvais n'a point de saison , 
Mais li biens a tousjors fuisson. 
Lors avint que li Canpegnois , 
Qui de Navare ert nouviaus rois , 
Ot de sa feme , ki fu bonne , 

29125 La fille Erkenbaut de Borbonne , 
Une fille, si com Dieu plot. 
Et il, au plus tost c'onques pot, 
Parla au conte de la Marce 



29101 Seule, l'infanterie I'avait abandonnee 
pour piller. Da Cange , Hist, de Constantinople , 
1 , 223. 

29102 De la flame, nouvelle de la flamme, de 
l'incendie que se proposait l'ennemi. V. 29122. 

29108 Fuians, Du Gauge et M. Buchon : 
fuiars. 



29109 Ocisent, au v. 28206 on lit ocesisent. 

291 21 Interruption dans l'extrait de Du Cange 
et de M. Buchon. 

29124 Sa feme, Marguerite, fille d*Archam- 
baud V11I. 

29128 Conte de la Marce , Hugues X , de Lu- 
signan ou Luzignan. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



617 



Et a sa feme , ki fu large , 

29130 Qui dame ot est<* d'Engletiere , 
Et bien voloit Tire et la gierre. 
Et li quens Jehans de Bretagne 
La fille al conte de Canpagne 
Prist a feme, et si l'espousa, 

29135 Si que l'uns lautre asslura , 
Et li baron au roi de France 
Se tinrent a lor seu ranee. 

Ti&)aus, li quens des Canpenois, 
Ot puis en France moult d'anois , 

29140 Quar il ot le roi encouvent, 
Une fois et autre sou vent, 
Que sa fille n auroit baron 
Se par le congiet del roi non , 
Et cartre Ten avoit doun^e 

29145 Sour HI castiaus de sa contr^e. 

Mais li quens, qui en ot engagne, 
Au fil le conte de Bretagne 
Le douna , que li rois n'el sot , 
Mais il s'en tiunt apri^s pour sot, 

29150 Quar li rois, sans faire autre tence, 
Le resoumonst de convenence, 
Et si soumonst ses os pour lui. 
Mais li quens, qui douta l'anui, 
Vint a niierci, car la roine 
29155 Li consilla, pour l'aatine. 

Mais li rois en ot 111 castiaus 
A sa volenti, fors et biaus. 



Mrcontentement du roi 
de Frauce. 



Le corate do Champa- 
gne rentre en grice. 



29129 Sa feme, Isabelle , fille d'Aimar , 
comte d'Angouleme , veute du roi Jean d'An- 
gleterre. 

29132 Jehans , Jean , fils et hentier du due 
de Bretagne. 

29144 Cartre, charte , engagement par £crit. 

Tom. II. 



29146 Engagne , tromperie. 

29151 Resoumonst, sornma de remplir sa con- 
venance , sa promesse. 

291 82 Soumonst, convoqua, appela. 

29155 L'aatine , a cause de l'empressement 
qu'elle mettait a servir Thibaut. 

78 



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618 CHRONIQUE 

Et si diut aler outre mer 

Et en Navare demorer 
Affront 4 ue Boben , 29160 VII ans. Mais H fr£re le roi, 

wmte u «u° ch f am P a- Mesire Robiers, eel desroi 

gne ' Ne li vot pardoner ne s'ire. 

Aine eommanda et si fist dire 

A ses vallais qu'il li f&sent 
29165 Trestout le honte qu'il p^uisent. 

Et quant li quens s'en dut aler, 

Cil li vinrent & Tencontrer , 

Si fu giet& de palestiaus 

Et de cinces et de bo'iaus , 
29170 Et si li trencterent-il doi 

La keue de son palefroi. 

Et il al roi le remanda , 

Ki tous a prendre les rouva 

Et dist que tos fussent pendu. 
29175 Mais se^ freres la desfendu , 

Mesire Robiers , et si dist 

Qu'il-m&smes ses cors le fist. 

Dilivri furent , et li quens 

De Campagne enmena les suens, 
29180 Et li rois les fist convoiier 

Ses barons . et , pour desvoiier, 

L'enmena li quens de Bretagne 

Jusqu'a Nantes, a grant compagne. 

En une galie en enlra , 
29185 Droit viers Navare s'en ala , 

Et Campagne pour son desroi 

Remest en la garde le roi. 

N'onques mais n'oi-on parler 

29161 Robiers, Robert, comte d'Artois, fils 29169 Cinces, gueoilles. 
de Louis VIII et frere du roi regnant. 29170 Doi, deux 5 il serai t ce pendant plus 

29164 VaUais, valets. simple de lire droi, droit. 
29168 Palestiaus, haillons. 29177 Ses cors, en personne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



619 



D'ensi roi et conte mener, 

29190 Mais il estoit partout hais , 
Pour la raort del roi Lo&s , 
Qu'il laissa devant Avignon 
Et pour le conte Felippron 
De Boulougne , ki mors estoit, 

29195 Et disent qu'enpuisnl l'avoit. 

Le vesques de Biauvais mom 
Lors , dont France entredite fu . 
Quar li rois ot de Biauv&s pris 
Moult des bourjois et moult ocis , 

29200 Pour I sien prouvost k'il ocisent. 
Ass& cruel escange i misent. 
Le vesques de Cartres ausi 
Fu mors : si demora ensi. 
Et li rois tiunt $aus de Biauves 

29205 En prison, com faus et mauves. 
Avenut estoit cidevant 
Que croisiet furent li enfant 
De maint pais , maugre lor peres , 
Maugret parens et maugret meres. 

29210 Sen i ot tant con n'en sot nombre. 
Mais d'aus fu ausi com de I'ombre. 
N'i ont nul confort atendut , 
Par le pais sont espandut , 
Cascuns sa crois bien atacil , 

29215 Portoient banieres lacie. 

Ca X ca XX se hierbegoient 
As boines gens que il trovoient , 
Et s'eurent deniers li auquant. 



Preventions populaires 
contre le comte de 
Champagne. 



Interdit. 



Ooitade des enfant , 
1212. 



29301 Escange, represailles. 

29202 Cartres, Chartres. 

99207 Li enfant, Michaud , Hist, des Crop- 
sades, 5° &lit., HI , 380. Cet auteur rapporte un 
memoire de feu Jourdaio. Alberic de Troia Fon- 



taines et Mathieu Paris entrent dans beauooup 
de details sur cette croisade , dont parle aussi 
J. De Guyse. Cf. F. Wilken, Gesehiehte der 
Kreuzziige, 1830, VI, 71-81. 
29215 Lacie, attaches. 



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620 



CHRONIQUE 



Le cordelier frere Guil- 
laume preche U croi- 
sade. 



Geoffroi de YiDehar- 
douin va au secoors 
de Constantinople , 
1236. 



De jour en jor alerent tant, 

29220 Qu'ii sont as pors de mer venu. 
Si leur est ensi avenu 
Que faus marounier les paserent. 
Vendus les ont quant ariverent. 
De X mile n'en revint XX. 

29225 J'el di pour $ou qu'ensi avint. 
Frere Willaumes des cordieles 
Viunt et parla des crois novieles 
Pour Jerusalem d&ivrer. 
Mais que vaut de gens enivrer 

29230 Par parole . et faire croissier? 
Cou fait moult petit a proisier, 
S'il n'i a kief de signorage , 
Qui gart le port et le voiage 
Et Tost, quant ele sera outre; 

29235 Peu vaut l'afaires sans le coutre. 
Se cil enfant eussent kief, 
N'euissent pas si grant mesquief . 

Donques revint novele noble 
Que no gens de Coustantinoble 

29240 Soucoru a moult grant hustin 
Jofrois de Vile-Harduin , 
Et Pissant et Venissiien 
Et li Genevois moult tr&s-bien ; 
Quar li rois Jehans i estoit . 

29245 Ki moult grant mestier en avoit. 
Par avarisse avoit laissi^s 
Les bons siergans et d&aci& , 



29232 Kief de signorage , chef d'un haut 
rang. 

29235 Coutre , gardien , celui qui veille. 

29238 L'extrait de Du Cange et de M. Buchon 
recommence. 

29241 Jofrois de Vile-Harduin, Geoffrey de 



Villehardouin II , •urnomme le Jeune , prince 
d'Achaie. 11 descendait de Jean de Villehardouin, 
oncle de l'historien. Du Cange, £d. de Villehar- 
douin, in-fol., p. 243. 

29242 Pissant, Pisans. 

29243 Genevois, Genoia. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 621 

Et des cevaliers grant partie , 

Ki passerent outre en Blaquie : 
29250 Quar ensi fait ki mious ne puet, 

Par convenant faire lestuet , 

Ce nos ensegne li escris. 

M et II cens et XXXVI 

Del incarnation , passa 
29255 De Coustanlinoble deca 

Li jov&ies enf& Bauduins , Baudouin u «c read i 

De p6re et de mere orfenins , 

Qui l'empire ot de Gresse la. 

Eskeu li estoit pi&ha 
29260 Doncles et de fr6re et de m6re , 

K'il estoit drois oirs de Tempore. 

Et la fille au roi d'Acre avoit , 

Qui pour lui l'empire gardoit 

Et garda lonctans, comme preus. 
29265 S'il vesquist encor, fuse preus 

S avarisse ne l'&iist pris , 

Quar il ot este de grant pris. 

Or ierent ceus en grant langor; 

Si lodrent si consillour 
29270 Qu'a Roume l'enfant envoiast . 

Et le pappe miercit criast , 

Grigorie , pour soucors avoir ; 

Quar il n'eut force ne pooir 

D'iestre contre ses anemis : 
29275 Perdut avoit tout le pais. 

A Roume ert li enf& venus , 

Moult ricement fu rectus , 

Et la pappe , qui moult fu biel , 

Li douna laitres et saiiel , 

29289 Eskeu, echu. 29265 Fuse preus, fiU-ce avantage. 

39262 La fille, Marie, fille de Jean de 29269 Consillour, conseiMers. 
Brienne , mariee en 1234. 29272 Grigorie , Hsei Grigore. 



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622 



CHROMQUE 



Baudouin II va & Paris. 



Le* cbiteaux Sanson 
et de Borignes. 



29280 Con li rendist, de par son pere , 
Tous ses drois , et de par sa mere . 
Et ki del sien li difauroit, 
Escumenii& en seroit. 
Et fist pardon c'on s'i croisast , 

29285 Grant et large, s'on i alast, 
Autel u plus com d'outremer, 
Pour le roi Jehan d^livrer , 
Et pour la tiere qu'il perdoient, 
Quar Sarrasin i marcisoient. 

29290 Ensi fu devis<§ a Roume. 
Bauduins sen part et si orae 
A Paris vint , s'el congoi 
Li rois , qui sa complainte oi , 
Si que , sains point d'aler en fuerre , 

29295 Li rendi la conte dAu^uerre 

Et tout son droit ; et la contesse 
Ne Ten fu mie felenesse, 
De F land res, mais la Vienoise 
Ne viout pas qua Namur adoise , 

29300 Ne k trestoute la cont£. 

C'est sa suer, si l'a fourcont^. 
Sanson et Bouvines garni , 
Et Namur lonctans fu ensi. 
D afotes i ot et de mors 



29282 De'fauroit , enleverait, retiendrait. 
29289 Marcisoient, etaient proches , voisins , 
limitrophe*. 

29294 Sains point d'aler en fuerre, sans aller 
fourrager, sans guerre. 

29295 La conte d 9 Aucuerre , Du Cange remar- 
que que saint Louis ne put rendre a Baudouin 
ce comle qui appartenait pour lors aux comtes 
de Nevers, auxquels il etait retourne par le 
deces de l'empereur Pierre , son pere , qui n'en 
avait eu que la jouissance et non la propri&e. 
Hist, de Constantinople, I, 250. 



29296-98 La contesse.... de Flandres , Bau- 
douin passa en Flandre au mois d'avril 1237, et 
cette princesse lui fit rendre tout ce qui lui 
appartenait de droit dans les comtes de Flandre 
et de Ilainaut. Mais Marguerite de Courtenai , 
soeur de Baudouin et comtesse de Vianden (dans 
le Luxembourg), ici appelee la Vienoise, refusa 
de lui restituer le marquisat de Namur, et voulut 
meme le faire passer pour un imposteur de la 
trempe de Termite de Glancon. 

29299 Adoise , louchat. 

29301 Fourconte, com pie pour rien. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 623 

29305 Et grant arsin , mais ce fu tors . 

Quar la suer n'i devoit avoir 

Casliel ne tiere ne avoir, 

Puis que ses frdre ert revenus 

Et des barons reconn^us. 
29310 Et tous li peules se tenoit 

A l'enfant qui drois 90 u estoit. 

Et s'en ierent entredit bien 

La contesse et trestout li sien. 

Mais en la fin ensi couru , 
29315 Que sour la contesse mis fu 

De Flandres; mais ele juga 

Que li en&s tout son droit a , 

Parmi VII mil livres d'acorde. 

De tant i ot mis^ricorde 
29320 Pour son despens et pour sa gierre. 

Ensi r'ot li valles sa tiere , 

Et ses garnisons partot mist , 

Ensi com ses consaus l'asist. 

Mesire Robiers , f r6re al roi , Marine de Robe* , 

_ . . frere du roi de 

z93zo Prist adont feme et grant conroi , Fr aD <*, 123:. 

Ki fille ert al due de Louveng , 

Et, se del voir dire ne feng, 

11 ot Arlois et S*.-Omer, 

Et s'el fist li rois adouber 
29330 A jour denoumet et onnieste , 

Moult hautement et a grant fieste , 

A Compiegne , en la praierie. 

Moult i ot grant bacelerie. 

39311 Qui drois, a qui droit.... 29323 L'asist, le clecida. Da Cange et M. Bu- 

2931 K Mis fu, on s'en rapporta a l'arbitrage chon, en cet endroit , passent 66 vers. 

de la comtesse de Fiandre. 29326 Fille, Robert , dit le Noble et le Vail- 

29318 Du Cange adopte cea details d'aprea larit, ne au mois deseptembre 1216, epousa en 

Ph. Mouskes, I, 231. 1237, Mahaut , fille ainee de Henri II , due de 

29321 Valles , l'beritier du trdne imperial , Brabant, 

le jeune prince, autrement Yenfes. 29330 Denoumet, denomme. 



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624 



CHROMQUE 



Son frere Alphonse in- 
resti du comle de 
Poitou, 1241. 



Le Vieux de la Mon- 
tague en voiede* erois- 
saires pourassassiner 
le roi de France. 



Les Templiers en rela- 
tion avec le Vieux de 
la Montagne. 



Le chef des Ismaeliens 
change dc resolu- 
tion. 



Mesire Alfons pas n'en doulouse ; 

29335 Cil ot le droit oir de Toulose , 

Et grant liere et grant casement 
Amende fu ricement; 
Mais a Compiegne fu doblee , 
La fieste, et partot depuplee. 

29340 Or 60s miei velle autresi. 
Li Vious de la Montagne ol 
Dire que li rois ert croisi^s 
De France , si n'en fu pas lies 
II siens Hakesins apiela 

29345 Et II coutiaus si leur balla . 
Et commanda mer a passer 
Pour le roi Lo^ys tuer. 
Ass& li fist liyrer avoir , 
Et si fist al Temple a savoir. 

29350 Al Viel de la Montagne ale rent 
Et eel afaire li blasmerent , 
Quar li rois pas croisies n'estoit 
Et freres 1111 encore ayoit. 
A sa mort ne conquerroit rien , 

29355 Tant li disent qu'il les crut bien. 
Dont prist li Yios II amiraus , 
Nes de sa tiere les plus haus , 
As Templiers dist quil lor cargoit 
Pour aler apri& $aus tout droit , 



29334 Alfons, Pan 1241 , le 24 juin (ou d'a- 
pres les auteurs de YArt de verifier les dales, 
en 1240, le 25 juin), le roi tint a Saumur, une 
cour pleniere, dite nonpareille, a raison de sa 
magnificence. 11 y arma chevalier son frere Al- 
phonse et l'investit du comle de Poitou, de celui 
d'Auvergne etdesterres des Albigeois, cedees, 
en 1229, par le comte de Toulouse. 11 semble 
que Ph. Mouskes met de la confusion dans les 
dates. 



29339 DepupUe, parait elre ici substantif : il y 
eut par tout depopulation pour assister a la fete. 

29344 Hakesins, que nous appelons assassins 
ou istnae'liens. Voy. Petition de Joinville, in-fol., 
par Du Gange, pp. 83, 86, 87, 88 et observa- 
tions 87, 88. Dans cette note, Du Cange , apres 
avoir rapporle les difTerens noms donnes aux 
lsmaeliens , n'oublie pas de remarquer que Phi- 
lippe Mouskes les designe sous celui de hakesins. 

29356 Amiraus, emirs. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 625 

29360 Et pour faire artere torner 

Sains le roi de France tuer. 

Et li Temples les prist sor lui 

Pour destorner si grant anui , 

Et mand&rent au roi de France 
29365 Tout l'afaire et la con venance , 

Et que cil doi le garderoient , 

Tant que sa mort ost^e aroient. 
Cil doi paien en France vinrent, 

A leur guise bel se maintinrent, 
29370 Siervi furent et ounour^, 

Et s'ont le roi de pri& guard e. 

Quant mangie et beu avoient , 

Par les rues adies aloient, 

Les Hakesins pas ne troverent. 
29375 Par congiet a Marselle al&rent , 

Trouv& les ont, et si lor disent 

Dei Viei ensegnes et cil risent. 

Ans II lor coutiaus lor dounerent , 

Et dont en France s'en r'alerent. 
29380 Petit apries ont congi^ pris , 

Le roi disent qu'il ert garis. 

Li rois moult biaus dons lor douna 

Et sau Yemen t les renvoia , 

Et a leur signor., par ses gens , 
29385 Envoia trop rices pr&ens. 

Mer repass&rent tout ensi 

Li doi paien , com jou vos di , 

Et si furent , foi que tous doi, 

L'uns a Compiegne , u ambedoi , 

29361 Sains, sans. 29381 Le roi disent, ils direot au roi j garis, 

29367 Ostee, empechee. hors de danger. 

29377 Del Fiel ensignes, ce que voulait le 29383 Sauvement, en surety. 

Vieux. 29389 Et Fun ou me* me tous les deux assiste- 

29378 Lor, leurs; lor, alors. rent a la ffcte de Compiegne. 

Tom. II. 79 



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626 



CHR0N1QUE 



Mort de Jean de Brien- 
ne, 23 mBrs 1237. 



Jean <le Belhunc. 



Siege de Milan. 



29390 A la fieste, et li Hakeais 

Furent bien gardl a Paris. 

Adont en eel tempore avint 
Qu'en Costantinoble conviat 
Morir le roi d'Acre Jehan , 

29395 Ki tenue l'avoit maint an. 
Si remand£rent Bauduin , 
Le jov^ne empereur orfenin , 
En France u il al& estoit, 
Qui son droit reciut i avoit, 

29400 Quar il ot consel de gent sage ; 
Et si r'atendoit le passage 
Et le soucors de gent commune. 
S'iert o lui Jehans de Bietune , 
Qui droit al marc en repaira , 

29405 Et o lui grant gent enmena. 

Mais Temperere . que con die , 
S'iert adont trais viers Lombardie; 
Si ot $au» de Melans assis. 
A tous les pors fu contredis 

29410 Li passages , mais tote voie 
Jehans de Bietune i envoie , 
Et en apri& il i ala , 
Et tant I'emper&nir dit a , 
Que il laisa sa gent paser. 

29415 Mais son cors estut demorer 
A son consel ensi encor , 
Mais n'el vosist pour C marcs d'or. 
En Coustantinoble manda 



29390 Hakesit, pour la rime, au lieu de 
Hakesins. 

29392 Nouvel extrait de Du Cange et de 
M. BuchoD. 

29403 Jehans de Bietune, ce personnage, au- 
quel on a consacre pree&lemment une note, 



avait ete donne pour gouverneur et pour 
conseil a Baudouin, par l'empereur Jean de 
Brienne. 

29404 Mare, marche, dans ce caa-ci la Ro- 
manic ou la Grece. 

29413 Son core, &a pertonne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



627 



Que tout asslur fusent la, 
29420 Car il aroient soucors gent 

A la St.-Jehan, et grant gent. ♦ 
En ceste saisson yoirement. 

Ce D08 dist Testore brilment , 

Vot Simons de Monfort avoir 
29425 La contesse et son grant avoir, 

Mais il ot I point tr&ailli 

Viers le roi , par quoi il failli. 

D'autre tel lignage et grignor 

Eut puis la contesse signour. 
29430 De Flandres madame Jehane . 

Le fil au due de Moriane , 

Qui quens iert ausi de Savoie. 

Moult i emploia bien sa voie. 

Tumas ot non , pas n'el savoie . 
29435 Quant boine eure vient, Dieux avoie 

Tout ?aus que il violt avoiier. 

Ce ne poroit nus desvoiier, 

Et Dieux cestui bien avoia . 

Quar parmi Flandres s'avoia , 
29440 Et par Hainnau s'est avoids , 

Voii& s'il n'est bien avoids. 

Biaus fu de menbres et de cors . 

Mais en la fin , e'est mes recors 

Qui bien en viout dire le voir, 



Simon de Montfort ara- 
bitionne la main de 
la comtesse de Flan- 
dre. 



Celte princesse epouse 
Thomas de Savoie, 
1237. 



29419 Asstur, ceux qui lui avaient engage 
leur foi. 

99420 Gent, epithete doot nous n'employons 
plus guere que le feminin. 

29421 lei s'interrompt de nouveau l'exlrait 
de Du Cange et de M. Buchon. 

29424 Simons , frere d'Amauri VI , offense^ 
de ce que le roi de France et la reine, sa mere , 
avaient traverse ce mariage , il passa en Angle- 
terre ou il devint comte de Leicester. 



29426 Tresailli, saute par dessus. 11 avail 
manque* en un point enyers le roi. Trans 
salire. 

29434 Tumas, Thomas de Savoie, fils de 
Thomas , comte de Maurienne et de Savoie , et 
oncle de Marguerite, femme de saint Louis. 

29435 Dieux avoie, Dieu nous trace le chemin, 
quand le bonheur vient, quand la bonne heure 
sonne. L'auteur joue sur un mot dans des vers 
consecutifs. 



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628 CHRONIQUE 

29445 Gentius om a petit d'avoir. 

Oncles la roine de France 

Dut bien avoir contesse france , 

Et oncles celui dEngletiere , 

Qui les estrelins mait en siere , 
29450 Et oncles a cele d'Espagne. 

En ces III a biele compagne. 

Bien doit avoir quens de tel conte , 

Fil d'emper^our u de conte, 

Voire s'ele ^uist III cont& , 
29455 Se li drois est a droit cont&. 

Mais la contesse et il ayant 

Fisent al roi tel con Tenant 

Que , se jamais li forfaisoient , 

Ne il ne oirs, se il Vavoient, 
29460 Ne autres quens , s'il l'i venoit , 

Toute la ttere demoroit 

Deviers le roi et li baron 

Et li esktevin d'environ. 

Et tout 90U fu d'aus saielet 
29465 Et d'apostole comfermet ; 

Et se li rois emprist avoir, 

Ja n'en quier le nombre savoir. 
Quaiite* et poiiuoo de Ass& estoit s^urs et fers , 

Thomas avaot son . _ 

manage. Et si ot lonctans estet clers ; 

29470 Ctere ot hardie com lions , 

Et s'iert tr&oriers de Lions. 

Et autres guarissons avoit , 

Mais de rien orden& n'estoit, 

Et s'atendoit aucune rien 
29475 Dont il venist a grignor bien , 

Quar en sa tiere tenoit pau. 

29449 Qui serre les livres sterling dans son dit de tel acabit. 
epargne. 29472 Guarissons, a vantages. 

29452 De tel conte, de tel compte , comme on 29473 Ordene's, il n 'avail point recu les ordres. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



629 



Asslur& fu de Hainnau 

Et de Flandres , dont le roi plot : 

Duns ne d'autres n'i ot dit mot. 

29480 Godefrois , vesques de Cambrai , 
Moru adonques , bien le sai , 
K'il les ot adies espouses. 
Dolans en fu ses parentis , 
Quar il les amoit durement, 

29485 Et s'en pesa moult d'autre gent. 
Li arkanceliers de Paris 
Fu adonques vesques eslis. 
Bas om iert et bon clers soltius , 
Sen fu li capitles decius. 

29490 Sor III fu , s'en prisent envie , 
Hais en fu toute sa vie. 
A Vaucieles enfouois fu 
Godefrois , nus n'el socoru 
Contre la mort. Dieux en ait l'arme. 

29495 II fu larges et de bon famle. 
Ensi fu ^vesques Guiars . 
Com jou vos di la , leur guiars 
De clergie , et de Loenois 
Fu nes , u mains om loe n'ois ; 

29500 Non pourquant si fu de Loon , 
Fors de clergie n'el loon. 
Clers qui set la devinitet 



Mort de Godcfroid dc 
Conde , evequc de 
Cambrai , 1238. 



Gui on Guiart de Laon 
lui surcedc. 



29482 Espouses, maries. 

29486 Arkanceliers, chancelier de Paris. Phi- 
lippe Mouskes dit qu'il etait bas hotnme , tandis 
que Le Carpentier assure qu'il tirait son extrac- 
tion de Caribert , comte de Laon , dont la fille 
Ber trade avait epouse Pepin , pere de Charle- 
magne. Hist, de Cambrai, 1 , 379. 

29490 Sor III fu, cela signifie-t-il qu'il y 
avait trois concarrens? 

29492 Vaucieles, l'abbaye de Vauxelles. 



29495 Famle, renommee. 

29497 Guiars, guide. 

29498 Loenois, Laonois. 

29499 N'ois, du verbe oir, oui'r. 
29800-801 Quoiqu'il fut de Laon, nous ne 

le louons que de ses connaissances en theolo- 
gie. 

29502 Devinitet, les Anglais ont conserve 
cette expression : docteur en divinity , pour doc- 
teuren theologie. 



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630 



CHROMQUE 



Danger ou *e Irouvc 
Constantinople. 



Le comte de Bretagne 
jirend la croix. 



Les comtes de Bar et 
de Soissom. 



Ne doit porter iniquitet, 

Ainc doit estre ausi com fins ors. 

29505 S'il n'el fait, est vilains et ors. 

Dont fu commande de par Rome 
Qu a la S t .-Jehan fu la somme 
De passer en Coustantinoble . 
Quar li Blac quierent fine pople , 

29510 Et la ti&re ont rega^gaie. 
Dolante en estoit la lignie 
Le conte Bauduin de Flandres , 
Qui fust I nouviaus Alixandres , 
Se mors ne l'eust avanciet. 

29515 Alornet se sont li croissiet, 

Pour mouvoir s'en i ot de meus. 
Petis et grans, couars et preus. 
Et li ends qu&rpit amis, 
Pour aler sour ses anemis. 

29520 Li quens de Bretagne ert croisies ; 
Si s'atorna, comme proissi&. 
De soucorre Coustantinoble . 
Qu'asise avoient li Turcople 
Et li Blacois et li Coumains , 

29525 Et tempre et tart et soir et main. 
Papes Grigories li douna 
Del sien, et moult promis li a. 
Li quens de Bar trestot ensi , 
Et li quens de Sessons ausi 

29530 De passer a la St.-Jehan 
S'atornerent. L'ari&re-ban 



29506 Reprise des extraits de Du Cange et de suivaot Carpenlier. De la vient le Dom d*un 



M. Buchon. Remarquezque Du Cange transpose 
les deux derniers passages qu'il transcrit. Dont., 
ces deux ecrivains : done. 

29515 Fust, eut ete\ 

29525 Turcople, troupes legeres des Turcs, 



grand dignilaire de Make. 

29526 Grigories , lisez Grigores. 

29528 Li quens de Bar, Henri II. 

29529 Li quens de Sessons , Jean II de Nesle , 
dit le Bon et le Begue. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



631 



Et la gent menue ausement 
Commande fut estroitement 
Et de I'apostolie et del roi ; 

29535 S'atorna cascuns son conroi. 

Lors vint nouviele , g'en sui fis , 
Que li Temples fu desconfis 
Viers Damas , la u il alerent 
Pour gens prendre, ki leur fauserent. 

29540 Qui cele part i&rent fuioit. 
A cele quoite , sans esploit , 
Fu mors Garins , li Alemans . 
De tous cevaliers plus yallans 
De tout le pais environ , 

29545 En Tan del incarnation 
M et CC et XXX et siet , 
Quar lone furent de lor reciet. 
VII" Templiers i eut ocis , 
Et perdus M cevaus de pris , 

29550 Et M haubiers , et des Turcoples 
V c des plus vallans et nobles. 
Cil de Melans furent ausi , 
A cest tempore , descomfi. 
Folement contre leur signor 

29555 Furent issut, l'empereour. 
Mais l'emperere les a gainst, 
Ass^s en ocist et atainst 
A I aigue, pri& d'un pasage. 
Ne seurent preut de tel usage 1 

29560 Leur karougne et leur estandart 



Defaite des Templiers 
en Orient, 1237. 



Garin l'Allemand. 



Les MiUnais vaincus 
par Teniperear Fr£- 

drric II. 



Carroccio des Milanais. 



29535 Interruption dans les ext raits de Du 
Cange et de M. Buchon. 

29540 Fuioit, fugitifs. 

29541 Quoite, rencontre. 

29547 Reciet, habitation , forteresse. Comme 
ils etaient loin du lieu qu'ils habitaient... 



29556 faintt , de cingere. 

29560 Karougne, leur carroccio. Voy.TIntro- 
duction de ce volume , a l'article consacre au 
faux Turpin ; on y cite la description du carroccio 
de Milan, tireede l'historien de Verone, Girolamo 
della Gorte. 



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632 



CHR0N1QUE 



Le comte de Gnisoes. 



Mort de Jean de Be- 
thane, 1238. 



I orent amende en dart. 
V mile ou VI et encor plus 
I of que mors que retenus , 
Et li remanans escapa. 

29565 A force a Melans s'en r'ala, 
U li grans force soujornoit. 
Mais de 50U que venu estoit 
Furent dolant et plus engri&. 
Si manderent lor voisins pries , 

29570 Et l'emper^res perdi moult. 
Ensi furent qt6\6 par tout, 
Et fu la bataille pl^vie 
Droit al mi-mai, etaramie. 
Li quens de Flandres fu mand& 

29575 Et li quens de Gisnes dal& , 
Et cevalier et baceler, 
Mais il n'i vorent mie aler, 
Et la sus ont parte de pais. 
Mais jou n'el sai , pour ce m'en tais. 

29580. Oi& miervelle de fortune. 
Mesire Jehans de Bi&une 
Droit en Venisse s'en ala , 
Pour croissi& faire passer la , 
Dont il ot men6 une mase. 

29585 Mais la mors, ki rien ne trespase, 



29561 En dart, en forme de pique? 

29572 Ple'vie , convenue. 

29575 Aramie, promise. 

29575 Li quens de Gisnes, Baudouin III, file 
aine d'Arnoul II el de Beatrix , sceur et heritiere 
de Henri II, chatelain de Bourbourg, la per- 
sonne la plus accomplie de son siecle, si Ton en 
croit Lambert d'Ardres. Dans un fabliau deGau- 
tier de Goinsi, un chevalier dit a l'imperatrice, 
qu'il ne connait pas , qu'elle fait la grande dame, 
comme si elle eiait la comtesse de Guisnes , ce 



qui donne une idee de la consideration dont 
jouissait cette maison : 

Se contesse estiea de Guisnes , 
Si fetes rot trop loa norrois. 

MioN , JNouveau Recueil ,11,47. 

29580 Vers transcrits par Du Gange et M. Bu- 
chon , qui les placent beaucoup plus bas. 

29584 Mase, masse, multitude. 

29585 Trespase, epargne. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



633 



L'a prise au frain en sa prison 
Et pris le tient sans mesprison , 
Dont li croisiet fisent grant duel , 
Ki n'orent mie tout lor vueh 

29590 Sevelis fu trop ricement. 

S'el fisent sayoir esranment, 
Par I raesage , en France ari&re , 
L'emper&>r ki , sans maniere , 
En fu dolans , car il l'avoit 

29595 Amenet , et bien s'i fioit. 

Si frere en furent trop dolant, 
Mais soufrir le convient atant. 
Et li croisiet ki demorerent , 
Li plusior a Roume en al&rent, 

29600 Et s'eurent li povre congiet 
Par le pape et par le clergiet. 
Auquant traisent en la Mor&, 
La est leur voie demote , 
Une partie outre pasa , 

29605 Qui li anuis et mers lasa. 
Li dus de Vine acesma 
XII galies et arma , 
Jofrois de Vile-Harduin 
En d'arma X, por Bauduin 

29610 L'eraper^or jov&ne soucorre. 
Outre les font aler et corre , 
Car Vatace et si ome la 



Secours amenes aux 
Latins de Constanti- 
nople. 



Geoffroi de VUlehar- 
douin. 



29586 Va prise, lisez Va pris. Du Cange et 
M. Buchon : la prise. 

29595 Sans maniere, sincerement. 

29596 Sifrire, les freres de Jean de B&hune 
furent Daniel, seigneur de Bethune et avoue* 
d' Arras, deced6 en 1226; Robert VII du nom, 
avou£ d 1 Arras , seigneur de Bethune et de Ter- 
monde, mort en 1248, etGuillaume de Bethune, 
seigneur de Molenbeeke et de Locres ou Loke- 

ToM. II. 



ren, mort en 1245 , le 24 aout. A. Du Chesne , 
Hist, gene'alog. de la maison de Bethune, pp. 178, 
191-198,245-250. 

29602 Moree, Du Cange, tfttf.cfe Const. 1, 256. 

29605 Qui, que. . 

29606 Li dus de Fine, le doge de Venise. 
Manque nne syllabe. 

29608 Jofrois de File-Harduin, prince d'A- 
chaie et de Moree, mentionne plus haut. 

80 



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634 



CHRONIQUE 



Merveilleuse multitude 
de chiens, qui finis- 
sent par s'entrc-de- 
truire. 



Orent deviers la mer de 14, 
Coustantinoble asise entour 

29615 De galies de grant atour, 

Et de grans gens deviers la ti&re : 
S'avoient nuit et jor grant giere. 
Li uns rit , li autres plora , 
Ensi fu , ensi demora. 

29620 Si refu promise a lautre an 
La yoie de la S'.-Jehan. 

Puis que Dieux fist et ciel et nues , 
Sont maintes coses avenues , 
Et encor moult en avenra : 

29625 Ki pora yirre , s'es yera , 

Comment que siecles soit doutans : 
Quar il n'a mie encor lonctans 
Que de C liuwes s'asanbl&rent 
Trestout li kien et attn&rent 

29630 Viers Mont-Huimer, petit et grant. 
Et saci& qu'il en i ot tant, 
Que li paisant s'en dout&rent 
Et a C mile les esmerent. 
Et quant \k furent embatut , 

29635 Si se sont entre combatut, 

Si que li uns lautre estranla, 
A painnes que nus s'en r'ala. 
Toutes yoies X en al&rent , 
Qui moult malmis en escap&rent 



29621 L'expedition fixee pour la S'.-Jeanfat 
remise a ranneesuivante. Icis'interrompt encore 
l'extrait de Du Cange et de M. Buchon. 

29625 (Test noire proverbe : qui vivra, Terra. 

29626 Comment, done. 

29650 Mont-Huimer , Mont-Aiml, en Cham- 
pagne. 

29652 S'en demterent, s'en effirayerenL 
29655 Esmerent, ettiniarent. 



Combien que s'il veut que J6 prie 
Pour lui , foy que doy mon baplesme , 
(Obslant qu'a chascun ne le crye) 
Il ne faudra pes a son esme. 

Le grand testament de flllon , id. de 
Formey, La Haye, Moetjens , 1742 , 
p. 28. 

29656 Estranla, e trauma. 
29659 Malmis, mal traitea. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



635 



29640 Et cil furent kien d'abaies; 

Ce tiesmougnierent les mesnies : 
Cil yenquirent, et ausi fait 
Li clergies partout entresait. 
Les ceyaliers ont si plumbs 

29645 Qu'ass& leur est petit rem& ; 
Et les bourgois et les vilains, 
Tous li moos ya parmi lor mains. 
Jou di que dedens CC ans 
Sont v&ies coses plus grans 

29650 Qu'en C mil deyant : li clergies 
En d est partout li mious logics. 

line cose grteye et ali&ge, 
J'el di pour le vesque del Li&ge, 
Ki deyant Poileyaque sist, 

29655 Par sairement, mais pas n'el prist, 
Ainc i moru , ensi qu a nonne 
N'i requisent barat n'&onne , 
Ne n'en furent couart bobiert, 
Mais tous les omes S t .-Lanbiert 

29660 Mand&rent , et s'ont ass^gi^ 
Le castiel, et pau damagi£, 
Et si n'orent pas de gent pau. 
Li quens Tumas gaus de Hainnau 
I mena, yoire les Flamens, 

29665 Qui mise lussent la flame ens, 



Traits satiriqiies. 



L'ev£que de Liege as- 
siege le chateau de 
Poilrache, 1238. 



11 raeurt. 



Le comte Thomas se 
joint aux Liegeois- 



89642 Allusion a la puissance du clerge et 
trait satirique dinge" contre sa cupidity et con- 
Ire le caractere des moines. II ne faut pas oublier 
que Ph. Mouskes £tait un pr£tre respectable. 

29651 En d'est, en est. 

29652 Aliege, qui allege , qui rabaisse. Voy. 
v. 29795. 

29655 Le vesque del Liege , Jean (II) d'Aps, 
fils de Hugues d'Aps , seigneur de Rumigny et de 
Marguerite de Pierrepont , neveu de son pr&le- 
cesseur Hugues (II) de Pierrepont* 



29654 Poilevaque, Poilvache , pres de Dinant. 
II en reste des mines. 

29656 I moru, le 1" mai 1258. 

29657 E tonne, dispense. Cest-a-dire que les 
Liegeois ou gens de S'.-Lamber^malgrlla mort 
de leur eveque , ne se crurent pas dispenses du 
serment qu'il avait fait, et ne chercherent point 
a Tenfreindre par barat, mais pousserent yigou- 
reusement le siege. Toy. Alberic de Troie-Fon- 
taines , a l'annee 1258. Get auteur ne dtt pas 
precisenient la meme chose. 



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636 CHRONIQUE 

Par samblance de gent asses , 
Se pries leg euist amas&. 
Mais dune pais i ot traitiet , 
S'en furent tot moult rehaitiet , 
29670 Congiet orent , si s'en repaire 
Cascuns a son pro-am repaire. 
Li quens remest et ses consaus , 
Or garge k'il li soit bien saus. 
w«ier«n, sdgnear de Non sera-il , car Walerans 

Fauquemont et de 

Poiirache, viem se. 29675 Ne li fu mie trop soufrans. 

coorir cette forte- 

«j«e. Devant Poilevaqe sen Tint, 

lui de cevaliers VIII"; 
Caus manda qui furent devant 
De Hui , de Liege et de Dinant , 

29680 Que il s'en allent, mais il disent, 

Qu'ains le prendroient, el n'i quisent. 
Et Walerans feri entr'aus : 
Relaci^s i ot maint poitraus. 
Toutes Toies , par leur afi , 

29685 Sont cil des loges desconfi. 
Cil del castiel isirent fors , 
Quar ?ou fu leur joie et confors. 
Plus que ne portasent , XX cars 
De Tin , d'aigue , de pain . de cars 

29690 Ont dedens le castiel rem is. 
S'en fu le castiaus regarnis , 
Et renmures et renforcis. 
Les engiens de fors ont tous ars . 
Con ne menast mie a XX cars , 



29671 Procain repaire, asyle le plus proche. pas , qu'ils n'en demandassent pas davantage. 

29675 Gorge , poor carge, charge. 29683 Relacie's , relache, perce; poitraus, 

29674 Walerans y Waleran I eT , seigneur de poitrail. 

Fauquemont, fils de Waleran HI, due de Lim- 29684 Par leur a/!, par leur confiance. 

bourg et d'Adelaide de Fauquemont. 29685 Cil des loges, les assiegans, cenx de 

29681 El n't quisent, qu'ils ne s'en melassent Liege. Foy. v. 29705. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 637 

29695 Et s'en ont pris, a leur plaisir, 

Fust par haste, fust par loisir. 

Et li quens de Flandres moult tos 

Remanda ses gens et ses os. 

Entrues que les os sont mand&s , 
29700 Douna li quens Tumas saudees. 

Cil del castiel sont fors issut , 

N'i laisent filet ne tisut. 

La furent cil de Hui huet , 

Et cil de Dinant raal disnet. 
29705 Cil de Liege sont dealogiet , 

N'i atendirent pas congiet. 

Poilevake ensi les pela , 

Quant Walerans les apiela. 

Mais quens Tumas et sa costume 
29710 Viout que Poilevake jus tume. 

Mais Walerans le siot amer, 

Si le laira envis turner. 

Toutes Toies ce fu la somme . 

En parlerent tant li preudome. 
29715 Jusqu'a l'aoustfu pris respis, 

Con peust froiier les espis. 

Mais li quens Tumas garnisons 

I mist, et s'orent garisons. 

S'i fu Rasses de Gavre mis. 
29720 Sont dune part et d'autre mis, 

Ensi con dut, par jugement, 

Rendre al droit oir le tenement. 

Car sans droit faire , ce dist-on , 

29703 Hui huet, Huy hue's; il y a dans ce pa§- itlees de poil et de vac he. 
sage quelquesjeuxde mots de tres-mauvaisgout, 29709 Et sa costume, suivant sa coutume. 
mats le gout n'appartient qu'aux litteratures per- 29710 Jus tume , tombe. 
fectionnees et savautes. 29712 Envis, malgrelui. 

29704 Disnet, dine. 29715 La somme, la fin. 

29705 Voy. v. 29685. 29716 Froiier, faucher, frangere. 
29707 Pela, m£taphore en harmonie aveclea 29722 Tenement, propriety, fief. 



IU*se de Gavre. 



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638 



A qui apparlenait legi- 
timcment Poilvache. 



Erroessinde de Luxem- 
bourg et son fils 
Henri. 



Arbitrage du comte 
d'Axtois. 



CHRONIQUE 

En fu mis en possession 

29725 Walerans , et s'en fist hommage 
A la contesse sans damage , 
Que li quens Tumas ayoit prise : 
Pour tant s'ot-il la cose emprise. 
La dame de Misselebourc 

29730 Deyoit le castiel et le bore 

Avoir par raisson , et ses fius, 
Henris, ki ass& fu gentius. 
Mais Walerans i fu entr& , 
S'en iert envis d&afeutr&. 

29735 Ensi atendirent le jour : 

Si traist cascuns a son sojor, 
Mais , par le droit au roi de France , 
Fu li respis et la souffrance , 
Quar il le manda gaus de Ik , 

29740 S'el commanda a gaus de ?a, 
Li jors aproisma et li rois , 
Ki n'ot cure de leur desrois , 
Ne qui lor gr^vast I festuc , 
Manda Galerant et le due, 

29745 Et le conte Tumas manda. 
Messire Robiers i ala , 
Li quens d'Artois : moult i ot gent. 
Et quant gou vint al parlement 
D'en droit Poilevaque, fu tout 

29750 Sor le conte Robiert debout. 
Et sot son consel plainnement 
D'une part et d'autre ensement. 



29724 En possession , Waleran s^tait mis en 
possession de Poilvache , on ne sail quand ni a 
quel titre. Ce chateau devint ensuile la pro- 
pri&e du comte de Luxembourg. 

29729 Misselebourc , pour Lusselebourc, Luxem- 
bourg. Ermansette ou Ermesinde, fille de Henri 



l'Aveugle, comte de Luxembourg. 

29752 Eenris, Henri III, dit le Grand et le 
Blond. 

29734 Desafeutres, deponille. 

29744 Le due , le ducde Limbourg, Henri IV, 
i'rere de Waleran. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



639 



Et il leur a tost despondut : 
Qui pierdi tout , si ait pierdut. 

29755 Mais, par conyeoance et par ban, 
Remest par deyiers Waleran 
Poilevake , li fors castiaus , 
Ki silla mices et gas ti a us. 
Li dus de Lemborc Tot frem£ , 

29760 Ses p£res, et bien acesm£ 

Et s'el fist nommer Esmeraude. 
Mais la gent enyiouse et baude , 
Cil de Hui et cil de Dinant, 
Ki la entor ierent manant, 

29765 Le tenoient a mal yoisin , 
Ne n'el prisoient I roisin. 
Si l'apieloient . par corine , 
Poilevaque, et par grant haine, 
Pour qou que deyant leur estaces 

29770 Prendoient lor pors et lor yaces 
Et trestoute lor autre proie. 
Par itant Tuns k l'autre proie 
Qu'Esmeraude soit apiel& 
Poileyake d'aus en tous Us. 

29775 Mais en la ti&re Waleran , 

Tr&s 90U qu'il fti fond& par ban , 
Fu-il Esmeraude noum& : 
Ensi est li castiaus rem&. 
Et li capitles des Li^gois , 

29780 Ki raout l'orent halt arnjois 
Et Poileyake le clamoient , 
Ausi com li autre cr^moient ; 
Et s'en ot M liyres des otes 



Le cbiteau de Poil- 
vache appele jadis 
EmerautU. 



Origine da notn de 
Poilrache. 



29758 Ki sill*, sans doute pour ki si a, 
c'est-a-dire qu'il est bien approvisionne. 
29766 Roisin , un grain de raisin. 



89770 Pors, pores. 
29771 Proie, prie. 
29785 Des otes, des botes. 



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640 



CHRONIQUE 



Henri de Luxembourg. 



DifficuJtes pour I'elec- 
tion dc I'^veque de 
Liege. 



Guillaume de Savote. 



Pour aquiter toutes les totes. 

29785 Ne Henris de Misseleborc 

N'en r'ot valiant I arc d'auborc , 
Ains fu d'autre case paii&. 
Ensi fu li cris apaii&. 
Puis r'ot Walerans son castiel, 

29790 Qui cousta Flandres maint gastiel. 
Li quens Tumas de toute rien 
Al conte Robierl se tint bien. 
Li dus sen r'ala com amis : 
Plus perdi ki plus i ot mis; 

29795 Iceste pais de rien n'altege : 
L'orgillos capitles de Li&ge 
A jor nourn^ , si com moi sanble , 
Avoient tot est£ ensanble 
Pour eslire Tesque a lor o6s , 

29800 I de Tuns et puis I di oes. 
Une partie et non tuit pas 
Li frere a eel conte Tumas 
L'esliurent et nomerent bien. 
Mais li autre n'i fisent rien , 

29805 Et noumerent le provost d'Ais ; 
Pour iestre le pais empais , 
Et cil de leur capille estoit, 
Pour 50U mious estre le devoit. 
Donques avint que li eslius 

29810 Fist grans amis de lius en lius ; 
Et par Flandres et par Hainau 
Ass& quidoit avoir pour pau , 



29784 Totet, impots, redevances, exactions. 

29785 Misseleborc, pour Luisseleborc, Luxem- 
bourg. 

29786 / arc d'auborc, un arc de bois d'aubier. 

29787 Case, fiefs. 

29788 Apaiies , apaise\ 

29800 / di oes, le sens de la phrase aulorise a 



traduire ces mots par I del* autre. II y avait par- 
take parmi les electeurs. 

29802 Li frere, Guillaume de Savoie, ev£que 
de Valence. 

29805 Le provost d'Ais, Otton , prevol de 
Maestricht. 

29807 Cil, celui-ci. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



641 



Pour son frere , ki quens estoit , 

Et aa niece It rois avoit. 
29815 Si pensa qua lempereour 

S'en d'iroit a I pro$ain jour. 

Viers son pais s'en est r'ates. 

Li capitles est asanl& 

Et toute la force del siege 
29820 De la grande vesquie de Liege , 

Pour faire leur eslection. 

Des II ki furent pris par non , 

De l'esliut et del provost d'Ais , 

Si s'acorderent, por la pais, 
29825 Que evesques fu li prouvos , 

Ki fu haus ora et de bon los. 

A 90U se sont tenu sans tence , 

Si Ten ont raene a Maience. 

Quar l'emper^re i ot laissiet , 
29830 Qu'il n'i &iist droit abaisiet 

Le vesque en la dissention. 

Si Font mis en posession. 

Li dus de Braibant i ala , 

Et li quens de Gelres fu la, 
29835 Et l'arcevesques de Coulogne. 

Bien fu parfaite la besogne. 

Reviunt et fu ass^ures 

Et del capitle et des fi£v&. 

Mais puis apri& , c'est v^rit& , 
29840 En fu despos& et ost&, 

Par le coumandement de Roume , 



Otlon, prevol d'Aix oo 
de Maestricht. 



Le due de Brabant, le 
corate de Gueldre et 
l'arcbereque de Co- 
logne. 



29816 S'en d'iroit, s'en irait. 
29825 Que evesques, sans elision. 

29833 Li dus de Braibant, Henri II (III), (lit 
le Magnanime. 

29834 Li quens de Gelres , Otton III on IV, 
sur nomine* le Boileux, fils et successeur de 

Tom. II. 



Gerard IV et de Marguerite de Brabant. 

29835 L'arcevesques de Coulogne, Conrad de 
Hochstad. 

29837 Reviunt, M. Dewez dit positivement 
qu'il ne prit pas possession de son eveche. Hist, 
de Liege , 1 , 156. 

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642 CHRONIQUE 

, Ki tout acomplist et asoume. 
Poi i eut li prouvos d'ayiaus. 
Si recommen^a plais nouyiaus. 

29845 Aprils a la fieste Toussains, 

S'iert encor a Roume tous sains 
Li eslius ^yesques del Liege ; 
S'el prist la mors a Roume al stege ; 
S'el seut ses frere et si parent , 

29850 Et cil del Li&ge et l'aparent, 
Paitout le disent li corliu : 
Sen eut doi et joie en maint liu, 
Joians en fu li prouvos d'Ais , 
Qu'il quida mious avoir sa pais. 
Aff«ire* dc cowuinti- 29855 li drois emper&re orfenins , 

nople. 

Marcis de Namur, Bauduins, 
Estoit a Paris , s'atendi 
Nouvieles et si entendi 
Le» sdmnuiiqucs pro- Que Todres , Vatace et Auscens 

raettent fausseraent a/\/\^/\ t-i «• ^ • 

de se toumettre »u 29860 Et tout li Gnu et leur assens 

stfge de Borne. 

Orent mande 1 empereour 
De Roume , par moult grant amor, 
Qu'il li feroient tout ommage, 
Comme visseus et rice et sage, 

29865 Et tenroit l'empire de lui 

Tousjors Vatace , et non d'autrui : 
Mais que i fesist, sans plaidier, 
Gostantinoble as Frans vuidier ; 
Et Bauduins traisist en France, 

29870 Et menast la sa mollier france , 



29842 Asoume, termine. Viterbe , en revenant de Rome, disent les his- 

29843 Avians , satisfaction , plaisir ( quod toriens. 

avemus). 29851 Corliu, messagers, courriers. 

29847 Li eslius, Gnillaume de Savoie , com- 29855 Li drois.... Extrait de Da Gauge et de 
petiteur du prevot d'Aix. M. Buchon. 

29848 A Roume, au mois d'octobre 1259, a 29859 Todres, Theodore Comnene. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 643 

Et tout son or et son argent , 

Et tot k lor plaisir sa gent ; 

Et il kerroient et lor oume 

L'apostole et la loi de Rome. 
29875 Mais par fausetl le disoient, 

Pour la ti&re qu'ayoir yoloient ; 

Mais la haute cit£, la noble, 

Con apiele Coustantinoble 

Se tenoit encor yistement 
29880 A 90U qu'il ayoient de gent, 

Et gardoient bien la marine 

Pour Grius et pour gent Sarasine. 

Et Vatace ot mandl ensi 

A l'empertour Fted&i , 
29885 Droit Tiers Melans , u il estoit , 

Et tout essiller les roloit. 

Quant l'empereres entendi i/emp«reur Fr*i*>ic 

-. . »eut forcer Bau- 

Que Vatace ot mande ensi , douin 11 & im r«ire 

hommage. 

Moult forment s'en esla3e$a. 
29890 Et I'aulre empereur mane$a 

Bauduin , s'il n'estoit ses om , 

Se de Melans yenoit a som , 

Coustantinoble li toroit 

Et sa volenti en feroit. 
29895 Lors fist desfendre les pasagee 

Partot , et as fos et as sages, 

Si qu'en Gresse ne en Surie 

Ne pot aler nule navie. 

S'en fu mors Jehans de Bi&une jmo de BeUmoe. 

29900 D'anui, ce yot Dieux et fortune; 

Des croisi& Id o lui al&rent 

Demora , et s'en retorn£rent, 

Et s'en vint ass& viers Melans , 

39875 Ktrrount, reoonnaitraient , croiraient. 99893 Twoit, enldyerait. 



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644 CHRONIQUE 

U lemperere ert moult dolans , 
29905 Que il n'es pooit plus graver 

Et leur fist batalle mander, 

Al jour S*.-Jehan d&olasse : 

N'en orent plus jor ne espasse. 

Et cil de Melans s'atornerent 
299 10 Pour desfendre, et lor gent mand&rent. 

A lapostole orent mand£ 

Se de rien furent descord^, 

Dorenavant bien le kerroient 

Et tous les mauvais osteroient 
29915 Et les mescr&ns plainnement , 

Et Dieu kerroient fermement , 

Par si que de l'emper&mr 

Les ostast et de sa cr^mour. 

Li apostoles le manda 
29920 L'emper^or, mais n'i aida , 

Rien ses mandemens ne vaiu ; 

Dont l'apostoles se doulu. 
Ensi lemperere remest 

Par le pais, ca et la mest, 
29925 Manda princes et ceyaliers , 

Manda siergans et saudoiers; 
Le comte de Guisnes. Li quens de Gisnes fu mand& , 

Petit apri& s'en est al&. 

Mais il enquist au roi de France 
29930 An$ois et congiet et soufrance : 

Et li rois congiet Ten douna. 

Moult bielement o lui mena. 

Renoumee, qui partout cort. 

Vint en France, droit a la cort, 
29935 D'Ausent de Vatace et de Toldres, 

29907 Decolasse , la decollation de saint Jean. 29922 Se doulu, s'affligea. 

29918 Et, ce monosyllabe a ici la force qu'on 29924 Mest, sejourna. 
donne quelquefoia a Vet des Latins. 29927 Li quens de Gisnes, norome au v. 29575. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



645 



Qu'il voloient sa tiere toldre 
Le joy&ie empereur orfenin , 
Marcis de Namur, Bauduin; 
Et que l'emper^re prendroit 

29940 Lor omage , quant il vodroit. 
Caus de Melans pris et vencus 
Ot , dont moult (il) iert irascus. 
Li rois consella son neveu , 
Et pour s'ounour et pour son preu . 

29945 Que droit a Roume sen alast 
Et a lapostole en parlast, 
Si com drois estoit et raisons. 
Et quant revenroit la saisons , 
II i metroit tout son consel. 

29950 L'en&s a pris son aparel , 

Droit a l'aoust trest cele part. 
Quar moult li est quisant et tart , 
K'il r'ait sa feme et sa ti&re , 
Que contre les Bias soit en giere . 

29955 Et, s'il en avoit le pooir, 

Ass& li est tart del mo voir. 

Qui bien commence , bien define : 
Or avint lues miervelle fine. 
Vous av& o'it le hustin 

29960 De la mort conte Florentin, 
I frere avoit de lui mainn^, 
Ass& et valiant et sene. 
Pour $ou que si enfant n'avoient 
Eage droit et peu savoient. 



Le roi de France con- 
seille a Baudouin 
d'aller a Rome. 



Guillaume , lutear des 
enfanide Florent IV, 
com to de Hollande. 



89937-38 Repetition des v. 2985536. 

29952 Quisant, cuisant. 

29953 Vers trop court : 

K'il r'ait et sa ferae et sa tiere. 

29956 Lacune dans l'extrait de Du Cange et 



de M. Buchon. 

29960 Florentin, Florent IV, comte de Hol- 
lande. 

29961 I frere, Otton, d'abord comte de la 
Friseorientale, puiseve'qued'Utrecht, troisieme 
du nom, fut tuteur des enfans de Florent et 
eut pour adjoint son frere Guillaume , le troi- 



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646 CHRONIQUE 

29965 Fu cil de la tiere ballius 

Et gard&re de lius en lius . 

Et si fu garde des enfans , 

Dont moult jovenes fu li plus grans. 

Les detres son frere paia 
29970 Dont le pats moult apala , 

Et si asanbla meuble ass&. 

Droit en Flandres s'en est pas& 

Et amena biele compagne. 

Drois et nature li ensagne 
29975 Qu'il vot cevaliers devenir 

Comment qu'il Fen doie ayenir. 

Al conte Tumas est venus. 

Moult bielement fu rectus, 
l« tuteur du comte a« S'el fist & Courtrai cevalier, 

Hollande armc che- <anno/\ tvt l? . *. 

vaiier k Courtrai. 29980 Ne 1 en eslut gaires proier. 

Grant fieste i ot et grant dosnoi. 

Tournoi 4 Neuss. A NuSe Ot CT\6 I tomoi I 

Petit apri& s'i est r'al& , 

Des banieres retint ass&, 
29985 Tornoler vot, car il amoit 

Le tornoier, et s'el cr&noit , 

Pour son frere ki mors i fu. 

Li cevalier sont fors isu 

Et il-m&smes , a grant gent , 
29990 S'en est issus et biel et gent. 

Mais fortune ki ne soujorne, 

Quar nuit et jour sa ruee torne , 

Del jour li a faite la nuit. 

sieme des fils de Florent, qu'on fait, sana que Otton. 

preuve , comte de Kennemerland. 29980 11 ne lui fut pas necessaire de beaucoup 

29966 Gardere , garde. sollicker pour eel a. 

29969 Detres, dettes. 29982 IVuse, Neuss, dans l'archeveche de 

29971 Meuble , effets mobiliers. Cologne , si celebre par le siege qu*y mit Charles- 

29975 Cevaliers f ceci doit se rapporter au le-T£m£raire , due de Bourgogoe. 

jeune Guillaume 11 et non pas a son onclel'lvS- 29992 Ruee, roue. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 647 

Or ne quidi& pas qu'il anuit 
29995 As cevaliers ki si&cle amoient 
Et en eel liu se r&damoient, 
Qu'il Toloit son fr£re sanbler ; 
Et biel le voient asaubler, ou.n.ume, troisitae 

. i.ii fils dc Floreot IV, 

Et b»el joster et biel combatre , comtc de Hou.nde, 

**/\/\/\/\ r* t* ■ i est ta< d«ns an tour- 

£0000 Quar fortune le viout aba t re. noi. 

Enmi aus tous se prist al frain , 

Qude ot de lui enyie et fain. 

Mors est et li tornois remaint. 

Ass& i perdirent tamaint., 
30005 Ass& fu et plains et plor&. 

N'i a plus cevalier mor&, 

Quant la mors a ces II ocis, 

Ki des armans orent miercis 

Et ?aus faisoient resbaudir, 
30010 Qu av arise faisoit gaudir 

Et desfendre les biaus tornois , 

Doat fieste venoit et dosnois , 

Si com del conte Florekin 

Et de son frere Willekin. 
30015 Sains Dieux asost p&eur n& I , 

Si ait-il miercit de cascun. 

Ne reponnoient pas I'avoir, 

Ains orent largaice et savoir. 

En toutes costes furent-il 

29996 Se reclatnoient , se rappelaieot. M« bourgeoises, sans nul sejour, 

30006 Mores, rested. Partent * m mctlent en T °y c ' 

*AAftft ,rf— „-. m , Am .; AM Ungpeudefantle point du jour, 

50008 Armans, guerriers. Affin que nimg nc lc$ voye 

30009 Resbaudir, rejouir. Coquillart , Le monologue des 

50010 Gaudir, rejouir. lis faisaieut par- pemujues , id. de Coustelier, 

tager ces nobles divertissemens a ceux pour P* 17 °* 

qui TaTarice on Teoooomie avaient seules des 

charmes. 50016 Si ait-il.... qu'il ait au moins merci... 

50015 Sains Dieux, saos que Dieuj asost, 50017 Reponnoient , cachaient. 

absolve; ne's I, nesun , aucuu pecheur. 50019 En toutes costes, sous tous les rapports. 



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648 



CHRONIQUE 



L'empereur Frederic II 
veut rlduire Milan. 



Anseau de Wismes. 



Combat enlre les habi- 
tans de Plaisance, le 
cointe de Guisnes et 
Teveque dc Valence. 



30020 De linage et de cuer gentil. 

Adonqes s&)it, sans consence, 
L'emperere deyant Plaisence, 
Sans rien faire s'en est partis , 
Sor Breske ala tous aatis. 

30025 Ses bons amis et ses tenans 
Manda et ses apartenans , 
Et jure bien que par sa force 
Torra Melans , fust et escorce. 
Ansiaus de Wismes i ala , 

30030 Dune meltee ot grant pris la. 
I jor ayint que Plaisentin 
Oirent dire tel hustin , 
Qu'aucuns , et Francois et Flamenc , 
Ierent venu a eel bestenc , 

30035 En l'a'ide l'emper&rar, 

Ki les avoit mis en fr^or. 
S'en prisent gent esliute et bonne 
Et cevauciferent sour Cr&nonne. 
Bien connissoient le pais 

30040 Et les orent lonctans hais. 
L'ariere garde orent laisci^ 
En une bruelle bien plaiscie : 
Et durent par aus revenir, 
Quoi que leur d&iist ayenir. 

30045 Des esporons fiert i'ayangarde , 
Le pais trouv^rent sans garde , 
Moult i fu petis li d^pors; 
Prisent yaces, brebis et pors, 
Prisent dras et Tor et l'argent , 



30024 Breske, Brescia, ville du royaunie 
Lombard o-Venitien . 

50028 Torra, enlevera. 

50029 Ansiaus de Wismes, un Renter de 
Wismes fut pris a la bataille de Bou vines. Hist. 



franc., XVII , 101 , D. Wismes ou Vismes etait 
une ancienne baronnie , relevant du comte de 
Ponlhieuetqui fut porteesurlafin duXIV°siecle, 
par Jeanne de Cayeu, dans la maison de Mouchi. 
50042 Bruelle, bocage; plaiscie, situe. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



649 



30050 Prisent ceyaus, mules et gent. 
Et trestoute leur noure$on. 
Ausi cargiet com yre$on , 
Qui bien se carge el bos de pruns , 
Sen repaire cargi& cascuns. 

30055 Venut i estoient bien main , 
De toutes pars fuient yilain ; 
Vienent as cans , yoient I'ayoir 
Tel que plus n'en yoilent avoir, 
Si que tous leur consaus esgarde, 

30060 Que la yoie a Fari&re garde 

N'iront mie , qu'il lor toroient 
Cou quk force conquis ayoient. 
Une voie ceusirent autre, 
La se misent lance sor f autre. 

30065 Cel jor si avint , sans fallence , 
Que li drois eslius de Valence 
Et li dalfin de Vtenois , 
Et Prouyenciel et Tourenois , 
Ayoient tenu lor signour 

30070 Deyens Pavie, tamaint jour. 
Et si estoit li quens de Gisnes 
Tout ausi comme sour espines , 
De (ou qu'il ne pooit paser 
A l'emperfour, ki lasser 

30075 L'ot fait d'aler k son siervice. 
Months ert sour I ceval rice 



L'eVeque de Valence. 

Le dauphin dc Vien- 
nois. 



Le comte de Goitnes. 



50052 Yrec on, herisson. 

30055 Prunt, prunes sauyages. 

30058 Foilent, veulent. 

50059-61 lit furent tous d'accord d'eyiter 
Tamere-garde. 

30061 Qu'il lor toroient, parce qu*ils leur 
eoleveraient leur butin. 

50065 Ceusirent, choisireot. 

50064 Lance tor fautre , expression souyent 
Tom. II. 



employee, 

50066 Drois, legitime; eslius, 1'eveque de 
Valence. 

50067 Li dalfin , Guy VII, succeda, en 1257, 
a son pere, Gui-Andre\ II £pousa Beatrix , fille 
de Pierre , comte de Sayoie. 

50068 Tourenois, Tourangeaux. 
50074-75 Lasser l'ot fait, l'avait fatigue de 

solicitations. 

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650 



CHRONIQUE 



Sentiraen* chevalere*- 



Bravoore d« l'rfveqoe 
de Valence . 



Et dist a l'esliut de Valence , 
Comment qu'il li tort a p^nence , 
11 voroit cevaucier le jour 

30080 Pour paser k l'emper^our : 
Trop i avoient soujorn^. 
A $ou se sont tous assent. 
Armi se sont et cevauci&rent, 
Et leur guieur les adreci&rent 

30085 Droit en la voie u il aloient, 
Qui cargiet et laset estoient. 
Tantost , com il les ont percius , 
Escus et hiaumes ont re$us , 
Des palefrois is ceyaus montent, 

30090 Leur escuier lances lor donnent. 
Qui dame ama ne damoisiele, 
Son cuer de bien faire en oisiele. 
Gunes escrient et Valence : 
Autre conte ne autre tence 

30095 N'i eut; seure lor sont courut, 
Des leur furent bien socorut. 
La yalu bien eel jor Valence 
Sor les Plaisentins de Plaisence. 
Sous lui ocisent son oeval 

30100 Et li eslius cai aval. 

Mais li quens de Gisnes Ten guie , 
Rempntl la sa compagnie , 
La fu-il cevaliers , non clers , 



50078 Tort, tourne; penenee, repenttr. En- 
core qu*il d&t Ven repentir. 

30084 Guieur, chefs, capitaines, guides. 

3008$ H uloient, ceux de Piaitanoe. 

50088 Us quittent leurs palefrois on cheyaux 
de parade , pour des chevaux de combat. Pas- 
sage remarquable , qui determine la significa- 
tion do mot palefroi. 

50089-90 Montent et donnent, raw rural*. 



50092 Oisiele, se rejonit. 

50094-95 Autre conte ne autre tence n'i eut, 
on ne s'amusa point a de vaines paroles. 

50099 Sous lui, sous Vela , Vereque de Va- 
lence. 

50101 L'enpue, Temmene, le tire de dan- 
ger. 

50105 L'eveque se oonduisit en chevalier et 
non pas en pretre. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



651 



As armes tos s&irs et fers. 

30105 En aus refiert, crie Valence, 

Del branc lor carge grief p&ience. 
Li quens de Gisnes i rebroce , 
Bien les ataint bien les aproce. 
Gisnes au conte les esmaie , 

30110 Mious amasent estre k Nimaie. 
La u il torne son ceval , 
Les fait tous enbroncier aval , 
Chevaliers prent , cevaus gaagne , 
Bien si trouya cele compagne. 

30115 Jehans de Ferlingehem point, 
Bien i tint son liu et son point. 
Entre Ferlingehem et Gisnes 
Ne lor mostrent pas amors fines , 
Maint en retinrent en prison , 

30120 Si qua tos jors les emprison. 
Gisnes les a le jour guies 
Parmi plagnes et parmi gu^s ; 
Sans $ou que nus om lor en proie, 
Leur font gierpir et place et proie ; 

30125 Et li dalfin de Vtenois 

Lor font damages et anois. 
Grant noise i ot et grant hustin , 
N'i plaisent mie Plaisentin , 
Trestout se sont mis a la fuie. 

30130 Li quens de Gisnes siut et huie, 



Jean de Ferlingehem. 



50106 Branc , bran, brtnc , £pee , glaive. 
Voy. Muratori, Dim., et Raynouard, Nouveau 
choix, etc., 11,249. 

50107 Rebroce , pique son cheval pour re- 
venir a la charge. 

50109 Gisnes au conte, cri des gens clu comle 
de Guisnes; les esmaie, les effraie. 

50110 Nimaie, Nimegue. 

50112 Enbroncier aval, tomber, enbroncier 



a le sens a peu pres de broncher, mais Roquefort 
1'explique uniquement par obumbrare, cache r, 
baisser, couvrir. 

50115 Jehans de Ferlingehem, il y a dans les 
environs de Lille un village appele Ferleugehem, 
et un peu au-dessus d'Armentieres on trouve la 
commune de Frelinghien; point, (pungit). 

50128 Encore un jeu de mots. 

50150 Huie, hue, crie. 



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652 



CHRONIQUE 



Anseau de Noheront. 



Allusion k Ogier-le-Da- 
nois. 



Et de Ferlingehem Jehans , 
Qui les a mis en dure ahans. 
Avant, apri& Gisnes l'aconte, 
De ses cos n'i retient nus conte , 

30135 Gisnes les ocist et afronte, 
Gisnes les adoucist et donte , 
Si k'il ne se pueent desfendre , 
Mais con les d^uist parmi fendre. 
Del ti^roit des Gisnes i ot 

30140 I ceyalier, ki d'armes sot ; 
En Coustantinoble et dedt 
Sen fu-il garis grant pi&;a. 
Larges fu, s'ot petit davoir, 
Mais ass& ot cuer et savoir. 

30145 Ansiaus ot non de Noheront, 
Cuer et core et armes partot 
Mist-il sour aus, et fiert et malle, 
II nes prisse tous une malle. 
Cil les desront , cil les descire , 

30150 Ausi com s'il fussent de cire. 
Se 90U fust li danois Ogiers , 
Si fiu-il la preus et legiers. 
Ansiaus en a tant mors et pris , 
Que il en ot sour tous le pris. 

30155 Esyous l'estour recommenciet , 
Maint tron$on i ot si trenciet, 
Mainte targe estor^e et frainte , 
N'i eut parlet de trive enfrainte, 
Mais de prisons , rescoure et proie : 



30133 L'aconte , pour Vacointe ou let acointe, 
a cause de la rime et de la mesure ? Les aborde. 

30136 Adoucist, dissipe leur ardeur. 

30139 Tieroit, territoire. 

30142 Garis, sauve*, echappe' aux perils; 
grant piecd, grande piece a, il y avait long-temps. 

30148 Malle , maille , petite monnaie de cui- 



vre qui valait la moitie d'un denier. 

30187 Estoree, si ce mot vient d'estorer, il 
doit signifier reparee, ce qui est contre Tin ten- 
tion de l'auteur; s'il derive irregulierement 
d'estordre, il signifiera arrache'e, ce qui convient 
mieux a la phrase 5 frainte, brisee. 

30139 Prisons, prisonniers. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 653 

30160 Et cil qui volenti emproie 

D'amors et d'armes et dounour, 

Graindre ass& not mie a I jor 

Ector, pour arescoure Troie. 

Si com los d'armes l'i otroie , 
30165 Le re^oivent as fiers des lances, 

Lor yies maitent en balances , 

Gitnes ayant , Gtsnes api ies : 

Cis mos lor fu fel et engri&. 

Et Jehans de Fellingehera , 
30170 S'il fust rois de Jerusalem , 

Si tint-ii son liu plainnement. 

Valence i yalu doublement , 

J a fust-il a yesques eslius. 

Bien i tint Valence ses lius ; 
30175 Et de Vtenois li dalfins 

I fu ass^s yallans et fins. 

Et cil ki furent ayoec aus , 

N'i ot nul pareceus de 9a us. 

Mais li Guisnois , par son escu, i/hooneur de u jour- 

30180 A le plus de i'estour yencu. comt/SeGufin^.' 11 

S'il &iist quatorze chil& , 

Si fu-il com preudom cont&. 

L'ariere garde et li premier, 

Ki n'estoient pas costumier, 
30185 A cele foie ne an$ois, 

D'dtendre Flamens ne Francois , 

Sen partent, pris et desconfis, 

Qu'il ne yirent mais nul afi. 

50160 Emproie, empreod , a la ferme vo- oe croyait pas , eo ce jour, Hector mdme assez 

lont£. redoutable, Hector, lorsqu*il secourait Troie. 

50162 Graindre at$e'$, assez grand , assez re- 50181 Gomme s'il avait eu des etats plus 

doutable , grandior. 6tendus. 

50165 ^re*c<mre ; »ecourir,etcelui qui voulait 50188 Afi ou dfi, que nul ne songea plus a 

remporter le prix d*amour , d'armes et d'honneur , son engagement . 



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654 



CHRONIQUE 



Let Turttres rarftgent 
la Ensile, 1289. 



Viers Plaisence sen vont fuiant , 

30190 Et li Flamenc apries huant. 
Si fait li eslius de Valence , 
Li dalfin et cil de Provence. 
Repairiet sont par leur sayoir, 
Les prisons prisent et Favoir. 

30195 Li quens de Gisnes, sans mesage, 
Li d&ivra bien son passage , 
Si fist li eslius de Valence; 
De tous retinrent de Plaisence. 
Viers l'emper&mr cevauci&rent, 

30200 Sans gr&rance s'i adr&i&rent, 
Lament i sont parvenu , 
Quar bien leur estoit avenu. 
Si porent bien canter ensi 
Doit Von aler a son ami. 

30205 Qu'il orent avoir et prisons , 

Cest drois que nous les en prisons , 
Quar il fisent leur apr&ure 
D'armes , sans nule mespresure. 
A cest tans, ne tempre ne tart, 

30210 Vint noviele que li Tafart, 
Une gent de tiire lontainne 
(Jhesus lor doinst honte pro$ainne) , 
S'adr&i&rent parmi Rousie. 
Si Pont pra& et dtfroisie, 

30215 Et ne sai quante autre cit^ , 
Dont pas ne me sont records 
Li non, ne recorder n'es sai. 



50204 Paroles d'une chanson do temps. 

50205 Qu'il, puisqu'ils. 

50207-08 A pre'ture d'armes, emprise d'armes. 

50210 Tafart, Tartares ou Tatars. Us ren- 
trerent, en 1259, dans la Rnssie meVidionale, 
sons Jaroslaf II , Vselodowitch. lis Itaient sous 



la conduite de Batou-Kan. M. Michaud a parle 
avec detail des conquelea de ces peuples et de 
l'impression qiTelles avaient faite en Europe. 
Hist, des Croisades, &• edition , IV, 105 et sui- 
vantes. 

50214 Prate, pillee; de'froisie , ravagee. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 655 

Mais moult destruisent sans asai. 
De mal faire n'orent repos ; 
30220 N'es tenoit riviere ne bos, 

Nest n& ki nombrer les s&ist. Fabie repandue par 

_ , 1'igtiorance et la 

Ja tant pener ne s en peust , peur. 

Et disoit-on que il venroient 

Droit a Coulogne , et si voroient 
30225 R avoir Tun des III rois, sans falle. 

Et cil rois , sans adeviaalle , 

Fu de leur ti&re rois et sire , 

Ki Dieu , ne sai d'or u de mire 

Et d'encens , ala aourer 
30230 Et sienrir , et puis onorer. 

De Tarse fu li uns des rois. 

Ensi passoient li destrois 

Et sen venoient viers Cologne, 

Pour acomplir ceste besogne. 
30235 Gens i avoit de mainte guise, 

Mais n'en sai mie la devise. 

Or Yous dirai-jou que l'emperaire 

S^oit encore devant Bresque , i/«npemir devant 

Iri& et destrois et dolans m °*" 

30240 K'il ne pooit avoir Melans. 

De $aus de Bresque avoit asses 

Deviers lui prisons amas&. 

Devant les portes les fist traire , 

Fourkes i fist dr&ier et faire , 
30245 Et dist que tous les penderoit . 

Se la cit& tantos n'avoit. 

Et cil respondirent a lui 

Que n'i auroit valiant I glui , 

50218 Sans asai , sans se rassasier ? reres. Ce mot ne rime point avec Bresque. 
30228 Mire, myrrhe. 30244 Fourkes, fourches, potences. 

30257 Ce vers ^Unttrop long, il ftut effacer 30248 Glut, gerbe, botte de paille ou de 

jou pour le r&ablir 5 l'emperaire, ponr I'empe- settle. 



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656 CHRONIQUE 

Des prisons fesist son yoloir. 
30250 L'empereres, pour aus doloir, 

Les fait trestot pendre esrament. 

Puis les asist destroitement; 

Mais sans rien faire s'en parti. 

Del reyenir moult s'aati, 
30255 Quar li iyiers estoit entr& 

Et de leste fu moult lasses. 
condemnation de jean Mesire Jehans de Cisoing 

,SOII,g Ot dont est^ en plus grant soing 

Que yilains ki sa tiere ahane, 
30260 Enyiers la contese Jehane , 

Ki l'ot fait , pour sa mesprison , 

Prendre et maitre en grant prison. 

Et fu par se court forjugi£s. 

De cors et d'avoir mespl£gi& 
30265 Fu de son fil ki tint prisson 

Pour lui , mais a poi d'oquoison 

S'en issit sans congiet ; li fius 

De sa prison rompi li fius , 

Et li p6res tant pourka^a 
30270 Par ses amis et ca et la, 

Qu'il pot et aler et yenir. 

Si laissa le sien convenir. 

Al roi traist, le souvrain signor, 

Pour ?ou qu'il yot r'ayoir s'onor. 
La comtesse Jeanne et 30275 S'en fu la contesse ajourn^e 

le comte Thomas . . . * . j , 

sont ajoumes dans A plait et a jour de journee , 

la cause dece baron. —. .. m ,. 

Et li quens Tumas ayoec li , 

50255 friers, Liver. ahan. On disait terre ahanable , pour terre 

50257 Citoing , le seigneur de Cisoing etait labour able, 
un des bers de Flandre. L'Espinoy, 97, 145 , 50262 Maitre, sans elision. 

Warnkoenig, Hist, de la Flandre, II, 94 et sui- 50264 Mesplegies, mal cautionne. 
vantes. 50268 Fius , bois , portes. 

50259 Ahane, travaille avec fatigue, avec 50272 Convenir, s*accorder. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



657 



Qui la cose point n'abi&i. 
Contre lui disent mainte bare. 

30280 La estoit li rois de Navare , 
Ki, por le signour de Niiele, 
Le conte en fist proiere biele, 
Et la contesse premerains , 
Voire larcevesqes de Rains , 

30285 Et li troi frere de Couchi. 
Puis li couvint crier mierci 
A la contesse , et puis al conte 
Ki de son mesfait sot le conte. 
Cil de Boves , cil de Clermont 

30290 Proiterent a val et k mont. 
Et cascuns parens sen offri 
De proier, et li rois soufri. 
Mesire Jehans s'en taisoit 
De Niiele, qui moult plaisoit 

30295 La proiere de tant baron 

Et puis de tous $aus environ. 
Tant ala puis que sour le roi 
De Navare fu li desrois 
Et sor l'arcevesque Henri , 

30300 Ki son cuer en ot atenri , 

Quar il ot 6u grant damage. 
Mais li quens reciut son omage. 
Ensi fu es diseurs la pais. 
De son afaire a tant me tais , 

30305 Mais tant vous di-je bien , pour voir, 



Jean de Nesles. 



Let freres de Coucy. 



Let seigneurs de Bares 
et de Clermont. 



50278 (>«!,* qui. 

50279 Bare, exception; ils lui opposerent 
plusieurs exceptions , plusieurs moyens declina- 
toires. 

30289 Clermont, Gaucher de Chatillon , fils 
de Gui, comte de S l .-Pol, devint comte de 
Clermont en Beauvoisis , par son mariage avec 
Mahaut, fille ainee de Philippe, dit Hurepel, 

Tom. II. 



ills du roi de France Philippe-Auguste et comte 
de Boulogne. 

50293 Tant, si grand. 

30297-98 Sour le rot..., fu li desroir, la faule 
de Jean de Cisoing futsoumise au jugement du roi 
de Navarre et de Farcheveque de Reims , Henri. 

30502 Mais le comte de Flandre recut Thorn- 
mage de Jean de Cisoing. 

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658 CHR0N1QUE 

V&ites fu sans mescrfoir, 
Jehans de Cisoing pot bien dire 
Qui contre aguillon escaucire , 
II fois se point ; si se doit-on 
30310 Oster d'encontrer aguillon. 
Deroin dun nobie On doit son signor foi porter 

homme envcri son ,. u * 

seigneur et sa dame. Et souploiier et d^porter. 

Ciertes ausi doit-on sa dame , 
Et ki n'ei fait souyent s'adame , 

30315 Quar dame est dame, et sire est sire. 
Cascun doit-on douter et sire , 
Pour faire droit son bon signor 
Et dames moienes, grignor. 
Ja n'est-ii oisiaus si hardis , 

30320 Quant li aigles est escandis 
Et il est months en son tour 
Pour v&r entour son atour, 
Ki dont ost a sa proie tendre , 
Quar il le viot avoir et prendre, 

30325 Mais quant il a la soie prise , 

Lors puet faire cascuns se prise. 
S'on ne doutoit les signorages , 
Trop feroient li fbl de rages. 
Qui trop enbrace et trop entoise 

30330 Cil se desbrace a plainne toise. 
Moult se griere ki trop s'avance, 
Ki s'umelie moult s'eslance. 
Or oii& d'autre avission. 
En Fan del incarnation 



30508 Gelui qui se frotte contre unaiguilloD, 50323 Ost, oterait. 

se pique deux fois. 50525 La soie, la sienne. 

30312 Souploiier, soumission; exporter, pa- 30526 Se prise, sa prise, 

tieoce. 50529 Entoise, saisit. Ce proverbe revient a 

50520 Escandis, monte , scandere. celui-ci : Qui trop embrasse, mal etrtint. 

30522 A tour, aire. 50555 Avission, objet. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



659 



30335 Mil etCCet XVIII 

Si al&rent totes et tuit 
Cil d'Alemagne , sans essogne, 
lsi com restore tiesmougne, 
A S t .-Tumas, le Dieu amis, 

30340 Qu'ocire fist li rois Henris. 

En fiertre estoit mis et pos&. 
I^ou fu fine yerit& , 
Et S t .-Quentins de ti&re ost& , 
N'i demora os ne cost& 

30345 Qui ne fust mis , volant la gent , 
En rouge or et en blanc argent. 
Or est uns autres avancis 
Par de la Roume, sains Francis. 
A Perrouse gist li core sains 

30350 Ki n'ot mie mains ne pi& sains 
A sa mort, mais ausi perci& 
Com Dieux les ot k cleus fici&. 
II le proia, Dieu si l'oi, 
Et li cors «ains moult s'en goi. 

30355 Mors fu et fait miracles grans 
Qu'il fu passlens et soufrans. 
Gil fu umles, Diex lavanfa, 
Et il-m&smes commen^a 
L'ordine de ces frfcre menors 

30360 Qui laisent ti&res et ounors. 

Dont revint uns autres consaus, 
Car li Temples et l'Ospitaus 
Et tout li baron de Surie, 
Voire et tout cil de l'Aberrie , 

30365 Par le consel de l'apostole, 



Felerinage a S*-Thomas 
Becket, 



A S«-Quentin, 



Et a S'-Franfou d'As- 
•i*e*. 



Origine de* fibres mi- 
neon. Stigmates de 
ce saint. 



Appel a la croisade. 



50549 Perrouse, taint Francois fut inhuml, 
suirant son T03U , sur une montagne hora et a 
proximity dea murs d'Aasise, qui fut depuis 
appelee Colie del Parmduo, au lieu du nam de 



Colle d' Inferno , qu'elle portait. 
50552 Cleus, cloux. 
50557 Unites, humble. 
50564 L'Aberrie, V Arable? 



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660 CHRONIQUE 

Ki le conferma par estole , 

Manderent en France et partot 

Princes et barons sans redout , 

Et rois et contes et marcis , 
30370 Ki , pour avoir gri& et miercis 

De Jh&u-Crist, ierent croisiet; 

Puis qu'il lavoient tant proisiet , 

Qu'aparillet fusent ains l'an , 

Droit a la fieste S*.-Jehan : 
30375 Et sou fu dit decant Noel, 

Seut el mandement entor el 

Et de TOspital et del Temple. 

Quar il manderent, par exenple, 

Que puis la mort Salehadin , 
30380 Le preut , le large Sarrasin , 

Ne fu la ttere en si boin point 

Pour avoir les cit& a point. 

Par deyant le roi Lofys 

Fu cil mandemens bien jois , 
30385 Qu'il ni ot ne respit ne bare. 
Le roi de Navarre se Si jure le roi de Navarre 

croise, ainti que le T . . 

due de Bourgogne, Le passage pour la besogne , 

lecomtedeBaretRi- _ • # i- i ■ t> 

chard d'Aogieterre , fct apries li dus de Bourgogne 

50368 Sant redout , 8an8 peur. De tort et de mesprison , 

30376 Ce vers est obscur et la repetition de San , x bicn ct sans corto » ie » 

• i» i_ r\ .. „. , , . Qu'enlre nos, barons, faisons 

el lembarrasse. Un pourrait 1 interpreter de t tl " l 

cette maniere : cognito tali tnandato circa hone q uc je voii escumenier 

rem, Ceaus qui plus offrent raiion 

30378 Quar, done. Lors vuil dire me cnanson - 

.a-Oi t .. •n* . . I/bYESQUE DK LA RAVALL1EIIE, les 

30584 Jots, accueillir avec joie. „ . . . . . w ' 

7 u Foe sits du rot de Navarre, II, 

* 50585 Bare, obstacle, retardement. 134. 

50586 Leroide N avarre, Thibant IV comte Dans ce couplet , il paralt faire allusion a Tex- 

de Champagne. Tbibaut fait souvent allusion , communication lancee par le pape Gregoire IX , 

danasesvers, aux evenemens de la croisade et contre remperear Frederic II. Voir aussi les 

juge ces expeditions avec bardiesse. chansons LVI , LVII , LIX. 

Au tens pleiu de felouie, 50588 Li ** ** Bourgogne, Otton III ou IV, 

D'enrie et de tralson , dit le Jeune. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 661 

Et li quens de Bar li jura , 
30390 Et tout croisiet ki furent la, 

Et li rois Ricars d'Engletiere 

Manda que sour trestous dessi&re 

Pour mener V c cevaliers 

Et siergans et arbalestriers. 
30395 Ge noncierent li arcevesqe 

Et li abet et li ^yesqe , 

Quar lempereres i manda 

Qu'avoec aus outre s'en ira , 

Et yolra iestre ci& de Tost, 
30400 Mais ne sera mie si tost. 

Mais al jovene due de Bourgogne 

Se tinrent franc de la besougne. 

Mais, pour l'amour et pour la pais, 

L'est li rois de Navare fais. 
30405 Lors reyint une autre noyiele D-marches de rempe- 

v . , i, . t rear Baudouin II , 

Ki les cuers a auquans renoviele , poor obieoir da se- 

Que Temperires Bauduins , 
Marcis de ISamur orfenins , 
A l'apostole ou il estoit 
30410 Sa besougne bien apointoit. 

Et Si iert IbierS de Biel-giu , Humbert de Beaujeu. 

Ses cousins, pour faire son liu. 
Et li preudom papes Grigores , 
Ki n'ot cure de yainnes glores , 
30415 Cou que devant fu anonciet 
Par les tieres , et praieciet. 
Lor coaferma pour Dieu l'autisme , 



50589 Li quern de Bar, Henri II. commencent leur exlrait , eo le transposanl tou- 

50591 Li rois Ricars d'Engletiire, Richard tefois. 

n'&ait pas roi, mais frere du roi Henri III. 50406 Renoviele, ranime. 

50592 Sour trestous , pins que toua lea autre*; 50411 Ibiers de Biel-giu, Humbert de Beau- 
dessiire , dessert , merite . j eu . 

50405 Lots..,. Du Cange et H. Bucbon re- 50417 L'autisme ,\e tres-haut , alti(s)sim{us). 



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662 



CBRONIQUE 



Le coratc de BreUgne. 



Et leur otroia le vintisme 

De HI yesqui& que il vaudroit , 

30420 Et partout la voie vaudroit 

Des ceyaliers ki croisiet furent 
Et des boines gens qui s'en durent 
Aler soucourre et dilivrer 
Coustantinoble sour la mer, 

30425 Quar il orent k eel tiermine 

Poi de gent et moult grief famine. 
Et si com il s'en repairoit , 
Et uns l^gas , qu'il amenoit , 
Le conte Pi^ron encontra 

30430 De Bretagne et tout li conta, 
Sans afaire de son demaine. 
Et li quens esrant Ten ramaine 
Od le l^gat ari&re a Roume, 
Pour son afaire traire a soume. 

30435 Puis revint-il en France artere, 
Sot laitres de mainte mani&re. 

Droit al entrer de mi-quaresme, 
Si com l'estore al voir aesme , 
Revint cis emper&re mesme 

30440 Bauduins de Roume , et s acetme 
Droit a la fieste S'.-Jehan. 
Mainte painne ot et maint ahan 
Pour aler en Gresse soucourre 
Caus u ses cuers ne poroit corre , 

30445 Mais ses cuers i ert tot adi£s, 



30419 /// vesquies, le pape donne ordre que 
tous les deniers des crois&des dioceses de Lyon, 
If icon et Chalons, qui avaient rachete leurs 
vceux pour des empechemens legitimes qui leur 
etaient survenus, fussentmis entre les mains du 
comte de Macon, pour etre employes a la solde 
des gens de guerre , et permet a son secretaire 
de lever sur les ecclesiastiques des archevech& 



de Patras , de Gorinthe et de Thebes , la troisieme 
partie des revenus de leurs eglises. Du Cange , 
Hist, de Constantinople, 1 , 847. 

30420 Faveur qui durerait pendant toute 
i'exp&iition.... 

50433 Le Ugat, l'erftque d'Agnani. Du Cange , 
Hist, de Constantinople, I, 963. 

50443 Mais son cceur eiait en Grece. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



663 



S'iert del cuer lone et del cors pri&. 

A Mel&m, u la cours jouste, 
Fu cevaliers a Pentecouste 
Et mesire Alfons avoec lui , 

30450 Li frere au roi , ciertains en sui , 

Et mains autres , par grant amour. 
Pour joie de l'emper^our. 
Sa ti&re engaga de Namur, 
Son castiel fort, u il n'a mur 

30455 Qui ne soit en la dure roke ; 

Desous , en I'aige , a mainte roque 
Et pesfon autre, et si a port 
U les gens font maint grant aport. 
Si l'orent li Templier en garde , 

30460 Pour le roi , ki son preut regarde. 
Et s'ot enkagiet Aucesrois, 
Tout ensi li loa li rois , 
Ki del tout li f u bona amis , 
Al tierme meut k'il avoit mis 

30465 A V c cevaliers senis , 

Qu'il ot de ses deniers doun& , 
Quar l'apostoles li faisoit 
Grans biens et del sien li dounoit. 
Siergans k ceyal et k piet 

30470 Ot ass&, dont moult bien li siet. 
Par Alemagne s'en a la , 
Sour conduit con li ot quis la 
A l'empertour, pour le roi 



Baudouin engage son 
comte de Namur au 
roi de France. 



Ce monarque en confie 
la garde aux Tem- 
plier s. 



Baudouin va en AUo- 
magne. 



30447 A Meleun, Du Cange, Hist, de Con- 
$Umtinople,l 9 265. 

50456 Roque, roue, eapece de petit poisaon. 

50457 Peeeon, poiaaon. 

50461 Aueetrou, Du Caoge a remarque que 
cela ne pouvait Aire , attenda qae Baadoain ne 
fat jamaia poaaeaaear da comte d'Auxerrois. 

50464 Al tierme meut, Da Cange et M. Bu- 



chon, altermement. 

50468 Dounoit, Da Caoge et M. Bochon : 
donoit. 

50472 Conduit, le sauf- conduit avail ete 
exp&lie a Cr&none, le 7 decembre 1258. II fut 
obtenu par Pentremiae du roi de France , que 
Tempereur redoutait plus qu*aucun autre prince 
de rEurope. 



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664 



CHRONIQUE 



Thomas de Couci. 



Le cfaalelain de Ban- 
mez. 

Guillaume de Keu. 



Watins de la Haverie. 



Succwseurs de l'eveque 
de Liege. 



Ki n'i voloit faire desroi. 

30475 Q'uns qu'autres ot pris C omes 

Ainc qu'en sa tiere li prist sommes , 
Mesire Yviers, cil de Bielgiu , 
Tint en son ost moult bien son liu , 
Ses couzins , et moult de sa gent , 

30480 Ass& i mist de son argent. 
Et s'i fu Tumas de Couchi , 
Et pour Dieu et pour sa mierci , 
Et li castelains de Biaum£s , 
Od lui son fil i fu rem&. 

30485 Et s'i fu Guillaumes de Keu, 
Uns cevaliers c'on tint a preu, 
Et Wetins de la Haverie , 
Et moult d'autre bacelerie. 
Droit a la Dun^e passa 

30490 Parmi Hungrie s'arouta , 
Bien i fu venus hautement 
N'i soujorna pas longement. 
Del prouvos d'Ais av& di , 
Ki moult durement s'esjoi 

30495 Com esliut pour vesque del Liege , 
Mais il ne s'avoit preu del siege , 
Quar li drois eslius de Valence , 
Ki fu nomm& o lui par tence, 
S'en fu tout droit a Roume al&. 



30475 C, la mesure demande CC. 

30477 Triers, Humbert. 

30481 Tumas de Couchi, Thomas, fils de 
Raoul I er , dit de Marie. II eut en partage les 
seigneuries de Vervins , de Fontaines et de Lan- 
dousies. Sa branche a subsiste* dans les Couci* 
Polecourt. 

30483 Biaumes, Baumez. 

50487 Wetins, M. Buchon : Wertins de la 
Haverie t Du Cange : de le Haverie, Cet auteur cite 
avec ces chevaliers , Josserand Gros , deuxieme 



du nom , seigneur de Brancon , au duchi de 
Bourgogne, et Guillaume de Cahieu. Hist, de 
Constantinople, 1 , 269. 
30489 Dunie, Danube. 

30492 Longement, lacune dans les fragmens 
rapportes par Du Cange et H. Buchon. 

30497 Eslius de Valence, Guillaume de Sa- 
voie , celui-la meme dont on a vu les exploits 
contre ceux de Plaisance. 

30493 Tence, rivalite, dissension parmi les 
electeurs. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



665 



30500 Pape Grigores fu ir& 

Del prouvos d'Ais que, sans congiet, 
Del liu ot mis par lui son piet. 
Si reciut l'eslius de Valence , 
Et le prouvost mist en faience. 

30505 Si commanda qu'il fust souspens , 
Et cil de Valence fust ens , 
Comme sacr& et drois eslius , 
Et qu'il fust al Liege recius , 
Si qu'escumenii^ seroient 

30510 Tout cil ki contre lui seroient. 
Li yesques Watiers i ala 
De Tornai , ki bien leur dist la 
De par I'apostole de Roume ; 
S'i furent de Liege maint ome. 

30515 Li dus de Braibant en aidoit 
Le prouvost , et si guerioit 
Dont larcevesque de Cologne, 
Ki pour lui gaires ne seslogne. 
Bours et viles i ot moult arses, 

30520 Par quoi les gens furent esparses. 
De Coulougne n'osoit issir 
Nus om, ne aler ne venir. 
Tous li pais fu en grant noise, 
N'iert om qui s^jorner i loise. 

30525 S'iert avenu al Mont-Wimer 
C'un jornel i orent amer 
Li faus, li mescr&mt bobiert : 
Par le commant frere Robiert, 



Lc pape se prononce en 
fareur de GuilUume 
de Savoie, e>6que de 
Valence. 



Le due de Brabant au 
contraire protege le 
prevdt d'Auc. 



Executions d*Albtgeois 
en Champagne. 



50504 Mist en faience, declara qu'il avait 
failli. 

50505 Souspens, suspendu. 
50511 Watiers, Gautier de Marvis. 

50515 Li dus de Braibant, Henri II (III). 

50516 Guerioit, guerroyait. 

50517 L'arcevesque de Cologne , Conrad I" de 

Tom. II. 



Hochstad. 

50524 Loise , laisae , poor la rime. 

50525 Mont-Wimer, voy. v. 29650, Mont- 
Aime, en Champagne , pres de Vertu. 

50526 Jornel, journee. 

50528 Robiert, $ur cet inquisiteur , voir vers 
28871. 

84 



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666 



CHRONIQUE 



Manage d'AIphonse de 
Portugal et de Ma- 
haut de Boulogne, 
] 238 (d'autres disent 
1241). 



L'embarquement des 
croises fixd a Mar- 
seille. 



Nuef XX et VII en i ot ars, 

30530 Qui la vinrent de toutes pars; 
Et s'i fu li rois de Navare 
Qui n'i mist deffense ne bare , 
Quar il iert sire de Canpagne. 
Da u Ire gent i eut grant compagne. 

30535 Arcevesques, yeskes i ot, 

C'onques nus foi trover n'i pot. 
Mesire Alfons. qui fu d'Espagne, 
Venus a moult rice corapagne , 
Prist la dame de Boulenois. 

30540 Cest manage fist li rois ; 

Ses cousins fu de par sa mere , 
Parens Ferrant de par le pere. 
Felippes , fius roi Felipon , 
Lot £ue , bien le set-on ; 

30545 II filles de la dame avoit, 

Dont li rois sire et garde estoit. 

Oi aves que lemperere 
De France et Namur partis 6re 
De soucorre Costantinoble , 

30550 L'emperial cite^ la noble. 

Tout droit a cest point, par congiet, 
Si sen alerent li croissiet. 
A Marselle fu li pasages, 
Devises de tos les plus sages ; 



30829 Neuf vingt et sept, c'eat-a-dire 187. 
UHistoire des comtes de Champagne et de Brie 
(II , 70) dit 183, et ajoute qu'il y eut 700,000 
personnes presentes. 

30535 Lieu commun dun fWquent usage. 

30356 ffusfoi, nullesfois. 

50537 Alfons, Alphonse , finere de Sancfae II, 
roi de Portugal, et de Ferrand, comte de 
Flandre ; neveu de Blanche , mere de saint Louis, 
et roide Portugal, en 1248. 



30539 La dame de Boulenois , Mahaut , veuve 
de Philippe , dit Hurepel. 

30545 // filles, VAri de verifier les dates ne 
designe qu'une fille, Jeanne, mariee a Gau- 
cher IV de Chatillon. 

30547 Oi aves,., Nouvel eatrait de Du €ange 
et de M. Buchon , qui, nous le repetons , ne 
suivent pas Pordre de 1'original. 

30549 Z>e,pour. 

50554 Devise's, selon l'avis.... 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



667 



30555 Quar en l'emperfor de Roume , 
Con mescr&nt adonques noume . 
Ne s'osoient de rien fier, 
Qu'il traissoit sans desfier. 
Escumenii& fu partout , 

30560 En la pape vot mil ascout; 
V esques , ab& osl& avoit 
Et leur drois a force tenoit. 
A Sarrasins avoit couvent 
Une fois et autre souvent , 

30565 Et dus et contes qu'ot mand& 

Sour conduit , ot-il desmenbr& ; 
Et d'Alemagne ot-il son fil 
Desposet et mis a exil ; 
Boulougne-le-Crasse assdga 

30570 Et Lombardie guerroia. 
Ensi passerent a Marselle 
Li croissiet , que li rois conselle ; 
Li rois de Navare i ala, 
Li dus de Bourgogne i pasa , 

30575 Si passa li quens de Montfort , 
De qui il orent grant confort , 
Li quens de Bretagne autresi , 
Mais li quens de Bar s'en parti , 
Droit a l'emper&mr ala; 

30580 Par congiet a Brandis passa. 
Quant remperere Bauduins 
De Coustanli noble , orfenins. 
Par le consel del roi Jehan , 
Se fii de la partis I'autr'an , 



Depart def croisls. 



30558 Toutet ces accusations contre Frede- 
ric II sont loin d'etre fondees. Toy. v. 30418. 

50560 En la pape, M. Buchon : en le pape; 
aecont, action d'ecooter. II ne vouhit rien 
ecotrter de la part dn pape. 



30566 Destnenbres, fait perir. 

50567 Son fil, Henri. 

30580 Brandts, Brindes, cette ville si c^lebre 
dans l'antiquite et qu'Horace n'a pas peu contri- 
bu£ a rendre f amende. 



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668 



CHRONIQUE 



La couronne du sau- 
reur est mist en gage. 



Ellc est doonee an roi 
de France. 



Fetes a l'occasion de la 
renue de la sainte 
couronne en France. 



30585 Cele couroune proprement 

Dont couroun& fu asprement 

Li vrais Dieux, quant en croix fu mis, 

En aporta de eel pais , 

L'eroperere , et s'el mist en gages 

30590 A £aus de Yenise plus sages, 
Par le consel de son elergiet, 
Qui Ten orent doun^ congiet. 
Al roi , son eousin , l'otroia 
Ki moult durement Fen proia. 

30595 S'envoia pourvec en Venisse, 
Mais grande ricoisse i ot mise. 
Mout fu sagement aport^e ; 
Li rois par toute la contree 
Fist crier c'on alast encontre, 

30600 Et il-meismes tous les outre; 
A piet et descaus i ala. 
N'onques mais nus tant n'&iit la 
De fieste , com ot a Paris , 
Et canler et d&luis et ris. 

30605 A son col l'aporta li rois 

Et ses freres , li quens d'Artois , 
Et s'i ot moult des haus barons , 
Dont jou ne sai dire les nons. 
S'i fu madame la roine, 

30610 Ki mout par est loiaus et fine, 
Et s'i fu la roine Blance , 
Ki tant par est et sage et f ranee. 



30585 Cele couroune, voy. 1. 1, p. 432 et suiv. 

30589 En gages, e\\e fut engagee a divers par- 
ticuliers, pour la somme de 13,134 perpres, 
monnaie de l'empire , savoir , a Albertin Moro- 
sini , podestat ou bail de Veniae a Constanti- 
nople , et a qui elle fut don nee en dep6t , pour 
4175 : a l'abbesse de Notre-Dame, surnomm^e 
Periulepte, pour 4300} a Nicolas Cornaro et 



Pierre Zanni, nobles v£nitiens, pour 2200, et 
aux Genois pour 2459. Du Gauge , Hist, de Con- 
stantinople , 1 , 287. 

50595 Pourvec , en consequence. 

30599-600 Encontre et outre , rime en goret. 

30600 Outre, depasse. Sur les pompes de 
cette reception , M. Michaud cite Ph. Mouskes. 
Hist, des Croisades, IV , eclaircissemens, p. 538. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



669 



S'i fu cele de Danemarce, 

Ki lant par est courtoise et sage, 

30615 S'i fu ii clergies de Paris 
Tout a I mot le tos devis. 
S'i ot bourgois et cevaliers. 
Trestous Ii pais en fu lies , 
Atant le vos lairons ester. 

30620 D'autre cose vorrons parler. 
Nouviele autre que ne soloit , 
Dont gent furent en grant soloit, 
Reyint d'Acre nouvielement, 
Que li quens Ricars bielement 

30625 Avoit esploiti^ en Surie 

Et la pais faite et enforcie, 
Et li dus de Bourgogne ausi; 
Et que la pais iert faite ensi 
Que X ans les triuwes seroient, 

30630 Et que tous les prisons rendroient. 
Mais li Sarrasin , qui n'entiervent 
Fors que mal, trestos les enierbent; 
S'es renyoient a moiti^ mors, 
A ?ou se sont tousjors amors. 

30635 Mais toutes yoies I castiel 

Biau fort rendirent , ce fu biel , 
Mais la tour David abatirent , 



Exploits dc Richard 
a'Angleterre en Sy- 
ric. 



La tour de David a 
Jerusalem est abat- 
tue. 



30613 Cele de Donemarce, Du Cange (I, 262) 
citant Ph. Mouskes, remarque qu'il y a peu 
d'apparence , que la rerne Ingelberge assista a 
cette ce>emonie , vu qu*elle etait decedee trois 
ana au para van t, ainsi que le porte son epitaphe. 
Danemarce et sage , mauvaiae rime , M. Buckon 
ecrit Danemarge. 

30616 Le vos devis , je vous le dis. 

30618 Lie's. Interruption dans les extraits de 
Du Cange et de M. Buchon. 

30621 Ne soloit, n'etait coutume. 

30622 Soloit, solas, consolation. 



30631 Entiervent, du rouchi entervir ou d'en- 
terver, que Roquefort explique par soustraire, 
enlever adroitement. Ici il semble signifier son- 
ger, chercher, brasser. 

30632 Enierbent, empoisonnent. 
50634 Amors, attaches; deVaamorcer. 
30637 La tour David, uoe chronique MS , 

citee par M. Michaud, I V, 73, en fait cette des- 
cription : « Les pierres estoient si avant, que tous 
» s'esmerveilloieot j elle esloit si fort maconnee 
» a chaulc et a ciment , et les pierres soudees a 
» plomb et a grosses bandes defer et a crocs, et 



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670 



CHRONIQUE 



La forleresse de Krak 
an pouToir des Mu- 
sulmans. 



Mort da comte de Mont- 
fort, 1241. 



Le comte Richard d'An- 
glcterre veut r^con- 
cilieiTempereuravee 
le pape. 



Invasion des Tartares- 
Mongols. 



De quoi nos gens moult s'esbahirent , 
A la porte de St.-Estiev&ie, 

30640 De quoi on cante mainte entiev&ne ; 
Et li felon , li desloial 
Tinrent le Crak de Monroial. 

Li quens Ricars est reposes , 
Ass& travelling et lasses , 

30645 Et li dus de Bourgojyne aprtes , 
Et tout li autre moult engrtes. 
Li Temples et li Ospitaus 
Regarnirent la tiire entr'aus ; 
Et li quens de Monfort moru , 

30650 Quant parde^a repasses fu. 

A Roume vint li quens Ricars , 
Ki ne fu avers ne escars , 
De pais faire k l'emper^or 
Viers le pape mist plait et jor , 

30655 Et moult durement s'en p&ia. 
La pape as Romains en parla 
Et s'en parla as sinatours ; 
De ^ou refti asisn& jors. 
Et li Tartare , fort et rice , 

30660 Gueroii&rent viers Osterice 
Et viers Hungrie durement. 
Mais apri& avint autrement , 
Car leur souverains rois Kaam , 
Et ses peres ot nom Turkam , 



« d'une part et d'autre, que a trop grant peine 
» et a trop grant forces le porrent abatre jus. » 
30642 Le Crak, cetle demolition de la Tour 
de David, fut operee, lors de la rentree des Mu- 
sulrnans a Jerusalem , sous la conduite d'un 
neveu du sultan Malek-Kamel , Daoud , prince 
de Carac. Tontefois par Krak de Monnfial, Phi- 
lippe Mouskes n'a pas entendu le nom de ce 
prince , raais une forteresse appelee Karak ou 



ATrcrfc-el-Schunbek , ou Montroyal, situee sur 
les fronlieres de la Judee et de FArabie P&ree. 
F. Wilken, Gesch. der Kreutzuqe, III (I),210n. 

50649 Li quens de Montfort, Amauri VI , fils 
aine du fameux Simon. II mourut a Otrante, 
ainsi qu'on l*a dit en note. 

50658 Asisne's, assignl. 

50663 Kaam, Oct ai-Kan , fils de Gengis-Kan, 
eta it alors le chef supreme des Mongols. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



671 



30665 Kam commanda, pour goujoraer, 
Toutes leur coses atraver, 
Pour demorer a iretage. 
Atorner figeut maint e*tage , 
Quar il hreal yenut de long , 

30670 Sen quidoient avoir besong. 
Tieres ahanent et semenceut , 
Leur biesles garden t et bos trencent. 
De ces geus ici vous lairai 
Et d'autre cose parlerai. 

30675 A Nuse ot dont I tornoi prig, 
Moult i eut cevaliers de prig ; 
Mais Jacobin et Cordelois, 
Ki n'orent cure de desrois , 

I parlerent des Tartarans , 
30680 Dont crestiien orent ahans; 

Se desfendirent le tornoi , 
Que cevalier font par dosnoi. 
Mais li cevalier par effors 
Se misent de Nuse as cans fors; 
30685 S'en i ot qk et la par leus 
Mors et esting quarante II , 
Et bien de varlais autretant. 

II i eut pourre et caure grant, 
Dont record^ fu en maint lieu 

30690 Que sou fu venjance de Dieu. 
Cig rois de France Lo^ys , 
Ki de toug s'estoit obeis 
A Dieu , de cuer loial et pur, 



Tournoi de Nuiss. 



Les Jacobins et les Cor- 
deliers lc defendent. 



lis ne sonl pas ecoutcs. 



Chevaliers et ecuyers 
devores pardes loups. 



30666 Atraver, etablir. 
30668 Atorner, disposer; estage , habita- 
tion. 

50670 Besong, besoin. 

50675 A Nuse, voy. v. 29088. 



30678 Encore de la satire. 

50681 Se, pour si. 

50685 Leus, loups. 

50686 E stint 7 eteints, exstin(eti). 

50688 Pourre, poudre , poussiere j caure, 



50677 Cordelois, ailleurs frere de la cordeUe. chaleur. 



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672 



CHRONIQUE 



Cour pleniire He Sau- 
raur, juin 1241. 



Princes qui y furent. 



Le roi dc France pro- 
da me confrere comte 
de Poitiers. 



Le 



e pape Ten I deposer 
Charles, Iveque de 
Noyon , conxin de 
saint Louis. 



Autre distension a pro- 
pos de l'^Tecbe de 
Soissons etdel'arche- 
?eche" de Reims. 



A grant gent se treat a Sauraur. 

30695 Li rois de Navare i ala , 

Quar li rois par non le man da. 
Et si Tint li quens de Saint Gille , 
Qui n'amoit mie l'^vangille , 
Et li quens de la Marce apri&, 

30700 Et cevalier et lone et prtes. 
Si fist li rois son frere conte 
De Poitiers , qui la tiere donte ; 
Ass^ur^s en fu par droit 
Des marcis , li fibres le roi. 

30705 Li rois , ses frfere , en fist grant fieste , 
Moult fu l'aeors grande et onieste. 
De ces ne voil or plus parler, 
A autre cose voil penser. 

Li papes de Roume Grigores , 

30710 Ki n'ot cure de vainnes glores, 
Toli la vesqute de Noion , 
Par ire , a monsignour Carlon , 
Pour ?ou que ses couzins li rois 
Ne voloit commencier desrois 

30715 Pour lui contre l'emper^our, 
Ki li grevoit et nuit et jour. 
Et li rois moult s'en d'a'ira; 
Si li dist qu'ass^s li donra , 
Ne n'i auroit autre que lui , 

30720 S'il n'i estoit a grant anui. 
Et li ^vesques de Ses$ons, 
Ki dont sans faire autres sermons, 



50694 Saumur, yoy. v. 29554, et Joinville, 
ed. de Du Gange , p. 20 et suiv. 

50697 Li quens de Saint Gille , Raymond VII, 
comte de Toulouse. 

50701 Son frere , Alphonse. 

50702 Poitiers, voy. v. 29554. 



50710 Repetition. 

50712 Carlon, Pierre Charlotte ou Chariot, 
fils nature! de Philippe -Auguste, mort en 
1249. 

50721 Sescons, Somons. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



673 



Fu eslection ost& 

Des u il s'iert acost& , 

30725 Et tout ?ou li fisent b£ghin 
Et papelart et Jacobin; 
Li capitles de Rains apri&, 
Ki du signeur furent engri&, 
Refisent autre eslection. 

30730 Li millour, par d^vosion , 

Noum&rent l'^vesque del Li&ge. 
Si le manderent k lor si^ge, 
Mais li Wghin et papelart 
Furent encontre d'autre part : 

30735 Si vorrent I Wghin avoir 
Pour les autres a d^cevoir. 
Ensi demora moult grant pitee , 
Et fu manc& a Rome , al siege. 
De ?ou ne vos dirai or plus , 

30740 A autre cose sui venus. 

Adont la mors , qui tot atrape , 
Prist Grigore , le uueme pape. 
Aprils fu pappes C&estins, 
Mais k XVII jors vint sa fins; 

30745 Ce savommes-nous , entresait 
En ptece apri£s n'i ot plus fait. 

De Coustantinoble revint 
Nouviele, ki moult bien ayint, 
Que mors estoit li rois Ausens , 

30750 Ki moult ot valor et haus sens. 



Mort de Gregoire IX. 



Celestio IV lui succede , 
1241. 



Mort d'Attn, roi des 
Bulgares, juin 1241* 



50725 Dans ce vers et le suivant , il y a des 
lettres effacees; ils se retablissent aisement : 

Fa de Teslection ostes 
De cans A il s'iert acostes. 

50755 Papelart, hypocrite. Ce mot est egale- 
ment accoU a celui de be'ghin , dans le refrain 
de la chanson de Rutebuef , deja citee. 

Papelart et beghin 

Tom. II. 



Ont le siecle honi. 
Foy. le Rabelais de MM. £loi Johanneau et 
Esmangart, IV, 75, et celui de M. de L'Aulnay, 
111-8°, III, 314. 

30745 t\u pape a la fin d'octobre 1241 , il 
mourut le 17 ou le 18 novembre, avant d'avoir 
&£ consacr£. 

50747 Extrait de Du Cange et de M. Buchon. 

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674 CHRONIQUE 

L'eraper&re en ot joie au cuer, 

Ki ne Tama ja a nul fuer. 

D'autre part remoru ausi 
NorjotdeToucj. Mesire Norjous de Tursi, 

30755 Ki cevaliers iert preus et biaus 

Et de la ttere eut estet baus. 

Sen fu l'empereres dolens, 

Et li canga moult ses talens. 

Partout en ala la nouviele, 
30760 As uns vi& as autres noviele. 

Et li rois Ricars revint d'Acre 

En une nef courant et aspre ; 

Ass^s i eut fourment et orge. 

A l'emper&Mir, sen serorge, 
30765 Sen ala , n'i peut faire pais 

De l'anui , ki tant ot est£ lais 

Entre Fl&leri et le pappe. 

Months est , s'es lait en la trape; 

Au roi de France est revenus, 
30770 Ass& i fu biau rectus. 

Petit apri& s'en repassa 

En Engleti&re, et remest la. 

Mais encor duroit li estris 

Et la grans noisse et li d&ri* 
30775 Del pappe et de l'emper&>ur , 

Ne n'i pooit nus metre amor. 
si<t g e de Rome. Et ciessa li sieges grant piece , 

Qu'il n'i ot pape mis en siege. 

Et cil de M&ans a lor pais 

30754 Norjous de Tursi, Norjot de Toucy, Cornouailles. 

gentilhomme champenois , bail {baus) de Con- 50766 Vers trop long j lais , laid, 

stantinople. 50768 Monies, embarque; s'es last, il les 

5071(8 TtUens , dispositions. laisse j en la trape , oieme sens que de nos 

50760 Vies, ancienne. jours. 

50761 Li rois Ricars, Richard, comte de 30770 Biau receus, bien recu. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



675 



30780 Orent tos les Lombars atrais , 
Ne lerapereor ne doutoient , 
Sa ses mains non, k'il ne soloient. 
Et li fius k l'empereour 
lert en Alemagne a s£jour : 

30785 Et voloit garder le ro'iaume , 
Mais on li lisoit autre saume , 
Con i fesoit petit pour lui ; 
S en avoit ire et grant anui. 
Li arcevesqes de Coulougne. 

30790 Qui faite avoit mainte besogne , 
Fu de guerre empris a ^aus d'Ais , 
Ki bien quidoient avoir pais. 
A I jour les contregaita , 
Tant i fist et tant esploita 

30795 Qu'en sa tiere les a soupris. 
Sen d'a ass& et mors et pris 
Et desconfis et tous raiiens , 
Si qu'a painnes lor remest riens. 
Li quens de Julers les laissa , 

30800 De quoi son pris moult abaissa. 
Mais il avint petit enpri^s 
Que li quens de Julers engri& 
Et dolans fu des bourgois d'Ais , 
Ki n'orent encor mie pais. 

30805 L'arceveske waita, s'el prist. 
Mais miervelles d armes i fist. 



La Lombardie souleree 
contre 1'cmpereur. 



Guerre de l'archeveque 
de Cologne et de la 
▼illc d'Aix-la-Cha- 
pelle. 



Le comte de Julien 
fait ce prelat prison- 
nier, 1242. 



50782 Soloient (sokbant). 

50784 lert.... dsejour, sejournait. 

50786 Saume, ptaume. On lui chantait sur 
une autre note. 

50787 Paroe qu'on y faiaait peu detention a 
lui. 

50789 Arcevesqes de Coulougne , Conrad de 
Hochstadt, Hostade on Hochstatten. Voy. Des 
meisters Godefrit Hagen Reim-Chronih der stadt 



Cdln, ouvrage publie par M. E. Von Groote, 
1854 , in-8*, p. 24 et suiv. 

50795 Contregaita, guetta de son cdte. 

50799 Li quens de Julers, Gnillautne IV, fils 
aine et auceesseur de Guillaume III , et d'une 
fille de Waleran III , due de Limbourg. Voy. 
Butkena , Trophies de Brabant, 1 , 255 et Preuves, 
67. 

50805 Waita, guetta. 



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676 



CHRONIQUE 



Mort de l'imp&atrice 
d'AUemagne. 



Vacance du siege tpos- 
tolique. 



En prison le tint-il et autre. 
Si ami, a lance sor fautre. 
Sor le conte de Juler traisent 

30810 Et sa tiere moult li d^giaisent, 
Quar il tenoit plus a signor 
Le jov&ne fil l'emper^our, 
Ki n'estoit mie rois en cor. 
Et k eel tans dont jou di or, 

30815 Le disent par vert^ plusior, 
Que la feme a Temper^or 
Estoit morte en cele partie 
U ses sire iert, par aatie. 
Dolant en furent li Englois , 

30820 Mais ce ne furent pas Francois. 

Li quens de Julers , qui moult sot , 
Tint l'arcevesque al mious k'il sot 
Et voloit r avoir I castiel, 
Sour le Rin s^ant fort et biel. 

30825 Qu'il toli devant a I jor 
A I houme 1'empereour, 
Et le diut cil tenir dou roi 
DAlemagne, par boine foi. 
Mais cil estoit om d'autre tiere . 

30830 A l'arcevesque faisoit guierre. 
A eel tans ot II cardenaus 
Pris Varcevesques , des plus ham ; 
Si ne porent li autre eslire , 



30810 De'graisent , degraissent , ravagent. 

50811 li tenoit plus a signor, il voulait sub- 
stituer a Frederic II , son fils Henri , re volte 
contre lui et mort en prison , au mois de fevrier 
1242, suivant la Chronique de Richard de 
S*. -Germain. 

50816 La feme a Vempereor, Isabelle , fille du 
roi Jean d'Angleterre , mourut le 10 decern bre 
1241. 



50818 Par aatie, victime de son empresse- 
ment. 

50820 Mais ce, mais dolens... 

50855 Eslire, les historiens, en general, 
imputent la cause de cette yacanoe du siege de 
Rome , les uns aux cardinaux , les autres a 
l'empereur Frederic II. Elle dura du 17 au 18 
novembre 1241 , jusque vers la fin de juin 
1245. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



677 



Dont li Roumain &rent plain d'ire, 

30835 Ensi ciessa li sieges moult; 
L'emperere i gr^va partout. 
Et s'terent encor li Tarlaire , 
Dieu anemi, Dieu aviersaire, 
En la grant liere de Roussie 

30840 Et yoloient destruire Austrie. 
Adont avint apri& la Paske , 
De cuer boislour et de laske, 
Li quens de la Marce et li sien , 
Ki le roi n'amoient de rien . 

30845 Manderent au roi d'Engletiere 
Qu'il passast , il r'aroit sa ti&re. 
Li rois d'Arragonoe en estoit 
Voellans . et bien s'i asentoit , 
Et li rois de Navare audi 

30850 Et li quens de Toulouse ensi ; 
Cestoit auques sor la fiance 
De l'erapereur, maid defiance 
N'ot pas mand^ a Lofys, 
Et s'iert avec ces ob&s. 

30855 Li quens de Bretagne monta, 
Ki I seul point ne s oublia , 
Au roi raconta tot le fait. 
Si li pardouna son mesfait , 
.Et li douna tiere moult tost, 

30860 Sen fist mariscal de son ost. 
Or avint-il que Bauduins , 
Li empereres orphenins, 



Tartares on Htusie et 
co Allemagne. 



Ligue coutre le roi de 
France. 



Lc comte de BreUgne 
chefdel'srinee royale. 



Reliqne* envojrees par 
1'empereur de Cons- 
tantinople an roi de 
France. 



30849 Boise'our, Irompeur, per fide; lathe y 
lache. 

50843 Li quens de la Marce, Hugues X de 
Lusignan. II refusa de faire hommage au frere 
de saint Louis , devenu comte de Poitou. 

30847 Li rois d'Arragonne , Jayme ou Jac- 



ques I er , surnomme le Conquer ant. 

30852 Defiance, defi, declaration de guerre. 

30853 Monta, vint. 

30861 Or avint-il. Extrait de Du Cange et de 
M. BucLon. Voy. Du Cange , Hist, de Constan- 
tinople , 1 , 280. 



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678 



CBRONIQUE 



Tramist rois Lofys en France . 
Par droit consel et par soufrance , 

30865 La viesture que Diex avoit, 

Quant on a la crois le menoit ; 
Et li vasciaus li fu livr& , 
Dont en la crois fu abevres . 
Et li fiers de la lance avoec, 

30870 Qu'ot ferut el cosli aluec; 

Et s'eut de la crois pri& dune ausne , 
Tot ausi comme cipri& gausne. 
Nue sains or et sains argent , 
I fu mostr^e a mainte gent. 

30875 S'eut la couroune eue an$ois 

Dont moult s'esjoirent Francois . 
Et la crois ausi , com vous di , 
U Dieux en Jursalem pendi. 
Et si vos dirai dont ce vient : 

30880 Al tans pape Selviestre avint 
Que Vempereres Coustentins , 
Fius Elenains, ki Sarrasins 
Et tous les Juis justi$oit 
Et crestiiens , quan qu'en d'estoit , 

30885 Voire tout le monde a I mot, 
Une si grant maladie ot 
Que m&iaus tous poris devint. 
Pappe Selviestres a lui vint. 



50864 Soufrance, necessity. 

30872 Ciprie's gausne , cypres jaune. 

50873 Sains , sans. 

30878 Lacune dans les extra its de Du Cange 
et de M. Buchon. 

30887 Mesiaus , tepreux, Ge mot rappelle un 
des passages les plus touchans et les plus naifs 
de Joinville. « Or vous demande-je , fist-il (le 
» roi), le^uel vous aimeriez miex, ou que vous 
» feussies mesiaus, ou que vous eussies fait 
» un pechie* mortel. » Et je qui onques ne li 



» menti , li respond i que je en ameroie miex avoir 
» fait trente , que estre mesiaus. Et quant les 
» freres s'en furent partis , il m*appela tout seul 
» et me fist seoir a ses piez , et me dit : * Com- 
» ment me deistes-vous hui ce? » Et je li diz que 
» encore li disoie-je, et il me dit : « Vous 
n deistes comme hastis musarz ; car nulle si laide 
» mtzelerie n'est comme d*estre en pechie mor- 
» tel, etc.* t<\. de M. Paul Gervais, 1829, 
in-12, p. 8. 

30888 Selviestres, Silvestre , pape en 314. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



679 



Qui tel mal li vit endurer 
30890 Dont nus ne le pooil curer , 

El dist , se il en Dieu cr&it 

Et lues batisier se faisoit , 

Que voirement seroit garis. 

Et l'empereres fist I ris . 
30895 Qui moult volentiers otroia 

Cou que Selviestres li proia. 

Lors fu batisi& en uns pr&. 

Si fu tot esranment cur& 

En une aigue , ks pr& desos Roume : 
30900 Bien Font vine tamaint houme. 

Onques mais n'ot est£ si sains , 

Sen gratia Dieu et ses sains. 

L'empire de Roume et tot Tiestre 

Douna Coustentins S^-Selviestre, 
30905 Et tout quant qu a Roume apendoit , 

Pour ?ou que Dieux garit I'avoit. 

Comme sages et bien apris , 

A ses houmes a consail pris 

Et dist que \k mais ne raanroil, 
30910 En Gresse manoir sen iroit. 

Cel tiere a-il esl&ie , 

Va sent et sa gens est mine , 



Donation de Const a n- 
tin. 



Fondation de feni^uc 
d' Orient. 



30904 Douna Coustentins , la donation de Con- 
stants est au commencement du recueil d'a 
Tbymo, et plus complete dans Vincent de Beau- 
vais et Jacques de Guyse, V, 212-227. Danale 
Fasciculus rerum expetendarum et fug ten durum , 
Londini, 1690, in-fol, t. I, pp. 124-161, on 
lit cette donation, la preface d'Ulric de Hutten, 
sur la dissertation ou Laurent Valla en d&- 
montre la faussete, cette dissertation m£me et 
les opinions du cardinal Nic. de Cusa et d*autres 
personnages pieui et inslruits sur cette ques- 
tion. Cf. De Potter, Esprit de I'eglise, III , 41, 
Raynouard, Journal des Savant, novembre 1854, 



p. 650. Cette piece, evidemment fabriquee, 
existait certainement avant le X e siecle. Malgre 
la refutation de Laurent Valla, publiee vers 
Tan 1440 , cinq personnes furent brulees , en 
1478 , a Strasbourg , pour avoir doute de Fau- 
thenticite d'un pareil monument, et lors que 
Louis XI envoya des ambassadeurs a Rome , a 
Toccasion du proces du cardinal La Balue , le 
pape Paul leur parla de la donation de Constan- 
tin, comme d*une v&rite inattaquable. Notices et 
extraits des tnanuscrits de la bibl. royale (de 
Paris), IV, 17. 

30911 Cel pour cele a cause de la mestire. 



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680 CHRONIQUE 

Son or et son argent emporte. 
Quant il vint la , moult s'en conforte , 

30915 Si fonda lues Coustantinoble , 

Pour Coustentin , le signor noble . 
Et plus grande le fist que Roume. 
De tous les biens i mist la soume 
Et les III pars des saintuaire , 

30920 Qui furent el mont de Cauvaire . 
Voire et partout Jerusalem 
Et la ti&re de Bell£em ; 
Et d'apostles et de martirs 
I ot seulement IX entire. 

30925 Car il i ala mainte fie. 

S'en fist ouneur S^.-Soufie , 
Et sa mere la crois songa , 
An$ois que ses fius alast la , 
Qui Dieu cr& et S t .-Selviestre. 

30930 Or ne puet avenir ne iestre 
Que l'apostoles cevauf ast 
Partout le pais ne alast ; 
Emper£or fist d'un haut ome 
Et tout quan qu'il avoit a Roume , 

30935 Mais ses om liges en estoit 

Et quant son sacre pris avoit. 
Tout ensi douna-on Fempire , 
Dont l'apostolit& empire. 
Guerre en Poitou. Or revenrai a ma mate re. 

30940 De Poitau, u jou premiers £re, 
En France s'en revint li rois , 
Et si engien et ses carois 
Demorerent la ti lui plot. 
Li rois Henris , ki mious ne pot . 



30938 L'apostotite's , la papaute. 50944 Li rois Henris, le roi d'Angleterre , 

50940 Poitau , Poitou. Henri III. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



681 



30945 Tous quois a Bourdiaus demora , 
Et sa feme, ki l'ounoura. 
Poi de gent avoec lui remest, 
A son plaisir qk et \k mest , 
Et Ricars trest en Engleti&re, 

30950 Ki toute vot saisir la tiire. 

Li arcevesques de Coulogne 
Fist adonques bien sa besogne , 
De Nid'aigle issi de prisson ; 
N'i douna pas grant raen?on , 

30955 Que li rois d'Ais, pour nul avoir, 
N'el pot en sa prison avoir; 
Ainc Ten giet&rent si parent 
Et li haut homme l'aparent. 
Des Tartares revint noviele, 

30960 Ki par tot le monde fu biele , 
Que li rois de la tiere as Bias 
Les ot descomfis a I pas , 
D'autre part li dus de Baiwiere , 
II et sa route et sa baniere 

30965 Les ot descomfis ausement. 

D'ambes pars perdirent grant gent, 
Et fu par le monde retrait 
Que l'emper&res par son trait , 
Fl&teris , les ot fait venir 

30970 Pour crestient^ ahounir. 
Et fist si Lofys , le roi , 
Par son outrage et par desroi, 



I/arctiereqae de Co- 
logne recourre •• li* 

berte*. 



Defnites des Tartares* 



Calomnie eonlre l'em- 
pereur Frederic. 



50946 Etsa feme , Eleonore de Provence. 

50953 Nid'aigle, une des portes de Cologne 
conserve encore ce nom. 

50954 Raeneon, 4,000 marcs d'argent. 

50955 Li rois d'Ais, par le rois d'Ais (Aix- 
la-Chapelle) , Ph. Mouskes doit entendre l*em- 
pereur. Foy. v. 50828. 

50958 L'aparent, I'i aparent, qui en depen- 
TOM. II. 



daient? 

50961 Li rois de la tiere as Bias, priced eminent 
Jean Vatace a 6l6 nomine ainsi , mais il ne battit 
pas les Tartares. 

50965 Lidusdt Baiwiere, c'et&italorsOttonU, 
Fillustre fils de Louis I 6 *. 

50970 Ahounir, d hounir, deshonorer. 

50972 Par, pour. 

86 



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682 CHRONIQUE 

Le comtc de Toulouse Le conte de S*.-Gill6 en prendre, 

et de la Marclie. >-v • ■ • - • » • 1 

Qui laitres en vint au roi rendre. 
30975 Et li quen* de la Marce ausi , 

Ki laitres en d'avoit en*i. 

Et Ricars, pour avoir *aud&* 7 

En avoit laitres aportee*, 

Par quoi li roi* Henri* pa*a , 
30980 Qui le* denier* en destasna. 
A ccu..tioncontreiem. Or oi& del grant traitour, 

p ~ r F * d * ,c ll Com il trawsoit tot entour 

Li roi*, ki dut iestre *e* frere, 

Comme de roiauine et d'emp&re , 
30985 Et se$ prousens li envoioit , 

Par quoi le roi moult dewoioit , 

Mai* il ne s'i fioit de rien; 

Quar *e* oonsau* li disoit bien. 

Cil de Lombardie entresait 
30990 Ki vier* lui s'estoient re trait, 

S'en retornerent a Melan* , 

Quar perciu* orent ses talans 

Et ses mali*e* et *e* tor* , 

Par quoi de lui *e *ont e*tor*. 
30995 Cil de Roume , ki le hairent , 

II foi* a lui *e combatirent 

Et II foi* I'orent desconfit 

Et moult grevet, j el *ai de fit. 

N'encor n'avoient apostole 
31000 Ne pape ki portast e*tole. 

II an* avoient ja cie**et 

Et *'en ierent moult apri&et. 

30075 Enprendre, entreprendw. 50085 Prouieni, preseii*. 

50976 ITovU, forme deja employee. 10994 Estor*, detache*. 

50980 Destassa , dftourMU 31001 // •«*, voy . »ur la dure* de U vaeaoce 

50981 Grami iraitour, il doit Aire question de du siege apostolique , v. 50855. 
Tempereur Frederic II. 5100* Jprieset, opprim& , a4*ables. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



683 



Encor tenoit-il sans congiet 
De Dieu em prison le clergiet. 

31005 S'iert mors l'arcevesques de Ruen, 
Ki moult i despendi del suen , 
Et des autres i ot moult mors , 
Ki n'i&rent pas de $ou amors. 
Ensi iert encor li contans 

31010 De France et de Roume k eel tans. 

Dont vint noviele mioudre d'autre , 
Tant com li jors vaut mious d'espiautre , 
Ki ne fu ne sure ne aspre , 
De la tiftre de Sur et d'Acre; 

31015 Ainc fu souhais et bons exemples. 
Quar li Ospitaus et li Temples 
Eurent tant mors de B&luins 
Qu'il n'en fu mesure ne fins : 
Li trace en fu une grant Hue ; 

31020 Qu'il eurent brisste la triue 
Par le consel Pemper&mr, 
Qui del monde et de \k entor 
Voloit iestre par force sire , 
Et par son avoir et par s'ire , 

31025 Et , par outrage et par boufoit . 
N'a clerc n'& lai ne portoit foit , 
Ainc faisoit partot les desrois. 
Dont fu cis asis des II rois , 
Cil d'Englettere et de France , 

31030 Al mi quaresme , par soufrance , 
U de la triuwe u de l'acorde , 
Quar moult ot dur£ la descorde , 



More d« l'arcbeireqne 
de Eouoa et d'autrcs 
prelats. 



AvaoUges oblenus par 
les chevalier* du 
Temple et les Hos- 
pitallers de saint Jeau 
de Jerusalem. 



Nouvelles accusations 
contre Frederic II. 



51003 Tenoit-il, Fr&eric II, toujour* ca- 
lotnnie' , mats qui nVlait pas irr£prochable. 

31011 Mwudtt d 9 autre f meilleur que d'au- 
Irea. 

51019 Espiautre , crepuscule ? 



31013 Sure, aigre , ainsi qu'on le dit encore 
en wall on. 

51028 iitf ; 8omm^? 

51029 Vers trop court , lisez : 

Cil d'Engletiere et cil de France. 



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684 



CHR0N1QUE 



L« roi de France iou- 
lient son fr^re le 
comle de Poitou . 



Soldats tournaiMens 
dans Tarmee fran- 
faise. 



Jean Des Barres. 



En rincarnalion de Deu 
Mil et II cens XLII. 

31035 Or sen va de France li rois 

Et, sans gr^vance et sans desrois , 
Jusques a l'aigue de Ta rente , 
Ki devoit et oumage et rente 
Son fr6re , conte de Poitiers , 

31040 Ki del pais iert iretiers ; 

Car de Flandres jusqu'a Bordiaus 
Est li rois souvrains damoisiaus ; 
S'est de la cont£ de Poitau , 
Dont mesire Alfons devant pau 

31045 Ot del roi, son fr6re, le don. 
Pour $ou vint li rois a bandon 
Aidier et son bourne et son frere, 
Et, quant li rois sor Tarente ere, 
Ses gens fist paser la caucie. 

31050 La fu grande la cevaucie , 
Et si ot gent a piet ass& , 
Si ot d'entais et de lasses, 
Et si furent cil de Tournai 
Li troi G, tout de fit le sai. 

31055 D'autre part erent li Englois , 
La valu petit leur genglois 
Ne leur winse, j'el sai de fit, 
Quar tout i furent desconfit, 
Et mis jusqu'as portes de Saintes, 

31060 Gracie a Dieu et a toutes saintes. 
Jehans Des Bares i fu pris , 



31057 Tarente, pour Carente, Chareote. 
31039 Son frere, a son frere. 

31043 S'est, ilest aussi roaitre 

31047 Houme, vassal. 
31049 Caucie, chaussee. 
31052 Entail, actifs (inteusi)? 
31057 Winse , guenche , finesse. 



31059 Saintes, capitale de la Saintonge. 

31060 Gracie, pour la mesure lisez grace. 

31061 Jehans Des Bares, un Jean des Barres, 
frere de Guillaume , fut noy£ en Normandie , 
Tan 1198 , dans les guerres entre les Francais et 
les Anglais. Hist, fr., XVII, 590, B. Foy. en 
outre le recit de la bataille de Bouvines. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



685 



Et d'autre part en eut le pris 
Mesire Simons de Monfort. 
Mais li rois ot mellor confort , 

31065 Quar d'Englois ot plus de LX , 
Et lendemain mon ensiantre 
Ot-il Saintes a son voloir. 
Comment k'il Ten delist doloir, 
Partis en est li rois Henris 

31070 Et Ricars , sans gu et sans ris. 
Et li rois Lo&s , com sages , 
Les poursui jusqes a Blares. 
A Bourdiaus se fist repaser, 
Pour aaissier et reposser. 

31075 Li quens de la Marce ot consel , 
S'ot de larmes ploret I sel ; 
II et sa feme et si enfant, 
Tot a pte , grant dol demenant , 
Vinrcnt au roi crier mierci , 

31080 Et li rois moult s'en avanci , 
Quar il les reciut docement. 
Si fisent omage esranraent 
Au conte son frire et a lui. 
Et li rois , pour le grant anui , 

31085 Les malades de se grant ost 

Viers Cinon retorna moult tost , 
Et si garni bien ses castiau* , 
Les plus rices et les plus biaus , 
Si com li quens li ot rendus; 

31090 De son gret iert a lui venus. 
Et s'enyoia en Aubugois 
Siergans , cevaliers et bourgois , 



Simon de Montfort. 



\jt comte de la Marche 
obtient con pardon . 



51065 Simons de Montfort, second fib de 
Simon IV, lequel devint en Angleterre comte de 
Leicester. 

51066 Mon , pour lor* ; ensiantre , Roquefort, 



renvoyant a ascientre, explique ce mot par avec 
connaissance, scienter, ne serai t-ce pas sic inter ? 

51072 Blaves, Blaie. 

51076 J sel, u o seau. 



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686 CHRONIQUE 

Quar H quens Romons de S*.-Gille , 

Ki ne croit mie en l^vangille . 
31095 Estoit rentes et li autre, 

Et aloient , lance sor fautre , 

Devant les garni sons le roi , 

Et faissoient bonte et desroi. 

En ceste ost se fist l'emper&re 
31100 Prousens au roi , com a son fr&re , 

Et li manda amour et pais 

Et soucors de guerre et de plais , 

Au conte, son fr&re , et k lui. 

Liet en furent n'i ot celui. 
31105 Li rois Henris et quens Ricars 

D'estrelins n'i&rent mie escars. 
Exploits deo«offroide Mesire Jofrois de Ranscone , 

" n?on " Fist en Tost sa partie bonne , 

Le roi Henri fist deslogier ; 
31110 N'i eant&rent mie d'Ogier 

Li Englois en bevant cierroisse ; 

Mais . tote France s'en revoisse , 

Onques ne ji , bien l'adevin , 

Ciervoisse ne passera vin , 
31115 Qu'ele n'est pas de tel con roi. 

Mesire Jofrois , au desroi , 

La tente le roi ga^gna 

N'onques a lui ne bargigna . 

Et apri& lui , j'el sai de fi , 
31120 En alerent tout desconfi. 

31093 Romons, Raymond VII. 51111 CiervoitH, bierre. G. Guiarl, La bran- 

31094 Repetition. che aux royaux lignaget , M. de M. Bucbon, 
31107 Jofrois de Ranscone, il est sou vent 1,304: 

question de Geoffroi de Rancune ou de Rancona, Angloig qai de boirre 4 ^^j 

dans le Recueil des Historiens francais , XVII, A grans hena* plains degodale... 

52,B,61,B,575, B, 479, D, 307, n, 370, B, 

• 647, B, D. 51112 Revoisse, con vainque. 

31110 Ogier, Ogier ou Oger le Danois. 51115 Adetin,}* devine , je precis. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



687 



Preudom i fu T&baus Cabos 

Par tout, et a cans et a bos, 

Et maint des autres Poitevins 

Qui les abatirent souvins. 
31125 En ceste ost, Dieux ait l'arme en garde, 

Moru mese Jernous d'Audenarde; 

Et partout faisoit boine ciere, 

Et moult estoit boins justici&re. 

Par proaice et par grant savoir, 
31130 Viunt de petit en grant avoir. 

Duel en ot li rois et besoing , 

S'en furent si ami en soing, 

Et fu bien de rois et de contes ; 

De $ou ne puet estre faus contes. 
31135 A Ehem se fist aporter, 

Pour sa tiere rcconforter. 

Quiti fu la cars et li os , 

Par vertri dire le vos os , 

Aportes fu trop ricement 
31140 Et enfouois moult noblement. 

Ses cevaus i fu tous couriers 

De ses armes, moult biel offiers, 

Et uns vailed sist sus arm&, 

De ses armes tous acesmes : 
31145 Siotclers, dames, ceyaliers, 

Tant que tous plains fu li mostiers. 
Mesire Erkenbaus de Bourbonne . 

Qui tenoit grande tiere et bonne , 

I moru, s'i ot petit m&; 



Thibaot Chabot. 



Mort d' A mould d'Au- 
denarde. Son eloge. 



Ses fun era i lie j. 



Mort d'Archambaud de 
Bourbon et des ch4- 
telains de Baumes et 
d' Arras; 21 juillet 
1242. 



31121 Tiebaus Cabot, Thibaut Chabot inter- 
vint avec Geoffroi de Rancon , a la treve conclue 
en 1306 , entre le roi Jean d'Angleterre et Phi- 
lippe-Augiute , roi de France* 

51136 Vert trop long : 

Mom mm (mtiir*?) Brsonl d'Audemrde. 



31155 Ehem, Eenaem ou Eynham , a une lieue 
et demie d'Audenarde. 

31138 0*,oae. 

31142 filers, representee*. 

31147 Erkenbaus de Bourbonne, A r chain- 
baud IX fut tue a la bataille de Taillebonrg ou 
lelendemain. 



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688 CHRONIQUE 

31150 Et li castelains de Biaum& 
Et puis li castelains d'Arras , 
Dont il ne fu ne gus ne gas , 
Et maint autre de mort non d'armes, 
Li verais Dieux en ait les armes ! 

31155 Li rois les i ot fait venir, 

Pour crestient^ soustenir. 

Divisions parnii les croi- Dont revint noviele et exemples 

.ftd.uTwsri.ie. Que H 08pilau8 et u Temples, 

Li saudoier et li baron 
31160 De toute la tiere environ 

Avoient entr'aus fait I roi 

Pour loutrage et pour le desroi 

Que l'emperire en estoit sire , 

Ki sor aus ot mostr^e s'ire , 
31165 Et moult l'avoient trouv^ sur; 

Mais tout cil d'Acre et cil de Sur 

Ne le yoloient plus souffrir 

Ne mais nule amendance offrir, 

Car ses fius en devoit rois estre 
31170 Et sires et drois oirs et mestre. 

Et li fius a lemper^our 

Qu'il ot emprison par fr&mr, 

Estoit mors en cele prisson , 

Dont mains l'emper£or prise-on : 
31175 Et li autres fius ert sen&. 

Si fu recius et assents , 

Et l'emper^res mandet ot 

Qu'a Ais venroit, com bien le sot, 

A la Pentecouste, sans faille. 
31180 Si quist-on et viande et paille. 

31165 Sur, aigre. deric II et cTYolande de Brienne, fut couronne" 

51171 Li fius, Henri. roi des Romains, an moisde Janvier 1237. 

31174 Mains, mows. 51180 Vera de remplissage, amene* par le 

31175 Li autres fius, Conrad , fils de Fre- besoin de trouver la rime sans la cbercher. 



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DE PHILIPPE MODSKES. 



689 



De viers Grisse revint noviele 
Ass& p^ri House et non biele , 
Que mors estoit li emperere 
Bauduins, ki fu Robiert frere, 

31185 Lempereour mort devant lui. 
S'en ot sa feme grant anui , 
Qui fille fu au roi Jehan, 
Qui pour Dieu ot painne et ahan. 
I fil avoient moult petit. 

31190 Or fu mestiers c'on li ait. 
Jofrois , ki la seror avoit 
Lempereour, ki mors estoit, 
Grant gent i mena de mains lius . 
Quar il en vot iestre baillius ; 

31195 Et, pour sa feme et pour Tenfant . 
Avoir et gent i mena tant , 
Et par galies et par nis , 
Quar larges ert, preus et sen&. 
La sentense pape Grigore 

31200 Sour Flederi duroit encore; 
Ausi faisoit la Celestin , 
Ki moru tern pre, a bon destin. 
Et S^nesbaus , li Geneyois , 
Ki eslius ert a plainne void 

31205 Et fais apostoles de Roume , 

Bons clers estoit et fius de conte. 



Le bruit se repand de 
U mort de I'empa- 
reur Baudouin. 



Geoffroi de Villehar- 
douin s'apprcte a 
prendre la regence. 



Innocent IV , 
1243. 



pape, 



31181 Grisse, Grece. Du Cange el M. Buchon: 
Gresse. Ici reprend leur dernier eitrait. 

31183 Mors estoit, Du Cange, Hist, de Con- 
stantinople, 1 , 285. 

31189 I fil, Philippe, mort Fan 1274, avec 
le vain litre d'empereur de Constantinople. 

31191 Jofrois, Geoffroi II de Villehardouin , 
prince d' Achate ; seror, Eleonore de Courtenai, 
fille de Pierre et d'Yolande , soaur des empereurs 
Baudouin et Henri. 

To*. II. 



31194 Baillius, voy. le Glossaire. 
31198 Quar.... Fin des extraits de Du Cange 
et de M. Buchon. 

31201 La Celestin, la sentence du pape Ce- 
lestin. 

31202 Tempre, premalurement. 

3 1 203 Senesbaus, Sinibalde de Fiesque , noble 
genois, profesaeur en droit, a Bologne, puis 
cardinal du litre de S l . -Laurent, enfin pape sous 
le nom d'Innocent IV. 

87 



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690 CHROMQUE 

Estoit apiells Innocenses 
Li quars des autres; k& sentences 
ses demei^s avec rem- Avoit l'emper&)ur doubles , 

percur. r 

31210 Ki painnes en avoit combines, 

Namender n'el pot a nul fiier, 

S'en avoit grant ire k son cuer. 
Cis apostoles Innocenses 

N'ot encor gaires de licenses 
31215 De Roume dont il estoit sire, 

Ainc en avoit au cuer grant ire 

Qu'entrer ne issir n'en pot nus , 

Ne rices om ne povres nus. 

Et si eut jors de pais asis , 
31220 Jou ne sai I1II ou V ou VI. 

Et si fu en France nonciet 

Et de maint frire praieciet, 

Et prioit-on en mainte guise 

Que Dieux soucourast sainte glise., 
31225 Ki moult estoit en grant balance , 

Qu'autre escu n'orent n autre lance. 

Li rois Lo&s maintenoit 

Sa tiere, et em pais se tenoit. 
Nai T<^te d d U A a r^*, du Mesire Robiers , quens d'Artois , 

31230 Qui moult ert vallans et cortois , 

Ot adonques I noviel fil 

De sa feme, qu'il ot gentil. 

Li rois , ses fibres , le leva 

De fons et son non li dona. 
31235 Li dus de Louveng, quant le sot, 

Pour sa fille grant joie en ot, 

Et puis fist fieste et d'un et d'el. 

31207 Innocenses, Innocent. environ sept moi* apres le deces de ton pere , et 

51 SI 4 Licenses, pouvoir. le seal que nomme YArt de verifier Us dates. 
51225 Balanee, danger. 51256 Pour sa fille, Malhilde, fille ainee de 

51251 / noviel fil, Robert II, qui naquit Henri II , due de Brabant. 



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DE PHILIPPE MOUSKES. 



691 



Adont apri&, devant No8l, 
Revint de sa tiere en 8a roie 

31240 Li quens Tumas, toute sa voie, 
En Flandres dont il estoit quens , 
Quar il avoit entre leg suens 
Ass& plus dun an demor^. 
N'i fist pas soupes en mor£, 

31245 Mais , par cr&nance et par bestenc , 
I fist former Castiel-Flamenc : 
Pour Flandres Flamenc lapiela. 
Tous les deniers ot port^s la 
Qu'il ot pris en Flandres k tence. 

31250 Et la contesse de Prouvence, 
Sa serour, fist venir en France 
Pour y&)ir la roine france, 
Sa fille, qui moult estoit biele. 
S'eut une fille jouvenciele. 

31255 Bien fu venue et hautement; 
Je ne sai com plus ricement 
P&iist-on dame receyoir, 
Ne pour biaut^ ne pour avoir, 
Ne pour nule autre signorie. 

31260 As dames, as bacelerie 
Et k sa fille mesmement 
Et au roi sour tous li&nent , 
Li rois le viout et tot le yoelent , 
Si font fieste et plus k'il ne suelent. 

31265 A son plaissir i soujourna, 
I jour apri& quant ajorna , 
Yiers Engletiere en est al&. 



Retour de Thomas de 
Savoie en Flandre. 



Castel-Flamand. 



La comtesse de Pro- 
vence rient en France 
voir sa 6lle. 



Elle ra de la en Angle- 
terre. 



51239 /tote, raie , ligne, sillon, chemin..... marine, en 1220, a Raymond-Be>enger IV, 

51240 Pote, route, voyage. com te de Provence. 

51244 More, boisson compotee de miel et 31253 Sa fille, Marguerite, femme de saint 

d'eau. Louis. 

51230 La contesse de Prouvence, Beatrix, 31264 Suelent, latin solent. 



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692 CHRONIQUE DE PHILIPPE MOUSKES. 

Quant ele eut tans , s'a mer pasee, 
Pour 8 autre fille la roine 

31270 D'Engletiere , et pour sa couvine 
V&>ir et savoir a ses ious. 
A l'ariver not mie dious 
Ne cris \ev£s , mais joie tant 
Que nus poroit dire en can tant. 

31275 A eel tempore, parsouffrance, 
Le comte do la Marckc Vint li quens de la Marce en France 

vient egalement k la * 

cour de saint Loui$. Et mains des Poiteyins o lui. 

Li rois manda n'i ot celui , 
(km fu tout droit devant Noel , 
31280 Parlet i eut et dun et d'el. 
Dures conditions qui En la fin com manda li rois, 

lui sont imposecs. . 

Pour l outrage et pour ses desrois , 
Que tous ses castiaus abatist 
Li quens , que plus n'i atendist , 
31285 U li rois les feroit trestos 

Abatre et s'en rendroit les cos. 

51269 S'autre fille, 6l eon ore. 31271 A ses ious, de ses yetix. 

51270 Cownne, situation. 51286 Let cot ou pent-etre Vescos. 



riN DE LA CHRONIQUE K&TRIQUE DE PHILIPPE MOUSKBS. 



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APPENDICES. 



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APPENDICES. 



GODEFROID DE BOUILLON ET LES CROISADES. 



EXTRAIT8 DU ROMAN DU CHEVALIER AU CYGNE ET DE 
GODEFROID DE BOUILLON. 



Cornumarant , fiU de Cordabas , fr&re de Luoabielet rot de Jerusalem, vient a S^Ttond, sous le 
dtyuisement d'un pelerin et accompagnb d'une seule personne. 



Ly rois Cornumarans s*en vint a Sainteron. 
Ly boins abds Gerars et de moines foison 
Estoit devant le porte en consolasion , 



Fol. 49, verso. 

Gerard , abbe de S«- 
Trond. 



1 Cornumarans. A Fe*poque det croitadet, Jerusa- 
lem ^tait sous la domination det Turct depait la con- 
quete qu'en atait faite tor le oalife d'&gypte , le 
Yitir du tulian Halek-Schah , fiU et tuccetteur 
d'Alp-Artlao, de la race det Seldgio'noidet. Gette 



ville fui prite pendant le califat de Mottadher-Billah. 
SainieroH. Let PP. Hartene et Durand ont intere* 
dans leur Spicilegium, 1723, in-fol. t. II, pp. 659-708, 
la ohronique de St-Trond de 1'abbe* Rodulphe , de 
laquelle on pourrait donner une nonvelle Edition 



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696 



APPENDICES. 



En ung tres biel praiel ou d'arbres ot foison. 
8 La furent de le ville venut li compaignon 

Esbattre a pluisieurs jeus sans nesune tenson ; 
Ly uns de la balestre , li autres d'un boujon , 
As boules et a tables , de maint jeu de baron. 

Ly bons abes Ge>ars laissa les jeux ester, 
10 Enviers les pelerins commencha a aler 

Et dist a l'aprochier : « Dieux vo voelle garder, 

Ces gentils pelerins que je voi la ester. 

Seigneur, bien vegnies-vous, se Dieus me puist sauver; 

Vous ne poves huy mais l'abie trespasser, 
15 De mon vin vous donray a boire dou plus cler. 

Car je volray a vous nouvelles demander. 

Que fait Cornumarans ? ne le voeilids celer. » 

Et dist li latiniers : tc Ne le devons fausser. 

Dedens Jherusalem le laissay , au scvrer , 
20 Ne fasoit se bien non ly pay ens d'outremer. >» 

— « Rien me plaist , dist li abbes , Dieux le voelle garder ! 

Jadis me Gst grand bien, je le doy bien amer.... » 

Vabbe Gerard conduit Cornutnarant a Bouillon, ott le due Godefroid tenait une cour spleti- 
dide. En approchant de Bouillon, Cornutnarant roit une magnifique chevaucie, ce qui donne 
au trouvere Voccasion de faire un recensement a la maniere d'Hom&re et de Virgile. 
D'abord parait la suite de Godefroid, mais sans ce prince que Cornumarant br&le de voir; 
puis vient VMque de Liige. 

Ly vesques y estoit qui Liege dut garder. 



plat complete d'apres les manuscrits de H. De Earn et 
de la bibliotheque de l'uniYcrsite de Lie*ge. L'abbe* de 
ce monastere, a Fe'poque de la croisade , ne a'appelait 
pas Ge*rard,maisThe"odoricouThierri; Spicileg.,1.1., 
p. 675; liste des abbe's de S'-Trond, d'apres l'histoire 
manuscrite de Jean Latomus , Bulletin de la socUU de 
VHistoire de France , t. II, p. 632. Hais en 1145 on 
Toit parmiles abb<Ss Ge*rard, flls da comte Gislebert 
qui deineurait a Cluny. C'est peut-etre lui que le 
romanciera eu en tue, par consequent bon ouvrage se- 
rait postdrieur au milieu du douiieme siecle. Nous lo 
croyonsnous, dutreisieme. 

4 Praiel , pre* , d'ou pre" au. 

6 Nisune , aucune. Les Italiens disent encore 



nessvno ; les Espagnols ; Ninguno. On trouve aussi 
dcrit n4s un : 

Laiens enlra sans nes un contrcdit. 

A JubinAL, Le fablel dou Die* d' amour, 
1834, in-8°,p. 16. 

7 Balestre , maniere d'dcrire plus pres de' Te*ty- 
mologie balista qu' a rbalSte. — Boujon , grosse fleche. 
— Ces divertissemens sont tout-a-fait dans les raoDurs 
beiges. 

11^ Paprochier, en approchant. 

18 Latiniers, trucheman. 

19 Au sevrer, au moment ouje m'en separai. 

20 Fasoit, faisait. Se bien non , pas aussi bien. 



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APPENDICES. 697 

II a dit a l'abet : « Or puis bien esperer 
25 Que vechy Godefroid qui me doit con quest er. Virile de jjeg«. 

— « Non est , ce dist li abbes , foy que doy Saint-Omer , 

C'est ses priestres qui doit par devant ly canter , 

Et s'est li aumoinners pour les biens aumosner. » 

Et dist Cornumarans : « Miervelles os couter, 
30 Puet li priestres d'un due si fait estat meuer. 

Vechy grande miervelle et qui fait a loer. >» 

Atant evous l'evesque qui ne vot arriester, 

Et ly abbes Gerars Test ales encliner 

Et les autres prelas c'on avoit fait parer. 
35 Et quant Cornumarans les prit a remirer, 

A dont li commenca tous li sans a muer. 

« Aby , dus Godefrois , que tu fais a douter , 

Quant uns priestres qui n'est que pour toy honnourer, 

Maine sy faitte gent et les puet gouverner. 
40 Ly califfes qui est de Baudas outre mer 

IS'a mie tel conroy quand il s'en va juer. » 



Atant evous Robiert de F land res le pays fol. S4. 

A bien VI flamens viestus de dras partis , 

D'un gaune et d'un royet a miervelles jolis. 

« 
Cornumarant prmd encore Robert pour le due Godefroid et Men est de mSme de tous lee autres : 
mats a cheque fois on lui rkpond que ce ne sont que des vassaux du due , moyen adroit 
de donner une haute idke du personnage principal. Dans les Nibeluhgih, Sigfrid se rend a la 
cour de Worms suivi de douse chevaliers. Hag en de Troneck, qui neVavait jamais vu, le re- 
connattd sa haute stature, a son port majestueux, au feu de ses regards ainsi qu'a la richesse 
de ses vHemens. On se rappellera fyalementun passage du moine de S'-Gall, cM dans V Intro- 
duction de ce volume. Vauteur du Chevalier au Cygre soutient heureusement la comparaison. 

45 Ly rois Cornumarans ot le cire marie fol. 64, verso. 

Voit venir noblement ung aultre compaignie. 

Cil estoient Frison , une gent bien hardie ; Fnsons et Holland*!!. 

Et Hollandois i ot en ycelle establie , 
Grande gens et poissans , de jouvente furnie. 



20 Li abbts ,comme plat haut pour rabbis. 42 Evous, esvous t voioi. 

28 Enelinsr , taluer. 44 Gaune, jaune, royet, rouge. 

40 Baudas , Bagdad. 45 Ot, avec , cire , pour oUre, visage, mine. 

Tom. II. 88 



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698 



APPENDICES. 



Les eomtes de S«inl-Pol 
et de Ntmur. 



Fol. 67, verso. 



50 Une aultre compaignie vit roys Gornumarans; 

C'ett li quens de Saint-Pol o son fil Engerans. 

Ly contes de Namuer y aloit chevauchant , 

Haynuier i estoient et pluiseur Aiemant. 

Contre Fun I'autre vont de lanche behourdant , 
85 L'un Fautre des cheraus vont a tierre abatant. 

Ou Gastel a Bullion entra la compaignie. 
En une salle avoit mainte table drecie 
Pour digner lea barons la ou li dus se fie ; 
La table Godefroid et toit plus haut drecie 
60 Que lea aultre n'estoient , et si trea bien garnie 
D'une riche nef d'or qui luisoyt et reflambie. 



Enfin Cornumarant est assis a la table de Godefroid. 



Fol. 69, recto. 



Moult fu noble la court (de) Godefroid de Buillon. 
Moult furent bien siervit (tout) li noble baron. 
De gantes et de grues , de maint riche capon , 
65 De tous mes gracieux asses aportoit-on. 



L'ahU de S'-Trtmd expose le motif du voyage de Cornumarant. Dans une assemble des 
rois et princes patens d Jerusalem en Fhouneur de Mahomet, la reins Calabre d'Olifierue, 
qui lisait dans Vavenir, avait predit que Godefroid, comme descendant du chevalier au 
Cygne, devait porter la couronne de Jerusalem (*). Or Cornumarant avait passS la mer pour 
voir si en effet la puissance de Godefroid rtpondait a cette prediction* Co prince retoume dans 
ses Hats aveo un sauf-conduit et Von prtehe partout la croisade. 



Fol. 74, recto. 



Ghe fu en Fan de grasce dc Dieu le fil Marie 



69 Plus hautdricie, ce tempt que Ton croit de*- 
peindre d'un seul trait en disant que c'eHait un Age 
naif, tftatt difficile tur 1'eHiquette et en oonnaissait 
toutes les subtilit&. 

61 Nef , ou se mettaient les epices dont on se ser- 
vait a table. Voy. Essai sur la statietique ancienne de 
la Belgique, 2« part., p. 130 : ce vers et trop long; Uses : 

Qui luit et reflambie. 
ou 

Qvi luisoyt tt Oambie. 



04 Gantes , oies, flam, gans , gancen Lcsoies de 
Yiset, dans le pays deLie*ge, sont encore connuesdes 
gastronomes. 

(*) Pierre a Thymo, transcrit, p. 704 : Sarra- 

cenorum astrologi Jherusalem civitatem sane- 

tarn tunc cito a Christianis capiendam prcedixerunt. 
Les rabbins preHendent , de leurcdte* , avoir eu l'hon- 
neur de lire dans l'a? enir les viotoires de Godefroid 
de Bouillon. L'auteur du SciaUceletk ffmkkaUala 
n'affirme-t-il pas que Salomon Jerohi avait predit a 



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APPENDICES. 



699 



M an* et iiij** et XV, sans falie, 

Que roys Cornumarans a fait le departie. 

II y avait ung homme ou regne d'outre mer, 
70 Preudons de bonne vie qui voloit Dieu amer. 
De maint pelerinage vot le sien corp pener. 
Cieus sains horns , biau seigneur, dont vous m'oe* center, 
Pieres l'iermite ot non , bien le puis afremer. 

Dans Pires ly hiermites sur son asne monta , 
75 Le pays de Surie tantos achemina , 

Le langage savoit de ck mer et dela. 

Au bras saint Jorge vint , tout oultre le passa , 

Dam Pires ly hiermites tellement s'esplola 

Que droit & Romme vint ou le pappe trouva 
80 Qui bien le reconnut , v£ut Tot de pick ; 

Ly hiermites Piron devant li s'ariesta , 

II se mist & genous et sy le salua. 

Quant ly pappes oy l'iermite dam Pteron 
Et i'estat qu'il li dist dou temple Salemon, 
85 Au cuer en ot pitet et grant confusion. 

Ly papes fist mander en France le royon 
Que tout cil qui volroient avoir devotion 
Pour aler oultre mer sans nule ariestison , 
De son riche tresor leur volroit faire don , 

90 Adont s'est mut ung ost ou de gens ot foison. 
Avoec Pieron Tiermite alerent maint baron. 
Bauduins de Biauvais y fu, bien le set-on , 
Et ses freres Jernoulx , ung chevalier de non , 
Et Ricars de Caumont , qui cuer ot de lion , 

95 Et de Bourges Harpin , qui , par devotion 



Fol. 82, recto. 
Pierre l'Ermite. 

Fol. 82, verso. 



Fol. S3, recto. 



Baudonin et Arnould 
de Beaurais , Richard 
de Caumont et Har- 
pin de Bourgef . 



Godefroid, partant pour la conquete de la Terre- 
Sainte, qu'il la reprendrait sur lea Musulmans, qu'il y 
regnerait troit jours et qu'il retiendrait incontinent 
dantta patrie atec un chetal et trois hommes ? Mal- 
heureusement pour la narration, Godefroid de Bouil- 
lon e*tait mort plusieurs annexes avant la naissance 
de Jarchi* D'ailleurs lea faits ne se passerent pat 
mime oomme on a suppose' que le rabbin let avait 



prlditt. Uist. Hit. de la France, XVI , 360. 
66 Falie , erreur, fallere. 
73 Afremer, affirmer. 
80 De pica, de pikca , il y ay ait long-tempt. 

94 Ricars de Caumont, il en est faittres-soutent 
mention dans le reste du poeme. 

95 Etde Bourges Harpin,*. Meyer, Ann. Flemd., 
fol. 33, le nomine Arpinue Bituri*. 



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700 APPENDICES. 

Vendy son hyretage au bon roy Phelippon 
Pour aler oultre mer sur la gieste Mahom. 

La vilk de Jerusalem est prise. 

Pol. 806. A la porte qui est de Bethleem nominee 

Furent ly XXX engien levet en le valee 

100 Et furent tout gietant devant prime sonnee. 
Moult furent esbahy celle gent deflate. 
Ly uns a r autre dist : u Vecy gent foursenee , 
Toute nuit ont ouvre* jusques a la journee. 
Ains ne fu cette gent veue n'esgardee. 

105 Qui les a conseillies il ait male duree. 

Moult ont par boin conseil bien leur cevre ordenee. » 
Enssy passa ly jours , s'est no gens reposee , 
Etlendemain matin, c'est vdrite prouyde, 
I ot contre val Tost mainte trompe sonnee , 

110 Et trompettes d'arain qui Tost (1') ont esievee , 
De naquaires y ot faite mainte alevee , 
Et de mainte buisine y fu Ik d6men£e. 
Escuyer vont criant tout hault a le volee : 
« A l'assaut , a l'assaut ! francque gent honnouree. » 

115 Ahy ! Jherusalem , boine cite loee , 

Com tu ies environ de rices murs frumee , 

Comment poras-tu iestre prise ne conquestee ? 

Au jour d'uy y ara mainte tieste espautree, 

Maint puing , maint bras brisiet , mainte gambe quassee , 

120 Or est a ce matin , a boine destinee , 

Mains chevaliers tous vis et en force doutee , 
Qui gira sur les camps tous mors ains la viespree. 
Mainte dame sera a nuit veive appiellee , 
Mainte terre sera de seigneur esgaree. 

fol. sio. 125 Oncques si loyaument ne fu ville assaillie 

Ne ne sera jamais en n&une partie. 
Ly uns y crie Flandres, ly autres Normandie, 
Et ly aultres Haynau et ly quars Picardie , 
Et Liige et Namurois, sy crie-on Lombardie, 
ISO Toscane et Stsillois, Bouloigne et Rommenie , 

97 Gieste , race , nation. batterie ? 

110 Eslev4e,6i9i\\6e, appelee. 118 Espautrie, couple, meurtrie, eoratee. 

111 Naquaires, tambours ou timbalet , alevie, 130 Sisillois, Sicile. 



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APPENDICES. 



701 



Monjoie P-Denis, Bertaigne le Garnie, 
Et Bullion et Bokays et Biauvais le Jolie. 

La ot ung chevalier hardit et combatant , 
Thumas de Marie ot(a)non , on le treve lisant ; 

135 Cieusya Jherusalem tellement assalant 

Con ne vit oncques mais chevalier faire tant 
D'armes qu'il fist ce jour, par le mien ensciant x 
Qu'il se fist ravaler X fois en ung tenant , 
C'oncques ne resorty pour nul homme vivant, 

140 Ausy com Godefroid viers le ciel regarda , 
Vit un chisne volant , ensy qu'il ly sembla , 
Sur le cief Godefroy par iiij fois vola , 
Et quant il ot vole , ung petit s'esleva. 
Deviers Jerusalem chus chisnes s'en ala 

145 Et vint sur une tour et iluec s'ariesta, 
Et se fii une tour par ou depuis entra 
Godefroy de Bullion en le cite de la. 

La vient Hues li maines que ly roys engenra 
Et Robiers ly Normans ou boin chevaliers a 

150 Et ly contes de Flandres qui les Flamens mena, 
Et Robiers ly Frisons point ne s'y oublia, 
Ly contes de Saint-Pol ne faly mie la , 
Et Engherans , ses fieus , qui maint mal endura , 
Li contes de Toulouse qui noblement regna , 

155 Estidvenes d'Aubemarle qui sagement parla , 
Et Robiert de Namur qui l'assaut commencha 
Bauduins Cauderon qui bien les escouta, 
Et ly rois des Ribaus qui entr'iaus se bouta. 

S'estoit la tour David noblement bretesquie, 
160 Bien pourveue fu de boine artiilerie, 
Mais de vitalle fu petitement garnie , 
Et ly dus Godefroy a le ciere hardie 
Estoit de\6s Robiert , le due de Normandie , 
Et le contes de Flandres ou tant ot courtoisie , 
165 Ly bers Hues ly maine" qui les francois mestrie, 



Fol. 312, verso. 
Thomas d« Marie. 



Fol. 314 , recto. 

Un cygne apparaic a 
Godefroid. 



Fol. 314, verso. 
Hugues de France, le 
comte de Flandre, 
Robert le Frison , le 
comte de S*-Pol et 
sou fits , le comte de 
Toulouse , ]£lienne 
<T Albemarle, Robert 
de Namur , Bau- 
douin Cauderon. 



Le roi des Ribaudi. 



Fol. 317, recto. 



131 £*r/aty**,Bretagiie. 

188 Rohcys, Rojct? 

1S8 Ravaler, detcendre; tenant, potte ? 



141 Un chisne, ce cygne rattache , quoique d'une 
maniere e'loigne'e, let eXiiement de la croitade a 
ceux de la premiere partie. 



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702 



APPENDICES. 



Bohemond el Taucre- 
de. 

Baoul , comte dc Per- 
che, Raimbaud Cre- 
tan, Raimond, comte 
do S'-Gilles , Helie, 
comte dc Toulouse, 
Rogier du Rosoy. 



Fol. 317, verso. 

Execs des cliretiens 

dans Jerusalem. 



Ly contes de Saint-Pol et son fil ciere lie , 
Buinemont et Tangre* qui sont d'une lignie, 
Li quens Raoul du Pierche, ychus ne faly mie , 
S'y fu Rainbaus Crdtons que Jhesus ben&e , 
170 Et Raimons de Saint-Gille ou ains n'ot couardie, 
Ly contes de Toulouse c'on appielloit Helie , 
Et Rogier du Rosoy qui du talon clopie. 

Dedens Jherusalem , la cite* souffissant , 
Entrerent ly Ribaut, qui moult furent joiant , 

175 As Sarrazin se vont flerement demenant ; 
II vont par les maisons isnielement courant , 
II n'y ont deporte* ne femme ne enfant. 
Les petis enfancons vont huers des biers tirant 
Et encontre les murs les vont si fort gtetant 

180 Que des tiestes en vont les ciervelles filant. 



Fot. 318, recto. 



Prise est Jherusalem la cite honnour^e... 



169 Rainbaus Criton, nous ne yoyons put dans lei 
historiens d'autret personnagea du nom dc Raimbaud 
que Raimbaud d'Orange M. W ilk on cite avec lui 
Conon et Lambert de Montaigu, Boudouin du Bourg, 



Gerard de Roussillon, Robert de Normandie, le comte 
de Flandre , etc. Gsschichie der Kreussuege, I, 230. 

177 Deporti, e'pargne*. 

178 Zluers, bora; biers, berceaux. 



II semble que tout soit terming , mais on n'est qu'au feuillet 818 et il y en a 528 ! 
Quelques feuilles manuscrites de la main meme d'Aubert Le Mire et que nous conservons 
dans notre cabinet , contiennent ce qui suit : 

Belgm in belli* sacris clari prater enumerates *. 



Adelbero, Conradi comitis Luxemburgensis 

filius, 1096. 
Albertus, Albert i III comitis Namurcensis filius. 
Anselmus de Ribodimonte, fundator Aqui- 

cincti, 1096. 
Arnulfus, dominus de Ardres, 1096. 
Balduinus , comes Hainaucorum (sic enim le- 

gendum est apud Tyrium) hoc est comes 

Hannoniae. 



Balduinus de Gandavo, dominus Alosti et 

Wasiae, 1096. 
Balduinus, dominus de Ardres, Arnulfi II 

Glius, 1146. 
Balduinus , dominus de Hennin - Lietard , 

1259. 
Balduinus de Insula. 

Balduinus de Tauns (?), castello Flandriae. 
Balduinus de comitatu Godefridi Bullonii , 



1 La liste de J. Meyer est beaucoup plus longue , Annal. Fland , fol. 31 v° et 32. Aubert le Mire en dottne 
lui-memeune. Chronicon Belgicum, 1636, in-fol., p. 300, 301. Cf. I'extrait d'a Thymo. 



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APPENDICES. 



703 



post archiepiscopus Caesareae. 
Bernardus de Wistrach , Frisius. 
Bierftitani in obsidione urbis Constantinopo- 

litanae. 
Cono, Roberti Betunii domini filius, 1204 in 
expeditione Constantinopolitana. 
Cono seu Cuno , comes Montis - Acuti cum 

duobus filiis Lamberto et Goielone. 
Engelbertus de Tornaco frater Ludolfi. 
Fredericu* Alberti III, comitis Namurcenais 

nepos , archiepiscopus Tyri. 
Gaufredus de S. Audomaro Artesius. 
Guermondus de Picquigny , patriarcba Aero- 
sol. , 1096. 
Henricu* V, dux Limburgi, 1227. 
Hugo de Oisy, castellanut Cameracenais , fun- 

dator Cantiprati. 
Ingelramus, comes S.-Pauli , filius Hugonis, 

1006. 



Ingelratnus, dominus de Frezins. 
Ludovicus, comes de Chiny , Alberti filius, 

obiit 1191. 
Manasses de Hierges , constabularius regni 

Jerosol. 
Odo, dux Burgundiae, nindatorCistercii, obiit 

1102. 
Otho II, comes Gelriae , Henrici filius, 1 190. 
Rainaldus, comes Burgundiae , obiit in Syria , 

1100. 
Eomelinus de Crequy , fundator Rinovillae in 

Artesia. 
Rudolfus de Alosto seu Gandavo, 1096. 
Stephanus, comes Burg*, Reinaldi frater, 

1101. 
Theobaldus, Barri et Luxemburgi comes. 
Theodoricus, comes Olivia? , 1 188. 
Theodoricus , comes Hollandiae , obiit 1190, 

Antiochiae. 



EXTRAITS DE LA CHROMQUB Ilf^DITE DE PIERRE A THYMO OU 
VANDER HEYDEN 1 . 



PARS III, TITULUS VI. 

Capitvlov sbcuhdcv. — De Godefrido de Buliione, duce Lotharingiat et de genealogia ipsius. 

Godefridus Gibbosus , dux Lotharingiae a quodam Ghiselberto , siccario , per secreta naturae 
letbaliter sauciatus, exspiravit, anno Domini millesimo septuagesimo sexto. Post cujus mor- 
tem imperator ducatum Lotharingiae Godefrido de Buliione , nepoti ex sorore Godefridi pe- 
rempti , donavit. Sane Machtildis , filia Henrici senioris comitis Bruxellensis , nupsit Balduino 
comiti Lovaniensi , cui peperit (Uium nomine Eustacium. 

1 Sur cet auteur toir rintrodaction da premier volume , peg. yi et ccclxxvi. 



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704 APPENDICES. 

Hie Eustacius, comes Boloniensis, fitius Machtildis, sanctam Ydam, filiara Godefridi re- 
bellis et sororem Godefridi Gibbosi , ducem Lotharingiae duxit uxorem. Ex qua genuit tres 
filios, scilicet Eustacium, postea comitem Boloniensem , Godefridum de Bullione, et Bal- 
duinum fratrem ipsorum. Ex altera autem parte Lambertus secundus , qui cognominabatur 
Baldricus , comes Bruxellensis , fuit frater praedicti Henrici senioris , et duxit uxorem nomine 
Odam , filiam Gocelonis et sororem Godefridi rebellis , ducum Lotharingiae. Ex qua genuit 
Heinricum secundum, comitem Lovaniensem, patrem Heinrici tertii et Godefridi-cum-Barba. 
Patet itaque primo quod Heinricus senior et Baldricus , comes Bruxellensis , erant fratres et 
quod Heinricus fuit proavus Godefridi de Bullione et Baldricus fuit avus Heinrici tertii , co- 
mitis Lovaniensis et Godefridi-cum-Barba, suifratris. Et ita Godefridus de Bullione et Heinricus 
tertius , comes Lovaniensis, atque Godefridus , frater illius , attinebant ex eo capite sibi invicem 
in quarto gradu inaequali consanguinitatis. Secundo patet quod Godefridus rebellis, dux 
Lotharingiae , avus Godefridi de Bullione , et Oda , uxor Baldrici comitis Bruxellensis , avia 
Heinrici tertii, comitis Lovaniensis, fuerunt frater et soror. Et sic ex eo capite Godefridus de 
Bullione et Henricus tertius , comes Lovaniensis , ac Godefridus-cum-Barba , frater ejus , erant 
conjuncti sibi mutuo , in tertio gradu aequali consanguinitatis. Godefridus de Bullione fuit 
enutritus in quadam villa, nomine Bassin 1 , in confinio Genapiae, castelli ducis Brabantiae. 
Qui cum adolescentior fieret , avunculo suo Godefrido Gibboso , Lotharingiae duci , adhaesit. 
Sub quo , in armorum ac militaris excercitii disciplina studiose proficiens , in clarissimum 
virum evasit, sic quod ob suae merita probitatis praefatus suus avunculus castrum de Bul- 
lione cum omnibus suis pertinentiis primo , et deinde opidum Antwerpiense , cum ipse id 
obtinuisset , eidem Godefrido suo nepoti donavit. Fuit ergo hie Godefridus , antequam du- 
catus Lotharingiae sibi daretur, dominus de Bullione et de Antwerpia , sed caetera loca quae ad 
marchionatum Imperii pertinere noscuntur, comites Lovanienses tenuerunt. 

PARS III, TITULUS VII. 

Capitclcm secundum . — De institutions profectionis in Jherusalem. 

Sarracenorum astrologi ante haec tempora Jherusalem civitatem sanctam tunc cito a Chris- 
tianis capiendam praedixerunt 2 , prout Robertas Friso, comes Flandriae, aliique principes 

1 Basin ,Baisy. Paquot, Mim, litt, in-fol., Ill, I, fait naftre Godefroid dans ce lieu. D'autres veulent qu'il 
•oit ne au chateau du Wast, dans le Boulonais; d'autres encore au chateau de Long-Villiers; Malbrancq 
pre*fere S l -Omer. Mais M. P. Bedouin est venu Ibranler ces diffe*rentes opinions, enapportant des raisons 
spdeieuses en faveur de Boulogne-sur-Mer. 

Voy. Magnum Belg, Chron. public par Pistorius, p. 132; J.-B. Detaddere, Traite'def origins des dues et 
du duchS de Brabant, e*d. de Paquot , I, 304; Yillenfagne, Recherche* sur I'ffistoire de I'ancienne principautt 
de Ltige, II, 549 ; P. Hedouin , Dissertation sur le lieu de naissance de Godefroid de Bouillon, lue a la fiance 
publique de la socilte* de Boulogne-sur-Mer, le 19 septembre 1832, p. 171—180 des Memoires de cette 
socieHe\ 

3 Voy. plus haut Textrait du roman du Chevalier au Cygne , p. 698. 



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APPENDICES. 705 

Christiani se id ibi audisse, cum inde redirect , testati sunt; at dum indignari et irasci jam 
Christus inciperet, haereditatem propriam tarn diu suis et nostris ab hostibus conculcari, non 
alicui regum christian or urn pingues somnos in pi u mis purpuraque captantium, non ro- 
mano pontifici Urbano, gravi licet ornato viro *, occupato tamen, sed Petro Eremitae 2 , qui Petrus Eremita. 
olim in territorio Ambianensi solitariam vitara duxit , viro inopi , otioso et humiliore graba- 
culo quiescenti , quid fieri vellet aperuit , primo quidem inspirans ut transmarinae peregrina- 
tion i se festinus accingeret, praesenti miseriarum spectaculo , pio promptior negotio futurus. 
Deinde, dum quo jussus fuerat pervenisset , etSymeonis, qui tunc patriarcha Jerosolymi- 
tanus erat caeterorumque fidelium miserando servitio , et sacrorum Christi ludibrio locorum 
contusus ac gemens , et orationes vigtliasque nocturnas agens , tandem super nudum ec- 
clesiae pavimentum somno succubuisset , consopito iterum Christus apparuit, jubens ut ad 
vindictam sui nominis pastores et principes catholicos excitaret. Tantam quippe legationem 
tamque supra vires suas, quam devote susceperit, quam impigre quamque fideliter exsecutus, 
Ghristoque piis conatibus aspirante, quam votive successerit ex aliis vol u minibus, etiam in 
populis res nota est. Nam Urbanus, papa secundus, primo apud Claremontem 3 in Alvernia et 
deinde Turonis concilia celebrat, ubi crucem praedicans , pene totum Occidentem provocat in 
Terrae-Sanctae subsidium , quae a Sarracenis conculcabatur, sic quod innumerabiles una aspi- 
ratione moti ducis , comites potentes , nobiles et ignobiles , divites et pauperes , liberi et servi 
episcopi et clerici, monachi, senes, et juvenes, etiam pueri et puellae, et breviter cujusque 
ordinis aut gradus omnes , uno animo , nullum ullo angariante , undique concurrunt , ab 
Hispania et Provincia , ab Aquitania et Britannia , a Dacia et Scotia , ab Anglia et Norman- 
nia , a Francia et Lotharingia , a Burgundia et Ger mania, ab Italia et Apulia , et ab aliis regnis 
et provinciis totius Occidents, et virtute ac signo sanctae Cruris armati ultum ire parant 
injurias Dei in hostes christiani nominis. Et quanto quisque hactenus ad exercendum militiam 
saeculi erat pronior, tan to nunc ad excercendam , ultro Dei militiam fit promptior. Itaque 
hujus viae conspi ratio et conjuratio sancta, dextris datis inter potentissimos , crevit, in 
quorum affirmatioue , terrae motus raagnus factus est , nil aliud portendens quam diversorum 
regnorum iter moturas legiones. In hoc igitur Dei excercitu eminebant Godefridus de Bui- 
lione, dux Lothario giae, etEustacius atque Balduinus, fratres ejus, Robertus, comes Flandriae, Robertus, comes FUn- 
Balduinus, comes Hannoniae, Stephanus, comes Blesensis, Hugo , comes sancti Pauli, Hugo, Ba iduinu» "come* Han- 
frater regis Francorum , Robertus , comes Northmanniae, Raymundus, comes sancti j£gidii seu nomas. 

° 71 j u Hugo, comes 8. Pauli. 

1 II terait mieux de lire : Gravi licet ornatoqus viro, 

9 M. Grandgagnage comrouniqua le l er mars 1834 a Pacade*mie royale de Bruxelles (yoir les Bulletins des 
•dances du l ,r mars et du 5 avril), 1. 1, p. 120-22, one note ne*crologique con9ue en ces termes : 

Jolii viii id. — Obiit domnus Petrus pie memorie venerabilis sacerdos etheremita, qui primvs predicator 
sancte cruets meruit declarari. Hie post acquisitionem sancte terre cum reversus fuit ad natale solum, ad 
petition em quorumdam viro rum nobilium et ignobilium fundavit ecclesiam istam (de fleufmoustier pre* de 
Huy, ville appele'e Guy, dans l'Aht de ViaiFiEi les dates, ed. im-8<>) in honore sancti Sepulchri et beati 
Joannis-Baptiste. In qua idoneam elegit sibi sepulturam. 

M. Grandgagnage incline a croire que les mots natale solum signifient que Pierre I'Ermite e*tait n4 dans 
le pays de Lidge. 

3 Clermont. 

To*. II. 89 



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706 APPENDICES. 

provinciae, Boemundus, dux Apuliae, Tancredus, nepos ejus, et plures alii principes, co- 
mites , barones, nobiles et viri potentes. 

Capitulum sbptimuh. — De Godefrido de Bullions, duce Lotharingia , et deprofectione sui exercitus 

per Ungariam. 

Gloriosus Godefridus de Bullione , dux Lotharingia et dominus Antwerpis , vir nobilissi- 
mus, cujus Machtildis Bruxellensis avia , Antwerpiae , in honore beatae Mariae Virginia colle- 
gium canonicorum pro salute animae suae fundavit. Huic erat etiam castrum, Bullio nomine, 
quod ex magna devotione vendere voluit , ut cum aliis principibus cruce signatis profecturus 
in Jherusalem pretium secum ferret. Et quia fratres sui et agnati eidem peregrinationi se 
devovissent et ob hoc ab hujusmodi emptione desisterent , ipse castrum illud Oberto , episcopo 
Leodiensi , vendidit pro tribus marchis auri et pro mille trecentis marcbis argenti purissimi, 
subea conditione, ut ipse aut sui haeredes illud, infra tempusad hoc praeGnitum, pro eodem 
pretio simul solyendo redimere possent l . Et quia dux ipse infra diem redemptioni praefixum 
Jherusalem obiit , cui Balduinus frater ejus in regno illo successit , nee alter frater ipsorum 
Eustacius, comes Boloniensis, castrum illud luebat, ipsum perpetuo jure cessit ecclesiae 
Leodiensi , quae illud tenet usque in diem hodiernum. Anno itaque Domini millesimo nona- 

BaiduinusdeBmxeUa, gesimo sexto Balduinus de Bruxella, Werde, Orsmale, Reynerus de Graven et Heinricus de 

Key nenlide Graven i Asscha, qui dominum suum Godefridum-cum-Barba, comitem Lovaniensem, ante triennium* 

Heinricus de Aischa. fa bello Ungarico amiserant, in hac profectione Jherosolymitana cruce signati cum aliis multis 

clarissimis principibus, militibusque fbrtissimis, sub Godefrido de Bullione, duce Lotha- 

ringiae, medio mensis Augusti , viam recto itinere versus Jherusalem facientes , apud Tollen- 

burch 2 civitatem, in finibus Austria; , curriculo trium ebdomadarum Septembris resederunt. 

Godefridus dc Asscha. Mittens interim ad regem Ungariae Godefridum de Asscha, fratrem predicti Heinrici. militem 
prudentem , eo quod notus erat regi , pridem ad ipsum ex legatione ducis Godefridi missus 
pro liberatione Godefridi, comitis Lovaniensis , sui nepotis, qui legationem sibi injunctam hoc 
modo proposuit regi Ungarorum : « Kalamanno * Godefridus, dux Lotharingorum, et caeteri 
» comprimores Galliae salutem et omne bonum in Chris to. Mirantur domini et principes 
>» nostri , cum christian* professions sitis , cur tarn crudeli martvrio excercitum Dei viventis 

J Fog, Bulletins de la Commission royal© d'histoire , p. 188 Werner Titien , auteur dea annales de Nuys {An- 
nales WovesieuseSj publ. dans 1'A.mplissima collect**) de DD. Martene etDurand), adit qae Godefroid vendition 
eomte' de Bouillon a l'e>eque de Liege pour 1300 marcs d'argent qu'il dspensajoyeusement dans la saints 
espidition. Cette lente est rapportee a peu pres dans les memes termes dans I'Histoirs du Monasters de Saint- 
Laursnt de IMas, que contient la meme collection j excepts que cette histoire ajoute comme ici, trots marcs 
d'or aux treise esnts d'argent fin. Onpeut voir a ce sujet une dissertation de Don Calmet , dans son Histoirs ds 
Lorraine, la Bibliotheque des Croisades de M. Hicbaud, 1,331, et les Recherckes de feu le baron de Villen- 
fagoe, surl'histoire de la ci-devant principauU ds Liige, 1, 103, p. 646. 

9 Tollenburch, Tolienburg, Wilken, I, 103. 

5 Kalamannus, Kalemanus , Kalmaun ou Colo man. 



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APPENDICES. 707 

>» interemistis, regnum vestrum pertransire interdixistis, et variis eos calumniis affecistis, 
» quapropter ipsi Tollenburch moram facere decreverunt, donee ex ore regis intelligant , 
» cur tarn crudeli facinus a Christianis Christianorum persecu tori bus commissum sit. >» 
Rex autem , uni verso ccetu suorum audiente , respondit : u Nod christianorum persecu tores 
» sumus , sed quidquid illis crudelitatis ostendiraus nimia necessitate compulsi fecimus. » 
Et cum haec dixisset , fecit rex Godefridum de Asscha cum suis collegis in palatio suo 
honorifice hospitari, et post dies octo, remisit rex legatos ducis , cum legatis de domo sua , 
ut sua responsa ferrent hoc modo : « Rex Kalamannus duci Godefrido et omnibus conchris- 
» tianis, salutem et dilectionem sine simulatione. Audivimus de te quia vir et princeps 
» potens tua sis in terra , et Gel el is inventus ab universis qui te noverunt , et idcirco te 
>» semper diligens , ex sola bona faraa , nunc te videre et agnoscere optavi , et exinde con- 
» silium accepi, ut descendas ad nos, in castellum nostrum Cyperon, sine opinione alicujus 
» periculi , et utraque l ripa paludis residentes tutum colloquium teneamus de omnibus 
» qua; a nobis requiris , et quorum nos reos arbitraris. » Hoc Regis nuntio audito , dux 
Godefridus, fratrem suum Ralduinum apud Tollenburch rectorem excercitus constituens, 
trecentis tantum militibus secum assumptis, ad regem ipse profectus est. Et tandem dux 
fidei regis se credens duodecim milites ex trecentis, alios remittens, secum suscepit cum 
quibus in Pannoniam descendit, ubi honoriGce a rege et primatibus suis susceptus est, 
convenitque inter regem et ducem ut dux regi obsides daret quos peteret , ne aliqua oc- 
casione assumpta in virtute tarn copiosi excercitus fortiter armati rex terram suam amit- 
teret, hac tamen conditione ut ultra peregrinorum excercitus , tarn prasens quam futurus, per 
regnum ejus transiret sine obstaculo et paciGce mutuaret vita? necessaria. Nee mora rex et 
universi regni sui primores percusserunt feed us cum duce in jurejurando non ultra peregrinis 
nocere transituris. Quibus fide utrimque firmatis , rex petiit Ralduinum fratrem ducis 
obsidem fieri quod dux sine ulla contradictione concessit. Dux ergo reversus ad suos , 
fratrem suum Ralduinum admonuit , ut obses fieret pro populo. Qui vehementer coepit reniti , 
donee dux , haesitatione illius turbatus , constituit , ut ille curam excercitus Dei gereret et 
ipse pro fratribus obses fieri non dubitaret. Tandem Ralduinus constituit obses fieri et exilio 
pro fratrum suorum salute transferri. Igitur tam praeclaro principe jam obside facto et 
uni verso excercitu in Ungariam intromisso , Godefridus dux per singulas domos et 
tentoria acclamare constituit, sub judicio mortis, ne quidquam violenter in regno Ungariae 
raperent et nullam seditionem commoverent , sed omnia aequo pretio mutuarent. Similiter et 
rex universum regnum acclamare praecepit, ut omnem copiam rerum necessariarum sub 
justa venditione exercitus reperiret. Sic ergo per singulos dies in silentio et pace, in 
men sura aequa et justa venditione, dux totusque excercitus regnum Ungariae, usque ad 
Mallevillam 2 pertransierunt , ubi rex in manu ducis Ralduinum fratrem suum restituit , 
ac dehinc, nimia dilectione commendato duce, fratreque ejus, in donis plurimis et osculo 
pacts , rex in terram suam reversus est. Dux vero et omnis comitatus ejus , in villa Belle- 

1 In. | 9 Maleville , nom qn'on ne rencontre dans aucun g^o graph t , remarquent let auteort de VArt d* 
virifierles daft, 2* partie, Id. in-8° de 1818, t. VII, p. 410. 



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708 APPENDICES. 

grava ', Bulgarorum hospitio, pernoctaverunt , quam Petrus Eremita et illius excercitus non 
longe ante depraedati combusserant. 

Capitdlum octavum. — De profectione Godefridi, ducts Lotharingia, etsui exercitus per Grmciam. 

Legati imperatoris Graecorum Godefrido duci a Bellegrava silvas Bulgarorum ingresso 
occurrerunt , in haec verba nuntia deferentes : « Alexis , im per at or Constantinopolis regni 
» Graecorum, duci Godefrido suisque sequacibus integram dilectionem. Rogo te, dux 
» christianissime , quatenus regnum et terras meas quas ingressus es . gen tern tuam vastare 
>» et depraedari non patiaris, sed emendi necessaria licentiam obtineas, et sic omnia 
» sufficienter ex nostro imperio emenda et vendenda tui reperiant. » Hanc itaque impera- 
toris benevolentiam dux intelligens , suis universis indixit , ne deinceps quidquam aliqua 
injusta vi contingerent praeter pabula equorum. Sic ergo paciOce transeuntes Niz 2 , posthaec 
Sterniz 3 , dehinc Phinepopolim 4 , civitatem praeclaram , pervenerunt. Ast ibi duci nuntiatur 
quoniam imperator Hugonem magnum , fratrem regis Franciae, et quosdam secum , in vin- 
culis et carcere detineret. Quo audito , dux imperatori legationem misit quatenus hos prin- 
cipes terrae suae , quos captivos tenebat , libertati restitueret , alioquin se (idem et amicitiam 
illi servare non posse. Deinde dux Andrinopolim et hinc Salabriam, cum suo excercitu 
profectus est , ubi reversi nuntii ducis ab imperatore retulerunt quoniam captivos prin- 
cipes minime reddidisset ; unde statim, ex praecepto ducis , omnis terra ilia in praedam data 
est peregrinis. Imperator autem intelligens regionem graviter depopulari, per nuntios 
suos ducem rogat, ut exercitum a vastatione regni cohibeat, et captivos quos dux petebat 
reddet sine dilatione ; cui legationi dux acquievit, cum uni verso comitatu peregrinorum, ten- 
dens Constantinopolim. Et ecce in occursum ejus Hugo, frater regis Francorum , Drogo , 
Clareboldus et Wilhelmus Carp en tat or, Jaxati ab imperatore , duci adfuerunt in amplexus 
suos et caeterorum principum, multo gaudio plurimoque osculo, corruentes. Similiter et 
legati imperatoris duci occurrerunt , rogantes eum ut intraret palatium cum aliquibus primis 
de exercitu ut audiret verbum imperatoris. Ast vix hanc legationem dux accepit , et ecce 
quidam advenae de terra Francorum occulte commonuerunt ducem ut caveret versutias et 
verba dolosa imperatoris. Dux ergo sic permotus ad imperatorem minime introivit, quapropter 
imperator emendi et vendendi licentiam exercitui interdixit , donee per praedas regni sui 
coactus , licentiam emendi et vendendi omnibus iteraret. Rursum imperator per suos legatos 
ducem admonet ad eum ingredi et verba ejus intelligere , cui dux viros egregios direxit 
Cono do Monte-Acuto. nuntios, Cononem comitem de Monte-Acuto, Balduinum de Burgo et Godefridum de Asscha , 
Baidninus de Burgo. ut excusarent ipsum dicentes : « Godefridus dux imperatori magniGco fidem et obsequium. 
Libenter et optato ad te ingrederer, honores et divitiasdomus tuae considerarem, sed terruerunt 

1 Bidligrad ou Belgrade, antrement Stuhl- Wiessembourg ou en hongrois Szekes-FeyeM-Var. 

2 Niz , fttua , WUken , 1 , 80, 84, 88, IV , 64. 

9 Sterni*, Straliiium , Stralitce, WUken, I, 87, IV , 67. 
4 Phinepopolim, VhHipipoipoUn. 



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APPENDICES. 70D 

me mala plurima quae auribus meis de te innotuerunt. Nescio tamen si vel invidia aut odio 
tui haec adinventa sint et vulgata. » Rex siquidem haec audiens plurimum de omnibus se 
excusavit. Regressi autem nuntii ducis omnia quae ab ore imperatoris audierant , in bonum 
retulerunt ; verum dux mellifluis promissis ejus adhuc non credens , ipsius colloquium refu- 
tavit, ob quod imperator non solum licenliam emendi et vendendi subtraxit, sed etiam 
constituit in brachio maris quingentos Turcopolos arraatos , arcentes sagittis suis a littore 
peregrinos, ne illisemereex solito alimenta liceret. Tunc inter Balduinum, fratrem ducis, et 
gentes imperatoris ventum est ad praelium, in quo hinc et hinc plurimi ceciderunt, sed 
Balduinus praevalens carapum et victoriam potenter obtinuit, et tunc ex praecepto ducis 
populus terrain imperatoris perlustrans curriculo sex dierum graviter depraedatus est. Quo 
cognito, imperator duci et suis legationem misit in haec verba loquens : « Cessent inter nos et 
vos inimicitiae, et dux ad me ingrediatur, (iduciam et obsides a me recipiens, quod sine aliqua 
dubietate incolumis veniat et redeat certus de omni honore et gloria , quam sibi suisque 
facere poterimus. Quod benigne dux annuit, si tales darentur obsides quibus ipse de vita et 
salute sua credere posset. Conventum est tandem ut imperator (ilium suum , Johannem no- 
mine , obsidem daret ; dux igitur Cononem comitem de Monte-Acuto , et Balduinum de Burgo , 
viros nobilissimos , ad suscipiendum obsidem imperatoris (ilium confidenter direxit. Adducto 
autem obside imperatoris Clio ac in potestate ducis suorumque fideli custodia constituto , 
dux sine mora per brachium maris Gonstantinopolim advectus est , et assuroptis principibus 
caeterisque egregiis viris, audacter imperatori facie ad faciem adstitit ut audiret verbum ejus. 
Imperator autem, tarn honorifico duce viso et ejus sequacibus in splendore et ornatu pretiosa- 
rum vestium, quibus Gallorum principes praecipue utuntur, admiratus et honorem et decorem 
illorum , primum ducem in osculo benigne suscepit, dehinc uni versos primates et collaterals 
illius eodem pacis osculo honorare non distulit , et posthaec imperator duci in haec verba lo- 
cutus est : « Audivi de te quoniam miles et princeps potentissimus tua sis in terra , et vir 
» prudentissimus et perfectae fidei , quapropter te in Olium adoptivum suscipio , et universa 
» quae possideo in tua potestate constituo , ut per te imperium meum et terra a facie prae- 
>» sentis et adfuturae multitudinis salvari possit. » Et iis pacificis et piis imperatoris sermo- 
nibus dux placatus non solum se in (ilium , sicut mos est terrae , sed etiam in vasallum junctis 
manibus reddidit cum universis primis , qui tunc aderant et postea subsecuti sunt. Et sic 
dux ad suos rediens, imperatori Glium suum restituit. Nee mora, ex aerario imperatoris 
allata sunt dona inaestimabilia duci et cunctis qui convenerant. Sic vero imperatore et duce 
perfectae fidei et amicitiae vinculo confeederatis , a tempore Dominicae nativitatis quo hsec con- 
cordia contigit , usque ante paucos dies Pentecostes , per singulas ebdomadas , quatuor viri 
aureis Bysanciis onerati , cum decern modiis monetae Tartarii de domo imperatoris duci mitte- 
bantur quibus milites sustentari possent. Posthaec in principio quadragesimae , ad preces 
imperatoris , dux et omnis excercitus , trajecto flumine , in pratis Cappadociae castris positis 
commoratisunt. Postea Boemundus, princeps Apuliae , Cecil iae et Calabriae decern millia habens 
equilum et pi u rim as copias peditum , descendit , et ante muros civitatis Gonstantinopolis 
adstitit, qui etiam homo imperatoris faclusest et ab ipso honoratus. Brevi dehinc intervallo. 
adfuit Robertus, comes Flandrensis, cum immensis copiis, quern imperator etiam in suum va- Roberta, comes Flan- 

drensis. 



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710 APPENDICES. 

sallum recepit. Sane non multo post tempore, tarn egregiis viris in pratis Cappadociae in unum 
collatis , placuit ex communi consilio quatenus viam conlinuarent versus civitatem Niceam , 
quam gentilis Turcorum imperatori injuste ereptam suo subjugavit domino. Eadem siquidem 
die, qua castra moverunt, Rufniel 1 applicuerunt, ubi Petrus Eremita prsstolans principes cum 
paucis reliquiis suae attritae multitudinis excercitui adjunctus est. Tatinus etiam vir truncati 
nasi , imperatoris Gonstantinopolis secretorum conscius, cum auxiliari manu militum ab eodem 
imperatore ductor christiani excercitus, eo quod loca regionis sibi nota essent , deputatus est, 
promisitque imperator principibus quod ipse personaliter cum omni sua virtute sibi assiste- 
ret, si eos Anthiochiam contingeret obsidere. 

Capitulum ifonuM. — De bello ante Niceam et de captione urbis, de bello in VaUe-OreUU. 

Principes una cum toto exercitu, anno Domini millesimo nonagesimo septimo, in principio 
quadragesimae , Nicheam urbem descenderunt , quo Godefridus dux primus obsidionem, ante 
majorem portam urbis positis castris, constituit fieri. Subsecutis vero principibus festinato 
itinere , et ipsi castra metati, circa eamdem urbem, quae insuperabilis videbatur, in decreta sibi 
parte consederunt. In hac urbe antiqua et munitissima Solimannus, princeps Turcorum , vir 
nobilissimus sed gentilis, domino praeerat, qui, audito Christianorum intentionis adventu, 
omni armatura fortium virorum civitatem munivit, quam et alimenta copiosa undecumque 
intulit collecta, et portas undique firmissime obstruxit, sic quod a praesidio Niche a? egressus 
propter auxilium quingenta millia virorum equitum pugnatorum contraxit , cum quibus ad- 
veniens christianos peregrin os grave bellum commisit, sed de gratia Dei, victoria populo 
catholico cessit, anno Domini millesimo nonagesimo septimo, tertio nonas Marti i. Unde Soli- 
mannus cum suis superstitibus in montana luga versi sunt, nulla ulterius pugna in hac obsi- 
dione populum Dei aggredi audentes. Christiani vero ex hac victoria gaudentes, conjurant, 
se non recessuros quousque urbs capta imperatoris Graecorum potestati restituatur qui illam 
in dolo Solimanni amiserat. Post longam obsidionem , post multos assultus et gravia damna , 
turris fortissima , magistra civitatis capta est ; post cujus contritionem , node sequenti , uxor 
Solimanni fugiens, a militibus christianis capta et in custodiam principum cum duobus tenellis 
filiis reposita est. Tunc Turci desperantes claves urbis offerunt , si ipsis vita donetur, quod ita 
actum est. Et quia principes christiani juramento promiserant castra vel civitates de regno 
Graecorum se non alias quam ex imperatoris voluntate retinere , Niceam captam quae haeredi- 
tario jure ad regnum Graecorum pertinebat, in manus Tatini truncatae naris ad opus sui 
domini imperatoris Constantinopolitani reddebant, et insuper mittebant eidem imperatori 
captivos , salva vita illorum. Nobilissima uxor Solimanni , cum duobus suis teneris filiis nee 
non et omnes , qui cum civitate Nicia venerant in deditionem , et multi christiani de exercitu 
Petri Eremitae, qui apud Niceam captivi tenebantur, relaxati sunt. Porro exercitus Dei, capta 
Nicea , securus et nihil metuens per mediam Romaniam communi agmine iter faciens , post 

1 Plus ba» Ravenel. 



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APPENDICES. 711 

biduum divisionem ejus fieri decrevit, ut liberius, et spatiosius in castris tantus populus ha- 
bitaret ; itaque Boemundus, cum suis sequacibus , a dace Godefirido , dissociatur, sic tamen ut 
amplius miliiario ab invicem non elongarentur. Qua siquidem facta divisione, Boemundus cum 
suis(processit) in vallem Borgamam, quaedicitur Orellis, circa horamnonam, utcastralocaret. 

Capitulux vigbsixgx septihvh. — Qualiter Oliverus de Leefdale {ilium imperatoris Romanorum 
et Godefridum-cum-Barha , comitem Lovaniensem, liberavit 1 . 

Liberata nunc ex manibus Sarracenorum sancta urbe Jherusalem, stylum nostrum ad stre- 
nuum militem Oliverum de Leefdale convertamus , qui parum temporis ante hanc , de qua 
locutisumus profectionem Jerosolymitanam , cum quatuor sociit sub specie mercatorum , Hein- 
ricum, (ilium imperatoris Romanorum, et Godefridum-cum-Barba , comitem Lovaniensem, fuit 
quaesitum. Uic post longos labores multaque viarum pericula cum sociis suis , sub salvo con- 
ductu regis, etobtenta licentia, ut licite posset negotiari , intravit Armeniam, in qua sunt 
plures magnae et ditissimae civitates , in quibus de singulis mercibus et praecipue ponderabi- 
libus inaestimabilis fuitmercatura, inter quas Taurisium est famosior. Uanc civitatem et plures 
alias in regno Armenia?, foraque et nundinas illarum Oliverus ut mercator saepius visitavit, 
§ed merces suas videlicet arma bellica , quae illuc adduxerat , adeo care appretiavit , ut pro 
quarto denario vix aliquis quidquam ex illis emere voluisset. Contigit ergo ut Oliverus qua- 
dam vice rediens ad civitatem magnam et bonam , nomine Artyron , quae ad unam dietam 
prope fluvium Eufratem sita est , aliquot ibi diebus moraretur, et dum una noctium post 
coenam de diversis cum bospite solus colloqueretur, quaesivit Oliverus de potentia regis 
Armeniae , et an ipse multos principes haberet sibi subjectos, cui hospes respondens , regem 
suum magnificavit. Ast tunc quaesivit Oliverus , an rex ipse in bello Ungarico quod ante tres 
annos habuit contra imperatorem Romanorum , aliquos de suis magnatibus amisisset. Cui 
hospes respondit quod sic; quodque in vindictam necis eorum ipse teneret duos nobiles 
Romanos perpetuae captivitati damnatos. Haec audiens Oliverus , ore laeto ait : « Pro Deo die 
» mihi, bone hospes, qui sunt illi nobiles captivi, et si tu etiam videris illos. » At illi hospes res- 
pondens , dicit : u Etiam, eos vidi hie in hospitio, dum rex de praefato bello rediret , quorum 
» corpora , gestus et mores ipsos nobiles esse docebant , sed qui fuerint , etiam rex ipse tunc 
» ignoravit. » Tunc Oliverus ait : a Rogo , mi hospes, die quo in loco ii detinentur. » Quod 
contra hospes : « Et tu , rogo , die mihi cur de iis tarn studiose inquiris ? » Cui Oliverus subri- 
dens ait : « Quod petis , libenter edicam ; ego ut mercator diversas terras percurrens , didici 
>» quod quisque magnifica gesta ex remotis partibus libenter exaudit , unde sicut tu grate 
w accipis tibi referri quae in aliis regionibus contigerunt , ita et aliarum provinciarum incolae 
» attentas mihi aures praebebunt , dum coram eis ex hoc regno aliquid magni narrare vo- 
n lam. » Quibus auditis , dixit hospes Olivero : « Scito quod in Rages , civitate quondam Me- 

1 Ce qai suit temble *trc tradait de quel que romtn ; let nombrcax dialogues , les formes du style , tout 
retrace la maaiere des trouteres. 



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712 APPENDICES. 

)» dorum , quam rex Armenia? conquestam tenet , est castrum regium , in littore fluminis 
)» perfluentis, cui adjacet turns fortissima, undique in flu mine sita, et rex jurejurando fir- 
). mavit nemini ex iis quos ibi mitli juberet, gratiam impertiri, et, me audiente , rex in suo 
» regressu de bello Ungarico supradicto, praefatos duos nobiles .mittens hinc ad Rages, 
>» in iJJam turrim detrudi mandavit, et ita, etiam si adhuc vivant, de quodubito, nulla 
» ipsis superest spes evadendi. » Haec autem intelligens, dicit Oliverus : « Gum regum 
)» conditio piissima sit , miror cur rex hos nobiles viros , quibus quod sibi cum suo imperatore 
>» occurrerunt in bello , solum et non aliud crimen sit , perpetuae captivitati subjecit. » Cui 
hospes respondens dicit : « Quantumcumque nobiles sint , qui capiuntur in bello , servi sunt 
» regis, in cujus manu vita et mors illorum dependet. Magna est itaque pietas regis, qui 
» ipsis vitam etsi non liberam donavit; quod autem redimi nequeant, non severitati ad- 
» versus illos debet adscribi , sed suae pietati , qua oblenire cupit dolores parent um quorum 
» proximi magnates in praedicto bello ceciderunt. » His itaque pertractatis , dixit hospiti 
Oliverus : u Sicut jam regis tui virtutes intelligo , ita et gloriam ejus ad aures longe hinc 
» commorantium referre conabor. » Sane poslhaec , opportunitate captata, Oliverus cum suis 
ad civitatem Rages se conferebat , et ut dispositionem ac situm turris , de qua praefertur, 
perfectius consideraret , in quodam hospitio stante extra civitatem supra littus, seu ripam 
fluminis , se locavit. Etsi manens ac semper ad idem hospitium rediens in Rages, et in aliis 
civitatibus vicinis fora et nundinas frequentavit per medium annum , antequam alicui quid- 
quam de suo secreto detegere vellet. Tandem autem ex divina conversatione sui hospitis , 
qui nomen Simarus habebat, audacior factus quadam vice, ipsis duobus solis existentibus , 
dixit i II i Oliverus : « Die mihi, Simare, si recte videam, tu nostri ritus homo es christianus. » 
Cui Simarus : < Equidem quoniamet Armeni christiani sunt.» Astilli Oliverus: uScio, sed non 
per omnia nostri ritus et sectae Romanae , ut tu mihi videris. » Tunc Simarus hospes suspirans 
ait : u Recte judicasti , ecce ego ex regno Angliae natus traxi hie moram per annos viginti, in 
)» hoc flu mine solus ex auctoritate regis piscaturam exercens, per quam admodum dives factus 
» sum ; sed quia liberis careo, post mortem meam , rex omnia sibi toilet , et hinc valde dolens, ad 
» patriam natalem tota mente suspiro, dummodo salva vita , et bonis quaesitis , illuc pervenire 
» valerem. » Illis auditis, gavisus est Oliverus et ait ill! : « Si fidem mihi geras , et earn vice versa 
» mihi servare promiseris, rem secretam tibi pandam, ad quam si cooperari volueris , re- 
» dibis ad patriam et ibi multo amplioribus, quam hie divitiis et honoribus perfrueris. » 
Quid moror ? Adstipulata hinc inde mutua sibi fide , dixit Oliverus : « Ecce ante annos qua- 
>» tuor habuit rex Armenia? , cum suis complicibus , bellum in Ungaria contra imperatorem 
» Romanorura, in quo duos nobiles milites quorum unus comes et alter filius imperatoris, 
» est, cepit, quos, ut audivi, in turri hujus castri jussit retrudi; quod si industria et ope 
» tua illi possent liberari, scias te , ad multa potiora , quam hie habes, in natali tua patria 
» promovendum. :> Quibus auditis, respondit Simarus : « Scio duos ibi captivos detineri , 
>» sed an isti sint, quos tu quaeris ignoro ; quod et si illi essent, scias regem juravisse nulli se 
» gratiam facturum quern ad illius turris captivitatem damnaverit; nihilominus loquar 
» ipsis , si potero , et qua arte vel ingenio extrahi possent inquiram. » Porro altero mane 
Simarus cum sua navicula vadit piscatum , jecitque rete subtus turrim , tarn prope ut cap- 



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APPENDICES. 713 

tivos,siprospicerent, percancellosalloqui posset. Illi autem, ut captioni piscium intenderent , 
ad fenestram se dederunt, quibus dixit Simarus : « Salus vobis, domini, et si unus vestrum 
» comes Lovaniensis et alter filius est imperatoris Roma riorum , sermone brevi mihi edicito , 
» quia diu vobiscum non audeo confabulari. » Qui respondentes dixerunt : u Et quis misit 
» te aut de his ioquirere jussit ? » Quibus ait Simarus : « Crastino mane ad ortum solis, 
» ilium vobis adducam , ut sibi loqui valeatis. » Et sic Simarus a turri abscedens , in medio 
fluminis rete projecit, et captis piscibus, qui sufficere poterant , domum reversus, quid ac- 
tum sit , Olivero narravit. Ast sequenti diluculo , Oliverus vestem induens piscatoris cum 
Simaro, hospite suo, ivit piscatum, quern duo captivi , a longe videntes, dixerunt ad invi- 
cem : « Quis ille sit ignoramus, quia veste dissimulata venit. » Cumque Simarus rete penes 
turrim jactasset, dixit captivis piscator dissiraulatus : « Sal vet et liberet Deus dominos meos 
» captivos , quos ego Oliverus de Leefdale longo et multo labore quaesivi. » Sed quia spatium 
Ioquendi ipsis furtim cessit, breve id faciunt ne fieret suspectum. In quo tarn an gusto tem- 
pore de instru mentis et ingeniis quibus captivi evaderent et de aliis multis ad id conferentibus 
mature concludunt. Itaque limas et alia instru men ta , seu ingenia opportuna , Simarus postea 
captivis adduxit , qui illi certum signum dandum constituerunt , per quod dum ipsi elabo- 
rassent, ipse cognosceret. Interim autem quo captivi effractioni intendunt, Oliverus cum 
Simaro student quo modo post effractionem ipsi melius evadere possint, prae videntes quod si 
ipsi cum illis simul abirent , statim ministri regis eos insequerentur, et si sic contingeret eos 
deprehendi, rex omnes mala faceret morte perire, et ob id statuerunt, quod praedicti duo cap- 
tivi dum evasissent , deberent praecedere usque in civitatem Lathiam , sub imperio Tartaro- 
rum ibique ipsos exspectare, donee rumor in Rages sedaret. Quippe dum praefati captivi 
cum instrumentis sibi allatis per magnos labores cancellos ferreos effregissent , signum praes- 
titutum dant piscatori, qui proxima nocte illos ex turri in sua navicula recipiens, in do- 
mum suam, ubi Oliverus erat, adduxit. Quanta autem tunc ipsi redemptiet Oliverus hinc inde 
mentis exultatione plaudebant, vix aliquis etiam lingua disertus brevi posset stylo describere. 
Sed quia mora saepe nocuit, praefati redempti, post modicam cibi et potus sumptionem, patriae 
vestibus induti et pecunia ab Olivero accepta, iter versus Lithiam, civitatem Tartarian, carpunt. 
Quibus Simarus unum ex famulis suis ductorem viae delegit, et ibi prout fait ordinatum, in 
hospitio manentes Oliverum et Simarum secuturos , exspectabant ; sed heu ! longe aliter ipsis 
evenit, nam mane facto mox quod captivi evasissent innotuit, statimque suspicio adversus Oli- 
verum et Simarum exorta, ipsos in eamdem turrim ex qua alii evaserant, detrusit, firmaturque 
turns fortius quam antea fuit , ne et isti similiter evadere possint. 

Capittjlcm viGEsraiM octavum. — De hello inter Tartarorum, Turquiwet Georgia reges, etquomodo 
Godefridus-cum-Barba , comes Lovaniensis , iterum captivatur. 

Minniotus, rex Turquiae, tam ex eo, quod Turci pulsi ex regno Persarum ad ipsum con- 

fugerunt quam ex affinitate regis Medorum, cujus Gliam, nomine Gorgoniam, pulchram valde 

uxorem accepit, potentior factus , tributum solitum a Tartaris exegit. Quod dum Cangis-Can , 

rexTartarorum,negasset, Minniotus, rex Turquiae, cumMancredo gigante,regeGeorgiae, quern 

Tom. II. 90 



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714 APPENDICES. 

ipse in suum auxilium advocavit, in validissima manu regnum Tartarorum invadunt. Quo- 
contra Cangis-Can in omni sua potentia illis disponit occurrere. Ast interim Heinricus et Go- 
defridus, qui ex Armenia evaserant et apud Lithiam Oliverum et Simarum exspectant, per 
clientesCangis-Can, regis Tartarian, tamquamexploratores terra apprehensi, adcivitatemOrda 
coram eodem rege qui jam exercitum contra hostes collegerat, adducuntur, et interrogati qui 
sint et unde veniant, illico responderunt : « Nos sumus milites christiani et cum duce Gode- 
» frido et fratre ipsius Balduino , aliisque innumeris , veniraus ut iremus in Jherusalem, sed 
» apud castrum Ravenel l gentes Solimanni principis Turcorum nos ceperunt, sed per gra- 
» tiam Dei manus ipsorum evasimus , et quia a ducibus et exercitu nostro sumus sequestrati 
h et guerras hie vigerecognovimus, statuimus yestram majestatem accedere, vobis servituri si 
» placuerit, ea conditione, ut si quid bene ac praemio dignum egerimus, nos patriae nostras 
w reddere debeatis. » Quibus auditis , gavisus est Cangis-Can et annuit petitis ipsorum , praer 
sertim ex eo quod iis diebus de victoria Godefridi ducis atque excercitus christianorum 
contra Turcos , quam de aliqua re alia fama celebrior fuit. Plurimum ergo Cangis-Can in 
his duobus militibus christianis confidens , arma ipsis apta procurat , et sic cum toto suo 
exercitu debite partito hostibus occurrens, grave bellum a mane usque ad vesperam commisit , 
in quo Heinricus Minniotum, regem Turquiae, et duos admiraldos , ac Godefridus quinquead- 
miraldos praeterquam plures alios, occiderunt. Unde ipsi nocte post bellum apud Cangis- 
Can regem maximo honore sunt venerati, sciscitabaturque rex ab eis consilium, quid in 
crastina luce esset aeturus. Qui responderunt, ab impugnatione hostium non esse cesaan- 
dum donee illos a regno expulerit. Sane ex altera parte, gentes Minnioti regis Turquiae occisi, 
mortem sui domini deplangunt. Mancredus vero, rex Georgia? , suis admiraldis collectis, quid 
proximo mane acturus sit, sciscitatur. Qui respondentes dixerunt: « Mors regis Minnioti cau- 
u sam nostram deteriorem fecit, turn quia ipse fuit hujus guerre origo principalis, turn 
» etiam quia gentes sua?, jam amisso rege, simul et bellandi animum perdiderunt. » Quibus rex 
Mancredus : « Fateor, inquit; attamen expedit quaerere viam , ut hoaeste bine abeamus. Con- 
h oapi ergo Cangis-Can regi offerre duellum, ut sio inter nos duos, sine pluri damno 
>» utriusque exercitua, causa sopiatur. Quod si ipse forsan senium suum allegans meeum 
n congredi non audeat , habeat campionem , sub hac obligatione , ut quicumque nostrum 
u suooubuerit, simul et causam amittit. » Quod verbum regis Mancredi dum a suis consiliariis 
esset eonoorditer approbatum, duo admiraldi regi Cangis-Can attulerunt, qui cum suis deseper 
dqliberans, seipsum a duello , praetextu aUatis , defendit , sed si quisquam ex suis id pro eo 
facere vult, magnos se illi honores daturum promiuit. Ad quod omnes sui pro eo, quod Man- 
credus gigas esset tacuerunt , unde Cangis-Can rex motus perdoluit. Quod notans Godefridus , 
duellum pro rege suscepit. Porro altero mane, Turquinis id ignorantibus, adstipulatum est 
duellum, sub omni firmitate, ita ut Georgini et Tartari, hinc et hinc depositis armis, ad 
locum convenirent duelli , quod et ita fecerunt. Mancredus autem et Godefridus , ab hora 
primarum usque post meridiem , mutuis ictibus se nimium fatigarunt. Ast Turquini , horum 
ignari, intentoriis suis a mane stantes armati exspectabant , ut a rege Mancredo ad bellum 

1 Plot htut Hvfnul. 



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APPENDICES. 715 

vocarentur, et dum nihil perciperent , duos admiraldos miserunt , ut super agendis regem 
Mancredum consulerent. Qui venientes ad locum duelli, videntesque Mancredum regem con- 
tra christianum militem dimicare, omnes etiam, lam Tartaros quam Georginos , hinc inde 
inermes existere , mirabantur valde , et quaerentes quaenam res esset , pactum ita hinc inde 
firmatum esse didicerunt , quod et ipsi suis referebant. Quippe Turquini , his auditis , con- 
siderantes quod ipsi hujus guerrae contra Tartaros pars essent principalis, quodque ipsis 
maximum in bello damnum pertulissent, praetenderunt quod rex Mancredus, ipsis ignoran- 
tibus , de guerra finienda cum Tartaris pactum validum facere non potuerit. Currunt ergo 
ad locum duelli, sed antequam approximarent Godefridus Mancredo regi lethale vulnus inflixit. 
Quo facto , mox Turquini campum duelli irrumpunt , et tarn Mancredum regem quam Gode- 
fridum virapientes secum abducunt, occiduntque et vulnerant multos ex Georginiset Tartaris 
inermibus , qui illos defendere voluissent. Itaque Turquini Minuiotum regem suum occisum , 
et Mancredum, regem Georgiae, lethaliter vulneratum, atque Godefridum-cum-Barba Gorgoniae 
reginae suae dominae adduxerunt, quae, Minnioto regiae commendato sepulturae, Mancredum, 
uttantum decuit regem, benigne suscepit, expertis cyrurgicis curam sui vulneris commen- 
davit , sed quia vulnus lelhale fuit , Mancredus rex infra octo dies moriens exspiravit* Cujus 
corpus omni cultu regio honoratum, Gorgonias regina Amistando, filio Mancredi, transmisit, 
et Godefridum-cum-Barba in carcerem jussit recludi. Acta sunt haec anno a nativitate Domini 
nostri Jesu Christi millesimo nonagesimo nono. 

Capitclcm vigesimum non on. — Quotnodo Henricus , filius imperatoris Romanorum, 

adpatriam reveraus est. 

Cangis-ran, Cex Tartariae, etHeinricus, filius imperatoris Romanorum, pro captivitate Gode- 
fridi-cum-Barba valde dolentes Grmiter tenent quod Gorgonias regina Turquiae , in vindictam 
necis sui mariti , diversis ipsum pcenis affectum , tandem dira morte consumet. Dixitque rege 
Heinricus : u In carissimo socio quern amisi magnum mini damnum allatum est, sed et 
» alium habui qui nos duos a captivitate , quum in Rages tenebamur, Hberavit, dixitque 
» quod ipse nos pereuntes in Lathiam sequeretur, et quoniam non venit vellem scire , an 
n aliquid adversi sibi accident. » Quod audiens Cangis-Can misit in Rages nuntium, qui 
inde rediens, reportavit Oliverum et Simarum in eadem turri esse reclusos , in qua Heinricus 
et Godefridus jacuerunt. Haec audiens Heinricus , et de vita tarn Godefridi , quam Oliveri, 
quibus nequit subvenire penitus desperans , petit a Cangis-Can rege consilium , quomodo 
ipse trans manus hostium populi chrisliani ad patriam suam securus redibit. Cui rex ait : 
« Si apud nos manere volueris , inter primates regni te honorabo , quod si repatriare 
» mavis, quae pepigi tecum perficiam. » Et dans sibi multa donaria, usque in Constantinopolim 
secure ipsum remisit. A Gonstantinopoli autem venit Heinricus Romam, et ibi audiens 
palrem suum imperatorem esse Mediolani , ipsum equo veloci accessit , a quo magno mentis 
tripudio , vivens qui mortuus putabatur susceptus est. Et dum imperator omnia quae Heinri- 
co suo Glio et Godefrido contigerant et modum liberationis ipsoram audierit, gratias egit Deo 
omnipotent , qui suos in tribulationibus non deserit, et brevi exhinc tempore , imperator 



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716 APPENDICES. 

cum Heinrico suo Olio Alemanniam petunt, ubi Heinricus Sophiam ', sororem suam, patri 
reconciliat consolaturque earn super absentia comitis Godefridi , quern , ut dolorem sororis 
mitigaret, contra mentem suam dixit cito rediturum. 

Capitclom trigesimem. — Ouomodo Godefridus-cum-Barba Gorgoniam reginam Turquiw duxit 

uxorem. 

Amistandus, filius Mancredi, rex Georgia?, mortem sui patris Gorgoniae, reginae Turquiae, re- 
lictae Minnioti regis occisi, injecit, volens earn propterea bello deprimere, nisi duos admiraldos, 
qui patrem suum ceperunt, etiam mil item christianum, qui illiplagam mortis incussit, sibi trans- 
mittal Quod cum reginae per nuntios Amistandi esset allatum, ipsa, coacto consilio suorum 
fidelium , dixit quod ipsa regem Mancredum, non ut captivum sed ut vulneratum excepit, 
fovitque ut fratrem , ac ipsum defunctum sub regio honore Clio remisit , et sic se ejus mortis 
innoxiara esse praetendebat, petivitque finaliler a suis consilium, quid inhac re ipsa consultius 
agat. Cumque desuper sui (3 deles aliquandiu disputassent, tandem unus in quo magna consilii 
auctoritas pendebat, ait : » Durum esset, domina, ut vos fideles admiraldos vestros in manus 
hostis traderetis, sed si Amistandus, cum milite christiano, qui patrem suum occidit possit 
pacari, ilium sibi mittendum potius quam bellandum esse consulerem. Ad quern regina dixit : 
u Quid, si sic Amistandus nolit esse contentus? Et etiam miror, inquit, ob quam causam, ut 
» nocentior cbristianus miles , qui dominum suum duello provocatum defendit , potius quam 
» nostri admiraldi , qui regem in stadio pugnantem violenter ceperunt , tradi debeat Amis- 
it tando. » Haec illi audientes subticuerunt. Quod notans regina subjunxit : « Si dominus 
)> meus rex adhuc viveret, non vererer Amistandum, quem jam vidua et omni solatio desti- 
>» tuta vehementer pertimesco , unde vos Odeles meos rogo , ut rem ipsam matura delibera- 
» tione pensantes , quid agere debeam unico contextu statuatis. » Itaque consilium usque in 
alteram diem protrahitur , et interim hi duo admiraldi quos Amistandus sibi transmitti 
postulavit cuidam secreto familiari regina? loquuntur, dicentes : «Scisnein quo reginam offen- 
)» dimus aut cur in oculis suis par nobis est miles cbristianus, qui hie captivus detinetur? >» 
Quibus ille respondit : « Non , sed scio quod regina frequenter ilium in carcere visitat , et inde 
)» rediens solet nobis de virtutibus suis multa referre. » Cum autem haec amiraldi audissent , 
intelligunt reginam Godefridi captam amore, unde ut seipsos salvent omnibus viribus 
statuunt obsistere, ut nee Godefridus Amistando tradatur. Statuta igitur die pro iterando 
consilium , repetunt admiraldi quanta magnalia hie miles christianus in bello Tartario egit , 
afferentes quod ilium penitus laxare, potius quam hosti tradere, reginae esset magis honestum, 
et si ille onus guerrae seu belli, nomine reginae contra Amistandum susctpere vellet, suadebant 

1 La premiere femmedeGodefroid-le-Barbu, selon les chroniques, fut Sophie, fille ou scour de Pempereur 
Henri V. Mais Butkent drt que ce fait est inexact puisqu'une charte de Tan 1150 donne expressdment le nom 
d'Ide aladuchesse de Brabant. Bile e*tait fille d'Albert, comte de Namur, et dlde de Saxe. La seconde 
femme du due Godefroid fut Cle*mence 9 fille de Guillaume Tite-Hardie, comte de Boorgogne, Teuve de 
Robert de Jerusalem , comte de FJandre. Trophies de Brabant , I, 106. 107. 



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APPENDICES. 717 

ipsum absolvi. Quorum sententia cum ab omnibus probaretur, regina libenter sic fieri 
decrevit. Quid moror ? Godefridus extractus a carcere coram regina et suis fidelibus produ- 
citur, et an ad Amistandum mitti , vel onus belli , nomine regina? , contra ipsum intercipere 
velit optio sibi datur. Qui illico , ut miles animosus, respondet : « Si liber essem et 
» reginam quamcumque viduam injuste opprimi scirem, illam totis viribus conarer defen- 
» dere, quanto magis ergo, tibi dominae regiriSe , fideliter assistant, si de tua gratia me 
» liberum dones. » Cui regina ait : « Quam nobis cautionem praestabis quod , cum solutus 
fteris > non effugies. » At illi respondit Godefridus : « Pignoraticiam aut fidejussoriam ego 
» hie alienigena et ignotus praestare non valeo , sed ante finem guerrae non abire , juratorie 
» et prout mihi possibile fuerit, libenter cavebo. » Et factum est ita. Hac igitur surapta con- 
clusione , renuntiatum est Amistando quod regina neminem sibi tradet , quod si ipse prop- 
terea earn injuste opprimere velit, ipsa in limitibus regni suae defensioni insistet.Quosiquidem 
nuntio recepto, mox ulrimque parantur quaecumque ad expeditionem bellicam fuerint 
requisite . Ast regina decorem moresque Godefridi notans , ac quanto ingenio quantoque 
studio ipse singula circa rem bellicam opportuna procuret , de die in diem in ejus amorem 
ferventius inardescit, adeo ut hoc praedictos admiraldos amplius non lateret, quos tan- 
quam suos secretissimos regina ad se vocans , ait illis : « Video quam iste miles christianus in 
» omni disciplina militari atque re belli ca ad plenum edoctus sit , unde ipsius patrocinio si 
» nobis fidus permanserit , spero ab omni nobis imminenti discrimine liberari , sed valde 
» timeo ne in medio guerrae fugiens nos desolatam relinquat. » Ast illi respondentes dixerunt : 
u Si probus est , ut facies, mores, gestaque probant, sacramentum praestitum non violabit , nee 
» scimus quo jure aut fortiori vinculo possit constringi. » — u Fateor , inquit regina , sed dubito 
» anne beneficio strictius attrahi possit . » Quod audientes admiraldi , statim reginae men tern intel- 
ligunt, dicuntque : « Equidem, domina, quod vires nequeunt, beneficium saepe quaesivit, et 
» quanto ipse de gratia vestra majori potietur ben&ficio , tanto fortiori vinculo recognoscet se 
» ligatum , et quoniam regnum istud post mortem regis Minnioti usurpatum tenetis , nos pri- 
» dem desuper conferentes , arbitrabamur expedire , ut ipsum vobis maritum acciperetis , ut 
» sic ipse honorem vestrum et regnum suum proprium non tan turn in hac guerra , sed sem- 
» per strenue defensaret. » Quibus respondens ait regina : « Assentio quod melius esset cum 
>» ipso regnum retinere , quam post fugam ejus a regno fugari, et ergo vestro consilio 
>» utens , faciam quod suadetis. >» Vocato itaque Godefrido ad partem , dicunt ei amiraldi : 
« Pro prudentia tua et sub pacto ut tibi semper in amicitia juncti maneamus , te , si vis , 
» magnum, et regem nostrum faciemus informabimusque dominam nostram reginam, 
» ut te in maritum accipiat. » Quibus Godefridus respondit quod non nisi in patria sua uxo- 
rem ducere velit. Quo audito, aiunt illi : « Ecce domina nostra regina, semper fugam tuam 
» timens pro sua pace , decrevit te et nos tradere Amistando , precamur ergo ut ipsam ducens 
>» uxorem salves te et nos. » Tunc Godefridus dixit illis : « Haec res ardua deliberatione eget , 
» ecce in carcere unde sum extractus duo sunt homines nostrae legis ; si placeat , educantur 
» illi , ut consulam ipsos. » Allati sunt statim illi duo ex carcere , quorum unus fuit episcopus 
Ben event amis et alter Reynerus, capellanus ipsius, qui ibi ultraduos annos captivi fuerant. 
His Godefridus rem sui status ex ordine pandit, dicens : «Quamdam puellam nobilem despon- 



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718 APPENDICES. 

» savi in patria legitime per verba, de praesenti hinc promisi hie reginae, usque ad finem guerra- 
» rum contra Amistandum regem Georgiorum assistere , quibus finitis , quam citius commode 
u potuero , intendo repartriare. Nunc hi volunt ut Gorgonias regina uxor mihi fiat , aiioquin 
» ipsa decrevit me tradere Amistando regi , qui in yindictam sui patris me statim occidet. Jam 
" e g° perplexus, nescio quid agam ; si earn non duxero, mors corporis me exspectat , si duxero , 
» mortem animae pertimesco , turn quia ipsa aliens legis femina est , turn quia ego aliam quam 
» adhuc spero vivere uxorem despondi. Turn etiam quia cum ista manere non intendo , et 
» quia vos estis viri in lege nostra eruditi , peto doceri , quid in hac perplexitate , salva salute 
» animae, facere possim. » Qui respondents dixerunt Godefrido : u Hie justissimus metus mor- 
» tis, qui quemlibet etiam constantissimum virum perterret, haec omnia solvit ; nostra igitur 
» auctoritate cum firmo proposito redeundi adpatriam cum potueris, facias totum quod regina 
>» requirit , et ab iis angustiis quas patimur, liberes te et nos , et dum tibi bene fuerit , nostri 
n memor esto. » His auditis , dixit Godefridus : « Quia vos estis viri rectae conscientiae ac in 
n lege periti , vestro judicio me submittens , faciam quod suadetis. » Paratis itaque universis 
ad id opportunis, inter Godefridum-cum-Barba et Gorgoniam, filiam regis Medorum, regi- 
nam Turquiae , festa nuptialia in ambitione maxima celebrantur. 

Gapitvlux TitGisniim htmtjm. — Quomodo Godefridus-cum-Barba Amistandum, regem Georgiw, 
devicit, et de cenfc$deratione inter Godefridum et Cangie-Can , regem Tartarice. 

Nuptiarum celebritate peracta , anno Domini nostri Jhesu Ghristi millesimo centesimo , Go- 
defridus-cum-Barba, rex Turquiae, suos fideles ad expeditionem vocans, decern admiraldos et 
triginta millia Turquinorum collegit, cum quibus contra Amistandum, regem Georgia? , usque 
in fines regni sui in maximo apparatu perrexit. Ast fama loquax quod Gorgonias, regina Tur- 
quiae , suo captivo militi christiano nupserit , quodque rex Godefridus in manu valida contra 
praedictum Amistandum profectus est, cito ad regna vicina deduxit. Quod audiens Cangis-€an, 
rex Tartariae , cum quadraginta millibus Tartarorum vadit ut Godefrido succurrat , sed ante 
ipsius adventum Amistandus et Godefridus, adversus alterutrum, a mane usque ad vesperam, 
grave bellum sub magno damno utriusque commiserunt. Nocte autem cum rex Godefridus 
sequenti die praelium continuare putaret , adventus regis Tartarorum Amistando nuntiatur, 
qui ilium Godefrido timens conjungi , ut adventum ejus prseveniat, offert Godefrido duellum , 
quod ille tertia sequenti luce agendum libens suscepit. Die autem praecedente duellum , 
rex Cangis-Can cum suis advenit, quern Godefridus ea qua potuit, et quam temporis angustia 
patiebatur,affectionesuscipiens, die proxima contra Amistandum in stadio dimicaturus, con- 
sedit. Quorum uterque dum a mane usque ad meridiem strenue pugn assent , cum tandem 
Amistandus^ ut Godefridi caput secaret, gladium toto annisu in altum levasset, Godefridus 
praeveniens ilium , in brachio tarn forti ictu , ut confringeretur, percussit. Tunc Amistandus 
rex veniam petens , gratiam impetrat Godefridi , sub eo pacto , ut sibi et Gorgoniae reginae , 
juramentum praestet fidelitatis, quod Amistandus, vita sibi donata, laetissime fecit. Sane duello 
peracto , Godefridus victor Cangis-Can , regem Tartarorum , sibi subvenientem , honorat , et 
quod ipsi venienti, propter tunc instans duellum, debito minus impendit, id , nacto triumpho, 



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APPENDICES. 719 

perfecte supplevit ; suntque Cangis-Can et Godefridus reges sibi mutuo in stabili amicitia 
confoederati. Narravit etiam Godefridus regi Cangis-Can per ordinem quidquid ei apud Gor- 
goniam reginam accident , et non minus avide , de Heinrico socio , quo ille se divertit , 
sciscitatur, quern Cangis-Can dicit repatriasse, quodque ipse ilium redire volentem, juxta 
pactum quod pepigerat , per suos usque in Constantinopolim salvum duxerit. Cui ait Go- 
defridus : « Juste secum egisti , sed an ipse de quodam tertio milite christiano , qui nos duos 
ex carcere liberavit, aliquid perceperit scire vellem.» Ad quod Cangis-Can respondens dicit: 
u Utiquenam , et nuntii mei , quos ad preces ejus misi in Rages , reportarunt quod miles ille 
una cum hospite suo et uxore illius ibidem in Turri ex qua vos liberavit detinetur. » Quod 
audiens Godefridus ait : « Hoc durum mibi verbum est, nee unquam dulce erit mihi vivere , 
donee ille liberetur, ducens ergo bine totum exercitum, quern contra Amistandum collegi, 
Rages obsidione cingam. » Cui Cangis-Can ait: «Non sic, frater, non sic, nam dum rex Arme- 
nia? illius rei nuntia sciret , ad interiora regni sui ipsum mandaret transferri , feras igitur 
patienter fortunam ad tempus, et ego temperabo, si qua arte, seu ingenio et via leviori, 
ipsum valeam expedire, et casu quo non , ego tecum regi Armenia? guerram movebo , donee 
militem ilium nobis libenter remittat. » Acquievit igitur consilio regis Cangis-Can Godefri- 
dus. Porro post victoriam habitam contra Amistandum regem Georgia? , postque confoedera- 
tionem lactam, cum Cangis-Can , rege Tartaria?, Godefridus-cum-Barba, rex Turquia?, reg- 
num suum sub recta justitia regens,in firma pace constitnit, cbristianos, qui in regno suo sub 
servitute Turquinorum degebant, ab omni oppressione exemit, et in singulis suis agendis 
episcopi Beneventani , Reyneri capellani ipsius ac duorum admiraldorum , qui matrimonium 
inter ipsum et reginam tractaverunt , consilio semper utebatur , et sic omnibus subditis suis 
gratus existens, diligitur ab univerais, et praesertim Gorgonias regina ejus fervebat amore, 
et tamen repatriare semper sua? menti ha?rebat, quod solum ad tempus distulit, donee 
Cangis-Can , rex Tartaxorum , Oliverum ex carcere Rages liberasset. 



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720 APPENDICES. 

II. 
ADDITION A LA CHRONIQUE DE BRUSTHEM, 

INSEREE DANS LE PRECEDENT VOLUME. 



Scripta sen annotate* quwdam quibus patet quomodo comitates Lossmsis pervenerit ad 

ecclesiam Leodiensem l . 

loos-is. Sub tempore Baldrici* qui fuit episcopus ab anno millesimo octavo usque ad annum mille* 

simum decimum octavum , aegrotavit ad mortem Arnulphus ejus cognatus , comes Lossensis , 
a quo requisitus eidem sacramenta administravit , unde , in gratiarum actionem et etiam ob 
consanguinitatem , eidem suum comitatum ac castrum obtulit , et uxorem superstitem ipsi 
commendavit , insuper rogando , ut firma praesidia in toto comitatu collocaret adversus comi- 
tem Flandriae, bellum gerentem contra dictum comitem et comitissam, qui praetendebat 
hunc comitatum fuisse partem comitatus Flandriae , et abinde vi abstractum debere ad se 
jure haereditario redire. Defuncto ergo dicto Arnulpho comite, ipsiusuxor Leutgardis super- 
stes sterilis sine pignoribus , pro sui libertate oppidi et tutela , iter constituit ad Baldricum 
episcopum. Interim comes Lovaniensis, qui diu bellum gesserat contra episcopum, perpen- 
dens id esse impium, et volens in ejus gratiam redire , statuit hoc modo fortunam ten tare. 
Nempe collecta equitum turma summa cum diligentia, comitissae Leodium tendentis iter 
explorat. Inde facta velut hostium incursione , arcet transitum , captumque suum concludit 
oppidum , ubi comes circa ejus obsequium liberalissimus exstitit , placide causas exponens, 
quibus aperiebat se non odii causa id egisse , sed necessitati suae , quae maxima erat , hoc 
pacto consuluisse. Rogabat enim comitissam ut apud episcopum pro sua pace componenda 
intercederet , et sibi ad hunc effectum tanquam cognato aliquod allodium seu terram de suo 
comitatu largiretur, et quod earn S to -Lamberto et episcopo pro sua pace et gratia recupe- 
randa resignaret. Quod factum est , nam dicta Leutgardis Hornense allodium donavit , et 
directis ad episcopum nobilibus pro ejus pace obtinenda , totum negotium componitur, et 
comes ad hujus pacis commendationem , allodii quod a comitissa acceperat facit episcopo do- 
nationem. Nihil autem hucusque aliud de comitatu Lossensi videtur a comitissa in favorem 
episcopi dispositum. 

Sub tempore Wasonis, qui fuit episcopus Leodiensis ab anno millesimo quadragesimo 
primo usque ad annum MXLViil , dominus Hermannus , frater comitis de Los et archidiaconus 

' Ex cod MS. qui exstat in bib. Burg. Brux. 685 F. quique preefert in fronte : Brusthemii opera historic a. 



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APPENDICES. 721 

Leodiensis , ampliavit ecclesiam de Los ad honorem apostolorum Petri et Pauli atque S. Odul- 
phi confessoris , et in ea sex canonicos instituit , inque chori medio sepulturam accepit. 
Arnulphus , comes Lossensis , valde favit Frederico , qui fuit episcopus Leodiensis ab anno 
MCXVIII usque ad annum MGXXI, et hoc contra Alexandrum, qui vi et nobilium ope ac 
Henrici imperatoris excommunicati donatione episcopatum occupabat, minori parte cleri 
ipsi assentiente. 

Sub Alexandro , qui fuit sex annis episcopus et depositus in concilio Pisa? anno MCXXXV, 
fuit quaedam prodigiosa seu daemoniaca navis quae , innixa rotis ac magice agitata malign is 
spiritibus , attractu funium fuit Tungris inducta Los-Castrum. Ad quam omnis sexus appro- 
pinquans tripudiare et saltare cogebatur, etiam nudo cor pore. Ad earn feminae de mane stratis 
exilientes accurrebant , dum dicta navis citbarae et aliorum instrumentorum sonitu resonaret. 

Sub Rodulpho episcopo , qui fuit episcopus creatus circa annum MCLX , bellum inter Ge- 
rardum , comitem Lossensem , et ipsum episcopum. Gerardus , armata manu , oppidum ejus , 
quod Tungris dicitur, ingressus , domum episcopi quae proxima erat ecclesiae , cum ipsa ec- 
clesia succendit , hominesque praedatus est. Quo dolore stimulatus episcopus cum exercitu 
peditum militumque terrain ejus ingressus, villas oppidaque ej us ferro et flamma pene delevit. 

Sub Hugone de Pelraponte , qui fuit creatus episcopus anno MCC , cum Ludovicus , Los- 
sensis comes , contenderet ad versus ducem Lovaniensem propter trecensum S. Trudonis , ad 
episcopum Metensem pertinentem, suae quieti consulens, omnia castra sua videlicet Monte- 
naecken, Brusthemium, Hanutum et omnem terram suam quam libere tenebat, S. Lamberto 
tradidit, et super altare ipsius, vidente clero et populo, praesente episcopo Hugone, et duce 
Ardennae Henrico , et comite Alberto de Muha , legitima reportavit donatione et de manu 
episcopi in Dominium recepit. Episcopus autem Hugo praedicta castra et terram memoratam 
in festo S. Johannis saisivit. Imminente igitur messe, dux Lovaniensis ad pugnam suos invi- 
tavit , et obsidere oppidum S. Trudonis volens, in villa quae Landen vocatur suos papiliones 
statuit. Gomes vero de Los ad episcopum veniens auxilium petit, et episcopus tarn de terra 
sua quam aliena in auxilium comitis magnum congregat exercitum, quern in villa, quae 
Waremia vocatur, collocat , ubi dum per octo dies in villa exspectat belli gerendi occasio- 
nem , comes Namurcensis difficulter a partibus treugam impetrat , et sic uterque exercitus ad 
propria revertitur. Paulo post episcopus Hugo et Ludovicus, comes de Los,pontem, trajectum 
et aggerem , quern dux Lovaniensis exstruxerat , terrae adaequaverunt. 

Anno MGCXIII sub eodem Hugone , post devastationem civitatis a duce Brabantino factam , 
venerunt episcopo in auxilium , et pro sumenda vindicta de dicto duce , comes Hannoniae 
Ferrandus et comes Ludovicus de Los. Unde pacto fcedere episcopus et comes de Los ex uno 
et Ferrandus ex altero latere terram Brabantini ducis invaserunt. Deinde etiam, pro obtinendo 
triumpho B. Lamberti , apud Gustodiam de Steppes contra Brabantinum primus superadfuit 
cum viribus suis Ludovicus, comes de Los, cum fratre suo Henrico et cognatis domino de 
Heynsberch et domino Durachii. Die enim ante praelium, circa horam diei undecimam, 
sciens episcopus comitem de Los suum apud Montegnies congregasse exercitum , misit ad 
eum ut ei in crastinum hora prima cum suis occurrere festinaret. Quo facto profecti sunt 
inde et super Jecoram fluvium , in villa quae Glaons dicitur , fixerunt ten tor ia. Exercitibus 
Tom. II. 91 



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722 APPENDICES. 

congregatis , missisque exploratoribus , episcopo renuntiatum est quod in Custodia de Steppes 
requiescerent Brabantini. Ideo in prima noctis vigilia praesul misit praecones per totum exer- 
citum , ut universi surgerent et procedentes vexillum sequerentur beati martyris , ordinibus 
congregatis. Unde per duo proficiscentes milliaria , rarescentibus tenebris, lucem imminere 
conspiciunt; et ecce comes de Los et episcopus appropiantes amplexi suntinvicem, prae 
gaudio lacry mantes. Die autem Dominica venit exercitus in Custodia de Steppes , ubi dux 
cum suis nocte preterita fixerat tentoria. Qui super monticulum suas ordinavit acies, ut in 
exercitum Hugonis episcopi ex descensu gravius possent infringere, praecepitque dux ex 
suis militibus quinque pedites incedere , ut in comitem de Los repente irruerent et dejectum 
interficerent improvise. Dicebat enim : «Si comes v ictus fuerit, reliqui nobis resistere non 
valebunt. » Quod sic pene contigit, nam Brabantes videntes Leodienses paratos ad praelium , 
cum tanto impetu montis descenderunt crepidinem , ut eos procul retroque compellerent , 
prostrato quidem comite de Los ab iilis quinque militibus a duce ad id antea praeparatis. 
Quern fraterejus Henricus tunc clericus, propositus Trajectensis , prostratum considerans, 
in equum reposuit , aliquibus illorum interemptis , totumque pondus praelii versum est in 
comitem. Et secundo et tertio sic prostratum quum quidam de Leodiensi exercitu intuens , 
de securi quam tenebat voluit percutere , ipsum aestimans Brabantinum , sed mox ut vocem 
audivit clamantis : uEgo sum Ludovicus comes » , retraxit ille brachium et in equum comitem 
relevavit. Tunc dux Ardennae stans pro Brabantinis , ut timorem Leodiensibus et Lossensibus, 
qui in capite belli seu primo cornu stabant , incuteret : « Quid hie ultra moramini? inqult , 
praesul noster captus est et comes interemptus. » Quo audito , ipse comes : « Mentiris , ait , 
Deo, per fide, quia ego incolumis equo insideo et noster episcopus juxta nos est. » Verum 
tamen Lossenses timore tanti rumoris perterriti, aliquantulum retro redierunt, perseveran- 
tibus in praelio Leodiensibus et pro sua vita suorumque certantibus tarn acriter, invocato 
S. Lamberti nomine, ut Brabantini fuerint coacti terga dare, et ex ipsorum numero sunt 
tria et amplius millia interempti. Unde Lossenses iterum, audito rumore victoriae, velociter 
ad pugnam reversi sunt, et quia jam Leodienses adversarios caedendo et interficiendo , per 
milliare unum persecuti fuerant , dicti Lossenses mortuos invenerunt et spoliaverunt , et 
quidquid in plaustris hostium repererunt , spoliaverunt* Itaque ilia fuga profuit subsequen- 
tibus nocuitque praecedentibus. Sequenti vero die , cum Hugo episcopus vellet exercitum 
versus Lovanium dirigere, comes Lossensis fortiter institit ut oppidum , quod Leeuwes di- 
citur, primo dirueret. Gui rei annuens episcopus totam terram , quae ex hac parte attinet ad 
ducem eundo succendit , et sic ad Leeuwes pervenit. Tunc primo Trudonenses exierunt et 
villam Leeuwes spoliarunt , et quidquid in ea erat de lignorum materia , tarn aedificiis quam 
munitionibus , in usus suos transtulerunt, et etiam Hanutum ac alia oppida diruerunt. 

Deinde anno sequenti , inter episcopum et ducem Brabantiae , in purificatione B. Mariae 
Virginia, solvuntur treugae , quae pro medio circiter anno per intercessionem comitis Ferrandi 
fuerant concordats. Praedictus autem episcopus et comes Lossensis ad bellum iterum se prae* 
parabant, sed non multo post, videlicet pridie kal. Martii, dux Brabantiae inductus per 
comitem Flandrensem ad satisfaciendum episcopo , Leodium venit et tarn ipse quam tola 
terra sua absolutionem obtinuit. Ecclesiam intravit, crucifixum de terra relevavit , ante cor- 



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APPENDICES. 723 

pus B. Lamberti humiliter procubuit, et clericis cantantibus antiphoniam magna voce, ipse 
orationi incubuit. Inde surgens, praesentibus magnatibus qui ibi aderant, tain episcopum 
quam comitem de Los osculo pacis suscepit , et sic unde venerat redivit. 

Sub Adolpbo a Marcka , qui fuit factus episcopus anno MCCCX1I , per papam electi sunt 
in discordia duo reges Alemanniae seu imperatores, videlicet Ludovicus, dux Bavariae, a Mo- 
guntinensi et Treverensi archiepiscopis , rege Bohemia? et Volcomaro, marcbione Brande- 
burgensi , et Fredericus , due Austria? , a Goloniensi archiepiscopo , Rudolpbo , duce Bavariae , 
palatino Rheni , et a Rudolpbo , duce Saxon iae. Unde anno MCCCXV in festo Epipbaniae, Ludo- 
vicus fuit Aquisgrani coronatus ab archiepiscopis Moguntinensi et Treverensi , assistentibus 
ipsi rege Bohemiae, Gelrensi, Juliacensi et Lossensi comitibus. Fredericus autem alter rex 
Bohemiae ab archiepiscopo Goloniensi fuit coronatus , sed Ludovici potentia victus , regno 
injuste potiri non potuit , sed postea idem propter crimina et haeresim a Benedicto papa fuit 
excommunicatus et depositus. 

Anno MCGGXXXV1, sub eodem Adolpho a Marcka episcopo , in vigilia SS. Fabiani et Sebas- 
tiani , Ludovicus , comes de Los , obiit sine liberis. Gum vero , tempore Hugonis de Petra- 
ponte, Leodiensis episcopi, anno MGGII orta fuisset contentio inter Henricum, ducem 
Brabantiae , et Ludovicum , comitem Lossensem , propter trecensum S. Trudonis ad episco- 
pum Metensem pertinentem, quern dictus dux levare et usurpare volebat, sed dictus comes 
defendebat, quia advocatus S. Trudonis et mamburnus praefati episcopi appositus , jura dicti 
oppidi et episcopi observabat. Unde a praedicto duce guerra oppressus et interceptus , ita ut 
dux vellet ipsum ex suo comitatu fugare et exhaereditare ; quare praefatus Ludovicus, comes 
Lossensis , angustia cordis tactus , se traxit Leodium ad Hugonem episcopum et capitulum , 
et omnia castra sua, Los, Montenaecken , Brusthemium, Goelmont, Hasselt, et demum 
comitatum Lossensem atque terram , quam in partibus Hasbaniae libere tenebat , S. Lamberto 
tradidit , et super altare ipsius , vidente clero et populo , praesentibus Hugone episcopo et 
duce Ardennae atque Alberto , comite de Muha , legitima reportavit donatione. Deinceps con- 
silio sui capituli usus , episcopus dictum comitatum in feudum seu hominium ipsi Ludovico 
reddidit, conditione tali interjecta et observata , quod si eveniret ipsum comitem seu aliquem 
alium ejus successorem aliquo tempore in futurum absque haerede legitimo decedere , quod 
praefatus comitatus Lossensis devolveretur ad ecclesiam Leodiensem et ex tunc et inde fieret 
propria haereditas S. Lamberti , ut Leodium vel Hoium. Quod homagium et conditiones prae- 
dictas fecerunt episcopus et capitulum Leodiense post modum per imperatorem confirmari , 
quod patet per literas signatas sigillo auri quas capitulum habet penes se. Mortuo ergo isto 
ultimo Ludovico, episcopus Adolphus et capitulum Leodiense , ejus mortem intelligentes, prae- 
dictis rationibus dictum comitatum saisiverunt. Quod dominus de Heynsberch , primogenitus 
filius ex primogenita sorore praefati Ludovici comitis Lossensis mortui, percipiens, cum 
manu valida Hasselt intravit , et dixit quod dictum comitatum possideret post ejus avuncu- 
Ium , ut propinquus. Quod capitulum intelligens , contradixit , sed episcopus magis in corde 
suo favebat dicto domino de Heynsberch qui erat sororius suus et scriptus haeres a comite 
mortuo ; et ejus uxori , sorori suae ac suo nepoti ex ea progenito. Unde dictus episcopus , re- 
quisites a capitulo, ut possessionem comitatus caperet, respondebat pro sua excusatione se 



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724 APPENDICES. 

non esse viribus sufficientem ad sororium comitatu expellendum. Hanc ob causam , ne illam 
excusationem posset amplius praetendere , et ne forte testamentum comitis in favorem ne- 
potis confirmaret , capitulum nolens quod negotium propter defectum virium et pecuniae 
frustraretur, majoris partis consensu , permisit episcopum recipere quatuor millia floreno- 
rum de pecunia Mechliniae venditae comiti Flandriae anno MCCCXXXIII, mediante summa 
centum millium regalium , ita tamen quod comes ipsam in feudum semper ab ecclesia rele- 
varet. Quod sic etiam factum fuit. Patria etiam, habito super consilio, deer ev it petitionem 
capituli et diet am summam quatuor millium florenorum oblatam esse justam ad juvandum 
episcopum et ecclesiam, quanquam pauci de capitulo reclamarent, dicentes nihil ad eum 
effectum debere tangi de pecunia Mechliniensi , cum antea jurassent quod earn pecuniam non 
locarent in alios usus , nisi pro haereditate acquirenda , et ideo deberet aliunde desumi pe- 
cunia pro comitatu Lossensi recuperando et conservando. 

Nihilominus, expositis vexillis, cum hac pecunia exercitus proclamatur; homines vero comi- 
tatus timentes comburi rogaverunt comitem Gelrensem ut partes suas interponeret, quod 
possessio episcopo traderetur. Quo tractante, data est episcopo comitatus possessio, ea 
conditione ut omnes officiati in suis officiis sicut prius permanerent, et quod episcopus loco 
sui in comitatu superiorem poneret. El sic dominus Johannes de Landris ibi factus est epis- 
copi locum-tenens, qui cum se transferretad locum, nullus sibi voluit obedire, et sic episcopus 
possessionem perdidit sicut prius. 

Interea capitulum habet recursum ad Benedictum pontificem , ut de hac causa seu lite pro 
comitatu cognoscat, et ad eum effectum pro justitia obtinenda mittit Romam valentem virum 
dominum Anthonium de Bugella, cathedralem canonicum. Nolebat enim capitulum aut 
patriae paribus seu judicibus aut episcopis imperii hanc decidendam litem committere, quia 
aperte contra capitulum sentiebant magis faventes domino de Heynsberch. 

Papa ergo de causa informatus earn domino Petro Hispano cardinali tituli S. Praxedis ad 
judicandum injungit , qui citavit quam primum dominum de Heynsberch et omnes interesse 
habentes , ut per se vel responsales seu procurators ad litem seu judicium comparerent. 
Unde per papam fuit excommunicatus dominus de Heynsberch propter contumaciam et vio- 
lentiam factam ecclesiae Leodiensi de comitatu Lossensi , et dominus de Heynsberch quotidie 
in ecclesia ad aquilam denuntiabatur excommunicatus. 

Interim comes Hannonia? ad hoc intentissime laborabat quod processus papalis contra 
dominum de Heynsberch in suis manibus poneretur, alioquin pax esse non poterat, ut 
dicebat. Post verro multas disputationes habitas in capitulo, aliqua pars arnica domino de 
Heynsberch volebat processum pro lite dirimenda tradi comiti Hannoniae ; sed sanior pars 
hoc recusavit , contradicens ne processus facti super hujusmodi spolio per papam tradantur 
alicui alteri , nisi de consensu omnium de capitulo et de scientia magistrorum seu consulum 
villa? et consilii suae sedis. Quamobrem populus congregatus cum insignibus , decrevit comita- 
tum tradi non debere comiti de Heynsberch. 

Postea capitulum tradidit processus papales contra dominum de Heynsberch episcopo , ut 
illos custodiret et faceret debitum suum de ipsis , et ipse illos incontinenti tradidit comiti 
Hannoniae, in quern compromiserat , et in dominum Johannem, avunculum ipsius comitis, 



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APPENDICES. 725 

cui compromisso etiam multi de capitulo contradixerant. Hujus virtute compromissi pacem 
pronuntiavit idem comes Hannoniae et comitatum praedictum adjudicavit ad versa rio. Exinde 
major pars capituli assentiens decreto comitis, requisivit residuos, ut a denuntiatione 
excommunication is solemni, quae contra dictum adversarium quotidiefiebat, cessaretur. Quibus 
altera pars respondit : « si hoc fieret , viderentur comitis de dicto comitatu arbitrium con fir- 
mare » et allatis sufficientibus rationibus , omnes tunc praesentes , scilicet XV canonici , una- 
nimiter statuerunt quod praefata denuntiatio non cessaret. 

Imperator etiam Ludovicus Bavarus tenebat partes domini de Heynsberch et omni modo 
conabatur praesens in capitulo canonicos in favorem domini de Heynsberch attrahere , cum 
ipse etiam episcopus in animo magis suo sororio domino de Heynsberch faveret , et idcirco 
multi de capitulo corrupti cum Caesare stabant. Nihilominus , ne super comitatu praedicto 
adversarii vigore decreti seu arbitrii comitis Hannoniae apud papam possent aliquid impe- 
trare , nocivum capitulum induxit episcopus ad scribendum papae et ccetui cardinalium , ut 
causam totam apud se retineret , et de ea ad flnem et sententiam definitivam usque cognos- 
ceret. Papa igitur, causa cognita, scribit episcopo et capitulo, ut sequitur * : 

n Benedictus episcopus , servus servorum Dei , dilectis filiis decano et capitulo ecclesiae 
Leodiensis salutem et apostolicam benedictionem ad Leodiensem ecclesiam sinceram gerentes 
in Domino charitatem circa recuperationem et defensionem jurium et bonorum ad eamdem 
spectantium, libenter quantum cum Deo possumus favorem apostolicum impertimur. 

» Ut igitur venerabilisfrater noster Adolphus, episcopus Leodiensis, super retentione plenae 
custodiae comitatusLossensis per eumdem tenendae, ex definitione hominum ecclesiae praedictae, 
donee controversia quae inter vos ex parte una et dilectum (ilium nobilem virum , Theodori- 
cum, dominum de Heynsberch, affinem ejusdem, vertitur, fuerit terminata, se exhibeat 
virum strenuum , verbo utilem et operibus efficacem , eidem episcopo post salutationis allo- 
quium, scribimus in haec verba. 

» Super speculo militantis ecclesiae divina providentia constituti , continuis vigiliis angimur 
et continua meditatione pulsamur , ut per sollicitudinis nostrae studium et diligentiae inter- 
ventum , ecclesiarum praesules illarum regimina laudabiliter gerant , earumque profectibus 
diligenter intendant , ipsarumque jura ab invasorum manibus quae sua sunt quaerentium 
nonque Dei , utiliter tueantur , ut eidem ecclesiae praesidentium tepiditate non langueant , et 
damna gravia in eisdem juribus non incurrant. Sane processus per te habitos circa apprehen- 
sionem custodiae , possessions et francisiarum aliorumque locorum comitatus Lossensis ad 
ecclesiam Leodiensem per obitum quondam Ludovici, comitis Lossensis, qui dictum comitatum 
a praedicta ecclesia tenebat in feudum, sine liberis decedentis , legitime devolutum, sicut 
dilectorum filiorum capituli ejusdem ecclesiae fide digna relatio nostro apostolatui patefecit , 
super eo videlicet quod custodiam et possessionem comitatus singulasque francisias aliaque 
loca ipsius ad manus tuas recepisti per te tenenda , ex definitione hominum ecclesiae tuae, quo 

1 Chapeaville, t. II, p. 432, rapporte semblablement une lettre de Bdnoit XII a Adolphe de la Marck, 
maU elle n'eat poor ainti dire qu'un abrtfge* de celle-ci j elle eat en outre d'une date diffgrente [Avenione 
8 kal. ftovemb. pontif. nost, annosecundo). 



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726 APPENDICES. 

usque controversia quae supradicto comitatu inter dictos, capitulum ex parte una et dilectum 
filiumnobilemvirumTheodoricum, dominum de Heynsberch , affinem tuum ex altera vertitur, 
fuerit terminata , ac antiquis officiatis in dicto comitatu per dictum comitem defunctum con- 
stitutis exinde remotis , in locum eorum alios officiates in dicto comitatu surrogasti , recogni- 
tionem quoque et promissionem obediential a populis, militibus et armigeris dicti comitatus, 
ratione hujusmodi possessionis seu custodiae recepisti , plurimum in domino commendamus. 
Yerum quia praemissa per te realiter, non verbaliter tantum , ac pure et non ficte , omni ter- 
giversatione et simulatione remotis , fieri affectamus , ut super his nee nobis , qui hujusmodi 
negotium cordi gerimus , nee eidem ecclesiae, cujus proprium interesse versatur (quod absit) 
illudatur , fraternitatem tuam requirimus et hortamur , attente tibi sub attestatione divini ju- 
dicii districtius injungentes, quatenus prudenter intendens, quod ecclesiae tuae turn ratione 
pontificalis officii, turn religione jurisjurandi per te praestiti obnoxius es astrictus, quod super 
praemissis agere ut prima facie praesumatur laudabiliter incepisti , laudabilius cum affectus 
efficacia absque aliqua fictione prosequens, et ad plenam et debitam executionem deducens , 
tanquam bonus praesul ostendas circa ejusdem ecclesiae commoda in verbo utilem et in opere 
efficacem , non adhaerendo consiliis et persuasionibus quorumcumque in hac parte quaeren- 
tium commoda propria cum ejusdem ecclesiae et etiam tui honoris detrimento. Sed hujus 
modi persuasiones et consilia in offensam divinam tanquam reprehensionem et famae diminu- 
lionem redundantia a te prorsus abjicias et repellas , ut omnia super praemissis adversus te 
suspicionis cesset occasio. Quod si (quod absit) ex aliqua tepiditate vel claudicatione eorum, 
quae super his agenda imminent contra te , occasione conjunct* affinitatis quam habes cum 
nobili memorato , vel alias forsitan oriretur famae tuae celebri quam ex persecutione et 
strenua defensione jurium ejusdem ecclesiae in pluribus per te hactenus magnifice et utiliter 
gestis dignis laudibus acquisisti , non modicum derogaret ; nosque et sedes praedicta , si 
tepiditatem et claudica tionem hujusmodi (quod Deus avertat) ex conjecturis verisimilibus 
sentiremus , cum talia procul dubio nos latere requirent , non possemus salva conscientia nee 
etiam ea-debemus sub dissimulatione transire, quin ilia anfmadversione debita punientes, 
indemnitati ejusdem ecclesiae providere aliis remediis opportunis studeremus. Vos igitur in 
praemissis et aliis respicientibus utilitatem ejusdem ecclesiae, ad quam, sicut habet multorum 
proborum fide digna relatio , dictus comitatus per mortem comitis defuncti sine legitimis li- 
beris decidentis est legitime devolutus , remotis quibuslibet partialitate et carnalitatis affectu, 

et lucro quolibet alio temporali, ad solum Deum cujus obsequiis considerationem et 

respectum habentes in defensione et retentione custodiae et possessionis comitatus ejusdem 
impendatis, similiter prout expedire videritis utilitati ejusdem ecclesiae opportunae diligentiae 
vestrae partes , eumdem episcopum ad manutenendum , prosequendum et conservandum , 
quod cepit , sollicitis instantiis inducentes nobis vestris literis absque adulatione vel tepi- 
ditate cujuspiam veraciter rescripturi, qualiter praefatus episcopus circa praemissa non solum 
ejusdem ecclesiae Leodiensis intuitu , sed etiam propter apostolicae requisitions et jussionis 
instantiam laudabiliter et efficaciter studuerit , se habere ; pro firmo sciatur , quod si omnes 
vel aliqui vestrum recte et sincere circa praemissa respicientia evidentem utilitatem et ho- 
norem ecclesiae vestrae , pro ut tenemini , non studueritis , per omnia ambulare , sed in hac 



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APPENDICES. 727 

parte deferred* aliquibus contra Deum; negligentiam , imo verius nequitiam talia faciendum 
animadversione debita curabimus castigare, quod hujusmodi perversitas sive dolus transibit 
aliis in exemplum. Datum Avenione x Kal Junii, pontificates nostri anno tertio. » 

His Uteris papalibus excitatus episcopus , possessionem comitatus praedicti iterum appre- 
hendit , sibi nemine resistente , saisiendo castrum de Goelmont , omnes officiates qui reman- 
serant amovendo, novos instituens, per quos fecit suo nomine judicari , ut tunc videbatur. 
Sed totura adhuc flcte fuit factum , cum episcopi animus magis erga sororium quam bonum 
patriae afficeretur. Processus interim in curia romana pro hoc comitatu diu ventilantur , in 
quibus est etiam praecipue notandum quod praefatus dominus Theodoricus de Heynsberch 
comitatum de Montegny, firancum allodium comitatus Lossensis, sibi alio majori jure et titulo 
voluerit retinere , ex eo quod dum tempore Hugonis , anno MGCII , comes Lossensis de suo 
comitatu homagium et relivium episcopo et capitulo fecisset , eum contractual adjecerat , ut ' 
semper in dominio de Montegny secundum legem feudalem sui proximiores haeredes succede- 
rent. Quibus allegatis , capitulum respondit in lege feudali proximiores haeredes intelligi pro 
masculis , exclusis feminis , et ob earn causam dictus dominus de Heynsberch non debere cen- 
sere in hoc franco allodio haeredem, cum non a fratre , sed sorore comitis defuncti , proge- 
nitus descenderet. 

Inter has lites, anno MGGGXL1V , obiit in Novembri episcopus Adolphus a Marcka in castro 
de Clermont, intestatus quia infinitis debitisobligatus , et in ejus locum est electus ejus ex fra- 
tre nepos Engelbertusa Marcka, propositus Leodiensis , in vigiliabeatiMathiae annoMGCGXLV. 

Sub hujus Engelberti tempore , etiam obiit anno MGGGLXI Theodoricus ab Heynsberch , 
Lossensis comitatus contra ecclesiam Leodiensem perpetuus assertor et inimicus , sepultus 
non in sepulcro majorum , quod in celebri monasterio de Herkenrode situm erat, sed Hasleti 
in monasterio Augustinensium , honesto quidem sed profano loco, eo quod excommunicatus 
esset ob aes alienum , quod in asserendo comitatu Lossensi contraxerat nee dissolverat. Huic 
cum unicus esset filius , ex sorore domini Adolphi a Marcka olim episcopi , ilium libenter 
comitatus haeredem reliquisset ; verum cum eum Deus ex hac luce praematura morte evocasset 
dominum de Daelembroeck et Heynsberch, propinquum suum , scripsit haeredem. Is igitur ad 
vigilandum ratus et causam resumens in Stockhemiensem, primariam totius comitatus arcem , 
et alia vicina oppida, quantocius se ingerit , et ab incolis fidelitatis juramentum exigit. Quod 
audiens Engelbertus conventum patriae ad diem XXV Aprilis anno MGGGLXI commovit nos- 
traeque ecclesiae proposuit , ubi unanimi consensu bellum contra dominum de Daelembroeck 
decretum et proclamatum fuit , quamvis non deessent qui clam partibus domini de Daelem- 
broeck faverent, inter quoa Guilielmus de Corum, civium tunc temporis magister, qui , nescio 
quibus tergiversationibus , civium animos a bello avertere studebat. Sed vicit Dei et ecclesiae 
causa flagransque episcopi et populi stadium. Igitur Engelbertus copioso luculentoque 
Leodiensium , Hoyensium , Dionantensium , Trudonensium , Fossensium , Tudinensium , 
Bulloniensium, Hougardiensium ad quinquaginta , ut ferebatur , hominum millia exercitu 
coacto , primum Hasletum , Blisiam et vicina loca , nullo resistente , capit , eaque brevi tem- 
pore milite caeterisque ad tuitionem necessariis munit. Mox XXVII Maii devenit (?) noctuque 
profectus acies Stochemium dirigit. 



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728 APPENDICES. 

Hujus exercitus duces erant comes Cliviae , comes Marcanus , Everardus Marcanus , episcopi 
frater , sancti Lamberti vexillum praeferens , dominus Johannes de Flemael et dominus Ludo- 
vicus de Marotea , civium id temporis magistri. 

Ex adverso guhernabant acies domini de Daelembroeck plurimi slrenui milites patriae Cli- 
viensis, qui, magna celeritate capta Stochemiensi arce, ferro flammisque agrum Masecanum, 
Breensem , Hornensem vicinaque loca , veluti sibi infesta et rebellia , depopulabantur , et 
octoginta praecones , quos episcopus praemiserat, ut loca castris excipiendis opportuna explo- 
rarent , indignis modis obtruncarunt. 

Accensis igitur tarn atroci caede militum episcopi animis, Masecam properavit. Primo 
diliculo appellunt vicina, in planitie castra metantur, nibilque quod ad deditionem acceleran- 
dam posse facere videbatur, negligunt; itinera iutercludunt, murorum fossas magna arborum 
undique congestarum vi replent , aciem magna fiducia adoriuntur , auget spem quod non- 
nulli vicinis ex agris capti deditionem mox futuram argumentis minime vanis adstruebant. 
Igitur XXVII die ab obsidione, exorta in arce inter milites dissentione, incolumitatem cor- 
porum pacti , arcem episcopo reddiderunt. Mox sacrum S u -Lamberti vexillum arci infertur 
et moenibus eminentiori loco spectandum explicatur , subsequitur cum reliquis principibus 
episcopus. Ea nocte dicitur dominus de Daelembroeck episcopo omni juri, quod ad comitatum 
Lossensem praetendebat , cessisse, fide jurejurando interposito data, se nunquam nomen co- 
mitis usurpaturum, quod tamen minime fecit. Die altera praesidiariis aliisque ad defensionem 
opportunis ibi relictis, episcopus versus Masecam, Bream et vicina loca procedit, cui omnes 
laetis animis obviam procedunt , futurum sibi promittentes , ut ab episcopo ej usque capitulo 
lenioribus deinceps vectigalibus quam nuper a secularibus dominis gravarentur. 

Interea Arnoldus de Rumnis a domino de Daelembroeck , affine suo , seu de jure seu de 
viribus suis desperante , quidquid ille juris ad comitatum praetendebat pecunia comparavit , 
anno salutis humanae MCCCLXIII. Existimabat nimirum hie opibus quibus abundabat , ope 
quoque et auxiliis de Awans cognatorum suorum , posse episcopi patriaeque Lcodiensis po- 
tentiae resistere , quod dominus de Daelembroeck , hujus modi praesidiis destitutus , baud 
poterat. 

Domino igitur de Rumnis offensus episcopus conventum patriae indicat. Iniquam indignam- 
que comitatus emptionem proponit. Omnium suffragiis emptio damnatur et bellum domino 
de Rumnis indicitur. Hoc primo a se amoliendum et jure non armis agendum censens, do- 
minus de Rumnis Wilhelmumde Hamalia, suum ex sororenepotem, ad imperatorem Carolum 
Pragam misit , qui de injustitia episcopi quaeratur eumque in jus vocari procuret. Episcopus 
contra abbatem Novi-Monasterii Hoiensis , virum consultissimum ad Caesarem ablegat , sed 
sero , jam enim dominus de Rumnis animos consiliariorum auro demulserat et non procura- 
torem sed dominum ipsum debere se imperatori sistere decern i obtinuerat. 

Itaque episcopus, splendide LX equitum comitatu ad Caesarem profectus, a Coloniensibus , 
Treverensibus , Moguntinensibus , tandemque ab ipso imperatore Pragae honorifice excipitur. 
Auditis hinc inde partibus , censct imperator episcopum in possessione defendendum , donee 
Rhenum descendens plenius de jure statuerit. Interea Adolphus a Marca, episcoporum 
Adolphi et Engelberti nepos , comes Cliviensis factus, archiepiscopatum Coloniensem ad 



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APPENDICES. 729 

manus summi pontificis reposuit , qui Engelberlo , seni bene merito et multis bellorum mo- 
lestiis laboribusque fracto , ilium con tu lit. Itaque Engelbertus , hac occasione Leodiensibus 
maximo sui relicto desiderio , Coloniam profectus est. 

Sede Leodiensi vacante , dorainus de Rumnis opportunum tempus nactus , comitatum Los- 
sensem non amplius jure sed arrais lacessit. Quare oppidum de Herck non parva militum 
manu ingressus,,ab incolis juramentum fidelitatis exigit, jura praescribit, et missis circum- 
circa per vicos edictis, comitem se scribit. His forma confestim Leodium delatis , quatuor ec- 
clesiae Leodiensis canonici, com muni capituli decreto , mil item in Hasbania cogunt, Hasletum 
praesidio muniunt , oppidum Herkense a domino de Rumnis captum obsidione cingunt , omni- 
que macbinarum genere adoriuntur. His dominus de Rumnis territus , clam sibi fuga consu- 
luit, moxque ejus exemplo prasidiarii se dederunt, exquibus duces duo capite plectuntur, 
reliqui numero octoginta carceribus mancipantur. Inde Leodienses castrum deHamal domini 
de Rumnis nepotis concremant. 

Vacante interim per depositionem Engelberti episcopatu , Johannes de Arckel , vir magnis 
animi corporisque dotibus prastans , erat Avenione in curia Urban i quinti pontificis, ut con- 
troversiam , quam cum capitulo suo Ultrajectensi habebat , componeret. Hujus virtu tes et 
rerum, tarn pacis quam belli tempore, experientiam cum notasset Urbanus pontifex, dignum 
duxit quern, ad episcopatum Leodiensem , multis jampridem bellorum motibus quassatum et 
tantum non eversum , proveberet. 

Igiturcum jam XXIII annis episcopatum Ultrajectensem sumraa prudentia administrasset , 
praediis auxisset , sere alieno liberasset , ornamentis ecclesiasticis ac privilegiis condecorasset, 
illi valedicit; nee multo post tempore, splendido ducis Gelriae, comitisWarneburgii et domini 
Ottonis de Arckel aliorumque sanguine conjunctorum et magnatum comitatu , Leodinam ur- 
bemingressus est, penultima Junii ,'anno post Christum natumMCCGLXIV, moxque a capitulo 
in sedem episcopalem collocatur, et magna omnium ordinum congratulatione , in episcopum 
et principem Leodiensem inauguratur. Dum hoec communi omnium Isetitia peraguntur, do- 
minus de Rumnis et dominus de Hamalia , quos comitatus Lossensis adhuc cura coquebat , 
non exiguam militum manum circa Gravenbroeck instruunt , oppidum Beringense obsident , 
frequentibus assultibus impetunt , sed omnia incassum , nam incolae eos et ab urbe fortiter 
arcent , et magno robore inseculi fundunt fugantque. 

Gonstituerant jam patriae ordines, ad comprimendam domini de Rumnis insolentiam, cas- 
trum ejus demoliri, nisi dux Brabantiae, pro amicitia quae illi cum episcopo defuncto erat, per 
legatos in Herck et Halen missos intervenisset institissetque ut controversia haec in eo statu 
quo reliquerat earn imperator, aliquantisper depositis armis remaneret, vel pax aequis condi- 
tionibus componeretur ; verum multis ea de re habitis tractatibus, res in annum sequentem 
protracta fuit. Interea Trudonenses ordinibus patriae significant quemdam ministerii macella- 
riorum, eorum civem, a praesidiariis de Rumnis letha liter vulneratum, quod Leodiensi um ani- 
mos grav iter exarsisset ; quare omni pacis induciarumque spe deposita , episcopus et patriae 
ordines castrum de Rumnis evertendum decernunt et sine mora omnia ad expeditionem ne- 
cessaria comparant. 

Lambertus de Upey, miles strenuus , sacrum B. Lamberti vexillum in medio ecclesiae Leo- 

Tom. II. 92 



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730 APPENDICES. 

diensis cumbenedictioneemanu episcopi, more prisco , accipit ipsa vigiliaB. Laurentio dicata. 
Prodeuntem sequuntur ordine Leodienses , jHoienses , Dionantenses, Tudinenses, Fossenses 
et alii plurimi omni telorum gen ere armati. Igitur ipsa S. Laureotii die , castrum accensis 
infestisque animis adoriuntur : praesidiarij , auxiliis Wenceslai Brabantiae ducis fisi , magno 
animo se defenduat, sed cum ea totis novem hebdomadis frustra exspectassent , Leodienses- 
que, fossis jam repletis, vicino ex loco variis arietibus muros castri priores concuterent, 
turresque subverterent , terrore perculsi , nulla pactione facta , se castrumque voluntati nos- 
trorum dediderunt. Unde praefecto capite plexo, reliqui numero octoginta in castro Mohano 
custodian traditi, vitam pecunia redemerunt. Muris deinde turribusque solo requatis, Leo- 
dienses redes spoliant creteraque omnia igne injecto concr.emant , ipso die S. Calixti. Uxor de 
Rumnis , audita tanta castri et domus sure clade , triads contendit in Flandriam (erat enim filia 
naturalis comitis Flandriae) ubi non multis post diebus mcerore contabuit , nee multo post 
dominus de Rumnis in graves cum comite controversias incidit , eo quod dotem uxoris sibi ab 
eo promissam consequi non posset. Quare cum difficultatibus implicitus nee jure nee armis 
extricare se posset, deficientibus difficillimo illo tempore amicis facultatibusque , ad cle- 
mentiam benignitatemque episcopi et capituli recurrere proponit. Quod et fecisset prius , nisi 
uxor ejus magnanima plus justo, potential patris comitis Flandriae ducisque Brabantiae Gsa, 
maritum, quo minus cum episcopo conveniret , vivens omni conatu impedivisset. Igitur anno 
MCCCLXVII domini de Rumnis et Hamal , tot perpessis belli calamitatibus exhausti , orato- 
ribus ad episcopum capitulumque missis , rem omnem jure cognoscendam tenninandamque 
obtulerunt; quare habito in capitulo Leodiensi ea de re colloquio, cum dominus de Rumnis et 
Hamal eorumque oratores et advocati ab episcopo et canonicis aliisque ecclesire Leodiensis 
primoribus viris clementer benigneque saepius auditi fuissent , conventum est ut eis tria fio- 
renorum millia , quoad viverent , per episcopum et capitulum quotannis penderentur ; ipis 
vicissim omni juri et actioni sibi ad comitatum quomodolibet competenti renuntiarent , lite- 
rasque et documenta qurecumque comitatum concernentia (ideliter restituerent ; et sic omni* 
tandem de comitatu Lossensi controversia cessavit. 

Ab eo autem tempore semper mansit sub episcopo comitatus ac si sub comite laico adbuc 
regeretur, et independenter et distincte quasi separatus, non ut membrum patriae Leodiensis, 
omnia jura sua, statuta, consuetudines et usus primaevos ac laicales, ut sub comitibus, sem- 
per retinuit. Quod etiam ratum et confirmatum fuit in plena congregatione trium statuum 
patriae Leodiensis anno MDXXil , unde tenor hie sequitur : 

«Nos praepositus, decanus et capitulum, comites, barones, etmilitares, nee non burgi- 
magistri, consul es et deputati civitatis et oppidorum Huyensis, Dionanti, Tudini, Covini, 
Fossarum, S. Trudonis, Tungrorum, Los-Gastri, Hasselt, Maseyck, Stochem, Bilsen et reli- 
quorum omnium patriae Leodiensis et comitatus Lossensis , tres status reprresentantes , in 
bac publica dieta insimul in loco capitulari ecclesire Leodiensis , in quo dietre statuum ser- 
vari consueverunt , dum hree fierent, solemniter congregati;notumfacimusuniversis prresen- 
tium inspectoribus , quod cum ultra centum annos, et tempus hominum memoriam excedens, 
comitatus Lossensis ex legitimo titulo ad ecclesiam Leodiensem devenisset , et bonre memoriae 
dominus Johannes de Heynsberch , dum vixit , episcopus et princeps noster, juri sibi ex titulo « 



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APPENDICES. 731 

successions ad praetactum comitatum competent!, in favorem ejusdem ecclesia cessisset ; 
idem comitatus tam in titulo quam juribus , statutis et usibus antiquis, a patria Leodiensi, 
omnimodo distinctus remansit, omniaquejura, statu ta, consuetudines etusus, primaevos ac 
laicales (quibus , dum a comitibus laicis teneretur, rectus et gubernatus fuit) interim reti- 
nuit, illisque et secundum ilia per episcopos pro tempore , ut comites laicos , rectus et gu- 
bernatus fuit : ita et taliter quod episcopi pro tempore existentes post eorum ad episcopates 
assumptionem , ac in civitate et reliquis patriae Leodiensis oppidis factam intronisationem , 
necessario debent specialem intronisationem in capitali ipsius comitatus oppido Lossensi , ut 
comites laici, facere et, ut tales, speciale ac distinctum juramentum coram summo ecclesiae 
Lossensis altari deobservando et intertenendo ipsius comitatus jura, privilegia, libertates et 
consuetudines antiquas , solemniter praestare ; iidemque episcopi se comites Lossenses , dis- 
tincto et expresso titulo , interim semper et continue tam in privatis quam publicis scrip- 
turis et actibus nominarunt et scripserunt, ac ab aliis scripti et nominati fuerunt, nee non 
ad quaelibet beneficia juris patronatus comitis Lossensis, sub titulo comitis et ut patroni laici 
praesentarunt, et tales praesentationes suum effectum sortiri consueyerunt ; quodque comi- 
tatus ipse suos barones , militares et vasallos ac eorumdem locum tenentem et curiam feuda- 
lem divisim et separatim a patria Leodiensi et curia episcopi babuit et obtinuit : qui quidem 
vasalli in investitura feudorum suorum juramentum fideb'tatis comiti pro tempore existenti et 
sub titulo comitis babent praestare; quodque idem comitatus suas semper interim justitias et 
tribunalia alta ac bassa , nibil commune cum justitiis patriae Leodiensis aut episcopi haben- 
tia, conservavit, adeo et tam stride , quod a dictis justitiis ad episcopos aut eorum consilium 
et seu capitate judicium scabinorum civitatis Leodiensis (prout tamen a justitiis , quae de patria 
Leodiensi existunt, fit et usitatur), aut ad metropolitanum seu alios superiores ecclesiasticos 
non potuit nee consuevit appellari ; neque episcopi pro tempore in patria Leodiensi , aut 
alibi , extra limites dicti comitatus illius incolis jus dicere; sed necessario semper habuerunt 
et adbuc de praesenti babent dictum comitatum personaliter accedere, et ibidem ut comites 
laici , et prout tales ante comitatus devolutionem ad ecclesiam consueyerunt in loco de Cu- 
ringhen (qui aula comitis dicitur) una cum nobilibus et militaribus dicti comitatus , coram 
tribunal! in propria persona sedere , et judicium capitale tenere , debuerintque et debent 
necessario in eodem loco nocte praecedenti ante diem placitalem pernoctare ; ibidemque et in 
juslitia immediate inferiori de Vliermael , suppresso titulo episcopi , et expresso titulo comitis, 
propositions et responsiones fieri, ac actus judiciales concipi et expediri consueyerunt, 
prout hodie adhuc remanet , retinet , regitur, gubernatur , nominat et nominatur , praesen- 
tat, habet, obtinet, conseryat, appellarique et jus dici non potest, proponiturque , respon- 
detur, concipiuntur et expediuntur ; quin imo idem comitatus , absque ulla tituli aut jurium 
et institutionum laicalium antiquarum suppressione seu confusione integer , distinctus et illae- 
sus permansit , neque primaeyam suam naturam mutayit. Quae omnia et singula , quoniam 
vera sunt , et his in partibus publica , notoria et manifesta , praesentes literas in testimonium 
veritatis fieri, sigillisque capituli Leodiensis, nee non nobilis et illustris viri Everardi de Marca , 
comitis de Arenburcb , ac civitatis Leodiensis nomine , et pro parte , ac ad requestam trium 
statu urn praedictorum , jussimus communiri a spectabili viro magistro Willebrordo Mathaeide 



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732 APPENDICES. 

Eversal , legum doctore, praemissi dedarationem, reoordium ac attestationem , ad aeternam rei 
memoriam , nomine et pro parte sacra Cassarese majestatis ac regiminis Romani imperii , et 
pro eorum interesse , juriumque ac dominorum laicalium conservatione, instantius a nobis 
petente ac requirente, sub anno a Domini nativitate millesimo quingentesimo vigesimo se- 
cundo, mensis Julii die sexta. Sic signatum per reverendos, nobiles ac spectabiles dominos 
meos dictorum trium statuum patriae Leodiensis et Lossensis. H. Knerinx. n 



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LECONS DIVERSES 



ET 



OBSERVATIONS SUPPLEMENTAIRES. 



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LECONS DIVERSES 



OBSERVATIONS SUPPllMENTAIRES. 



P. ixfv. Quant paten* virent Gormund mort. 

Suivant la regie il faudrait ^crire paten sans s, mais la regie nest pa* 
obserr^e dans le manuscrit , comme dans le vers qui suit : 

V. 1 2972. Entrirent cil puien Redoi*. 

II vaut mieux lire , malgr£ Roquefort , paten redois; redois est une epitbele 
plut6t qu'un nom de peuple. 

P. glxxvi. Manuscrit* de Turpin. 

Consul ter ce qu'en dit M. H. Piers, dans le catalogue des manuscrits de 
S'-Omer, qu'il a ins&r£ au tome III des Memotres de la societd des antiquaires 
de la Morinie (1836), pp. 146-148. M. Piers regarde Roland comme un 
anoien gvuverneitr de la Morinie* 

V. 21098. EtHuedeBove 



L'orthographe du temps demande Hues > mais cette faute , si faute il y a , 
se retrouve encore ailleurs , par exemple au v. 21201 . 



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736 LECONS DIVERSES. 

V. 21851. Et li rois Othe, k la par soume. 

Ou mieux par soume, comme au v. 22938 et autre part. 

V. 20047. Dont trest li rois de France lors 
Tout droit al castel de Gizors. 
Ghilebiers de Gascuel i fu 

La Notice historique de M. A, Deville , sur le chateau de Gisors y durant la 
domination normande, m£moires de la soci£t£ des antiqu aires de horhandie, 
ann& 1835, t. IX, pp. 328-356, rapporte cet £vlnement d'apr&s Roger de 
Hoveden (pp. 352-53). 

P. 70S. Lieu de naissance de Pierre PErmite. 

Les incertitudes sur le lieu de naissance de ce promoteur de la premiere 
croisade doivent cesser, si Ton sen rapporte a un dipldme que nous avons 
trouy^ chez le libraire De Bruyn , a Malines. C'est une reconnaissance , con- 
firmation et rehabilitation de noblesse , en tant que de besoin , accord& par 
le roi Philippe IV, a Jacques Lhermite, receveur du conseil d'etat des pays 
d'en bas et de Bourgogne , entretenu au chateau d'Anvers , et a son fr&re , 
Antoine Lhermite } licencte en droit, domicilii a Malines; grande feuille de 
parchemin, comme tous les dipldmes de cette espece, portant au centre des 
armoiries colori&s, mais qui ont souffert, et offrant tous les caract&res de 
l'authenticit£. II enr&ulte que Pierre Lhermite £tait bien r&llement d'A miens , 
qu'il fyousa une fille de la noble maison de Roussy, et que sa post£rit£ s'est 
continuee sans interruption jusqu'aux imp&rans , qui , depuis lui , ont form£ 
la seizieme generation. Voyez des details a ce sujet, dans le Bulletin de la 
Commission royals d'histoire, t. II , n° 1 , et 4aqs celui de FAcad&nie, 4 no- 
vembre 1837. 



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ADDITIONS, 



Tom. II. 93 



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ADDITIONS. 



TOME I« 



Page i. — Bibliographic historique. 

Notre Bibliotheque historique do la Belgique, qui est sous presse, contient des renseigne- 
mens sur les travaux analogues entrepris avant nous. 

Page nt. — Jacques Meyer. 

Ilaun article dans Fouvrage de M. S. De Wind, intitule : Bibliotheek der Nederlandiche 
geschiedschryvers, Middelburg, 1831 et suiv., I, D. 137-142, 537-38, et dans les Notices 
biographiques , par M. Coomans aine , Gand, 1836, n° 1 , pp. 23-26. 

Page xxvi n. — Bataille de fVoeringen. 

La brochure sur l'anniversaire de la bataille de Woeringen , a &6 citle par M. Willems , 
dans Fintroduction de Van Heelu. 

Page xxx. — Literature du XVII* stick. 

Dans ce passage nous avons repr&ente" en peu de mots la decadence Ktte>aire de la Belgique 
a la fin du XVII* si&cle. C'est un fait hors de contestation , dont tout le monde etait convenu 



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740 ADDITIONS. 

jusqu'ici et qui a 6te exprirae avec bien plus de force que par nous , dans le Discours prelimi- 
naire des Ancient memoires de V Academic. Cela n'empeche point que l'auteur des Lectures 
pour servir a Vhistoire des sciences, des lettres, des tnceurs et de la politique en Belgique, ne 
nous ait donne* la-dessus un dementi. Permis a lui d'avoir une opinion contraire a celle de 
tout le monde , mais ce qui passe la mesure , c'est qu*a propos d'un travail entierement 
consacre* a signaler les moindres travaux des ecrivains beiges, il nous accuse de nous liguer 
avec les Strangers qui calomnient et avilissent lepays ! L'auteur des Lectures nous a sans doute 
tnallu ou il n'aura pas voulu nous com prendre. Fidele a notre coutume de ne jamais repondre 
aux critiques malveillantes et personnelles , nous n'aurions pas reieve* celle de l'auteur des 
Lectures , s'il ne l'avait fait peser sur la Commission royale d'histoire tout entiere , puisque 
ce serait avec son approbation que nous aurions calomnie* un pays dont nous nous occupons 
depuis vingt ans a recueillir les titres a l'estime de l'Europe ! Ce n'est pas tout, M. G., dans sa 
libcValite' , nous delivre , ainsi qu'a bien d'autres , un brevet d 1 ignorance. Nous l'acceptons en 
toute humilite , persuade que les etudes les plus opiniatres n'aboutissent en dernier resultat 
qu'a fort peu de chose ; ce que nous croyons pourtant ne pas ignorer, c'est le respect de la 
verite* et des convenances. Ces aminites littcraires sont peut-etre dans le gout des Scaliger et 
des Gasaubon. Toutefois Ton n'est ni Gasaubon ni Scaliger, par cela seul qu'on manque de 
politesse et d'dquite\ Au surplus nous avons merite* le traitement que nous inflige M. G., 
puisque c'est sur notre rapport et notre demande expresse que le gouvernement a accorde 
un subside pour couvrir les frais de sa publication. 

Page xxxi. — Le libraire Ermens. 

La liste des publications de ce libraire , que nous avons inserce dans la Biographic univer- 
sale, est completee dans notre Bibliotheque historique* 

Page lxvii. — Charles Fan Hulthem. 

M. A. Voisin a ecritsa biographie (Notice, etc., Gand, J. Poelman, 1887, in-8° de 70 pp., 
avec un portrait). La datede sa mort a ete mal marquee dans notre Introduction , au 16 de- 
cembre 1883 ; il faut lire 1832. 

Page lxxvi. — Henri Delmotte. 

Get ecrivain a ete enlevd, dans la force de l'age, aux lettres et a ses amis. M. Hennebert, au 
nom de la Sociiti des bibliophiles de Mens , lui a rendu un noble hommage , en ecrivaot sa 
Notice biographique et litteraire; Mons , Hoyois , 1886 , 42 pp. in-8° et un portrait. 

Page lxxxiv. — La hanse teutonique et M. J. J, Altmeyer. 

Get ecrivain , auteur d'un livre remarquable sur la philosophic de l'histoire, a lu au congre* 
scientifique de Liege , en 1836 , une Histoire de la hanse teutonique, dans ses relations avec la 
Belgique, eevdebelge; Liege, 1837, pp. 155-179. 



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ADDITIONS- 741 

Page xc. — Anciennts langues des Beiges* 

Le systeme de M. Raepsaet pour expliquer comment il s'est fait qu'une partie des Beiges , 
quoiqu'ils fussent de race germanique , ont , par la suite des temps , adopte la langue wallonne 
ou francaise, tandis que leurs compatriotes conservaient leur idiome primitifou tudesque, a 
paru le plus pausible a M. le chanoine De Smet , dans son Histoire de la Belgique, le meilleur 
livre et le plus attachant, sans contredit, que nous possesions sur notre histoire generate; 
Sedition, I, 173. — Quand au memoire ineditde Paquot, cite" t. II, p. cclxxxix, il est 
actuellement a la bibliothdque royale , fonds Van Hulthem, MSS , n° 179. 

Page cxi. — Chant tie triomphe sur ladifaite des Normands en 881 . 

M. Willems, dans ses curieuses notes sur les Elnonensia de M. Hoffmann de Fallersleben 
(Gand , 1837, 34 pp. gr. in-8° *), rectifie justement ce passage ou nous avons suivi avec trop 
de con fiance l'abbe Le Beuf, Des Roches, J. B. Lesbroussart , les editeurs du Recueil des 
historiens francais et notre confrere M. Raoux, savans sur les pas desquels il est bien 
permis de s'cgarer. Voici le texte entier d'Hariulphe , dans le chrokicon cextxlexse : Post 
mortem Hludogvici, filii ejus Hludogvicus et Karlomannus regnum inter se dispertiunt. His 
ergo regnantibus , contigit Dei judicio innumerabilem barbarorum multitudinefn limites 
Francim pervadere, agente id rege eorum Guaramundo qui multis, ut fertur, regnis suo 
dirissimo imperio subactis , etiam Francim voluit dominari, persuadente id fieri quodam 
Esimbardo , francigena nobili, qui regis Hlugdovici animos offenderat, quique genitalis soli 
proditor, gentium barbariem nostros fines visere hortabatur. Sed quia quomodo sit factum non 
solum historiisy sed etiam patriensium memoria quotidie recolitur et cantatur, nos pauca 
memoranteSy ccetera omittamus ut qui cuncta nosse anhelat, non nostro scripto , sed priscorum 
auctoritate doceatur. M. Willems a raison , il ne s'agit pas ici de YEpinikion de 881. Revenant 
iterativement sur ce que nous avons ecrit a ce sujet, nous pensons qu'Hariulphe a voulu 
parler des Chansons romanes concernant le roi Gormont et Isembart (voy. notre t. II , pp. vn , 
cccxxiu et 75) : la demarcation des langues, telle que nous l'avons tracee, recoit ainsi une 
confirmation nouvelle. 

Page cxix. Jongleurs chantant des vies de saints. 

Au XV 4 aiecle, Pierre Des Gros, auteur du Jardin des nobles , disait : « Et les hystrions 
ou jongleurs peut Vonpermettre qui chantent les fais des princes et les vies des samts, ou qui 
font esbatement devant les malades ou les trisiespour les consoler, mats que Us ne fassent choses 
deshonestes ou tournantd mal 

Page cxxvi. — Langue romane parUe a Valenciennes au XI I 9 siecle. 

M. Willems, dans les memes notes, p. 14, dit que M. Raoux et nous, a l'exemple de 

1 Cette brochure a paru a» momtot ou Pimpretsion de ce volume allait 6tre terminle* 



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742 ADDITIONS. 

Fleury et de Roquefort, nous avons avance* que saint Norbert, prtchant & Valenciennes en 
1 119 , s'est vu oblige de s'exprimer en langue romane, la teutonique y etantentidrement igno- 
rde du peuple. Qu'il nous permette , pour notre part , de faire remarquer que nous n'avons pas 
dit que saint Norbert ait pr£ch6 en langue romane, mais en tudesque. M. Willems, citant 
le texte original, I'explique en affirmant que le peuple de Valenciennes entendait un peu le 
tudesque. Or ce texte ne porte pas explicitement cela, et se contente d'exprimer qtfte saint 
Norbert compta sur le S'-Esprit pour rendre intelligible & ceux de Valenciennes la barbaric de 
la langue teutonique on ks difficult de Elocution la tine. I/important k nos yeux , c'&ait de 
constater qiTau XII 4 sitele la langue vulgaire nationale & Valenciennes, dtait le roman , et ce 
fait subsiste. 

Page clviii. — A denes le Roi. 

M. F. J. Fetis en dit quelques mots dans sa Biographic dee musiciens (I, 16); sans pre- 
tendre rien apprendre & ce savant , & lVgard de qui nous reconnaissons , au contraire , notre 
inferiorite , nous nous etions permis de reunir quelques notes sur son memoire relatif aux 
progr&s de la musique en Belgique. En parlant de la Lettre publiee par nous & ce sujet, 
M. Fetis affirme que nous nous sommes trompe presque sur tous let points. Nous n'en serions 
nullement surpris , cependant jusqu'k present nous n'avons etd convaincu que d'avoir pris 
un luth (cythara) pour une guitare , et nous en battons sinc&rement notre coulpe. 

Page ex ci ii. — Marie de France. 

Si la conjecture de M. A. Jubinal est fondee , cette femme auteur ne serait ni beige , ni 
bretonne , elle serait de Compiggne. M. Jubinal , dans son recueil intitule : Jongleurs et 
trouveresy pp. 26-33 , a inserc YEvangile as fames , de Jehan Durpain , moine de Vauxelles. 
Cette ptece debute ainsi : 

L'EtiTaogille det femme* Tout weiP cy recorder, 
Moult grant prouffit y a qui le yeult etcouter. 
Cent jort de hort pardon i'y porroit conquetter : 
Marie de Compiigne, li conquitt oultre mer. 

La stropbe suivante , dit M. Jubinal , prouve qu'il s'agit ici de Marie de France , dont tout 
le monde connalt les fables et les lais. Or voici cette strophe : 

L'Euvangille det f emmet »i est et bonne et digne ; 
Femme ne pense mal ne nonne ne btfguine , 
lie que fait le renart qui happe la geline, 
Si com le raconte Marie de Compiigne. 

Cette allusion au Renart suffit-elle pour designer Marie ? Compiigne n'est presque jamais sorti 
du domaine royal ; ce ne serait done pas , si M. Jubinal avait rencontre* juste, h raison de sa nais- 
sance, que Marie aurait pu considerer Guillaume de Dampierre, fils et hentier pr&omptif du 
comte de Flandre , comme son seigneur, mais & cause du patronage de ce prince. M. Raynouard , 



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ADDITIONS. . 743 

rendant compte du recueil de M. Jubinal, n'a malheureusement pas examine cette question. 
Journal des savans , mai , 1835 , pp. 273-276. 

Page ccxxi. — Monnaie des eviques de Tournay. 

Voy. dans le Recueil diplomatique de Mircsus et de Foppens, III, 421-22, un acte en 
francais de Michel de Warenghien , date de juillet 1286 , et par lequel il declare que le droit 
de battre monnaie appartient aux eveques. Cf. Ghesquiere , Mhnoire sur trots points intires- 
$an$ de Vhistoire monttaire dee Paye-Bas, pp. 45-46 , 119-20-21. 

Page ccxli. — Enseignemens pour le file d'une reine. 

II est possible que Chastellain ait dit la veVitd sur sa decouverte ; il paralt , en tous cas , 
qu'il a voulu parler reeilement du Kongsskuggsjo ou Speculum regale. 

Page cccxux. — Paquot, iditeur de Divams. 

Une note de M. Van Hulthem, sur son exemplaire du Sanctus Theodulphue (Catal., 

n° 16271), contient cette indication : « H. M. F. De Vivario, nea Malines a aussi public 

Tddition des (Euvres de Divaus, faite a Louvain , et qu'on attribue faussement a Paquot. » En 
effet , au n° 27433 , ces oeuvres sont mises sous le nom de ce dernier. Voir notre Bibliotheque 
hietorique de la Belgique, au mot divjsus et a l'article Histoire de Brabant, de la table 
methodique. 

Page 112, note sur le v. 2708. 

Nous avions d'abord songe* a placer a la fin de notre Edition une dissertation sur Roland ; 
les raisons qui nous ont fait changer de dessein , sont expliqu&s dans l'lntroduction du second 
volume , p. Lxxxix. 

Page 123. — Chants recueillis par ordre de Charlemagne. 

M. De Marchangy s'est aussi trompd a cette occasion. « Les paroles d'Eginhard , a son avis , 
u ne peuvent evidemment s'appliquer qu'aux chants de l'ancienne langue celtique. Ge precieux 
» ddpot fut perdu , dit-il , a moins qu'il ne repose en raanuscrit dans quelque bibliotheque 
» d'Europe ; ce que le roi de Prusse a suppose en offrant une recompense a qui le decouvri- 
» rait. » Tristan le voyageur, II , 385-86. Encore une fois la langue natale de Charlemagne et 
d'Eginhard n'etait pas le celtique , mais le franc ou francique. 



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744 ADDITIONS. 

TOME II. 

Page xxxix. — Le Chevalier au Cygne. 

Les legendes espagnoles cdlebrent un autre Chevalier au Cygne que le bel Helie , c'est le 
vaillant et redoute* dom Flores de Grece, surnomme* le Chevalier des Cygnes. Nicolas de 
Herberay a traduit sa chronique. Paris, Claude Micard , 157S, petit in-16. 

Page lviii. — Chronique sur Vetablissement des Normands en Italic. 

Cette chronique a &e* composes en latin , dans la derniere partie du XI 4 siecle , par Amat 
ou AimS, moinedu MontCassin. M. P. Paris a faitun examen de l'ddition de M. Champollion- 
Figeac, dans le Moniteur du 25 nov. 188b* et dans le Bulletin du bibliophile du mois de nov., 
meme annle. 

Page txn. — Le Brut d'Angleterre. 

La seizieme livraison du Bulletin du bibliophile (Paris, Techener, 1837, pp. 495 — 501) 
contient une notice de M. J. De Gaulle sur une version en vers latins du roman du Brut, 
composee en Bretagne, au commencement du XIII 4 siecle. Elle est d&liee a Cadioc, eveque 
de Vannes , mort en 1254. 

Page lxxxtx. — Armes enchanters ou impenetrable*, chevaus merveilleus. 

Ce chapitre a deja paru dans la Revue de Bruxelles, cahiers de novembre et de decern- 
bre!887. 



Page cxiii. — Le cheval Pacolet ou Pacollet. 



CI. Marot, Vepitrei 

Brief, nous Touldrions. .. 
.. . qu'eustet or' le cheval Plgatut , 
Qui te portatt to 11 ant par let provinces : 
Ou qu'a present a ton vouloir tu tintet 
Par lelicol, ^>ar queue ou par collet 
Lebon cheval du geotil Pacollet. 

Toy. de plus Yipttre XLV. 
Page cxxx.— Nains et esprit* servans. 

La fable des wain* et des esprits servans se retrouve chez tous les peuples germains et 
scandinaves. Voy. Bridel, Conservateur Suisse , IV, 264 et suivantes. J.-J. Scheuchzer, 
Ovpsd ifstTw, Belveticus, sive itinera per Helvetia Alptnas regiones facta, annis 1702-11, 



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ADDITIONS. 745 

Lugd. Bat., 1728, 4 vol. in-4°; Wyss, Voyage dans VOberland, II, 8-10; De Marchangy , 
Tristan le voyageur, HI, 88. Ce dernier auteur parle en outre d'une espece de demons appeles 
Huards en Normandie , a cause des huees funebres qu'ils poussent la nuit dans les airs. 

Pages ex xxx. — Dames blanches. 

Les journaux contenaient l'article suivant dat£de Berlin , le 21 octobre 18S7. 

« La nouvelle de la mort de la reine des Pays-Bas a produit une grande sensation dans 
les classes elevces et particulierement dans le public. Depuis quelque temps dcj& le bruit 
courait parmi le peuple que la Dame-BIancbe (ffeisse Frau) avait paru dans la vieille tour 
du palais du roi. Le peuple possede aussi chez nous cette ancienne tradition que la mort d'un 
membre de la famille royale est toujours annoncee par l'apparition de la Dame-Blanche. On 
comprend alors facilement que ces croyances superstitieuses se reveillent avec toute leur 
force chaque fois qu'une mort illustre vient nous frapper. Depuis bien long-temps la Dame- 
Blanche ne s'&ait plus montr^e et les voeux unanimes de la nation sont pour qu'elle ne repa- 
raisse plus de sitot. » 

Pages ccxxi. — Portrait de Charlemagne par le tnoine de S*-GaU. 

Ce passage n*est pas sans analogie avec celui-ci tire d'une chronique de Flandre , Corpus 
chron. Flandr.y I, $8. I r ste Balduinus semper loricam ferream portavit , ac tempore guerrarwn 
semper in lorica dormivit , nee non et equus suus semper loricatus fuit. Ra propter Ferreu* 
nuncupatus est. 



Ton. [I. 94 



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TABLE DES MATURES. 



Pages. 

INTRODUCTION i 

§ I. A* ALTS* IT IXAlIIf DC 8ICOJID VOLUME ib. 

Regne de Loui*-le-D£bonnaire ib. 

Llgendes d'Aimeri de Narbonne el de Guillaume d'Orange ib. 

Rainouard-au-Tinel u 

Branches ajoutees au roman de Turpin in 

Charles-le-Chauve • . • ib. 

Sermens de ce prince et de Louis-le-Germanique ib, 

Baudouin-Bras-de-Fer iv 

(Et aux additions) 7-45 

Ravissement de Charles-le-Chauve au ciel ib. 

Les Normands ou Danois en Flandre ib. 

Auteurs anonyraes sur les expeditions des Normands v 

R. Wace ib. 

Guillaume de Jumieges ib. 

Gervais de Tilbury ib. 

Le milieu du monde vi 

Magie de Virgile ib. 

MM. G. B. Depping, Alex, et Th. Licquet, A. De Caumont, Aug. Le Prevost , 

Fr. Pluquet , La Fontenelle de Vaudore , Aug. Thierry vm 

Roman de Raoul de Cambrai ib. 

Isembart et Gormont ib. 

La mort du roi Gormont x 

Nem ib. 

Gau tier, Erneis, le roi Gormont ib. 



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748 



TABLE DES MATURES. 



Thiery ou Thierry de Termes 

Le comte de Flandre 

Eodon ou Eudes de Champagne 

Le comte de Poitiers 

Le comte de Norman die 

Les chroniques de S'-Denis 

Ernaut de Ponthieu 

Louis d'Outremer 

Huguelio , Hugues ou Hugon 

Isemhart 

Gontier • . 

Chronique de S'-Riquier 

Seguin 

Miles 

Le vieux Bernard 

Arnoul ou Arnould-le- Vieux , comte de Flandre 

Amours de Richard et de Gonnor 

Communes 

Hugues-Capet 

Le pape Sylvestre II 

La selle chevaliere , M. G. Peignot 

Le Chevalier au Cygne 

Ordre du cygne de Cleves 

A. F. Le Paige 

P. Desrey, J. Renax 

M.F.Michel 

Gandor 

Manuscrit de Bruxelles • 

Le geant Antigone 

Extraits du roman du Chevalier au Cygne 

Matabrune . 

Romans du cycle de la table ronde 

Cor merveilleux 

L'empereur Otton (Othon) I er tient sa cour a Nimegue . . . 
Le comte de Blanquebourc ou Branquebourg ...... 

La duchesse de Bouillon 

Formes juridiques 

Amours de Robert-le-Diable et d'Harlette 

Le due de Beaufort-Spontin 

Mariage de Guillaume-le-Conquerant etdeMathiide de Flandre 



Pages. 

XI 

XII 

XIII 

xrv 

XV 

ib. 
ib. 

XVI 

XVII 

XX 

XXI 

ib. 

XXVI 
XXIX 

ib. 

XXXIII 

ib. 
ib. 
ib. 
ib. 
ib. 

XXXIV 

ib. 

XXXVIII 
XLI 

ib. 

ib. 

XLH 

t'6. 

XLIV 

XLV 

XXVIII 

L 

U 

L1I 

ib. 

ib. 

LVI 

ib. 
ib. 



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TABLE DES MAT1ERES. 



749 



Pages. 

Tapisserie dc Bayeux lvh 

Robert Guiscart » . . lviii 

Societc de l'histoire de France ib. 

M. Champollion-Figeac ib. 

Conquete de i'Angleterre par les Normands ib. 

M.A.Thierry ib. 

Le roi Artus ib. 

Artus maltre de Tournay et de Tcrouane lxii 

M. Le Roux de Lincy ib. 

M. Abrahams ib. 

Les Irlandais d'origine Basque lxiii 

Amand de Zierickzee ib. 

Geans - lxiy 

Akin de Lille, commentateur des prophelies de Merlin. ... ... ib. 

Charles-Ie-Bon , comte de Flandre lxvi 

M. E. Grille de Beuzelin ib. 

Adelaide de Brabant lxvii 

Elle fait fleurir la poesie francaise ib* 

Voyage dc saint Brandan au Paradis terrestre ib. 

Bestiaire de Ph. De Than ib. 

Eleonore d'Aquitaine issue d'un demon lxviii 

Jean Brompton ib. 

Henri-au-Court-Mantel , Bertrand de Born lxjx 

Entrevue de Bertrand de Born et du roi d'Angleterre Henri II ib. 

Hennuyers et Brabancons a la cour de Henri II lxx 

Philippe- Auguste , roi de France ib. 

Jacques d'Avesnes , Isabelle de Hainaut ib. 

Croisades ib. 

MM. Michaud, Frdd. Wilken, N. G. Van Kampen lxxi 

Godefroid-le-Barbu ib. 

Captivity de Richard-Coeur-de-Lion ib. 

Roman de Blondeau ib. 

G. Vinisauf ib. 

Jacques d'Avesnes (voy. p. lxx) . ib. 

L'empire cesse d'etre hereditaire ib. 

Fernand ou F errand de Portugal ib. 

Les Blavotins et les Isengrins ou lngrekins lxxii 

Lambert d'Ardres lxxiv 

Gilles de Leau , le Blanc-Gendarme ib. 

Hugues de Boves lxxvii 



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750 



TABLE DES MATURES. 



Nouveaux details biographiques sur Ph. Mouskes 

Bataille de Bouvines 

G. Le Breton , G. Guiart 

MM. De Raumer, Capefigue et Lebon 

Le roman de Baudouin 

Hugues de Boves 

Jean des Temps , Dinterus 

Gaptivite de Fernand 

M. Daunou 

Croisade contre les Albigeois 

M. C. Fauriel 

Bouchard d'Avesnes 

M. le marquis De Fortia 

M. L. Warnkcenig » 

Le faux Baudouin 

LeJuif errant # 

Goethe, C. F.Schubart, Bcranger, M. Quinet 

Le Juif errant en Italie 

Pieces de theatre 

Le juif errant en Belgique 

G. J. Gerard 

Amours de Blanche et de Thibaud (Thibaut) 

Empire latin de Constantinople 

Indication des Appendices ...» 

§ JI, DE8 CHANSONS DE GESTE ET DES HEROS DU CYCLE KAROLINGIEN, 

mentionn£s par ph. mouskes, consid£r£s PRINCIPALBKENT DANS LEUR 

/ RAPPORT AVEC LA BELGIQUE 

1 . MOYE3S EPIQUE8 

A. Armes enchanUes ou impSttitrables. — Chevaux merveilleux 

Sources de fictions po&iques 

Epee de Mars 

L^gende de Charlemagne 

Loi des Lombards 

Goutume observee dans les tournois 

Couteau de Bohemond 

Lance qui perca le cote de Jesus-Christ 

Croyances du Nord 



Ptges* 

LXXVIII 

LXXX 

ib. 

ib. 

ib. 

LXXXI 

ib. 

LXXXH 

ib. 

LXXXIII 

ib. 
ib. 

LXXX1V 

ib. 
ib. 

LXXXV 

LXXXVI 

ib. 

ib. 

LXXXVII 

ib. 

ib. 

ib. 

LXXXVIII 



LXXXIX 

ib. 
ib. 

xc 
xcin 

ib. 
xcnr 

ib. 

xcv 

ib. 

ib. 



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TABLE DES MATURES. 



751 



Armuriers fameux , Veland 

M. G. J. Thorkelin 

Nains, Alfar, Dvergar 

£pees celebres 

Roman du Chevalier au Cygne (voy. p. xxxiv) 

Autres armes renommees 

Coursiers merveilleux 

Autres aaimaux celebres 

B. Gean$ 

Affaiblissement pretendu de la race humaine. 

Geans de l*Edda 

M. A. G. B. Schayes 

Charlemagne , Eishere , S t -Christophe . . . 

Le geant Antigon ou Antigone 

Armoiries d'Anvers 

Fetes de la cour de Bourgogne 

Geans dans les fetes municipales en Belgique . 

Explication de M. Dulaure 

Autre origine presumee 

Le geant Phinaert 

C. Nains ♦ 

Le petit poucet 

Nains en Belgique 

Sotai 

Nutton 

D. Fees 

Veleda . 

Basine 

£tymologiedu mot fie 

Dames Blanches 

KiUcrops 

Dame blanche du chateau d'Egmond . . . 

La fee d'Angeweiller 

Le gobelet de Croy. 

Le chateau de Lusignan (Luzignan) . . . 
Melutine au chateau d'Enghien en Hainaut . 



Pages. 
XCVI 

ib. 

XCVII 
XCVIII 

cv 

CVII 

CXI 

CXXI 

ib. 
ib. 

CXXIII 

ib. 

CXXIV 

exxv 

ib. 

CXXVI 
CXXVI 
CXXV1I 

ib. 

CXXVIII 

ib. 

CXXIX 

exxx 

CXXXI 

ib. 

exxxn 

CXXXIII 

ib. 
cxxxiv 
exxxv 

ib. 

ib. 

CXXXVI 

ib. 

ib. 
ib. 



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752 



TABLE DES MATIERES. 



Nikkers 

Fees de Cephalonie , 

La pucelle d'Orlcans 

Morgan ou Morgane . . . 

Oger-le-Danois 

Roman de Guillaume-au-court-Nez (coy. p. 1) 

Cleomades - 

Partonopeus de Blois , 

Lcgende de Pharailde ou Hlrodias 

Etymologic , 

Dame Habunde ou Abunde . . 

Superstitions flamandes 

Autres esprits , lutins , fees, sorcieres . f . . 

CendrilJon 

Indiculus superstitionum f . . 

E. Dragons et autres Stres eurnaturels . . 

l/Edda 

Explication de Mallet - 

Dragons , embleme des ravages des eaux 

Saint Michel 

Dragons de Metz , de Tarascon , de Poitiers , de Rouen , de Provins , etc 

Gilles de Chin 

Auteurs qui ont ccrit sur les traditions locales relatives aux Dragons. . 

Formation des Dragons 

Merowig ne d'un monstre. . • . . 

Caractere des anciens poemes . 

Ge'nie du Nord et de l'Orient , . 

A quoi Ton reconnatt les fictions Orjentales 

Elegast 

Decadence des romans 

2. HSROS DE8 CHUISOlfS DE GISTS 

A. Charlemagne 

Merveilleux attache a la person ne de Charlemagne 

Son rdle dans les romans 

Amalberge 

Le'gende de Charles et d'Elegast (coy. p. cxlix) 

MM. Van Wyn et J. Grimm 



Pages. 
CXXXVII 

ib. 
ib. 

CXXXVII I 

f». 

CXXXIX 

ib. 

ib. 
ib. 

CXL 

CXLt 

CXLIV 

CXLV 

ib. 

ib. 

CXLV I 
ib. 

ib. 

ib. 

CXL VI I 

ib. 
ib. 

CXLVI1I 

ib. 

CXLIX 

ib. 

ib. 
ib. 
ib. 

CL 

ib. 
ib. 

CLI 

ib. 

CLIII 

ib. 

ib. 



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TABLE DES MATURES. 



753 



M. Hoffmann de Fallersleben , M. Serrure. 

M. Mone , 

M. J. De SMJenois 

B. Turpin, Tulpin, Tilpin 

Histoire du vrai Turpin 

M. DauDou 

Opinions diverses sur l'epoque ou le roman de Turpin a i\.€ ecrit 

Les douze pairs 

Favin , 

Dom Brial 

Eichorn , 

Examen de la chronique de Turpin en elle-m&ne 

M. Sismondi 

Chant sur quatre lignes 

Le pape Calixte II . 

Geoffroi , prieur du Vigeois 

Oienhart 

Michel de Harnes 

M. P. Paris 

Hugues de Champ-d'Av&nes , comte de S l -Pol , Yolande de Hainaut 
Baudouin V , comte de Hainaut, son admiration pour Charlemagne , 

Resume* • 

Quel est Fauteur de la chronique de Turpin , 

Le Beuf et Dom Rivet 

M. Marchal 

Gui Allard, MM. Ciampi, Daunou et Sismondi 

Le faux Turpin n'a pas invent^ les legendes qu'il rapporte. . . , 

M. P. Paris 

M. de Chateaubriand 

Les Gesta Francorum 

Les Gesta Dagoberti 

Anciens ecrivains Frisons , 

Auteurs qui ont adopts les reveries de Turpin , 

Difference des manuscrits < 

Editions et traductions de Turpin 

M. Ciampi 

M. Monmerque' 

Robert Gaguin , 

Michel de Harnes (voy. p. dxvn) 

Tom. II. 



Pages. 

CLIII 

CUV 

ib. 

ib. 

ib. 

CLVI 

CLYH 

CLVIII 

CLXI 

CLXII 

ib. 

CLXIII 

ib. 

ctxv 

ib. 

CLXVI 

CLXVII 

ib. 

CLXYIII 

ib. 

ib. 

CLXIX 

ib. 

CLXX 

ib. 

CLXXI 
GLXXII 
CLXXIII 

clxxiv 
ib. 

ib. 

CLXXV 

ib. 

CLXXVI 

CLXXVH 

CLXXVIII 

ib. 

ib. 

CLXXIX 



95 



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754 



TABLE DES MAT1ERES. 



Renaud de Montauban 

Ganelon 

M. Huet de Froberville 

M. F. Michel 

M.Th. Rodd 

L'excellente chronique de Brabant .... 

P. Durante 

La Spagna Historiata 

LePulci, le Bojardo, l'Arioste 

C.Roland 

Roland dans Fhistoire 

Eginhard 

Deux Roland 

MM. Sismondi et Ferrario 

M. Raynouard 

Beuves d'Antone , Milon 

Exemples de fausses genealogies 

Lea Reali di Francia 

Roman des VII sages 

Roland celebre avant le romaa de Turpin. . 

Gilie 

M.F.Michel 

Roland a Marseille, a Blaie et en Rouergue 

Roland en Italie 

Roland sur le Rhin 

En Turquie 

Son epee a Lie'ge et a S'-Denis 

Apostrophe de ce heros mourant a son epde . 

DuGuesclin 

Dispute theologique de Roland et de Ferragus 
Rapprochement tire de l'histoire des croisades 

La grotte de Han 

M. A. Quetelet 

Roland dans la literature beige 

La cloche Roland a Gand 

Etymologies du mot Roland 

Les statues de Roland 

Ouvrage espagnol sur la bataille de Ronceyaux 
Chanson ou plutot chansons de Roland. . . 



Page*. 
CLXXIX 

ib. 
ib. 
ib. 

CLXXX 
ib. 

ib. 
ib. 

CLXXXI 

ib. 

CLXXXII 

ib. 
ib. 

CLXXXIH 
ib. 

ib. 

CLXXXIV 

ib. 

CLXXXV 

CLXXXTI 

(XXXXV1I 

ib, 

clxxx vra 

CLXXX EX 

ib. 

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ib. 
ib. 

CXCI 

ib. 
ib. 

CXCII 

ib. 

ib. 

CXCIII 

ib. 

cxcnr 

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cxcvi 



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TABLE DES MATURES. 



755 



Mention de Roland dans les chansons de geste 

Renaud de Montauban , le Si&ge d'Aspremont 

Ogier-le-Danois , Jehan de Lanson , Gwiteclin de Saiseogne , Charlemagne . . 
Gaydon 

D. Gantlon 

Maison de Mayence ; Loup , due de Gascogne 

Elymologie bretonne 

Guenelon , archev&jiie de Sens 

Puissance de la poesie 

Traditions relatives h. Ganelon 

Alberic de Trois-Fontaines 

Traditions locales 

Severt , MM. Cochard et Pericaud 

Aye d' Avignon , Gamier de Nanteuil, Hardre, Aloris, Thibaut d'Apremont, 

Pinabel de Sorente , Gontaud de Lausanne 

Samson , Berenger, Renaud de Boulogne et Hugues de Boves 

Tentative de rehabilitation pour Ganelon 

E. Les quatre file Aymon 

Chateaux de Renastienne , de Poulseur, d'Amblgve , d'Aigremont et de Dhuy, 
la roche Bayard 

Le cheval Bayard . 

Vivien 

Tremogne ou Dortmund 

Francs-juges 

Anecdote feodale 

Huon de Villeneuve 

Fable provencale 

Arnauld Daniel 

Fable italienne , Guidon-le-Sauvage , Bradamante 

Fable flamande ou hollandaise 

Nic. Verbrechten , Bilderdyk , M. Hoffmann 

M. Mone 

Fable anglaise 

M. Brunet 

Bu£ves et Maugis d'Aigremont 

M. VanPraet 

Maugis en flamand, MM. Hoffmann, Ensched<§, Bilderdyk , J. H. Bormans, 
F. J. Mone 



exevn 
ib. 

CICVIII 
CXCIX 

ib. 
ib. 

cc 

ib. 
ib. 
ib. 
ib. 

CCI 

ib. 
ecu 

CCIII 

ib. 
ib. 



CCIV 

ib. 

CCIX 

ib. 
ib. 
ccx 

CCXI 

ccxn 
ccxin 

ib. 

ib. 

ib. 
ccxnr 

ib. 

ib. 

ib. 
ccxv 

CCXVI 



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756 



TABLE DES MATURES. 



P«g»S. 

Maugis en allemand ccxvi 

M. Brunet, presses deLouvain . ib. 

Le roman de Renaud de Montauban , en espagnol , traduit par L. Domingez . ib. 

Asiolfo del Barbicone et Mabrian , issus de Renaud de Montauban ccxvn 

Morgante tnaggiore ib. 

F. Oger-le-Danois ib. 

Donnees historiques sur Oger ib. 

Siege de Pavie ccxviii 

M. De Chateaubriand . ib. 

Roman d'Antar ib. 

M. Le Roux de Lincy ccxix 

R&it epique ib. 

Oger a S'-Faron de Meaux , Aude-la-Belle ccxx 

M. Mone, observations onomastiques ccxxiu 

Patrie d'Oger, Bartholin ib. 

Roman d'Adenez et de Rembert ou Raimbert de Paris ccxxiv 

Romans flamands ccxxyi 

Mentions diverses ib. 

Oger en Catalogne ccxxvu 

Oger a Cologne et dans le pays de Lilge ccxxviii 

Melart ib. 

Basin ib. 

Genealogies d'Oger, ses fondations ccxxx 

G. Ferabras , Fierabras ou Fier-a-Brae ccxxxu 

David Aubert ccxxxvi 

Le sujet de Fierabras, represente dans un village des Basses - Pyrenees ; 

M. Jomard ib. 

Fierabras dans la poesie flamande ib. 

H. Guillaume-au-court-Nez. — Garin de Montglave ccxxx vii 

Anciennete de la tegende de Guillaume-au-Court-Nez ib. 

Genealogie romanesque de Guillaume ccxxxviii 

Gerard de Vienne , Garin de Montglave ~ ib. 

Extrait du roman de Garin de Montglave ccxxx ix 

HeVos divers du cycle karolingien , Hainfroiz et Heudris , Galafre ib. 

Durendal , Aimeri , due d'Aquitaine , Garin de Montglave , Guerin , Anselme 

de Blois ccxl 

Roman de Philumena , roman de Guillaume d'Orange , en vers flamands et en 

vers allemands ccxliv 



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TABLE DES MATURES. 



757 



I. Gerard de Boussillon 

Thierri d' Ardennes, Samson (Sanson) deBourgogne , ancienne legende , Auberi 

le Bourguignon 

Existence historique de Gerard 

J. De Guyse : 

Gerard de Roussillon en Belgique 

Romans en langue d'oc et en langue d'oil 

David Aubert (t?oy. ccxxxvi) 

Garin-le-Lorrain , le comte Fromont de Lenz (Lens) , Bourguignons talis . . 
K. Gerard de Vienne 

Parente de Gerard de Vienne i • • • 

Aude-Ia-Belle , Roncevaux , Renier de Genes , Renaud de Beaulande , Aimeri 

de Narbonne 

Arbre genealogique. 

L. SybMe de Saxe , BSrard de Montdidier, Baudouin, frere de Roland . . . 

Jean Bodiaux , Chanson des Saisnes 

David Aubert (voy. ccxxxvi et ccxlix) 

M. Jourdain de Blaye 

Aimeri de Narbonne et ses sept Qls 

Ganelon , Garin de Montglave , Doon de Mayence 

Gerard , (lis d'Amis , Basin , Ermengart 

La ville de Vantanus (Fautanus) 

Kallefrin , Richier, Sandame 

N. Garin-le-Loherenc 

Mention de Garin dans Ph. Mouskes 

Turpin 

Begues de Be'lin 

DomCalmet, Fr. De Rosieres, J. De Guyse 

Hugues de Toul 

Suppositions et alterations historiques 

Saga des Lorrains 

Ge'nealogte fabuleuse des comtes de Boulogne 

Fromond-le-Poestis T Gane'lon , Isembart et Gormont , le chevalier au Cygne . 

Caractere de Tepop^e des Lorrains 

Le roman de Garin est une transformation des Nibelungen 

Sources indiquees par le trouvere 

M. Mone 



Pages. 
CCXLV 

lb. 
CCX1VI 
CCXLVII 

ih. 

CCXLIX 

ib. 

CCL 
ib. 
ib. 

CCLI 
CCLII1 

CCMV 

ib. 
ib. 

ib. 

CCL VI 

CCLVII 

CCLVIII 

CCLX 

CCLXI 

CCLX1II 

ib. 

CCLXIV 

CCLXV 

ib. 

CCLXVI 

a. 

CCLXVII 
CCLXIX 

ib. 

CCLXX 
CCLXXI 
CCLXXfl 

ib. 



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758 



TABLE DES MATURES. 



Pages. 

L'auteur primitif du roman de Garin etait austrasien ccxxxui 

Ancienne vogue des Nibelungen en Belgique cclxxiv 

Causes qui mi rent fin a cette cel^brite* cclxxvi 

Rapports de la Saga de Garin avec d'aulres legendes cclxxvh 

L'epee Floberge ou Flamberge ib. 

Artus , Froberge , Gerard de Roussillon ccixxvni 

Roncevaux , roman d'Amilles et d'Amis cclxxix 

Inte>6t de la Saga des Lor rains pour la Belgique ib. 

§ HI. DB LA GRAMMAIRE ET DE LA VERSIFICATION DE PHILIPPE MOUSKES. 

ENCORE DE LA LANGUE FRAItgAISE EN BELGIQUE. TRAVAUX PH1LO- 

LOGIQUES. QUELQUES MOTS SUR CETTE ^DITION ib* 

Ph. Mouskes juge* comme ecrivain cclxxxi 

Anciennete* de la langue romane cclxxxii 

Qu'il n'y a pas eu dans le principe une langue romane unique et uniforme . ib. 

MM. Raynouard et Conrad von Orell cclxxxiii 

Quelques observations grammaticales ib. 

Addition a ce qui a ete* dit de I'histoire de la langue francaise en Belgique . . cclxxxviii 

VII 6 , Vni e ET IX e 8lfcCLE9 ib. 

Colonies saxonnes ib. 

Sueves cclxxxix 

N. Paquot ib. 

M. J. Jusseret, J. J. Raepsaet . . ib. 

X e sifecLE ib. 

Un des plus anciens monumens de la langue romane ib. 

Anciennet^ du vers de douze syllabes ccxci 

XII sitcLE ib. 

Jean d'Alich ccxcu 

Herman ib. 

Le roman de Florimond ccxciv 

XIII SlfcCLE CCXCV 

Chartes en langue vulgaire ib. 

Chants en 1'honneur de Jean d'Avesnes ib. 

Chronique de l'Ostrevant ccxcvi 

M. A. Van Hasselt • M. Barrois , les bibliophiles de Mons, M. R. Chalon. . . ib. 
MM. E. A. T. Laspeyres, Medem , Societc de Phistoire de France, M e,le Dupont , 

M. La Cabanne , le general Pelet ccxcvi! 

MM. Brun-Lavainne , Monin, De la Fontenelle de Vaudore , A. Le Glay, 

£. Cartier, De la Saussaye , Buchon ccxcvin 



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TABLE DES MATURES. 759 

Pages. 

MM. Willems, De Jongheet Delepierre ccxcix 

Autres gens de lettres qui partagent ou secondent nos travaux ib. 

MM. Emile Gachet et Hayez ccci 

M. Raynouard ib. 

L1R01 cccii 

Lee Chambres , le Ministere ib. 

REMARQUES cccm 

A. PlBCES RELATIVES A PHILIPPE HOU8KES CCCV 

B. Ocbb-le-danois dans le pats de liege CCCXVIII 

C. Jean le bbl cccxix 

POST-SCRIPTOH SUE 60EH0ND ET I8E1BABT CCCXXIII 

Explication des fig d res dc second volume cccxxv 

CHRONIQUE DE PHILIPPE MOUSKES cccxxvn 

Regne de Louis , dit le Dibonnaire 1 

Blanchefleur, fille d'Aimeri de Narbonne 2 

Guillaume d'Orange , de Gellonne ou au Court-Nez ib. 

Thtebaut , Thibaut ou Thibaud ib. 

Orable, Guibors . 3 

Siege de Barbastro 4 

Foucon , Guicart (Guichard) et Biertran (Bertrand) ib. 

Rainouard-au-Tinel ib. 

Mort de Guillaume-au-court-Nez 5 

Joie que la mort de Charlemagne cause aux Sarrasins 6 

Profanation de l^glise de S l - Jacques de Compos telle 7 

Punition des inGdeles ib. 

Miracle de saint Romain * 8 

Reliques 10 

Louis-le-Debonnaire partage ses etats entre ses (ils 11 

Lothaire 12 

Pepin , Louis , Charles ib. 

Dissensions et guerres entre Tempereur et ses fils 13 

Mort de Louis-le-Debonnaire 15 

Charles-le-Chauve ib. 

Invasion des Normands dans Tile de Walcheren 16 

Odoacre to. 

Bataille de Fontenay ib. 

Baudouin-Bras-de-Fer, comte de Flandre 17 

Mort de Pepin et de Louis-le-Germanique ib. 



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760 TABLE DES MATIERES. 

Paget. 

Lothaire entre en religion 17 

Louis II , empereur 18 

Lothaire , roi de Lorraine ib. 

Sauterelles 10 

L'esprit de Charles-le-Chauve est ravi dans Pautre monde 20 

Famine et misere en France 28 

Reliques 24 

La famine cesse 25 

Mort de Charles-le-Chauve 26 

Hermentrude , Louis-le-B&gue ib. 

Ayous ou Ayol , Elie ib, 

Carloman, Eudes 27 

Robert-le-Fort 28 

Les Danois penetrent en Flandre et dans le Hainaut 29 

Charles-le-Simple ib. 

Antiaumes ou Adelstan , roi d'Angleterre • 30 

Lothaire , Gisele , Aelis ou Adelaide , Herluis ou Herlinde , Ogive ib. 

Digression retrospective sur les Norma nds t ib. 

Details glographiques , Asie ,,.*.. ib. 

Afrique, Europe, Alenie 31 

Danemarck , Grece 32 

Etymologie du mot Normandie • ib. 

Origine des Danois , Danaus , . . ib. 

Coutume des Danois , . , . . 33 

Lodbrok , Bioern-cote*de-Fer, Hasting 34 

Affaiblissement de la France 35 

Ravages faits par les Danois , ils remontent la Seine 30 

Saint Philibert ib. 

Clotilde ' . . 37 

La Belgique est devastee , 38 

Meurtre de Foulques , archeveque de Rouen ib. 

Baudouin-le-Chauve, comte de Flandre , 39 

Les Danois ou Normands s'emparent de Luna en Toscane ib. 

Stratageme d'Hasting ib. 

Hasting revient en France 41 

Thibaut , comte de Tours 4J 

Origine de Rollon # # 

Rollon et son frere 43 

Harald, roideNorwege ft, 

Le roi fait la paix avec les deux freres ib. 



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TABLE DES MATURES. 761 

P»gcs. 

U leur dresse une embuscade 44 

Mortdu frere de Rollon ib. 

Rolloo passe en Ecosse ib. 

II a une vision ib. 

II arrive en Angleterre et bat les Anglais 45 

II a une seconde vision ib. 

Oiseaux merveilleux ib. 

Explication du songe de Rollon 46 

Rollon se reconcilie avec le roi d'Angleterre 48 

Renier-au-Long-Cou , comte de Hainaut . 49 

Radbod-le-Frison ib. 

Renier prisonnier de Rollon ib. 

GeneVosite* de Rollon 50 

Rollon envahit la Neustrie ib. 

L'archeveque Francon va le trouver 51 

Les Francais ont recours a Hasting ib. 

Le comte Renard ou Renaud est defait 52 

Injure faite a Hasting 53 

Hasting quitte la France ib. 

Sa mort to. 

Conqueles de Rollon ib. 

Pope ouPopee,fillede Reranger, comte duRessin 54 

Enfans qu'en eut Rollon ib. 

Siege de Paris , an 885 , . . ib. 

Prise d*£vreux , an 892 ib. 

Le roi d'Angleterre implore le secours de Rollon ib, 

Retour de Rollon a Rouen 55 

Nouveau stege de Paris ib, 

DdgaU des Normands ib. 

Rollon assiege Chartres ib. 

Les Normands sont vaincus 50 

Charles-le-Simple accorde a Rollon sa fille Gisele ib. 

On veut donner la Flandre a Rollon 57 

Raptemede Rollon, 912 ib. 

Rollon refuse de baiser le pied du roi de France 53 

Liberality de Rollon envers l'cglise 59 

Saint Penis , saint Clement ib. 

Manage de Rollon qq 

II distribue des terres a ses compagnons 61 

Police severe qu'il dtablit #. 

Tom. II. 96 



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762 TABLE DES MATIERES. 

A venture du paysan de Long-Paon et de sa femme 61 

Exemple de la terreur que Rollon inspirait aux voleurs 63 

Roumare ib. 

Traits de S'-Clair-sur-Epte , Tan 911 ib. 

Rollon fait trancher la tete a deux chevaliers francais qui eUient venus en secret voir 

sa femme 64 

Robert , fils de Robert-le-Fort et frere du roi Eudes , se fait couronner, Tan 922 . . . ib. 

Mortde Robert, 15 juin 928 . . . 65 

Hugues-le-Grand « ib. 

Raoul ou Rodolphe est elu roi Fan 923 66 

Mort de Charles-le-Simple ib. 

Mort de Gisele 67 

GuillaTime-Longue-Epee ib. 

Mortde Rollon ib. 

Guillaume-Longue-Epee lui succede to, 

Rihous ou Riulfe, comte de Coutances, se reVolte contre son nouveau suzerain, 

vers 933 •. 68 

Riulfe est vaincu ih. 

Naissance de Richard 1", surnomme* Sans-Peur ib. 

Le comte de Poitiers demande a Guillaume sa sceur en manage 69 

Mariage de Guillaume ib. 

Anecdote merveilleuse ib. 

Prediction relative a la posterite de Rollon . . . 71 

Successeurs de Rollon . „ . 72 

Mort du roi Raoul , 986 7* 

Par le credit de Guillaume , Louis d'Outremer arrive au trone , 936 ib* 

Son couronnement 74 

Garin de Ponthieu , Taillefer de Cambresis ib* 

Raoul de Cambrai 75 

Biernecon ib. 

Incendie de l'abbaye d'Origni ........... ib. 

Isembart et Girardin . ib. 

Guion de Danemarck t6, 

Alardin , 76 

Beatrix , sceur d'Isembart , . ib. 

Ludemart 77 

Evrart l'Englois (VAnglois), le roi Gormont ib. 

Margot, fille de Gormont ib. 

Le clerc Gautier , . 79 

Huelin ib. 



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TABLE DES MATIERES. 763 

Page*. 

Arnoul, dit le Vieux , comte de Flandre . devient maltre d' Arras , an 981 88 

Incursions des Hongrois ib. 

Conrad , roi de Bourgogne ib. 

Entrevue d' Arnoul , comte de Flandre , et de Guillaume-Longue-Epee , due de Nor- 

mandie 84 

Baucelicourt , assassin du due de Normandie ib. 

Intention qu'avait Guillaume de se faire moine 85 

Richard-sans-Peur , due de Normandie, 948 87 

Bernard-le-Danois ib. 

Louis d'Outremer vient a Rouen ib. 

II s'empare de la personne du jeune due ib. 

Le peuple se souleve ib. 

Louis effraye relache Richard 88 

II promet de punir Arnoul , comte de Flandre 89 

Louis emmene Richard sous prctexte de le faire mieux elever a sa cour ib. 

Le comte Arnoul apaise le roi 90 

Osmond, gouverneur de Richard, l'arrache au danger qui le menacait ib. 

Evasion de Richard : 91 

Hugues-le-Grand est mis dans ses intents ib. 

Arnoul conseille au roi de partager la Normandie avec Hugues-le-Grand ib. 

Reproches adresses a Uugues par Bernard , oncle de Richard 94 

Louis vient a Rouen 98 

Raoul-le-Tort (Ton ?) 94 

Sa tyrannie ib. 

Harald vient en Normandie ib. 

Mort d'Herluin , comte de Ponthieu 95 

Le roi Louis est pris par les Normands ib. 

La reine tente envain de mettre 1'empereur, son pere, dans les interets de son mari . ib. 

Richard rentre en possession de son duche 96 

Hugues fait epouser a Richard sa fiile encore enfant 97 

Arnoul , comte de Flandre , va trouver Tempereur Othon ib. 

Les confederes cherchent a s'emparer de Rouen ib. 

Regrets d'Othon ib. 

II veut livrer Arnoul a Richard ib. 

Arnoul s'enfuit 98 

Gormont , Ysemhart (Isembart) ib. 

Mort de Louis d'Outremer ib. 

Lothaire , roi de France 99 

Thibaut I , dit le Tricheur , comte de Chartres et de Blois ib. 

Brunon , archeveque de Cologne ib. 



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764 TABLE DES MATIERES. 

P«gw. 

Richard est instruit des embuches qui lui sont tendues 100 

Entrevue sur les bords de l'Eaulne ib. 

Guerre entre Lothaire et le due de Normandie 101 

Prise d'Evreux ib. 

Deroute de Thibaut ib, 

Richard appelle de nouveau les Danois a son secours 102 

Accommodement » . . ib. 

Amours de Richard et de Gonnor 103 

Leurs enfans , Richard , Mauger , Robert ib. 

Robert se marie, quoique archeveque • 105 

Sceurs et freres de Gonnor , leur descendance ib. 

Ses nieces 106 

Mariage de Hugues-le-Grand 107 

Ses enfans ib. 

Hugues-Capet 108 

Mort de Giselbert , due de Bourgogne ib. 

Othon , due de Bourgogne ib. 

Henri-le-G rand , premier due sou verain de Bourgogne • ib. 

Mort de Hugues-le-Grand , 956 ib. 

Lothaire entre dans la Haute-Lorraine et surprend Othon a Aix-la-Chapelle .... 109 

Irruption de Tempereur Othon en France ..110 

Traite de Reims , 980 HI 

Mort de Lothaire, 986 112 

Louis V , dit le Faineant ib. 

Richard, due de Normandie, fonde l'abbaye de Fecamp ib. 

II se fait preparer un cercueil t6. 

Re volte des vilains Ug 

Maladie de Richard . . , # # 

Sa mort m 

Richard II, dit le Bon, lui succede ib. 

Guillaume, comte d'Hyemes, fait la guerre a son frere naturel, il est pris, s'erade et 

conclut la paix # # 

Ethelred ou Alfred II , beau-frere de Richard II , roi d'Angleterre , 978 115 

II fait la guerre aux Normands 1 16 

Geoffroi I , due de Bretagne . ib. 

Ethelred II , fait massacrer les Danois . . '. ib. 

Suenon , roi de Danemarck , debarque en Angleterre ib. 

11 en fait la conquete iff 

Ethelred se sauve en Normandie #. 

Mort de Suenon, 1015 #, 



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TABLE DES MATURES. 765 

Pages. 

Ethelred retourae en Angleterre 117 

Kanut (Knut) , roi de Danemarck ib. 

MortdTthelredII,23avrill016 ib. 

Hardi-Kanut, roi de Danemarck 118 

Demeles avec Eudes II , comte de Chartres et de Blois 1 19 

Mort de Louis V, roi de France ib. 

Charles , due de Basse-Lorraine 120 

II est exclu du trone de France ib. 

Charles de France tombe entre les mains de Hugues-Capet ....121 

Hugues est sacre* le 23 juillet 987 ib. 

II associeson GlsRobertala royaute, 988 122 

Mort de Charles de France ib. 

Gerbert ou Sylvestre II ib. 

Sa magie .* 123 

Son aventure avec le diable 1 24 

Mort d'Arnoul II , dit le jeune , comte de Flandre , le 2$ mars 988 128 

Mort de Hugues-Capet le 24 octobre 996 ib. 

Robert II 129 

Eudes , comte de Chartres , assiege Tillieres ib. 

Hugues, comte du Maine, sedeguise en berger 130 

Richard appelle les Scandinaves a son secours 131 

Le roi Robert reconcilie Richard II avec Eudes ib. 

Olaf se fait baptiser 132 

II est martyrise' ib. 

Enfans de Richard II ib. 

Richard aide le roi Robert a r&ablir le comte de Melun 13*3 

Renaud, comte de Bourgogne, prisonnier de l'eveque d'Auxerre. 134 

Richard sollicite en vain sa liberte* ib. 

Mortde Richard II, 23 aout 1027 135 

Richard III , son successeur ib. 

Discorde entre Richard III et Robert son frere ib. 

Mort de Richard III, 6 aoot 1027 ou 1028 136 

Robert-le-Diable , due de Normandie ib. 

Revolte et soumission de Guillaume de Belleme ib. 

Nouvelle revoke de Guillaume ib. 

Robert contraint son oncle a se retirer en France 1 37 

Guerre contre l'eveque de Bayeux ib. 

Le roi Robert donne sa fille en mariage au ills du comte de Flandre 138 

Celui-ci se revoke contre son pere ib. 

Baudouin V de Lille, ou le IMbonnaire, comte de Flandre 139 



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766 TABLE DES MATIEKES. 

Pages. 

Henri , due de Bourgogne , meurt 139 

Landri , comte de Nevers 140 

Fromond II , comte de Sens , Renaud II lui succede ib. 

La cite de Sens est rendueau roi de France, 1015 ib. 

Robert , dit le vieux , due de Bourgogne 141 

Hugues , 01s de Robert , roi de France ib. 

Fondation de 1'abbaye du Bee ib. 

Henri , roi du vivant de son pere 142 

Le Chevalier au Cygne 143 

Phenomene meteorologique ib. 

Famine 144 

Mort de Robert II , roi de France ib. 

Robert , due de Normandie , allie" du roi Henri ib. 

Mort de Baudouin IV, comte de Flandre , Baudouin V de Lille dit le De'bonnaire (p. 139). 145 

Henri IV empereur tfr. 

Incendie a Paris 146 

Division entre Robert , due de Normandie , et Alain , comte de Bretagne ib. 

Le due de Normandie veut r&ablir ses neveux en Angleterre 147 

Reconciliation de Robert et d' Alain 149 

Gene>osite^eKanutII 150 

Amours de Robert-le-Diable et d'Harlette ib. 

Harlette, originaire du Hainaut 151 

Songe d'Harlette 152 

Naissanee de Guillaume-le-Conquerant , 1027 153 

Le due Robert va en pelerinage a Jerusalem 154 

Sa mort , Guillaume-le-Conquerant lui succede 155 

Desordre auquel fut livree la Normandie ib. 

Le roi de France exige la destruction du chateau de Tillieres 158 

Toustain , vicomte d'Hiemes , s'allie avec les francais 159 

Harald I, roi d' Angleterre, vers 1037 ib. 

Alfred debarque en Angleterre , il est accueilli et trahi par Godwin 160 

Mortd'HaraldI,1041 161 

Edouard IH , dit le Confesseur t&. 

Toustain , vicomte d'Hiemes , se souleve contre le due de Normandie . . . . . . 164 

Mauger , archeveque de Rouen ib. 

Guillaume d'Arques , oncle du due , se declare aussi contre lui 165 

Guillaume Talevas , ses cruautes 166 

Ge>oie ib. 

Ses enfans 167 

Guillaume Talevas est chasse par son fils Arnoul ib. 



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TABLE DES MATIERES. 767 

Pages. 

Mort de cet Arnoul 168 

Odon , eveque de Bayeux 169 

Revolte de Guy (Gui) de Bourgogne et de Neel de Gotentin ib. 

Batailledu Val-des-Dunes, 1047 ib. 

Thibaut III , comte de Blois, prisoonier de Geoffroi II , comte d'Anjou , 1044. . . . 170 

Siege d'Alencon et de Domfront 171 

Guillaume de Mortain ib. 

BaUiliedeMortemer, Tan 1054 173 

Le roi de France passe la Dive ib. 

La paix est r&ablie entre le roi de France et le due de Normandie 17S 

Demeles de Guillaume-le-Gonquerant et de Geoffroi-MarteJ ib. 

Le due de Normandie epouse la fiUe du comte de Flandre 174 

Robert Guiscart 178 

Godefroid de Bouillon 179 

Histoirede Robert Crespin ib. 

Guerres soutenues par Robert Guiscart 181 

Reflexions 185 

Morality 186 

L'auteur revient au due Guillaume de Normandie ib. 

Robert, abbl de S'-ivrol ib. 

Demeles de I'empereur Henri IV et du pape Gregoire VII 187 

Gregoire VII accuse* de simonie ib. 

Henri IV fait deposer Gregoire VII ib. 

Mort d'Edouard III , roi d'Angleterre ib. 

£douard designe pour son successeur Guillaume de Normandie 188 

Harald passe en Normandie 189 

II est arrets et recouvre sa liberte* , serment qu'il fait a Guillaume ib. 

Harald II, roi d'Angleterre 190 

Le comte de Flandre vient s'unir au due de Normandie ib. 

Manage du due de Normandie 191 

Le due Guillaume debarque en Angleterre 198 

Presage, interpretation donnee par Guillaume 195 

Le due brule ses vaisseaux 196 

Bataille d'Hastings ib. 

Harald est tu<§ , fondation de Batik-Abbey ib. 

Guillaume donne la Normandie a son fils aine Robert 197 

H punit des conspirateurs , . . ib. 

Mort de Henri I, roi de France, Philippe I luisuccede. . . / ib. 

Fondations pieuses de GuiUaume-le-Conquerant , de Mathilde et de quelques dames et 

seigneurs Normands * . . . . 198 



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768 TABLE DES MAT1ERES. 

Paget. 

Rollon 201 

L'archeveque Mauger tombe en defence 202 

Mort de Robert Guiscart ib. 

Boemond I , prince d'Antioche 203 

Boemond II , Raimond (Raymond) , Roger , surnomme* la Bourse , due de Pouille et de 

Calabre ib. 

Roger I, comte deSicile, Roger II prend le titre de roi 204 

Eustache II , comte de Boulogne , surnomme* aux Grenorn ib, 

Mort de Mauger , archeveque de Rouen ib. 

Mort de Guillaume-le-Conquerant 205 

Guillaume-le-Roux, roi d'Angleterre, Robert II, Courte-Heuse , due de Normandie. . ib. 

Henri obtient le comte' de Cotentin, il en est ensuite dfyouille ib. 

Robert va a la croisade ib. 

Cupidite sacrilege de Guillaume-le-Roux 206 

Souvenir du roi Artus (Artbus , Arthur) ib. 

Mort de Richard , filsde Guillaume-le-Conquerant 207 

Songe de Guillaume-le-Roux ib. 

Explication de ce songe 208 

Mort de Guillaume-le-Roux 210 

Henri I *, dit Beau-Clerc , roi d'Angleterre ....... ib. 

Mort de Guillaume , son fils unique f ... 211 

Robert veut ressaisir le sceptre ib. 

Le roi Henri envahit la Normandie 212 

Bataille de Tinchebray ib, 

Guillaume Cliton ib. 

Assassinat de Charles-le-Bon , comte de Flandre 213 

Guillaume Cliton lui succede . ib. 

Baudouin VI et Robert-le-Frison , comtes de Flandre 214 

Arnoul III , dit le Malheureux, comte de Flandre ib, 

Baudouin II , dit de Jerusalem , comte de Hainaut ib. 

Bataille de Cassel 215 

Comte de Cambrai ib. 

Robert II , comte de Flandre , Baudouin VII a la Hache ib. 

Guillaume Cliton 216 

Thierri d' Alsace , mort de Robert de Normandie ib. 

Guillaume d'Osberne, comte d'Hereford, et sa famille 217 

Contestation pour Ivry, Brionne et la succession de Guillaume , comte d'Hereford . . 218 

Faux raonnayeurs . 228 

Mort de l'empereur Henri V, 1'impeVatrice Mathilde epouse Geoffroi V, comte d'Anjou. ib. 

Ses enfans 224 



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TABLE DES MATIERES. 769 

Fagc«. 

Mort de Mathilde, reined' Angleterre , Adelaide de Brabant , seconde femme de Henri I w . 

Enfans naturels de ce prince 224 

MathieuP'de Montmorency, Hugues, archeveque de Rouen 227 

Chateaux et monastdres bAtis par le roi Henri ti. 

Passage dans les Alpes 228 

£glise d'Evreux 229 

Scaurs du roi Henri 10 - 

Philippe l w , roi de France , mort d'Arnoul III, comte de Flandre (t?oy. p. 2U), hiver 

rigoureux , restauration de I'abbaye de S'-Martin , h Tournay 230 

Manage de Philippe I" *• 

Mort de ce monarque 281 

Louis VI , dit le Gros , son manage *6. 

Guerre contrele comte deMeulan 232 

Louis VII, dit leJeune, roi de France 284 

Comtes d'Anjou et du Maine * «*• 

Foulques , roi de Jerusalem 235 

Godefroid de Bouillon **• 

Suite desfillesdeGuillaume, roi d'Angleterre ib. 

Henri I or , comte d'Eu 236 

ThibautlV, comte de Blois , Eustache III, comte de Boulogne 237 

Guillaume Talevas ou Talvas 238 

Guy I er (Gui), comte de Ponthieu «*• 

Roger, comte d'Alencon, Roger de Montgomeri 289 

Mort de Henri l er , roi d' Angleterre 240 

ftienne . . to. 

David l w , roi d'Ecosse 241 

Le roi de France secourt Fimpdratrice Mathilde ib. 

Bataille de Lincoln *• 

La paix est r&ablie entre Henri et £ tienne 242 

Eustache, fils d'Etienne *• 

Guillaume X, due d'Aquitaine, comte de Poitiers 243 

Mort deLouis-le-Gros, roi de France ib. 

Louis-le-Jeune (t?oy. p. 284) *0- 

Divorce de Louis et d'fleonore 244 

Histoire merveilleuse sur Forigine d'£leonore, duchesse d'Aquitaine 245 

Mariage d'&eonore et de Henri II Plantagenet 249 

Leurs enfans 250 

Tournois en Flandre • • 251 

Libe>alitede Henri 111 , origine du surnom au Court-Mantel id. 

Hugues de Hamelincourt • • 252 

Tom. II. 97 



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770 .TABLE DES MAT1ERES. 

P«gw. 

Hennuyers et Brabancons a la coup de Henri Ii 158 

Nouveau manage de Louis-le-Jeune t &. 

Mort de la reine Constance . 256 

Philippe d' Alsace , comtede Flandre ib. 

Enfans ib. 

Mort de Thomas Becket 257 

Prophetie de Merlin , son explication 260 

Louis-le-Jeune cesse de vivre 261 

Philippe (II) Auguste * . . . ib. 

Repentir de Henri II , roi d' Angleterre ib* 

Louis VII va en pelerinage en Angleterre 262 

Dissensions entre les rois de France et d'Angleterre t&. 

Entrevue de ces monarques • ib. 

Philippe d' Alsace , comte de Flandre (voy. p. 256), fait la guerre an roi de France • . 265 
Mariage de Philippe-Auguste, Jacques d'Avesnes, les habitans de Tournai le favorisent, 

Philippe- Auguste vient a Tournai , l'eveque Everard . . . . 266 

L'eveque Etienne . * 267 

Mort de Baudouin V, Baudouin VI , Isabelle de Hainaut r Louis VIII on le Lion, par 1ft 

suite roi de France ib. 

Mort dlsabelle , Isemburge , divorce, Isemburge se retire a Cisoing ...... 268 

Isabelle de V ermandois , comtesse de Flandre 268 

Mort dujeune Henri d'Angleterre . . . . to. 

Regrets qu'elle inspire . . . . 270 

Allusion au roman d' Alexandre ik* 

Mort de Geoffroi , comte de Bretagne 271 

Richard fait la guerre a son pere • • . . t*. 

Nouvelle prophetie de Merlin 37 j 

Origine des longs manteaux en Angleterre ib. 

Mort de Henri 11 , Richard Coeur-de-Lion , Philippe d' Alsace . 271 

Troisieme croisade 274 

Messine 276 

Rivalite entre les Francais et les Anglais . .- , ib* 

Sieged" Acre . . . . . % 276 

Louis d'Arseles , feu gregeois , famine , Alberic Clement 277 

Saladin, Leopold d'Autriche 278 

Jacques d'Avesnes (voy. p. 266) 279 

Inimitie* de Philippe et de Richard ib* 

Henri 11 , comte de Champagne ih. 

Philippe , comte de Flandre , revele au roi de France les projets de Richard . . . • 280 

Querelle entre le due d'Autriche et le roi Richard 282 



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TABLE DES MAT1ERES. 771 

P»ge». 

Mort de Philippe d' Alsace, comtede Flandre 288 

PhQippe-Auguste retourne en France to. 

Depart de Leopold d'Autriche 284 

Nicolas Doria et Rosso de Volta de Genes* to. 

Retour de Richard , mort de Jacques d'Avesnes , prea de Cesaree 285 

Brice de Bariou des Barres 288 

Richard parvient en AUemagne, comment ilfiit arrete 287 

L'empereur Henri VI se fait livrer Richard 292 

Le roi de France apprend sa captivity to. 

Propos amers de I'empereur et de Richard 293 

Le roi de France porte la guerre en Normandie to. 

Gilbert de Wascoil to. 

Richard recouvre sa liberie* 294 

Forteresse de Dangu to. 

Othon, comte de Poitiers, mort de l'empereur Henri VI, Baudouin VI (IX), comte de 

Hainaut et de Flandre, rempereur Otton (Othon) IV, Henri HI, due de Brabant, 

Philippe de Souabe 295 

Frederic II , roi de Sicile , depuis empereur 296 

Pourquoi l'empire cessa d'etre hereditaire . 297 

Frederic-Barbe-Rousse, sa mort, Henri IV 302 

Frederic II, Otton IV, guerre de Baudouin IX, comte de Flandre, contre le roi de 

France, Philippe I 6 *, marquis de Namur 304 

Mort de Marie de Champagne, femme du comtede Flandre 305 

Philippe I", marquis de Namur, prise de Zara par les croiSes ib. 

Alexis III et Alexis IV, empereurs de Constantinople , histoire de ce dernier prince . . 306 
Murzuphle, mort d' Alexis IV, prise de Constantinople , noms de plusieurs croises de 

distinction 307 

Conon ou Quesnes de Bethune , le trouvere 308 

Baudouin empereur, il est mis & mort ib. 

Henri de Valenciennes , empereur de Constantinople 309 

Etienne et Gossuin , eveques de Tournai to. 

Philippe-Auguste , roi de France to. 

Mort de Philippe, comte de Namur, Henri 1", due de Brabant, guerre en Normandie. 310 

Barbarie de Richard , sa mort 311 

Propb&ie de Merlin 312 

Jean-sans-Terre , roi d'Angleterre to. 

Arthur deBretagne, Blanche de Castillo 313 

Siege de Gournai en Normandie t'6. 

Geoffroi de Lusignan (Luzignan) 314 

Jean-sans-Terre fait mourir son neveu Arthur to. 



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772 TABLE DES MATURES. 

Pages. 

Hugues de Lusignan 315 

Frederic, fils de Fempereur Henri VI. 216 

Otton de Wittelsbach ib. 

OttonlV ib. 

II est excommunie 317 

Frederic II ib. 

Pierre de Mauclerc , due de Bretagne ib. 

Enfant nature! de Philippe- Auguste 318 

Guerre contre Ie roi Jean d'Angleterre ib. 

Paris sous Philippe- Auguste 319 

Affaires de Flandre et de Hainaut » ib. 

Enguerrand III de Couci veut Ipouser Jeanne de Flandre 320 

Isengrins et Blavotins • ib. 

Jeanne de Flandre epouse Fernand (Ferrand) de Portugal ib. 

Ge prince passe pour le fils de la comtesse Mathilde ib. 

Gautier d'Avesnes , Jean de Nesles et Gilbert de Bourghelles 321 

Acre et S'-Oraer c6d€s au prince Louis , fils de Philippe- Auguste 322 

Troubles en Flandre , Rasse de Gavre , guerre de Peveque de Liege et du due de Bra- 
bant . . 323 

Hugues de Boves, Renaud de Dammartin , comtede Boulogne ib. 

II fortifie Mortain ib. 

Renaud se retire en Angleterre , il va trouver l'empereur Otton 324 

Indignation du roi de France, Philippe veut passer en Angleterre , Savari de Mauleon. 325 

Marine du moyen age 328 

Les Francais devant Bruges , conduite du comte Fernand , Philippe- Auguste se prepare 

a s'emparer de la Flandre 327 

La flotte francaise est battue a Dam 328 

Gautier de Formiseles , Bouchard d'Avesnes 329 

Philippe parcourt la Flandre 330 

Chateau de Darnel ou d'lernau ib. 

GeYard La Truie et Gerard de Marcke 331 

Retour du roi de France a Paris , son fils Louis reste en Flandre 322 

Prise de Courtrai , cette ville est pillee et incendiee 333 

Gautier d'Avesnes , Mortagne , les Flamands a Tournai . 384 

Les Pres-Porcins 335 

Guillaume-Longue-Epee 336 

Tournay (Tournai) est emporte* et saccage* par Fernand ib. 

Hugues de la Woestine 337 

Les bourgeois sont trahis , Rasse de Gavre accorde un saufconduit a Gerard La Truie. 338 

Ph. Mouskes t£moin de la prise de Tournay ib. 



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TABLE DES MATURES. 773 

Pages 

Les Francais a Lille, Gaucher de Chatillon, comte de S*-Pol, La Truie injustement 

soupconne' de trahison 339 

feat deplorable de la ville de Tournay 340 

Robert de Rumes , prise du chateau de Mortagne*sur-l'Escaut , les habitans de Tournay 

se reTugient a Lille et en France 341 

Fernand se presente devant S l -Omer, Arnould (Arnoul) de Gavre 342 

Prise de Tournehem ou plutot de Bonnengues (voy. la Table gfographique) .... 343 

Fernand s'empare de Lille • ib. 

Les Francais la prennent a leur tour et la saccagent 344 

L'empereur Otton IV a Valenciennes 346 

Ennemis des Francais 347 

Robert de Dreux , . . . . 348 

Jean de Lesdain 349 

Le pont de Bouvines . ib. 

Le roi de France vient a Tournay 350 

Gonseil tenu par les Francais , discours de La Truie 351 

Dispositions de l'armee francaise 352 

Discours du roi Otton. 353 

Bataille de Bouvines 354 

Le vicomte de Melun 355 

MicheLde Harnes , Gerard La Truie - 356 

Guillaume des Barres , Pierre de Mauvoisin , Mathieu de Montmorency, roriflamme , 

Galle de Montigni « 357 

Le comte de Flandre, le due de Limbourg , le due de Brabant, Guillaume-Longue-Epee. 358 

Gautier de Raisse , Eustache de Machelen. . . . 359 

Baudouin Buridan , Rasse de Gavre r Sohier de Wavre , le comte de Flandre est pris par 

Hugues de Mareuil ♦ 360 

Vaillance du comte de Boulogne , Jean de Nesles 361 

Le comte de Boulogne est pris ib. 

Cris de guerre 36& 

Guillaume-Longue-£ p^e , le chateau de Maldeghem 364 

L'armee flamande est decouragee , le due de Brabant se retire 365 

Le due de Limbourg le suit 366 

Sotteghem , Bourghelles ib* 

Serment de Gautier de Quievrain et d' Arnoul d'Esne , exploits du due de Bourgogne ; 

Oger-le-Danois 367 

Les Hurepois d'Outre-Seine ib. 

Rasse de Gavre, Sohier de Wavre, Thomas de Montgombert, Pierre Harpin, Robert 

de Dici (?) , Eustache de Machelen, le chatelain de Raisse . . 36ft 

Baudouin Buridan , intrepidity de Mathieu de Montmorency, le combat s* engage avec 



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774 TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

les AUemands, armes de Tempire 369 

Philippe- Auguste attaque I'empereur 870 

Guillaume des Barres , Pierre de Mauvoisin ib. 

Bernard d'Horstmar et Hellio de Waurin delivrent I'empereur 871 

* Guy d'Avesnes donne son cheval a Otton to. 

Hugues de la Woestine, Gerard deGrimberghe 878 

Bouchard d'Avesnes 874 

La victoire est decisive en faveur des Francais 878 

Fernand est enchaine* ib. 

Sort des prisonniers ib. 

Le roi Jean d'Angleterre deTait devant la Roche-aux-Moines (Roche-au-Moine) . . . 876 

Mort du marechal Clement 879 

Mort du due de Bourgogne , Eudes III ib. 

Croisade contre les Albigeois , prise de Toulouse et de Narbonne , bataille de Muret. . 880 

Mort de don Pedre II , roi d'Arragon 881 

Les comtes de Foix , de Toulouse et de Comminges ib. 

Gruautes commises pendant les guerres des Albigeois ib. 

Le comte de Carcassonne , Amaury, fils de Simon , exces dont on accusait les Albigeois. 88S 

Trait satirique contre les provencaux 888 

Mort de Simon de Montfort ib, 

11 est consider^ comme un martyr 884 

Amaury VI de Montfort , sa mort ib. 

Troubles en Angleterre ib. 

Le fils aine* de Philippe* Auguste est appele* par les barons anglais 885 

Raoul d'Audenarde , Gautier de Sotteghem , Thierri d'Irconwez , Jean Vieillard . . . 886 

Mort de Hugues de Boves ib. 

Le pape excoramunie les partisans de Louis en Angleterre 387 

Le roi Jean s'enfait ib. 

Sepulture de l'enchanteur Merlin 888 

Les Flamands peu fideles au roi Jean ib. 

Baudouin d'Aire ib. 

Siege de Douvres, exploits de Gerard La Truie, Imbert du Bourg, Pierre de Graon, 

Guicbard de Beaujeu 889 

Le roi d'Ecosse vient au secours de Louis. ib. 

Mort du roi Jean, Henri III (IV), son fils , est reoonnu 890 

Le comte du Perche est pris et tue* a la bataille de Lincoln 391 

Mort du vicomte de Melun ib. 

Robert de Courtenai 893 

Eustache-le-M oine est mis a mort ib. 

Louis renonce a la couronne d'Angleterre 893 



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TABLE DES MATIERES. 775 

Pages. 

Mort de 1'empereur Othon 394 

Plasieurs des prisonniers fait* a Bouvines parviennent a s'echapper ib. 

Frederic II, empereur 398 

Jean de B&hune , eveque de Cambrai ib. 

L'empereur se croise. Soulevement des Albigeois ib, 

Raoul de la Tonrnelle 396 

Mort du pape Innocent HI ib. 

L'eveque de Cambrai meurt devant Toulouse ; Arnould d'Audenarde prend part a la 

croisade contre les Albigeois. Godefroad de Cond£, eveque de Cambrai. Cinquieme 

croisade ib. 

Siege de Damiette 897 

Jean de Brienne , roi de Jerusalem 398 

Mort de Gossuin , <§veque de Tournai , Gautier de Marvis lui succ&de ib. 

iioge du Soudan du caire Malek Kamel 400 

Le legat est blame par les croises , l'auteur le ddfend ib. 

Ovation du corps de S'-Thomas de Kantorbery 401 

Les trois rois de Cologne ib. 

Henri I , empereur de Constantinople ib. 

Pierre de Courtenai , comte d'Auxerre, devient empereur 402 

Philippe , marquis de Namur. Ses sceurs ib. 

Theodore Lascaris. Captivite de l'empereur Pierre de Courtenai. Gauasouin d'Antoing. 

Baudouin II de Courtenai. Mort de Pierre son pere 403 

Conon de BeHhune , senechal de Romanie 404 

Robert de Courtenai , empereur de Constantinople , Jean Azan , roi de Bulgarie . . . ib. 

Gerard La Truie, chef de l'armee levee contre Lascaris 406 

L'empereur et Theodore Lascares font la paix ib. 

Ambassade de Ge>ard La Truie et de Thierri de Valaincourt 407 

Mort de Theodore Lascaris ib. 

La guerre recommence. Combat de P&nanin. Macaire de S te -Menehould. Bourgeau de 

Trassin. Gobert de Marcke. Les deux Conon de B&hune ; Payen d'Orleans. Pierre 

deBreteuil 408 

Nkaolas de Mainwaut 409 

Nouvelle negociation relativement a la fille de Theodore Lascaris. Elle est rompue une 

aeconde fois. Bouchard d'Avesnes arrete* par ordre de la comtesse de Flandre. . . ib. 

Robert de Courtenai tombe entre lea mains de Bouchard 410 

Chateau d'Houffalise. Sohier de Wavre (Voy. p. 368) ib. 

Guy d'Avesnes est assassin^. Bouchard sort de prison. Gautier II d'Avesnes. Bouchard 

d'Avesnes excommunie' 411 

Bouchard va a Rome , il rend par son courage des services au pape 412 

U fait legitimer ses enfans. Guillaume de Dampierre, second man de Marguerite de 



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776 TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

Flandre + l $ 

Fr&Uric II , empereur • **• 

Les Sarrasins de Sicile sont defaits -H** 

Douleur que la perte de Damiette cause a l'empereur **• 

Les Albigeois "*** 

Henri HI , roi d'Angleterre. Le roi de France arme chevaliers son fils Philippe et Thi- 

baut de Champagne 416 

Guy II , comte d'Auvergne *!' 

Philippe-Auguste reprend la reine Ingeburge , ou Isemburge t&. 

Philippe dit Hurepel, comte de Boulogne *• 

Jean de Brienne , roi de Jerusalem, vient en Europe. Yolande de Brienne .... ib. 

Mort de Raymond VI , comte de Toulouse 419 

Guerre en Bretagne. Pierre Mauclerc, Savari de Mauleon 420 

Invasions des Tartares en Russie *b. 

Concile de Paris. Mort du roi Philippe-Auguste 421 

Eloge de ce prince 422 

Artus et Alexandre 424 

Testament du roi 425 

Louis VIII. — Philippe , son frere , obtient le comte de Clermont 426 

Conseils du monarque mourant a son successeur ib. 

Les douze pairs d'Alexandre-le-Grand 430 

Funcrailles de Philippe-Auguste 431 

Circonstance particuliere de ces obs&ques ib* 

Frere Garin , Barthelemi de Roie , Pierre Tristan 434 

Couronnement de Louis VIII ib. 

Apparition de S'-Denis a un senateur romain 435 

Sacrede Louis VIII a Reims 441 

La sainte ampoule * 442 

Defaite des Albigeois. Reclamation du roi d'Angleterre. Manages de Jean de Brienne et 

de l'empereur Frederic II 444 

Treve entre les rois de France et d'Angleterre 445 

Apostasies 446 

Traite de Paris. — Les Albigeois et les Anglais se rendent la cour de Rome favorable, ib. 

Hugues X , comte de la Marche. Isabelle d'Angouleme 448 

Mort de la duchesse de Brabant. Discussion du comte de Namur et de Gautier d'Avesnes. 449 

Moralite 450 

Baudouin IX de Constantinople 451 

Histoire du faux Baudouin 452 

Retour de Bouchard de Rome 453 

Alexandre, Artus (voy. p. 424) 454 



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TABLE DES MATURES. 777 

Pages. 

Exemple de Nabucbodonosor et du due Gisbiert (Gisbert) 455 

Artus attendu par Ies Bretons 457 

Le faux Baudouin se fait des partisans parmi le nobles 458 

Arnould d'Audenarde est envoyepres delui par la eomtesse ib. 

Gerard de Jauchc 459 

La eomtesse elle-meme donne dans le pilge 460 

EUe assemble son conseil au Quesnoy ib. 

Ignorance du veritable Baudouin 461 

Le faux Baudouin recherche Famine des petites gens 462 

Matbieu II de Montmorency. Thomas de Lampernesse. Michel de Harnes. Gautier de 

Courtrai ib. 

Mesure de rigueur prise par la eomtesse Jeanne 464 

Imprudence du faux Baudouin 465 

Flobecq ravitaille* pour resister au faux Baudouin ib. 

Celui-ci parvient a se rendre mattre de la personne de Baudouin et de Jean d'Avesnes. — 

Gilbert de Sotteghem ib. 

Bouchard d'Avesnes 466 

Reception brillante faite en Flandre a l'imposteur ib. 

Partisans de la eomtesse Jeanne ib. 

Arnould d'Audenarde tres-utile a la eomtesse 468 

Le roi de France lui prete secours ib. 

La dame de Beaujeu , sceur de l'empereur Baudouin , est envoyee vers Termite de 

Glancon 469 

Elle ne le reconnalt pas ib. 

Alors elle l'engage a se rendre aupres du roi de France ib. 

Les dues de Brabant et de Limbourg viennent trouver le faux Baudouin. Le roi de 

France lui fait subir un examen 470 

L'ermite est reconnu a la cour de France 471 

Valenciennes jure la commune 47$ 

Arnoul (Arnould) de Gavre, Bouchard de Gierre, Barras d'Estrepy, Arnoul d'Esne, 
Nicolas et Gautier de Quicvrain, Baudri et Brognard de Denain , les seigneurs de 

Vendegies et de S*-Aubert 474 

Le prevot du comte a Valenciennes 475 

Les habitans de Nivelles (Nevele ?) favorables au faux Boudouin ib. 

11 se rend a Cologne ib. 

L'imposteur s'esquive 476 

Credulitc de ceux de l'abbaye de S'-Jean , a Valenciennes , et des habitans de Blnche. 477 
Conferences au Quesnoy. Les habitans de Valenciennes cherchent a etendre leur fran- 
chises et droits de commune 478 

Reponse de la eomtesse et de son conseil 479 

Tom. II. 98 



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778 TABLE DES MATE&RES. 

Pages. 

L'assemblee dii Quesnoy n'a pas de resultat 479 

Folie des habitans de Valenciennes 480 

Allusion au roi Artus ib. 

Les partisans de la comtesse en viennent aux mains avec ceux de Valenciennes. . . 481 

Pierre de Lannoy , Gautier de Forest ib. 

Paix accordee a Valenciennes 482 

Le faux Baudouin est pris. — Erard de Cassenai. Qui &ait effectivement I'ermite de 

Glancon ib. 

Clerembaud de Chappes . 48S 

Chatiment du faux Baudouin ib, 

L'empereur Frederic II retarde son depart pour la croisade 485 

Le cardinal Romain , legat en France 486 

Troubles a Paris , concile de Bo urges. Le comte de Toulouse Raymond VII vient inuti- 

lement y plaider sa cause 487 

Nouvelle croisade contre les Albigeois 488 

Assassinat de l'archeveque de Cologne 490 

L'empereur fait la guerre en Italie ib. 

Les Albigeois eux-memes veulent se croiser 491 

Arrivee d'un archeveque de Nicee en Europe ib. 

Legende du Juif errant 492 

Delivrance du comte Fernand 494 

Armce dirigee contre les Albigeois , les croises devant Avignon ib. 

Ruse des Avignonais 495 

Gautier d'Avesnes , comte de Blois 498 

Martin d'Olive ; siege d'Avignon KOI 

Ribauds 503 

Amauris (Amaury) chef des inglnieurs et mineurs 504 

Machines de guerre ib. 

L'ingenieur Amaury est tue* 505 

Machines de guerre 506 

Avignon accepte les conditions les plus dures ; partage propose du butin 507 

Louis VIII s'emporte contre le cardinal Romain , a l'occasion de ce partage .... 508 
L'accord avec la ville est rompu , resolution desesperce des habitans , Pierre de la Tour- 

nelle. Cleremhaud de Solesmes 509 

Brabancons dans les rangs des Avignonais 510 

Mort de Pierre de la Tournelle ib. 

Extremite ou se trouvent reduits ceux d'Avignon 51 1 

Brabancons et Flamands dans Avignon 512 

Ambassade du roi de France a Fempereur. — L'eveque de Beauvais ib. 

L'eveque de Cambrai 518 



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TABLE DES MATlfiRES. 779 

Pages. 

Raoul, comte de Cambrai, et Adelaide sa mere. Suppression de la commune de 

Cambrai 51$ 

L'abtx* de S'-Denis 514 

L'empereur abandonne Avignon a la vengeance du roi de France ib. 

Thibaut IV , comte de Champagne , favorise sous main ceux d'Avignon 515 

11 quitte 1'armee de Louis VIII 516 

Reflexions sur Instability de la fortune 517 

Parallele entre la mort et la fortune 518 

Mort du comte de S l -Pol 519 

Qu'il fut un martyr 521 

Gobert de Montsablon 528 

Dernieres paroles du comte de S'-Pol ib. 

Impicte* reprochees aux Avignonais 525 

Aye d' Avignon ib. 

Puissance des Avignonais 526 

Guillaume IV et Guillaume V deBaux, princes d'Orange ib. 

Discours du roi de France, Louis VIII, au clerge* 527 

Traits satiriques 528 

tloge de la France 529 

Discours de l'archeveque de Reims 530 

Discours des eveques d' Arras et de Noyon 531 

Les comtes de Foix et de Comminges 532 

Derniere volonte du comte de S l -Pol 533 

Interpretation donnle par le roi Louis VIII du serment du comte 534 

Pierre de la Tournelle (voy. p. 509) 536 

Les soudans de Babylone et d'Iconium 537 

Les Musulmans devant Acre 538 

Affaiblissement des Latins a Constantinople; secours promis par Louis VUI. Le chate- 

lain d' Arras. Continuation du siege d'Avignon 539 

Cette ville ouvre ses portes aux croises 540 

Le comte de Froix ne peut faire la paix. — Le corps du comte de S'-Pol est porte* a 

S'-Denis 541 

Raymond Berenger IV, comte de Provence 542 

ReVolte de la Rochelle avortce 545 

Reflexions sur la ruine d'Avignon 546 

Difficultes que fait l'empereur pour aller a la croisade ib. 

Nouveaux details sur Avignon 547 

Humbert IV , sire de Beaujeu , Amauri VI (Amaury) de Montfort 548 

Philippe II , comte de Namur 549 

Mort de Tarcheveque de Reims et de Bouchard de Marli • ib. 



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780 TABLE DES MATURES. 

Pages. 

Mortde Louis VIII 551 

Mathieu II de Montmorency. — Executeurs des d emigres volontes du roi. Louis ordonne 

en mourant de continuer la guerre centre les Albigeois 552 

Soupcons d'empoisonnement 558 

La reine Blanche vient au devant de son mari qu'elle croit vivant. — Philippe , comte 

de Boulogne 554 

Que le roi Louis etait de la lignee des comtes de F I and re et de Hainaut. Ce que Ton 

perdit a sa mort 556 

Louis IX , ou saint Louis , roi de France 560 

Rancon du comte de Flandre Fernand 561 

Louis IX est sacre a Reims 562 

Le due de Bourgogne ib. 

Le patriarche de Jerusalem assiste au sacre ; les comtes de Bretagne , de Cornouailles et 

deDreux 563 

Le comte de Champagne. Sa suite est chassee violemment de Reims 564 

La sainte Ampoule 565 

Les sires de Coucy (Couci), les comtes de Bar et de Blois, la comtesse de Beaujeu. . 566 

Chroniques de S'-Denis de nouveau cilees 567 

Hugues-Capet considerc comme un usurpateur ib. 

Rivalite' entre les comtesses de Champagne et de Flandre 568 

Le comte de Boulogne Philippe Hurepel , oncle du roi Louis IX ib. 

On apprend a Paris la defaite des Albigeois ib. 

Guerre contre I'Angleterre et les comtes de Bretagne , de Champagne et de la Marche. 

— Savari de Mauleon. Delivrance du comte Fernand 559 

Fernand ne tient pas ses promesses. — Guerre du due de Brabant contre le sire d'En- 

ghien. — Jean de Bcthune 57J 

La Rochelle. — Savari de Mauleon (t?oy. p. 569) # # 

Mort de Renaud , comte de Boulogne 575 

L'eveque d'Acre vient precher la croisade ib. 

La paix est retablie entre l'empereur et Jean de Brienne ib. 

Le comte de Champagne rentre en grace # # 

Le fils de l'empereur est couronne a Aix 573 

Le comte de Flandre assiste a cette ceremonie # # 

Treve entre les Francais et les Anglais # # 

Les comtes de la Marche et de Bretagne se soumettent #. 

Mort du pape Honorius III , Grdgoire IX 574 

Mort de Garin, eveque de Senlis 575 

Prolongement des treves. — Humbert de Beaujeu. — Sucees obtenus contre les Albi- 
geois &. 

Gautier de Marvis , eveque de Tournay 576 



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TABLE DES MATURES. 781 

Pages. 

M&ontentement des grands du royaume de France. La mere du roi disposee a abaisser 
les grands. Accusation d'empoisonnement dirigee contre le comte de Champagne. 

Le comte de Flandre reste Cdele au roi. Le comte de Bretagne appelle les Anglais. . 576 

Haine des barons contre le comte de Champagne 577 

Le comte de Flandre ravage le comte de Boulogne ib. 

La paix est retablie 578 

Plaintes de Grtfgoire IX contre l'empereur ib, 

L'empereur fait la guerre au pape 570 

L'empereur consent enfin a se rembarquer 580 

Retour de l'empereur. Jean de Brienne invite* a se rendre a Constantinople. Bau- 

douin II ib. 

Conduite de l'empereur en Sicile. Henri 581 

Mort deSanche VII, roi de Navarre, Thibaut, comte de Champagne, lui succede. — 
Mort de Philippe, comte de Boulogne; Thibaut est soupcoime' de 1'avoir empoi- 

sonne\ — Blame auquel est exposee la reine Blanche 582 

Le comte de Champagne se croise 58$ 

Mort de Fernand , comte de Flandre ib. 

Mort de Guillaume de Dampierre. Les fils de Bouchard d'Avesnes sont delivr^s de pri- 
son. Archambaud de Bourbon ib. 

Troubles dans le diocese de Breme. Heresie des Stadings 584 

Croisade contre les Stadings ou Cutters . 586 

Bataille des croises et des Stadings; Arnould (Arnoul) de Gavre, Arnould d'Audenarde, 

Robert de Betbune .587 

Les Stadings sont deiaits 588 

La guerre recommence entre le roi de France et le comte (due) de Bretagne* . . . 589 

Mort de Michel de Harnes , de Mathieu de Montmorency et de Bertrand de Roye. . . ib. 

Jean de Nesles vend la chatellenie de Bruges a la comtesse de Flandre 590 

L'empereur fait la guerre a son 01s Henri ib. 

Henri designe* comme un enfant suppose 591 

Suite de l'histoire de la supposition de Henri 596 

Mort d'Yolande de Brienne 598 

Frederic II Spouse Isabelle d'Angleterre ib. 

Mort de Henri I , due de Brabant ib. 

L'empereur FreVIe>ic II se fait garder par des Sarrasins 599 

Henri est mis sous la garde du due de Brabant . . . ib. 

Godefroid de Condi, eveque de Cambrai. Gautier et Fastre' de Ligne. Arnould d'Aude- 

narde (p. 587), Sohier de B&hune. . . .' 600 

Louis IX epouse la fille du comte de Provence 601 

Mariage de Henri III , roi d'Angleterre 602 

Guillaume I" , comte de Hollande 608 



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782 TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

FlorentlV , son fils , ses brillantes qualites 60S 

Floreot IV , tue dans un tournoi 604 

Robert deBoves, Anseau d'lle, Simon de Clennont ib. 

L'inquisition a Cologne 60S 

Exces du cardinal Otton 606 

II est oblige de fuir a Tournai ib. 

On preche de nouveau la croisade ib. 

Trait satirique 607 

Frere Guillaume, l'inquisiteur Robert ib. 

Grand nombre d'individus mis a mort pour accusation d'hlresie 608 

Catiers , Bougres 611 

Vengeance personnelle de l'inquisiteur Robert 612 

Regne de Jean de Brienne a Constantinople 613 

Faiblesse de son armee, elle est cependant victorieuse ib. 

Bravoure de Jean de Brienne 614 

Jean de Bcthune 615 

Les Latins s'em parent d'une partie de la flotte de leurs ennemis ib. 

Le comte de Champagne s'allie avec le due de Bretagne 616 

Mecontentement du roi de France. Le comte de Champagne rentre en grace. . • . 617 

Affront que Robert , frere du roi , fait au comte de Champagne 618 

Preventions populaires contre le comte de Champagne 610 

Interdit. — Croisade des enfans ib. 

Le cordelier frere Guillaume preche la croisade 620 

Geoffroi de Villehardouin (Ville-Hardouin) va au secours de Constantinople .... ib. 

Baudouin II se rend a Rome 621 

II va a Paris 622 

Les chateaux Sanson (Samson) et de Bovignes .... ib. 

Mariage de Robert , frere du roi de France 623 

Alphonse , son frere , investi du comte de Poitou 624 

Le Vieux de la Montagne envoie des emissaires pour assassiner le roi de France. . . ib. 

Les Templiers en relation avec le Vieux de la Montagne ib. 

Le chef des Ismaeliens change de resolution ib. 

Mort de Jean de Brienne. — Jean de Bethune 626 

Siege de Milan ib. 

Simon de Montfort ambitionne la main de la comtesse de Flandre 627 

Cette princesse dpouse Thomas de Savoie ib. 

Qualites et position de Thomas avant son mariage 628 

Mort de Godefroid de Conde , eveque de Cambrai 629 

Gui ou Guiart de Laon lui succede ib. 

Danger ou se trouve Constantinople. — Le comte (due) de Bretagne prend la croix. . 630 



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TABLE DES MAT IE RES. 783 

Paget. 

Les comtes de Bar et de Soissons 630 

De7aite des Templiers en Orient 631 

Garin Fallemand ib. 

Les Milanais vaincus par l'empereur Fnkleric II ib. 

Carroccio des Milanais ib. 

Le comte de Guisnes 63d 

Mort de Jean de Bethune ib. 

Secours amenes aux Latins de Constantinople. Geoffroi de Yillehardouin 633 

Meryeillense multitude dechiens, qui finissent par s'entre-d&ruire 634 

Traits satiriques 635 

L'eveque de Liege asstege le chateau de Poilvache. II meurt ib. 

Le comte Thomas se joint aux Liegeois ib. 

Waleran , seigneur de Fauquemont et de Poilvache , vient secourir cette forteresse . . 636 

RassedeGavre 637 

A qui appartenait tegitimement Poilvache 638 # 

Ermessinde de Luxembourg et son fils Henri ib. 

Arbitrage du comte d'Artois ib. 

Le chateau de Poilvache appelljadis 6m&roude 639 

Origine du nom de Poilvache ib. 

Henri de Luxembourg 640 

Difficulty pour l'&ection de l'eveque de Liege ib. 

Guillaume de Savoie ib. 

Otton , prevot d'Aix on de Maestricht 641 

Le due de Brabant , le comte deGueldre et Tarcheveque de Cologne ib. 

Affaires de Constantinople * . 642 

Les schismatiques promettent faussement de se soumettre au stege de Rome .... ib. 

L'empereur Frederic veut forcer Baudouin II a lui faire hommage 643 

Jean de Bethune (p. 63d) ib. 

Le comte de Guisnes (p. 632) 644 

Le roi de France conseille a Baudouin d*aller a Rome 645 

Guillaume , tuteur des enfans de Florent IV , comte de Hollande ib. 

II est arme chevalier a Courtrai. — Tournoi a Neuss {voy. p. 671) 646 

Guillaume , troisieme Gls de Florent IV , est tue dans un tournoi 647 

L'empereur Frederic II veut reduire Milan 648 

Anseau de Wismes t'6. 

Combat entre les habitans de Plaisance , le comte de Guisnes et Te>eque de Valence. • ib, 

L'eveque de Valence , le Dauphin de Viennois , le comte de Guisnes 649 

Sentimens chevaleresques 650 

Bravoure de l'eveque de Valence ib. 

Jean de Ferlingehem 651 



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784 TABLE DES MATURES. 

Pages. 

Anseau de Noheront. — Allusion a Oger-le-Danois 6521 

L'honneur de la journee appartient au comte de Guisnes 653 

Les Tartares ravagent la Russie 654 

Fable rcpandue par l'ignorance et la peur 655 

L'empereur devant Brescia ib. 

Condamnalion de Jean de Cisoing 656 

La comtesse Jeanoe et le comte Thomas sont ajournes dans la cause de ce baron . ib. 

Jean de Nesles , les fibres de Coucy , les seigneurs de Boves et de Clermont .... 657 

Devoirs d*un noble homme envers son seigneur et sa dame 658 

P&lerinage a S'-Thomas-Becket , a S*-Quentin et a S*-Francois d' Assises 659 

Origine des freres mineurs. Stigmates de S l -Francois ib. 

Appel a la croisade ib. 

Le roi de Navarre se croise ainsi que le due de Bourgogne , le comte de Bar et Richard 

d'Angleterre , 660 

Demarches de l'empereur Baudouin II pour obtenir du secours 661 

Humbert de Beaujeu % ib. 

Le comte (due) de Bretagne 662 

Baudouin engage son comte de Namur au roi de France 663 

Ce monarque en conGe la garde aux Templiers ib. 

Baudouin va en Allemagne ib. 

Thomas de Couci. Le chatelain de Baumes. Guillaume de Keu. Watins de la Haverie . 664 

Successeurs de l'eveque de Liege ib. 

Le pape se prononce en faveur de Guillaume de Savoie , cveque de Valence .... 665 

Le due de Brabant au contraire , protege le prevot d'Aix • , , ib. 

Executions d'Albigeois en Champagne ib. 

Mariage d'Alphonse de Portugal et de Mahaut de Boulogne 666 

L'embarquement des croises Gxe a Marseille, . ... , ....... . ib. 

Leur depart * 667 

La couronne du sauveur est mise en gage. Elle est donnee au roi de France .... 668 

Fetes a ('occasion de la venue de la sainte couronne en France (t. I, p. 438 et 623) . . ib. 

Exploits de Richard d'Angleterre en Syrie 669 

La tour de David a Jerusalem est abattue ib. 

La forteresse de Krak au pouvoir des Musulmans ..... P 670 

Mort du comte de Montfort . . ib. 

Le comte Richard d'Angleterre veut reconcilier l'empereur avec le pape ib. 

Invasion des Tartares-Mongols ib. 

Tournoi de Nuiss (Neuss), (voy. p. 646) r . . 671 

Les Jacobins et les Cordeliers le defendent ib. 

lis ne sont pas ecoutes. — Chevaliers et e*cuyers ddvor^s par des loups ib. 

Cour pleniere de Saumur ; princes qui y assist&rent 672 



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TABLE DES M ATI E RES. 785 

Pages. 

Le roi de France proclame son fr&re comte de Poitiers 672 

Le pape veut deposer Charles, eVeque de Noyon , cousin du roi Louis. — Autre dissen- 
sion a propos de Nveche' de Soissons et de l'archeveche' de Reims ib. 

Mort de Gre'goire IX ; C&estin IV lui succdde 673 

Mort d'Azan , roi des Bulgares ib* 

Norjot de Toucy 674 

Siege de Rome ib. 

La Lombardie soulevee contre l'empereur 675 

Guerre de I'archeveque de Cologne et de la ville d'Aix-la-Chapelle ib. 

Le comte de Juliers fait ce prelat prisonnier ib. 

Mort de l'imperatrice d'Allemagne. — Vacance du si£ge apostolique 676 

Tartares en Russie et en Allemagne 677 

Ligue contre le roi de France. Le comte (due) de Bretagne chef de l'armee royale . . ib. 

Reliques envoye'es par l'empereur de Constantinople au roi de France ib. 

Donation de Constantin 679 

Fondation de l'empire d'Orient ib. 

Guerre en Poitou 680 

L'archev^que de Cologne recouvre sa liberte' 681 

Defaites des Tartares ib. 

Calomnie contre l'empereur Fre'de'ric ' . . . . ib. 

Les comtes de Toulouse et de la Marche 682 

Accusation contre FreMe>ic II ib. 

Mort de I'archeveque de Rouen et d'autres prelats 688 

Avantages obtenus par les chevaliers du Temple et les hospitallers de Saint-Jean de 

Jerusalem ib. 

Nouvelles accusations contre Frederic II • . ib. 

Le roi de France soutient son fr&re , comte de Poitou 684 

Soldats tournaisiens dans l'armee francaise ib. 

Jean Des Barres ib. 

Simon de Montfort 685 

Le comte de la Marche qbtient son pardon ib. 

Exploits de Geoffroi de Rancon 686 

Thibaut Chabot 687 

Mort d' Arnould d*Audenarde ; son e'loge ib. 

Ses funerailles ib. 

Mort d^Archambaud de Bourbon et du chatelain de Baumez et d' Arras ib. 

Divisions parmi les croises de la Terre-Sainte 688 

Le bruit se r^pand de la mort de l'empereur Baudouin. 689 

Geoffroi de Villehardouin s'appr&e a prendre la rdgence ib. 

Innocent IV , pape ib. 

Tom. 11. 99 



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786 TABLE DES MATIERES. 

Page*. 

Ses demeles avec Fempereur 690 

Naissance d'un flls du corate d'Artois ib. 

Retour de Thomas de Savoie en Flandre 691 

Castel-Flamand ib. 

* La comtesse de Provence vient en France voir sa fille ib. 

Elle va de la en Angleterre ib. 

Le comte de la March e vient egalement a la cour de Louis IX ; deux conditions qui loi 

sont imposces * 192 

APPENDICES 693 

I. GOBEFROID DE BOUILLON ET LIS CROISABES 69K 

A. Ext raits du roman du chevalier auCygne et de Godefroid de Bouillon ib. 

Gerard , abbe de S l -Trond ib. 

L'eveque de Liege 697 

Frisons et Hollandais ib. 

Les comtes de S l Pol et de Namur 698 

Pierre l'Ermite 699 

Baudouin et Arnould de Beauvais , Richard de Caumont et Harpin de Bourses ... ib. 

Thomas de Marie 701 

Un cygne apparait a Godefroid ib. 

Hugues de France , le comte de Flandre, Robert-le-Frison , le comte de S'-Pol et son fils, 

le comte de Toulouse , Etienne d' Albemarle , Robert de Namur, Baudouin Cauderon. ib. 

Le roi des Ribauds ib. 

Bohemond et Tancrede 702 

Raoul , comte de Perche , Raimbaud Creton , Raymond , comte de S*-Gilles , Helie , 

comte de Toulouse , Rogier du Rosoy ib. 

Exces des Chretiens dans Jerusalem ib. 

Beiges qui se sont distingues dans les croisades ib. 

B. Extraits de la chronique inedite de Pierre A Thy mo ou Fander Heyden .... 70S 
II. Addition a la Chroiuqub de brusthek, inserbe daws le precedent volume .... 720 

LiECOHS DIVERSE8 ET OBSERVATIONS 8UPPLBXBltTAIRE8 7SJ 

ADDITIONS 7*7 



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WWVVWVWlMWWtWVVWVVV^^ 



TABLES GMRALES. 



If.B. Lea chiffres arabes, lonqu'ils sont seuls, designent les rers du texte ou les notes. Entre parentheses les chiffres 
arabes precedes de chiffres romains en grandes capiules , qui indiquent les volumes , marquent la pagination du ' 
teste et des appendices. Les chtffires romains en petit es capiules renroient aux discours preliminaires. 



HOTS DE LA BASSE LATHUTE. 



Adjacentis (I, 555), 

Admira1di(II,714,719). 

Advocatia (1 , 558). 

Advocatua (1,554; II, 723). 

Allodium (1, 561; 11,720). 

Altumajor (1 , 631). 

Appartinentis (1 , 556). 

Appendicie (I , 557). 

Archicapellanut(I, 552, 554, 556, 557). 

Archicuttot (1 , 529). 

Balivatua (I, 544). 

Blasium (1 , 549). 

Blondut(I,539). 

Bonuarium (I, 548). 

Braiator (1, 544). 

Brunus (1 , 506), 

Bysanciam , Be$ant (II , 709). 

CarraU(I,548). 



Concanbium (I, 553). 
Curtile (1,548). 
Extractio (1 , 540). 
Fircella (1 , 550). 
Foragium (I, 554, 544). 
Foreslum (I, 556). 
Fraocisiie (II , 725). 
Gallonea (1 , 534). 
Goudalum ( I, 534). 
Grossus (I, 571). 
Haistredut (1 , 548). 
Homagium (I, 534). 
Lotum(I,544). 
Mamburnus (II, 723). 
Mansus (1 , 548). 
Martellus moneta (I, 534). 
Mayaria (I, 554). 
Medietas (1 , 599). 



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y 



788 



PROVERBES. 



Multura (1 , 544). 
Octavae (1,601). 
Parlamentare (1 , 545). 
Pertinentiae (1 , 555). 
Pbntenagium (I, 536, II,cccv). 
Praebenda (II, cccxn). 
Recompensare (1 , 552). 
Reditu* (I, 543). 
Scabinatus(I,536). 
Stallagia(I, 534; II, cccv). 



Teloneum (II , cccth). 

Theloneum (1 , 536). 

Theoloneum (II , ccgt). 

Theolonium (I, 554). 

Thesauraria (1 , 541). 

Transport! (I, 336). 

Treuga (I, 497, 498). 

Vinagium (I, 534 ; II , ccct). 

Walrauy (1 , 579, hoc est fih'a JFalravii). 

Winagium (II, cccth). 



II. 



PROVERBES. 



3128 
3442 
4395 



6505 
6803 
7548 



7671 



8728 
8858 
9284 



.... Cil est perdus entresait 
Ki set le bien et le mal fait. 
.... Ei Dieu siert, Diex le sostient , 
El le gouveroe et le maintient. 
.... De boin arbre on a boin fruit, 
Et boioe ierbe et boine racine 
Aporte boine medecine. 
Ki se garist il fait savoir. 
Fos est ki point se dlsespoire. 
Tot ausement com li vilains 
U li pestres loiaus et sains 
Garden t lor biestes es boins leus, 
Pour les goupius et pour les leus... 
Bien est ki dit , s'il est ki fait. 

A tel mescief 

On piert le cors apries le cief. 
Fos est li preudom ki s'amort 
A trait our ne a felon. 
Or n'i a plus , taire m'estuet , 
Si fait que mious faire ne puet. 
Par cou disent nostre ancisour : 
De male brance male flour, 
De male racine , male ierbe , 



Et si dist-on en I provierbe 
Que del fier sont mestre li fevre, 
Et cil cunchie sa batilevre 
Ki son nes trence et cors ausi. 
9297 Teus quide cunciier autrui 
Ki se cunchie et mait a fin. 
9301 Et paradis si a tel loi : < 

Qui plus I'acate mellor Pa. 
9509 Cil est guaris ki bien se cuevre. 
9557 Plus avient I jor k'en Mans. 
12832 et 25802 Ne prendre ne fust ni eseoroe. 
15436 .... Ja goupius sans faille 

Ne seroit pris d'autre goupil , 
Ne leus par leu mis a escil. 
17019 Mar vit li om s'aye prier. 
17169-70 D'aire est li ciens , ki devient 

Veneres sans aprendeour. 
19913-17 Quel le fer&.... ja Paures. 
23256 Les mors a mors, les vis a vis. 
24427 Et dissoient (dissoit) que Breton estoient 
Ki Artu encore attendoient. 

( Toy. t. 26206 et II, lix). 
24431 .... Fortune, ki sa roiele 



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NOMS GfcOGRAPHIQUES. 



789 



Tourne , comme la plus isniele 
Chose ki toit. 
24448 Siecles empire catcun an , 
Li rosier devienent seut , 
Tant voi le monde desseut. 
Li eskamiei vont sour kaiere , 
Tout cou devaot tome deriere , etc. 
24607 Renounce c'on dist nouviele , 
Ki plus tot vole qu'arondiele. 
24627*28 Et dissoient que Breton estoient 
Qui Artu encore atendoient. 
(Toy. v. 2*205.) 
25096 Ki les gieraia avoit rostis. 
25195 Li vilains en reprouver dist : 

Tant grate cievre que mal gist. 
25205 Valencenois sont devenu 
Breton , ainsi est avenu. 
Mais Breton atendent folie, 
Quar Artus ne revenra mie. 
On terait lapidrf, dit Alain de Lille, qui IcrWait 
dana la premiere moitie* du XH« tiecle , ti Ton otait 
prononcer en Bretagne qu'Artua est mort {ExplanaHo 
inproph. Merlini, lib. I, p. 19; De la Rue, Essais 
hist., I, 73-74) Bertrand de Born dit (Raynouard, 
Choi* ds potties, etc., IV, 102) : 

Car lor Artus demandon frerolmen. 
et Gantier de Soignie* : 

Amor m'occit et me tormente , 
Je fais , je crois , tela ateote 
Come II Breton foot SArtur. 



Sur cette crtfdule attente, voir De Marchangy, 
Tristan le Foyageur, II, 196 , 423. 

25196 et 25825 ... Se dist voir qui se dist: 

Tant grate cievre que mal gist. 

26235 Fortune 

Ki partout le monde est coumune 
Et sa roie jo'ians et mourne 
Tourne adies et tourne et retourne , 
Ne voit goute, ainc estaveule , 
Si va partout et revient seule , etc. 

26918 Ki contre aguillon escaucire 
Tierce foies se blece et mort. 

27153 .... Fortune qui ne voit goute. 

27173 .... La mors qui nului n*espargne. 

28412 Morir estuet qui mors asaut. 

28928 Et faisoit Dieu barbe de fuerre. 

Holinet , Faicts et diets., 1531 , fol. lvu : 

On fait souvent a Dieu barbe de feurre. 

29625 Ki pora vivre, 9*es vera. 

On dit aujourd'hui : Qui vivra , verra. 

50308-10 Qui contre aguillon escaucire 
II fois se point; si se doit-on 
Osier d'encontrer aguillon. 

(Toy. ▼.26918). 

50329-32 Qui trop enbrace et trop entoise , 
Gil se desbrace a plainne toise. 
Moult se grieve ki trop s'avance , 
Ki s'umelie moult s'eslance. 



III. 



If OBIS G&OGRAPHIQUES. 



A. 



Aacains, 5634. 
Aberrie, 30364. 
Abevile, 12719, 16669. 
Abotrites, 3219. 



Acre , 19541 , 19643 , 22873, 23301 , 23681, 
26461 , 26867, 27818. 
Adame (Adavia), 12119. 
Agaybe, 12033. 



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790 



NOMS GfcOGRAPHIQUES. 



Agienes, SOI 4. 

Aiengien, 24686, 27796. 

Ais , 2461 , 2904, 6882, 22774, 29808, 50988. 

Aisne, 21986, 24687. 

Alains,177, 189. 

Alcore, 12037. 

Alemagne , 20758. 

AlencoD , 16794. 

Aleme, 12895. 

Alerie (I, clxtiii). 

Aleschans on Eliscamps, 8972 (1,622). 

« Arlei, dit M. De Marchangy, Tristan le Voya- 
geur, V I, 200 , voit, des provinces let plus eloigned*, 
accoorir en foule des pelerins empresses de visiter 
son cimetiere Eliscamps, ou Ton croit que Roland 
et vingt mille preux morts a Roncevaux, sont ense- 
velis. On regard© comma une faveur d'y etre inhume*, 
et, dans l'espoir de l'obtenir, on s'arrange pour venir 
trlpasser dant les roan d' Aries. Jusqu'au Xll e siecle, 
les habitans des deux rives du Rhone, meitaient 
leurs morts dans un tonneau enduit de poix, avec 
une boite sceltee, ou £tait i'argent destine' aux fun6- 
railles. Le tonneau abandonne* au courant, eHait 
arrets sur le rivage d'Arles , par des commissaires 
qui | moyennant la somme servant de passeport, 
faisaient ensevelir les cadavres dans les Eli scamps. 
P. 481. Une lettre fort curieuse de Michel de Moresio, 
archeveque d'Arles, adressle en 1207, aux eccl£sias~ 
tiques et &mes pieuses de son diocese , les exhorte a 
contribuer aux reparations de l'e*glise (de SMionorat, 
hors Fenceinte de la ville) et des murailles du cime- 
tiere ve*ne*re* j pour exciter plus vivement leur xele, 
il entre dans les details merveilleux de la vie des 
saints ensevelis a Eliscamps; et comme pour leur 
donner, meme en ce monde , le presage certain de la 
celeste beatitude qui environne ce repos des 41ns , 
il dit comment on a ou! plusieurs fois re*sonner sous 
les voules de l'e*glise, les accords mllodieux de la 
voix des anges , qui , dans leur divine harmonie , 
donnent a ceux qui sont encore ici-bas , un avant- 
gout du bonheur dont jouissent deja les habitans 
invisibles qui peuplent ce champ du silence et du 
mystere. » Le cimetiere d'Aleschans jouissait ainsi 
dans le midi, d'une plus grande renommle encore 
que dans le nord celui de Sandkirche , ou s'assem- 
blaient lesf rancs-Juges. Cf. Stat, dud4p.de* Bouches- 
du-Rhone, II, 435, Jubinal, Mystires, I, 378, etc 

Alier, 19408 (II , lxx). 



Les MSS da roman cPAlexandre portent Alexandre 
£ Alter. Ce surnom d'Alier, dit Le Grand d'Aussy, 
Notices et extr. des MSS , 101 , eat un pre*tendu nom 
de terre , que l'auteur donne a son he*ros , e?apres 
1'usage qu'il voyait eHabli de son temps parmi lea 
grands seigneurs. — On a done eu tori dans la note sur 
le v. 19408 , d'expliquer d'alier par autrefois. II est 
vrai qu'on y a ajoute* le signe (?) qui indique ledoute. 

Aliscans 12199,26747. 

Le meme qu* Aleschans. 

Alixandre, 10957. 

Almarie, 12057. 

Amiens, 14782. 

Aminoia , 21975. 

Andaluf, 6288. 

Le faux Turpin (1 , 401) : in terra A I andaluf. 

Andane , 1669. 

Andioce, 1698, 10048, 25489. 

Andon (Chaatel) (II, xm). 

Anglers, toy. Milon. 

Ango,2525, 4051, 12579, 15789, 20466, 
22985. 

Appoline(II, xliv). 

Aquitagne, 1402. 

Arabiois, 7098. 

Arces, 14967, 16646. 

Ardane, 18112. 

Description de la foret des Ardennes , an temps de 
Clovis , Partonopeue de Blots, 1,18: 

Ardane ert moult grans a eel jor 
Et porprendoit moult en son tor, 
Car plus duroit dont li convers 
Sains la mervelle des desers , 
Que or ne dure tote Ardene; 
Si le volt Dieu , ensi ordene. 
Ele est ore molt escillie 
Et par lius tote herbergie; 
Mais a eel jor dont je vos cant 
I par avoit de forest tant 
Que cil qui erroieot par mer 
N'i ossoient pas ariver, 
Por elcfans, ne por lions , 
Ne por guivres , ne por dragons , 
Ne por autres menrelles grans 
Dont la fores ert formians. 
Ele estoit hydouse et faee : 
La disme pars n'en ert antee. 
Li palssant i missent mers 
De tant c'on duroit li convers. 



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NOMS GtiOGRAPHIQUES. 



791 



N'i pattoit gaires pas les taint 
Qui la rerenitt dont mat ains. 
Oltre let taint n'aroit convert , 
Chievrelt ne daint , bitce ne cert , 
Ne bette nnle fort m&ufes 
Qui mangoient let etgartt. 

Hariger., dans la vie de taint Remade (Chapea?., 
1 , 92), dlcrit ainsi la foret des Ardennes : 

Reperit ibi manifesta satis indicia , quod leva ilia 
idolatries quondam fuissent mancipata , lapides set- 
licit Dianm etaliis porteniuosis nominibus sfligiatos, 
fontes hominum quidsm usibus aptos, sed gentilium 
superstitions pollutes ) ao per hoc, damonum udhuc 
infestations obnoxios... Vidsns ergo locum ilium, 
turn aquis piscosum, tumpascuis uberrimum, multis- 
que admodum usibus hominum compstentem, copiosa 
fontes orationis ausit benedictions, eio. 

Argentom , 16488. 

Argonne, 24987. 

Arie, 20565,20829. 

Arrabbi (I, clxyi). 

Arrabe , 4999. 

Arrabiteua , 4997. 

Arragonne , 22355, 50847. 

Arras, 12719, 21553, 26659. 

Aadana, 15595. 

Ask , Aschy dane le deparlement da Nord. 

Aakalouoe, 12011. 

Aaur, 10048. 

(VoyeiSiir.) 

Aubigoia, 22569, 25455. 
Aucerroia, 19506. 
Aucearoia , 50461 . 



Aucoirre , 27169. 

Aucuerre, 15954, 25065, 28927, 29295. 

Audenarde, 22150, 24662, 27497, 28287. 

Aufrique, 7596. 

Aumetiera, 17557. 

Aumosne (l'abbaye de 1'), 24984. 

Auremie, 11979. 

Auriloniel, 18154. 

Ausai, 11405, 17985. 

Auskale, 11986. 

Auxe,6551. 

Avalois, 21849, 28971 (11 , gclzxx). 

Les habiians des Pays-Bat. Da Cange , ainsi qu'on 
l'a tu, les place de pre7e*rence aux enrirona de Co- 
logne, et le passage du pre*dicateur Berthold n'est 
pas defavorable a son sentiment , sans restreindre 
cependant 1'eHendue de ce terme : Finer von Zurich 
unt einer von Saks en , der sprache ist gar ungelich 
ein Swap unt ein Niderlkrdib tor Koln sind gar un- 
gelich an der sprache unt an gewant. J. Mone, 
Quellen und forschungen , etc., 1 , 97-98. 

Avalliere, 12379, 21459 , 28971. 

Avegnon, 10009. 

Avenaa (II, cci). 

Avea, 12719. 

Aveanea, 12719, 19292, 19620, 20807, 21021 . 

Avignon, 26487, 26925. 

Aviiena, 27010. 

Avrence , 15925. 

Avrentin , 18298. 

Aze, 4054. 



Babilone, 2651, 22899. 

Baience, 12016. 

Baioea, 15457. 

Baiwiere, 50965. 

Baiwiers, 1788. 

Bar, 27655, 29528, 50389. 

Barbancon , 24875. 

Barbastre (I , glxtiu), 12008. 

Barbesfluet , 17854. 

Barbiel, 19152. 

Barflo, 17854. 



Baske , 6272. 

Basquevile, 14985. 

Bataille (Abeie de la), 17481. 

Baudas, 7555(11,697). 

Baviere (Pour lout Tor de), 1 , 615. 

S'il y avait des comparaisons propres a rabaisser 
les choses dont on parh&it, telle* que la monte d'un 
bouton, d'unpoi*, d'nn denier, d'unealie, etc., d'au- 
tres s'eroployaient au contraire pour lea rehansser. 
Vor de Baviere Itait de ce nombre. On disait anssi 
Vor de Montpelier (P abuse la. Dochesse , 53), etc. 



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792 



NOMS GEOGRAPHIQUES. 



Basin (II, 704). 

Bediera, 22594. 

Beiin,Belin,9033. 

Belleem , 3509. 

Beneoit (S«), 13305. 

Beorges, 2613. 

Bertaigne(II,701). 

Biaumes , 50483. 

Biauves , 20859. 

Biec, 15987. 

Bielesme, 13048, 15007, 16705. 

Bielgiu , 22611 , 24914 , 27665, 30411. 

Bieligrad(II,708). 

Bielkaire , 26693. 

Bielmont, 14961, 16422, 16689, 18257. 

Bierlai, 17601. 

Bierneval, 15644. 

Bietune, 20451, 27798, 28289, 28659, 29078, 
29403. 

Bine, 25123. 

Biscare,6210, 12060. 

Blac, Blak, Bias, 20461, 23008,29041, 30961. 

Blanc , 4197. 

Blancquebourc (II, mi). 

Blandeng, 1919. 

Blaves, 1331, 5165, 8169, 9007, 31072. 

Bleis (II , mi). 

Blois , 23247, 24426, 24884 (II, cczxt). 

Bocidante, 14139. 

Bohaing, 21525. 

Bolenbiec, 14963. 

Bonehen, 21054, 21372, Bonnengues, platot 
qne Bornhem, et surtout que Tournehem. 

Bonivent, 1529. 

Bordiele, 25257. 



Born (II , cxv). 
Bornevile, 15989. 
Boucain, 25001. 

Bougrie ou Bougre (I , ccl), 5107, 12052. 
Boukelion, 10067. 
Boulain-riu , 21515. 
Boulenois , 50559. 
Boulougne-le-Crase , 27110. 
Bourbonne, 51147. 

Bourges, Beourges , Beorges , 25382, 28704, 
(11,699). 
Bourgogne, 27547, 50588. 
Boussart, 16655, 20977. 
Bouterolde, 18149. 
Bouvinea, 21519. 
Bovea, 20848, 21098, 22557, 28780 (II, 

LIIYIl). 

Braibant, 18975 , 29855 , 50515 (II , comix). 

Braka ire. 11981. 

Brandis, 50580. 

Breecuel, 20449, 25177. 

Brebierval, 18081. 

Brenvile, 16858. 

Breske, 50024. 

Bretagne , 18026, 25526 , 24411 , 27536. 

Breton , 25202. 

Bretuel, 16840*45, 18018, 18128. 

Brias, 12756. 

Bristou, 17992. 

Broiselles, 12719. 

Brunezvic, 22742. 

Buillon (II , lvi). 

Burriabroc, 5564. 

Burs, 12000. 



c. 



Galogorie, 12000. 
Cambrai, 20095,22777. 
Campagne, 23421 , 27587, 27707. 
Campaneis, (II,xin). 
Canbrai, 26669. 



Cans-S^Martin, 18292. 
Capes , 25260. 
Carite-sor-Loire, 28878. 
Garroges, 16123. 
Cartage, 12038. 



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NOMS G60GRAPHIQUES. 



793 



Carton , 5657. 

Cartrea, 13446, 13510, 14765, 15554, 30106, 
89202. 

Caaaenai, 25247. 

Caatiaua-lffireors, 4667. 

Caatiel-Croiaant , 4670. 

Gastiele, 12056. 

Caatiel-Saiw, 28526. 

Castillon, 17577. 

Caumont (II, 699). 

Caune8, 5675. 

Cexar-Auguste, Sarragoaae et non paa Tarra- 
gooe, 6229, 6284, 6600 (1, 621). 

Chartain, 18498. 

Chaatel-Andon (II, sin). 

Chaatele (II, xi). 

Cieatre, 17561. * 

Cinon, 22261. 

Cirencestre (II, xxri). 

Cirrai, 17508, 17606, 27802. 

Cixoing, 22222, 5025. 

Clatau, 12002. 

Clemaua, 27535. 



Clermont , 50289 (II, 705). 
Cointin(S<), 12719. 
Coleneis (II, xm). 

Coulogne, Golougne, 28610, 29855, 50517, 
30789. 
Composite, 4855. 
Concea, 3639. 
Condet, 24420. 
Cone (le) , 26822. 
Corbie, 16088. 
Corde, 6078. 

Cordea, 12019. < 

Corliu, 29851. 
Cormellea, 17524. 
Cornevalois, 6219. 
Coumain, 29040. 
Coumains, 20458. 
Coumingea, 26685. 
Courtenai, 22691. 
Courterai, Courtrai, 12719, 24757. 
Crak, 50642. 
Creel , 16086. 
Creon, 22607. 



Damiaite, 22845. 
Dampiere, 25290. 
Danemarce, 23440, 30615. 
Danfront, 16794,18591. 
Dangot, 20075. 
Dannoys (II, ccxxr). 
Danoia, % 8780. 
Dana {toy. Asdana), 15595. 
Davile, 11991. 
Dem, 21028. 
Deneng, 24654. 
Diepe, 18276- 
Diergnau, 21047, 21406. 
Dire, 16852. 



Dogelent,5085. 

Dolant-Mont , 1006. 

Dolent-Mont, 1070 (I, 609;. 

Dorouse , 5654. 

Dorsin, 15356, 15644. 

Douay, Douwai, 12719, 21065, 28154. 

Dreua , 28329. 

Drincourt, 18275. 

Dubourc, 5552. 

Dame, 11979. 

Danee , 50489. 

Darialme, Duriaume, 15511 , 15828. 

Dure, 14655. 



£broide, 5612. 

Tom. II. 



E. 



tibron, 11050. 



100 



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794 



NOMS GEOGRAPHIQUES. 



£briu, 10125. 

£feze,6380. 

tfcluse (Y) , 27773. 

£hem, 51155. 

Emerite, 11994. 

Engletiere , 16224, 20059, 50591. 

Englois , 17675 , 18470. 

Engoleame, 27815. 

Enguien, 12719. 

Ergnau , 21047. 

Erinne, 11985. 

Erkinghehen, 21055. 

Erkinkehen, 21571. 

Erre, 12719. 

Esclavonnie , 10546. 



Esclavons, 7525. 

Eecler (I, clotyi). 

Escoce, 22619. 

Eacoa , 4658. 

Eakance, 15221. 

Esmon (S«-), 18642. 

Eepagne, 18848, 18994, 20567. 

Eatoile (L'), 12001. 

Eatrepi, 25059. 

Eu (II , GGXI). 

Eufaliaee , 25229. 
Eurewic, 15267, 16550. 
Evreua, 18144. 
Exmes, 15209. 



F. 



Faloiese, 15796. 
F^rieres, 16590, 25055. 
Ferlingehem, 50115. 
Fernehem, 22575. 
Fescans, 15015, 15158. 
Flamens, 21942. 
Flandrea, 24554, 29298. 
Flece (La), 16887. 
Fiera, 29004. 

On a substitue* ce lieu a Lert, dans la note. 11 faat 
laisser ce dernier, qui est au-dessus de Lannoy, dans 
le departementdulford. 

Florines, 16250. 

Floabierc, 24857. 

Foi's, 22579, 26679. 

Fontaines, 24875 , 24880. 

Fonteniele, 24645. 

Fories (Nueve-), 17728. 

Foriest, 25053. 

Fortinel, 5596. 

Fourmentine, 12056. 

Fourmeaielea , 21017. 



Fradillar, 5574. 

Franc , 19529. 

Franceia (II , x). 

Friae. 

Le troubadour Pierre Vidal dit qu'il preiere le 
pays des joyeux Lombards a la Frise, ou Ton n'entend 
tout le jour qu'un glapissement ennuyeux : 

Par q' ieu no voill esser lenher de Frisa 
C'ausis tot iorn lo glat dels enoios. 

Les tissus de Frise ont une reputation tres-an- 
cienne. Le moine de S'-Gall, marquant les diffe>entes 
espdces de prisons que Louis-le-Dlbonnaire faisait a 
ses aerri tears , dit : Inferioribus vero saga Frtsonica 
omnimodi calorxs dareniur. Pertz, M onumsnta Gtrma* 
hub historica, II, 702. Ailleurs il dit que Charlemagne 
envoya au sophi de Perse Fresonica alba, cana, 
vermiculata vel saphirtna, qua in iliis partibus rara 
et multum cara comperil. Ibid., 762. 

Ele vesti an drtp de Frise , 
Molt en fa biele U devise. 

H. ▲. Keller , Li romans des Sept 
sages, V,4456. 

Frontevraut , 19475. 



Gadres (II , ccix), 20586 , 24470. 



Gaiile, Galles, 259, 546. 



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NOMS G^OGRAPHIQUES. 



795 



Galelie, 10970. 

Galiae, 6541. 

Gallart, 20755. 

Galonne, 5668. 

Gant, 12719,24879. 

Garanople, 4587. 

Gaacuel, 20049. 

Gaacun (II, xz.) 

Gavre , 20855 , 24872 , 27498 , 28279. 

Gaybe, 5106. 

Geldefort, 22574. 

Gelrea, 29854. 

Genevois , 29245 , Geneis , ital. Gtnovest. 

Un jour Us Genevois, desqnels II est rfcrit Vane Ltgur.... 
B. Ubs Pbkikrs, ConUM et nouveUes , II . 157. 

Genue, Genve , 5174. 

Genvile, 27185. 

Gen, 25058. 

Gernemue , 22525. 

Gernezee, 16175. 

Getzeman , 10726. 

Gezir, 12041. Algeairaa. 

Gilronde, 12010. 

Gierre, 25058. 

GilbaUire, 12058. 

Gille(S 1 -), 18822,18850, 25585, 27025, 50697. 

Com pelerin* quilt son atour 
Aoul comalast a Saimt-Gilte. 

Roman de la Violette* v. 303. 
Let hospitaliers de St-Jean de Jerusalem eurent 
leur premiere mauon a S l -Gilles , en Provence. 



Le oomte de ProTence e*tait appele' sourent le 
comts de S*-Gilles. 

Gianee, 29575, 29927, 50109. 
Gietiele, 24876. 
Giua, 1515. 
Glancon , 24545. 
Glatinbergere, 18506. 
Glociestre , 17995 , 18625. 
Gloa, 16406,18128. 
Godelfar, 11985. 
Godea,468. 
Gonneaae, 19157. 
Gonneaae , 25577, 24144. 
Grade, 5595. 
Granadre , 12018- 
Graut-Liu , 5644. 
Grantmont, 12719. 
Grente-Meanil, 16428. 
Greatain, 17560. 
Griffons, 11908. 
Grifonnie, 11908. 
Grifona, 29088. 
Grigois, Grijoia, 74. 
Grinbierghea , 24875. 
Grios, 29056. 
Gria-le~Vodainne , 16575. 
Griaae, 51181. 
Griu, 161,6285. 
Guionfoaae , 14845. 
Gumegea, 15017, 15577, 17591. 



Haimon-Keanoit, 24705, 25147. 

Hainnau, 17928. 

Hairoo-Fontainne , 24820. 

Hakeaina, 29544. 

Hakeaia, 29590. 

Hal, 12719. 

Hamlaincourt , 18892. 

Hanatone, 16512,22579. 

Harduin (Vile-), Hardouin , 29241 , 29608. 

Haroea, 21705,24755. 



Haatile , Tournay, 1015. 

Hastinges, 17598. 

Haverie (La), 50487. 

Helemes, 25175 n. 

Heloincourt, 28894. 

Hermine (II , xliv). 

Da Cange , sur Villehardouin , p. 364. 

Hermentreville, 14850. 

Hiereebourg, 5299. 

Hoiel, 18244. 



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796 



NOMS GEOGRAPHIQUES. 



Hongea, 18485. 

Hons , 3079. 

Hore, 12012. 

Hubiermont , 27797. 

Hui, 12719, 29703, 

Huimer (Mont-), 29630, 30521$. 

Hungre, 14300. 

Hungrie, 168,214,3278. 

Hurepois , Hurepoix, 9862 , 20940 , 21971 , 
27656. 

L'auteur da roman d'Alexandre, parlant des pea- 
plea qui se re*pandirent sur la terre apres la confu- 
sion des langaes , avenue pendant la construction de 
la tour de Babel, dit : 

L' autre fa Espeingnos, et s'autre fa Normans , 
Li autre Erupeis et parla bien romans , 
Li autre fu Francois 

« Lesquels Erupeis ou Erupers, dit Faucbet (/?<?- 
cueil de Forigine de la langue et poisie franpaise, 
Paris, 1681, in-4°), je prens pour ceux du pais 
» d'Hurepoix , qui n'a point de limite certain : sinon 
» qu'a Paris nous disons que le quartier devers 
» midi ou de l'universite' est en Hurepoix : et ne*an- 
» moins pres de Meaux et Joerre, il y a un terroir 
» appele* Hurepoix, comrac aussi quelque endroit 
» voisin de Montereau-Fault-Yonne. Que si aucun 
» veut dire que Simon (le clerc Simon) prend le mot 
» Erupeis pour Europaeus , je responds qu'il parle- 
» roit trop ge*ne>alement , ayant nomm(f tant de peu- 
» pies particuliers. Je ne suis pas d'opinion que 
>» Hurepoix ait pris son nom du Tent Eurus, puis- 
w qu'il se trouve et a l'orient et au midi de Paris. 
» Mais j'adjousterai bien qu'a Paris , quand Ton veut 
» dire qu'une facon de faire n'est guere civile , on 
» use de ces mots : e'est du pais ou quartier de 
n Hurepoix ; ce que d'autres disent : cela sent son 
» escolier latin. Comrae si nos roys demourans du 
» coste* que nous appellons citd et ville (as£avoir: 
» au Palais , a St-Hartin, au Louvre, pres SMvervais, 
i> S*-Paul ct aux Tournelles, lieux habiter par nos 
» roys), eussent plus fa^nne* les habitans de cest 
» endroit de Paris , et que celuy de Puniversite' fust 
» moins civil pour n'estre pas tant hante des courti- 
» sans : ce qui luy auroit plus faict retenir le langage 
» rustic romain. Que les Erupers Ervpeis, Hurepois 
n ou Jferupois, fussent subjects des roys de France, 
» il en apert au roman de Bertain , compote* par le 
» roy Adenex, vivant da temps du Els de saint 



» Louis : ou ils sont nommei avec ceux qui accom- 
» pagnerent Cbarles-le-Grand contre les Saxons , car 
» parlant de Saxe , il dit : 

Apres Tot Guilekins qui ainc n'ima Francois , 
Car fu fils Justamont , roout fu de grand bufois. 
Or bien cuida conquierre (et) France et Olcnois , 
Champaignois et Bourgongne et Flamans et Englois , 
Jusqu'a Cologne fu , 14 il fit maint desrois. 
Longuement tint Sassoigne qu'ains nus n'i roit defois , 
Mes puis fu reconquise par Francs et par Thiois : 
Au reconqucrre furent li baron Hentpois 
Et Flaman li cuerage , Brabancon , Ardenois -. 

)i Quant a l'ltymologie et signification de ce mot 
it Hurepois, voici ci que j'en ay trouve* dans le 
» roman de la Conqueste d'outre-mer. Parlant d'un 
» Helias (qui fut le cbevalier au Cygne), nourri avec 
» ses freres dans un bois, sans jamais avoir veu autre 
» bomme qu'un hermite, qui les vestoit de feuilles 
» et escorces cousues de til , il dit : 
Li forestier s'en tourne qui ot nom Malaqurrec (Mauquaris), 
A l'bermitage vint hideuz et hurepez. 

Et du meme He*lias : 

VeJus esloit com leus u ours enkalnea . 
Les pngles grans ct Ions , les cevals meelea , 
La teste hurepie n'ert pas souvent laves. 

«i Puis il en dit autant des pauvres gens , lesquela 
n ayans perdu leurs cbevaux et biens , suivoient a 
)> pied en ce voyage d'outremer les aultres chres- 
» tiens , estans conduits par Pierre V Hermite : 
, La peusies voir (veoir) tant vicz draps depanea, 
Et tante grande barbe et tant ciex hurepez. 

» De soite que le pays des Hurepoix pourroit avoir 
it pris son nom de ce que les habitans portoient 
» leurs cheveux droits et he*rissex comrae poil de 
» sanglier, la teste duquel en vdnerie s'appelle hure. 
» De Uurepk done vient par syncope hupe", qui est 
» une toufle de plumes levies qu'une espece de 
>• coqs porte bus la teste : et encores houpe, ce floe 
» de soye ou de fil noue* , qui jadis se mettoit au 
» sommet des chapeaux et bonnets des hommes plus 
» bonorables, non-seulement roys , princes et gen- 
» tilshommes, mais encore cardinaux, e*vesquea et 
» docteurs. Dont possible vient le proverbe : abattre 
» Vorgueil des plus houpez, quand c'eHoient clercs, 
» ou hupez , quand c'&oient gens de guerre portans 
» plumes. Tant y a que les anciens Sicambriens 

1 Ces vers sont imp rimes avec quelques legers change* 
mens , p. 87 de l'editioa de M, P. Paris , qui nc fait pas de 
note sur Herupois. 



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NOMS GfcOGRAPHIQUES. 



797 



» (desquels autre pari j'ay montre* que soni venus 
» les Francois), portoient leura cheveus nouei tut la 
» to»tc. La mot da Hurepi pour poil leva* at mal 
» peigne*, dura encore an la bouchc d'aucunes fem- 
» mas da Paris , en mesme signification que la latin 
» arrecta coma, Mais tout ceci sera dit pour rlveiller 
» l'esprit de quelcun, leqael possible rencontrera 
»> d'autres endroits d'auteurs plus expres et clairs 
j» que ceux-ci par moy all6guet. » 

Manage {Diet. itymologique) adopta la sentiment 
de Fauchet, et se contente da copier les ligoes qu'on 
Tient de lire, en renvoyant aux mots kerper ou 
heruper , sa he*risonner, mots qu'il tire & y horripilare. 
Snfin , e'est dans ce sens qu'un comte da Boulogne a 
€ti sur nomine* Hurepel. 

Proprement autrefois la Harepoix , dont Eegnard , 
le poete, fut grand bailli (Pagus Maurissensis , 



Morivensis ou Huripensis) % sa trouTait enclave 
dans Tile de France. Or pendant long-temps la monar- 
chic francaise y fut aussi presque renfermCe : elle 
Itendait bien son pouvoir nominal plus loin, mais 
c'eHait la quelle vivait, qu'elle exercait l'autorite 
re*elle. Aussi Ph. Mouskes appelle-t-il leroi de France 
lui-meme Hurepiaus. Cependant le meme auteur 
parle encore des Hurepoix d'outre-Seine , parce que 
la France proprement dite , n'ltait pas bornee par 
cette riviere. 

II est question des ffurepois dans Partonopeus de 
Blots , 1 , 72, ou on les distingue des Franc,ais : 

Li rois de France a ses Francois , 
Ses Flamens et scs Hu repot* 
En guerre iert , s' autre terre mise , 
Wen pooit avoir nul service , etc. 



I. 



Iugrekina (II , Lxxni). 

Ingrina, 20785. 

Ireia (II , mi ; ft , xx). 



Irlande (II , xxxi). 
Iaengrina (II, lxxv . lxxti). 
lveri, 18011. 



Jache, 12005. 

Jadree (II, cclx), 24470. 

Jauce, 24689. 

Jehan-Ewangeliate (S l ), 18704. 

Jermentru-Vile , 14830. 

Jernemouth , 22525. 

Jherusalem , 18567. 

J u me pes, 13015. 

Juane, Jvane , 3599. 

Judeu, 25529. 

Juif, 10481. 

Juia , 5961 , 10529. 

Julera, 30799. 

Jumenc , 17587. 

Jumiegea, 13015. 

Sar les E nerve's de Jumiegcs (voy. Outre), con- 
suiter Belleforcst , Hist de France , I , fol. 104, 105 ; 



D. Ant. Yepex, Chron., 11,784 et suW.j Mabillon , 
Annal. Bened., II, 313; Du Chesne, Hist fr. y II, 
214-15; Chron. Fontan. , CX1V, p. 226 ; Duplessis , 
Descript. de la Haute-Normandie, 11,^263 ; De Mar- 
changy, Tristan le Voyageur, 111,68 , 365 ; E. H. Laii- 
glois , Notice stir le tombeau des inervis de Jumidges, 
Eouen, 1825. Les Iditeurs du Miracle de Nostre- 
Dame , de Robert-le-Dyable , Rouen, 1836, p. xxx, 
citcnt tin MS de la bibl. royale de Paris, contenant 
une piece intitultfe : Cy commence vn miracle de 
Nostre-Dame et de sainte Bautheuch , femme du roy 
Ctodoveus, qui, pour la rebellion de ses deux enfans, 
leurfist cuire les jambes, dont depute se revestirent 
et devindrent religious. 

M Fr. Michel a public, pour la magnifique collec- 
tion imprimle par ordre du gouvernement francaia , 
le premier tome de la Chronique des dues de A r or- 
mandie , par le trouvere Benoit , mal oppele* jnsqu'ici 
Benoft de Sainte-More. On y troure ce passage , 



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798 



NOMS GEOGRAPHIQUES. 



p.565: 



Des dous oils ros ferai desfaire , 
E lui qui en tot ce le mess 
Ferai quire des dous j'aresz. 



Ce qui donne an savant editeur l'occaaion de citer 
un fragment d'un miracle da XIV e siecle , ou le roi 
Clodoveus dit a un bourreau : 

A ces ij si poor leur meffait 



Vueil que d'tin fer chant te d&luises 
Si que toos Jes jarrais leur cnises , 
Afia que la force des corps 
f'erdent du tout , c'est mcs accors 



Ifou* regrettons de n'avoir eu la chronique de 
Benoit entre le* mains, qu'au moment ou s'achevait 
l'impreasion de ce volume. 

Jurzalem , 10250. 



Kaam, 16247. 
Kaldeu,6463. 
Ralogne, 11560. 
Kanelaia, 11987. 
Kantorbire, 17247. 
Karbonieres, 14316. 
Karkaaonne, 26694. 
Karrion , 11999. 



Karroges, 16125. 

Kartouse, 11997. 

Kasie], Kasaiel (Mont de), 1055, 18528, 21054. 

Rastiele, 6280. 

Kesnoit, 24703, 25147. 

Keu, 24989. 

Kievraing, 21955, 24653, 25045. 

Kolienbre, 11978. 



Lambres , 949. 

Landalia, PAndalis, 6458. 

Lauaitz (II, xxy). 

Lauanoi, 23225. 

Leaus, 18266. 

Leotoe (II, xxy). 

Leeciestre, 18036, 18602. 

Lenbourc, 21464. 

Lengrea, 15032. 

Leonnois (II, lzi, ccxxyi). 

Lera, 29004. II ne faut pas y substituer Hers. 

Lesdaing, 21498. 

Leun, 11469, 14039, 14477. 

Leuae , 19293. 

Leulice , 13040. 

Leutiz (II, xxy). 

Lezegnon, 20614, 20937. 

Liege, 29655. 

Lille, 12719. 

Lillebonne, 1802. 

Limoges, 20537, 21840. 



Lions, 11999. 

Lions (S'-Denis-en-), 18272. 

Lire, 17523, 18128. 

Lisle, 21325. 

Liutis (II , xxy). 

Lizuie, 17541. 

Lobes, 14317, 24667. 

Loenois , 29498. 

Loheragne, 10341. 

Loherenc (II , vm , cxxy , cclyii). 

Lohengrin (II, xxxyh, xlui, cxxy). 

Loherain (II , cxm , ccxix, cclxxiii). 

Loire, 28878. 

Lombardie, 126, 11649. 

Lombart, 17197. 

Lonlai, 17371. 

Loon, 14156,29500. 

Lorgne, 915, 21475. 

LouYain, 12719. 

LouYaing, 20504. 

LouYeng, 20843, 21465, 23897, 24947,28611 . 



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NOBIS GfcOGRAPHIQUES. 



799 



Loz, 24667. 
Lu, 16544. 
Lucdum, 3608. 



Lucerne, 11995, 12118. 

Lane, 13078. 

Las, 21466, 21737, 21883. 



Maaline, 12719. 
Maiait, 18025. 
Maience, 20150. 
Maiet, 16880. 
Mainwaut, 23192. 
Maissant (S»-), 3640. 
Maleyille, app., 707. 
Malpertruis, 14727. 
Mandangien, 21897, 22756. 
Mans, 15630 (II, z). 
Marce (La), 24375, 29128, 30843. 
Marie (S'S-en-Relune, 5675. 
Marke, 21057. 
Markeng , 918. 
Markete, 28155. 
Marli, 27185. 
Marquilliea, 21785. 
Martians, 19385. 
Martin (Cans S<-), 18292. 
Marnel, 21799. 
Maskeline, 21785. 
Maateng, 28962. 
Maubeuge , 12719. 
Manlion , 20938. 
Mans (II , z). 
Meians, 5594, 22976. 
Meleun, 15737, 21659, 30447. 
Meloe, 12036. 
Menate, 5642. 

Meullent, 13441, 15629, 18052, 18146, 
18583. 
Meung (II, czli). 
Micalis, 29040. 
Midoine, 11980. 



Mies, 13061,25101. 
Mikaine, 51. 

Mikiel-outre-Port (S'-), 17544. 
Mirabiel, 20600. 
Mirmande, 15767. 
Misselebourc, 29729. 
Molleron-Val , 14284. 
Moncornet, 12719. 
Mongiu, Mongui, 602 , 18294. 
Monpancier, 27230. 
Montdestoles , 1321. 
Mont de Tabor, 22833. 
Montebourc, 17564. 
Montegni, 21719. 
Montereuil, 12719. 
Montfort, 50649, 51065. 
Montfort-sor-Risle , 16392. 
Montgienne (II , cczxztiii). 
Montgoumeri, 15005, 18211. 
Mont-Huimer, 29630. 
Montjardin, 3694. 
Montmartre , 6540. 
Montmorenci , 21715, 24749. 
Monmorencin, 28543. 
Mont-S'-Mikiel, 16203. 
Mont-Wimer, 30525. 
Moree, 29602. 
Moriagne, 18377. 
Mortagne, 21128. 
Mortemer, 16837. 
Mortuel, 17558, 18511 , 18580. 
Moussat, 3646. 
Monstruel, 14261, 14350. 



Nadavre, 6258. 



Nadrea, 3753,12000. 



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800 



NOMS GEOGRAPH1QUES. 



Namur, ville, 8016, 20769, 24885. 

Etymologie d'apres Adenez, to. 

H. Crapelet a public*, en 1820, VHist. du Oiaste- 
lain de Coucy et de la dame de Fayel , coroposee 
dans la premiere mo'tie* du XIII e siecle. 

Pendant un repas donne par le comte de Namur, 
une dame chante ce refrain : 

Toute vostre gent 
Sont li plus joli da tournoiement ; 

J'aime loiaument 

Toute vostre gent. 
Et pour ce le di qu'il out maintien gent 

Toute vostre gent. 

On sait que cette ▼ille est d^signCe pour la pre- 
miere fois sous le nom de JVamon, dans l'anonyme de 
Ravenne qui yivait vers le VU e siecle. Voy. l'ddition 
de Paris, 1688, in-8°, p. 188. 

Naple, 10754. 

Nassou (II, txi). 

Navare, 26180, 50386. 

Naviers, 15932, 26205. 

Neffroit(S«-), 5650. 

Neuchatel-sur-Epte, 18272. 

Neutrie, 13029. 

Neverois, 19507. 

Nicole, 22597. 

Ni-d'aigle, 50953. 

11 y a une porte a Cologne appelee Adlersthor, 
porte de l'aigle j le premier Tillage que Ton trouve 
quand on en sort est Niel, ou il existait ancicnne- 
ment un burg ou chateau. Dans l'Eiffel, a 4 ou 5 
lieues de Cologne , il y a un lieu appele* Niddegen. 
Arensberg est plus loin, sur les frontieres de la West- 
phalie. 



Niiele, 20810, 21811, 27255. 

Nier bonne, Nierboune , 1803, 12163, 26693. 

Nierbounois, 4640. 

Nimaie, 16028,30110. 

Nimes, 12190. 

Nimlea, 27021. 

Ninivee , 25493. 

Nior„ 20753, 21488. 

Nique, 25491. 

Noellin, 5649. 

Noion, 12750. 

Nonancourt, 18272. 

Normendie , 12910* 

Norois, 2419(1,615). 

Li roil de Norvege la vint 



Puis ont Noreis la terre prise, 

F. Michel, Geqffroi Gaimar, 4, 5. 
Sur les Norois ont la victoire. 

/*., 6. 
...A Gisors estoit uns rois 
Qui avoit amcne* Norois 
De Guenelande et d'Orcanie , 
U r'avoit grant cevalerie 
Et d'Irlande et de Danemarcbe 
Et guerroient en cete marche. 

Partonopeus de Blois, I, 71, 

Les Ters suivans prCsentent ce mot dans l'accep- 
tioii de fier ; 

Se contesse estics de Guines , 
Si fetes vos trop lou norrois. 

MfoN , Nouv. recueil dcfabl., II, 47. 

Norwia, 18027. 
Nuae, 29982, 30675, 



Oain (S*-), 14715, 14995. 
Oainc (S«-), 17586, 17596. 
Obiert (S*-), 25049. 
Odihem, 22577. 
Oedon, 28327. 
Oiazi, 21114. 

Le cbapitre ij de la Chronique du bon chevalier 
Messire Gilles de Chin est intitule* : Comment le 
grant seigneur d'Oisy vint voir le seigneur de Chin 



et comment il emmena Gillion avoec luy. Ce seigneur 
s'appelait Gaussoin. 

Olave, 15700. 

Olavie, 6241, 15671. 

Olmoia, 18592. 

Olne, 15810, 15544, 16774. 

Omer (S*-), 12719. 

Orion, 27070. 

Oneton, 11999. 



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NOMS GfcOGRAPHIQUES. 



801 



Orenges, 12190, 12214,15615, 25829, 26499. 

Origny (II, cclitii). 

Orliens, 524. 

OrnU, 12279. 

Orntz, 12279. 

Orsin, 15356. 

Osche, 12006. 

Osme, 11990. 

Osmois, 15209, 15755, 16594, 16481. 

Ostemale, 21468, 21759. 

Oatinges , 11996. 



Osterike, 1256. 
Otiniaus, 4029. 
Otoegnin , 15347. 
Ou, 15221, 18489. 

H. Le Root de Lincy a confix & la Revue francaise 
et Strangere une Notice sur le livre Rouge conserve" 
aux archives de lamairie de la ville d'Eu; tire'e a 
part clle forme une brochure de 22 pages in-8«\ 
Commence avec l'e*tablissement de la commune 
en 1151 , le Livre rouge en contient une hutoire 
complete et de'taillle; il finit aTec PannCe 1632. 



Paci, 18124,25650. 
Paienime, 12195. 
Palerne, 20661. 
Pannonne, 167. 
Paris, 20762, 22206. 
Passent (S*-), 5652. 
Peitiers, 13512. 
Peneveziel, 17395. 
Perce, 22663. 
Perrouse, 28029, 30349. 
Phinepopolis (II , 708). 
Pierce, 18237, 18535. 
Pieres-Mona, 1335. 
Pinkegni, 14327. 
Pissant, 29242. 
Plaisentin , 30128. 
Poilevaque , 29654. 
Poitau , 30940. 
Poitiers, 50702. 
Poito,2322, 15619. 
Ponhier, 7072, 15057, 21969. 
Pont-d'Arge, 5673. 
Ponti, 14055, 16678. 
Pontorson, 15697. 
Popelines, 12719. 
Porciestre , 22376. 

Pors, 5120, 5233, 6957, 7829(1, 495, 519). 
Tom. II. 



Montagues, en general, passages, defiles : 

Entre lcs pors de Panpelune. 

Roman du conte de Poitiers, p. 2. 

Les pors de CSsaire, disent lea chroniques de S»- 
Denis. Le Paux Turpin appelle ces passages Portus 
Acerri, Portus Cicera et Portus Cisereos (I, 509). 
Voy., sur ces appellations la Chanson de Roland , 
•t. xlui, t. 3, st. lv, t. 3, le Glossaire, p. 186, et la 
page 01, note 1 , des Invasions dee Sarrazins en 
France , par M. Reinaud. 

Le clerc de Guillaume de Tudele dans sa chroniqoe 
de la croisade contre les Albigeois (e*d. de H. Fauriel, 
p. 12) dit, en 6mime*rantles pre*lats qui accompagnent 
Pabbe* de Citeaux : 

E dotral Portz tCEspanha.... 

u Ayee lui partent et d'autres (encore) d'outre 

les Ports d'Espagne. » C'est encore, en effet, le nom 
populaire des Pyre'ne'es dans lespnmnces, soitfran- 
Raises, soitespagnoles, voisines de cesmontagnes. On 
dit pareillement pour les Alpes Portz de Lombardia. 

Portemue, 22576. 

Portingal, 19371. 

Praiaus , 17527. 

Prouvence, 51250. 

Provence, 26983, 28691. 

Provenciel, 6301. 

Puellier , 5657. 

Pulle, 16721, 22772, 25471. 

101 



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802 



NOMS GEOGRAPHIQUES. 
R. 



Radagot, 11990. 
Radinges, 18282, 18578. 
Rainne, 14700. 
Rains, 381, 26619. 
Raia, 27781. 
Raisse, 21783. 
Ranscone, 31107. 
Ravenel (II, 714). 
Ravenne, 20149. 
Redois, 12972, 13786. 

C'est une epithete plutdt qu'un nom de peuple. 

Regate, 22574. 
Regniau , 21047. 
Reumont, 24653. 
Richier (S*-) (II, xxi). 
Riea, 1147. 
Rieanea, 13924. 
Rille, 13875. 
Rimers, 17563. 
Rin , 8829. 

Ehin ; cette forme est aussi allemande. Voyes le 



passage des Nibelungen cite* au mot. Formats*. En 
Toici un autre : 

Chriemhiltdiu vil schone , von WORMES, uber Rim. 

V. 2827. 

Risle, 16392. 

Rin (Boulain-), 21515. 

Rohais (II, 701). 

Rocieie (la), 20753, 21487. 

Roie, 23955, 28347. 

Roiiele (la), 20606. 

Romagne, 28545. 

Rougemons , 25249. 

Rommenie, 128. 
' Roses, 12008. 

Roume,156, 185,29848. 

Rousie , 23536. 

Rouvecieslre, 19065, 22569. 

Rnel , 16398. 

Ruem, 2812, 3602, 3627, 13067, 15269, 
17686. 

Rufniel (II, 710). 

Rume, 21312. 



S. 



Sainliz, 13785. 
Sainne, 14328, 18403. 
Sainteron (II, 695). 
Saintes, 5086, 31059. 
Sais, 16749, 17533. 
Saisnes (II, xcix). 
Saisogne, Saissogne, 1876, 2018. 
Saiasougne, 20067. 
Salesbieres, 18570. 
Saleable, 21471. 
Salesbourc , 5600. 
Salenique, 17130. 
Sanguis, Sangvis, 22554. 
Sarragouce, 12005. 
Sarrasins, 582, 485. 
Sarrazin, 5300. 



Sarte, 18547. 
Sartenai, 10992, 11481. 
Sanmur, 30694. 
Saus (Castiel-), 28326. 
Sanve (S*-), 25239. 
Sanveor(S«-), 17567. 
Senile, 12019. 
Sebourg (II, lti). 
Segontiane, 11992. 
Segoybe, 11992. 
Senlis, 14581. 
Sens, 15502, 23559. 
Seonois, 18547. 
Slpulnege, 11991. 
Sescons, 50721. 
Sesnes , 3211. 



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NOMS GfcOGRAPHIQUES. 



803 



Seaeonne, 22222. 

Seasons, 522, 12352, 12765, 20529. 
Sevoi*(S*-), 17562. 
Sikambre, 173. 
Sire, 16721. 
Soave, 2730, 20667. 
Soavie, 20008. 
Solegni , 5656. 
Soleamea, 26018. 

IPest point Pendroit da Maine ou lesbenldictine ont 
relabli leur ordre, mais un Tillage da Hainaut francais. 



Sorant,5221. 
Sotengien, 21950, 24846. 
Soubrengien, 24878. 
Sternia (II, 708). 
Sur, voy. Asur. 
Surie , 5022. 

Ledit de mSnage, Edition da H. Trebutien : 

II pert bien k tes joes que ne t*esmaiet mie 
Comment le'roi peore la terre de Surie, 



Tabarie, 10071. 
Tabor (Mont de), 22833. 
Tabour, 10958. 
Tafart, 30210. 
Taillou, 16648. 
Talevert, 11080. 
Tanet, 22557. 
Tana-qu'ot-Vile, 14972. 
Tarentaise , 3606. 
Tarente , 51037. 
Taraiien, 25554. 
Taruf , 12041. 
Tenercebrai, 17876. 
Tenremonde , 12719. 
Teride, 12010. 
Termea (II , xi). 
Theodonia , 3359. 
Tieraacona , 27025. 
Tiete, 17661. 
Tiere (Aval-), 21459. 
Tiermea, 26694. 
Tierre Appoline (II , xut). 
Le pays ou Ton adore Apolin, eelui dea Maho- 
metans. 

Tiron, 18581. 
Toara, 17534. 
Toegni , 16414. 
Toivre,4706. 
Toldrea, 29042. 
ToUenburch (II, 706). 



Torignia , 18215. 

Tornai, 28838. 

Touflera, 29005. 

Toulaite, Toulete, 5088, 11904. 

CetteTille passait pour avoir une dcole famenae de 
magie. On to it dans VHistoire prodijieuse et lamen- 
table de Jean Fauste que la villa de Gracovie jouis- 
sait , au moyen age, de la meme reputation , ce qui 
e*tablit un noureau rapport entre le polonais Samuel 
Twardouski et le saxon Faust. Consulter nos Parti- 
clariiie inidites sur Charles-Quint, p. 82, t. VIII des 
Nouv. Mim. de Vacad, de Bruxelles , et notre article 
Faust dans le Diet, de la Conversation. 

Torniele (La) , 22811, 26014. 
Tounebruge, 18075. 
Touragne, 2325. 

Touringe , Tourainne , Thuringe, 367, 373. 
Tourenois, 30068. 
Tournai , 530, 593, 12719. 
Traci, 18233. 
Trit, 24649. 

Tremogne, Tremougne, 401, 9845, 9957, 
21469,21740. 

Dans oet endroit on a e"crit ce mot eomme on nom 
commuD ; e'est Tremonia, Dortmund, ainsi qu'on 
l'acorrigl, 1,607. 

Troiea,102, 160. 
Tude, 11979. 

He peut etre Tudela, deja appeltfe TudiHe au 
v. 12008. 



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804 



NOMS GtiOGRAPHIQUES. 



Tudiele, 12005. 
Tulierea, 18542, 15627. 



Turc, Turs (I, clxxxti), 1801, 19820. 
Tarsi, 30754. 



u. 



Ubede, 12016. 
Ulme , 11987. 
Uloe, 12009. 



Urense, 12008. 
Uzedre, 11986. 



V. 



Valcoulour, 20707. 
Valence, 50497. 
Valencenois, 25015. 
Valencienes, 28896. 
Valencienne, 12719. 
Valerin (S*-) (II, xv). 
Valie, 706%, 15056, 14815. 
Valougne , 16782. 

Val-parfunde (II, cclxti, cclxivij). A. Jubi- 
nal , Mytteres , II , 568. 
Valterne, 28971. 
Valtiere, 28971. 
Vaucieles, 28929, 29492. 
Vaudoia (II, lxixih). 
Vaudreoil(Le), 18272. 
Vaua-de-Ruel, 16598. 
Vavre, 21790. 



Vendougiea , 25047. 
Ven$,5662. 
Verlengehem , 50115. 
Vernon, 15001. 
Verneuil, 18272. 
Vernuel, 15217. 
Vezonce, 5605. 
Viane, 1795. 
Vicongne, 2085, 25184. 
Viellea, 16418. 
Viermendoia , 12971. 
Vigort(S«-), 17509. 
Viler, 16085, 24821. 
Vilide, 18298. 
Vine, 29606. 
Vodainne (Gria-le-), 16575. 



w. 



Waet, 18025. 
Waiet, 18109, 18254. 
Wacfreiz, 15554. 
Waimoatier , 17828, 18902. 
Walcrea, 12485, 15554. 
Walecourt, 25154, 25191, 24648. 
Waleri (S*-), 17590. 
Wareame, 14985. 
Warewic, 16441. 
Waat (II, 704). 



Waatine, 21201. 

Waudripont (II, lxxtui), 20838. 

Waurin, 22072. 

Wendin (Pont-a-) (II, lxztiii). 

Wimer (Mont-), 50525. 

Winceatre, 17822. 

Wiamea, 50029. 

Wormaiae, 5296, 14504. 

Cette forme se rapproche de la forme teuionique 
anoienne det Nibelungen, WortneM ei Worwu*e. 



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NOMS DE PERSONNES. 



805 



Dit Warm** dhi Til wite dar-nach lut erschd. 

id. de Voaosa Hagek , v. S247, 

Uod* ouch dta fUt to Wormez* too ir wcinen erschal. 

lb. 4116. 

Dana ce poeme Worm* ett la capiUle de Gunther, 
roi det Bonrguignont. 
Wormt ett autti appelee per let trouYerct Gor- 



rnaue , Germaiee. M. P. Paris , t. II, p. 47 do Garin 
le Loherenc, prononce qu'il faut reconnaitre dant ce 
mot Germesheim. II est Evident que l'habile Iditeur 
a commit une mlprite. M. F. Michel a 6t6 plot heu- 
reux dant tet conjectoret : Roman de la violeUe , 
p. 140. 

Wulferinghem (II, ixxiy). 



Ypre, 12719. 
Yre,6546. 



Ytale,125, 126. 



IV. 



NOHS DE PERSONNES. 



A. 



Aaron, 5260. 

Abbion , Albion , 5452, 5789. 

Abrehan, 10801. 

Adain, 18499. 

Ade, 18474. 

Adriiens, 4070. 

Aelais, 14058. 

A&ine, 18475. 

A el is, 12851, 16454, 16716, 18196. 

Agnes, 19022. 

Agnien (S*),5666. 

Agoulans, 4450, 9004. 

Aie , Aye , Ayce d* Avignon , 8440. 

Aielais , 26107. 

Aiglentine, 10021. 

Aigrout, 14650, 14802. 

Aiien, 26487. 

A i merit (II, cczl). 

Aimmeri de Nierboune , 12165. 

Alain, 15575, 15252, 18511. 



Albroing, 11564. 

Aldalinde, 2814. 

Alebrans, 1861. 

Alexandre, voy. Alier. 

Cf. Liber Alexandra Magni, regis Macedonia de 
preliii. 

Sana indication de lieu ni d'imprimeur mait a 
Utrecht , ches Nic. Ketelaer et Ge*r. de Leempt 7 
Tcrt 1473. 

Premiere Edition tret-rare et que Heerman croyait 
aToir €i€ faite par let he*ritiers du fabuleux Laurent 
De Rotter , ou du raoint avec eee caracteret vendut a 
Hie. Ketelaer et Gdrardt de leempt. Orig. typo (jr., 
p. 144 , et aeconde partie p. 8. 

Alfons, 24255, 29554, 50557. 

Alienors, 20602. 

Alixandre, 8840, 25061. 

Alkin,2997. 

Aloris, 8458. 

Alottrus , 2799. 

Amalris, 17677, 18502. 



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806 



NOMS DE PERSONNES. 



Amans (S l ), 820. 

Amaugia (II, ccxt). 

Amaugris, 8459. 

Amauguins, 16088. 

Amaurri , 17620, 18144, 24303, 25866. 

Ames(S t ), 527,821. 

Amis, Amilles (II, cclvii, cclzzix). 

Amonr (Soeur d*) (II, 11, ciz). 

Analcide, 715. 

Anciaaes, 149, 1468. 

Andriu8,5883, 23004. 

Anestases , Anestassies, Anastase, 470, 1862. 

Anfimore, 5006. 

Angesil, 1504. 

Angia,2151. 

Ansbiert, 2149. 

Ansiau, 30029. 

Ansiel, Anaelme, 1208, 17838. 

Antenor, Anthenor, 96, 122, 170, 216. 

Antiaumea, 12845, 13312. 

Antigone (II, cxxy). 

Apallas, 134. 

Appollin, 5324, 6453, 11620. 



M. F. Michel pense que ce mot designe non pat 
Apollon maii Apol looms de Thyane*, sur lequel on 
a fait dans le moyen age , un roman qui a fourni un 
excellent me'moire a *ir Francis Douce. Roman de la 
violette , p 332. Nous pr£sumons, quant a nous, 
qy?Apollin ouApolin est VApolion de rEcriture. 

Archinoaus, 1567. 

Ardecenut, 15310, 15326, 16550. 

Arealaina , 5184. 

A res tars , 7566. 

Arragis, 3117. 

Artu, 20716, 24555 (II, txi, czxit). 

Arlus, 8862. 

Aaavarke, 19357. 

Aubria, 3226. 

Audain, 4518, 8636, 9010, 11690. 

Audouere, Audowere, 721, 764. 

Aunoi (D'), 25223. 

Aurree, 15240, 16132, 16148, 1725*. 

Auaena, 23057. 

Aye, Ayen (II, cczltui). 

Aymon (les quatre fila) (I, 570, II, ccit). 



Baligana,6602. 

Baras , 25039. 

Bardous , 16670. 

Bares (Des), 22064,31061. 

Barmes , 21705. 

Barracie , 10477. 

Basin (II, ccltiii). 

Baucelicoura , 14339. 

Baudecon, 6660,8151. 

Bauduin, 13070, 15602, 15726, 17563, 
17922, 18466, 21787, 22587, 23071 , 24844, 
28081. 

Begge, 1505. 

Beghe , 5228. 

BegueadeBelin,2080. 

Beneoia, Benoit (S«), 461, 3410. 

Bernard (II, zziz, ccxxxix). 



Bernier (II, cclxvii). 
Bertain, Biertain, 2072, 2707, 2757. 
Bertarie , Biertaire , 590, 1647. 
Berte (I, ccxlix, II, clxxiii). 

Au-grand-pU plutot qu'avs grans pies. — Berhte 
tnit den fuoze'. — Baerte metten breden voeten, dans 
Floris ende Blancefloer , v. 3066. Dans les Reah di 
Francia, on explique ainsi ce sobriquet, 6, I : 
Beeta del gram he, perche ella aveva «n pie un 
poco maggior dell altro, e quelle ara il pie destro. 
J. Grimm, Deutsche mythology 1836, p. l73;Ferd. 
Wolf, Ueber die neuester Leistungen der Fransosen 
fur die Herausgabe ihrer national Reldengedichte. 
Wien, 1833, in-8°, pp. 6-7, 37-72; De L'Aulnaye, 
Gloss, de Rabelais, III. 318. 

Bertrand (I, cxxiv, II, cxt). 



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NOMS DE PERSONNES. 



807 



Bierengier, 13460. 
Biernars, 5230. 
Biertin* (S l ), 823. 
Biers, 12933. 
Biertoulaut , 1264. 
Biertran, 27781. 
Bietremer , 23955. 
Biertremius, 28347. 
Bilas, 25070. 
Bissin , Bisaine, 369, 587. 
Blancain, 20569, 26848. 
Blancandin , BlaDcbandin , Blancardin , Blan- 
cbardin , 6688. 
Blance, 24709. 
Blancefloer (II, xci). 
Blanceflors, 12164. 
BlancheDcleo (II, ecu). 
Bocara, 27185. 



Boucars, 15736, 21021 , 25038. 

Bourc , 22605. 

Bourgiele , 20810, 20977, 21365, 21951. 

Un MS du XIII« siecle do la bibl. de Tournay, con- 
tient un tableau des rentes dues par les pre*v6ts de le 
carite de Tournay. On y distingue les articles suivans : 

A /Catherine de Bourghiele xxv lb au premier jour 
de march. 

A Kaihcrine de Bourghiele CS.dle vie dame Mar- 
got , feme jadis Henri dou Caeteler , au premier jour 
de march. 

Boursard , 20977. 

Brougnars, 24654. 

Brunehaus, 480. 

Brunof , 1330. 

Brunolf, 1326. 

Briasea, 19831, 21405. 

Buiemont, 17037, 17628, 18352. 

Buridans, 21787. 



Cabos, 51121. 

Cahu, 5325. 

Carlemainne , 2239, 22429. 

H. 1'abbe* Tb Nortnand, dans un meinoire cou- 
ronne* et recueilli par la redaction de la Revue de 
Brvxellee, dec 1837, 4-22, memoire intitule* Ber- 
ceau de Charlemagne, adopte ct de*veloppe Fopinion 
de M. Oewes qui , sur ces mots du moine de Si-Gall 
in natalitolo, fait naitre le grand monarque a Aix-la- 
Chapelle. Hist, gine'rale de la Belg., 1820, 11, 187. 

Carles, 5056, 13149, 17896, 17972, 23895. 

Carles M artiaus , 1666. 

Carlon, 20728. 

Celestin, 31201. 

Celpria,656,824, 829. 

Challemaine , Challea li ber (I, clii). 

Charlea-li-Baube (II, it). 

Chonus, 15298. 

Cildebiers,524,657. 

Cilderis , Cilderic , 555. 

Ciperis (II, ccxi). 

Clarembaul, 25259. 

Clement (S«), 451. 

Cleofe, 10844. 



Climeus, 19588. 

Clodea,284, 289. 

Clodomers, 525. 

Clotaires, 1260, 1675. 

Clovis , 588. 

Les journaux ont public* une note portant que les 
mouleurs de la liste civile prenaient sous le porcbe 
de Saint-Germain-rAuxerrois 1'empreinte des figures 
de CloTis et de Saint e-Cloti Id© ; H. A. Vallet , de 
Pe*cole des chartes , a e*crit a ce sujet la rectifica- 
tion suivante : 

« Clovis Itait raort depuis long-temps, lorsque, 
vers le milieu du Vl« siecle, Cbildebert et Ultro- 
gotbe firent, dit-on, conatruire la basilique de 
S l -Gerraain- le-Rond qui fut nomme'e plus tard 
St-Germain-1'Auxerrois. II ne reste plus rien aujour- 
d'bui de ce premier Edifice, Le portail actuel date 
tout au plus de la fin du XIII* siecle ou du commen- 
cement du XIV* (1286-1314). Toutefois, comme Ton 
attribuait a Cbildebert et a Ultrogotbe la fondation 
de cette Iglise , selon Tusage on orna le portail de 
leurs statues. A la fin du siecle dernier, on voyait en- 
core aux pieds de ces deux personnages une table de 
marbre fort ancienne portant cette inscription : 
« Cost Cbildebert deuxiesme roy cbreatien et Ultro- 
.« gotbe sa femme qui fonderent ceate eglise. » 



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808 



NOMS DE PERSONNES. 



Coloman (II, 706). 
Gommenios, 25019. 
Comminges, 22581. 
Conras, 14515,21469. 
Constantins, 11521. 
Constentin, 2865, 10055, 10822. 
Corans , 28818. 
Cornille (S l ), 12704. 
Cornumarans (II, 695). 
Gostantin , 5462. 
Couci, 207741. 



Gouchi, 27654, 50481. 
Counimbre, 632. 
Coustanae , 17646. 
Gousteotins , 50904. 
Crannes,628. 
Cre>on , 14978. 
Creton (II, 702). 

Cuba. Ne Cuba, v. 86. Peut-dtre faut-H lire 
n'Ecuba. 
Cyproete, 15892, 



Dagobiera, 1255, 24254. 

Danious, 1725. 

David, 50657. 

Davis, Davit, 10128, 10577. 



Denise (S«), 9, 540, 547, 406. 
Desiier, Deziiers, 2172, 5186, 4152. 
Deusdedit, 1516. 
Doon, 1497, 1659. 



E. 



tfbar, 15471. 

ibault , 15512. 

^brains, 6074, 6118. 

Ector, Etor, 76, 80, 6988, 7229, 7680. 

Ecuba , voy. Cuba. 

lfrainne , 82. 

Eldnk, 16140, 16508. 

fttfant , 5088. 

ille, 16887. 

&nain, time, 14865, 15258, 15508, 16757. 

&i<$as,94, 112,122, 157,141. 

Engeliers, 5188. 

Engelrana, 4246. 

Engheirans, 1651. 

Englebert (II, lzi). 

Engorrans , 16669. 

£odon (II, xin). 

4loi(S»), 1575. 

fears, 25247. 

Erkenbaus, 51147, 28175. 



Ernaus de Biaulande , 5206. 

Ernaut, 16451 (I, clxih, clxit). ' 

Ernol, Ernous, 1466, 14476, 16752, 17572, 
20854, 21956, 22150. 

Esmars, 1514. 

Esnaus(II, lxi). 

Estase, 16680, 17668, 18112, 18198, 18460, 
18514, 21785, 22695. 

Estieuenes, 2069. 

Esttevene, 18475, 20471. 

Esttevenon , 2160, 19522. 

Estourmis, 5252. 

Eurewins, 1570. 

Eustache-le-Moine (II, ti). 

Eustere , 1918. 

tfvrarl , 18470, 19500. 

tfvrol, tfvroui, tfvroulle, 17201, 17615. 

tiwars, 15241, 16148, 16565. 

Ezebii , 11844. 

tizechie , 10490. 



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NOMS DE PERSONNEL 



809 



Fanin (Saint) , 5648. 

Faatadree, 2748. 

Faatrea, 24875,24881. 

Favarque (a), Afavarque, Aaavarque, 19557. 

Oa disait itre & Jean nemmS poor hitt Jean 
nommi. 

Federia, Felderia, 20101 , 28106. 
Felippea, 17957, 18524, 22998, 24254. 
Felippree, 19016, 19172, 20568, 20495, 
24249, 24878, 27511, 28551. 
Felippron, 17960, 18561, 20098, 25415. 
Ferabrat, 4705 (II, clzxxit). 
Fernand, Ferrand (II, liii) , 20787, etc. 
Ferrau , 21870. 
Fiacle, 25112. 
Filrebaua, 1871. 
Fiernagua, 5755. 
Fillebiert (Saint), 5655. 
FUtferia, 20512, 22975. 
Flolrent, 481. 

Veritd fu provee , ce fu en la lecon , 

Que cil qui tint de France premers la region , 



Ot a non Cloe>is , que de voir le set-on ; 
Peres fu Floovant , qui fist la meprison 
De sa fille la belle qui Hflota ot non. 
Guiteclin de Saittoigne , MS. de la bibl. roy. de 

Paris, no 6086, fol. 121 recto. 
FloeWent est nomine* egalement dans le roman 

d'Aubri le Bourguignon (MS de la bibl. roy. de Paris, 

7227, fol. 74 et Ach. Jubinal, Mystires inidtis f II, 

383): 

Or chanterai pour tos esbanoier : 
Je sai de gesle les chansons commencier 
Que nus jongleres ne m'enpuet engingnier. 
Je sai asses dou bon roi Cloevier (Clou is), 
De Floevent et dou vassal Aichier. 

Floirea, Florea, 1971 , 12164. 

Florcnt (Saint) , 5654. 

Florentin , 29960. 

Florie, 18561. 

Foucon, 1855, 16714. 

Fouqnea , 18445. 

Foure, Fourres, 1941, 5695. 

Francois , 18975. 

Fresonde, Fr&legonde, 759. 

Froiepaina, 25989, 25578. 

Fromona, 8458, 8476 (II , cclxv). 



G. 



Gabriaua, 10505. 

Gaifiera, 2294, 2582, 5190. 

Galafre (II , ccxxxix). 

Galerana, 15629, 16456, 18146, 18262. 

Galien (II, ccxixix). 

Garin, 25954, 25687, 27257, 27644 (II, it, 

▼III, CCLIlIl). 

Gamier de Nanteuil , 8458. 
Ganciera, 21254. 
Ganfroia (1, cxc), 4645.' 
Gantiera, 15740, 20807. 
Gaydon (II, ccxxm). 
Genebant, 252. 
Geneviere, 13042. 
Gerbiera, 9807 (1,622.) 
Gener, 1631. 

TOM. II. 



GeVia, 5258. 

Gerloo, Gerlot, 15462, 15901, 14401. 
Geraonde , 2796. 
Ghilain , Ghillain , 2757. 
Ghilebiera , 14024, 14824, 20049, 20810. 
Giliea, 565. 

Gillain, 13547, 15852, 14048, 16710. 
Gille /Giliea, 12849, 24875. 
Gillebiera, 16470, 18061, 24846. 
Gillemara, 1641. 
Girara de Viane , 9008. 
Girart, 1775, 4502, 21057, 22155, 25097, 
24689. 
Giroaina, 16752. 
Giroie, 16454, 16701. 
Givart, 14965. 

102 



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810 



NOMS DE PERSONNES. 



Gobiert, 26408. 

Godefroit, 18194, 24885, 26101. 

Lieu de naissance de Godefroid de Bouillon, Jour- 
nal des Savans, ddc. 1833, 768. 

Gofroi, 17610. 

Gois (Li), 16624. 

Gomatru, 1541. 

Gondebaut,402. 

Gondelbues, Gondelbu&, Gondelbuet, 5200, 
8579, 9451. 

Gondomea, 16576. 

Gondouiea, 16529, 16555. 

Le memo nom que le precedent. 

Gonnil , 15513. 
Gonnor, 16405. 
Gossiaus, 23023. 
Gosauina, 20475,22870. 
Gostains, 16481 , 16624, 16711. 
Grehes, 24649. 
Grife d'Autefuelle , 9549. 
Grifon8,1903. 

Grigories, 17222, 27894, 27935, 29272, 29526. 
Grimaua, Grimoa, Grimot, 1490, 1659, 1696. 
Groheua, Groheut, Clotilde, 399, 4051, 
13021. 
Guel, 18095. 
GueD&on,;2719, 5195. 
Guenea(I, clxtii). 



Guenlea (II, cicix). 

Guens (II, cxcix). 

Guiaua, 18104. 

Guibors , 12168. 

Guicara, 22611. 

Guiel, 18595. 

Guillaume, 16402, 17694, 18000, 18042, 
18090, 181*6, 18254, 18490, 21185, 22064, 
26499. 

Guillaume-au-Court-Nez (I, clxiv; II, i, 
cqxxvii), 12165. 

Dans la Chron. provencale de Guillaume defTu- 
dele, Raynier de Chauderon, un des croises , dit a 
ses compagnons d'armes : 

Senhors , remcmbre to« Guilhelmet al cort oi$ 
Co «b soti d'Aurenca suffri tans deiturbiers....* 

£d, de M. C. Favjuei. , p. 288. 

Guimara, 5234. 

GuioD, 23431. 

Guion de Bourgogne , 4579. 

II existe sous ton nom un roman an que I VMistoire 
littiraire de la Franc* n'accorde que qoelques 
lignes, XV , 484. II y eat parle* , tons Charlemagne, 
de la mort d'un Richard , due de Normandie. 

Guion de Nanteuil, 8437. 

Guis, Gui, Guy, 16767, 17289, 18502, 26285. 

Guitekina, 5779, 4555, 9854. 

Gwioe, 16529. 



Habonde (II, cxlii). 
Haimon , 18217. 
Harald, 15175. 
Hardres, 8459. 
Harnes, 21705, etc. 

La dignite de Conn6tabie de Flandre fut be>e'- 
ditaire dans la maison des seigneurs de Harnes, 
chatelains de Cassel, jusqu'en Panned 1218, ou Michel 
de Boulers et de Harnes ceda sa chatellenie a la com- 
tesse Jeanne. Rote de H. Gheldolf sur VHist. de la 
Flandre, par M. Warnkoeuig, II, 89. Du Cange sur 
Villehardouin, p. 270. Ph. de L'Espinoy tombe, a ce 



sujet , dans une veritable confusion en faisant du 
seigneur de Waurin , tant6t le conne'table , tantot le 
se'ne'chal de Flandre. Antiq. etnobl. de Fland,, p 72, 
of. p. 104. Gilles, seigneur de Trasegmes, dont parle 
Villehardouin (eM. de Du Cange, in-folio, XVIII et 
p. 270), eut aussi la quality de connltable (et 
point de comte comme on Pa im prime* par erreur au 
second endroit cite'), non qu'elle lui eut appartenn 
en propre, mais parce qu'il e*tait bail du fila de 
Philippe de Harnes, conne'table de Flandre, dont il 
avait dpouse* la veuve. De son mariage naquit Gilles 
ou Gill ion surnomme' LeBrun, que saint Louis fit con- 
ne'table de France aprea la mort d'lmbert deBeaujeu j 



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NOMS DE PERSONNES. 



811 



c'est le he*ros d*un roman dontMM. Wolf, Voisin 
et 8errure oot imprimtf Ics rubriques el dont 
M. Baron a tire* uoe nouyelle intlressante. 

Dans un fragment de gtfnlalogie de la maison de 
Bette (in-fol., Yelin nautili ayec armoiries), on lit 
que Mechtilde de Bette, fille de Gerolf VI de Bette et 
de Hasaca de SM)mer, tfpousa (vers 1120) Michiel , 
sire de H antes, seigneur de laforteresse de la Mon- 
taigne de Cassel, selon le rapport de Rennebourg , 
en la description qu'il faict de la ginSalogie de la 
diets maison. Son pere Michel de Harass, arait 
Ipouse* Cunlgonde , fille et htfritiere de Robert de 
Cassel, conntftable de Flandre , tue* a la bataille 
de Cassel en 1072. C'ett ainsi que la seigneurie 
de Cassel et la connrftablie heXditaire de Flandre 
passerent dant la maison de Harnes. Michel de 
Barnes, troisieme du nom, mourut en 1151; Mi- 
chel IV, Tan 1198. Cclui-ci fut pere de Philippe de 
Harnes qui epousa Adelaide , htfritiere de Hioolas de 
Boulers et d'Ida de RobuIx. De ce mariage naquit 
Michel V, celui-la meme qui fend it sa ohsHellenie. — 
Let armes de Harnas Itaient d'or , a l'eou de gueole. 

Harpin (II, 699). 

Hastens, 13087, 13403, 13451. 

Hastoul, 3318. 

Hauwit, 16455. 

Havit ; 15250. 

Hawis, 16717. 

Hubert, 13785. 

HeMrfe, 15836. 

Hellins, 22072. 

Heltru,2752. 

Hendris, Heudris, 2003 (II, ccxxxit). 

Henris , 16096, 16385, 16833, 17843, 17943, 
18176, 18468, 18482, 18584, 18616, 18842, 
18855, 18997, 20102, 20466, 20641, 20658, 
21074, 22982, 27795, 29732. 



Henri-au-courl-Mantel . 

V. Dissertations sur deux Edifices historiques du 
moyen dge appartenant au ddpartement da Lot (Pan 
est une maison anglaise ou Ton suppose que mourut 
Henri-au-Court-Mantel j dans la fille de Martel , ar- 
rondissement de Gourdon) ; par M. Chaudruc De 
Craiannes, corr. de l'lnstitut. Montauban , Forest ie", 
1837, 28 pages in-8° ayec un pi. 

Heracles, 1520. 

He>alt, 17283. 

He>aut , 14843, 16500, 18006. 

Herbart, 2870. 

Herbert, 13785. 

Herbiert, 13902, 15375. 

Heregaus , 4162. 

Herluis, 12852, 14033. 

Herman (II, ccxcn). 

Hermenfrois, Hiermenfrois, 1635. 

Heroult, 14630. 

Hervin, 10019. 

Heudebours , 16685. 

Hoiaus, Hoiel, 5204, 5797, 6062. 

Honories, 24328, 28051. 

Holes, 15118. 

Hrolf, 13175. 

Huelins, 14164. 

Hues,Hu<b, 14554, 14693, 14785, 15754, 
16670, 18336, 18892, 20848, 21098, 21201. 
D*ou le nom propre moderne Huet. 

Hullepes, surnom, 19242. 

Hullepiaus, surnom, 19239. 

Hunfroi, 16418. 

Huon , 15970, 17005, 18349, 21799. 

Hurepel, surnom, 20483, 30339. 

Hnrepiaus, surnom, 28351. 



I. 



Iaumont, 4469. 
Ibiers, 30411. 
Iehan , 10044. 
Iernoul,2150. 
Innocent, 20696, 22547. 
Innoceaaes, 51207. 



Iosep, loses, 10560. 

Isembart, 13471 (II, vh, cccxxm, 741). 

Ithe, 18034. 

Iudas, 6806. 

Ivories, 5236, 9029, 11285. 



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812 



NOMS DE PERSONNES. 



Jakemon , 19292. 

Jakes, 19620, 20447. 

Jebles, 13512. 

Jehane, 27456. 

Jehannin , 23090. 

Jehans, 18846, 20093, 20809, 21498, 21811, 
22283 , 22864 , 24253, 24366 , 24844 , 25022, 
25060, 26839, 27255, 27798, 29078, 29152, 
29405, 50115, 51061. 



Jerenbourc, 16717. 

Jernous , 16724. 

Jofrois, 14815, 16786, 18181, 18444, 18448, 
18844, 20573 , 20614 , 20957 , 29241 , 29608, 
51107,31191. 

Jourdain (II, ztii, cciiv). 

Judis, 16642, 17600. 

Judith, 15711. 



Kaam , 30663. 
Kados, 21009. 
Kalman (II, 706). 
Kapet, 17005. 
Karaheus, 19676. 
Karle (II, ccltii). 



Karlemant, 12772, 12814. 

Kateline, 11485. 

Kayfas, 10761. 

Remain , 18245, 18314, 18520. 

Konus, 16222. 



Lai vine, 130, 138. 

Laman, 15670. 

Lambiers,1700, 5212. 

Lancon , Lanson (Jehan de), 4657 (II, exevm). 

M. P. Paris (Romancero, 78-79) cite un passage da 
roman de Jehan de Langon, L'encbanteur Malaquin 
•'eat introduit dans la tour ou dorment les douse 
pairs ; il emporte les ep£es de ees fieri guerriers, et, 
par malice, il coupe labarbe de Basin, due de Genes, 
Tun d'entre eux (MS de la bibl. royale, no 8302). 

Landoul, 17632. 
Landre, 4108. 
Lanfrac, 15992. 
Lanuin , 28890. 
Lascre , 23084. 
Latin , le roi Latinua , 136. 
Lazaron, 10895. 
Lehires,534, 392. 



Lendisse, Leudise, Leudese, 1611, 1627. 

Leon, 10055. 

Leus, 4083. 

Libiert-le-Blont, 1204. 

Liedris , 1066. 

Lienars, 25175. 

Lieweline, 15222, 17558. 

Limestous , 19676. 

Lions, 4955. 

Liutgarde, 15035. 

Loeys (I, clix), 13825, 15145, 15150, 18607, 
18667, 19572. 

Lohiers , 12521 , 12535 , 12848 , 14045 , 
14821. 

Longis, 6786,9254, 10776. 

Sa Tie a ete imprime'e avec les caracteres de P. Ko- 
rean. Sainctes metamorphoses, Paris, 1643, in-4>. 
Tecbener , Bulletin du Bibl., 1836, p. 367, n« 885. 

Hues de Tabarie dans VOrdine de chevaUri*, re- 



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NOMS DE PERSONNES. 



813 



a Seladin de jeuner le vendredi : 

Por cette saincle renenbranche 
Quo Jheiu fu de U lutche 
Ferui pour no r&lempcion , 
Et que i Longis fist pardon. 



Toutes 068 croyances appartiennent a l'histoire et 
sont autsi detfaits qu'elle doit recueillir. 

Quelquet g^nealogistcs affirmant grayement que 
la maison de Dalberg deaoend da capitaine romein 



Longinus, qui peroa data lance le flanc de Jeraa- 
ChrUt crucifil. 

Dans nos provinces nne locution popnlaire donne 
taint Longin pour patron aux pertonnee qui man- 
quent de prestetse et d'actmte*. 

Lovel, 18090, n. 18154. 

Lotrot, 12951. 

Lowia (II, xix). 

Lusignan, Luzignan,*. table dee noma geogr. 



MabHain, 18242. 
Mabile, 15889,18558. 
Madien (II, lxxxit). 
Mahaloa, 18235. 

Mahiu, Mahiua, 6260, 18258, 81715, 24648, 
24749. 

Mahom, 5516, 5356. 

Makairea, 22165. 

Makonne, 17835. 

Maid, 18181. 

Marchomirea, 114, 256, 266, 311. 

Marciel, 24889. 

Margerie, 24515, 28175. 

Marie, 5659. 

Markaaio, 28895. 

Mara (Saint), 463. 

Marquee (II, clxxxy), 

Marailea, 5223,6602. 

Martadigaa (I, clxxyii). 

Appall Afaradigas dans le roman flamand du Ee- 
sard , e*d. de H. J.-F. Willems, p. 214 : 

On lieften des Maradigas. 

Toy. le Gloss, roman au mot Fust, 

Martiaua, aurnom, 14824, 18444, 

Martin (Saint), 15389. 

Martin-Feraot (Saint), 475. 

Maielaine, 23567. 

Mazelainne, 10706. 

Mehau., 14970,15333, 17840, 18520. 



Meluaine (II, cxxxtii). 

Voir Historia de la Linda Melosyna, En Tolosa , 
Juan Paris y Estevun Cleblat , 1480, in-fol., fig. 
Le texte franca is a e"te* imprime* pour la premiere 
ibis a Lyon , en 1500, in-fol .| 

M^nelaua, 119. 

Meroveua , 309, 314, 338, 548. 

V. Les genealogies de soisante-sept ires-nobles et 
tris-illustres maisons , partie de France , partis es- 
trangeres , yssues de lUaovfe , file de Thtodoric II , 
roy cPAustr., Bourg., par E. P. E. De Gypre, Paris , 
1580, in-4°, et Freret sur le nom de He>ove*e , Acad, 
des Inscript, XX, 

Meachrel, 14824. 

Meulaent, 480. 

Meurvin (II, ccxxxu). 

Micheua, 5273. 

Micioua , 26443. 

Mikiel, 21704. 

Miles, 4887. 

Mirabiaus, 23339. 

Morcuf , 20433. 

Morgan (II, cxxxtii). 

Morin (Saint), 13389. 

Mouskes (Ph.) (I, ccvu j II, lxviii, ccct et suiv.) 

On trouye dans let archives de Tournay deux 
pieces d'apres lesquelle* 1© l'accord entre POeque et 
les consaux relativement aux orfevres (I, ccxxi) out 
lieu le 19 tevrier 1269 j 2° Philippe de Gand on Phi- 
lippe Mouskes fit son entrle a Tournay , au retour de 
sen sacre , le samedi 27 Janvier 1274. Selon l'usage 
il ramena par l } ass ens des proves, des juris, des es- 



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814 



NOMS DE PERSONNES. 



wardeurs, do* maiouro ei do tout U conool do U ville, 
tons banis a an* et d denier s, fort cheaus ki ostoiont 
banitpour mourdre et autre* vilains cas. 

Hous sommes redevables des renseignemens sui- 
vans a M. F. Hennebert, archiviste de la ville de 
Tournay. 

« L'an de Fincarnation m. cc. lxxiiij, el mois de 
Janvier, le samedi apres le jor de le conversion saint 
Pol, entra premiers en Tornai li veskes Phelippes de 
Ghant , quant il revint de sen sacre , si ramena por 
1'assens des provos, des jur^s , des eswardeurs , des 
maienrs et de tout le oonsel de le ville, tous banis a 
ans et a deniers , fors cheaus ki estoient banit pour 
mourdre, pour rat de femme efforchie u ravie u en- 
raene*e a forche , pour arsin , pour reube en bos u en 
kemin , u pour pais faite par prcudomes brisie* , u 
pour trives u respit u seurtls brisie* , u pour mort 
ti'ome u de femme faite puis le darraine lettre le roi 
f n lequel il est contenus que jamais ne puist ravoir 
Tournai, ki homme u femme ochie; et partant se 
tiunrent les parties apaiiet. * 

(Extrait da rcgistre dit de Cuir noir). 



Janvier 1209 , samedi aprei les octaves de 

l'Epiphanie. 

Accord fait entre l'eveque de Tournay Jean et lee 
consaux de la ville, sous la mediation de Pierre 
Rigaud , chevalier , et Martin-le-Borgne , pre*vdt de 
saint Quentin , sur ce que ledit eWeque prltendait 
que nul orfevre ne pouvait Clever forge dans la ville, 
sans son conge*. 11 y est dit que lorsqu'un orfevre 
voudra dlever forge de nouvel, il devra en demander 
le conge* de Pdveque , et lui payer un marc d'argent 
pour son droit; apres quoi , s'il est prud' homme, 
loyal et suffisant , il pourra forger et ouvrer ; que si 
aucuns elevent forge sans le conge" de Pe*veque, lui 
ou ses sergens pourront le prendre ainsi que les 
marteaux, outils et tout ce qu'ils y trouveront; que 
toutefois , Porfevre sera maitre de racbeter tons ces 
objets pour 14 sols lonisiens, mais qu'il ne lui sera 
pas perm is de forger sans le conge" de l'e*veque. — 
Le chapitre donna son consentement a cet accord. 

Moyaet, 10946. 
Muriel (II, lvi). 



w. 



Namles, Namlon, Naymes (I, cxci), 4472. 

Nateut,1548. 

Neel, 15244, 16151. 

Nem (II, i). 

Nicaiae (Saint), 327. 



Nicoforua , 3272. 
Nieulea, 21335, 23188. 
Nigel, 16771, 17566. 
Norbiert, 1653. 
Norjous , 50734. 



O. 



Odacrea,4248, 12486. 
Oedon, 1769, 5178, 15252. 
Ogiera-le-Danoia, 5410, 4472, 5212 (I , cxcn, 
619 j II, ccxvii), etc. 
Ogive, 12855. 
Omers (Saint), 528, 822. 
Onories, 27895. 



Orable (II, ii), 12167. 

Oabiera , 16596. 
. Othes, 5240, 18853. 

Othon, OUod , 14660, 15056, 15437, 20083, 
20555,21460. 

Ouedes, Ovedes, 15554. 



Paep Thoen (I, 581). 

Brusthem fait mourir ce bouffon a Lou vain , le 17 
mars 1487. II est done a croire qu'il y eut pins d'un 



plaisant de ce nom, pnisque sous Charles-Quint noiw 
rencontrons encore a Louvain nn farcenr nomme* 
Pape- Theun, qui avait exerce* les fonctions de mar- 



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NOMS DE PERSONNES. 



815 



guillier ou de tacrUUin , et dont l'empereur t'lmu* 
•ail beancoup , qtfoiqu'un joar il Fait exile* pour set 
impertinences , exil que Pape-Theun sut eluder, par 
un moyen qu'on attribue Igalement a Tuyl-Eulen- 
spiegel, a Gonella et a Roquelaure. K. F. Floegel, 
Geschichte der ffofnar en, 205-6; Le nouveau bovffbn 
de la Cour, Paris , 1709 , in-12 , 36-7 ; La vie et lee 
actions h&roiques et plaisantes de Vinvincible empe- 
remr Charles-Quint, Bruxelles, 1699, II, 218-220. 
Archiv. pour servir d I' hist, civile et litt. dee Pays- 
Bos, IV, 101—2 Hist, des fous en Htre <T office, a la 
suite du lusdi, 270 — 71. U y a eu probab lenient plu- 
sieurs Pape-Theun , comme it y a eu plus d'un Jouan 
et d'un Caillette. II est natural qu'on aime a perp£- 
tuer la gloire. 



Paiene, 23175. 
Papie, 16644. 
Paul , 8929. 

Pepin, Pepins, 2158, 2860, 12515. 
Pere (Saint), 25114. 
Phelippon, 16755. 
Piaa (Saint) , 529. 

Pierea, 19506, 19750, 20449, 23177, 25223, 
26014,27562. 

Pieron, 6414, 21065, 23957, 27169. 

Plectra , 1660. 

Popain, 13577. 

Priana, 84, 118, 211,306. 



Quennes, 20451. 
Qnennon, 23054. 



Quesnea (II, cclxxzi). 
Quonut, 16194. 



Radebot, 13542. 
Radoue, 24615,24871. 
Raegont, 589. 
Rainbaua, 8472(11, 702). 
Raiofroi, 1735, 2003. 
Rainnoart, 12190 (II, m). 
Raoul, 14061. 
Raoul Teaaon. 

11 eHait seigneur 4u Tbuit , pres Falaite , dans le 
Dtfpartement de l'Orne. Le premier possesseur de 
eette terra considerable dut etre Raoul d'Anjou, 
baron de Thury , qui avait recu de ses souverains 
d'immenses donations pour prix des importans ser- 
vices qu'il leur avait rend us. Son fils aloe*, que les 
chroniqueurs ont dtfsigne* sous le nom de Raoul Tes- 
son de Cinglais (Cingueleis), forma du Thuit une 
baronnie particuliere , vers Tan 1030. Ce Raoul 
Tesson eHait tres-puissant, et sa famille passaitpour 
posslder le tiers-pied en Normandie (la tierce partie 
des terres). A la bataille du Val-des-Dunes il avait eu 
l'idle de se rtfunir aux barons du Cotentin , ligue*s 



contre le jeune Guillaume j mais , a la vue de la ban* 
niere ducale, sa vieille fide'lite" se ranima; il passa, 
avec ses cent chevaliers, dans les rangs du due, et 
il y amena la victoire : Guillaume reconnaissant le 
combla de nouveaux biens. (Article de M. Fre*de>ic 
Galeron dans la Revue Anglo- Francaise de M. de la 
Fontenelle de Vaudore* , 17« liv., p. 00.) 

Raous, 22811. 

Raoua-la-Tourte, 14625. 

Raaaus, 3184. 

Raaaea, 20853. 

Remia (Saint), 319, 380, 462. 

V. Notice sur une feuille dediptyqued'ivoire, re- 
prSsentant le baptime de Clovis, par M. S. R. (Rigol- 
lot). Amiens, J. Goudon-Caron , 1832, 16pp. in-8»> 
et 4 planches lithographies. Si le diptyque n'a etc" 
ex^cutd qu'apres le regne de Charlemagne , le style 
de la sculpture, les costumes et les ornemens qu'elle 
prlsentc autorisent a supposer qu'elle a 6te* coptee 
d'apres un monument plus ancien. 



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816 



NOMS DE PERSONNES. 



Renaus (II, cix), 8444, 15423, 18948, 16715, 
27815. 
Renaus d'Aubespin , 5218. 
Rene, 12475. 
Renetreus, 1355. 
Renier, 15541, 13355. 
Renouart-au-Tinel (II, m), 12190. 

H. Ach. Jubinal a mis nouyellement au jour Mys- 
teres intdits du XV e siScle, prictdis d'une intro- 
duction sur Vhistoire du thkdtre en France ; recueil 
deja cite. Les notes rejetdes a la fin du volume com- 
prennent une notice sur Renouard-au-Tjnel avec det 
extraits des romans d'Aimeri de Narbonne et de 
Guillaume-au-Court-lfei. 

Ricardes, 14499. 

Ricars, 13511, 13803, 15239, 16442, 18059, 
18480, 18845, 19526, 19614, 20641, 27069, 
27565, 27741, 30591, 50761, app. (II, 699). 

Ricars de Nor men die, 4691. 

Richaut, 20517. 

Richiers, Ricier, 482 (II, cclxi). 

Rihous, 15869. 

Robiers,754, 12788, 15349 ,15789, 14910, 
15612, 15714 , 16076, 16458, 17960, 18032, 
18206, 18211 , 18550, 18557, 18548, 21495, 
22525 , 22485 , 22691 , 25045 , 24252 , 27567 , 
28289, 28780, 29161, 50528. 



Robnes, Robues , 21512, 

Rodin , 4142. 

Rogans, 5528. 

Rogiera, 17525, 17550, 17547, 18555, 
22595. 

Rognevald, 15170. 

Rollana, RoIIant, 4598, 7589, 9250 (II, clxxxi). 

Dr. Wirth, Ueber dieWordfr. Ueldeng. des Karo- 
lingischen Sagenkreises , 1836,in-4<>, p. 3. 

Rome, Rone, 2800. 

Romona, 17655, 18850, 51095. 

Romua, 152. 

II s'agit bien -/entablement en cet endroit de 
Remus, frere de Romulus, et non de Romus, pre*- 
tendu fils d'AUobrox et le dix-septieme roi celte , 
selon les romans d'Annius de Yiterbe. De Fortia, 
Tableau hist, et giogr. du monde, III, 205 ; MSmotres 
pour servir a Vhist. ancienne du globe terrestre, 
1, 157. 

Rotille , 2795. 
Rotrot, 18256,18555. 
Rou (II, lth), 15175, 15976. 
Rousiaus,, 21815. 
Ruesele, 25887. 
Ruonde , 2754. 
Ruot,2862. 
Rython (II, cxxiv). 



s, 



Salemons, 15680. 

Samoa, 1577. 

Sanses, Sanson , Samson , 5214. 

Savaris, 20958,24407. 

Sebile, 18208. 

Seguin (II, xxti). 

Selviestres, 50888. 

Senesbaus, 51205. 

Severin (Saint), 1516. 

Sichay , 11059. 

Sigebiers, Sigefbert, Sijebiers, 670, 857. 

Sigesmons, 554. 

.Simons, 252, 22552, 29424, 51065. 

Simons de Monlfort. s 



Sur ce personnage et en ge*ne*ral sur la croisade con- 
tre les Albigeois recourir a la chronique provencale 
de Guillaume de Tudele, publico par M. C. Fauriel 
dans la Collection de documents, inidits sur Vhistoire 
de France, Paris 1837, in-4°. — Nous regrettons "vire- 
ment de n'avoir pu profiler de cet ouvrage qui ne 
nous est parrenu qu'au moment ou ces dernier es 
feuilles eHaient mises sous presse. 

Siparis (II, ccxi). 

Socheus, 1297. 

Sodagrezil, 1401. 

Sohiers, 21790, 28639. 

Soufie, 14876. 

Sprole, 15892. 

Suem, 15264, 16145. 



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NOMS DE PERSONNES. 



817 



T. 



Talevas, 16682. 

Co nom Tenait peut-etre d'une espeoe de bonclier 
on ttrge courbe*e en forme de toit. On lit dent le 
Toumoiement de VA nte- Crist: 

Li eicu 

Qui resembloit on Talcvas. 

Cf. A. Jubihal, Njstires, II, 891. 

Tangr6, 1697. 
Taaeons , 17572, voy. Raoul. 
Tens, 529,18381. 
Tens d'Ardane, 1668. 
Teroldee, 16595. 
Tervagan , 5324. 

J*aporte d'enfer grant pardon , 
De Tervagan et de Mahom , 
De Belz&us , de Lucifer 
Qui Tom puiit mener en enfer. 

Le ealut d'enfer dans let Jongleurs et trouveres, 
p. 46, et a la fin de* vingt-troie maniiree de vilaine. 



Theoderalde, 2752. 
Thloderic, Theoderie, 525, 1757. 
Th<§ofilaa,5117. 
Tbiene, 23134, 25193. 
Tibiert, 27131. 

Tirana, 1706, 12166, 15158, 15512, 14765, 
20445,51121. 

Ttebiere, Tbeobiere, 566. 

Tieria, 17985, 18467. 

Tiery (II, xi). 

Tolemeu, 8850. 

Torketil, 15223. 

Torkis (Saint), li confils, 12020. 

Tourpina, Turpins, 5150, 6834(11, clit). 

Tristran, 23937 (II, ui). 

Truie (La), 21056. 

Tumaa, 19056, 22958, 29454, 50481. 

Turnus,152, 155. 



Uge, 24589. 
Ugon, 20658. 



Ulnot, 17299. 



Valentiniiens, 177, 212. 

Veland (II, xui). 

II en est question dans le memoir© de M. Pr. Michel 
sur la legende de Wade, Paris, 1837, in-8° maj., 
pp. 16, 17, 18, 19, etc. 

Vile-Harduin, 29241, 29608. Ville-Hardouin, 
Tillehardouin, Yillebarduin. 

Virgile (I, clxixij II, ti). 

Sur le roman qui lui est consacre* , voir Melanges 
Hres d'une grand* WW., Y, 181*185. 



On lit dans lee chroniqnes de Jean d'Auton , pu- 
bliees par H. Paul Lacroix, I, 321 : « Et la (pres de 
Naples) est la montagne percee que Virgile, par art 
diabolique ou autrement, perca tout au travers, la- 
quelle dure un mille de pays , ou enyiron , et est le 
trou si grand , qu'un homme a cberal y peut aise*- 
ment passer. Par la passa le rice-roy avec toute so 
routte. » 

Vivian t (II, ccmix). 



w. 



Waatt (Saint), 459. 

Tom. II. 



Waleran, 24948, 29674. 



103 



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818 



GLOSSAIRE ROMAN. 



Wales, 21719. 
Walferaus, 1606. 
Wassonte, 754. 

Watiers, 21017, 21955, 23246, 24757, 24876, 
24880, 24881, 25055, 28959, 50511. 
Waukelins, 16390. 
Wedes , 15628. 
Werlenc, 16819. 
Wedon, 12780. 



Wetins, 30487. 
Willaumes, 17948, 
Willekins, 28737. 
Willieres, 14985. 
Wimare, 11983. 
Wiakart, 17003, 17658. 
WitoMe(II, t). 
Wortigier, 19458. 



Yaumont, 4876. 
Yviera , 50477. 



Yvories, 9146. 
Yzabiaua, 19352. 



Z. 



Zacheua, 10903. 



Ze^d«, 6597. 



GLOSSAIRE ROMAN 



'Aaisemens, 6515. 
•AaUier, 14424. 
Aaiwier, 2902, 9578. [i 
'Aastie (I, clxviii). 
•Aatie, 50818. 
•Aatine, 25215, 29155. 

* Astir f«V 18967. 1ft 



ierj. 



A. 



Aatitswi, 17166. {Aattaoii}. 

Abaie,2048. 

Abaiacier, 8633, 27712. [Abtiaaier]. 

Abandon (en), 13430. 
•Abaubis, 21905. 
'Abtiir., Abieli, 585, 2769, 13714. 



Aatir (0 , 18967 , 19665 , 21668 , 21919 , p 0U r abtilir on a dit antsi Mir. On lit dan* U dit 



25595, 27751, 28375. 



de manage } qui est da XI V c tieole, Edition de 



I Cette table contient aussi qttelqaes mots en league tftrangere. L'asterisque indiqne que le not est dens Aoqnetort; 
les mots entre crochets sftoi ceox donues par Aotfoefert, aais qui presentent avec les ndtres qudque* legeret Tajieiftss. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



819 



H.G.S. Tr4batien,l8S6: 

Car j'aitao par aaaonrs calk qui aaa J 

•Abet, 25060. 
'Abetere, 12748. 
•Abevri, 5585. 

• Abie ,5622, 12529. 
Abitacle, 25461. 
Ablegie, 4976. 

* Abonnia , 25720. 
•Aboamea, 8891 (I, cxcii). 
•Abre, 7791. 
•Abrupt, 21015,21653. 

Abuaca (0, 17422. 

Acainoe , 9391. 
•Acaiost, 28052. 
*Acesm£, 3669, 5187, 6478, 19198, etc. 

Da Cange sur VillehmixUuin , p. 354. 

Habelais appelle ackemmertss* , one femme de 
chambre , one habilleuse. Prot., aceimar , aces-mar 
Glctsaire de H. lanriel tor Guillaume de Tudele , 
pp. 663, 665. 

Aceure (o*), 25934. 

Aciel, 415. 

Aciever , 11958, 26908 (1, 624). 
•Acliner(a'), 4828, 12044. 
•Acoiotes, 4543, 28955. 
'Acointier (I, cici). 
•Acole,9912. 

Acomblea, 11575. 
•Aconter, 2121, 50133. 
•Acorager(a'), 24912. 

Acorde , 19499. 
'Acorder(a'), 20370. 

Acorre, 3319. 
'Acouardi, 7109. 

Acouca (a'), 14740, 22263. 

Acouciea, 11743. 
•Acouter ($'), 26587. 

Acriever (a 1 ), 9266. 

Acriurent, 205. 

Acter, 3002. 

Acuevre, 5603. 

Acunciier, Acoochier, 27206. 
'Adamager, 5775. 



'Adamer, mal ioterp. 1984, corrig,, 9813, 
17097, 24478. 

Ademiat (a'), 12298. 
•Adeoa, 25890. 
Aden* autrement admnt (ad ante). 

Je tois oa adanf oa envers , 

Oa droit ; ce (se) je ne me repose. 

A. Jubihal , Mjrstir**, II, 72. 

•Adentea, 26975. 
•Adea*, 18925. 

Adeaet,5589. 

Adeaez (I, cliii). 
'Adeatrer,2887. 
♦Adevaler, 23818. 

Adevanci , 5160, 26790. 

Adevener , 9777. 

Adevio, 51113. 
* A dies, Adies, Adea, 291. 

Adieatrer, 4465, 28114. [Adrextrer]. 
*Adiez (II, xxm). 
•Adober, 9202. 

Adoiae, 29299. 
•Adolea, 11765, 20260. 
•Adon, 11048. 
'Adont, 554, etc., alors. 

« Car en oe temps d'adont » Chron. de Gilies 

de Chin, publ. par M. Ch41on, pour la socieHe* dea 
bibliophiles de Mom , p. 3. 

•Adouber, 26504. 

Adouciat, 30136. 
•Adrecier, 10185 (I, cxci), 19729, 20352, 
26657. 
•Adreciere, 25815, 26654. 
*Adoree (II, xiti). 

Advocas (II, liii). 
•Aemplie, 11449. 

Aenger , 23488. 
*Aeamer, 24535. 

Du Cange , sur Villehardouin , p. 354. 

Afaicie (II, ccxli). 

Afait, 21893. 
•Afaitie, 235, 241. 
•Afebli, 15184. 
•Afebloie, 7259. 



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820 



GLOSSAIRE ROMAN. 



•Afferi, 21852. 

Affiere (I, clixv). 
•Afi, 3154. 

Afices, 13729. 

Aficier , 7555^ 22322. [Affichier]. 
'Afier, 13770, 16074, 26899. 
•Afiert, 7799. 

\Afis, 15644,17581, 19027, 29684, 50188. 
"Afoler, 17615. 

DeL'Aulnaye, Glossaire de Rabelais, 3d, de 1828, 
IU, 130-40. 

Afremer (11,699). 

Afrenes , 20548. 

Afronter, 25898. 
•Afiistis, 25095. 
•Agait, 6727. 

Ageue, 24528. 
♦Agu (II, xki). 
*Aguillier, 3544. 

Agulle, 17056. [Aguille]. 
*Ahait, 4713. [Ahatie]. 
*Ahan, Ahans, 10137. 

De L'Aulnaye, Gloss, de RabelaU, 6d. de 1828, 

HI, 141. La Monnoye , Les conies de B. Des Per- 

riers , Amst. 1735, II, 43. Renier, Satire XI, a dit : 
Et dedans un coffret qui s'ouvre avec ahan. 

*Ahaner, 50259. 
'Ahanier, 5518. 

Abate, Ahatent, 7552, 21801. 

Ahatis , 7525. 

♦Ahierdre, 25782, 26051, 27209. 
♦Ahiers, 22299, 26081, 27209. 

Ahierae, 18788, 22299, 25782, 27214. 

Aiiierat,9192. 
•Ahonter,4268. 

Ahounir, 50970. 
*Aidier, 28576. 

Aidieres, 8411. 
* Aie, Aye, 1776, 10051, 12171 (I, clxxxv, cxc). 

Aierse, 7095. 

*Aigue, 451, 2425, 5195, 15100, 17454, 
21544. 

Aiie,5506. 

Aim , pour aime (1, clxxit ). 



Aimon , 9817. 

•Ainc , 6826, 24562, 26451, 29068, etc. 
•Ains, 15627, 15075, 17555, 19770. 
•AinaiHte, 16890. 

Aint, 25784. 
•Aiole,705. 
♦Air, 6896, 9967. 
•Aire, 6995,11877,17169. 
♦Aisciele, 10979. [Aisceau]. 

Aisse , 526. 
•Aistre, 15949. 
*Alue, 28751. 

Ajugier , 12953. 
•Ahn?e, 4816. 

Aive,2475. 

Ah?e , 28259. 

Arweron (II, xix). 
•Ale, 14040, 22421, 26644. 

Alemandle,6008. 

Alemiele , 22058. 

Alevez (I, clx). 

Alfe, Alfar (II, cxxxit). 
•Aliege , 26590, 29652, 49795. 

Almace (II, xcviii). 
*Almaire, 11323. 
♦Aloe, 7135, 26519. 

Aloez (II, xt). 

Aloitoie (I, cl). 
*Alori , 25292. 
'Aloses (I, cxcii). 
•Alouer, alouwer, 6179. 

Alouwes, 24680. 

Alowez (I, xct). 

Alqeton (II, xix). 

Alue , 9086. 

Aluec , 8886. 

Aluel, 11441. 

Alues, 14056, 17295. 
*Alye (I, clxix), Toy. Bouton. [Alie]. 
•Amaladi, 1527, 6156. 

Amasent,8962. 
'Amati, 27047, 28485. 
•Amaticle, 25864* 

Amayle (I, xcti). 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



821 



'Ambedui, 171,1469. 
*Ambts, 5567. 
*Am&ment, 15098. 

Amenbrer,5702* 
•Amender, 1559, 2*77, 9647. 

Amenles , 20890. 
*Amenris, 16003. [Amendrir]. 

Amere, 23754, 27952 (II, ixnu). [Ameresse]. 
•Ameure, 19968. 

* Amirant ( I, clxtii). 
Amiraus, 6606, 29356. 

•Amoier, 8008. 
•Amoloiier, 5825. 
•Amoot, 13501. 
"Amordre , 8727. 
•Amort (O, 14446. 

Amortie, 24790. 
•Amors, 7595, 50654. 

Amot, 25716. 

Amoulir, 5755. 

Amours (m*), 26716. 

Ample , 4408, 27089, 28870 ; ft tyrant d f am- 
ple le pais, les tyrans de tout le pays. 
•Ampoles, 10981, 11484. 

Amposer (II, ui). 

Anblant, 16599. 

Ancie, aucie (I, clxtu). 

Anciele, 1975. 

Ancisour , Aocissour , 9284, 10969. 

Aucisserie, Anciserie, Ancessere, 1018, 2460. 
•Ancois, 12561, 19504 (II, xu). [Aincois]. 

Dans la note sur le v. 869 aa lieu d'austitdt Uses 
plutot avantf c'est-a-dire avant tout lesautret. 1065. 
*Andoi,1595. [Andui]. 
*Aoel(Il,xi.i). 
•Aoemi, 5688, 15442, 28209, 28948. 

Anes, Anes, 1584. 
*Angarde , 5765. 

• Angele (II, ccxli, cclxi). 
'Angle*, 10504. 

Angouser, 7262. [Aogousoer]. 
'Annoncier, 6557. 
•Anoier, 410, 17282. 
•Anoit, 24720. 



Anontion , 24557. 
•Aus, 21155. 

• Aute, tante (I, czc), 20799, 24915. 
Anter, 3722, 9815, 10550. 

•Aoti, 5829. [An tie]. 
•Anuis, 13373. 

Anuit, 24087. 
•Aouitier, 16804. 
*Aore\2095. 
'Aoure (I, clx). 

Apacie, 1432. 
•Apaites, 29788. 

Aparant, 9189. 

Aparent, 14692, 17175, 50958. 
*ApariUte,2967. 
'Aparisans, 8297. 

Aparrel , 10099. 

Apartenant, 17515, 17521. 

Apende (1, clix). 
*Apenser(s'),9349. 

Aperciut, 24682. 

Apertes, 11570. 
'Apetichier, 15495. [Apetiser]. 

Apiel,6011. 

Apieler, 26760. 
*Apiert,682. [Apert], 
•Aplanoier , 14237, 19198. 

Apocalise, 6432. 
•Apostoles, 1278, 4253. 

Apostolie, 20410, 23324. 

Apostolite, 17227, 50958. 
'Appareillies (I, clxxtii). 
•Apresure , 50207. [Appressure]. 

Apries, 2474. 

Apriesent, 7432. 

Apriessoit, 17243, 19103, 25667, 28564 , 
51002. 

• Aprisson , 24754. 
Aprochier (a 1'), (II, 696). 

'Aproismer, 19236, 22161, 25751. [Aprimer]. 

Aprouchier (I, clxxt). 

Aquel, 20450, 21800. 
•Aquellir, 2088, 2414, 19445, 20755, 25220. 

Aquest, 17108. 



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822 



GLOSSAIRE ROMAN. 



'Aqoisi&rentfs'), 19800. 

* Arainnea, 21771. 

* Araisner, 24961 (II, xxx). 

* Aramie , 1642 , 2299, 20113, 29573. 
Ararie, 20060. 

Aray (I, icyii). 
Arbre , 19493. 

* Arbroie (I, clxx). 
Arcains, 1211. 
Arcangle , 8319. 

'Arcedeclin 10661, 10936. [Arcedelio]. 

Arceveskie , 19042. 

Arcies,6901. 
'Arcoier, 3945. 

Arescoure , 30163. 

* Arestance , 21326. [Ariealance]. 
'Argent, 11740,21664. 

* Argue , 23788. 
Ariere (<T) , 24437. 
Ariest, 7391. 
Ariestement, 10323. 
Ariester, arrreler, 1243. 
Ariestes, 7303, 
Arkal,2561. 
Arkanceliers, 29486. 
Annans, 30008. 

'Armes, 1215, 1915, 1924, 2307, 3787, 
4960, 5833 (I, 621), 21018. 

Armes, 15565, 24169, 26351, 26432. 
*Arouter(s , ) ) 24819. 
*Aroute«,5067, 21320. 
•Arrami, 20115,29573. 

* Arree (I, clixtii). 
"Am, 7599, 17167,23852. 

* Art, verbe (I, clxt). 
'Artimage, 6457. 

Asaiier, 9462, 27392. 
Asamblee, 18620. 
Asanbler, 29063. 
Aaart<ll,xxx). 
Asaua, 14452. 
Asansissent, 26777. 
▲acorcier, 15377. 

* Asenement ,9121. [Assennement]. 



•Asemb, Aaenee, 8763, 11117, 11588, 11609. 

[Assene]. 

•Asens, 2642, 8737, 15946. [Asseu]. 
*Asentir (»'), 891, 14268. [Aseenlir]. 

Asir , Assir , 5470, 5376, 4595. 

Asia, 15167, 51028. 

Asisnes, 50658. 

* Asist , 1860, 8617, 20557, 29525. [Assist]. 
Asnes, 9755. 

Asopli , 6589, 10786 , noo pat tusoup* , mats 
atsoupli , accable , attrist& 

Asoplir, 15527, 22540. 
'Asorbir, 20591, 
'Asoter, 21508. [Assoter]. 

Asoume , 29842. 

Asperir (»'), 7995. 
'Asprifs'en), 18750. 

Assai, 25248, 50218. 
'Assegie, 10455. 

* Asseir , 5608. 
Assener, 659,10657. 

•Aswhir, 9856,29419. 

* Asseurer , 249, 16544, 19546. 
*Astie (I, clxvii). [Aati]. 

* Astiele , 21815. [A» telle]. 
Astinence, 16570. 
Atagnant, 7955. 
Atagnoit, 18970. 
Atainat , 6681. 

•Atalente, 27144. 
*Alant,atant, 1784. 
' Atargier, 5412, 27572. 

Atenebria, 11726. 
*Atenrie(m*), 28042. 
•Alenm, 19459,28042. 
•Atiere, 7410. 

Atiergant, 21872. 

Atierminee, 12785. 
•Atirement, 18055. 
♦Atirer, 5049, 11605, 19244, 19474. 
♦Atiser, 26566. 

Atissie, 22220. 
'Atorner, 19764, 50668. 
'Atour, Ator, 10012, 10509, 13251, 20161, 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



823 



23761,50589. 
•Atraire,2470. 
Atrais, 25808. 

Atraver, 6122, 17862, 21111, 50666. 
A treat, 5846. 
•Atrie, 21669. 

• Atropieler , 924. [Atropeler]. 
•Aubaio,7l55. 
*Aubour(I, clxx). 

Aucuneeure, 20868. 

* Auferant (II, i, xx, ccuu), 7619. 
Auffires, 25852. 
Augalie,7258. 

Auge (II, xtii). 

• Aukes, 70. [Auques]. 

•Aumacors, Aumacours, 5656, 12226, 14155. 

Quant Dcx garist honune de boot*, 

£t il la maintienl a hounour , 

Plus est riches que Yaumacour, 

B. A. Keller , Li ronuuu des sept s*gts, p.JBl. 

•Aumaire (I, ccixit). [Aulmare]. 
•Aumosnier, 8407. 
•AiuBotiuere,8255. 
•Auner, 15097. 

Auqttans , 5957. 
•Aliquant, 1849. 

* Auques (I, cxuu). 
•Aim (dO, 26590. 
•Ausement, 1648, 2408. 

Aut, 20488. 
*AuteJ, 12304, 25452, 26447, 

Auteus, 6455, 11000. 
•Autisme, 10885, 50417. 
•Autre*, 452, 26875, 27755. 
•Autretel,5879. 

Autreteus , 22057. 
•Autrier (I, ccl). 

Autrir (T) (H, xrm). 

Autrui cateus, 26570. 



•Aval, 50112. 
•Avaler, 5415, 17402. 

Avancirai, 8775. 

Avancis, 15798, 19825, 22017. 

Avanture, 26482. 

Avarise, 10381. 
•Ave, avie, 760, 1895. 

Aveintre (II, ccxc), voy. vaintre. [Aveiodre]. 
* Avenamment (I, ccl). 
♦Avenans, 8896, 17527. 
•Aver, 5071. 

Aver^, 19124. 
•Avers. Garin , 1 , 259 : 

Nuns avers princes ne puet mooter en pne. 

Avesprir (a 1'), 15788, 16684. 

Aveulisoient (s'), 12255. 
•Aviaus, 29845. 

Avie, 17025,24711. 

Aviens, 11145. 

Aviere,2254, 10805. 

Avierse, 5261. 

Avierti, 12989. 

Avies, 5298, 17025,24711. 
•Avis, 11180. 
*Avision,2465. 

Avissions, 23228,50555. 

Aviunt, 9500. 
•Avoec,7951. 

AvOeS (II, XLTll). 

*Avoi(II, xvn). 

•Avoier, 20416, 25722, 26155, 29455. 

Avoiie, avoiies, 14, 145, 26155. 
•Avoir, 11111. 
•Avote, 25315. 
•Avomes,1589. 

Avommes, 5522. 

Avouer (II, uu). 



'Bacelerie, Bacelera, 6665, 6820, 7005, 8766,18912. 



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82* 



GL0SSA1RE ROMAN. 



'Bacons, 20950, 25183. 
Baee (II, xxvi). 
Bagner, 9896. 
Baiart , 9818. 

A cet endroit on renToie a 1'IaTBODUCTioir ; il faut 
entendre celle du second volume. 

* Bailie , 22601 , 22897, 25746. 
•Bailies, 20157. 
♦Baillie, 157,19860. 

Du Cange fait un long article Mir ce mot dans le 
Glossaire de son Villehardouin, p. 355. 

La baiUie^ en matiere de fiefs, tenait plus aux 
biens et la tutelle a la personne. Montesquieu, Esprit 
des lots, I. XVIII, c. 27. 
•Baillier(II,«). 
Baing, 25124. 

•Baissier, 13601, 15566, 17081, 21705. 
♦Bal, Bail, 1555, 1575, 14622. 

Balance, 31225. 
♦Baleries, 9890. 
Baler , 25800. 
Balestre (II, 696). 
Balisarde (II, ictiii). 
Balle , 25854. 
Balle-moi, 20181. 
Balleroient, 25998. 
Balliua, 27674, 51194. 
Balmuog (II, xcvm). 
*Bans, 24799. 

•Bandon (a) (I, cliiii), 5085, 15071. 
Baptisma (II, xcvm). 
•Barat, 12850,18922, 29657. 
*Barates, 24196. 
Barbe, 4998, de prime barbe, 5466. 
Le mot barbe est pris quelquefois pour rhomme 
meme. 

L'ancien poeme espagnol du Cid nous montre 
Chimcne aux pieds de son mari et lui criant : « Merci, 
oh! Cid, barbe accompli*!..., » 

Barbe grifaigne, barbe florie, prime barbe , barbe 
menlie ou merle 1 e , grant barbe , etc. 

Fiere barbe (Molinet appelle ainsi le Sanglierdes 
Ardennes). Dans 1' Atla-Quida , des vieillards sont 
nomme*s gran-ver pir , barba honesti : Edda swmun- 
dar, II, 873. Ovide n'a-t-il pas dit : 

Barba viros hiriaque decent in corpore seta, 



Et Holiere, en plaisantant : 

Do c6t<5 de la barbe est la toule-puissanet ? 

L'auteur facltieux du Moyen de parvenir fait un 
conte du Moulin & barbes. Ed. de 1781, II, 87. 

* Barbe deFuerre, 28928. 
•Barbes, 15601, 17918. 
*Barboires,6086. 

Bare , 6257 ; il ne peut dire fait allusion en 
cet endroit a la barre qui brise les armes des 
batards. — 56179, 26808, 30279, 50585. 

*Bareter, 18794. 

"Baretere, 24461. 

*Bargagne, 5838. 

* Barges, 20945. 
*Bargigner, 27433. 

* Bargignier , 9293. 
Barius, 4705,19855. 

*Barnages, 4545. 

* Barnes, 359, 5275,6667. 
Barnesse , 2707. 

* Baron, 2707, 9608, 10521, 12141. 

H. De ParaTey, qui a 6nonc€ dans sea divers Merits 
sur POrient plusieurs opinions neuTes, a trouvl que 
le dragon dlsignait autrefois un bomme inTesti d'un 
grand pouvoir et que ce mot s'exprimait en chinois 
par /mofc, en armenien par furoun; ce qui Pa con- 
duit a regarder Pharaon comme une forme peu dif- 
fe*rente d'une m&me expression et a la reconnaitre 
encore dans le mot baron. C'est lui aussi qui a expli- 
que* pourquoi il y aTait des abeilles dans le tombeau 
de Childeric, en disant que cet insecte e"tait un hie*ro- 
glyphe antique signifiant seul dix mille , et avec un 
signe additionnel et modificatif un monarque. Par 
consequent Childeric et JJapol6on en prenant dee 
abeilles pour insigne , ne faisaient que ce quVraient 
fait les rois de l'ancienne fSgypte. 

Une glose sur Jean de Garlande porte : « Babokbs 
dicuntur a babib , quod est grate, quasi graves per- 
sona. » (fcd. de M. Ge>aud , a la suite de la Taills 
de Paris , en 12Q2, p. 695). Et ailleurs: « Heretic* 
dicitur ab hehos, ois, gallice baboh. » (P. 005). 

Baron S*-Jaque (I, clii). 
Barones (I, xcvu). 

Bas (de), mal expl., 1421,corrig. 1662, 2077, 
11610(1, 609), 18202. 
Basement, 18741. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



825 



♦Baaet, 24035. [Baaaet]. 

Baatart, 16350. 

Baatir , 20366. 
♦Baatonciel, 13947. [Baatoncel]. 

Baatonciaua, 6091. 

Bataine, 3303. 
•Bataillea, 24309,29060. 

Batalle campeua, 19281. 

Batant, 1783, 17061. 

Bateatire, 7625. 
•Batillana, 3769. [Batailler]. 
•Batillfo, 20996. 
•Baubee, 12745, 18091 (II, it). 

Baubetere , 12747. 
•Baucana, 7084,7154. 
•Baude,8752. 

•Baudorie, 24182. [Bauderie]. 
•Baulevre, 9289, 22386. [BaulieYre]. 

Voy. 1. de Martonne, Pari** la Duchesse, 138. 
•Baua,715. 

8cand. Baxlx (femin. Baull), validus, excellent, 
vekemens; Sanscrit, Baxa, Balab, Bali, Balta, vis, 
rotor, potsntia, virtus, 

•Bant, 253. 
♦Baut,verbe,8201. 
♦Bautisier ( I , ccl). [Batiaier]. 
♦Bauzan (Sor-), Bauzan, Baucain, Baudot, 
Bauceant, Bauchant (II, xit). [Bauaan]. 
Beaute, voy. Biax, 

La RaYalliere cite deux portraits, Pun dTseult 
en prose et l'autre en Tors d'une personne inconnue, 
comme rlunissant tontes lei parties que Ton exigeait 
dans une femme , pour lui donner le titre de belle. 
LespoSsiss du roi de Navarre, II, 100—205. leon a 
public* dans son Nouveau recueil de fabliaux et 
con tea, I, 407 — 15, les divisions des sot x ante beautis 
qui sont oux dames. On peut comparer ce morceau 
aTec un passage de Brant ome qui Inumere en fran- 
c. ais et en espagnol let trente beautls des femraes. 
Dames gal ante s y Bisc. 11, oeuv. e"d. de Foucault, 
VII , 220. Une note de Le Buchat fait remarquer que 
les perfections sont prises d'un vieux lme francais 
intitule* : De la louange et beauts' des Dames. Bile 
ajoute que Francois Corniger les a mises en dix-huit 
vers latins et que Vincentio Calmeta let a exprimles, 

To«. II. 



de son cote* , dans dea vera italiem qui eommencent 
par Dolce Flaminia. 

B^e (la), 25093. 
•Beer, 20222. 

Ccls qui ne bient s'&bien non 
Truerent met plus qui les guerroie , 
Que li murtrier ne li Urron. 
A. Jubihal, Jongleurs et trouveres, 181. 

♦Begina, 28817. [Beguin]. 
•Behort, 27780. [Bebour]. 
•Bebourder,2777(I, 616). 

Beiffror (II, ciy). 

Belche (II, cxv). 

Bendiaua, 7377. 
*Ben&cona, 12722. [Ben&aon]. 
♦Beneoite (I, clx). 

Benig (II, cxv). 
♦Ber, 1571 (I, clxxtii, 610). 
♦Berbyz (I, xct). [Berbia]. 
♦Beraer, 9370. 
*Beaana,8583. 
♦Bealoi, 3109, 9320. 

♦Beaong, Beaoing, 23024, 50670. [Beaoigne]. 
♦Beaougnou8, 8668. [Beaoigoeu]. 
♦Beatenc, 20764. 

Be8tiaire (II, lxxxit). 
♦Bestial (II, lxxxit). 
•Beatourner, 4281, 19965. 

u L'e*glise Saint-Benoit, rue St- Jacques, a Paris, 
fut surnomme*e Le Bestourni , parce que contre l'u- 
sage universel , le maitre-autel e*tait tourne* vers 
FOccident , au lieu de Tetre vers l'Orient. Ce ne fut 
qu'au XIV e siecle que Ton corrigea cette irregularity, 
et alors on la nomma Le bien tourne'. » Be L'Aulnaye, 
Gloss, de Rabelais, HI, 165. 

♦Beubanciera, 13897, 21572. [Bobancier]. 
•Bevere, 17008, 

Bevoit, 11675. 

Biau-rec£ua, 50770. 
*Biax (I, clxi), voy. beautl. [Bias, Beax]. 
♦Bible (II, cclxxii). 

Biel, 14179, 22657. 

Bielemier,5579(I,619). 

104 



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826 



GL0SSA1RE ROMAN. 



Bienet sire, 24626. 
Bienez (I, xcti). 
Bierc, 15892. 
Biercuel, 11440. 
Bieraer, 14591. 

L'auteur du Chevalier au Ct/gne deerit la pre- 
miere Education d'Hllya* (MS de la bibl. de Bourg. 
fol. 15). 

Deschy jusqu'a XVI ans , si com j'oic conter , 

Oncquex n'avoit cauchiet ne cauche ne sorler (soller); 

De fuelle se vestoit au temps renoureler , 

Et des dras de l'iermite quant al (//) devoit gieler. 

U de pieces peust-on plus de Ho trouver. 

Elias ne savoit tresquier ne karoler , 

Mais savoit (bien) dun arc la visseUe vierser. etc. 

Bieser, 24812,26085. 

* Bille , 25328. 
*Bise ; 19713. 

Bitterfer (II, xcyiii). 
•Blancdiwes, 24654. [Le jour du blanc-Dieu] . 
'Blandir, 3782,20819. 

Blanger , 14606, 28436, 28516. 

Blangier,2971. 
*Blanke(H, cxt). 

Blant, 5512. 

Blastangier, 17012,26194. [Blaatangerl- 
*Bliaus,89lO, 

Et par deseure I bliaut d'orgasin. 

Lifableldou Bieu (Tumours, p. 19. 

Blodgang (II, xctiii). 

Blodugbofi (II, cxt). 

Bloua, 5057, 5277, 6519, 8656, 11088, 
25575. 
•Bobiera, 8752, 8784, 15585. [Bobencier.] 

Boceus, 11579. 
¥ Boiele,boiele, 12252. [Boaillea]. 

Boin-conduit , 22958. 

Boina, 2187, 17191. 
'Boisdie, 20. 

'Boiaeour, 50842. [Boiaeor]. 
•Boiaier, 424, 6818 (1, clxtt). 
'Boivre, 2979, 5508. 

Boneure, 5562. 

* Bora, 5156. 



•Boac, 5946, 10986. [Boa.] 

Boacal, 14216. 
*Botea,5957. 
'Boton, boutou, 2167, 5500 (H,ccxt), etc. 

Le proTerbe estimer guelqu'un, quelque chose la 
monie ou la valeur d'un bouton se retrouve dans la 
langue flamande qui en a peut-etre fait remprant a 
la francaite : 

God hi moete mi verdoemen 
Ofic gave omme uw roemen 
Die quaeUte botte die nie wiet. 

Hoffmann , Renout, r, 816. 

a Grangoutier ditoit ne leur avoir fait bien , qui 
» fust a l'ettimation d'un bouton, » 

&ABELS.IS. 

'Boufoit, 5745. [Boufoia.] 

Boufu, 24190. 
*Bougre , bougrin et quelquefois bogre , 
bolgre, borgre, 28978. 

Je ne porroie croire , diit // borgres deTait , 
Co qu'escriturc dist, ne que clergie retrait. 

H. Mont* , la Pleun-Chante, p. 12. 

Bouniera,8l65. 

Bourde, 25865. 
*Bourdea,7828. 
* Bourdon, 24585, 25074. 

Bouroaitea, 21529. 
*Brac, 25099. 
•Brace (II, m). 

Brace fiere (I, 615). 

Brai (el), 26104. 

Braidia, 27541. 

Provencal braidis , hennissant , criard. C. Fauriel 
aur Guil. de Tudele , p. 667. 

•Braioel, 14569. 
*Braire,7596. 

•Bran, glaive, 5859, 7491. [Branc]. 
Scand. brandr, angl., loot*., brand , anglo-aax. 
brond, italien, brando; d'ou brandir. 

*Branc, 18412, 50106. 

Braa (1, xcvn). 

Brae, Brace, 24705, (1 , 615, II, in). 
•Brehagne , 1544. / 

Breteekee, 16797, 20996. [Breteche]. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



827 



•Brice,5909. [Briche]. 
•Bricun (II, m). [Bricon]. 

Bride-d'or (II, err), 
•Briement, 30041. [Briefaent]. 
Brimir (II, icvm). 
Brinnig (II, icvm). 
•Brirerei (ai) (II, xm). [a brivez]. 
•Brocer, 7154. [Brocber]. 
•Brocier, 17151. 

* Brogues, Brugnes, 6989, cuirasse [Broigne] j 
e'est le sens qu'il faut donner a on mot de ce 
vers : Bulletin de VAcademU da 7 oclobre 1857, 
p. 421 : 

Et U fort bromm* et la raaUiUe. 

Brohons , 7924. 
•Broi, 31933. [BroiUot]. 

Broiefort (II, cit). 

Broiier, 25758. 

Broine (II, xn). 
*Brael(II, xiy). [Braioel]. 
•Bruelle (voy.Broi, Bruillez), 50043. [Broillot]. 



Braellet, 5055. 

Brui, 15046. 

Bruie,5570. 

Bruillez (II, xxxu). 

Brune, 6359. 
* Brunette, 5495. 

Bruns, 7115, 7154. 
•Brut (I, xcyii). 
•Bu (II, xxxi). 
•Buen,3643, 5897, 38505. 

Buene (I, cxliii). 

Buens (li), 24981. 
*Buer,3383. 

Buer (biel), 17561. 

Bues, bues, 1136. 
•Bugles, 6717. 
•Buisnart, 34858. 
•Buisner, 33061. [Buisiner]. 

Buissineour, 8531. CI. Marot, Ballad* VI: 

Je chanterai plus haut qu'une bucine. 

•Busses, 30947. 



C. 



•Cacher (II, li). 
•£uena, 17550, 9951. 

Caignoit, 16506. 
•Caille (ne m'en) , 30303. [Ghaille]. 

£ainne , 10733. 

gainst (a), 38053, 39556. 
•Caitif, 5364,33938. 
•Caitirisson, 4870. [Gaitivaisoo]. 

Caiue,5697. 
•ga-jus, 36625. 
•Calans, 30956. 
•Calenger, 16053, 18046. 
•Caloir, 11089,30757. 
•Camberlenc, 18959. [Cbamarier]. 
•Camboriere, 775. [Camberiere]. 
•Cambre(II, xii), 11603. 

Cambrelenc , 1 4571 . 

Campeus, 19381. 



Canars, 14143. 
• Ganonnes , 1115. [Cbanoinne] , 
•Cans, 9735, 15687. 
•Canter, 15465,35105. 

Cantiel, 7451, 16037. 
•Caoir, 3096. [Cbaoir]. 
•Cap, 18718. 

•Capelains, 4608 (I, 630). [Capelans]. 
•Capes, 9394, 15135. 
•Capiele, 16001. [Capelle]. 
•Caple, 17155. 

Capler, 7337, 35450. 
♦Caploier, 5181. [Chaployer]. 

Capons, 19855. 
•Car, Cars, 3917, 6434, 7141, 10989, 31841, 
33398. 
•Cardenaus, 37557. [Cardonal]. 
•Carger,3783. 



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828 



GL0SSA1RE ROMAN. 



•Cargier, 14441. 

* Cannes, 15205. 
•Caroie, 26295. 
•Carte, 18162. [Charte]. 
•Carleriers, 20175. [Charterier]. 

* Cartre, 5994, 10751, 22762, 29144.[Chartre]. 
Casaus , 25592. 

•Cascuns, 26576. 

* Case, 29787. 
Cas^s, 1159, 19561. 

•Casement, 27990. 

•Castelains, 21785, 24879. [Castelan]. 

♦Caalelerie, 28555. 

•Casti,2959.[Castoi]. 

'Castiaus, 18272, 25912. 

•Castiel, 16661, 20557. [Castel]. 

•Castoi, 24115. 

♦Castoier, 15715. 

•Cateus, 26570. [Catels]. 

Catier, 28249,28972. 
•Cauages, cavage , 9865. 
•Caueemente , 2950. [Caussementel. 
•Cauchtes, 17085. 

Cauchin (II, cclix). 
•Caucie, 11451, 51049. 

Cauciet, 8255. 
•Caudrelac, 25965. 
•Caure, 50688. 
•Caurre, 10195. 
•gaus, 11151. 
•Cause, cose, 209. 

Caut , 15055. 

Cauvaire , 10775. 

(Javates, 26214. 
•£avetier, 26212. 

Celc (11, ccxxxix). 

Celee(II, ccxliii), 15574. 
•C&er, 19846. 

Criers, 28755. 
•Celiestre, 7899. [Celestre]. 
•Cembiaus, 22471. [Cembel]. 

Cemine, 14220. 
•Cemise, 15519. 
•Cendal, cendaus, 611, 17407. 
♦Cenieles, 7405, 21814. [Cenele]. 



Cent, 18952. 
•Cepiel, 20165. [Cep]. 
•Cerciele, 7700(1, xcti). [Cerciau]. 
•Cerkier, 7541 j cierkier, 7851. [Cerquer]. 

Cervez (I, xct). 
•Cesti, 5721. [Cestui]. 
•C^ues, 10555. [CheV|. 

Ceusir, 22066, 50065. 
•Cevalerie, 8767,26515. 
•Cevaliers, chivaliers , 4459, 12774, 19085 
(I, cxcvn), 29975. 
•Cevauchie, 1619. [Chevauchie]. 
•Cevaucure, 10514, 19847. [Chevauchure]. 
•Ceviaus, cevaus, 8056, 8145, 8911, 17406. 

A la litte det courtiers ce*lebret on pent joindre 
ceui-ci Homme's dans un poeme latin du X« ou XI e 
siecle cite* au mot per (XU). 

Sfadix, cheyal d'Ekiarid; Leo, choral do Wal- 
thariut. 

Cha (en), 21500. 
•Cbalenge (II, xvi). 

•Cbaloir, importer. Caille, 1061; caut, 895, 
1610. 

Ne me chaille, italien : non mi caglia, 

Cbambon (II, xxix), voy. Champon. 

Cbampon (II, xx, xxix). 

Chanson (I, clvi , clix , clxti). 
•Chant, verbe (I, clix). 

Chapele (II, xi). 

Chapelier (II, xxiu). 
•Chescun (I, clxi). [Chescunne]. 

Cheviaus, 10711. 
•Chiere (I, ctxviii), 2860. CI. Marot, tpistre II: 

Un boa vieillard porUot chere joyeuse. 

•Chisne, (11,701.) [Cine]. 
•Chitet, 69. [CM]. 
•Chunciier, 9504. [Chunchier]. 
Chus (II, mi). 

•Cief, 10766, 12454, 12579, 14191 , 15771 , 
17722, 21294, 25559. 



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GL0SSA1RE ROMAN. 



829 



Gertana, 16065, 26083. 
•Gere, 8752, 9345, 16598, 19159 9 25816, 
84351. 

Gerf , 24867. 
•Gert,666. 
•Ciert, 3652,17523. 

Gertet, 11187. 

Gerviel, 22118. 

Gervoise, 1130. 

Gervoiwe, 31111. 
•G&, 25*3, 5669, 18212. 

Gesoient, cieaoient, 6099. 

Get, 22089. 
♦Cieua, 1385,2088. 

Ge>er, 26903. 

Gevre, 25196. 

Glenn , 18386. 
•Gmentere, 8971. 
•Cincea, 5455,29169, 

Goua, 10872. 

Gpries, 50872. 
*Gre,ciere, (11,697). 
•Ga (I, clzi), 18014, 18694. 
•Ganea, 16045. 
•Gat, 11051. 

Gt, 10130. 
•Citet, 19851. [Gteit]. 

Gaciele, claciele, 14375. 

Claimment , 9805. 
* Gamer, 27178. [Gaimer]. 
•Clamor, 3277. 
•Gare, 3480. 
•Ger , 20535. 
•Gere, 2242. 

Gerckes (1, icth). 
•Gercon, 28200. 
♦Gergie, clergies, 2616, 11512. 
♦Gera, 488, 6449, 7370. 
•Cleua, 50352. 
•Goficies, 10775. [GoEche]. 
•Cloies, 25910. 
•Goketes , 19200. [Qooete]. 
•Clop, 2532. 
•Clos, 11379, 25255. 
•Got, 12862. 



•Cobra (II, ra). 

Cochent (11, zxiz). 
•Coie , 14886. 
•Coiler, 21943. 

•Cointe, 4542, 19241, 26064 (I, cl). 
•Cointement, 1237, 11663. 
•Cointisae , 19217. [Contite]. 
•(Jois, 4436. 
•Cois, 20333. 
"Coisir, quoisir, 2593, 6891, 13082 

Coite , 7440 (quatere). 
•Col, 19643. 

Colada (II, xctiii). 
•Coler (II, en). 
•Coliera, 21330. 
•Colonbes, 10582. [Columbe]. 

Colpe, 6046. 

Combateour , 8320. 

Combler, 23924. 

Commanc, verbe , 5548, 9407. 

Commandere , 20184. 

Com m ant, 847 (I, clxxt). 

Commeniier, 15786. 

Comments, 19255. 

Comment, 29626. 

Commugne, 26115. 

Communal, 26348. 

Communel (II, xiv). 
•Compagne, 1545 , 1519, 3133, 7711, 9660, 
14471. [Compaigne]. 
•Comparer, 12115. 
•Compas, 2225. 
♦Comparer, 15597, 21026, 27702 (1, cl). 

Complote, 28851. 

Comprer, 29001. 
•Con, comme, 418, 29076. 
•Con, 22584. 

Cone, verbe, 27676, 27683. 

Conciute , 10499. 
•Conduit, 22938, 50472. 
•Confanonnier, 10013 . [Confanier]. 
•Confies, 463, 2647. [ConfeV). 
•Confi&ion, 11811. [Confesse]. 

Confieaae, 5687. 
•Conger, 1614, 18829. 



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830 



GLOSSAIRE ROMAN. 



Congie, congtfa, 21724, 26544, 55691. 
Congiet, 13266, 116665. 
Congoinlure8, 9705. 
Congur, 11791. 

* Conquerere , 4379. [Conquereur]. 
C'onques (II, lii). 
Conqueaiat, 25418. 
Conquestisz (II, xxx). 

* Conrae, 4304. 
¥ Conreer, 5217. 

'Conroia, 22, 637, 3113, 3617, 3865, 3919, 
21651. 
*Conaaua, 19073. 
*Conaaut, 9374. 

Conael, 17673. 

Conselle, 8346. 
*Consen8e, 10615. 

* Consent (II, xi). 
♦Conseus, 22452. 

Consienche, 17239. 

Consilliers , 475. 

Conaillour, 29269. 
♦Conairer, 2889, 5500. 
"Conaivi, 14314. [Consievi]. 
♦Conte, 20040, 29452. 
*Contencon , 8150. 
*Contena , 20764. 

Conter, 9758. 

Conteaae, 23107. 

Contiunt, 28446. 
'Con tors, 8455. 

* Contour, 26496. 

*Contraia, 11386. Contract(us), 26263. 

Contravant , 24484. 

Contredire , 12339, 16223. 

Contre-foit, 5103. 

Contregaita, 50793. 
*Contremont, 9842. 
' Convenant , 5616. 

Convenent , 23519. 
'Conviera, 25947. [Convera], 

Convieraer , 24545. 
'Convine, couvine, 24830. 

Ce mot aignifie suite dans ce paaaage du Cheva- 



lier au Cygne, MS de la bib I. de Boprg. fol. 31 *erao : 

Ly boins rojs Qrians prist la franee royne 
Et Helyas , son fil , qui si bicn se doctrine. 
Tout II J s'en vont derant en la salle marbrine 
Et li barons apries qui aont de leur couvine. 

•Cop-a-cop, 26785. 
* Coper, 22708. 

Cople, 7382. 
•Cor (II, xxi), 2117. 
'Coragea, 10385, 18219, 24535. 
♦Coraille, 26746. 

Corboua, 15503. 

Cordeloia, 30677. 
•Cordielea, 28852. [Cordelea]. 
'Coree, 2113,7157,7243. 
*Corine , 717, 9578, 19552, 24594. 
•Corliu, 29851. [Corlicua], 
•Corre, 19075, 21176. 
*Cora, 18901, 20601, 28537, 29177, 29415. 

Cora Dieu (I, clxix). 
¥ Cora, galop, 7185. 

Cortiua , 10730. 

Voir le Memoire de 1. Guilmot , anr lea aociennea 
meaurea agrairea dans lea Archives du Nord de la 
France, II, 141-149. 

Corueilles (II, xxnr). 

Cot, 6980, 7577, 10746, 20522, 25118, 
31286. 

*Coae, 19764. 
•Coaer, 23788,26726. 
*Coatengea, 27026. [Coatege]. 
•Coatea, 50019 (II, xn). 
•Coatierea, 7655. 

Coation, 16122. 
'Costume , 29709. 
♦<Jou, 23895. 
•Couara, 17507. 

•Coulon, 24742, 25619. [Coulom]. 
'Coulombea, 12295. 
*Coulonbea, 6554, 10762. 
*Coulora,9795. 

Coumander, 7882. 

Coumana, 12. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



831 



Coumugnea , 60. 
•Counina, 17725. [Coddid]. 
•Coupes, 9846. 

Couptez (I, xcvi). 
•Courecte, 14659. [Courechier]. 

Couroche ( I, cxxxv ). 

CourouDe, 5493, 50585. 

Courouuer, 37841, 28070. 

CourUin (II, xcvm), 7422, 8577. 

Court, 22681 , 24250. 
•Courloia, 28945. 

Couaine , 17582. [Cusine]. 
•Couatenge, 24547. [Couatenghe]. 

Couatume , 12926. 

Coutre, 29255. 

Couvaitiae (I, clx). 

Couvenir (al), 21582. 

Couvenir , 50272. 
•Convent, 98, 188, 9895. [Couvent]. 

Couviert , 18747. 
•Couvin, 5650, 28902. 
•Couvine, 51270. 

Couvoit, 21888. 

Couyoite, 27055. 

Couzin , 9505, 19646, 24896. 

Covert (II, xxix ). 

Covey e, coueye (I, xcv). 
•Craa, 6976, 19855. 

Crase, 27110. 
'Cra venter, 2455, 7012, 26976. 
•Creanter, 5410. 

Da Caoge tur Villehardouin , p. 868. 

•Cr^i, 20820. 

Crelrent, 25587. 

Cr^mance, cremance, 505. 
•Cremoir, 27010. 
•Cr^mu, cremu, 955. 

Creoient, 5536. 
•Creoit, 17950. 

Creomea, 5316. 
•Crepe, 10602. 

Creamiel, 13648. 

Crespis, 9193. 



Crestrai (II,xxni). 
*Criee,9225. 
Crieme, 6123, 17465. 
Crient , 19895. 

Cria d'armes. Voy. entagne, monjoie et Valie 
a la table geogr. 

L'ingtfnieux dditeur do joli roman de Gilles de 
Chin remarque (p. xiv de ta preface) qu'au cha- 
pitre XI le cri de guerre de ce chevalier est Ber- 
laimont, ce qui contredit , ajoute-t-il, I'opinion que 
nont avons avance*e p. 280 denotre premier volume, 
tur l'origine du mot Chin-chin. Rous demanderons 
a M. Chalon , la permission de nous en tenir a notre 
premiere ide"e ; sans attacher cependant a ces expli- 
cations plus d'importance qu'elles n'en meritent. La 
philologie se nourrit souvent de petites choses. C'est 
en quoi elle se rapproche peut-etre des sciences 
conside*r6es comme les plus profondes. 
*Cri8me8, 1565. [Criesme]. 
Croi, 25713. 

Croia, 26102, 27904, 29026. 
•Croiaier, 21606, 21889, 28234. 
'Croiaate, 28985. 
•Croiaair, 22015. 
Cronique (II, cclxi). 
Croter, 25282. 
•Cruel, 19902. [Cruelx]. 
'Crueua, 26020. 
•Crueu8e, 8478. 
•Cruetet, 28599. [Crueltez}. 
•Cruiz (II, xvi ). 
•Crupe,7304. 
Out, 20585. 
Cubinena, 18711. 

*Cuer, 17531, 24577, 24795, 26125. 
'Cuevre (I, clxv), 9509. 

Cuit, verbe (1, clix). 
•Culpe(II, ran ). 
Cumemiea, 11833, 22264. 
•Cunchier, cunchiier, cunciier, 9289, 9297, 
16964, 18944. 
•Cure (II, xx). 
•Cur&, 15605. 

Cuaa (s'en), 18757. 
•Cuviertiaae, 11806. [Cuvertage.] 



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832 



GLOSSAIRE ROMAN. 



*Cuvert, cuviert, plutdt que cuuert , cuuiert, 
719 (I, clxivj 609), Colbert {Collibertus) , 7507, 
7827,9311,14061,27538. 

H. de Hartonne dit que ce mot est le raeme que 
ceux de Couard, angl., Coward, ital., Codardo qui 
en tout deViyds. P arise la Duchesse, p. 226. 

II y avait dans le pays d'Aunis une race meprisle 
appel£e Coliberts. M. de Marchangy let regarde 
comme des Arient vaincus et disperses par l'dple 
des rois Me'rovingiens , et dit qu'on let designait 
plus particulierement sous le nom de Taif aliens, 
Tristan levoyageur, Paris, 1826, VI, 516. Cf. Court 
de Ge*belin, Monde primitif, Arcere, Histoire 
d'Aunis, etc. Une origine servile 6tait une tache in- 
dlllbile , et le reproche le plus sanglant que les poe- 
tes des XH« et XIII* siecles mettent dans la bouche 



de leurs beret ou qu'ils adressent eux-memes aux 
personnages qu'ils font agir, est celui de Cuveri, Le 
moine Tbegan reprocbe a Louis, surnomme" le D6- 
bonnaire, d'avoir conn 6* aux serfs les plus vils, les 
dignitls du sacerdoce. De ce nombre, dit-il, fut 
I'impudique et cruel Ebbon , arcbeveque de Reims , 
issu de serfs originates et qui fut un des juges de 
Louis. « Quelle reconnaissance tu lui as t6moigne*e, 
» sMcrie le moine, en apostropbant Pambitieux pre- 
v lat ; il t'a fait libre et ne t'a pas fait noble , ce 
)> qu'il est impossible de faire d'un affrancbi, ettoi 
a tu le degrades. 11 t'a rev£tu de la pourpre et du 
>» pallium, et toi tu Pas courert d'un cilice.... On 
t» Toit bien que tes peres furent des chevriera et non 
» pas les conseillers des princes. » Voir nos M6- 
moires hSraldiques et historiques sur la Belyique , 
1. 1, introd., pp. VII et XII. 



Dacant , 2416. 

Daintie , daintier , 2966. 

Ce mot n'a pas de rapport , an moms immldiat , 
avec le mot daim, gibier. Dain, dans Rabelais, signi- 
fie dllicat , friand , appltissant , delicieux; daintier 
veut done dire friandiie, mets delicat, etc. C'est 
dans ce sens que les Anglais disent ddinty. I 

Daite , 26860. 
•Dales, deles, 2194, 2451, 16619. 
Dalfin , 26982, 30067. 

* Damage , 100. 

* Dame, 17887, 18316, 26112, 27707, 30539. 
Dame (danse) (I, xcr). 

*Dam-el-De, 5583. [Dame-Ite]. 

* Dam-el-Dieu , 2201, 2462. 

* Dames, 8067, 13043. 
Damne-Deu (II, xxvm). 

*Damoisiele, 15045. 

Dampnes , 2528. 
*Dan (II, xxix ). 

* Dangier, 1143, 2882, 2970, 18253, 21966. 
Danjon (I, clxtii). 

* Dansel , Dansiaus, 2871. 



* Danaelons, 20147. 

* Dans , damp , 25565. Voye* Dan. 
*Dant, 21050. 

Danziau8, 20395. 

* Darrains , 665. 

* Dart, 29561. 
Dasorre, 19074. 
D'avoir (en), 30976. 

•Debareter, 24785. [D^barrater]. 

Debout, de bout, 2516, 15415. 
*Del>outer, 28282. 
•D<§briser, 17780. 

D^cais, 1434. 

Deceue, 12985. 
*Decolasse, 29907. [D&olace]. 

* Dedens , 19643. 
'Dedikassion, 2582. [Dedicaise]. 

* Deduir (se), 21708, 22186. 
Defaloit, 18769. 
DeTauroit, 29282. 
Deferant, 15514. 

¥ Deflate (II, xir). 
'Defiance, 30852. [Deffiaille]. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



833 



'D4fio£e,9675. 

'Dtfois, defense, 5928, 7695, 19993, 95086, 
95859. [Deffoit]. 

Ad ▼. 19043 on e"crit sour de fois et dans la note 
on dit que Ton ne oomprend pat bien eette expres- 
sion. En Cement sour Mfois, snr deiense, toute 
difficult** cesse. Ainsi le tent le pint nainrel est sou- 
vent celui qui se prtfsente le plus tard. An surplus 
cette correction a deja 4U faite , ▼. 87506. 

'Defore,Defors, 6985. 

Defroiscie, 7405. 

Defroisie, 50914. 

DeTroisser, 17425. 
'Degaster, 22449. 
'Degieter,7943. [Degeter]. 

Degoutal, 15191. 

Degraisent , 50810. 
'Dehaiter (se), 997. [Dehaitil]. 
'Dekair, 1524. 

Dekiece, 19564. 

Dei (II, xvii ). 
'Del, 19811. 

'Delaier (I, cxci ). [Delayer]. 
'D&aiier,9465. 
'Delez (I, clxhi). [Deleis]. 
'Delis, Delit, 1559, 8785, 10085. 
•Double, 2519. 
'De1iter(se),6755. 
"Deliteuse, 23598. , 
* Delivre pour deliYrl. 

Delues , 21885. 

Delus , 21738 ; pour la rime an lieu de delis. 

CI. larot , XXXIII* chanson : 

La plus belle de trolt sera 
Celle qui mouryr me fera , 
Ou qui me fera du tout vivre : 
Car de mon mal seray delivre , 
Quant a sa puyssance plaira. 

'Demagne, 12469. [Demaigne]. 

Demain , 10535, 17569. 
'Demaine, demainne, 565, 2600, 5895, 6815, 
21696. 
*De maneis, demanois (II, xiv). 

Demanier, 21557. 

Dement (II, x). 

Tom. II. 



'Dementer, 7984, 19595. 
'Dementiers, 426 ,21590. 

l)ementres, 11569. 

Dementrues , 25086. 

Demesclez, mot corrompu (I, xcti). 
'Demonstrance, 12564. 

Demorrai , 8755. 
*Dem>ier, 24516. 
' Denonbrement , 7005. 

Denoociet, 10656. 

Dtaoumet, 29530. 

Depart, 1109,25024. 
♦Deplaiies, 10765. [Deplayer]. 
'Deport, 19781. 
Reporter (I, ccl), 17540 (II, 702). 

Depuplee , 29359. 
"Derocher (II, xxx). 

Derois, 18565. 
'Deront (I, clxiv); du verbe de'rompre. 
*Desafeutr&, 29754. 

DeWre (II, xit). 

Le contraire d' a f riant (afferent). « II avoit snr son 
»> chief ung chapel d'or qui moult bien lui estoit 
it affriant. » Gilles de Chin } roman public* par la 
Socie*te des bibliophiles de Hons, p. 33. 

Desairier, 21089, 26809. 

Desatirer , 22242. 
'Desaubage, 13609. 
'Desaubes, 13609. 

'Desbareter, 845, 18418. [Desbarater]. 
'Descauc, 25256. [Descaus]. 

Descave, 5549. 

Descent (II, xu). 
'Deschevacha (II, xxx). 

Desci (I, clx). 
'Desciples, 10962. 

Descloit, 9786. [ticloi]. 
'Desclos, 7401. 

Descommandls , 14556. 
'Descomsillie, 8927. [Desconaeillie]. 

Desconcordes, 28185* 
' Desconfire , 6761 , 20845. 



Desconnut, 16195. 



105 



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834 



GL0SSA1RE ROMAN. 



•Deaconaillie, 10282. 

Deacouviers, 21415. 

Desdagne, 27956. 
'Deadeng, 16496. [Desdaiog]. 

Deadie, 9496. 
*Desdire, 15. 

Deaepline, 16115. 
*Deserte, 7764, 25544. Desierte, 9264. 
¥ Deae>rer, deseurer, 1595, 7251, 27486. 
*Desfaea, 14149. [Deffae]. 

Deafaire, 24455. 
*Deafenderea,8401. [Deffenderea]. 

DeafieVea, 7411, 22204. 
'Deafublar, 18706. [Deafuler]. 

Desgraisier , 25552. 

Desiers, 12214, 15521. 

Desiervie, 26948. 

D«bire% 5121. 

* Desist, 6950, 15945. 
Desistes, 4817. 
Desjointe , 19240. 

'Deslooit, 15455. [Desloiier]. 
*De8maele (II, x). 
♦Desmailler, 7052. 
Desmenbrea , 50566. 

* De8mesure ( I, clxii ). 

DesDiieler, 21850 , flier, effacer lea nieles. 

Deanuea, 21886. 
¥ Desoivre, 17910. 

Desordener, 28854. 
'Desparelle, 24552. 

Despendere , 28760. 
*Despendre, 24680, depenser. 

Touchant cette acception Toir Menage, t. I de ses 
Observ. sur la lang. frangoise, ch. 107, et la decision 
de Thomas Corneille sur Vaugelas. Du temps de 
La Monnoye on ne disait plus despettdre pour de*pen« 
ser que par maniere de proverbe , comme a fait 
R6gnier en cet endroit de sa VIII e satire : 

Biea qu'il m'cust a l'abord doucement fait entendre 
Qu'il estoit mon valet a vendre et & despendre. 

Dfoaturant le sens de ce mot on dit aujourd'hni 
a pendro et a dSpendre. 

Deapendua, 24680. 



'Deapenaier, 18217. 

Deapirement, 12575, n. 

Despisans, 19905. 

Deapisaana, 5075. 
'Despit, 8506, 15485. [Deapitance]. 
♦Despite, 15814. 

Despoint , 7299. 

Despolise, 9472. 
"Deapondre, 2645, 5517. 

Desposer, 17255. 

Desprovender, 28855. 
*Deara«$e, 14462. [Desree]. 
♦Desroi, desroia , 12974, 15556, 19047, 
50298. 
*Dearout, 18805. [Dearoupt]. 
'Dessega, 19556. [Deaaegier]. 
*Desaeger, 4628. 

* Deaseut , 24450. [Desa^ua] . 
Deasierea, 8948, 10954, 50592. 

* Desaoivre , 5509. 
Deaaoule, 22295. 
Destae,1948. 
Deatasaa , 50980. 
Deatire , 7424. 
Destorbance , 20688. 

*Deatorbiera, 2520. 

Destragant (a), 777. 
'Destragnoit, 20648. 
♦Destraint, 7514,15105. 

Destraver, 982, 7159, 15552, 21055. 
•Destrois, destroit, 1959, 5026, 17756, 
20510, 21698, 26217. 

Destruire, 25599. 

Destrutsieres , 8410. 

Desvoi, 28504. 
*Desvoiier, 15247, 20405. 
*Deavolepee, 21744. 

Detal,7921. 

D&rencie, 19745. 
"Detrenciet, 5581. [Detrencat]. 

Detres , 29969. 
*Detrie,9752. 
*D&riier (I, cxci). 

Detria , detrif, 11560, 22157, 27558. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



835 



Deuist, devist,1371. 
* Deals , duel ( I , clxix). 

leasee, 8711. 
•Devant, 23215. 

Devens, 25796. 

Dever (1, xcvn). 

Deverser, 9371. 

Deveye (I, xcti). 
•Devier, 228, 11663. 
•Deviual, 5249, 20796. [Devignailie]. 

Deviner, 149. 

Devinitet, 29502. 
•Devis, 30616. 
•Devise, 1683, 2202, 3257, 11248, 12383. 

Du Cange sur Villehardouin , p. 300. 

•Devisee, 19700. 

•Deviser, 4458, 10558, 11536, 27233. 

•Devised, 30554. 

Division, devisson, 1429, 1817, 9095, 
20403. 
•Di, 19119, 26447. 

Diables, 18762, 28925. 
•Diablie, 24834. [Diablerie]. 

Diablois, 28263. 
•Diakes, 23261. [Diaghe, diaque]. 
•Diemence, 5935, 21610. [Diemance]. 
•Diere (II, xlyiii). [Dier]. 

Diertiu, 17051. 

Dierverie , 19395. 
•Dierves, 11312, 11376, 16337. 
•Dieslre, 15732. [Desire]. 
•Diex (I, clxxt). 

Digat, 18709. 

Diot, 28301. 

Dious, 7665,14840. 

Diriens, 10159. 
•Dirues, 13537. [Dirruer]. 
•Dis, 12769, 16331 (I, ecu). 
•Discrer, 18771. [Discrex]. 
♦Disme, 25442. [Dismex]. 

Disne, 11351. 

Ditnet, 29704. 

Dissaile , 26783. 



Dissoit, dissoient, 18780, 24627. 

DM, 20414. 
•Diter, 10125 (I, clxxxvi). 

Disl-il , 26408. 
•Diva, 24033. 
•Diviers, 18412. [Divers]. 

Divierseries , 24430. 

Diwes, 19007,24634. 

Dobie, 26292. 
•Dognon, 25582, 27114. [Dongun]. 
•Doi, 255, 19409, 23874, 24873, 29170. 

Doit-on , 26188. 
*Doi, 7838, 25760. 
*Don (11, ccli). 
♦Dont,1436. 

Don tan t, doutant, 9554. 

Dontes, 11700. 

Dormisons (en), 13227. [Dormicion]. 
•Dosne, 18712, 25804. 
•Dosnois , 53. [Dosnoiement]. 

Dougne , 7347. 
•Douler, 25872. 
•Doulousant, 24640. [Douloir]. 
•Doulu(se), 29922. 

Doune,283. 

Douner, 22259, 24483, 30468, 50904. 

Dounere, 28759. 

Dounes, 15405. 
•Douter, 1465, 7662, 20311 , 29632. [Doub- 
ter]. 
•Dras, 4364; Geretes, 5464. 

Drecie(II,698). 
•Drois, droit, 20767, 25138, 27713, 29311, 
29855, 30066. 

•Droiture, traduit par aussitot, 818, 1366, 
27706 j plutot ce qui est de droit. 
• Dromons (I, clxxi), 20946. 
•Drue, 53, 21928. 
•Drugeman, 2990. [Druguement]. 

Dubler(H, xxiv). 
•Due, 23897. [Dux]. 

Ducket, 15034. [Ducat]. 
•Ducoisse (II, in), 15009. [Duchoise], 
•Duel, 5809, 7604, 28594. 



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836 



GL0SSA1RE ROMAN. 



Duellana, 27121. 
*Duite,1069. 
"Durandal (II, xcix). 
'Durement, 1085. 
'Durendal, 4492. 



Durissime (II, c). 
*Dua, 20667, 27547, 29835, 50588, 50965. 
[Dux]. 
*Dusque (I, cux), 25620. [Duskes] 



*iage, 1408,15059. 

Ecreer , 2975. 
•Effondre, 21944. 
*Efforcier, 26561. 

Effora, esfors, 19615, 20294. 
•igart, 21711. 

Eipe (I, xcy). 

Eir (II, xxrr). 

Eia-lur (II, xt). 

Eiasie (II, xr). 
*E1, 10301, 21642. 

Ellut (I, clii). 
'Elme,6051. 

Em (I, clx), 21148. 

Embare , 7402. 

* Embausemes , 26758. [Embasmer, Embauffu- 
mer]. 
♦Emblea, 13555. 

Embra$ans , 19581. 
*Embriever, 5154. 
♦Embuies, 8360. [Embu]. 

Emfermer, 11508. 

Emfera, 24856. 

Emferle, 11407. 

Emfiers, 21987. 

EmfUb, 28129. 

Emperaire , 50257. 
♦Empere, 1261. 
*Empereis, 28401. [Empereria]. 
*Empereor, 28540. [Emperier]. 
*Empereres, emperierea (I, clxi,clxih), 10451, 
11074, 14750, 17086, 17094. 
♦Empire, 24571, 25097. 

EmpoesUS, 24566. 
'Empr&sae (I, clxxt) ; da verbe emprendre. 

Emprisonner, 28640. 



Emproie, 50160. 

Empuisnierent , 19410. 

Empuisniet, 27957. 

Enacointa, 14180. 

Enars, 22296. 

Enbalancher, 15557. 
*Enbattre (*'), 2006. 

*Enbausemea, 11927. [Embasmer]. * 

*Enbroncer, 19949. 
*Enbroncier, 50112. [Embronchier]. 

Encari, 28742. 
*Encaucer, 6109. 
*Encaucier, 2105. 
*Encaua, 21976. 
*Encensier, 2220. [EnceDcier]. 
*Enchaucer (II, xxxi), 15636. 

Encbauz (II, xxxi). 
"Encliner (11,697), 9404. 

Enclinot (II, xvm). 
"Encloer, 7551. [Enclouer]. 
*Enclore, 3646. [Encloir]. 
'Encloa, 22896. 

*Encloaissent, 26778 ; du verbe enclore. 
*Encloalre, 4103. 

Encoistre, 8610, 24769. 
*Encombriers, 6895. 
'Encontre, 24510, 24857, 27299, 50599. 
'Encoste, 8949. 
*Encontrer, 11327. 
•Encouvent, 15965, 28909. [EacouvenantJ. 

Encouvi, 3875, 4146. 

Encouvit , 24950. 
*Encre«, 7057. 
*Encru£s, 25460. [Encroe]. 

End'est, 29651. 

En d'iroit (a'), 29816. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



837 



•Endite\ 30411, 91752. 

Enee, 18164, 20735. 
*Enee-le-Pae,1420. 
Enfant (I, ccxlii), 22772, 23471, 29207. 
'Enfecone, 20214, 24604. [Eofancon]. 
•Enfer»,5611. 
Enferle, 11464. 
'Enfee, enfancon, eofe^oo, 4487, 6661, 24604, 
17798. 

Ce terme ne t'appliquait pat settlement aux enfant 
proprement ditt , mait aux jennet noblet , aux he>i- 
tiert det touveraint. M. Fr. Miohel remarque que 
The kind Horn tignifie le noble Horn, de meme que 
de not jours Child- Harold a e"te* prit pour le noble 
Harold. La chanson de Roland, 182. 
Enficiet, 7261. 

Enforcis, 2389, 12142, 19309, princes enfor- 
ces au lien de force princes , plutdt princes puis- 



Enfouis,647. 

Enfuoit, 8961. 
•Engagne, 23161, 29146. 

Enge, 18071 j du verbe enger. 
*Engenuy (I, clxyi). 
♦Engien, 3075, 26172, 26232. 
'Engign&mr, 5457, 25867. 
•Engignier, 14210. 
*Engigniex (I, clxiii). 

Engignout, 26172. 
•Engin, 21055. 

Engie, 6787. 

Engoint, 23962. 

* En grand, engrand, engrande, 2961, 11445, 
23654. 

•Engres, 3517. 

'Engrile, engries, engrease, inexactement 

explique\ 2104. Corrige\ 8875, 10221 , 17411. 

♦Engrieeer, 7433, 23668, 24012. [Engreaaer]. 

* Engute (II, xxtii). En forme degoule. [Engole]. 
•Enhait, 12343. 

'Enherber, 19410. 
"Enheudi (II, xti). [Enheude]. 
•Enierber, 30632. 
•Enki, 10585, 11042, 14328. 
Enkor, 25351. 



* Enlaces, 22900. [Enlacer]. 
Enlaisier, 23765. 
Enoche (II, in). 

*Enoiant, en oiant,252. [Ennoier]. 

8ire, ce dist Bruiant, je dirai en oiant 
Ce qui est destine* au gracieus enfant. 

Extrait du roman de Brun de la lontagne dant le 
Livre des Ugend. de M. Le Roux de Lincy , I, 275. 
*Enoina, 13365. [Enoindre]. 
♦Enoliiee, 24014. 

Enorter, 12695. 

Enpagnent, 124. 

Enpirete , 24939. 

Enpoindre , 7305, 
*Enprendre, 30975. 

Enpuiseouner , 15809. 

Enquarteree (II, xxtii). 

Enqui, 26389. 

* Enrages, 1838. [Enrager]. 
♦Enree, 4305. 

•Enresdie, 18275, 18615, 20064. 
*Enrievre, 7824. 

Enroet, 17900. 

Ensagne, 7076, 9576, 9866, 14243, 17116, 
27982. [Enaeigne]. 

Entangle tee (II, ccxlii). 

Ensaucier, 23832. 

En8cient(U, xix). 

Ensegnet, 21942, 23742, 24089, 29577. 

En8ement ; 5566. 

'Ensiantre, 51066. Mon ensiantre, selon ce 
que je puis aavoir. 
♦Ensierer, 19999. [Enaerrer]. 

Ensiea, 5899. 

Entignier (I, cixyu, 621), 8012, 15459. 

11 n't ot qu'ensigner. Le vrai tent parait etre : ou 
il n'y arait que de bont enteignement. Cette expres- 
sion t'explique, en effet , au moyen de ton analogue 
dant le vert tuivant : 

Et quant Gautiers l'entenl , ni ot qucslcecier. 

Francisque Michel, Gauticr d'Jupais, p. 8. 

Ensignies, 28964. 
Ensirent,1172. 
"EnUillie, 6480. 



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838 



GL0SSA1RE ROMAN. 



' Entais, 4059, 7580, 21580, 31052. 

Entaile, 5753, 28014. 
*Ente, 24022,24044. 
•Ent^cie, 14897, 19141. 

Enteciet, 5975. 

Entencendur (II, cxv). 
*Ententius ; 579. [Ententif]. 
*Ententiuve, 15329. [Enlentivej. 

Enterroit , pour entreroit, 12262. 
♦Enteser, 2112, 17813, 26388. 
♦Entiervent, 50631. [Enterver]. 
♦Entiercier, 8622. [Eutiercer]. 

Enlir, 1956,2647(1, cxc). 

Entier8 (I, clxiii). 

Entoise , 30329. 
*Entor, 6597, 7019, 10393, 30576. 

* Entour, 25094. 
Entraseurer, 15802. 
Entrecoisir, 4457. 
Entredie, 15861. 

*Entredire,22110. 

Entredit, 17360. 
'Entreferant, 5870. [Entreferir]. 
*Entremeller, 27383. [Entremelement]. 

Entrepris , 19528. 

Entreruant, 5871. 
*Entre«ains, 24669. 
'Entreaait, 10925. 

Entreseng, 28963. 

Entreaet, 5069. 
'Entretant, 17061. 

Entrevinrent (s'), 17146. 
*Entrue«,entrue8,2190. 4322, 14081, 20217. 

Entyr , 6539. 
•Envaie, 1777. 

Envay,5905. 

Envengon , 570. 

Envie, 2807, 26521. 

Envies , 24088. E vita sublaius ? 

Enviroient , 26488. 
♦Envis, 28469, 29712. 

* Envoiier, 25684. [Envoer]. 

* En voisure, 24199. [Envoiserie]. 
Envolepe , 8007, 11425. 



En welment , enwelment , 1 1 581 . 

£pervier ; (II, lxxxiv). 

Erbiere , 28958. 

Erde (I, xcv). 
* Ermine, voy. Hermine. [Ermin]. 

Du Cange sur Villehardouin, p. 304. 

Errant , aussildt (I,cxci). 
*Ert,58. 
•&, 17176. 

Esbaldie (II , xv). 
♦Esbanoier, 5942. 
'Esbatre, 11396. 
*Esboele(II, xi). 
*Esboveles, 7412. [Esboueler]. 

Esca (en), 24464. 
*Escalibor (II, c). 

Escandis, 30520. 
'Escange, 29201. 
*Escarcelle, 27174. 

Escargne, 27174,28368. 
'Escarnir, 5609,22841. 
♦Escars, 295, 19651, 19840, 27174. 
♦Escaucire, 26918. 
♦Escefler, escleffer, 1247. [Esclafler]. 

Rabelais $e sert du yttbe esclaffler, s'ssclojfer de 
rire, cre^er de rire. 

'Eschanlele (II, xi). [Eschantelet]. 

Escieles, 26572. 

Escies, tehees , 2844. 

Le roi des jeux, le jeu des grands et des paladins, 
an moyen age j l'ignorer e"tait presque one preuve de 
rotare. Pierre Alphonse met ce jeu au nombre des 
sept yertus cheyaleresques : u Probitates Tero bse 
sunt :Equitare, natare, sagittare, cestihus ceriare, 
aucupare, sgagis ludkrk, versificari. » Gette derniere 
quality est aussitres-remarquable. 

A l'hotel de Cluny , ou H. Bu Sommerard a con- 
tinue* la pensee d'Alexandre Le Hoir et lemustfe des 
Petits - Augustins , on Toit le jeu d'eehecs enyoye" 
du fond de PArabie a St-Louis, par le prince des 
Assassins ; on le Toit tel que Joinville Pa de*crit. 
A la restauration , la ville d'Aix-la-Chapelle quipos- 
se*dait ce jeu , Poffrit en hommage a Louis XV II I , 
et le roi en fit present a un de ses gentilsbommes 
qui , en s'exilant en 1830 , a laisse* en France une 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



839 



curioaite' dont ce payt temble en effei devoir retter 
dtfpotitaire. Hadame De Saint-Surin , VHdtel de 
Cluny, Paris, 1885, in-12, pp. 27—28. 

Rout avont parle" det <cbect d'ivoire et d'or que 
Gauvain trouva dans le palait du roi prehear et dont 
let derniert «e mouvaient d'eux-memet. (Roman dn 
St-Greal , e*d. de Paris, 1623, fol. cxlv.) 

La oomtette du Perche , Mahaut de Bloit , ayant 
demande* a Adam, abbe* dePeraeigne qui vivait encore 
en 1204, un reglement de vie pour te conduire chr<- 
tiennement dans le monde, parmi let avi» qu'il lui 
donne , il lui recommande de t'abttenir de perdre 
son tempt an jeu det Ichect ou aux farcet det hit- 
triont. Epist. HI, apudMartene, The$. anecd. /, 
Hist, lift, de la France , XVI, 441. 

Au contraire le reglement que fit Char! et-le Time*- 
-raire , due de Bourgogne , pour I'univertite' de Lou- 
vain, reglement qui ne fut point mit en vigueur, 
malgre* la tagette de plutieurt de tet ditpotitiont , 
permettait aux e*coliert le jeu det tfchect : Permit- 
Undo tamen diebus et horis opportuuis ludos virtue*)* 
in domo vel locis privatis et non publicis et cum 
scolaribus vel honestis pereonis , sicut ad scacos , ad 
pilam aut consimiles, absque tamen excessito I a bore 
aut immoderata frequentia. Notre e*dit. de l'Hitt. det 
duet de Bourgogne, par JL Be Barante , VIII, 332. 

On a dit que le comte de Flandre Feirand avait 
eoncu de la jalousie coatreta femme, paree qu'elle 
jouait mieux que lui aux e*checs. M. Lebon trouve 
ce tentiment pu6ril et il Tett en effet , mait il n'en 
ett peut-etre que plut nature! au commun det 
hommet. 

Sur Jacquet de Cettolet et Jean de Vignay , Pun 
autenr et 1'autre traducteur d'un Traits' des tehees 
moralise' , voir le curienx article de H. Leber , Bul- 
letin du bill, de Techener (1837), no 17, pp. 527-534. 
Le judieieuxbibliograpbe relAve let erreurt dont cet 
deux ecrivaint ont tfte* l'objet et conelut que le vrai 
nom du premier ett Jacques de Cessoles , originaire 
de la Thierache. 

Let Milanges tire's d*une grande bibl. IV, 101 , 
traitent det livret compotet tur let e*chect. Sur ce 
jeu , voir Patquier , Recherche a de la France, Parit , 
1006, in-fol.; pp. 378-70. — La France litt. y publico 
par 1. Cb. lalo, nov. 1835, p. 132. — Poeme tur le 
jeu det e*cbect en vert allemandt. Schachxabel , Bibl. 
Uffenbach., IS, II, 240—253. — SchachEabelbuch des 
Konrat von Ammenhausen dant Mone , Quellen und 
Ferschungen, etc., p. 178. — Th. Hyde , Bfandragorias 
sen historia Skahiludii, Oxonii, 1004. — (Hultman, 



ancien gouv. du Brab. teptentr.), Bibliogr, Zeld- 
Maamheden y S'Hertoghenb. H. Palier en toon, 1818, 
in-8<> d e 43 pages, 34—43. — Freret , Mdm. tur i'ori- 
gine det tehees, Acad, des Inscript. V, 250—250. 
— Hullroann , St&dtewesen des Mittelalters , IV, 
253—56. — Hoffmann von Fallersleben tur Floris 
ende Blancefioer , pp. 120—21. — Palamedeou Jour- 
nal des joueurs d'ichecs, etc. 

•Eaclairier, 26810. 

Eacoherie, 162155. 
'Eacohier, 16248. 

Escoiter, 15105. 
♦Eacondir, 4129, 17518, 17558. 

Eaconcendre (II, xu). 
•Escorce, 17089, 25802. [Eacorche]. 

Eacoa, 51286. 
'Eacouflea, 8278, 17181. [Eacouble]. 
*Eacourcie, 25282. [Escourchiej. 
*Eacoure, 2424. 
*Eacou8e barbe. 5467 ; du verbe escousser. 

Eacriut, 10472, 26959. 

Escrutea, 10188. 
*Eacrier(a), 15210. 
'Eacrignet, 14376. 

Eacris, 1549, 13779. 

Escroiele, 11384. 
♦Eacu, 26377. 

*Escus (II, xxii, xxix ), 4236, 6949, 12438. 
'Eagarder, 6111, 19867. 
•Eagart, 19696. 

Esiller, eaillier (I, clxvii), 19437. [Eaailler]. 

Eajunez (II, xxxi). 

Eakacier, 4021, 16706. 

Eakamiel, 24451. 
•Eakeu, 29259. [Eakieu]. 

Eakiermir, 4480. 

Eakiet (I, ccliii). 
♦Eskiua, 10781,28636. 
*Eslaiecer(a t ), 10678. [Eslaiaer]. 
*Eslaiser (a*) (II, ccxix). 
'Ealaiaaerfa'), 21784. 
*Ealan, 15128, 18157. [Eslai]. 
*Ealece (II, xu). 
♦ Ealevee (II, 700). 

EtlicoD, 3573, 14646, 17179, 25616. 



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840 



GLOSSAIRE ROMAN. 



* Ealiger, 85583. [Ealigier]. 
*Ealire, 50855. 
•Ealia,1475. 

Eslitea , 10349. 

Eeliua, 423, 20998, 22873, 29847, 30497. 

Ealogne, 21638. 
"Ealonge ($'), 21732. [Ealonger]. 

Ea-lor (II, x). 
'Esmaier, 4118. 

Gl. Marot , XIX Spitre : 

Et de cela plus ne nous esmayons. 

* Eamaia, 5475. [E#may]. 
"Esmankies, 11380. [Eamanchie]. 
'Esraaria, 13537,17221. 
*Esme, 24535. 

'Esmerent, 29655. 
'Eamioldres, 15323. [Esmeudre]. 

* Esmouyoir, 25550. 

* Esneques, 20946, 20995. [Eaneaque]. 
Eaonne, 29657. [Esaogne]. 
Espaciun (II, xix). 

*Ed P aneir,4245,4792,7569,19141.[E$pandir]. 
'Esparde, 20576. 

Espargnie, 28301. 
'Eapara, 20872, 25176. 
*Espautree (II, app. 700). [Espautier]. 
'Eap<fe, 21185. 
♦Eaperdua, 24619. 
'Eapcre, 12878. 
'Eaperirfa'), 11758, 12575. 
*Eaperite, 26354. [Eaperia]. 
*Espes (II, xxxi i). 
'Espeua, 5725, 25597. 
*Eapi, 25074. [Espic]. 

Espiautre, 31012. 

* Eapie , 14211 , 21283 , 22250. Epee , epieu , 
espion : 

Berte aus grans piis, p. 6. 

Un espie i trouva , fiereroent le paumie. 

H. P. Paris , sur ce passage , dit qu'espie est aoe 
sorte de hallebarde. 

* Espie (II, xxiii, gcxxtx). 

* Espielir, 4001. 



Espinea, 11256. 

Espioua, 7413. 
*Eapir(S 1 -), 5340. 
*Eapirer, 5048,3797. 
♦Esploitier, 8574, 21238. 
*Espoentes (I, cicii). 

Espoint, 15505. 

Eaporler (a'), 23858. 

Espouses, 29482. 

Eapri (a'en), 18750. 

Espriae, 5575. 
'Espriat, 18807; da verbe esprendre. 

Esprivier, 29000. 

Esprohons, 7925, 14214. 
*Esquielea,5622. 
*Eaquierea,4480. 
*Eaquiera, 6189(1, xctii). 
'Earager, 18645, 27258. [Esracer]. 
'Earagies, 16200. 
*Earamment, 945, 1290. 

Esranment, 19865, 27259. 
*Earant, 245. [Earent]. 
'Earer, 10315, 26217. 

Earera, 28754. 
'Eaaara, 16575. 
*Eaaaacer (I, clxyi). 

Eaaez(II, xxxi). 
*Easogne, 16051. 
'Essonne, 17612, 17854. 
*Eaaoune, 16562. 
* Eatable, 7105. 
♦Eataciea, 9955. [Eatachier]. 

Eatampeiz (en) (II, xm). 
*Eatancer, 15646. [Eatanchier]. 
*Eatancier, 21656. 

*Eatandart, 6866, le caroccio ou Faknenwagen 
(II, clxit), 29560. 

Sur ces especes d'enseignes trainees dans des 
chart , Toir inddpendamment des autorite's deja al- 
Hgnles : 

De carrociie es jure militari medii avi dieputa- 
bunt Euchar. Gottlieb Rink et Franc. Von Sum. 
Aldorfii , 1700, in-4°. 

Antiquitotes Italia medii avi, auct. Lad. Ant., 
laratorio , Med., 1730, in-fol., II, 489—493. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



841 



Becherches sur l'origine det ordres de chevalerie 
da royaume de Danemarck, par Fridiric MunUr. 
Copenh. 1822, in-8°, arec troit planches, dont deux 
reprlsentent let Carroeci de Padoue et de Crlmone 
d'apres Huratori et GrsBvius, pp. 07 — 104. 

J. Ferrario, Storia ed analiri degli anticki romanzi 
di cavalleria e dei poemi romanseschi <T Italia , etc. 
lilano, 1828, II, 61-72. 

Le Carroccio de Padoue est repre* sente* dans Mura- 
iori. Script, rerum Italicar. Mediol., in-fol., t. XX 
(1781), col. 667. 

II est encore figure* dans Hietoria di Padova di 
Serfrio Oreato, in Padova, 1678, in-fol. I, p. 254. 

Le Carroccio de Crhnone est repre'sente' dans 
J. &. Gr»Tii The s. antiquitatum et hit tor. Italia, 
Logd. Bat., 1704, in-fol., 111,2, 1288, et dans£t«*. 
Cavitellii anna I. Cremonense*. 

Le Carroccio de Cr intone et celui de Partite sont 
dtfcrits dans Mnratori, Script, rer. Ital., Mediol , in-f. 
I, ix (1726), col. 760, 705. Consulter egalement : 
Cremona fedelistima citta et nobilissima coloniado* 
Romani, Cremona, 1585 , in-fol. 

Sur le Carroccio de Bologne , Huratori, Script, rer. 
Ital., t. XVIH (1731), col. 106. 

Sur celui de Strasbourg, Anhange su Jac. F. Koe- 
nigehoven Eleass und Strussb. chronik, herausgeg., 
von Jo. Sch ilter, Strasb., 1608, in-4°, p. 1103. 

Cf. Chr . Th . Bernd, A llgemeine Schriftenkunde dor 
gesammten Wapptnwieeeneckaft. Bonn , 1830, in-8°, 
I, 74—75, etc. 

Eetaruyx, mot oorrompu (I, xcvi). 
•Eataye, 23512. 
•Estavoir, 13477, 19517. 

Eate (a 1'), 15815. 
•Eater, 62, 2208,2221, 10972, 14105, 14179, 
24039, 27615. 

Eetfuat, 27458. 

Eatevoit, 17751. 
•Eatewia, ee-lea-voue, 8203, 10201. [Eetee- 
tous]. 
'Eetevra, Eateura, 26451. 
•Eatiere, 12222. 
*Eatina, 30686. 
•Eatole, 17519. 

Eatonne (II, cxt). 
•Eatordre, 14291. 
•Eator , 11210, 12178, 12877, 14732, 22318. 

Tom. II. 



'Eatore, eatoire, armee navale. 
Du Cange sur Villehardonin, p. 361. 

*Eatorer, 2636. 

Eatorie, 5, 13,43, 5596, 3690, 18360, 21003, 
30137. 
•Eatormia, 7345. 
'Eatora, 4134, 19091,30994. 
•Estouper, 6113. 

•Eetour, 4486, 4654, 17116, 22465. 
•Eatourmir, 27890. [Eatormir]. 
•Eatourmia, 26418. 
•Eetoua, eatont, 4370, 7918, 24795. 
•Eatraer (II, xx). [Estraier]. 
•Eatragne, 7099, 13502, 15248. [Eatraigne]. 
•Eatrange, 2931. 
'Eatranler, 746, 29656. 
♦Eatre, 10681. 

•Eatr&a, 7388, 21164(11, xxn). 
'Eatrelina, 20061, 21101, 27005. [Eatellina]. 
•Eatreper, 22582. 

•Eatrief, 9324, 9402, 17426. [Eatrif]. 
•Eatrier, verbe , 2057. 
•Eatrif, eatria, 1822. 
•Eatrioe,9905. 

Eatrivance, 27891. 

Estrive, 17415. 
•Eetruer(II, xxix). [Eatroerj. 
• Eatuer, eatut(a'), 8700, 10845, 21515, v. Ester. 

Eaviertue , 8805. 
*Eavoua, ea-voua, evous, 452, 3944 , 22279 
(I, cclit, II, 697).[Eavoa]. 
•Eawart, 16625. 

Euc,5595. 

Euc-jou, 17079. 
•Eure, 20868. 
•Eut, 26972, 27279, 27599. 

£?eaquea , 24885. 

Ewangeliate, 18704. 
•Exaucier, 5483. [Exaulchier]. 

Exemplere (I, clxxt). [Exemploire]. 
•Exil, 4891, 11857. 

Exillie, 103. 

Exillier, 6228. 
•Exploiter, 17455. [Exploicter]. 

106 



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842 



GL0SSA1RE ROMAN. 



Facheor (II, en). 
•Fade, 11263. 
•Fa&j, 25105,28715. 

Fagnoit, 7751. 
•Faide, 5141, 14099, 16252, 25178. 
*Faider, 20740. 
*Faillance, 711. [Failhance]. 
'Faillir (II, xxyiii). 
'Faim, 25181. 

* Faim , foin. 

Enprcs est rue de l'ecole, 
La demeure dame Nicole ; 
En cele rue, ce me samble , 
Vent-on el fain et fuerre ensamble. 
Le dit des rues de Paris, Barbasan et Meon, II, 247. 

*Faire (dans le sens de dire), 24057, 24647. 
"Faire laid, 20778. 
*Fais, fes, 4756. [Fes]. 

Faissier (II, xxix). ' 

Fait (a), 21895. 

Fait (si), 19047. 

Fait, faite, 6966. 
"Fakement, 26524. 

Fal , v. 2560, 14285 j du verbe falir. 

Falie (II, 699). 
*Falis, 11952. 
*Fallis,failli, 512,2415. 

CI. Marot , dpistre II : 

F oihle ,/ailli t foule, faecal, forclus. 

Falke(II, cxt). 

* Fame, 2492. 

*Famillous, 11695. [Fameilleus]. 
*Fas, v. 8115, 18527. 

Fasoit,app. (11,696). 

Fasselon , 14520. 
'Faude, 15652. 

Fauke, 22665. 

Faura,8876. 

Fauroit, 15976. 
•Faus, 17181, 18169, 21749, 21889, 27552. 



•Fauser, 9947. [Faucer]. 
Fausete\ 5055. 

•Fausisent, 8141. 
Fausoient , 25745. 

*Faut,v. 26780. 

♦Fautre (Lance-sur-),4659, 7225, 8858, 9525, 
12065 , 14650 , 17457 , 50064 , vraie significa- 
tion, 14650. 

*fcauviel, 7086. [Fauvel]. 

*Favre , voy, Fevre. [Fenre]. 

On aTait le verbe favarker, travailler, que ne 
donne pat Roquefort et qu'on lit dans une ordon- 
nance dei dchevins de Tournay , du XHIe siecle, 
c'est-&-dire de la ▼ille et du temps de Phi- 
lippe Houskes. « Et que nus ferres ne orfevres ne 
favarke dou darrain wigneron (son de la cloche) 
de le viespr^e , jusques au wigneron de le matinee 
sous x lb.» MS de la bibl. de Tournay dont nous pre- 
senterons un extrait dans le Corpus monumentorum 
ad HannonicB et Namurci historian spectantium, que 
nous prlparons en ce moment. 

♦Feel, 26902, 28698. 
*Fel, 1858, 12526. 
*Felenesse, 19159. 

Feleneskes, 20997. 
* Feme, 12544, 12751. 

Fenestracion (II,xlti). 

Fenestras, 12477. 

Feng, v. 25898. 
'Fenir, 461. 

Feonciaus, 6995. 

Feons,6991. [Faon]. 
•Fe>ains, 17725. 
*Fe>ir, 14191. 
*Fermaus, 11085. [Fermal]. 
•Fermer, 1056, 2584, 20861, 26517. 
•FermeUb, 795, 2565, 21514. 

Fernal , 2952. 

Feroit, 17764,21964. 
♦Ferrant, 7082, 9201, 21755. 
•Fers , 1787, 5692, 5759, 6579. 
•Fes, 28558. 



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GLOSSAJRE ROMAN. 



843 



Fesauntex (I, ict). 
•Feue (II, cclxxiu). 
•Fevre,9288. [Fenre]. 

Fevrier, 16046. 

• Fiances, 839. 
•Fiancher, 19980. 

Fianchier, 22321. [Fiancher]. 
•Ficer, 7546. [Ficher]. 

Ficiet, 13309. 
•Fie, 5013, 7713. 
•Fiers, 6936, 19392. 

Fieres, 21870. 
•Fierge, 19603, 23618. 

Fienr, 7074. 
•FieYonr, 3843, 24826. 

Fi&, 199, 16963. 

Fieste, 18930. 

Fieu(I, cLxi).[Fie]. 

Fie>er, 20570. 
•Fil, 12675, 17840. 
* Fillai te, 17933, 23273. [Fillette]. 
•Fillastre,6643. 
•Fin , fins, 373, 2786, 28943. 

Fineguerre (II, ci). 
•Finement, 3981. 
♦Finer, 1451. 
•Fis,666, 5166, 26475. 

* Fit (fisus), 26930. 

•Fit, fi (de), 772(1, clxyi). 
•Fius, 17543, 17636, 17830, 18652, 18840, 
19152,19325,20791. 

Fius (bois), 30268. 
•Flaiel, 26118. [Flael]. 
•Flair, 11228. 
•Flati, 27048. [Flatir]. 
•Flecieres, 24601. [Flechieres]. 

Floberge (II, ci). 
•Flor,8780. 
•Florence (II, ci). 

•Flori, floris, 1006 (1, cliviij II, cxti). Bar be 
florie, barbe blanche. 
•Flues (a), 18963. [Flue]. 
•Fluns, 10927, 22879. [Fluin]. 

Foi , 21705. 



Foi (nus), 50536. 
•Foies, 15945, 26292. 
•Foille, 19075. 
•Foilli(II, xxxn). 
•Foil, 2695, 13515, 19767. 
•Folage, 20609, 25565. 
•Folic, 23120 (I, xcti). [Follie]. 

Folles, 10355. [Foille]. 
•Follies, 5099. Foilliea, 4925. 

Folour, 2679. 
•Fonde, 6425, 6808, 9717, 26309. 
•Fonde, 26125. 
•Fondet, 24419. 

Fondi, 22167. 
•Fondre, 21195. 

Fondres, 7205. 
•Fontenielle, 18730, 24643. [Font]. 
•Forfaire, 13507. 
•Forfet, 1629. 
♦Forjurer, 14106. 
•Forment, 262. 
•Fors, 9808, 12326, 22899, 25195. 

Forsenement , 10646. 
•Forsisent, 5556. 

Fort-kacies, 5512. 

Forteraice, 18028. 
•Fortune, 26255. 

Fos, 5254, 5296, 24592, 24927. 

Fourconter, 14761, 29301. 

Fourer (II, liii), Fourer la main, gagner a 
prix d'argent, expression remarquable. [Four- 
rer]. 
•Fourfet, 17004. [Forfaire, four fait]. 
•Fourjugier, 5559. [Forjugier]. 

Fourkes , 50244. 
•Fourlougne , 18199. [Fourlongner]. 
•Fourme, 11019. 
•Fourmener, 537. 

Fourniga(U, li). 
• Fournikassion , 6758. [Fornication] * 

Four-Ostagier, 4649, 
*Foursene\ 6829. 
'Frains, 21781 (II,ccix). 
•Fraint, 7459. 



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844 



GLOSSAIRE ROMAN. 



•Frail, 25754, 25733. [Fret]. 
•France, 110,6534. 
•Francis, 190. [Fransis]. 
♦Frans,5031. 

Frap (I, xctu). 
*Freint, v. (II, xi). [Freindre]. 
Freise (II, ci). 
Fremer, 15345. [Fermer]. 
•Freour, 10085. [Freor]. 
Friege, 25878, 27046. 

Est-ce quelquefois le mime tens que dans ces 
Ten : 

II n'ea osast lochier por /rise 
Qu'4 Homme avoil tel jtutise 
Que lions n'osoit autre touchier , 
Ains l'estavoit as pars jugier. 
H . A. Keller , Li romans des sept sages, p. 85. 

Prise semble signifier crainte, defrire , trembler, 
frlniir , fri(ge)re. 
*Froiier, 29716. [Froier]. 
'Frois, 9161,19417. 

Fruem, 15027. 
*Fu, feu, 2441, 19852,13699. 
•Fuer, 799, 21197, 23050, 26457. 
*Fuere, employe pour fourreau (II, en). [Fuer]. 



♦Fuerre, 29294. 
*Fuez (I, xcti). [Fuee]. 
Fuians, 29108. 
*Fuie,v. 21661. 
*Fuies, 7932. 
Fuioit, fuioite, 954 , 961 , 1608 , 7111 , 
29540. 

Fuir, 20222. 
•Fuison, 10942. 
♦Fuiason, 22582, 25324. 

Fume (I, xcti )• 
•Fua, 6956,26490. 
Fuse (fut-ce), 29265. 
Fuson (I, xcti). 
•Fust, 9771, 11202, 11272, 17109, 29515. 
Fust (cheval de) ( II, cxih). 
L'auteur du Renard flamand (e"d. Willems , p. SIS), 
en parle ainsi ; 

Het is geli/c Helenus hout , 
Daer wilen die coninc Crompaert 
A/had gemaect dat HOUTEN PAERT , 
Om lie/ten des Maradiga* 
Dochier , die scone was , etc. 

Ce rappel an roman de Cleomades ne s'arrete pat 
Ik et Ta beaueoup plus loin. Voy. Biartadigas. 



6. 



*Gaaiog (I, ccliii). [Gaain]. 
*Gab, voy. gas. 

Let gabs det douxe pairt de Charlemagne tont un 
Ipisode fort gai et tout francais du roman du Voyage 
a Constantinople et d Jerusalem. La tituation ou le 
pr&omptueux Olivier te trouve ett tres-plaiaante 
et mlritait d'etre traite*e par La Fontaine plutot que 
par La Cbaussle. La Monnoye connaittait cet episode 
et en parle d'apres le Galien-le-Restaure* ou il a e"te* 
reproduit. Ghdnier en a fait le joli conte des Miracles, 

Menagiana, Parit, 1716, 1, 110— 115, — OEuvres 
deM. J. De Chtnier, III, 239—286, IV, 160. — Hist. 
litt.de la France, XVIII, 710—13. 

♦Gaber, 10549,20408. 

♦Gabois, 13434. 

* Gages, 15409, 50589. 



•Gagnart, 4503, 13896, 17212. [Gaignart]. 
•Gagnon, 9303. 
Gaians, geants(II, cxxi). 

C'ett une tradition du payt qu'il y avait autrefois 
des ge*an§ aux environs du Mexique. Lionnel Waffer , 
dans son voyage , en 1667, p. 367, rapporte avoir tu, 
sous le gouvernement du due d'Albuquerque , des 
ossemens et des dents d'une prodigieuse grandeur 
qui appartenaient peut-etre a quelque mastodonte. 
Les plus habiles du pays qui les examinerent dirent 
que par les proportions, la tete devait avoir une 
aune de large ; et le due, sur leur ide*e , fit faire 
deux portraits de cette enorme tete , dont il envoya 
un au roi d'Espagne . 

Gailart (II, xxix). 
♦Gaires, 27540. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



845 



"Gaiter, 19501,25986. 

Gaitiet, 10364,95189. 

Gali, v. 19808. 

'Galie, 7259, 17593, 26025, 28990. 

Gallars,2871. 
•Galoa, 17021. 

'Gantea, 5996, 6940 (II, 698). 
'Garandeaiat, 22756. [Garandtr]. 
*Garandie, 5955. 
'Garant (a), 7588. [Garand]. 
•Garbe, 10105. 
*Garder, 20767 (II, ran). 
* Gardere , 29966. [Gardeor]. 

Garge, 29675. 
•Garir, 1828, 14152, 14515, 16521, 22528, 
28110,29581,50142. 
*GariaoD,871. 
•Gariaaon, 27775,29472. 
'Garizon, 15549. 
'Garnimena, 20812. 
•Garnir, 19697. 

Garniasi&,8249. 
* Gars (II, mi). 
•Gart, 17721. 

•Gas, 18410, 19497 (I, cliith ). 
'Gascon (II, ixix). [Gaacara]. 
•Gaater, 14512. 
'Gaatiel,5789. 
•Gaudine, 1987, 17727. 
•Gaudir, 50010. 

Gauhiere , 2089. 
•GauDe (II, 697). 
<Gaua, gain, 7819, 21280. 

Gauane, 50872. 
•Gaute, 15115. 

Gayir, 5541 , liaez garir (I, 618). 
•Ge, 26475. 

Gedefer (II, cxti). 
♦Gehir, 252, 498, 10161. Voy. jekir all. ges- 
tekcn. 

Gelesnez (I, xcti). 
'Celine, 19578. 

•Gem me, 1821, 11455, 28550. [Geme]. 
'Genglois, 18899. [Genglerie]. 



•Gengleours, 14088. 
•Genillona, 11770. [Genoillon]. 
*Genme, 18797. [Gemme]. 
*Gens (II, xrm , ccxxxix), 29420. 
•Genteliae, 9057. [Gentileaae]. 
'Gentiua, 16447. [Gentieu]. 
'Geair, giair, jesir, 1979. 

Geaquea (II, xi). 
*Geate (II, xth, cclvii). 
*G^u,v.2192. 

Geule, 25568. 

*GeuDera, 11675. [Geuneir]. 
*Geus, 11125. 
•Ghille, 25069. 
•Chillier, 17627. [Ghileur]. 
•Gibiea, 22214. 

Gieraia, 14508, 25096. 
•Giere, 8107, c'eat-a-dire G'iere. 
•Giere, 15155. 

Giermainne, 20568. 
•Giernona, 19161. [Grenon]. 

Gierpie, 12271,17152. 

Gierpir, 4612. [Guerpir]. 
•Gierre, 18281, 19445. 
•Gieate, 5650 (11, 700 ). [Geate]. 

Giet, yerbe,9260. 
•Gieter, 10581, 19587, 21198, 21254. [GeterJ. 
•Gille, 1075, 2625, 12666, 12850, 24555, 
28888. Voy. Guile. 
•Gillier, 5115. [Gileor, guillon]. 
♦Girfaua, 17180. [Gerfault]. 

Giroit, t. 16266. 
•Giaarme, 7571, 15086. 

On tfcrivait Igalement visarme t juisarme ou gui- 
sarme. De Martonne, Paris* la Duchesse, p. 146. 
♦Giu, 14704. 
•Giu(a), 18295,18411. 
•Giu parti, 21022. 

Giut (a'a), 16552. 
•Glatir,7378. 
•Glavie, 5486. [Glare]. 

Gleste (II, ci). 

•Glise, 920, 11688. [Gleae]. 
•Glorie, 20919. 



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846 



GLOSSAIRE ROMAN. 



*Glose,v. 27319. 
•Glouton, 7507. [Glouz]. 
♦Glui, 30248. [Glu]. 
*Gois,3429. 
*Goit, 12136. 

Gone, 24406. 
'Gonnelle (Grise), 14815. 

Gorge, 13283. 
•Goulouser , goulouzer, 6329, 9126, 18767, 
24639, 27730. 

'Gounes , 3494, 24988. [Gone]. 
*Goupis , goupil, 2926. 

Goupius, 7351, 13436. 
*Gourdines, 11596. 
♦Goy, 14421. 
*Graal (II, lxi). 

Gracie, 4813, 25614, 31060. 

Grae, 24638. 

Graet,9665. 
*Grailles, 2204. [Graile]. 
'Graindres, 20188, 30162. [Graigneur]. 

Grains, 786, 22114. 

Gramanh (II, ci). 

Gramier (I, clxix). 

Gramimund ( II, cxti). ' 

* Grams (I, cilviii). 
*Grandece, 9832. [Grande tee]. 
•Grant (II, xivn), 14432. 

* Grant pieca, 50142. Grand* piece o. 
Graouilly ( II, cxlviii). 

*Graviele, 20754. [Gravage]. 

Gravier, erreur, 4554, 7703, eorrigee9987 
(1,620). 
'Grates, 9561. 
♦Grenons, 5475, 25121. 
♦Gres, 10217. 

Grevainne, 8211. 

Grevemenee, 21215. 

* Greyer, greyer, 750, 10599, 16273. 
Greyle (I, xc?i). 

*Griement, 24986. 
♦Gries, 17411. [Grie]. 



♦Griet, v. 17670. [Grie]. 
'Grifagne , 4767. [Grifaigne]. 
•Grignour, 1270, 2369. [Graigneur]. 
w *Gringolette (II, cxti). 
♦Gris, 24198. 

Grivet (II, cxti). 
*Grivez (I, xct). 

*Grogne (ne qui), 15133. [Grocer]. 
♦Gros, 18694, 1900G. 
'Gruiers, 27332. 

Gu , 27720. 
'Guarisson , 21446, 22259, 26081. [Garison]. 
*Guarnison, 21150. 

Guarra, v. (II, xtii). 

Guarrantisun (II, xix). 
*Guaste\ 15583. [Gast<*]. 
♦Gueuche, 51057. 
'Guenchir (II, clxxix). [Guencher]. 
*Guerioit, 50516; du verbe guerier. 

Guerir (I, clxtii). 
•Guerre, 15798. 
*Guerredon (II, xtiu). 
* Guerredonner, 3570. 
♦Guerroia, 19043. 
'Guiars, 29497. [Guicour]. 

Guiaus, mal traduit par Chefs, 9045, corrige 
11095 (1, 622), 20814. 
*Guie,v. 30101. 
•Gutea, 24108. 
♦Guieur, 30084. [Guiere]. 
•Guile, voy. Gille et Ghille. [Guille]. 

L© recueil de M. A. Jabinal intitule* : Jongleurs et 
trouveres , Paris , 1836, in-8°, contient, pp. 68—08, 
une piece intitule De dame Guile. 



En Artois, en Flandre, en France 
A dame Guile grant poissance , etc. 

•Guimples, 25676. 
•Guioient, 12947. 

Guise, 2918. 
•Guivre(II, xr). 

Gut, 9116, 20542. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



847 



Haerea , 84015. 
Haibiers, 1522. 
'Halne, 41. [Hai'ogne]. 

* Hait (a), 4713. 

CI. Marot, jipistre V; 

Si lung son rit, si l'aoltre est t son hmit. 

C'est-a-dire a son plaitir : do la souhait est I'an- 
cienTerbe haiter, faire plaisir. 

'Haities, 6045. 
*Hanaa,7941. [Hanap]. 
'Hanepier, 416. [Hanapier]. 
'Hanate (II, in). 

* Haor, 25469. [Haoirj. 
Haraz (I, xcyi). 

* Hardement , 9989. 
Hardia, 12410. 

* flarme, 15565. Voyez Arme. 

* Hamas , 6165. 
Harraa, v. (II, ccxui). 

•Hara,7272. 

' Haacie, 4305, 18173. [Haachie]. 

* Haater, 23675- 

* Hauberc ( II, xxiy, ctii). 
'Haubiera,3745, 18859. 
•Haacier, 17251. [Haucher]. 
♦Haua, 12477. 

Haus (de) , 2077, voy. Baa. 
Haute, 12544. 
'Hautece, 977. [Hautesce]. 
Hauteclaire , 7 198, 8576 ( II, ci ). 

* Hayot, 21050, 25250. [Havon]. 
Heent,7707. 

* Helme (II, xxit, xxxi). 
Henea, 5189. 
Heoneres (II, cclviiiJ. 

* Herberge (II, x?m). [Herberage]. 

Dans les Nibelnn$en , t. 682, on lit : 

Man suchte herberge , die besten , die man vant, 
Sif rides chnehten 

* Herbergerie , 9147. 
•Herde(I, xct). 



Hermioe, voy. ermine. 

Cf. : Explication du mot tfhermine en armoiries. 
Paris, in-4© (Biblioih. Thuana, 488, Bernd., Schriftk. 
den Wappenw., 880). 

Sur la cause de Introduction de rhermine dans 
les armoiries, J. D. Kohlers Munzbelust. y XX, 
880, etc. 

Hes, 19592. 

He ties (II, ccxli). 
•Het,9377. 

Heydroit (Hait-droit), (I, 600). 

Hidoua,8515. 

On a pa se convaincre que la langue en se per- 
fectionnant a returned oux terminaisdns pleines et 
sonores pour des terminaisons sourdes : hideux pour 
kidoux, empereur pour empereour, etc. 

* Hierbejer, hierbeger, hierbreger, 897, 2086, 
5164. [Herberger]. 
Hiermie, 10547. 
Hierst , 298. Voyez Ahierdre. 
Hirecies, 23894. 
*Hiade, 28257. [Hiapide]. 
•Hontage, 10034. 
*Horloge,2561. 

Gil les de Paris , dans son poeme de Carolinus , 
ddcrit Thorloge envoyde a Charlemagne par Haroun- 
Al-Raschid. Gette description est asses obscure. En 
voici la fin : 

Ad totidem sub momenlo cujuslibet horte 
Progrediens de materia fabricates eadem, 
Parua fenestrates claudendo eque stria rimas , 
Cuspide pulsabat reserabat el ostia miles. 

L'horloge de S^Lambert de Lirfge a 6t6 dlcrite 
par Georges Braunius. Elle est representee dans les 
ceuvres d'Angelus Rocca. Falconet , Dissertation sur 
Jacques de Dondie , Acad, des Inscr. XX, 450. 

On se souvient que dans les poeaies de Froissart 
(id. de M. Buchon, m-8<>, pp. 143—188) on trouve un 
poeme intitule* : Orloge amoureus ou la poe*sie tech- 
nique , s'il est permis de parler ainsi, a pen de chose 
a envier a Plcole de Delille. 

Houbet,7137. 
Houbieler, 7578. 
Hoome, 51047. 



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848 



GLOSSAIRE ROMAN. 



•Hourder, 25031,28757. 
•Houset,3458. 
'Huant,5955. 
*Hucier, 2115. [Hucer]. 

Huciet , 18595. 
'Hueses, 16962, 19224. [Houses]. 



Hoet, 29705. 
•Hui, 7112,21615. 
'Huiant, 15842. 
*Huie, v. 30150. 
•Huimais, 21625. 
*Hu8tin,2651. 



I. 



* Ice, 13857. 

*Icil(II, xxxu). 

Mcist, 25533. 

Merent, 19535. [lire]. 

♦lert (I, clxhi), 18646, 50784. 

Mes, 14566. 

♦Iestre, 3344, 17560, 24460, 28448. 

Me , 16544. 
*Iluec, 2223. [llec]. 
Modes, 13257. 
Mnfiers, 5714, 21988. [Infer]. 

Let fragment de la corretpondance de Rubent 
avec I'abbe* de Gembloux Cb. Reginald d'Ursellc , 
fragment a cote* detquelt on dltirerait Yoir le texte 
original puitqu'on temble fonde* a y reconnaitre 
plutieort anachronitmet de pente*et et de fait*, 
nout tignalent (p. 100) Dante comme ayant em- 
prunte* la conception fondamentale et plutieurt det 
ide*et accettoiret de ton poeme a la Tition da jeane 
Albe*ric , moine du Hont-Cattin. Hait ce qui fait le 
mtfrite d'Alighieri, c'ett moint la fiction qui tert 
de bate a ta menreilleute Ipople et qui appartenait 
a tout le monde , que le talent sublime d'exlcution 
qu'il y a developpe* , et ton incomparable puittance 
de creation dant let dltailt. Autant vaudrait dire que 
la Divine comidie ett une imitation de la Tition du 
chevalier irlandait Ton da 1, dont M. Octave Delepierre 



▼ient de traduire le texte latin, pour la tocie*te* det 
Bibliophiles de Mont, ouvrage curieux cependant, 
quoique dlnue* d'imagination et de po£tie. 

Irage, 25591. 
Mrascus, 22287. 
*Ire, 7953, 18129. 
Mrer, 24435, 27322. [Ireer]. 

Iretes , 844. 
•Irte, iriez, 14885, 24005, 24437 (I, cxlyiii). 
Mrour, 14547. 

Iscampon (II, xix). 

Mai, 12528, 13751,15698, 29066. [Issi]. 
Msir, 12254. [Issir]. 

Islet, 14328. 

Isliel, 14335. 
Msneax (II, ccxt). [Isnel], 
Msniaux, 5806. 
•Isniele, 7701, 24432. 
• Issir, 17455, 18780. 
♦lstera, v. 12542. [Istrai]. 
Mstroit, 10985. 

Mtant, 1870, 15295, 15548, 14311. 
•Itel, 11715. 
•Iviers, 27335, 50255. [Iveir]. 

Ivraice, 11674. 

Ivrecce, 7757. 



♦Ja, 24956. 
Jabois, 28264. 
Jacobin, 28819. 

* James, ja mes, 2692. [Jamais]. 
Jehir, 10161, voy. gehir. 

* Jenellons, 11166, voy, Genillons. [Jenoilhon]. 



•Jengler, 7520. 
•Jercast, 18927. 
Jergoe, 15050, 23432. 
•Joians, 5424,11079. 
*Joie, 28868. 
•Joies, 24767. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



849 



* Jotouse , 6pee, 12155. [Joyeute]. 
La faux Turpin, I, 493. 

•Joia, 50584. 

•Jolive, 12854. 

•Joncte, 7158. [Jonquier]. 

•Jor, 17555. 

•Jornel, 50526. [Journel]. 

•Jorner, 11745. 

•Joate, 17154. 

•Jostle (II, xtyh). [Jouatee]. 

•Joatea, (II, x). 

•Jou, 8642, 28176. 

•Jouate,976. 

• Jovene,plutot Jouene, 489, 1718, 2556, 2751, 
2871, 4681, 6650, 7007,9511, 11018, 12194, 
15891, 19579, 25174, 27547. 

Dodd4 tn»yit un viel ferranl. 
Et je «ui chi xuxtfouene enfant* 
H. A. Kelleb , Li remans des sept Sages, p. 97. 



* Joy ease (II, cm). 

* Jueus (II, xti). [Juia]. 
•Jugierea,8409. 

Juiaua, coy. Guiaua, 11078. 
♦Juiae, 15699. 

* Jule, 8296. 
Julie, 11902. 
Jumena, 21962. 

•Juner, 25509. [June]. 
•Jung, 12855, 25955. 
•Jur,y. 26655. 
»Jur<§, 25026. 

* Jua, 6494, 7794, 18411, 29710. 

* Jus (<£), 26625. 
Jii8ter(II, iit). 

•Justea, 5479. 

•Justicer, justicier, 10091, 26627. [Justiaer, 
justiaier]. 



K. 



•Race, 22176. [Kache]. 
•Racer, 24851,26827. [Racier]. 
•Raeate\4975. [Caeatf]. 
•Raiere,4715. 
•Raine, 27154. 
•Raillos, 17721. [Cailloa]. 
•Ralans,61. [Calans]. 
•Ralengoit, 20551. [Calanger]. 

Kallau,5896. 
•Rameul, 1244. [Camel]. 
•Rameua, 6510. 
•Rampion, 5355. [Champion]. 
•Ranboriere, 27101. [Chamarier]. 
•Ranciel, 6560. Kantiel , 7197. [Canchel, 
chancel]. 
•Ranel, 22881. [Canel]. 
•Range, 28455. [Change, cange]. 
Ranivet , 20197. 

•Ranonnea, 1100, 17505. [Ranoiane]. 
•Rape, 2197. [Cape]. 
Rapemonde , 27086. 
•Rapiteles, 25481. [Capitele]. 

Tom. II. 



•Raraitea, 1157, 21528.[Carrette]. 

Rarbonniera, 1828. 

Raretil, 8968. 

Raretiu8,8942. 

Rariere , 19725. 

Rarin,6765. 

Rarougne, 29560. 
•Rara, 1157, 17158,17159. 
•Ras, 25912. [Caa]. 
•Raatiel, 2255. [Caateaa]. 
•Raatier, 10050. [Caatoier]. 
•Rat, 28215. 
•Ratel, 26656. [Catel]. 

Ratier, 28250. 
•Rauage, kavage, 9870. [Cavage]. 

Rauroia, 1155. 

Ra?ie, 26528. 

Kaweron (II, xix). 
• Rewis , 11582 j du verbe Mr. 
•Remugne, 25155. [Quemun]. 

Renon , 25840. 
•Rerra, 14565, 20901. 



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850 



GLOSSAIRE ROMAN. 



♦Kerroit, 28910, 29875. 
*Kesne, 3445. [Quesne], 
'Keudre, 2851. [Queudre]. 
♦Reus, 6305, 6964, 9964, 15540, 24202. 
[Queux]. 

*Keusi,8192. [Coisir]. 
*Ki, 24214, 26822. 
Ki que. 1710. 



Kief, 29232. 

'Kienaille, 10285. [Chienoaille]. 
*Kierue, 17047. 

Kioutes, 21331. 

Eius,25142. 

Koges, 20947. 

Koyes, 20947. 



L. 



*La(II, xix), . 
•Lacie, 29215. 

* Lagan, 7081, 17875, 24843, 
Lagne , 13668, 24424. 
Laiaiee, 3849. 
Laidement, 27618. 

♦Laidir, 17319. 

Laiditesme, 17351. 
*Laidures,7584. 
4 Lain, 16139. 

Lainsiel, 12651. 
¥ Laira,8952. 
*Lairis,7854. 
Lais, 2461. 

A cet endroit on a explique* le ters : 
Asses i etkambres ot lais 
par : II y eut assez de chambres et mSme de grandes. 

Mais lais veut plutot dire ici liens cpfttendues 
{lata), comme dans cc Yers cit£, II, en : 
Lai ou l'ocist Maucoa de Yalfondee. 

(I. 616 )- 
*Lais, dans differentes signif., soit adj. soit 
subst., 528, 934, 26108, 30766. 
Laisor, 24668. 
Laisour, 23212. 
*Laist,y. 20323. 

•Lait,adj. et verbe, 6039, 11785, 12092, 
20190, 20778, 25928, 50768. 
*Laitres, 1967, 26160. [Leittres]. 
'Lance, 14650, 17457. 

* Lance sor fautre, 4659, 4875. (I, 620), 
50064, voy. Fautre. 

Lande (II, xu). 



Landegrave , 20557. 
*Lange,4685. 

*Langoustes , 12558. [Langoste]. 
•Laniers, 7217, 25987. 
*Lanniers, 17229. 
'Laoustes. 12558. [Langoste]. 
'Largaice, 10851. [Largesce]. 
*Larnesse, 15709. 
*Larriz (II, xxxii). 
*Las, lasse , malheureux-se , 6807, 21299. 

u lasse , dit-elle , dame Pernette , je suis dif- 
famee.... » B. Des Perriers , Contes et nouvelles ,1, 
204. Ital. Ohi me lasso/ He'las ! n'est qu'une syncope 
de cette expression. 

Lascie, 5881. 

Lasqes, 10817. 

Lasque, 6146, 6575. 
♦Lasser, 25780, 50074. 
*Laste, 20186. 
•Latiniers (11,696). 
* Latins, 529. 

Latre, 12287. 
'Leceours, 22455. [Licheor]. 
'Leceur, 5851. 

Lecier, 55. 

Voy. Nouveau recueil de fabl. et contes par leop , 
1,301-306. 

La devise aus lecheors. 

Dans un vocabulaire de Jean de Gar lande, auteur 
du XI e siecle , Tocabulaire dont H. H. Gdraud a 
donne* nne Edition a la suite de la Taille de Paris 
en 1202, p. 611, on lit : In hoc loco agit actor de 
instrumentis lkcatorum. Leoator se tradnit tout natu- 
rellement par Uchtor. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



851 



H. Gtfrand ne semble pa* avoir connu l'extrait tire* 
par M. Mone du diet, de Jean de Garlande, An seiner, 
18*6, 496—496. M. Mone s'est seryi d'un MS. de 
Cambrai , n«* 867. Cet extra it appartient a an oovrage 
compleHement distinct de celui qu'a imprime* 
M. Glraud , quoiqu'il porte aussi le titre de Diction- 
narius. 
•Leciere, 25115. 
•Lee(II, xxyii). 
•Legaa, legat, 22935, 50453. [Legault]. 

Ugerie , 4977. 
•Legiera, 715, 4473, 9905, 17164, 17165. 

Lendemain (a), 9079. 
♦Lendi, 12719, 12722. [Lendit]. 

Lerea, 6799, 8126, 12287. 
* Lea , lea, 19234, 21760, 28516. 

Leae (I, xcyi). 
•Lea-lui, 14094. [Leali]. 
•Let, 15573. 

Letre* (II, xiy). 
•Letrin (I, clxi). [Lectrin]. 
•Leu, 520, 19049. 

Leurera, Leurez, Levrez, levriers (I, xcyi, 
zctii). 

•Leua, 50685. 
•Lev<§,248. 
•Liart,7084. 

Licenses, 51214. 
•Licee, 21561, 26580. 
•Lament, 26455. 
•Liea,Li«5a, 1256, 5426. 

Liet, 11119, 21052. 
•Lige, 4012. 
•Lig4e, 17697. 
•Lignagea (II, ii). 
•Lignie, 15976,26555. 

Limoge, 7222, 20556. 
•Linlignee, 1505, 6249. 

Lin, vehement, 4685. 

Linage, 405. 

Linaghe, 9508. 
•Linciel, 12579. [Liuceue]. 

Liaaona , 10488. 
•Lite, 5995. 
•Liu, 15169,24914. 



•Liueee, 26208. 

Liut, 4609, 27574. 
•Liuwe, 19557. LLuwe]. 

LWerroit, 11646,25545. 
•LWre, 5882,8305,17723. 
♦Livr^ea, 19797. 
'Livriaona, 26084. [Livroiaon]. 
'Livrieaona, 27058. 
•Loement, 23448. 

• Loeniaiena (II, cccxin). [Louiaiena]. 
Roquefort, dans son suppl., donne louisiens, mais 

dans un ancien registre des jure** deTonrnay qui est 
a la bibl. de cette ville et qui appartient aux XIII* et 
XIV e siecles, on trouve souycntlonieiens, Exemple: 

S'on ventj cent de piaus d'agniaus « de moutons 
u de kievres , li v en dans doit IT loriziers ,' etc. 
♦Loer; 359, 2670, 6622, 14035, 14543,23709. 

Ou tantfutd loer, phrase frequemment employee 
par )es trouveres; dans GSrardde Vienne on lit pour 
la rime ou tant fu aloie ou d loke, II, cu. 

Loet, 21323. 

Loewe (II, cxvn). 

C'est le nom du cheval du heros Germain Hilde- 
brand. Bans le poeme latin de Ge>aud, lepalefroi de 
Waltharius s'appelle aussi Lion , Leo. 

Logea, 29685, 29705. 

Logiea,7501. 

Logne, 22298. [Loignea]. 
♦Loi,aloi d'iriet, etc., 5859, 6642, 6745, 
12735, 14817. 
•Loiaua, 23300. 
•Loiiea, Loiiet, 7790, 10764, 12526. 

Loise , 30524. 

Lomble,5911. 
•Longe, 15585, 21185. 
•Loraina, 19200,21456. 
•Lorea, 10600 (II, x). 
•Loa, 19584,25957. 
•Loaengier, 8426 (I, clxiy). [Loaanger]. 

• Lou , 18709. 

• Louier (fauls) (I, clx). 

• Louiera , 5568. 
Loumer (II, lii, cclyji). 

• Loupe , 22942. 
•Lour, 25859. 



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852 



GLOSSAIRE ROMAN. 



•Lues, lues, 358, 1785, 24635. Espagnol : Lupars,6715. 

luego. Lur (II, xy). 

* Luissel , 12579. [Luisel]. Lure (I, xcvi). 

♦Luke, 196, 1011, 21794. [Luiste]. *Lyois (I, clxx). 



•Mace (I, xcti), 7611, 10029. 

Magres, 6976. 
•Mahagner, 7330. [Mahaigner]. 
*Mahaing,97. 

Maice , 9235. 
•Maiere, 1122. 

•Main, 10643, 15702, 21609, 26002. 
•Mainer, 12190. 

Mainniers, 22300. 
•Mains, 27874, 31174. 

Mains (a), 18281. 

Mains (del), 26609. 
'Mainsnes, 2556. 
•Maint, v. 5455. 

Maintendrois (I, clxi). 
'Mairiens, 11812, 22450, 24424, e. Merrain. 

Mais, messagers, 28077. 
•Maisele (II, xvm). 

Maisiel, 7497. 

Maissons, 10761. 
* Mailre , v. 9298, 15384, 28480. 

Make, 7618. 
•Malage, 15351. 

Malague, 12015. 
•Malbaillis,6186. 
*Maldehait,6897, 17050. 
•Maleicon, 28199. 
•Maleie (I, clxviii). 
♦Mateoit-e, 5594,13710. 

Malevirous, 5072. 

Malhaittes, 22262, 28483. 

Malheur. Voy. maus. 

Ge mot est tres-ancien et se retrouve dejfe dans 
Gregoire de Tours. Lorsque la fille de Chilpenc te 
disposait a partir pour le pays des Goths , des pri- 
mages menac,ans se manifesterent : Jam vent vaU- 



faciens puella, post lacrymas et oscula, cum de 
porta egrederetur, uno carrucm effracto axe, omnes 
Kaxa-hora. dixerunt , VI , 45. On reconnait en outre 
dans ce passage l'origine de l'italien carroccio, d'ou 
carrosse. 

Malise, 360. 
•Mallart,7215. 
•Malle, 14282,50148. 
•Malle, v. 22158. 

* Mai mis, 29659. [Malmettre]. 
•Manaie, 5885. 

f Manaient, 1082, 1795. [Maner]. 
•Manant, 19959. 

Li rois les esgarda , Lion les a a talent , 
S'a Gautier done fief et fait rice manant. 

US. delabibl. roy. de Paris, suppl. fr n^MO*, 
fol. 18, recto. 

Provencal : manentia, richesse , particulidrement 
richesse territoriale, manens, riche, enrichi. C. Fau- 
riel, sur Guill. deTudele (?), p. 677. 
Mane, 8820. 
•Mande, 18397. 
•Manecer, 5860. [Manecher]. 
Maneis (de) (II, xir). 
•Manestrel, 6298. [Menestrel]. 
•Manestreus, 22433, 23251. 
Manevie (II, it). 

• Mangonniaus , 19564. [Mangoneau]. 
¥ Manguea, 17780. 

•Maniere, 29595. 

Manners , 21816. 

Mansiaus, 1789. 
•Mansion, 5949. [Manse]. 
•Mant, 2166, 10515, 28375. 
•Manlenra, 8823. [Mantenre]. 

Mantia , 9807. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



853 



•Mantiaus, 25911. [Mantel]. 
•Mantiel, 18834, 19061. 
•Mar(I,cixiY),20024. 
•Marastre, 27445. 

Ware, marche, 29404. 
*Marce, 4643, 14080, 14629,14841. [Marche]. 

* Marceans, marceans, 805, 6585. [Marcheant]. 
•Marche, 10111. 

•Marcies, 19858, 25639. [Marchies]. 
*Marcis, 2588. [Marchis]. 
•Marciser, 28289. [Marchier]. 

Marcist (II, xlv). 

Mardi, 15477. 

Margari (II, xxti, xxx), 14134. 

* Margerie , 24516. [Marguerie]. 

Mari, 9271, 16355, 24475, 24577, 27499. 
•Marine, 19804. 
•Mariskal, 1526. [Marissal]. 
•Maronniers, 61. 

* Maronniers , 17587. 
Marques (II, ccl?iii). 

* Marrublier, marguillier (I, cliiii). [Marillier]. 
Mars, 2485, 18869. 

•Martians, 1666. [Martel]. 

Ce mot est ancien dans la langue francaise. Comme 
surnom d'homme, il semble rlpondreau Tuditanus 
des Romains. Attila se donnaita lui-memc le turnom 
de MarUl. 

•Mase, 22275, 29584. 
'Maserins, 21102. [Madre]. 

Masi, 12901,25928,26344. 

Masieres, 12294. 

Masser, 8256. 
•Mat, 4039. 
•Mates, 878. 
•Matis, 22114. 
•Maofais, 19234. 
'Maufes, 28537. 
'Maugr6, 19648. 
•Maus, 21563,26564. 
•Mautalent , mautelent, 4601. 
•Mauvis, 21451, 25428. 

Mauvesses, 18839. 
•Mechant (voy. Mesceant). 

Vient de msschiir. On disait aussi meschlanL 



•Mecine, 2229, 9788. 

•Meciner, 7864, 19783. [Mechiner]. 

• Meesmement , 246. 

•Meis (II, xiu, xyi). 

Meisele , v. (II, xnu). 

Meisme (il), 25482. 
•Mellours, 20670. [Millour]. 
•Men (II, xi). 
•Mena-il, 12244. 

Mence, 11368. 
•Mencogne ,16302. [Menchoingne]. 
•Mendis, 26262. 
•Menes,7982. 
•Meneur, 17172. 
•Menlee, meslee (barbe), 15637. [Meslerj. 

Dans le roman de Gilles de Chin on lit p. 80 : 
a ail ! messire Gilles, quant ce venra que Tout avis 
» l'eage de L ans et que tous aret les cheveulx mer- 
9 lis, et le plus fort de vostre eage passe*, alor* 
u sera temps que prendls la croix...» Ici merles reui- 
place tnesU.M. Em. Gachet avait d'abord conjecture 
que ce mot ▼cnait de merle ou marie, espece de terre 
grisatre, et que cheveux merle's signifiait des cheveux 
gris. En conservant la meme signification, U a depuis, 
avec raison , renonce* a cette etymologic 

•Menour, 109. [Menor]. 
•Menres, 20208. 
•Menroit, 25368. 

Ment, v. (II, xxi). 

Mente , 21609. 
•Menu, 25054. 

Mer (outre-), 17831, 19839. 

Mercez (II, xxm). 
•Mercit,2186.[Merchi]. 

Mere-Dieu, 16375. 
•Meriaus, 9109. [Mereau]. 
•Meridiane, 9009. [Meriane]. 
•Merir ; 4793. 
•Merrain, voy, Mairiens. 

AuXIII c siecle le quai de la Grove, a Paris, e*tait 
ditrue aux Mer rains. M err inter , maironnier, oiar- 
chanddeboisde charpente.De LAuInaye, Glossairv 
de Rabelais ,111,292. 

Merveilleuse (II, cm). 



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854 



GLOSSAIRE ROMAN. 



•Mes,mes,34, 872, 5055, 5853, 9585, 13935, 
18753, 21345 (I, clx ; II, xvi, xxn). 

Mais, mon, messager, demeure. 

Mes, v. 20018,28873. 
'Mesage, 16238. 
* Mescal, 26335. [Meschaoir]. 
•Mesceant, 8021, 27568, voy. Mechant. [Me#- 
chans]. 

Mescies, 2322. 

•Mescine, meschine, 738, 1973, 11684 (I, 
cclui). [Meschine]. 
•Mescr&indise, 8825, 28231. 

Mescrees , 15999. 
•Mescrei, mescreist, mescrut, 10565, 11188 
(I, cxin). [Mescroire]. 
•Mesdit, 17359. 
'Meserre, 17017. 

•Mesestance, 1280, 1523, 11325, 21024. 
•Mesfet, 28396. [Mesfait]. 
•Mesiaus, 11377,30887. 
•Mesist, 28307. 

Meskei, 17101. 
'Mesnie, 729, 7113,9123. 

Mesplegies , 50264. 
•Mespresure, 24675. [Mespranture] . 

Mespriser, 24740. 
•Mesprison,9921. 
•Mesproison ,15183. 
•Mesproisson, 6967. 

Mest,v. 17011,29924. 
•Meatier, 649, 14880, 17829(11, ccxliii). 
♦Mestires, 9363, 25116. 
•Mestres, 9797, 14059, 24757, 25354. 

Mestre-abbaie (I, clxix). 

MetroDt (se), 21582. 

Meuble, 17693, 29971. 

Meut, 30464. 
•Meule , 10327, 25569, 28867. 

Mi, 26667. 
*Mices,9109. 
*Mie, 18410. 
*Miedi,2982. 
•Mierc,7297. 
*Miercit,5169. [Merchi]. 



MierviJler (s'ent) ? 13934. 
*Mi&,9567. [Miels]. 
*Miez (II, xm). 
Milaite, 10918. 
Mile, 11058. 
'Millour, voy. Miols. 

Carpentier, citant une epitaphe ou ce mot est 
employe*, le fait d&taer ridiculement de l'anglais 
milord et l'explique par homme noble. C'est aller 
chercher bien loin ce qu'il avait pres de lui, et 
obscurcir les choses les plus simples. A. Le Glay , 
Becherches sur tee premiers acies publics re'diyis 
en fran$a%8, 2 e e"d. p. 82, note.' 
Mimore, 11822. 
Mineours, 3456, 25868. 
Mineurs , 26234. 
•Miols, 3294. [Miels]. 

Dans l'hymne de sainte Eulalie (Elnonensia, p. 24) 
il y a Melt. 

•Mioudres, 316, 31011. 
*Mious,2193. 
•Miraillers, 18738. 
•Mire, 17981, 50228 (II, xix). 
•Mireor (faire), 9904. 
•Mirer, 10370, 18758. 
•Mis, 18708. 
Mise>icorde, 25398. 
Miserion (II, cxvii). 
•Mist, v. 23624. 
•Moiiens, 27646. [Moyen]. 
•Molin,9115. [Moliere]. 
•Mollier, 677. [Moiler]. 
•Monciel, 13948, 18431. [Monceau]. 
Monder, 1275, 5315. 
. •Moneez (II, ccilii). [Moneer]. 
•Monjoie, 6950, 7047. 
* Monniages, 2608, 14377. [Mongniage]. 
Monnie, 14574, 17504. 
Monniiers, 18169. 
•Mons, 17629, 23926. 
•Mont, 137. 
Mont (la moities de tot le), 10850 (II, vi). 
Cette opinion du milieu du monde n'est pas si 
ridicule qu'on pourrait le penser, eu egard a Fdpoque 
ou elle a du prendre naissance, et n'appartient pas a 
T ignorance du moyen Age. Chet les peuples de 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



855 



rOrieot let pointi cardinaux tont dtftigntft email - 
matiquement par dei couleuri , le If ord par le noir 
(let ttfnebret), le Midi par le rouge (la lumiere), PEtt 
par le vert (la verdure, le printeropt , etc.) , TOuett 
par le blanc (let frimat). Autti en Chine et dant 
d'autret payt det qu'on voit une porte de ville peinte 
de Tune ou l'autre de ces teintet , ou peut t'orienter. 
Or placont-nout au centre de la Jude*e. Au Herd nout 
avont la mer noire (o'ett-e-dire du Word), au Midi le 
golfe Arabique ou mer rouge (o'ett-a-dire du Sud) , 
a POuett la mer Mtfditerrane*e appele*e mer blanche 
ou d'Occident par let peuplet atiatiquet , et enfin a 
l'Ett le golfe Pertique ou mer verte, e'ett-a-dire 
Orientale. C'ett done It une tret-vieille croyance 
ge'ographique qu'on retrouve e*galement en Chine , 
V Empire des quatre mere, 

•Mont (a), 21500. [Amont]. 
•Monte (II, ccxt), 24950. 
•Monteplii£, moutepliie 13166. 
•Monter, 30855. 
♦Monies, 30768. 
•Mordere, 8127. [Mordreur]. 
•Mordris, 17896. [Murdrir). 

Moreis (II, xiu). 

Mores, 30006, 31244. 
•Moriel, 7082 (II, cxvn). [Morel]. 
•Morir, tuer, 9431. 

Morroit, 19363. 
•Mora, 12058, 23368. 
•Mort, 4826, 13223. Mort deservir, 5391. 
•Morteus, 7165. [Mortiex]. 

Mortore, 27116. 

Mortuore, 24142. 

Morn ,12535, 17981, 18314. 



Moa de la cace , 2099. 
•Mostier, 18768. [Moustier, muster]. 
•Mostre,7838. 
•Mote, 13397,13527. 

•Moullier, 10543, 17626 (I, clxiii). [Moulier]. 
•Moult, 28162. 
•Moune, 1494, 22695. [Mounjhe]. 

Mourne, 26237. 
•Mours, 2820. 
•Mout, 286. 
•Movoir, 19516, 28864. [Mouvoir]. 

Mue (a la), 20944. 

Le mot mue quand il entre en composition, repond 
a Panglait mouth, au flamand mude ) muide, muthe, 
monde, embouchure, et tuivant Gramaye , promon- 
toire. Un diplome del'empereur Henri V de Fan 1 119 
(Mirarot, I, 83) porte : Qua sita est in burgo qui 
dici tur Antwerp f omnem dec imam, qua confine tur a 
terminis Santfliten usque Ouhbehuthkn. 

•Muet (1, clxxti). 

•Muiel, 11273. 

•Muir-je, 8655. 
Murer, 20762. 
Murglies (II, cm). 

Murs, ne signifie jamais fourrure mais mulets 
ou murailles, ou venus a malurite, 610, 2700, 
6510, 6706, 8952, 11082 (I, 608). 
Musagine (II, cm). 

•Mus, 19624. 

•Musart, 14207. 

•Muser, 25120. 

•Musike, 11728. [Musique]. 

•Musics (II, xviii). 



•Nafre(II, xix). 
Nains (II, cxxviu). 

Dant le livre det he'rautt ou Heldenbuch le roi 
Elberich ett un nain difforme et rute\ C'ett VAlbericH 
du Gehornte Siegfried, he>ot qu'on retroute dant let 
Nibelungen. Alberich veut, a la tete d'une arme*e de 
naint , remitter a Siegfried qui , apret avoir tue" let 
douse gtfant qui tervaient de gardet aux filt du roi 



det Kibelungen , et avoir immold cet deux princes 
eux-raemet , s'tftait empare* de leur trltor et de leur 
royaume. Dant let Nibelungen Alberich ou Albrich 
ett tf galement un nain , getwerch : 

Do-ne chund, Un niht gestriten das starch* getwerch, etc. 

V. 397. 

•Nais, 12636. 
•Naia,Nays, 2543, 6303. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



Nait, net, 27417. 

* Naquaires (II, 700). 

*Nassence, 28692. [Naissement , naissaunce]. 

'Naturaus, 842, 4412. 

'Navie,5252. 

Ne, sans que, 21026, etc. 

Ne, 17176. 
♦Nef (II, 698), 12190. 
•Negun, 25314. 
'Neir(II, xm). 

Nerf (II, xiii). 
•Nes, 61, 21030. 
♦N&un, 30013(11,696). 

Net (natus), 26046. 
'N&i,v. 12428. 
♦Nices, 17645. 
•Niche, 26. 

♦Niecains, niecains , 1210, 23035, 24912. 
[Niechin]. 
•Nient, 959. [Neant, noiant, niant]. 

M. Ach. Jubinal (Li fable I dou Dieu &* Amour* , 
p. 20) dit que nient vient eWidemment de niant. 
Nous croyons plutot que niant vient de nient. 

*Ni<§s, 15061, 16766, 17972, 19640, 24559. 
[Niez]. 

N'iotcelui, 19227. 

* No, 22254. 
•Noble, 23067. 
•Noe,5999. 

•Noelleus, 5887. [Noilleux]. 
•Noer, 2912. 



•Noient, 356. 

•Noient (pour), 14219. [Pour neant]. 

Noiiel , 6010. 
•Noiies, 18228, 20035, 20333. 
•Noisier, 6819. [Noiser]. 
•Noisses, 3008. [Noise]. 
•Nonne(a),21119. [None]. 
• Non pour quant, ou qant, 668. [Non porquant]. 
*Norecon, 24598. [Nourreoon]. 
•Noreture, 11439. 
•Noris, 19467. [Norir]. 

Nosces, 13729. 

Noumeement , 14020. 
•Nourecon, 2741. 
•Noureture, 17163. 
•Nouveliers, 8094, 8798. 
•Noviel, 31231. [Novel]. 
•Nu&, 21456. 

Nuevembre, 18624. 

Nuisans, 28569. 

Nuituns (II, cxlv), 23127. 

Le poeme du Eenard et son commentatcur M. Wil- 
lems donnent encore d'autres nomi flamands de 
lutint et d'intelligences surnaturelles, tela que Baku* 
mijn, Meerkat, Osschaert , Shkkeman , Langewap- 
per, etc. Reinart, pp. 243—44. 

•Nului,5954. 
*Nus hons (I, clxi). 
♦Nut, 25107. 

Nye (I, xct). 



O (II, xix). 
•Obeis, 24550. 
•Obiers, 14280. 

Obscurte , 24834. 
•Ocesisent, 10257, 28207. 
•Ocisent, 20464, 29109. [Occident]. 
•Od,o, 251,15952. *- 
•Oel,3759. 
•Oelles, 26827. 



•Oes, usage, utilite, 6285, 14101,15070, 
15169, 20121. 
•Oes(oie), 19579. 

Oes(undi), 29800. 
•OEvre, 12647. 
•Offendoit, 4054. 

Offiers, 51142. 

Offres, 25852. 
*Oi (II, xxn, xxvi). 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



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•OH, 15711. 

•Oil*, 10484, 10942, 15976. 
'Oir, 9547, 12959, 15975, 15009, 15196, 
18514, 18515, 90767, 97674. 
Oir pour or, ore , 97448. 
*Oire,9587, 9545, 97170. 
•Ow, 95590. 
•Oia, 99499. 

•Oiaiel, 10586. [Oiaeax]- 
•Oiaiele, 50092. 
Oke, 10484, 10954, 10065. 
•Olifcnt, 4494. 

Una Camilla itflandaiteappelee Olifant, porte pour 
armet parlantei, an tfltfphant dan* son Icutaon. 
Smallegange, Nitvw* cronyk van Z$$land, pi. d'ar- 
moiriei. Du rette c'eit encore olifant qu'on appelle 
en flamand et en hollandait l'animal qui donne 
l'ivoire. 

• Olive, 95787. 

•Om, 876, 1160,22754. 

Omde ma teete, 91690. 
•Ome, 17905. 

Ondea, 15994, 19640. 
•Oncquea (II, lii). 

* Ongemena , 9559. 
Oonieate, 94609. 
Oratorie, 10506. 

•Orde, 10985. 
•Ordene, 14585. 
•Ordenea, 99475. 
•Ore, 1940. [Oreer]. 
•Oreo, 16197. 
'Orendroit, 15449. 
♦Orfenea, 1930. 
•OrfroU,2485.[Orfraia]. 

Oriante (II, in). 
'Oriflambe, 21717. [Oriflamine]. 
'Orioaua, 9786. [Orignal]. 
9 Orine, 1295,9405. 
•Oriaaon,1919, [Oriaon]. 



•Ormer (II, xxi). [Ormier]. 
•Ormier, 12500. 

Orreaz (II, xxti). 

Orriblea, 10781. 
•Ora, 10707. 
•Ortaua, 24674. 

Oa, v. 31138. 
9 Oa, pour est, 25298, 24201 , 24522. 

Oacuri,11723. 
•Oapital, 18296, 19544. 
*Oat, 971, 15097. 

* Oat banie , 4171 (I, clxyiii). 
•Oat, v. 30325. 
•Oatagee, 9449, 21540. 
•Oatee, 29367. 

Ostegier, 5459. 
•Oateler, 9061, 14878. 
•Oatea, 10233, 18940, 27475 (I, xcvi). 
•Oateua, 15072, 25009, 26057. [Oatex]. 

Oa-tu , oz-tu, 26429 (I, cxxxi). 
•Ot(II, 697). 

Olea, 29785. 

•Otriier (a'), 26949. [Otreer]. 
•Otroiier, 697. 

Ounieatre, 5361. 
•Ounia, 23870, 26134, 26405. [Oni]. 

• Ounorance , 19627. [Ouneranoe]. 
•Ounour, 1084. 

•Ourae, 24812. 

Out , v. (II, ivii). 
•Outragea, 6778, 25028. 
•Outrageus (II, ccxl). [Outrageous]. 
•Outreement, 5719,20798. 

Outremer, 25350. 
•Outrer, 7678, 10419, 11528. 
•Outr^a, 14200. 
•Ouvragne, 3664. [Ouvraigue]. 
•Ouvrer, 2660, 20274. [Ouvreer]. 
•Ove (II, xxii). [Ovec]. 



P. 



•Paienime, 10288. [Paiejiie]. 
To«. II. 



* Paile (I, ccl). 



108 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



Pais, 28870. 

Paisans, 18204. 

Pa is i vie, 4378. 
'Palasins, palazins, 571, 2258,4593, 4945. 
♦Palefrois, 6716, 8715, 50088. 

* Pales, 2557. 

'Palestiaus, 29168. [Palesteau]. 
'Palezineus, 11578. [Palasjnem]. 
*Palic, 25924. [Palice]. 
♦Paons, 20535. 

*Papelart, 30733. [Papelard]. 
Pappes, 24117, 25409, 9802H. 
'Par, 7959. 

* Parage, 8461 (I, ecu), 18551, 19349. 
Par-ale, 26583. 

*Parant, 247, 255905. 
* Parcons, 6757. [Parchon]. 
'Parcounier, 18216. [Parcener]. 
'Pardon, 10299,22401, 25400^ 25432, 26345, 
27903. 
'Parent, 17913, 20123. 

Parestoit , 14462. 
*Paresy (II, xlvi). [Paresis]. 
*Parfaire (I, clx), 1994. 

Parin, 19121, 19484. 
'Parrni, 26605. 

Par-nostree (II, cclxi). 
*Paroler,4757, 18790. 
*Parquoi, 13763. 
¥ Parra, 875, 2713. 
'Parrai, 16989. 
'Parroit, v. 13939% 
'Parroit (parleroR), 27802. 
*Parsomme, 22938. 

Parsoume , 19099.. 

Parsuirent, 14730. 

*Part (je), je partage (I, coxit).. [Partir]. 
*Partere,5965< 

* Parti (voyez giu), 21622. 

a D'aultre part ceulx qui eitoient afec luy s'y es- 
i> prouverent vaillamment, mail \e jeun'estoiipas 
n party, de XX homines a Pcnc outre de V c .» Ckro- 
nique de Messire Gilles de Chin, p. 130; e'est-a- 
dire qu'il n'y avait point pariti, e*gal portage de 
forces , pas de chances 6 gales. 



Partir, (se), 5469, 11417, 1S5A4 i J3637, 
19547, 21162, 22154, 23595. 

Partout , par tout , 14692. 

Parunt-il (II, xu). 

Pas (tout le), 21601,. 

Pasmes, 7268. 

Passelande (II, citiii). 

Passer, 23473. 
•Past, v. 21027. 

Patriacles, 10050, 10066, 26863, 27555. 
•Paumea, 1602, 905T, 10570. [Paufene]. 
'Paumiers, pelerin, 24581. [Palmier], 

On appelait paumters, ramxers\ dit M. Aon. Jubi- 
nal (Lifablel dou Dieu d' Amours, p. 39), les pelerio* 
qui venaient des saints lieux, a cause des rameaux 
de palate qu'ils rapportaient de Jerusalem. On nom- 
mait aussi romiers, romicux ceux qui venaient de 
Rome , expression que les amateurs d'analogies 
pourront encore retrouver dans les deux mots etpa- 
gnols romero , romeria , pelerin,, p* lerioage. £n pro- 
Tencd on dit aussi rotueo , peferia, J* patois bas- 
que se sert 4galement de cette expression. 

'Pautener (II, xxii). Poy. le mot suiv. 
•Pautonier (I, clxiii), 

tient du mot de la basse latinite' puM&rvs , pntta- 
nieruM, suirant M. Hoffmann, Sorce belgica, V, 116. 
En flamand puter, putertiere, Grimm, Grammiat. 
I, 602, Mora belg. } III, 151, V, 77 : 

Doe sprac Roelant die heelt vn 
aAergher! PuterkintJ etc. 

&ENOUT YAM MoHTiXBAWI , ▼. 110 J. 

'Pautouniers, 22484. 

Pecasent, 9318. 

Pec&e, v. (II, x). 
*P&eor, 5811. [Pecheor]. 
♦Peciere, 24546. 

•Peciet , 1957, 2766, 14395. [Pechiet]. 
'Pelain, 13708. 

Peler, 29707. 
* Pelerin, 6389. [Pelegri]. 

Pelerinage, 12756. 
'Pelicon, 16274. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



859 



•Pellori, 25291. [Pileri]. 
*Pelu, 21466, n. [Pel la]. 
*Penant, 24988. [Pendant]. 

Peodu, 25310. 
'Peneana, 25263. [Peoancier]. 
•Penenoea, 5982,50078. [Penances]. 
'Penee, 11215. 
•Peneie, 15124. 

Pent, y. (II, xtiii). 

Perceua, 17110. 
•Perde, 17105. 

Pere , v. 15856, 21681, 22269. 
•Perecce, 9882. [Pereche]. 

Pergent,v. 27574. 
'Perciere, 12084. [Perciour]. 

Perir, 620, 14270, 17531, 

Se prenait activement comma mourir pour faire 
mourir, comma tombor pour faire tomber. Les arrest* 
d' Amours, 1731, in-18, p. 46 : Une dams se com- 
piainct do son amy qui I'avoit baisio si rudemont, en 
la tombant , qu'on avoit bion pen voir i$ bout do sa 
oksmiss. 

♦Penus, 5504. [Pem]. 

•Pernez, y. (II, xzin). 

'Perron, 4888. 

•Pere (non), 24552. 

•Pere (lea XII), 4750, 6682 (II, cltih), 23849. 

II semble en etre queation on plutdt il eat pari** 
d'une coutame a laquelle ila doitent leur origine, 
dan» nn poeme du X siecle, qui lui-meme eat nne 
transformation latine d'une fable ou Uganda teuto- 
niqne plui ancienne. Voici le passage ; 

Omnide plehe viros tecum duodenos 
Vlribut insignct , animis pUrumt/us probasos 
Legsrat (Guntharius). 

Cotters sont extraits du Waltharius de Ge>aud, 
public par F. C. J. Fischbr en 1780. 

Ila ont un objet de comparison dans lea Nibe- 
lungen ou Siegfried ( Sivrit ) se fait accompagner en 
Bonrgogne par doumo chevaliers: 

Do neich der chuneginne Sivrit derjunge man ; 
Ersprach : « Ich wil ser verte niemen mere han, 
Ntwan srreJf reeA#n , din sol man prUven wat ; 
Ich wil da* tehsn gerne , wis* um Chriemhilde stat. « 
v. 365-4168. 



Et dans le Kutrun, autre redaction des Nibelun- 
ysn, ne lit-on pas : 

Derpilgerine twelve , etc. 

V. 142. 

M. Mono a indiqne* lea rapports du poena de 
Geraud avec les Ni&elungen ou deex dee he*ros prin- 
cipaux sont aussi Attiia et Hagen (Nagano), ou d'ail- 
leurs il est fait plusieurs fois mention du Spauye 
(Aquitanus) Walther. Cfr. Hist. litt. do la Fr., VI, 
438, notice d'aprea le MS du roi 6368 (8488). Archie, 
dor Gesellschaft fur altera douisoko Geschichthunde 
Vobor Walter von A qui tan ten, par F. J. Hone at d'au- 
tree, II, Oft— 116; /6., 30, 03, 138, 151 , 346, 371, 
378 ; III, 373. loiter , Beitrage zur Gosohichte und 
Literatur, £00-808, 804—810; lone, Anieigor, 
1835,413; 1836, 415; J. und W. Grimm, Teutsche 
Sagen, Bd. II, n° 407. W. Grimm, Deutsche Ifelden- 
sage , n° 15. Le poeme de Waltharius est a la bibl. 
royale, a Brux., section des manuscrits. II fait partie 
d'un toI. in-4° petit format ▼dlin, lequel provient de 
l'abbaye de Gembloux et qui renferme : 1° les poesies 
dMra/or; 8° Claudion; 3<> Poesis Geraldide Guul- 
tario] 4» Einardi vita Karoli Magni. 11 comprend 
40 pages et se compose de 1476 vers, 11 porte le 
n<> 6880 au nouveau catalogue. C'est fc un homme de 
gout et de science oomme M. Ampere qu'll appar- 
tiendrait de faire connaitre a la France cesricnesses 
du moyen age. 

Peraome, 2511. 
•Pert, 9351, 9469, 14283, 24335. 
*Pertuz (II, xxxi). [Pertuia]. 
•Peaance , 14254. 

Pesant, 1934. 
'Peser (em), 16510, 19069. [Eopeeer]. 

* Pesme , voy. Pieame. 

Du Cange sur Yillehardouin , p. 387, cite a propos 
de ce mot deux passages de Ph. Mouikes. 
Peat, v. 20170. 

* Pest res, 7549, 23652, 25353. [Preatre]. 
*Peticte (a), 1054, lisez plutdl apeticie. [Ape- 

User]. 
•Petia, 24737. [Petit]. 
•Petitete, 14370. [Petitet]. 
'P«§u,4687. 
'Pemst, 15039. 
♦Peules,3429, 8679. 
¥ Peua,7270. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



Pharaoh, 19141. 

Nous avons rapporte* 1'opinion de Hallam qui rattle 
EiUon d'avoir pris ce mot pour an nom propre , tan- 
dit que lui n'y voit qu'une alteration du mot baron. 
Mail Faro {le Pharaoh de Ritson) ne peut-il pas etre 
Faro on Burgundo-Faro que nous appelons saint Fa- 
ron, et qui apres avoir paiae* ses premieres anne*es a la 
cour du roi The*odebert II, et ensuite du roi Thierri , 
frere et successeur de celui-ci, s'attacha en 613 a 
Glotaire II ? Ritton n'eHait done pas si digne de risle et 
e'est encore un utile avertissement pour les Irudits 
de ne pas dlployer trop de se've'rite' pour de le*geres 
me" prises ou ilstombent eux-memes) malgre* tont leor 
•avoir et toutes leurs peines. Voy. Hist. lilt, do la 
France,t AlL,p. 463, et Act. SS.ord. Ben., t. II, p. M. 
•Piaus, 10237. [Piaut]. 

Piec, 15986, rime. 
•Pieca (piece a), 30142, app. (II, 699). 
Piece ot, 2248. Grans pieces, 2827. 
Pierceus,6908. 
•Piercevans, 5030. [Percevoir]. 
Pierciust , v. 28440. 
•Pierieres, 19564. [Pierrier], 

* Piers, 6860, 17407. [Pers]. 

* Pies (II, cclixii), 15431, 20179, 24865. [Piez]. 
•Piesme, 3597, 8479, 13321, voy. Pesme. 
♦Pierses, 13257. 

•Pietaille, 24693. 
¥ Pifle, 22416. [Pifre]. 
* Pignonceaui , 2565. [Pignoociel]. 
*Piour,6021. [Pior]. 
Pipe (I, xevi). 
•Pipon, 18097, 19902. [Pipeur]. 
•Pis, 2213, 9057,26102. 

* Piles (I, cxcn). 
•Phi, 25760. [Piue]. 
•Plaider, 27764. 
•Plaidier, 7574. 
♦Plaiies, 7942. 
♦Plain, 22534. 

Plainsent, 15812, 22926. 

Plainsist (II, ux). 

Plaiscie, 30042. 
•Plait, 7851. 
'Plancon, 24544. [Planchon]. 

Plane (se), 15113. 



♦Plegerie,4185 

♦Pleis(II, xin). 

•Pleniers,7967 

•Plentet,1876' 

♦Plentive, 2393. [PlentieuxJ. 

•Plentivose, 12057. 

*Plet, 971, 1757, 27683. 

Pleu, 16266, 16267. 
•Plevie, 29572. 
•Ptevir, 5874. 
♦Plice, 16268. [Pelicon]. 

Plon (a) (I, clxx). 
•Plorer, plorers, 8365, 19449, 21294. 

'Plusiors, 29037. [Plusort]. 

•Po, 18183. 

Toacre, 11314. 
Poant (II, xi). 

•Poestas , 25642. [Poeste]. 
Poeste, 15084,24366. 

•Poestius, 24425. 

♦Poi, 2164, 9752. 
Poig (II, en). 

Poignant (a), peut-6tre apoignatU, 7318 oor- 
rige" (II, cclxiv). 

♦Poignie, 17979. [Poigner]. 

•Poignis, 9697. [Poignais]. 

* Poiler, 18393. 
•Poinant (II, xxiv). 
•Poinne, 28542. [Poine]. 

'Point, ▼. (II, x), 6914, 19759, 21656. 
*Pois, vaillant un pois, 2167, 5300. 

* Pois (a), de balance, 7558. 

* Poisance , 13222. [Poissance]. 
•Poisans, 256, 14313. [Poissant]. 
•Poise, 1157. 

Poit, 12590. 
•Poitraus, 17427, 29683. [Poitral]. 

Poleynez(I, xevi). 

Pon, 20894. 
•Pontenage, 1133. [Pontage]. 
•Pooie, v. 14574. 
•Pooirs, 10432, 14170, 18814. 
•Popelikans, 1283. [Pa pelican]. 

Pore, v. 24085. 
•Porce , 10686, 11751, 15747, 18805. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



861 



•Port, 99770, v. la table giographiqne. [Port]. 
•Porter, S5215. 

• Poruec , porvec , 96675. 
Pom (poUe), 19041. 
Possession, 29794. 

Pot (4 Taint qa^l), 15075. 
*Pou,2580. 
Poumona, 26214. 

• Poun (II, m). 
Pounrais , v. (II, xtiii). 

*Poupee (cuer de), 99985. 
•Pour, 19933, 14359, 17795. 
•Pourciel, 18430. [Pourcel]. 
•Pourceiasion, 4993, 14595. [Procession]. 

Pourfurnir, 91458. 

Pour ice (I, clxt). 

Pour iUnt, pour i tant, 1769. Taycs Itant. 
•Pourkaeer, 744. [Pourchacer]. 

Pourke, 13068. 
•Pouroec, 94598. [Porvec]. 
•Pourpens, 90001. 
*Pourpens&, 11599. 
•Pourprendre, 15408. 
•Pourpris, 11513. [Pourprea]. 
'Pourpriseot, 17414. 

Pourquidiez, 98946. 
•Pourre, 30688. 

Pouraire, 19540. 

Pourtraite , 97004. 
•Pouruec, poonrec, 9808,14311, 30595. [Por- 
vec]. 

•Povres, 11507. 
•Poverte,4978. 
•Praee,50914. 

Praice, 17196. 

Praiecer, 407. 
*Praiecier, 407. 

• Praiel, (II, 696). [Praiau]. 
Prague, v. 6696, 14689. 
Pr&, 5868. 

•Preer {prmdart) 4447 (1, 619), 16908, 16740, 
18641. [Preher]. 
•Premeraina, 1168, 17545, 91579. 

Prenc,v. 96667. 

Prenge, 8918. 11119. 



Present (en), 96511. 
•Prewgnies, 13977. [Prewngner]. 
♦Presigniet, 18813. 

Presist, 15696. 
*Prester, 17706. 

•Preu , preus ( I, cxuii) , 3097 , 4064 , 4655 , 
8077, 19645, 19646, 17585, 90005, 90485, 
99566, 99965. 
•Preudome, 6897. [Preudom]. 

Prtes, 9749, 17591, 18911, 19678, 19759, 
91579, 91695, 97378. 

Prteserent (s'i), 99163. 
•Prieus, 18266. 
♦Priii, 94181 (II, cclix). 
•Pris, 15509, 18409, 96430, 98675. 
•Prise, 30396. 

Prisent , 69. 
•Prisier (qui tant fist a) (I, cxc). 
•Prisons, 19436, 13969, 13787,19981,30139. 

Prisse, v. 91370, 94488. 

Prisson, 536. 
•Prives, 1590. 

Probatica piscina, 10689. 

Procain, 99671. 

Prof (II, xviii, xxi). 

Pro/Vaurait-il pas e*te* lu an lieu de pros, pro*? 
En pro* voudrait alort dire en brave, 

Profete. 

Phil, Mouskes an 7.22579 dit : 

Hansione et Malchierge prist 
U Mierlios , la profete , gist. 

H. Theodore de La Villemarque" a donne* dan* k 
Revue de Paris du moil de mai 1837 (td. de Brux. 
Wanton , 45—66), un article intitule* : Visite au 
tombeau de Merlin. Cette pre*tendue sepulture est en 
Bretagne, car on se disputait le tombeau de Merlin 
comme le berceau d'Homere, dans le Kun-Korad ou 
Valine des Druidesses, appele* dans les romans dn 
moyen 4ge le vol des Fies, A Tune des extre*mites de 
cette plaine on s'lleve en amphitheatre la foret de 
Brtfcelien, coule nne fontaine, pres de laquelle on 
▼oit deux pierres couvertes de mousse que domina 
une vieille croix de bois termoulue : c'est la fon- 
taine de Barandon et le tombeau de 1'epoux de 
Viviban. 



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862 



GLOSSAIRE ROMAN. 



*Proi, 21158. [Proier]. 
•Proie, 25220, 29771. 
* Proier, 5823, 25219- 
"Proiieres, 12. 
'Proisser, 7285. [Proisier]. 
•Proisaiet, 25571. 
•Prou,1281. 

Prousens, 50985. 

Prousenter, 19788. 
•Prouvende, 1538. [Provande]. 
'Prouvendiers, 2026. [Provender]. 
'Prouver (se), 25084. [Prover]. 
*Prouves, 5401. 
•Prouvos, 16257. [Provost]. 
•Provance, 24171. 
'Provoire, 18771, 20235. [Provoir]. 
'Provost, 29803. 

Pruns, 50053. 
'Pruz(II, mi). [Proz]. 



♦Poc, 339, 26070. [Pooh]. 
•Puer, 5987, 21198. 
•Pui(II, x). 
♦Piling, 3862. 

Puinnant (II, x). 
•Puins, 17450. [Puing]. 
•Puira,6675. 

•Puis, 12561, 13185, 17962. 
•Puison, 19660. 
•Puissedi,2007. 
•Puisson , 9791 , 15809. [Poison]. 

Puiz (I, cix). 
* Pulcele (II, xtih), pulcelts (II, ocxc). 
•Pum, 12131. [Pung]. 

Pnmel (I, clxx). 
♦Puors, 26905. 

Pnr (en), 25931. 

Pusnais (I, clx). 
•Pute, 13702. 



•Qens, 24761. [Quens]. 
♦Qois,6769. 
Quains, 999. 
Quaiou(II, xi). 
♦Quanqu'il,201. 
•Quans, 16792,28176. 
•Quantes,9749. [Quans]. 
♦Quar, 1957, 7511, 8134, 17278, 20179. 

Quarefoz (II, xxxii). 
♦Quariaus, 7327. [Quarel]. 
•Quariel, 20538. 
•Quart, 17335, 18380. 
Quarteree (II, xxvn). 
Quartres (II, xxn, xxiv). 
* Que, 19084. 
Que c'on die, 17320. 
•Quens, 1093, 1571, 14581 , 14821 , 15719, 
17922 , 18383, 18722 , 19507, 19734 , 20369 , 
20385, 20445, 20769, 21466, 21737, 21885, 
22379, 22381 , 22663, 23247, 24884, 26679, 
26683, 26983, 27337, 27387, 27655, 27815, 
28529, 29528, 29529, 29575, 29927. 



♦Querir, 19499, 24493. [Querer]. 
•Queus (les), 15615. [Quex]. 

Quic, 8665, 8816. 
•Quidier, 9879, 15081. [Quider]. 

Quidiet (pour), 28246. 
• Quignie , 17024. 
•Quing, 12297. 
•Quins (a), 22078. 

Quinsainne , 20269. 
•Quirs, 19757. 
•Quisce, 3964. [Quisse]. 
♦Quia, quist, 621, 2189, 8236. 

Quisant, 29952. 
•Quise, 12751. [QuisJ. 
*Quisent,v. 29681. 

Quissine, 12191,19579. [Coisine]. 
•Quoiement, 21002. [Coiement]. 
•Quois, 10975. 
•Quoisi, 18406. [Coisir]. 
•Quoisie,6917. 
•Quoissi, 21113. [Coisi]. 

Quoite, 29541. 



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Quoitier, 8575, 15105 (qnaUr*^ 
Qoor (II, xr»). 



GLOSSAIRE ROMAN. 

Qoorrie (II, xxiv). 



863 



Rabican (II, citiii). 

Rabis, 7042. 

Racat, 28209. 
•Racater, 26643, 28512. 

Racchez (I, xcvi). 

Racesmer, 5017. 

Racordees, 0982. 
•Raemplir, 6588. 
•Raenbrer, 18625. [Raembier]. 
•Raencon, 50054. [RaenchoD]. 
•Ragne, 15040. [Regne]. 

Rahaitie , 25006. 

Rahatir, 17755. 

Rabireter, 1074. 

Rahis, 27784. 
•Rai,5996. 
•Raiembre, 28855. 
•Raiiena, 25053. [Raiens]. 

Raiienst, v. 20364. 

Raiimer (I, clzxi). 
•Rains, 10699, 15610. 

Rainaces, 10351. 

Rainsiea , 2455. 

* Rafonier , 6651. [RaianerJ. 
•Raisniet, 24961. 

* RaiaaoD , 90. [Raiaon]. 
•Rajovenir, 25540. [Rejouvenir]. 
•Ramembrer, 3118. 

* Ramentevoir , 24565. 
•Rainier, 1997. 

•Ramproaner, 20027, poy. le glosaaire stir lea 
po&iea du roi de Navarre (id. de La Ravaliere, 
11,279). [Ramproner]. 

•Ramproanes, 20042. 

•Randounee, 4075, 17151. [Randonnee]. 

•Ranproana, 20027. 

•Rapais, 25814. [Rapaier]. 
Raplaida, 17217. 



Raaist, 15852. 

Raaos, 24521. 

Raaaazer (I, clzxi). 
•Ratorner, 4579. 

Ratraire, 20118, 25158. 

Ratrest , 5908. 
•Ravaler(II, 701). 
•Ravine, 21786. 

Raviaer, 24923. 
•Ravoier, 13778. 

Rawardenc, 22416. 

Rayretea, 15321. 

Rebonbe, 22451. 

Rebrocer, 30107. 

Receant , 27246. 

Reefer, 8000, 15816. Ilal. Recare? 
•Recelee (a), 21002. [Recetement]. 

Rectus (biau), 30770. 

Reciet, 27918, 29547. 
•Reciute, 19661. [Recheu]. 
•Reclaim, 12691, 17751. 
• Reclain , 1 4994, 22054, 27178. 
•Reclamoient (se), 29996. 
•Recloer,2567. [Recloore]. 
•Recoivre, 17910. 

Reconnu (II, xzxi). 
•Recora, 5505, 6981, 8813, 9361, 18817. 

Reconrez (II, zm). 
•Recouvrer, 17120. 
•Recreana,5552. 

Recuite (II, cm). 

Redoia, 3773. Foy. la table geogr. 

Redout, 50568. 

Redouter, 18945. 
•Refermer, 1042. 

Refa,1040. 

Regaegnie , reguaegnie, 8574, 10440. 
•Regarde, 28656. 



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864 



GLOSSAIRE ROMAN. 



♦Regardeure, 11698. 
•Regehir, 8263. 
•Regiber, 22291. [Regibeir]. 
Regnemens, 211. 
•Regnes, regn&, 4383, 9544 (I, clix), 15502. 

Cl.M&rot, Ballad* XII: 

Deiireray-je ung regme on ung empire ? 

Regueroierent , 19235. 
*Rehaite(se), 27838. 
•Reinsis (II, xxxii) , du verbe re'emre. 

Rekiout , 3836. 
•Relacies, 29683. [Relascber]. 

Relaisour, 4939. 
•Relenqui, 877, 27596. 

• Relenquisoient , 3927. 
•Relies, 15181. [Relief]. 
•Religions, 9599. 

Reliutes, 10189, 26960. 
•Remaindre, remes , remese , 740 , 2870 , 
5271, 4586, 5034, 6390, 6424, 10420. [Re- 
maigner]. 

Remaitre, 16661. 

• Remanans , 7163, 28664. 
•Remanoiier, 16276. [RemanerJ. 

Remarcisent, 12888. 
Remasu (II, xxzi). 

Remest, 15645, 17010, 19092, 23206. 
Remeue, 26010. 
•Remirer, 27321. 
Remort, 19637. 

• Remue , v. 26780. 
Renart, 23764. 
Rene, v. 19312. 

♦Rendi (se), 14253. 
•Ren&e* (II, xx). [Renoier], 

Renge, v. 12322. 
•R'enluminer, 11375. 
•Renoiie, 24797. 
♦Renoiie, 6326. 
•Renoiier, 14151. 
•Renon, 26605. 
•Renovieler, 30406. [Renouveller]. 

Renvier, 23994. 
•Reonde, 2197. [Reont]. 



•Repaire,9S18. 

•Repairer, repairier, 121, 584, 1995, 

Repaironmes , v. 19872. 

Repast, 27602. 

Repenti (se), 12442. 
•Reponnoient, 50017. [Repoinre]. 
•Repont, v. (II, xx). 
•Repos,6846. 

• Repost (I, clxt). 
Repregnans (I, clxxxti). 
Reproier, 16691. 

•Reprover, 17018. 

•Reprouver, 14641. 

•Repus, 7966, 16745, 20619, 27072. 

•Repuse, 16743. 

•Requelli, 11243. 

•Rere, res, 769, 1593, 4929. 

•Res, 18709. 

•Resambla, 13706. 

Resanc, 12580. 

Resaner, 5895, 6317. 
'Resbaudir, 10325. 
•Resceure, 28794. [Rescorre]. 
•Rescoure, 25769. 

• Resgoir, 6953. [Resjoyr]. 
•Resne, 27685. 
•Resnoit, 8342. [RaisnerJ. 
•Resogner, 15938. 

• Resoignie (II, ccxli). 
Resoing, 12580. 

•Resorl,8335, 17508. 

Resoumouner, 11092. 

Resoumonst, v. 29151. 

Respeus, 27609. 

'Respites, 8919, 20238. [Respite]. 
'Resplendisoit, 12580. [Resplandre]. 

Respondu, 13711. 

Respont, 22854. 

Respria , 28905. 

Respundie, v. (II, xxh). 

Restanc, 17442,26375. 
"Restancies, 7260. [Restancberj. 

Restiu (II, xxi). 
•Restor, 9163, 23433. 
•Restouper, 26061. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



865 



'Reaurrexia, 10618. [Reaurrexi]. 

•Reter, 17145. 

•Ret&, 14178, 21214, 81749. 

Retort, 5888. 
•Retourner, 7965. 

Retrain, de retraire, 17178, 22465. 
•Retrait,7670. 
•Reuber, 25094. 
•Reubea, 6715, 11595, 24921. 

Reubeura, 27525. [Robeor]. 

Reuiaaeot, 15554. 
♦R&iser, 7569. 
•Reveler, 5294, 4052. 
•Revertia, 6511. 

Reveatia, 19087. 
* Reviaua, reviaua, 25028. 
•Reriel, 16465, 16674, 17988, 18529. [Revel]. 

A grant riviel, expression qui correspond tret- 
bien a celle-ci qu'on lit dans A Tbymo et t. II, 718 : 
rim MtrniLiA in ambitione maxima ckleiiawtoe. 
Riviaus et rMel semblent etre de la mime famille. 

•Reviele, 15401. [Reveler]. 
Revia, reuia pour reuiat? 7579. 
Reviunt, 29857. 
Revoiaae, 51112. 
•Ribaut, Ribauz, 12190, 21051 (II, 701). 
[Ribati]. 

it Lei progres da mal tont sensible* ; je n'en veux 
m pour preuve que let variations qu'ont subies dans 
» lenr acception coutumiere quelques-uns des 
» termes de notre langue. II y a cent ans qu'on 
» appelait ribaulds les chevaliers les plus distin- 
» gue*s ; c'ltait un vrai titre d'honneur que Philippe- 
» August© donnait auz barons qui me>itaient le 
m mieuz sa confiance et qui approchaient de sa 
» personne (Pasquier, Etch, de la Fr., 1. VIII, 
» ch. 4j Houard, t. I, p. 222 de ses Lois Anglo- 
m Aormandes), Aujourd'hui on appelle ribaulds les 
» ivrogne* libertins , experts aux jeux de de"s et de 
«• brelan. w De Marchangy, Tristan le Voyageur, 
11,828. 

Cette assertion est peu exacte. 11 y avail bien dans 
l'armee de Philippe- A oguste des especes d'enfans 
perdus, dont rintre*pidit«S e*tait connue et qu'on 
appelait ribands, mais ce n'e'taient pas les plus dis- 
Ungues des chevaliers, puisque Guillaume-le-Bre~ 

Tom. II. 



ton , chapelain de Philippe*- Augusta , dit : 

At per plana jacent Hibaldi cum Piquichinis, 
Et qui res propter vanities castra sequuntur. 

Voy. Du Cange an mot Ribaldi et Daniel , Hist, ds 
la milics Francaise , 1721 , I, 137. — La charge du 
Roi des Ribands existait en Bclgique au XV« siecle 
et mdme encore a la fin du XVII e , ainsi que Pattes- 
tent deux pieces publie*es dans le Polygraphs beige , 
sept. 1885, pp.50— 52. 

En voici Tintitule* : Copie des lettres-patentes du 
Roi sis Ruauss de la ville de Mons, donnies en 1420, 
par Jean, due de Brabant, comte de Hainaut, a 
Jehan Le Foytere. — Copie d'une requite pr&seutie 
en Vannie 1609, au president et d la Chambre des 
Comptes de Sa MajesU en Brabant par le nommi 
Mathieu , bourgeois de Luxembourg , pourvu de la 
charge de Rot ses Ribauds. Parmi les manuscrits de 
G. J. Ge*rard , a La Haye , il y en a deux qui portent 
pour titres : Mi moires pour servir a I'histoire des 
Ribands et du Roi des Ribands. — Melanges histori- 
ques concernant les Ribands et la charge des rois des 
Ribauds tant en France qu'aux Pays-Bos (Compte- 
rendu des stances de la Commission royale d'His- 
toire, 1. 1, p. 380, n™ 490—01). 

Jean Cousin , IV, 130 , rapporte qu'en 1338 le roi 
des ribauds de Tournay e*tait un nomine* Baudart 
Quaret , lequel avait cinquante compagnons sous 
lui , tous vetus d'une parure. Cf. mad. Clement, ne'e 
Hemery , Histoire des fites civiles et religieuses, des 
usages anciens et mod. du Dip. du Word, 1. 1, 1836 
(2«e*d.), pp. 395-398. 

'Ricaise, ricoiae, riquoiae, 2551, 2675. [Ri- 
ceace]. 
•Rice, 2419, 17905. 

Ricet (II, xxv). 

Riches (I, cliiii). 

Riciea, 1571. 

Ricour, 24279. 
♦Rien, riens, 12200, 12541 , 15881 , 16289, 
24969. 

Riere, v. (II, xlvii). 

Rieaent, 15603. 
•Rihote,7l7. [Riot]. 
♦Rihoter, 21648. [Rioteir]. 
*Ris, 14704. 

Ris couviert (a), 18747. 

Riu,2420. 

109 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



♦Riule,2609. 

♦Riulera, 18286. 

•Rivaige (I, ecu). 

•River (II, xxxi). 

•Riveraitea, 21565. [Riverette]. 
Rivoiier, 8716. 

•Roc, 26312. 

•Roe, 5998. 
La roue de Fortune. 

II y a une piece sur ce aujet dans lea Jongleurs et 
trouvercs, de M. A. Jubinal, 177 — 181. 

•Roegnie, 28984. [Roeignier]. 

•Roges, 20947. 

•Roie, roies, 15951, 17051, 31259. 

•Roiiele , 23562, 24431. [Roele]. 

•Roigniea, 24644. [Roigner]. 

• Roine (II, xliv), 18838, 19371. 
Lea Deux dialogues du nouveau langage franpois- 
italianise" , d'Henri Estienne , mettent en scene 
Celtophile, le partisan du francais et Philausone le 
deTenseur de 1'italien. Le premier s'exprime ainsi : 
« R'est-il pas beau, dites-moi, d'oulr prononcer 
reine au lieu de royne , comrae s'il s'agissait d'une 
grenouille , dautant qu'on nomrae , chez nous, la 
grenouille reine, de rana ? Bicntdt on prononcera 
rey au lieu de rot. » Ainsi Ton prononca d'abord 
roine , en appuyant sur l'tj puis royne ou roine et 
enfin reine, comme aujourd'hui. 

•Roion, 140. 

Rois (les trois). 

David Ancillon, pasteur protestant fort xele\ af- 
firme que leurs noms ont eHe* invented par le vdn£- 
rable Bede. Mdlange critique, etc., Basle, 1698, 
1,317. 

Le recueil de My stores du XV e Steele , de M. Ach. 
Jubinal , en pr^sente un intitule* : Le geu des trois 
Roys (II, 79 — 138). Ses personnages sont les trois 
rois, Jaspar, Balthasar et Melchior, Dieu le pere, 
Notre-Danie , range Raphael , Joseph , Belgibus (Bel- 
tebuth) , le messager Trotte-Menu , Hapelopin , Hu- 
mebrouet, etc, etc. 
•Roisin, 29766. 
•Roit, 22659. 

Roland's eck (II, clxxxix). 

M. X. Harmier, dans des articles sur les traditions 
allemandes qu'il a confils a la Revue de Paris (de*- 
cembre 1830 et flvrier 1837) , offre a aea lecteara une 



ballade en vers francais de aa composition ou il ra- 
conte la llgende que nous avons rappele*e en deux 
mots. II ne pouvait pas non plus n^gliger les ltfgen- 
des brode*es par la poe*sie populaire sur la ^rande 
renomine*e de Charlemagne. 

Ron, 4597. 

•Roncis, 16169. [Roncin]. 

* Rondel (II, cxvm). [Rondel e]. 
Ronks, 1136. 

*Rooignier(I, clxiii). 

•Roonde (II, lxi). 

•Roque, 30456. 
Rose , 26313. 
Rosebrant (II, cit). 

•Rosiel,7014. [Rosel]. 

♦Roslis, 25096. 

•Roumans, 11. [Roman]. 

II doit etre superflu de rappeler que le mot roman 
ne a'est pas applique" d'abord aux fictions , aux re*cits 
fabuleux auxquels nous avons reserve* ce nom, et 
qu'il de*signait tout ouvrage en langne vulgaire, 
quelque grave qu'il fut. Brantome nomme Roman 
de Bayard l'histoire du chevalier sana reproche et 
sans peur. Mais ce qui est moina inotile e'eat de 
montrer combien les le*gendes romanesquea 4taient 
autrefois rdpandues en Belgique. Nous en avons 
administre* dea preuvea nombreuses. Les edits de 
censure le demontrent encore d'une maniere invin- 
cible. Par exemple I'edit de Charles-Quint du 30 juin 
1640 ddfend le Freydanc: Een bouk ghehcetcn seven 
hondert ende vyftig duytsche sprue ken Freydanc tot 
Worms. 

La censure de PeWeque d'Anvera du lOavril 1681, 
eontient un catalogue tres-curienx de livrea inter- 
dita non-seulement dans les e*coles mais a la com- 
munaute' des fide les , de livres prohibe*s jusqu'a plus 
ample examen , de livrea de nouveau corrige** et par 
consequent tole*res dans les classes , enfin de livres 
qu'on ne pouvait lire aussi long-temps qu'ila n'au- 
raient pas 4t6 corrige*s par Pautorite* compeHente. 
Voici cette piece decisive : 

1. Boeken die niet alleen voor descholen meter ook 
verboden syn yeneralyk onder de ghemeynte : 

Parthenoples. Halegys. Maryken van Nymegen. Bet 
bagynken van Parya. Robrecht den Duy vel {Robert- 
le-Diable). Richard-sans-Peur* Wl en-Spiegel His- 
toric van Erasilien. 

2. Boeken gheheelyck voor de sekelen verboden, 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



867 



ende oek onder de ghemeynte to verkoopen, too laughs 
sy niet gheapprobeert en *y* : 

Pyramus en Thisbl. Sandryn en Lancelot. Aure- 
lius ende Isabella. Floris ende Blancefleur. Sack der 
konsten (Fortuna tus?). Onse Lieve Vrouvce clachte, 
oft Palmsondach. 

S Dese mynde van nieuws ghccorrigeert ende 
gheapprobeert , worden in de sckolen toeghelaeten , 
maerde oude onghecorrigeerde niet : 

Frederik van Gennen. Destructie van Troyen. De 
▼ier Heyms-Kinderen (Lee QuatrefUs-.4ymon). Jason 
ende Herculei. Den Ridder met den Swane (Le Che- 
vol ier au Cygne). Galien rhetor. Der tielen troost. 
D'ure des doods. Destructie van Jerusalem. Jan 
Mandevyl. Fabulen van Esopus. Hanierlyke seden. 
De verduldighe Helena. Lee dialogues de Marchan- 
diee. 

4. Boeken die in de echolen niet en moghen ghe- 
brvikt worden voor dot ey neerstichlyk ghccorrigeert 
ende acktervolgende de ordonnantie van synen Eerw. 
gheapprobeert sullen wesen : 

Ghenoeghelyke exempelenoftKluchtboek. Tnrrias 
ende Floretta. Valentin ende Ourson. De Vll blyd- 
achappen unO L V. Peeter Tan Provence (Pierre 
de Provence et la belle Maguelonne). Buevyn ende 
Susiame. S. Anna leven. Alexander van lets. Den 
ridder Galmi. Florent ende Leon. Pontus ende Si- 
donie. De schoone Lionella. Milusine. Hugo van 
Bordeaux. De VII vroeden van Rome (Lea sept sages 
de Rome). De LXXI nieuwicheden. Trots corns' dies 
francaisss. Los heuree do ricriation Doctrinal de 
la Sapience. Los douse dialogues. Institution de la 
femme chritienne. 

Voila des livres dont on se servait journellement 
dans les tfcoles, dont les fait*, les images, les idees 
s'infiltraient dans l'imagination des 1'enfance et qui 
tftaient dans tous les souvenirs comme dans toutes 
les mains. Eat-il un peuple qui puisse se vanter d'un 
fonds de poe*sie populaire plus riche que ces Beiges 
auxqnels on refuse si volontiers le sentiment et l'ins- 
piration poCtiques? Cf. F. Wolf, Ueber die altfr. 
Eeldonyed^Wiea, 1833, iii-8°, 20, 37, etc. F.J Bone, 
Vebersicht der Niederlandisch Volks-Literatur aelte- 
tor meit. Tuebingen , L. F. Fues , 1838 , in-8°, pp. 15 
—17, etc. 

Ce dernier livre nous parvient quand notre tache 
d'e*diteur est acheve*e, ce secours nous arrive quand 
notre siige est fait. Hous le regrettons sincerement. 
En effet M. Hone, si riche de dlcouvertes et de vues 
nouvelles , touche un grand nombre de points que 



nous avons aborde"s. Toutefois ce philologue, tou- 
jour* pr^occupe* d'origines germaniques , constam- 
ment dispose a tout expliquer par elles , n'avait pas 
encore eu connaissance des publications romanes les 
plus recentes. 11 attend specialement sur ces sortes 
d'ouvrages que lesAllcmandsappellent Volksbuchem 
et passe en revue line foule de redactions flaman- 
des, de legendes romanesques connues, telle* que 
celles d'Oger-lc-Danois, des Quatre fils Aymou , due 
de Dordogne, Dordone ou plutot d' Ardennes, de 
Roland, de Garin-lc-Lorrain , de Garin de Mon- 
glave, du Chevalier au Cygne j il cite entre autres , 
ce passage trcs-remarquable e*crit par Bollandus , en 
1643, Acta SS Jan, I, p. 386 : Miror tolerates hoc- 
tenus sos libros, qui Madelgisi , Viviani filiorumque 
II ay moms fictitia bella commemorant , ita ad oblec- 
tationetn I e gentium, ut interim superstitiones varias 
ac magics studium animis instillent ( Cf. notre 
quatriime mem. sur les deux premiers siecles de 
I* Univ. de Louvain, p. 06). Tous ces re*cits se rd- 
petent encore dans nos campagoes flamandes qui 
ont aussi leur bibliotheqve bleue a laquelle on n'a 
pas jusqu'apre'sent accorde* assez d'attention. 

En derniere analyse, au moyen Age les plaisirs de 
l'esprit rfetaient pas le privildge exclusif des cha- 
teaux, fflalgre* l'ignorance et la vie plnible des 
classes infe*rieures , la polsic y pe*n£trait comme 
pour les consoler et les anoblir. If. Granier de Cas- 
sagnac, qui vient de mettre au jour VHistoire des 
classes ouvrieres et des classes bourgeoises, ne 
s'est pas arrele* a ce point de vue. Nous le recom- 
maudons a M. A. Thierry , dans ses annales du Tiers- 
fctat. 

•Rous, 7445. 

Rousais, 19161. 

Rouses, 20580. 

•Route (I, xcvn), 7368, 13026, 14452, 21484, 
24819, 27154, 27600. 

Voir sur ce mot la note de M. Chalon, Gilles de 
Chin, p. 212. 

♦Routiers, 18973. 
*Rouveleote, 24043. 
♦Rouver, 8187, 17807, 19663. 
'Rouvisons, 12493. 

Dans Thymne de S'e-Eulalie (Elnonensia, p. 6) : 
Ad une specie li roueret lolir lo chief. 
Et plus bas ruouet. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



*Royet(II, 697). [Rote]. 
•Rubeatea, 16198. 
¥ Ruee, 3995,29992. [Rueez]. 
'Ruecea, 25909. 
♦Rueve,7631.[Ruever]. 
*Ruia, 24102. 



Ruiataice, 18355. 
Ruiatement, 7130. 
♦Ruit, 20674. 
Rutea, 17505. 
Runt (II, mix). 



S. 



'Sablea, 24197. 

Sablon,7485. [Savelon]. 
'Sacana, 14288. 
*Sachier (II, xxit). [Saker]. 
'Sacier, 7837, 22899. [Sacher]. 
♦Sacre, 27559. 
'Sacrea, 12838. 

Safira,1821. 
*Safre , aafr<S , 2673. [Saffre]. 

Sur ce mot voir la conjecture de M. de ■artonne , 
Parise la Duchesse, p. 148. 

♦Sagea, 18177. 

Sages dca arta ,512. 

Sai , 16792. 
'Saieler, 6468. 
♦Saiiel, 1105,2519. 

Saim, 12590. 
* Sain, 28481. 

'Sainner, 16615, 24124, 28455. 
'Sainnie, 1442,23571. 
*Sainnier (II, xxi). 

Saina, 2519, 4338, 7549, 28504, 29294, 
29361, 30015, 30873. 
♦Sainti, 8975, 16337. 
'Saintuaire, 8007, 10826, 25122. 

Du Cange tar Villehardouin, p. 860. 

*Saiaine,9085. 

Saiaaon, 27460. 

Sait, 19874. 
'Sale, 14039, 21467. 

Sale (II, cci). Foy. aale, aalade. 



Salt-perdut (II, cxix). 
'Samblant (par), 25487. 

Sanblance, 24552. 
♦Sanblana, 8714. 

* Saner, 2211. 
Sanlavlea, 13256. 

* Sana, 17432. 
Sanarenart, 23764. 

'Santuaire (II, clixii). [Saintuaire]. 
♦Saoler, 9100. 

Sapinea, 22002. 

Sapina, 17154. 

Sarcler, fora aarcler (I, clxxxix). [Saucier]. 
'Sarqu, 11843, 15168. [SarqueuJ. 

Mart le* ha pria ei mis en set smreus. 

Ritmes et refrains toumesiens , p. 26. 

Gf. Le Roman de Gxllet de Chin, p. 813. 
*Sarraaine (II, ciy). [Sarracene]. 

Sartana, 14383. 
*Saa, 25320. [Saaael]. 
*Satanaa,6773. 
*Satenaa (II, xxvni). 
*Saudeea(II, ccxlu), 10807. 
*Saudra, 25193. 
'Sauf(en), 12751. 
♦Saumea,8731, 17509, 30786. 
*Saumiera, 6701. 
•Saua, 10886, 11853, 27713. 
•Saut, 10226, 17075, 18801. 
*Sauvaigine (II, civ). [Sauvechine]. 
•Sauvegine, 2402. 
'Sauvement, 29383. 



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GL0SSA1RE ROMAN. 



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•SauY«te\ 11559. 
•Sauvine, 10595. [Striae]. 
♦Sauvoir, 28464. 

Save, 3751 (I, 616). 
•SaYelon , 17451, 22526. 

Savie, mal icrit aa vie et a'avie (I, 610) , 761, 
1488, 5487, 9124, 20097, 26507. 

Savoir (par), 24964, 25720. 

Savommea, 21229. 

Se bien non (II, 696). 

Secce, 10554. [Seiche]. 

Secona , 18988. 

'Secrer, 18770. Rime. [Secret 
•Secroi, 19892. 

* Segurement , 4451. 
'Segura, 9754. 

Seiaaiat(II, in). 
•Sejor, 21620. 
'Sejour, 12492,50784. 
♦Sel, 51076. 
'Selonc, 26656. [Selon]. 
'Semonpe, 14102. [Semondre]. 
'Semont, 9845. 
'Semprea, 10601 (I, cliit). 

S&iaua, 2288, 24115. 
*Sene (I, cxcvi), 5911. 
♦Seneacal, 12791. 
*Seneacaua, 15574. 

* Senne, aeane, 5116, 5460. 
'Sens, 8190, 12254, 15501. 
*Sentea, 9755, 15519. [Sentaine]. 

Seriemea, 8190. 
'Serorgea, 20528. 
•Serors, 18504. [Serenr]. 
•Serour (I, ccl), 785, 12755, 19008, 20479, 
20716,22989,25277. 
♦Serourges, 15274. 

* Sera (II, ccil). 
Seailloia (II, 700). 

•Seane, 1258. 
'S«hi,v. 27066. 
'S«hiia,5067. 
•Seule, 17198. 
*S«hir, 26950. 
•Seure, 20867. 



S&ira , 8719. 
*Seuptance, et non paa seuretance , 3214 
(I, 618). 

SetiPtea et non paa seurete, 1021, 1510. 
•Seua, 16665, 
♦Seut, 24449. 

*Sevree, ae?per, 7278 (II, clxxivi). 
*Sevrer(au)(II, 696). 
* Si, 18626. 
•Sicamora, 10902. 
*Sie\ 2250. 

* Siege, 15490, 26655. 
Sieghe, 20366. 
Siele, 6047, 15771. 
Sierc, v. 19306. 
Siere, 9710, 29449. 
Sierf , 7827, 9863, 19409. 

*Siergana, 15518. [Siergeantj. 

* Stone* , 14886. [Sierrant]. 
Sierre, 25626, 24788. 
Siera, 936, 1266, 14085. 
Siervip, 26921. 

Stea, 24006. 

Siet (aept), 27917 (I, clxh). 

Sietme , 9772, 13643. 
♦Sigler, 64,12967, 19840. [Sigle]. 

Signap, 18707. 
*Signor, 14455. [Signopaige]. 
•Signorage, 29252. [Signerie]. 
*Signorie,2021. 

Signoril, aignouril, 1287, 2743. 
*Signora, 18822. 

Signour, 222. 
. Silla , 29758. 
•Sillierent, 19457. [Silir]. 

Simplea, 13149, 13599. 
•Simplete, 4974. [Simpleaae]. 

Sinatoura, 17250. 

Siolt, v. 26367. 

Siout, v. 20111, 22998. 

* Sire, 2686, 7660, 9490 (I, clxiii, ccl), 20390, 
22999, 25027. 

La qualification de tire, jadit ti honorable et si re- 
cherohe'e, pasta aux marchands et fat rdserv^c a eux 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



seuls. Du Fail, dans ses contes d'Eutrapel, publics en 
1620, a dit « que depuis trente-cinq ans s'ltoient 
» perdue et retires ceu beaux et honestes mots de 
» maitre , pour les gens de justice et de sire, a Pen- 
it droit des marchanda , se faisant qualifier du mot 
» de monsieur. » 
La Ravaliere, sur Thibaud de Champagne, II, 291. 

Sire (sur), 24626. 

Siretet , 19315. [Sirerie]. 

Sis, 4588. 

Sisent , 68. 
♦Sist, 16288. 
•Sistes, 456. 

Siucent, 18397. 
♦Sivre, 21571, 25063. [Siyir]. 
'Soeler,5061. [Soel, soler]. 

Soelez (II, ccxl). 

Soentre, 1025, 3475. 

Soffisce, 11063. 

Sofraina, 27383. 
•Sofrance, 17589. [Souffrance]. 

Sogire, 27945. 
•Sogite, 15314. [Sougi]. 
'Sogne, 3408. 

*Sognentage, 2761. [Soignatange]. 
"Sohaidier, 7427. [Souhaidier]. 

Sohais, 28710. 
* Soie , 413, 1078, 24363, 30325. 

Soit,*oif, 3058. 
*Solau8,6851. [Sol]. 
'Solier, 21196. 
*Solle,7633. 
•Sollera, 11450. 

Le St-Sabaton, Soulier de la Vierge, est honored a 
Rhodes tous les samedis, par allusion a Sabaton ou 
savate et a Sabbatum. Ducatiana , I, 120. 

♦Soloie, 9354. 
♦Soloit, 50622, 30782. 
*Som, some, somme, sum, 2947, 5581, 3591, 
6429, 15385, 25898, 26564, 29715. 
•Sonje, 13269. [Songeir]. 
*Soptiua, 5983. [Soupliu]. 
*Sor, 24044,26667, 29490. 
"Sor-bauzan (II, xiv). [Bauaant]. 



Sorbe, 24504. 
"Sorber, 22415. [Sorbir]. 

Sordine, 22424. 

Sorent , 25019. 

SWnt, 12979. 
•Sorre, 12263. 
♦Sos, 24522. 
♦Sole, 716, 25455. 
♦Solie, 15876. 

Soacorre,2518, 19672. 

* Soudee , voy . Saudeea. 

Du Cange sur Villehardonin , p. "370, invoque 
Ph. Houskes. 

Souferrai (m'en), 28045. 

* Soufraite , 5522. 
'Soufrance, 50864. 
♦Soufrans, 10659. 

Sougnant, 500, 776. 
'Sougia, 15417,25765. 
•Sougne, 25295. 

* Sougrestainne , 4107. [Soogretain], 

* Souhaidier, 22566. 
'Soujor, 15912. [Sejor]. 

Soujour, 8602. 

Soumiera, 17158. [Sommier]. 
•Soumonat, 29152. [Somondre]. 

Soundre (I, xc?i). 

Sounes, 15564,21758. 
•Soupea, 21671. 

Souple, 21559. 
♦Souploiier, 50512. 

Soupoulia, 10795, 28454. 
*Soupouture, 282. [Sepouturej. 
•Sour, 201, 12256. [Sor]. 
•Sourcot, 2925. [Surcot]. 

Souronder, 15108. 

Sour que tout (en), 15555. 

Sourpuet, v. 17855. 

Soua-diakea, 25261. 

Souspena, 50505. 

•Soutil, 575, 1675, 1906. [Sou tiex]. 
'Soutiua, 10455. 
•Souvina, 7271, 14522,25890. 

Souvraina , 8767. [Surerain.] 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



871 



S0UI (11, CCLTll). 

Squiele (II, xriu). 
•Suefrent , 7080. [Saeffrer]. 
•Suelent, v. 22423, 31264. [Suelt]. 
•Suen, 28306. 
•Suens, 16109. 

•Suer, 17089, 18262, 19369, 20721 , 23128 , 
23215, 24415. 



Suleie , v. (II, xti). 
'Summe (I, xcvi). [Sume]. 
•Sunt, v. (II, xxx). 

Surdeis (en) (II, xm). 
•Sure (aigre), 31013, 31165. [Surete]. 
*Suzcele(II, xix). [Surselle]. 
•Sua (II, xxiv),7794. 

Suz (II, xm). 



T. 



*Tabor«, 6086. [Tabour]. 
CI. larot, XI ballade : 

Fiffrei, U hours, ion net en htrmonie. 

•Taboureurt (II, cclii). [Tabourdeor]. 

Tacbebrun (II , cxix). 
•Tai, 16964. 
•Taie, 20603. 

Taillie, 22721. 
•Taion, 14032. 
•Taisant, 26986. 
•Taisir, 11097, 16925, 26558. 
♦Talens, 50758. 

Talon, 25620. 

Tamaint, 1815, 2811. 
•Tans, 13104, 13909, 16065, 26053. 
•Tapin, tapine, 955, 1636. 
•Targa, v. 13607. 
•Targer, targier (I, cxci), 13607. 
•Tarjer (I, clxtiii). 
•Tart, 13877. 
•Tasque, 6375, 25443. 

Tasson, 8280. 
•Taster, 19842. 

•Tece, teche, teke, teiche, teque, tesche, 
500, 1957, 9253 (I, clxxtiii). [Tecbe]. 
•Telier, 24453. [TeiUier, teleron]. 

Temper, 6571. 
•Temple, 19544. 

Templiers, 5513,30459. 

Une anoienne chanton latine du Xll« sieole sur la 
conquete do la terra sainte par Saladin en 1 187 , 



chanson public par M. Von Aretin, Beitraegen sur 
Geschichte und Literatur, Bd. VII, Munch, 1806, 
fol. 297, ff. vgl. Bd. IX, s. 1300, et par M. Fr. L. Von 
Soltau, Ein hundert deutsche historische Volks- 
lieder, Leipx. 1836, s. 36, offre la strophe sui- 
▼ante : 

Salad i no igitur terram sic ingresso 
Rex atque Templarii currunl ex adverso , 
Tolis obstant nisibus barbary) perverso, 
Cupientes populo subvenire presso. 

Voir sur lea Templiers Raynouard , Monument 
hist, relatifs d la condam nation dea chevaliers du 
Temple et a V abolition de leur ordre. Paris , 1813 , 
in- 8°, De Hammer, Mysterium Baphometi re vela- 
turn , Max. Millauer , Boh mens Denkmale der Tern- 
pelherrn , Prag., 1822, etc. — Le recueil de chants 
historiques de M. Von Soltau dont on vient de trans* 
crire un passage, contient plusieurs pieces relatives 
aux Pays-Bas. 

•Tempore, 20920. 
•Tempre, 31202. 

Tempre et tart , 24917. 
•Tempres, 21594. 
•Tenant, 27746 (II, 701). 

Tenc, v. (II, xxu). 
•Tejicer, 71, 26426, 30094, 30498. 

Tencbe, v. (II, xxxi). 
•Tencon, 4656. 

•Tenement, 13180, 27233, 29722. 
•Teneure, 1171. 

Teniecle, 17745. 

Tenies, 24560. 
•Tenser, 8693, 21220, 23784. 



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872 



GLOSSAIRE ROMAN. 



'Tenserie, 15595. 
'Tenure, 9203. [Tenuere]. 
*Teqes, 18268. 

*Terrestre(II, xvm). [Terrien]. 
*Tes (I, cxcm). 

* Teste, 21690. 

*Teus, 1475. [Tex, tieuls]. 

Teus, v. 20220. 
'Tiere, 18231. 
»Tierc,4912. 
•Tierce, 17658, 18852. 

Tiercious,7220. 

Tieriien , 1477, 27328. 

Tierme, 30464. 

Tieroit, 30159. 
'Tierres, 16000. [Tiere]. 
*Tiesmoins, 2548. [Tesmoing]. 
'Tieste, 22708. [Teste]. 

Tieve, 12614. 

Ttevoiant, 12617. 
*Tiex(I, clxxy). [Tieuls]. 
•Tille, 25386, voy. Boton. 

* Timbres, 6100. 

* Tinel, tynel (II, n), 12190 9 baton, trique, 
massue. Renouart-au-Tinel {voy. Renoart). 

Les Miracles de ^-Genevieve, mystere du XV« 
siecle , public par M. A. Jubinal ( Mysteres inidits, 
1837, I, 230) offrent cette allusion : 
Qui a plchie* originel 
' El fut Renouart-au-Tinel , 
Pose" qu'il n'ait autre malice , 
Est dampnc* s'il meurt en ce vioe, 
G'est sentence diffinitive. 
I/£diteur, comme nous Pavon* dit , trace ensuite 
dans ses notes l'histoire de Renouart, a l'aide d'ex- 
traits du roman d'Aimeri de Narbonne , que H. Tho- 
massy, ancien e'leve de re*cole des chartres, se 
propose, assure-t-on, de publier prochainement. 

Renouart fut acheti sur mer par Louis-le-DeTjon- 
naire et nourri en la cuisine de ce prince : 

Dit Loeys : « Je l'acbetai sus raer 

m De marcbeans , C mars en fis doner. 

b Ensemble o moi le fis ci amcner, 

» Et il me distrent fils iert a I escler; 

» Assez souvent li ai fct demander 

» Quel est son pare: Me* n'el veut nommer. 

>» ...En ma cuisine 1'ai fet tous dis ester. » 



Louis le cede a Guillaume d'Orange qui le traite 
comme lui , mais Renouart , fatigue' de cette Tie , 
demande a suivre son maitre a la guerre , et jure de 
ne porter d'autre armure qu'un tiuel ferri. 

En I jardin vet I arbre coper : 
Cil cui il fn ne li osa veer. 
Gros fu et grant , ce vous veull afrenter. 
.... I charpentier l'a fet mull bien doler, 
A VII coslieres ouvrer et escbapler , 
Et puis le prist , n'i vout plus arrester. 
Vint a I fevre , si le fist bien ferrer 
Et de bon fer tout environ bender. 
Et si li fist un grand anel souder , 
Par <juoi le pot et sachier et lever. 
Ne le peussent VII yilains remuer. 



Quant le tinel Renoart fu ferret , 

Mist s'a la voie , si s'en est relournei.... 

Et Renoart est el pales monies. 

... Dist Tun a l'autre : « Ou ira cest mauffex? 

» Voir bien doit estre Renouart apcles , 

n Gros tinel porte et pesant et quarrel, n 

One puis cele beure que tous dire m'oes , 

Icclui nom ne lui fu remues : 

Toute sa vie fu Renouart clamea. 



•Tirant, 5819. 

•Tire, 5426, 7437 (I, ecu). 

Tirer (s'i), 20547. 
•Tisson, 17167. [Tison]. 

Tiunt, 18449, 1 20494. 

Tizon (II, cv). [Tison]. 
'Tocer, 2191. [Toicher]. 

Toel, 20699, 20979, 28520. 

Toenart , voy. Tuenard. 
•Tolir, 2297. [Toller]. 
'Tonniel, 24376. [Tonnel]. 

Tonniu, 1140. 
•Tor, 23833. 
•Torbe (I, xcti). 
'Torbtes, 51.[Torbeir]. 
• Torment, 26899. [Tormente]. 
•Torneis, 25911. 
*Torner,1483. 

•Tornoi, 28769. [Torneement]. 
*Toroit,v. 29893, 30061. 
•Torra,v. 30028. 
♦Tors, 12382. 

Tort (ains qu'ele en), 20818. 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



873 



* Tori (tourne), 98805, 50078. 

* Tot, tout, 9656. 

Tot, de tollir, 5297. [Toller, toudre]. 
•Tottant, tot tant, 2549, 12174. 
•Tot, 15604,19840. 
•Totea, 29784. 
*Toacer, 9466. 
•Toudit(a), 19136. [Tosdis]. 
•Toudrei (I, clii). [Toudre]. 
•Toueller, 27755. [Touiller]. 

Toulielet, 2852. 

Tour, tour francois, 12454, 17251, 21894, 
50657. 



▲ torfrmcois etnmi 1« lit l'estent. 

Rommncero frmncmis t p. 40 
Bt Garias trait l'eip^e qui mout fait a loer, 
Cil le ra par les flans a ses deus bras cobrer, 
8i fait un torfrmneois , jus le cuide Terser, 
Mais Garios fu si fori que n el put remuer.... 

Hemaus est recules vers un roeber creu.... 
Un tor francois li fait dont il est sorenu , 
Qu'en s'enfance ot appris d'un Eagles Cornabu , 
Rernaut leva de terre , come un rain de seu , 
Si le geta da rant , sor un perron cornu. 

Roman ined. de Garin de Montglave. 

Tour (en autre), 19558. 
•Tourblea, 17985. [Trobler]. 
*Tourte\6047. 

•Tourt (tourne), 28046. [Tort]. 
•Tourtefla), 14623. [Tourtai]. 
•Touae, 15895, 18545. 

Tout le pas, 21601. 
•Trader, 18725. [Tracer]. 
•Traians, 16062. 
•Traices , 16956. [Treche]. 
•Traier, 7588. [Traire]. 

Trainer, 41, 27082. 

Trainet, 17901. 

Trair, 1818. 
•Traire, 17805, 18173. 

Trait, 16059. 
•Traise, v. 20181. [Traire]. 

Traitime , 27046. 
•Traisissent, 38309. 

Traiton,6685. 

Traitton, 22950. 
Tom. II. 



Trait (a), 18591,19252. 
•Traitour, 50981. [Trahitor]. 
•Trameaist, 752. 
•Trametre, 6218, 15668, 20577. 

Transi, 11010, 25558. 
•Trape, trapes, 4071, 15126, 50768. 
"Traus, 26062. 

Traval, 3815. 

Travel! ie (I, clxiz). 
•Treble, 5976, 9755. 
•Tr&uket, 22640. [Tr^buchel]. 

Tr^bukiaus, 20952. 
•Trecerie, 20517. [Tricherie]. 

Trecier, 54, 1142. [Tricher]. 

Le mot tricerie eat reste* en anglais. Shakfpeare 
dam le Roi Jean : 

Paying the Jin* of rated treachery 

Even with a treacberous./fji* of all your live*. 

Voici un joli exemple de l'emploi du mot tricher ; 
II eat tire* de Partonopeus de Blots : 



Si doit roourtr que {qui) s'amor triche; 
Qui dame triche et qu'il li ment 
Tres qu'ele l'aime loialment , 
Cil soit par tot le mont trabis 
Et mal menea ct mal baillta. 

•Tref, 14110, 17402, 22550, 26581. 
•Tremelere, 17009. 
•Tremerel, 17009. 

• Trencier, 20179. [Trenchier]. 
•Tres, 13531. 

• Tres 9ouqu% 12539. 
Tres dont en avant , 16216. 

•Tr&ailli, 29426. [Tressaillir). 

•Trespat, 12648,17731. 

•Tretpate, 29585. 

•Trett, 6127, 6132, 20169; du verbe trere. 

•Trettornei (II, ccxliii). 

•Trestot, 17693. [Trestos]. 

Trettout , 2500, 50392. 
•Treu , treuage , 187, 12980. 
•Triboul, 14541. [Triboil]. 
•Trienteitme, 13807. [Trentitmet]. 

Triet (II, xi). 

• Trittour, 20742. [Tritteur]. 

110 



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874 



GLOSSAIRE ROMAN. 



*Tristre,8754. 

*Triuwe, 16777, 19536, 25850. [Trive]. 
Trive (I, ccxxvi). 

Au siecle de Gregoire de Tours , qui florissait en 
573, les clemens d'une bonne Education Itaient Vir- 
gile, le code The*odosien, le calcul. Tel fut Pobjet 
des e*tudes d'Andarchius : De operibus Virgilii, legis 
TheodosianoB libris, arteque calculi adplene eruditus 
est. Hac igitur scientia tumens , despicero dominos 
coepit. IV, 47. H. J. Guadet, Tun des derniers traduc- 
teurs de Phistoire des Francs, remarque qu'on eHait 
alors loin du trivium et du quadrivium des XII C et 
XHIesiccles (II, 137). Cependant lartianus Capella 
avait deja e*crit son traite* des Sept arte libe'ravx , 
Ifartianus cite* par Gre*goire lui-meme a la fin de son 
dixieme livre. Les Sept arts, qui n'&aient que le 
trivium et le quadrivium rlunis et que Gregoire de 
Tours passe en revue , entraient done dans le plan 
d'une Education parfaite, du temps de cet e*veque. 
( Nous ferons observer a cette occasion que M. Weiss 
qui, dans la Biogr. Univ , VII, 62, donne la liste des 
Editions de Capella, a omis celle de sa Dialectique, 
imprime*e avec les topiques de Cice>on a Leipiig, 
en 1510 , cbei Melchior Lotter, in-fol. J. A. Fabricius 
et J. A. Ernesti ont fait la meme omission. Bibl. 
latina, Lipx., 1774, III, 817). Voir notre Troieiime 



mimoire sur les deux premiers sticles de Vuniv. de 
Louvain, pp. 2 — 7. 

"Trives, 5266, 22320, 23474. 

*Trompea, 21769. 

•Trompeur, 9412. 

•Troaque, 101,5038. 

"Troveora, 12190. [Trouvere]. 

•Truandisse, 24944. [Truandie]. 

*Trueve(I,ci.xiv). 

•Truies, 25912. 

"Trim, 2813. 

♦Truis, v. 14476, 14912. 

•Trulle, 17206. 

Tuenard (II, x). 

Tuer, 14359. 
♦Tuit, 13381. 

Tume (tombe), 29710. 
* Tumeriaua , 25884, 
♦Tunikiel , 23864. [TuniceUe]. 
*Turc, 26461. [Turcois]. 
♦Turcoples , 29323. 

Turquie\ 25015. 
*Tyne, tine (II, m). [Tine]. 

Tyner (II, m). 



*Uel, 16865. 

'Uitme, 13647. [Uitieme]. 

Umlement , 9638. 
♦Umles, 30337. 

Un et el (et), 12189. 
•Una, 17798. 

Urinal , voy. Mire. [Orignal]. 

Gilles de Gorbeil , me* dec in et poete , qui florissait 
vers la fin duXII* siecle, dans son traite* de Urinis : 

Dicttur Vrina quia Jit in rent bus una, 



Aut quia quod tan git , mordet, dessecat et urit. 

Dans le roman de digis, les m£decins prononcent 
sur P&at de Flnice, apres avoir examine* son urine. 
Cette mauvaise pratique a dure* long-temps, aussi 
dans la comldie des MathAmaticiens du hollandais 
P. Langendyk , y a-t-il un personnage appele* le doc- 
teur Urinal. 
»U8lemena,6198. [Ualer]. 
CI. Mtrot I J* ballade : 

Les grans poissons faisoient lauu et hullees. 

•Uat,v. (II, xv). 



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GLOSSAIRE ROMAN. 



875 



Vacet, 26827. [Vaqae]. 
Vaiche (I, ecu). 
•Vaillan8,241, 587. 
Vain t re, 4811,4819, 27018. 

PourSarrasins vmintre el conquerre, 
Et Sarrasins vaintre et lor gill©. 

Roquefort ne donne pas vaintre, mait il fonrnit 
aveintre et e'est ce mot que Ton a preTlre* en inter- 
prltant l'hymne de sainte Bulalie (Hotrod, de notre 
second vol., p. cexe, et Elnonensia % p. 24). 
Foldrent tapsimtrs U Deo inimi. 

Malt , comma on toit, veintre on vaintre peutent 
egalement se soutenir- 

•Vair,2926. 

Une chanson anonyms, extraite d*nn MS. de labibl. 
de Cambrai, par X. Le Glay, publico par K. H 6 cart 
et rlimprimle par H. Arthur Dinanx , present e ce 
passage : 

Son dm bias fait a devi* , 

Si valr oel formiant , 

Laroo d'embler caer d'amaot. 

fair o$l, mil bleu,dit X. A. Dinanx; « le vair, 
ajonte-t-il , 6tait une riche fourrure blanche et bleue 
dont usaient les rois de France (et d'autres person- 
nages) au moyen age. Voir oel est une charmante 
expression pour depeindre en un seul mot la douceur 
dnbleu de la prunelle, se dltachant sur le blanc de 
1'cdU. » Ce commentaire est ingenieux , mais n'y a-t-il 
pas un peu de raffinement ? Lee trouviree Cambri- 
«*#*#, Paris, Techener, 1837, gr. in-8*, p. 84. 

•Vairon, 7083. 

•Vaiv^e, 14868. 

•Vake, 1136. [Vaquc]. 

•Val, 18297. 

•Vallais, vallait, 1677, 7060, 29164. [Vallet]. 

•Valiant, vaillans, 241, 387. 

Ce mot, comme on Pa remarque* , s'appliquait aussi 
aux femmes, et n'impliquait pas n6eessairement 
l'idee de cette vaillance dont les amaiones e*taient 
fieres et que d'autres personnes dn sexe ont dtf- 
ployec. 11 indiqnait plutdt la reunion de la plupart 
des qualitls qui font aimer une femme : la beauts 
derail sans doute y etre comprise. Sous ce mot 



beauti nous atons parlc" des trente perfections c6\6- 
bre*es par divers poetes. Hous pouvions ajouter qu'el- 
les se trouvent paraphrases en vers francais dans 
un re*cit, malheureusement tres- obscene , de I'^s- 
pion anglais, X, 204—205, d'apres des Ters latins 
de Jean Reviianus, auteur, dit ce lWre, d T un poime (/) 
intitule : Sylva Nuptialis. 

Valiant, en wallon, signifie actif. Les surnomsde 
Valantin et de Valantine , donnls aux fiances dn 
premier dimanche de careme , ne sont peut-elre pas 
sans rapport avec cette signification. 

"Valles, vallet, 17102, 25655,29321. 

•Valour (I, clxxvii). [Valor]. 

•Valt(I, exem). 
Valu, 17256. 
Vant, v. (I, clix), 21646,24549. 

* Vassal (II, xnx). [Vasal]. 

On s'est beaucoup tourmente* pour trouver F ety- 
mologic de ce mot qu'on a cru sortir du moyen age , 
sans faire attention qu'il appartient a la legislation 
romaine la plus recuse. Aulu-Gelle, dans un entre- 
tien qui a lieu sur la place du marche* a Rome, sup- 
pose qu'on demande a un jurisconsulte ce que signi- 
fient quelques termes qui se trouvaicnt dans le 
troisieme livre des Annales d'Ennius et meme dans 
la loi dei Douse Tables. Le jurisconsulte s'excuse de 
son ignorance en disant qu'il n'a pas (Hudie le droit 
des aborigines et des Francs, et il fallut qu'un poete 
pass&t par la pour tirer d'inquie*tude les curieux in- 
terlocuteurs. Or, parmi ces termes se trouvaient ceux 
de vae et de subvas, e'est a-dire de vassal et d'ar- 
riire-vassal. Gell. lib. XVI, c. 10. Les Alem. tit. 
LXXXIX, § 3 j Marculf. L. II, form. 17 ; Lex Bajoar. 
Tit. Ill, Cambro-Brit. Gwas, compagnon, Du Cange, 
VI, col. 1425; A. Granier de Cassagnac , Hist, dee 
classes ouvrieres et dee classes bourgeoises, Paris, 
1838, 247—249. 

Vassal ber (le) (I, clxxxti). 

♦Vaeaua, 217, 1716, 1743, 7001, 14292. 

*Vassaux (I, clixtii). 
Vasselemente , 19376. [Vassaument]. 

'Vavasors, 12142. [Vavasseur]. 

¥ V<fer (I, clx). 

•Veisin (II, xti), 22675,23220. 



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876 



GLOSSAIRE ROMAN. 



'Velle, 23984. [Vele]. 

Vendi, 13446. 
•Vener, 17787. 

* Veniance , venjance ,835. 
•Venir, 13383. 

Venisson, 14871. 

* Venjance, 23845. 
*Venjer (I, clxtiii). 
'Venqueres, 6023. [Vainkierre]. 
•Venra, 24648. 

Vens (de), derens, 19538. 
Vent, v. (II, xxi). 
'Ventaile, 15529,22898. 
Ventalles, 6862. Lacies, ib. 

* Venter, 1249. 
*Veoumes, 21635. [Veomes]. 
*Vergoigniez (I, clxii). [Vergonder]. 
*Vermaus, 3342. [Vermail]. 
*Verte(lI, xly). [Vertez]. 
'Vesqes,3122. [Veske]. 

♦Vesques, 336, 3122, 16212, 16749, 20443, 
22777, 24999, 26639, 26667, 26867, 27818, 
29653. [Veske]. 
♦Vesqui, 18185. 

Vesquies, 1199. 

Vestie (I, clxtiii). 
•Veules, 4370, 27478. Mot conserve. 
•Viaire, 12330. 
*Viautres, 6714. 

Vielanti, cheval, 5829 (I, 621), voy. Viel- 
lanlin. Dans le vieil auteur allemand Konrad , 
Velenthih. 

Viellantin, 4493 (I, 621, II, cix). 

Viellantu, cheval, 7885. 

Vier, v. (II, lii). 

Viers, 20917, 24663. 

Viersant, 24827. 

Vierti, 19541, 22436. 
♦Vi&, 21063 (II, xxxi). 

Vies-toi, 24103. 
'Viesprir (aviesprir), 674. [Vespre]. 
♦Vigerous, 14014. 
'Vignes, 22382. [Vignau]. 
♦Vignon, 26178, 27094. 
•Viiele, v. 17066. [Vizier]. 



•Vilaites, 21564. [Villotte]. 

Vileynez (I, xcvi). 

Villa, 24097. 
♦Viltance, 783. 
•Vin, 21671. 
*Ving, 26544. [Vint]. 
•Violt, 11128, 19727. [Volt]. 
'Vios, 24198. [Vies]. 

Viosantis , cheval, 7953. 

Vious, viout, 2235, 4472, 23496, 28611. 

Viousantit , cheval , 8042. 
•Vir, 24686. 
*Viree (II, xxvi). 

* Virgene, 3828, 10567, 12194, 15518. [Virge]. 
♦Virgne, 17211, 18472. [Virge]. 
♦Vis(vivant), 28925. 

*Vis, visage, 5525, 19740, (I, cwiv). 

Da Gange snr Villehardouin , p. 870. 

Vises, 3121. 

Viseus, 18999. [Wiseux]. 

Viseuses, 2854. [Voiseor]. 

* Visnage , 16099. 

*Vis-quens, 14991, 21659. [Visqueux]. 
♦Viste, 253, 257. 

Viste, 22461. 
•Vitore, 1149. [Victoire]. 

Viunt, 14544. 
*Viute, 16943. 
*Voel, 6268, 20216, 27304. 

Voellance, 25594. 

Voellans , 27122. 
¥ Voie, 31240. 

Voilent, 30058. 
♦Voir, 89, 8115, 24952. 
♦Voir(de), 13847, 23538. 

* Voire, 20236, 26468. 
•Voirs, 25748. 
♦Vois, v. 14477. 

*Voisse (s'en), 15510. [Voiser]. 
'Volage, 25366. 
♦Volentet, 18765. [Volente]. 
♦Volentiers, 28469. 
*Vosist , 1255, 1499, 18727. 
♦Vor&, 17324. [Volsir]. 



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GLOSSAIKE ROMAN. 



877 



'Vorrent, ▼. 21458. [Idem]. 
'Voaiat, 9461. ridem]. 
' Voatrea , 18941. [Voueatre]. 
Vouatre (I, cxc). 



*Vroi, 19955. 
•Vuit, 25085. 
*Vut, veat (I, cxci). [Vout]. 



w. 



* Waiter, 50805. 

' Wea, 15954, 14565, 15070, 80121 . 

* Wienage , 1152. [Wienaige]. 
•Wierea, 1181. 

Winae, 51057. 
Wiae, 18796, 28215. 



* Wiaeua , 2006. 

'Wiaaiera, 20947, 25545. [Vissierj. 

•Witismea, 667. 

Woes, woes, 9525. 

Woltoirs, 15504. 

Woutoira, 7127, 15578. 



Y. 



Ycoine , 10987. 
' Yrecon, 50052. [Ire^oD]. 



Yretea,879. [Iretage]- 



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WfcVVW\IVV\V\VVWW\!\\\\*V\\*VVV\V\VVW^ 



CORRIGENDA. 



TOME I". 



TOME If. 



Page XXXVIII, ligne 20, la bibl. do Bourgogne possede 
sous le n« 1 1968 Y His tori* compendiosa 
de Henricus de Merica. 

— LXXXII, ligne 18, Ketel ,' lises KeteU. 

— LXXXV, — 20, moins redout e\ Us. plus redoute. 

— XCIV , note , lig. 1 , nana , lises rana . 

— CXL1X, ligne 16, Camelain, lises Camelin. 

— CLXXXI, — 5, malheurement, lises malheu- 

reusemeni. 

— CLXXXIV, note marg., Cillebert, lises Guillebert. 

— CXC1X, ligne 10, Bovine* , lises Bouvines. 

— CCXXXVII, — 28, le renvoi de la note n'est pas 2 

mais 1. 

— 10, note, col. 2, ligne 2, 900, lises 209. 

— 12, alafiudesv. 249, 251 et 252, une virgule, dnv.250 

nn point el virgule 

— 29, ligne 14, lises ainsi le vers : 

Pris ot Sigebiers pour aide. 

— 102, note da ▼. 2483, /ranches, lises /ranges. 

— 127, ligne 16, cruelement , lises cruelment. 

— 140, — 28, lies, \\w% lies. 

— 192, note, col. 1, ligne I, ailes\\%e%ailles. 

— 213, — — 2, ligne 13, e'est, Uses cest. 

— 317, — — 2, — 2, marque Uses marquee. 

— 842. — — 2, — 1, cctte note se rapporte au 

vers 8729 et non pas an 8749. 

— 348, ligne 5, sui, apres ce mot au lieu d'un point inci- 

tes nne virgule. 

— 479, Ugne S3, pracifi a, Uses pacifia. 

— 480, — 19, Guennelon de Hardres , meltes une vir- 

gule apres Guennelon. 

— 520, ligne 35, alquot, lises aliquot. 

— ib, — 36, vixisset, lises rexisset. 

— 524, — 24, supultus, Uses sepultits. 

— 525, — 18, suceessit, Uses successit. 



Page II, note marg., Rainaud lises Rainouard. 

— Ill, ligne 17, Nigellius, Uses Nigellus. 

— XXV, not*, col. 2, lig. 6, Franc Use* France. 

— XCVI1, — 10, Orange, effaces la virgule. 

— XCIX, — 1, Raimbcrt ou Rembert comme ail- 

leu rs. 

— CVIII, — 24, vist, Use* vest. 

— ib. — Macabre, lises Macabre. 

— CX, — 23, dracon, Uses dragon. 

— CXXIV, ligne 17, qui cite, lises que cite. 

— GLIX, — 9, /elons, hscz felons. 

— CLXIV, — 17 et 22 ct p. 840, col. 2, Ugne 36, c/r- 

roccio, Uses carroccio. 

— CCXLIV, — 1. principal* tes.lisez principaute. 

— 10, Ugne 23, n'a t Uses n'd. 

— 11, — 5, flus apres ce mot, une virgule doit rem - 

placer le point. 

— Ill, note, col., 1 1 1.3, plein, Use* plains. 

— 113, — —2,1.5, dans Rob. Wace , lises dans 

Philippe Mouskes. 

— 158, — — 1,1. 7, Geroi, lises Geroie. 

— 165, — sur le v. 16674, reveil , Uses reVi'e/. 

— 167, — sur lev. 16710, Gisile, — Gisele. 

— 172, — marginale, 1254, lises 1054. 

— 189, — marg., Guillaume, lisea a Guillanme. 

— 233, — col. 1, 1. 9, nel, lises n'e/. 

— ib. Ugne 20, si prouerent, Uses s'i prouerent. 

— 276, note, col. 1, 1. 5, Vilri, Uses Vitri ou Vitry. 

— ib. A la marche, V. 18560, Uses 19560. 

— 277, note, col. I, 1. 2, Peterborough, lises Peterbo- 

rough. 

— 309, ligne 20, Lallans, apres ce mot une virgule. 

— ib. — 22, Boulogne, id. 

— 311, — 12, odlui, an point. 

— 321. note, col., 1,1. 13, Nesle,lise*Nesles. 



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880 



CORRIGENDA. 



TOME I". 



TOME II. 



Pag. 544, ligne 5, pertinlentibus ,11ms pertinentibus . 

— 556, — 27, eaducte, liset caducae. 

— 568, — 29, domino, liset domini. 

— 605, — 5,6, Philippres, Philippic, Uses Phelip- 

pres, Phelipples. 

— 609, — 26, Erasme, Uses Crasmar. 

— 612, — 38, longuemat, lises longuement. 

— 813, — dern., mes, lises mes. 

— 625. — 15, au rest* Gentilotus, lises aw surplus 

Gentilotus. 

— 638, — 35, le due de Naymes, lises U due Nay mes. 



P»g. 322, ligne rasrg. et 371, n.,col. 1, 1. 2, fiend res, lises 
Flandre, 

— 339, — 24. iscus, lises iscus. 

— 341, — 9, Robues, lises Robues. 

— 347, note sarle v. 21468, Hostmar, lises Horstmar. 

— 376, ligne 17, tres f lises /ra. 

— 703, — 25, siccario , lises sicario. 

— 739, — 7, Nederlandtche, Uses Nederlandsche. 

— 801, col. 2, ligne 24, /* clerc de Guillaume, effaces de. 

— 828, — 2, — 18, EAiaHd, liset Ekiurid, MS., et 

Fischer, p. 45, Ekewrid. 



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CHROMQUE RIflD&E 



DB 

PHILIPPE MOUSKES Oil MOUSKES, 

PUBLIEE, POUR LA PREMIERE POI8, 

AVEC DES PRfiLIMINAIRES, UN COMMENTAIRE 

ET DES APPENDICES. 



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CHROMQUE RIWtE 



DE 



PHILIPPE MOUSKES 01 MOUSKES, 



PUBLI&B POUR LA PREMISE FOIS 



AVEC DES PRtUMlN AIRES, UN COMMENTAIRE ET DES APPENDICES. 



SUPPLEMENT. 



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CHROMQUE RDEfcE 



DE 



PHILIPPE MOUSKES OU MOUSRES, 

PLBLIBE POUR LA PREMIERE POIS 

AVEC DES PR^LIMIN AIRES , UN COMMENTA1RE ET DES APPENDICES; 



PAR 



■ EMME DE l'aCADEMIE EOT ALE DE IMJXELLES, DE L-'lNSTITUT DE FIUUCE, ETC. 

SUPPLEMENT. 



BRUXELLES, 

M. HAYEZ, IMPRIMEUR DE LA COMMISSION ROYALE DHISTOIRE. 



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V\ft\\Y\\\\&\\\\\\\fcWV\\W\\\\\\\\&\\\*^ 



SUPPLEMENT 



A LA 



CHRONIQUE RIMfiE DE PHILIPPE MOUSKES 

OU MOUSKfcS. 



Depuis qu'Andr6 Du Chesne et Du Cange, ces preux de Ferudition frangaise, 
avaient fait connaitre, par extrait, Foeuvre immense de Philippe Mouskes ou 
Mouskes, on desirait posseder en entier ce precieux monument d'histoire et de 
literature. Mais F6tendue et les difficulty de Fentreprise oppos&rent, pendant 
deux siecles , un obstacle invincible k la realisation d'un tel voeu. Seconde par 
des circonstances plus propices , il nous a ete possible de faire , malgr6 notre fai- 
blesse , ce qu avaient seulement congu des bommes auxquels nous n'avons nulle- 
ment la pretention de nous comparer *. 

On nous a tenu compte de notre bonne volonte, de nos efforts sincfcres, et, 

1 Nous ne sarons pas si Lenain de TillemoDl se proposaitde tirer Ph. Mouskes de robscuritl, mais il en avail fait 
faire une copie magoiGque, sur laquelle il avail jete* quelques gloses el dont nous possesions une partie , qui com- 
mence au v. 23,563. M. Arthur Dinaux indique aussi , parmi les manuscrits de 1'Arsenal , une copie du XVII I e sie- 
cle , colee 103 , in-fol. de 852 pages. Trouvires de la Flandreet du Tournaisis, p. 331 , note. 



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6 SUPPLEMENT. 

quelle que futl'imperfection de notre travail, nous avons re?u de toutes parts les 
plus flatteurs encouragements. Obtenir Tapprobation d'ecrivains tels que MM. Ray- 
nouard, Daunou, V. Le Clerc, J. Grimm, F. Wolf, J.-L. Ideler *, J. Bekker, 
P. Paris, Le Roux de Lincy, F. Michel, Arth. Dinaux, etc., n'est-ce pas un 
succes dont nous pouvons avouer que nous sommes fier? 

Des censeurs neanmoins (nos compatriotes , comme il est juste), sans bla- 
mer le livre meme , ont trouve qu'il n'appartient pas plus a Thistoire que les 
chroniques metriques de Van Heelu et de De Klerk , declarant que ce genre 
d'ouvrages etait exclusivement du ressort de la philologie 2 . En confirmant cette 
sentence , nous semble-t-il , on se ferait de l'histoire une idee aussi 6lroite quin- 
compl&e. L'histoire, en effet, ne se compose pas uniquement defaits mat6riels, de 
faits proprement dits, qui ont un nom et une date , elle embrasse dans sa plenitude 
Tactivite humaine , elle Tetudie et la represente sous toutes ses faces. La critique 
que nous relevons ici provient peut-etre de ce que, dans le principe, la commis- 
sion, sous les auspices de laquelle a ete publie Philippe Mouskes, etait chargee 
officiellement de mettre au jour la collection des Chroniques beiges inedites. Le 
mot chronique a retreci la route qui nous etait trac6e et afourni des armes a notre 
contradicteur. Ce terme aurait du etre rem place par celui de documents, en latin 
res ou fontes, en allemand qtiellen; car, par exemple, des chartes, des di- 
plomes, des correspondances et d'autres pieces de cette nature, sont-ils moins 
utiles , offrent-ils moins d'interet que des chroniques veritables? L'homme emi- 
nent , auquel la France doit un magnifique ensemble de materiaux historiques , 

1 M. Ideler, qui veut bien nous citer a presque toutes les pages de son Hittoirede la literature f ran faiseau 
moyendge, juge que notre edition est eine unentbehrliche Hiilfsquelle. M. le baron F. de Roisin Tappelle le 
vade-mecum de tous ceux qui eludient la literature romane , etc. 

* Qu'il nous soit permis de rappeler ce passage de Diveeus : Quibus non obtemperare inhumanum credens, 
vela ventit commiti; non ignarus interim, quantis ealumniarum perversorumque judiciorum procellis sese 
exponant } qui in latissimum hoc scribendi aequor temere procurrunt. Divaeus nous (burn it ainsi une max i me 
d'une application malheureusement trop frequente , et l'occasion de mentionner une allegation d*un biographe dont 
la bienveillance n'est pas le plus grand deTaut. 

En ecrivant une notice sur Divaeus (Ph. Mouskes, 1. 1, p. cccxlyu — cccli), nous avons dit, d*apres Ermens, 
p. cccxix , que Paquot avail 6ti 1'editeur des Opera varia imprimis en 1757 , in-fol. , puis au t. II , p. 743, nous 
avons rep&e" quelqueslignes de feu M. Tan Hultbem , qui refuse a Paquot le litre d'editeur de Divaeus, pour I'accor- 
der a De Yivario , et nous avons remove* , touchant cette assertion , a un ouvrage que nous pensions dtre pres de 
publier alors sous le tilre de Bibliothdque historique de la Belgiqtte. Le biographe , qui s'en reTere a Foppens et a 
J.-B. Slaes , selon lesquels Ndition des Opera varia est de Micbel Van Langendonck, part de la pour nous accuser 
d'erreur (Lectures relatives d I'histoire des sciences, des arts , des lettres, des mcturs et de la politique en Bel- 
gique, t. Ill, p. 70). Cet ouvrage est tout rempli d'allusions ameres, d*iroputationsbostilesel la plupart ioexactes, 
pour ne pas dire davantage. 



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SUPPLEMENT. 7 

ne voulait pas meme qu'on repoussat les ouvrages qui, sous une forme purement 
litteraire , nous revelent des mceurs oubliees , des usages ou des fails sociaux dont 
on avait perdu la trace *. Cette autorite nous parait sans r6plique. Mais meme, 
dans l'espfece , les Merits de Van Heelu , de De Klerk et de Philippe Mouskes ne 
sortent pas de la classe des chroniques. lis cumulent le triple avantage de con- 
sacrer des faits historiques de la nature de ceux qu exigent nos Aristarques , et 
d'etre en meme temps un temoignage curieux et irrecusable de la condition in- 
tellectuelle , ainsi que de la langue de leur siecle. 

Voilk sans doute ce qui a seduit les doctes etrangers dont nous venons d'in- 
voquer les noms, et ce qui nous a valu leurs 61oges. Pour les mieux meriter, nous 
croyons que e'est un devoir, meme apres huit annees, de revenir sur notre pu- 
blication , pour tenir les lecteurs au courant des decouvertes rtcentes qui s'y 
rattachent. Nous n'avons jamais hesite k nous corriger et a signaler nous-meme, 
le premier, les fautes que nous avions pu commettre : personne ne le niera ; cette 
justice , nous la reclamons hautement. 

Jusqu'ici Philippe Mouskes, ou mieux Mousrfs, passait pour un eveque de 
Tournay, natif de Gand, et, malgre certains doutes, nous avions adopts l'opi- 
nion commune , qui comptait en sa faveur les noms les plus imposants. 

II est prouve aujourd'hui que Philippe Mouskes n'6tait ni Gantois, ni feveque, 
mais un joyeux trouvere, portant la cape et l'6p£e, et auquel la ville de Tournay 
donna le jour. 

L'auteur de Ferreur qu'il nous 6tait impossible de rectifier, parait 6tre Andre 
Du Chesne. Dans ses Annates de Flandre, p. 93, Meyer avait dit : Philippus co- 
gnomento Mus, Gandavo oriundus 9 fit episcopus Tornacensis. Du Chesne ayant 
eu connaissance du manuscrit de la Chronique des rois de France, ecrivit le 7 
mai 1622 a De Winghe, chanoine de Tournay, pour lui faire part de cet te- 
nement : « Ces jours passes j'ai eu communication d'une histoire de France es- 

> crite en vieille rime , oil j'ai remarque beaucoup de choses de la ville et des 

> eveques de Tournay, ce qui m'a faict estimer que Tauteur, nomme Philippe 
» Mousque , en pouvoit estre originaire 2 . > 

Du Chesne, on le voit, comprenait bien que l'auteur de la chronique devait 
etre tournaisien, mais il n'avait point encore imagine qu'il fut le meme que 
Teveque Philippe de Gand ; aussi, dans Y Histoire de la maison de Montmorency , 

1 Rapport de M. Guiiol au roi* Paris , 1835 , in-4" , p. 22. 
1 Voir notre edition , JI , ccctiii. 



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8 SUPPLEMENT. 

qu'il publia en 1624, les extraits qu'il donne de notre 6crivain ne portent aucune 
qualification episcopate *. Mais en 1639, lorsqu'il fit paraitre YHistoire de la 
maison de Bethune, confondant Mouskes ou Mousk6s avec le Mus dont parle 
Meyer, il ne fit qu'un seul individu du poete et de Feveque qui vivait un demi- 
siecle apres lui *. Cette meprise du celebre genealogiste fran$ais fut admise des 
lors comme une verite. Du Cange, en publiant, en 1657, a la suite de Ville- 
Hardouin, un long extrait de Philippe Mouskes, le designe expressement comme 
ayant ete evesque de Tournay depuis la composition de sa chronique , et les Fop- 
pens, les Paquot, les auteurs de YHistoire litteraire de la France, ceux des Me- 
langes tires d'une grande bibliotheque , etc., rep6tferent avec une confiance fort 
excusable l'assertion de ces deux erudits. 

La verite cependant se r6duit a ces deux points : que Philippe Mouskes etait 
un trouvere tournaisien de la premiere moitie du XIII e sifecle , et l'eveque Phi- 
lippus de Gandavo, surnomme Mus, Muus, ou Meuse, un gantois, issu sans doute 
de Tillustre maison de Gand, ainsi que nous l'avions dejik soupgonne 3 , et qui 
florissait un demi-sifecle aprfes le poete. 

Cette verite a ete mise dans tout son jour par M. Du Mortier, dont on connait 
Tardente et heureuse activite. 11 en a fait l'objet d'un lumineux m6moire , insere 
dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire 4 , et que nous reproduisons 
ici presque en entier. M. Du Mortier, qui a fouille avec un soin au-dessus de tout 
eloge, les archives de Tournay , y a retrouve, apres quatre ann6es de recherches, 
des preuves manifestes de Terreur oil etait tombe Du Chesne, et il s'en est servi 
avec beaucoup de sagacite. 

M. Du Mortier s'attache a demontrer : 1° que Philippe Mouskes et T6veque Phi- 
lippe de Gand sont deux personnages entierement differents; 2° que le trou- 
vere etait un bourgeois de Tournay , qui florissait sous Philippe-Auguste , un 
demi-sifecle avant Tevfeque Philippe de Gand; 3° que son nom doit se prononcer 
Mouskes et non Mouskes; 4° que la famille Mouskes etait tournaisienne et non 
gantoise; que, par consequent, il y a eu erreur et confusion lorsque Ton a at- 
tribue a Feveque Philippe de Gand le poeme du trouvfere tournaisien. 

Pour prouver la premiere partie de sa these , M. Du Mortier etablit d'abord 

1 Preuves , pp. 39 et 66. 
* Preuves, p. 371. 

3 T.H,Lxx?in. 

4 Tom. IX, pp. 112-145, et torn. X,pag. 46-48. 



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SUPPLEMENT. 9 

les faits, en ce qui concerne l'eveque Philippe de Gand. De l'examen de ces faits 
on conclura que la chronique romane des rois de France n est et ne peut etre 
son ouvrage. 

L'eveque Philippe de Gand appartenait a la Flandre flamingante et etait natif 
de la ville de Gand l , oil il resida, parait-il , durant de longues annees. Chance- 
lier de l'eveche de Tournay en 1272, il fut, en 1274, promua Tepiscopat , fit son 
entree a Tournay, le 23 Janvier 1275 (1274, v. St.), et mourut a la Noel de 
Fannee 1283, epoque a laquelle Michel de Warenghien lui succeda comme 
6veque. Aucune charte, aucun ouvrage anterieur a Andre Du Chesne ne le 
designe sous le nom de Philippe Mouskes, mais tous les documents contem- 
porains et authentiques lui donnent celui de Philippe de Gand, dit Mus ou 
Muus. 

La vieille chronique des eveques de Tournay, manuscrit conserve au chapitre 
de la cathedrale, s'exprime en ces termes: « Apres ledict evesque, mestre Jehan 
» Buchiel , succeda Phelippe de Gant, chanonne et chancellier en ladicte eglise, 
d et fust sacre Tan mil deux cens soixante-quattorze. » 

La chronique des 6vequesde Tournay, provenant de l'abbaye de Cysoing, etqui 
parait etre une copie du texte primitif de la chronique de la cathedrale 2 , repro- 
duit la meme version : Johanni Buchiel successit dominus Philippus de Gandavo , 
canonicus et cancellarius lornacensis, in episcopum consecratusanno MCCLXXIV. 

Gilles li Muisis, abbe de S*-Martin a Tournay et contemporain de Teveque 
Philippe de Gand, parle de lui, dans sa chronique, en ces termes : Anno 1274 
fuit eleclus a decano et capilulo Magister Philippus de Gandavo oriundus, cano- 
nicus et de gremio, vir lilteratus, prudens et discretus, et venit in Tornacum Mo 
anno; praefuit annis circiter octo 3 . 

La chronique de S l -Bavon h Gand , oil l'eveque Philippe etait ne , dit en par- 
lant de ce prelat : Ordinatus est in episcopum Philippus, cognomine dictus Muus , 
circa annum domini 1275, natus de Gandavo, magister in artibus, dominus legum, 
magister in decretis, homo mitis et suavis. 

Dans toutes les chartes donnees par ce prelat , il prend le nom de Philippus 
de Gandavo, ou tres-rarement celui de Philippus de Gandavo dictus Muus; ja- 
mais il ne prend celui de Mouskes. Le necrologe de la cathedrale de Tournay, 

« Chronique de S'-Bavon. 

8 Voir 003 appeodices a Philippe Mouskes, vol. I . p. 542. 

5 Li Muisis in Corp. chron. Flandr., I, p. 164. 



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10 SUPPLEMENT. 

en parlant de son oncle, porte : Eodem die (18 kal. Decembr.) obiit Georgiw 
poenilentiarius , avunculus domini Philippi db Gandavo, episcopi tornacensis. 
Enfin 7 le registre aux entrees, dit de cuir noir, manuscrit contemporain qui 
repose aux archives de la ville et cit6 de Tournay, raconte la joyeuse entree de 
Teveque Philippe de Gand en ces termes : 

de le Venue le Vesque phelipon de gant. 

« L'an del Incarnation M.CC.LXX1V el mois de jenuier le samedi apri6s le jor 
» de le conuersion de saint Pol, entra premiers en Tornai li ueskes Phelippes de 
]> Ghant, quant il reuint de sen sacre. Si ramena par Fassens des prouos, des 
» jures, des eswardeurs, des maieurs et de tout le consel de le ville, tous banis et 
* a ans et a denier, fors cheaus ki estoient bank pour mourdre, pour rat de femme 
» efforchie u ravie u emmeneea forche, pour arcin, pour reube en bos u en 
» kemin, u pour pais faite par preudomes brisie, u pour trives, u respit u su- 
» retet brisie, u pour mort d'ome u de femme faite puis le daraine lettre le roi, en 
h laquelle il est contenut que jamais ne puist rauoir Tornai ki home u feme ochie, 
r> et partant se tiunrent les parties apaiiet. » 

Ainsi, a Gand comme a Tournay, dans les actes de F6veche comme dans ceux 
de la cite, Teveque Philippe est toujours nomme Philippe de Gand ou Muus, ja- 
mais il ne prend le nom de Mouskes; les temoignages contemporains que nous 
venons de citer, ne laissent aucun doute a cet egard. Quant au MS. n° 9455 nouv., 
de la bibliotheque de Bourgogne , que nous avons cite i , et qui donne le nom 
de Mouskes a Teveque Philippe, c'est un manuscrit moderne du XVIIP siecle, 
sans importance pour le sujet qui nous occupe. 

De ce qui precede il resulte : 

1° Que l'eveque Philippe de Gand etait flamand et ne a Gand ; 

2° Qu'il ne se nommait pas Mouskes, mais bien Philippe de Gand, surnomme 
Mus ou Muus; 

3° Qu il florissait en 1280. 

Or, aucune de ces circonstances n'est applicable a Tauteur du poeme. 

M. Du Mortier etablit ensuite avec beaucoup de clarte que le trouvere etait non 
pas un flamand, mais un wallon sujet de la France. En effet, dans tout Fouvrage 

1 Chronique de Ph. Mouskes, vol. II, p. cccv. II est h remarqucr quece MS. y est cote* n° 9435, ancien; 
mais c'est 9435 nouveau , qu'il faut lire. 



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SUPPLEMENT. M 

on trouve k peine un seul flandricisme, une seule tournure flamande; les expres- 
sions et les phrases rappellent completement le vieux langage tournaisien, comme 
il s'est presque entierement conserv6 dans les communes rurales des environs 
de la vieille cite des Franks , que notre poete celfebre si souvent dans ses vers. 
Qu'est-ce d'ailleurs que l'ouvrage de Philippe Mouskes? Un eloge des rois de 
France. Or , un tel 61oge pouvait se placer naturellement sous la plume d'un ha- 
bitant de Tournay , ville sujette aux rois de France; mais dans la bouche d'un fla- 
mand, et surtout d'un gantois, c'eut 6t6, a cette 6poque, une manifestation peu 
nationale et peuWtre dangereuse. Philippe Mousk6s ne cache pas d'ailleurs qu'il 
appartenait& la France; les Frangais, pour lui , ce sont nos Francis; les Flamands 
sont ses ennemis 1 . En racontant l'histoire de la bataille de Bou vines, livree de 
son temps , Philippe Mouskes ne montre aucune sympathie pour les vaincus : 

Maintes fois oissi& le jour 
Crier monjoie sans s^jour; 
Cis raos esmaia * les Flamens, 
Cis raos lor fu paine et tor mens, 
Cis raos les a tous abaubis s . 

(V. 21, 901.) 



Et quant on escrie monjoie, 
N*i ot Flamenc qui n'asoploie. 

(V. 21, 875.) 

Souvent oissite a grant joie 
NOS Francois escrier monjoie. 

(V. 21, 833.) 



C'est bien Ik le langage de celui qui aurait crie lui-meme monjoie dans le 
combat, et non de ceux que ce mot mettait en deroute. 
NosFrangois, langage d'un compatriote et non d'unennemi; il n'y a qu'un sujet 

• Plusieurs des biros citls par Philippe Mouskes , daos son recit de la baUille de Bou vines, Gerard -la-Truie, 
Hues des Wastines (et non de la Voestine), Guillaume des Barres , appartenaicnt , dit M. Du Mortier , a des families 
tournaisiennes- II existedans les archives de Tournay des actes d'inte>£t prive" qui se rapportent a ces families, 
lesquelles subsistent encore de nos jours. Quant a Guillaume des Barres , dont les historiens contemporains indi- 
gent l'origine , il parait que M. Du Mortier s'est trompe\ (Philippe Mou$k4s 9 II, 370, note sur le v. 22,004 ) 

• D4roula,d6concerta. 

• tibaubis, ebakis. 



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12 SUPPLEMENT. 

frangais qui ait pu s'exprimer de la sorte , a moins qu on ne soutienne qu'en oc- 
cupant une dignite dans l'eglise de Tournay, le flamand se naturalisait francais. 
En parlant des Champenois, le poete dit : 

Des Campignois n'i ot celui 
Qui ne fasse Flamens anui. 

(V. 21, 892) 

On voit que la sympathie de l'auteur n est pas pour les Flamands, et cela se 
congoit chez celui qui avaitassiste au sac de Tournay, sous le comte Ferrand. 
Maisquand ilparle des Fran<jais, il n'a pas d'eloges trop grands a leur prodiguer : 

Mais li Francois , s'on dire lose , 
Sont de tous cevaliers la rose. 
(V. 21, 091.) 

A propos du roi Jean d* Angleterre , defait devant la Roche-aux-Moines , il 

ajoute : 

Et quant il sot la v£rite* 
Comment Francois sont aroute , 
Desconfi s en alia fuiant 
Et no Francois aprigs huant. 
(V. 22, 251.) 

Tous ces passages semblent prouver que la chronique n a pas ete ecrite par 
un Flamand; un sujet des rois de France pouvait seul sexprimer comme le fait 
notre poete. Meme l'esprit de clocher perce d'une maniere singulierement remar- 
quable quand Philippe Mouskes raconte le traitement cruel que Philippe-Auguste 
infligea au comte Ferrand, le meme qui, k la tete d'une armee flamande, avait 
saccage et ruin6 Tournay Fannee qui preceda la bataille de Bouvines. 

Sot Ferrand mis en double fier 
Ausi com diable d'enfier ; 
Pour cou k'il voloit regiber 
Or le fait pestre et soujorner 
Si comme ceval dessoulg , 
Pour §ou qu il ot Tornai foule\ 
(V. 22, 289.) 

Un Flamand n'eut certes pas compare le comte Ferrand a un diable d'enfer. 
Et pourquoi le roi de France met-il le chef des Flamands en double fier ? ecou- 



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SUPPLEMENT. 13 

tons le motif qu en donne Philippe Mouskes: Cest, dit-il, pour gou qu'il ot Tornai 

foule. Ainsi le comte Ferrand, fait prisonnier a Bouvines , n est pas mis aux fers 

pour avoir leve l'etendard de la revoke et avoir voulu detroner son suzerain; non, 

le motif qui le fait condamner a cesupplice, c'est parce qu'il a foule et saccage 

Tournay! L'esprit municipal du bourgeois de Tournay est ici trop Evident pour 

avoir besoin de commentaires. Et cet esprit de localite se reproduit chez Philippe 

Mousk6s chaque fois qu'il sagit de la ville de Tournay, ce qui fait que des l'epoque 

oil le MS. fut d6couvert, Du Chesne reconnut qu'il devait avoir et6 ecrit par un 

habitant de cette ville. 

Que si nous rapprochons les dates relatives au poete roman et a l'eveque, nous 

reconnaitrons bientot que ce rapprochement fournit une preuve nouvelle que 

l'eveque Philippe de Gand ne peut avoir ete Tauteur du poeme sur les rois de 

France, en demontrant que l'eveque et le poete florissaient a un demi-siecle l'un 

de l'autre. En effet, toutes les chroniques s'accordent en ce point, que Philippe de 

Gand fut elu en 1274, et les archives de l'6veche de Tournay nous apprennent 

qu'il mourut vers le jour de Noel de l'an 1283 ! . Or, Philippe Mouskes, en parlant 

de la prise de Tournay par le comte Ferrand , s appuie sur son propre temoignage 

comme ayant ete present a ce desastreux 6v6nement , auquel la trahison eut une 

grande part : 

Bien lesavommes (dit-il), ki \h fames. 

(V 21 , 229.) 

La prise de Tournay par le comte Ferrand , eut lieu avant la bataille de Bou- 
vines, en 1215; Philippe Mouskes etait done a Tournay a cette epoque, et, 
d'apres ses expressions , il n'est pas douteux qu'il n'ait ete present a Taction , 
puisqu'il se porte garant des faits qui s'y passerent; par consequent, Philippe 
Mouskes devait, en 1213, fetre age d'au moins 20 ans. Or, comme l'eveque Phi- 
lippe fut elu en 1274, il aurait eu a cette epoque au moins 81 ans, ce qui est peu 
vraisemblable. Comment d'ailleurs supposer un age aussi avance a l'6veque que 
l'abbe Li Muisis indique comme chevauchant par la ville en brillant equipage de 
16 a20chevaux?Est-ce la failure d'un vieillard octog6naire?evidemment la chose 

1 Le jeudi apres la Noel 1285, le chapitre annonce au roi Philippe-Ie-Hardi le deces de Peveque Philippe de 
Gand, et demande d'etre auloris^ a proc&ler a l^lection de son successeur. Le dimanche apres PEpiphanie , le roi 
donne licence d^lire un autre ev^que. Enfin , le mardi apres la Purification 1284 (1283, v. St.), le roi ordonne aux 
gardiens de la regale de d^livrer aux executeurs teslamentaircs du pr^lat deTunt , les biens mobiliers qu'il posse- 
dait et de delivrer au chapitre les biens episcopaux qui, par coutume, ^taientdcla re*gale. Ces pieces m'ont el^ 
communiquees par M. le chanoine Voisin, archiviste de la cathedrale de Tournay. 



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14 SUPPLEMENT. 

est impossible. L'eveque Philippe de Gand, qui, en 1280, se signalait par ses 
brillantes chevauchees, ne devait pas encore etre n6 en 1213. En reality Philippe 
Mouskes , le poete roman de Philippe-Auguste , appartient a la premiere moitie 
du XIIP siecle, Feveque Philippe de Gand , a la seconde; le premier florissait de 
1213 a 1240, le second, de 1274 a 1283. 

Aprfes avoir prouve que Feveque Philippe de Gand n etait point et ne pouvait 
6tre Fecrivain de la grande chronique romane des rois de France, et que lb veri- 
table auteur de ce poeme, Philippe Mouskes, devait etre wallon , sujet frangais et 
tournaisien, M. Du Mortier nous apprend qu'il existait au XIIP sifecle a Tournay, 
une famille consideree portant le meme nom que notre poete : Mouses. Ce nom 
toutefois nes'ecrivait pas toujours de m£me , et il subissait les modifications ortho- 
graphiques usitees a cette epoque pour tous les mots. Conformement aux regies 
de la grammaire romane du XIIP siecle, il s'ecrivait Mouskes, ou Mousches, au 
nominatif singulier, comme dans le premier vers du poeme; Mousket ou Mouchet, 
k Faccusatif et au datif. Les dames feminisaient leur nom toutes les fois qu'il etait 
declinable, et celles de la famille qui nous occupe prenaient le nom de Mouskete. 
Cet usage , commun aux peuples du nord, de feminiser les noms de femmes sub- 
siste dans plusieurs provinces de France; dans la Brie, par exemple, il est encore 
usite de nos jours. C'est a la famille que nous venons d'indiquer et non a celle 
de Feveque Philippe de Gand qu'appartient le celebre chroniqueur. 

Le nom de Mouskes n est nullement flamand, il est roman , et se retrouve en- 
core aujourd'hui dans le patois de Tournay. Ce mot signifie mouche (mouque) , 
quand Fe se prononce ferme, tandis que si Ye se prononce aigu, il designe un oi- 
seau de proie, connu sous le nom de crecerelle (Falco tinnunculus), que nos 
campagnards nomment commun6ment mouket ou emoucliet; dans le nord de la 
France et la Picardie , cet oiseau porte encore le meme nom. On sait que Fortho- 
graphedu moyen age n'admettait pas d'accents dans Fecriture; lalangue fran^aise 
a cette epoque s'ecrivant sans accents et sans apostrophes , il serait impossible de 
determiner quelle doit etre la prononciation du nom de la famille tournaisienne, si 
une circonstance relat6e plus loin n'avait revele a M. Du Mortier que le nom des 
Mouskes etait emblematique, qu'il designe Foiseau de proie, et que, par con- 
sequent , il doit se prononcer Mouskes. 

La famille Mouskes figure souvent dans la collection des chirographes de 
Tournay, ainsi que dans les listes du magistrat de cette ville. Elle appartenait a 
Taristocratie tournaisienne du XIIP siecle et habitait la rive droite de FEscaut , 



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SUPPLEMENT. 15 

cest-a-dire, Tfohevinage de SMJrice. M. Du Mortier a rencontr6 dans les archives 
de Tournay plus de cent actes qui en font mention. Les plus anciens sont des ann6es 
1216 et 1223 1 ; le second est un accord entre dame Juliane Mouskete, veuve de 
N. Mouskes, etsesenfants. Ceux-cin'y sont point nommes, excepte unseul,Thiery, 
qui etait au loin a letranger, peut-etre en pelerinage a la Terre-Sainte ; mais comme, 
en cas de retour, il lui est accorde une quatrieme part, on doit en conclure que les 
enfants 6taient au nombre de quatre. La qualification de dame donnee a Juliane 
Mouskete prouve la haute position dont elle jouissait , car au moyen age cette 
qualification n etait accordee qu'aux femmes et aux filles de chevaliers. 

Un acte de 1248 indique le nom d'un second fils de dame Juliane Mouskete; 
il s'appelait Jehan Mouskes. Ce Jean fut, en 1228, pleige de Jean Wisse, 
vis-4-vis du chapitre de Tournay, avec Aubert et Godefroy de Mortagne, Jac- 
ques et Thomas Buciau, Jean de Rongies, Ferain Galait, etc., qui etaient vrai- 
semblablement ses allies de famille 2 , et qui etaient au nombre des lignages les 
plus puissants de lepoque. Jean Mouskes habitait la rue de Pont a Tournay 3 ; 
il fut echevin du banc de Saint-Brice en 1238, mayeur de cet 6chevinage 
en 1251 4 , et jur6 de Tournay en 1248. 11 6pousa dame Agnfes N., et etait mort 
avant fan 1265; car, en cette ann6e, Colars et Gilles Mouskes, ses deux fils, 
firent un accord au sujet de sa succession 5 . Dans cet acte Jean Mouskes est 
d6sign6 tantot sous le nom de seigneur Jehan Mouskes, tan tot sous celui de sire 
Jehan Mouskes , qualifications qui ne s'accordaient quaux propri6taires d'une 
seigneurie , ou bien aux personnages qui avaient exerc6 les premiferes fonctions 
publiques. Gilles Mouskes, fils de Jean, vivait encore en 1276 et en 1280 6 , c est- 
a-dire pendant Tepiscopat de Philippe de Gand; il dut avoir un fils de son nom, 
puisque, dans Tacte de 1280, il est d6sign6 sous le nom de le pere. Ce Gilles 
ne doit done pas fetre confondu avec un autre Gilles Mouskes dont nous allons 
parler et qui etait d6j& mort en 1261. 

On ne possfede aucun acte de filiation des autres enfants de dame Juliane 
Mouskete, mais on retrouve, & l'6poque de son partage, deux autres tournai- 
siens de ce nom, Gilles Mouskes et Philippe Mouskes, le poete, qui vraisembla- 
blement sont ces deux autres enfants. 



< Voir aux preu?ct , 


, n" 1 et 2. 


/*., 


D°3. 


76., 


n» 4. 


1 lb., 


n°6. 


% lb.. 


n-SetO. 


lb., 


D"9et 10 



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16 SUPPLEMENT. 

Le premier, Gilles, surnomme li Porchiers, acheta en 1225, un bonnier de 

terre a Ferain Galet (Galait); il epousa Marie N , qui etait veuve en 1261. 

D'eux sont nes plusieurs enfants, savoir : Gossuin, Alard et Marie, et une fille 
Isabelle, qui epousa Jean Brabant, Braibant ou de Braibant 1 . 

Enfin , Philippe Mousk£s , le poete , parait avoir 6te le quatrieme fils de dame 
Juliane Mouskete. Apres quatre ann6es de recherches, M. Du Mortier a enfin eu 
le bonheur de decouvrir dans un sac 6chapp6 a la devastation des archives de 
Tournay en 1822, un titre qui constate son existence 2 . Ce chirographe est de 
Fan 1236, ou peut-etre de 1237 5 , et renferme trois actes differents. Par le pre- 
mier, les echevins du banc de Saint-Brice arrentent a Philippe Mouskes et a ses 
hoirs , pour six deniers blancs ou flamands de cens a la S'-Remi et 5 sols de rente 
a deux termes Tan , savoir , a la Chandeleur et a la fete de Saint-Pierre fcs-liens , la 
sixieme partie d'une maison de pierre qui avait appartenu a Wibiert de Maude, 
bourgeois de Tournay, et que celui-ci avait donnee pour Dieu aux pauvres, 
quand il mourut. Par le second acte, Frfere Sohier de Marvis et les conseils de 
sa maison arrentent a Philippe Mouskes et a ses hoirs, pour quatre deniers 

blancs ou flamands de rente a la Saint - Rem i, et sols moins un denier, 

aux deux termes devantdis, telle partie qui etait echue a maitre Jean de Maude, 
chanoine de Tournay , en la maison de son pfere et qu'il avait donn6e a la maison 
de Marvis pour le repos de leurs ames. Enfin , par le troisieme acte , maitre Jean 
de Maude, chanoine de Tournay, arrente a Philippe Mousk6s et a ses hoirs, 
pour 6 deniers blancs ou flamands de cens a la Saint-Remi, et 14 sols par 

1 Voiraux preuvessubn 7. Cette famille Brabant, qui portait d'azur a la fasce d'argent accompagnee en cbef 
de deux etoiles et en pointe d'une croisette de meme , 6tail considerable et a fourni plusieurs cbanoineset magistrals 
de Tournay . On lui doit une prlcieuse fondation de bourses d'etudes , dont les principaux ayants droit habitent 
aujourd'hui les bords de la Meuse. Un membre de cette famille se signala dans les arts a la fin du XIV e siecle, et il 
devaitetre un dcs sculpteurs fames de Tournay, carlors de la restauration du beflVoi. en 1397,le magistrat lui confia 
Pcx£cutiop des quatre gargouilles. M. Du Mortier a trouve* dans le compte de cette restauration le passage suivant : 
A maistre Jaque de Braibant, tailleur, pour avoir par lui fait en ladite sepmaine (du 17 septembre 1397) 
une couronne de pierre pour le roy qui estcontre la halle etmise sur ton chief, qui quant ledit belfroit fu art 
par fortune la couronne que ledit Roy avoit fu rompue et despechid, paye d'icelle couronne etdela paine de 
cefaire,60s.t. 

A maistre Jacque de Braibant, tailleur de lames, pour avoir par lui fait taillie et ordonne les Hi) gar- 
goules dudit belfroit, comme ce poet apparoir par icelles, paye a lui pour ladite fachon por marchandise d 
lui faite en tasque xlv. I. t. 

* Voir aux preuves , n° 5. 

3 II est difficile de prlciser la date , car le second I du chiffre romain est si peu visible dans l'original , qu'il est 
presumable que T^crivain lui-m6me Paura fait disparaitre. Remarquez que Pacte est du moisde mars, epoquedu 
renouvellement de l'annee ou une erreur de date est facile. 



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SUPPLEMENT. 17 

an aux deux termes susmentionnfe, telle partie qui etait echue en Iadite maison 
de pierre , a Fenfant que sa soeur N. de Maude avait eu de son mariage avec 
Jean Bilehet, et dont il etait tuteur. Et comme cet enfant n avait pas Fage requis, 
Iadite maison fut cerqueman6e par deux echevins ainsi que li cor derriere. Dans 
ces trois actes le poete est nomm6 tour a tour Felipon Mousket, Felipon Mosket, 
Phelipphon Mouschet et Felipon Mouschet ; au dos est ecrit : Felipres Mosres , 
comme dans le premier vers du poeme. 

Philippe Mouskes habitait done, comme sa famille, Fechevinage de Saint- 
Brice a Tournay; la maison de pierre des De Maulde, qu'il acheta en 1256, 6tait 
situee a Saint-Brice, puisque les actes sont passes devant Fechevinage de ce 
quartier. II est presumable qu'il resta celibataire , car nous ne lui trouvons au- 
cune post6rite; dans Facte cite, toutes les rentes sont faites a lui et a ses hoirs, 
mais le mot hoirs designaif aussi bien les heritiers indirects que les enfants. Lors 
de Fachat de sa maison , Philippe Mouskes 6tait occupe a 6crire son poeme , dont 
la chronique finit en 1242, 6poque qui correspond sans doute avec celle de sa 
mort; en effet s'il eut v6cu davantage il n'eut pas manque de parler du concile de 
Lyon et des ev6nements si remarquables qui signalferent le rfegne de saint Louis. 

Cest Facte de 1256 qui neus apprend avec certitude la signification du nom 
de Mouskes. L'ecrivain public charg6 de F6crire , prit soin de dessiner au dos 
Femblfeme du nom et des armes de Philippe Mouskes, savoir : trois crecerelles ou 
moukets poses herald iquement, deux en chef et une en pointe, qui sont les armes 
parlantes de la famille 4 . Cette particularity que M. Du Mortier n'a remarquee 
que sur ce seul acte, dans toute Fimmense collection des chirographes de 
Tournay, ne laisse aucun doute sur Forigine de son nom ni sur la mani&re de 
Faccentuer. 

La position qu avait a Tournay la famille Mouskes, les qualifications qui lui 
sont donnees dans les actes, les fonctions de maire et de jur6 exercees par 
Jean Mouskes pendant la premiere moiti6 du XIIP siecle , prouvent le rang que 
cette maison occupait alors. M. Du Mortier s'appuyant sur la charte des plei- 
ges de Jean Wisse, donnfie par Feveque Walter de Marvis en 1228 9 , ainsi que 
sur la jurisprudence locale du moyen age, regarde comme allies des Mouskes ceux 
qui figurent avec eux dans cet acte : les De Mortagne, de la famille des chatelains , 
les Bucau, Buchel ou Buchiau, qui fournirent, au milieu du XIIP sifecle, un 

1 Voyez le fac-simil6 de cet acte curieux . 
1 Voir aux pieces justificativet, n" 3. 



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18 SUPPLEMENT. 

grand prevot et un 6veque de Tournay de triste c616brit6, puisqu'il excommunia 
son pere; les Wisse et les Galait, families considerees, dont des membres ont ktk 
qualifies du titre de monseigneur (donne quelquefois aux magistrate de la com- 
mune) , toutes deux figurant au nombre des eswardeurs en 1198; les Galait, qui 
produisirent en 1197, Tun des quatre souverains arbitres charges de la part 
de la ville de regler les differends avec le comte Baudouin de Flandre ' ; les 
DeRongies, dont lenom se retrouve si souvent avec celui des Wisse dans le regis- 
tre des paix et treves, a propos des guerres de famille qu'ils soutinrent, de 1270 
k 1280, contre les Du Mortier et les A-le-take; les Tiebegos, les Saikeboide, 
les Le Flamenghe, les De Holai, toutes families partriciennes dans le XIIP sifecle. 
De ces relations et de ces alliances on peut conclure que les Mousk6s apparte- 
naient au patriciat de Tournay. On congoit main tenant, remarque M. Du Mor- 
tier , le langage du poete lorsque , signalant la corruption des moeurs de la 
noblesse de son epoque, il regrette le temps de courtoisie oil Ton aimait par 
amour, langage qui n'est point d'un eveque, mais d'un trouvfcre. Que peut, ditril , 
faire le peuple quand les grands sont tombes si bas! Jadis les grands etalaient 
dignement leur magnificence et depensaient leur fortune dans les fetes, au point 
qu'on en parlait au dela des mers; alors on savait aimer par amour, faire joutes 
et tournois, fetes et galanteries. Aujourd'hui les hommes nesavent plus que trom- 
per. Us ne cherchent qu a s'enrichir et sont devenus cupides et sensuels; on n'en 
voit plus d'occupes au noble amusement des conteurs d'histoires ou des trouvfc- 
res, ils ne songent qu'a faire leur bourse, par les moyens les plus vils, car 
l'avarice les entraine et Famour s'est change en haine. 

Que pueent faire li menut 
Quant li haul sont bas devenut ! 
On siout jadis tenir grant cours 
Et despendre Fa voir a cours, 
Con en parloit outre la mer , 
Et siout-on par amour amer 
Et faire joustes et tornois 
Et baleries et dosnois; 
On ne siet roes fors que tr^cier 
Et tout engloutir et lacier; 
Ne de biel conte ne d'estore 

• Voir Poutrain , Hist, de Tournay, pieces justificatives. p. 20. 



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SUPPLEMENT. 19 

Ne set nus mais faire m£more, 
N'i a celui ne face bourse 
Soil de cierf et de vace u d'ourse , 
Car avarisse les entraine 
Et amours ki devient haine. 

(Vers 24-41.) 

Ces vers , qui peignent si bien l'6tat de la societe feodale 4 la suite des croisa- 
des, lorsque les d6bris de l'ancienne noblesse, abandonnant les traditions de la 
galanterie , 6taient occupes a refaire par l'usure leur fortune d61abree, n'indi- 
quent ni le pr61at prechant sur les moeurs depravees, ni l'ennemi de la haute 
classe de la soci6t6 : c est la pens6e aristocratique pure d6plorant la chute des 
principes de noblesse et de chevalerie des anciens preux, qui avaient fait place h 
l'avarice et & la cupidity des parvenus et des classes 61ev6es*. 

La perte des listes du magistrat de Tournay, avant Tan 1313, ne permet pas 
de suivre la famille Mouskes dans les fonctions publiques quelle occupa au 
XIIP sifecle ; tout ce que nous savons , c'est que plusieurs de ses membres , vers 
la fin de ce sifecle , se livrferent a des op6rations de pret et de commerce. On trouve 
dans les archives de Tournay une grande quantity d'actes de la famille Mouskes 
au sujet de prets d'argent, de vente ou d'achat de grains, de garance 2 , de bois et 
autres produits du sol. C'est ainsi d'ailleurs que les choses se passaient meme chez 
les families distingu6es. Les archives de Tournay, dit M. Du Mortier, contiennent des 
milliers d'actes qui 6tablissent cette v6rite k l'6vidence. II y a plus , les Mouskes furent 
revetus de la dignity de chatelains de Leuze. M. Du Mortier a rencontre dans le 
cartulaire de cuir rouge de l'abbaye de Saint-Martin de Tournay, vol. 2, page 24, 
une charte donn6e par Watier d'Avesnes, avou6 de Tournay et seigneur du Bur- 
bant, r6digee en cette ville Tan 1216, laquelle porte, parmi les temoins, le nom 
de Girard Mosches, chdtelain de Leuze en Burbant. Ce G6rard Moskes ( dont 
le nom est orthographic comme dans Facte de 1230, numero 4) serait-il Fepoux 
de dame Juliane Mouskete , qui fit en 1223 un partage entre ses enfants , ou bien 
n'est-il qu'un de ses parents collat6raux? c'est ce qu'il est impossible de decider. 
Mais ce qu on ne peut meconnaitre , c'est que notre poete a du appartenir a la fa- 

4 II est bien digne de remarque que la plupart des testaments des families feodales de cette epoque , conserves a ax 
archives de Tournay , ordonnent de nombreuses restitutions ; ce qui prouye combien Itaient fondles les plaintes de 
Philippe Mouskls , lorsqu'il dit que les grands ne savaient plus que tromper (trecier , tricher ) et faire leur bourse. 

* Voir un echantillon de ces actes dans le n° 9. 



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20 SUPPLEMENT. 

mille des chatelains de Leuze; ce qui explique mieux encore la pensee aristocra- 
tique que Ton remarque dans son poeme, et les qualifications nobiliaires que 
portaient les homines et les femmes de cette famille, au commencement du 
XIIP sifecle *. 

Au commencement du XIV e sifecle , la famille Mouskes occupait encore un 
rang honorable a Tournay. Jakfemes Mouskes fut 6chevin du banc de Saint-Brice 
en 1316, et jure de Tournay en 1318, 1319, 1321, etc. Les registrSs des re- 
liefs de bourgeoisie nous apprennent qu'il etait fils de Jehan Mouskes , le procu- 
reur de le Roke, et qu'il releva sa bourgeoisie le 12 juillet 1313. II racheta sa 
commune en 1317, pour 75 sols. En 1320, trois membres de la famille Mouskes 
releverent leur bourgeoisie, savoir : Jakemes Mouskes, dit li clers, qui racquit sa 
commune le 15 de mars, pour 40 sols; Jakemart Mouskes, fils de dame Marie 
Mouskete , qui racheta sa commune le 24 avril , pour 40 sols , et Theris Mousk6s , 
qui la racquit le 13 de ghieskerec (juillet), pour 35 sols. En 1339, Jean Mousket, 
fils de Gontier Mousket, jura sa bourgeoisie le 27 fevrier et paya 50 sols; enfin , 
en 1347, Jean Mouskes, boucher, jura la bourgeoisie pour trois florins d'or k 
l'ecu. Nous touchons ici du doigt la decadence de la famille qui nous occupe. 
Seigneurs et trouveres au commencement du XIIP siecle , les Mouskfe etaient 
devenus d'intrepides bouchers au siecle suivant. Ainsi va la roue de fortune. 

La filiation de la famille Mouskes, pendant le XIIP stecle et jusqu'a T6poque 
de l'eveque Philippe, parait pouvoir se deduire de la manifere suivante : 



N. Mouskes, mort avant 1223 , epousa dame Juliane Mouskete, laquelle 
fit, en 1223, son partage entre set qualre enfants. 



ScJERAif Mouskes, 1228, etc., Thbris Mouskes, PHELI PES MOUSKES, Gilles Mouskes, 

echevin de S*-Brice en 1238, jure mentionne dans l'acte le pofite. Achela en 1236 dit li Porchier, acheta 

de Tournay en 1248, mayenr de l'e- de 1223, ainsi que son la niaisqn depierre, sise en 1225, un bonnier 

chevinage de S»-Brice en 1251. II fils, epousa N... Mous- a* Tournay, paroisse de de terre d Ferrain Ga- 

mourut a vant 1265, et avait epouse kete. 8*-Brice, et qui avait ap- lait. II etait mort en 

dame Agnes Mouskete. partenu 4 la famille de 1261 ; epousa Marie 

- ■ **-■ — ,,,. --_ 'i ■■ . Maulde. II termina son Mouskete. 

Cola its Mous- Gilles Mouskes, Waflars Mouskes. poeme en 1242. 

KES , 1265 , 1265, 1280, etc. _— ■ . _ 

etc. , epousa Gos.su ih Mous- Alars Mous- Marie Mous- Isabelle 

dameMarijen kes, 1263, etc. kes , 1263 , kete , 1263. Mouskete, ep. 

PeleIon «- etc. Jehan Braibant 

ou de Braibant, 
1263. 



Voir aux preuves , n° 2. 



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SUPPLEMENT. 21 

Cette troisi&me generation 6tait contemporaine de l'ev&jue Philippe de Gand, 
surnomm6 Muus y comme le prouvent les actes de 1276 et 1280 que nous don- 
nons dans les preuves; or, remarquons-le bien, dans tous les documents authen- 
tiques,soit du magistrat, soit du chapitre du Tournay, jamais on ne confond 
l'6v6que Philippe de Gand avec la famille Mousk6s. Lorsqu'en 1274, Feveque 
Philippe de Gand est 61ev6 a l'6piscopat de Tournay, le magistrat de cette ville, 
dont tous les actes portent le nom de Mouskes quand il s'agit de la famille du 
poete, ecrit dans son registre des entrees la venue le uesque Plielippon de Gand. 
Lorsqu'au contraire , le chapitre de Tournay veut parler de la famille du poete , 
lui qui qualifie toujours son 6veque du nom de Philippus de Gandavo, ou bien de 
dictus Muus, il nomme la famille tournaisienne sous le nom de Mouskes, comme 
dans les actes de la ville; Facte de Feveque Walter de 1228 et celui de 1294 que 
nous donnonsplus loin, en fournissent la preuve 1 . Ainsi, au moyen age, point 
de confusion entre Feveque et la famille Mouskes. 

Le vrai nom du trouvfere qui mit en vers les gestes des rois de France , etait 
done Mouskes. Au XIIP sifecle et au XIV 6 , il r6gnait a Tournay une grande ar- 
deur de rimer. Pendant Feffroyable hiver de 1363, beaucoup d'habitants, par 
une habitude, sans doute invet6ree, faisoient ditiers etjeus de piersonnages pour 
oublier leurs maux *. En 1368 est 61u le prince du puy Saint-Jacques 3 , et cent 
douze ans aprfes le puy d'escole de rhetorique, auquel nous devons le recueil des 
ritmes et refrains tournisiens, tient sa premifere congregation. Nous tirerons 
peut-etre encore de Fobscurit6 d'autres monuments de Fhistoire litt6raire de la 
ville de Tournay 4 ; ils nous feront connaitre une ecole de poetes et d'ecrivains dont 
Philippe Mouskes est jusqu'ici le chef et le pfere. 

1 Voir aux preuves n° 1 1 . 

* a ... A ve>it6 dire, on ne vit onqaes si grant jryier de naiges et de giellees qu'il fu en 1'ivier Tan MCCC ct 
LX1II , car il commencha a gieller entre le Toussains et le Saint-Martin , et giella tousdis sans dcsgieller jusques a 
Tisue de march. Che fu xix semaines de lone. Et ne fasoient pluiseurs gens ne ceuvre ne sierviche nien plus que 
le dimenche, et s'ocupoient de faire piersonnages de naige grascieussement ouvres, devant lesquelz il fasoient 
plaiseurs esbatemens tant en ditiers comme en jeus de piersonnages pour eus oublver ....»( Chron. de Flandre, 
MS. in-4° , XV« siecle , 376 feuilleU , a la bibl. rovale). 

• • Le mierquedy aprils , xix* jour dudit mois {avril 1568) , fu asisse le premiere piere du fondement dou coer 
de Tegl'isse Saint-Jacques en Tournay , et fu asisse par le main mestre Richart Coussin {Cousin?) , cur^ de ledite 
eglisse, et le seconde piere fu asisse par le main Willamme le Marifiel (Marital?), gliseur (marguillier) de laditte 
eglisse, lequel Willamme eubtun filz appel^s Ernoul, qui fule premier prinche du puy de leditte eglisse , lequel 
puj commencha Pan MCCCLXXV, vij ans apries le fondasion dudit cuer ...» Meme chronique. 

4 Ann. de la bibl. roy. pour 1846, pp. 75-82, Bull, del' A cad., t. XII, l r *part. , pp. 521 , 514 ; 2' part., p. 63. 
Bulletin de la Commit*, royale d'hittoire, t. X, pp. 247-266. Extrait d'une Chronique de Flandre, la meme 
qu'on Tient de ciler. 



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22 SUPPLEMENT. 



PREUVES. 



N° 1. 

Extrait du cartulaire de cuir rouge de Vabbaye de Saint-Martin , vol. 11 , p.' 24. 

1216. 

Ego Walterus dominus de Avesnis notum facio universis praesentes litteras inspecturis, 
quod, sicut continebatur in autentico viri nobilis Alardi domini de Anthonio, quod vidi, et 
etiam multorum veridica relatione didici , vir quidam Walterus cognomento Surdillus ( Watier 
Sourdeau) duas partes decimae quae continetur intra terminos parrochiarum de Gaurain et de 
Ramecrois, cum omni integritate qua earn possidebat etcommodis omnibus quae provenire pote- 
runt de novalibus, coram multis paribus suis libere resignavit et ad opus sancti Martini Torna- 
censis ecclesiae, in cujus personatu sita est, una cum uxore suaet filio suo primogenito, in manus 
praedicti Alardi de Anthonioa quo earn tenebat, in feodo reportavit, fide et sacramento firmans 
se in ea nichil amplius clamaturum , prius tamen pro commutatione decimae non modicam ab 
eadem ecclesia recipiens hereditariam possessionem. Et quum heredes ipsius Walteri jure capi- 
tali meo addicti erant servitio, rogatus ab abbate et monachis Tornacensis coenobii ut quod fac- 
tum fuerat benigne concederem, intuitu divinae pietatis, eorum precibusannui et commutationem 
de assensu partium factam approbavi, meque contra calumpniatores , si qui forte emergerent, 
ecclesiae adjutorem et consiliatorem esse bona fide repromisi , hoc addito quod idem Walterus 
coram hominibus meis annuit quod , si ipse vel quilibet suorum supra hoc de caetero ecclesiam 
molestare praesumeret, ad possessionem pro commutatione decimae sibi traditam mihi manum 
apponere liceret usque ad emendationem ecclesiae supradictae sufficientem. In hujus rei memo- 
riam praedictas litteras inde conscriptas, sigilli mei impressione feci muniri et testium subscrip- 
tione roborari. Testes : Walterus de Proisi , Walterus de Helmys, Gossellus de Kaisneto , milites , 
Gerardus Mosches, castellanus Lutosae, Wericus Ploniars, magister Robertus de Honecort, 
Johannes cap nn \ Gossuinus, clericus, Evrardus de Condato. Actum Tornaci anno dominicae In- 
carnationis M°CC°XVI , mense junio. 



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SUPPLEMENT. 23 

N° 2. 
Extraitdes archives de Tournay, tchevinage de Saint-Brice. 

1225. 

Ce 8aoent tot cil ki cest escrit oront et veront que li dame Juliane Mouskete et si enfant si 
sont concords entr'aus ensi que si enfant le doivent cascun an xxi lib. de Flamens de rente a paier 
& quatre termenes Fan, a fieste Saint-Remi le premier, al Noelle secont, a Pasque le tierc, a 
fieste Saint-Jeban le quart , et por ces xxj lib. quil doivent comme rente paier si qu'il est devisl 
devoir, a dame Juliane clamet cuite et werpit en ceste justice et en alt re, quanqu'ele a en meule 
et en iretage; et s'il ne li paioient ceste rente, si qu'il est avant dit, ele sen tient a $o qu'ele lor 
avoit donne* et werpit, et se nus de ses enfant moroit, li leur enfant seroit oir de ceste warizon, 
si que deviset est. Et se Teris ses fius revenoit, le quarte part doit ravoir et paier le quarte 
part des cousteges, et parmi tot ce puet li dame Juliane doner xl lib. de flammens por s*arme, 
mais lesdites. xl lib. doit auoir Waflars, le fius Teris; sen film lib. apres son decies, par tel que 
si Waflars moroit sans oir ces xx lib. reviennent as oirs li dame Juliane, et se Waflars moroit 
tins que li dame Juliane, tos les xl lib. puet-ele douner a son plaizir, et sil avenoit cose q ele par 
ubli et par force de mal n'asenast ces xl lib. par le consel des eskievins et de ses en fans, doit-on 
douner ces xl lib. por s'arme. Et ce fu fait pardevant les eskievins Huon le Fort, Brission 
Mouton, Jeban Dalaing, Grigorie de Maude, Bauduin de le Porte, Nicolon le Borgne, Wibiert 
al Piet, el mois de jun, aprte le mort le roi Pbelipe, en Tan de 1'incarnation dev (sic) M. CC. 
et XXIII. 

N° 3. 
Extrait des archives de Tournay , cartulaire decuir rouge, fol. V recto. 

1228. 

LI CARTE DBS PLAICES JEHAN WISSET DES C. £. 

Ego W. ( Walterus) episcopus * et magister N. scolasticus Torn, universis praesentes litteras 
inspecturis salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod nos mandatum domini Remen- 
818 archiepiscopi recepimus sub hac forma : Henricus Dei gracia Remensis arcbiepiscopus, 
venerabili fratri W., Dei gracia episcopo, et dilecto filio magistro N. Buchel, canonico Tornacensi, 
salutem in Domino. Mandamus vobis quatinus a Johanne Wisset ex parte nostra recipiatis ple- 

1 Walter de Marvis. 



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24 SUPPLEMENT. 

gios conpetentes de centum libris sub hac forma, quod si forte, quod absit, ipsum contigerit 
facere forefactum quod de jure banniret eundem de civitate Tornacensi , nunquam de caetero 
civitatem intraret donee civitati de dictis centum libris satisfactum esset ad plenum. Quod (si?) 
dictus Johannes fecerit , vos ei auctoritate nostra civitatem Tornacensem intrandi et manendi 
in ea concedatis liberam potestatem ; contradictores si qui fuerint vel rebelles , per censuram 
ecclesiasticam compescendo, et si vos ambos hiis exequendis non contigerit interesse, altera- 
trum ea nichilominus exaequatur. Datum apud Wattenes feria V'post Pentecost em, anno Domini 
M°. CC°. vicesimo octavo , mense Maio. Nos igitur, auctoritate praescripti mandati, praepositis , 
juratiscoramuniaeTornacensis in nostra praesentia convocatis , plegios de dicto Johanne in prae- 
sentia capituli Tornacensis recipimus secundum formam ipsius mandati, sicut nobis visum est 
et ipsi capitulo competentes, usque adsummam centum et triginta librorum, quamvis de centum 
tantum in plegios recipere tenemur ; hoc autem fecimus ad cumulum securitatis et eo intuitu quo 
si aliquem plegiorum de partibus illis contigerit recedere vel et decedere, ita quod non posset re- 
periri a praepositis et juratis unde posset solviportio quam supra seassumpserat, adsummam super 
excrescentem posset recursus haberi. Nomina autem plegiorum quilibet in certa summa plegia- 
vit Johannem memoratum, sunt haec : Aubertus de Mauritania de decern lib., Jacobus Buchiaus de 
x ft, Johannes li Boris de x ft, Balduinus de le Mote de c. solidis, Jacobus de le Motede c. solidis, 
Thomas Buchiaus dec. solidis, Godefridus de Maurithania de c. sol.,Nicholaus li Boulois dec. sol., 
Johannes Moskcs de c.sol., Rodulphus de Sancto Piato de c. solidis, Saikeboide de c. sol., Joannes 
de Kongi de c. sol., Feranus Galais de c. sol., Johannes Tiebegos de c. sol., Cauweliers de c. sol., 
Gossuinus Buchiaus de c. sol., Ghero Flamengus de c. sol., Walter us Fhanate de c. sol., Colardus 
Wisse de decern £, iEgidius de Holai de x. ft, Gonterus de le Cromberie de x ft, Gonterus de 
Holay de x ft. Nos autem, plegiis istis receptis, auctoritate domini Remensis monuimus praeposi- 
tos et juratos ut praenominato Johanni intrandi civitatem Tornacensem plenam et liberam con- 
cederent potestatem. Ipsi autem super hoc habito diligenti consilio, concesserunt nobis quod 
petebamus etde licentia eorum in civitatem Tornacensem saepedictus Johannes est reversus.Ut 
autem praedicta firma permaneant etinconcussa litteras praesentes sigillorum nostrorum appen- 
sione fecimus roborari. Actum anno Domini M°. CC°. XXVIII, mense Maio (sic). 



N° 4. 

Extrait des archives de Tournay , echevinage de Saint-Brice. 

1230 (v. st.) 

Sacent cil ki sunt et ki a venir sunt et cest escrit verunt, que Symons Baras et Ernols Waflars, ki 
sunt warde de le warison des comuns povres de Tornaj, par le commendement del doien et des 
canonies de Nostre-Dame et des eschevin , ont donet a cense vj boniers de tiere ki gist au Sau^oit 
deck chain a Brition Mouton ki maint dedens le porte d'Aubegnj et a Johan Moschet ki maint 
en le rue de Pont ; par xv rasieres de soile par an , de tel blet que li tiere porte. Por ceste acense 



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SUPPLEMENT. 25 

paier cascun an, si com il est deviset, done Brisses Moutons se maison en wages, ki siet dedens 
le porte d'Aubegnj , et Johans Moschet le siue maison ki siet en le rue de Pont , en coste* le maison 
Soimont le fevre, k lequele c on se prenge des maisons li autre le doit aquiter de le moitiet de 
l'acense. Ceste acense doivent-il tenir xx ans et paier le doivent k cascune fieste de Tos Sains. Et 
ce fu fait par le consel del doien et del capitle et des eschevins de Tornaj et des eschevins de 
S'-Brisse, si cum Hues li Fors, Wibiers de Moriauporte, Jackemes Warisons, Ade Parlemens, 
Grigories de Maude, Gillebers de Gelve, Johans li Borgnes : tot cist i furent cumme eskievin. 
L'an de l'lncarnation Nostre Signor Jhesu-Crist. M. et CC. et xxx, el mois de genvier. 



N° 5. 

Extrait des archives de Tournay, ichevinage de Saint-Brice. 

1236. 

feien sacent tot cil ki sont et serontki cest escrit veront et oront que li eskievin de S*-Brisce ki 
le....ois (les lots) et les rentes des povres ont a warde, arenterent a Filipon Mousket et k son oir, 
porvj deniersblans u flamensde cens a le saint Remj,et v sols k deustierminesran,si comle Can- 
deler et fieste saint Piere entrant aoust, li siste part devant et deriere de le maizon de piere ki fu 
Wibiert de Maude, borjois de Tornaj , qu il dona as povres por Deu , quant il mom. Lk fu k cest 
arentement com eskievins Nicoles Cardevake, Wibiers de Morel -Porte, Nicole li Borgnes, 
Jakemes Warisons, Jehans Destates, Jakemes Devilers, Ades Parlemens; tot cist i furent com 
eskievin. -+- Apries cierte cose soit que frere Sohier de Mam et lj consaus de se maison arente- 
rent a Felipon Mosket et a son oir, par iiij deniers de cens blanc u flamens a le saint Remj et.... 
sols i denier mains k ces deus tiermines ki devant sont dit, tele partie, com mestre Jehans de 
Maude estoit eskuwe en le maison sen pere , devant et deriere , qu il lor avoit dounee por les armes 
d'aus, et par devant ces eskievins ki sont (dis) fu fes cis otroi de frere Sohier et son consel a 
Phelipphon Mouschet. h- Encor soit ciertainement seu que mestre Jehans de Maude, canonies de 
Tornaj , si arenta a Felipon Mouschet et a son oir, par vj deniers blans u flamens de cens a le 
saint Remj , et xiiij sols par an a ces deus tiermines, ki dit sont, tele partie com a l'enfant se se- 
reur qu'ele eut de Jehan Bilehet, estoit eskeuwe, dont il estoit bailies et warde de le maison de 
piere ki nome*e est. Por 90 que il n'avoit son age et por le miols de Fenfant , se fist et fu cierke- 
manle li maisons et li cors deriere par ces eskievins ki dit sont, et demora li cors en pais a le 
maison de piere; et cou reconeut mestre Jehans devant deus eskievins, Nicholon Colemers et 
Simon Devaus, et cist le recorderent devant lor compaignons Wibiert de Morel-Porte, Jake- 
mon Devilers, Rogier de Maude, Huon le Fort, Mahiu Biecdanette; tot cist i furent com 
eskievin. Et por 90 que ce soit ferme cose et estaule, si en fu fes cis escrit et livres en le 
warde des eskievins Tan de l'lncarnation Nostre Seigneur Jesu-Crist M. CC. XXXVI, el mois 

deMa 

(Au dos est e'crit : Felipres Moskes.) 
Voyei le fac-simile 1 de cetacte a la suite de ce supplement. 

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26 SUPPLEMENT. 

N» 6. 

Extrait des archives de Tournay , (chevinage de Saint-Brice. 

1251 (v. st. ) 

Ce sacent cil ki sunt et ki a venir sunt et cest escrit verunt et orunt, ke Jehans, |barons 
Emmelot ki fu femroe Willaume Lescapet, et Jakerains, fius Willaume Lescapet li ainsn&, ont 
werpit et clamet cuite absoluement a Jehan Paret une maison de pifcre ki siet entre le raaison 
Juliane Mouton et le riuele, tout ensi come ele siet devant et derive, parmi iij loenisiens de cens 
a le saint Remj, iij loenisiens, j capon de rente al Noel, c'on doit a Annies fille Foucon Dau- 
begni lx s. d'artisiens de rente a v i j tiermines , xxx s. d'artisiens al Noel , xxx d'artisiens a le 
saint Jehans Baptiste, ij loenisiens de cens a le saint Remj con doit a Jehan le Tiulier; se fu 
ciste avant rente Nicolon le Grognut, et a tel cens et& tel rente, ki ci-deuant estnomm£e, l'ont 
enconvent Jehans et Jakerains devantdit a acuiter tot cuite a Fassens des Eskievins et sen ont 
assent a als et al leur et se Fa Jakomes de Fromont , p&res Emmelot devantdite , enconuent a 
acuiter tout cuite a Fassens des Eskievins et s'en a assent a luj et al sien pour la cuitance, et 
Jehans Mouskes , maires des Eskievins , la werpit pour tous les autres enfans ki n ont mie leur 
aage, par Fassens des eskievins, et s'il avenoit ke Jehans li Par6s devantdis volsist racater u ses 
oirs les lx s. d'artisiens de rente et les ij loenisiens de cens devantdis a Jehan le Tiullier et a 
sen oir racater en puet le moitiet pour xxv lib. d'artisiens, et Fautre moiliet pour xxv lib. A 
cest werp et a ceste devise furent li eskievin de saint Brisse tel come Jakemes de Vilers, Mon- 
nars Trugos, Jehans Mouskes, Gillesli Noiriers, Jakemes Cos tars, Colars Miace et Golars Cole- 
mers, tout vij comroe eskievins de Saint Brice. Et pour chou ke ciste chose demeurt ferme et 
estaule, si en avommes-nous fait cirografe en ij pieces et Fune pi&ce d£livr£e et mise en le 
warde des eskievins devantdis pour souvenance de cesti chose et Fautre detenu. Ge fu fait Fan 
de Flncarnation Nostre-Segneur M. CC. et LI, el mois de jenvier. 

( Au dos est dcrit : Jeuan le Paret. ) 

N° 7. 

Extrait des archives de Tournay, echevinage des Cau fours. 

1265 (v. st.) 

Sacent tout cil ki cest escrit veront et oront ke Gossuins Mousket , Alars, ses frires, et Maroie, 
leur sueur, ont achatet bien et loiaument a Jehan Braibant et a Ysabiel, se femme, toute Fes- 



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SUPPLEMENT. 27 

canse qui leur poroit ne deveroit esk&r en le justice des Caufors, k tousjours, de par dame 
Marijen Mouskete, le mire Ysabiel le femme Jehande Braibant devantdit , et ce leur ont werpit 
vendut et clamet quite Jehan de Braibant et Ysabiel, se femme, bien et loiaument et enconvent 
k aquiter k Gossuin et Alart el Marijen, leur sereur, devant noum&, k l'assens des eskievins. 
Et por ^ou que ce soit ferme chose et estaule si en est fais cyrografies et livres en le main des 
eschievins des Cau fours, si come Thumas Daleng, Thumas le Forgeur, Watier le Blont, Watier 
de Tourp, Willaume Lauwier, Jakemons des Pr& et Wicart Anete. Tout cisti furent com 
eskievin. Ce fut fait Ian de ('Incarnation Jh&u-Crist. M. CC. et LXI1I, el mois de fevrier. 



N° 8. 
Exlrait des archives de Tournay , echevinage de Saint-Brice. 

1265. 

Sacent tout cil ki cest escrit veront et oront ke Colars Mouskes a vendut, werpit et clamet 
quite bien et loiaument et de boine volenteta Gillions Mousket, sen fr&re, toutes les escances 
ki eskeir li doivent ne eskeir li pueent designeur Jehan Mousket, sen pfere, nede dame Annies 
Mouskette, se m&re, et toutes autres escances ki eskeir li pueent ne eskeir li doivent en quele 
mani&re que ce soit et si est ausi k savoir ke sire Jehans Mouskes a graet et loet de boine 
volentet ke s'il avenoit ensi que Colars ses fius ki dis est, morust , Gilles Mouskes doit tout plain- 
nement partir dame Mariien Petelons, le feme celui Colars, ausi avant que sire Jehans ki dis 
est devoit ne pooit faire et toutes ces escanches ki dites sont h Gilles Mouskes reciutes par 
tel mani&re k'il i doit tot avant avoir et prendre xv lib. de tornois et s'il a remanant deseure 
ces xv lib. Gilles Mouskes le doit sauver et warder k sen pooir k oes Colart sen fr6re s'il de- 
meure en vie, et se cil Colare moroit ne estoit mors, Gilles Mouskes doit eel remanant ki dis 
est donner Ik u il kerra et vera keboin soit, pour l'arme de celui Colart, loiaument en boine foit. 
Et k cest werp et k ces devises faire furent comme eskievin de S l -Brisse , Mahiu Bi&lanette , 
Jeurarsfc leTake, Jehans Gerris, Gilles Colemers, G£rart de Bari, Nicoles li Kokus et Gilles 
li Par&; et si fut fet l'an de Tlncarnation Jh&u-Christ M. et CC. et LXV, el mois de gieskeraic. 

( Au dos est ecrit : Cis escris est Gillion Mousket. ) 

N° 9. 

Extrait des archives de Tournay, Echevinage du Briulle. 

1276. 

Sacent tout cil ki cest escrit veront et oront que Jehans le Beghins a vendut a Gillon Mousket 
xiij verghes de warance ki silent derifcre se maisson ki fut antan plantle sour le ti&re ki fu 



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28 SUPPLEMENT. 

Gerart le Quatit, et si puet Gilles Mouskes laisier le warance en le tifcre dusque apries le plan- 
chon ; et encore est a savoir que Jehans li Beghins et Jehans de Haluin ont vendut a Gillon 
Mousket xxiiij verghes de warance ki gist viers Gostentaing en le ti&re ki fu Gh6rart le Quatit; 
et ces xxiiij verghes de warance doit Gilles Mouskes desfouir del mi-marc ki vient pro$aine- 
ment en j an; et assenet en ont Jehans li Beghins et Jehans de Haluin celui Gillon Mousket 
a aus et au leur, a quanqu'il ont et aront, partout del conduire et faire paisible; et des xiij ver- 
ghes de warance devantdites , a cius Jehans li Beghins li devantnommes asenet Gillon Mousket 
a lui et au sien a quanquil a et ara partout del conduire paisiblement. Et furent com eskievin 
dou Bruille, Gilles de le Gourt, Estievenes Chokaite, Jehans Loeijs, Sohiers li Candillieres , 
Watiers de Monnes, Gherars Vingrelins, Mahieus li Fru tiers; et si furent les parties pre- 
sentes a cest escrit livrer. Ge fu fait Tan de l'lncarnation M. CG. et LXXVI, el raois de sietembre. 

( Au dos est e'crit : Cest Gillion Mousket. ) 



N° 10. 

Extrait des archives de Tournay, tchevinage de S^Brice. 

1280. 

Sacent tout cil kil cest escrit veront et oront ke Evrars dou Mortier a vendut, werpit et 
clamet a tous jours quite yretaulement a Gillion Mousket, le p&re, x cens et vij verghes et le 
quart dune de tiere ki gist sor le pire de Saucoit tenant a le tiere Jehan Mouton dune part, 
et a le tiere Jehan Platoul d'autre part , toute quite a disme Dieu. Geste tiere devantditte a cil 
Evrars dou Mortier enconvent a conduire et a aquiter toute quite a Gillion Mousket, juskes al 
assens des eskievins de S. Brisse, et assenet en a a lui et au sien partout pour la quitance; et se 
tient Evrars dou Mortier bien apaijetde tous les deniers dou vendagedele tiere devantnoumee, 
et si en a quitet Gillion Mousket de tout le paiement et seit a savoir que li tiere devantditte 
Ait criee par trois diemences en plaines glises de$a Eskaut et de la et bien demenee par loij , 
si ne viunt nus avant par devant eskievins ki nient deinandast a le tiere devantnoumee, par 
soi ele demeure toute quite a Gillion Mousket jusques a Fassens des eskievins de S. Brisse. 
Or est a savoir que Jehans Moriaus dou Mortier ki avoit xvj sols d'artisiens vies de rente par 
an sor le tiere devantnoumee, a werpit et clamet quite a Gillon devantdit les xvj sols de rente 
devantnoumes et li a enconvent a conduire et a aquiter tous quites a tousjours yretaulement 
sor le tiere devantdite, jusques a Fassens des eskievins de S. Brisse, et assenet en a cil Jehans a 
lui et au sien a quanquil a et ara pour la quitance et si se tiunt cil Jehans bien apaijet de tous 
les deniers dou vendage de le rente devantnoumee, et si en a quitet Gillion Mousket de tout 
le paiement. A cest werp et a toutes ces convenences furent cum eskievin de S. Brisse , Jehans 
Miace, Gossuins dou Mortier, Nicholes li Kokus, Piere d'Orke, Jakemes li Blons, Hellins de 



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SUPPLEMENT. 29 

Brujele, et Mahius li Naicres. Cist vij i furent cum eskievin et pour cou ke ce soit ferme cose 
et estaule, si en est fais cijrographies par le gret et l'assentement des parties ki j furent pre*- 
sentes au delivrer en le main et en le warde des eskievins. Ce fut fait el an de l'lncarnation , 
M. CC. et IIII", el mois de genvier. 

( Au dos est icrit : C est Gillion Mousket le pere. ) 



N° 11. 

Extrait des archives de la catMdrale de Tournay, cartulaire D, folio 3 verso. 

1294. 

Mgidius Mouskes vendidit iEgidio Quanette de Yalencenis septem dolia vini de Rupella ; 
qui iEgidius solvit in pecunia domino can tori foragium de dictisdoliisad voluntatem domini can- 
toris praedicti in praesentia domini Petri Dandrinnes, capellani Tornacensis, et domini Johannis 
de Guisia, capellani Tornacensis, et Jacobi Colemer, civis Tornacensis, et Baudardi de S to -Quin- 
tino, civis Tornacensis, et Johannis Lautel, civis Tornacensis, anno nonagesimo quarto. 

N. B. Cette piece est transcrtte entre deux actes de 1294. 



FIN. 



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ERRATA. 



T. II, page IV. Louis-le-Begue Itait onele pi a tot que neveu d'Ajous. 

— L XVI II , lig. 20 , au lieu de Jeanne , lises : Mathilde. 

— LXXVI, — 16, — JsenkrindyWttz: Jsenkruid. 

CXXXVIII, — 9 el 10, au lieu de etait ... surlacdte. — Supprimet etait , et continues lu phrase 
jusqu'au mot France. 

— CXXXIX , — 17 , au lieu de Phcebus , lises : Phab*. 

— CCLXX1I , — 3 , mettre le point et virgule apres Ehricmhilt. 



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